I CARE - Reportage Spécial - Bucarest 2007

Compte-rendus en direct de la Conférence de l'OSCE pour la Lutte contre la Discrimination et la Promotion du Respect et de la Compréhension Mutuels



Les 7 et 8 juin 2007, à Bucarest, Roumanie.







Reportages par jour

[6 juin : Rencontre Préparatoire pour la Société Civile]
[7 juin : Jour 1 de la Conférence Gouvernementale]
[8 juin : Jour 2 de la Conférence Gouvernementale]



Recommandations des ONG

Participer!

Pour assurer la visibilité de vos recommandations en vos termes, vous pouvez les envoyer à info@icare.to , en indiquant dans le sujet: 'Recommandations Bucarest'.
Nous les publierons sur notre site en anglais, français et espagnol (format Word ou Pdf); n'oubliez pas de nommer l'organisation qui les a faites.

6 juin : Rencontre Préparatoire pour la Société Civile



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Citations du jour - Editorial - Opinion

Citations du jour

'La religion c'est comme un médecin de famille, vous en voulez un mais vous espérez que vous n'irez jamais chez lui.'

'... le deuxième plus grand bâtiment d'Europe et ils nous déposent au mauvais endroit!'



Edito

Perdu dans la folie de Ceausescu

(Traduit de l'anglais)

Ce matin, la réunion des ONGs a commencé par un très ennuyant manque d'efficacité dans l'organisation de la part de l'hôte, le gouvernement roumain. Le TnD/ODHIR avait réservé trois locaux pour ses séances de travail. Quand nous sommes arrivés au Palatul Parliamentului (le Palais du Parlement), un énorme bâtiment, le deuxième plus grand d'Europe, nous ne pouvions, tout d'un coup, disposer que de deux salles et les organisateurs ont du piquer une très grosse colère pour que le nombre revienne à trois. Ce n'est pas comme si il n'y avait pas la place dans l'ancien palais du dictateur Ceausescu. Construit entre 1967 et 1989, il contient plus de mille chambres. On pourrait y loger la totalité des 75000 chiens errants de Bucarest.

Après les déclarations d'introduction faite dans la salle plénière - où ODHIR a clairement énoncé que les recommandations formulées aujourd'hui seront le produit d'une décision consensuelle - tout le monde s'est dirigé vers les groupes de travail tenus en sessions parallèles. J'ai décidé de me rendre au groupe sur l'islamophobie, dans la 'salle des Droits de l'Homme'. Eh bien, j'ai été gâté. Nous nous sommes mis en mouvement, accompagné d'une guide. Après sa soudaine disparition, une partie de notre groupe - y compris un des présentateurs - s'est perdu dans les entrailles du bâtiment.

Quarante cinq minutes d'exploration et de frustration croissante nous ont finalement mené à la salle où le normalement si calme ambassadeur Orhun, le représentant personel du président exécutif de l'OSCE pour combattre la violence et la discrimination contre les musulmans et modérateur de la séance, était en traint de se fâcher. Avec raison. Une telle gaffe aurait pu être funeste à la réunion et au reste du programme. Cela ne sera pas le dernier problème d'organisation aujourd'hui.

En juin à Bucarest il fait très chaud - et le palais n'a pas d'air conditionné. Problèmes de traduction. Problèmes de programmation. Les visites guidées touristiques qui entravent notre route. L'eau manquait tout le temps. Quelques personnes se sont presque évanouies. S'en plaindre résulte en un regard morose du personnel roumain ou juste un 'NON'sévère si l'on a l'audace de demander quoi que ce soit de buvable. 'Merci beaucoup, je vais juste mourir ici' donne lieu à plus de remarques mordantes. 'Ça n'est pas encore l'heure de la pause café'. La rumeur coure qu'il existe bien un bar qui sert aussi de l'eau - trois kilomètres plus loin, au fond du couloir, de l'autre coté du bâtiment, à un des onze étages. Non merci.

Heureusement, l'équipe du TnD/ODHIR a réussi à accomplir des démarches sophistiquées pour obtenir de notre hôte roumain étrangement passif les choses promises. Mais ça a été à peu près aussi facilement qu'arracher une dent. L'équipe de TnD/ODHIR courait en rond, surmenée, complètement stressée mais tenant bon face à l'adversité. Ils ont accompli un sacré travail - même à distance, à partir de Varsovie - et ont pris les râleries et les complaintes des ONGs sur le maintient et la non dilution de la formulation des contributions - nous sommes, après tout, des gens passionés - pour argent contant.

Le leadership de ODHIR est réellement pris entre le marteau et l'enclume - ils sont du coté des ONGs, mais sont employés par les états participants de l'OSCE, et ces derniers ne sont pas prêts à entendre des 'opinions fortes'. Cela dérange trop leur diplomatie douillette et les oblige à prendre des mesures qu'ils déclarent souhaitables mais ne veulent pas réellement réaliser - vous voyez ce que je veux dire? C'est ainsi que ODHIR doit 'filtrer' et manoeuvrer pour que quelque chose soit adopté et réalisé. La réalité politique de l'OSCE est comparable à une partie d'échec en trois dimentions.

Par Ronald Eissens, ICARE

Opinion

Respect et Compréhension Mutuels

Diplomatie contre société civile - Les états participants contre la société civile
par Suzette Bronkhorst, Fondation Magenta

J'aime bien les conférences et les réunions de l'OSCE parce que, pour une institution intergouvernementale, il faut lui reconnaitre qu'elle accorde aux ONGs tout l'espace nécessaire pour pouvoir exprimer leurs points de vue. Mais à mesure que le nombre d'ONGs qui 'découvrent' l'OSCE augmente - et par conséquent le nombre de contributions - grandit aussi, du coté gouvernemental, l'impression de perte de contrôle.

La société civile reconnait qu'elle doit s'appliquer, au moment de faire des recommandations ou des interventions, à ne pas s'exprimer grossièrement et à employer le 'jargon OSCE': pour donner un exemple, l'UE a des 'États membres' alors que l'OSCE a des 'États participants'. Néanmoins, les ONGs ont le devoir de s'exprimer clairement et de façon concise sur les problèmes qu'elles abordent. Elles ne sont pas dans l'obligation d'utiliser un langage obscur ou neutre pour éviter de heurter les 'sensibilités politiques'. La société civile n'a PAS à applaudir à tout ce que les états décident de faire.

Dans le passé, les ONGs ont organisé les réunions préparatoires pour la société civile. Pour la conférence sur la tolérance de Cordoue (2005) les responsables espagnols ont pris en charge l'organisation de la journée de préparation. C'est maintenant ODIHR qui a été chargé d'organiser ces réunions préparatoires. J'applaudis le fait qu'ils en aient pris l'initiative et qu'ils organisent ces réunions, mais si c'est à ODHIR de faire en sorte à ce que les documents auxquels ces réunions aboutissent se conforment aux normes universellement reconnues des Droits de l'Homme [1], la formulation et l'ordre du jour établis pour ces meetings devraient être à la charge des ONGs.

Oserais-je faire une suggestion?
Peut être que la société civile pourrait créer un organe à travers lequel les ONGs pourraient plaider leur cause auprès de l'OSCE. Cet organe pourrait élire un comité préparatoire pour, avec les coordinateur de la société civile de ODHIR, organiser des réunions préparatoires.

Les réunions préparatoires sont l'occasion pour les ONGs d'échanger leurs points de vue et de publier des communiqués communs. Ceci n'empéchant pas les organisations d'intervenir en leur propre nom ou de proposer des recommandations lors des réunions gouvernementales. Pendant les dernières années, ODHIR a beaucoup travaillé pour améliorer l'image de l'OSCE auprès des ONGs, assurant ainsi un plus grand apport et donc un soutien accru aux Droits de l'Homme. Ces efforts n'ont pas été vains. Plus d'ONGs participent aux réunions. Une réelle institution démocratique ne s'effondrera pas à cause de critiques ou d'opinions dissidentes. Au contraire, celles-ci renforcent la démocratie.

Pour obtenir une interaction fructueuse entre les états participants et les ONGs, les états doivent accepter que le langage des ONGs soit différent du jargon diplomatique. Je ne dis pas que la société civile est incapable d'être diplomatique. Nous en sommes capables, mais être diplomate ne devrait pas dire être sur la même ligne que les politiques courantes. Le travail des ONGs requière précisément le contraire de cela; notre travail est de changer les politiques existantes.

[1] Quand le forum des ONGs (sponsorisé et promu par l'ONU) de la Conférence Mondiale de l'ONU Contre le Racisme de Durban a tourné à une orgie de haine, le leadership des Nations Unies n'est pas intervenu et ne s'est pas exprimé contre cet état de choses. Le Haut Commissaire aux Droits de l'Homme, Mme Mary Robinson, s'est contenté de refuser de présenter le document à la conférence gouvernementale.

Article

Les groupes de travail

Retournons à la réunion sur la discrimination des musulmans. Comme nous avons déjà perdu quarante cinq minutes, le présentateur doit se hâter, mais malgrè ça, d'excellents discours ont été tenus et une discussion vivante s'est développée. Une remarque du présentateur Mohamed Boudjenane m'a frappée comme étant au coeur de la haine contre les musulmans aujourd'hui; 'nous nous attendons à tout moment à ce qu'un autre 9/11 ait lieu et il nous semble inévitable qu'il aura lieu, parce que comme l'histoire l'a prouvé à chaque fois, les fous n'apprennent rien d'actes horribles comme celui là. Et quand ça aura lieu, que ferons-nous?'

La vie des musulmans en Europe n'est pas facile de nos jours. La crainte et la haine sont leur lot commun. Chaque musulman est un terroriste, au moins potentiel. Il est amusant de constater que jamais personne n'a prétendu que les catholiques irlandais étaient tous des terroristes. Ou que le christianisme est une religion arriérée parce que son représentant le plus éminent pense qu'il n'est pas sage de permettre l'usage du préservatif, par cela incitant à la propagation du SIDA à grande échelle. Le nombre de crimes de haine contre les musulmans augmente. Il est temps de séparer le terme musulman du terme terroriste. La réunion a débattu, entre autres, de ces thèmes et s'est terminée par une excellente série de recommandations.

Le groupe de travail sur l'antisémitisme a recyclé quelques un des engagements pris par l'OSCE lors du grand effort fait ces cinq dernière années pour contrer l'antisémitisme. Quelques nouvelles recommandations ont été ajoutées, en particulier sur l'antisémitisme académique, les tentatives de boycott des universitaires israéliens et l'antisémitisme déguisé en anti-sionisme.

La réunion sur la christianophobie a traité des droits des non-croyants comme une des communautés les plus discriminée en Europe (!), et a parlé, entre autres, de la discrimination des Témoins de Jéhova en Arménie, forcés à faire leur service militaire alternatif au sein de la structure militaire. Il y eut aussi de la critique inter-religieuses entre les orthodoxes grecs et les délégués catholiques, qui s'est malheureusement terminée par la conclusion que évidemment, tout s'arrangera par l'amour.

Beaucoup d'excellentes réunions se sont tenues - voyez ici la liste complète (en Anglais) des recommandations qui ont été produites (179 au total!).
La dernière session de travail a été consacrée à 'la coopération entre la société civile et les ONGs'. Deux importantes recommandations ont été produites:
1. Nous appelons l'OSCE - ODHIR à faciliter et à soutenir la participation de la société civile et des ONGs aux réunions politiques de l'OSCE et aux autres plates formes où les états participants peuvent être interpellés; à cet effet, la création d'un 'espace sûr' où des discussions ouvertes sur les sujets regardant la dimention humaine pourront se tenir est souhaitable.
2. La société civile devrait créer un organe pour les ONGs qui plaiderait leur cause auprès de l'OSCE. Cet organe pourrait élire un comité préparatoire pour, ensemble avec les coordinateurs de la société civile de ODHIR, organiser des réunions préparatoires. Cela assurera que ODHIR fonctionnera comme une arène et non comme un filtre pour la société civile.

L'équipe ICARE

7 juin : Jour 1 de la Conférence Gouvernementale



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Citations du jour - Editorial

Citations du jour

'Waouh! Mais c'est un Durban bis à Bucarest, et là, même les gouvernements se comportent mal!'

'Cette femme est sous l'emprise de l'alcool, de la drogue ou d'autre chose?'

'Elle a détourné la délégation!'

'Surtout, il faut la laisser rugir et délirer jusqu'à ce qu'elle s'arrête!'

Edito

Fulminante Finley

(Traduit de l'anglais)

Avez-vous déjà entendu parler de l'ambassadrice Julie Finley, chef de mission des États-Unis auprès de l'OSCE? Elle tient ce poste depuis août 2005, et jusqu'à maintenant elle n'a pas fait forte impression, mais la rumeur veut qu'elle soit une réelle dure. Ben voyons ... Jamais pendant les cinq ans pendant lesquels nous avons travaillé avec l'OSCE avons-nous vu quoi que ce soit qui approche ce qui est arrivé aujourd'hui. Que c'est-il passé? Pendant la session de travail de l'après-midi sur l'antisémitisme, un délégué égyptien a fait la remarque désinvolte que: 'Oui, mais nous devrions aussi parler des autres formes de discrimination, pas seulement de l'antisémitisme'. Ce qui n'est évidemment pas la chose la plus convenable à dire durant une réunion sur l'antisémitisme, et certainement pas venant d'un pays où l'antisémitisme est rampant, aussi bien dans la politique que dans la rhétorique sociale, celle des manuels scolaires et des médias.

Mais la réponse de l'ambassadrice Finley a dépassé toutes les bornes. Elle commença par lancer une attaque personnelle contre le délégué égyptien, l'insultant, remettant en cause ses capacités intellectuelles, heurtant la table de son poing, hurlant et déclarant qu'il serait mieux 'de retourner à Vienne pour travailler sur l'antisémitisme, et laisser les autres se débrouiller tout seuls'. En d'autres termes: 'nous nous soucions de l'antisémitisme et les autres formes de discrimination peuvent aller se faire voir'. Finley a aussi grogné vers un autre délégué qui proférait un son indigné: 'Vous n'avez pas intérêt à vous en mêler!!'.

La salle était éffarée. Les autres membres de la délégation US se sont préssés autour d'elle, essayant de la calmer. Le délégué égyptien a fait usage de son droit de réponse en lançant sa propre diatribe haineuse. Tout est de la faute des juifs, l'antisémitisme n'existe pas, et certainement pas en Egypte, qui a toujours été si bonne pour les juifs, bla bla bla, et insinuant que la crise hystérique de Finley était orchestrée par les juifs - ou quelque chose comme ça.

Entre temps, la salle se remplissait de gens venus en otute hâte assister au spectacle. Le modérateur de la session, professeur Weisskirchen, était paralysé sur place, et n'était pas en état d'entreprendre quelque action que ce soit pour mettre un terme au tumulte. Weisskirchen est trop gentil, vraiment. Mais il faut dire que ce n'est pas tous les jours que des diplomates se comportent comme des hooligans déments. L'ambassadeur Strohal, directeur de ODHIR, a tout manqué et fut saisi par un de ces assitants à son arrivée: 'Vous avez tout manqué! C'était horrible! Venez par là, je vais vous raconter'. Dix minutes plus tard, l'ambassadeur Omer Orhun devait prendre la relève pour commencer la session sur l 'islamophobie. Aïe!

À nos questions à d'autres délégués à propos de Finley nous fut répondu que 'elle fait ça tout le temps pendant les réunions à Vienne'. On peut se poser des question sur ce qui ne va pas avec cette femme. Elle n'a rendu service à personne en agissant de la sorte, certainement pas aux ONGs juives. C'est comme si elle essayait de détruire cinq ans de rapprochements, de tentatives de trouver une balance et de créer de la solidarité dans le traîtement de toutes les formes de discriminations; un travail accompli à l'OSCE par l'ODHIR, un bon nombre d'états participants et la société civile. Certains diront que je devrais être plus équitable et blâmer le délégué égyptien autant que Finley. Eh bien non. Les États-Unis, avec tous leurs défauts, ont une longue histoire de travail excellent dans la région OSCE, en remplissant souvent le rôle de guide moral, de facilitateur de la démocratisation et de champion des Droits de l'Homme. Ils ne devraient pas s'abaisser à un comportement de république bananière. Même le Président Bush a de meilleures manières que Finley la Fulminante!

L'ambiance aujourd'hui ressemble à celle de l'infâme Conférence mondiale contre le racisme de Durban, en Afrique du Sud en 2001, mais troublée; cette fois-ci ce sont des délégués gouvernementaux qui disséminent la haine, alors que les ONGs essayent de sauver les meubles. Pendant les dernières heures de la conférence on pouvait voir des membres de la délégation US parcourir les couloirs avec des sacs en papier leur couvrant diplomatiquement la tête.

Par Ronald Eissens, ICARE



Article

Les sessions de travail - premier jour

Le matin du premier jour de la partie gouvernementale de la conférence de l'OSCE a commencé par un discours du Président de Roumanie, M. Traian Basescu. Le Président Bausescu a eu des mots gentils pour les mesures que la Roumanie prend pour contrer la discrimination des Roms, ce qui n'est pas surprenant, puisqu'il a récemment été impliqué dans un scandale pour avoir traîté une journaliste de 'sale gitane'. On verra bien si il appuit seulement l'idée du bout des lèvres ou s'il s'agit d'une réelle tentative de rectifier sa funeste remarque et de enfin entreprendre réellement quelque chose contre la discrimination des Roms dans ce pays - en partie organisée et approuvée par l'état. Ne retenez pas votre souffle, un président qui dans son discours qualifie la démocracie de 'régime politique' a encore beaucoup à apprendre.

Puis ont suivi des discours prononcés par Elie Wiesel et le prince Hassan de Jordanie. Le prince Hassan a principalement traîté de sa propre région, le Moyen Orient, du sort des musulmans et des problèmes en Irak. Cela a quelque peu ennuyé le membre du Congrès Eric Cantor. Le ton était donné pour la confrontation hystérique entre les États-Unis et l'Égypte qui aurait lieu plus tard dans la journée. Elie Wiesel (par message vidéo) a averti contre les groupes néonazis et racistes qui tiennent ouvertement des réunions publiques et organisent leurs 'activités' en Europe. Il a aussi insisté sur le fait que, des trois 'maladies' du vingtième siècle, à savoir le nazisme, le communisme et l'antisémitisme, seul l'antisémitisme perdure.

Ensuite, Magda Matache (ONG Rom CRISS) a présenté quelques extraits des recommendations (179 au total) au nom des ONGs. Elle a terminé son discours en disant: 'Je suis ici devant vous et peut être que je devrait me définir comme une 'sale gitane', comme le président roumain l'a dit dernièrement, mais non, je suis ici comme une fière femme Rom'. Ce qui a rapidement effacé le sourire du visage du Président Basescu. Oups.

Plus sur les sessions du jour plus tard. Comme notre équipe a peu d'effectifs (deux personnes), est sous-payée, travaille trop, souffre de la chaleur, doit faire avec des connections internet non-existantes ou merdiques et est surtout épuisée, nous aurons à nous 'réunir' à nouveau plus tard.

Les session de travail - premier jour (suite)

La première session de travail de la journée traitait du combat contre l'antisémitisme. Comme il fallait s'y attendre, il est vite devenu clair que malgrè les engagements de l'OSCE, les manifestations d'antisémitisme dans la région OSCE, y compris les crimes de haine contre les juifs, continuent à augmenter. Plusieurs orateurs ont promis leurs soutient au représentant spécial de l'OSCE sur l'antisémitisme, le professeur Gert Weisskirchen. Plusieurs ONGs juives ont fait d'excellentes interventions, même si quelques unes ont un peu forcé la chose en voulant transmettre le message; 'l'antisémitisme est la forme de racisme la plus ancienne et la plus vicieuse', apparemment soucieux du fait que quelqu'un ne s'en soit pas encore apperçu. Plus tard, l'ambassadrice Julie Finley, chef de mission des États-Unis auprès de l'OSCE, a explosé quand le représentant de l'Égypte (l'Égypte est un des partenaires méditerranéen de l'OSCE qui n'est presque jamais présent lors des conférences) a commencé par faire des remarques nonchalantes - et plus tard antisémites. La vicieuse et contre productive harangue de l'ambassadrice Finley est relatée dans l'éditorial de ce jour.

Étrangement, l'attaque de Finley contre le fait que la conférence traîte aussi d'autres formes de discrimination, 'retourner à Vienne pour travailler sur l'antisémitisme, et laisser les autres se débrouiller tout seuls', ne reflète pas exactement la politique américaine. Au contraire, les délégations américaines ont, ces cinq dernières années, toujours travaillé pour inclure les autres formes de discriminations. Pendant l'assemblée parlementaire de l'OSCE en 2003 à Rotterdam, lors d'un évènement parallèle organisé par la fondation Magenta et le CIDI (Pays-Bas), le précédent ambassadeur américain auprès de l'OSCE, M. Stephan Minikes a dit: 'vous les ONGs avez plutôt intérêt à inclure toute les formes de racisme dans votre plaidoyer, c'est la seule manière de maintenir l'antisémitisme sur l'agenda'. Un autre membre de la délégation présent lors de cet évènement, le membre du Congrès Chris Smith a fermement approuvé ces propos. Il est probable que lui et plusieurs autres membres de la délégation US souffrent d'une crise aigüe d'amnésie, parce qu'ils ont clairement annoncé que 'les autres problèmes' sont secondaires à l'antisémitisme. Ce qui ne rend service à personne, ni aux 'autres problèmes', ni aux ONGs juives, comme cette qualification engendre, comme la hiérarchisation de la souffrance le fait toujours, des rancoeurs. De plus, durant la session de cloture, Chris Smith lui-même a fait une déclaration qui revenait sur sa position de 2003.

La session sur le combat contre l'intolérance et la discrimination vis à vis des musulmans était la suivante. Comme la délégation US était encore en train de se remettre de la situation Finley, le seul délégué américain présent était l'imam Talal Eid, qui a eu le bon sens de ne pas répondre quand l'ambassadeur égyptien, pas satisfait de son temps de parole lors de son attaque contre Finley, a recommencé. Bien que le modérateur de la scéance, l'ambassadeur Orhun, ait réussi à la mener à bon port, beaucoup de gens étaient dans les couloirs, discutant du scandale ou tout simplement complètement distraits. Les sujets abordés ont été, entre autres, les crimes de haine contre les musulmans et les mosquées, la rhétorique politique discriminatoire et négative, l'image des musulmans dans les médias, l'équation musulman = terroriste.

La journée s'est terminée comme d'habitude par d'innombrables réceptions.

L'équipe ICARE

8 juin : Jour 2 de la Conférence Gouvernementale





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Citations du jour - Editorial

Citations du jour

'Une partie de la mégalomanie de ce bâtiment s'est retrouvée dans les discours'

'L'UE soutient la plupart, si ce n'est pas toutes les recommendations faites par les ONGs'

'Ce bâtiment doit être le seul où la cave est plus chaude que le rez-de-chaussée. Ça doit être parce qu'on y est plus proche de l'enfer'



Edito

Café et DVDs gratuits!

(Traduit de l'anglais)

En arrivant au palais ce matin, transporté depuis notre hotel par l'excellent service de navette organisé par ODHIR, nous avons été accueilli par un jeune homme sympatique qui nous a pointé vers la droite en ajoutant 'café gratuit de ce coté là!' On pouvait même en sentir l'odeur. Suivant son nez, la plus grande partie de notre groupe s'est retrouvée dans une pièce où 'l'Organisation mondiale de la jeunesse pour les Droits de l'Homme' (ou quelque chose comme ça) distribuait du café gratuit. Sur un écran était projetée la bande annonce d'un DVD de service public sur les Droits de l'Homme. 'Repassez à midi, pendant notre évènement parallèle, et vous pourrez en prendre un gratuitement', était le message. Malin. Et cher aussi, mais en chemin vers la première session du jour, ça ne m'a pas mis la puce à l'oreille. Je n'ai pas réussi à voir leur évènement parallèle - j'ai appris plus tard que l'évènement a été annulé de toute manière parce que les sessions de travail ne se sont pas terminées à l'heure indiquée pour le déjeuner - mais dans l'après-midi, en chemin vers la session plénière, j'ai été littéralement alpagué par deux des 'types des DVDs gratuits' qui m'ont demandé si 'j'avais déjà ma copie'.
Étant préoccupé par un million d'autres choses, j'ai pris un DVD, je les ai remercié en leur donnant ma carte de visite, et j'ai continué vers la session plénière en jetant un oeil distrait sur le dos du DVD. On pouvait y lire une citation d'un certain Ron. L. Hubbard. Aïe! J'aurais dû le savoir. Ces gars-là étaient des scientologistes! C'était un peu trop habile et lisse, trop répugnant, sourirs vides et regards obsédés, de la sorte qu'on voit harpenter les rues des grandes villes européennes et chopper les gens (je croyais qu'ils avaient abandonné ces méthodes, qui leur ont littéralement couté plusieurs bras cassés pendant les années quatre-vingt et quatre-vingt dix) pour les entrainer vers leur grotte pour un 'test de personalité gratuit'; zoomant sur les faible et les anxieux, pour les transformer en automates lobotomisés et dégurgitant de la dianétique qui transferrent leurs revenus entiers à 'l'Église' et quittent leurs foyers et familles pour disparaitre dans les sables mouvants de la scientologie. Ce qui est sûr, c'est qu'il va falloir rapidement réactualiser le filtre anti-pourriels. La dernière fois que la scientologie nous a pris la tête avec ses conneries, notre avocat a dû officiellement les sommer de cesser. Je n'ai absolument aucun problème à discuter avec les groupes qui ont une vision des choses différente de la mienne, mais ça s'arrête aux sectes débiles et grossières.

Assez sur eux. La bonne nouvelle du jour: le Centre Simon Wiesenthal, la Fédération arabe canadienne et la Fédération espagnole des entités religieuses musulmanes ont lancé un appel commun juif-musulman à la conférence. Voyez ici (en Anglais). Je voudrais que plus d'ONGs empreintent cette voie raisonnable et porteuse d'espoir. Par ailleur, la déclaration finale de Bucarest qui a été faite à la fin de la journée est assez faible - plus sur ce sujet plus tard!

La liste des recommandations produites par la société civile pendant les réunions préparatoires a été lue lors des sessions de travail, par sujet. Au début de chaque session, le modérateur a donné la parole à un ou plusieurs représentant d'ONG. Une manière parfaite d'organiser les choses, pensons-nous, qui garanti que chacun y retrouve son dû.

Ronald Eissens



Article

Les sessions de travail - deuxième jour

La deuxième journée a commencé par une session de travail sur le combat contre le racisme, la xénophobie et la discrimination, qui a aussi mis l'accent sur l'intolérance et la discrimination vis à vis des chrétiens et des autres religions. Plusieurs représentants d'ONGs ont lu les recommandations principales de la session. Suzette Bronkhorst a fait la sienne sur le racisme et la xénophobie en commençant par une note personnelle. 'Ces recommandations ont été produites pendant les réunions préparatoires de la société civile, qui se sont déroulées, je dois dire, dans une atmosphère de confiance et de compréhension mutuelles, et surtout de respect'. La plupart des présents ont compris la référence au comportement des ambassadeurs Saad (Égypte) et Finley (États-Unis) de la veille.

Un grand nombre de contribution ont été faites. Pour en nommer quelques unes: Erika Harriford-McLaren a lu une déclaration (en Anglais) sur la Campagne contre les crimes de haine de la Coalition Europe et le représentant du Saint-Siège a fait la sienne sur la discrimination subie par les chrétiens, qui comprenait (au moins) un paragraphe intéressant: 'Les fonctionnaires du service public ont parfois subi des pressions qui entraient en conflit avec leur conscience. Dans un pays de l'OSCE, les fonctionnaires de l'état civil ont été instruits d'exécuter des cérémonies de mariage de même sexe ou de démissioner de leur fonction. Quelques-uns ont démissionné, d'autres ont porté plainte, comme ils pensaient que leur liberté de religion et de conscience avait été violée'.
Il est évident que ceux qui ne sont pas partisants de la séparation de l'église et de l'état ont le droit de refuser - c'est ce qui est clairement énoncé ici. Mais il faut aussi reconnaitre que dans les pays où cette séparation n'a pas été réalisée - ou est juste ignorée - les majorités religieuses enfreignent souvent les droits des minorités, qu'elles soient religieuses ou sexuelles. Une collision de droits, qui ne peut pas être résolue en faisant l'amalgame entre d'un côté le droit pour chacun d'appartenir à une religion différente ou d'avoir une préférence sexuelle autre et de l'autre une discrimination envers les autres. Une déclaration (en Anglais) de la CSW, une ONG de Droits de l'Homme chrétienne (où sont passé les Droits de l'Homme universels?) a été plus réaliste dans son énumération des persécussions subies par les chrétiens et les autres religions.

La session suivante, la législation dans le domaine de la tolérance et de la non-discrimination; le rôle de l'appareil policier dans le combat contre les crimes de haine; la collection de données sur les crimes de haine, s'est caractérisée par beaucoup de bonnes contributions, comme celle de Beate Winkler (FRA, Fundamental Rights Agency de l'UE, précédemment EUMC), de Mike Whine (délégation du Royaume Uni), Oana Mihalache (Romani CRISS) et de Alcee Hastings, qui a réellement tout arrangé (et même, dans une certaine mesure, sauvé la réputation des États-Unis à cette conférence). M. Hastings, Président de la Commission Helsinki sur la Sécurité et la Coopération en Europe, branche US, a tenu un discours passionné au début de la session, dans lequel il a évoqué sa propre identité afro-américaine et l'histoire de la ségrégation aux États-Unis. Il a aussi relevé certains problèmes laissés de côté par la délégation US comme la discrimination et les droits des gays, lesbiennes, bisexuels et transsexuels (GLBT).

La session de travail qui a suivi (5) a traîté du sujet de l'éducation comme moyen pour promouvoir le respect mutuel et la compréhention, la mémoire de l'Holocauste, ainsi que le dialogue interculturel et inter-religieux. Cette session était en fait presque superflue, comme la plupart des problèmes liés à l'Holocauste avaient été couverts lors de la session sur l'antisémitisme. Mais il y eut quand même des contributions intéressantes, dont quelques unes traitant de l'éducation et du respect en général. Voyez ici .

La dernière session de travail du jour couvrait les réponses à adresser au discours publics racistes, xénophobes et discriminatoires répandus à travers les médias, Internet, la télévision satellite et les manuels scolaires, tout en respectant la liberté d'expression. Elle était modérée par le bureau de l'OSCE sur la liberté des médias. 'Tout en respectant la liberté d'expression' est toujours la difficulté lors des sessions organisées par ce bureau - leur sempertinelle mantra est que la liberté d'expression devrait être presque absolue et que chaque restriction à celle-ci devrait être définie le plus rigoureusement possible. Pas de problèmes, puisque dans la plupart des pays européens il existe des loix spécifiques couvrant précisément de cette manière les discours de haine. Pas que cela n'empêche ce bureau d'adopter une attitude fondamentaliste. Lors des conférences qu'ils ont organisé ces dernières années ils ont systématiquement affirmé de façon très claire qu'ils ne croyaient pas en une réponse aux crimes de haine par la répression. Ils ont fait entendre le même son de cloche pendant la conférence de l'OSCE de 2004 à Paris sur la relation entre la propagande raciste, antisémite et xénophobe sur Internet et les crimes de haine. La session d'aujourd'hui ne fut pas différente. Heureusement, ODHIR est arrivé au secours en présentant une déclaration mûrement réfléchie sur le sujet du discours de haine contre la liberté d'expression (en Anglais), suivie par une autre (en Anglais), toute aussi bonne, de Len Rudner (Congrès juif canadien). Bien sûr, quelques unes des recommendations sur la cyber-haine faite par le Réseau international contre la cyber-haine (International Network Against Cyber Hate, INACH), faites durant la réunion préparatoire de la société civile ont aussi été lues pendant la session plénière.

Session de cloture

Pendant cette session, les modérateurs de toutes les sessions ont fait un court résumé de leurs travaux. La déclaration finale de la conférence a été présentée et quelques délégués ont donnés leurs commentaires, entre autres le représentant des Étas-Unis Chris Smith, vice-président de la délégation. Bien qu'il l'ait fait de façon beaucoup plus civilisée (et obscure), une chose était claire, Chris Smith a confirmé ce que Finley avait clairement énoncé: les États-Unis ne sont intéressés que par le combat contre l'antisémitisme. Ce qui est un grand changement par rapport à l'attitude de 2003. Soutient-il vraiment cette attitude? Eh bien malheureusement, l'opinion privée et les politiques publiques vont souvent la main dans la main.
Sommes-nous satisfait de la déclaration finale de Bucarest? Satisfait n'est pas le mot qui convient. L'implication des ONGs dans cette conférence s'est très bien passée. Je voudrais noter que pendant la session finale, Helmut Kulitz, conseiller dela délégation allemande permanente auprès de l'OSCE, a déclaré au nom de l'Union Européenne que 'L'UE soutient la plupart, si ce n'est pas toutes les recommendations faites par la société civile'.
En examinant la déclaration finale (la 'Déclaration Bucarest') on peut voir que le mot 'religion' se retrouve soudainement partout. La déclaration est assez courte, et peut être même trop concise et édulcorée. Le discours sur l'antisémitisme et la discrimination des musulmans est bon. On ne retrouve les GLBT nulle part, mais ils 'pourrait' être inclus dans les 'intolérances apparentées'. Nous devrons travailler dur pour pour transformer cet engagement et d'autres (précedents) en réalité pendant la réunion de mise en oeuvre des dimentions humaines de l'OSCE en septembre prochain.

La déclaration finale de Bucarest est ici (en Anglais).



Tous les documents par session (ceux mis en ligne par l'OSCE jusqu'à maintenant en tous cas) sont ici.

Morceaux choisis

La harangue de Finley

Non, la harangue de Finley n'est pas (encore) en ligne sur la page des documents officiels de la conférence. Il est probable qu'elle ne le sera jamais. Mais comment le faire? Si ce texte est expurgé, il n'en restera rien du tout. Le discours de l'ambassadeur égyptien est ici (en Anglais), quelque peu aseptisé, mais toujours assez grâve.

Elke et ses gens

Vous vous demandez peut-être parfois qui est responsable de ce flot de papier, des copies et de la distribution des interventions, des déclarations et de toute la logistique nécessaire? Qui est responsable de cette machine bien huilée? C'est le service des conférences de l'OSCE. À tous les évènements organisés par l'OSCE, vous retrouverez un ou plusieurs box avec un grand panneau annonçant 'Centre de distribution des documents'. C'est là que sévissent Elke Lidarik et son équipe, toujours calmes et aimables, prêts à vous aider à inclure votre matériel aux contributions, à le copier, le distribuer, etc. Elke et son équipe sont toujours là pour vous et, sans elle et ses gens, le cirque ambulant de l'OSCE serait impossible. Non seulement elle très efficace, mais elle est aussi une personne très avenante. Depuis les nombreuses années que nous la connaissons, nous lui avons 'emprunté' bien des cigarettes. Ce monde a besoin de plus de Elkes!









Vu dans les couloirs

Le directeur de ODHIR, Christian Strohal, trébuchant sur un des épais tapis, faisant le plongeon, mais ... comme un chat, atterrissant sur ses pieds. Ce n'est évidemment pas tout le monde aux conférences de l'OSCE qui est capable de 'faire un Strohal'.

Des gens assis sur les énormes tapis roulés dans la cave pour prendre leur déjeuner. Pourquoi est-ce que ce genre de déjeuner doit toujours être pris debout? Dans le public moyen de ces conférences se trouvent toujours des personnes agées, des handicapés et des personnes ayant des problèmes physiques. Tous apprécieraient la présence de au moins quelques sièges.


L'équipe ICARE