POLIGNY : 250 PERSONNES POUR UNE ACTION ANTI-RACISTE SOUS CONTRÔLE (France)

Le rassemblement initié par SOS-Racisme, en écho à une agression le 14 juillet, s'est déroulé dans une ambiance pacifique. Il faut dire qu'une centaine de gendarmes ont tenu à l'écart une trentaine de jeunes militants d'extrême droite

26/09/2010 - Jusqu'au bout de l'après-midi la tension aura été palpable sur la place des Déportés à Poligny. Mais le rassemblement organisé par SOS-Racisme a pu avoir lieu dans le calme et une ambiance bon enfant.

Malgré la pluie, plus rare pendant l'événement, environ 250 personnes se sont rassemblées pour dire leur refus du racisme. Des représentants d'associations comme la Licra (ligue contre le racisme), la Ligue des Droits de l'Homme, le MRAP (mouvement contre le racisme et l'amitié entre les peuples), l'association nationale des Anciens combattants et amis de la Résistance avaient fait le déplacement. Des membres des SCALP (section carrément anti Le Pen) de Besançon aussi. Des anonymes beaucoup. Et des Polinois, enfin, n'hésitant pas à mettre la main à la pâte pour l'organisation. « On voit qu'il y a du boulot, alors on donne un coup de main », confie naturellement l'une d'entre eux. D'autres regrettent que certains commerçants du centre-ville aient baissé leur rideau.

Organisé quelques heures avant le festival Polizic, ce rassemblement fait suite notamment à une agression dans les rues de Poligny le 14 juillet dernier. Une agression qualifiée de raciste et dont la victime était présente hier après-midi.

« J'ai été agressé à 19 heures, sur la place, devant trois terrasses pleines de monde », confie S. Boufeldja en s'interrogeant encore : « Pourtant, à Poligny, on n'a jamais eu de problème. Finalement, ce sont eux (les militants d'extrême droite, ndlr) qui ne sont pas intégrés ici. » Il sera présent au tribunal de Dole le 5 octobre prochain, face à ses agresseurs présumés.

Ce cas n'est pas le seul qui a motivé l'action d'hier. Le maire de Poligny, présent, en convient. « Après plusieurs actes, il reste à renouer le dialogue avec ce petit groupe de jeunes qui ont épousé des thèses plutôt extrêmes. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne peut que condamner toute forme de violence. »

Et hier la violence, si elle n'a parfois pas été bien loin, n'est jamais parvenue jusqu'à la place des Déportés. Une trentaine de jeunes militants d'extrême droite, parfois mineurs et répartis en deux groupes, ont bien essayé de venir semer le trouble dans cette manifestation « pacifique et pacifiste », comme l'ont rappelé les membres de SOS-Racisme. En vain jusqu'à la fin du rassemblement.

Il faut dire qu'un escadron mobile et une trentaine de gendarmes de la départementale étaient réquisitionnés. Soit plus d'une centaine d'hommes. Les militaires qui ont réussi à contrecarrer les différentes tentatives d'affrontement. Et qui devaient rester à Poligny jusqu'à la fin du festival musical jusqu'à 2 heures ce matin.

Mathilde Villeminot
© Le Progrès de Lyon

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