Actualité

Cette page est mise à jour une fois par semaine (normalement le mercredi) avec des articles provenant de la presse régulière.

Si vous avez un article à soumettre pour la page d'actualité, envoyez-le à: francais@icare.to .
Votre article doit être en Français. Si vous disposez d'adresses URL où se trouvent plus d'informations sur les articles, nouvelles ou sujets que vous nous avez envoyez, n'hésitez pas à nous les transmettre. S'il vous plait, n'oubliez pas de nommer le pays dont l'information ou l'article est originaire.



Les titres de l'actualité du 5 Octobre 2005

  • UNE 'FAUTE CONTRE L'ÉGALITÉ' (France)

  • LES 'DÉRAPAGES' DE DE VILLIERS SCANDALISENT (France)

  • UNE MARQUE DE BOISSONS CHOCOLATÉES POURSUIVIE POUR RACISME (France)

  • 'L'IMAGE DE LA FRANCE DÉPENT DU COMPORTEMENT DES JUIFS'

  • 'AFRICAINS NOIRS ET ALGÉRIENS', ÉTERNELS SUBALTERNES DE RENAULT (France)

  • FRANÇOIS BAROIN: 'LE DROIT DU SOL NE DOIT PLUS ÊTRE TABOU' (France)

  • UN PASSÉ QUI NE PASSE PAS (France)

  • LE SORT D'UN LYCÉEN CAMEROUNAIS (France)

  • LA GAUCHE SE LÈVE POUR DÉFENDRE LE DROIT DU SOL (France)

  • EXPULSIONS SARKOZY S'ACHARNE (France)

  • 'DES PETITS BOUTS DE TURQUIE' (Allemagne)

  • REPRISE DES EXPULSIONS ? (Belgique)

  • ENSEMBLE CONTRE LA DISCRIMINATION (Grande-Bretagne)

  • LE POPULISME DE DROITE CRÉE LA SURPRISE À OSLO (Norvège)

  • LONSDALE, LA GRIFFE ÉTIQUETÉE FASCISTE (Pays-Bas)

  • LA COMMISSION FÉDÉRALE CONTRE LE RACISME A 10 ANS (Suisse)

  • VENT DE DÉSESPOIR CHEZ LES NOIRS DE LOUISIANE (Etats-Unis)

  • YUSHCHENKO: L'ANTISÉMITISME N'EXISTE PAS EN UKRAINE

  • AZOUZ BEGAG REFUSE LA 'DISCRIMINATION POSITIVE' EN ENTREPRISE (France)

  • DISCRIMINATION RACIALE À LA LOCATION: COMPLÉMENT D'INFORMATION SUR UNE AGENCE IMMOBILIÈRE DE ST-NAZAIRE (France)

  • SARKOZY INCITE LES PRÉFETS À FAIRE PLUS CONTRE L'IMMIGRATION (France)

  • L'UNIONISME S'ENFERRE DANS LA VIOLENCE (Irlande du Nord)

  • ONZE CADAVRES DÉCOUVERTS APRÈS UN DÉBARQUEMENT D'IMMIGRÉS (Italie)

  • LE SEXISME SELON SAINT PAUL (Pays-Bas)

  • PÈRE THEUNIS: INCITATEUR AU GÉNOCIDE (Belgique)

  • TUNIS ACCENTUE LA RÉPRESSION DES OPPOSANTS AU RÉGIME (Tunisie)

  • UN JOURNAL TANGÉROIS FAIT DANS LE RACISME (Maroc)

  • L'ONTARIO RENONCE À UN PROJET D'INSTAURATION DE LA CHARIA (Canada)

    Les titres de l'actualité du 28 septembre 2005

  • LE PROCÈS GOLLNISCH A ÉTÉ REPORTÉ (France)

  • LA FRANCE, PREMIÈRE DESTINATION DES DEMANDEURS D'ASILE

  • ÉCHOS DE RENTRÉE: LA LUTTE CONTRE L'HOMOPHOBIE BLOQUÉE (France)

  • RENTRÉE SANS VOILE À GILLY (Belgique)

  • UN IMAM EXPULSÉ EN VERTU DES LOIS ANTITERRORISTES (Italie)

  • POLÉMIQUE SUR L'HOMOPHOBIE (Italie)

  • LA TÉLÉVISION BULGARE : TRIBUNE IMPUNIE DU NOUVEAU NATIONALISME

  • BRUXELLES DURCIT LA CHASSE AUX CLANDESTINS (Union Européenne)

  • NORMES EUROPÉENNES POUR L'EXPULSION DES SUSPECTS (Union Européenne)

  • LES EGYPTIENS À LA VEILLE D'UNE PRÉSIDENTIELLE SANS SUSPENS

  • UNE FOULE DE CLANDESTINS SUBSAHARIENS ENTRE DE FORCE DANS MELLILIA (Espagne)

  • DES IMMIGRÉS MONTRÉS DU DOIGT (France)

  • POLÉMIQUE SUR LES ÉVACUATIONS DE SQUATS (France)

  • BLAIR ENGAGE TARIQ RAMADAN POUR COMBATTRE LE TERRORISME (Royaume-Uni)

  • IMMIGRATION : S'INTÉGRER EN EUROPE? QUELLE EUROPE?

  • COUP DE FREIN SUR LES RÉFORMES (Bahrein)

  • LES DROITS DES PERSONNES DÉPLACÉES DE KHARTOUM DOIVENT ÊTRE RESPECTÉS (Soudan)

  • DISCRIMINATION À L'ÉGARD DES FEMMES AU BURKINA FASO : MALGRÉ DES PROGRÈS NOTABLES, CERTAINES COUTUMES ET TRADITIONS DISCRIMINATOIRES DEMEURENT

  • DISCRIMINATION À L'UNIVERSITÉ DE PÉKIN (Chine)

  • LES SANS-PAPIERS MANIFESTENT À PARIS (France)

  • GOLLNISCH: 'L'ANTIRACISME' EST UN 'SIDA MENTAL' (France)

  • LES SYNDICATS CONTRE LE RACISME (France)

  • MONSIEUR R., LE RAP QUI CHOQUE (France)

  • LE MRAX REGRETTE LA DÉCISION D'ARENA CONCERNANT LE VOILE À L'ÉCOLE (Belgique)

  • LE LEADER DU VLAAMS BELANG, RACISTE MAIS PAS ANTISÉMITE (Belgique)

  • UN TOURNOI DE FOOTBALL POUR COMBATTRE LE RACISME (Belgique)

  • UN SUPPORTER HOMOPHOBE ARRETÉ (R.Uni)

  • OBSERVATOIRE NATIONAL DES DROITS DE L'HOMME, DEUX ANS DÉJÀ (Afrique)

  • RUGBY: LE CAPITAINE DES SPRINGBOKS ACCUSÉ DE RACISME (Afrique du Sud)

  • LA RUSSIE VUE PAR LA PRESSE DE LA CEI ET DES PAYS BALTES

    Les titres de l'actualité du 21 septembre 2005

  • QUAND LE PATRIOTISME SE NOIE DANS LE DÉSESPOIR (France)

  • UNIVERSITÉ DU FRONT NATIONAL, LE GRAND CHELEM DE L'EXTRÊME-DROITE À BORDEAUX (France)

  • LES JEUNES DE LA JMJ CONTRE LE RACISME (Allemagne)

  • PAN SUR LE NEZ! LE SITE DU PARTI D'EXTRÊME DROITE AUTRICHIEN PIRATÉ

  • LA SUITE DES ATTENTATS, LES GAIS LONDONIENS SONT SUR LE QUI-VIVE

  • TERRORISME: UN EXPERT DE L'ONU MET EN GARDE TONY BLAIR CONTRE SES NOUVELLES PROPOSITIONS

  • LE BRÉSIL DEMANDE DES COMPTES AU PATRON DE SCOTLAND YARD (Grande Bretagne)

  • LES RUSSES PORTENT UN JUGEMENT NETTEMENT NÉGATIF SUR LES ÉTRANGERS

  • EN SUÈDE, UNE BIBLIOTHÈQUE D'HUMAINS CONTRE LES PRÉJUGÉS

  • SOIXANTE ANS APRÈS LEUR INTERNEMENT, DES AMÉRICAINS D'ORIGINE JAPONAISE ENFIN DIPLOMÉS (Etats-Unis)

  • FAIRE DE LA TRAITE NÉGRIÈRE ET DE L'ESCLAVAGE UNE TRAGÉDIE DE L'HUMANITÉ TOUTE ENTIÈRE (UNESCO)

  • COMITÉ DE SOUTIEN À JOSS ROVÉLAS CONTRE LA NÉGROPHOBIE (France)

  • 'FRANSSE': DEUX SYNDICATS DE POLICE PORTENT PLAINTE (France)

  • LE GANGSTA RAP FLIRTE AVEC LES NÉONAZIS (Allemagne)

  • BENOÎT XVI RAPPELLE LE 'CRIME INOUÏ' DE LA SHOAH (Allemagne)

  • LE PAPE RENCONTRE POLITICIENS ET MUSULMANS (Allemagne)

  • PETIT ESPOIR POUR LES ANCIENS COMBATTANTS CONGOLAIS (Belgique)

  • LE MODÈLE MULTICULTUREL BRITANNIQUE EN CRISE

  • LES ATTENTATS AMÈNENT LONDRES À S'INTERROGER SUR SA DIVERSITÉ (Grande Bretagne)

  • LA PÉNINSULE ITALIENNE BANNIT LE TCHADOR DANS LES LIEUX PUBLICS

  • L'UEFA SOUTIENT LA SEMAINE D'ACTION DU FARE (Europe)

  • SOFIA ET LE STEAUA PÉNALISÉS (Europe)

  • LES ABORIGÈNES (Australie)

  • NAISSANCE D'UN ÉTAT DE CONTRÔLE: LA LISTE NOIRE DES LIGNES AÉRIENNES (Canada)

  • DES VANDALES PROFANENT DES LIVRES SAINTS JUIFS À UN CAMP D'ÉTÉ (Canada)

  • USA: LES PROCUREURS TEXANS PLUS ENCLINS À EXCLURE LES NOIRS DES JURYS

    Les titres de l'actualité du 24 août 2005

  • SANS PAPIERS ET SANS SOINS (France)

  • GÉNOCIDE RWANDAIS: LA PRESSE FRANÇAISE AU BAN DES ACCUSÉS

  • 'SOUCHEMEN' CONTRE 'BLEDMEN'... (France)

  • LES ASSOCIATIONS LGBT APPELLENT L'ÉGLISE AU DIALOGUE (Allemagne)

  • PROTÉGER LA DÉMOCRATIE DE SES ABUSEURS (Belgique)

  • LA POLICE BRITANNIQUE EST OBLIGÉE DE GAGNER LA CONFIANCE DES MUSULMANS

  • RACISME ET XÉNOPHOBIE EN HAUSSE EN RUSSIE

  • RAPPORTS DU ENAR (Europe)

  • GUY BERTRAND RISQUE D'ÊTRE RADIÉ POUR SES PROPOS SUR LA COUR SUPRÊME (Canada)

  • LIVRE: TÉMOIGNAGE ET ANALYSE D'UNE MUSULMANE SUR LA CONTROVERSE DU FOULARD EN FRANCE

  • UN RAPPEUR FUSTIGÉ POUR RACISME ANTIBLANC (France)

  • RUBANS VERTS POUR LA POLICE DE NOTTINGHAM, SOLIDAIRE DES MUSULMANS (Grande-Bretagne)

  • LE PÉLOPONNÈSE VA DANSER LE 'NAZI ROCK' (Grèce)

  • LE GOUVERNEMENT ESSAIE D'IMPOSER DES TESTS PAYANTS À CERTAINES COMMUNAUTÉS (Pays-Bas)

  • L'IDÉE DE LA RUSSIE POUR LES RUSSES GAGNE DES PARTISANS

  • LE PNOS OU QUAND L'EXTRÊME DROITE TENTE DE S'ACHETER UNE CONDUITE (Suisse)

  • LE CHEF DE L'ODS REÇOIT LES LEADERS DE L'EXTRÊME-DROITE (Tchéquie)

  • FOOTBALL-RACISME: CISSÉ INSULTÉ, L'UEFA OUVRE UNE ENQUÊTE

  • CHASSE AUX SORCIÈRES OU VÉRIFICATIONS D'USAGE? (Canada)

  • 'MISSISSIPPI BURNING': KILLEN LIBÉRÉ (Etats-Unis)

  • PHILHARMONIE PHILANTHROPIQUE (Israel)

    Les titres de l'actualité du 17 août 2005

  • LE RAS LE BOL DU RÉALISATEUR DE LA CAMPAGNE ANTI-NOIRS DU MINISTÈRE DE LA SANTÉ (France)

  • 'NE PAS ENVOYER DE PERSONNES M' (France)

  • HUIT MORTS DANS UN INCENDIE À BERLIN (Allemagne)

  • ZOO HUMAIN ET FANTASMES POPULAIRES EN ALLEMAGNE

  • LITTÉRATURE GERMANOPHONE DE JEUNESSE (Allemagne)

  • LE BOULEDOGUE ANGLAIS SE REMET À GROGNER (Grande-Bretagne)

  • CAMPING ANTI RACISTE DE SICILE: LES ACTIONS (Italie)

  • NÉGATION DU GÉNOCIDE ARMÉNIEN: SEULE LA JUSTICE VAUDOISE INSTRUIRA (Suisse)

  • 'NÉGROPHOBIE', LE LIVRE-RÉPONSE QUI DÉMONTE LE 'DISCOURS RACISTE' DE STEPHEN SMITH (Afrique)

  • DES INCIDENTS DE VANDALISME À CARACTÈRE RACISTE SOULÈVENT DE LA NERVOSITÉ À MONCTON (Canada)

  • EN IRAN, L'HOMOSEXUALITÉ EST UN CRIME PUNI DE MORT

  • LE CHEF DU 'BLOC IDENTITAIRE' CONDAMNÉ POUR DIFFAMATION (France)

  • UN JEUNE IVOIRIEN INTERDIT DE LOGEMENT HLM ... (France)

  • JULIEN DRAY: 'NOTRE DÉMARCHE, C'EST 'IMMIGRATION PARTAGÉE' (France)

  • LE PS ABORDE AVEC PRUDENCE LE DÉBAT SUR L'IMMIGRATION (France)

  • DISCRIMINATION IMMOBILIÈRE: SOS RACISME CITE L'OFFICE DE TOURISME D'AGDE DEVANT LA JUSTICE (France)

  • SANS-PAPIERS: NON À L'EXCLUSION DES SOINS (France)

  • UN NÉGATIONNISTE BELGE ARRÊTÉ À AMSTERDAM

  • LA MONTÉE DU RACISME (Grande-Bretagne)

  • UN ÉTÉ EMPOISONNÉ (Grande-Bretagne)

  • ANNONCES ANTI-MUSULMANES: PLAINTES REJETÉES (Suisse)

  • LEUENBERGER CRITIQUE INDIRECTEMENT L'UDC ET BLOCHER (Suisse)

  • LES SUISSES CONDAMNENT LES EXCÈS DU GRÜTLI

  • DAVOS: LES HOMOS D'EUROPE DEMANDENT À ÊTRE MIEUX PROTÉGÉS

  • LA NOMINATION DE MICHAËLLE JEAN EST GÉNÉRALEMENT BIEN ACCUEILLIE (Canada)

  • DES AMÉRINDIENS SE RENDRONT EN ISRAËL (Canada)

  • FELIPE ALOU N'ACCEPTERA PAS LES EXCUSES DE L'ANIMATEUR LARRY KRUEGER (Etats-Unis)

  • IRAK: UNE CONSTITUTION INHUMAINE POUR LES FEMMES

  • FUSILLADE ET LYNCHAGE PRÈS DE HAÏFA (Israël)

    Les titres de l'actualité du 11 août 2005

  • BESSAN (HÉRAULT) PLEURE SON RETRAITÉ FLINGUEUR (France)

  • LES HARKIS, PRISONNIERS DE MÉMOIRE (France)

  • CITÉS, LA MÉTHODE DE TERRAIN (France)

  • BIDONVILLE DE VITRY: LA POLICE ARRÊTE LES PARENTS ET LAISSE LEURS ENFANTS À L'ABANDON (France)

  • UNE GÉRANTE IMMOBILIÈRE ACCUSÉE DE DISCRIMINATION (France)

  • SUR LE GRÜTLI, SAMUEL SCHMID A TENU LE CHOC FACE AUX EXTRÉMISTES DE DROITE (Suisse)

  • TURQUIE DANS L'UNION EUROPÉENNE (UE): WEST SIDE HYSTÉRIE

  • DE L'ITALIEN MACHO AU SUÉDOIS PROGRESSISTE (Union européenne)

  • USA: LES MUSULMANS N'ONT PAS ACCEPTÉ LES EXCUSES DU SÉNATEUR

  • LE COMITÉ POUR L'ÉLIMINATION DE LA DISCRIMINATION RACIALE OUVRE LES TRAVAUX DE SA SESSION D'ÉTÉ (ONU)

  • UN DISPOSITIF PILOTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS EN DISCOTHÈQUE (France)

  • VILLIERS FAIT DE SARKOZY SA NOUVELLE CIBLE FAVORITE (France)

  • COURTISÉES, MAIS PAS SOUMISES (France)

  • MENACES DE MORT À L'ENCONTRE DE FREDDY WILLOCKX (Belgique)

  • AU MOINS 200 INCIDENTS RACISTES DEPUIS LES ATTENTATS TERRORISTES DE LONDRES (Grande-Bretagne)

  • ADO NOIR TUÉ À LA HACHE (Grande-Bretagne)

  • QUAND LE NATIONALISME INVESTIT LE PETIT ÉCRAN RUSSE

  • UNE POUSSÉE DE FIÈVRE RACISTE CONTRE LES NOIRS (Suisse)

  • SUISSE - TURQUIE: LE 'GÉNOCIDE' ARMÉNIEN CRÉE LA TENSION

  • QUAND GRAND-MAMAN SORT DU PLACARD... (Canada)

  • L'EX-CHEF DE L'ASSEMBLÉE DES PREMIÈRES NATIONS DAVID AHENAKEW FAIT APPEL (Canada)

  • LIBREVILLE ACCUEILLE LES ASSISES SUR LES DROITS DE L'HOMME EN AFRIQUE CENTRALE (Gabon)

  • LE 'NOUVEL IRAK' FERME SES PORTES AUX JUIFS

  • 'NOUS SOMMES UNE SOCIÉTÉ RACISTE' (Maroc)

  • LES ROMS DE TURQUIE: UN PEUPLE INTERDIT ET OUBLIÉ

  • LE COMITÉ POUR L'ÉLIMINATION DE LA DISCRIMINATION RACIALE TIENT SA DEUXIÈME SESSION DE 2005 À GENÈVE (ONU)

  • TROIS MINEURS DÉFÉRÉS APRÈS L'ATTAQUE D'UNE ÉCOLE JUIVE (France)

  • UN DISPOSITIF PILOTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS EN DISCOTHÈQUE (France)

  • LES 'INFOS' XÉNOPHOBES DE NOVOPRESS (France)

  • L'INQUIÉTUDE DES MUSULMANS DE LONDRES (Grande-Bretagne)

  • MILLWALL ANNULE SON MATCH CONTRE L'IRAN POUR DES RAISONS DE SÉCURITÉ (Grande-Bretagne)

  • LETTONIE: DES HOMMES POLITIQUES EN VUE AUTEURS DE REMARQUES QUI POURRAIENT ÊTRE À L'ORIGINE DE DÉBORDEMENTS VERBAUX ET D'AGRESSIONS PHYSIQUES

  • RUSSIE: UNE TV ORTHODOXE POUR RECONSTITUER L'IDENTITÉ DE LA NATION

  • BERNE SENSIBILISE ANKARA AU DROIT SUISSE

  • LES EXTRÉMISTES SE MANIFESTERONT À NOUVEAU LE 1ER AOÛT (Suisse)

  • LE BEURRE ET L'ARGENT DU BEURRE (Europe)

    Les titres de l'actualité du 3 août 2005

  • LA VILLE DE REIMS CONDAMNÉE POUR AVOIR ANNULÉ LE CONCERT DU CHANTEUR DE RAGGA JAMAÏCAIN CAPLETON (France)

  • LEVÉE DE BOUCLIERS CONTRE DE VILLIERS (France)

  • L'HISTOIRE CONTRE LA LOI DU PASSÉ (France)

  • FORTE BAISSE DES ACTES ANTISÉMITES AU 1ER SEMESTRE (France)

  • TROIS ARRESTATIONS APRÈS UN JET D'ACIDE CONTRE UNE ÉCOLE JUIVE (France)

  • LA NOSTALGIE DU FASCISME SE PORTE BIEN (Italie)

  • TRAITÉ DE LAUSANNE: CÉLÉBRATIONS ET ENQUÊTES POUR NÉGATIONISME (Suisse)

  • DÉTENTION D'UN NÉGATIONNISTE: ANKARA SE FÂCHE (Suisse)

  • QUAND LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE REMERCIE L'EXTRÊME DROITE POUR SON SOUTIEN (Tchéquie)

  • L'EUROPE EN QUÊTE D'UNE RÉGULATION DE L'IMMIGRATION

  • POUR L'OBSERVATOIRE EUROPÉEN DU RACISME, CRITIQUER ISRAËL PEUT ÊTRE DE L'ANTISÉMITISME

  • UN CONGRESSMAN PRÉCONISE UNE ATTAQUE NUCLÉAIRE CONTRE LA MECQUE ET D'AUTRES LIEUX SAINTS DE L'ISLAM (Etats-Unis)

  • 'LA TRAITE NÉGRIÈRE: UN CRIME CONTRE L'HUMANITÉ' (France)

  • LA HALDE REÇOIT UNE MAJORITÉ DE PLAINTES SUR L'EMPLOI (France)

  • UN BAC TROP MODERNE POUR LES CONSERVATEURS (France)

  • RASSEMBLEMENT DE PROTESTATION APRÈS LES PROPOS RACISTES DE PHILIPPE DE VILLIERS SUR TF1 (France)

  • ERNST ZÜNDEL A ÉTÉ INCULPÉ POUR INCITATION À LA HAINE RACIALE (Allemagne)

  • MOSCOU CONDAMNE LA TENUE D'UN RASSEMBLEMENT D'ANCIENS SS EN ESTONIE

  • BEESTON, LIEU D'ORIGINE DES TERRORISTES, VIT ENTRE RUMEURS ET INQUIÉTUDE (Grande-Bretagne)

  • GUERRE D'IDENTITÉ À LONDRES (Grande-Bretagne)

  • RIGA INTERDIT UNE PARADE HOMOSEXUELLE DÉCRIÉE PAR LE PREMIER MINISTRE (Lettonie)

  • QUATRE EXTRÉMISTES CONDAMNÉS POUR RACISME (Suisse)

  • LES CLANDESTINS FACE AUX ABUS (Union Européenne)

  • VERS UNE AGENCE EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME (Union Européenne)

  • LA COMMISSION APPUIE LA CRÉATION D'UNE COALITION CONTRE LE RACISME (Canada)

  • L'AUTEUR DE L'ATTENTAT DES J.O. D'ATLANTA CONDAMNÉ À LA PRISON À VIE (Etats-Unis)

    Les titres de l'actualité du 27 juillet 2005

  • LES CRITÈRES RACIAUX RESTENT INTERDITS DANS LES STATISTIQUES (France)

  • LES AMALGAMES DE SARKOZY (France)

  • LES ESCLAVES DES VERGERS (France)

  • LA STÈLE POUR L'OAS SQUATTEUSE DE CIMETIÈRE (France)

  • VÉL' D'HIV': VILLEPIN DÉNONCE 'LES PIÈGES DU FANATISME' (France)

  • UN GROUPE NÉONAZI INTERDIT (Allemagne)

  • EN PRISON POUR AVOIR REFUSÉ DE SERVIR FRANÇAIS ET ALLEMANDS (Danemark)

  • ORIANA FALLACI ET L'ISLAM (Italie)

  • LA PLAIE DE L'ISLAM (Pays-Bas)

  • LA DIRECTION DU PNOS CONDAMNÉE POUR DISCRIMINATION RACIALE (Suisse)

  • DISSUADER LES DEMANDEURS AU LIEU DE LES PROTÉGER (Europe)

  • LES MUSULMANS D'EUROPE DANS LE CALCUL DE LA TERREUR

  • UNE FRIANDISE À SAVEUR RACISTE? (Canada)

  • LE MAIRE DE SAINT-JEAN MINIMISE LES INCIDENTS RACISTES COMMIS DANS SA VILLE (Canada)

  • ETATS-UNIS: TURBAN DE LA DISCORDE DANS LE MÉTRO DE NEW YORK

  • DESSINE-MOI LE PAYS DES DROITS DE L'HOMME BLANC (France)

  • DES PARENTS D'ÉLÈVES EN PÔLES DE RÉSISTANCE (France)

  • NICOLAS SARKOZY POUR UNE 'IMMIGRATION CHOISIE' (France)

  • 'DISCRIMINER, C'EST DIVISER' (France)

  • IMMIGRATION: BORLOO MET EN GARDE (France)

  • LES ÉTRANGES COMBATS DE Me GOLDNAGEL (France)

  • L'INITIATIVE IRLANDAISE CONTRE LE RACISME

  • LES PAYS-BAS S'INTERROGENT SUR LES LIMITES DE LA TRADITION DE TOLÉRANCE

  • LE MALAISE DES JEUNES MUSULMANS FAVORISE LE RADICALISME ISLAMIQUE

  • LE TÉMOIGNAGE D'UNE JURÉE DU PROCÈS DE YAGNISH MAHERCHAND NE SERA PAS ENTENDU (Canada)

  • LE COMMISSAIRE EN CHEF PUBLIE SON DERNIER RAPPORT ANNUEL AU NOM DE LA COMMISSION ONTARIENNE DES DROITS DE LA PERSONNE (Canada)

  • L'ONU DÉNONCE LA PERSISTANCE DE LA XÉNOPHOBIE AU JAPON

    Les titres de l'actualité du 20 juillet 2005

  • 'C'EST UN MOUVEMENT PROFONDÉMENT RÉACTIONNAIRE' (France)

  • ARRESTATION DU NEO NAZI DENIS GRESLIN PAR LA POLICE (France)

  • UNE ÉLÈVE VEUT PASSER L'ÉPREUVE DE SPORT VOILÉE, LES ENSEIGNANTS S'INSURGENT (France)

  • 'LA LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS ETHNIQUES DANS LA DOMAINE DE L'EMPLOI': LE RAPPORT ROGER FAUROUX (France)

  • UN VRAI DÉBAT SUR L'IMMIGRATION (France)

  • RASSEMBLEMENT SYMBOLIQUE CONTRE LA STÈLE DE LA HONTE (France)

  • LE COMPTAGE ETHNIQUE REFUSÉ PAR LA CNIL (France)

  • COMMANDEUSE DE CROYANTS (France)

  • 'RESTAURER LE PRINCIPE RÉPUBLICAIN D'ÉGALITÉ' (France)

  • INTERVIEW EXCLUSIVE DE SIMONE VEIL (France)

  • LES BOITES PRÉFÈRENT LES BLANCS (France)

  • LES ANTIRACISTES 'TESTENT' LES BOÎTES DE NUIT DE LA CÔTE (France)

  • INTÉGRATION: VILLEPIN ET SARKOZY AFFICHENT LEURS DIFFÉRENCES (France)

  • LE MODÈLE ANGLAIS DE TOLÉRANCE EN QUESTION

  • LONDRES TOUCHÉ AU COEUR DANS SA DIVERSITÉ CULTURELLE (Grande-Bretagne)

  • A LONDRES, L'INQUIÉTUDE DES MUSULMANS (Grande-Bretagne)

  • LA PEINE ENCOURUE POUR INCITATION À LA HAINE RACIALE A ÉTÉ RÉDUITE (Italie)

  • L'ITALIE PRÊTE POUR SON TOURNOI ANTIRACISTE

  • LE MEURTRE DE VAN GOGH, CONSÉQUENCE ET CAUSE D'UNE CRISE SOCIALE (Pays-Bas)

  • MOINS D'INCIDENTS RACISTES EN SUISSE EN 2004

  • LE CANADA S'ENGAGE POUR DE BON CONTRE LA CYBERCRIMINALITÉ

  • SIX CENTRES MUSULMANS VANDALISÉS (NOUVELLE-ZÉLANDE)

  • LA PROVOCATION DES NOSTALGIQUES DE L'ALGÉRIE FRANÇAISE À MARIGNANE (France)

  • LA CHASSE AUX SORCIERS RASTAS EST OUVERTE (France)

  • ODIEUX DU STADE? (France)

  • QU'EST-CE QUE LA DISCRIMINATION POSITIVE? (France)

  • STÈLE OAS DE MARIGNANE: DES MILITANTS DE L'ADIMAD BLOQUÉS DEVANT LE CIMETIÈRE (France)

  • UN ARC-EN-CIEL AU DESSUS DE LA HONGRIE

  • LE G5 VA ORGANISER DES EXPULSIONS GROUPÉES D'IMMIGRÉS CLANDESTINS, ANNONCE NICOLAS SARKOZY (Europe)

  • À OTTAWA, QUATRE POLICIERS SONT ACCUSÉS DE RACISME (Canada)

  • 'MUMIA ABU-JAMAL EST UN PRISONNIER POLITIQUE' (Etats-Unis)

    Les titres de l'actualité du 13 juillet 2005

  • LE STAGE EN ENTREPRISE ET LA CHARTE DE LA DIVERSITÉ, PRINCIPAUX CHANTIERS D'AZOUZ BEGAG (France)

  • 'LA DISCRIMINATION EST UN DÉLIT, LA DIFFICULTÉ EST DE LE PROUVER' (France)

  • 'LA DISCRIMINATION EST UN PROBLÈME COLLECTIF', SELON AÏSSA DERMOUCHE (France)

  • LA JURISPRUDENCE SE RENFORCE CONTRE LES DISCRIMINATIONS AU LOGEMENT (France)

  • 'UN MANQUE DE MOYENS POUR APPLIQUER LA LOI' (France)

  • PREMIÈRE: UN DÉPUTÉ HOMOPHOBE TRAÎNÉ EN JUSTICE (France)

  • RAGGA HOMOPHOBE: LES DESSOUS D'UNE POLÉMIQUE (France)

  • VERS UNE NOUVELLE IDENTITÉ FRANÇAISE

  • Y A-T-IL UNE SPÉCIFICITÉ DU RACISME CORSE ? (France)

  • LE PREMIER MINISTRE SE PRONONCE CONTRE LA DISCRIMINATION POSITIVE (France)

  • AZOUZ BEGAG FAIT L'ÉLOGE DE CETTE 'RICHESSE' QU'EST LA 'DIVERSITÉ' (France)

  • ANNULATION DU GARANCE REGGAE FESTIVAL POUR CAUSE DE PROPOS HOMOPHOBES (France)

  • CYRILLE TCHAMBA: LES CAMEROUNAIS DE FRANCE SONT MAL PARTIS

  • ETAT DES LIEUX DES PRATIQUES DISCRIMINATOIRES (France)

  • UNE AGENCE JUGÉE POUR DISCRIMINATION RACIALE (France)

  • LE MRAX DÉNONCE LA VIOLENCE POLICIÈRE RACISTE (Belgique)

  • DÉFILÉ GÉANT À MADRID POUR FÊTER LA LÉGALISATION DU MARIAGE HOMOSEXUEL (Espagne)

  • KILLEN THE KILLER RATTRAPÉ PAR LA JUSTICE (Etats-Unis)

  • QUELQUES VÉRITÉS GÊNANTES SUR LA TRAITE DES NOIRS

  • 'LE CONCEPT DE RACE N'A PAS DE BASE SCIENTIFIQUE'

  • POLÉMIQUE AUTOUR DE L'INVITATION À MATIGNON DE REPRÉSENTANTS DU FN (France)

  • CIRCULATION D'UNE REVUE ANTISÉMITE À LA FAC DE LYON (France)

  • 'LA FRANCE N'EST PAS ANTISÉMITE DE MANIÈRE CONGÉNITALE'

  • 'ENCULÉ DE TA RACE' N'EST PAS UNE INJURE RACISTE' (France)

  • 'LE DEMANDEUR S'EST TROMPÉ DE QUALIFICATION' (France)

  • 'CES INSULTES NIENT TOUTE MA VIE' (France)

  • SAINT-NICOLAS CONTRE LE VLAAMS BELANG (Belgique)

  • NAIMA AZOUGH, UNE DÉPUTÉE AMAZIGHE AU PARLEMENT DES PAYS-BAS

  • 'JEUX VIDÉO ET STÉRÉOTYPES'

    Les titres de l'actualité du 6 juillet 2005

  • IMMIGRATION. 'LES FRONTIÈRES INVISIBLES FRANÇAISES'

  • BANLIEUES: LE MAL DES COLONIES? (France)

  • CHIRAC VEUT DE 'NOUVEAUX ESPACES' POUR L'ÉGALITÉ DES CHANCES (France)

  • 'NICOLAS SARKOZY EST UN POMPIER INCENDIAIRE' (France)

  • LE CHEF DE L'ETAT DONNE SA FEUILLE DE ROUTE À LA HALDE (France)

  • STÈLE À LA GLOIRE DE L'OAS: CONDAMNATIONS ET REJET (France)

  • OPRAH WINFREY EN GUERRE CONTRE HERMÈS (France)

  • LA COURNEUVE NE VEUT PAS DE JUMELAGE AVEC CHICAGO (France)

  • C'EST OFFICIEL: AU NOUVEL OBSERVATUER, ON 'NETTOIE' LES 'DÉTRITUS' (France)

  • A LOUER, SAUF POUR ÉTRANGERS (Belgique)

  • DES TRACTS DU FRONT NATIONAL POLLUENT 'LE LIGUEUR' (Belgique)

  • LE TRACT DU FN ENFREINT LA LOI ANTIRACISTE (Belgique)

  • LE RACISME ET LA DISCRIMINATION RACIALE SONT ENCORE MONNAIE COURANTE EN ONTARIO (Canada)

  • KU KLUX KLAN: UN PROCÈS QUI SENT LE SOUFFRE (Etats-Unis)

  • DOMINIQUE AMIGOU MENDY (1909-2003), RESCAPÉ DU CAMP DE CONCENTRATION DE NEUENGAMME EN ALLEMAGNE

  • 'UN ANTIJUDAÏSME CONTRASTÉ, MODÉRÉ' (France)

  • A MARIGNANE, ON ÉRIGE UNE STÈLE À LA MÉMOIRE DES COMBATTANTS DE L'OAS! (France)

  • LUTTER CONTRE LES DISCRIMINATIONS, PLUS QUE JAMAIS, UNE EXIGENCE (France)

  • LE BILAN DE L'APPLICATION DE LA LÉGISLATION RÉPRIMANT LE RACISME ET L'ANTISÉMITISME (France)

  • NICOLAS SARKOZY COMMUNIQUE, DÉRAPE ET GÂCHE L'ENQUÊTE À LA CITÉ DES 4000 (France)

  • 'LE MAL-ÊTRE ARABE': ENTRETIEN AVEC KARIM BOURTEL ET DOMINIQUE VIDAL (France)

  • 'MARCHE DES FIERTÉS': 7 ORGANISATIONS DE L'ÉDUCATION APPELLENT À PARTICIPER (France)

  • AMNESTY INTERNATIONAL: FÉDÉRATION DE RUSSIE

  • LA JUSTICE RATTRAPE UN DIRIGEANT DU KU KLUX KLAN (Etats-Unis)

  • LA CAMPAGNE INTERNATIONALE POUR METTRE FIN AUX GENOCIDES

    Les titres de l'actualité du 29 juin 2005

  • AZOUZ BEGAG: DE LA DISCRIMINATION POSITIVE À LA PROMOTION DE L'ÉGALITÉ DES CHANCES (France)

  • FILTRAGE DU SITE NÉGATIONNISTE AAARGH: UNE VICTOIRE À LA PYRRHUS POUR LES DÉFENDEURS DES DROITS DE L'HOMME (France)

  • EDGAR MORIN: 'ON A CRÉÉ UN ÉTAT D'INTIMIDATION' (France)

  • LAÏCITÉ ET ISLAM, LE DÉBAT MASQUE UN MALAISE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE

  • 'JE N'INCITE PERSONNE À ALLER TUER OU BRÛLER QUI QUE CE SOIT' (France)

  • MANIFESTATION NÉONAZIE ET CONTRE-MANIFESTATION EN ALLEMAGNE

  • LE DROIT DE PORTER LE VOILE DANS LES ÉCOLES PUBLIQUES RÉAFFIRMÉ (Belgique)

  • BART SOMERS S'ATTAQUE AU CHÔMAGE DES ÉTRANGERS (Belgique)

  • L'ESPAGNE NATIONALE-CATHOLIQUE DÉFILE CONTRE LE MARIAGE GAY

  • PREMIER ARCHEVÊQUE NOIR POUR L'ÉGLISE ANGLICANE (Grande-Bretagne)

  • LE PARLEMENT ENTEND INTERDIRE LES SYMBOLES RACISTES (Suisse)

  • 'A SOLEURE, NOUS SOMMES UN ENNEMI PUBLIC' (Suisse)

  • LE DROIT D'ASILE TRÈS CRITIQUÉ (Suisse)

  • ACHARNEMENT CONTRE MUMIA (Etats-Unis)

  • LES APATRIDES DEMANDENT JUSTICE (Madagascar)

  • TURQUIE : INQUIÉTUDES CONCERNANT LE NOUVEAU CODE PÉNAL

  • LA POLITIQUE DU BOUC ÉMISSAIRE (France)

  • LA TURQUIE, ALIBI DU OUI ET DU NON (France)

  • LES FOURNISSEURS D'ACCÈS CONDAMNÉS AU FILTRAGE (France)

  • 'POUR L'ÉGALITÉ, JE VAIS FAIRE LE CRABE ENTRE LES MINISTÈRES' (France)

  • IMMIGRATION: LES QUOTAS AU COEUR DU DÉBAT (France)

  • LONSDALE PRÉFÈRE 'TOUTES LES COULEURS' AUX NATIONALISTES ALLEMANDS (Allemagne)

  • REYNDERS DÉTERRE LE GÉNOCIDE ARMÉNIEN (Belgique)

  • CONFÉRENCE SUR LE RACISME À MANCHESTER (Grande-Bretagne)

  • LES PAYS-BAS S'INTÉRESSENT À SES MAROCAINS

  • CONSEIL DE L'EUROPE: RAPPORTS SUR LE RACISME EN ALBANIE, CROATIE, POLOGNE, SUÈDE ET ROYAUME-UNI

  • UN COURRIEL RACISTE DE LA POLICE D'EDMONTON CAUSE UN AUTRE SCANDALE (Canada)

  • LES AUTOCHTONES VEULENT ÊTRE PRÉSENTS (Canada)

  • LE PASSÉ RACISTE DU SUD EN PROCÈS (Etats-Unis)

  • LE PARDON POUR LES LYNCHAGES (Etats-Unis)

    Les titres de l'actualité du 22 juin 2005

  • COMMENT PERPIGNAN EST DEVENUE FOLLE (France)

  • 'LA DÉRIVE ACTUELLE, C'EST L'ENFERMEMENT DES INDIVIDUS DANS DES GROUPES' (France)

  • 'NE PAS CARESSER L'ÉLECTORAT DU FN DANS LE SENS DU POIL' (France)

  • LA POLITIQUE DE L'IMMIGRATION CHOISIE DÉNONCÉE PAR LES ASSOCIATIONS (France)

  • LE GOUVERNEMENT VEUT CHOISIR LES IMMIGRÉS SELON LEUR UTILITÉ ÉCONOMIQUE (France)

  • TRAFIC DE DROGUE: FODÉ SYLLA IMPLIQUÉ À TORD (France)

  • LES INSOUTENABLES PROPOS RÉVISIONNISTES DE PETRE-GRENOUILLEAU (France)

  • ÉLOGE DU RÉVISIONNISME: UN HISTORIEN RÉCOMPENSÉ (France)

  • PAYS-BAS: LE MODÈLE EXPLOSÉ

  • EUROPE: APPEL À AGIR CONTRE L'ANTISÉMITISME

  • UNE JURÉE CRIE AU RACISME ET À L'INTIMIDATION (Canada)

  • LDH: APPEL À L'INSURRECTION DES CONSCIENCES (France)

  • 'PAS ASSEZ DE BOULOT', SELON SARKOZY (France)

  • RACISME ET CONSTITUTION EUROPÉENNE: UN SONDAGE FALSIFIÉ (France)

  • LA COMMUNAUTÉ MAGHRÉBINE SALUE L'ENTRÉE D'AZOUZ BEGAG AU GOUVERNEMENT (France)

  • 'IL CONNAÎT NOS DIFFICULTÉS DE L'INTÉRIEUR' (France)

  • FOOTBALL: LE STADE SENT LE MOISI (France)

  • LES DROITS DE L'HOMME? ÉLÉMENTAIRE (France)

  • FODÉ SYLLA INTERPELLÉ DANS UNE ENQUÊTE SUR UN TRAFIC DE DROGUE (France)

  • BELGIQUE: UNE MOBILISATION SANS PRÉCÉDENT POUR LA PÉNALISATION DU DÉLIT DE NÉGATIONNISME

  • ACTION EN JUSTICE AUX PAYS-BAS CONTRE UN PARTI QUI REFUSE LES FEMMES

  • PIERRE-YVES MAILLARD: 'BLOCHER JOUE AU POMPIER PYROMANE' (Suisse)

  • BILAN SATISFAISANT MAIS AMÉLIORATIONS INDISPENSABLES (Suisse)

  • L'OSCE SE PENCHE SUR L'ANTISÉMITISME (Europe)

    Les titres de l'actualité du 15 juin 2005

  • L'IMMIGRATION DANS LA CAMPAGNE DU RÉFÉRENDUM SUR LA CONSTITUTION EUROPÉENNE (France)

  • FRANCE: LA LICRA DÉNONCE (ENFIN) LE RACISME

  • RELAXE D'ELISABETH ROUDINESCO (France)

  • 'LA FRANCE A UN VRAI PROBLÈME D'EXERCICE DE LA DÉMOCRATIE'

  • LE NOUVEAU PRÉSIDENT DE LA LIGUE DES DROITS DE L'HOMME DÉNONCE LA 'SURDITÉ' DU GOUVERNEMENT (France)

  • POUR UNE IMMIGRATION MAÎTRISÉE (France)

  • PÉNALISATION DU NÉGATIONNISME EN BELGIQUE

  • HONGRIE, MASSACRE VIRTUEL SUR INTERNET

  • UNE PREMIÈRE VICTOIRE POUR UNE NOIRE EN SUISSE

  • RACISME: L'UE RENONCE À HARMONISER LES SANCTIONS PÉNALES

  • 'IL FAUT ROMPRE AVEC LA POLITIQUE DE FERMETURE QUI PRÉVAUT EN EUROPE'

  • UNE ANCIENNE TRAVAILLEUSE AGRICOLE VIDE SON SAC (Canada)

  • LA COMMUNAUTÉ NOIRE D'OTTAWA MÉCONTENTE (Canada)

  • MORT D’UN MALIEN DES SUITES DE SA GARDE A VUE AU COMMISSARIAT de COURBEVOIE (France)

  • UN ÉQUILIBRE FRAGILE ENTRE DEUX POPULATIONS FRAGILES (France)

  • AFFAIRE AAARGH: LE FILTRAGE DU NET EST RÉCLAMÉ (France)

  • SITE NÉGATIONNISTE: QUELLE EST LA RESPONSABILITÉ DES PRESTATAIRES TECHNIQUES? (France)

  • 'L'ETAT DE DROIT NE DOIT PAS ÊTRE À GÉOMÉTRIE VARIABLE' (France)

  • PROJET DE LOI SUR LE NÉGATIONNISME (Belgique)

  • LES FAUX CRIMINELS ÉTRANGERS DES DÉMOCRATES DU CENTRE (Suisse)

  • LE MALAISE DES BLANCS DANS LA 'NOUVELLE AFRIQUE DU SUD'

  • 1ER JUIN 2005: JOURNÉE NATIONALE DE LUTTE CONTRE L'HOMOPHOBIE (Canada)

    Les titres de l'actualité du 8 juin 2005

  • LA MÉMOIRE DE L'ESCLAVAGE (France)

  • CALME PRÉCAIRE À PERPIGNAN (France)

  • LE MEURTRE D'UN DEUXIÈME MAGHRÉBIN ÉBRANLE PERPIGNAN (France)

  • SPORT ET PAIX SANS FRONTIÈRES (Belgique)

  • LA DISCRIMINATION POSITIVE APPLIQUÉE AUX ARTS ET À LA CULTURE (Grande-Bretagne)

  • REMISE EN CAUSE DE L'IDÉAL MULTICULTUREL (Pays-Bas)

  • LE COMITÉ CONTRE LA TORTURE CONDAMNE LA POLITIQUE D'ASILE RESTRICTIVE DE LA SUISSE ET S'INQUIÈTE DU POSSIBLE USAGE D'APPAREILS À ELECTROCHOC

  • LES JUIFS D'EUROPE AFFRONTENT L'EXTRÉMISME (Europe

  • 'UN BOUILLON DE CULTURE DE RACISME ET DE XÉNOPHOBIE' (Europe)

  • LA SÉGRÉGATION RACIALE, UNE RÉALITÉ BIEN VIVANTE AU CANADA

  • DES GROUPES DEMANDENT QUE LA POLICE RECONNAISSE LE PROFILAGE RACIAL (Canada)

  • LE GOUVERNEMENT DONNE SUITE À SON ENGAGEMENT À AMÉLIORER LA VIE DES FEMMES AUTOCHTONES (Canada)

  • A LA FRONTIÈRE MEXICAINE, DES MILICES PRIVÉES TRAQUENT LES CANDIDATS À L'IMMIGRATION ILLÉGALE (Etats-Unis)

  • LES NOIRS VICTIMES DE RACISME AU MAROC

  • CHARLES ONANA: L'HISTOIRE OCCULTÉE DE LA FRANCE LIBRE

  • NOUS SOMMES TOUS DES INDIGÈNES DE LA RÉPUBLIQUE (France)

  • NOUVEAU PROCÈS POUR RENAULT (France)

  • MALIK LE PEN OU JEAN MARIE BOUTIH? (France)

  • JEAN-MARIE LE PEN ET PHILIPPE DE VILLIERS CONVOITENT LE MÊME ÉLECTORAT (France)

  • LA SANTÉ DU PRÉSIDENT DU FN ALIMENTE LES DISCUSSIONS SUR SA SUCCESSION (France)

  • RAPPORT AMNESTY 2005: ACTES ANTI-SÉMITES ET VIOLENCES POLICIÈRES EN BELGIQUE

  • CHIRAC: LA CONSTITUTION CONSACRE L'ÉGALITÉ ENTRE HOMMES ET FEMMES (Union Européenne)

  • CES AFRICAINS DONT VAUD NE VEUT PAS (Suisse)

  • LES MINORITÉS SE VOIENT REFUSER LES MEILLEURS EMPLOIS, SELON UNE ÉTUDE (Canada)

  • LE CHOC DE CIVILISATION : UNE APPROCHE CRITIQUE

    Les titres de l'actualité du 1er juin 2005

  • LES FAISEURS D'HISTOIRE (France)

  • MON QUARTIER A L'HEURE DU MARECHAL (France)

  • 'UN SIMPLE AFFICHAGE' (France)

  • PRÈS DE 20 INCIDENTS RACISTES DANS LES STADES DEPUIS LE 1ER JANVIER (France)

  • LETTRE À MES AMIS POLONAIS (France)

  • ACTIONS POUR LA MÉMOIRE DE L'ESCLAVAGE (France)

  • COLY: 'JE VAIS QUITTER CE PAYS...' (Italie)

  • FERDINAND COLY INSULTÉ, LE STADE ITALIEN SANCTIONNÉ, UNE PREMIÈRE DANS L'HISTOIRE DU FOOTBALL ITALIEN

  • PIÉTÉ ET XÉNOPHOBIE SUR LES ONDES POLONAISES

  • UN BURKINABÉ ACCUSE LA POLICE DE VIOLENCES RACISTES (Suisse)

  • SONDAGE INQUIÉTANT SUR L'ANTISÉMITISME

  • FLAMBÉE ANTISÉMITE EN ARGENTINE

  • AFFAIRES YAHOO! (I & II) ET AL MANAR: L'APPROCHE UNIVERSALISTE CONFIRMÉE DEUX FOIS (France)

  • PARIS: RIRE COTRE LE RACISME (France)

  • LICRA: PROPOS ANTISÉMITES À LYON AVANT UNE CÉRÉMONIE EN MÉMOIRE DES DÉPORTÉS (France)

  • ALLÔ, SOS HOMOPHOBIE, J'ÉCOUTE (France)

  • DISSOLUTION DU GROUPE NÉO-NAZI ELSASS KORPS (France)

  • CETTE BRUTALE ET HONTEUSE HOMOPHOBIE ORDINAIRE (France)

  • SPAM PAR LE VIRUS SOBER Q, DIFFUSEUR D'IDÉES D'EXTRÊME DROITE (Allemagne)

  • L'HOMOPHOBIE RESTE MÉCHAMMENT ANCRÉE (Belgique)

  • RUSSIE: LES GAYS APPELLENT POUTINE À DÉNONCER L'HOMOPHOBIE

  • RACISME, ENVIRONNEMENT: ALBERT DE MONACO ENCOURAGE LES PAYS D'EUROPE À LA VIGILANCE (Europe)

  • LES MINORITÉS SE VOIENT REFUSER LES MEILLEURS EMPLOIS (Canada)

    Les titres de l'actualité du 25 mai 2005

  • LE PIÈGE DES MÉMOIRES ANTAGONISTES (France)

  • MOBILISATION CONTRE LE PLAN VILLEPIN SUR L'IMMIGRATION (France)

  • MONTÉE DU RACISME EN FRANCE

  • PRISON AVEC SURSIS REQUISE CONTRE DIEUDONNÉ (France)

  • MANIFESTATION CONTRE LE PLAN VILLEPIN SUR LES CLANDESTINS (France)

  • 'LES CLUBS MINIMISENT LES FAITS DE RACISME' (France)

  • MALEK BOUTIH CLASSÉ X (France)

  • LIÈGE SE LÈVE CONTRE LE RACISME (Belgique)

  • 'LE PROBLÈME, C'EST LE PROPHÈTE ET LE CORAN' (Pays-Bas)

  • LES DROITS DES TSIGANES BAFOUÉS EN RUSSIE

  • LA LOI ANTIRACISTE DÉLAISSÉE (Suisse)

  • LE RACISME ANTI-MUSULMAN EN HAUSSE AUX ETATS-UNIS

  • GRANDE MOBILISATION CONTRE L'HOMOPHOBIE (Monde)

  • LE NOUVEAU VISAGE DU RACISME

  • DIEUDONNÉ REJUGÉ EN APPEL (France)

  • 'LES INSULTES RACISTES, C'EST LE QUOTIDIEN D'UN JOUEUR' (France)

  • UNE MANIFESTATION CONTRE LE RACISME À NICE (France)

  • LE CIMETÈRE JUIFS DE SARREGUEMINES A ÉTÉ PROFANÉ (France)

  • OLIVIER ROY: LA CRITIQUE DE L'ISLAM COMME RELIGION PERMET DE REPRENDRE UN DISCOURS ANTI-IMMIGRATION EN LE 'DÉRACIALISANT' (France)

  • MASSACRE DE SÉTIF: ACCOYER CONTRE LA REPENTANCE (France)

  • IMMIGRATION, COLONISATION ET RACISME: POUR UNE HISTOIRE LIÉE (France)

  • COUPS DE FEU CONTRE LA PORTE D'UN IMAM À SARTÈNE: SIX INTERPELLATIONS (France)

  • LES 'INDIGÈNES DE LA RÉPUBLIQUE' ONT COMMÉMORÉ, À PARIS, LES MASSACRES DE SÉTIF (France)

  • INCIDENTS BASTIA/ISTRES - LA LICRA DEMANDE DES SANCTIONS EXEMPLAIRES (France)

  • ESCLAVAGE, QUELLE PLACE DANS LA MÉMOIRE COLLECTIVE ? (France)

  • L'EXTRÊME DROITE ALLEMANDE SE CHERCHE

  • L'APPEL DU MRAX AUX SÉNATEURS RELATIF AU GÉNOCIDE DES ARMÉNIENS (Belgique)

  • PLAINTE POUR RACISME CONTRE LES JEUX D'HIVER (Belgique)

  • DES ONG ACCUSENT LES MÉDIAS D'IRRESPONSABILITÉ APRÈS DES INCIDENTS RACISTES (Espagne)

  • TRAVAIL DE SAPE (Suisse)

  • INCENDIE D'UNE SYNAGOGUE EN RUSSIE

    Les titres de l'actualité du 18 mai 2005

  • UN STATUT D'INFÉRIORITÉ RESSENTI OU RÉEL? (France)

  • MANIFESTATION TOUS AZIMUTS DES INDIGÈNES DE LA RÉPUBLIQUE (France)

  • MÉMOIRE DE LA DÉPORTATION EXPOSITION À AMIENS (France)

  • LE MRAP PRÉSENT 'À SA MANIÈRE' À LA MARCHE 'DES INDIGÈNES DE LA RÉPUBLIQUE' (France)

  • UN AVENIR AVEC DES PAPIERS POUR LES GRÉVISTES DE LA FAIM (France)

  • DES BANLIEUES À L'ALSACE, MICHEL WIEVIORKA DÉCRIT LA DIVERSITÉ DE L'ANTISÉMITISME CONTEMPORAIN (France)

  • UN PROFESSEUR SUSPENDU DIX-HUIT MOIS POUR 'NON-RESPECT DES ÉLÈVES' (France)

  • HOURIA BOUTELDJA, UNE 'INDIGÈNE' DE LA RÉPUBLIQUE (France)

  • FRANCE: PLUS DE COULEURS SUR LES ÉCRANS

  • L'ALLEMAGNE CÉLÈBRE LA DÉMOCRATIE ET TIENT EN ÉCHEC LES NÉONAZIS

  • UN DÉFILÉ NÉO-NAZI EMPÊCHÉ À BERLIN (Allemagne)

  • LA BELGIQUE EST DANGEREUSE POUR LES JUIFS

  • ESPAGNE: RÉGULARISATION RECORD DE 700.000 ÉTRANGERS SANS-PAPIERS

  • CE N'EST PAS UN PROBLÈME MINEUR (Espagne)

  • ORTHOGRAPHE MALADROITE ET PROPOS RACISTES SUR LA TOILE (Suisse)

  • NAZISME: LES JUIFS SUISSES FONT FACE AU PASSÉ

  • LES TENDANCES XÉNOPHOBES SE RENFORCENT EN RUSSIE

  • OLSSON ACCÉLÈRE LA LUTTE ANTIRACISTE (Europe)

  • UN CERTAIN 8 MAI 45 EN ALGÉRIE

  • MASSACRES À SÉTIF ET GUELMA (Algérie)

  • LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL IMPOSE UNE LOI SUR L'IMMIGRATION (Etats-Unis)

  • RACISME: AUX US, 50 ANS APRÈS ON N'OUBLIE PAS

  • ÉMERGENCE D'UNE 'DISCRIMINATION POSITIVE' À LA BRÉSILIENNE

    Les titres de l'actualité du 11 mai 2005

  • LE CORBEAU ARRÉTÉ! (Belgique)

  • PISTES POUR MIEUX VIVRE ENSEMBLE (Belgique)

  • 'LES POLITIQUES ONT CRÉÉ L'ENJEU DE L'IMMIGRATION' (Grande-Bretagne)

  • RÈGLEMENTATION COMMUNAUTAIRE CONTRE LA DISCRIMINATION RACIALE: LA FINLANDE ET LE LUXEMBOURG RECONNUS COUPABLES DE NON-TRANSPOSITION (Europe)

  • DIVERSITÉ CULTURELLE ET PRINCIPE ETHNIQUE DANS LE TRAITÉ CONSTITUTIONNEL EUROPÉEN

  • DES JOURNALISTES FRANÇAIS REMPORTENT LE PREMIER CONCOURS 'POURLA DIVERSITÉ - CONTRE LES DISCRIMINATIONS' DE L'UE

  • USA SODEXHO VERSE 60 MILLIONS € À 3.000 EMPLOYÉS NOIRS POUR ÉVITER UN PROCÈS (Etats-Unis)

  • EXPULSÉS POUR AVOIR PUBLIÉ DES MESSAGES ANTISÉMITES SUR INTERNET (Canada)

  • DES JUIFS REVIENNENT DANS LA VILLE DE LEUR ENFANCE, EN CHINE

  • HOMMAGE À BRAHIM BOUARRAM, JETÉ IL Y A 10 ANS DANS LA SEINE (France)

  • LE TRADITIONNEL DÉFILÉ DU FN PLACÉ SOUS LE SIGNE DU REJET DE LA CONSTITUTION EUROPÉENNE (France)

  • L'UPA SOUTIENT LA FERME CONDAMNÉE POUR RACISME (France)

  • QUAND FRANCE 5 BANALISE LE RACISME (France)

  • NON AU DÉTOURNEMENT FRAUDULEUX DE L'HISTOIRE, NON À LA LOI DU 23 FÉVRIER 2005 (France)

  • TOLÉRANCE ZÉRO (Belgique)

  • PAS ASSEZ BLANCS DE PEAU (Belgique)

  • TROIS QUESTIONS À CHRISTIAN DUPONT (Belgique)

  • DAOUST: 'FERYN N'A NI TORT NI RAISON' (Belgique)

  • PAS D'UNANIMITÉ SUR LES 'TESTEURS ANONYMES' (Belgique)

  • L'IMMIGRATION, 'LE' PROBLÈME DES CONSERVATEURS (Grande-Bretagne)

  • OONA KING, CANDIDATE JUIVE DANS UN GHETTO MUSULMAN (Grande-Bretagne)

  • LES ASSISES DE L'INTÉGRATION SCRUTENT LE REJET AU QUOTIDIEN (Suisse)

  • ARGOVIE: PLAINTE DÉPOSÉE CONTRE UN AGITATEUR ANTISÉMITE (Suisse)

  • CONTRE LE RACISME ANTI-TSIGANES ET ANTI-ROMS (Europe)

  • QUEL RÔLE POUR L'AGENCE EUROPÉENNE POUR LES DROITS FONDAMENTAUX? (Europe)

  • LE GENOCIDE. SA NATURE ET SON HISTOIRE RECENTE

    Les titres de l'actualité du 4 mai 2005

  • EN PROVINCE, LES NOTABLES NE GOUTENT PAS LA SATIRE (France)

  • DOMINIQUE DE VILLEPIN CRITIQUÉ SUR L'AFFAIRE DES SANS-PAPIERS (France)

  • HOMOSEXUELS DISCRIMINÉS, PROPRIÉTAIRE CONDAMNÉ (Belgique)

  • PAS DE MAROCAINS: LE CLIENT N'EN VEUT PAS...(Belgique)

  • DÉMANTÈLEMENT D'UNE ORGANISATION NÉO-NAZIE EN ESPAGNE

  • L'ÉGLISE APPELLE LES MAIRES À BOYCOTTER LE MARIAGE HOMOSEXUEL (Espagne)

  • LES PRÉSIDENTS ISRAELIEN ET RUSSE SONT UNANIMES À CONDAMNER L'ANTISÉMITISME

  • LES RAMBO DU DÉSERT (USA)

  • COMMENT NELSON CHISALE FUT JETÉ AUX LIONS DANS UNE RÉSERVE SUD-AFRICAINE

  • CHIRAC REND HOMMAGE AUX RÉSISTANTS, AUX TZIGANES ET AUX HOMOSEXUELS (France)

  • INQUIÉTUDES SUR LE SORT DE SANS-PAPIERS À PARIS

  • VLAAMS BELANG CARTONNE... (Belgique)

  • UN SUISSE SUR CINQ EST ÉTRANGER

  • UNE FERME CONDAMNÉE POUR RACISME (Canada)

  • LE GOUVERNEMENT DU CANADA ANNONCE L'INITIATIVE SUR LES TRAVAILLEURS FORMÉS À L'ÉTRANGER

  • MONTRÉAL-OTTAWA À PIED POUR LES SANS-STATUT

  • ALAIN JAKUBOWICZ, AVOCAT MILITANT (France)

  • COLLECTIF DES PROFESSEURS INDIGÈNES DE LA RÉPUBLIQUE (France)

  • 'UNE VRAIE VIOLENCE DES INSTITUTIONS' (France)

  • LES DEMANDES D'ASILE DES MINEURS ISOLÉS EN HAUSSE, SELON L'OFPRA (France)

  • LA HAINE DU JUIF SOUS TOUTES SES CULTURES (France)

  • LOGEMENT EN FRANCE : LES CALVAIRE DES IMMIGRÉS

  • CÉRÉMONIE POUR TROIS CAMPS ALLEMANDS

  • PLAINTE CONTRE UN LIVRE 'ANTIBLANCS' EN NORVÈGE

  • L'ESPAGNE VEUT DÉRACINER LE RACISME DE SES STADES

  • LE CONSEIL D'ÉTAT DÉNONCE LES ACTES ANTISÉMITES (Suisse)

  • 'LE RACISME ORDINAIRE NE FAIT PAS RECETTE' (Suisse)

  • TENDANCE À L'INTOLÉRANCE INTERETHNIQUE EN RUSSIE

  • BRUXELLES VEUT AMPLIFIER L'IMMIGRATION ! (Europe)

  • UN CAS DE RACISME ET DE DISCRIMINATION EST DÉNONCÉ À L'ASSEMBLÉE NATIONALE (Canada)

  • 'DES RÉPARATIONS FINANCIÈRES SERAIENT UNE INSULTE À L'AFRIQUE' (Esclavage)







    UNE 'FAUTE CONTRE L'ÉGALITÉ' (France)
    Un rapport remis à Jean-Louis Borloo constate l’ampleur des discriminations « ethniques » à l’emploi, préconise des actions, mais ne réclame pas de mesures contraignantes.
    par Émilie Rive


    12/09/2005 - Roger Fauroux, ancien ministre de l’Industrie dans le gouvernement socialiste dont Michel Rocard était premier ministre, par ailleurs ex-PDG de Saint-Gobain et auteur, avec Harifa Cherifi, de Nous sommes tous des immigrés, dénonce, dans son rapport remis jeudi au ministre de l’Emploi et de la Cohésion sociale, les discriminations « ethniques » à l’emploi comme « une faute contre l’égalité » et « un grave gaspillage économique ». Largement pratiquées, elles ne sont pratiquement jamais incriminées. Les jeunes Noirs ou Maghrébins qui réussissent vraiment sont, pour l’ancien président du Haut Conseil à l’intégration, « les rescapés d’un réseau de préjugés, de craintes et de soupçons ». Il ne s’agit donc pas de « rajouter un texte aux textes », car cette « forme de racisme » est « un fait de société sur lequel les dispositions législatives n’ont que peu de prise ».

    Le rapport salue la création de la haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) et la signature de la charte de la diversité par une soixantaine de grandes entreprises françaises, comme des mouvements intéressants. Et il développe un code de bonne conduite qui repose sur la persuasion et la confiance, non sur la contrainte. Ainsi sont encouragés, pour rendre plus objectives les procédures d’embauche, l’anonymisation des curriculum vitae, le recrutement par simulation, et la signature de contrats de confiance entre l’ANPE ou les établissements scolaires (pour les stages) et les entreprises.

    Il s’agit d’inciter celles-ci à embaucher la personne sélectionnée par l’ANPE ou l’établissement. La politique du parrainage permettrait d’aider les jeunes à aborder un monde de l’entreprise auquel rien ne les prépare. Dans l’esprit du rapport, ce sont surtout tous les rouages, de la direction aux ressources humaines, qu’il faut impliquer dans une démarche de lutte, par des audits, des formations, et par l’aiguillon des syndicats. Roger Fauroux regrette que les associations patronales ne se soient pas encore penchées sur la question.

    L’État, pour sa part, doit faire un effort de communication et de publicité et garantir à la HALDE les moyens financiers nécessaires à son action. Depuis sa création en juin, elle a reçu cinq cents dossiers dont la moitié relevaient de discriminations à l’emploi, notait son président, l’ancien PDG de Renault Louis Scheiwtzer. Toujours en débat, « la mesure de la diversité », rendue difficile par l’attachement au principe républicain d’égalité, devrait être autorisée par la Commission nationale de l’informatique et des libertés, si les intentions sont bonnes, si l’anonymat individuel est sauvegardé et si l’on se contente de demander le lieu de naissance de l’intéressé et celui de ses parents.

    « On ne doit pas se laisser guider par des préjugés, remarquait Azouz Begag, ministre délégué à l’Égalité des chances. Il faut être fier de ses origines. Les statistiques n’ont pas de couleur. Mais il ne faut pas rigidifier la situation par des quotas ou par la discrimination positive. » Et si Jean-Louis Borloo évoquait « le retard tout à fait inacceptable pris par la France en matière d’intégration », le rapport remarque qu’« il serait très souhaitable que l’État s’interroge lui-même sur ses propres méthodes de recrutement et de promotion et, le cas échéant, puise dans le catalogue que nous avons essayé de dresser ».

    Le voeu n’est pas complètement pieux, certaines administrations ont déjà travaillé en ce sens. Mais sur fond de violences policières, de stigmatisations dans le traitement du droit d’asile et dans la politique vis-à-vis des immigrés, le refus de mesures réellement contraignantes contre les discriminations dans l’emploi prouve bien que le fond même de la question n’est toujours pas abordé.
    © L'Humanité

    LES 'DÉRAPAGES' DE DE VILLIERS SCANDALISENT (France)
    Le Parti socialiste, SOS Racisme ou encore Jean-Luc Romero, associé au Parti radical, expriment leur indignation au lendemain des "dérapages sémantiques inacceptables" du président du Mouvement pour la France, qui veut "stopper l'islamisation" de la France.

    13/09/2005 - Le Parti socialiste, SOS Racisme, ou encore le président d'Aujourd'hui autrement, proche du Parti Radical ont dénoncé lundi 12 septembre les propos du président du Mouvement pour la France Philippe de Villiers sur "l'islamisation de la société française". Le porte-parole du PS Julien Dray a ainsi dénoncé lors du point de presse hebdomadaire "des dérapages sémantiques inacceptables de la part de M. de Villiers, qui rappellent malheureusement les propos tenus par le Front national".

    "Visiblement, M. de Villiers a fait un choix politique, celui d'aller dans le sens du poil des électeurs tenus par le racisme et la ségrégation", a-t-il ajouté. Philippe de Villiers s'est déclaré dimanche candidat à l'élection présidentielle notamment pour "stopper l'islamisation progressive de la société française qui bascule progressivement dans le communautarisme et face au mondialisme des élites politiciennes". Julien Dray a demandé que "l'ensemble des responsables politiques se démarquent de ces dérapages", notamment "la droite parlementaire qui a jusqu'à présent considéré que M. de Villiers faisait partie de sa famille".

    Indignation

    De son côté, SOS Racisme s'est indignée des propos de Philippe de Villiers, estimant que le président du Mouvement pour la France (MPF) confirmait "une vision xénophobe et stigmatisante de l'immigration, des quartiers et des musulmans de France". "Alors que M. de Villiers s'était toujours tenu à la droite extrême, il a, cette fois, définitivement franchi le rubicon pour se poser en rival direct de l'extrême droite", a estimé SOS Racisme, dans un communiqué. "Faisant explicitement part de son intention de détourner des électeurs et des responsables politiques du FN, il confirme une vision xénophobe et stigmatisante de l'immigration, des quartiers et des musulmans de France", a indiqué 'association.

    Consternation

    A droite, Jean-Luc Romero, président d'Aujourd'hui Autrement, associé au Parti radical, s'est dit "consterné". Dans un communiqué il s'est déclaré "profondément consterné par le discours de clôture prononcé par Philippe de Villiers. En s'attaquant comme il le fait aux musulmans, en parlant d'une "islamisation de la France", en s'attaquant aux Turcs (...), dans un populisme le plus vulgaire". "Philippe de Villiers drague les électeurs d'extrême droite et fait honte à la France", a ajouté Jean-Luc Romero.
    © Le Nouvel Observateur

    UNE MARQUE DE BOISSONS CHOCOLATÉES POURSUIVIE POUR RACISME (France)
    13/09/2005 - Le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais a assigné devant le Tribunal de grande instance de Nanterre, en banlieue parisienne, la société "Nutrimaine" propriétaire de la marque de boissons chocolatées dont le slogan "Banania Y'a bon" est associé à la représentation d'une personne de couleur noire, initialement un Tirailleur sénégalais.

    Le Collectif, tout en demandant l'annulation de ces marques, créés au début du siècle dernier pour illustrer des campagnes publicitaires de boissons chocolatées, les a qualifiées de "contraires à l'ordre public et aux bonnes moeurs".

    "Ces marques, qui jouent de l'image des Noirs sans le moindre respect, bafouent les personnes de couleur et constituent une humiliation et une blessure qui violent le respect et la dignité de la personne humaine", a affirmé M. Patrick Karam, président du Collectif dans un texte dont copie est transmise ce mardi à la PANA.

    "Elles véhiculent notamment auprès des jeunes, une image péjorative, dégradante et raciste des personnes de couleur noire, qu'elles présentent comme peu éduquées, s'exprimant de manière primaire et à peine capables d'aligner trois mots en français", a ajouté M. Karam.

    Le Collectif ne demande pas l'annulation de la dénomination Banania, mais des marques et représentations qui associent le terme Banania avec le dessin du Tirailleur et/ou l'expression "Y'a bon", car a affirmé Patrick Karam, "la liberté d'entreprendre qui en découle, ne doit pas pouvoir être exercée au détriment de l'image, si longtemps bafouée, de millions de personnes, Français ou non".

    Le président du collectif s'insurge contre le côté passéiste de la représentation des Noirs, et le Nègre joyeux et niais qui figure encore sur les emballages Banania et souligne qu'aujourd'hui, il est impensable de porter en dérision l'image d'un bègue, d'un roux, d'une personne handicapée, d'une personne obèse ou d'un homosexuel.

    Le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais qui se considère comme un lobby pour l'Outre-Mer, est la plus grande association d'originaires d'Outre-Mer, avec plusieurs dizaines de milliers de membres et sympathisants, dont des parlementaires d'Outre-Mer.
    © L'Intelligent

    'L'IMAGE DE LA FRANCE DÉPENT DU COMPORTEMENT DES JUIFS'

    By ELIAS LEVY

    15/09/2005 - “L’antisémitisme est en expansion en France, taraudant la société en divers lieux, dans divers milieux, mais sans verser dans l’excès qui y voit un phénomène massif, et généralisé, ou porté par de puissants groupes sociaux et politiques”, soutient le sociologue Michel Wieviorka, auteur de La Tentation antisémite. Haine des Juifs dans la France d’aujourd’hui (Éditions Robert Laffont, 2005). Un ouvrage qui tombe à point nommé pour décrire la complexité de ce phénomène protéiforme.

    Michel Wieviorka, qui est directeur d’études à l’École des Hautes études en sciences sociales de Paris, où il dirige le Centre d’Analyses et d’Interventions sociologiques (CADIS), a mené, avec une douzaine de chercheurs, une enquête sur le terrain de plus de deux ans.

    Ils se sont rendus dans divers lieux où l’antisémitisme a connu un regain important ces dernières années: des quartiers populaires durement touchés par la crise économique; l’Alsace, où les actes de vandalisme dans des cimetières juifs sont presque devenus une spécificité; Sarcelles (Val-d’Oise), une banlieue où vit une importante population juive; des écoles publiques; des universités; des prisons…

    Un état des lieux saisissant de l’antisémitisme en France.

    Michel Wieviorka nous a accordé une entrevue.

    Canadian Jewish News: Votre grande enquête démontre que l’antisémitisme en France n’est pas un phénomène homogène mais au contraire éclaté, sans unité profonde.

    Michel Wieviorka: De l’extérieur de la France, depuis Israël, les États-Unis en particulier et le Canada aussi, mais moins fortement, et de l’intérieur de la France, en particulier dans certains milieux juifs, on décrit la France comme un pays pris depuis cinq ans dans une sorte de Tsunami antisémite.

    Ce que cette recherche montre, c’est qu’il existe des lieux où des propos, des actes, des opinions, des attitudes antisémites s’observent, mais tout ceci n’a ni l’ampleur, ni la force, ni surtout la capacité unificatrice à laquelle on pouvait peut-être s’attendre. L’antisémitisme qui sévit aujourd’hui en France est un phénomène éclaté qui se développe dans plusieurs franges de la société française, de manière plus ou moins instable, pour des raisons qui ne sont pas nécessairement homogènes et cohérentes. L’antisémitisme surgit dans différents lieux et milieux, mais sans grande capacité d’unification ou d’intégration, avec une force qui n’est pas nécessairement spectaculaire.

    C.J.N.: Beaucoup de Juifs reprochent à la Justice française d’être laxiste face à l’antisémitisme. Ce grief est-il fondé?

    M. Wieviorka: La Justice n’échappe pas à la crise des institutions républicaines. Dans notre enquête, nous avons plutôt étudié la crise qui sévit à l’école publique. La Justice a été lente à se mobiliser sur la question de l’antisémitisme tout simplement parce que le pouvoir politique et l’opinion publique ont mis du temps à réagir à cette montée de la judéophobie. Il y a eu une période où la société en général et les institutions françaises en particulier ont été insensibles au problème de l’antisémitisme. J’ai eu accès à l’ensemble des dossiers qui ont été jugés au cours des six premiers mois depuis cette prolifération d’actes antisémites. Donc, je sais ce qu’il en est du travail de la Justice. Seulement 15% des affaires en matière d’antisémitisme ont été élucidées. Ce qui est la moyenne à peu près classique -le taux d’élucidation des cas d’antisémitisme est le même que dans d’autres domaines. Il n’est pas toujours facile de prouver qu’il y a eu antisémitisme. Dans certains cas, c’est douteux, et dans d’autres cas, il n’y a même pas eu d’antisémitisme alors que l’on croyait qu’il y en avait eu.

    C.J.N.: Donc, selon vous, la Justice française fait correctement son travail.

    M. Wieviorka: Sans défendre ardemment la Justice française, je vous dirais que celle-ci est aujourd’hui sous pression et qu’elle fait son travail. Mais, on saisit parfois la Justice pour des affaires étranges. Edgar Morin est-il antisémite? -cet entretien a été réalisé avant que la Justice ne condamne le sociologue Edgar Morin et le directeur du journal Le Monde, Jean-Marie Colombani, pour “diffamation raciale” contre le peuple juif, à la suite de la publication dans ce quotidien d’un article fustigeant avec véhémence Israël, signé par Edgar Morin et deux autres intellectuels.

    La Justice est secouée, trimballée, poussée à hue et à dia par des gens qui voudraient la faire intervenir un peu n’importe comment. La Justice française est peut-être un peu prudente, peut-être trop prudente, mais elle est aussi parfois sollicitée d’une manière malvenue.

    C.J.N.: L’antisémitisme en France progresse-t-il ou est-il en voie de régression?

    M. Wieviorka: L’antisémitisme en France n’a ni régressé ni augmenté de manière significative. On ne peut pas réduire aujourd’hui la question de l’antisémitisme en France aux actes les plus ostensibles, c’est-à-dire à ceux qui aboutissent devant la Justice et qui sont traités par la police. Ce n’est qu’une petite partie de l’iceberg. Mais une partie qui donne une image pervertie et même fausse du problème. L’antisémitisme, c’est de la discrimination -il y en a peu, mais il peut y en avoir-, des opinions, des menaces, des attitudes, des propos dans la cour de récréation à l’école… L’antisémitisme, c’est toutes sortes d’expressions qui ne se réduisent absolument pas aux quelques passages à l’acte que l’on peut observer. Donc, si vous voulez avoir une bonne image de l’antisémitisme en France, il faut consulter les sondages d’opinion, regarder ce qui se passe dans les écoles, faire des enquêtes comme celle que nous avons menée. La plupart du temps, les antisémites ne passent à l’acte, en tout cas pas à un acte lourd.

    C.J.N.: Les pouvoirs publics français n’ont-il pas réagi en retard à ce regain d’antisémitisme?

    M. Wieviorka: Oui. Je pense que le phénomène de l’antisémitisme travaillait la société française bien avant l’éclatement de la seconde Intifada palestinienne. Dès le début des années 90, j’avais observé des petites traces naissantes d’antisémitisme à Sarcelles. Je pense que le tournant, la prise de conscience de cette recrudescence d’antisémitisme, a eu lieu au moment de l’élection présidentielle de 2002, aussi bien à gauche qu’à droite. Si cette prise de conscience s’était opérée plus nettement et beaucoup plus tôt, je pense que la situation serait différente aujourd’hui. C.J.N.: La Communauté juive de France est très inquiète par cette montée de la judéophobie.

    M. Wieviorka: Oui. Il y a des inquiétudes au sein de la Communauté juive de France. Mais il y a des Juifs qui dramatisent et radicalisent la situation pour la décrire en termes extrêmes, quitte à la limite pour annoncer leur départ pour le Canada, ou plutôt pour Israël. Il y en a d’autres au contraire qui disent: “Ne dramatisons pas, il ne se passe pas grand-chose, rien de nouveau, ce n’est pas un phénomène excessif.” Mais, dans l’ensemble, il y a eu des inquiétudes. Je crois qu’il y en a un petit peu moins actuellement, mais tout ça demeure très sensible. La situation peut varier du jour au lendemain. Il suffit que se produisent un ou deux actes antisémites pour que tout bascule à nouveau. Il y a une sensibilité à fleur de peau dans le monde juif sur cette question-là.

    C.J.N.: Au cours de votre enquête vous avez constaté qu’il est difficile aujourd’hui d’enseigner la Shoah dans des établissements scolaires publics français.

    M. Wieviorka: Ou bien on considère que la Shoah fait partie de l’Histoire. Dans ce cas-là, cette tragédie doit trouver sa place dans les cours et les manuels d’Histoire. Ou bien on considère que c’est autre chose, alors il faut en parler en instruction civique et ailleurs. Je pense que la Shoah est un sujet délicat qui devrait être enseigné en Histoire. Le problème c’est que l’école en France, surtout publique, est confrontée aujourd’hui à une triple crise.

    L’école fait face à une crise d’“ethnicisation”. On interdit de parler d’un groupe humain si on ne parle pas des autres groupes, de parler de ce qui se passe dans un pays si on ne parle pas aussi de ce qui s’est passé dans les autres contrées. Deuxièmement, l’école publique ne sait pas gérer des petits incidents. Les établissements scolaires publics sont très embarrassés dès qu’il y a du chahut, dès qu’un élève tient un propos raciste ou antisémite. Soit on en fait trop, soit on en fait pas assez. Troisièmement, à l’école publique, vous avez un grand nombre d’enseignants qui sont très sensibles aux difficultés existentielles vécues par les jeunes issus de l’immigration. Ça c’est un phénomène très français.

    C.J.N.: Donc, ces enseignants prennent la défense de jeunes antisémites.

    M. Wieviorka: Oui. Ces éducateurs sont très sensibles aux questions relatives au colonialisme, aux traites négrières, à l’exploitation des immigrés dans les usines françaises dans les années 50 et 60, au racisme actuel… Ils ont peine à comprendre, ou à percevoir, qu’il puisse y avoir parfois chez les “victimes” des attitudes ou des propos coupables, en l’occurrence d’antisémitisme. Il y a en France une sorte de mauvaise conscience coloniale et post-coloniale qui rend difficile dans certains cas une bonne appréciation des situations. Ce phénomène pernicieux se cristallise souvent dans les lycées lorsqu’on parle de la Shoah.

    C.J.N.: Depuis le début de ce regain d’antisémitisme la France en a pris pour son grade dans plusieurs pays occidentaux, surtout aux États-Unis. Comment la France compte-t-elle réhabiliter son image écornée?

    M. Wieviorka: Il y a une manière de réhabiliter l’image écornée de la France. Si les Juifs français arrivent à montrer par leur comportement, leurs modes d’expression les plus divers et dans leurs propos qu’ils sont plutôt bien dans leur pays et qu’ils n’ont aucune envie de le quitter, alors l’image de la France dans le monde s’améliorera. Par contre, si les Juifs français font savoir massivement qu’ils ont l’intention de quitter leur pays, l’image de la France risque de se détériorer davantage.

    Si le climat international se détend un peu -le conflit israélo-palestinien semble aller vers un peu plus de négociations et un petit moins de ruptures et de violence-, il est certain que la situation s’apaisera. Les images négatives de la France sont inscrites dans un climat d’ensemble qui est géopolitique. Il y a des choses qui peuvent évoluer positivement.

    C.J.N.: La politique propalestinienne de la France n’a-t-elle pas contribué implicitement à attiser le nouvel antisémitisme qui a pignon sur rue dans l’Hexagone depuis l’automne 2000?

    M. Wieviorka: Oui. Si le chef de gouvernement d’un pays tient des propos extrêmement violents à l’égard de la politique israélienne, ça facilite et légitime des dérives ou des dérapages antisionistes qui dans certains cas deviennent antisémites au bout d’un certain temps. À l’inverse, si un chef de gouvernement fait savoir de façon très claire qu’il n’est pas question d’aller trop loin dans la critique de tel ou tel autre gouvernement israélien, ça établit des limites. Les prises de position officielles d’un pays, ou de grands leaders politiques, sur la question israélo-palestinienne peuvent avoir indéniablement des incidences négatives sur l’état de l’antisémitisme dans une société.
    © Canadian Jewish News

    'AFRICAINS NOIRS ET ALGÉRIENS', ÉTERNELS SUBALTERNES DE RENAULT (France)

    Six ouvriers poursuivent le constructeur automobile. Ils mettent en cause un système de travail postcolonial où les ouvriers étaient classés selon leur origine ethnique.
    par Lucy Bateman


    17/09/2005 - Mardi après-midi, au conseil des prud’hommes de Boulogne-Billancourt, plongée dans l’univers peu reluisant des ateliers Renault de l’île Seguin. Le tribunal examinait les demandes de six ouvriers - cinq sont retraités, un en préretraite - qui réclament un million d’euros de dommages et intérêts au constructeur automobile pour discrimination - raciale. Leurs avocats ont décrit un univers postcolonial où l’évolution de carrière était - réservée aux « Français », tandis que les autres - Français ou non, mais originaires d’Afrique, du Maghreb ou des Antilles - restaient scotchés aux postes subalternes, sans que rien vienne justifier cette différence de traitement. Pour Catherine Le Jouan, l’avocate du constructeur, « Renault a embauché des dizaines de milliers de travailleurs immigrés. S’il y en a eu six discriminés, on est dans une proportion de l’ordre de l’infinitésimal ». Le classement des salariés selon leur origine ethnique ? « Il permettait justement de trouver des solutions » aux problèmes de racisme chez Renault.

    Ce classement fait partie du « système Renault, qui considérait qu’il fallait distinguer les salariés selon leur origine », a expliqué Nadège Magnon, avocate du MRAP. En 1966, explique l’avocate, « la société établit des codes pour distinguer les salariés selon la couleur de leur peau : « français », « français naturalisé », « français d’origine algérienne », « britannique », « afro-britannique », etc. Six ans plus tard, poursuit-elle, une note interne hiérarchise les origines selon leurs « capacités ddans l’industrie » : tout en haut, les Espagnols et les Yougoslaves. Tout en bas, « les Africains noirs et les Algériens (Marocains, Tunisiens), suivis de près par les travailleurs des DOM ».

    C’est à ce groupe qu’appartiennent les six demandeurs, originaires d’Algérie, du Togo et de la Martinique. Mouloud Beldi, Mohamed Bouzidya, Stanislas Breleur, Philippe Doumane, Daniel Kotor et Mhadeb Djelassi ont été embauchés par Renault entre la fin des années soixante et le début des années soixante-dix. Après avoir tenté en vain de faire reconnaître en interne qu’ils étaient victimes de discrimination, ils ont saisi la justice au début de 2004. Ils ont en commun un professionnalisme reconnu par leur hiérarchie, des efforts de formation « maison » tout au long de leur carrière, mais aussi des carrières bloquées, des formations qualifiantes refusées sans explication, des responsabilités non reconnues, voir des rétrogradations.

    En mars 2004, les prud’hommes de Boulogne ont nommé un expert avec pour mission de reconstituer les carrières des demandeurs, en les comparant avec celles de leurs collègues « Français de souche » entrés dans les mêmes ateliers, au même moment et avec les mêmes niveaux de qualification. Conformément à l’article L. 122-45 du Code du travail, il revient au salarié de soumettre au juge les éléments de faits qui laissent supposer une discrimination, et à l’employeur de justifier la différence de traitement pas des éléments objectifs.

    L’expert, sur la foi d’informations parcellaires fournies par Renault, a conclu à l’absence de discrimination dans un rapport qui ne respecte que de très loin les instructions du tribunal : il mélange les ateliers, les dates d’embauche, inclut dans les panels de comparaison des salariés « Français » mais titulaires de mandats syndicaux, donc eux-mêmes discriminés. L’expert impute par exemple l’absence de carrière de Philippe Doumane, un des demandeurs, à « l’oubli dans lequel peut tomber un homme de qualité qui effectue bien ses tâches ».

    Les panels fournis par les avocats indiquent, eux, l’existence d’une inégalité de traitement liée à la couleur de peau, « à laquelle Renault ne donne aucune explication liée aux compétences des salariés », notent les avocats. Philippe Doumane, embauché en 1966 comme OS, passe au niveau P2 coefficient 195 en 1975, et y restera six-huit ans, « malgré ses diplômes et les nombreuses formations effectuées pendant cette période », note Nadège Magnon. Mouloud Beldi, entré chez Renault en 1970, au coefficient 160, n’accède au coefficient 220 qu’en 1986, et y restera jusqu’à sa retraite en 1998. Pourtant, depuis 1983 il remplace son chef d’équipe parti à la retraite, encadre une dizaine de personnes, mais n’aura jamais le coefficient correspondant. Madheb Djelassi, lui, se voit refuser sans explication une formation en électricité, demande qu’il réitère tous les ans depuis 1986.

    Pour Marie-Laure Dufresne-Castets, qui intervenait pour la fédération CGT de la métallurgie, l’embauche massive de travailleurs étrangers pour assurer les besoins en personnel s’est poursuivie « jusqu’à nos jours, bien que la configuration ait un peu changé, les jeunes issus de l’immigration remplissant désormais ce rôle, dans l’automobile et ailleurs ». « Cependant, ceux-ci sont traités comme leurs pères, a-t-elle ajouté : citoyens de seconde zone et éternelle main-d’oeuvre d’appoint, y compris lorsqu’ils assurent la permanence de la production dans l’entreprise. Les conditions de leur recrutement tout comme leur situation à l’intérieur de l’entreprise restent nettement marquées par leur origine - raciale. »

    Le jugement a été mis en délibéré au 14 novembre.
    © L'Humanité

    FRANÇOIS BAROIN: 'LE DROIT DU SOL NE DOIT PLUS ÊTRE TABOU' (France)

    Face à l'immigration clandestine qui croît dans certains DOM, le ministre de l'Outre-Mer prépare des mesures exceptionnelles. Un entretien sans langue de bois.
    Propos recueillis par Sylvie Pierre-Brossolette


    17/09/2005 - François Baroin, ministre de l'Outre-Mer et «fils» préféré de Jacques Chirac, s'est glissé dans sa fonction. Il l'a démontré lors de la catastrophe aérienne qui a frappé la Martinique cet été. Le voici plein de projets pour les départements et territoires dont il a la charge.

    Le Figaro Magazine - Après une première tournée outre-mer, quel est selon vous le problème le plus urgent à régler ?

    François Baroin - Il existe deux grands chantiers prioritaires : l'emploi et l'immigration. Concernant le premier, des mesures gouvernementales pour l'emploi outre-mer sont engagées. L'indicateur de chômage, même s'il reste trop élevé, est en très net recul pour l'ensemble des DOM depuis juin 2002. Le chantier le plus important, c'est l'immigration. Beaucoup de choses restent à faire. A Mayotte et en Guyane, par exemple, plus d'un habitant sur quatre est un étranger en situation irrégulière. En Guadeloupe, le nombre de personnes en provenance d'Haïti ayant sollicité une demande d'asile est passé de 135 en 2003 à 3 682 en 2004.

    La majorité des reconduites à la frontière concernent l'outre-mer. Si, en métropole, on avait le même taux d'immigration clandestine, cela ferait 15 millions de clandestins sur le sol métropolitain. Vous imaginez les tensions sociales possibles. A terme, c'est tout l'équilibre démographique qui s'en trouvera modifié. Sans parler du fait que les immigrés irréguliers sont complètement exploités, cette situation engendre bien évidemment un fort déséquilibre économique et des tensions sociales exacerbées. Le travail clandestin, qui est une forme moderne d'esclavage, est tout aussi inacceptable au XXIe siècle.

    Comment empêcher les clandestins d'entrer sur le territoire français ?

    A situation particulière, politique particulière. En Guyane, les frontières avec le Brésil et le Surinam ont une longueur totale de près de 3 000 kilomètres. Il est impossible de les surveiller mètre par mètre. A Mayotte, la proximité avec les Comores implique une surveillance du littoral, car l'immigration se fait par la mer et sur de petites embarcations de type canots de pêche. Il faut donc des mesures radicales. Sur ma proposition, une première série de mesures a été acceptée au comité interministériel de contrôle de l'immigration du 27 juillet dernier.

    Une loi viendra dans les tout prochains mois compléter ce dispositif de mesures de gestion en procédant à l'indispensable adaptation de notre droit à ces situations particulières. Il s'agira, notamment à la Guadeloupe, à la Martinique et à Mayotte, de permettre le contrôle d'identité de toute personne et de faire des visites sommaires de certains véhicules dans une zone de quelques kilomètres à partir du littoral. Comme c'est déjà le cas en Guyane, nous allons, en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion supprimer le caractère suspensif des recours formés contre un arrêté de reconduite à la frontière pour accélérer les délais. Nous allons pouvoir saisir ou détruire tous les véhicules (avions, voitures, bateaux) qui auront servi à transporter des clandestins.

    Il va falloir aller plus loin. A Mayotte, j'étudie la possibilité de limiter à un délai d'un an après la naissance de l'enfant la période pendant laquelle un Français peut reconnaître un enfant naturel dont la mère est étrangère. On peut également envisager de modifier ou de suspendre temporairement certaines règles relatives à l'acquisition de la nationalité française à Mayotte. Par exemple, poser la règle de la régularité du séjour des parents comme condition pour l'accès ultérieur des enfants à la nationalité française. Mayotte a une surface comparable à l'île d'Oléron. La croissance de sa population (180 000 habitants, dont bientôt une majorité d'étrangers) est quasiment le fait des naissances d'immigrés clandestins. Car les mères viennent accoucher là pour que leurs enfants obtiennent la nationalité française.

    Faut-il remettre en question le droit du sol ?

    Il faudrait l'envisager pour certaines collectivités d'outre-mer, car nous sommes confrontés à des politiques de peuplement non maîtrisées. Si l'on ne fait rien maintenant, à terme, ce sera l'explosion sociale. Pour enrayer ce phénomène, nous devons avoir recours à des mesures à caractère exceptionnel. Une remise en question du droit du sol ne provoque pas les mêmes réticences outre-mer qu'en métropole. L'histoire, la géographie de l'outre-mer ne sont pas toujours les mêmes qu'en métropole.

    Le droit du sol n'a pas toujours connu la même application, et, au fur et à mesure qu'il a été étendu, il y a eu des abus. Je reviens sur la situation de Mayotte : la maternité de Mamoudzou est, avec 7 500 naissances annuelles, la plus active de France. Deux tiers des mères sont comoriennes, et environ 80% d'entre elles sont en situation irrégulière. On estime à 15% le nombre de ces mères qui retournent aux Comores après avoir accouché. Il y a aussi de nombreux cas de paternité fictive. Il est de notoriété publique qu'à Mayotte, la reconnaissance de paternité par un Français est un «service» qui s'achète.

    Compte tenu de l'ampleur du phénomène que vous décrivez, une nouvelle loi sera-t-elle suffisante ?

    Pas seulement. La mobilisation de tous est nécessaire. La loi doit s'accompagner de moyens conséquents et d'une implication forte de toutes les administrations de l'Etat. Je m'engage à veiller à ce que cette politique soit appliquée de manière prioritaire par nos préfets, hauts commissaires, gendarmes, policiers, douaniers, et que l'armée puisse nous apporter son concours dans les zones difficiles.

    Je ferai en sorte que ceux qui s'impliquent le plus dans cette politique soient récompensés. Surtout, il est essentiel que nos compatriotes d'outre-mer aient des attitudes responsables et civiques. On ne peut pas se plaindre de l'immigration clandestine et en même temps employer des clandestins comme jardinier, femme de ménage ou chauffeur de taxi. J'ai donné des instructions particulières pour qu'il soit fait application la plus stricte des obligations statutaires, avec procédures disciplinaires systématiques, aux fonctionnaires et agents des services de l'Etat qui seraient convaincus de telles pratiques.

    Les propositions que vous faites pour l'outre-mer seraient-elles applicables en métropole ?

    Nous allons voir ce qui marche le mieux, mais les situations sont différentes, il ne s'agit pas de faire un calque. Cela permet, quoi qu'il en soit, de faire bouger les lignes, de sortir des tabous. Le droit du sol ne doit plus en être un. J'ai bien conscience de l'importance de ce débat. Des problèmes peuvent se poser au regard des libertés publiques et des conditions d'acquisition de la nationalité française, auxquelles je suis personnellement attaché.

    Mais lorsqu'on réduit le territoire et que l'on augmente les flux, ce n'est plus simplement un problème de cohésion sociale, c'est la question de la souveraineté qui est posée. Quelques mois après ma prise de fonction, je constate que l'outre-mer a bien souvent été à l'avant-garde de la modernisation de notre société, pas seulement dans ce domaine coercitif, mais aussi dans celui des libertés publiques, avec la décentralisation, les finances locales ou la réforme de l'administration territoriale de l'Etat. Alors pourquoi, dans le traitement de ce délicat et douloureux problème auquel est confrontée notre société, l'outre-mer ne contribuerait-il pas à la définition de quelques pistes nouvelles ?
    © Le Figaro

    UN PASSÉ QUI NE PASSE PAS (France)

    Un ouvrage collectif et étayé ausculte notre société au prisme des héritages coloniaux, décrivant la persistance de discriminations sociales et culturelles intolérables. La Fracture coloniale. La société française au prisme de l’héritage colonial. Collectif, sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire. Éditions La Découverte, 2005, 308 pages, 20 euros.
    Par Michel Muller


    17/09/2005 - « Il faudra bien un jour décoloniser la France ! » lançait en 1959, en pleine guerre d’Algérie, un étudiant algérien. Cet apparent paradoxe n’a jamais été autant d’actualité aujourd’hui alors que la fracture sociale se creuse et tend de plus en plus à s’exprimer sous forme de rejet, d’exclusion explosive d’une partie de la nation française. « Toute la difficulté est de faire de la différence un élément, non de délitement - ce qui est toujours possible -, mais de construction du national », peut-on lire dans l’introduction de l’ouvrage. L’enjeu est considérable. Car c’est bien du « vivre ensemble », de ses difficultés, dérives, voire impasses présentes, qu’il est question, c’est-à-dire de l’état de santé de la démocratie française en ce début de XXIe siècle.

    Le langage courant véhicule à cet égard des associations d’idées révélatrices : « Français d’origine maghrébine », « Français issu de l’immigration », « Français musulman » cohabitent avec « banlieues sensibles », « quartiers difficiles », « zone de non-droit », parfois avec « Arabe », voire « terrorisme ». Jamais en revanche avec « chef d’entreprise » ou « réussite sociale »... Le racisme « soft » qui imprègne quelques-uns de ces stéréotypes linguistiques en dit long sur la permanence dans la société de comportements discriminants, de schèmes de pensée hérités de la République bourgeoise et coloniale de la fin du XIXe siècle et transmis plus ou moins consciemment depuis.

    « Il serait trop simple, soulignent les historiens Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, qui coordonnent ce travail collectif, de croire que les effets de la colonisation ont pu être abolis en 1962, après la fin de l’empire français. » La mythologie de la « mission civilisatrice » de la République et l’asservissement des peuples conquis furent l’expression d’une synthèse paradoxale et consensuelle qui a survécu manifestement dans les institutions et l’opinion. Elle a retardé, elle complique l’indispensable travail de mémoire qui vise à dégager les effets de la domination coloniale sur la société.

    Les auteurs de l’ouvrage décryptent chacun à sa manière les formes complexes d’une occultation du paysage idéologique et politique qui engage tout à la fois les processus de déshumanisation, de haine envers l’autre, notre voisin devenu l’étranger, et sa relégation dans le ghetto social et géographique, terreau de toutes les violences. Ils soulignent combien, encouragée par la « lepénisation des esprits », la droite actuellement au pouvoir mure la porte d’une déconstruction sans arrière-pensées de la mémoire.

    Ainsi, tout en manifestant sa « repentance » à l’égard des exactions les plus voyantes du colonialisme (les massacres du Constantinois de 1945 reconnus par l’ambassadeur de France en Algérie, ou ceux de 1947-1948 à Madagascar, dénoncés récemment par Jacques Chirac), le pouvoir s’efforce d’épargner le système lui-même. Il réaffirme sans pudeur la vieille fiction d’un « bilan positif » du colonialisme - c’est le sens de la loi du 23 février 2005, qui, loin d’être l’effet d’une majorité de circonstance, a été préparée par un travail de promotion parlementaire, où s’est notamment distingué l’actuel ministre des Affaires étrangères, Douste-Blazy.

    Ce révisionnisme n’est pas à prendre à la légère, montrent plusieurs auteurs. Il alimente la peur de l’autre sous les traits de l’étranger ou de l’immigré, il exprime, au risque de la violence, le refus du métissage, devenu aujourd’hui l’une des conditions du rassemblement social et politique de toutes les victimes de la domination capitaliste. Dans le contexte de crise où l’affrontement de classes semble moins perceptible que la « guerre des cultures », on peut redouter que des ferments de confusion et de division s’affichent parmi ceux que le libéralisme a transformés en « chair à pâté », quelle que soit leur couleur de peau.

    En revanche, l’anticolonialisme fut et reste à des degrés divers - des heures sombres de l’empire français aux guerres de libération nationale puis à la « décolonisation » - une des dimensions constitutives de l’héritage contemporain du colonialisme. On peut regretter qu’il ne soit pas davantage étudié et versé au débat, car il est source d’aspirations qui façonnent et façonneront le visage de la démocratie.
    © L'Humanité

    LE SORT D'UN LYCÉEN CAMEROUNAIS (France)
    19/09/2005 - SOS-Racisme et la LDH on empêché dimanche à Roissy l’embarquement d’un jeune Camerounais de 19 ans, sans papier.

    Guy Effeye devait embarquer pour un vol sans retour : la destination était son pays d’origine. Les instances françaises ont été confrontées aux organisations SOS-Racisme et la LDH qui s’érigeaient contre cette expulsion.

    Fin juillet, avait été suspendu l’arrêté de reconduite à la frontière dont était l’objet Guy Effaye grâce à l’intervention du réseau et de la communauté scolaire de son lycée. Mais, le 17 août, il a été arrêté car il travaillait sur un marché. Il a été mis en rétention au Mesnil-Amelot en Seine-et-Marne.

    La compagnie Cameroon Airlines qui devait embarquer à son bord le jeune Lycéen est parti avec deux heures de retard sur l’horaire prévu. Le président de SOS-Racisme, Dominique Sopo et le président de la ligue des droits de l’Homme, Jean-Pierre Dubois, étaient présents hier soir à Roissy pour soutenir la manifestation.

    Guy Effeye est Lycéen inscrit en Terminale. De nombreux camarades de son Lycée sont également venus le soutenir. Toutefois, le combat pour sa régularisation ne fait que commencer : la police a confirmé que Guy Effeye sera présenté au tribunal de Bobigny aujourd’hui lundi 19 septembre. De nombreux professeurs et adolescents du Lycée Jacques Feyder implanté à Epinay-sur-Seine en Seine-Saint-Denis, ont donc prévu de se rendre au tribunal de Bobigny. Cette comparution immédiate devant le juge du tribunal de Bobigny est la conséquence de son "refus d’embarquer".

    Cette affaire relance le débat sur l’accueil en France d’immigrés et sur leur intégration.
    © AgoraVox

    LA GAUCHE SE LÈVE POUR DÉFENDRE LE DROIT DU SOL (France)

    La proposition de François Baroin, ministre de l'Outre-Mer, provoque un tollé.
    Par Dominique SIMONNOT


    19/09/2005 - Il paraît qu'il voulait employer la manière forte pour se faire entendre et pour alerter l'opinion sur la situation catastrophique de Mayotte qui l'a profondément choqué. François Baroin a réussi. Samedi, il déclarait au Figaro Magazine : «Il faudrait envisager pour certaines collectivités d'outre-Mer» une remise en cause de l'acquisition de la nationalité en général. Et du droit du sol en particulier. Sont visées la Guyane, la Guadeloupe et, surtout, la petite île de Mayotte. Là, explique le ministre de l'Outre-Mer, des femmes comoriennes viennent accoucher, puis recherchent un père «fictif» pour rendre leur enfant français. Et enfin restent à Mayotte. En situation irrégulière, mais inexpulsables. Pas vraiment coutumier de ces sorties musclées, Baroin a suscité un afflux de protestations.

    «Dangereux»

    L'association France Terre d'Asile se demande si «le chiraquien François Baroin est victime du syndrome Sarko, maladie obsessionnelle qui tend à voir en tout étranger un fraudeur ?» «Inacceptable, s'indigne le Mrap, on vise là à casser un totem qui a forgé l'identité française !» «Le droit du sol fait partie intégrante du pacte républicain !» se scandalise SOS Racisme. Pour le PS, Baroin «ouvre un débat dangereux». A La Cimade, Laurent Giovannoni évoque des «déclarations délibérément provocantes donnant l'impression que la course à l'électorat de l'extrême droite est lancée» en vue de 2007.

    Christiane Taubira, députée PRG de Guyane, dénonce «la chasse à l'homme, reconnaissable au faciès et à la pauvreté». Jusqu'au sarkozyste Devedjian qui se plaît à critiquer le fidèle chiraquien Baroin : «Ce serait une atteinte à l'égalité des citoyens, contraire à toute l'évolution de l'Union européenne. Il est impossible d'avoir des principes différents selon le territoire de la République.» L'ex-ministre de l'Industrie, devenu conseiller politique du président de l'UMP, reconnaît les problèmes d'immigration à Mayotte, mais il ajoute : «Lançons plutôt une réelle politique de développement des pays pauvres !»

    Et, comme pour donner raison à ceux qui s'inquiètent d'une dérive extrémiste, il y a ces applaudissements de Philippe de Villiers selon lequel «le ministre de l'Outre-Mer a raison lorsqu'il propose de briser le tabou du droit du sol». Le président du Mouvement pour la France saute sur l'occasion pour réclamer «une réforme du code de la nationalité». «Tout cela n'est pas innocent, ce ne serait pas la première fois que l'Outre-Mer servirait de ballon d'essai, de cobaye à la métropole, prévient Patrick Meuny, du Gisti, selon lequel la suggestion de Baroin préfigure une remise en cause du droit du sol !»

    Comme le rappelle un constitutionnaliste, le droit du sol n'est pas né d'un élan généreux de la France. Il vient des années 1880, quand le pays cherchait à fabriquer de bons petits soldats pour servir de chair à canon contre la Prusse. Depuis, un bébé né en France est français. Avec une exception sous Vichy. Puis une sérieuse restriction avec les lois Pasqua en 1993 : un enfant né en France de parents étrangers n'a plus que «vocation» à devenir Français à sa majorité. Encore faut-il justifier d'une présence ininterrompue sur le territoire pendant dix ans.

    Sang

    Or, ce «père fictif», «payé» par les mères comoriennes, que pointe Baroin, est français et donne donc sa nationalité à l'enfant qu'il reconnaît. Ainsi, cela relève du droit du sang, pas de celui du sol. Et on voit mal comment remettre en cause la nationalité donnée à un enfant de Français, que le père soit «fictif» ou pas. De toute manière, aucun projet de loi n'est en préparation, jure-t-on chez Baroin. Il ne s'agissait que d'ouvrir le débat.
    © Libération

    EXPULSIONS SARKOZY S'ACHARNE (France)

    L’impitoyable nettoyage au Karcher se poursuit à Paris, comme prévu par le ministre de l’Intérieur.
    Par Gaël Lyonnet


    19/09/2005 - Une semaine après l’évacuation musclée d’un immeuble rue de la Fraternité, dans le 19e arrondissement, c’est une autre résidence, rue du Maroc cette fois-ci, que les gendarmes mobiles sont venus perquisitionner vendredi au matin. Ils ont expulsé trois familles africaines. Fort d’un contingent d’une quinzaine de voitures, le peloton de gendarmerie a débarqué avec force et autorité à 7 heures dans ce quartier d’ordinaire si paisible, habité essentiellement par une population d’origine immigrée. Auparavant, rien ne laissait présager aux habitants du 21, rue du Maroc, une pareille mésaventure, une pareille peur. L’angoisse de se retrouver à la rue s’était quand même renforcée à la lecture d’un arrêté préfectoral de la police de Paris qui ne laissait cependant pas prévoir clairement une intervention imminente des forces de l’ordre.

    La dizaine de journalistes massés à l’entrée de l’immeuble grisâtre a même pensé, un temps, que l’expulsion n’aurait pas lieu ce jour. Pour autant, les militants de Droit au logement (DAL), portant une étiquette où on pouvait lire : « Un toit, c’est un droit », ne se faisaient guère d’illusion sur le sort des immigrés habitants. « Ils vont être relogés provisoirement dans un hôtel, c’est une situation dramatique, les enfants seront traumatisés et, pour aller à l’école, ils vont devoir faire des kilomètres ! » déclare Micheline, fataliste. Pour elle, cette situation est surréaliste : « Ces trois familles devaient être relogées fin septembre au moment de la signature du bail. Au lieu de cela, on les expulse au seul motif de saturnisme, d’insalubrité et de fuites d’eau. » Michel Unger ajoute : « Le centre collectif qui doit les accueillir n’est peut-être même pas vide pour eux ! »

    La police commence à monter dans la résidence. « Où allez-vous les reloger ? Allez-vous les reloger ? » s’exclame Micheline. Les barrières de sécurité sont installées, journalistes et élus municipaux sont priés de reculer. L’adjointe communiste au maire de Paris, Clémentine Autain, clame sa colère : « C’est une mise en scène scandaleuse, indigne du pays des droits de l’homme. Un acte de racisme, du nettoyage. Les mômes seront marqués toute leur vie ! »

    Il est 9 h 30, les gens commencent à affluer et entonnent : « Non, non, non aux expulsions, solidarité entre les mal-logés. » Les Africaines du quartier et ceux de l’immeuble voisin tapent même sur des casseroles et passoires avec leurs spatules de cuisine, le vacarme va ainsi perdurer quasiment sans discontinuité toute la matinée. Malgré le soutien populaire qui fait dire à une Africaine : « Il y a des Français qui ne sont pas racistes, qui nous soutiennent ! » Les forces de l’ordre auront le dernier mot à l’issue de longues négociations avec les familles.

    Un rassemblement devait se dérouler au même endroit, hier, à 18 heures.
    © L'Humanité

    'DES PETITS BOUTS DE TURQUIE' (Allemagne)

    Même si un quart d'entre elles sont devenues allemandes, les 2,5 millions de personnes issues de l'immigration turque outre-Rhin continuent à y vivre selon leurs propres règles.
    Par Marc SEMO, Berlin envoyé spécial


    13/09/2005 - Les plants de tomates et les salades sont soigneusement alignés dans les «jardins ouvriers» baptisés pompeusement Sommergluck («bonheur de l'été») ou kleines Paradies(«petits paradis») que quelques anciens habitants de la rue viennent encore cultiver le week-end passant rapidement au milieu de la foule bigarrée qui prend le frais sur les trottoirs. «Quand nous étions gosses, au milieu des années 70, les Allemands étaient encore largement majoritaires dans le quartier et on se connaissait mais maintenant c'est fini, ils sont presque tous partis et chaque communauté vit de son côté, les Turcs comme les Yougos et les Arabes qui commencent à s'installer», dit Atalay Vurgun, 36 ans, qui a grandi dans l'un de ces immeubles gris de Koloniestrasse, le coeur de ce qui fut avant guerre le Wedding rouge.

    Cet ancien bastion ouvrier est devenu un des principaux quartiers de l'immigration turque dans la capitale allemande. Ils sont au moins 350 000, soit quelque 10 % de la population, et tous concentrés dans l'ancien Berlin-Ouest dans des quartiers comme Kreuzberg, Neue Köln ou Wedding... «Cette communauté est très segmentée politiquement, religieusement, ou entre Kurdes et Turcs, mais en même temps elle a créé des petits bouts de Turquie où l'on vit entre soi sans aucun réel contact autre que professionnel ou d'"assistantiel" avec la société allemande», souligne Altan Gökalp, anthropologue et spécialiste de l'immigration turque. Une partie d'entre eux toutefois s'intègre peu à peu : environ 600 000 des 2,5 millions de Turcs ou originaires de Turquie vivant outre-Rhin ont opté pour la citoyenneté allemande et vont donc voter lors des élections, dimanche.

    Avoir gardé son passeport turc n'est pas toujours synonyme de repli. Chaleureux et volubile avec un parfait accent berlinois, Atalay Vurgun affiche sa réussite au volant d'un coupé décapotable Mercedes noir flambant neuf. «Je suis turc mais je pense comme un Allemand et je vis comme un Européen», clame le jeune homme, qui a installé sa société de transports ABC Logistik dans Koloniestrasse non loin de la friche industrielle où se dressait l'entreprise qui employa son père comme chauffeur. Peu après la chute du Mur, il s'est lancé à son compte achetant pour quelques milliers de marks un camion d'une société d'Etat en liquidation de l'ex-RDA. Toutes les économies de la famille arrivée trente ans plus tôt d'un village de l'est de l'Anatolie ont été investies dans l'aventure.

    Son premier bureau se résumait à un téléphone mobile et à la chambre où il avait grandi avec ses deux frères dans le petit appartement familial. Maintenant, il a plus de trente camions peints d'un rouge pimpant. Parmi ses quarante salariés, un seul Turc. Alors que nombre des 40 000 petits entrepreneurs d'origine turque sont dans le «business ethnique» travaillant peu ou prou avec des Turcs ou avec la Turquie. «Moi, je voulais que mon entreprise soit comme n'importe quelle autre entreprise allemande», explique le jeune patron, qui n'en tient pas moins à garder le siège d'ABC dans la rue de son enfance. «Ici, je suis respecté car chacun sait d'où vient mon argent et je connais tout le monde y compris dans l'administration», justifie Atalay, qui a pris un appartement dans le quartier voisin et nettement plus chic de Rieckendorf afin que sa petite fille soit, comme lui jadis, à l'école avec une majorité d'Allemands.

    «Formaté à l'allemande»

    Tous les dimanches matin, le clan se réunit. Cette fois, le brunch se tient chez Denyz, 32 ans, le cadet maintenant contrôleur à l'U-Bahn, le métro berlinois, après avoir tenté sans succès de monter aussi sa propre société de transport routier. «La frontière polonaise est à moins de cent kilomètres et leur concurrence est impitoyable», explique-t-il. Il y a cinq ans, il avait essayé de travailler dans le tourisme à Antalya sur la côte Sud de la Turquie, là où les parents passent une bonne partie de l'année depuis leur retraite.

    «C'est le règne de la magouille et je me suis alors aperçu à quel point j'étais finalement formaté à l'allemande», raconte-t-il. Les enfants regardent des dessins animés sur une chaîne satellitaire turque et les adultes ne parlent que des élections de dimanche. En 2002, l'écrasante majorité des électeurs d'origine turque avait voté pour les sociaux-démocrates ou les Verts, qui appuient l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne alors que la droite y est farouchement opposée. Mais cette fois le coeur n'y est plus. L'ambitieuse loi sur les naturalisations voulues par la coalition «rouge-vert» a été en effet sérieusement revue à la baisse par la Chambre haute, dominée par les conservateurs.

    «Fondée sur le droit du sol, elle facilite certes la naturalisation mais elle oblige aussi à renoncer à la nationalité d'origine à moins d'une autorisation spéciale», explique Attila, 38 ans, l'aîné, écrivain et journaliste. Quelque 50 000 nouveaux Allemands ont été d'ailleurs déchus de leur nouvelle citoyenneté pour n'avoir pas respecté cette règle. La procédure reste en outre longue avec un examen de langue plus ou moins difficile selon les Länder . «A quoi bon tous ces efforts et ces humiliations alors que maintenant un immigré en règle peut voyager librement dans tout l'espace Schengen», souligne Atalay, resté citoyen turc à la différence de ses deux frères. «Le renoncement au passeport turc est ressenti comme une mutilation pour celui qui se sent aussi pleinement turc qu'allemand», admet le député européen vert d'origine turque Cem Ozdemir, reconnaissant une réelle baisse des demandes de naturalisation.

    «Peser politiquement»

    «Nous incitons les nôtres à prendre la citoyenneté pour peser politiquement car c'est désormais ici que nous vivons», martèle Celal Tüter, cadre de l'organisation de jeunes Milli Görus («la voie nationale»), mouvement islamiste. Plusieurs fois par semaine, il vient à Koloniestrasse dans la mosquée Haci-Bayram, installée dans les bâtiments d'une ancienne fabrique de pain. C'est le centre des réseaux d'entraide du quartier. Des femmes en foulard passent à la boutique coopérative ou se rendent à côté au supermarché Konya, qui vend des produits turcs fabriqués par des entreprises islamistes. Un peu plus loin, des boutiques de vêtements exhibent en vitrine des foulards et des longs manteaux. «Pour un croyant, la vie est beaucoup plus facile en Allemagne que dans la Turquie laïque et les filles peuvent aller à l'école avec le foulard», racontent les islamistes.

    Dans les petits restaurants de kebab, des familles sont attablées. Leur vie est désormais en Allemagne mais le plus souvent dans le cocon protecteur d'une société parallèle repliée sur ses propres règles où l'on vit comme là-bas au village sous un permanent contrôle du groupe. «Je ne suis pas venue en Allemagne mais dans une famille», reconnaît Leyla, arrivée il y a six ans pour se marier avec un lointain cousin. Une union arrangée par les familles comme il y en a tant. Pour nombre de familles turques de l'émigration, une import Gelin («une fiancée importée») représente la garantie d'une épouse respectueuse élevée dans la tradition. «Entre le mariage arrangé et le mariage forcé, la différence est mince. Ces jeunes femmes vivent enfermée dans un monde patriarcal où aucune décision ne leur appartient et c'est aussi le cas de celles nées ou grandies ici si elles sont restées dans des familles très conservatrices», souligne Seyran Ates, avocate et inlassable militante des droits des femmes.

    Arrivée toute gosse, cette jeune femme brune a également grandi à Wedding avant le grand déferlement des regroupements familiaux. «J'étais la seule Turque dans ma classe et c'est pour ça aussi que je m'en suis sortie, mais aujourd'hui c'est beaucoup plus difficile et je suis effrayée de voir de plus en plus de filles porter le foulard dans un choix de repli identitaire», souligne l'avocate, installée désormais dans un bel immeuble d'un quartier très bobo au coeur de la capitale. De par son métier elle est confrontée quotidiennement à la détresse des femmes de l'immigration. «Une bonne moitié de celles qui viennent me voir sont victimes de violences, les autres simplement n'en peuvent plus de cette non-vie et jouent le tout pour le tout en décidant de divorcer malgré les pressions et les menaces», raconte Seyran Ates, dont le nom est connu dans toute la communauté.

    Son livre de souvenirs la Traversée des flammes (1) a été un best-seller. Longtemps la société allemande a vécu avec l'idée que les Gastarbeiter n'étaient là que de passage et il n'y avait aucune réelle réflexion sur l'intégration. Et le changement même de la loi sur la nationalité menée par la gauche obéissait surtout à des considérations électoralistes. «Nous payons trois décennies de total aveuglement au nom du multiculturalisme. On laissait les communautés vivre côte à côte selon leurs propres règles sans aucun effort réel d'intégration et en fermant les yeux sur les atteintes aux droits élémentaires des personnes», accuse la jeune femme, dont le parler vrai irrite aussi bien les siens qu'une partie de la gauche. Elle n'hésite pas à dire que les jeunes Turco-Allemands d'aujourd'hui sont «une génération perdue».

    Peu de mariages mixtes

    «Cette troisième génération vit dans un entre-deux et beaucoup ne maîtrisent réellement ni l'allemand ni le turc. Mais, même si l'intégration est aujourd'hui plus difficile notamment à cause des quartiers ghettos et de l'échec scolaire, elle n'en progresse pas moins», nuance la sociologue Czarina Wilpert. Certes, le nombre des mariages mixtes reste très limité et le plus souvent il s'agit d'Allemandes épousant des Turcs. Et à peine 12 % des élèves d'origine turque vont au lycée (les autres restant dans des filières professionnelles). Toutefois, une culture mixte peu à peu se dessine, comme en témoigne le succès de Radio Metropole, première vraie radio turque berlinoise qui alterne musique turque et infos locales ou nationales en allemand.

    «Les jeunes, à la différence de leurs aînés, ne se satisfont plus de l'écoute des médias turcs», explique Aziz Yakar, un des responsables de la régie publicitaire. Des petits pas vers l'intégration qui rencontrent les résistances de la société allemande où le racisme reste bien palpable. «Quand je téléphone pour un contrat de livraison dans l'ex-Est ou en Bavière, je dis m'appeler Engel pour éviter tout problème», raconte Atalay Vurgun. Il n'a guère d'illusions : «Bien que la Turquie finira par entrer dans l'UE, ces méfiances demeureront. Je sais bien que, même dans quarante ou cinquante ans, je resterai pour eux avant tout un Turc.» (1) Publié chez Calmann-Lévy.
    © Libération

    REPRISE DES EXPULSIONS ? (Belgique)

    C’est l'inquiétude pour les résidents des centres d'accueil pour réfugiés. Tout comme la Ligue des Droits de l'Homme, le Mouvement contre le Racisme et Ecolo, ils craignent le retour des expulsions, alors qu'un gel a été décrété fin août par le ministre de l'Iintégration sociale. Jusqu'à quand s'interrogent les demandeurs d'asile? Leur inquiétude est d'autant plus grande, qu'un de leur porte-parole au Petit Château a été convoqué à l'office des étrangers, avant d'être enfermé au centre 127 bis avec sa famille.

    16/09/2005 - Dédé, demandeur d'Asile est hébergé au Petit Château, avec sa femme et son bébé de 2 mois. Il a participé, le mois dernier, aux discussions sur le retrait du protocole d'accord entre Fedasil et l'Office des étrangers. Un protocole qui avait permis de relancer les arrestations de résidents des centres d'accueil en vue de leur expulsion.

    Mercredi, Dédé a été convoqué à l'Office des étrangers pour compléter le dossier de son fils. Motif : l'acte de naissance ne suffit pas pour l'inscrire, l'administration doit faire une photo. En fait, c'était pour lui signifier son transfert au centre fermé 127 bis. Dédé et sa famille ont été arrêtés sur le champ.

    On a abusé de sa confiance, dénonce son avocate, on l'a convoqué sous un motif fallacieux. Un piège, dit elle, alors que la Belgique a déjà été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour de tels comportements.

    Les résidents des centres s'inquiètent. L'Office des étrangers contourne le moratoire sur les arrestations. A quand notre tour, disent-ils ? Une inquiétude qu'alimente aussi le flou autour de la durée du moratoire décrété sur ces arrestations. Au Petit Château, la direction a averti par voie d'affiche que le moratoire prendrait fin le 30 septembre. Ce qui annoncerait la reprise des expulsions des résidents...

    Rétroactes :

    La Ligue des Droits de l'Homme, le Mouvement contre le Racisme et Ecolo, dénoncent le fait que la Belgique continue à expulser des demandeurs d'asile alors que leur recours devant le conseil d'Etat est toujours pendant. Des recours qui selon la loi ne sont pas suspensifs. La Belgique a d'ailleurs été condamnée par la Cour européenne des Droits l'homme sur ce point. Le ministre de l'Intérieur a bien comme projet de réformer la procédure d'asile pour rendre le traitement des dossiers plus rapide, mais aussi introduire un caractère suspensif au recours.

    En attendant, début juillet, Patrick Dewael a tout de même décidé de reprendre les expulsions à partir des centres d'accueil. Un protocole d'accord avait alors été signé entre l'Office des étrangers et Fédasil, qui dépend du ministre de l'Intégration sociale et qui gère le volet accueil des réfugiés, pour encadrer ces arrestations. Ce qui avait provoqué la colère des demandeurs d'asile, ils avaient entamé une grève de la faim à Charleroi. Soutenus par de nombreuses associations qui dénonçaient une confusion des rôles entre les personnes chargées de l'accueil et des expulsions. Finalement les demandeurs d’asile avaient obtenu le gel de ce protocole. Mais pour pou combien de temps ?

    La Ligue des Droits de l'Homme, le Mouvement contre le Racisme et Ecolo demandent donc que ce protocole soit définitivement enterré, et qu'on cesse d'expulser des demandeurs d'asile dont le recours est toujours pendant.

    Changements annoncés :

    Le ministre de l'Intégration sociale se veut rassurant. Pour Christian Dupont, la procédure actuelle n'est pas bonne. Et le ministre d’ajouter que pendant la durée de l'examen de la demande, les choses doivent se passer le plus sereinement possible, pour les demandeurs d’asile. Il confirme donc le gel des arrestations dans les centres, et annonce que le gouvernement adoptera d'ici la fin de l'automne des projets de réforme de la procédure d'asile, et d'accueil des réfugiés. Les recours deviendront alors suspensifs et la durée de traitement des dossiers devrait être raccourcie ...
    © RTBF

    ENSEMBLE CONTRE LA DISCRIMINATION (Grande-Bretagne)

    15/09/2005 - Aujourd'hui paraît au Royaume-Uni un document qui est décrit comme fondateur d'une nouvelle ère pour la gestion des clubs en ce qui concerne le racisme et l'égalité des chances.

    Standard d'égalité raciale

    Le Standard d'égalité raciale pour les clubs professionnels de football est un document qui propose une série de mesures élaborées conjointement par Kick It Out (responsable des campagnes anglaises contre le racisme) et la Premiership. Ces mesures visent à ce que les clubs respectent un certain nombre d'objectifs en terme de non-discrimination dans différents domaines, des stadiers au recrutement de jeunes joueurs.

    Des questions difficiles

    Les responsables de cette campagne pensent que ce document peut jouer un rôle important, en s'attaquant aux problèmes difficiles comme la représentation des minorités ethniques au sein de l'administration des clubs. Tous les pensionnaires de la Première division anglaise travaillent à l'obtention du premier niveau de ce Standard pour l'année prochaine.

    Des invités prestigieux

    La présentation officielle de ce document, organisée par Lord Herman Ouseley, président de Kick It Out, a attiré des invités de tout premier ordre, avec la présence de Richard Scudamore, président de la Premier League, Brian Barwick, président de l'Association anglaise de football, et William Gaillard, directeur des communications et des affaires publiques de l'UEFA.

    Le réseau FARE

    Kick It Out fait partie du réseau FARE (Football Against Racism in Europe), qui travaille depuis des années avec l'UEFA dans un effort concerté pour débarrasser le football du fléau du racisme.

    Tacler le racisme

    "Depuis plus de dix ans, les clubs professionnels de football, les joueurs et les supporters affichent leur volonté de jouer un rôle dans la lutte contre le racisme, déclarait Lord Ouseley. Nous devons être fiers du chemin parcouru, mais nous devons également nous appuyer sur ces fondations pour bannir l'exclusion et l'inégalité."

    Une nouvelle ère

    "Nous croyons que le Standard peut offrir une base sur laquelle peut se bâtir une nouvelle ère, dans laquelle les clubs se sentiraient encouragés à promouvoir égalité d'opportunité, inclusion et traitement correct pour tous, que ce soit sur le terrain ou en dehors. Tout ceci nécessitera de la détermination et de l'engagement sur la durée de la part des responsables des clubs, pour que nous puissions obtenir des résultats."

    Une responsabilité conjointe

    "La Premier League est fière de la contribution de ses clubs pour combattre et débarrasser le football du racisme, ajoutait son président, Scudamore. Nous avons tous notre part de responsabilité, de même qu'un rôle à jouer dans la mise en application du Standard. Le message de la Premier League est simple : nous nous engageons à réussir dans ce domaine."
    © UEFA

    LE POPULISME DE DROITE CRÉE LA SURPRISE À OSLO (Norvège)

    de notre envoyé spécial Fabrice Nodé-Langlois

    14/09/2005 - Les 3,4 millions d'électeurs norvégiens appelés aux urnes lundi ont accordé la majorité absolue à la gauche (parti travailliste, gauche socialiste et parti centriste agrarien) qui a remporté 87 sièges sur 169 au Storting, le Parlement. Le chef du Parti travailliste, Jens Stoltenberg, 46 ans, déjà premier ministre de 2000 à 2001, formera un gouvernement de coalition après l'ouverture de la session parlementaire à la mi-octobre. Le premier ministre sortant Kjell Magne Bondevik, qui gouvernait à la tête d'une coalition de droite minoritaire depuis quatre ans a présenté sa démission au roi Harald V. Résultat marquant du scrutin : le Parti du progrès, formation populiste de droite, est devenu, avec 37 sièges et 22% des suffrages, la deuxième force politique du pays.

    Derrière la gare centrale d'Oslo, loin des façades classiques ocre et vert amande et des coquettes maisons en bois des quartiers résidentiels, se dressent les immeubles de bureau sans charme de l'avenue Gronland. Sur le trottoir, les grand-mères norvégiennes poussant leurs déambulateurs croisent des femmes en sari et des jeunes d'origine somalienne ou érythréenne.

    Ici, la plupart des commerces sont tenus par des Pakistanais et des Turcs. Comme la plupart des capitales européennes, Oslo est devenue une cité multiculturelle. Les Pakistanais – 35 000 à 40 000 personnes –, forment la plus forte minorité du pays. Peu importe que le taux de criminalité soit un des plus faibles du continent et que le chômage plafonne à 4,5%, depuis vingt ans, le Parti du progrès (FrP) du charismatique Carl Hagen a fait son lit de l'inquiétude croissante de ses concitoyens face à un monde changeant. Et il vient d'obtenir le meilleur score de son histoire dans des élections nationales (22% des voix et 37 sièges). Carl Hagen a toujours réfuté toute comparaison avec Jean-Marie Le Pen.

    «Nous ne sommes pas racistes, la preuve nous avons des candidats immigrés !», justifie un jeune militant du FrP. Le Parti du progrès veut limiter l'immigration pour «réussir l'intégration». Le gouvernement conservateur sortant, soutenu ponctuellement au Parlement par le FrP au gré des dossiers, a d'ailleurs, ces quatre dernières années, restreint les entrées sur le territoire. Le Parti du progrès souhaiterait limiter à mille le nombre d'immigrés par an. «Quand on a fait remarquer au chef du parti populiste que les mariages mixtes à eux seuls concernaient mille étrangers chaque année, raconte un journaliste du quotidien réputé proche des conservateurs Aftenposten, du jour au lendemain, il a relevé la barre à 2 000». Une illustration, selon cet observateur chevronné de la vie politique, de la démagogie et de la légèreté du FrP.

    «Oui il y a des discriminations à l'embauche et du racisme», reconnaît Hussein, 25 ans, né en Norvège de parents pakistanais. Mais ce jeune chauffeur de taxi ne se plaint pas. Il gagne confortablement sa vie avec 5 000 euros par mois. «En plus du taxi, j'ai deux restaurants. Si tu travailles dur en Norvège, tu peux réussir, raconte-t-il dans un anglais qu'il maîtrise aussi bien que le norvégien et l'ourdou. Bien sûr, on paie beaucoup de taxes (la droite a fait campagne sur les baisses d'impôts, NDLR), mais l'école et l'hôpital sont gratuits. Vous recevez 32 000 couronnes (4 100 €) pour une naissance, et vous ou votre épouse pouvez prendre un an de congé parental !»

    C'est notamment parce qu'elle est attachée à son généreux État providence que la majorité des électeurs a voté pour la gauche. Le terne premier ministre sortant, le pasteur Bondevik, avait reconnu dans une interview récente à l'Aftenposten que les inégalités sociales s'étaient creusées et qu'il «n'avait pas assez fait pour la pauvreté». Pour aplanir les inégalités sociales, le parti du Progrès se disait prêt à puiser dans le formidable fonds pétrolier constitué depuis quinze ans par le pays, troisième exportateur mondial de brut. Une loi empêche de prélever plus de 4% de ce trésor évalué à près de 170 milliards d'euros.

    Les travaillistes et leurs alliés ont promis de continuer de gérer cette manne avec prudence, tout en améliorant la répartition de la richesse. Sur les sujets qui préoccupaient le plus leurs concitoyens au cours de cette campagne, la gauche a ainsi promis des places en crèche pour tous les enfants d'ici à 2007 ou encore 11 000 embauches dans les maisons de retraite. «Il y a entre 16 et 20 élèves par classe. On peut faire mieux !, plaidait à la veille du scrutin Danny Iqbal Ghazanfar, candidat malheureux du petit parti du centre (gauche), d'origine pakistanaise. Des conditions de travail auxquels les enseignements français n'osent même pas rêver...
    © Le Figaro

    LONSDALE, LA GRIFFE ÉTIQUETÉE FASCISTE (Pays-Bas)

    Aux Pays-Bas, les jeunes néonazis détournent la marque pour affirmer leurs convictions.
    Amsterdam, de notre correspondante Sabine CESSOU


    07/09/2005 - En vitrine d'un magasin de Sint Antoniebreestraat, à Amsterdam, des posters montrent un jeune boxeur noir sous le slogan «Lonsdale aime toutes les couleurs». A l'intérieur, il n'y a pas foule. Les soldes sont pourtant massives dans la boutique de Punch, distributeur aux Pays-Bas de Lonsdale, une marque britannique de vêtements de sport. «Trois sweats pour le prix d'un», insistent les vendeuses auprès d'un couple de touristes français.

    «Les jeunes Lonsdale n'existent pas !» Enervé, Ronald Krijger, responsable du catalogue Lonsdale chez Punch, dément le penchant supposé de ses clients pour l'extrême droite. La marque, spécialisée dans le vêtement de boxe depuis 1960, est pourtant devenue le signe de ralliement de toute une jeunesse néonazie en Europe du Nord. Si elle n'est pas la seule griffe fétiche de ce marché de niches, aussi amateur des marques anglaises Fred Perry et Ben Sherman, elle est la seule à avoir été détournée à des fins politiques. Certains de ses clients n'en laissent, en effet, apparaître que les quatre lettres centrales, NSDA, dans l'entrebâillement de leur blouson. L'allusion au National Sozialistische Deutsche Arbeiter Partei (NSDAP) d'Adolf Hitler est ainsi faite en toute impunité, sans risque de poursuites pour port d'insignes nazis. Des lycéens ont par ailleurs donné un sens nouveau à Lonsdale, en déclinant chaque lettre à leur manière : «Laat ons Nederlanders samen de allochtonen elimineren» («Néerlandais, éliminons ensemble les étrangers»).

    «Les services secrets ont confirmé ce que nous avons toujours dit, martèle Ronald Krijger. Il n'y a qu'une toute petite poignée de gars qui porte nos vêtements et qui n'ont pas de bonnes idées.» Dans un rapport intitulé «Faits et fiction sur une sous-culture présumée d'extrême droite», les services de renseignement (AIVD) ont estimé qu'à peine 5 % des «jeunes Lonsdale» affichent des sympathies pour le fascisme. Les autres ne seraient pas sensibles aux tentatives de recrutement des groupuscules d'extrême droite, Nouvelle droite (NR) et Alliance nationale (NA). Transmis à tous les élus du pays le 12 juillet, ce rapport évoque «la plus importante sous-culture jeune» des Pays-Bas, tout en estimant que «le problème a été grossi par les médias».

    Vague d'agressions racistes

    Cette enquête a été commandée en avril par le ministre de l'Intérieur Johan Remkes, au sommet de la vague d'incidents racistes survenue après l'assassinat du cinéaste Theo Van Gogh. Pas moins de 174 menaces, incendies, actes de vandalisme et autres agressions physiques ont été dénombrés dans le seul mois qui a suivi le meurtre, perpétré le 2 novembre 2004 par un islamiste néerlando-marocain. Selon une étude publiée en décembre par la fondation Anne-Frank, 15 % de ces incidents pouvaient être imputés à l'extrême droite. Ou du moins, à ses partisans présumés, les «jeunes Lonsdale», selon l'expression désormais consacrée.

    S'ils ne sont pas plus de 1 500, sur une population de 16 millions d'habitants, ils inquiètent beaucoup. «Jamais les jeunes n'ont été aussi impliqués dans les cultures d'extrême droite», affirme Jaap Donselaar, coauteur du rapport de la fondation Anne-Frank. De manière significative, remarque cet universitaire, les deux tiers des incidents racistes se sont produits dans de petites villes de province, au nord et au sud, au coeur des régions les moins nanties du pays.

    Interdictions dans les boîtes et au collège

    A Venray, dans le Limbourg, l'attaque d'une mosquée s'est terminé le 3 avril par une bataille rangée entre 20 «jeunes Lonsdale» et 60 jeunes Turcs. A Uden, dans la province voisine du Brabant, 9 jeunes de 14 à 18 ans viennent d'écoper de peines de détention pour l'incendie d'une école islamique, acte signé d'un graffiti «Théo, repose en paix» et d'une croix gammée. Choqué, le conseil municipal d'Uden n'a pas voulu envisager de proscrire la marque de la ville, comme le proposait l'un de ses membres. Joke Kersten, la maire d'Uden, ne pense pas que ce soit la bonne façon de répondre à «des frustrations largement partagées, chez les Néerlandais comme chez les allochtones, sur notre modèle de société multiculturelle».

    Dans le nord, à Groningue, deux discothèques ont, elles, banni la marque en février, de même que Karl Kani, une ligne prisée par les jeunes Noirs, pour faire bonne mesure. Quant au collège de Landgraaf, un bourg coincé entre l'Allemagne et la Belgique, il a été le premier à interdire Lonsdale en 2003, en même temps que les bottes de l'armée et les insignes nazis, pour empêcher les écoliers de venir habillés en skinheads. Une dizaine d'autres établissements scolaires ont suivi, au risque d'alimenter un sentiment d'injustice. «C'est typique du multiculti (terme péjoratif qui désigne le multiculturalisme néerlandais, ndlr), râle Niels, 17 ans, lycéen à Amsterdam. On interdit Lonsdale, mais le foulard islamique reste OK.»

    Opération de sauvetage

    Malgré son demi-millimètre de cheveux et sa parka kaki, cet adolescent ne revendique pas l'héritage du mouvement skinhead, mais celui des gabbers. Parmi ces adeptes d'une house music dure et rapide, apparue dans les années 1990 à Rotterdam, a figuré un noyau néonazi. «Moi, je n'en sais rien», déclare Niels, qui signale pour sa part un mouvement de gabbers «contre le racisme et le fascisme» sur le site Internet lonsdalenews. nl. Ambigu, ce site monté par des fans de la marque, consacre aussi aux symboles nazis une page d'explications détaillées.

    Ronald Krijger a beau tenir les «jeunes Lonsdale» pour imaginaires, il ne peut que déplorer le coup bien réel porté à ses affaires. Comme en Belgique et en Allemagne, Punch participe depuis un an à une vaste opération de sauvetage, pour une marque qui se veut désormais multicolore. Des défilés gays et une équipe de football issue de l'immigration africaine ont été sponsorisés par Lonsdale en Allemagne, des opérations similaires sont prévues aux Pays-Bas. Outre-Rhin, Punch a décidé de rompre ses contrats avec des magasins trop spécialisés dans les panoplies d'extrême droite. En Hollande, ce sont les détaillants qui ont pris leurs distances. De 130 points de vente fin 2004, la marque étiquetée fasciste n'en compte plus que 80 aujourd'hui.
    © Libération

    LA COMMISSION FÉDÉRALE CONTRE LE RACISME A 10 ANS (Suisse)

    15/09/2005 - La Commission fédérale contre le racisme ne manque pas de travail même après 10 ans d'activités. Le racisme et l'intolérance sont plus que jamais présents, ont regretté les différents orateurs réunis jeudi à Berne à l'occasion des 10 ans de l'organe.

    La mission de la CFR est sans fin, mais ce n'est pas une raison pour se résigner à simplement "laisser-faire", a souligné son président Georg Kreis. Sans verser dans une autosatisfaction dangereuse, la commission peut déjà être fière d'avoir fait de la lutte contre le racisme un thème davantage présent dans les esprits.

    Ainsi, les victimes ont plus conscience qu'elles ne doivent pas accepter le racisme et que la loi les protège, se félicite-t-il. Quant aux auteurs, ils savent désormais qu'ils peuvent être sanctionnés.

    Pour les vice-présidentes de la CFR Cécile Bühlmann et Boël Sambuc, ainsi que le secrétaire général du Département de l'intérieur Pascal Strupler, la CFR est une instance qui s'immisce, s'empare de sujets brûlants, prend des positions pointues et ne laisse aucun répit à ses adversaires. C'est pourquoi d'aucun demande sa suppression, a commenté M. Strupler.

    Isil Gachet, secrétaire exécutive de la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI), s'est de son côté inquiétée de la résurgence du racisme en Europe. La situation au Proche-Orient a renforcé l'antisémitisme et les attentats du 11 septembre 2001 les discriminations envers les musulmans, a-t-elle déploré, selon la version écrite de son discours.
    © La Liberté

    VENT DE DÉSESPOIR CHEZ LES NOIRS DE LOUISIANE (Etats-Unis)
    Trois semaines après l'ouragan qui a dévasté la Nouvelle-Orléans, Katrina a réveillé la fracture raciale entre les Blancs et les laissés-pour-compte du rêve américain.
    Par Christian LOSSON


    17/09/2005 - Sur les murs, un canevas brodé main interroge : «A combien d'ici est le paradis ?» La question arrache un maigre sourire à Lilly Schaffer, «aussi dévastée que La Nouvelle-Orléans». Lilly, 70 ans, veut croire qu'il ne s'agit pas que d'un «cauchemar». Perdue dans un centre catholique décati, où dorment des «évacués», elle a «atterri» à Gramercy, à 50 kilomètres de sa cité ensevelie, comme «Pompéi», dit-elle. Gramercy, bourgade aux pelouses tondues court et à l'épicier aux regards hostiles.

    Lilly Schaffer, elle, a «échappé au pire» en embarquant ses quatre petits enfants, et ignore toujours où sont ses deux fils. Elle est noire, comme les quarante familles hébergées, comme le vieillard à ses côtés, qui ne dira qu'un mot : «Honte». Elle raconte sa vie «d'avant», ses 500 dollars mensuels, sa «souffrance» pour boucler les fins de mois, son évacuation alors qu'elle avait de l'eau jusqu'au cou. Elle «garde en elle» les «images des Noirs cloîtrés comme des bêtes pendant quatre jours». Puis parle de «l'héritage», les discriminations. «Raciale et sociale» : «Tout cela est mélangé depuis longtemps.»

    «Assistés comme en France»

    Dans son dos, Seth, un Blanc qui «gère» le centre, grimace. C'est un gars du coin, qui fait du business dans les piscines et qui s'est battu pour que les «enfants noirs réfugiés» aillent à l'école. Ce «catholique» qui tend la main à «ses prochains», croit «au bon samaritain». Mais il prévient : «Le problème de ces gens-là, c'est qu'ils sont assistés, comme en France. Ils attendent tout du gouvernement.» Ce genre de sorties, Dorian Browder, une Noire de 48 ans, les connaît «trop bien». «On est encore esclaves dans nos têtes, résignés, faute d'éducation, c'est tout. Si, au Mississippi ou en Alabama, le racisme peut être encore frontal, ici, il est rampant. Comme un serpent. Venimeux.»

    Enseignante en littérature à La Nouvelle-Orléans, elle a trouvé refuge dans un motel de Baton Rouge, et s'épanche sur cette «réalité qu'on ne veut pas voir : la fracture raciale» ; doublée, dit-elle, de la «violence sociale». Une évidence, à ses yeux, maquillée par l'image carte postale de la ville-jazz, mais que l'ouragan Katrina a révélée aux yeux du monde. «Ce qu'on a vu, c'est pas uniquement l'effondrement de digues, c'est l'effondrement du mirage du rêve américain.» A ses côtés, James Ackerson, 55 ans, ancien du Vietnam, acquiesce en silence. Puis raconte : «J'ai attendu trois jours sur le toit de ma baraque, à agiter les mains sous le tourbillon des hélicos. Ils évacuaient en priorité les Blancs du quartier d'à côté. Je me suis vu crever comme un chien. Mon fils m'a sauvé en barque, et conduit à l'hôpital. On m'a parqué dans un coin. J'ai dû voler pour survivre.» Révoltée, écoeurée, Dorian reprend : «Et cette police corrompue, qui a coursé les prétendus pillards au lieu d'évacuer les quartiers ? La propriété de Blancs vaut-elle plus que la vie des Noirs ?»

    Entre colère et amertume, beaucoup d'Afro-Américains déplacés veulent «mettre à nu» les «plaies de l'Amérique». «Vous avez vu ce qu'a dit ce salaud de Michael Brown (directeur démissionné de la Fema, la cellule d'urgence fédérale, ndlr), qu'il avait vu des gens dont il "ignorait l'existence" ? On était des zombies, peut-être ?» dit Dorian.

    Mettre le cap au nord

    Elle refait l'histoire des ghettos noirs qui «explosaient sous la criminalité», les flics «payés pour surveiller les beaux quartiers». Puis sort une coupure d'un journal, où le «sénateur noir» (démocrate, de l'Illinois, ndlr) Barack Obama diagnostique : «Les gens ont été abandonnés bien avant Katrina : avec des écoles bas de gamme, un habitat dégradé, des soins inadéquats...» A l'instar de Reginald Hall, 45 ans, venu à Baton Rouge à l'arrière d'un pick-up de la police. Il gagnait 1 250 dollars comme videur dans une boîte de nuit. Et donnait 750 dollars pour son loyer. «Le plus drôle, c'est que mon proprio m'a déjà appelé : il veut doubler le loyer.» Il ne reviendra pas, comme Dorian, qui veut mettre cap «plein nord» comme beaucoup d'autres. Une poignée de Noirs sont, eux, déjà retournés à La Nouvelle-Orléans.

    «La ville aura toujours besoin d'esclaves»

    Voici Jarvis Matthew, 22 ans, occupé à une tâche dérisoire : nettoyer les rues où la putréfaction règne sous les balcons en fer forgé. Gérant d'un Burger King, il «ne sait même pas combien» il touchera, mais n'a «pas le choix». Ni d'illusions. «Ils vont tout raser, faire un Disneyland pour touristes, et nous, on fera le sale boulot.» Al Morris ne dit pas autre chose. Mais plus violemment : «La ville aura toujours besoin d'esclaves : conducteur de bus, femmes de chambres, cuistots...»

    A 67 ans, il a bien tenté de se faire évacuer il y a quinze jours, s'est pointé à deux reprises dans «ces mouroirs pour les pauvres noirs». «Mais on m'a fouillé à un barrage, comme un trafiquant, les militaires me demandant de me mettre en slip, j'ai préféré rentrer.» Il est né ici. Il y mourra. Il est «déjà mort», lâche-t-il. Sa grand-mère fut esclave dans un champ de coton au Mississippi. Sa mère, morte «trop tôt», n'a pas eu le temps de connaître autre chose que d'«aller au fond du bus, debout», à l'époque de la ségrégation raciale. Lui, musicien, peintre, s'est coltiné «ces Caucasiens (Blancs, ndlr) qui vous parlent d'un côté, vous maudissent de l'autre».

    Mike Howells, professeur de sciences politiques reconverti en cartomancien de rue, n'a pas vu venir l'ouragan. Mais, activiste local, il a pressenti autre chose, l'exclusion. Entre 1999 et 2005, le nombre de logement sociaux a plongé de «14 000 à 7 000». Il est blanc, et dit : «Pourquoi n'a-t-on pas arrêté de dire que les Blancs [cherchaient des provisions, alors que] les Noirs pillaient ? J'ai vu des mômes de 13 ans voler des bus publics pour évacuer leurs proches. Des héros.» Rien ne changera donc? Même avec un maire ou un chef de la police noir ? «Des noix de coco : Noirs dehors, Blancs dedans», peste Al Morris.

    Ray Nagin, le maire (noir) de La Nouvelle-Orléans, a reconnu dimanche que «la classe sociale et la race» avaient bien joué un rôle dans «le fiasco de l'évacuation des Afro-Américains». «Peut-on dire autre chose quand on a vu des Noirs bloqués parce qu'ils ne venaient pas de Jefferson Parish (quartier blanc, ndlr)?» Lilly Schaffer répond à la question: «Parce que c'est comme ça. ça a toujours été comme ça, ici.»
    © Libération

    YUSHCHENKO: L'ANTISÉMITISME N'EXISTE PAS EN UKRAINE
    18/09/2005 - Le président ukrainien Viktor Yushchenko a affirmé que l'antisémitisme n'existait pas en Ukraine, mais s'est cependant engagé à considérer le problème avec le plus grand sérieux.

    "Il n'y a ni antisémitisme, ni xénophobie en Ukraine" a dit Yushchenko.

    Le leader réformiste - en visite aux Etats-Unis à l'occasion du rassemblement des Nations-Unies - a abordé le sujet lors d'une conférence samedi 17 septembre, un jour après qu'un rabbin et son fils se soient fait agressés dans les rues de Kiev. La police a répertorié l'incident comme un acte de vandalisme.
    © Jerusalem Post

    AZOUZ BEGAG REFUSE LA 'DISCRIMINATION POSITIVE' EN ENTREPRISE (France)
    8/9/2005 - Après un rapport alarmant sur le racisme à l'embauche, le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo et son ministre délégué Azouz Begag se sont dits opposés à la "discrimination positive" dans les entreprises et ont exclu toute mesure législative ou réglementaire, notamment sur le CV anonyme, d'ici 2007. "Les quotas, la discrimination positive qui rigidifie la situation, on n'en veut pas", a dit le ministre de la Promotion de l'égalité des chances jeudi lors d'une conférence de presse. L'idée de se fixer l'objectif d'une certaine proportion de Français de couleur dans les entreprises, les universités ou les administrations, a été notamment avancée par Nicolas Sarkozy. Azouz Begag s'exprimait après la publication mercredi d'un rapport rédigé par l'ex-ministre de l'Industrie Roger Fauroux qui estime que la discrimination raciale à l'embauche, loin de reculer en France, se banalise.

    Soulignant que les entreprises "nient le problème et que les organisations patronales restent inertes", Roger Fauroux propose notamment à l'Etat de favoriser les sanctions, de communiquer davantage sur le problème et d'inciter les grandes entreprises à agir, notamment en favorisant les CV anonymes. Le ministre de l'Emploi et Azouz Begag ont expliqué qu'ils préféraient une action de "sensibilisation" à toute mesure réglementaire ou législative. "On est obligés d'avancer à tâtons. Je suis obligé de faire l'unanimité sur ces questions. J'aimerais beaucoup en 2007 arriver à la réalisation que le terme de 'diversité' devienne un mot commun dans notre société", a dit Azouz Begag. "La force des mots est très importante dans une République, ne la sous-estimez pas", a ajouté Jean-Louis Borloo. Il a fait retirer en décembre à l'Assemblée une proposition législative présentée sur ce sujet par des élus UMP et UDF et visant à favoriser l'acceptation des CV anonymes dans les entreprises de plus de 250 salariés et les organismes de placement. Le Medef est plutôt hostile par principe à toute mesure contraignante pour les entreprises sur ce sujet.

    Les ministres ont cependant annoncé que la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) examinait actuellement à leur demande la possibilité de permettre légalement le recensement des citoyens de couleur dans les entreprises. Cette idée n'est pas contradictoire avec le refus de "quotas" dans les entreprises, a estimé Azouz Begag, qui dit vouloir être à même d'évaluer statistiquement la problématique. A l'appui de son constat alarmiste, le rapport Fauroux rappelle qu'à CV égal, une Maghrébine reçoit trois fois moins de réponses favorables que la moyenne à une demande d'entretien d'embauche et un Maghrébin cinq fois moins. Il souligne aussi que les entreprises et les organismes de recrutement utilisent parfois des codes, tels que "BBR" (Bleu-blanc-rouge), pour exclure les candidats de couleur, et que certaines agences d'intérim ont créé des fichiers informatiques pour répertorier les personnes d'origine étrangère afin de les exclure des entretiens d'embauche.
    © Libération

    DISCRIMINATION RACIALE À LA LOCATION: COMPLÉMENT D'INFORMATION SUR UNE AGENCE IMMOBILIÈRE DE ST-NAZAIRE (France
    8/9/2005 - La chambre d'instruction de la cour d'appel de Rennes a ordonné jeudi un complément d'information dans une affaire de discrimination opposant SOS Racisme à une agence immobilière de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), a-t-on appris auprès de l'association. Une opération de testing, avec un candidat locataire blanc et un autre de couleur noire, avait été organisée en novembre 2001. Il est reproché aux salariés et gérants de l'agence immobilière incriminée d'avoir répercuté par écrit des ordres de discrimination à l'encontre des candidats à la location, en inscrivant dans le fichier informatique la mention "pas d'étranger" et de manière manuscrite sur les fiches de propriétaires les mentions "pas d'étranger", "pas d'arabe", ou encore "pas de noir".

    Le 14 décembre 2004, l'information judiciaire ouverte sur plainte de SOS Racisme avait abouti à une ordonnance de non-lieu, le magistrat instructeur n'ayant pas retenu le chef de pratiques discriminatoires. Jeudi, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Rennes a cassé le non-lieu. "C'est une décision extrêmement rare dans la justice française", s'est félicité Samuel Thomas, vice-président de SOS Racisme. "On a démontré qu'il y avait suffisamment d'éléments permettant de revenir devant un tribunal correctionnel". Avant un éventuel procès public, l'affaire va repasser par la case instruction. Selon le Code pénal, la directrice de l'agence pourrait alors risquer jusqu'à trois ans de prison, cinq ans de cessation d'activité et 225.000 euros d'amende, les propriétaires incriminés trois ans de prison et 45.000 euros d'amende. Il s'agit là de la première opération de testing locatif menée en Bretagne. D'autres instructions sont en cours dans plusieurs villes dont Rennes, Caen, Rouen, Le Havre, Lyon, Mulhouse et Strasbourg, selon SOS Racisme.
    © Le Nouvel Observateur

    SARKOZY INCITE LES PRÉFETS À FAIRE PLUS CONTRE L'IMMIGRATION (France)
    10/9/2005 - La rentrée a démarré sur les chapeaux de roues pour les préfets réunis hier matin à Paris par le ministre de l'Intérieur. «Plus qu'une obligation de moyens, c'est une obligation de résultats qui vous est demandée», leur a rappelé Nicolas Sarkozy. Et d'enfoncer le clou : «Je vous ai demandé au minimum 23 000 éloignements d'étrangers en situation irrégulière cette année.» Mais le compte n'y est pas. En huit mois, seulement «56% des objectifs ont été atteints» avec 12 849 expulsions et de grandes disparités selon les départements. Il va falloir «accentuer l'effort», prévient Nicolas Sarkozy. Le discours avait commencé par une sérieuse mise au point sur les violences : «J'envisage, si le sursaut demandé ne venait pas, de relancer l'évaluation mensuelle des départements en difficultés.» En clair, les séances d'explication musclées derrière les portes capitonnées du ministère pour les mauvais élèves de la préfectorale convoqués à Paris pourraient reprendre.

    Sur l'immigration, Nicolas Sarkozy tenait toutefois à rassurer ses invités du jour : les nouveaux moyens promis par le gouvernement arrivent. Le décret instituant la police de l'immigration va paraître. A partir de 2006 également, de nouveaux outils statistiques doivent garantir un suivi plus précis des mesures d'éloignement. Le ministre a exhorté les préfets à «résister aux pressions de tels ou tels collectifs ou coordinations qui ne représentent qu'eux-mêmes». Les clandestins roumains ou bulgares ne bénéficient, selon lui, d'aucune protection particulière, même si leurs pays sont candidats à l'Union européenne. Quant aux déboutés du droit d'asile, «leur vocation est de quitter le territoire», a-t-il dit. Pour faciliter les éloignements, il annonce l'ouverture de 1 800 places de rétention administrative disponibles en juin 2006.

    Huit «pays non coopératifs» en matière de délivrance de laissez-passer permettant les expulsions pourraient aussi, en guise de rétorsion, voir réduit le nombre de visas de court séjour accordés à leurs ressortissants : Serbie-et-Monténégro, Guinée, Soudan, Cameroun, Pakistan, Géorgie, Biélorussie et Égypte. Nicolas Sarkozy a réclamé plus que jamais des coups d'éclat. Chaque préfet devra notamment réaliser d'ici à la fin de l'année une opération exemplaire contre le travail illégal et les filières d'exploitation des clandestins. Également dans le collimateur de la Place Beauvau, les «marchands de sommeil» qui entassent les clandestins dans des logements insalubres contre des loyers exorbitants. Il faudra donc «recenser tous les squats» et les évacuer «lorsque la sécurité des personnes l'exige».
    © Le Figaro

    L'UNIONISME S'ENFERRE DANS LA VIOLENCE (Irlande du Nord)
    Samedi 10 et dimanche 11 septembre, les quartiers pauvres protestants de Belfast ont connu de graves affrontements entre des jeunes et la police. Des violences orchestrées par les paramilitaires loyalistes qui mettent en lumière la crise profonde que traverse l'unionisme face au projet politique de réunification de l'île irlandaise défendu par l'IRA.

    12/9/2005 - "Belfast transformé en champ de bataille", titre The Sunday Life, l'édition dominicale de The Belfast Telegraph, sous une photo de camion blindé de la police au milieu de voitures brûlées d'un quartier nord de Belfast. Samedi 10 et dimanche 11 septembre, police et militants protestants se sont affrontés, les émeutes culminants dimanche soir avec plus de 700 paramilitaires loyalistes s'attaquant à l'arme automatique aux militaires et aux policiers. La veille, des centaines de jeunes et moins jeunes ont attaqué à coup des cocktails Molotov et de bombes artisanales un millier de policiers, secondés par un millier de militaires britanniques. Ces forces de l'ordre ont été déployées pour éviter le passage d'une marche orangiste interdite à travers un quartier catholique du nord-ouest de Belfast. Selon The Observer, près de 600 coups de feu ont été tirés en direction de la police, tandis que les policiers répliquaient avec leurs canons à eau et aussi des tirs. Une trentaine de policiers ont été blessés, tandis qu'un loyaliste était encore entre la vie et la mort après l'explosion dans ses mains d'une bombe qu'il s'apprêtait à lancer. Les événements de samedi étaient largement attendus.

    L'Ordre d'Orange, qui organise les parades orangistes pour célébrer les victoires de Guillaume d'Orange contre les catholiques à la fin du XVIIe siècle, avait appelé à manifester dans des quartiers qui avaient déjà connu la semaine précédente trois jours d'émeutes, orchestrées par les paramilitaires loyalistes, les milices extrémistes des protestants. De même, pendant tout l'été, et ce de manière symptomatique, les milices loyalistes ont multiplié les violences, rappelle The Independent on Sunday. "Alors que les républicains ont été relativement calmes, les milices loyalistes ont perpétré quatre meurtres, voire cinq. Ces personnes ont été tuées par la Force des volontaires de l'Ulster [UVF, principale milice loyaliste] dans une querelle avec la Force des volontaires loyalistes [LVF, branche dissidente de l'UVF]." Mais ces meurtres ne sont pas tout. Entre mars et septembre de cette année, des jeunes entraînés par l'Association de défense de l'Ulster [UDA, deuxième milice protestante], ont entrepris un véritable "nettoyage ethnique" dans le comté d'Antrim, au nord de Belfast. "La ville de Ballymena et les villages alentour ont vécu l'une des pires vagues d'attaques contre les catholiques, et la police a été obligée d'adopter des mesures similaires à celles mises en place par les Nations unies au Kosovo : garder la nuit chaque église, école et club de sport gaélique pour éviter qu'ils soient attaqués", explique The Guardian.

    A Ballymena, deux écoles catholiques ont été incendiées, tandis que des campagnes d'intimidation ont eu lieu contre des habitants catholiques de la ville. Des enfants protestants ont même reçu la somme de 8 euros pour s'asseoir devant la maison de l'une de ces victimes et "jouer du tambour jusqu'à ce qu'elle cède" et qu'elle parte vivre ailleurs, rappelle The Guardian. A quelques kilomètres, une cinquantaine de maisons et propriétés de catholiques sont surveillées nuit et jour. Selon la police, en cinq mois, 28 actes sectaires ont visé les catholiques et 14 des protestants dans un comté où les catholiques ne dépassent pas les 25 % de la population. Un comté dont le représentant n'est autre que Ian Paisley, le leader du Parti unioniste démocrate (DUP, premier parti d'Irlande du Nord), homme connu pour ses diatribes contre les catholiques. Ian Paisley a fait longtemps attendre sa condamnation des attaques dans sa circonscription et n'a toujours pas entamé de démarches pour calmer les choses sur le terrain. Dans ce climat délétère, le pire pourrait advenir.

    En effet, un certain nombre d'hommes politiques unionistes et de paramilitaires loyalistes ont scellé une sorte d'union autour d'un manifeste intitulé Love Ulster, distribué fin août, rappelle The Irish Times de Dublin. The Irish News, le quotidien catholique modéré de Belfast, évoque sur un ton acerbe l'édition du Shankill Mirror, le journal du quartier loyaliste de Belfast, qui publie ce manifeste. "On trouve des dizaines de photos de scènes de carnage, des commentaires méprisants les catholiques et saluant la dignité d'un peuple victime d'un 'génocide que tout le monde ignore'", raconte un Irish News écœuré par cette propagande. Surtout, cette édition du Shankill Mirror a été distribuée à Larne, un port du nord de la région. Le choix du lieu n'est pas anodin, rappelle The Sunday Business Post de Dublin. "C'est par ce port qu'Edward Carson, un homme politique unioniste, a fait entrer illégalement des munitions pour armer sa milice, l'UVF, en 1913, afin de s'opposer militairement à l'indépendance de l'Irlande. Dans la version unioniste de l'histoire, cet événement marque la naissance de la résistance du nord de l'Irlande aux aspirations d'unité de l'Irlande."

    Love Ulster cherche donc à remobiliser les protestants nord-irlandais pour "sauver l'Ulster" de cette unité irlandaise. Et le fait qu'une telle campagne apparaisse aujourd'hui n'est pas fortuit ; elle illustre "la crise de confiance au sein de l'unionisme" après l'annonce par l'Armée républicaine irlandaise (IRA) du dépôt de ses armes, estime le quotidien dublinois. Les unionistes ne semblent pas savoir comment répondre au challenge posé par l'IRA, et son objectif d'unir l'Irlande un jour mais désormais par des moyens politiques. Surtout, reprend The Sunday Business Post, "Love Ulster dévoile l'intention des unionistes de refuser tout changement de règle du jeu politique [et donc d'admettre le Sinn Féin, branche politique de l'IRA, comme partenaire politique]. A la place, les unionistes ont choisi de jouer sur la peur des protestants et de faire participer les sections les plus violentes de la communauté unioniste dans une importante campagne d'opinion." En refusant de coopérer avec les catholiques et en jouant la politique de la terre brûlée, le DUP, la composante la plus extrémiste des unionistes, semble vouloir encore et toujours faire grandir la rancœur contre les accords de paix, signés en 1998, pour mieux enterrer un texte qu'il n'a jamais aimé ni soutenu. L'Ordre d'Orange, tenu par la police pour responsable des émeutes du nord de Belfast de la semaine dernière, souhaite pour sa part la fin de la commission qui régit les parcours des parades orangistes, issue des accords de paix. Pourtant, s'il y a quelque chose qui a bien fonctionné depuis l'accord de paix, c'est cette commission qui a réussi à éviter les plus graves affrontements entre catholiques et protestants depuis maintenant sept ans.
    © Courrier international

    ONZE CADAVRES DÉCOUVERTS APRÈS UN DÉBARQUEMENT D'IMMIGRÉS (Italie)
    11/9/2005 - Onze cadavres ont été découverts par les forces de l'ordre sur le littoral de la Sicile après un débarquement d'immigrés clandestins. Une embarcation à la dérive avait été repérée dans la nuit de samedi à dimanche dans cette zone. Le bateau faisait une vingtaine de mètres et plus d'une centaine d'immigrés clandestins s'y entassaient, selon les garde-côtes et les carabiniers cités par l'agence de presse italienne Ansa. Les onze corps sans vie ont été retrouvés sur une plage près de Gela, sur le littoral sud de la Sicile, située à quelque 300 kilomètres de la Libye et à environ 200 kilomètres de la Tunisie. Ces deux pays spnt les principaux points de départ des immigrés clandestins qui tentent d'entrer en Europe par l'Italie.
    © SwissInfo

    LE SEXISME SELON SAINT PAUL (Pays-Bas)
    9/9/2005 - "Les autorités néerlandaises devront bloquer les subventions au Parti de la politique réformée (SGP,fondamentalistes protestants) parce que ce parti discrimine les femmes", rapporte De Volkskrant. "C'est ce qu'a décidé récemment le tribunal de La Haye. Le parti n'accepte pas les femmes comme membres à part entière – a fortiori comme membres du bureau du parti – ce qui est contraire aux principes des Nations unies, d'après le tribunal. Le SGP base ses positions politiques sur des extraits de la Bible."

    Ce parti bénéficie annuellement de subventions s'élevant à 800 000 euros, en plus des salaires et du soutien à ses élus d'une valeur de 300 000 euros. "Le SGP est toléré sur la scène démocratique néerlandaise, mais entièrement à ses propres frais", commente l'éditorialiste du même quotidien. "Selon l'apôtre Paul, les femmes doivent se taire", ironise de son côté NRC Handelsblad, en tentant d'expliquer la logique d'exclusion du parti fondamentaliste protestant. "Ce parti essaie dans ses choix politiques et sociétaux de se référer aussi littéralement que possible au texte de la Bible. Concernant le rôle politique des femmes, il se fonde notamment sur l'une des Epîtres de saint Paul aux Corinthiens."
    © Courrier international

    PÈRE THEUNIS: INCITATEUR AU GÉNOCIDE (Belgique)
    Le père Guy Theunis, arrêté mardi dernier, a été renvoyé devant la justice classique. Le père Theunis est ce prêtre catholique belge accusé, par les autorités judiciaires rwandaises, d'incitation au génocide et de négationnisme.

    12/9/2005 - Dimanche, la Gacaca, le tribunal populaire; a estimé que son dossier relevait de la catégorie des planificateurs du génocide. Une accusation que le père Theunis dément avec force. Dimanche, il a dit sa "surprise" d'avoir été arrêté. Le missionnaire belge a vécu au Rwanda de 1970 à 1994. A l'époque du génocide rwandais, il dirigeait un journal catholique "Dialogue". Devant les juges de la Gacaca, les débats ont d'ailleurs essentiellement porté sur des écrits attribués au père Theunis et sur la question de savoir si ces écrits constituaient ou non une "incitation au génocide". Le père Theunis a reconnu avoir publié dans son journal des extraits de "Kangura", une revue de presse extrémiste hutu, mais il a précisé que ces extraits avaient été publiés dans le cadre d'une revue de presse, qui concernait tous les journaux rwandais, et qu'il s'agissait d'informer la population.

    Le tribunal populaire a néanmoins décidé que le dossier du père Theunis relevait de la catégorie des "planificateurs" du génocide, et l'a donc renvoyé devant la justice classique. Cette décision scandalise l'organisation de défense de la liberté de la presse, Reporters sans frontière, qui souligne que le père Theunis a toujours combattu le racisme et la haine ethnique. Reporters sans frontière parle d'un règlement de compte politique. Le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a bien l'intention de parler de ce dossier avec son homologue rwandais, en marge du sommet de l'ONU, qui doit se dérouler cette semaine à New York.
    © RTBF

    TUNIS ACCENTUE LA RÉPRESSION DES OPPOSANTS AU RÉGIME (Tunisie)
    Après les magistrats et les journalistes, les défenseurs des droits de l'homme sont également visés.

    9/09/2005 - Zine el-Abidine Ben Ali n'en est pas à un paradoxe près. A environ deux mois du sommet mondial sur la société de l'information organisé à Tunis sous l'égide des Nations unies, le président tunisien a lancé une offensive tous azimuts pour museler la société civile. Le 29 août, Ahmed Rahmouni, président de l'Association des magistrats tunisiens (AMT), a été convoqué par le procureur du tribunal de 1re instance de Tunis qui lui a intimé l'ordre de lui remettre les clés du local de l'association. La fermeture du siège de l'AMT est intervenue à la suite d'une longue série de harcèlements depuis l'élection de sa nouvelle direction, jugée trop indépendante.

    Le 1er août, une trentaine de membres de l'AMT, après avoir fait l'objet de mutations disciplinaires, se sont retrouvés dans de nouvelles juridictions, parfois à plus de 400 km de leur lieu de résidence. L'AMT, placée sous étroite surveillance, est à présent menacée de dissolution alors que les avocats connaissent depuis quelques mois le même sort. Des procédures judiciaires ont été lancées contre plusieurs d'entre eux connus pour leurs activités associatives. Le Syndicat des journalistes tunisiens (SJT) est lui aussi dans le collimateur du régime. Son premier congrès, prévu cette semaine, a été annulé à la suite de tracasseries administratives qui l'ont empêché de trouver un local. Créé en mai 2004, le SJT, qui n'est pas reconnu par le pouvoir, regroupe plus de 180 journalistes s'efforçant d'échapper à la tutelle d'un régime qui a transformé l'ensemble des médias nationaux en officine de propagande. Son président, Lotfi Hajji, correspondant non accrédité par le pouvoir de la chaîne de télévision al-Jezira, a déjà été cata logué comme opposant. La grogne toucherait même la presse inféodée jusqu'ici au RCD, le parti au pouvoir. Certains journalistes ont été contraints de démissionner.

    Outre les magistrats et les journalistes, le président s'en prend enfin à la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH). La justice a suspendu la tenue de son congrès qui devait s'ouvrir aujourd'hui. «Une décision politique dans un habillage judiciaire», selon le président de la LTDH, Mokhtar Trifi, qui n'en est pas à ses premières escarmouches avec le pouvoir tunisien. Fin août, déjà, un impressionnant dispositif policier avait tenté d'empêcher une réunion à laquelle avaient participé plusieurs leaders de partis d'opposition. L'un des dirigeants de la Ligue avait été roué de coups par une bande de jeunes gens sans que la police intervienne. La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), le Syndicat français de la magistrature et diverses autres associations ont dénoncé cette vague de répression. Selon la FIDH, «à l'évidence, les autorités tunisiennes veulent faire taire toutes les voix critiques, notamment celles des ONG actives dans le domaine de la défense des droits de l'homme et de la liberté d'expression». A Strasbourg, le président du Parlement européen, Josep Borrell, a également exprimé «sa plus vive inquiétude». Les Verts, enfin, ont demandé hier au gouvernement français de «faire pression immédiatement» sur le président Ben Ali «pour arrêter la répression en cours».
    © Le Figaro

    UN JOURNAL TANGÉROIS FAIT DANS LE RACISME (Maroc)
    12/9/2005 - Plusieurs associations, journalistes et intellectuels du Nord du Royaume se sont insurgés contre un article de l'hebdomadaire "Achamal", dans son numéro du 6 au 12 septembre 2005. Ce journal qui paraît à Tanger a titré en Une "les criquets noirs envahissent le Nord du Maroc ! ", avec en toile de fond des photos d'immigrés clandestins originaires des pays subsahariens. "Cette insulte, on ne peut plus raciste, doit être énergiquement condamnée par l'ensemble des médias marocains", assurent des pétitionnaires qui rappellent que les Subsahariens sont avant tout des victimes de la misère et d'un trafic humain dont les ramifications sont internationales.
    © Aujourd'hui Le Maroc

    L'ONTARIO RENONCE À UN PROJET D'INSTAURATION DE LA CHARIA (Canada)
    12/9/2005 - La province canadienne de l'Ontario a décidé de ne pas permettre l'instauration de la charia (la loi islamique) pour arbitrer des litiges familiaux. Ce projet, préconisé par un rapport officiel, avait suscité de vives protestations. "Il n'y aura pas d'arbitrage religieux en Ontario. Il y aura une seule loi pour les Ontariens", a déclaré un porte-parole du premier ministre de l'Ontario Dalton McGuinty. Le gouvernement de la province introduira "le plus rapidement possible" une mesure législative visant à interdire tout arbitrage religieux quel qu'il soit, a-t-il ajouté. Les catholiques et les juifs de cette province disposent déjà de ce droit depuis 1991.

    L'Ontario, dont la capitale est Toronto, aurait pu devenir la première région en Occident à permettre le recours à la charia, si la province avait suivi les recommandations d'un rapport officiel publié en décembre par la juriste Marion Boyd. Selon cette ancienne procureure générale de l'Ontario, la charia n'est pas contraire à la loi canadienne, à condition que les recours soient effectués sur une base volontaire et que les jugements respectent le législation du pays, et en particulier la Charte canadienne des droits et libertés, pierre angulaire de la constitution canadienne de 1982. Des manifestations contre cette éventualité avaient eu lieu jeudi dernier dans plusieurs villes canadiennes et à l'étranger.
    © SwissInfo

    LE PROCÈS GOLLNISCH A ÉTÉ REPORTÉ (France)
    Le numéro deux du Front national devait être jugé pour contestation de crimes contre l'humanité, après des propos controversés sur les chambres à gaz en 2004. Mais son immunité d'eurodéputé doit d'abord être examinée.

    6/9/2005 - Le tribunal correctionnel de Lyon a décidé mardi 6 septembre, lors d'une première audience, de reporter au 29 novembre le procès de Bruno Gollnisch, qui devait comparaître pour des propos controversés sur les chambres à gaz en 2004. La sixième chambre, qui juge Bruno Gollnisch pour contestation de crimes contre l'humanité, a suivi les réquisitions du parquet, qui a souhaité le report des débats pour permettre au Parlement européen de statuer sur l'immunité parlementaire de Bruno Gollnisch. Une demande de défense de l'immunité parlementaire de Bruno Gollnisch, déposée par plusieurs députés proches de l'élu frontiste, pourrait entraîner l'abandon des poursuites.

    "Discussion libre"

    Le 11 octobre 2004, Bruno Gollnisch avait affirmé "ne pas remettre en cause les déportations" ni "les millions de morts" des camps nazis, avant d'ajouter: "Quant à savoir la façon dont les gens sont morts, le débat doit avoir lieu". Sur les chambres à gaz, il avait affirmé : "Je ne nie pas les chambres à gaz homicides. Mais je ne suis pas spécialiste de cette question et je pense qu'il faut laisser les historiens en discuter. Et cette discussion devrait être libre". De vives réactions de la classe politique avaient suivi ces propos. Une enquête préliminaire avait été ouverte. Le rapport de police avait conclu que les propos pouvaient ne pas être condamnables en droit. A la demande de Dominique Perben, alors garde des Sceaux, le procureur près la cour d'appel de Lyon avait réclamé que des poursuites soient engagées. Deux autres élus FN, Albert Rosset et Georges Theil sont visés pour des propos tenus respectivement le 11 octobre et le 14 octobre.

    Immunité Tout au long de la procédure, Bruno Gollnisch s'est dit "victime d'une persécution systématique". Il a affirmé que Dominique Perben voulait éloigner un futur adversaire aux élections municipales à Lyon en 2008. Dominique Perben est donc cité comme témoin à l'audience de mardi mais ne devrait pas s'y présenter, selon son entourage. Le Parlement européen, qui a examiné une demande de levée de l'immunité lundi soir avant un vote en séance plénière mardi à la mi-journée, a décidé lundi de reporter le vote à une date ultérieur, au plus tôt fin septembre. La prochaine séance plénière doit avoir lieu du 26 au 29 septembre. "La séance a été levée, pour des raisons de procédure si j'ai bien compris", a commenté l'eurodéputé socialiste Henri Weber. "Il est inhabituel que la commission se prononce la veille même de la séance plénière qui est amenée à voter", a-t-il précisé. Bruno Gollnisch a été exclu pour cinq ans de l'université Lyon III, où il enseignait depuis 1981.
    © Le Nouvel Observateur

    LA FRANCE, PREMIÈRE DESTINATION DES DEMANDEURS D'ASILE
    6/9/2005 - Avec 27400 demandes - un chiffre stationnaire -, la France était la première destination dans le monde des demandeurs d'asile lors du premier semestre 2005, indique un rapport de Haut-Commissariat de l'Onu pour les Réfugiés (HCR). Les Etats-Unis arrivent en deuxième position (25.400 demandes, soit en baisse de huit pour cent), devant la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Pour l'ensemble des pays occidentaux, le nombre de demandeurs d'asile a chuté de près de 20% à 156.000 demandes, une tendance constatée depuis trois ans. Le nombre de demandeurs issus de l'Irak et d'Haïti augmente en revanche légèrement.

    Dans les 24 pays de l'Union européenne (les statistiques italiennes sont arrivées trop tard pour être comptabilisées par le HCR), cette baisse des demandeurs d'asile est de 17% par rapport au premier semestre 2004 et de 30% comparé à il y a deux ans. La Serbie-Monténégro, Kosovo compris, vient en tête des pays d'où sont issus les demandeurs d'asile avec 10.800 dossiers, suivie de la Chine et de la Russie, Tchétchénie comprise. Mais les dix pays d'origine des demandeurs ont accusé une baisse de candidats à l'asile pendant le semestre, à l'exception de l'Irak et d'Haïti. Le HCR explique la chute des demandeurs d'asile observée depuis 2002 par deux facteurs: la fin de l'exode des Afghans, jadis première source de demandeurs d'asile, et le durcissement de la législation en la matière dans les pays occidentaux.
    © Libération

    ÉCHOS DE RENTRÉE: LA LUTTE CONTRE L'HOMOPHOBIE BLOQUÉE (France)
    5/9/2005 - Plusieurs associations de lutte contre l’homophobie interpellent les autorités éducatives sur le manque cruel d’actions de prévention de l’homophobie en milieu scolaire et dénoncent des blocages institutionnels. Cité pour (mauvais) exemple : le rectorat de l’académie Nancy-Metz, qui a refusé à Couleurs Gaies l’agrément de mener des actions de prévention dans les lycées. « La lutte contre l’homophobie ne répond pas à un intérêt général », aurait expliqué le rectorat. Un recours a été déposé devant le tribunal administratif de Nancy pour faire annuler cette décision, jugée non conforme aux textes officiels de l’Éducation nationale.
    © L'Humanité

    RENTRÉE SANS VOILE À GILLY (Belgique)
    6/9/2005 - La rentrée a été calme ce matin à l'Athénée Royal de Gilly. Il s'agit de l'un des deux établissements de la région de Charleroi qui ont décrété l'interdiction des couvre-chefs, comme le voile, et de tous signes religieux ou politiques ostentatoires. Par ailleurs, le Mouvement contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Xénophobie (MRAX) a décidé d'attaquer, devant le Conseil d'Etat, les règlements d'ordre intérieur (ROI) scolaires qui interdisent le port du voile à l'école.

    Le 26 août dernier, la ministre-présidente de la Communauté française avait approuvé les ROI des athénées de Gilly et Vauban (Charleroi) qui prévoyaient l'interdiction de tout couvre-chef et donc des voiles islamiques. Le MRAX, qui prône un débat sur le port du voile, a porté l'affaire devant le Conseil d'Etat et demande l'annulation de ces règlements d'ordre intérieur. "Ce recours sur le fond a pour but de réclamer le respect de la liberté religieuse garantie par la Constitution belge et les conventions internationales ainsi que le droit à l'égalité et à la non-discrimination", a expliqué Didier de Laveleye, directeur du MRAX. Pour le MRAX, interdire les filles voilées dans l'enceinte des écoles est un facteur d'exclusion, de xénophobie et de non-compréhension culturelle.
    © RTL

    UN IMAM EXPULSÉ EN VERTU DES LOIS ANTITERRORISTES (Italie)
    6/9/2005 - Un imam d'origine marocaine, Bouriqi Bouchta, accusé d'activisme islamiste, a été arrêté à Turin dans la nuit de lundi à mardi et expulsé d'Italie en vertu des nouvelles lois antiterroristes, a annoncé mardi l'agence italienne Ansa. Bouriqi Bouchta, qui "s'était autoproclamé imam de Turin", selon l'agence, a été interpellé par la police dans la nuit de lundi à mardi à son domicile à Porta Palazzo, quartier multi-ethnique de la ville.

    Un décret-loi contre le terrorisme, adopté fin juillet par le conseil des ministres à l'initiative du ministre de l'Intérieur italien Giuseppe Pisanu, permet l'expulsion du territoire des immigrés "constituant une menace pour la sécurité nationale ou contre lesquels existent des soupçons fondés d'aide ou de soutien aux organisations terroristes".
    © Le Monde

    POLÉMIQUE SUR L'HOMOPHOBIE (Italie)
    Malgré un décret de 2000, le don du sang d'un gay a été refusé.

    6/9/2005 - La publicité sur les murs annonçait : «Si tu as du sang dans les veines, prouve-le !» Pour la première fois, Paolo Pedote s'est ainsi décidé, le 16 août, à se rendre à la polyclinique de Milan pour y donner son sang. Mais au centre de transfusion, l'écrivain, âgé de 39 ans, a été écarté de la liste des donneurs potentiels, ce qui relance, en Italie, la polémique récurrente sur la discrimination des homosexuels.

    «J'ai répondu au formulaire de l'hôpital, a expliqué l'intéressé. Questions sur mon état de santé : si j'ai été victime d'une hépatite, du sida, si je suis un consommateur de drogues ou si j'ai des relations sexuelles à risques. J'ai toujours eu des rapports protégés mais j'ai spontanément indiqué que j'étais gay.» Les médecins refusent alors de prélever son sang. «Nous avons choisi, sur la base d'études et d'une vaste littérature médicale, de ne pas accepter le don de toute personne déclarant avoir eu des rapports homosexuels en âge adulte», a confirmé le professeur d'hématologie et responsable du centre de transfusion Paolo Rebulla, assurant «qu'il n'y a aucune volonté discriminatoire. Pour preuve, si un hétérosexuel déclare avoir eu plus de trois partenaires au cours de la dernière année, il ne sera pas plus accepté».

    Reste que la décision est parfaitement illégale et a provoqué de vives réactions dans la péninsule. A la suite d'une longue bataille menée par les associations homosexuelles, le décret ministériel datant de 1991 qui plaçait les gays dans la catégorie «à risques» a été aboli en 2000. Une décision qui n'a pas empêché plusieurs centres de transfusion du pays, à Bari, Pise ou dans le Latium, de refuser le sang des homosexuels. «C'est totalement privé de fondement scientifique et diffamatoire», s'est insurgée l'association Arcigay. Qualifiant l'attitude des médecins milanais d'«inacceptable», le ministre de la Santé, Francesco Storace (Alliance nationale), a ordonné une enquête et menacé de prendre des sanctions.
    © Libération

    LA TÉLÉVISION BULGARE : TRIBUNE IMPUNIE DU NOUVEAU NATIONALISME
    Un temps d’antenne officiellement dédié au parti ultra-patriotique bulgare - ATAKA - permet aux leaders de l’organisation d’exprimer librement leurs idées extrémistes sur une chaîne câblée nationale.

    6/9/2005 - Le tout nouveau parti nationaliste bulgare ATAKA, fort de ses 10% de voix aux dernières élections législatives de juin, s’est offert une présence exclusive sur la chaîne câblée SKAT. A vocation généraliste, celle-ci réserve 3 créneaux quotidiens et 3 hebdomadaires totalisant un temps d’antenne dédié au officiellement au parti d’une quinzaine d’heures, hors rediffusions. Pour une grande part, le reste de la programmation met à l’honneur les pures traditions « bien des chez nous » chères aux partisans d’ATAKA : chants et danses traditionnelles en tête. Une étonnante liberté de ton permet au chef du parti Volen Siderov de vociférer quotidiennement ses analyses personnelles sur l’actualité. Accusant sans détours « les roms » et les turcs, principales minorités du pays, de tous les maux du pays, il décrit longuement la fainéantise et la kleptomanie atavique de ces populations. L’homme a le verbe violent et fort, lève le point et menace le spectateur en le pointant du doigt.

    Une autre émission « réflexions et passions » menée par un disciple fidèle et convaincu du leader du mouvement, propose tous les samedis, 1h d’analyse sur un sujet qu’il estime opportun. « Pourquoi les gitans ne veulent pas travailler ? Pourquoi font-ils 15 enfants alors qu’ils savent qu’ils n’auront pas les moyens de les élever ? En Chine, on interdit la naissance de plus de deux enfants et personne ne crie à la discrimination » expliquait l’animateur lors de l’émission du 3 septembre. L’équivalent de la CNIL bulgare a d’ores et déjà interdit deux de ces émissions. Il semblerait que la route soit encore longue pour enterrer le racisme officiel en Bulgarie.
    © AgoraVox

    BRUXELLES DURCIT LA CHASSE AUX CLANDESTINS (Union Européenne)
    Une proposition de directive recommande des normes communes pour les expulsions.

    2/9/2005 - «Les gens séjournant illégalement dans l'Union doivent rentrer dans leur pays.» Franco Frattini, le commissaire européen chargé de la Justice et des Affaires intérieures, a souligné, hier à Bruxelles, que «seul un tiers» des 650 000 décisions d'éloignement prises chaque année dans l'UE est exécuté, 48 000 volontairement et 164 000 par la contrainte. Les autres étrangers se sont évanouis dans la nature, alimentant ainsi le nombre déjà important de clandestins. Afin de rendre plus efficace la lutte contre les sans-papiers, la Commission propose donc que les Vingt-Cinq adoptent ­ à la majorité qualifiée et en codécision avec le Parlement européen ­ une directive instituant des normes minimales communes, applicables «au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier».

    Superordinateur

    L'idée centrale de la proposition est qu'une décision de reconduite à la frontière, éventuellement assortie d'une interdiction de séjour de cinq ans au maximum, soit valable dans toute l'Union. Pour que toutes les polices européennes soient informées en temps réel des décisions prises dans les vingt-cinq Etats membres, ces interdictions de séjour seront inscrites dans le système d'information Schengen (SIS), un superordinateur basé à Strasbourg, ce qui empêchera l'étranger sans papiers de retenter sa chance à la frontière d'un autre pays. Ce dernier ­ qui pourra contester la «décision de retour» devant un juge, un recours suspensif ­ doit, selon la Commission, disposer d'un délai de quatre semaines pour partir volontairement. «Sauf s'il y a lieu de penser que la personne concernée pourrait prendre la fuite.» Dans ce cas, il pourra être placé en rétention administrative, sur confirmation du juge dans les trois jours. La justice pourra même prolonger la rétention durant six mois. Cela paraît beaucoup au regard du droit français (32 jours), mais certains pays de l'UE comme la Grande-Bretagne n'imposent aucune limite. Efficacité. Cette proposition ne remet pas en cause les dispositions nationales plus favorables existant dans les Etats membres, puisqu'il ne s'agit pas d'harmoniser les différents droits mais de les rendre plus efficaces en leur donnant un effet transnational.
    © Libération

    NORMES EUROPÉENNES POUR L'EXPULSION DES SUSPECTS (Union Européenne)
    L’UE adopte de nouvelles mesures sur l’immigration. - Le vice-président de la commission chargé de la justice et de la sécurité se défend pourtant d’avoir voulu par ces mesures renforcer le dispositif juridique européen servant à renvoyer dans leur pays d’origine les étrangers indésirables.

    3/9/2005 - « Ce dispositif n’est pas une mesure pour la lutte contre le terrorisme, même si certains de ces points représentent un grand pas en avant dans la solidarité européenne et dans la lutte contre le terrorisme », a expliqué, jeudi dernier, à Bruxelles, Franco Frattini. Ces normes d’expulsion, ainsi unifiées, visent à parvenir à lancer une espèce de mandat européen qui signalera chaque immigré expulsé. « Si une personne est retenue dangereuse en Italie où elle est interdite d’entrée, il en sera de même, y compris en Lituanie », explique Frattini. Il va sans dire que les imams et les prédicateurs religieux seront les plus surveillés. Toutefois, plusieurs pays européens, comme la France et plus récemment la Grande-Bretagne et l’Italie, n’ont pas attendu ces normes communes pour procéder à des expulsions d’immigrés jugés « dangereux pour la sécurité intérieure ». Suite à quoi, plusieurs organisations de défense des droits des immigrés et des droits de l’homme avaient fustigé ces méthodes qualifiées d’illégales surtout qu’elles privaient les sujets éloignés de toute possibilité de recours administratif, comme le prévoient les conventions internationales en matière d’asile et d’immigration. En Italie, après les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, le ministère de l’Intérieur avait autorisé les préfets à signaler et à expulser, manu militari, tout immigré sur qui pesaient des doutes quant à son appartenance ou sa simple sympathie pour un groupe terroriste. Un Algérien, résidant à Rome depuis 12 ans, accusé d’avoir appelé à célébrer la prière du mort, en mémoire du cheikh Yassine, avait été expulsé, en avril 2004, du jour au lendemain, sur la foi d’un article publié par un journaliste connu pour ses « scoops alarmistes ».

    Ces expulsions retenues nécessaires et urgentes par les autorités italiennes, afin de prévenir des risques d’attentats et d’assurer la sécurité des citoyens, venaient s’ajouter aux expulsions massives qui se déroulaient au sud de l’Italie et qui, inlassablement, ramenaient sur les côtes libyennes les centaines de clandestins qui se déversent chaque année sur le littoral sicilien. Le fait insolite est que des Egyptiens, des Nigérians, des Somaliens... se retrouvaient chez Kadhafi, alors que les conventions internationales stipulent clairement que les Etats qui expulsent des immigrés en situation irrégulière sont tenus de les accompagner dans leur pays d’origine, une fois leur nationalité établie. Cette grave violation de la législation internationale avait poussé l’Observatoire européen sur le racisme et la xénophobie à reprocher aux autorités italiennes ces pratiques, surtout celles qui consistent à détenir les immigrés clandestins, en attendant l’expulsion, dans les tristement célèbres Centres de permanence temporaire, où ils vivent dans des conditions lamentables et sont victimes de maltraitance. Exposé aux critiques de l’opposition et des Ong, le gouvernement italien n’avait d’autre choix que de donner un cadre légal à ses opérations d’expatriement et ces normes européennes arrivent à point, y compris pour les autres pays membres, qui ne cachent plus leur intention de limiter l’immigration, notamment celle provenant des pays du sud de la Méditerranée.

    Le responsable de la Commission européenne, ancien ministre des Affaires étrangères italien, Frattini, avait appelé, la semaine dernière lors du meeting international de Rimini, « pour l’amitié entre les peuples » organisé par le mouvement ecclésial Communion et libération, à ce que « l’expulsion des immigrés suspectés d’être des terroristes doit devenir une stratégie européenne, commune à tous les Etats membres ». Appelant les pays de la rive sud à une meilleure participation aux politiques d’expulsion, Frattini a promis des « aides économiques plus consistantes » à ces pays pour mettre au point « une prévention de la part de la police sur les lieux à partir desquels les terroristes potentiels pourraient partir ». Selon le vice-président de la Commission européenne, plusieurs terroristes réussissent à s’infiltrer parmi les candidats à l’immigration clandestine pour arriver en Europe. En attendant le prochain sommet européen sur l’immigration économique qui se tiendra en décembre prochain, Frattini exprime son désir de voir instituer « un jurement de fidélité » envers le pays européen où ils résident, même s’ils ne jouissent pas encore de la nationalité.
    © El Watan

    LES EGYPTIENS À LA VEILLE D'UNE PRÉSIDENTIELLE SANS SUSPENS
    Après avoir enduré les plus dures critiques de son long règne, le président Hosni Moubarak, peut espérer obtenir mercredi à 77 ans et pour la première fois, un sacre des urnes.

    6/9/2005 - 32 millions d'électeurs sont appelés à désigner leur "raïs" lors de cette présidentielle multipartite sans précédent, mais à l'égalité des chances entre les dix candidats et à la transparence controversées. Sûr de l'emporter sur ses neufs rivaux, dont deux seuls ont une certaine notoriété, Ayman Nour et Noamane Gomaa, le président Moubarak, un ex-général, avait été élu, puis réélu trois fois depuis un quart de siècle par référendum. Les 9865 bureaux de vote ouvriront à O8H00 locales (05h00 GMT) et fermeront à 22H00 locales (19H00 GMT). Seuls des chefs de partis ont pu se présenter, mais ni la gauche qui a boycotté le scrutin, l'estimant non-démocratique, ni le mouvement islamiste des "Frères Musulmans", les opposants les plus structurés, ne sont entrés en lice.

    "On ne pourra revenir en arrière, mais rien ne dit qu'on pourra aller plus vite en avant", a estimé un analyste réputé, Mustapha Kamal al-Sayyed, professeur de sciences politiques à l'Université américaine du Caire. Le chiffre officiel du taux de participation, peu vraisemblable lors des précédentes consultations, sera aussi un indicateur du degré d'ouverture d'un régime exhorté par les Etats-Unis à plus d'affichage démocratique. A vingt-quatre heures du scrutin, la présence autorisée d'observateurs d'ONG locales dans les bureaux de vote restait une inconnue, la commission électorale l'ayant encore refusé mardi, alors qu'un juge l'avait accepté dimanche. Dans un communiqué, la commission affirme avoir une "juridiction exclusive" sur toutes les procédures du scrutin, et que seuls les juges égyptiens seront habilités à en contrôler le bon déroulement dans les bureaux de vote.

    Après une campagne de trois semaines, au cours de laquelle un vent de liberté d'expression a soufflé comme jamais, une pause était observée à travers le pays, les candidats et leurs partis n'ayant plus le droit de s'exprimer. Ce qui n'empêchait pas la presse de publier mardi des encarts publicitaires payés par des particuliers ou des entreprises en très grande majorité en faveur du président Moubarak en des termes souvent dithyrambiques. On pouvait ainsi décompter dans les 40 pages du grand quotidien gouvernemental Al-Ahram, 31 publicités vantant les mérites de M. Moubarak, dont 5 sur une page entière, mais aucun encart pour ses neuf rivaux. Le président Moubarak avait créé la surprise au printemps, en annonçant que la présidentielle serait au suffrage universel et multipartite. Il a mené une véritable campagne à l'occidentale, avec meeting et engagements en tout genre. Il a ainsi promis, pour son nouveau mandat de six ans, 4 millions d'emplois, ainsi que 2000 usines, 50.000 logements, 500 ponts, 3500 écoles, et un relèvement de 100 % des salaires les plus bas des fonctionnaires.

    Sur sa route de campagne, il a croisé un rival très pugnace, Ayman Nour, 40 ans, le chef du petit parti libéral qui n'a cessé de lancer des attaques au vitriol contre M. Moubarak, dénonçant ses "24 ans d'oppression". Plus respectueux, Noamane Gomaa, 70 ans, chef du néo-Wafd, parti héritier des grands combats nationalistes anti-britanniques, est crédité de la deuxième place. Lui aussi a réclamé la fin de l'état d'urgence en vigueur depuis 1981. Si l'issue du scrutin n'a jamais fait de doute, l'opposition, des journalistes ou commentateurs se sont mis à critiquer comme jamais M. Moubarak, allant jusqu'à égratigner sa figure de "dernier pharaon". Il y a quelques mois seulement, toutes piques contre le Raïs ou toute tendance à la dissidence risquaient de mener leur auteur à fréquenter pour un temps indéterminé la prison ou à acquitter une solide amende.
    © RFI

    UNE FOULE DE CLANDESTINS SUBSAHARIENS ENTRE DE FORCE DANS MELLILIA (Espagne)
    L'entrée par la force, en quatre assauts successifs, d'une centaine d'immigrants subsahariens au préside occupé de Mellilia après des affrontements avec la garde civile espagnole met, une fois de plus, au devant de la scène le problème de l'émigration clandestine vers l'Europe. Les afflux des subsahariens se poursuivent sans répit partout sur le territoire marocain. Une fois sur la péninsule, les sans-papiers sont laissés en liberté avec un avis d'expulsion si leur nationalité n'a pu être établie ou si leur pays d'origine n'a pas signé d'accord de rapatriement avec l'Espagne.

    31/8/2005 - Pour que ces gens-là puissent survivre, ils se livrent à toutes sortes d'activités sans exception (vol, violence, cambriolage, drogue, prostitution) et polluent aussi partout, la plupart étant sans domicile fixe. Depuis quelques années, on voit prospérer un marché de services, tendant à faciliter l'émigration illégale, notamment par la fourniture de documents falsifiés et de moyens de transport, l'hébergement en transit ou l'obtention d'un emploi. Khalid Jemmah, président de l'Association des amis et familles des victimes de l'immigration clandestine (AFVIC), dit s'inquiéter du " flux migratoire subsaharien qui ne cesse de grossir ". " Il y a 5 ans, ils n'étaient pas plus de 400 dans tout le nord du Maroc. Aujourd'hui, on en compte plusieurs milliers (...). Or, le Maroc n'a pas la capacité de les accueillir. Ils vivent dans des campements sans aucune infrastructure, parfois dans des forêts. On peut parler de drame humanitaire ", a-t-il dit à l'AFP depuis Casablanca. Il semble que malgré la mise en place d'une direction chargée d'élaborer une stratégie nationale, en matière de lutte contre les réseaux de trafic d'êtres humains, la situation ne s'est guère améliorée. Autrement dit, ni les détecteurs infrarouges, ou les gardes-frontière, ni les barrières ou la double grillage métallique, n'arrivent à empêcher l'émigration clandestine.

    Principale porte de l'Afrique aux frontières de l'Europe, le Maroc voit passer chaque année des milliers d'immigrés clandestins, dont la traque s'avère difficile et coûteuse. Cette traque s'est soldée, certes, par plusieurs arrestations des étrangers qui sont nombreux à attendre leur embarcation clandestine vers l'Europe. Seulement, ces opérations coup de poing s'intensifient au moment où des voix critiquent sévèrement "les politiques sélectives" des Etats européens accusés de " fermer leurs frontières devant les ressortissants des pays au sud de la Méditerranée tout en encouragent l'ouverture de ces pays aux marchandises et aux capitaux européens ". Entre temps, des ressortissants maghrébins et des subsahariens confrontés aux conflits et à la misère en Afrique, ne cessent de transiter par notre pays, dans l'espoir de regagner l'Europe souvent au péril de leur vie. Des sources proches de la garde civile assurent que les assauts ont été menés d'une manière coordonnée et avec des manoeuvres de diversion.

    Malgré les efforts des gardes civils et des forces de sécurité marocaines, une centaine de clandestins ont réussi à pénétrer dans le préside occupé. Il s'agissait de la deuxième tentative d'entrée massive en trois jours. Le seul précédent d'ampleur similaire remonte à août 2004, avec une tentative simultanée de près de 500 immigrants. Les émeutes ont éclaté quand une dizaine d'immigrants ont réussi à forcer la ligne de défense de la garde civile lors du premier assaut mené vendredi dernier par un groupe de 350 Subsahariens. Quelque 80 autres immigrants sont entrés dans le préside occupé lors d'un deuxième assaut mené par un groupe de 300 Subsahariens dimanche. Une autre escarmouche a eu lieu dans un autre endroit, simultanément à cet assaut, ce qui a permis à 10 clandestins de pénétrer à Mellilia. Ces assauts successifs se sont soldés par la mort de deux clandestins et des blessures dans les rangs des gardes civils et des clandestins.

    Le journal El Pais révèle qu'une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de la mort d'un immigrant camerounais dimanche dernier lors des affrontements avec la garde civile, un décès que plusieurs ONG espagnoles attribuent à "l'utilisation excessive de matériel anti-émeute" par les forces de sécurité espagnoles. L'organisation non gouvernementale SOS Racisme a fait état de témoignages de " citoyens étrangers qui se trouvaient sur les lieux ", selon lesquels deux Camerounais, dont un de 17 ans, sont morts en territoire espagnol aux mains de la garde civile qui aurait ensuite refait passer les corps côté marocain via l'une des portes ménagées dans le grillage. Selon ces témoignages anonymes, les faits se sont produits dans la nuit du 28 août. La garde civile avait alors fait usage de " matraques électriques, gaz lacrymogène, balles en caoutchouc et balles réelles ".
    © Le Matin

    DES IMMIGRÉS MONTRÉS DU DOIGT (France)
    Aminata, membre de la Coordination nationale des sans-papiers.

    31/8/2005 - Hôtel Paris-Opéra, boulevard Vincent-Auriol, rue du Roi-Doré... À chaque fois, ce sont des familles originaires d’Afrique, en l’occurrence de Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Mali, de Mauritanie, qui font dramatiquement les frais de trente ans d’une politique du logement aveugle et intéressée. Au point que la colère grondait, hier. « C’est trop, c’est trop. On ne comprend pas pourquoi ce ne sont que des gens d’Afrique noire qui sont victimes de ces incendies, explique Aminata, membre de la Coordination nationale des sans-papiers, sous le choc. On en arrive à penser que c’est volontaire, par racisme, comme contre les Turcs en Allemagne, et qu’on nous raconte des histoires quand on parle d’accident. Les gens ne devraient pas être obligés de vivre dans de tels taudis. Il y a des logements que les familles peuvent payer, mais il faut mourir pour qu’on leur donne un logement. Mourir pour une régularisation. Les immigrés, on n’en veut plus. Ici, rue du Roi-Doré, les familles sont en France depuis plus de dix ans, et elles en étaient encore à négocier leur régularisation... »

    La douleur, l’exaspération et la colère risquent de faire monter les réactions communautaires, s’inquiète Aminata : « Ces familles, comme celles de Vincent-Auriol, n’ont pas demandé à être regroupées. Elles l’ont été par la force des choses. Mais il faut faire attention. On a déjà aujourd’hui, ce matin, des gens qui viennent racoler pour monter des associations africaines. Pourquoi des associations africaines ? Nous sommes en France. Moi, j’ai toujours été dans des associations françaises. Le repli, c’est excessivement dangereux, et ces gens sont dangereux. Mais entendre Sarkozy en profiter pour s’en prendre aux immigrés est tout aussi inadmissible et dangereux. »
    © L'Humanité

    POLÉMIQUE SUR LES ÉVACUATIONS DE SQUATS (France)
    A la demande du ministre de l'Intérieur, la préfecture de Paris compte procéder rapidement à l'évacuation des immeubles les plus dangereux. "Ma crainte, c'est qu'au nom de l'impératif de sécurité, on mette les gens dans la rue", s'inquiète le maire de la capitale. Des associations fustigent la décision de vider les squats.

    1/9/2005 - Après les deux incendies mortels dans des immeubles insalubres de la capitale, la polémique s’engage entre le ministre de l’Intérieur et la mairie de Paris. L’Etat et la ville ne sont pas d’accord sur les solutions immédiates à apporter à ce problème de logement. Conformément à la demande de Nicolas Sarkozy, la préfecture de police a annoncé mardi "l'évacuation des immeubles et des squats les plus dangereux", ajoutant qu'elle avait "notamment procédé mardi à l'évacuation du squat de la rue du Chalet dans le 10ème arrondissement". Elle va mettre en oeuvre dans les tout prochains jours, en lien avec la ville de Paris, un dispositif d'urgence pour prévenir de nouveaux sinistres", a-t-elle indiqué.

    Toutefois la ville de Paris a souligné dès mardi soir qu'elle "ne souhaite être associée en aucune façon aux décisions d'évacuations", dans un communiqué de Jean-Yves Mano, adjoint au maire de Paris, chargé du logement. "Notre démarche est une démarche de prévention des risques et toute évacuation qui s'avère nécessaire au vu du dossier technique doit faire l'objet de solutions d'hébergement adaptées proposées aux personnes concernées et ce sur l'ensemble du territoire de l'Ile-de-France", a-t-il ajouté. Le maire Bertrand Delanoë a pour sa part exprimé ses réserves face aux projets d'évacuation de ces locaux dangereux ou insalubres. "Il faut bien sûr enlever les personnes qui sont dedans, mais les reloger", a-t-il déclaré lors d'une visite dans un centre de repas chauds des Restaurants du coeur, Porte de la Villette (XIXe arrondissement). "Ma crainte, c'est qu'au nom de l'impératif de sécurité, on mette les gens dans la rue : cela, je n'en veux pas. Mais en même temps, je ne veux pas les laisser dans des endroits dangereux : je le dis de manière très nette et j'espère que je serai entendu".

    Polémique entre la mairie et l'opposition UMP au Conseil de Paris

    SOS Racisme a pour sa part exprimé mercredi sa "réprobation" après les déclarations de Nicolas Sarkozy, qui "feint d'ignorer que les drames à répétition qui viennent de se dérouler n'auraient sans doute jamais eu lieu si la France construisait suffisamment de logements sociaux". L'association Droits Devant a réclamé "l'arrêt immédiat des expulsions". Une polémique a en outre éclaté entre la mairie et l'opposition UMP au Conseil de Paris. Claude Goasguen, président du groupe UMP au Conseil de Paris, et Philippe Goujon, président de la fédération de Paris de l'UMP, ont dénoncé mercredi dans un communiqué "l'attitude irresponsable et hypocrite de Bertrand Delanoë et de sa majorité" qui "se voilent la face en laissant les populations concernées en situation de grave dangerosité". Les deux élus, qui "approuvent la décision de la préfecture de police d'évacuer les immeubles et squats les plus dangereux à Paris", enjoignent la mairie de "modifier une politique qui repose sur une construction insuffisante de logements, sur des acquisitions foncières coûteuses et occupées", et de "s'occuper davantage de l'éradication de l'insalubrité". Anne Hidalgo, première adjointe (PS) au maire, s'est déclarée "scandalisée" par ces déclarations de l'UMP parisienne, qui fait preuve d'une "opposition systématique" à l'implantation de logements sociaux dans les arrondissements qu'elle contrôle encore, selon elle.
    © LCI

    BLAIR ENGAGE TARIQ RAMADAN POUR COMBATTRE LE TERRORISME (Royaume-Uni)
    L'intellectuel genevois Tariq Ramadan a été nommé comme conseiller du gouvernement britannique dans sa lutte contre l'extrémisme musulman. Cette nomination a été révélée hier par le quotidien anglais Guardian . Elle souligne le pragmatisme de Tony Blair dans l'organisation de l'islam de Grande-Bretagne. «C'est le rôle du gouvernement de s'adresser à toutes les communautés, y compris à des groupes qui professent une opinion qui n'est pas la nôtre», a déclaré un porte-parole du Ministère de l'intérieur pour justifier la désignation du professeur en islamologie de l'université de Fribourg. Il fera partie d'un groupe de treize personnes appelées à faire des recommandations au gouvernement d'ici à la fin septembre sur les moyens d'empêcher les jeunes musulmans de Grande-Bretagne de glisser vers l'extrémisme.

    1/9/2005 - Outre Tariq Ramadan, le «working group on tackling extremism» comprend des universitaires réputés, des représentants des instances communautaires ainsi que le jeune député travailliste musulman Shahid Malik. D'après le Guardian , la contribution du Genevois lors de la première réunion de ce cénacle a été jugée «progressiste, répondant à un réel besoin pour les musulmans de confronter l'extrémisme et accepter qu'il existe». A première vue, la présence de Tariq Ramadan dans ce groupe, mis en place dans la foulée des attentats kamikazes des 7 et 21 juillet à Londres, paraît paradoxale. Principal allié des Etats-Unis dans les guerres en Irak et en Afghanistan, totalement aligné sur Washington dans le combat contre le terrorisme, la Grande-Bretagne accueille ainsi les bras ouverts une personnalité pour le moins controversée. En juillet 2004, les autorités américaines lui avaient retiré son visa pour enseigner à l'Université Notre-Dame, «en raison de son soutien au terrorisme». En 1995, la France l'avait interdit de séjour pendant quelques mois en raison de ses positions ambiguës sur la place de la religion musulmane en France. Tariq Ramadan s'était par ailleurs prononcé pour un moratoire sur la lapidation, et non pas sur son abolition.

    Polémique en Angleterre

    Tariq Ramadan a séjourné en Grande-Bretagne peu après les attentats du 7 juillet. Il avait donné une conférence au Centre islamique de Londres lié à la grande mosquée de Regent Park. Avant son arrivée, Ramadan avait été la cible d'une vive polémique dans la presse tabloïde. Le Sun , premier tirage du royaume, s'était indigné de sa venue: «Son ton modéré présente une face raisonnable de la terreur aux jeunes musulmans impressionnables». Aujourd'hui, les seules protestations publiques sont venues des organisations juives. «Il s'agit d'un choix étrange à la lumière de ses déclarations passées considérées comme antisémites. Au sein de notre communauté, Ramadan est considéré par beaucoup comme un extrémiste», s'est indigné Mike Whine du Jewish Community Security Trust qui répertorie les actes antisémites. L'annonce, le 25 août, de l'octroi par le St Anthony's College d'une bourse d'universitaire - invité pour 2005-2006 tout comme son classement par le magazine Time parmi les cent innovateurs du XXIe siècle pour son œuvre en faveur d'un islam européen indépendant, ont coupé l'herbe sous le pied de ses critiques. Aux yeux de Tony Blair, Tariq Ramadan est une passerelle vers les banlieues du nord de l'Angleterre où s'affirme un islam conquérant.

    «La réponse au terrorisme n’est pas que sécuritaire»

    Nous avons pu joindre Tariq Ramadan à Londres pour lui poser trois questions. Le gouvernement Bush vous avait interdit l'entrée de son territoire. Or, l'allié le plus fidèle des Etats-Unis vous a nommé expert gouvernemental. Comment expliquez-vous cette différence de traitement?

    En fait, le gouvernement américain vient de me demander de déposer une nouvelle demande de visa! Il semble donc avoir changé d'opinion à mon égard. Cela dit, la Grande-Bretagne offre une configuration sociale très différente par rapport à celle des Etats-Unis. La forte présence des musulmans au sein de la société britannique est sans comparaison avec la situation qui prévaut outre-Atlantique. Il serait inconcevable que le gouvernement de la Grande-Bretagne ne tienne pas compte de cet élément.

    Ne craignez-vous pas que le Cabinet britannique se serve de votre présence comme alibi pour faire oublier à ses citoyens musulmans le rôle de Londres en Irak?

    Le risque n'est pas mince, en effet. Et j'en ai tenu compte avant d'accepter cette nomination. Toutefois, mes positions contre l'intervention en Irak sont bien connues des autorités britanniques. Il ne sera donc pas facile de m'instrumentaliser! En outre, je remarque que le gouvernement de Londres a dépassé ses positions antérieures qui privilégiaient l'aspect sécuritaire et plaçait l'extrémisme sous la seule responsabilité de la communauté musulmane. Aujourd'hui, le cabinet de Tony Blair tient un discours plus réaliste et sait bien que la réponse au terrorisme ne peut pas se limiter à l'aspect sécuritaire. Cela m'a convaincu que j'avais ma place comme conseiller. D'ailleurs l'intitulé exact de la commission dans laquelle je vais siéger est en soi tout un programme; elle se nomme, en effet, «Commission de réflexion sur les responsabilités de la communauté musulmane et du gouvernement dans la lutte contre la radicalisation et l'extrémisme». De mon point de vue, certes la communauté musulmane a sa part de responsabilité dans cette radicalisation et je l'ai souvent soulignée. Mais le gouvernement britannique, aussi, en est responsable. Cette commission doit rendre rapport au cabinet Blair courant septembre. Mais elle travaillera également à plus long terme, par exemple, en proposant de changer certains manuels scolaires qui présentent les musulmans britanniques comme des étrangers. Tout ce qui contribue à faire vivre ensemble les différentes composantes de la nation britannique sera l'objet de nos travaux.

    Cette nomination ne met-elle pas votre sécurité personnelle en péril dans la mesure où certains extrémistes islamistes risquent de vous reprocher de conseiller Tony Blair?

    Je ne suis pas forcément moins en sécurité à Londres qu'en Suisse. J'ai reçu de nombreuses menaces venant de pays occidentaux ou arabes comme la Tunisie ou l'Egypte. Mais elles demeurent jusqu'à maintenant vagues et indirectes.
    © Tribune de Genève

    IMMIGRATION : S'INTÉGRER EN EUROPE? QUELLE EUROPE?
    2/9/2005 - Le journal britannique The Times indique que les migrants au sein de l'Union européenne pourraient être sommés de prêter "serment de fidélité" à l'Union, selon une proposition soumise à Bruxelles visant à renforcer le sentiment d'identité européenne. "On pourrait exiger de chaque immigré qu'il déclare d'une façon ou d'une autre qu'il respectera la loi nationale, la loi européenne et la Charte des droits fondamentaux", a déclaré Franco Frattini, commissaire à la Justice et la Sécurité européen, à l'origine de la proposition. En Grande-Bretagne, la promesse "pourrait se cumuler avec le serment à la reine, ou alors le remplacer", relève The Times. Mais Mike Natrass, vice-président du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), tourne déjà l'idée en dérision : "Prêter allégeance à une chose sans culture unifiée, sans histoire reconnue, sans langue commune, qui est gangrenée par la fraude et la corruption ? C'est une plaisanterie."
    © Courrier international

    COUP DE FREIN SUR LES RÉFORMES (Bahrein)
    Dans le minuscule royaume du golfe Persique, souvent présenté comme le bon élève démocratique du monde arabe, la route vers la libéralisation politique ouverte par le roi en 1999 semble se fermer. La presse bahreïnienne s'inquiète pour l'avenir de ce processus.

    22/8/2005 - "Le royaume connaît depuis peu des ratés dans son processus de réforme", s'alarme Al-Ayam, un quotidien bahreïnien. Un processus dont l'un des points forts consiste en théorie "à reconnaître les forces politiques effectives du pays et à leur permettre d'agir en pleine lumière alors que, depuis un demi-siècle, des partis existent de facto, mais sont illégaux". Et c'est sur ce point de la légalisation de l'opposition politique que le projet achoppe actuellement dans le minuscule royaume-archipel de la péninsule Arabique composé d'une trentaine d'îles. Ainsi, constate Akhbar Al-Khaleej, autre quotidien du Bahreïn, "jeudi prochain, le 25 août, des personnalités de l'opposition bahreïnienne se rencontreront à Londres pour discuter de démocratie et de droits de l'homme, sous prétexte qu'elles ne peuvent le faire librement au Bahreïn". "On veut ainsi ternir l'image de notre pays à l'étranger et dénigrer la réussite de nos réformes", accuse Akhbar Al-Khaleej, qui poursuit : "Il faut que le monde sache que notre peuple a librement élu ses conseils municipaux [en mai 2002] et ses députés [en octobre 2002], et que notre presse débat quotidiennement en toute liberté des sujets les plus polémiques." Cette opinion n'est pas entièrement partagée par tous. Al-Wasat, autre grand quotidien bahreïnien, rapporte ainsi une lettre au roi de personnalités de l'opposition. "La nouvelle loi sur les associations politiques, votée par le Parlement, a déclenché une tempête dans les rangs de l'opposition. Elle est contraire à votre projet de réformes et constitue un retour à l'état d'urgence que vous aviez eu la bonté de lever. Le peuple le refuse et nous espérons tous que vous allez l'abroger."

    Le même journal conseille toutefois à l'opposition de se plier aux nouvelles règles. "Il faut que les associations sachent qu'il ne sert à rien de persister dans le refus de la nouvelle loi car l'Etat ne fera pas de concessions, tout comme l'Etat n'a pas fait de concessions lorsqu'il a voulu fermer le Centre des droits de l'homme. Il a fini par le faire, malgré le bruit que cela avait provoqué jusqu'au sein de certains pays étrangers", explique Al-Wasat, faisant allusion aux molles protestations américaines qu'avait provoquées la fermeture de ce centre en début d'année. Asharq Al-Awsat, quotidien panarabe édité à Londres, explique en quoi cette loi sur les associations indispose l'opposition politique bahreïnienne. "La nouvelle loi établit de lourdes peines, allant jusqu'à deux ans de prison, pour les dirigeants d'associations politiques qui acceptent des soutiens apportés par des étrangers ou par des organisations internationales alors que les dons financiers en provenance du Bahreïn ne sont soumis à aucune condition et ne doivent même pas être déclarés. Cela empêcherait ces partis de communiquer avec l'étranger et de recevoir un quelconque soutien." Le site aldemokrati.com, plate-forme de l'opposition bahreïnienne sur Internet, énumère les possibilités qui s'offrent aux forces de l'opposition. "Continuer comme si de rien n'était en ignorant la loi ; se constituer en partis politiques en outrepassant la loi ; passer à l'action clandestine ; s'appuyer sur les institutions traditionnelles religieuses ou sociales, ou encore se préparer à une lutte légale et politique à l'intérieur et à l'étranger afin de rallier l'opinion publique internationale aux demandes démocratiques et de droits de l'homme conformes aux accords internationaux signés par le gouvernement bahreïnien."

    Si la stratégie n'est pas encore claire, en revanche, pour l'instant, "aucun groupe d'opposition ne s'est encore enregistré sous la nouvelle loi, démarche qui signifierait l'acceptation de cette dernière", remarque Asharq Al-Awsat. En particulier, la principale organisation chiite du pays, le Wifaq, ne s'est pas encore prononcée. Or, rappelle Al-Wasat, cette organisation "représente de larges couches de la population qui ont fait de gros sacrifices durant l'Intifada chiite des années 1990 et ont beaucoup contribué à créer le climat de liberté d'expression actuelle". "Jusqu'à l'année dernière, les autorités ont manifesté le désir d'inclure un plus grand nombre de forces actives dans la vie politique, mais il est désormais évident que ce désir s'est effiloché, voire qu'il a cédé le pas devant le souhait que ceux qui ont boycotté les dernières élections persistent dans leur démarche", poursuit Al-Wasat, pour conclure : "Les libertés publiques se rétrécissent. Cela ne se serait pas produit si les forces du boycott étaient présentes au Parlement. Au nom de la patrie, formez des alliances et préparez-vous à participer aux élections de 2006 afin d'éviter que d'autres acquis démocratiques ne soient remis en question." En attendant que le Wifaq décide de la démarche à suivre, un autre regroupement politique est sur le point de se constituer. "Des personnalités de la chambre de commerce sont sur le point de créer un parti afin de défendre leurs idées lors des prochaines élections, au milieu de l'année prochaine", rapporte Asharq Al-Awsat. "Il y aurait consensus sur l'importance de disposer d'un lobby, surtout que le Parlement actuel a parfois pris des décisions qui découragent les investissements étrangers."
    © Courrier international

    LES DROITS DES PERSONNES DÉPLACÉES DE KHARTOUM DOIVENT ÊTRE RESPECTÉS (Soudan)
    Amnesty International condamne la réinstallation forcée de la totalité des habitants du camp de Shikan pour personnes déplacées à l’intérieur de leur pays, le 17 août 2005.

    23/8/2005 - L’organisation craint que les résidents de Shikan n’aient été arbitrairement réinstallés, sans leur consentement, dans des camps où ils sont privés des droits humains élémentaires - y compris le droit à la santé et à l’éducation. Amnesty International appelle le gouvernement du Soudan à prendre des mesures urgentes pour remédier à la situation, notamment par une action immédiate visant à fournir aux personnes déplacées les services de base permettant de garantir leur droit à des conditions de vie convenables ; l’organisation demande également au gouvernement soudanais de faire participer les personnes déplacées au processus de prises de décisions présentes et futures concernant leur vie et leur quotidien. À quatre heures du matin le 17 août 2005, des policiers armés ont encerclé le camp de personnes déplacées de Shikan, situé à Omdurman à Khartoum. Les forces de la sécurité nationale avaient informé certains membres de la direction du camp la veille que des opérations de contrôle allaient être effectuées dans le camp ; il s’agissait de vérifier la présence de biens volés après les émeutes récentes qui avaient suivi la mort du premier vice-président John Garang. Les forces de la sécurité nationale sont arrivées avec des camions et ont vidé le camp de la totalité de ses résidents. Cinq cents familles ont été dirigées vers le camp de Thawra, 170 familles ont été emmenées à Al Fatah III et 371 familles doivent se voir attribuer des places pour retourner à Shikan. Al Fatah III et Thawra sont des endroits où font défaut les moyens de subsistance les plus élémentaires. Thawra, situé à 55 kilomètres au nord de Khartoum, est une ancienne décharge où manquent tous les services de base. L’eau, les services de santé et d’éducation y sont inexistants, l’endroit n’étant rien d’autre qu’une parcelle de désert. Al Fatah III a cela de mieux qu’il possède une pompe à eau.

    L’action des autorités a violé le droit fondamental de toute personne à la liberté de mouvement et à la liberté de choisir son lieu de résidence, droit inscrit dans le droit international relatif aux droits humains - notamment dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel le Soudan est État partie. Ces réinstallations forcées violent également les Principes directeurs des Nations unies relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays, ensemble de principes non contraignants mais largement adoptés, tirés du droit international relatif aux droits humains. Selon le Principe 6 (1) des Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays, chaque être humain a le droit d’être protégé contre un déplacement arbitraire de son foyer ou de son lieu de résidence habituel (à moins que la sécurité et la santé des personnes concernées n’exigent leur évacuation). Les résidents de Shikan n’ont pas été informés des projets concernant leur réinstallation. Au lieu de cela, on les a embarqués dans des camions aux petites heures du jour le 17 août 2005 sans explication et sans leur donner la possibilité de contester cette décision.

    Le manque total de toute structure de soins, d’eau, d’hygiène et de services d’éducation sur le nouveau site de al Thawra est en outre contraire au Principe 18 (1) des Principes directeurs des Nations unies, qui établit que : « ... Toutes les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays ont droit à un niveau de vie suffisant. (2). Au minimum quelles que soient les circonstances et sans discrimination aucune, les autorités compétentes assurent aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays les services suivants et leur permettent d’y accéder en toute sécurité : ( a) aliments de base et eau potable ; ( b) abri et logement ; ( c) vêtements décents ; et (d) services médicaux et installations sanitaires essentiels. » Les articles 22 et 25(1) de la Déclaration universelle des droits de l’homme garantissent ces droits, qui sont également inscrits à l’article 11(1) et (2) du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. L’article 14(2)(h) de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et l’article 27 de la Convention relative aux droits de l’enfant, auxquelles le Soudan est État partie, garantissent également ces droits.

    La signature de la nouvelle Constitution nationale provisoire le 9 juillet 2005 avait fait naître l’espoir d’un plus grand respect des droits humains au Soudan. La réinstallation forcée des personnes déplacées du camp de Shikan s’inscrit dans la continuation des violations passées des droits humains, particulièrement pour ce qui concerne le traitement réservé par le gouvernement soudanais aux personnes déplacées. C’est aussi une première occasion manquée pour le Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS) de manifester son influence en soutenant les droits humains à Khartoum. Toutefois, la façon dont seront traités les résidents de Shikan récemment réinstallés et les personnes déplacées se trouvant toujours à Khartoum fournira d’autres occasions, à la fois au gouvernement soudanais et au MPLS, de veiller à ce que les droits des personnes déplacées soient respectés, conformément aux obligations du Soudan au regard du droit international relatif aux droits humains.

    Complément d’information

    Ce qui s’est passé le 17 août 2005 s’inscrit dans une suite d’évènements similaires et d’actions entreprises par le gouvernement soudanais à l’égard des personnes déplacées à Khartoum et dans tout le Soudan. Très récemment, des réinstallations non volontaires ont eu lieu à Soba Aradi le 14 mai 2005 ; des heurts violents ont opposé personnes déplacées et policiers et ont été suivis d’arrestations en masse ; le décès d’une personne au moins a été confirmé en garde à vue. Shikan est peuplé principalement de Soudanais du sud et de réfugiés du Darfour contraints de fuir leurs maisons pour échapper aux exactions provoquées par un conflit qui s’éternise et par les difficultés économiques.

    À la mi-juillet, le gouverneur de l’État de Khartoum, Abdul Haleem Mutafi, a passé un accord verbal avec un comité consultatif composé de donateurs internationaux et de représentants des Nations unies et de l’État pour une mission d’observation et d’application conjointes des opérations de réinstallation des personnes déplacées. En dépit de ses promesses verbales de consulter le comité au sujet des réinstallations futures et de ne pas opérer de réinstallations avant la fin de la saison actuelle des pluies, le gouverneur a autorisé que les habitants du camp de Shikan soient réinstallés ailleurs sans avoir consulté ni le comité consultatif ni les résidents du camp eux-mêmes. Le gouverneur aurait, à plusieurs reprises, affirmé qu’il ne préviendrait jamais à l’avance d’aucune réinstallation de personnes déplacées, réduisant de ce fait le processus de consultation à un mécanisme vidé de toute substance.
    © Amnesty International

    DISCRIMINATION À L'ÉGARD DES FEMMES AU BURKINA FASO : MALGRÉ DES PROGRÈS NOTABLES, CERTAINES COUTUMES ET TRADITIONS DISCRIMINATOIRES DEMEURENT
    La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son organisation affiliée, le Mouvement burkinabé des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP), se félicitent des recommandations adressées au gouvernement du Burkina Faso par le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (Comité).

    31/8/2005 - La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son organisation affiliée, le Mouvement burkinabé des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP), se félicitent des recommandations adressées au gouvernement du Burkina Faso par le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (Comité). Le Comité a examiné, en juillet dernier, les quatrième et cinquième rapports périodiques combinés du Burkina Faso sur la mise en oeuvre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW). Malgré l’adoption de nombreuses réformes législatives visant à démarginaliser les femmes et à éliminer toute discrimination à leur encontre, le Comité a noté la persistence de nombreuses pratiques discriminatoires à l’égard des femmes, en particulier en zones rurales, appuyant de ce fait les observations émises par le MBDHP dans sa note de position sur la situation des femmes au Burkina Faso1.

    Le Comité a déploré « le maintien d’attitudes patriarcales et de stéréotypes, coutumes et traditions bien ancrées [...], en particulier dans les zones rurales [...] » qui constituent des violations des droits fondamentaux des femmes. Le Comité a encouragé le Burkina Faso à améliorer l’accès des femmes aux voies de recours prévues en cas de violation et à poursuivre leurs auteurs. En outre, le Comité a demandé au Burkina Faso de relever l’âge minimum du mariage et d’interdire la polygamie. S’agissant des violences conjugales, le Comité a exhorté l’Etat partie à adopter une législation sur la violence contre les femmes, à protéger les victimes et à poursuivre leurs auteurs. Des mesures éducatives et des initiatives de sensibilisation permettraient également de mieux lutter contre ce type de violence.

    Par ailleurs, les 18 experts du Comité se félicitent de la mise en place d’une législation anti-discriminatoire mais déplorent son défaut de mise en oeuvre et la persistance de discriminations de fait dans l’exercice des droits politiques, économiques, sociaux et culturels. En effet, de nombreuses discriminations subsistent dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’emploi, en particulier en milieu rural. Le Comité a invité l’Etat partie à adopter toute mesure nécessaire afin de garantir une meilleure égalité entre hommes et femmes et notamment des mesures temporaires de discrimination positive afin d’accroître le nombre de femmes participant à la vie politique et publique et occupant des postes de décisions.

    La FIDH et la MBDHP souhaitent attirer l’attention du Burkina Faso sur la prévalence de l’exclusion sociale des femmes agées dans de nombreuses régions, notamment du plateau du central et du nord, pratique liée à des croyances ancestrales et demande à l’Etat partie de prendre toutes les mesures nécessaires afin de lutter contre ces préjugés attentatoires à la dignité humaine. « Nous encourageons le gouvernement burkinabé à doubler ses efforts en faveur d’une égalité de fait, et non plus seulement de droit, entre la femme et l’homme burkinabé et à poursuivre pénalement les auteurs des violences attentatoires à la dignité de la femme, telles que les mutilations génitales féminines et les violences domestiques », a conclu Sidiki Kaba, Président de la FIDH.
    © Fédération Internationale des ligues des Droits de l'Homme (FIDH)

    DISCRIMINATION À L'UNIVERSITÉ DE PÉKIN (Chine)
    1/9/2005 - Le président de Harvard, Lawrence H. Summers, a déclenché une vive polémique lorsqu'il a suggéré, il y a quelques mois, que les femmes n'étaient pas aussi douées que les hommes en sciences et en mathématiques. L'Université de Pékin mène actuellement une politique d'admissions qui laisse entendre que les femmes sont très douées pour apprendre des langues étrangères, et ne peuvent, par conséquent, pas être traitées de la même façon que les étudiants mâles. La controverse commença lorsque certaines étudiantes ne réussirent pas à intégrer l'Institut des langues étrangères de l'université, alors que des étudiants ayant obtenu un score légèrement inférieur furent acceptés. Un officiel de l'institut a déclaré que 80% des étudiants sont des femmes, et que pour cette année le rapport est de 70%. « Dans ce contexte nous accordons un traitement de faveur aux étudiants masculins. Ce traitement, toutefois, est limité aux langues moins populaires et se fait au cas par cas », ajoute-t-il sous couvert de l'anonymat. « Si vous venez à l'école, vous aurez l'impression d'assister à un concours de beauté. Etre entouré de femmes seulement, c'est agréable, mais cela ne conduit pas à un corps étudiant équilibré ». « C'est un cas de discrimination des sexes scandaleux » dit Wang Yingjie, un expert en éducation. « Si cela c'était produit dans un autre pays, nous aurions poursuivi l'école en justice ».

    Cette disparité des sexes a toujours existé en Chine. Dans l'histoire du pays, les femmes ont toujours eu moins d'opportunités d'aller à l'université. Une tendance contraire a vu le jour récemment : entre 1998 et 2002, le rapport femmes/hommes est passé de 38 à 44%. Malgré cette tendance, les femmes sont encore discriminées en matière d'éducation supérieure. « Tous ont le même droit de recevoir une éducation » affirme Hong Chengwen, un administrateur à l'Université normale de Beijing. Toutefois le déséquilibre des sexes devrait être pris en compte dans les politiques d'admissions ». « L'université est le reflet de la société. Plus les règles universitaires sont proches de celles de la société, plus les étudiants s'adapteront facilement une fois diplômés ». L'égalité des sexes a été l'objet d'une grande attention ces jours-ci. Un colloque pour commémorer le 10ème anniversaire de la Conférence mondiale de la femme des Nations unies a débuté lundi. En outre, l'organe législatif suprême du pays a modifié une loi qui dorénavant punira toute discrimination des sexes à l'encontre des femmes.
    © China Internet Information Center

    LES SANS-PAPIERS MANIFESTENT À PARIS (France)

    30/8/2005 - Neuf ans après l'évacuation des sans-papiers de l'église Saint-Bernard, environ 2.000 personnes ont manifesté à Paris pour exiger une nouvelle fois la régularisation de tous les sans-papiers. Traditionnel rendez-vous annuel de rentrée, la coordination nationale des sans-papiers appelait à manifester samedi 27 août à Paris pour "commémorer" l'évacuation de l'église Saint-Bernard il y a neuf ans, exiger une nouvelle fois la régularisation de tous les sans-papiers, et dénoncer l'augmentation des expulsions ainsi que la politique "répressive" du gouvernement.

    Environ 2.000 personnes rassemblés samedi à Paris place de la République à de 14h. Le cortège a quitté la place de la République et devait se rendre à l'église Saint-Bernard où 210 Africains sans-papiers s'étaient réfugiés et avaient été évacués par la police en 1996. "C'est beau la France. Le code civil protège les animaux. Sarko et Villepin expulsent les sans-papiers", "Non aux expulsions massives de sans-papiers", pouvait-on lire sur des pancartes. "Non aux expulsions, régularisation de tous les sans-papiers", scandaient les manifestants. Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière (LO), Mouloud Aounit, secrétaire général du Mrap et Mgr Jacques Gaillot figurent parmi les manifestants. Le cortège est divisé, une partie des manifestants défilant en tête avec la coordination et LO, une autre partie derrière avec le MRAP et la Ligue des droits de l'homme. Il s'agit de la première manifestation d'ampleur des sans-papiers depuis le décès accidentel du porte-parole de la coordination Romain Binazon, tué dans un accident de voiture au Bénin, son pays d'origine, le 10 septembre 2004.

    Coordination

    Une quarantaine d'associations, de syndicats et d'organisations politiques appellent également à défiler samedi aux côtés de la coordination, notamment le collectif "Droits Devant!", plusieurs fédérations du syndicat SUD, la Ligue des droits de l'homme (LDH), le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), ou encore la LCR, le PCF, et les Verts. Dans un communiqué, la coordination nationale exige la régularisation de tous les sans- papiers via l'octroi d'une carte de séjour de 10 ans, la libération de tous les sans-papiers emprisonnés pour séjour irrégulier sur le territoire français, la fermeture des centres de rétention, le respect du droit d'asile, et l'abrogation de la double peine. Elle se prononce également contre une "Europe forteresse", et pour "la liberté de circulation et d'installation".

    Campagne de Sarkozy

    La coordination accuse par ailleurs le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy de "faire du chiffre et de préparer sa campagne pour la présidentielle sur le dos des sans-papiers", en multipliant les arrestations et les expulsions groupées par charter "avec ses collègues européens". La coordination dénonce aussi les restrictions d'accès à l'Aide médicale d'Etat (AME) destinée aux immigrés en situation irrégulière, ou encore la politique d'immigration "choisie" vantée par le ministre de l'Intérieur. Depuis l'évacuation de l'église Saint-Bernard le 23 août 1996 au petit matin par les CRS et les gendarmes mobiles, les sans-papiers manifestent chaque année à la fin du mois d'août à Paris entre la place de la République et l'église en souvenir de cette évacuation et pour rappeler leurs revendications.
    © Le Nouvel Observateur

    GOLLNISCH: 'L'ANTIRACISME' EST UN 'SIDA MENTAL' (France)
    En clôture de l'université d'été de son parti, Jean-Marie Le Pen, s'en est pris à l'"immigration-invasion", "fruit empoisonné de la démagogie sociale mondialisée". Son délégué général, Bruno Gollnisch a quant à lui comparé l'"anti-racisme" à un "sida-mental" qui "vise à affaiblir" les "défenses immunitaires" des peuples.

    28/8/2005 - Réunis en université d'été à Bordeaux, les dirigeants du Front national Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch ont multiplié, dimanche 28 août, les provocations sur l'immigration et le racisme, allant jusqu'à comparer l"'antiracisme" de "sida mental". Pour sa part, le président du Front National Jean-Marie Le Pen a dénoncé "l'immigration invasion" lors d'un discours de clôture offensif. Dénonçant "l'explosion de l'immigration africaine en France depuis le début des années 90", Jean-Marie Le Pen l'a ensuite qualifiée d'"immigration-invasion", "fruit empoisonné de la démagogie sociale mondialisée". "La France est devenue un vaste espace ouvert à tous les vents de la criminalité, de la désespérance et de la misère", a ajouté le leader d'extrême droite.

    "Les violences inter-ethniques"

    "L'immigration de masse pose également un problème d'équilibre social, qui concerne chaque Français au travers de la montée de la délinquance et des violences inter-ethniques" et de "la féroce concurrence économique et sociale que les immigrés font peser sur le marché du travail français, ainsi que pour l'accès aux prestations sociales", a-t-il estimé. "C'est l'immigration qui explique la remise en cause de notre modèle républicain, scolaire et familial", a-t-il déclaré. Jean-Marie Le Pen a ensuite raillé les majorités successives au pouvoir: "Après Jospin, Raffarin. Après Raffarin, Villepin. Après Villepin la fin?". Puis Jean-Marie Le Pen s'en est pris à Jacques Chirac qui tel un président "de la IIIème République", "inaugure les chrysanthèmes et conduit les deuils, surtout lorsqu'ils sont télévisés".

    Le leader du FN, qui s'exprimait devant quelque 300 personnes, a ensuite exhorté chacun de ses militants "à être persuadé de sa responsabilité individuelle dans le redressement du pays", alors qu'il a annoncé sa candidature présidentielle pour 2007. "C'est au combat que je vous appelle, au combat pour la France et les Français d'abord", a-t-il ajouté. Se félicitant une nouvelle fois de la victoire du non au référendum sur la constitution européenne, il les a invités "à s'opposer fermement à la reprise des négociations d'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne" et à défendre "l'abandon de l'euro comme monnaie unique". Pour Jean-Marie Le Pen la France doit "redéfinir une coopération privilégiée avec les Nations du continent boréal, c'est-à-dire qui va de Brest à Vladivostok".

    "Une religion"

    De son côté, le délégué général du FN Bruno Gollnisch a qualifié "l'antiracisme" de "sida mental" lors de la clôture de l'université d'été. Comparant l'antiracisme à "une religion" avec "ses dogmes", "ses prêtres, ses inquisiteurs, ses procès en sorcellerie", Bruno Gollnisch a estimé que "c'est cette fausse religion qui est aujourd'hui le véritable "opium des peuples". "Elle vise à affaiblir leurs défenses immunitaires, et mérite donc pleinement le nom de 'sida mental'", a ajouté le numéro deux du parti d'extrême droite. "L'Histoire condamnera sévèrement les protagonistes du prétendu antiracisme, comme elle a condamné les responsables de la décadence de Rome, les collaborateurs des occupations étrangères, les complices de l'internationalisme marxiste. Mais en attendant, c'est vrai, ils règnent en maîtres", a-t-il déclaré.

    "La préférence nationale"

    Bruno Gollnisch a ensuite défendu "la préférence nationale". "Le refus de la préférence nationale aboutit, dans de nombreux cas, à l'instauration de facto d'une véritable préférence étrangère dont nos compatriotes les plus démunis sont les premières victimes", en soulignant que "le Front National n'est pas xénophobe; il est simplement francophile". En reprenant une phrase de Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch a conclu en lançant un "Nationaux de tous les pays, unissez-vous", et a été copieusement applaudi par les quelque 300 militants qui assistaient à l'université d'été.
    © Le Nouvel Observateur

    LES SYNDICATS CONTRE LE RACISME (France)
    Appel à communications - Débats et recherches scientifiques Université Paris 7 - Denis Diderot (Tolbiac) 20-21 octobre 2005

    29/8/2005 - Des chercheurs de France, Italie, Belgique, Grande-Bretagne et Bulgarie ont mené une recherche comparative sur le rôle des syndicats dans la lutte contre le racisme sur le lieu de travail, dans les secteurs de la santé, des transports, de la grande distribution, de la construction, de la métallurgie, des constructions navales, du tabac et du textile. On peut trouver certaines de leurs contributions sur le site www.workingagainstracism.org

    Une conférence de 2 jours est organisée à l'université Paris 7 – Denis Diderot (Tolbiac) les 20 et 21 octobre, pour présenter les résultats de ces recherches. Catalene Passchier, Secrétaire de la Confédération européenne des syndicats (CES) apportera une importante contribution à ces débats le vendredi 21 octobre. Le premier jour de la conférence, le jeudi 20 octobre, sera consacré à une discussion académique des points clés de la recherche. Ce sera l'opportunité pour rassembler et faire échanger les idées de nombreux chercheurs engagés dans des programmes européens sur le racisme, et plus largement, de toute la communauté scientifique sur les questions du racisme contemporain et de la xénophobie au travail.

    Cet appel à communication s'adresse aux chercheurs souhaitant présenter une contribution dans le large champ des recherches sur les différentes dimensions du racisme et de la lutte contre le racisme. Par exemple, ces communications peuvent porter sur :
    Ø Les modes d'expression du racisme au travail,
    Ø Les réponses de l'encadrement et des employeurs,
    Ø Les stratégies de résistance ou de survie développées par les travailleurs issus de « minorités ethniques »
    Ø Les stratégies des syndicats, leurs revendications et leurs actions
    Ø Ce que les syndicats font (ou ne font pas) pour essayer de mobiliser leurs membres
    Ø Les stratégies des organisations syndicales ou anti-racistes pour développer la participation des travailleurs issus de « minorités ethniques »

    Pour présenter une communication (en français ou en anglais), adressez un résumé de votre projet (pas plus de 250 mots) avant le 9 septembre à :
    philippe.poutignat@unice.fr ou à a.thanki@londonmet.ac.uk
    Date limite: vendredi 09 septembre 2005
    © Calenda

    MONSIEUR R., LE RAP QUI CHOQUE (France)

    30/8/2005 - Il n'en demandait pas tant. Il a suffi qu'un député de l'UMP, bientôt relayé par d'autres, demande l'interdiction de son dernier album, Politikment Incorrekt , pour que la notoriété de Monsieur R. franchisse soudain les frontières de la planète rap. Le voilà consacré symbole de l'"anti-France" . Premier résultat de cette promotion inopinée : le CD, distribué en mars à 22 000 exemplaires, va bénéficier d'une réimpression. Richard Makela, alias Monsieur R., ne s'en cache pas : en choisissant de monter en clip le titre le plus "hardcore" (cru) de l'album, FranSSe , il a délibérément cherché à "choquer, comme on provoque un électrochoc" . Que dit Monsieur R. dans les passages les plus controversés ? "La France est une garce, n'oublie pas de la baiser jusqu'à l'épuiser, comme une salope il faut la traiter, mec !" ; "Moi, je pisse sur Napoléon et le général de Gaulle" . La réaction a tardé à se manifester. Mais la voilà, et Richard Makela se défend d'avoir joué la provocation à des fins commerciales, assure avoir voulu "mettre sur la place publique le débat sur le passé colonial de la France" .

    Débattre, cet intarissable tchatcheur adore ça. Un goût peut-être hérité de son grand-père. A sa façon, le jeune rappeur s'inscrit dans la tradition des griots africains : c'est un conteur, mais les histoires qu'il raconte ont la noirceur des "terrains de jeux, la rue, où l'on trouve le plus d'armes à feu" . Lui-même a connu la prison, il y a dix ans, en Suisse. Au cours d'une soirée huppée, le coéquipier avec lequel il avait formé son premier groupe de rap, 3 Coups, avait tiré sur un invité. Au bout de quarante-cinq jours de détention, il a été refoulé en France. Son pote a été expulsé en Côte d'Ivoire, interdit de retour sur le territoire français. "C'était mon meilleur ami." L'un avait des papiers l'autorisant à rester en France, l'autre non. Nouvelle rupture, nouveau coup de dés dans une trajectoire faite de hasards. Les parents de Richard Makela sont originaires de l'ex-Zaïre, ancienne colonie belge devenue République démocratique du Congo. Ils arrivent en Belgique en 1972. Il naît citoyen belge trois ans plus tard. Il a 9 ans quand sa famille retourne au Zaïre, où il vit les quatre années suivantes. Trois nouvelles naissances viennent compléter une fratrie de neuf enfants. Les revenus du père ne suffisent plus. Richard est pris en charge par sa soeur aînée, installée à Gennevilliers, en banlieue parisienne, en 1989. La France célébrait le bicentenaire de la Révolution : "Ce pays est très fort pour organiser des commémorations. Mais on ne peut pas célébrer l'abolition de l'esclavage ou la fin de la colonisation et zapper les périodes qui les ont précédées."

    Sa mère meurt en 1991. Les trois petites soeurs nées au Zaïre les rejoignent en France. Il s'éloigne du circuit scolaire, fugue, adopte la "rap attitude" , commence à écrire des textes. "Le rap est la seule musique rebelle aujourd'hui , estime-t-il, la seule que les jeunes concernés comprennent." Période débrouille, squat, premiers "posses" ­ collectifs ­ avec d'autres rappeurs du "9-3", la Seine-Saint-Denis. Le film est parcouru de hachures. Le lascar, pourtant, n'a rien d'un "gros dur". Il vit à présent à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne), où il élève, avec sa compagne, leurs deux filles, âgées de 4 ans et 15 mois. Le prédicateur de la haine que dépeignent ses adversaires est aussi un bon père de famille. Visage poupin, pantalon baggy et casquette vissée sur la tête, on lui donnerait presque l'âge de fréquenter encore les cours de récréation. Alors qu'il les a désertées dès la troisième. Pour "bouger" . Et apprendre. "C'est un mec curieux de tout, qui s'intéresse à plein de choses, avec qui on peut discuter aussi bien de l'actualité politique que des rapports Nord-Sud" , dit Olivier Besancenot. Le porte-parole de la LCR a fait la connaissance du rappeur par l'intermédiaire d'un ami commun. Sur l'album de Monsieur R., il fait une introduction parlée à la reprise du fameux Antisocial , lancé en 1980 par le groupe Trust.

    "Hardcore" et politique, Monsieur R. cultive le mélange des genres. Dès son premier album solo, Au commencement , paru en 1997, il affiche ses choix : sur la pochette figure un logo "Certifié contre le Front national" . C'est aussi lui qui, un an plus tard, réunira une bonne partie de la scène rap nationale (Assassins, Akhenaton, Diams, etc.) autour de Sachons dire non , une compilation contre l'extrême droite, qui dirigeait alors plusieurs municipalités du sud de la France. Avec Politikment Incorrekt , le quatrième disque sorti sous son nom, Monsieur R. met en texte les discriminations auxquelles se heurtent ses "cousins" . L'album a mûri plus de deux ans, à la suite d'un premier voyage à New York, en 2002. A son arrivée, les douaniers étaient intrigués par son passeport belge. "Ils m'ont demandé de chanter La Brabançonne, je n'en connaissais pas un mot, ni même l'air." Alors il a fredonné La Marseillaise. Il découvre une ville où le métissage a droit de cité, "un pays où des gens de couleur peuvent occuper des postes qu'on n'imagine pas possibles ici" . Il n'en revient pas de voir des journaux télévisés présentés par des Noirs. " Quand je regarde la dernière campagne d'affichage de France 2, avec tous ses présentateurs vedettes ! Ils ne se sont pas rendu compte qu'il manquait quelque chose sur la photo, que ce n'est pas la France d'aujourd'hui ?"

    C'est cette négation que Monsieur R. juge insupportable, redoutant qu'elle ne nourrisse les frustrations. "C'est une bombe qui risque un jour d'exploser. Je ne veux pas qu'on en arrive là." Il fait partie de l'association Devoir de mémoire : "Parce que la France a des obligations vis-à-vis de ceux qu'elle a humiliés, déportés, exploités. Ne pas en parler, c'est continuer à nier une partie de notre identité. Quand la France aura réussi à assumer son passé et comprendra que sa richesse est sa diversité, le modèle français pourra devenir un exemple." Le discours paraît à mille lieux du "racisme antifrançais" et de l'"incitation à la haine" contre lesquels un appel a été lancé sur Internet. C'était fin juillet, sur le site d'un Mouvement civique militant, tendance extrême droite, se présentant comme "une fédération de jeunes patriotes" . Saisi de plusieurs plaintes, le ministre de la justice a, pour sa part, diligenté une enquête afin de s'assurer qu'il y avait matière à engager des poursuites contre Monsieur R.
    © Le Monde

    LE MRAX REGRETTE LA DÉCISION D'ARENA CONCERNANT LE VOILE À L'ÉCOLE (Belgique)
    27/8/2005 - Le MRAX (Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie) a regretté hier la décision de la ministre de l'Education de la Communauté française, Marie Arena, qui a approuvé jeudi les modifications des règlements d'ordre intérieur des Athénées royaux de Gilly et Vauban (Charleroi) qui visent notamment à interdire les couvre-chefs et tous signes religieux ou politiques ostentatoires. Pour le Mouvement, la ministre saborde ainsi son ambitieux contrat pour l'école quelques heures à peine avant la rentrée scolaire. En effet, dit le MRAX, comment concilier une telle attitude face à plusieurs priorités essentielles exprimées dans ce contrat comme la volonté de favoriser la mixité sociale et culturelle et le renforcement du dialogue école-famille. Le MRAX regrette aussi l'affirmation de la ministre selon laquelle le débat sur le port du voile doit être mené à l'extérieur de l'école. Il est d'avis que par sa décision elle "sacrifie l'avenir de jeunes personnes" et qu'elle risque contribuer à creuser un dangereux fossé entre deux groupes de citoyens.
    © RTL

    LE LEADER DU VLAAMS BELANG, RACISTE MAIS PAS ANTISÉMITE (Belgique)
    29/8/2005 - Le quotidien progressiste belge De Morgen rapporte des extraits de la tribune écrite par Philip Dewinter, leader du parti belge flamand d'extrême droite Vlaams Belang, dans les colonnes du journal israélien Ha'Aretz. "Dewinter y fait l'apologie des collaborateurs, 'qui n'étaient pas tous radicalement antisémites. A cette époque, c'était un choix logique, compte tenu de l'Eglise et des communistes. Mais ça n'a aucun rapport avec le nazisme', d'après le dirigeant flamand."

    "Dewinter propage aussi sa croyance dans le choc des civilisations. Il déplore qu'on ne puisse parler du Leitkultur occidental sans être taxé de racisme et déclare ne pas croire à un islam modéré. Car 'chaque grande ville européenne ressemble de plus en plus à Casablanca ou à Marrakech'."

    Mais, si les musulmans doivent s'intégrer et s'assimiler, selon Philip Dewinter, il n'en va pas de même pour les juifs orthodoxes. "Les juifs ne dérangent personne. Ce sont de bons citoyens. Nous pouvons voir qu'ils n'ont pas de traditions étranges, ils ne sont pas opposés à notre manière de vivre. Et c'est la grande différence : les musulmans sont opposés à notre culture", assure le dirigeant d'extrême droite dans le quotidien israélien.
    © Courrier International

    UN TOURNOI DE FOOTBALL POUR COMBATTRE LE RACISME (Belgique)
    27/8/2005 - Un tournoi de football contre le racisme a rassemblé aujourd'hui 48 équipes de préminimes âgés de huit et dix ans dans le stade communal de Saint-Josse-ten-Noode. Aimé Antheunis, le sélectionneur national, a assisté aux matches en tant que parrain. Le tournoi a été convoqué dans le cadre de la campagne "Carte rouge contre le racisme et la discrimination", une initiative commune de la Ligue belge de foot, de la Cocof et du Centre pour égalité des chances et de lutte contre le racisme.

    La Cocof a investi 10.000 euros dans l'organisation du tournoi à l'occasion duquel la plupart des clubs de foot de la Région bruxelloise ont signé une charte pour la tolérance rédigée par les trois initiateurs de la campagne. Cette dernière a été imaginée à la suite des protestations exprimées en raison d'un match qui a opposé les jeunes du Macabi contre les joueurs du FC Haren en octobre 2004. Lors de la rencontre sportive et même à l'issue de cette dernière, les jeunes du FC Haren avaient entonné des chants antisémites et fascistes, ce qui avait provoqué l'indignation générale.
    © RTL

    UN SUPPORTER HOMOPHOBE ARRETÉ (R.Uni)
    26/8/2005 - Un supporter de football a été arrêté pour avoir crié des insultes homophobes lors d'un match. La police a affirmé qu'un seul homme était impliqué dans cet incident, qui a eu lieu lors d'un match opposant l'équipe de Brighton à celle de Hull. Les footballeurs de Brighton doivent souvent subir des insultes homophobes à cause de la réputation de la ville comme "capitale" gay du Royaume-Uni. Après avoir lutté contre le racisme dans les années 80, l'Association de Football tente aujourd'hui de supprimer l'homophobie dans le football et vise notamment les chants et les insultes homophobes, malheureusement trop fréquents lors des matchs.
    © Tetu

    OBSERVATOIRE NATIONAL DES DROITS DE L'HOMME, DEUX ANS DÉJÀ (Afrique)
    29/8/2005 - L'Observatoire national des droits de l'homme (Ondh), a célébré ses deux années d'existence, le samedi 27 août 2005, dans la salle de conférences du ministère des Affaires étrangères. Dans un discours-bilan, le président de cette institution, a dégagé les réalisations ainsi que les difficultés rencontrées par l'Ondh depuis son avènement en 2003 jusqu'à ce jour. Dans son adresse de circonstance, le numéro un de l'Ondh, Michel Innocent Mpinga Tshibasu, a, de prime abord, fait remarquer que son institution «totalise deux ans d'une pénible et périlleuse existence. Car né et évoluant dans un pays en période post conflit, il se trouve confronté aux divers groupes à intérêts politiques bien divergents, les uns s'inscrivant dans l'évolution du pays vers un véritable Etat de droit et les autres préférant le statu quo ». Parlant de la création de l'Ondh, Innocent Mpinga Tshibasu a indiqué qu'elle avait été caractérisé par le contexte de guerre avec sa cohorte de crimes et violations graves des droits de l'homme et le souci de rétablir une paix durable au pays. C'est cela qui a milité en faveur de la mise sur pied de cette institution citoyenne.

    ACTIVITES DE MISE EN ŒUVRE DE L'ONDH

    Avec le concours du Pnud, l'Ondh a organisé, en septembre 2003, un atelier de validation de l'avant- projet de texte de sa loi organique. Son programme a été focalisé sur la création d'un environnement propice à l'éclosion et l'épanouissement d'une culture des droits de l'homme en amont, a dit l'orateur. Ce programme s'est penché aussi sur la lutte contre l'impunité en aval, laquelle requiert l'examen des plaintes individuelles ou collectives et des actions en justice au nom des victimes de violations des droits de l'homme, pour obtenir réparation en leur faveur. L'accompagnement du processus électoral a été également parmi les axes majeurs de ce programme. Surtout qu'il fait appel à la promotion et à la protection des libertés publiques avant, pendant et après le scrutin et la lutte contre le racisme, la xénophobie, l'intolérance politique et la haine tribale.

    ACTIVITES DES DROITS DE L'HOMME

    Parmi les activités menées, l'Ondh, avec l'appui financier du Bureau du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme en Rdc, a organisé, en mai 2004, des campagnes de sensibilisation et d'information des autorités et responsables des institutions et services publics de l'Etat sur l'impératif du respect des droits de l'homme à Kinshasa et ensuite en provinces. Dans le même registre, il y a eu analyse, avis et recommandations (faits par l'Ondh) sur les questions des droits de l'homme et ce, avant d'analyser et d'examiner les plaintes individuelles et collectives et des dossiers en saisine d'office. En outre, il sied de signaler aussi les visites d'inspection de prisons et autres lieux de détention effectuées par l'Ondh, ainsi que les activités de renforcement des capacités réalisées.

    DIFFICULTES EPROUVEES

    Dans le cadre de sa mise en oeuvre, le président de l'Ondh a indiqué que son institution a été butée aux difficultés d'ordre structurel et financier. Au plan structurel, la loi organique a connu un retard dans sa promulgation et au niveau financier, la modicité des frais de fonctionnement n'a pas permis à l'observatoire de travailler convenablement, a-t-il précisé. Désormais, l'Ondh se décide d'accompagner le processus électoral pour montrer l'importance qu'il attache à l'organisation des élections comme aboutissement de la transition en Rdc, a souligné le bâtonnier Mpinga Tshibasu qui, avant de conclure son discours, a fait savoir que conformément au Forum national organisé en octobre 2004, il a été démontré que le bilan des droits de l'homme en Rdc est fort négatif. De nos jours, comme hier, l'on est encore en droit de dire que cette situation demeure préoccupante, a-t-il ajouté. Pour pallier ce problème, il a sollicité la création d'une institution des droits de l'homme en Rdc après la transition. Le directeur du bureau du Haut commissariat des Nations Unies en Rdc, a félicité l'Ondh pour avoir abattu du bon travail, en dépit de maigres moyens mis à sa disposition. Pour lui, le concours de tous les Congolais est la meilleure façon de promouvoir et de protéger les droits de l'homme au pays.

    DROITS DE L'HOMME, UNE AFFAIRE DE TOUS

    Pour sa part, le représentant du Pnud a indiqué que l'Ondh est une institution sérieuse, transparente et indépendante du pouvoir public. Pour combattre l'impunité qui sévit au quotidien en Rdc, le bâtonnier Mpinga Tshibasu a invité l'Ondh a définir clairement sa vision stratégique et à convaincre l'opinion sur la pertinence de son existence. Dernier à prendre la parole, le Secrétaire général des Droits humains représentant la ministre a félicité et encouragé le bureau de l'Ondh à poursuivre le combat pénible, mais noble qu'il a engagé pour le triomphe du respect des droits de l'homme en Rdc. En définitive, il a demandé à chaque Congolais d'apporter sa contribution à la consolidation de la culture des droits de l'homme en République démocratique du Congo. Par ailleurs, il sied de noter que l'ouvrage portant « Rapport sur la situation générale des droits de l'homme en Rdc, a été présenté et distribué aux invités par le 1er vice-président de l'Ondh.
    © All Africa

    RUGBY: LE CAPITAINE DES SPRINGBOKS ACCUSÉ DE RACISME (Afrique du Sud)
    30/8/2005 - La Fédération sud-africaine de rugby annonce l'ouverture d'une enquête sur des accusations de racisme lancées contre le capitaine des Springboks, John Smit. "La Fédération sud-africaine a reçu une plainte de M. Allan Teli, un ressortissant australien, qui affirme que le capitaine des Springboks, John Smit, a proféré contre lui des insultes racistes dans un bar où travaille M. Teli", écrit la Fédération dans un communiqué. "Compte tenu de la gravité de ces affirmations, nous menons l'enquête nécessaire pour tenter d'aller au coeur de l'affaire." Selon le quotidien australien The Daily Telegraph, l'incident aurait eu lieu alors que les Springboks faisaient escale à Sydney après avoir joué et perdu leur dernier match du Tri-Nations en Nouvelle Zélande, le week-end dernier. Toujours selon le quotidien australien, Allan Teli aurait demandé à John Smit, qui était ivre, de quitter un bar de Kings Cross, quartier "chaud" de Sydney où il travaille comme vigile. Smit aurait refusé d'obtempérer et insulté le vigile d'origine samoane avant que ses coéquipiers ne l'entraînent.
    © Libération

    LA RUSSIE VUE PAR LA PRESSE DE LA CEI ET DES PAYS BALTES
    26/8/2005 - Opinions & analyses

    ESTONIE

    L'interview de Mailis Reps, ministre estonienne de l'Éducation et de la Science, dans laquelle elle s'est permis de faire l'éloge du système d'enseignement dans la république russe de Marii-El, a provoqué un tollé dans la presse. "Soit la ministre de l'Éducation n'est pas très intelligente, soit elle redoute tant la Russie, à cause de l'accord passé avec le parti au pouvoir (le Parti centriste d'Estonie et Russie unie ont conclu un accord de coopération, NDLR), qu'elle ne se gêne pas d'approuver la répression du peuple mari" (Delfi, 18.08). Le dossier publié par l'ONG russe Bureau pour les droits de l'homme de Moscou, intitulé "Racisme, xénophobie, discrimination ethnique et antisémitisme en Russie", a fourni encore un prétexte à la propagande antirusse. "L'avènement au pouvoir de Vladimir Poutine a favorisé la montée de la xénophobie en Russie" (Eesti Päevaleht, 17.08).

    Les médias supposent que le Kremlin se sert des nationalistes pour éviter une révolution "orange" en Russie. "L'indulgence des autorités vis-à-vis des groupements radicaux ne peut être interprétée que comme l'intention de s'en servir à leurs fins. En brandissant la menace de la +peste brune+, l'élite dirigeante qui redoute des révolutions +oranges+ veut garantir son avenir: regardez ce qui peut se passer si vous n'allez pas voter pour nous" (SL Õhtuleht, 17.08).

    L'anniversaire de la crise financière de 1998 en Russie a relancé le débat sur l'éventualité d'un nouveau défaut de paiement. "Le fonds de stabilisation risque de ne pas tenir, et de l'argent libre alimentera l'économie" (Delfi, 18.08). S'agissant de l'achat par Gazprom des actifs de Sibneft, la presse se réfère à l'avis des analystes britanniques. "Si Sibneft a été vendu à vil prix sous Boris Eltsine, le Kremlin rachète la compagnie à un prix exorbitant sous Vladimir Poutine. L'histoire se répète. Finalement, Roman Abramovitch s'enrichira, et la Russie perdra de l'argent qui pourrait financer des écoles et des hôpitaux" (Delfi, 23.08).

    LETTONIE

    L'anniversaire du pacte Molotov-Ribbentrop a suscité dans la presse une montée revanchiste. "Le gouvernement letton doit exiger de la Russie des indemnités pour ceux que le servage a rendus handicapés et transformés en malades incurables" (Latvijas Avize, 23.08). Les journaux russophones avancent quant à eux des arguments rejetant les réclamations financières vis-à-vis de la Russie. "Les +occupants+ russes non seulement n'ont rien emporté de précieux, mais ils ont investi dans la Lettonie plus que dans leur propre économie" (Bizness&Baltija, 18.08).

    L'aggravation des relations russo-polonaises et la proclamation par la Lituanie, la Pologne, l'Ukraine et la Géorgie d'une nouvelle alliance, la Communauté du choix démocratique, augurent l'extension de la ceinture d'États hostiles à la Russie. "La radicalisation de la politique antirusse de la Pologne a aidé Washington à créer une ceinture d'États complètement hostiles à la Russie qui la sépare de l'Union européenne. On dit même que la Finlande pourrait la rejoindre. Et si la CDU remporte les législatives en Allemagne, et qu'Angela Merkel devient la chancelière fédérale, les positions américaines seront garanties en Europe pour au moins les cinq prochaines années" (Vesti-Segodnia, 19.08).

    "L'alliance entre l'Ukraine, la Pologne, la Géorgie et la Lituanie à laquelle pourraient se joindre la Moldavie, la Lettonie et l'Estonie isolera la Russie de son principal partenaire commercial, l'Union européenne. Les pays de la Communauté du choix démocratique décideront combien ils prendront à Moscou pour le transit de gaz, de pétrole et d'autres produits" (Telegraf, 22.08). La déclaration d'un représentant anonyme de l'administration du président russe qui n'excluait pas de sanctions économiques contre la Lettonie a suscité une vague de répercussions négatives. "Cette attitude concerne non seulement la Lettonie, mais aussi l'Union européenne, car toute sanction contre notre pays touche l'ensemble de l'Union" (Telegraf, 19.08).

    LITUANIE

    Selon les médias, le sommet des dirigeants lituanien, polonais, ukrainien et géorgien qui s'est déroulé en Crimée ne visait pas la Russie et n'était pas centré sur le "dossier biélorusse". "Nos aspirations communes ne visent pas la Russie. Nous sommes en effet amenés à rechercher un compromis sans toutefois trahir nos principes. C'est ainsi que le conflit avec la Biélorussie peut être réglé" (Verslo Zinios, 22.08).

    La presse soulève à nouveau le dédain de l'administration russe vis-à-vis de la Lituanie. "Depuis 15 ans qu'elle est indépendante, les leaders de pratiquement tous les grands pays du monde se sont rendus en Lituanie, certains même à plusieurs reprises, alors que le dirigeant de son voisin le plus proche, la Russie, n'a jamais visité notre pays" (Kauno Diena, 22.08).

    UKRAINE

    Le sommet qui a réuni en Crimée les présidents ukrainien, géorgien, lituanien et polonais constitue, selon la presse, un pas de plus vers la mise en place d'un axe antirusse Baltique-mer Noire-Caspienne. "L'idée des présidents ukrainien et géorgien de créer +une CEI de rechange sans la Russie+ est en cours de mise en œuvre. La nouvelle structure reçoit la forme, dangereuse pour Moscou, d'un +cordon sanitaire+" (ProUA, 19.08). La déclaration du ministre ukrainien de l'Économie, Sergueï Teriokhine, annonçant le refus de Kiev de faire partie de l'Espace économique uni (EEU), aux côtés de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan, a suscité un grand retentissement dans les médias. L'impossibilité pour Moscou de s'affirmer dans le cadre de l'EEU, conduit invariablement au renforcement des pressions russes sur Kiev. "La Russie veut obtenir rapidement une réponse précise de l'Ukraine: à savoir fait-elle ou non partie de l'EEU. Elle pourrait alors en toute conscience fermer son marché pour nos produits et relever fortement les tarifs du gaz et du combustible nucléaire" (Segodnia, 22.08).

    La réaction "corrigée" des hauts responsables ukrainiens qui a suivi la déclaration de Sergueï Teriokhine a permis à la presse d'évoquer le désir de Kiev, conscient de sa dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou, de "rester entre deux chaises", russe et européenne. "Kiev n'est pas encore prêt à passer à un dialogue sérieux avec Moscou, dialogue qui serait inévitable si l'Ukraine renonce à faire partie de l'EEU" (ProUA, 22.08). Les médias supposent que la déclaration du ministre serait une nouvelle démarche populiste de Kiev qui tente d'arracher des conditions acceptables d'adhésion à l'EEU. "L'EEU est un projet ambigu pour l'Ukraine: d'une part, il promet des avantages économiques évidents, d'autre part il impose des engagements politiques" (Korrespondent.net, 23.08). La thèse de la crise du pouvoir russe à la veille de la présidentielle de 2008 est de retour dans le paysage médiatique. "La gestion de ce pays ne cesse de se dégrader, ce qui est lourd de conséquences imprévisibles. Avec la politique d'abandon du dialogue avec la société, elle peut avoir des conséquences encore plus explosives dont la nature ne sera guère démocratique ou libérale" (Glavred, 23.08).

    MOLDAVIE

    La décision de l'Union Européenne de suspendre son élargissement pourrait profiter à la Russie, selon les experts européens. "La Russie dispose d'un temps de répit pour proposer de nouveaux projets à ses voisins. Mais elle doit renoncer à son comportement agressif et contre-productif à l'égard de ses "proches voisins" ("Moldova Suverana", 17.08). Les médias informent le lecteur moldave de la conférence des États démocratiques riverains des mers Baltique, Noire et Caspienne prévue pour l'automne. "L'objectif principal du "sommet des démocraties" est d'étendre les révolutions oranges aux pays voisins. Selon les experts, la Géorgie et l'Ukraine joueront un rôle clé dans la réalisation des projets occidentaux de renversement des régimes "non oranges" dans la CEI en mettant l'accent sur la Russie et le Kazakhstan" (PRESS-obozrenie, 18.08).

    Les relations tendues russo-polonaises sont toujours au centre de l'attention des journalistes. "Les attaques contre des ressortissants polonais à Moscou sont une tentative de M.Poutine pour influer sur l'Union Européenne. Il veut ainsi montrer à l'Occident qu'il vaut mieux ne pas s'ingérer dans les affaires de la Russie" (PRESS-obozrenie, 18.08). La prochaine acquisition de Sibneft par Gazprom sera la plus grande fusion en Russie, selon les médias. "M.Poutine renforce le contrôle du secteur énergétique russe en créant des sociétés contrôlées par l'État assez grandes pour rivaliser avec les sociétés occidentales Exxon Mobil et BP" (PRESS-obozrenie, 18.08).

    ARMENIE

    La presse arménienne considère les contacts au sommet plus fréquents entre l'Arménie et la Géorgie comme une preuve attestant que Mikhaïl Saakachvili cherche à persuader Robert Kotcharian de se tourner vers l'Occident. Les experts font des conjectures sur le scénario arménien de "révolution de velours". L'Arménie, qui héberge les bases militaires russes, brouille les cartes de l'Occident au Caucase du Sud... On a l'impression qu'il s'agit d'une bataille pour le contrôle du dernier bastion de l'influence russe dans la région... Il n'y a pas d'autre Saakachvili en Arménie. Et Robert Kotcharian comprend que l'Occident préfère le transformer en Saakachvili que de rechercher un leader charismatique parmi les leaders médiocres, voire inadéquats de l'opposition arménienne aux idées archaïques" ("Ayastani Anrapetutyun", 23.08). Toutefois le président arménien Robert Kotcharian rejette catégoriquement cette interprétation de la situation. "S'il y a des divergences, il faut essayer de les atténuer et les relations actuelles pourraient être très utiles dans ce domaine" ("Ayastani Anrapetutyun", 23.08).

    GEORGIE

    Les médias géorgiens se montrent de plus en plus critiques vis-à-vis des forces russes de maintien de la paix. "On ne voit pratiquement pas de différence juridique entre les opérations militaires des soldats de la paix sur le territoire géorgien et une occupation banale de la Géorgie" (Abkhazia Info, 19.08). La Russie est accusée d'envenimer le conflit abkhazo-géorgien. "La Russie s'intéresse au Caucase dans la mesure où elle ne souhaite pas l'arrivée de l'Occident dans cette région. La meilleure solution sera alors de provoquer un conflit (au Caucase) et on voit déjà un prétexte potentiel, parce que la propagande anti-géorgienne porte ses fruits" ("Rezonansi", 19.08).

    Les experts et les journalistes sont hostiles à un éventuel règlement musclé du problème abkhaz par les autorités géorgiennes. "On pouvait faire la guerre il y a cinq ans. A présent, c'est impossible car tous les habitants de l'Abkhazie ont déjà la citoyenneté russe... Tous les systèmes - économique, social, bancaire - sont liés avec la Russie. Quant aux Russes, leur Constitution stipule que la Russie défendra ses citoyens dans n'importe quel point du globe. Dans ce cas-là, nous n'aurons pas d'arguments plausibles à leur opposer" ("Sakartvelos respublica", 17.08). La visite non officielle du président Mikhaïl Saakachvili en Arménie a provoqué de vives discussions dans les médias portant sur le "danger" que la décision du partenaire traditionnel russe de se tourner vers la Géorgie présentait pour la Russie. "A l'heure actuelle, l'Arménie est le seul allié de la Russie au Caucase du Sud. Si la Russie perd son soutien, elle ne pourra plus imposer sa politique aux pays sud-caucasiens" ("Rezonansi", 20.08).

    AZERBAÏDJAN

    L'expulsion massive de ressortissants azerbaïdjanais de Kazan a provoqué une large campagne anti-russe dans les médias. "Les expulsés racontent avoir été retenus pendant trois ou quatre mois dans des camps d'immigrés clandestins. Beaucoup d'entre eux ont été torturés". ("Miroir", 18.08).

    La presse suit de près les relations entre l'establishment politique russe tant avec l'élite au pouvoir qu'avec l'opposition. "Les estimations pessimistes des experts russes vis-à-vis de l'avenir des autorités actuelles en Azerbaïdjan témoignent de l'inquiétude croissante de Moscou vis-à-vis des élections législatives prévues pour novembre. Préoccupés par les appels des Etats-Unis pour la tenue d'élections justes et libres, les milieux politiques russes sont en consultation avec l'équipe d'Ilkham Aliev (président azerbaïdjanais - ndlr) afin de prévenir une révolution. Parallèlement, la Russie craint d'essuyer une défaite écrasante en Azerbaïdjan, comme cela a été le cas en Ukraine. ("Yeni Musavat", 19.08).

    Certains médias ont considéré que l'adhésion de l'Azerbaïdjan au bloc d'Etats "Choix démocratique" ne correspondait pas aux intérêts de l'Azerbaïdjan. "Il est clair que cette coalition est purement anti-russe... Aujourd'hui, les pays baltes, qui exigent de la Russie une compensation pour les années "d'occupation soviétique" forment une même équipe avec les Géorgiens et les Ukrainiens "de velours". Ces derniers s'apprêtent, par le biais de révolutions, à mettre au pouvoir dans tous les pays de l'ex- URSS, des gouvernements pro-occidentaux qui sont bien loin de penser à l'équilibre des forces dans la politique extérieure. ("Miroir", 19.08).

    KAZAKHSTAN

    Les exercices militaires russo-chinois Mission de paix - 2005 révèlent au monde entier et en premier lieu aux Etats-Unis l'existence d'une nouvelle alliance militaire dans le cadre de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS). La presse indique que la Chine occupe au sein de l'alliance la position de leader. Affaiblie, la Russie se doit de manœuvrer entre la Chine et les Etats-Unis. "Un rapprochement militaire aussi étroit entre les deux pays irrite bien entendu les Etats-Unis, qui suivent de près les processus enclenchés au sein de l'OCS. Cependant, malgré un rapprochement actif entre Moscou et Pékin, il est prématuré de conclure que les géants mondiaux se sont déjà partagé les zones d'intérêt et d'influence. Ces derniers temps, la Chine prétend jouer un rôle majeur au sein de cette alliance. Elle est déjà capable de concurrencer la Russie dans la Région Asie-Pacifique" ("Liter.kz, 18.08).

    La presse continue de critiquer l'Alliance russe, qui a si expressément soutenu le président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, dans le cadre des préparatifs des "élections présidentielles non déclarées". "A quoi bon, pourquoi des élections anticipées ? Peut-être, les auteurs de cette initiative ont appris que le président était malade ou bien qu'il souhaitait quitter son poste pour des raisons personnelles ?.. L'entente nationale sera toujours présente au Kazakhstan à moins que les politiciens n'essaient de jouer la "carte nationale" ou "russe", notamment ici, pour parvenir à leurs propres fins" ("Navigator-II, 18.08).

    KIRGHIZISTAN Dans le contexte de l'attitude réservée des dirigeants kirghizes quant au dilemme russo-américain, la question de la rivalité entre Moscou et Washington dans la région centrasiatique a pris une acuité particulière dans les médias. "Les exercices se présentent vraiment comme une action conjointe russo-chinoise visant à s'opposer à un monde unipolaire... Washington préfère ne point accorder d'attention à l'opinion de la Russie. Une telle démonstration de sa force et un tel partenariat pourraient, pour une rare fois, permettre à la Russie de faire entendre son point de vue auprès des Etats-Unis" (Gazeta.KG, 18.08).

    Certains médias préviennent le Kremlin qu'il est nécessaire de faire preuve de responsabilité politique pour élaborer une bonne stratégie relative au volet oriental de sa politique extérieure. "Le futur essor du Celeste Empire et son accession au titre de superpuissance, crée une situation inédite dans le monde, en premier lieu, bien entendu, pour ses pays voisins... Si Moscou établit des contacts avec les géants orientaux en plein essor en ayant toujours en tête la réaction de ses partenaires occidentaux (afin de les "taquiner" ou de renforcer ses positions au cours de tels ou tels pourparlers), il risquera de perdre sur les deux tableaux" (Gazeta.KG, 18.08).

    La presse exprime des inquiétudes vis-à-vis d'un éventuel refroidissement des relations avec Moscou. "Après avoir entendu les sommes fascinantes que les Etats-Unis envisagent d'accorder dans le cadre de l'aide humanitaire et mentionnées par le ministre américain de la Défense, Donald Rumsfeld, la partie kirghize a eu une brusque "illumination". Cependant, personne n'a en mémoire le fait que près d'un million de nos compatriotes habitent et travaillent en Russie et envoient annuellement au Kirghizistan de 350 à 400 millions de dollars. Ces sommes dépassent de loin celles qu'a promises Donald Rumsfeld" ("Kyrgyz Rukhu", 23.08).

    OUZBEKISTAN

    La thèse du désir de Moscou de s'assurer le soutien de Pékin face à l'influence grandissante des Etats-Unis en Asie Centrale est toujours omniprésente dans les médias. "L'objectif de la Fédération de Russie est de montrer aux Américains que, contre leur force "monopolaire", il peut bien se trouver une autre force "multipolaire" (et plus précisément, "bipolaire") et de contraindre ainsi Washington à un dialogue plus respectueux, voire même sur un pied d'égalité avec Moscou" ("TRIBUNE-uz, 18.08).

    Plusieurs médias mettent en garde la Russie contre le risque de devenir un simple pion dans le jeu politique des Etats-Unis et de la Chine. "A l'heure actuelle, toute la région d'Asie Centrale représente en quelque sorte un champ de batailles politiques. Quant à la Chine, elle a besoin de participer à ces batailles pour s'affirmer comme grande puissance dans son face-à-face avec les Etats-Unis... La Chine s'efforce de s'implanter en Asie Centrale. La Chine a emprunté aux Etats-Unis leur tactique d'occupation souple d'autres pays. La Russie est en train de jouer un rôle auxiliaire pour la Chine... Tout porte à croire que le "Grand Jeu" ne sera pas mené par des méthodes militaires, mais plutôt par des moyens politiques et économiques, alors que la victoire reviendra incontestablement à la Chine" ("Moussoulmanski Ouzbékistan", 22.08).

    Certains médias espèrent une participation plus active de Moscou à la démocratisation de l'Ouzbékistan. "Le leader du mouvement des émigrés pour une vie digne et pour leurs droits tant dans le pays d'accueil que dans leur pays d'origine pourrait devenir à l'avenir le chef d'un parti politique, et même la locomotive de tout le processus de transformations radicales en Ouzbékistan... Il y a longtemps déjà que le peuple ouzbek attend une allusion de la part de la Russie pour laquelle il éprouve toujours énormément d'amour et de confiance. Mieux, il n'envisage son avenir radieux que dans l'alliance stratégique et la coopération avec la Russie" ("Uzland-uz, 18.08).

    TADJIKISTAN

    La presse cite beaucoup la déclaration de l'ambassadeur des Etats-Unis au Tadjikistan, Richard Hoagland, empreinte de rhétorique anti-russe. Or, les médias tadjiks s'abstiennent de la commenter. "Les Etats-Unis croient en les hommes, alors que la Russie ne croît qu'aux systèmes en place. Aussi, les "siloviki" (représentants des structures de force) essaient-ils par tous les moyens de lancer un nouveau grand jeu dans la région... La Russie se sert des immigrés tadjiks pour dominer au Tadjikistan" ("Avesta", 20.08).

    Les médias estiment que la déclaration Géorgie-Ukraine sur la création dans la région de la Baltique, de la mer Noire et de la Caspienne d'une sorte de communauté d'Etats démocratiques ne restera finalement qu'une simple déclaration publique. "Dans toute organisation, il faut des mécanismes, des ressources et des hommes, mais ici tout cela fait défaut... Les déclarations de Mikhaïl Saakachvili et de Viktor Youchtchenko ne pourraient avoir de l'effet que si la Russie y accordait trop d'attention et se mettait, par la bouche de ses politiques, à les critiquer énergiquement" ("Azia-plus", 18.08).
    © Ria Novosti

    QUAND LE PATRIOTISME SE NOIE DANS LE DÉSESPOIR (France)
    Par D. MANÉ

    23/08/2005 - L'épopée des Tirailleurs sénégalais couvre au moins un siècle et demi. Elle a été marquée par des faits qui n'honorent pas la Métropole. Des drames que l'histoire refuse de taire.

    La volonté d'humiliation ou la réduction du soldat africain à un rang inférieur a toujours été manifeste au sein de l'Armée française. Il est vrai que les Tirailleurs sénégalais sont entrés dans l'Armée française dans un contexte de discrimination et même dans un contexte de racisme certain. Dès l'enrôlement, ils sont moins bien traités que les autres, même dans le port vestimentaire.

    On leur donne une tenue de Tirailleurs avec une chéchia rouge, alors qu'ils pensent qu'il faut être vêtu comme des soldats français, sans distinctions vestimentaires. Mais dans une Armée française encore coloniale, les réflexes psychologiques et certaines pratiques relèvent plus de la colonisation que de l'intérêt national en temps de guerre.

    A cet effet, toute protestation se termine toujours par de la répression ou des menaces de fusillade. Le drame du 1er décembre 1944 à Thiaroye à Dakar en est un exemple patent. En effet, à la fin de la guerre, des Tirailleurs sont massacrés à Thiaroye après avoir été baladés sur la question des primes que leurs camarades français « de souche » ont déjà touchées.

    Une charnière comme le montre le film du cinéaste sénégalais Sembène Ousmane « Thiaroye 44 » qui précipite la fin d'une épopée. Celle des soldats noirs s'étant battus au même titre que les Français de souche pour libérer une patrie qui n'est pas la leur. Des Noirs, qui, au prix de leur sang, ont participé à la libération de l'Europe, notamment de la France. Au front, on leur confie les missions les plus difficiles.

    « On leur confie alors les missions les plus délicates comme la prise d'Hyères et de Gleiis, la Bataille de Toulon », souligne Jacques Frémeaux, professeur à l'université de Nice Sophia-Antipolis.

    Ils sont parfois tout bonnement transformés en chair à canon. Malgré tout, ils avancent sur l'ennemi. Croyant libérer leur patrie. Il n'est pas étonnant que leur bravoure ait été chantée et magnifiée par des officiers français qui les ont côtoyés dans cette entreprise périlleuse et même par certains auteurs ou hommes politiques.

    « Sans son Empire, la France ne serait qu'un pays libéré. Avec son Empire, la France est un pays vainqueur », s'est exclamé Gaston Monnerville, député de Guyane en 1945. Il exprime ainsi sa reconnaissance à l'égard des troupes d'Outre-Mer, comprenant l'Armée d'Afrique et l'Armée coloniale, et plus particulièrement la participation aux combats des troupes indigènes.

    La plus grande injustice ressentie par les Tirailleurs sénégalais est sans conteste la fameuse « cristallisation » de leurs pensions. En effet, les pensions des soldats de pays africains devenus indépendants ont été gelées en 1959 et n'ont été « revalorisées » qu'en 2003. Ainsi, les anciens soldats d'origine africaine ne touchent pas les mêmes pensions que leurs camarades français.

    Une cristallisation née de la décision prise par l'Assembléenationale française, à travers la loi de 1959, pour empêcher l'Etat français de payer à ces soldats des pensions normales. Elle les transforme en indemnités viagères. Cette loi prétend que les Tirailleurs, désormais ressortissants de pays indépendants en 1960, ne peuvent plus bénéficier d'une pension française. Or, à l'époque, ils se battaient en tant que Français.

    La France a enfin revalorisé la pension d'ancien combattant de ces soldats, mais celle-ci n'est toujours pas à la hauteur. Pis, elle est revalorisée non pas de manière unanime, mais en tenant compte des différences de niveau de vie dans chaque pays d'Afrique d'aujourd'hui. Le problème, pour les anciens combattants, reste entier.
    © Le Soleil

    UNIVERSITÉ DU FRONT NATIONAL, LE GRAND CHELEM DE L'EXTRÊME-DROITE À BORDEAUX (France)
    24/08/2005 - Le Mouvement des jeunes socialistes de la Gironde souhaiterait rencontrer Hugues Martin, maire de Bordeaux afin de lui remettre le trophée de l'édile le plus bienveillant à l'égard de l'extrême droite.

    Il est difficile de le nier, les forces racistes, xénophobes, sexistes ou homophobes s'enracinent profondément à Bordeaux et cela grâce à la complaisance de la municipalité UMP. Longtemps, la droite républicaine nous a juré ses grands dieux qu'elle ne s'acoquinerait jamais avec l'extrême droite. "Sur le terrain, nos électeurs ne comprennent pas que nous ne passions pas d´accord avec le FN". Cette malheureuse déclaration de Jean-Jacques de Peretti, ancien ministre RPR et proche d´Alain Juppé prononcée lors des élections régionales de 1998 appartenait, nous disait-on, au passé.

    Depuis cette date, de telles proclamations devenues beaucoup plus discrètes ont laissé la place à une collaboration nettement plus étroite. Le symbole de cette pénible alliance entre la mairie de Bordeaux et l'extrême droite est bien sûr l'octroi illégal par la municipalité de l'Eglise St Eloi aux extrémistes de la Fraternité Saint Pie X. Cette église est dirigée par Philippe Laguérie qui établissait dès 1991 que le Front National était « le parti le moins éloigné du droit naturel ». Bien plus proche de nous, le 23 juillet 2005 cette même église était le théâtre d'une messe en hommage à Pétain. Au lieu de la faire interdire, Hugues Martin a envoyé les forces de l'ordre pour assurer la sérénité de la cérémonie après que plusieurs organisations progressistes, dont le MJS, aient prévenu qu'elles manifesteraient.

    Ces signes de sympathie, on le comprend, ont mis à l'aise les activistes d'extrême droite qui trouvent refuge à Bordeaux. Menaces de mort adressées au MJS en juin 2004 par un groupuscule nationaliste, saccage d'une librairie homosexuelle à Bordeaux, passage à tabac d'un militant anti-fasciste en juillet 2004 : l'extrême droite marque son territoire.

    Il manquait à Bordeaux une ligne à son palmarès : celle de ville d'accueil de l'université d'été du FN. Ce week-end, cette mention sera ajoutée au pedigree de notre ville. Le FN n'a que très rarement été accueilli à bras ouverts lorsqu'il désirait tenir ses universités. Maires de droite et de gauche concernés ont cherché à éviter la tenue dans leur ville de cette manifestation. A Bordeaux, Hugues Martin n'a pas bronché. Il mérite d´être récompensé pour cette amabilité et sa contribution active à l´ancrage de l´extrême droite à Bordeaux.

    Le Mouvement des jeunes socialistes de la Gironde a fait graver un trophée à son attention et demande à être reçu pour le lui remettre.
    © MJS33

    LES JEUNES DE LA JMJ CONTRE LE RACISME (Allemagne)
    22/08/2005 - « Plastik gegen Rassismus » : à l’instar de ce qui s’est fait lors de matchs de football (en noir et blanc), des bracelets de plastic ont été portés par les jeunes des JMJ.

    Des milliers de jeunes de la JMJ ont porté ce signe de ralliement multicolore contre le racisme et les journaux allemands en ont été frappés. Les photographes ont demandé aux jeunes de poser, leurs poignets les uns à côté des autres.

    Les slogans comme « Stand up, Speak up » (« Debout, parle ! ») lancés par la fondation Roi Baudouin contre la pauvreté et l’injustice sociale (http://www.kbs-frb.be), ou d’autres inscriptions y sont gravées avec la mention : « XXe Journée mondiale de la jeunesse ». Les bracelets ont rapidement été épuisés.
    © Catholique

    PAN SUR LE NEZ! LE SITE DU PARTI D'EXTRÊME DROITE AUTRICHIEN PIRATÉ
    Le site Internet du FPO s'est fait pirater, a admis ce 22 août, Heinz-Christian Strache, chef du parti d'extrême droite autrichien
    Par Arnaud Dimberton


    22/08/2005 - Heureusement, l'Autriche est plus connue pour ses verts pâturages, ses vaches laitières, l'Apfelstrudel, ses fêtes de la bière, ses pistes de Ski, ses tremplins de saut, le génie de Mozart et la splendeur baroque de Vienne, que pour son parti d'extrême droite. Quoi que...

    Seulement, il s'avère que des "faussaires de gauche", encore eux - comme le dénonce sans preuve à l'appui dans un communiqué, Harald Vilimsky, un responsable du parti - soient à l'origine du piratage fumeux qui a frappé ce matin la page d'ouverture du site Internet du FPO.

    Toute la matinée, les pirates ont diffusé une fausse campagne pour la consommation du cannabis et contre le nazisme. Mais dans ce cas, pourquoi Vilimsky n'évoque-t-il pas la piste de dangereux terroristes, rastas et de surcroît jamaïcains, fraîchement débarqués à l'aéroport d'Innsbruck, dans le seul but de faire la promotion de leur herbe à la vertu soporifique dans les alpages autrichiens. Histoire de détendre un peu l'ambiance et de lutter au passage contre la xénophobie ambiante.

    Quoi qu'il en soit, le FPO ne rigole pas avec son image de marque ! Selon l'AFP, "Le FPO porte plainte contre X à cause de la manipulation du site ce week-end, ce qui est punissable de six mois de prison, peut-on lire sur www.hcstrache.at".

    Heinz-Christian Strache est devenu leader du FPO au printemps lorsque le chef historique du parti, Jorg Haider, a fait scission pour créer un parti recentré et plus présentable, le BZO, qui participe au gouvernement de coalition autrichien avec les conservateurs du chancelier Wolfgang Schussel.
    © Silicon

    LA SUITE DES ATTENTATS, LES GAIS LONDONIENS SONT SUR LE QUI-VIVE
    Évoquant des menaces répétées, quelques leaders gais londoniens réclament une meilleure sécurité pour les lieux de rencontre de la communauté. «Notre communauté pourrait être la prochaine cible.
    Par Sébastien Thibert


    23/08/2005 - Ce n’est pas le moment de se montrer complaisants», a averti l’activiste britannique Peter Tatchell, leader de l’organisation OutRage, très active dans le domaine des droits des personnes LGBT au niveau international.

    Peu après les attentats de Londres, l’évocation de menaces pesant sur la scène gaie londonienne arrive alors qu’OutRage affirme avoir reçu une quantité croissante de messages de haine, certains appelant à l’exécution des responsables de l’organisation en vertu de la «Loi islamique».

    Peter Tatchell s’est même dit personnellement visé par des tentatives de meurtre. Spéculant sur la probabilité de nouveaux actes terroristes dans la capitale britannique au lendemain des attentats du 7 juillet, OutRage pense que des terroristes pourraient s’attaquer à «un bar gai très fréquenté, un restaurant, un club ou un centre associatif», demandant de ce fait que la sécurité soit renforcée dans les quartiers tels que Soho.

    À cette occasion, le groupe rappelle qu’en avril 1999, il avait alerté le public des risques d’attentats contre la communauté gaie à la suite de l’explosion de deux bombes dans des quartiers à forte population arabe et caribéenne. Peu après, un pub gai de Soho avait été l’objet d’un attentat, tuant trois clients et en blessant des dizaines d’autres. Cette campagne meurtrière avait été menée par un jeune néonazi.
    © Fugues

    TERRORISME: UN EXPERT DE L'ONU MET EN GARDE TONY BLAIR CONTRE SES NOUVELLES PROPOSITIONS
    23/08/2005 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture a appelé aujourd'hui le gouvernement britannique à renoncer à son projet d'adopter une nouvelle législation anti-terroriste facilitant notamment l'expulsion des personnes qui appellent à la haine vers leurs pays d'origine avec de simples « garanties diplomatiques » qu'ils ne seront pas torturés.

    « Le fait que de telles garanties soient demandées montre à lui seul que le pays de départ perçoit un risque grave que l'expulsé soit soumis à des tortures ou à des mauvais traitements dans son pays d'arrivée », a souligné Manfred Nowak, Rapporteur spécial de la Commission des droits de l'Homme sur la torture et autres peines ou traitements cruels, dans une déclaration publiée aujourd'hui à Genève.

    « Les garanties diplomatiques ne constituent pas un outil approprié pour éliminer ce risque », a ajouté le Rapporteur spécial.

    « Nous pensons que nous pouvons obtenir les assurances nécessaires des pays vers lesquels ces personnes seront renvoyées, assurances selon lesquelles elles ne seront pas sujettes à la torture ou à de mauvais traitements", avait déclaré Tony Blair, Premier ministre du Royaume-Uni,le 5 août dernier, lors d'une conférence de presse, un mois après les attentats terroristes de Londres.

    Manfred Nowak a par ailleurs invité tous les gouvernements à « ne pas expulser de personnes hors de leurs frontières ou vers leurs pays d'origine où elles pourraient encourir des risques de tortures ou de mauvais traitement ».
    © ONU

    LE BRÉSIL DEMANDE DES COMPTES AU PATRON DE SCOTLAND YARD (Grande Bretagne)
    Bavure de la police britannique : Brasilia envoie deux émissaires
    Londres : de notre correspondant Jacques Duplouich


    23/08/2005 - Le gouvernement brésilien entend élucider les circonstances dans lesquelles Jean-Charles de Menezes, son ressortissant, a été tué, le 22 juillet dernier, à la station de métro de Stockwell, dans le sud londonien. Deux représentants de l'administration de Brasilia sont arrivés à Londres hier pour recueillir les explications de Scotland Yard, responsable de sa mort, et de l'Independent Police Complaint Commission, chargée de tirer au clair cette affaire. Le jeune électricien de 27 ans, suspecté à tort d'être l'un des poseurs de bombes du 21 juillet, avait été abattu sans sommation de sept balles dans la tête par une équipe de policiers en civil, autorisés à «tirer pour tuer».

    Si les autorités brésiliennes veulent faire toute la lumière sur cette affaire, c'est que bien des zones d'ombre l'obscurcissent. Les avocats de la famille de Menezes s'inquiètent même d'une possible «dissimulation» de faits gênants pour «couvrir» les agents responsables d'une effroyable «bavure». Son déroulement, tel qu'il ressort de témoignages recueillis par la commission indépendante et transmis aux médias, est en contradiction avec la version donnée à la presse par sir Ian Blair après le drame, aussi bien sur la tenue de Jean-Charles de Menezes, dont le Yard assure qu'elle le désignait comme un kamikaze potentiel, que sur son comportement. A la tragédie s'ajoute un impair de Scotland Yard qui, peu après le drame, avait offert de dédommager la famille du défunt en lui proposant un chèque de 15 000 livres. «Ce n'est pas une manière élégante et pertinente de régler une affaire aussi malaisée», reconnaît John Prescott, le vice-premier ministre.

    Six mois après son arrivée à la tête de Scotland Yard, sir Ian Blair, 52 ans, est, peut-être, déjà, sur le départ. En tout cas, sa tête est réclamée par une partie du landerneau politique, la presse et les proches de Jean-Charles de Menezes. Ceux-là lui reprochent «des erreurs de jugement» dans l'épisode tragique de la mort du jeune Brésilien et ceux-ci «l'esprit de corps» qui le pousserait à «couvrir» ses subordonnés, quitte à prendre des libertés avec la réalité des faits.

    John Prescott, le vice-premier ministre apporte, officiellement, le soutien du gouvernement au «patron» du Yard. Mais, la situation de sir Ian est pour le moins inconfortable. Déjà, il avait suscité la perplexité, le 7 juillet, en affirmant, deux heures avant les attentats dans le métro, que les services britanniques de lutte contre le terrorisme faisaient «l'envie du monde entier». Ajoutée à cette bourde, la mort de Jean-Charles de Menezes dans des circonstances contestables, a grandement déconsidéré celui qui s'est donné pour mission de «réformer et de moderniser le service» de la police.

    Un brutal revers de fortune alors même que tout dans l'expérience personnelle de sir Ian Blair le désignait comme «le» futur grand policier de ce début du XXIe siècle. Né, en 1953, dans une famille de la petite bourgeoisie du nord-ouest de l'Angleterre, éduqué, d'abord, dans un institut privé du Shropshire, puis à la Harvard High School, de Los Angeles et au Christ Church College, à Oxford, ce licencié ès lettres anglaises qui rêvait d'une carrière dans le théâtre, est entré dans la police, en 1974. De simple agent à Commissionner de la Metropolitan Police, il a gravi, un à un, tous les échelons, occupant les plus hautes fonctions et acquérant du même coup une connaissance exhaustive de «la maison». Chargé de plusieurs grandes enquêtes – la mort de 31 personnes dans l'incendie d'un escalator à la station de métro de King's Cross, en 1987 et la corruption au sein de la police, en 1993 –, il a publié, en 1985, une méthode d'investigation sur les crimes sexuels qui sert de référence.

    Un CV impeccable est indispensable à la tête de Scotland Yard, mais ce n'est pas une assurance tout risque. Parce qu'il s'est imposé l'exigence d'extirper le racisme en vigueur dans la police, sir Ian s'est créé beaucoup d'ennemis. Son projet de réforme d'une institution qui emploie 31 000 personnes avec un budget de 3 milliards de livres (4,4 milliards d'euros) et consiste à inclure davantage d'agents des minorités ethniques lui vaut la charge, à rebours, de racisme anti-Blanc et de dévotion au politiquement correct. Sa lutte impitoyable contre les cocaïnomanes de la middle class ne lui vaut pas non plus que des amis.

    Esprit aiguisé, lettré, policier modernisateur en symbiose avec la société de son temps, sir Ian Blair projetait d'enrayer la criminalité ordinaire en déployant plus d'agents dans les rues. Mais deux vagues de terrorisme et deux bévues monumentales ont terni son aura et miné sa crédibilité.
    © Le Figaro

    LES RUSSES PORTENT UN JUGEMENT NETTEMENT NÉGATIF SUR LES ÉTRANGERS
    23/08/2005 - De l'avis de 42% des personnes interrogées par le Centre national d'étude de l'opinion publique (Vtsiom), les habitants des pays étrangers ne possèdent pas de traits de caractère positifs. Les sociologues estiment que le jugement que la population russe porte sur l'Occident reste toujours dans la plupart des cas fondé sur des stéréotypes historiques plutôt que sur l'expérience personnelle, écrit le quotidien Izvestia.

    Le Vstiom a interrogé 1 600 personnes dans 46 régions du pays en leur proposant d'évaluer et de comparer les principaux traits de caractère du peuple russe et des représentants de la civilisation occidentale.

    Il a été établi que les Russes s'avouent être buveurs et passifs, ce qui ne les empêche pas d'être bons et cordiaux. Le penchant pour la boisson est la principale qualité négative des 43% des personnes interrogées, la passivité et la paresse sont celles de 23% des sondés. La principale qualité positive du caractère russe est la bonté (41%), ainsi que l'honnêteté, la sincérité, la cordialité et la grandeur d'âme (26%).

    Les Occidentaux sont toujours aux yeux des Russes avares (15%), hautains (5%) et égoïstes (10%). Parmi leurs traits positifs, ce sont la capacité de travail, le sens des affaires, la responsabilité, la loyauté, la persévérance et la politesse qui sont cités le plus souvent.

    Le directeur des relations internationales et publiques du Vstiom, Dmitri Pelikanov, estime positif que les Russes s'accusent eux-mêmes de leurs maux comme l'ivrognerie plutôt que d'y voir des "manigances de l'impérialisme mondial". L'avis négatif sur les Occidentaux est dû le plus souvent à l'influence des mythes et stéréotypes entretenus par tradition en Russie au sujet de l'égoïsme du mode de vie occidental plutôt qu'à l'expérience des contacts personnels.

    Le directeur général du Centre des technologies politiques, Igor Bounine, se déclare sûr, quant à lui, que l'attitude négative envers l'Occident a des racines historiques profondes en Russie. "La xénophobie était érigée en politique nationale sous l'Ivan le Terrible et ces stéréotypes se sont avérés très vivaces", estime l'expert.
    © Ria Novosti

    EN SUÈDE, UNE BIBLIOTHÈQUE D'HUMAINS CONTRE LES PRÉJUGÉS
    Une Rom ou une lesbienne «empruntables» pour combattre les clichés.
    Par Olivier TRUC


    23/08/2005 - «On a une lesbienne et un imam en ce moment, qui en veut ?» Devant la bibliothèque municipale de Malmö, dans le sud de la Suède, Ulla Brohed hèle les festivaliers qui déambulent entre concerts et gargotes. La bibliothécaire proposait ce week-end une folle aventure aux passants : rencontrer des catégories d'individus traditionnellement stigmatisés sur lesquels les Suédois entretiennent des monceaux d'idées reçues.

    Fiches clichés.

    «Emprunte un préjugé et débarrasse-t'en», proclame l'affiche. Le catalogue des «vrais gens» que la bibliothèque se propose de «prêter» comme un livre, comporte pêle-mêle un aveugle, un militant du droit des animaux, une musulmane, une Danoise et une journaliste. Des fiches déclinent des listes de clichés, parfois assez désarmants. Pour les Suédois, un imam serait «dogmatique et misogyne», les gens du voyage «paresseux, musiciens et peu dignes de confiance», tandis que le Danois se caractériserait par son «racisme» et son côté «bon vivant, joyeux et gros fumeur».

    Helena Löwgren, une jeune cadre, «emprunte» pour quarante-cinq minutes Aniko, une Rom, la poitrine barrée d'une écharpe bleue où est inscrit «Levande bok» («Livre vivant»). Toutes deux s'asseyent autour d'une petite table. Le tête-à-tête démarre sur un ton un peu emprunté. «C'est bien de pouvoir se débarrasser de ses préjugés, car on en a tous bien sûr.» Aniko l'encourage du regard. Helena se lance : «Les Roms en Suède, c'est un groupe uni ou pas ?»

    «Nous sommes plus de soixante-dix clans avec des dialectes que je ne comprends pas, souligne Aniko, mais nous avons tous deux choses en commun : le respect de l'âme des morts et la propreté, de l'âme et du corps.» Helena prend l'air passionné. «On a toujours entendu que les Roms ne voulaient pas s'intégrer, qu'ils ont leur propre justice.» «C'est vrai, mais on doit aussi respecter la justice suédoise.» Au bout d'une bonne demi-heure, Helena laisse sa place, expliquant sur un ton convenu : «Je voyais les Roms comme des voleurs, vivant à l'écart, avec leurs propres règles. Je comprends maintenant que pour survivre en tant que groupe, il faut des règles internes très strictes. Tant qu'ils ne vont pas à l'encontre de la justice suédoise, je peux l'accepter.»

    Ludvig, le défenseur des animaux, s'adresse à une étudiante en psychologie : «Tu veux me louer ?» Elle acquiesce. «Tout le monde est réservé», lance Ulla Brohed à la cantonade. «On peut toujours essayer de deviner qui est qui», suggère une passante. Un homme s'approche : «Vous avez pas un homme politique ?» «Non, réplique Ulla. Mais cet automne, on poursuivra sûrement l'expérience.» L'homme reste pensif, puis suggère sérieusement : «Et pourquoi pas un Suédois ? Dans mon travail, je rencontre plein d'immigrés qui ne voient jamais de Suédois.»

    Thérapie.

    L'imam et la musulmane sont les plus sollicités. Le fonctionnaire de mosquée, Ayoub Chibli, explique à une interlocutrice qu'elle a le droit de visiter la mosquée, assure que les musulmanes peuvent travailler et que l'éducation plus surveillée des filles n'a rien à voir avec l'islam. Pour Kicki la lesbienne, l'expérience relève de la thérapie. «Je me suis cachée pendant vingt-cinq ans. Je ne sais pas ce que cela me coûtera d'apparaître au grand jour, mais je n'en pouvais plus.» Maria, la journaliste indique à son «emprunteur» qu'elle ne touche pas de prime si elle publie une bonne info...

    En partant, les lecteurs suggèrent de futurs «livres vivants» : un nazi, un criminel, un politicien, un sataniste, une féministe radicale. Et pourquoi pas, ose quelqu'un, «un patron ou quelqu'un de très riche».
    © Libération

    SOIXANTE ANS APRÈS LEUR INTERNEMENT, DES AMÉRICAINS D'ORIGINE JAPONAISE ENFIN DIPLOMÉS (Etats-Unis)
    24/08/2005 - Entre larmes et cris de joie de leurs petits-enfants, 58 Américains d'origine japonaise ont reçu, soixante ans après, les diplômes scolaires dont ils avaient été privés pendant la Seconde guerre mondiale, lorsqu'ils furent internés dans des camps, à cause de leurs origines, celles de l'ennemi nippon.

    "Certains peuvent considérer qu'un diplôme du baccalauréat n'est qu'un bout de papier, mais c'est un symbole pour moi", a lancé Takashi Hoshizaki, qui aurait dû avoir son bac en 1944, mais qui vit sa vie changer du tout au tout lorsqu'il fut interné dans un des camps du Wyoming.

    Après l'attaque sur Pearl Harbor, sur fond de racisme anti-japonais, le gouvernement américain interna, entre 1942 et 1945, plus de 120.000 personnes en raisons de leurs origines. La plupart étaient nés sur le sol américain, les Nisei.

    L'année dernière, une loi a été votée pour permettre à ceux qui furent internés par le gouvernement américain de recevoir les diplômes des écoles dont ils furent chassés. Les enfants étaient scolarisés dans les camps, mais depuis le vote de cette loi, plus de 400 personnes ont reçu leur bac de leur ancien lycée, dont plusieurs à titre posthume.

    Apparaît au grand jour, le sort de toute une communauté qui est longtemps restée dans l'oubli, dans la honte. "Pendant très longtemps, la plupart des Américano-Japonais n'ont pas parlé de leur séjour dans les camps. C'était comme d'avoir été en prison. Vous n'en parliez pas", a expliqué Toshiko Aboishi, 77 ans.

    En 1988, le gouvernement américain a présenté des excuses officielles et offert des compensations aux survivants. Mais ces remises de diplôme permettent aujourd'hui de transmettre cette triste expérience aux jeunes générations.

    Jordan Maldonado, 14 ans, n'a appris ce qu'avait vécu sa grand-tante Harriet Shirakawa Ishibashi qu'après avoir eu vent de ce projet dans son lycée. La jeune fille l'a alors convaincue d'accepter son diplôme et de dévoiler l'histoire de la famille.

    Jordan a ensuite entrepris de retrouver tous les Nisei contraints de quitter le lycée de Fowler pendant la guerre et en a retrouvé 58, dont 14 ont participé aux remises de diplômes cette année. "Ils étaient vraiment reconnaissants de voir quelqu'un prendre du temps pour se rendre compte de ce qu'ils avaient vécu", a-t-elle témoigné.

    Pour Tom Machida, 79 ans, de Sacramento, avoir reçu ce diplôme en juin aura également apporté le sentiment de tourner enfin une page, longtemps attendue. Machida fut interné en Arizona et n'aura pas eu le temps de finir ses études avant de quitter le camp et d'entrer dans l'armée. "Je me rends compte que c'est un geste symbolique, mais ça m'a fait me sentir tellement bien".
    © La Presse Canadienne

    FAIRE DE LA TRAITE NÉGRIÈRE ET DE L'ESCLAVAGE UNE TRAGÉDIE DE L'HUMANITÉ TOUTE ENTIÈRE (UNESCO)
    23 août 2005, Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition
    Message du Directeur général de l’UNESCO Koichiro Matsuura


    23/08/2005 - Par sa Résolution 29 C/40, la Conférence générale de l’UNESCO a proclamé le 23 août de chaque année Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition. Cette date a été choisie en référence à la nuit du 22 au 23 août 1791, alors que commençait à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti et République dominicaine) l’insurrection qui allait jouer un rôle déterminant dans l’abolition de la traite négrière transatlantique et l’émancipation des peuples d’Amérique latine et des Caraïbes.

    La Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition vise à inscrire la traite négrière dans la mémoire de tous les peuples. Conformément aux objectifs du projet interculturel « La route de l’esclave », elle nous offre l’occasion d’une réflexion commune non seulement sur les causes historiques, les enjeux et les modalités d’opération de cette tragédie, mais aussi sur ses conséquences durables pour l’Europe, les Amériques, les Caraïbes et l’océan Indien, voir pour le monde entier.

    La traite négrière, l’esclavage et ses abolitions appartiennent à l’histoire. Ils n’appartiennent pas au passé. Ils nous permettent de comprendre un présent hélas marqué par le racisme et les discriminations hérités de cette histoire tragique. Ils interrogent également l’avenir et incitent à la réflexion sur la construction de nouvelles citoyennetés respectueuses de nos sociétés, de plus en plus multiethniques et multiculturelles. Enfin, ils nous révèlent comment, en dépit de la persistance des stéréotypes les plus radicaux et de la mise en œuvre de politiques de discrimination les plus brutales, un pas inattendu vers la communication interculturelle a été franchi, offrant ainsi une nouvelle chance au dialogue.

    La commémoration de cette Journée du 23 août revêt cette année un caractère particulier ; elle a lieu après les événements qui ont marqué 2004, proclamée par l’Assemblé générale des Nations Unies « Année internationale de commémoration de la lutte contre l’esclavage et de son abolition », dont la célébration a fait l’objet d’une forte mobilisation dans les différents pays et suscité de nombreux espoirs. Elle coïncide également avec le dixième anniversaire du projet « La route de l’esclave », dont l’évaluation a montré l’intérêt et les attentes à travers le monde.

    La dynamique créée par l’Année internationale nous invite à redoubler nos efforts pour faire de la traite négrière et de l’esclavage une tragédie de l’humanité tout entière. L’UNESCO n’a pas seulement un devoir de mémoire à accomplir ; elle a également une obligation éthique de vigilance.
    © Alterpresse

    COMITÉ DE SOUTIEN À JOSS ROVÉLAS CONTRE LA NÉGROPHOBIE (France)
    Qui sont les Négrophobes ? Les faits :

    20/08/2005 - Lors d’une manifestation lycéenne, un petit groupe de provocateurs est intervenu pour agresser physiquement les manifestants afin de leur arracher leurs portables, sous l’oeil impassible de la police, qui les a laissé faire. Une pétition négrophobe a déformé ces faits, en contradiction complète avec les coutumes des délinquants. Les lycéens, toujours à la pointe des combats anti-racistes, étaient interloqués devant cette provocation grossière. La pétition évoquait de but en blanc une d’agression de Noirs de la banlieue contre Blancs bien intégrés dans le système scolaire. De toute évidence, les instigateurs des agressions sur la voie publique et de la pétition qui a suivi, sont des gens qui cherchent à relancer le communautarisme et à enclencher une poussée de racisme contre les Noirs. Nous avons immédiatement réclamé une commission d’enquête, à ce jour sans résultat...

    Pourquoi cette complaisance avec le racisme négrophobe ?

    La pétition était signée entre autres par Alain Finkelkraut, Bernard Kouchner, Pierre André Taguieff ; elle a été publiée dans Le Monde. Le caractère hautement raciste de la pétition, la qualité des personnes fautives proférant ces propos et analyses négrophobes auraient du conduire les Pouvoirs Publics, les associations prétendant à la défense des droits de l’homme ainsi que les autres membres de la société civile à des condamnations fermes et même à la saisine des tribunaux pour propos racistes et incitation à la haine raciale. Au lieu de cela, silence assourdissant !

    C’est notre appel que la direction de la Poste DOTC veut sanctionner, ce qui revient à renforcer l’impunité des propos racistes, à condition qu’ils émanent de porte-paroles de l’establishment, et qu’ils visent une catégorie précise de la population : les Noirs.

    Notre appel à la mobilisation mentionnait également une autre pratique négrophobe inadmissible : les ventes aux enchères scandaleuses d’objets et d’écrits se rapportant au crime contre l’humanité et au génocide perpétrés durant plusieurs siècles à l’encontre des Noirs.

    Or l’intervention du COFFAD auprès des tribunaux a permis la fin de la pratique scandaleuse en question. La justice nous a donc donné raison : ni les Noirs, ni leur mémoire ne peuvent faire l’objet d’opérations commerciales. L’esclavage et la traite négrière ont été abolis définitivement en 1848.

    Conclusion : Joss Rovélas dans le collimateur, traité d’antisémite et victime de négrophobie !

    L’antisémitisme pratiqué durant des siècles en Europe par des Européens vis à vis d’autres Européens et ayant conduit à l’abomination criminelle nazie est non seulement condamnable mais doit faire l’objet d’un maintien de mesures de lutte comparables à celles pratiquées contre toutes les formes de racisme.

    Toutefois aucun citoyen français ou européen ne doit pouvoir continuer à pratiquer la négrophobie (le racisme anti-noir) tout en privilégiant constamment la lutte contre l’antisémitisme.

    Autant l’antisémitisme a reculé depuis 1945, autant la négrophobie a augmenté !

    Ainsi l’INSEE ne déplore aucun mort causé par l’antisémitisme depuis...plus de vingt ans tandis que la justice est régulièrement saisie pour des crimes racistes commis contre des Noirs en France. Malgré cela, en France la négrophobie jouit de l’impunité ! Il est temps que les pouvoirs publics regardent les choses en face

    Nous n’accepterons pas de procès truqué !

    Après les propositions folles de Révocation du directeur, M. Christian Pauliac, la DOTC s’est rabattue sur l’exclusion de fonctions d’au moins trois mois. Entre temps le personnel du centre de tri de Paris Charolais s’était mobilisé efficacement. ..

    La parodie de justice de La Poste DOTC Paris Sud continue : Joss Rovélas est convoqué le 24 août 2005 à 9h 30 !

    Les services publics doivent donner l’exemple du respect de la dignité de chacun. La direction de la Poste doit protéger ses employés majoritairement noirs de la discrimination négrophobe.

    Nous appelons tous ceux et toutes celles épris véritablement de défense de "tous les droits humains pour tous les humains" à venir nombreux et nombreuses manifester devant :

    La Direction de La Poste de la DOTC Paris Sud
    6 rue François Bonvin Paris 15e
    (métro : Ségur ou Cambronne)
    le mercredi 24 août 2005 à 9h 30.
    Comité de Soutien à Joss Rovélas Contre la Négrophobie

    « comsoutjossrovelas@hotmail.fr »
    © Les Ogres

    'FRANSSE': DEUX SYNDICATS DE POLICE PORTENT PLAINTE (France)
    Action Police CFTC et Azzione Pulizza Corsu poursuivent le rappeur Monsieur R pour des propos tenus dans son clip.

    22/08/2005 - Deux syndicats professionnels de la Police nationale, Action Police CFTC et Azzione Pulizza Corsu, déposent plainte conjointement contre le rappeur Monsieur R pour des propos tenus dans son clip intitulé "FranSSe", ont indiqué dimanche 21 août des responsables syndicaux.

    Ces deux syndicats dénoncent dans un communiqué "les propos outrageants, incitant à la haine, voire même au meurtre contre les policiers".

    Ils se basent sur les paroles suivantes figurant dans le clip : "Je suis passé du banc de l'école au banc des accusés pour avoir traité un putain de flic de fils de pute".

    "Notre rôle en tant que syndicat de Police est de défendre notre institution et nos collègues contre ces incitations aux meurtres", affirment-ils, en déplorant qu'"on laisse impunément s'exprimer ces prédicateurs de haine".

    Action d'un député UMP

    Début août, le député UMP de la Moselle François Grosdidier avait déjà demandé au garde des Sceaux Pascal Clément d'engager des poursuites contre Monsieur R et d'interdire la diffusion d'une de ses chansons, "FranSSe", et de son clip qui constituent, selon lui, "une incitation au racisme et à la haine".

    "La chanson et le clip du rappeur Monsieur R intitulés "FranSSe" et classés 'coup de cœur' par la Fnac constituent une incitation au racisme et à la haine", affirmait le député dans un communiqué. Pour lui, ce "message, reçu par des jeunes déstructurés ou paumés de nos quartiers, peut légitimer chez eux au mieux l'incivilité, au pire le terrorisme".

    François Grosdidier citait ensuite quelques paroles de la chanson incriminée qui contient des paroles injurieuses envers la France, qualifiée de "garce" et de "salope", l'Etat et la police.

    Il décrivait ensuite le clip dans lequel, dit-il, "la France est représentée par deux femmes nues qui s'exhibent en se frottant au drapeau tricolore" et où "les amalgames tendent à assimiler la France au 3ème Reich".

    "De l'esclavage à la colonisation"

    Le clip du rappeur reprend aussi de larges extraits du discours de Jacques Chirac lors de son élection en 1995, ou encore d'une rencontre entre le président et le dictateur de RDCongo Mobutu.

    Et pour sa part, Monsieur R se défend en affirmant (dans Libération du 12 août, NDLR) : "quand je parle de la France, je ne parle pas des Français mais des dirigeants d'un Etat qui, de l'esclavage à la colonisation, nous exploite". Plusieurs groupes de rap se sont déjà retrouvés devant les tribunaux à l'initiative de syndicats de policiers ou du ministère de l'Intérieur.

    Deux musiciens du groupe Ministère Amer, poursuivis pour appel au meurtre de policiers, ont ainsi été condamnés à des amendes de 15.000 et 30.000 FF (2.286 et 4.573 euros) en novembre 1997.

    En novembre 1996, deux chanteurs du groupe "NTM" ("Nique ta mère") avaient écopé de trois mois de prison ferme et de six mois d'interdiction d'exercer leur métier pour délit d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique. En revanche, plusieurs rappeurs ont été relaxés après des plaintes du ministère de l'Intérieur mettant en cause des paroles de chanson.
    © Le Nouvel Observateur

    LE GANGSTA RAP FLIRTE AVEC LES NÉONAZIS (Allemagne)
    Une nouvelle vague de musique hip-hop déferle sur l'Allemagne avec des accents particuliers. Sexiste, violent et souvent raciste, le gangsta rap séduit les néonazis, rapporte The Independent.

    18/08/2005 - Plusieurs rappeurs allemands représentent cette nouvelle tendance, dans le sillage du plus célèbre d'entre eux, Bushido. "Ce Berlinois d'origine tunisienne, âgé de 26 ans, est en train de mettre sens dessus dessous le monde du hip-hop allemand", note le journal britannique. "Ce fils d'une mère allemande et d'un père immigré attire contre toute logique un vaste auditoire de néonazis qui aiment ses propos extrémistes, racistes et nationalistes." The Independent relève que Bushido, actuellement emprisonné en Autriche pour une agression, n'a pas de mal à prouver sa crédibilité de mauvais garçon. Il risque dix ans de prison.

    "Jusqu'à très récemment, le vrai gangsta rap était exclusivement d'importation américaine", écouté par des adolescents au style calqué sur celui d'un Snoop Dogg, le rappeur californien. "A présent, l'Allemagne a ses propres gansta rappeurs. Ce pays qui, il y a peu encore, était réputé pour son économie riche et stable et sa protection sociale a affaire à une nouvelle et dure réalité." Le succès du gangsta rap reflète dans une certaine mesure les temps difficiles actuels.

    Les nombreux gangsta rappeurs allemands, Bushido, Fler, Sido, B-Tight, Kool Savas, Eko Fresh, Brainless Wankers ou le collectif Der Frauenartzt (Le Gynécologue) "figurent régulièrement en tête des ventes de CD, leurs vies sentimentales sont suivies de près par les tabloïds et leurs concerts affichent complet. Ils ont déclaré une guerre ouverte à la société consensuelle, saine et confortable, de l'Allemagne."

    Bushido et ses épigones flirtent ouvertement dans leurs textes avec le fascisme, avec des références à Adolf Hitler, des symboles du IIIe Reich. "Fler, 24 ans, va plus loin encore", note The Independent. Il a obtenu un disque d'or en l'espace de deux semaines avec son tube intitulé "Une nouvelle vague allemande", dans lequel il tient des propos ultranationalistes. D'ailleurs, "le parti d'extrême droite allemand NPD a même recommandé cette chanson à ses membres".

    Reste que certains observateurs et critiques musicaux veulent nuancer cette image du gangsta rap phagocyté par la mouvance néonazie, un mariage qui ne serait que passager.
    © Courrier international

    BENOÎT XVI RAPPELLE LE 'CRIME INOUÏ' DE LA SHOAH (Allemagne)
    Dans la synagogue de Cologne, le Pape s'est inquiété des «nouveaux signes» d'antisémitisme.
    Cologne : de notre envoyé spécial Hervé Yannou


    20/08/2005 - Benoît XVI a choisi d'accomplir un geste historique dans la «Rome du Rhin». Après un pape polonais, c'est un Allemand qui, pour la deuxième fois de l'histoire, a franchi, hier, le seuil d'une synagogue. Une démarche au coeur du voyage de Benoît XVI dans son pays natal. Marchant dans les pas «décisifs» de son prédécesseur, le Pape s'est à nouveau engagé dans un dialogue «sincère» avec le monde juif et a dénoncé avec force l'antisémitisme et le racisme. L'Eglise doit transmettre aux nouvelles générations le témoignage du «crime inouï» de la Shoah. «C'est un devoir d'une importance particulière dans la mesure où aujourd'hui, malheureusement, émergent de nouveaux signes d'antisémitisme et où se manifestent diverses formes d'hostilités généralisées envers les étrangers.» Un motif de grande «préoccupation» pour Benoît XVI.

    Le Pape a accompli sa visite à la synagogue après une rencontre amicale avec le président de la République fédérale à Bonn, l'ancienne capitale de l'Allemagne divisée. A son arrivée devant le temple de la Roostrasse, le siège de la communauté juive la plus ancienne d'Allemagne, Benoît XVI a été accueilli par une foule énorme. Le rabbin de Cologne, Netanel Teitelbaum, et les trois présidents de la communauté juive locale l'attendaient à la porte. Devant le mémorial aux victimes de la Shoah, au premier étage de la synagogue détruite par les nazis et reconstruite après guerre, le Pape a assisté à la récitation du kaddish (la prière des morts dans le judaïsme) avant de se recueillir en silence et de prier.

    Accompagné entre autres du cardinal Jean-Marie Lustiger, artisan des demandes de pardon faites au juif par Jean-Paul II, Benoît XVI, le visage grave, a ensuite pénétré dans la salle de prière au son des chants hébreux. Une grande rosace éclairait les quelque cinq cents personnes, dont l'ambassadeur d'Israël en Allemagne, Shimon Stein. Assis sur un fauteuil de bois à haut dossier placé près d'un énorme chandelier à sept branches, le Souverain Pontife a écouté avec une grande attention un rabbin souffler dans le schofar, une corne de bélier, pour ouvrir un moment de prière. Benoît XVI a reçu cet instrument de la liturgie juive en cadeau. Quant à lui, il a remis à la synagogue de Cologne un fac-similé d'une des plus anciennes bibles conservées au Vatican.

    «C'était mon profond désir, à l'occasion de ma première visite en Allemagne, de rencontrer la communauté juive», a-t-il déclaré depuis le pupitre de la synagogue. Soixante ans après la libération des camps de la mort, il a stigmatisé «ce temps le plus sombre de l'histoire allemande» qui a vu déferler sur l'Europe les horreurs d'une «idéologie raciste, de conception néo-païenne». A ces paroles, beaucoup n'ont pu cacher leurs larmes. Le Saint-Père a ainsi appelé juifs et chrétiens à agir ensemble pour que «jamais plus les forces du mal n'arrivent au pouvoir» et à travailler pour la défense du caractère sacré de la vie, de la famille, de la justice et de la paix.

    Mais dans ce combat à mener en commun, Benoît XVI n'a cependant pas oublié les «complexes et douloureuses» relations entre les communautés juive et chrétienne et que des tensions demeuraient. Pour lui, un dialogue «sincère et confiant» étant donné «les racines communes» des deux religions est nécessaire pour «parvenir à une interprétation commune des questions historiques encore discutées». Les fondements chrétiens de l'antisémitisme, l'attitude de l'Eglise face à Hitler, ou le procès en béatification de Pie XII sont des questions qui soulèvent très régulièrement des polémiques entre le Saint-Siège et le monde juif. Abraham Leher, l'un des coprésidents de la communauté juive de Cologne, a d'ailleurs demandé au Pape l'ouverture totale des archives vaticanes sur la période de la Seconde Guerre mondiale, pour une «confrontation de l'histoire». A l'heure actuelle, les archives du Vatican sont accessibles, par volonté de Jean-Paul II, jusqu'à l'année 1939.

    Mais aucune de ces questions, pas plus que les tensions diplomatiques actuelles entre le Saint-Siège et Israël – de l'aveu même du porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, il faut absolument distinguer le dialogue interreligieux et une question politique entre deux Etats, qui doit être réglée «en coulisse» – ne devaient jeter une ombre sur cet événement. Pour la communauté juive d'Allemagne, cette visite historique d'un pape allemand dans une synagogue au début de son pontificat a valeur de «signal fort».
    © Le Figaro

    LE PAPE RENCONTRE POLITICIENS ET MUSULMANS (Allemagne)
    21/08/2005 - Avant-dernier jour des Journées mondiales de la Jeunesse, à Cologne et Bonn. Benoît XVI a accordé une audience à des personnalités politiques allemandes. En pleine campagne électorale, le pape a reçu le chancelier Schröder, le président du Bundestag, Wolfgang Thierse, mais également la candidate des conservateurs à la chancellerie, Angela Merkel. Par ailleurs, Benoît XVI rencontre en ce moment des représentants de la communauté musulmane d’Allemagne.

    Le pape a estimé que le dialogue entre chrétiens et musulmans est "une nécessité vitale". Il s’est également prononcé en faveur de cours de religion à l’école pour les enfants musulmans d’Allemagne. Benoît XVI a par ailleurs demandé aux musulmans de refuser les "rancoeurs", "l'intolérance" et la "violence" pour freiner l'expansion du terrorisme.

    Avec plus de 3,2 millions d’adeptes, en majorité des Turcs, l’islam est, après le catholicisme et le protestantisme, la troisième religion du pays. Selon Nadim Elyas, président du Comité central des musulmans d’Allemagne, le dialogue est nécessaire avec le nouveau souverain pontife pour mieux lutter contre le racisme et l'extrémisme religieux.

    Selon les organisateurs des JMJ, plus de 200 000 fidèles se regroupés en fin d'après-midi sur le terrain de Marienfeld, pour la veillée de ce soir avec le pape.

    La contre-manifestation (anti-JMJ) des libres penseurs se poursuit elle aussi jusqu'à demain à Cologne.
    © Deutsche Welle

    PETIT ESPOIR POUR LES ANCIENS COMBATTANTS CONGOLAIS (Belgique)
    La Belgique reprendra bientôt son assistance aux anciens combattants congolais qui se sont battus en 1914 - 1918 et 1940 - 1945 sous le drapeau belge. Jusque-là, totalement abandonnés à eux-mêmes, ils recevaient mensuellement une pension risible : à peine un dollar !

    19/08/2005 - La Belgique reprendra bientôt son assistance aux anciens combattants congolais qui ont lutté lors des deux guerres mondiales sous le drapeau belge. Jusque-là totalement abandonnés, ils recevaient une pension qui ne valait qu’un dollar...

    Les anciens combattants congolais qui ont combattu sous le drapeau belge pendant les deux guerres mondiales retrouvent un brin d’espoir pour leurs vieux jours. De retour de Bruxelles où il a participé à la célébration du 175ème anniversaire de la fête nationale belge le 21 juillet 2005, Sylvain Delma Mba, le vice-ministre congolais de la Défense, démobilisation et anciens combattants leur a apporté une bonne nouvelle.

    « Par devoir de mémoire, a-t-il fièrement annoncé, les Belges ont consenti de revoir l’accord belgo-congolais de 1976 ». Le ministre a de quoi se réjouir. Cet accord avait en effet effacé la rente de 150 millions de Fb que le gouvernement belge versait aux anciens combattants congolais, en guise de compensation aux Belges qui, lors de l’indépendance du Congo en 1960, avaient abandonné leurs biens dans l’ex-colonie.

    La nouvelle est réjouissante à plus d’un titre. Lors de la fête nationale belge, deux des anciens combattants congolais ont été décorés par le Roi Albert II. Jérôme Sindano Molanga et Victor Elenga Esukamay ont été faits commandeur de l’Ordre de Léopold et Chevalier de l’Ordre de la Couronne. « Avant de donner le cadeau au Roi, j’ai demandé s’il avait reçu nos revendications. Et le Roi a dit oui, ajoutant que le ministre de la Défense André Flahaut, les a transmises au gouvernement belge », confie Jérôme Sindano, le président de l’Union nationale des anciens combattants congolais (Unaco).

    Les anciens combattants congolais revendiquent l’harmonisation de leurs statuts de façon à les mettre (avec leurs dépendants) sur le même diapason que leurs collègues de l’ancienne métropole, l’octroi d’une prime de guerre, l’assistance permanente via une structure autonome de gestion qui devra s’occuper de leur bien-être et de leur vécu au quotidien, le financement des projets de réinsertion sociale, etc.

    Sentiment d’injustice

    La Belgique, qui a accepté de revoir l’accord de 1976, parle pour l’instant d’une « assistance sociale ». Mais à une condition : l’élaboration d’une liste exhaustive des anciens combattants encore en vie, assortie de données vérifiables sur leur parcours militaire, leurs matricules...

    Le dernier recensement initié par le ministère congolais de la Défense indique un effectif de 1.670 anciens combattants et 223 veuves de la guerre 40-45, disséminés à travers toutes les provinces du pays, y compris la ville de Kinshasa. La Belgique serait en train de gratter sur la liste, selon le vice-ministre Delma Mbo, pour ne retenir que ceux qui avaient effectivement pris part aux différentes campagnes militaires.

    Le sort actuel de ces anciens combattants est des plus miséreux. Leur pension mensuelle est de 500 Fc, l’équivalent d’un dollar. « Ce que nous leur payons, nous sommes conscients que ça ne peut répondre à aucun besoin », avoue le vice-ministre Delma Mbo. Dans leur home situé à Kasa-Vubu, commune populaire au coeur de Kinshasa, ces vaillants combattants dont les plus jeunes ont 70 ans, qualifient leur situation d’ « une injustice d’Etat ». Ils rappellent que des milliers des Congolais ont perdu la vie lors des deux guerres mondiales. « Sur les champs de bataille, les balles n’ont pas fait de discrimination entre combattants noirs et blancs », disent-ils.

    Vaut mieux tard que jamais

    Marqués par le poids de l’âge et une profonde amertume, ils considèrent la décoration de deux de leurs comme une façon pour la Belgique de témoigner, même tardivement, son respect et sa reconnaissance à des hommes qui l’ont aidée à défendre son intégrité ». A 83 ans, le président de l’Unaco se souvient du moindre détail de son service sous l’étendard belge. « En 1939, raconte-t-il, alors que je n’avais que 17 ans, je fus intégré comme volontaire au sein de l’Ecole des Troupes de transmission radio de la Force publique ».

    Sept mois plus tard, sa formation d’opérateur radio achevée, Jérôme Sindano intègre avec le grade de caporal le corps expéditionnaire de la Force publique envoyé en Abyssinie pour combattre les Italiens. Le 3 juillet 1941, la 3ème brigade de la Force publique remporte la victoire de Saïo et fait prisonnier neuf généraux et 15000 soldats italiens. Puis ce sera la campagne au Nigeria en Afrique du Sud, en Egypte. en Palestine et enfin en Sicile. « C’est là, raconte-il, que notre aventure s’est arrêtée et nous avons pris le chemin de retour pour le Congo où nous avons été démobilisés ».

    Aujourd’hui les survivants attendent voir ce qui va se passer une fois l’accord de 1976 révisé. La Belgique a envoyé à Kinshasa des médicaments et équipements médico-sanitaires, des outils informatiques pour réorganiser les services de leur prise en charge. Des véhicules sont attendus pour assurer la paie à domicile et un médecin militaire belge fera une fois par mois le déplacement pour assurer des soins à la Maison des anciens combattants de Kinshasa. Ce qui rallume une réelle flamme d’espoir auprès de ces combattants, qui regrettent de « n’avoir jamais bénéficié de la compensation financière du sang versé lors de cette guerre… entre colonisateurs.
    © DigitalCongo

    LE MODÈLE MULTICULTUREL BRITANNIQUE EN CRISE
    par Marc Roche

    19/08/2005 - Où est passé le modèle multiculturel britannique longtemps vanté dans les pays voisins comme un exemple d'harmonie raciale et religieuse ? La question est ouverte après les attentats qui ont frappé Londres.

    Un sondage effectué après la tuerie du 7 juillet atteste qu'un quart du 1,6million de musulmans britanniques fait preuve de compréhension à l'égard des motifs des kamikazes.

    Environ un tiers se déclaraient favorables à l'éradication des principes d'une société jugée immorale et décadente. L'imam extrémiste Abou Zair, pourtant sujet britannique, a choqué l'opinion en faisant passer les valeurs islamiques avant toute allégeance à la couronne et à la nation.

    Et pourtant le Royaume-Uni a longtemps donné l'image d'une oasis d'harmonie communautaire. Bien sûr, il y eut des émeutes raciales sporadiques et les déclarations incendiaires d'un Enoch Powell évoquant, en 1968, les risques de "rivières de sang" face à l'explosion de l'immigration de couleur. Mais, dans l'ensemble, la société multiculturelle était entrée dans les mœurs. Un Zaki Badawi, président du conseil des imams et des mosquées, cité par Jeremy Paxman dans son livre Les Anglais, portrait d'un peuple (Saint-Simon, 2003) pouvait déclarer à propos du royaume : "Il n'y a pas de meilleur endroit au monde pour être musulman."

    Tout à coup, on a vu apparaître, dans le ciel gris des vieilles cités industrielles du Nord, des minarets. Les chiffres sont éloquents. En 1951, il y avait 80 000 immigrés en Grande-Bretagne. En 1991, leur nombre s'élevait à 3 millions, pour atteindre, dit-on, 5 millions en tenant compte de l'immigration clandestine. De nos jours, 6 % de la population ne sont pas blancs.

    PHÉNOMÈNE DE GHETTOS

    Rappelons que, dans le modèle d'outre-Manche, chaque communauté préserve son identité culturelle comme elle l'entend. Elle peut choisir soit de s'intégrer, soit de suivre le modèle communautariste : vivre entre soi. Il était relativement facile d'obtenir un passeport britannique, un parent résidant légal suffisait. La connaissance de l'anglais ou l'allégeance au pays d'adoption n'étaient pas exigées. Une législation antiraciste parmi les plus strictes d'Europe empêchait les dérapages verbaux et les discriminations les plus voyantes.

    Cette politique de tolérance a donné des résultats. Il n'y a qu'à voir les chaînes de télévision britanniques pour constater qu'un pourcentage non négligeable de journalistes et de présentateurs sont issus de l'immigration antillaise ou du sous-continent indien. Depuis le début des années 1980, musulmans et Noirs sont présents en nombre au Parlement.

    Mais aujourd'hui, après le traumatisme des attentats, la Grande-Bretagne doute de la voie choisie. Trois facteurs expliquent ces interrogations.

    Premièrement, une majorité de jeunes musulmans, particulièrement les garçons, sont en échec scolaire. A statut égal, dans le commerce, les professions libérales, la fonction publique, le revenu de 80 % des musulmans est inférieur à la moyenne nationale. Quant au taux de chômage, il est trois fois supérieur.

    Deuxièmement, depuis le 11-Septembre, les préjugés antimusulmans se sont répandus. Ce racisme a été exacerbé par les pouvoirs supplémentaires de fouille donnés à la police dans le cadre de la législation antiterroriste, utilisée de manière disproportionnée contre des membres d'une communauté musulmane victime du "délit de faciès".

    Enfin, sur le plan politique, les groupes de pression musulmans, freinés par la "balkanisation" de leurs intérêts, ont du mal à s'organiser. Le ciment religieux n'apparaît pas suffisant pour former de vraies coalitions entre immigrés venus du sous-continent indien, du Maghreb, de la corne de l'Afrique ou des pays du Golfe.

    Pour le président de la Commission pour l'égalité raciale, Trevor Philips, il faut trouver d'autres voies que le multiculturalisme à l'ancienne : "Je ne veux pas que l'on se résigne à ce que, parce qu'ils acceptent la différence des autres, les gens restent chacun dans leur coin. C'est un modèle porteur de conflits qui risque, à terme, de détruire le lien social. Je veux une société réellement intégrée, prônant l'égalité entre les hommes, non entre les ghettos."

    D'un coup, sous l'effet des attentats, on s'est aperçu que les communautés fonctionnaient en parallèle. Les écoles publiques confessionnelles, favorisées par le gouvernement Blair, sont aujourd'hui montrées du doigt comme source de division. Autour des mosquées, les fidèles se protègent des courants extérieurs grâce aux structures familiales et claniques. Le débat sur le rôle de la foi dans une société de moins en moins religieuse n'a pas été engagé.

    L'absence de mariages mixtes, l'importation de coutumes contraires aux valeurs britanniques (comme les mariages forcés), la ségrégation de l'habitat et les différences vestimentaires ont favorisé une polarisation propice à l'hostilité et au racisme. A l'évidence, le phénomène de ghettos a débouché sur l'isolement ethnique, fournissant le terreau des mouvements islamiques les plus virulents, offrant recrues et réseaux à Al-Qaida.
    © Le Monde

    LES ATTENTATS AMÈNENT LONDRES À S'INTERROGER SUR SA DIVERSITÉ (Grande Bretagne)
    22/08/2005 - Noyée au milieu des étals de fruits et de l'agitation pittoresque du marché de Brixton, une petite plaque en bronze rappelle que les attentats du mois de juillet à Londres ne furent pas les premiers à frapper la capitale britannique.

    "En hommage aux victimes de la bombe qui a explosé en ce lieu le samedi 17 avril 1999", est-il écrit, en référence aux 39 blessés de cet attentat commis par un homme se revendiquant homophobe.

    "Une communauté attaquée ne sera pas divisée. Ensemble, nous sommes forts."

    Ces termes rappellent ceux entendus maintes fois depuis le 7 juillet, depuis que quatre kamikazes ont tué 52 personnes dans les transports en commun de Londres.

    Les Londoniens n'ont cessé de répéter que la force de leur ville face à ces attentats résidait dans sa diversité culturelle, ethnique et religieuse.

    Pourtant, des interrogations subsistent sur cette unité revendiquée et sur la mixité entre noirs, blancs, chrétiens, juifs ou musulmans dans des quartiers comme Brixton, théâtre de violentes émeutes raciales au début des années 80.

    "Je suis noire, mes amis sont noirs, mes voisins sont noirs", constate Nerys Jacobs, jeune cliente croisée sur le marché de Brixton. "Ce n'est pas du racisme. C'est seulement comme ça ici. Ce sont les gens avec lesquels vous grandissez, vous allez à l'école."

    A contre-courant des affirmations entendues après les attentats du 7 juillet, Trevor Phillips, président de la Commission pour l'Egalité raciale (CRE), juge pour sa part que Londres est de plus en plus partagée selon des lignes ethniques.

    "FAUX ESPOIR"

    Il dépeint une ville où des centaines de communautés différentes vivent côte-à-côte mais sans jamais se mélanger, par ignorance ou crainte de l'autre.

    "Ceux qui vivent à Londres ont tendance à prétendre que, d'années en années, les gens de différentes races ou ethnies se rapprochent et restent de moins en moins enfermés dans leur communauté d'origine", relève-t-il.

    "C'est un bel espoir, mais un faux espoir. En fait, génération après génération, nous nous éloignons."

    Une quarantaine d'années après l'adoption des premières lois contre la discrimination raciale, les Britanniques sont devenus "plus inégaux selon les races et les ethnies (et) ont moins tendance à se mêler avec des gens qui ne leur ressemblent pas", ajoute Phillips.

    Une visite dans les différents quartiers londoniens peut donner du crédit à ce propos.

    A Lambeth et Hackney, dans le nord-est de Londres, plus d'un quart de la population est noire. A Tower Hamlets, dans l'est, un tiers des habitants sont musulmans.

    De Lambeth, il suffit de franchir la Tamise pour arriver dans les quartiers huppés de Chelsea et de Kensington et le contraste est saisissant. Rares sont les habitants à avoir la peau foncée.

    La CRE a publié en 2004 une étude montrant que la majorité des Britanniques blancs ne pouvaient pas nommer une seule personne non blanche parmi leurs 20 plus proches amis.

    LONDRES A UNE "AVANCE CONSIDÉRABLE" EN EUROPE

    A Londres, moins d'un sur six pouvait nommer deux amis non blancs, alors que statistiquement, toutes choses égales par ailleurs, les Londoniens blancs devraient avoir sept ou huit amis non blancs.

    Peut-être plus déroutant encore, quand l'on sait que trois des quatre kamikazes du 7 juillet étaient d'origine pakistanaise, l'étude de la CRE montre que les communautés noire et asiatiques sont encore plus refermées sur elles-mêmes.

    Les jeunes Britanniques issus de minorités ethniques ont plus de probabilités de fréquenter des gens de même origine que leurs parents, insiste cette étude.

    Pour autant, aucun observateur ne va jusqu'à dire que Londres est divisée en ghettos.

    Pour Phillips, la capitale britannique est même plus ouverte et multiple que Paris, Berlin, Amsterdam ou Anvers.

    Marie-Claude Gervais, directrice d'Ethos, un cabinet de consultants spécialisés dans la recherche sur les minorités ethniques, estime même que Londres a une "avance considérable" dans ce domaine sur les autres grandes villes européennes.

    Harry Gouldbourne, professeur de sociologie à la South Bank University de Londres, souligne pour sa part que les divisions apparemment ethniques ou religieuses de Londres sont en fait davantage liées aux différences de revenus, au manque de mobilité sociale et au système de classes figé de la société britannique.

    Il cite notamment l'exemple du système éducatif: les classes moyennes blanches ont tendance à s'installer près des écoles les plus réputées et à contribuer à la hausse du coût du logement dans ces quartiers.

    Si la cause peut sembler différente, la conséquence n'en reste pas moins la même, la ségrégation sociale s'accompagnant d'une ségrégation ethnique.

    Pourtant, la diversité de Londres transparaît dans les chiffres: plus d'un quart de ses sept millions d'habitants sont nés à l'étranger et ses 200 communautés ethniques parlent plus de 300 langues différentes.

    Mais que ce soit sur le marché animé de Brixton ou dans les rues résidentielles de Kensington, cette diversité est loin d'être apparente.

    "Nous allons dans la mauvaise direction", prévient Phillips.
    © L'Express

    LA PÉNINSULE ITALIENNE BANNIT LE TCHADOR DANS LES LIEUX PUBLICS
    Une loi de 1975 a été réactivée et les sanctions ont été durcies
    Par Richard Heuzé


    18/08/2005 - Pendant une demi-heure, le «vaporetto» est resté bloqué au milieu du Grand Canal de Venise. Le temps qu'une patrouille fluviale appelée par un agent de police monte à bord pour vérifier l'identité de deux femmes aux visages recouverts d'un niqab, le voile saoudien.

    Dans le cadre du dispositif antiterroriste adopté par le Parlement le 31 juillet, tchador, niqab saoudien qui couvre entièrement la tête et burka afghane sont virtuellement prohibés dans la péninsule. Les femmes de confession musulmane doivent se promener dans la rue à visage découvert. Seul le hijab, ce foulard islamiste couvrant les cheveux et serré au menton, est toléré.

    Les deux femmes étaient en fait des touristes du Koweït, descendues avec maris et enfants dans l'un des plus grands palaces de la ville. Commentaire ironique du maire de Venise, le philosophe de gauche Massimo Cacciari : faudra-t-il contrôler tous les masques au prochain carnaval ? Mais l'incident est révélateur de la psychose qui s'est installée en Italie depuis les attentats de Londres.

    En fait, ces nouvelles mesures ne font référence à aucun accessoire vestimentaire particulier. Elles ne font que reprendre une loi de 1975, qui interdisait de déambuler dans un lieu public sans pouvoir se faire reconnaître. A l'époque, il s'agissait surtout de bannir le casque intégral des manifestations de rue.

    Mais, à l'initiative de la Ligue du Nord, les sanctions ont été durcies. Les contrevenants sont maintenant passibles de deux ans de prison et 2 000 euros d'amende. «Se promener masqué dans la rue est un délit», affirme le ministre de la Justice, Roberto Castelli, de la Ligue du Nord. Le président des sénateurs de la Ligue, Ettore Piero Pirovano, en rajoute : «Il ne suffit pas que les femmes musulmanes se laissent identifier sur requête d'un agent des forces de l'ordre. Elles doivent être reconnaissables de tous en tout lieu ouvert au public.»

    Le sénateur reconnaît que le durcissement de la loi vise surtout à empêcher que certains magistrats ne l'appliquent avec trop de laxisme : «En ces temps d'insécurité, il fallait donner aux forces de l'ordre le maximum d'appui pour faire leur métier. Trop souvent, des magistrats tolèrent le voile intégral au nom d'usages religieux. Pour nous, le respect des lois de la République prime sur tout.»

    Le port du voile intégral est plutôt rare parmi les 860 000 musulmans (dont un tiers de Marocains) résidant en Italie. Celui de la burka est pratiquement inexistant. Mais des incidents surviennent parfois. Une Italienne de 35 ans mariée à un Tunisien et convertie depuis quatre ans à l'islam s'est ainsi récemment présentée à la mairie de Drezzo, petite bourgade lombarde de 1 100 habitants frontalière de la Suisse, revêtue d'un niqab saoudien couvrant entièrement le visage. «Je lui ai demandé de s'identifier. Devant son refus, j'ai dû lui interdire l'accès à nos locaux», déclare le maire Cristian Tolletini, de la Ligue du Nord.

    «L'ayant à nouveau surprise en septembre dans un lieu public avec le même voile, j'ai fait dresser un procès-verbal par les forces de l'ordre qui lui ont infligé une amende double de 41 euros pour refus de s'identifier et port d'un masque dans la rue. J'ai également émis une ordonnance interdisant la burka et tout autre couvre-chef intégral. Il ne s'agit pas de racisme. Je veux seulement défendre la sécurité publique», ajoute-t-il. Mais le préfet a annulé l'ordonnance municipale.

    Contrairement à ce qu'on aurait pu croire, la «nouvelle» réglementation n'a pas suscité de réelles protestations dans la communauté musulmane. Responsable de la puissante Association des femmes musulmanes d'Italie, Asmae Adachan donne même raison au maire de Drezzo : «Nos oulémas (NDLR : gardiens de la loi) nous déconseillent de sortir en public le visage couvert en Occident parce que c'est interdit par la loi. Porter le voile intégral n'est d'ailleurs pas une obligation. Il suffit de se couvrir les cheveux. Les raisons invoquées par le maire de Drezzo sont légitimes. Même si je ne trouve pas très juste de s'en prendre à une femme qui ne fait rien de dangereux.»

    Même réaction à la mosquée al-Huda, l'une des six de la Ville éternelle, dans le quartier populaire de la Magliana. Pour Abd el-Fattah Hassan, intellectuel égyptien de 40 ans, «toute musulmane refusant de couvrir ses cheveux commet un péché». Mais s'il comprend qu'une minorité ait adopté le voile intégral, il l'invite à respecter les lois du pays hôte. «La sécurité de la République prime sur tout car elle est une sécurité pour tous les musulmans d'Italie. Notre propre sécurité est liée à celle de l'Etat italien.»
    © Le Figaro

    L'UEFA SOUTIENT LA SEMAINE D'ACTION DU FARE (Europe)
    19/08/2005 - La semaine annuelle d'action contre le racisme et la discrimination du réseau FARE (Football against Racism in Europe, football contre le racisme en Europe) s'est développée au cours de ces cinq dernières éditions pour devenir la plus grande campagne antiraciste du football européen. L'année dernière, plus de 33 pays étaient impliqués dans un effort visant à éradiquer le racisme et la discrimination du football.

    Activités antiracistes

    La sixième semaine d'action du FARE, qui aura lieu du 13 au 25 octobre, proposera une fois encore des activités impliquant les supporteurs, les joueurs, les clubs, les associations, les organisations représentants les minorités, les groupes anti-discrimination, les écoles et les médias sportifs. Le point d'orgue de la semaine sera l'organisation de manifestations antiracistes en marge de la journée de phase de groupes de l'UEFA Champions League, les 18 et 19 octobre.

    Se sentir impliqué

    En partenariat avec l'UEFA, le réseau FARE demande à toute la famille du football européen de participer à cette semaine d'action. Le but, pour cette saison 2005/06, est d'appeler à des actions spécifiques à la fois dans et en dehors des stades, pour encourager et améliorer la participation des minorités migrantes et ethniques à tous les niveaux du sport.

    Formulaire d'information et de participation

    Pour découvrir comment vous pouvez participer à la semaine d'action, consultez le formulaire d'information et de participation disponible à cette adresse http://www.farenet.org
    © UEFA

    SOFIA ET LE STEAUA PÉNALISÉS (Europe)
    19/08/2005 - Le PFC CSKA Sofia et le FC Steaua Bucuresti ont été sanctionnés par l'UEFA pour des chants racistes proférés par leurs supporteurs lors de récents matches d'UEFA Champions League.

    Pétards

    L'Instance de contrôle et de discipline de l'UEFA a condamné l'équipe bulgare du CSKA à 19 500 € d'amende pour le comportement de ses supporteurs au cours du deuxième tour qualificatif retour face au Liverpool FC. L'observateur sur place a compté que cinq pétards avaient explosés dans le stade.

    Cissé visé

    L'observateur a également relevé que Djibril Cissé, l'attaquant de Liverpool, avait été victime d'abus racistes dans les derniers instants du match. Le problème a débuté lorsque la foule s'est mise à huer le joueur chaque fois qu'il touchait le ballon. Lors des douze dernières minutes, les huées étaient remplacées par des cris de singe.

    Le Steaua condamné

    Le champion de Roumanie a également été condamné à une amende de 16 500 € en raison du comportement de ses supporteurs lors du deuxième tour qualificatif Champions League face au Shelbourne FC.

    Cris de singe

    Après huit minutes, il a été constaté que de nombreuses bouteilles en plastique avaient été lancées par les supporteurs du Steaua en direction du banc de Shelbourne. A la 80e minute, l'entrée de Ndo Joseph, remplaçant pour Shelbourne, a été accueillie avec un concert de cris de singe par les supporteurs locaux qui ont continué à chaque fois que le joueur touchait la balle.

    Date limite d'appel

    Le Steaua et le CSKA ont jusqu'à minuit le 22 août pour faire appel des décisions de l'UEFA.
    © UEFA

    LES ABORIGÈNES (Australie)
    19/08/2005 - Région: Australie, Population: 250 000

    Qui sont-ils?

    Les Aborigènes, ainsi que les peuples des îles Torres Strait (ethniquement et culturellement distincts), sont les premiers habitants de l’Australie. On estime que leur présence remonte entre 40 000 et 60 000 ans.

    Il y a plus de 500 peuples aborigènes distincts en Australie, généralement divisés en clans, chacun ayant sa propre langue et son propre territoire. L'invasion qu'ils ont subi depuis la fin du XVIIIe siècle a eu des conséquences catastrophiques.

    Comment vivent-ils?

    La terre est absolument cruciale pour les peuples aborigènes, elle est au centre de leur vie matérielle et spirituelle. Avant l'invasion de l'Australie, la plupart des Aborigènes étaient établis le long des côtes, en communautés semi-sédentaires qui vivaient d'agriculture, de pêche et d'élevage. Les Aborigènes établis à l'intérieur des terres, dans le bush et le désert, vivaient de chasse et de cueillette, pratiquant une technique de brûlis du sous-sol pour encourager la pousse des plantes préférées du gibier qu'ils chassaient. Ils possédaient des techniques très évoluées pour trouver de l'eau. Aujourd'hui, plus de la moitié des Aborigènes vivent en ville, très souvent dans les périphéries, dans des conditions effroyables. Beaucoup d'autres travaillent comme ouvriers agricoles dans des ranchs installés sur les terres dont ils ont été spoliés. Nombreux sont ceux qui, particulièrement dans la moitié nord du continent, ont réussi à rester sur leurs terres en continuant à pratiquer la chasse et la cueillette dans le bush.

    À quels problèmes sont-ils confrontés?

    Depuis l'invasion britannique de l'Australie, les Aborigènes ont subi la spoliation et la destruction de leurs terres. Jusqu'à 1992, la loi britannique puis australienne concernant la terre était fondée sur le principe de ‘terra nullius', c'est-à-dire que le pays était considéré comme vide avant l'arrivée des Britanniques et, n'appartenant donc à personne, il pouvait être légitimement conquis. La majorité des terres doivent encore être restituées aux Aborigènes pour qui leur perte a eu un effet dévastateur sur le plan social et démographique. Des milliers de personnes ont succombé à des vagues d'épidémies lors des premières invasions et beaucoup d'autres furent massacrés.

    Moins d'un siècle après la première invasion de l'Australie, la population aborigène, qu'on estimait alors à près d'un million, était tombée à 60 000. Puis pendant la majeure partie du XXe siècle, les massacres généralisés ont laissé place à une politique officielle consistant à retirer les enfants aborigènes à leurs parents et à les placer dans des familles blanches ou dans des institutions missionnaires dans le but d'effacer toute trace de la culture et de la langue aborigènes. Aujourd'hui encore, les Aborigènes sont toujours confrontés au racisme et à la violence, et beaucoup d'entre eux vivent dans des conditions matérielles déplorables. Conséquence directe de cette situation, leur taux de mortalité infantile et de suicide sont très supérieurs au reste de la population tandis que leur espérance de vie est beaucoup moins grande.

    Ils constituent également une portion anormalement élevée de la population carcérale. Bien que le principe raciste de ‘terra nullius' fut définitivement annulé par un jugement marquant en 1992, le gouvernement utilise tous les moyens pour faire obstruction aux revendications territoriales des Aborigènes. Malgré les obstacles placés sur leur chemin, certains peuples comme les Martu, en Australie occidentale, ont réussi à obtenir des titres de propriété sur leur terre.

    La campagne de Survival?

    Survival a soutenu financièrement des projets ‘Terre natale' qui encouragent le retour d'Aborigènes citadins sur leurs terres ancestrales. Nous aidons les Aborigènes à obtenir la reconnaissance de leurs ‘titres natifs' sur leurs terres auprès des tribunaux et du Parlement. Survival a, en particulier, soutenu la campagne des Aborigènes Mirrar, dans le Territoire du Nord, qui s'opposaient à l'ouverture d'une mine d'uranium sur leur terre sacrée. La campagne qui a persuadé la compagnie à ne pas concrétiser son projet semble pour l'instant avoir porté fruits.
    © La Grande Époque/Epoch Times

    NAISSANCE D'UN ÉTAT DE CONTRÔLE: LA LISTE NOIRE DES LIGNES AÉRIENNES (Canada)
    Par Mathieu Bréard

    22/08/2005 - Le Canada subit beaucoup de pression de la part du gouvernement américain pour mettre sur pied une liste d’individus n’ayant pas l’autorisation de monter à bord d’un avion. Cette expérience, loin d’être convaincante, s’est avérée plutôt efficace pour violer la vie privée ainsi que la liberté de mouvement d’honnêtes citoyens. Qu’on se le dise, jamais les terroristes ne seront assez stupides pour voyager sous un nom figurant dans une banque de données.

    Selon les documents du FBI obtenus grâce à la Loi de l’accès à l’information, plusieurs milliers de voyageurs américains ont déjà été victimes de discrimination, de fouilles et de détention abusives de la part du personnel de sécurité dans les différents aéroports du pays. Parlez-en à Asif Iqbal, un homme d’affaires de Rochester qui a eu la malchance d’avoir le même nom qu’un terrorisme actuellement détenu à la prison de Guantanamo. Il a été humilié devant d’autres passagers, retenu contre son gré, et interrogé pendant de longues heures. En aucun cas il n’a eu droit à la présence de son avocat. Il y a quelques jours, Ingrid Sanden et sa jeune fille de 1 an ont été arrêtées à Phoenix en Arizona alors qu’elles s’apprêtaient à rejoindre leur famille à Washington.

    Raison de l’arrestation : le nom du bébé figurait sur la liste noire du gouvernement ! Il fallut plus d’une demi-heure de vérification intensive pour que la dame puisse finalement monter à bord de l’avion. Le Sgt Michelle Green, qui devait quitter l’Alaska pour Seattle, fut arrêtée lorsqu’on lui a signalé que son identité était plutôt douteuse. Elle fut interrogée pendant plus de 45 minutes, répondant à de nombreuses questions portant sur sa vie personnelle et son itinéraire. Elle fut relâchée après que l’on ait découvert une erreur dans les registres. L’ennui est que Mme Green allait être confrontée à la même situation quelques semaines plus tard pendant un voyage en direction d’Honolulu. Profondément choquée, elle n’a pas cherché un dédommagement monétaire, mais bien un moyen de retirer son nom de cette liste noire. Une tâche loin d’être facile.

    Au Congrès, le sénateur démocrate Ted Kennedy (arrêté à cinq reprises à East Coast) a mis plus de trois semaines grâce à ses différents contacts dans le milieu politique et juridique pour faire retirer son identité de cette liste. Imaginez les obstacles bureaucratiques pour un simple citoyen qui désire prouver son innocence. Le problème est qu’il n’existe pas de moyen légal d’obtenir ce document puisque la Transportation Security Administration n’a prévu aucun protocole, ni personnel pour répondre à ce type de démarche. Tout est conservé secret au nom de la sécurité nationale de même que les critères en vigueur pour arrêter une personne. Impossible de vérifier si ceux-ci sont en conformité avec le Privacy Act de 1974 qui oblige les agences du gouvernement américain à respecter de nombreuses obligations.

    Déjà au Canada, la commissaire à la vie privée Jennifer Stoddart a fait part de ses nombreuses inquiétudes en formulant une liste de questions à l’intention du gouvernement. Elle considère que le ministre des Transports Jean Lapierre ne lui a pas du tout démontré la nécessité ni même l’utilité d’une telle mesure. De plus, la vérificative générale Sheila Fraser a relevé des anomalies importantes dans les bases de données des numéros d’assurance sociale et de passeport, ce qui compromet la précision de la future liste. Son prédécesseur George Radwanski s’était déjà opposé farouchement à ce projet, y voyant une expansion des pouvoirs de la police pour violer la vie privée, l’intégrité physique et psychologique des individus. Si l’on se fie à la récente débâcle du registre fédéral des armes à feu, nous avons tout intérêt à être inquiets...

    Un autre problème est que cette fameuse liste peut être utilisée par le gouvernement pour filtrer et contrôler tout ce qui touche les groupes de pression opposés à ses politiques. Depuis les événements du 11 septembre 2001, il faut reconnaître que le relativisme moral et l’autocritique ne sont plus à la mode. L’heure est à la chasse aux sorcières et remettre en question la logique manichéenne de nos fonctionnaires ne passe plus inaperçu. Le chanteur Cat Steven, qui s’est convertit à l’Islam et qui milite pour la paix, l’a appris à ses dépens lorsque son nom fut inscrit sur la liste noire et qu’il fut interdit de séjours aux États-Unis. Nancy Oden et Doug Stuber, du Parti vert, ont manqué leur vol et ont été retenus plusieurs heures à l’aéroport par les services de renseignements. On les accusaient à tort d’être des activistes dangereux parce qu’ils s’opposaient au gouvernement Bush.

    Bref, cette liste que le Canada souhaite adopter pour 2006 doit être contestée par tous ceux qui ont à coeur la défense des droits individuels. Nous devons refuser de participer à cette paranoïa excessive générée par nos gouvernements.
    © Agoravox

    DES VANDALES PROFANENT DES LIVRES SAINTS JUIFS À UN CAMP D'ÉTÉ (Canada)
    Le Congrès juif canadien déplore cet acte odieux

    22/08/2005 - Le Congrès juif canadien, région du Québec (CJC, RQ) a communiqué immédiatement avec la communauté Belz de Val-Morin à la suite de la diffusion d'un rapport selon lequel des vandales ont profané la synagogue du camp d'été, dans la nuit de jeudi, et jeté plus de 300 textes sacrés dans les toilettes et le lac voisin.

    "Prendre des textes sacrés et leur infliger un pareil outrage est un acte déplorable", a déclaré le porte-parole du CJC, RQ, M. Adam Atlas. "Ces gestes sont d'autant plus scandaleux qu'ils sont survenus dans un endroit où les enfants se réunissent pour étudier et passer les vacances d'été."

    "L'outrage infligé à ces textes religieux constitue une nouvelle affligeante pour tous les Québécois puisque leur réputation n'est plus à faire en matière de tolérance et de vigilance à l'égard de toutes les formes de racisme", a constaté le président du CJC, RQ, M. Jeffrey K. Boro.

    "Les responsables du camp ont déposé un rapport de police et nous avons confiance que les forces policières prendront les mesures indiquées pour trouver les coupables et les traduire en justice", a ajouté M. Atlas.

    La communauté Belz de Val-Morin fait actuellement l'objet d'une poursuite judiciaire intentée par la municipalité qui conteste le droit à la communauté Belz de continuer à assurer le fonctionnement d'une synagogue d'été dans une zone résidentielle. M. Adam Atlas a représenté le CJC à titre d'intervenant dans ce cas.

    Le Congrès juif canadien, région du Québec, est l'organisme officiel qui représente la communauté juive du Québec.

    Renseignements: Eta Yudin, Directrice des communications, (514) 345-6411, poste 3165, Cell. : (514) 833-7441
    © Groupe CNW

    USA: LES PROCUREURS TEXANS PLUS ENCLINS À EXCLURE LES NOIRS DES JURYS
    22/08/2005 - Bien qu'officiellement illégale, la discrimination raciale dans la sélection des jurés existe toujours dans les faits aux Etats-Unis. En 2002, les procureurs de Dallas (Texas) ont exclu les Noirs deux fois plus souvent que les Blancs lors de la composition des jurys, a rapporté un journal local dimanche.

    Cette statistique est globalement compensée par les avocats de la défense qui rejettent la nomination de jurés blancs trois fois plus souvent que les Noirs, a révélé le "Dallas Morning News" qui a étudié plus de 6.500 fiches de renseignements de jurés lors d'affaires jugées en 2002.

    Bill Hill, procureur de district depuis 1999, a affirmé que ses procureurs n'utilisaient pas de critères raciaux pour la composition des jurys. "Les chiffres peuvent montrer que nous écartons plus de Noirs, mais ce n'est pas à cause de leur couleur, a-t-il expliqué. C'est parce que, pour une raison ou une autre, ils (les procureurs) ne pensent pas qu'ils seront justes et impartiaux."

    Cette question était réapparue sur le devant de la scène en février après que la Cour Suprême américaine a annulé la condamnation à mort en 1986 d'un homme noir accusé d'avoir tué un homme blanc. Les avocats de Thomas Miller-El avaient affirmé que le bureau du procureur de Dallas, au Texas, avait demandé à ses substituts d'écarter les jurés issus des minorités parce qu'ils "ressentaient presque toujours de la compassion pour l'accusé".
    © Le Nouvel Observateur

    LE COMITÉ POUR L'ÉLIMINATION DE LA DISCRIMINATION RACIALE ACHÈVE LES TRAVAUX DE SA SOIXANTE-SEPTIÈME SESSION (ONU)
    Il adopte des observations finales sur le Venezuela, la Géorgie, la Zambie, la Barbade, la Tanzanie, l'Islande, le Turkménistan et le Nigéria

    19/08/2005 - Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale a clos, cet après-midi, les travaux de sa soixante-septième session, qui se tenait à Genève depuis le 2 août dernier, en présentant ses observations finales sur les rapports des huit pays qu'il a examinés au cours de ces trois semaines de session, à savoir: le Venezuela, la Géorgie, la Zambie, la Barbade, la Tanzanie, l'Islande, le Turkménistan et le Nigéria. Le Comité a par ailleurs examiné, au titre de sa procédure de bilan, les situations au Malawi, aux Seychelles, à Sainte-Lucie et au Mozambique.

    Au cours de cette session, le Comité a par ailleurs examiné, au titre de la prévention de la discrimination raciale et des procédures d'alerte rapide et des mesures d'urgence, une décision sur la situation au Suriname dans laquelle il regrette de n'avoir reçu aucun commentaire relatif à l'élaboration d'un projet de loi de 2004 sur l'exploitation minière, au sujet duquel le Comité avait déjà exprimé sa préoccupation. Il exprime par ailleurs sa profonde préoccupation concernant les allégations selon lesquelles le Suriname allouerait des ressources supplémentaires et infrastructures à des projets qui font peser des menaces graves et irréparables sur les autochtones et les membres de tribus.

    Le Comité a également adressé des lettres à l'Ukraine et aux États-Unis dans le cadre de sa procédure d'alerte rapide et de mesures d'urgence, indiquant à ces États parties qu'il avait entamé, à titre préliminaire, l'examen de demandes visant à ce qu'il adopte des mesures s'agissant, respectivement, du peuple autochtone tatar de Crimée et de la situation des Shoshone occidentaux.

    Au cours de la présente session, le Comité a en outre adopté une recommandation générale relative à la prévention de la discrimination raciale dans le fonctionnement et l'administration de la justice pénale.

    Il a par ailleurs adopté une décision qui s'inscrit dans le cadre de la procédure de suivi de la Déclaration sur la prévention du génocide, adoptée à sa précédente session, et qui concerne plus précisément les indicateurs de manifestations systématiques et massives de discrimination raciale.

    À sa prochaine session, qui se tiendra au Palais des Nations à Genève du 20 février au 10 mars 2006, le Comité a prévu d'examiner les rapports des États parties suivants : Botswana, Ouzbékistan, Guatemala, El Salvador, Estonie, Etats-Unis, Guyana, Afrique du Sud et Lituanie.

    Observations finales du Comité sur les rapports examinés au cours de la session

    Le Comité a adopté des observations finales sur chacun des rapports examinés au cours de la session, présentés par les délégations des pays suivants (dans l'ordre des séances d'examen): Venezuela, Géorgie, Zambie, Barbade, Tanzanie, Islande, Turkménistan et Nigéria.

    Dans ses observations finales sur le rapport périodique du Venezuela, le Comité se félicite des droits et principes énoncés dans la Constitution de 1999, en particulier le préambule, qui établit le caractère multiethnique et pluriculturel de la société vénézuélienne. Il prend note de la création d'institutions spécialisées, notamment un comité présidentiel, visant à lutter contre la discrimination raciale.

    Le Comité note également avec satisfaction que les peuples autochtones sont représentés à l'Assemblée nationale. Le Comité note également avec intérêt l'existence d'une juridiction spéciale chargée de régler les conflits fondés sur les us et coutumes des peuples autochtones. Il prend aussi note du décret présidentiel de mai 2002 relatif à la protection des langues des peuples autochtones et note que les autochtones peuvent faire usage de leurs langues face aux autorités. Le Comité note avec satisfaction que l'un des objectifs de la Loi sur la responsabilité sociale de la radio et de la télévision (2004) est la promotion de la tolérance entre les peuples et les groupes ethniques.

    Le Comité note néanmoins avec préoccupation qu'il n'existe pas au Venezuela de données statistiques ventilées concernant les Afro-descendants. Le Comité demande par ailleurs au pays de veiller à ce que la carte d'identité octroyée aux autochtones conformément à la loi se fonde sur une auto-identification des personnes concernées. Il réitère sa préoccupation face à la persistance d'inégalités socioéconomiques profondes et structurelles qui se reflètent dans la jouissance des droits de l'homme, en particulier des droits économiques, sociaux et culturels, et qui affectent les Afro-descendants et les peuples autochtones.

    Le Comité note avec une profonde préoccupation qu'entre 1995 et 2003, 61 personnes, en majorité autochtones ou afro-descendantes, auraient été assassinées par des groupes armés privés en raison de conflits liés à la terre, ce problème s'étant aggravé à partir de 2001. Il est demandé au Venezuela de prendre des mesures effectives et urgentes pour mettre un terme à ce problème de violence qui affecte principalement les peuples autochtones et les Afro-descendants. Le Comité note en outre avec préoccupation que, selon le rapport du Venezuela, les peuples autochtones du Haut Oricono et des bassins du Casiquiare et du Guanía-Río Negro rencontrent des problèmes de divers ordres, en particulier avec les centres d'exploitation illégale de l'or; il est recommandé au pays de prendre des mesures urgentes pour mettre fin à cette situation.

    Le Comité note avec satisfaction que la Géorgie poursuit son œuvre de réforme des lois et se félicite que, ce faisant, elle tienne compte de certaines de ses précédentes recommandations. Le Comité note également avec satisfaction que la Géorgie a fait la déclaration reconnaissant la compétence du Comité pour connaître des communications individuelles. Le Comité souhaite que le public soit dûment tenu informé de cette possibilité. Le Comité relève par ailleurs avec satisfaction les mesures prises par la Géorgie pour renforcer la participation des minorités ethniques aux institutions publiques. Le Comité demande à la Géorgie de lui fournir des informations détaillées sur les résultats du plan d'action 2003-2005 visant à protéger les droits et les libertés des divers groupes qui composent sa population et l'invite à adopter une législation spécifique de protection des minorités.

    Il lui recommande par ailleurs de se doter des mesures permettant d'assurer une mise en œuvre complète et appropriée de l'article 4 de la Convention (interdiction de la propagande raciste). Il lui recommande d'adopter une législation sur le statut des langues et de prendre des mesures efficaces destinées à renforcer la connaissance de la langue géorgienne par les minorités et à promouvoir l'utilisation des langues minoritaires dans l'administration. Le Comité recommande à la Géorgie d'inclure dans son prochain rapport des informations détaillées sur la situation de toutes les minorités, notamment les plus vulnérables d'entre elles et plus particulièrement les Roms. Il lui recommande d'adopter des mesures concrètes pour permettre la représentation des minorités dans l'administration et les institutions publiques et pour accroître leur participation à la vie publique. Le Comité recommande à la Géorgie de fournir dans son prochain rapport périodique des informations détaillées concernant la situation des meskhètes, tout en prenant les mesures nécessaires pour faciliter leur intégration et l'acquisition de la nationalité géorgienne.

    La Géorgie devrait fournir au Comité des informations détaillées sur la situation des réfugiés et des demandeurs d'asile, sur la protection juridique dont ils bénéficient, y compris leurs droits à bénéficier de l'assistance juridique et de recourir en justice contre des mesures d'expulsion, ainsi que des informations sur la législation relative à l'expulsion. Le Comité encourage la Géorgie à ratifier la Convention relative au statut des apatrides ainsi que la Convention sur la réduction des cas d'apatridie. Il lui recommande par ailleurs d'adopter une législation relative à la liberté de conscience et de religion afin de protéger les minorités ethniques et religieuses contre la discrimination et, plus particulièrement, contre les actes de violence.

    Il lui recommande de prendre les mesures appropriées afin de supprimer toutes formes de mauvais traitements infligés par des responsables de l'application des lois particulièrement lorsque les victimes appartiennent à des minorités ethniques ou sont des non-ressortissants. Le Comité recommande à la Géorgie de présenter dans son prochain rapport des informations détaillées concernant l'indépendance et les compétences de l'Ombudsman, ainsi que les résultats de ses activités. Le Comité exhorte enfin la Géorgie à faire en sorte que sa législation interne contienne des dispositions permettant de protéger les doits garantis par la Convention et d'obtenir réparation en cas de violation de ces droits. La Géorgie devrait diffuser le plus largement possible l'information relative aux voies de recours contre de telles violations.

    S'agissant du rapport de la Zambie, le Comité accueille avec satisfaction la création d'une Commission nationale des droits de l'homme et d'une Autorité chargée de traiter les plaintes portées contre la police. Le Comité se félicite particulièrement de la présence, au sein de la délégation zambienne, de représentants de la Commission des droits de l'homme, attestant de la volonté de la Zambie de nouer un dialogue sincère et constructif avec le Comité. Le Comité se félicite en outre des efforts déployés par la Zambie afin de promouvoir l'accès des réfugiés à la justice et il se réjouit plus particulièrement de la création de tribunaux spéciaux itinérants et d'unités de police opérant dans les camps de réfugiés.

    Le Comité recommande à la Zambie de faciliter le processus de révision de la Constitution afin d'assurer la pleine mis en œuvre des dispositions relatives à l'interdiction de la discrimination. Le Comité invite la Zambie à transcrire la Convention dans sa législation interne, et lui recommande de garantir le droit de chacun à jouir de ses droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, sans discrimination. La Zambie devrait fournir davantage d'informations détaillées sur la mise en œuvre concrète de sa législation. Le Comité recommande par ailleurs au pays de réviser la disposition constitutionnelle exigeant de tout candidat à l'élection présidentielle qu'il soit un zambien de deuxième génération.

    Le Comité rappelle à la Zambie qu'aux termes de la Convention, un traitement différencié fondé sur la citoyenneté est discriminatoire s'il repose sur un critère ne poursuivant pas un objectif légitime et n'est pas proportionnée au but à atteindre. Le Comité recommande à la Zambie de respecter la liberté d'expression sans discrimination fondée sur la citoyenneté. Préoccupé par le sort de milliers de réfugiés qui ne peuvent pas entrer dans leur pays d'origine, en particulier des angolais, le Comité recommande à la Zambie de réviser sa politique en matière de réfugiés afin de renforcer les chances d'intégration de ceux qui se trouvent depuis longtemps sur son territoire. Préoccupé par des cas de discrimination raciale impliquant quotidiennement des acteurs non étatiques, le Comité exhorte la Zambie à se saisir de ce phénomène en élaborant des stratégies en partenariat avec la Commission nationale des droits de l'homme.

    Le Comité recommande par ailleurs à la Zambie d'ériger en infraction punissable la participation à des organisations de promotion et d'incitation à la haine raciale. Le Comité recommande à la Zambie d'inclure dans son prochain rapport des informations sur les plaintes pour faits de discrimination raciale portées devant la Commission zambienne des droits de l'homme et sur les suites qui y ont été données. Le Comité recommande également à la Zambie de prêter toute l'attention nécessaire à l'existence possible de cas de discriminations indirectes, interdites par la Convention. La Zambie devrait en outre renforcer ses efforts afin de faire connaître ses droits à la population, d'informer les victimes des voies de recours dont elles disposent, de faciliter leur accès à la justice. Le Comité recommande enfin à la Zambie de redoubler d'efforts visant pour renforcer l'efficacité de la Commission nationale des droits de l'homme.

    Le Comité note avec satisfaction la création, par la Barbade, d'une Commission nationale pour la réconciliation. Il apprécie par ailleurs que la délégation ait fourni des données statistiques pertinentes concernant la composition de la population. Le Comité se félicite de l'adoption par la Barbade d'un Plan National sur la justice, la paix et la sécurité, étape importante vers l'obtention d'un droit à réparation pour les victimes de crimes violents. Le Comité se réjouit par ailleurs de l'organisation par le centre Régional de formation de la police de plusieurs programmes de formation aux droits de l'homme.

    Le Comité recommande à la Barbade d'adopter une définition de la discrimination raciale reprenant les éléments de l'article 1er de la Convention. Il lui recommande par ailleurs d'instituer une commission nationale des droits de l'homme conforme aux exigences des Principes de Paris. La Barbade devrait en outre s'efforcer de créer un environnement favorable aux organisations s'attachant à promouvoir l'intégration multiraciale. Le Comité encourage en outre la Barbade à poursuivre le dialogue avec les organisations de la société civile. Le Comité encourage la Barbade à surveiller les tendances susceptibles de générer des pratiques ségrégationnistes et de décrire toutes conséquences négatives en découlant dans son prochain rapport périodique.

    Le Comité recommande par ailleurs à la Barbade d'envisager de retirer sa réserve afin de donner plein effet à l'article 4 de la Convention et d'octroyer aux victimes de discrimination raciale des voies de recours efficaces, conformément à l'article 6. Le Comité recommande à la Barbade de rechercher les raisons de l'absence de plaintes officielles concernant des actes de discrimination raciale. Il lui demande de fournir, dans son prochain rapport, des informations statistiques sur les plaintes déposées par les victimes, les poursuites qui s'en sont suivies, et le résultat des affaires relatives à des actes de discrimination raciale.

    Le Comité recommande par ailleurs à la Barbade d'assurer à chacun la jouissance des droits économiques et sociaux, y compris du droit à l'éducation, dans des conditions d'égalité. Préoccupé par la fermeture du Centre d'études multiethniques de l'université de la Barbade, le Comité recommande à l'État partie d'envisager sa réouverture. Le Comité recommande enfin fermement à la Barbade de ratifier la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles et de la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés.

    Le Comité note que la Tanzanie est un État multiethnique, comptant plus de 120 ethnies et minorités, et reconnaît les efforts qu'il déploie en vue de permettre l'harmonie entre tous ces groupes. Le Comité se félicite de la création d'une Commission des droits de l'homme et de la bonne gouvernance, compétente pour mener des enquêtes relatives à des allégations de violations de droits de l'homme et chargée par ailleurs de diffuser l'information relative aux droits de l'homme. Il lui demande à cet égard de fournir des informations détaillées relatives à l'indépendance, les compétences et les résultats de l'activité de la Commission et lui recommande de renforcer cette institution, dans le respect des Principes de Paris relatifs au statut des institutions nationales et la dotant des ressources appropriées.

    Le Comité recommande à la Tanzanie d'adopter une législation spécifique afin de mettre en œuvre les dispositions de la Convention, en se dotant notamment d'une définition de la discrimination raciale conforme à l'article premier la Convention. Le Comité recommande fermement à la Tanzanie d'envisager l'incorporation de la Convention à son ordre juridique interne. Il lui recommande en outre d'adopter une législation permettant la mise en œuvre complète et appropriée de l'article 4 de la Convention dans son système juridique (interdiction de la propagande raciste). Le Comité recommande à la Tanzanie de renforcer les mesures qu'elle a adoptées en vue de supprimer la pratique persistante des mutilations génitales féminines, notamment au moyen de campagnes de sensibilisation.

    Le Comité demande à la Tanzanie de lui fournir des informations détaillées sur l'expropriation foncière de certains groupes ethniques, sur les compensations prévues à cet effet ainsi que des informations concernant la situation de ces groupes ethniques à la suite de leur déplacement. Il lui demande aussi de fournir une évaluation, tout au moins approximative, de la composition ethnique et linguistique de sa population, y compris les non-ressortissants. Elle devrait également fournir des informations détaillées s'agissant de la situation des non-ressortissants, des immigrants et des demandeurs d'asile ainsi que sur les résidents étrangers qui séjournent depuis longtemps dans le pays et les possibilités qui leur sont offertes d'acquérir la citoyenneté tanzanienne. Le Comité recommande par ailleurs à la Tanzanie de le tenir informé des mesures spéciales visant à permettre aux groupes ethniques et semi-ethniques de jouir pleinement de leurs droits au titre de la Convention.

    Il lui recommande aussi de prendre les mesures appropriées afin de supprimer toutes formes de mauvais traitements imputables aux responsables de l'application des lois relatives aux réfugiés, et de le tenir informé de la situation des réfugiés et des règles relatives à leur expulsion.. Le Comité recommande à la Tanzanie de prendre les mesures nécessaires pour établir les mécanismes permettant de renforcer la capacité et l'efficacité du système judiciaire, afin de permettre l'accès de tous à la justice sans discrimination. La Tanzanie devrait également créer des mécanismes permettant de fournir une assistance juridique à tous les membres des groupes vulnérables. Le Comité rappelle à la Tanzanie que l'absence de décisions de justice relatives à des actes de discrimination raciale peut être due à un manque d'information des victimes. Il lui recommande de s'assurer que sa législation interne prévoit des dispositions appropriées permettant de protéger les droits garantis par la Convention et permettent aux victimes de recourir contre des violations de la Convention.

    Le Comité se félicite de la ratification par l'Islande de nombre d'instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme, y compris celle des deux Protocoles facultatifs à la Convention relative aux droits de l'enfant, depuis l'examen de son précédent rapport en 2001. Le Comité note par ailleurs avec satisfaction l'adoption de nouvelles législations relatives au droit des étrangers, en matière d'emploi ou de droit de vote aux élections municipales. Il se félicite que le pays soit en train de mettre en place une commission pour les réfugiés et les demandeurs d'asile et un conseil de l'immigration. Il se réjouit que la Cour suprême ait confirmé par une décision d'avril 2002 la condamnation, sur la base de l'article 233 du Code pénal, d'un individu qui avait agressé un groupe de personnes au motif de leur nationalité, de leur couleur et de leur race. Le Comité se félicite en outre de la création d'un bureau au sein de la police de Reykjavik chargé de faire le lien entre la police et les personnes d'origine étrangère.

    Le Comité encourage l'Islande à envisager l'incorporation à sa législation interne de dispositions importantes de la Convention, afin de permettre une protection globale contre la discrimination. Le Comité rappelle à l'Islande que la notion de prévention est inhérente à nombre de dispositions de la Convention et encourage l'Islande à adopter des mesures de prévention de la discrimination raciale dans toutes les sphères de la vie. À cet égard, l'Islande devrait réfléchir à l'adoption d'une législation globale de lutte contre la discrimination.

    Le Comité invite par ailleurs le pays à maintenir sa coopération avec les organisations non gouvernementales qui luttent contre la discrimination raciale, en s'assurant qu'elles disposent du financement et de l'indépendance nécessaires. Il l'encourage à intensifier ses efforts en matière de formation systématique de ses garde-frontières, pour leur permettre de mieux connaître tous les aspects de la protection des réfugiés ainsi que la situation dans les pays dont sont originaires les demandeurs d'asile. Il lui recommande de renforcer les garanties de protection légales contre les discriminations à l'encontre des non-ressortissants.

    Le Comité rappelle à l'Islande le droit pour chaque individu de pénétrer à l'intérieur de lieux publics, tels que les discothèques ou les bars, et lui recommande de réglementer la charge de la preuve dans le cadre de procédures civiles relatives au refus d'accès à des lieux publics fondés sur la race, la couleur, l'ascendance ou l'origine nationale ou ethnique. Une fois établie l'existence d'éléments suffisants permettant de penser qu'un tel refus est intervenu, il devrait incomber à la défense d'apporter la preuve que le refus était fondé sur un élément objectif et raisonnable qui justifier un traitement différent. Par ailleurs, le Comité recommande à l'Islande d'envisager l'examen, par une instance judiciaire indépendante, de la légalité des décisions de rejet par la Direction de l'immigration en matière de demande d'asile. Le Comité recommande enfin à l'Islande d'envisager la création d'une institution nationale relative aux droits de l'homme répondant aux exigences des Principes de Paris sur le statut des institutions nationales.

    Relevant que le rapport périodique du Turkménistan a été soumis avec neuf ans de retard, le Comité invite le pays à respecter les délais pour la présentation de ses futurs rapports. Le Comité note avec satisfaction que, depuis son indépendance, le Turkménistan a ratifié la plupart des principaux traités des Nations Unies relatifs aux droits de l'homme. Le Comité apprécie en outre l'adoption en mars dernier d'une règle concernant la détermination du statut de réfugié ainsi que l'accueil généreux, sur simple présomption, de plus de dix mille réfugiés provenant du Tadjikistan. Il note toutefois avec une profonde préoccupation les contradictions majeures qui existent entre, d'une part, les informations cohérentes en provenance de sources intergouvernementales et non gouvernementales faisant état de graves violations de la Convention dans le pays et, de l'autre, les dénégations parfois catégoriques du Turkménistan.

    Le Comité note en outre avec préoccupation le manque de données cohérentes concernant la composition ethnique de la population. Il note que la proportion de minorités nationales et ethniques au Turkménistan semble avoir sensiblement diminué entre 1995 et 2005; il lui semble difficile d'interpréter ces chiffres qui peuvent à la fois résulter d'une politique d'assimilation menée par le pays, de l'émigration de nombreux membres des groupes minoritaires et de prétendues manipulations des statistiques par le pays afin de diminuer l'importance des minorités sur le territoire. Le Comité rappelle que les politiques d'assimilation forcée équivalent à de la discrimination raciale. Il se dit en outre profondément préoccupé par les cas rapportés de discours de haine à l'encontre des minorités nationales et ethniques, incluant des déclarations attribuées à des responsables gouvernementaux de haut rang et à des personnalités publiques, faisant état d'une «pureté ethnique turkmène».

    Le Comité se dit par ailleurs préoccupé par certaines informations selon lesquelles les minorités nationales et ethniques voient leur participation sur le marché du travail gravement restreinte, s'agissant en particulier de l'emploi dans le secteur public. Le Comité note en outre avec une profonde préoccupation l'information selon laquelle il y aurait au Turkménistan des populations déplacées par la force, au niveau interne, et envoyées dans des régions inhospitalières du pays, les personnes d'origine ouzbèke étant à cet égard particulièrement visées. Sont également jugées préoccupantes les informations faisant état de restrictions à la liberté de mouvement imposées par le biais de permis spéciaux pour voyager vers les régions frontalières à l'intérieur du pays, ces restrictions ayant un impact particulier sur les personnes appartenant à des minorités nationales et ethniques.

    Recommandant au pays de respecter pleinement les droits culturels des personnes appartenant à de telles minorités, le Comité estime que le Turkménistan devrait envisager de rouvrir les écoles dispensant un enseignement dans les langues ouzbèke, russe, kazakhe et arménienne. Relevant que l'accord bilatéral passé avec la Fédération de Russie en matière de double nationalité avait été abrogé en 2003, le Comité note avec préoccupation qu'il aurait alors été exigé des personnes ayant choisi la nationalité russe qu'elles quittent le pays rapidement. Il se dit par ailleurs profondément préoccupé par les informations selon lesquelles le Turkménistan aurait pris des mesures limitant considérablement l'accès à la culture et aux arts étrangers, aux médias étrangers et à l'Internet.

    Le Comité se félicite de la création par le Nigéria d'une Commission nationale des droits de l'homme. Il se réjouit en outre de l'adoption en 2004 d'un Plan national de promotion et de protection des droits de l'homme. Il se félicite également de la création d'un Conseil national inter-religions et d'un Institut sur les conflits et la paix, tous deux chargés de promouvoir l'harmonie entre les groupes ethniques et les religions. Le Comité se réjouit par ailleurs de la création d'un système national de répartition des revenus dont l'objet est d'assurer une juste distribution des ressources à travers les différents États du pays. Il se félicite de la mise en place de bureaux des droits de l'homme dans les commissariats. Le Comité recommande par ailleurs au Nigéria de mener à son terme le recensement de sa population et de produire des données ventilées par ethnicité, religion et sexe, ce qui permettra au Comité d'identifier les groupes visés à l'article premier de la Convention.

    Le Comité recommande par ailleurs au Nigéria de demander à la Commission conjointe du Parlement chargée de faire des propositions d'amendement à la Constitution d'envisager l'adoption d'une définition de la discrimination qui reprenne les éléments de l'article premier de la Convention. Le Comité invite le Nigéria à étendre aux non-ressortissants le champ d'application de la législation de lutte contre la discrimination qu'il est en train d'élaborer. Le Comité invite en outre le Nigéria à prendre toutes les mesures nécessaires pour transcrire dans son droit interne les dispositions importantes de la Convention, afin de se doter d'une législation globale de protection contre la discrimination raciale. Le Comité encourage le Nigéria à continuer de surveiller toutes initiatives et tendances susceptibles de donner lieu à des comportements racistes et xénophobes. Il recommande au Nigéria de mener des études afin de prendre la mesure des faits de discrimination raciale.

    Le Comité invite par ailleurs l'État partie à lui fournir dans son prochain rapport une réponse détaillée sur la question de la discrimination fondée sur l'ascendance. Il recommande fermement au Nigéria d'élaborer, en partenariat avec les organisations non gouvernementales, des programmes efficaces de prévention, d'interdiction et d'abolition de toutes pratiques de nature ségrégationniste émanant de personnes privées ou publiques. Le Comité recommande par ailleurs au Nigéria de mettre un terme aux mauvais traitements, à l'usage excessif de la force par la police et aux exécutions extrajudiciaires. Il demande au Nigéria de lui fournir dans son prochain rapport des informations concernant le nombre de personnes ayant trouvé la mort dans le cadre de ces pratiques, ainsi que sur leur origine ethnique.

    Par ailleurs, le Comité recommande au Nigéria d'introduire dans sa législation pénale une disposition faisant de l'intention raciste une circonstance aggravante. Le Comité exhorte le pays à prendre, à brève échéance, des mesures destinées à lutter contre le racisme environnemental. À cet égard, il recommande au Nigéria d'abroger la loi de 1978 sur l'exploitation de la terre et du décret de 1969 sur le pétrole et d'adopter une législation qui établisse clairement les principes directeurs de l'exploitation de la terre, oblige au respect de règles strictes de protection de l'environnement et à une juste répartition des revenus. Le Comité recommande par ailleurs au Nigéria de présenter dans son prochain rapport des informations concernant la traite es êtres humains et qu'il continue à adopter des mesures pour prévenir et combattre ce phénomène. Le Comité recommande enfin au Nigéria de prévoir les dispositions permettant d'exercer des recours contre des actes de discrimination raciale et d'informer la population sur leur existence.

    Autres mesures prises par le Comité concernant des États parties à la Convention

    Au cours de la présente session, le Comité a par ailleurs examiné, au titre de la procédure de bilan applicable aux États parties dont le rapport accuse un retard trop important, les situations au Malawi, aux Seychelles, à Sainte-Lucie et au Mozambique.

    S'agissant du Malawi et des Seychelles, le Comité a décidé d'adresser une liste de questions à ces États parties leur demandant de fournir des réponses avant la fin de l'année, faute de quoi le Comité procéderait à l'adoption d'observations finales sur la situation dans ces pays au regard de la Convention.

    En ce qui concerne le Mozambique, également en retard dans la présentation de son rapport, le Comité a pris note que les représentants de ce pays ont indiqué que le rapport dû avait été préparé et serait envoyé dès que possible avant la fin de l'année. Aussi, le Comité a-t-il décidé de reporter une fois de plus l'examen de la situation au Mozambique au titre de sa procédure de bilan et d'attendre la présentation du rapport susmentionné jusqu'au 31 décembre 2005, faute de quoi le Comité examinerait la situation au Mozambique et procèderait à l'adoption d'observations finales.

    S'agissant de Sainte-Lucie, le Comité note que cet État partie n'a toujours pas donné d'indication concernant l'état de préparation de ses rapports et lui demande de lui indiquer s'il souhaitait se prévaloir de la possibilité de recourir aux services consultatifs du Haut Commissariat aux droits de l'homme pour l'assister dans la préparation de ses rapports.

    Au titre de la prévention de la discrimination raciale et des procédures d'alerte rapide et de mesures d'urgence, le Comité a adopté une décision sur la situation au Suriname rappellant sa décision du 9 mars 2005 dans laquelle il exprimait sa profonde préoccupation s'agissant d'un projet de loi révisé relatif à l'exploitation minière, adopté par le Conseil des Ministres fin 2004, pourrait ne pas être conforme aux recommandations adoptées par le Comité en mars 2004 à la suite de l'examen des premier à dixième rapports périodiques du Suriname. Il regrette de n'avoir reçu aucun commentaire relatif à l'élaboration de ce projet de loi. Le Comité exprime par ailleurs sa profonde préoccupation concernant les allégations selon lesquelles le Suriname continuerait de ne pas tenir compte des recommandations du Comité en allouant des ressources supplémentaires et infrastructures à des projets qui font peser des menaces graves et irréparables sur les autochtones et les membres de tribus.

    Aussi, le Comité exhorte-t-il le Suriname d'assurer la conformité de sa législation relative à l'exploitation minière avec la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Le Comité recommande une fois encore au Suriname d'élaborer une loi cadre relative aux droits des autochtones et des peuples tribaux et qu'il s'appuie à cet effet sur les services consultatifs et le Programme d'assistance technique du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l'homme. Le Comité recommande en outre au Suriname d'inviter le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales des peuples autochtones à se rendre dans le pays. Il exhorte par ailleurs le Secrétaire général des Nations Unies à attirer l'attention des instances compétentes des Nations unies sur la situation particulièrement alarmante des populations autochtones du Suriname et de leur demander de prendre toutes mesures appropriées à cet égard.

    Le Comité a également adressé des lettres à l'Ukraine et aux Etats-Unis dans le cadre de sa procédure d'alerte rapide et de mesures d'urgence. Le Comité indique dans sa lettre à l'Ukraine qu'il a commencé, à titre préliminaire, l'examen d'une demande adressée au Comité pour qu'il adopte des mesures s'agissant de la situation du peuple autochtone tatar de Crimée. Il indique aussi sa volonté de poursuivre son dialogue constructif avec l'Ukraine à cet égard et en ce qui concerne ses dix-septième et dix-huitième rapports, qui auraient dû déjà lui être soumis. S'agissant des Etats-Unis, le Comité indique à cet État partie qu'il a entamé, à titre préliminaire, l'examen d'une demande d'intervenir au sujet de la situation des Shoshone occidentaux aux Etats-Unis.

    Décision sur la question du génocide

    Le Comité a par ailleurs adopté une décision qui s'inscrit dans le cadre de la procédure de suivi de la Déclaration sur la prévention du génocide, adoptée à sa précédente session, et qui concerne plus précisément les indicateurs de manifestations systématique et massive de discrimination raciale. Tenant compte du fait que la discrimination, le mépris ou l'exclusion systématiques se trouvent souvent à l'origine d'un conflit, cette décision vise à renforcer la capacité du Comité à détecter et à prévenir le plus tôt possible les manifestations de discrimination raciale qui sont susceptibles d'évoluer vers un conflit violent et vers un génocide.

    Si l'un ou plusieurs des indicateurs identifiés dans la présente décision s'avèrent applicables à une situation donnée, alors cela devrait être clairement dit dans les observations finales ou dans une décision et le Comité devrait recommander à l'État partie concerné de faire rapport, au titre de la procédure de suivi et dans un délai prescrit, sur ce qu'il entend faire pour améliorer la situation. Parmi les quinze indicateurs identifiés dans la présente décision, figurent: le manque de cadre législatif et d'institutions visant à prévenir la discrimination raciale et à assurer une voie de recours aux victimes de discrimination; le déni officiel systématique de l'existence de groupes (raciaux, ethniques et religieux) distincts particuliers; l'exclusion systématique de groupes, en droit ou dans les faits, des postes de pouvoir, des emplois publics et des professions clefs telles que celles d'enseignant, de juge et de policier; l'identification obligatoire des membres de groupes particuliers; ou encore la présentation dans les manuels scolaires de versions grossièrement tendancieuses des événements historiques.

    Étant donné que ces indicateurs peuvent s'avérer applicables dans des États qui ne s'orientent pas vers la violence ou le génocide, l'évaluation de leur signification sous l'angle d'un éventuel objectif prémédité de génocide ou de violence à l'encontre d'un groupe identifiable devrait se faire en ayant recours à un sous-groupe de quatre indicateurs devant être examinés et parmi lesquels figurent une histoire antérieure de génocide ou de violence contre un groupe, ou encore une politique ou une pratique d'impunité.

    S'ils reçoivent, entre les sessions du Comité, des informations faisant état de graves incidents de discrimination raciale impliquant un ou plusieurs des indicateurs pertinents, alors le Président du Groupe de travail sur les mesures d'urgence et d'alerte précoce et le Président du Comité peuvent demander des informations complémentaires à l'État partie concerné; transmettre l'information au Conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide; préparer une décision devant être soumise au Comité pour adoption à sa prochaine session; et adopter une décision durant la session, à la lumière des événements les plus récents et des mesures prises par d'autres organisations internationales.

    Recommandation générale sur la prévention de la discrimination raciale dans l'administration et le fonctionnement de la justice pénale

    Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale a adopté, le 17 août, une recommandation générale sur la prévention de la discrimination raciale dans l'administration et le fonctionnement de la justice pénale, dans laquelle il demande notamment aux États parties d'éliminer les lois ayant un effet discriminatoire au plan racial, en particulier celles qui visent indirectement certains groupes en pénalisant des actes qui ne peuvent être commis que par des personnes appartenant à ces groupes ou celles qui ne s'appliquent qu'aux non-ressortissants, sans motif légitime ou sans respecter le principe de proportionnalité.

    Les États parties devraient veiller au respect et à la reconnaissance des systèmes traditionnels de justice des peuples autochtones, en conformité avec le droit international des droits de l'homme. S'agissant des personnes poursuivies en justice, les États parties devraient veiller à ce que soit respecté le principe général de proportionnalité et de stricte nécessité, notamment s'agissant du recours à la force et l'utilisation des armes à feu par les responsables de l'application des lois. En outre, les États parties devraient veiller à ce que la simple appartenance raciale ou ethnique ne soit pas une raison suffisante, de jure ou de facto, pour placer une personne en détention provisoire avant son jugement.

    Les États devraient veiller à ce que ne soient pas appliquées des peines plus sévères pour la seule raison de l'appartenance du prévenu à un groupe racial ou ethnique déterminé. Une attention particulière devrait être portée à la peine capitale dans les pays qui ne l'ont pas encore abolie, eu égard aux informations faisant apparaître que cette peine est plus souvent prononcée et exécutée à l'encontre de personnes appartenant à des groupes raciaux ou ethniques déterminés.
    © ONU

    SANS PAPIERS ET SANS SOINS (France)
    Deux décrets du gouvernement compliquent l'aide médicale des étrangers en difficulté. Par Christian SAOUT, Président d'Aides, association de lutte contre le sida.

    17/08/2005 - Le gouvernement vient de publier deux décrets contraignant les étrangers sans papiers à apporter la preuve qu'ils se trouvent sur le sol français depuis au moins trois mois pour avoir le droit à l'aide médicale d'Etat (AME), forme d'assurance maladie spéciale réservée aux étrangers en situation irrégulière. Paradoxalement, les sans-papiers devront donc en fournir pour attester de la régularité de leur séjour et avoir ainsi accès aux soins (hormis les soins d'urgence qui devraient continuer à être assurés).

    L'ensemble des associations humanitaire, de santé ou de défense des étrangers s'élève contre ces deux décrets. En effet, c'est notre honneur d'être indignés car les circonstances qui entourent leur publication sont profondément troublantes. Elles révèlent fondamentalement le faible intérêt que porte ce gouvernement à la santé publique et à l'équilibre de ses comptes sociaux, aux droits des étrangers et à l'élaboration de la décision politique.

    De fait, ces dispositions excluent de l'accès aux soins ceux qui, sur le sol français, sont le plus en difficulté face à la maladie. Pourtant, on le sait, plus tôt est posé le diagnostic d'infection au VIH et rapidement débutée la prise en charge, meilleures sont les chances de rester en bonne santé, et donc moins l'épidémie peut se propager, ce qui est déterminant dans un groupe de population déjà fortement touché par le sida. Soigner au plus tôt aujourd'hui, c'est non seulement éviter des souffrances (et pratiquer donc concrètement sur notre propre sol cet humanisme affiché par la France avec tant de morale à la face du monde), mais c'est aussi éviter demain des dépenses nécessairement plus coûteuses (et donc être utilement soucieux de l'équilibre de nos comptes sociaux).

    On peut donc s'interroger sur le fait que, contrairement à ce qui est soutenu, ce n'est pas pour limiter la dépense de soins que ces décisions ont été prises. Alors, pourquoi ? Sommes-nous devant un oubli soudain du principe de précaution au détriment d'une plus grande propagation de l'épidémie ? Sommes-nous devant un racisme archaïque qui réserve à l'étranger malade une forme raffinée de haine consistant à l'exposer à des souffrances que nous ne tolérerions pas pour les nôtres ? Tout ceci nous entraîne loin de la santé publique et du souci d'équilibre des dépenses de santé.

    Prise au plus haut niveau de l'Etat, sans doute même loin du ministère de la Santé, la décision de publier ces deux décrets vient conforter l'idée que des pratiques administratives méprisables sont parfaitement fondées au plan local dans les préfectures en matière de droits des étrangers. Une enquête menée récemment par Aides dans les quatre-vingts départements où l'association est présente révèle des conditions déplorables d'accès aux préfectures des personnes malades, l'exigence de pièces non prévues par les textes, la perception de frais indus, le refus illégal d'enregistrer certaines demandes, l'absence de délivrance de récépissé de demande de titre de séjour laissant la personne malade en proie à une éventuelle expulsion, la notification très tardive des décisions d'admission au séjour, la délivrance de plus en plus systématique de titres de séjour inférieurs à un an alors que les soins en matière de VIH/sida s'inscrivent dans le long terme. Ce n'est pas un tableau très honorable. Il fait apparaître plus que jamais combien l'accès aux soins est étroitement dépendant des conditions de régularisation du séjour.

    Nous touchons ici à la décision politique. Un peu de cohérence ne nuirait pas. D'un triple point de vue.

    Depuis 1998, avec courage, la France a mis en oeuvre un droit au séjour qui protège l'étranger malade. Il ne peut plus être expulsé ou reconduit à la frontière s'il ne peut trouver dans son pays de renvoi les soins que son état de santé exige. Ce n'est rien moins que la traduction dans la loi de la convention européenne des droits de l'homme que la France a signée et dont l'article 3 stipule que «nul ne peut être exposé à des traitements inhumains ou dégradants». Renvoyer dans son pays un étranger malade qui ne pourrait y trouver les soins exigés par son état de santé constitue indubitablement un tel traitement. C'était sans compter sur le fait que, quelques années plus tard, la France pourrait, sur son propre sol, perpétrer de tels manquements en refusant l'accès aux soins des étrangers malades. Il faut aller jusqu'au bout de la démarche de solidarité.

    Le refus de certains pays développés de généraliser l'accès gratuit aux antirétroviraux dans le monde crée un possible appel vers les pays où ils sont disponibles. L'enjeu de cette épidémie est planétaire, il ne peut se gérer par une politique nationaliste et protectionniste. La France doit continuer à plaider pour une normalisation de l'accès aux traitements antirétroviraux en Europe et dans les pays en développement. Le fait que les personnes séropositives puissent être traitées dans leur pays d'origine est la seule garantie pour qu'elles ne viennent pas en Europe dans le but d'obtenir des traitements qui ne sont pas accessibles chez eux. En attendant cet accès généralisé dans les pays en développement, ce qui est en bonne voie, c'est de l'honneur et du devoir de la France de soigner les étrangers présents sur son territoire.

    Prise en plein été, la décision politique de publier ces décrets vient confirmer l'idée que la France d'en haut est toute-puissante. On voit là, quelques semaines après le scrutin européen, et alors même que ces décrets étaient «sous le coude» depuis deux ans, que la CNAMTS (Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés) avait émis un avis défavorable sur ces décrets en février 2004, qu'aucune leçon n'a été tirée des soubresauts d'une société française qui n'en peut plus d'être conduite avec mépris. Les associations humanitaires, de santé ou de défense des droits des étrangers sont confrontées à des difficultés grandissantes pour soutenir les étrangers malades dans leur combat contre la maladie. Leur haut niveau d'engagement ne valait pas un tel mépris.

    Où placer notre espérance ? Dans une vie politique formellement et fondamentalement rénovée ? Sans doute. Il faut toujours y croire. Mais ce n'est pas facile quand la confiance fait place à la défiance. Ces deux décrets freinent l'accès aux soins des personnes. Enfermées dans la clandestinité, elles sont en situation de transmettre le virus, alors qu'une mise sous traitement est efficace en matière de prévention ! Après deux décennies de politiques de l'emploi, nous dissertons sur la préférence française en matière de chômage. D'ici peu, nous parlerons d'une préférence française pour l'épidémie... L'année même où le gouvernement a décrété le sida «grande cause nationale» !
    © Libération

    GÉNOCIDE RWANDAIS: LA PRESSE FRANÇAISE AU BAN DES ACCUSÉS
    Entretien avec Jean-Paul Gouteux
    Propos recueillis par Vivien Jaboeuf


    17/08/2005 - Le rapport de la Commission d'enquête citoyenne sur le rôle de la France durant le génocide rwandais L'horreur qui nous prend au visage est paru en mars dernier. Il dénonce entre autres l'implication française sur le plan médiatique. Jean-Paul Gouteux, spécialiste de la question rwandaise, nous rappelle la tendance néocolonialiste de la presse française en Afrique.

    Le Dominion : La plupart des médias français ont décrit dans un premier temps le conflit rwandais de 1994 comme le résultat de l'exacerbation d'un antagonisme culturel et séculaire entre Hutus et Tutsis. D'un point de vue religieux, social, linguistique et historique, peut-on dire que Hutu et Tutsi font parties de deux ethnies distinctes ?

    Jean-Paul Gouteux : Hutu et Tutsi sont des catégories sociales, déterminées autrefois par leur activité socioprofessionnelle : élevage pour les Tutsi, agriculture pour les Hutu. Ils parlent la même langue et ont la même culture. Aujourd'hui cette distinction en agriculteurs et éleveurs n'a plus de sens. En revanche la vision racialiste des administrateurs coloniaux allemands, puis belges et surtout de l'Église catholique s'est peu à peu imposée. Ces catégories ont été reprises par les colons belges, racialisées et inscrites sur les cartes d'identités rwandaises. Monseigneur Perraudin, représentant le Vatican au Rwanda, parlait des « races » hutu et tutsi. Il fut l'un des initiateurs d'une « révolution » sur fond ethnique qui à conduit aux premiers massacres de la population civile tutsi au début des années soixante.

    Historiquement, les guerres qui ont permis d'agrandir le royaume du Rwanda tout au long des siècles, opposaient l'armée rwandaise, comprenant Tutsi, Hutu et Twa à d'autres armées des différents royaumes de la région. La tradition des conflits entre Hutu et Tutsi, présentée trivialement comme l'explication du génocide, n'existe tout simplement pas, elle n'est qu'un des ingrédients de la propagande servant à attiser ces conflits.

    Le soi-disant conflit ethnique fut donc une construction idéologique servant les fins politiques du gouvernement et des extrémistes de l'époque ?

    Désigner un bouc émissaire, en l'occurrence la population civile tutsi, est éminemment politique. C'est une vieille recette usée jusqu'à la corde pas les populismes et les fascismes européens. Les deux républiques hutu successives, la première dominée par des Hutu du centre, la seconde par des Hutu du nord, se sont largement servies de cette « arme de manipulation massive ». Avec l'avènement du Hutu Power, mouvement raciste transcendant les partis politiques, cette dérive prit la forme du « nazisme tropical » que l'on connaît et qui a abouti au génocide de la population tutsi en 1994.

    La vision racialiste des colonisateurs a fini par être totalement intégrée par les intellectuels rwandais et certainement beaucoup moins par le menu peuple. Si les dirigeants pouvaient organiser périodiquement des séries de pogromes antitutsi en exacerbant la haine ethnique, c'est parce que nombre d'intellectuels hutu l'acceptaient et trouvaient là le moyen d'entretenir leur conviction et leur bonne conscience. Ce sont en effet ces intellectuels qui bénéficiaient de l'exclusion des Tutsi de la compétition pour les postes administratifs. Le jeu est donc complexe entre la manipulation du racisme par le pouvoir - qui permettait d'occulter les problèmes sociaux en désignant un bouc émissaire - et l'acceptation ou la surenchère de ceux qui en tiraient de petits privilèges.

    Des victimes rwandaises du génocide ont même saisi la justice française de plainte contre X. Pensez-vous sincèrement que des responsables français, politiques ou militaires, puissent un jour être jugés et que la France fassent des excuses publiques aux victimes du génocide ?

    Je suis intimement persuadé que la vérité sur un génocide ne peut être totalement occultée. Le phénomène est trop grave et fait appel à une conscience universelle, celle de l'humanité tout entière. Ceux qui pensent que leurs turpitudes politiques, parce qu'elles se déroulaient dans « le trou noir » de l'Afrique, « au cœur des ténèbres » pour reprendre l'expression de Joseph Conrad, serait à jamais méconnu, se trompent.

    Cette plainte de victimes rwandaises est donc d'une importance fondamentale. Nous verrons bien dans la suite qui lui sera donnée où en est l'information et l'état des consciences en France sur ce drame, à la fois des juges et de la population. Mais il y en aura d'autres, comme il y aura d'autres révélations, toujours plus embarrassantes pour l'État français.

    Dix ans après le génocide et autant d'années de dénonciation de la part des victimes et des associations militantes, la gravité de la complicité française commence seulement à faire surface. Les médias sont-ils pour beaucoup dans la lenteur de la sensibilisation du public et des politiques ?

    Pour ce qui concerne l'Afrique, il y a une tradition journalistique qui est de limiter l'information aux clichés ethniques, sans aucune analyse digne de ce nom et surtout de répercuter la politique africaine de la France sans aucune critique. Les médias français ne s'intéressent jamais aux questions de fond sur l'Afrique. L'image cultivée est celle de l'ethnicité et du tribalisme, c'est-à-dire qu'ils ne parlent que de la forme et des moyens de ces manipulations politiques, jamais des manipulations politiques en elles-mêmes. En France les médias restent obéissants et l'opinion est toujours sous contrôle. Cela peut changer.

    Il faut que l'opinion européenne s'émancipe de l'expertise française en ce qui concerne l'Afrique. On peut considérer deux cas de figure : ou l'Europe refuse l'hégémonie des dirigeants français sur la politique africaine et constituera le moteur du changement de l'opinion publique française, ou nos spécialistes, les diplomates et leurs officines, parviennent à la contrôler, ce qui serait un scénario catastrophe que l'Afrique payerait très cher.

    En 1994, on était en plein dans ce schéma de désinformation larvée. Il est rétrospectivement accablant, devant l'horreur et la dimension du drame qui s'est déroulé pendant trois mois au Rwanda, de relire la presse française de cette époque. La couverture a été minimaliste. Certes, la responsabilité de la presse a été ainsi engagée. Il y avait au moins deux façons d'empêcher le drame. La première était de révéler l'ampleur du crime dès avril 1994 et ainsi de susciter un mouvement d'opinion pour arrêter l'intolérable. La seconde était de révéler l'implication des autorités françaises, qui auraient alors été obligées de bloquer leurs alliés génocidaires. Ni l'un ni l'autre n'a été fait. La presse et les autres médias français ont été au-dessous de tout, restant fidèles à leurs habitudes sur l'Afrique.

    Globalement, l'information sur ce domaine en France reste toujours désertifiée, limitée à la langue de bois des discours officiels que critique, très mal, les incompréhensions de la presse contestataire. « C'est le discours de "la France, meilleure amie de l'Afrique", "plus grande donatrice", "patrie des droits de l'homme", "avocate de l'Afrique", tous ces slogans politico médiatiques que l'on entend si souvent et qui ont encore une étonnante efficacité » comme l'explique François-Xavier Verschave de l'ONG Survie.

    Citons un exemple assez récent, un entretien avec le rédacteur en chef de La lettre du Continent paru dans le journal contestataire français Charlie Hebdo du 23 février 2005 et dont le titre résume l'essentiel du message de désinformation : « La France n'a plus les moyens de jouer les bons pères de famille en Afrique ». La Lettre du continent est une publication bien renseignée, trop bien même, de toute évidence très proche des services secrets français et pour cela très prisée dans les milieux de la « Françafrique ».

    Il semble aujourd'hui que la situation change lentement, mais sûrement. Ainsi la répression du pouvoir togolais contre la population civile qui s'oppose à son hold-up électoral ne passe plus comme une lettre à la poste. Même RFI ne semble plus totalement contrôlé par le pouvoir chiraquien, l'information est beaucoup plus objective et les journalistes de cette radio ont protesté contre la suppression du site Internet de RFI et des informations qui contrevenaient au soutien que Paris apporte toujours à la dictature togolaise.

    Dans votre livre, Le Monde, un contre-pouvoir ?, vous critiquez sévèrement les méthodes de désinformation et de manipulation sur le génocide rwandais, et notamment l'attitude malhonnête des envoyés spéciaux de l'époque. Vous dites entre autres que « Le Monde, en tant qu'instrument docile [de la politique française de collaboration avec le Rwanda] a sa part de responsabilité dans l'incompréhension des Français et leur passivité devant l'horreur qui s'accomplissait ».

    Les conclusions provisoires de la Commission d'enquête citoyenne sur les médias et idéologies nuancent leurs accusations. Je cite : « La plupart des envoyés spéciaux ont fait leur travail et rapporté les faits (...), ils n'ont pas déguisé la responsabilité de la France depuis 1990 », puis « Cependant, certains de ces envoyés spéciaux, des éditorialistes et des rédactions parisiennes ont eu tendance à répercuter le discours de diabolisation du FPR (...) ». Souscrivez-vous à cette analyse des faits ?

    Pas exactement. D'abord je ne pense pas qu'il y ait une « responsabilité de la France ». Il s'agit de diverses responsabilités de dirigeants français, politiques et militaires, engagés dans une étroite collaboration avec un État pré-génocidaire, puis génocidaire. Parler de « La France » évite simplement d'avoir à les identifier et d'avoir à analyser les responsabilités de chacun. L'utilisation de cette expression globalisante évite l'analyse et révèle clairement les limites de cette commission, ou plutôt l'intention de certains de ses membres, notamment ceux qui ont travaillé sur le dossier médiatique. Mais heureusement les faits sont là, et ce sont eux qui ont eu le dernier mot.

    L'occultation médiatique du génocide a été très consensuelle et s'est poursuivit jusqu'en 1998. Elle a été brisée par la série d'articles de Patrick de Saint-Exupéry publiée dans Le Figaro au début de 1998. Ces articles ont libéré la presse et provoqué immédiatement la mise sur pied d'une Mission d'information par le pouvoir français pour étouffer le scandale. Il y a évidemment des nuances sur la responsabilité de la presse. Relever comme je l'ai fait la désinformation dans un journal comme Le Monde n'empêche pas de reconnaître qu'il y a d'excellents journalistes dans ce journal et qu'il s'y écrit de très bons articles.

    Pensez-vous également que la désinformation a pour origine une discordance des points de vue entre journalistes et rédactions ou bien qu'il s'agit d'un problème de méconnaissance du contexte historique, social et politique des évènements de l'époque de la part des journalistes ?

    Il est clair qu'il existe un journalisme de connivence et une indécente proximité entre hommes politiques et hommes de médias, c'est-à-dire journalistes, rédacteurs en chefs, directeurs et propriétaires. La connivence entre Le Monde et le chef des services français, la DGSE, est même apparue au grand jour de l'aveu même du directeur de la DGSE, Claude Silberzahn. Il écrit que le directeur de ce journal, Jean-Marie Colombani, et son spécialiste militaire, étaient « ses amis » avec qui il « complotait » quelques bons coups médiatiques.

    Mais d'autres journalistes évitent de rentrer dans ce jeu, dangereux pour la liberté, avec les officines du pouvoir. Corinne Lesnes par exemple a écrit dans Le Monde, en 1994 de très bons articles, s'engageant dans l'analyse et apportant ainsi des éléments indispensables pour la compréhension de la crise. Disons aussi, et je le tiens d'une amie commune, qu'elle a été censurée par sa rédaction au point d'en pleurer.

    Il en est de même pour Agnès Rotivel, journaliste au journal chrétien La Croix. Elle l'explique très bien elle-même : « Le problème s'est posé avec la rédaction lorsque j'ai ramené un papier sur l'Église au Rwanda, (…) La Croix n'a pas été capable d'assumer cela jusqu'au bout. C'était un article qui s'appuyait sur des faits réels [évoquant notamment Monseigneur Perraudin]. (…). J'étais très furieuse. Je lui ai dit [au rédacteur en chef] qu'il fallait faire très attention, que l'on avait affaire à des prêtres et que cela arrangeait tout Le Monde de voir les problèmes à travers l'ethnie. Cela arrangeait le gouvernement français et l'Église. Il ne s'agissait que d'une histoire de Tutsi et de Hutu. (…) Mon texte est passé pendant que j'étais absente. Le responsable du service religieux a censuré mon papier d'environ deux tiers. »

    Tous les journalistes n'ont hélas pas eu la même probité.

    Jean-Paul gouteux est entomologiste à l'Institut français de Recherche pour le Développement (IRD). Il est l'auteur de trois ouvrages majeurs et de nombreux articles sur le génocide rwandais.

    À lire :

    Un génocide secret d'État. La France au Rwanda 1990-1997. Editions Sociales, 1998.

    Le Monde, un contre-pouvoir ? Désinformation et manipulation sur le génocide rwandais. L'esprit Frappeur, 1999.

    Un génocide sans importance. La Françafrique au Rwanda. Editions Tahin-Party, 2001.
    © The Dominion

    'SOUCHEMEN' CONTRE 'BLEDMEN'... (France)
    Au racisme de Français « de souche » contre les immigrés maghrébins s’est ajouté, peu à peu, une nouvelle forme de racisme interethnique. Parfois au sein même d’une communauté.

    17/08/2005 - Quand elle fonde Africa, en 1987, Mimouna Hadjam ne s’imaginait pas se retrouver à lutter, des années plus tard, contre un nouveau genre de racistes. À sa création, l’association entendait promouvoir une solidarité, une convivialité entre les habitants, Français ou étrangers, en réaction aux meurtres de Toufik (1983), d’Abdel (1986) et d’Ali (1987).

    « On n’en avait marre de sortir nos drapeaux et scander "ne tuez-pas nos frères, nos fils"... On voulait expliquer aux Français "de souche" de ne pas se tromper de colère en tirant sur tout ce qui bouge, de préférence un basané », se remémore la porte-parole d’Africa. Depuis, dix-huit ans ont passé. Et la population de la cité des 4000 s’est fortement colorée. Pas moins de 60 nationalités cohabitent dans cet ensemble : Comoriens, Sri-Lankais, Indiens, Africains de l’Ouest s’y entassent, grossissant le nombre de pauvres déjà considérable.

    Mimouna n’a pas été « étonnée » que le crime accidentel du petit Sidi-Ahmed, le 19 juin 2005, soit commis par des jeunes issus de l’immigration. Militante associative au coeur des 4000, elle sait observer les phénomènes avant qu’ils n’explosent. C’est l’une des premières a avoir anticipé le recul de la mixité entre les filles et les garçons ou la montée de l’intégrisme dans les cités. Aujourd’hui, l’absence de mixité ethnique l’obsède. « J’ai pu le vérifier, il y a quelques années, au cours de l’aide aux devoirs assurée par les animateurs d’Africa.

    Il y avait le clan des Pondichériens, celui des Marocains ou encore celui des Comoriens. Entre ces mômes, la violence verbale prenait une tournure inquiétante. J’ai entendu certains d’entre eux dire que les Pakistanais étaient des bêtes sans poils, qu’ils étaient sales, etc. Des propos racistes proférés par les parents, repris désormais par les enfants. » Mimouna et son équipe affrontent la question de front en privilégiant le vivre ensemble, parfois en imposant, par exemple, des quotas de filles, lors des activités culturelles, sportives ou de loisirs.

    Ce jour-là, une quinzaine de gamins attendent, fébriles, la camionnette d’Africa les transportant à la piscine. Il y a là Marwane, Azat, Mamadou, Sarah, Danish, Boubacar ou Latifa. De beaux enfants de toutes les couleurs, un mélange rare dans bien d’autres associations, fondées souvent sur les nationalités, voire les villages d’origine, comme les Comoriens (certains d’entre eux tentent, difficilement, de casser ce système). Mais si Mimouna est fière de l’oeuvre de son organisation, elle ne se « raconte pas d’histoire ». Elle sait qu’elle s’affronte à des problèmes complexes, délicats, que le travail d’éducation populaire est immense dans cette cité qui cumule des misères de tous ordres, mais d’abord sociale.

    De la lutte contre le racisme des Français « de souche » envers les personnes originaires des pays arabes, Africa est passée « à la lutte contre les communautarismes et le racisme interethnique », souligne la militante. Et d’expliquer : « Le racisme des anciens des 4000 à l’égard des nouveaux arrivants, et aussi les Arabes contre les Blacks, les Blacks contre les Pakistanais, etc. » Le phénomène se retrouve à l’intérieur des habitants originaires du Maghreb : « Ainsi, rapporte Mimouna, ceux qui débarquent fraîchement du bled sont surnommés les "Bledmen" par les jeunes issus de la troisième et quatrième génération d’immigrés, que l’on baptise les "Souchemen". Des terminologies qui se prolongent par des "Regarde ce Bledman, il a déjà trouvé un boulot... Il n’y a en a que pour eux". Des propos que ne renierait pas un Le Pen. »
    © L'Humanité

    LES ASSOCIATIONS LGBT APPELLENT L'ÉGLISE AU DIALOGUE (Allemagne)
    En marge des JMJ qui se déroulent jusqu'au 21 août à Cologne (Allemagne), les organisations homosexuelles allemandes demandent au pape Benoît XVI l'instauration d'un «dialogue ouvert».
    par Arnaud Gallay


    17/08/2005 - Un message, signé notamment du groupe de travail œcuménique Homosexuelle und Kirche («Homosexuels et Eglise», HuK) et de la LSVD, l’association faîtière des groupes LGBT allemands, auxquels se sont joints le Forum européen des groupes de chrétiens gays et lesbiennes et l'ILGA, a été rendu public le 16 août, jour de l’ouverture des journées mondiales de la jeunesse (les «JMJ»).

    «Bienvenue dans la métropole gay-lesbienne»

    Loin d’inviter au boycott d’un événement présidé par un pape aux positions ultraconservatrices en matière de famille, les associations souhaitent la bienvenue à Benoît XVI «dans la métropole gay-lesbienne qu’est Cologne.» Le message poursuit: «Notre but est que ceux à qui Dieu a fait le don d’une orientation sexuelle, et qui vivent librement et en conscience leur homosexualité, soient soutenus moralement par l'Eglise catholique.

    Nous prions Sa Sainteté de soutenir les catholiques lesbiennes et gays du monde entier, et avec eux, sur la bases des nouvelles connaissances, d'engager un dialogue ouvert sur la question de l'amour entre personnes de même sexe sous ses multiples facettes.» Pendant la durée des JMJ, Homosexuelle und Kirche propose un programme à l'intention des personnes LGBT venues assister aux rencontres.

    HuK estime leur nombre à plusieurs dizaines de milliers, qui auront l'occasion de se rendre à des cérémonies religieuses, mais aussi des débats et des soirées dansantes. Par ailleurs, la LSVD a mis sur pied une campagne d'affichage plus combative. Sous le titre «L'amour peut-il être un péché? - halte à la discrimination», des affiches distribuées à Cologne fustigent «les sermons de haine du Vatican.»

    Du côté des organisateurs des JMJ, on a accusé réception de cette demande. Répondant au quotidien local Express, le secrétaire général de la manifestation, Monseigneur Koch, a ainsi jugé un tel dialogue «nécessaire», expliquant notamment: «Il faut que la relation (entre homosexuels et Eglise) se détende, même s'il ne faut pas s'attendre à ce que l'Eglise renie ses convictions fondamentales».
    © 360°

    PROTÉGER LA DÉMOCRATIE DE SES ABUSEURS (Belgique)
    Politologue à l'ULg, Jérôme Jamin décortique les discours des partis d'extrême droite. La légitimité via les urnes ne suffit pas pour qualifier un parti de démocratique. Un certain nombre de valeurs et principes doivent aussi être respectés.
    Entretien avec Annick Hovine


    16/08/2005 - Jérôme Jamin est politologue à l'Université de Liège. Depuis 1998, il s'intéresse aux discours et à l'univers idéologique dans lesquels évoluent les principaux chefs de l'extrême droite en Belgique francophone, en France et aux Etats-Unis. Auteur d'un CD-Rom consacré à l'extrême droite en Europe (Les territoires de la Mémoire, 2000), il a publié, en mai dernier, un ouvrage intitulé «Faut-il interdire les partis d'extrême droite?» aux Editions Luc Pire (156 pp., 15€). L'occasion de faire le point sur la situation en Belgique.

    Comment lutter contre l'extrême droite sans toucher aux libertés qu'offre la démocratie?

    On peut définir la démocratie à partir de deux piliers. Un: la légitimité par les urnes. Deux: un ensemble de valeurs (la tolérance, la justice, l'égalité, la non-discrimination, etc.) et de principes (le pluralisme des partis, la séparation des pouvoirs, etc.). Le problème avec l'extrême droite, c'est qu'elle s'appuie uniquement sur le premier pilier pour se prétendre démocratique.

    Si on ne se base que sur ce pilier-là, dans une certaine mesure, on peut leur accorder le fait que ces partis ont un caractère démocratique, puisque le Vlaams Belang en Flandre, le FPÖ en Autriche ou le Front national en France font - ou ont fait - des scores électoraux importants. Mais au niveau du second pilier, c'est tout différent: les programmes politiques du Blok/Belang et les discours des individus de ce parti s'opposent radicalement à certains principes et valeurs, et notamment à l'idée de tolérance, de compromis et de respect de l'adversaire dans le champ politique. Même si, avec le temps, ces discours ont changé...

    Quand on lui reproche son caractère antidémocratique, le Vlaams Blok/Belang se réfugie toujours derrière sa représentativité législative...

    C'est caractéristique: l'extrême droite fait toujours tout pour donner l'impression à ses électeurs qu'elle est totalement dans le champ démocratique grâce aux urnes en essayant, autant que possible, de ne jamais aborder les principes et les valeurs. L'argumentation de Jorg Haider en 1999 au moment de son accession dans un gouvernement de coalition avec les conservateurs autrichiens était: «J'ai été élu démocratiquement». C'est un argument évidemment fallacieux dans la mesure où le deuxième pilier est là pour protéger les excès du premier qui permet à des partis hostiles à la démocratie d'accéder au pouvoir.

    Comment protéger la démocratie contre ceux qui tentent d'en abuser?

    Tout un arsenal juridique a été mis en place au niveau du second pilier. Des lois visent à empêcher certains types de discours (incitation à la haine raciale, négation du génocide juif, etc.) et de pratiques (interdiction des milices, des groupements terroristes, etc.) qui menacent la démocratie. Mais il n'y a jamais eu aucune loi en Belgique visant à s'en prendre à la légitimité électorale du Blok, ni à interdire le parti. Chacun a le droit, chez lui, en privé, de penser et de dire: «Je n'aime pas les étrangers», mais on ne peut pas clamer en public: «Qu'on foute tous les étrangers dehors!», sinon on tombe sous le coup de la loi de 1981, dite loi Moureaux, contre le racisme.

    Mais comment justifier, au nom même de la liberté de la démocratie, une limitation des libertés qu'elle offre?

    Le raisonnement s'appuie sur le fait que le régime démocratique n'a pas de fondement. Contrairement à la dictature qui repose sur la parole du dictateur; contrairement au régime totalitaire qui repose sur le discours du parti, du chef et de l'idéologie; contrairement aux théocraties qui reposent sur la parole de dieu, le fondement de la démocratie, c'est l'indétermination liée aux suffrages, aux idées, à la population, à l'alternance au pouvoir des partis politiques. La démocratie est un système livré au bon vouloir de l'opinion, des partis et de la compétition dans un contexte précis. C'est ce qui permet tout et n'importe quoi...

    C'est-à-dire?

    Si on laisse tout le monde s'exprimer, des démagogues peuvent surgir et prétendre régler les problèmes de la population en quelques mois en apportant des solutions-miracles. Une fois au pouvoir, ils vont essayer de transformer le système pour éliminer progressivement ce qui le caractérise en tant que démocratie. On a vu ça en 1933 avec Adolf Hitler, qui a été élu démocratiquement... Dans ce régime où tout est possible, les démocrates doivent en permanence s'autolimiter, limiter la liberté que la démocratie se donne à elle-même
    © La Libre Belgique

    LA POLICE BRITANNIQUE EST OBLIGÉE DE GAGNER LA CONFIANCE DES MUSULMANS
    17/08/2005 - La police britannique juge insuffisante la coopération des musulmans à la suite des attentats de Londres.

    Selon le rapport de l'agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "AFP", "surmonter la crainte, la méfiance et le sentiment d'impuissance de de la communauté musulmane prendra du temps", affirment responsables et experts.

    "Tarique Ghaffur", le plus haut responsable musulman de Scotland Yard pense que cette passivité entrave, non pas l'enquête, mais la prévention de nouveaux attentats faute d'informations sur les menaces présentes dans cette communauté.

    Très peu des musulmans britanniques ont répondu à l'appel du chef de Scotland Yard, Ian Blair, pour dénoncer ou identifier les prêcheurs de haine après les attentats du 7 juillet. "Après ces attentats qui ont déclenché une augmentation de 600% des agressions contre les musulmans, qui parmi les musulmans voudra s'embarquer ainsi que sa famille dans cette histoire avec toutes les conséquences que peuvent entraîner la dénonciation ?", expliqua " Tahir Butt", un porte-parole du Forum de sécurité musulman.

    "Si leurs parents ne se sont pas rendus compte de ce qu'ils comptaient faire, comment l'imam de la mosquée le saurait-il?", souligna-t-il.

    "Il devrait y avoir plus de dialogue entre la police et les dirigeants musulmans, mais aussi les musulmans en général, pour gagner leur confiance. Les gens n'informeront la police que s'ils sont confiants qu'elle agira correctement, le fossé est tellement grand que cela prendra du temps", a souligné M. Anwar, qui s'est félicité des initiatives lancées en direction des musulmans.

    "Il y a beaucoup de bonne volonté au sommet mais il faut que cela descende jusqu'à la base", affirma "Tahir Butt" en stigmatisant le racisme dans la police.

    D'après les sondages, 53% des musulmans approuveraient une nouvelle loi facilitant l'expulsion de prêcheurs de haine anti-occidentaux.
    © AFP

    RACISME ET XÉNOPHOBIE EN HAUSSE EN RUSSIE
    16/08/2005 - Racisme et xénophobie progressent de manière alarmante en Russie, selon des groupes de défense des droits de l'Homme. Les problèmes sont liés selon eux aux difficultés économiques et à l'incapacité du gouvernement à présenter un plan pour réduire les tensions ethniques.

    Selon une étude menée par le Bureau de Moscou des droits de l'Homme, 10 personnes ont été tuées et deux cents autres ont fait l'objet d'actes xénophobes au cours du premier semestre 2005. Le nombre d'attaques mortelles est près de trois fois plus élevé que l'an dernier, selon l'enquête financée par l'Union européenne.

    Les auteurs de l'étude estiment également que plus de 50.000 "skinheads" vivent en Russie, un nombre plus de cinq fois supérieur à celui estimé par les responsables de l'ordre public.

    D'après un sondage national, 58% des personnes interrogées soutiennent pleinement ou en partie le concept "la Russie pour les Russes", contre 53% selon une enquête similaire réalisée l'an dernier. Le dernier sondage a été effectué entre le 16 et le 21 juin par le service Levada auprès d'un échantillon représentatif de 1.600 personnes. Sa marge d'erreur est de trois points.

    Les sentiments extrémistes croissants sont enracinés dans les problèmes économiques du pays et dans l'effondrement de l'URSS, qui a conduit des milliers d'habitants d'anciennes républiques soviétiques en proie à la pauvreté à gagner la Russie en quête d'emploi.

    Des spécialistes ont également accusé des formations politiques de tenir des discours teintés de racisme.
    © TOU-O

    RAPPORTS DU ENAR (Europe)

    Le ENAR, European Network Against Racism (Réseau européen contre le racisme) a publié ses rapports sur l'état du racisme en Europe. Vous les trouverez sur cette page: http://www.enar-eu.org/en/publication/index.shtml Le rapport en Français sur l'Europe:
    http://www.enar-eu.org/fr/national/europe2004_frOK.pdf

    France:
    http://www.enar-eu.org/fr/national/france2004_frOK.pdf

    Belgique:
    http://www.enar-eu.org/fr/national/belgium2004_frOK.pdf

    Luxembourg:
    http://www.enar-eu.org/fr/national/luxembourg2004_fr.pdf
    © ENAR

    GUY BERTRAND RISQUE D'ÊTRE RADIÉ POUR SES PROPOS SUR LA COUR SUPRÊME (Canada)
    L'avocat Guy Bertrand risque d'être radié du Barreau du Québec pour ses remarques controversées sur les juges de la Cour suprême, dans l'affaire Léon Mugesera.

    16/08/2005 - Le comité de discipline du Barreau a été appelé, mardi, à déterminer si les infractions au Code de déontologie qu'on lui reproche sont jugées suffisamment graves pour justifier une sanction.

    S'il est reconnu coupable, il pourrait, au mieux, s'en tirer avec une simple réprimande, voire une amende, ou, au pire, être exclu à vie du Barreau.

    Après enquête, le syndic du Barreau en est venu à la conclusion, mardi, que les propos tenus par Me Bertrand étaient assez troublants pour porter plainte contre lui et en saisir le comité de discipline du Barreau.

    Fort d'une quarantaine d'années de pratique et reconnu pour ses qualités de redoutable plaideur, Me Bertrand n'a jamais fait l'objet de mesures disciplinaires dans le passé.

    On lui reproche essentiellement deux choses: d'abord, d'avoir fait une déclaration publique de nature à nuire à une affaire pendante devant le tribunal, ensuite d'avoir "manqué de modération en tenant une argumentation et des propos irresponsables, excessifs, et non justifiés par l'ensemble des circonstances et des faits".

    Fin juin, la Cour suprême du Canada jugeait que son client, Léon Mugesera, un ex-politicien rwandais, pouvait être expulsé du Canada, pour avoir incité son peuple à la haine et au génocide au Rwanda, en 1992.

    Du même coup, elle blâmait sévèrement l'avocat, lui reprochant d'avoir eu recours à des arguments antisémites pour les discréditer et tenter de faire annuler les procédures judiciaires en cours.

    En novembre 2004, Me Bertrand avait invoqué un "vaste complot juif" des autorités et réclamé la suspension définitive des procédures dans l'affaire Mugesera, sous prétexte qu'Ottawa aurait tenté d'obtenir à tout prix l'expulsion du ressortissant rwandais, à la suite de pressions d'organismes juifs.

    Il alléguait que le ministre de la Justice, Irwin Cotler, avait fait nommer Rosalie Abella à la Cour suprême juste à temps pour se pencher sur le dossier Mugesera, alors que son conjoint présidait le comité sur les crimes de guerre du Congrès juif canadien.

    La juge Abella s'était d'elle-même récusée du dossier, en septembre 2004. Pourtant, l'avocat a prétendu que cette situation, dans son ensemble, rendait la Cour inapte à trancher cette affaire.

    Mais le plus haut tribunal du pays a rejeté du revers de la main ses allégations.

    Mardi, Me Bertrand s'est refusé à tout commentaire sur les derniers développements. Il fera connaître sa réaction mercredi matin, lors d'une conférence de presse à son cabinet.

    A la suite du jugement de juin, il se disait victime d'une "terrible injustice" de la part des juges de la Cour suprême.

    La date de l'audience devant le comité de discipline n'est pas encore connue.
    © Matinternet

    LIVRE: TÉMOIGNAGE ET ANALYSE D'UNE MUSULMANE SUR LA CONTROVERSE DU FOULARD EN FRANCE
    En 2004, l'Assemblée nationale française ajouta au code de l'éducation l'article suivant: "Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, les signes et tenues qui manifestent ostensiblement l'appartenance religieuse des élèves sont interdits." Si aucune religion n'est expressément mentionnée et si ces dispositions s'appliquent à toutes, chacun sait cependant que la mesure visait principalement le "foulard islamique".

    11/08/2005 - Dans toute la controverse autour du foulard porté par des femmes musulmanes en France, en particulier lors des débats de la Commission Stasi et des reportages à ce sujet, une voix que l'on a paradoxalement assez peu entendue – sauf dans le cas très médiatisé des sœurs Alma et Lila Lévy – a été celle... des musulmanes faisant le choix de porter le voile. De nombreux spécialistes ont disserté à leur sujet, des polémistes ont pris position, des journaux ont abondamment couvert la controverse. Mais l'on aurait pu attendre de voir une place beaucoup plus large donnée aux premières concernées, même si deux femmes voilées furent symboliquement entendues par la commission dans le cadre de ses travaux sur la laïcité et les signes religieux.

    C'est en réaction à cette situation qu'une musulmane de formation universitaire, diplômée en mathématiques, et ancienne dirigeante de l'Union nationale des femmes musulmanes de France, a publié un livre qui "exprime d'abord une souffrance".

    L'ouvrage de Louisa Larabi Hendaz, Le Voile humilié, a été publié à l'enseigne d'une maison d'édition manifestement créée par son auteur. Il s'ouvre par un vigoureuse préface d'un universitaire catholique, Jean-Marc Trigeaud, professeur de philosophie du droit à l'Université Bordeaux IV. Celui-ci n'hésite pas à voir dans la législation bannissant les signes religieux "ostentatoires" des écoles "une sorte de discrimination d'Etat". Il déclare être plus sévère que Louisa Larabi Hendaz sur "un processus législatif technocratique qui a fait en sorte de neutraliser d'avance toute possibilité d'argumentation contradictoire et qui a anéanti toute dialectique intellectuelle et éthique en un tel débat" (p. 10).

    Selon lui, il y aurait eu orchestration pour monter en épingle un problème mineur. Or, "les principes, les critères par lesquels l'on peut déterminer si le voile est à porter ou non ne relèvent pas du droit et de la politique, mais de la seule religion et de la liberté radicale de la personne interprétant cette religion" (p. 25). Le droit et l'Etat, observe le préfacier, n'ont pas à se mêler de savoir ce qui est conforme ou non à l'islam. Il admet certes que la transgression à l'ordre public marque une limite qu'il ne faut pas dépasser, mais que, dans de tels cas, "le droit commun pénal de l'Etat suffit" (p. 26).

    Après cette énergique entrée en matière, Louisa Larabi Hendaz prend le relais, en évoquant d'abord quelques concepts et les racines de la laïcité française, ce qui recoupe des éléments vraisemblablement déjà connus de la plupart des lecteurs. Elle souligne brièvement les apports de la civilisation musulmane ainsi que le sentiment d'étrangeté et de suspicion par rapport à cette religion qui a déjà une longue histoire en France.

    A partir de la p. 73, l'ouvrage entre dans le vif du sujet. Non sans pertinence, elle remarque la différence – par rapport au foulard – entre perception des immigrées de première génération et leurs filles: les premières ne sont perçues, écrit-elle, que comme des "cartes de séjour" à renouveler, dont le foulard ne dérange donc personne, tandis que leurs enfants seront de nationalité française et donc destinés à rester dans le pays, ce qui change la perception. Mais ces jeunes filles étaient supposés aller dans le sens de la modernité et des signes qui étaient supposés l'accompagner, donc aussi des vêtements à l'occidentale. Surprise quand certaines font une autre démarche, mais sans réaction dans un premier temps, car il s'agissait de quelques cas isolés.

    C'est avec l'affaire du collège de Creil, en 1989, où deux jeunes filles sont contraintes de retirer leur foulard, que le débat commence et s'enfle. Les tribunaux sont appelés à se prononcer et le font au cas par cas: tant qu'il n'entraîne pas de perturbations, le foulard n'est pas considéré comme incompatible avec la laïcité.

    La multiplication des cas de port du foulard relance cependant la polémique, avec une circulaire à la rentrée scolaire 1994, qui laisse le choix entre le renoncement du foulard et l'exclusion. Cependant, remarque l'auteur, l'effet de cette circulaire s'atténua petit à petit, malgré la poursuite de l'accroissement du nombre de jeunes filles portant ce signe de leur foi religieuse. En 2003, le débat repart de plus belle, conduisant à la création de la Commission Stasi et aux conséquences législatives que l'on sait.

    Selon l'auteur, le travail mené par la Commission Stasi en 2003 est discutable d'abord en raison d'un choix partial des experts. En outre, les postulats de la commission sont mis en cause par Louisa Larabi Hendaz:

    "[...] il a été déduit que puisque le voile est un signe d'aliénation de la femme alors il ne peut être concevable dans un contexte laïque qui prône la liberté et l'égalité des sexes. Hélas, on n'a pas laissé la liberté à ces femmes couvertes de ce foulard entaché de préjugés, de s'exprimer afin d'enrayer ce faux postulat qui fait barrage à tout débat raisonné et objectif." (p. 87)

    Outre des prises de position sur le débat autour du foulard, le livre contient aussi des éléments d'analyse qui s'appliquent à un cadre plus large: ainsi, quand il évoque les contradictions entre liberté religieuse et neutralité de l'Etat laïque.

    Louisa Larabi Hendaz conteste que le foulard soit un symbole de l'islam politique ou un signe d'infériorité de la femme. Elle le voit comme une "marque de décence", inspirée par la foi, et dresse un florilège de réactions qui essaient de le placer dans un autre cadre de référence. A ses yeux, l'"affaire du voile" a permis au monde politique d'éviter d'autres problèmes bien plus pressants. Elle ne se prive pas de consacrer plusieurs pages à souligner les désavantages dont des femmes continuent à faire l'expérience dans la vie quotidienne en France. Elle met également l'accent sur les difficultés – notamment d'insertion professionnelle – que rencontrent les femmes d'origine musulmane dans la société française: pour une femme voilée, les difficultés s'accroissent encore. "La volonté d'éradiquer les foulards des musulmanes [...] s'attaque à la société toute entière." (p. 225)

    Cela dit, en lisant ce livre qui est à replacer dans le contexte d'une polémique et qui ne se veut pas étude dépassionnée d'un phénomène, le lecteur se demande pourquoi les rares foulards se sont soudain multipliés au cours des vingt dernières années: esprit de contradiction par rapport aux mesures prises en France? influence de développements internationaux? entreprises de réislamisation?

    A juste titre sans doute, le livre récuse l'idée d'une réaffirmation de l'islam comme résultat de frustrations sociales et économiques. Ce ne sont pas avant tout d'ex-délinquants qui retrouvent la voie de l'islam – même s'il en existe aussi – mais des jeunes équilibrés socialement et scolairement, estime Louisa Larabi Hendaz. Cependant, elle ne fournit pas vraiment de réponse sur les raisons de cette évolution. Il serait cependant essentiel de l'éclairer, plutôt que de mettre avant tout l'accent sur d'autres facteurs tels que l'islamophobie.

    La deuxième partie du livre s'efforce de démontrer que le statut de la femme dans le Coran et celui que lui reconnait la laïcité française ne sont pas contradictoires.

    Louisa Larabi Hendaz souligne en outre l'importance religieuse du foulard: si une musulmane qui ne le porte pas ne cesse pas d'être musulmane, elle ne peut pas, en revanche, "se considérer comme une musulmane pratiquante sincère et à la fois être contre le foulard et le combattre" (p. 229). En effet, il y aurait unanimité des écoles de jurisprudence islamique sur la question du foulard.

    Le livre est un plaidoyer pour le foulard et une critique des réactions françaises face à celui-ci. Son intérêt est avant tout de présenter une réaction de musulmane face à cette situation, essayant avec plus ou moins de succès de remettre en perspective le débat. Il est à prendre comme un témoignage et un argumentaire.

    A propos de témoignages, il faut attirer l'attention sur la troisième partie du volume, qui recueille – précisément – des témoignages de femmes musulmanes voilées et non voilées, d'où le sous-titre du livre ("Les auditions manquées de la commission Stasi"). A commencer par le témoignage de Louisa Larabi Hendaz elle-même, qui explique comment le port du foulard ne lui a laissé d'autre choix que de renoncer à la carrière d'enseignante qu'elle envisageait.

    L'intérêt de cette partie du volume est qu'elle met l'accent sur des situations vécues, et donc plus complexes que des cadres théoriques: à travers ces quelques témoignages, nous voyons la variété des études chez les musulmanes, les différentes approches par rapport au foulard, l'interaction avec la démarche de foi, les variations au cours d'une existence. Mieux que les autres parties du livre, cela montre sur le vif un islam en mouvement et traversé par des questionnements, comme toutes les religions. Derrière le foulard et tous les stéréotypes qui l'accompagnent, nous voyons des femmes qui réfléchissent et se déterminent en fonction de leurs convictions, de leurs expériences, de leurs remises en question.

    L'affaire du foulard et ses conséquences ont offert un fascinant exemple – mais non sans pénibles conséquences pour les personnes touchées – des incertitudes et contradictions entourant le statut de la religion dans une société telle que la France, qui se veut fondé sur des principes "laïcs". Cette laïcité peut, comme on le sait, faire l'objet d'interprétations diverses. Même si le débat autour du foulard ne se réduit pas à ses dimensions religieuses, les réactions ont témoigné d'une singulière reconnaissance de la singularité du fait religieux: même si peu de gens s'en souviennent, le rapport de la Commission Stasi proposait à l'origine de bannir également les signes d'appartenance politique dans les écoles, mais ces propositions furent rapidement mises de côté. Si la question avait réellement été celle de la "neutralité" de l'école, les mêmes règles auraient pu s'appliquer à la sphère politique. Mais le débat autour du foulard était bien entendu un nouveau soubresaut dans l'histoire des complexes relations entre République française et religions...

    Le livre de Louisa Larabi Hendaz est à prendre comme un document sur ce sujet qui a tant agité la France ces dernières années. Il ne convaincra pas les opposants au foulard, mais – comme pièce du dossier – il retiendra l'attention de tous ceux qui prêtent attention à cette controverse, à ce qu'elle implique pour les femmes musulmanes et à ce qu'elle révèle sur la société française aujourd'hui. Il intéressera également ceux qui désirent lire une défense musulmane du foulard.

    Louisa Larabi Hendaz, Le Voile humilié ou les auditions manquées de la Commission Stasi, Paris, Editions Marjane, 2004 (320 p.).
    © Religioscope

    UN RAPPEUR FUSTIGÉ POUR RACISME ANTIBLANC (France)
    Marie-Clémence Cicile

    15/08/2005 - Peut-on sanctionner un rappeur parce qu'il traite la France de «garce» et de «salope» et recommande, dans un refrain : «de la baiser jusqu'à l'épuiser, comme une méchante il faut la traiter, mec !» ? Le député UMP de la Moselle, François Grosdidier, vient de lancer la polémique en sollicitant, vendredi dernier, des poursuites pour «incitation au racisme et à la haine» auprès du ministère de la Justice. La Chancellerie s'emploie à examiner sa requête et les paroles complètes du morceau «FranSSe» du rappeur Monsieur R, jusqu'ici connu d'un public restreint.

    L'album, classé «coup de coeur» par la Fnac, avait attiré l'attention des critiques par la présence d'Olivier Besancenot : au détour des titres, le leader de la Ligue communiste révolutionnaire se livre à un bref exposé politique. Des particuliers s'étaient alors émus, notamment au fil de forums de discussion sur Internet, de cette chanson assimilant la France au IIIe Reich et promouvant, un «racisme antiblanc». Une pétition circulait depuis quelques semaines lorsque le député de la Moselle a décidé d'intervenir.

    François Grosdidier espère maintenant qu'une mesure administrative exceptionnelle servira d'exemple et incitera à l'autorégulation. Quant à Monsieur R, soudain sollicité par les médias, il réfute les accusations de haine et rappelle les dernières paroles de son morceau : «Quand je parle de la France, je ne parle pas du peuple français mais de ses dirigeants.»

    La Chancellerie devra décider s'il y a matière à poursuivre, dans le cadre complexe de la loi sur la presse qui protège la liberté d'expression. En 2003, Nicolas Sarkozy avait annoncé son intention d'assigner le populaire groupe de rap Sniper en justice, avant de renoncer. En 2004, le ministère de l'Intérieur avait cette fois engagé des poursuites après que Sniper eut incité son public à s'en prendre «aux ministres et aux fachos» lors d'un concert à Rouen. Les rappeurs, qui risquaient jusqu'à cinq ans de prison et 45 000 euros d'amende, ont finalement été relaxés en juin par le tribunal correctionnel de Rouen. En revanche, le groupe NTM a été condamné en 1996 à six mois de prison dont trois ferme pour la chanson Nique la police.
    © Le Figaro

    RUBANS VERTS POUR LA POLICE DE NOTTINGHAM, SOLIDAIRE DES MUSULMANS (Grande-Bretagne)
    12/08/2005 - Les 4.000 policiers de Nottingham, au centre de l'Angleterre, vont porter des rubans verts pour exprimer leur solidarité avec les musulmans de la région, indiquent vendredi plusieurs journaux britanniques.

    Ils entendent ainsi protester contre la montée des actes de racisme qui ont progressé de 50% (une cinquantaine de cas), depuis les attentats suicide de Londres en juillet.

    L'un des responsables de la police, Steve Green, a commandé 20.000 rubans du vert islamique traditionnel pour un montant de 2.000 livres (2.900 euros, 3.600 dollars) en signe de "solidarité".

    "Beaucoup de parents d'Asie (du sud) ne laissent plus leurs enfants jouer à l'extérieur et de nombreuses femmes restent derrière leurs portes fermées, par peur", selon M. Green.

    "De nombreuses personnes blanches voudraient adresser un message à la communauté musulmane, mais elles ne savent pas comment faire", a-t-il ajouté.

    Musharraf Hussain, imam de la plus grande mosquée de Nottingham, s'est félicité de cette manifestation de solidarité.

    "Je pense que c'est une idée fantastique et que cela va rassurer les musulmans", a-t-il dit dans un entretien au quotidien The Sun.
    © La Croix

    LE PÉLOPONNÈSE VA DANSER LE 'NAZI ROCK' (Grèce)
    12/08/2005 - Le quotidien grec To Vima annonce la tenue d'un "festival de la haine", entre le 16 et le 18 septembre, à Méligalas, une ville située dans la région de Messénie, dans le Péloponnèse.

    "Ce sera un grand événement pour les organisateurs, qui ne sont autres que des mouvements européens d'extrême droite et néonazis", indique le journal. "La Messénie est une région réputée pour ses sympathies monarchistes et d'extrême droite, mais de là à y créer un festival, cela va peut-être trop loin", commente encore To Vima. Cette manifestation, qui comprend concerts et conférences, prend une résonance particulière dans un pays victime de la dictature militaire entre 1967 et 1974.

    Les réactions ne se sont pas fait attendre. "Le Conseil central israélite a demandé l'intervention du ministère de l'Ordre public grec. Or, celui-ci a invoqué l'article 11 de la Constitution hellénique [qui autorise le droit de réunion] et a répondu qu'il ne pouvait pas interdire cette manifestation." D'où le constat amer du quotidien. "Les quelques milliers de personnes attendues sont donc dans leur droit… Une image effrayante pour le pays."
    © Courrier International

    LE GOUVERNEMENT ESSAIE D'IMPOSER DES TESTS PAYANTS À CERTAINES COMMUNAUTÉS (Pays-Bas)
    Par Nathalie DUBOIS

    13/08/2005 - Tirant un trait sur leur célèbre modèle multiculturel, les Pays-Bas n'ont plus que le mot «assimilation» à la bouche. Au début des années 2000, le leader populiste Pim Fortuyn avait fait tomber le tabou avec son slogan «La barque est pleine !». Depuis, et surtout après l'assassinat le 2 novembre dernier du cinéaste Theo Van Gogh, égorgé au centre d'Amsterdam par un jeune islamiste maroco-néerlandais, la méfiance à l'égard des deux principales communautés étrangères, turque et marocaine, n'a cessé de croître. Alors que le pays détient le deuxième plus fort taux d'habitants de confession musulmane au sein de l'Union européenne (près de 6 %, contre 8 à 9 % en France), les projections démographiques montrent que, d'ici cinq ans, les Néerlandais «de souche» seront devenus minoritaires dans les quatre principales villes du royaume. Au sein de la coalition de droite au pouvoir, la ministre libérale de l'Intégration multiplie les initiatives pour réduire le fossé entre autochtones et allochtones.

    Discrimination

    Début avril, Rita Verdonk a fait adopter une loi unique au monde : aucun non-Occidental ne pourra plus obtenir de visa sans avoir, au préalable, réussi un test de langue et de culture néerlandaises. Ces tests payants ­ 350 euros ­ auraient ravi George Orwell : l'épreuve se tiendra au téléphone, dans les consulats, avec, au bout du fil, un ordinateur qui valide ou non les réponses du candidat. Un toussotement, un accent trop épais, une formulation différente de la réponse type, voire des parasites sur la ligne, et c'est le risque d'échec, ont souligné des experts en technique de reconnaissance vocale. De leur côté, les associations de défense des droits des migrants dénoncent le caractère discriminatoire de ces tests, réservés aux personnes qui ne sont originaires ni de l'UE ni d'Amérique du Nord, du Japon ou d'Australie. «Il y a deux poids, deux mesures. Cette loi vise clairement à stopper l'immigration des Turcs et des Marocains», estime Leyla Hamidi, au Bureau national contre la discrimination raciale.

    Pour le juriste Kees Groenendijk, spécialiste de l'immigration à l'université de Nimègue, ces tests obligatoires et payants «sont contraires à la convention européenne des droits de l'homme mais aussi à la directive de l'UE sur le regroupement familial». Cette semaine, le commissaire européen à la Justice, Franco Frattini, l'a d'ailleurs fait savoir à La Haye. Rétropédalant, la ministre a reporté à début 2006, au mieux, l'entrée en vigueur de ces tests.

    Autre revers pour l'ultravolontariste Rita Verdonk : son projet de soumettre à un cours d'intégration citoyenne les quelque 775 000 immigrés déjà installés de longue date aux Pays-Bas, mais qui n'auraient pas passé au moins huit ans sur les bancs d'une école néerlandaise. Les recalés seraient passibles d'amendes. Ce plan à grande échelle est jugé irréalisable au sein même du gouvernement, car trop coûteux et juridiquement contestable au regard du principe d'égalité.

    Revirements

    De facultative et gratuite, la politique d'intégration néerlandaise vire ainsi de plus en plus à l'assimilation obligatoire et payante. Elle tourne le dos sans états d'âme aux généreux programmes d'«initiation à la citoyenneté» que l'Etat, depuis 1998, payait de sa poche à tout nouvel arrivant. Le projet de tests préalables à l'entrée sur le territoire va pénaliser les moins riches et les moins éduqués, font valoir les associations de défense des migrants. Mais, pour le gouvernement, c'est une réponse au fait que les trois quarts des jeunes immigrés de la seconde génération continuent de ramener leur conjoint(e) de l'étranger. Fin 2004, le gouvernement avait déjà durci les conditions de ces mariages : l'âge et le revenu minimum pour fonder un couple ont été remontés de 18 à 21 ans, et de 100 à 120 % du salaire minimum. Mais, dénonce le professeur Groenendijk, «traiter les jeunes musulmans nés aux Pays-Bas comme des citoyens de seconde classe va créer de nouvelles frustrations qui, en fin de compte, augmentent les risques de dérive extrémiste».
    © Libération

    L'IDÉE DE LA RUSSIE POUR LES RUSSES GAGNE DES PARTISANS
    15/08/2005 - Le nombre des sympathisants des slogans nationalistes augmente en Russie : en l'espace d'un an les rangs des partisans de l'idée de la Russie pour les Russes se sont accrus en passant de 11% à 16% de la population (20 millions de personnes), selon le Centre d'étude de l'opinion publique cité par le quotidien Izvestia.

    D'après le Centre analytique Levada, 58% de la population du pays soutiennent ce slogan d'une façon ou d'une autre. Pourtant, les experts ne sont pas enclins à exagérer la flambée de la xénophobie en Russie.

    Pour près de la moitié de la population du pays leur nationalité prime plutôt que leur citoyenneté. A la question du Vtsiom "A votre avis, qui êtes-vous?" 45% des personnes interrogées ont annoncé leur nationalité.

    Une croissance des tensions interethniques a été remarquée depuis ces dernières années par 41% alors que la hausse de la tolérance n'a été évoquée que par 17% des sondés.

    Selon le Centre Levada, un sur quatre citoyens du pays aurait approuvé l'interdiction pour les non-Russes d'occuper des "fonctions de responsabilité" dans l'Etat et un sur trois aurait soutenu l'expulsion des ressortissants caucasiens et des Chinois des "terres russes ancestrales". 31% proposent de "limiter le séjour de non-Russes dans les villes de Russie".

    Parallèlement à la croissance des états d'esprit nationalistes on constate dans la société une tendance contraire, souligne le journal. Le nombre de ceux qui estiment que la Russie est un Etat multinational dont les citoyens ne doivent pas avoir des privilèges en fonction de leur nationalité a augmenté en l'espace d'un an en passant de 49% à 53%.

    "Les Russes représentent 88% de la population du pays et si seulement la moitié d'entre eux souhaite que la Russie soit pour les Russes, cela confirme le haut degré d'internationalisme de notre peuple", estime le directeur adjoint de l'Institut des pays de la CEI, Vladimir Jarikhine.

    L'échec total du travail du Service des migrations exerce une influence terrifiante sur les relations interethniques, de l'avis de l'expert.

    "En règle générale, l'intolérance n'est pas manifestée à l'égard des gens qui ont des racines en Russie mais contre les immenses foules d'immigrants clandestins non socialisés qui présentent effectivement une menace pour la population du pays", affirme avec conviction Vladimir Jarikhine.
    © RIA Novosti

    LE PNOS OU QUAND L'EXTRÊME DROITE TENTE DE S'ACHETER UNE CONDUITE (Suisse)
    Le parti prétend avoir renoncé à la violence pour faire élire certains de ses membres.
    Valérie de Graffenried, Ron Hochuli


    13/08/2005 - Ils étaient là: à la tête des perturbateurs du Grütli qui ont conspué Samuel Schmid le 1er août figuraient plusieurs membres du PNOS. Dans la nébuleuse de l'extrême droite, le PNOS (Partei National Orientierter Schweizer) se démarque des autres groupes par ses ambitions politiques. Deux de ses membres exercent un mandat politique; d'autres pourraient suivre.

    En octobre 2004, Tobias Hirschi, 20 ans, a été élu au législatif de Langenthal (BE), élection alors relativisée par les experts qui parlaient de «cas isolé». Mais lorsqu'en avril 2005, Dominic Bannholzer, 19 ans, a fait son entrée dans l'exécutif de Günsberg (SO), les mêmes experts ont commencé à grimacer. L'absence d'UDC dans la commune a probablement contribué au succès du jeune homme. Hans Stutz, spécialiste des mouvements d'extrême droite, a été jusqu'à qualifier cette élection de «surprenante et effrayante». Aujourd'hui, il ne serait pas étonné de voir se produire de «nouvelles coïncidences locales». «Mais elles resteront marginales. Ne serait-ce que parce que ces extrémistes n'apprécient pas trop d'apparaître en public. Les candidats à un mandat politique ne se pressent donc pas au portillon.»

    Seize mois de prison Ambitions politiques ne riment par ailleurs pas avec condamnations juridiques. Or, les membres du PNOS ont collectionné les peines. Quatre d'entre eux, dont le président Jonas Gysin, ont été condamnés récemment à des amendes de 300 à 500 francs pour discrimination raciale. Le PNOS avait utilisé, pour sa campagne en vue des élections fédérales de 2003, une affiche à peine modifiée du Parti national-socialiste suisse de 1933. Intitulée «Nous nettoyons», elle représentait un balai en train de débarrasser la croix suisse de communistes et de juifs. Les quatre prévenus ont aussi été condamnés pour le contenu de leur programme politique (lire ci-contre), qui prône l'expulsion des étrangers de Suisse et d'Europe.

    Jonas Gysin avait déjà été condamné en septembre 2003 à trente jours de prison avec sursis pour voies de fait. En octobre 2004, c'est le chef de la section bernoise, Pascal Lüthard, qui s'est vu infliger 20 jours de prison avec sursis pour rixe et émeute. Sacha Kunz n'est pas en reste non plus. Ce père de deux enfants âgé de 27 ans, l'un des organisateurs du rassemblement du 1er août, n'est autre que le cofondateur, avec Jonas Gysin, du PNOS. Le parti est né en septembre 2000, un mois après la première marche néonazie sur le Grütli, où Kaspar Villiger s'est fait chahuter. Sacha Kunz était auparavant activiste de la mouvance skinhead Blood & Honour et a pour but d'unifier l'extrême droite. En novembre 2003, il a été condamné par le Tribunal pénal de Bâle-Campagne à seize mois de prison pour lésions corporelles et voies de fait: il a été impliqué dans six rixes entre octobre 1999 et juin 2002.

    Officiellement, Sacha Kunz, chanteur de rock à ses heures perdues, ne fait plus partie du PNOS: il a décidé de quitter le parti après sa condamnation, pour ne pas lui nuire. Il reste toutefois parmi les grands «tireurs de ficelles» du parti. C'est lui qui a été l'un des principaux rédacteurs du programme du parti, avec l'aide du négationniste Bernhard Schaub. «Aujourd'hui, ces deux hommes n'apparaissent plus que sporadiquement dans les manifestations du PNOS, indique Hans Stutz. Sacha Kunz est davantage occupé à répandre la «culture» d'extrême droite. Quant à Bernhard Schaub, son groupe de «résistance nationale» n'apparaît plus qu'en des occasions spécifiques, comme le 1er mai.»

    Le PNOS cherche donc à montrer patte blanche. Il affirme avoir renoncé à la violence et se montre plus prudent quant au contenu diffusé sur son site internet. Pour l'actuel président Jonas Gysin, le parti est simplement «hostile aux étrangers et à l'économie», confiait-il récemment au Beobachter. Il refuse l'étiquette d'«extrémiste de droite», mais sans démentir que le PNOS compte de nombreux «crânes rasés» dans ses rangs.

    Projetés sur le devant de la scène «pnossienne», Tobias Hirschi et Dominic Bannholzer ne se sont pas encore démarqués par un acte politique. Tobias Hirschi s'attire aujourd'hui les foudres de certains de ses collègues, qui acceptent mal qu'il se soit montré parmi les agitateurs du 1er août. Le PNOS avait fait profil bas les années précédentes, et le fait qu'il se soit «distingué» cette année sur le Grütli vient contredire sa volonté de chercher une crédibilité comme parti politique.

    «C'est un suiveur»

    Le jeune homme, actif dans la construction des routes, dit pourtant ne trouver «qu'une seule et unique justification à la violence: quand on est soi-même attaqué». Il se dépeint comme un «confédéral-socialiste («Eidgenössisch-sozialis – tisch»)». Les étrangers? Il dit faire la différence entre les peuples «apparentés et étrangers» («Volksverwandt et Volksfremd»). Il envisage de se représenter aux prochaines élections à Langenthal. «Trois autres membres du PNOS sont aussi intéressés.»

    A en croire le syndic de Langenthal, Hans-Jürg Käser, «Tobias Hirschi n'est pas désagréable. C'est un suiveur, qui n'a pas les capacités intellectuelles pour être dangereux.» Le syndic radical est nettement plus méfiant face aux têtes pensantes du parti. «Je les crois prêts à la violence. Leur idéologie m'effraie.» A ses yeux, l'élection de Tobias Hirschi est le fruit d'un regrettable concours de circonstances, mais «traduit peut-être aussi une certaine perte de crédibilité des partis traditionnels, des frustrations au sein de la population et une xénophobie latente». Telle est également la crainte de Res Gygax, président du PRD à Roggwil (BE), où le PNOS briguera au moins un mandat lors des prochaines élections communales: «La population sous-estime ces extrémistes et affiche même de la compréhension pour certains agissements de ceux qu'elle considère comme de petites frappes.» Il ne serait pas étonné qu'ils remportent un siège.

    «Personne ne doit être dupe, conclut Hans Stutz. Le parti veut se cacher sous une image politiquement correcte. Mais son idéologie ne l'est en aucune façon.»

    Un programme raciste

    Jusqu'à très récemment, le parti publiait sur son site internet son programme politique en vingt points. Ce n'est plus le cas: un tribunal d'Aarau a jugé qu'au moins deux points du texte contrevenaient à la loi pénale antiraciste. Notamment le septième, selon lequel le PNOS s'engage à la «lutte contre trop d'étrangers» et exige un «renvoi rapide des étrangers d'autres cultures dans leur pays d'origine» («Nous voulons une Europe européenne!»).

    Si Jonas Gysin, président du PNOS, a déjà fait recours, le parti cherche généralement à éviter la censure juridique. Il appelle toujours au «respect de son programme en vingt points», mais ne diffuse pas sur le Net des extraits de sa revue Zeitgeist qui contient de nombreuses références au langage et à l'idéologie nazis. Dernier élément en date ajouté sur son site: un simple compte rendu d'une assemblée qui s'est déroulée le 5 août à Langenthal. On y apprend que Stefan Wüthrich, président de la section de Langenthal, a tenu un discours «très combatif», qu'il a notamment cité des vers du Coran pour mettre en garde contre «les dangers de l'islamisation grandissante». Il y est également dit qu'une femme a pris la parole.

    Le PNOS se dépeint comme «le parti du national-socialisme moderne». Il revendique une «homogénéité ethnique et culturelle du peuple» et veut «une Suisse qui appartienne aux Suisses». Il a pour l'instant des sections à Aarau, Berne, Soleure et Fribourg. Dans son dernier rapport sur l'extrémisme, la police fédérale évalue le nombre de ses adhérents à environ 100 à 130 personnes.
    © Le Temps

    LE CHEF DE L'ODS REÇOIT LES LEADERS DE L'EXTRÊME-DROITE (Tchéquie)
    Par Alexis Rosenzweig

    11/08/2005 - La réunion entre le chef du Parti civique démocrate (ODS) et les leaders d'une formation d'extrême-droite n'est pas passée inaperçue. Dans son édition de jeudi, le quotidien Lidove noviny en faisait même sa une. Mirek TopolanekEn cette « saison de concombres », un terme qui désigne en tchèque les périodes de vacances, généralement pauvres en actualité - en français la saison des marroniers -, les quotidiens n'ont pas grand chose à se mettre sous la dent.

    Alors quand Mirek Topolanek, chef de l'ODS, le parti d'opposition de droite donné favori aux prochaines élections, rencontre les leaders du Parti national (Narodni strana), l'événement est repris en première page. Il faut dire que cette réunion entre un potentiel futur Premier ministre et un parti d'extrême doite à la réputation sulfureuse et non représenté au Parlement a de quoi faire couler de l'encre.

    La politologue Vladimira Dvorakova définit le Parti national tchèque comme « un parti de droite radical, qui est à la limite du système démocratique ». Elle ajoute que ce parti fait candidature commune avec le Rassemblement national - « une formation qui fait ouvertement référence au fascisme tchèque d'avant-guerre ». Rappelons que les dirigeants de ce même Rassemblement national ont déjà reçu, le mois dernier, une lettre du président de la République Vaclav Klaus, toujours président d'honneur de l'ODS, venant les remercier pour leur soutien dans le conflit qui l'a opposé à des députés européens.

    Alors pour certains, c'en est trop. Pour Lukas Bek du quotidien Pravo, le fait que Mirek Topolanek reçoive les dirigeants d' « un mouvement dont même les pages internet transpirent la xénophobie » au siège de son parti est en soi inacceptable. « Je ne leur ai pas proposé de future collaboration après les élections », a indiqué Mirek Topolanek pour mettre fin aux rumeurs répandues par le Parti national après l'entretien qui a duré une trentaine de minutes.

    Narodni stranaReste que ce genre d'écarts pourrait finir par coûter cher à l'ODS et à son chef, de plus en plus critiqué au sein même de sa formation. Mirek Topolanek, qui cherche à regagner du terrain face à un Premier ministre conquérant, est parvenu à se faire remarquer récemment à force de déclarations qui sortent du cadre de la simple provocation politique. Après avoir qualifié l'entourage de l'ancien Premier ministre Stanislav Gross de « grosstapo », Mirek Topolanek a cru bon de promettre à une assemblée de chefs d'entreprise « une nuit des long couteaux » dans la fonction publique s'il remporte les prochaines élections.

    Entre jeux de mots vaseux et métaphores dangereuses, l'homme qui avait déjà dû en 2003 publiquement s'excuser d'avoir employé l'expression « mensonge d'Auschwitz » semble avoir bien besoin de conseillers en communication capables de lui expliquer ce qu'il ne faut pas dire et qui il ne vaut mieux pas recevoir.
    © Radio Prague

    FOOTBALL-RACISME: CISSÉ INSULTÉ, L'UEFA OUVRE UNE ENQUÊTE
    12/08/2005 - L'UEFA a décidé vendredi d'ouvrir une enquête concernant les insultes racistes dont a fait l'objet l'attaquant de Liverpool Djibril Cissé mercredi soir à Sofia en match du 3e tour préliminaire de la Ligue des champions. L'instance européenne va également examiner si les supporters ont utilisé des pétards lors de ce même match.

    L'organisation avait annoncé jeudi qu'elle attendait de recevoir le rapport du délégué Trygve Borno avant de se prononcer sur d'éventuelles suites à donner à l'affaire. Si des sanctions disciplinaires sont prises, elle devraient être prononcées lors d'une réunion fixée le 18 août. Mercredi soir, Liverpool est allé battre le CSKA 3-1. Cissé a inscrit l'un des buts de la victoire et a été pris à partie par une partie du public, qui a poussé des cris de singe devant lui.

    «Ca fait mal quand ça se produit», a déclaré Cissé au «Liverpool Echo» daté de jeudi. «Il y a parfois des gens stupides dans les stades, et en tant que joueur vous ne pouvez rien y faire.» Le match retour aura lieu le 23 août à Liverpool.
    © Le Nouvel Observateur

    CHASSE AUX SORCIÈRES OU VÉRIFICATIONS D'USAGE? (Canada)
    La nouvelle gouverneure générale, Michaëlle Jean, et son conjoint, le réalisateur Jean-Daniel Lafond, sont-ils victimes d'une chasse aux sorcières menée en bonne et due forme par les indépendantistes ou est-il normal que le passé du chef d'État du Canada soit examiné à la loupe?
    Louise Leduc


    12/08/2005 - La question se pose alors que l'auteur Jacques Lanctôt a signé hier dans la page Forum de La Presse un texte extrêmement virulent contre la nouvelle cheffe d'État du Canada et surtout contre son conjoint, qualifiés de «prétentieux». Le même jour, Le Devoir, dans sa page Idées, publiait un brûlot, signé par l'écrivain indépendantiste René Boulanger, sur les présumés liens du couple vice-royal avec les felquistes, dévoilant notamment en exclusivité les dessous de leur bibliothèque. Ainsi, selon lui, ladite bibliothèque aurait été confectionnée par l'ex-felquiste Jacques Rose, qui, n'ayant pas perdu la main «pour les cachettes mystérieuses», aurait prévu un double fond «au cas où Jean-Daniel voudrait y cacher des armes. Évidemment, Jean-Daniel en était ravi même s'il doutait d'avoir un jour à se servir de ce double fond», écrit René Boulanger.

    «Il y a des gens qui adorent faire des chasses aux sorcières. Ce sont des ragots», a laissé tomber le comédien Jean-Louis Roux, qui a dû démissionner du poste de lieutenant-gouverneur du Québec, en 1996, après que les médias eurent révélé qu'il avait déjà porté une croix gammée dans sa jeunesse.

    Aucun commentaire

    Par l'entremise de leur porte-parole, Catherine Gagnaire, Jean-Daniel Lafond et Michaëlle Jean ont fait savoir qu'ils ne feraient aucun commentaire. Impossible d'en savoir plus, donc, sur l'allure de leur bibliothèque et sur l'état de leurs amitiés avec des felquistes ou des indépendantistes.

    Dans son texte, Jacques Lanctôt est surtout monté au créneau pour dénoncer le traitement fait à la révolution cubaine dans le documentaire L'Heure de Cuba, réalisé en 1999 par Lafond et mettant en scène Michaëlle Jean. Les détails personnels sur la vie de Michaëlle Jean et de Jean-Daniel Lafond? Très peu pour Jacques Lanctôt.

    Il est de notoriété publique que Jacques Lanctôt a fait partie de la cellule du FLQ qui a enlevé le diplomate James Richard Cross. Mais si, dans un moment d'égarement, le Canada lui offrait le poste de gouverneur général et qu'il acceptait, que déterrerait-on d'autre sur lui ? «Que j'ai trompé mes femmes et que j'ai divorcé trois fois. J'ai aussi déjà écrit: Je rêve soudain d'être Américain, quand une chaîne humaine contre le racisme s'est formée aux États-Unis et qu'ici on n'avait rien fait.»

    Les controverses successives autour du passé de nos gouverneurs généraux ou lieutenants-gouverneurs font-ils supposer qu'il serait indiqué d'en nommer de très, très jeunes, qui n'auraient pas de passé ? «Je ne sais pas s'il faudrait en trouver qui n'aient pas de passé, mais chose certaine, cette fonction n'a pas d'avenir !» a lancé l'indépendantiste et Robin des banques Yves Michaud.

    Lui aussi admet qu'en cherchant bien, on trouverait quelques contradictions dans son passé. «Comme tous les délégués généraux du Québec, j'ai été nommé sous le sceau de Sa Majesté. J'ai été nommé par la reine et dans les en-têtes de documents officiels, il est écrit: À mon fidèle et bien aimé.»

    «Figure de porcelaine»

    Blague à part, Yves Michaud ne croit pas déplacé que le passé de Michaëlle Jean et de Jean-Daniel Lafond soit ainsi déterré. « Je trouve bien dommage qu'elle ait entrepris une carrière de figure de porcelaine, mais dès lors qu'on a décidé d'habiter dans une maison de verre, on peut s'attendre à ce que quelques cailloux retombent dans les vitres.»

    Quand elle a été nommée gouverneure générale, «un poste dont on a autant besoin qu'un chat a besoin de deux queues», «je me suis dit qu'elle traverserait des moments difficiles. Je lui souhaite bon courage. Si la soupe devient trop chaude, j'espère qu'elle va démissionner.»

    Enfin, il ne faut pas voir dans cette sortie de deux farouches indépendantistes un autre exemple de leurs malaisées relations avec une représentante d'une communauté culturelle, jurent les principaux acteurs de la présente controverse. Jacques Lanctôt affirme ne pas du tout en avoir contre la couleur de Mme Jean, mais contre «l'opportunisme du couple qui accepte toutes les flatteries». Pour sa part, René Boulanger, lui, dit avoir fait sa sortie pour protester contre cette petite vite passée par Paul Martin aux Québécois «dans le but de rehausser à leurs yeux l'image du fédéralisme».

    Symbole de la monarchie Bien que symbolique, la fonction de gouverneur général n'en est pas moins accaparante.

    Le représentant de la couronne britannique donne la sanction royale aux projets de loi, remet des distinctions, lit le discours du Trône et, avant les élections, dissout le Parlement.

    Son devoir de réserve lui interdit de se prononcer en public sur des sujets de politique canadienne.

    Nommé pour un mandat de cinq ans, le «vice-roi» accueille les chefs d'État du monde et leur rend parfois visite, tout en faisant la promotion de l'identité canadienne.

    Il voyage au moins une semaine par mois, mais «à 99% au Canada», dit Randy Mylyk, attaché de presse d'Adrienne Clarkson.

    Commandant en chef des forces armées, il visite les militaires et encourage l'excellence chez eux. Son salaire est de 113 400 $, libre d'impôt, et il bénéficie d'un budget annuel de 19,1 millions.
    © Cyberpress

    'MISSISSIPPI BURNING': KILLEN LIBÉRÉ (Etats-Unis)
    L'ex-responsable du mouvement raciste US, meurtrier de trois militants des droits civiques et condamné à 60 ans de prison, a été libéré sous caution.

    14/08/2005 - Plusieurs mouvements racistes américains se sont ouvertement félicités samedi 13 août de la libération sous caution d'un ex-responsable du Ku Klux Klan, Edgar Ray Killen, impliqué dans le meurtre de trois militants des droits civiques dans le Mississippi en 1964. Condamné en juin dernier à 60 ans de prison pour le meurtre de ces trois militants, un drame qui avait inspiré le film "Mississippi Burning", Killen a été libéré vendredi après le versement d'une caution de 600.000 dollars, a-t-on appris samedi de source judiciaire. Killen, âgé de 80 ans, est libre après seulement six semaines d'emprisonnement.

    Richard Barrett, chef du Mouvement nationaliste (NM), un groupuscule raciste prônant la suprématie blanche, et les "Chevaliers blancs du Ku Klux Klan du Mississippi" ont prévu d'organiser un rassemblement le 12 novembre prochain à Philadelphia, la ville du Mississippi où réside Killen, pour fêter leur héros, a-t-on appris auprès du quotidien local de Philadelphia, le Clarion-Ledger, qui milite activement contre le racisme.

    Richard Barrett a qualifié la libération de Killen de "victoire". "Il ne verra jamais plus l'intérieur d'une cellule", a-t-il dit.

    Le 21 juin dernier, Killen avait été reconnu coupable de "meurtres sans préméditation" à l'encontre des trois jeunes militants des droits civiques, exactement 41 ans après la mort de Michael Schwerner, Andy Goodman et James Chaney.

    Violence raciste

    La veuve de Michael Schwerner, Rita Bender, a déclaré au New York Times que la décision de libérer Killen montrait, selon elle, "un manque de compréhension du sérieux de la violence raciste".

    "Cette libération, a-t-elle ajouté, peut augmenter le risque de violence de la part de gens qui pensent ne rien risquer". Killen était le premier et seul condamné pour meurtre dans cette affaire. Ancien responsable du KKK, une organisation raciste prônant la suprématie blanche, Killen n'a jamais exprimé de remords.

    L'argent de la caution a été rassemblé par plusieurs amis de M. Killen qui n'ont pas hésité à hypothéquer leurs biens pour trouver les 600.000 dollars.

    En juin 1964, au cours de "l'été de la liberté", trois jeunes militants des droits civiques (deux juifs new-yorkais et un noir) étaient venus dans le Sud ségrégationniste pour aider les noirs à s'inscrire sur les listes électorales. Arrêtés le 21 juin 1964 sous un prétexte futile par la police locale, infiltrée par le KKK, ils avaient été relâchés en pleine nuit avant de tomber dans une embuscade et d'être sauvagement lynchés et abattus par balles.
    © Le Nouvel Observateur

    PHILHARMONIE PHILANTHROPIQUE (Israel)
    Divan occidental-oriental, Daniel Barenboïm dirige des musiciens de différentes nationalités, de culture arabe ou juive. Ils se produiront le 21 août à Ramallah. Une note d'espoir transmise en direct sur Arte et France Inter
    par Bertrand Dermoncourt


    15/08/2005 - Le 21 août, à 19 heures, Arte et France Inter diffuseront en direct un concert exceptionnel. Le programme est relativement banal - Mozart, Tchaïkovski - mais le lieu l'est moins: Daniel Barenboïm dirigera l'orchestre Divan occidental-oriental à Ramallah, au cœur du territoire palestinien de Cisjordanie. Cette formation, dont le nom est tiré d'un texte de Goethe inspiré par la culture arabe, rassemble de jeunes musiciens d'Israël et de Palestine, de Syrie, du Liban, d'Egypte et d'Espagne. Ils sont 80, âgés de 13 à 26 ans, qui se réunissent tous les ans pendant l'été, le temps d'un atelier de répétitions en juillet, puis d'une tournée de concerts en août. Autant dire que l'événement prend une note exceptionnelle au moment - simple coïncidence de date - du retrait israélien de la bande de Gaza.

    Fondée en 1999 par Daniel Barenboïm et l'écrivain américano-palestinien Edward Saïd pour «faire descendre le niveau de la haine», cette entreprise hors du commun est financée depuis 2002 par le gouvernement autonome d'Andalousie et quelques mécènes espagnols. «Nous ne voulions pas que l'argent vienne du monde politique», insiste Barenboïm, à qui l'on a pourtant souvent reproché son activisme.

    Né à Buenos Aires en 1942, Barenboïm a émigré en Israël avec sa famille, des juifs originaires de Russie, lorsqu'il avait 10 ans. Il possède la double nationalité, argentine et israélienne, mais sa carrière l'a mené aux quatre coins du monde: pianiste reconnu, il dirige également l'Orchestre de Chicago et l'Opéra de Berlin. C'est cependant à Jérusalem qu'il a élu résidence depuis de nombreuses années. La Ville sainte est le seul endroit où il se sent «chez [lui]». «Mais, poursuit-il, j'éprouve toujours un sentiment de tristesse quand j'arrive à Jérusalem en voyant le fossé qui se creuse tous les jours davantage entre Israël et la Palestine.» D'autorité musicale Barenboïm s'est transformé, ces dernières années, en autorité morale.

    En 2001, il fut le premier chef d'orchestre à rompre l'interdiction tacite de jouer en Israël la musique de Wagner, le compositeur favori de Hitler. Pour certains, ce fut une victoire du message universel qu'offre la musique, pour d'autres, une «offense à la mémoire». Barenboïm a, de nouveau, créé la polémique en 2002 en allant donner un récital de piano à Ramallah. Une semaine plus tard, il était menacé de mort, attaqué dans un restaurant de Jérusalem et accusé de traîtrise par des militants d'un parti d'extrême droite. Mais le musicien israélien le plus célèbre du monde a poursuivi ses échanges avec les Palestiniens. Avec courage et un certain sens de la provocation. L'an passé, il a reçu, devant les parlementaires israéliens, le prix Wolf pour ses actions humanitaires, et en a profité pour critiquer la politique de l'Etat hébreu envers les Palestiniens. Après avoir donné, dans la foulée, un nouveau récital de piano à Ramallah, il a offert les 50 000 dollars qui accompagnaient le prix Wolf à des projets éducatifs en Israël et en Palestine. Il a également dirigé, en 2004, le premier concert du Palestine Youth Orchestra.

    «Pas de la politique, mais de l'empathie»

    Déjà prévu lors de la précédente session, en 2004, un concert à Ramallah de l'orchestre Divan occidental-oriental avait été annulé au dernier moment pour raisons de sécurité. Qu'en sera-t-il cette année? Des passeports diplomatiques ont été délivrés aux différents musiciens par le gouvernement espagnol afin de faciliter le passage aux frontières et les noms des participants ont été tenus secrets. Mais l'incertitude va régner jusqu'au dernier moment. «Ces jeunes gens font preuve d'un véritable courage civique», souligne Daniel Barenboïm. Cet été, des concerts de musique folk ont été annulés dans des villes palestiniennes contrôlées par Hamas.

    «Tout ce que nous faisons avec le Divan n'est pas de la politique, mais de l'empathie, veut cependant croire Barenboïm. Jouer à Ramallah, c'est d'abord un geste envers un public avide de musique. Ensuite, cela donnera à tous ceux qui seront présents une illustration concrète de ce qu'il est possible de faire ensemble. Dans le pupitre de violoncelles de l'orchestre, il y a, depuis toujours, un Israélien et un Syrien. Ils ont joué tous les deux magnifiquement et pourtant ils étaient de parfaits étrangers l'un pour l'autre. Ils se sont retrouvés assis, côte à côte, à essayer de jouer la même note au même moment, avec la même rapidité et la même intensité. Tous les spectateurs vont être amenés à réfléchir à ce qu'ils ont vu et entendu. C'est peu, mais c'est déjà beaucoup.»

    Selon Yo-Yo Ma, la star américaine du violoncelle qui a accompagné les premiers concerts du Divan occidental-oriental, «la raison pour laquelle les jeunes participent à cet orchestre est évidente. C'est la musique, pas la politique». Un sentiment partagé par tous. A voir ces jeunes prodiges travailler et vivre en groupe, comme le montre le très beau documentaire qui sera diffusé par Arte le 20 août, la veille du concert de Ramallah, on comprend mieux ce qui peut les rapprocher et les éloigner. Et l'on prend conscience de ces «murs qui sont dans les esprits». Si le projet n'est pas ouvertement politique, celle-ci est partie intégrante de la vie de ces enfants de la guerre. «Il serait impossible de ne pas en parler entre nous», constate Georges, violoniste libanais. Le Syrien Bassam admet, lui, qu' «il peut arriver, après les répétitions, que nous parlions de sujets sur lesquels nous ne sommes pas d'accord. Mais, au moins, nous avons la chance de pouvoir entamer le dialogue».

    Un apprentissage douloureux, mais exemplaire et porteur d'espoir. «Notre objectif, conclut Daniel Barenboïm, sera atteint lorsque l'orchestre pourra jouer dans tous les pays dont les musiciens sont originaires. Ce concert de Ramallah est un grand pas dans cette voie.»

    Concert à Ramallah, en direct sur Arte, le 21 août, à 19 heures, en simultané sur France Inter. Arte diffusera également un documentaire sur l'orchestre le 20 août, à 22 h 30. La 5e Symphonie, de Tchaïkovski, dirigée par Daniel Barenboïm avec le Divan occidental-oriental en CD et DVD (Warner).
    © L'Express

    LE RAS LE BOL DU RÉALISATEUR DE LA CAMPAGNE ANTI-NOIRS DU MINISTÈRE DE LA SANTÉ (France)
    Gaspar Noé, le réalisateur d'Irréversible, a tourné une série de spots pour promouvoir le port du préservatif notamment auprès des africains. Tout allait bien jusqu'à ce qu'une sombre histoire de boubous sème la discorde entre lui et un ministère de la santé aux bouffées néo-colonialistes.
    Par Joseph Veillard


    09/08/2005 - Les Africains ayant migré en France devraient porter la capote sous leurs boubous. C'est du moins ce que semble prôner le ministère de la santé et l'institut national de prévention et d'éducation à la santé (INPES). Gaspar Noé l'a appris à ses dépens. Engagé pour tourner les trois spots de la dernière campagne de prévention contre le sida, le réalisateur de Seul contre Tous a vu son film à destinations des populations africaines refusé. Pourquoi ? Tout simplement parce que le quota de boubous n'était pas respecté à l'image. Résultat : le spot a été retourné par un autre réalisateur et Gaspar a refusé de signer la campagne de son nom, utilisant le pseudonyme de Roberto Keller. Personne n'aurait du être au courant. Mais grâce à quelques fuites de figurants et à une enquête rapide sur internet, nous avons découvert qui était le réalisateur de cette campagne destinée aux populations les plus touchés par l'épidémie du sida. On parle ici des homosexuels, des populations originaires d'Afrique sub-saharienne, mais aussi, ne croyez pas que vous y échapperez, des queutards hétéros.

    Comment t'es-tu retrouvé à réaliser les spots de la campagne contre le sida ?

    Gaspar Noé : C'est l'agence de com' qui connaissait le producteur d'Entropie, Nicolas Leclercq. Ils lui ont dit : « on voudrait contacter Gaspar Noé pour une campagne sur l'usage du préservatif ». Il était un peu surpris mais finalement, il m'a mis en contact avec eux. Ils avaient vu mes films, même le clip porno que j'avais fait pour Placebo, alors je me suis dit qu'ils savaient à qui ils avaient à faire. Il y avait trois spots : un sujet homo, un sujet hétéro et puis un troisième se déroulant dans une discothèque africaine, qu'ils n'osaient pas appeler afro ou africain et qu'ils appelaient migrant. Ça me faisait penser au juif errant. L'agence me proposait les trois spots et je me suis dit que c'était drôle. Je n'avais jamais fait un truc en milieu congolais, celui qu'ils avaient choisi. J'en étais heureux car j'adore particulièrement la manière ultra-classe dont ces gens-là se sapent. Au départ, c'était ce spot qui m'excitait le plus à tourner. Pour les deux autres, je ne voyais pas de complication possible. Ils m'ont donc filé le job.

    Ça démarrait bien.

    Ouais. J'ai fait des repérages dans les trois principales boîtes de nuit afro de Paris où je n'ai vu absolument personne en tenue traditionnelle. Ensuite, je suis parti dix jours à l'étranger pour travailler sur un projet de film. A mon retour, et peu avant les tournages, on m'annonce avec embarras une nouvelle demande des clients en sachant par avance quelle serait ma réaction. Il fallait désormais que les figurants africains portent des boubous, et de manière très visible.

    C'était une agence du ministère de la santé ?

    Non, c'était l'agence de pub BETC qui traitait avec le ministère. Je ne sais toujours pas pourquoi l'INPES a voulu me prendre. Ils se sont plantés à la base. Vu ce qu'ils attendaient de moi, ils auraient mieux fait de prendre n'importe lequel des esclaves de luxe habituels de leur agence. Pour me convaincre, les ''créas'' de l'agence m'ont répété plusieurs fois : « on veut que tu fasses un truc de type documentaire comme toi seul peux le faire ». Et avant le tournage, il y a eu plein de rendez-vous où chaque détail avait été validé. On s'était même mis d'accord pour fabriquer cinq ou six robes sexy en tissu « africain » pour satisfaire la cliente et son assistante lors du spot dit ''migrant''. Mais au moment du tournage, ils intervenaient à nouveau sur tout. Sur le plateau, il y avait une dizaine de personnes qui opinaient sur l'aspect et la gestuelle de chacun des figurants alors que sur le clip de Placebo, il n'y avait eu personne de la maison de disque. Tu passes d'un extrême à l'autre. C'est refroidissant, et à l'arrivée, même s'il y a deux, trois gadgets visuels que j'aime bien dans les spots, ça aurait pu être mille fois mieux s'ils m'avaient laissé un peu faire. Avec ces gens là, j'avais l'impression de rentrer dans une secte ou dans l'Eglise de Scientologie.

    Comment ça ?

    Il y avait des hiérarchies à respecter. On m'a expliqué qu'en pub, le ''réal'' ne doit pas parler au client mais à son producteur qui, s'exprimant dans leur charabia, est habilité à communiquer avec la ''TV prod'' qui elle, parle à la ''créa'' ou je ne plus quoi, qui à son tour parle au ''dir de créa'' qui lui seul peut parler au client. Tu rentres dans un système où tu n'as aucun moyen de faire correctement ton travail. C'est sûr que de l'argent, il y en avait. Tu te demandes même comment il peut y en avoir autant dans la pub. Certainement parce que les espaces publicitaires s'achètent à prix d'or. Mais c'est comme si on te demandait aussi d'enterrer toute forme de pensée devant l'imposant sas de sécurité de leur immeuble. Tu rentres dans une agence de pub et c'est le cimetière de la pensée.

    Tu n'avais jamais fait de pub ?

    Non, et j'espère vraiment ne pas en refaire. En tout cas pas dans ces conditions, même si les salaires attribués sont obscènes. En fait, il y longtemps, j'avais fait gratuitement un court porno pour la prévention du sida, bizarrement co-financé par le ministère de la santé et Canal+. Et là, on m'avait foutu une paix royale. Je me doutais que ça n'allait pas être pareil cette fois-ci, mais je ne pensais pas que ça irait aussi loin dans le sens contraire. C'est que si tu tombes sur, comme on dit dans leur charabia, un ''dir de créa'' totalement incapable d'établir une communication claire et censée entre le réalisateur et le client, tu ne peux vraiment rien faire.

    Au ministère, ils sont gênés quand on leur parle de Gaspar Noé...

    Parce que ça s'est vraiment mal passé à l'arrivée.

    Ils m'ont dit qu'ils ne te connaissaient pas, qu'ils avaient travaillé avec Roberto Keller.

    Ils ont dit ça ?

    Je les ai appelés et on a commencé par me demander comment je savais que tu avais réalisé le spot. Ensuite, on m'a dit qu'il y avait eu des gros problèmes et qu'on me rappellerait. Et puis le lendemain, ils m'ont déclaré qu'ils ne te connaissaient pas et que c'est Roberto Keller qui avait réalisé les spots.

    C'est plutôt à leur honneur de respecter mon pseudonyme. En fait, ils ont retourné le spot africain avec un autre réalisateur et je ne voulais que celui-ci me soit attribué. Moi, j'ai poliment refusé de mettre des boubous aux figurants et les clients, de manière de plus en plus autoritaire, réclamaient que dans cette discothèque avec des gens d'Afrique centrale, les noirs portent des boubous. Les 80 figurants, majoritairement congolais, désiraient pourtant tous exactement le contraire. Je les avais prévenus mille fois à l'avance que je ne ferais pas Black Mic-Mac ni un remake 2004 de Y'a bon Banania. Les gens de l'agence m'ont dit : « Tu as raison, t'inquiètes pas. On s'occupe de convaincre le client. Tu vas voir : on va fighter pour toi ». Mais ils ont baissé la tête et le jour du tournage, les clients ont continué à insister pour me faire faire un truc que je ne voulais pas faire. Ce n'était plus du tout réaliste ou documentaire, comme convenu, dans ce contexte particulier de discothèque. Les figurants et l'ensemble de mon équipe trouvaient que ça véhiculait une image clichée ou passéiste des africains qu'il n'est pas bon de perpétuer dans une France encore en partie néo-colonialiste. Mais le client avaient son idée fixe. Peut-être qu'ils avaient peur que les télé-spectateurs franco-français confondent les personnages avec des noirs nés en France, ou avec des antillais. Je ne sais pas. D'autant plus qu'ils refusaient d'utiliser le terme africain dans la voix off de ce spot. Ils jugeaient que c'était de loin le sujet le plus explosif. Ils auraient dû dès le départ demander un truc familial dans une cour de MJC, un dimanche après-midi. Et surtout le proposer à quelqu'un d'autre. En tout cas, ce qui se passait était absurde et pas réaliste.

    Mais tu penses que c'est au réalisateur de décider du contenu d'une pub ?

    Je me suis renseigné auprès de mon avocat, et en tant que réalisateur, tu as le droit moral de refuser de tourner quelque chose qui n'avait pas du tout été détaillé dans le script de départ. Même dans un contexte de pub. Mais la plupart des ''réal'' et autres pubards courbent le dos par avance pour financer leur maison de campagne, leur décapotable, leur collec' de chaussures en croco, salarier leur maîtresse, ou se payer la coke qui est censée leur donner une assurance et une créativité qu'ils n'ont plus depuis longtemps.

    Ça s'est terminé comment ?

    Malgré les tensions, l'agence a préféré ne pas suspendre le tournage et j'ai fait au mieux dans une sale ambiance. Bien sûr, le spot a été refusé car il ne correspondait pas à l'image qu'ils voulaient véhiculer des « migrants », ni surtout aux liens de subordination qu'il auraient voulu établir avec moi et le reste de l'équipe. Ils ont donc exigé au producteur Nicolas Leclerc de retourner un nouveau spot avec un autre réalisateur, en lui assurant que l'agence allait payer les frais additionnels. Deux mois après, l'agence ne lui a toujours pas envoyé le bon de commande. C'est petit. C'est pour tout cela que je n'ai pas voulu que mon nom apparaisse, et que j'ai exigé d'utiliser le pseudonyme de Roberto Keller en l'honneur du club Le Keller, par ailleurs assez hard, où on avait tourné le spot homo. Je tenais à ce que mon nom ne soit en aucun cas associé à ce troisième spot ou au ''sous-dir de non-créa'' de l'agence. Mais comme il y a eu des fuites sur internet et dans la presse par des figurants qui balançaient mon nom, des gens m'attribuent aujourd'hui le spot ''migrant'' avec des boubous. Et ça me fait vraiment chier, d'autant plus qu'ils ont utilisé la même typographie et les mêmes effets que ceux que j'avais créés pour les deux autres spots.

    Ce n'était pas obligé en partant dans une histoire institutionnelle ?

    Mais ils te disent qu'ils vont te laisser libre. Et puis le tournage venu, tu te retrouves avec dix personnes derrière le moniteur, même des ''cost-contrôleurs'', commerciaux et représentants de toutes sortes qui te disent de manière très verticaliste de virer tel figurant ou costume pourtant validé plus d'une fois. Sur le truc hétéro, on te dit qu'il ne faut pas que les gens s'embrassent, sur l'autre qu'il ne faut pas que les homos se touchent. Ils voulaient un spot avec des ''migrants'' mais pas de noirs en avant plan dans la fête hétéro parce qu'il y avait déjà un sujet pour eux. Pourquoi ils appellent des réalisateurs comme moi ? Est-ce pour se payer une image de ''modernes'' ? Ou est-ce par manque de respect pour les réals de pub qui mettent au placard leur pensée, comme les gens de l'agence l'ont tous fait ? La cruelle vérité, c'est que dans leur monde, le client est roi et les autres se plient en quatre pour le satisfaire de peur de perdre leur gros chèque ainsi que leur prochaine commande.

    C'est toi qui fais les scripts des spots ?

    Non, pas du tout. Et la voix off, je n'ai jamais compris pourquoi ils disent « voici Benoît ». A un moment, je leur ai proposé un truc qui a été refusé parce que dès que tu proposes un truc, ils refusent d'entrée de jeu, par principe. Je ne souhaite à aucun réalisateur digne de ce nom de faire de la pub avec des gens comme ça. J'ai halluciné quand ces gens-là m'ont sorti en fin de parcours et à demi-mots que le travail de montage son, de voix off et de mixage relevait de leur responsabilité de ''créa'' et non pas de celle du réalisateur. Bien sûr, je les ai envoyés péter, ainsi que leur idée foireuse d'enregistrer une voix-off de veille dame pour les spots.

    A l'INPES, on m'a dit que c'était des histoires réalistes qui se passent aujourd'hui. Mais le spot hétéro, je n'ai jamais vu ça. T'as déjà été dans une soirée où il n'y a que des meufs et où quinze bombasses te sautent dessus ?

    C'est vrai que tu te dis que le mec doit avoir beaucoup d'argent pour que les filles lui sourient autant. Ça fait un peu Greg le Millionnaire.
    © Grioo

    'NE PAS ENVOYER DE PERSONNES M' (France)
    Selon SOS Racisme, les fichiers de certaines agences immobilières du cap d’Agde (Hérault) contiennent des recommandations illégales.
    par Nicolas Genthial


    10/08/2005 - Depuis le 5 août 2003, SOS Racisme ferraille contre l’Office municipal de tourisme (OMT) du cap d’Agde (Hérault). Motif : l’association, qui a saisi le procureur de la République de Béziers, fait état de discriminations raciales qui seraient commises par des professionnels de l’immobilier du cap d’Agde, associés à des membres du personnel de l’Office municipal de tourisme de la ville. Seulement voilà : le procureur de la République a décidé du classement sans suite de cette plainte. SOS Racisme, qui affirme que les preuves existent et que des personnels de l’OMT ont reconnu l’existence du système, a donc décidé de ne pas en rester là. Elle vient de délivrer une citation directe devant le tribunal correctionnel de Béziers à l’encontre de la responsable des réservations à l’OMT du cap d’Agde ainsi qu’à l’encontre de l’OMT, en tant que personne morale.

    Dominique Sopo, président de SOS Racisme, ne décolère pas. Selon lui, les fichiers découverts par la police contenaient une liste d’agences qui mentionnaient « ne pas envoyer de personnes M » (M comme Maghrébin). « C’est extrêmement grave, de plus, puisque le procureur a classé l’affaire sans suite, pourquoi les agences arrêteraient aujourd’hui de discriminer ? Ce que montre cette histoire, c’est bien toute la difficulté à laquelle on est confronté régulièrement. Car là on a affaire à une institution, un vrai maillage : des agences immobilières, l’Office municipal de tourisme et enfin, le procureur, dont la décision de classer l’affaire sans suite, nous semble relever d’une décision plus politique que prise sur la base des faits et du droit. »

    SOS Racisme tient à rappeler qu’en toutes circonstances la justice doit rappeler la règle et punir ceux qui l’ont enfreinte. « Nous ne pouvons pas accepter qu’un système de discrimination d’une telle gravité et d’une telle élaboration reste impuni. Comment accepter le classement sans suites d’une plainte à l’encontre d’un système qui apparaît comme le sommet des systèmes discriminatoires. »

    Dans une autre affaire récente, à Toulouse, la gérante d’une agence immobilière a été condamnée par le tribunal correctionnel à huit mois de prison avec sursis et 8 000 euros d’amende. Elle est accusée d’avoir pratiqué une discrimination sous la pression de propriétaires qui ne voulaient pas louer à des étrangers ou présumés tels. Pour SOS Racisme, le jugement est positif. « Le tribunal a reconnu les faits et prononcé une peine qui servira d’exemple. » Même si l’association regrette que la fermeture administrative provisoire de l’agence, demandée par le ministère public, n’ait pas été suivie par le tribunal.
    © L'Humanité

    HUIT MORTS DANS UN INCENDIE À BERLIN (Allemagne)
    09/08/2005 - Huit personnes, dont quatre enfants, ont péri dans un incendie qui s'est déclaré dans la nuit de lundi à mardi dans un immeuble d'habitation de Berlin, et le gouvernement a évoqué l'hypothèse d'une attaque à motivation raciste.

    L'incendie a pris peu après 21h00 GMT lundi soir, pour des causes indéterminées, dans la cage d'escalier d'un immeuble de cinq étages du quartier central de Moabit, a déclaré la police.

    Cet immeuble étaient principalement occupé par des familles d'immigrés.

    "Les causes de cette catastrophe doivent être rapidement élucidées. Il est à espérer que cet incendie, qu'on suspecte d'être d'origine criminelle, n'a pas de motivations xénophobes", a déclaré Marieluise Beck, experte gouvernementale en politique d'asile et d'immigration, dans un communiqué.

    Les pompiers et la police devaient s'exprimer lors d'une conférence de presse à 10h00 GMT (12h00 heure de Paris).

    Un porte-parole de la brigade des pompiers de Berlin a précisé que les victimes avaient été piégées en tentant de fuir par les escaliers.

    Sept personnes étaient toujours dans un état grave à l'hôpital et 43 personnes ont reçu des soins sur place après avoir inhalé de la fumée.

    Il s'agit du deuxième bilan le plus lourd pour un incendie dans la capitale fédérale depuis la Deuxième Guerre mondiale.
    © L'Express

    ZOO HUMAIN ET FANTASMES POPULAIRES EN ALLEMAGNE
    par Richard Alemdjoro

    Richard Alemdjoro vit en Allemagne où se multiplient les actes de racisme ordinaire ou extraordinaire (comme les attentats contre les foyers d'immigrés). Son regard lucide est édifiant. Certes, des avancées seraient à mettre en avant, comme les efforts de nombreuses associations, ceux de maisons d'édition pour publier des écrivains africains ou certaines expositions d'art africain, mais leur portée reste limitée, le public ne suivant que bien peu. Entre ces îlots de lutte contre les discriminations et la persistance des imaginaires coloniaux, un combat inégal mais essentiel se joue, en Allemagne comme dans les autres pays européens. O.B.

    11/08/2005 - Insensibles au tapage médiatique désapprobateur, les organisateurs du zoo humain d’Augsburg ont, en juin dernier, mené leur projet à son terme, sans qu’aucune réaction gouvernementale ne soit venue troubler l’exhibition, comme le notent Pascal Blanchard et Olivier Barlet (1). Rien d’étonnant sous le ciel de Berlin, car le politique n’a jamais rien entrepris pour corriger l’image négative des Africains dans la conscience collective allemande. L’héritage du nazisme sur l’image des Noirs, par exemple, n’a jamais été déconstruite, puisqu’au lendemain de la seconde guerre mondiale et face aux plaintes des rescapés Afro-allemands auprès des tribunaux pour la reconnaissance de leur souffrance, le tribunal de Düsseldorf, sur la base d’un rapport d’experts de l’Institut d’Histoire Contemporaine, parvint à la conclusion radicale, que les « Noirs n’ont pas fait l’objet de mesures particulières pendant le règne nazi (2) ». Il est vrai que les lois raciales de Nuremberg n’avaient fait que priver les Afro-allemands de la nationalité allemande et de travail, leurs enfants furent juste interdits d’école et les enfants issus d’unions entre couples afro-allemands stérilisés pour empêcher « l’abâtardissement » de la race aryenne. Les plus malchanceux d’entre eux n’avaient fait que finir leur trajectoire de vie dans les camps de concentration. Il n’y avait pas de quoi fouetter un chat !

    Pour revenir à la problématique des zoos humains, il est à noter que l’évènement d’Augsburg ne constitue pas une première en Allemagne dans ce début de 21e siècle que l’on veut plus humaniste. Le problème s’est déjà posé à Sarrebruck, ville frontalière de la France, en 2000 (3). Les étudiants africains de la Sarre, regroupés dans un collectif, avaient alors amené la justice allemande à se prononcer sur le caractère dégradant du projet. Malgré cela, il existe aujourd’hui des infrastructures au zoo de Sarrebruck, où de soi-disant artistes ou artisans africains sont invités à présenter leurs créations. Chose curieuse pour un lieu censé symboliser la rencontre de la culture européenne et africaine, on n’a jamais vu un artiste européen y présenter, ne serait-ce qu’une sculpture insignifiante d’un pied de grenouille. A-t-on idée de voir un pays africain faire la promotion de la culture allemande dans un zoo ou, pour rester dans les stéréotypes historiques, présenter le visage hideux du nazisme comme représentatif de ce que sont les Allemands ? Le problème des zoos humains en Allemagne au 21e siècle va au-delà d’une simple anomalie ou d’un évènement passager de mauvais goût. Il s’agit d’un véritable problème de perception des Africains dans la culture populaire et politique allemande.

    La banalisation du racisme

    A l’instar de la directrice du zoo d’Augsburg, Barbara Jantshke, qui déclara ingénument ou machiavéliquement, c’est selon, qu’elle était très fière d’avoir pu contribuer « à mieux faire connaître les Africains » aux visiteurs (une façon de ranger l’Africain dans la faune sauvage du zoo), le citoyen allemand lambda a, semble-t-il, du mal à comprendre l’énervement et les protestations des associations de défense des droits civiques.

    Ainsi lorsque le collectif des Afro-Allemands, par l’intermédiaire de Sascha Sinflu, dénonce la vieille tradition du carnaval de Cologne à faire défiler des individus déguisés en bons sauvages africains comme une manière de renforcer les préjugés qui considèrent les Africains comme des primitifs, on lui répond qu’il ne s’agit nullement de comportements racistes, la preuve étant que des Africains participent à la manifestation (4) (argument qui revient souvent et qui a été mis en avant dans les affaires du zoo humain d’Augsburg et de Sarrebruck). Les responsables de la police de Wiesbaden (capitale de l’Etat de Hesse) ont manifesté le même sentiment d’incompréhension lorsqu’il leur a été reproché d’utiliser le terme de « Neger » pour lancer un avis de recherche. Le 16 juillet 2003, quatre individus avaient passé à tabac et dévalisé deux adolescents. Les victimes décrivirent à la police deux des agresseurs comme étant des Noirs « Schwarze ». Pour le porte-parole de la police, noir étant une notion assez vague, il lui avait paru nécessaire de libeller l’avis de recherche comme suit : « Description du suspect : de sexe masculin, Africain / Nègre » (5). Devant la très vive réaction de plusieurs associations et de certains politiciens et journalistes, les responsables de la police ont fait état d’une regrettable erreur, mais le texte, qui ne fut pas changé d’un iota, resta trois semaines sur les pages internet de la police.

    Si les violences racistes de la fin des années 90 et du début des années 2000, qui avaient abouti à l’incendie criminel de certains foyers de demandeurs d’asile (causant la mort d’hommes et de femmes d’origine africaine) et au bestial assassinat du Mozambicain Alberto Adriano par des Néonazis, ont baissé d’un cran, le discours politique tend parfois à légitimer la haine raciale d’une couche de la population. Lorsqu’en juin 2003, le maire de la ville de Rastatt, Klaus-Eckard Walker, déclara à propos des réfugiés africains qui habitent dans sa commune, que ces derniers devraient s’en tenir aux us et coutumes de leur pays d’accueil, faute de quoi « ils devraient être renvoyés au Congo, où ils pourraient danser autour du feu jusqu’à devenir noirs, ce qu’ils sont, dans tous les cas, déjà », la population de la commune n’a pas été sensible à l’émoi et à la crainte d’agression physique suscités chez les Africains. Au contraire, les premières réactions rapportées par la presse (6) faisaient état de menaces du genre « Ce n’est pas autour du feu que les Noirs devraient danser, mais dans le feu » ou encore « on devrait les battre à mort ». Les paroles de ce politicien social-démocrate ont été d’autant plus incompréhensibles qu’il a été celui qui avait suspendu le partenariat de sa ville avec la ville d’Orange en France, à l’arrivée d’un maire du Front National.

    Tout aussi incompréhensible est la déclaration de l’ancien chancelier social démocrate Helmut Schmidt en juin 2005 à propos de l’immigration en Allemagne (7). Faisant le lien entre le taux de chômage élevé et les étrangers, l’ancien chancelier réclama l’interdiction de l’immigration de populations issues « de cultures étrangères ». Par ce vocabulaire très prisé des populistes allemands, celui qui passait pour être un penseur libéral avait surtout ciblé deux groupes d’immigrants dans sa réflexion sur le vieillissement de la population : « L’immigration de populations provenant de l’Anatolie de l’est ou de l’Afrique noire ne résout pas le problème, mais en crée un autre plus grave ». L’utilisation de ce genre de vocabulaire de la part d’hommes politiques des partis démocratiques traditionnels est assez courante. On a l’impression que pour accéder à un mandat local ou fédéral, le moyen le plus efficace est de se présenter comme le défenseur des Allemands contre les envahisseurs étrangers.

    L’actuel ministre-président de l’Etat de Hesse, Roland Koch, doit certainement son poste à l’action populiste, mais couronné de succès, des pétitions contre le projet de double nationalité présenté au début de sa première législature par la coalition des sociaux-démocrates et des verts. De même le très controversé chrétien-démocrate Rüttgers est parvenu en 2005 à ravir l’Etat de Rhénanie-Westphalie aux sociaux-démocrates, lui dont la fameuse formule « Kinder statt Inder » avait soulevé un tollé (formule prononcée pour s’opposer au plan du gouvernement Schröder, visant à octroyer des green cards à des spécialistes étrangers de l’informatique. Les ressortissants de l’Inde passant pour être les plus demandés sur ce marché, le politicien allemand réclama que les Allemands fassent des enfants plutôt que de faire appel à des ressortissants de l’Inde. Le projet fut d’ailleurs un fiasco). Le même Rüttgers déclara, suite à l’élection de Benoît XVI, que le catholicisme est et reste supérieur aux autres religions. Quant aux chrétiens démocrates de la CDU / CSU, ils ont déjà annoncé que le débat sur les étrangers fera partie de la campagne électorale pour les législatives anticipées de septembre 2005.

    On ne change pas une recette qui gagne.

    Il existe manifestement un manque de volonté politique à s’attaquer aux racines du racisme en Allemagne. Une étude de l’Institut Allemand des Droits de l’Homme, soulignait ce manque de volonté et reprochait à la politique allemande de chercher de petites solutions au problème du racisme. L’étude prenait comme exemple le refus du gouvernement de transposer la directive européenne de 2000 sur les discriminations dans la norme juridique allemande. Une forme tempérée de la directive a été finalement votée comme loi par le Bundestag en janvier 2005, mais la loi n’a pas trouvé de majorité au Bundesrat (Conseil fédéral), dominé par les conservateurs chrétiens démocrates, pour être définitivement adoptée. Le débat qui avait précédé le vote au Bundestag est révélateur de l’état d’esprit des politiciens allemands vis-à-vis du problème du racisme.

    La disposition centrale de la directive, qui prévoyait que la preuve de la discrimination n’incombait pas à la victime, fut considérée par le patronat et les églises comme dangereuse pour les employeurs. Car ces derniers devraient désormais apporter la preuve qu’ils n’avaient pas pris leurs décisions sur des bases discriminatoires. Dans ces conditions d’absence de loi anti-discrimination, on comprend mieux qu’un organisme quasi étatique comme la « Arbeitsvermittlung des Studentenwerks » (organisme installé dans les Universités allemandes et chargé de jouer les intermédiaires entre les employeurs et les étudiants) ait pu afficher, en août 2005, une annonce ouvertement raciste sur les murs de l’Université de Berlin. Un organisme privé voulait recruter des étudiants et étudiantes pour préparer l’organisation du Salon International de la radio. L’avis de recherche de candidats comportait la phrase suivante : « Les candidats peuvent bien porter des chaussures noires, mais ils ne doivent pas avoir la peau noire ».

    La Jobvermittlung (l’intermédiaire étatique basé sur le campus) ajouta ses propres remarques : « Important : l’employeur ne désire pas embaucher des étudiants de couleur. Les étudiants d’Afrique noire doivent s’abstenir de venir aux informations. Leurs candidatures n’ont aucune chance d’être retenues » (8). Comment expliquer que la presse allemande, à l’occasion des jeux olympiques d’Athènes en 2004, ait pu écrire que les performances des athlètes noirs sont inscrites dans leurs gènes, alors qu’aucune étude scientifique sérieuse ne confirme ces dires ? Selon un article (9) qui se base sur les conclusions d’un médecin de sport allemand de l’hôpital universitaire de Freiburg, Hans-Hermann Dickhut, « on peut très bien voir que les meilleurs coureurs de fond à la peau noire viennent tous du nord ou de l’est de l’Afrique. Les sprinteurs noirs, par contre, viendraient presque tous de l’Afrique de l’ouest ou, par le fait de l’histoire, des Caraibes et des États-Unis, où les esclaves originaires d’Afrique de l’ouest ont été conduits.

    Les peuples d’Afrique, ainsi que leurs descendants jadis déportés vers l’autre côté de l’océan, ont longtemps vécu séparés les uns des autres et ont pu ainsi bien conserver leurs caractéristiques génétiques ». L’article poursuit : « Selon Hans-Hermann Dickhut, on note chez eux un type de profil récurrent avec des fibres musculaires particulières. Les Africains de l’ouest, par exemple, posséderaient des fibres musculaires blanches très élevées, ce qui est bien pour la rapidité et la puissance, et par conséquent propice aux sports comme le sprint et le saut en hauteur. Situation contraire en Europe, où les différentes communautés de peuples se sont mélangées depuis des siècles, c’est pourquoi les Européens ne sont ni très rapides, ni très résistants ». Balivernes pseudo-scientifiques et racistes qui passent comme une lettre à la poste en Allemagne.

    L’Afrique comme un musée ethnographique

    La construction de l’image de l’Afrique dans la culture allemande reste imprégnée de la vision ethnologique d’un Léo Frobenius, qui voyait dans la race noire, « une race d’esclaves », et qui colporta de nombreux stéréotypes sur les nègres mangeurs d’homme et paresseux. La vision culturelle de l’Afrique est restée scotchée à l’association de la nature, et les zoos humains n’en sont qu’une représentation. Il n’y a pas une manifestation en Allemagne sur l’Afrique, qui ne soit pas associée aux tam-tams et autres castagnettes, pas une manifestation dite culturelle sur l’Afrique sans que le caractère proche de la nature des Africains ne soit mis en avant. L’art moderne africain, les écrivains africains de talent n’intéressent pas le public. Les expositions sur l’art ou sur la vie des Africains ont souvent lieu dans des musées d’histoire naturelle, au milieu des cadavres d’animaux, seuls endroits où la vie et les créations du nègre peuvent décemment être montrées.

    Ce fut le cas de la fameuse exposition sur « La vie en Afrique de l’ouest (10) » qui ouvrit ses portes au musée d’histoire naturelle de Francfort, le 18 octobre 2002. Cette exposition dura jusqu’en juin 2004 et fut montrée dans les musées de Cologne, de Lübeck et de Heilbronn. Au-delà de la question légitime posée (11), sur le fait de savoir si ces musées sont des lieux appropriés à la présentation de la vie des gens en Afrique, le caractère dégradant des objets présentés et les commentaires y afférents, montraient un souci constant de dénigrement et d’humiliation. Les jugements forfaitaires qui, non seulement déforment la réalité, mais la manipulent, traversent l’exposition. Ainsi pouvait-on lire sous la photo d’une femme : « Le sexe et la bière : En Afrique de l’ouest, presque toutes les serveuses sont en même temps des prostituées. Elles n’ont guère d’autre choix, car bien que la vie ici soit moins chère qu’en Europe, nul ne peut vivre avec les 3 Pfennig gagnés par bouteille de bière ou de coca-cola vendue. Dieudonnée travaille dans une ville du Burkina-Faso, mais est originaire du nord du Togo, pays voisin du Burkina-Faso... ». Il est probable que cette jeune femme, et d’autres avec, se trouve dans cette situation dramatique, mais de là à en tirer cette conclusion sur la quasi totalité des serveuses opérant en Afrique de l’ouest a quelque chose de déroutant.

    Cette vision d’un continent sur lequel la relation sexuelle est pervertie et se pratique à l’emporte-pièce est une croyance répandue. En occident, les clubs échangistes et libertins peuvent se multiplier à gogo, les gens peuvent transcender les tabous sexuels impunément, c’est presque de l’art auquel on consacre des centaines d’ouvrages enchanteurs. Mais le sexe en Afrique à un caractère dégoûtant, car pratiqué de manière inélégante et, surtout, il y a le Sida. Dans un ouvrage intitulé La danse de la mort, Sexe et Sida en Afrique (12), tous les préjugés sont passés en revue. Dans le chapitre intitulé « Dreimal täglich Sex zum Spass » (Sexe trois fois par jour pour le plaisir), on découvre de curieuses traditions africaines, dont nombre d’Africains ignorent à coup sûr l’existence : « Un homme visite-t-il son frère dans un autre hameau, qu’il y aura abondance de riz à manger, mais aussi de la bière faite maison.

    L’hôte offre ensuite à son visiteur sa femme pour passer la nuit. En raison de son statut d’asservie dans la société, la femme ne peut s’opposer à cet état de chose. Elle n’essaie même pas de s’y opposer (p. 34) » ou encore « En Afrique au sud du Sahara, à l’exception de la plus dévéloppée République Sud-Africaine, le phénomène « d’aller voir ailleurs » comme nous l’appelons, ou cette manière légère d’avoir des rapports avec l’autre sexe, prend un tout autre aspect. A l’écart des quelques grandes villes, le sexe constitue pour plusieurs le seul moyen de passer le temps (p. 35) », ou très catégorique encore : « L’appellation de travailleur du sexe vaut uniquement pour l’Afrique, puisque très souvent les petites filles et les femmes, dès leur enfance, sont obligées de se prostituer pour nourrir la famille. Elles auraient bien voulu avoir d’autres occupations, mais il n’y en a pas d’autres (p. 38) », plus morbide encore pour le lecteur européen qui découvre la sexualité si étrange de l’animal nègre dans son ensemble : « Le sexe à sec est pratiquement inconnu en Europe.

    Il l’est probablement aussi en Amérique. En Afrique par contre il est très répandu. On n’en parle presque jamais, car c’est quelque chose de très intime. Victoria explique, qu’il s’agît de tenir la muqueuse de la femme à sec pendant la pénétration. Lorsque George l’exigea d’elle pour la première fois, elle alla consulter le guérisseur traditionnel, comme on l’appelle. Sa mère le lui avait recommandé en son temps, car la fille n’était pas très portée sur le produit chimique de nettoyage censé assécher le vagin. Chez le guérisseur, elle obtint une poudre, concoctée à partir de fines herbes broyées à sec et mélangées à de la glaise et à l’urine de singe. « Ça m’est égal, la manière dont il le fait », assura Victoria. Bien frictionné avec la poudre, le vagin se dilate un peu, mais sa muqueuse reste sèche. « Cela fait très mal », avoua-t-elle. « Mais je reçois de George trois fois le prix qu’il me paie d’ordinaire ». (p. 44-45) ». La démonstration est faite que l’Africain, contrairement à l’Européen, n’a pas une sexualité normale, d’où la propagation rapide du Sida sur le continent.

    Les Africains dans la littérature

    La littérature reflète doublement la manière dont l’Afrique est perçue en Allemagne. D’une part la littérature africaine, celle écrite par les auteurs africains, n’attire ni les foules ni la critique littéraire, et d’autre part il existe une forme particulière de littérature africaine au succès éclatant : les romans et récits sur l’Afrique écrits par les Allemands. Le désintérêt pour la littérature africaine a été relevé par Uwe Timm (13), qui écrivit à propos de l’excellent ouvrage d’Ahmadou Kourouma, En attendant le vote des bêtes sauvages : « Comment expliquer qu’un tel roman soit passé inaperçu ? La réponse est simple : l’auteur est Africain, la trame du roman se passe en Afrique et parle de l’Afrique ». L’analyse est pertinente, même si au fond, l’Afrique et les histoires qui s’y passent intéressent le lecteur allemand, à condition qu’elles soient relatées par des auteurs allemands. Ces romans et récits, presque toujours des best-sellers, ont pour point commun la recherche de l’exotisme.

    Ecrits racoleurs, souvent médiocres, ils sont l’oeuvre d’auteurs spécialisés dans les trames africaines et surtout d’Allemandes ayant eu pour conjoints des Africains et ayant effectué des séjours en Afrique. On y expose ses amours, ses aventures sexuelles dans une Afrique fantasmagorique. Romans souvent tristes, dans lesquels l’Afrique est plus qu’un enfer terrestre. L’Allemagne est ainsi en train de se rattraper sur son histoire coloniale écourtée. Ces auteurs ont la nostalgie de cette époque révolue, où Pierre Mille et Louis-Charles Royer racontaient leurs amours d’Afrique. Nouvelle forme de littérature coloniale bien en dessous de la verve d’un Pierre Loti, d’un Guy de Maupassant ou d’une Isabelle Eberhardt.

    La forme la plus discutable de cette littérature est représentée par la littérature de jeunesse germanophone qui véhicule, pour les jeunes esprits, les stéréotypes et les clichés les plus éculés sur les Africains. La plupart de ces romans, véritables défouloirs d’instincts racistes de leurs auteurs, sont des illustrations de la quête d’exotisme, du désir de montrer le caractère arriéré de la culture et des populations africaines.

    Le message adressé au jeune lecteur allemand est qu’il doit s’estimer heureux de son propre sort, eu égard au destin peu enviable de l’Africain. L’histoire du petit Mark en villégiature avec ses parents au Kenya (Die Spur des Löwen de Stephanie Zweig (14)), qu’un employé de l’hôtel où il résidait amena dans une tribu à l’insu de son père, donne lieu à un dialogue surréaliste entre le père inquiet et le chef de réception africain insouciant de la disparition de l’enfant, dialogue de sourd aussi entre le père et l’officier de police kenyan incapable de comprendre l’anglais. L’éternel contraste entre l’Européen intelligent et l’Africain idiot en somme. Pendant ce temps, le petit prodige Mark, puits de savoir égaré dans la brousse africaine, apportait la connaissance occidentale au chef de tribu ignare, qui finit par se mettre nu devant l’enfant pour exprimer on ne sait quel sentiment de gratitude. Dans son roman intitulé « Die Gazelle » (La gazelle), Jo Pestum nous rejoue le coup des amours coloniales impossibles entre la Négresse et le Blanc. Une relation amoureuse secrète est entretenue par Simon, un humanitaire travaillant au Zaire, avec une Africaine qui, comme toute Africaine qui se respecte, a un amant africain à côté.

    Au-delà du fait que l’auteur de ce roman s’attache à démontrer que toute relation amoureuse entre un Blanc et une Noire est impossible, voire destructrice pour le Blanc, on est frappé par la haine du narrateur pour ce pays, selon lui, sans ciel, sans couleurs, sans odeurs qu’est le Zaire. On est interpellé par sa surprise de voir des visages noirs en Afrique noire : « Le visage noir du fonctionnaire m’irrita, oui, je crois que j’ai même eu peur », « Je relevai la tête et me retrouvai directement en face d’un visage noir qui m’effraya » (15). Quant à la fameuse femme noire qui a suggéré le titre la gazelle, le narrateur en est arrivé à la conclusion, en utilisant le terme de « dunkle Frau » (femme sombre), qu’elle n’est pas seulement sombre de peau, mais aussi de coeur : « Femme noire (en français dans le texte). Bon, je sais qu’aucun enseignant n’aurait souligné cela comme une faute. Mais, moi je le sais mieux que quiconque. Femme obscure : femme ténébreuse, inconnue, suspecte. J’affirme que cette traduction est la bonne, bien que je sache qu’on ne peut estimer le mot avec assurance ».

    Les exemples sont nombreux (16) de cette forme de littérature qui ne contribue pas à déconstruire l’image négative de l’Africain dans les mythes populaires allemands. Peut-être les lecteurs ciblés y trouvent-ils leur compte. Du refus de s’attaquer à ces clichés face aux protestations internes, se dégage l’étrange impression que l’Allemagne se croit vivre, du fait de l’inaccessibilité de sa langue à la grande majorité noire franco-anglophone, en autarcie et peut se permettre de soigner ses stéréotypes sur l’Afrique. Demain, lorsqu’un de ces gosses nourris et psychologiquement préparés par la lecture de ces ouvrages tendancieux commettra un crime raciste, la justice mettra cela sur le compte d’un déséquilibre mental ou de la grande jeunesse de l’auteur du crime, comme c’est souvent le cas, pour ne pas remuer la sale marmite du racisme.
    Richard Alemdjrodo

    1. Pascal Blanchard et Olivier Barlet, Le retour des zoos humains ?, in Le Monde du 28 juin et sur le site d'Africultures dans son texte intégral.
    2. Voir l’article, „Verfolgt, vermessen, vernichtet “, www.terz.org, N.B. : tous les textes en italiques traduits de l’allemand, l’ont été par l’auteur de cet article.
    3. Wochenspiegel n° 52 du 27 décembre 2000.
    4. Voir l’article „Die Vorliebe des Kölners für den Afrikaner “, in Frankfurter Rundschau, du 21 février 2004. Cette tradition qui est perpétuée par les clubs appelés „Negerköpp“-Vereinen (dans le dialecte local, cela veut dire littéralement Clubs de têtes de nègres), dont les membres se déguisent chaque année, pendant le carnaval, en portant des accoutrements en peaux d’animaux, affublés de perles, de plumes et de toute sorte d'ustensiles hétéroclites censés représenter les Africains dans leur mode de vie quotidien. Ils sont en outre grimés, le visage peint de signes guerriers et le corps peint en noir. Cette tradition qui date de 1824 selon l’historienne Hildegard Brog, reste aujourd’hui un avatar des stéréotypes de la période coloniale.
    5. Frankfurter Rundschau, du 8 août 2003, „Neger “im Polizeibericht sorgt für Empörung.
    6. Frankfurter Rundschau du 30 juillet 2003.
    7. Frankfurter Rundschau du 13 juin 2005.
    8. Voir l’article „Farbige unerwünscht “(Les hommes de couleur indésirables), dans le Frankfurter Rundschau du 3 août 2005.
    9. Europäer sind nur Mittelmass (Les Européens sont tout justes moyens), Saarbrücker Zeitung, du 23 août 2004. 10. Life in Africa, in The African Courier, Febr. / March 2003.
    11. Kodjo Attikpoe, Ist Afrika ein ethnographisches Museum ? (L’Afrique est-elle un musée ethnographique ?), in Internationales Afrikaforum, 2/2003.
    12. Ursula Meissner / Heinz Metlizky, Todestanz – Sex und Aids in Afrika, Francfort / Main, 2003.
    13. Dans Die Zeit, n° 25 du 15 juin 2000.
    14. Publié de nouveau en 2000 à Munich. Traduction littérale du titre : La trace du lion. Une amitié en Afrique.
    15. In Kodjo Attikpoe, Von der Stereotypisierung zur Wahrnehmung des anderen, Francfort 2003.
    16. Pour de plus amples informations sur ces romans et récits, lire l’étude de Kodjo Attikpoe, Von der Stereotypisierung zur Wahrnehmung des, Anderen’ (L’image de l’autre dans la littérature de jeunesse germanophone – L’image de l’Africain dans la nouvelle littérature de jeunesse germanophone), Peter Lang, Francfort, 2003.
    © Africultures

    LITTÉRATURE GERMANOPHONE DE JEUNESSE (Allemagne)
    par Richard Alemdjrodo

    Cette note de lecture concerne un livre publié en langue allemande sur la représentation des Africains dans la nouvelle littérature de jeunesse germanophone. Elle complète l'article publié dans nos colonnes par Richard Alemdjoro intitulé "Zoo humain et fantasmes populaires en Allemagne".

    11/08/2005 - Contribution à l’étude de l’image du Noir dans la littérature de jeunesse, avec sa cohorte de préjugés, clichés et lieux communs, l’ouvrage est le résultat d’une thèse de doctorat soutenue à la faculté de la nouvelle Philologie de l’université Johann Wolgang Goethe de Francfort en 2002. L’auteur, le Togolais Kodjo Attikpoe, s’est donné comme priorité de combler le vide laissé par les précédentes études, antérieures à 1980, en dépassant la perspective didactique ou sociologique et en se basant sur l’impact avéré ou supposé avéré des images véhiculées par les ouvrages destinés aux jeunes lecteurs.

    Ecrite dans un style épuré – et en allemand – l’étude dévoile la vision truffée de clichés et de préjugés d’une Afrique à la dérive et des Africains englués dans un mode de vie primitif. A quelques exceptions près, les auteurs de littérature enfantine de l’aire germanophone stigmatisent une Afrique des catastrophes et distillent un racisme subliminal dans les œuvres pour enfants tout en soutenant, face aux critiques, que ces derniers sont capables de distinguer la fiction de la réalité.

    L’étude s’étale sur trois grandes parties, comportant chacune de nombreuses subdivisions. La première partie consacrée aux fondements théoriques explore et les fondements théoriques de la perception de l’autre en général dans la littérature et, de manière plus spécifique, les fondements historiques de l’image de l’Afrique. L’analyse détaillée du concept complexe des stéréotypes passe en revue les différentes théories qui ont essayé d’éclaircir la formation de ces derniers : celles qui l’expliquent par des causes essentiellement sociologiques et celles qui y voient au contraire un phénomène lié à un processus psychologique individuel. Une place importante est réservée à l’imagologie de la littérature enfantine. L’auteur analyse sur la base de documents historiques le discours européen sur l’Afrique et son besoin de légitimation. Il remonte aux sources de la formation du mythe du nègre, met en exergue la contribution des récits de voyage à l’ancrage de ce mythe dans le subconscient occidental. On découvrira ou on relira avec étonnement la contribution de philosophes, écrivains et ethnologues tels que Herder, Hegel et Frobenius à la propagation dudit mythe.

    La deuxième partie, riche en analyse textuel de récents ouvrages – des années 1980 aux années 2000 – et en exemples du genre de clichés véhiculés par la littérature de jeunesse germanophone d’aujourd’hui, porte bien son titre : Analyse et interprétation de textes. Grâce à une subtile subdivision des textes analysés, on lira sous la plume de Stephanie Zweig dans Die Spur der Löwe (littéralement : Sur les traces du lion) les prouesses d’intelligence d’un petit européen apportant à une Afrique arriérée voire primitive le message de connaissance du monde civilisé. Le tour d’horizon des livres d’aventure destinés à la jeunesse d’Eric Campbell, probable adepte des aventures de Zembla et de Tarzan, fait ressortir leur caractère ethnocentrique, et leur côté aventureux rappelle quelques films du temps colonial qui montraient les Africains comme des esclaves passifs, prêts à tout pour faire plaisir à leurs maîtres colonisateurs.

    Dans son roman, Jagd nach dem weißen Gold (La quête de l’or blanc), publié en 1998, Campbell fait revivre le mythe de l’omnipotent Bwana (personnifié par van del Wel), devant lequel les Africains paresseux font profil bas : « Pssst ! sifflent-ils pour prévenir. « Bwana arrive ! Bwana arrive ! ». S’ils sont en train de glander, ils cherchent hâtivement à s’occuper avec zèle. Après, ils sourient et interpellent : « Jambo Bwana, habari ? », simulant ainsi les travailleurs consciencieux. Car, si l’un deux se fait surprendre en train de glander, la colère de Bwana est sans limites, et le Sjambok (fouet en peau de rhinocéros) siffle et fait des coupes nettes comme celles d’un couteau dans les dos, les épaules, les cous et les joues ».

    On lira des extraits d’une littérature germanophone qui présente l’Afrique aux jeunes comme un danger : danger parce qu’étrangère (Die Gazelle (La gazelle) de Jo Pestum), danger parce que pleine de secrets (Sylvia und der Regenzauber (Sylvie et le faiseur de pluie) d’Evelyn Schmidt), et enfin l’Afrique simplement hôtesse dangereuse (Auf dem Strom (Sur le fleuve) d’Hermann Schulz). L’auteur analyse également un certain nombre de livres pour enfants publiés récemment, dans lesquels les motifs de l’Africain primitif (Afrika hinter den Zaun (L’Afrique derrière la clôture) de Bart Moeyaert) et de l’Africain arriéré et éternellement enfant tiennent lieu de trame. Il ressort de la lecture de certaines œuvres l’impression que les auteurs font une utilisation esthétique de stéréotypes racistes, voire une subtile manipulation de ces stéréotypes (voir Brigitte Blobel : Verliebt in Afrika (Amoureuse de l’Afrique)) et une thématisation de la discrimination raciale à travers des œuvres relatant les aventures d’Africains en Europe.

    Les troisième et quatrième sous-subdivisions de cette deuxième partie décortiquent avec moult exemples de romans d’une part la représentation littéraire pour les enfants des « problèmes africains », prétexte à une représentation d’une Afrique de la pauvreté et de la faim et d’autre part les constructions pleines de fantaisie d’une Afrique que l’on voudrait « authentique ».

    Le troisième volet de l’étude vient, comme un contrepoids à ce discours pessimiste sur l’Afrique, clôturer l’ouvrage. Il s’agit ici de ce que l’auteur appelle « le discours que les Africains tiennent sur eux-mêmes », une analyse des œuvres de la littérature enfantine et de jeunesse écrites par des auteurs africains et traduites en allemand. Une analyse théorique du devoir d’interculturalité dans les œuvres traduites en allemand met l’accent sur les clés qui devraient servir à la compréhension d’une culture étrangère racontée aux enfants et aux jeunes lecteurs en général. L’étude se concentre sur l’analyse des images véhiculées par ces œuvres : description d’une certaine enfance africaine dénuée de sensationnalisme, les traditions africaines vues à travers le prisme des enfants. L’auteur de cet ouvrage fait aussi une incursion dans l’image de l’Afrique véhiculée dans la littérature enfantine sud-africaine des auteurs blancs du pays, dont la vision n’est parfois pas loin de celle des auteurs germanophones. L’ouvrage de Kodjo Attikpoe permet de comprendre cette littérature germanophone destinée aux jeunes, qui n’est pas très connue en dehors de son aire géographique et qui a donc tendance à évoluer en vase clos.

    Kodjo Attikpoe, Von der Stereotypisierung zur Wahrnehmung des ‚Anderen’ – La représentation des Africains dans la nouvelle littérature de jeunesse germanophone – (Publié dans la Collection Kinder- und Jugendkultur, -literatur und -medien, des éditions Peter Lang, Band 24, Francfort 2003).
    © Africultures

    LE BOULEDOGUE ANGLAIS SE REMET À GROGNER (Grande-Bretagne)
    Les attentats de Londres ont donné au Royaume-Uni une nouvelle image de son identité. Bonne nouvelle pour les citoyens de Sa Majesté. Peut-être un peu moins pour l’Europe.

    09/08/2005 - Depuis très longtemps, la Grande-Bretagne souffrait d’une crise d’identité. L’ancien Empire était simplement incapable de redéfinir ses attributs dans le monde contemporain. Ces deux séries d’attaques terroristes dans la capitale ont revigoré la cohésion sociale, jusqu’alors portée disparue. Résultats ? Un nouveau patriotisme mais surtout, une certaine xénophobie.

    Règle Britannique

    Les Anglais se sont trouvés un nouvel ennemi commun, incarné par les extrémistes musulmans. Ce qu’ils imaginaient être de lointains groupuscules criminels ressemblent aujourd’hui des gens ordinaires, vivant, respirant sur leur sol maternel. Le pays ressent une véritable menace à laquelle il répond par un rassemblement en règle autour du drapeau national. Les infâmes tabloïds britanniques ont largement contribué à renforcer cette réaction instinctive en publiant comme le Daily Mail des gros titres du genre « La cité de la peur » ou « Le Royaume-Uni sous l’attaque .»

    L‘orgueil national prolifère désormais à travers tout le territoire. L’ Union Jack semble omniprésent, ondulant partout, depuis Buckingham Palace jusqu’au plus reculé des pubs de campagne. Le peuple admet volontiers s’enorgueillir du comportement adopté par le pays suite aux attaques. La popularité de Tony Blair ne cesse d’augmenter. Jessica Jameson, journaliste londonienne, résume joliment ce sentiment collectif dans ses commentaires sur le site de la BBC News : « Nous devrions tous être fiers qu’en de telles circonstances le pays puisse s’unir et combattre la terreur. »

    Revirement nationaliste

    Mais ce renouveau de fierté nationale a son côté obscur : une montée effrayante de la xénophobie. Les gens sont devenus incroyablement méfiants à l’égrad des « étrangers », avec des reportages à la télévision ou à la radio montrant que la Grande-Bretagne développe des soupçons à l’égard de son importante communauté asiatique. Un racisme galopant qui ne sera pas seulement cantonné aux ressortissants d’autres continents. Beaucoup de Britanniques se considèrent déjà comme une nation parfaitement distincte du reste de l’Europe. Les attaques de Londres risquent de les rendre encore plus hostiles vis-à-vis d’organisation politiques ou économiques continentales pouvant influencer leur conduite, principalement l’Union Européenne. L’« euroscepticisme » actuel signifie que le gouvernement actuellement à la tête de la Présidence européenne, va devoir élargir son agenda de réformes communautaires à des thèmes que le peuple anglais semble réclamer, c’est à dire la sécurité.

    Triste mais véridique : le Britannique moyen associe l’Europe à une « perte » - perte d’identité, de culture et spécialement de pouvoir- . Il est donc hautement improbable qu’à la suite de ces attaques terroristes, le renfrogné bouledogue anglais, symbole national, cherche un quelconque réconfort auprès du terrier européen.
    © Babel International

    CAMPING ANTI RACISTE DE SICILE: LES ACTIONS (Italie)
    08/08/2005 - Le but de ce camping de 2 semaines était d'intervenir contre les dispositifs d'expulsion et de détention, et les résultats sont satisfaisants. La semaine dernière ont été organisés des blocages des bus transportant les migrants de Porto Empedocle (où ils ont été amenés après Lampedusa) vers les autres centres de détention siciliens.

    Les actions ont retardé le départ des bus ; ils avaient aussi pour but d'informer les migrants de leurs droits.

    Le mardi 2 août près de 80 activistes ont pris part à un blocus à Porto Empedocle. Quand les migrants sont arrivés au port les activistes ont commencé à abattre les barrières entourant le chemin des migrants vers les bus.

    Les échauffourées avec la police se sont poursuivies, les activistes entourant les bus, cependant que 14 migrants ont réussi à briser les vitres et à s'échapper (aujourd'hui 5 août ils n'ont toujours pas été repris).

    Autres actions : le lundi 1er août nous avons participé à une assemblée devant le centre de détention de Raguse (le seul centre uniquement pour femmes, où les migrantes sont transférées de toute l'Italie).

    Le matin une délégation officielle (dont un membre du Parlement) a pénétré dans le centre. Pendant ce temps, plusieurs d'entre nous ont pu parler avec les migrants à travers les grilles, et nous avons appris que certains d'entre eux étaient des demandeurs d'asile qui étaient là depuis plus de 30 jours (la période maximale de détention pour les demandeurs d'asile).

    A ce moment, réalisant que la délégation officielle ne prenait pas en considération des points importants tels que la détention illégale des migrants, les activistes ont pénétré en force dans le centre et ont investi une partie de la cour, où nous sommes restés pendant plusieurs heures, soutenus par les migrantes présentes dans l'autre partie de la cour.

    Nous avons obtenu qu'une seconde délégation comprenant 4 activistes du camping anti-raciste puisse inspecter le centre. Nous étions accompagnés par un autre membre du Parlement (c'est, en Italie, la seule façon de pénétrer dans un centre, à part bien sûr d'y pénétrer de force), et nous avons obtenu l'assurance que les 6 demandeurs d'asile seraient libérés, et qu'une femme gravement malade serait conduite à l'hopital (elle y a été admise le lendemain).

    Aujourd'hui (vendredi 5 août) une autre délégation est retournée à Raguse et a obtenu la libération des 6 demandeurs d'asile, rendue possible grâce à la mobilisation militante.

    Vendredi 5 août les activistes du camping ont tenu une autre assemblée et une conférence de presse à Agrigente, demandant aux autorités des précisions sur le sort d'un bateau qui avait quitté la Libye deux jours auparavant, avec 130 migrants à bord, et dont on avait perdu la trace.

    Des barrages de rue ont été organisés contre la décision des autorités d'arrêter les recherches en vue de retrouver le bateau.

    Voici quelques informations sur la première semaine du camping antiraciste, du 26 au 31 juillet (désolée de ne pas être plus précise mais je n'étais pas encore arrivée).

    40 migrants se sont évadés d'un bâtiment à Porto Empedocle ou environ 200 migrants avaient été placés temporairement en attente des procédures d'identification.

    Une délégation d'activistes a pu pénétrer dans le bâtiment et informer les migrants de leurs droits et des conséquences de leur détention.

    Après l'évasion, qui était une action autonome des migrants, les autorités locales n'ont pas autorisé les activistes à pénétrer de nouveau dans le bâtiment.

    Autres initiatives : une manifestation le samedi 30 juillet contre le centre de détention de Caltanissetta, et une à Licata pour informer les habitants.

    Le camping antiraciste se termine le 6 août par une manifestation à Messine.

    A la suite du forum de Bari (10-11 juillet), une mobilisation et des actions contre les centres de détention ont été prévues en Italie à partir de septembre :

    - une journée d'actions décentralisées en septembre contre les centres de détention et pour le boycott des ONG et firmes qui les gèrent

    - deux manifestations en octobre pour empêcher l'ouverture de deux centres, à Bari (Pouilles) et à Gradisca d'Isonzo (province de Gorizia) la date exacte sera fixée lors d'une rencontre nationale le 4 septembre

    - une manifestation nationale en novembre contre la loi italienne sur l'immigration (Bossi-Fini)

    En Italie les luttes contre les centres de détention se renforcent. Ce qui s'est passé en Italie ces dernières semaines, la facilitation de l'évasion de migrants et la libération d'autres, montre que des résultats concrets peuvent être obtenus.

    Les initiatives prévues à partir de septembre sont conçues comme un agenda national, impliquant les mouvements de migrants et les mouvements sociaux italiens. Il serait important que ces luttes trouvent un écho au niveau européen.

    des sites d'info sur le camping anti-raciste en Sicile:
    http://www.meltingpot.org/articolo5757.html
    http://italy.indymedia.org/news/2005/07/844539.php
    http://www.globalproject.info/art-5445.html
    © Indymedia Paris

    NÉGATION DU GÉNOCIDE ARMÉNIEN: SEULE LA JUSTICE VAUDOISE INSTRUIRA (Suisse)
    10/08/2005 - La justice vaudoise instruira toutes les procédures ouvertes contre le politicien turc Dogu Perinçek pour négation du génocide arménien. Le chef du Parti turc des travailleurs faisait jusqu'ici l'objet d'enquêtes à Winterthour et Lausanne.

    «Toutes les affaires liées à cette problématique sont regroupées à Lausanne, sous l'autorité du juge d'instruction vaudois Jacques Antenen», a déclaré mercredi à l'ats Nicolas Cruchet, substitut de M. Antenen. Il confirmait une information parue dans le quotidien alémanique «Tages-Anzeiger».

    Interrogé par l'ats, un représentant du Ministère public de Winterthour a précisé que cette instance restait compétente en ce qui concerne l'enquête ouverte contre l'historien turc Yusuf Halacoglu, également pour négation du génocide arménien. Venu en Suisse à la fin juillet à l'occasion de la célébration du 82e anniversaire du Traité de Lausanne, Dogu Perinçek a critiqué à plusieurs reprises, à Lausanne et à Glattbrugg (ZH), «le mensonge international» à propos du «soi-disant génocide arménien». Des propos qui contreviennent à la norme pénale contre le racisme.

    La justice vaudoise a par ailleurs ouvert à la mi-juillet une enquête contre le chef du Parti des travailleurs turcs après le dépôt d'une plainte de l'Association Suisse-Arménie concernant un discours tenu en mai à Lausanne. Les procédures contre MM. Perinçek et Halacoglu ont provoqué un regain de tension dans les relations entre la Suisse et la Turquie. Le ministère des affaires étrangères turc a notamment convoqué l'ambassadeur de Suisse à Ankara le 27 juillet pour lui faire part de «la mauvaise humeur des autorités et de l'opinion publique turques» et lui demander de suspendre les enquêtes.

    Quelques jours plus tard, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) convoquait à son tour l'ambassadeur turc à Berne pour lui expliquer comment s'applique le droit suisse en matière de discrimination raciale. Par ailleurs, Ankara a reporté sine die, la semaine dernière, la visite prévue du conseiller Joseph Deiss à Ankara, officiellement pour des raisons d'agenda.
    © Edipresse

    'NÉGROPHOBIE', LE LIVRE-RÉPONSE QUI DÉMONTE LE 'DISCOURS RACISTE' DE STEPHEN SMITH (Afrique)
    Par Abdoubacar Demba Cissokho

    10/08/2005 - Le fait qu’il n’y ait pas eu de débat en Afrique autour de l’ouvrage du journaliste Stephen Smith, ’’Négrologie - Pourquoi l’Afrique meurt’’ (Calmann-Lévy, octobre 2003) avait dérangé quelques intellectuels, mais en ’’réponse aux « négrologues », journalistes françafricains et autres falsificateurs de l’information’’, un autre livre intitulé ’’Négrophobie’’ (Les Arènes, juin 2005) corrige l’impair de fort belle manière.

    Mieux que ne l’auraient réussi des discussions, de toutes façons limitées dans le temps et qui ne retiendraient pas l’attention de beaucoup de personnes, ’’Négrophobie’’ décortique le discours prétentieux, raciste et négationniste de Stephen Smith, ’’porte-plume’’ de la République qui ’’a pris l’habitude de s’octroyer tous les droits’’.

    Désormais, c’est traces contre traces, texte contre texte. Aux arguments du ’’spécialiste’’ de l’Afrique, trois auteurs de référence —Boubacar Boris Diop, Odile Tobner et François-Xavier Verschave— opposent les vraies clés pour comprendre la situation de l’Afrique prise dans le piège d’indépendances confisquées.

    ’’S’intéresser à ce livre ne signifie pas forcément avoir envie d’échanger avec son auteur (...) passeur du racisme ordinaire (qui) donne une seconde vie aux préjugés les plus malsains sur les Noirs’’, avertit Boris Diop.

    Dans le fond, estime l’écrivain sénégalais, ’’il importe peu que Stephen Smith soit négationniste et fier de l’être’’. ’’Ce qui devait alerter et mobiliser l’opinion africaine, c’est la diffusion de plus en plus large de telles idées dans les milieux intellectuels occidentaux’’.

    Dans son livre, Smith s’attache à démontrer ’’pourquoi l’Afrique meurt’’ en insistant sur la corruption et la paresse des Noirs. Il nie l’ampleur du commerce triangulaire, promeut le ’’rôle positif’’ de la colonisation européenne en Afrique et minimise, s’il ne l’occulte pas, la présence encore tutélaire de la France sur le continent. Le tout dans un style qui donne aux cas particuliers une signification générale.

    ’’Si l’on demande « pourquoi l’Afrique meurt », c’est évidemment parce qu’elle est peuplée de Noirs’’, souligne Odile Tobner qui estime que ce résumé pourrait suffire pour passer sa route, en haussant les épaules ou en cachant son dégoût.

    Les mots ont un sens et ceux-ci font peur

    ’’Mais la personnalité de l’auteur, son statut, l’écho médiatique et public qu’il a eu invitent à examiner ce livre où le n’importe quoi, les phrases faussement savantes et le pire de l’idéologie française se mêlent comme autant de fils sur un métier à tisser. Les mots ont un sens, et ceux-ci font peur’’, explique Tobner.

    Pour elle, ’’il s’agit d’un assassinat maquillé en suicide par les soins d’un enquêteur complaisant’’. Le livre de Stephen Smith ne sert pas à corriger ’’une perception qui est déjà conforme à celle qui est communément imposée par les médiats, mais à fournir une clef, une sorte de passe-partout qui ouvre tous les tiroirs : ces malheurs viennent du fait que ce sont des Noirs’’.

    ’’Maintenir l’Afrique dans un état de faiblesse et d’assujettissement, pour pouvoir mieux la piller, telle a été la politique du néocolonialisme telle que nous l’avons vue, telle que nous la voyons. C’est pour nier cette réalité qu’est écrit le livre de Smith’’, selon Odile Tobner.

    Boubacar Boris Diop note : ’’Smith est tout à fait l’homme de la situation. Il fait souvent penser à ces explorateurs occidentaux des siècles passés, imaginatifs et pleins de culot, si doués pour raconter l’Afrique dans les salons parisiens ou londoniens de l’époque, quitte d’ailleurs à la réinventer à chaque trou de mémoire’’.

    Smith ne s’est pas montré en Afrique

    ’’Négrologie’’ est un ouvrage sur l’Afrique fait par un journaliste occidental à l’intention du grand public occidental, constate Boris Diop. Il est, insiste-t-il, ’’le signe d’un dangereux changement de mentalités’’.

    ’’Au cours de ces dernières décennies, le sentiment raciste est resté honteux, il n’osait pas se nommer lui-même. Il en va bien autrement à présent. Presque personne ne trouve à redire quand, dès le début de son livre —et dans la même phrase—, Smith dit des Négro-Africains qu’ils sont alcooliques, corrompus, ignorants, parasites et paresseux’’.

    Le dessein de ’’Négrologie’’ est de ’’démontrer —avec des arguments souvent laborieux— que l’Occident ne doit pas continuer à traîner le lourd fardeau moral de la traite négrière et de la colonisation’’, souligne encore Boubacar Boris Diop.

    En plus, renchérit Odile Tobner, ’’contrairement à ce que Smith insinue, la critique des tyrans corrompus a été faite par des intellectuels africains ; et ce qu’il ne dit pas, c’est qu’elle a été pourchassée et interdite par le pouvoir politique en France. Pourquoi ?’’.

    ’’Smith ne s’est pas montré en Afrique, et cela même est un aveu. Les Africains sont au cœur de son propos mais ce n’est pas à eux qu’il parle’’, reprend Boubacar Boris Diop.

    Le discours de Smith prospère parce qu’il s’appuie sur des complicités, des relais sur le continent : Yambo Ouologuem (Devoir de violence - Seuil, 1968), Axelle Kabou, auteur de ’’Et si l’Afrique refusait le développement’’ (L’Harmattan, 1991), l’ancien Premier ministre centrafricain Jean-Paul Ngoupandé (L’Afrique sans la France -Albin Michel, 2002).

    ’’Il s’agit de convaincre le monde entier —y compris les Africains eux-mêmes— de l’innocence de l’Occident’’, explique Boubacar Boris Diop. Smith, personnage plutôt pittoresque, n’est pas vraiment un maître à penser. Mais dans ces affaires, aucun histrion n’est de trop pour ratisser large. Il ratiocine à loisir en laissant entendre que ’’les chiffres sur la traite sont nettement exagérés et que, de toute façon, les Arabes ont fait bien pire que les Européens.’’

    Une bonne partie du succès de ’’Négrologie’’ est peut-être venue du désir d’avoir un contrepoint aux caricatures médiatiques de rigueur dès qu’il s’agit de l’Afrique, analyse Boris Diop. ’’Au lieu d’en faire justice, Stephen Smith les valide au contraire à grand renfort de chiffres tendancieux et de médisances de bas étage’’.

    ’’Il est difficile de croire qu’un ouvrage aussi partial, écrit par un journaliste d’un quotidien dit institutionnel, soit une initiative purement individuelle. Stephen Smith est —on ne le dira jamais assez— un journaliste de combat’’, renchérit l’écrivain.

    François-Xavier Verschave précise : le ’’spécialiste’’ est un ’’journaliste très spécial : pas seulement un journaliste d’opinion, qui mène un certain nombre de combats idéologiques ou de propagande, le plus souvent conformes aux intérêts d’une certaine Françafrique, mais l’instrument d’une désinformation peu compatible avec la déontologie journalistique’’.

    ’’Le fin mot de l’histoire finira bien par être connu, juge Boubacar Boris Diop. Pour l’heure, on notera que « Négrologie » semble surtout avoir été conçu pour flatter l’ego des Français. Leur pays y apparaît systématiquement comme un modèle de vertu politique, en particulier dans ses relations avec l’Afrique’’.

    Les auteurs de ’’Négrophobie’’ soulignent que la France est le seul pays à dépêcher une force de paix pour mettre fin aux atrocités en Ituri, stabiliser la situation en Côte d’Ivoire ou stopper le génocide au Rwanda.

    Rien n’est dit, bien entendu, sur la réelle signification de chacune de ces interventions. Pas un mot non plus ’’à la française’’, symbolisée par tous les massacres, assassinats politiques et coups d’Etat imputés à des réseaux, dont ceux de Jacques Foccart sont les plus fameux.

    Fallait-il répondre à Stephen Smith ? La réponse à la question pouvait être affirmative, mais il se trouve que le cas de ce journaliste, passé de Libération au Monde, n’est pas isolé. C’est un leurre que de le croire.

    Il est donc bien trop dangereux de laisser prospérer ce genre de discours qu’un Cheikh Anta Diop et d’autres chercheurs s’étaient ardemment évertués à battre en brèche.
    © Le Soleil

    DES INCIDENTS DE VANDALISME À CARACTÈRE RACISTE SOULÈVENT DE LA NERVOSITÉ À MONCTON (Canada)
    09/08/2005 - Il est impossible de ne pas remarquer la croix gammée peinte par un vandale sur une maison de la rue Shirley, à Moncton, juste à côté d'un drapeau acadien. Interrogée si elle se sent personnellement visée par cet acte de vandalisme à caractère raciste, la propriétaire de la maison, qui ne veut pas révéler son identité, a éludé la question.

    La propriétaire a toutefois avoué que d'autres actes de vandalisme perpétrés sur sa propriété ces dernières années l'ont bien moins touchée que l'apparition de ce symbole. « Ça m'a ébranlé un peu, de voir que quelque chose de même pouvait encore arriver », a-t-elle indiqué.

    Un peu plus tôt cette semaine, des citoyens ont signalé à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) une autre croix gammée peinte sur un trottoir de la rue Botsford. « Pour vous dire s'il y a recrudescence de ces événements-là, je pourrais vous dire que ce n'est pas le cas », a déclaré Michel Mercier, porte-parole de la GRC.

    Les policiers invitent les gens à les informer s'ils aperçoivent tout individu suspect muni de peinture aérosol. Les agents insistent que tout acte de vandalisme, à caractère raciste ou non, doit être signalé. Michel Mercier a ajouté qu'à la demande des gens, les policiers effectueront une surveillance accrue.

    La propriétaire de la rue Shirley demeure marquée par ce geste. « L'année prochaine, il n'y aura pas de drapeau dehors », a-t-elle affirmé.
    © Radio-Canada

    EN IRAN, L'HOMOSEXUALITÉ EST UN CRIME PUNI DE MORT
    09/08/2005 - En Iran, deux adolescents âgés de 16 et 18 ans ont été pendus le 19 juillet dernier, sur la place publique d'Edalat dans la ville de Mashhad au nord-est du pays. Pour dénoncer la peine de mort et la pénalisation de l'homosexualité en Iran, des rassemblements sont organisés le jeudi 11 août à Paris, Montpellier et Londres.

    En Iran, deux adolescents âgés de 16 et 18 ans ont été pendus le 19 juillet dernier, sur la place publique d'Edalat dans la ville de Mashhad au nord-est du pays.

    Ces deux garçons, mineurs au moment des faits, ont été condamnés pour le viol d'un adolescent de 13 ans, mais d'autres sources indiquent qu'en fait ils ont été exécutés en raison de leur pratiques homosexuelles. Quoiqu'il en soit, tout porte à croire que le caractère homosexuel des actes reprochés a été un élément déterminant dans la sévérité des peines prononcées et dans leur exécutions. Ces assassinats légaux s'inscrivent parfaitement dans la politique de répression et de haine homophobe de l'Etat iranien.

    En outre, en exécutant ces deux adolescents, âgés de 14 et 16 ans au moment des faits, l'Iran enfreint gravement - une fois de plus - le droit humanitaire international. En tant qu'État signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Convention des droits de l'enfant, l'Iran s'est, en effet, engagé à ne plus exécuter des personnes mineures.

    « Ces exécutions sont inacceptables et nous sommes très inquiets quant à l'évolution de la situation des droits humains en Iran » a déclaré le collectif d'associations qui a sollicité un rendez-vous auprès de l'ambassadeur d'Iran en France, afin de lui faire part de son indignation. La peine de mort est une arme de contrôle social inadmissible ; elle frappe notamment les femmes et les minorités sexuelles.
    © Hacktivist News Service

    LE CHEF DU 'BLOC IDENTITAIRE' CONDAMNÉ POUR DIFFAMATION (France)
    03/08/2005 - Jugé en tant que directeur de la publication du site internet des Jeunesses Identitaires, Fabrice Robert a été condamné pour injure et diffamation à l'encontre du proviseur de lycée à 3.500 euros d'amende.

    Le président du mouvement d'extrême droite "Bloc Identitaire, Fabrice Robert, poursuivi pour injure et diffamation à l'encontre du proviseur d'un lycée de Toul (Meurthe-et-Moselle), a été condamné mercredi 3 août à 5.000 euros d'amende dont 3.500 euros avec sursis. Le tribunal correctionnel de Nancy rendait son jugement en délibéré après une audience tenue le 20 juillet à laquelle Fabrice Robert ne s'était pas présenté.

    Le prévenu a également été condamné à payer 1.500 euros de dommages-intérêts au proviseur, partie civile. Fabrice Robert, 33 ans, était jugé en tant que directeur de la publication du site internet des Jeunesses Identitaires - émanation du Bloc Identitaire - sur lequel le proviseur du lycée Louis-Majorelle de Toul se voyait critiqué pour l'interdiction en vigueur dans son établissement de porter le "harrington", un blouson de type bomber, au motif qu'il est "un symbole d'appartenance à un groupe dont l'idéologie est le racisme".
    © Le Nouvel Observateur

    UN JEUNE IVOIRIEN INTERDIT DE LOGEMENT HLM ... (France)
    04/08/2005 - Un jeune Ivoirien dont un organisme HLM a refusé la demande de logement au motif qu’il y avait "déjà beaucoup de personnes d’origines africaine et antillaise" dans l’immeuble a porté plainte, mardi 2 août, avec le soutien de SOS-Racisme. Cette incident relance le débat sur une loi contre l’exclusion promulguée en 1998 qui prévoit que les organismes HLM puissent refuser un logement à des familles en très grande difficulté sociale dans un quartier considéré comme un ghetto, dans la mesure où ils lui proposent un autre logement.

    Salarié à la RATP, célibataire justifiant d’un salaire de 1 700 euros par mois, avec sa mère à charge, le jeune homme de 29 ans avait visité et réservé par l’intermédiaire de son employeur un logement dans la tour Ouessant de Nanterre, jusqu’à ce que celui-ci lui soit refusé par la commission d’attribution de la société privée HLM Logirep, propriétaire de l’appartement. Le 19 juillet, il a entendu l’exposé des motifs de ce refus, lors d’une conversation téléphonique qui a été enregistrée et dont l’AFP a obtenu copie.

    "On est obligé d’appliquer cela dans des tours et notamment à Nanterre parce que c’est des tours qui vivent très mal, on a beaucoup de problèmes et on essaie de mixer un peu toutes les origines et tous les revenus, donc voilà", lui explique la conseillère Logirep."Donc moi, parce que je suis d’origine ivoirienne, ce qu’on appelle Français d’origine ivoirienne, je ne peux pas rentrer dans cette tour alors ?", interroge le jeune homme. "Dans cette tour non", s’entend-il répondre.

    AU NOM DE LA "MIXITÉ SOCIALE"

    La conseillère a ensuite avancé une argumentation très précise, qui a été confirmée dans un courrier officiel de la Logirep signifiant le rejet du dossier : la décision de la commission s’appuie sur l’artice 56 de la loi contre l’exclusion."Comme tous les bailleurs, on est censés faire de la mixité sociale, (...) c’est une loi qui est sortie justement pour éviter de créer des ghettos, si vous aviez été sur une tour où il y avait trop de Maghrébins, et bien, on ne vous aurait pas accepté si vous aviez été Maghrébin", insiste la conseillère.

    Mardi, Logirep a "contesté avec la plus grande fermeté" dans un communiqué la version présentée par le locataire refoulé. Selon l’organisme HLM qui gère 50 000 logements, "l’allégation selon laquelle Logirep se livrerait à des pratiques de discrimination est fausse". "La mixité sociale est différente de la mixité ethnique !", s’est insurgé Samuel Thomas, vice-président de SOS-Racisme, qui a déposé plainte pour discrimination raciale avec constitution de partie civile, mardi, au tribunal de grande instance de Nanterre. "C’est un détournement de la loi contre l’exclusion pour mesurer le pourcentage d’immigrés et c’est aussi une transgression de la loi qui interdit le fichage sur critères ethniques", a-t-il assuré.

    Selon lui, ces pratiques sont monnaie courante dans de nombreux organismes HLM qui ont déjà fait l’objet de plaintes "toujours classées sans suite". Dans l’immédiat, le jeune homme n’a pas reçu de nouvelles propositions de logement malgré son préavis pour son appartement parisien, déposé avant la réunion de la commission d’attribution.
    © Actus-Sports

    JULIEN DRAY: 'NOTRE DÉMARCHE, C'EST 'IMMIGRATION PARTAGÉE' (France)
    Le porte-parole du PS juge l'action de Nicolas Sarkozy «ni efficace, ni dissuasive»
    Propos recueillis par My. L.


    04/08/2005 - LE FIGARO. – Approuvez-vous l'organisation de charters européens pour reconduire les clandestins dans leur pays ?

    Julien DRAY. – Qu'il faille lutter contre l'immigration clandestine et organiser des reconduites à la frontière dans des avions spéciaux pour éviter des situations pénibles lorsqu'il faut transporter les clandestins dans des avions de ligne, cela ne me choque pas. A condition que Nicolas Sarkozy respecte ses promesses, c'est-à-dire que les associations humanitaires soient présentes et que toutes les procédures soient respectées. Ce qui est gênant, c'est quand le charter tient lieu de politique.

    Vous ne croyez pas qu'il soit dissuasif ?

    Je ne suis pas sûr que la médiatisation de ce type d'initiative soit aussi efficace qu'on le dit. C'est fait pour donner l'impression que l'on fait quelque chose, pour rassurer l'opinion, mais on le fait sur le dos de quelques clandestins pris dans les filets. Il y a une forme d'humiliation dans l'exploitation qui est faite de ces reconduites, qui ne tapent que sur le bout de la chaîne, pas sur les filières, qui préfèrent sacrifier un passage pour mieux en faire passer cinquante autres. Ces initiatives ne sont ni efficaces, ni dissuasives. Quand on voit le nombre clandestins qui entrent en France et le nombre de reconduites, il n'y a pas de quoi se glorifier.

    Que pensez-vous de l'immigration choisie prônée par Nicolas Sarkozy ?

    La vraie lutte contre l'immigration clandestine, c'est la lutte contre les filières. Elle passe par une coopération avec les pays d'origine. Et c'est là que réside la différence entre la droite et la gauche. La droite dit : «immigration choisie». Cela veut dire : «Je prends ceux qui m'intéressent, et j'abandonne les autres.» Mais ça ne marche pas : avec cette approche, nous continuerons à avoir une immigration clandestine massive et à être obligés par la suite de régulariser les immigrés clandestins. Il faudra encore renforcer l'arsenal juridique, toujours avec aussi peu d'efficacité, ce qui amplifiera le sentiment d'impuissance dans l'opinion et l'attitude de rejet. Car ceux qui cultivent le rejet et la xénophobie jouent de cette impuissance.

    Quelle politique alternative proposez-vous ?

    Notre démarche, c'est l'immigration partagée. Elle consiste à associer les pays d'origine et à tenir compte de nos besoins économiques qui sont une réalité. Aujourd'hui, les Etats d'origine se désintéressent de leur émigration, mais ne se privent pas de dénoncer la façon dont leurs ressortissants sont traités en France, ce qui donne lieu à des campagnes désagréables. Il faut les responsabiliser. Leur intérêt, c'est que leurs ressortissants soient bien traités et qu'ils aient un intérêt à leur retour. On doit par exemple discuter avec un gouvernement qui ne peut pas former assez de cadres chez lui, les former chez nous en les comptant dans le solde migratoire. Ou négocier avec un autre l'envoi de quelques centaines de salariés dont nous avons besoin et auxquels nous garantirons un salaire, un statut. En contrepartie, les polices locales s'engageront à lutter contre les départs clandestins. Il faut inverser la démarche au lieu de se contenter de bâtir des remparts inefficaces.

    N'est-ce pas ce que Nicolas Sarkozy a tenté, notamment avec le Mali ?

    Non, car cela n'a jamais été suivi d'effets. On est là au coeur du style de Nicolas Sarkozy : il y a un problème, je nomme le problème, je me déplace là où il s'exerce mais je ne le résous pas.

    Vous étiez partisan des quotas mais vos amis sont contre...

    Je n'ai pas découvert les quotas récemment. C'est une idée que je défends depuis quatorze ans. Mais en France, on adore les grands débats sur les mots et du coup on passe à côté de la réalité. Si on veut que la quantification ne soit pas vécue comme une ségrégation, ou comme la loi du plus fort qui choisit ceux qu'il veut utiliser, il faut accepter l'idée que dans la quantification, il y a une part de solidarité. C'est la part que la France doit accepter de prendre au regard de la réalité de la misère du monde. Mais ne nous voilons pas la face : les quotas existent aujourd'hui. Par le biais de la loi du marché, qui fait venir ceux qui vont trouver un emploi. Ou par le biais des préfectures, qui regardent les besoins du marché du travail avant de donner une autorisation de séjour.

    Dans la contribution de François Hollande pour le congrès, que vous avez signée, vous vous prononcez pour le droit de vote des étrangers. Le PS est-il encore crédible sur une promesse de plus de vingt ans ?

    Un processus législatif est en cours depuis 2000. L'Assemblée a voté un projet de loi en ce sens. Il est normal qu'on ne l'enterre pas. Ce n'est pas à mes yeux une question fondamentale, mais c'est important pour les jeunes d'origine étrangère qui nous disent : «Vous avez mal traité nos parents.» Pour eux, et ils ont raison, c'est une forme de violence que de ne pas reconnaître l'apport de l'immigration dans la construction de notre pays.

    N'est-ce pas agiter un chiffon rouge ?

    Aujourd'hui, cette affaire est dépassionnée. La réforme de 1994 sur le droit de vote aux élections municipales des étrangers originaires de l'Union européenne a ouvert la porte en déconnectant le droit de vote de la nationalité. Il n'y a plus qu'à l'ouvrir un peu plus grande.
    © Le Figaro

    LE PS ABORDE AVEC PRUDENCE LE DÉBAT SUR L'IMMIGRATION (France)
    Les dirigeants du Parti socialiste réfutent le terme de «quota» mais esquissent des solutions qui s'en rapprochent
    par Myriam Lévy


    04/08/2005 - Les quotas ont failli mettre le feu aux poudres socialistes. Pour avoir dit qu'ils étaient favorables à l'établissement de quotas d'immigration par pays d'origine, Malek Boutih, ancien président de SOS Racisme, ainsi que le porte-parole Julien Dray ont subi les foudres de leurs amis. Le rapport rédigé par Boutih à la demande de François Hollande, et qui prévoyait bien d'autres mesures iconoclastes, a d'ailleurs été sagement remisé avant même sa publication. Aujourd'hui, le terme de «quota» est absent de la contribution de la direction, rédigée dans le cadre de la préparation du Congrès du Mans, qui se tiendra du 18 au 20 novembre.

    A lire les textes produits par les différents courants, on est frappé par leur prudence. Il faut aller chercher dans les petites contributions thématiques signées par quelques personnes pour trouver, par exemple, des revendications en faveur d'un meilleur accueil des demandeurs d'asile. Instruit par l'expérience, le PS semble soucieux de ne pas se comporter en simple relais politique des associations de défense des droits de l'homme, et d'intégrer dans son discours les préoccupations d'un électorat populaire confronté directement à la réalité de l'immigration clandestine.

    Dans ces conditions, il est d'autant plus commode pour les socialistes de taper sur le concept de quotas qu'il est frappé à leurs yeux d'un défaut majeur : être défendu par Nicolas Sarkozy. «Le concept de quotas heurte nos consciences», peut-on lire dans une contribution thématique consacrée à l'immigration, signée par des membres de la majorité hollandaise, dont le député européen Adeline Hazan, ancienne présidente du Syndicat de la magistrature, et qui crie à la «ségrégation ethnique». Les signataires demandent d'ailleurs de «réfléchir à une normalisation administrative d'une partie» des sans-papiers, à l'image de celles organisées en Espagne ou en Italie.

    «La politique des quotas d'immigration n'a aucune justification», estiment les membres du courant NPS de Vincent Peillon. «Nous sommes en désaccord profond avec les responsables issus de nos rangs qui font l'apologie des quotas», proclament aussi les fabiusiens. Mais sont-ils si éloignés de Dray et Boutih sur le fond, lorsqu'ils prônent «une politique sereine et responsable de l'immigration, qui articule la nécessaire régulation des flux avec le respect de la dignité humaine et la prise en compte de l'urgence huma nitaire» ?

    Ils rejoignent d'ailleurs les propositions des majoritaires, en préconisant «une coopération accrue entre le migrant, l'état d'origine et l'état de destination». C'est ce que Julien Dray appelle «l'immigration partagée» (voir ci-dessous), fondée sur un contrat entre la France et les pays d'émigration. «Nous devons, aujourd'hui, considérer l'immigration comme une chance pour l'économie et la démographie de notre pays, sous réserve qu'elle soit partagée et maîtrisée», estiment les amis de François Hollande.

    Henri Emmanuelli et ses amis plaident, eux aussi, pour «une politique d'immigration maî trisée». «Il n'y a pas d'autres moyens crédibles pour, à la fois, développer une véritable lutte contre l'immigration clandestine et les réseaux mafieux qu'elle engendre et en même temps anticiper sur les conséquences démographiques et sociales du vieillissement de la population française», estiment-ils, sans expliquer ni comment ils «maîtrisent», ni comment ils «anticipent». A moins que ce ne soit par une politique de quotas.
    © Le Figaro

    DISCRIMINATION IMMOBILIÈRE: SOS RACISME CITE L'OFFICE DE TOURISME D'AGDE DEVANT LA JUSTICE (France)
    04/08/2005 - SOS Racisme a relancé la procédure judiciaire contre l'Office municipal de tourisme (OMT) d'Agde (Hérault), accusée de s'être rendue coupable de discriminations raciales à l'encontre de personnes d'origine maghrébine à la recherche d'un logement, a annoncé jeudi l'association. Selon SOS racisme, «un système élaboré de discriminations raciales s'était mis en place» dans la commune d'Agde, sur «la base de la constitution d'un fichier des agences selon leurs critères 'raciaux»', avec la complicité des professionnels de l'immobilier et de l'OMT.

    Le 5 août 2003, SOS Racisme avait saisi le procureur de la République du TGI de Béziers (Hérault) d'une plainte relative à ces faits, mais celle-ci a été classée sans suite par le procureur. «Cette décision est totalement extraordinaire parce qu'on est quand même dans un cas typique où toutes les preuves sont présentes», a déclaré le président de SOS Racisme, Dominique Sopo à l'Associated Press. «Les agences immobilières étaient répertoriées sur des listes à l'OMT en disant 'n'envoyez pas chez nous des personnes d'origine maghrébine ou avec des noms à consonance maghrébine'.»

    «Ces fichiers existent, ils ont été saisis par la justice, et il y a une reconnaissance des faits par les personnes impliquées», a-t-il noté, estimant que le classement sans suite de la plainte «semble relever davantage d'une décision politique», et non «des faits et du droit». L'association a donc décidé de délivrer une citation directe devant le tribunal correctionnel de Béziers à l'encontre de la responsable des réservations à l'OMT d'Agde ainsi qu'à l'encontre de l'OMT en tant que personne morale. «Il n'est pas admissible qu'un système de discriminations d'une telle gravité et d'une telle élaboration reste impuni», a souligné Dominique Sopo, rappelant qu'à l'heure actuelle, «plusieurs dizaines» de cas de ce type sont en cours de procédure judiciaire.

    Dans une affaire présentant des similitudes avec celle d'Agde, la gérante d'une agence immobilière, accusée d'avoir pratiqué une discrimination réclamée par des propriétaires ne voulant pas louer à des étrangers ou supposés tels, a été condamnée mercredi par le tribunal correctionnel de Toulouse à huit mois de prison avec sursis et 8.000 euros d'amende. Pour SOS racisme, ce jugement «est en partie positif parce qu'il y a une reconnaissance par le tribunal des faits de discrimination, et parce que la peine prononcée est quand même d'une certaine lourdeur».

    Mais l'association a déploré que la fermeture administrative durant quelques mois de l'agence requise par le ministère public n'ait pas été suivie par le tribunal. «Cela aurait servi d'avertissement extrêmement sérieux à tous les gérants d'agences immobilières tentées de se lancer dans des pratiques discriminatoires», a noté mercredi Dominique Sopo.
    © Le Nouvel Observateur

    SANS-PAPIERS: NON À L'EXCLUSION DES SOINS (France)
    06/08/2005 - Deux décrets publié par le gouvernement viennent de durcir l'accès aux soins des étrangers sans titre de séjour. Ces textes viennent renforcer la politique gouvernementale qui vise particulièrement les étrangers sans titre de séjour (arrestations, rétentions, expulsions par charters). L'Aide Médicale de l'Etat (AME) est destinée aux personnes vivant en France, qui sont exclues de la couverture maladie dite universelle et dont les ressources sont inférieures à un plafond de 576 euros par mois. L'accès aux soins des étrangers sans titre de séjour dépend de l'AME. Depuis décembre 2002, le gouvernement n'a cessé de remettre en cause le dispositif d'AME par voie législative : le droit à l'admission immédiate à l'AME même dans les cas où « la situation l'exige » a été supprimé, et il est devenu obligatoire de justifier de 3 mois de présence ininterrompue sur le territoire pour obtenir l'AME.

    L'application de ces mesures représentait déjà un frein majeur pour l'accès aux soins avec des conséquences sanitaires lourdes : aggravation des pathologies par retard de prise en charge aboutissant à des hospitalisations en urgence sans possibilité de poursuite de soins, car l'hospitalisation n'ouvre plus droit à l'AME, absence de toute politique de prévention au niveau de cette population déjà fragilisée par ses conditions de vie, qu'il s'agisse d'adultes ou d'enfants. En 2004, des projets de circulaires et de décrets préparaient un nouveau durcissement des modalités d'accès. Sous la pression de nombreuses associations et syndicats, ces projets ont pu être mis en échec. La Caisse Nationale d'Assurance Maladie (CNAM) avait elle-même émis un avis défavorable en février 2004, estimant que les projets du gouvernement compromettaient « l'accès aux soins » des personnes concernées et contrevenaient « aux exigences élémentaires de santé publique et de sécurité sanitaire ».

    Profitant de l'été, le gouvernement vient de publier deux décrets reprenant presque mot pour mot les dispositions rejetées l'année dernière par la CNAM et les associations. (Journal Officiel du 29 juillet 2005), supprimant ainsi le principe déclaratif, un principe de base de l'aide sociale depuis plus d'un demi-siècle, principe qui permettait à des personnes en situation de besoin de justifier par déclaration écrite de leur identité ou de leurs ressources et ainsi d'accéder à des droits fondamentaux même s'ils n'ont pas ou n'ont plus avec eux de papiers. Avec ces décrets au contraire, le demandeur doit justifier, à l'aide de papiers parfois très difficiles à obtenir ou très onéreux, de sa présence ininterrompue depuis 3 mois sur le territoire français, de toutes ses ressources, auxquelles il est prévu d'ajouter les avantages en nature que représenterait un logement occupé à titre gratuit, ce qui revient à surévaluer les ressources du demandeur. Il est également prévu de faire assumer les prestations, normalement prises en charge par l'AME, par les personnes tenues à l'obligation alimentaire à l'égard du demandeur.

    Ces deux décrets viennent renforcer la politique gouvernementale qui, actuellement, vise particulièrement les étrangers sans titre de séjour (arrestations, rétentions, expulsions par charters). Le gouvernement fait de ces étrangers, déjà victimes de nombreuses exclusions, des boucs émissaires, en les accusant de fraudes, sans aucune preuve, et en les dissuadant de faire valoir leur droit aux soins. Seule une prise en charge à 100% des soins par l'Assurance maladie solidaire et obligatoire pourrait garantir un égal accès aux soins pour tous. Il nous faut nous mobiliser car :

    - le gouvernement a encore sous le coude un décret qui permettrait la mise en application de la loi votée en 2002 mettant fin à la gratuité des soins pour les bénéficiaires de l'AME.

    - la réforme de l'Assurance maladie votée il y a un an par le parlement organise une baisse de la couverture par l'Assurance maladie solidaire et obligatoire, ouvre de ce fait la porte aux assurances privées et aggrave les inégalités d'accès aux soins.
    © Hacktivist News Service

    UN NÉGATIONNISTE BELGE ARRÊTÉ À AMSTERDAM
    Siegfried Verbeke sera extradé vers l'Allemagne.
    Ex-proche du Vlaams Blok, il a été plusieurs fois condamné pour avoir nié la réalité de l'Holocauste.
    J.-C.M.


    05/08/2005 - Le négationniste belge Siegfried Verbeke a été arrêté dans la nuit de jeudi à vendredi à l'aéroport d'Amsterdam, à la demande de l'Allemagne, qui réclame son extradition. Verbeke pourrait être transféré rapidement vers l'Allemagne. A la radio néerlandaise, l'avocat de Verbeke, Me Piet Noë, a estimé «probable» l'extradition de son client. Les autorités allemandes ont délivré un mandat d'arrêt international contre le négationniste, qui exprime, via son site Internet, des doutes sur le génocide des Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale.

    En avril 2005, Verbeke avait été condamné à un an de prison et 2500 euros d'amende par la cour d'appel d'Anvers pour négationnisme et racisme. L'arrêt faisait suite à un jugement rendu début septembre 2003 par lequel le tribunal correctionnel d'Anvers avait condamné les frères Siegfried et Herbert Verbeke à un an de prison avec sursis, 2500 euros d'amende et à la destitution de leurs droits civiques pendant dix ans. Plainte pour infraction à la loi sur le révisionnisme avait été déposée en 1997 par le Centre pour l'égalité des chances contre les Verbeke.

    L'ancien militant du Vlaams Blok de 65 ans (il fut le compagnon de route des ténors du parti nationaliste flamand, Xavier Buisseret et Roland Raes) s'est, depuis des décennies, fait le chantre des thèses négationnistes. Il avait fondé, en 1985, le Vrij Historisch Onderzoek (VHO), groupuscule révisionniste anversois, qui a publié et diffusé de nombreux ouvrages niant la réalité de l'Holocauste. Verbeke avait déjà été condamné aux Pays-Bas en 1992, sur pied de la loi contre le racisme, puis en Belgique pour... plagiat, parce qu'il avait utilisé le logo de la ville d'Anvers dans une brochure à caractère révisionniste.

    On rappellera que Siegfried Verbeke a été, en son temps, défendu par Rob Verreycken, conseiller communal à Anvers et connu pour ses idées révisionnistes. Le Vlaams Blok a interdit à ses membres de défendre publiquement de telles idées. Une position qui a conduitVerbeke à quitter le Blok au moment où celui-ci votait contre le négationnisme, en 1995, au Parlement. Au début 2005, le VHO s'était signalé par son appui, dans une revue intitulée «Dubitando», imprimée aux Pays-Bas, à Bruno Gollnisch, le n°2 du Front national français, évoquant entre autres des «impossibilités physiques et chimiques» au gazage de millions de Juifs morts des mains nazies.

    On rappellera aussi qu'en mai 2001, la justice de Limoges avait ordonné une commission rogatoire internationale, qui avait abouti à des perquisitions dans la mouvance du VHO, à Bruxelles et Anvers. C'était dans le cadre de l'affaire Reynouard, du nom d'un négationniste français. De la «littérature» avait été mise au jour. En juin 2002, on apprenait que Reynouard, installé à Ixelles, avait fondé un VHO francophone («Vision historique objective»).
    © La Libre Belgique

    LA MONTÉE DU RACISME (Grande-Bretagne)
    Depuis les attentats terroristes de Londres, la légendaire tolérance des Britanniques vis-à-vis des communautés étrangères est mise à mal. Méfiance, étonnement et indignation se mêlent pour créer un climat de rejet de certaines communautés, montrées du doigt. Selon des chiffres que vient de publier la police britannique, les attaques racistes ont augmenté de 600 % par rapport à la même période de l'an dernier après les attentats.
    De notre correspondant à Londres, Adrien Moss


    05/08/2005 - Coralie, une jeune française d'origine algérienne, arrivée à Londres il y a plus d'un an vend des croissants dans une boutique de la gare de Waterloo. Elle avait choisi de venir en Angleterre parce qu'on lui interdisait de porter son voile en France. Pour la première fois depuis les attentats contre les transports publics qui ont fait 56 morts - 52 usagers et 4 terroristes - le mois dernier à Londres, on lui a fait des réflexions parce qu'elle porte le voile sous sa casquette de vendeuse de pains au chocolat. «Stupid muslim» lui a lancé un client : «Je n'avais jamais entendu ce genre d'insultes ici», assure-t- elle.

    Pendant les trois semaines qui ont suivi l'attaque du 7 juillet, il y a eu plus de 270 incidents racistes, contre 40 l'an dernier. Il s'agit le plus souvent d’insultes et d'agressions physiques mineures mais aussi d'actes de vandalisme, notamment contre des mosquées ou des centres communautaires musulmans. «Ces attaques ont un fort impact émotionnel, dit un responsable de Scotland Yard. Elles risquent de décourager la bonne volonté des musulmans, juste au moment où nous avons besoin d'eux».

    La police compte en effet sur les informations données par la communauté musulmane pour retrouver les terroristes et ce jeudi, en même temps qu'elle montait à Londres la plus grande opération de sécurité depuis la dernière guerre mondiale pour rassurer les Londoniens, elle distribuait à Leeds, dans le nord de l'Angleterre, dans les quartiers où habitaient les poseurs de bombes, des tracts rédigés en Urdu, en Punjabi, en Bengali, les langues parlées dans le sous-continent indien d'où sont originaires la plupart des deux millions et demi de musulmans vivant en Grande-Bretagne, pour demander à la population locale des informations sur ces jeunes d'origine pakistanaise devenus les premiers kamikazes à frapper sur le sol européen.

    Le gouvernement a bien compris le danger d'une fracture que pourrait provoquer entre les communautés la chasse aux terroristes. La police, soucieuse d'efficacité avant tout, ne met pas toujours des gants. Tout en répétant que l'origine pakistanaise des quatre terroristes du 7 juillet ne doit pas jeter l'opprobre sur certaines parties de la population immigrée, elle n'hésite quand même pas à déclarer qu'elle va arrêter et fouiller systématiquement «plutôt les jeunes basanés que les vieilles ladies blanches à la sortie des salons de thé».

    Le «délit de sale gueule»

    Cette réflexion a fait monter la colère chez les jeunes immigrés d'origine asiatique qui ne sont même pas musulmans mais qui sont simplement victimes du «délit de sale gueule». Plusieurs responsables de l'opposition conservatrice ont repris les titres d'une certaine presse populiste qui rugit quotidiennement contre ces réfugiés qui n'hésitent pas à poser des bombes dans le pays qui les a accueillis. «Accueillis, nourris, logés, soignés, éduqués et en guise de remerciements, ils mettent des bombes dans le métro», s'indignait le Daily Mail après l'arrestation d'un réfugié somalien soupçonné d'être l'auteur d'un des attentats manqués du 21 juillet.

    Un facteur de Chelsea, le quartier super-chic de Londres a été condamné à 200 heures de service communautaire pour avoir insulté un marchand de journaux d'origine pakistanaise le jour des premiers attentats : «Regardez ce que vous avez fait, vous putains de musulman en mettant votre putain de bombe dans le métro», a-t-il hurlé dans les oreilles d'un malheureux marchand de journaux qui n'était évidemment pour rien dans les atrocités du métro.

    C'est dans ce contexte qu'est survenu à Liverpool un nouveau crime raciste qui a soulevé une grande émotion dans cette ville où on exprime ses sentiments et émotions avec une faconde toute méridionale : un jeune noir de 18 ans a été tué à coups de hache, après une querelle dans un pub, par des jeunes blancs. Il y a eu des veillées de prières autour de la mère du malheureux. Ce crime en rappelle un autre, survenu à Londres il y a douze ans, dont les auteurs présumés, blancs, arrêtés et jugés, avaient été acquittés.

    Le gouvernement a compris le très grave danger que représente cette flambée de racisme et a organisé une série de rencontres avec les responsables des communautés musulmanes pour arrêter au plus vite les dérives de l'islamisme radical. Des mesures concrètes devraient être proposées à l'ensemble des partis politiques dès le mois de septembre.
    © Radio France Internationale

    UN ÉTÉ EMPOISONNÉ (Grande-Bretagne)
    Angoisse, déploiement sécuritaire, racisme en hausse : la vie quotidienne des Britanniques a été ébranlée par les sanglants attentats de Londres.
    Londres, correspondance particulière de Peter Avis.


    08/08/2005 - Ce n’est pas un été comme les autres. La police, massivement déployée jeudi, accompagne les voyageurs dans le métro à Londres, ce métro que ma fille et beaucoup d’autres gens essaient maintenant d’éviter. Ma nièce se trouvait près de l’autobus où la bombe a explosé le 7 juillet. Une amie polonaise de soixante-quinze ans habitant au nord, à Hampstead, nous a raconté que son sac à main avait été fouillé par la police trois fois dans une seule journée cette semaine. On vient d’annoncer que, depuis les bombes, les incidents (insultes et attaques racistes) enregistrés par la police à Londres ont augmenté plus de six fois (270 plaintes par rapport aux 40 pour la même période en 2004). Et puis à Brighton, ville paisible au sud de la capitale où les galets sont nettoyés par les marées de la Manche, sept personnes ont été écrouées, soupçonnées d’être liées aux attentats. Tout cela, c’est tellement proche pour tout le monde. Vraiment, ce n’est pas un été comme les autres.

    La ministre déléguée de l’Intérieur Hazel Blears (son patron Charles Clarke étant en vacances) a parcouru le pays cette semaine pour dialoguer avec des représentants de la communauté musulmane, en essayant (pour la première fois) de comprendre leurs inquiétudes et pourquoi il y avait quelques jeunes chez eux prêts à lancer des bombes, même à se suicider, pour exprimer leur colère et leur haine. Elle a avoué que la guerre en Irak avait été mal reçue dans cette communauté (bien qu’elle affirme que des attentats perpétrés par des islamistes avaient eu lieu bien avant 2003...). Ce n’est pas un été ministériel comme les autres.

    Des députés travaillistes abordent cet été des questions difficiles. Ann Cryer, élue de Keighley dans le Yorkshire, une circonscription où habitent des milliers de musulmans pour la plupart d’origine pakistanaise, loue l’initiative de la ministre mais demande pourquoi elle ne rencontre pas les femmes de cette communauté, celles qui sont souvent les prisonnières d’une culture à dominante masculine. « J’ai voté à la Chambre des communes six fois contre la guerre en Irak, a-t-elle déclaré, mais je n’ai pas reçu un seul message de soutien des chefs masculins de la communauté musulmane de ma circonscription. » Le manque de dialogue est tel, peut-être, que bien des gens de cette communauté ne reconnaissent pas qu’il puisse y avoir une différence entre les députés travaillistes antiguerre et un gouvernement travailliste fermement attelé au « chariot » américain.

    Et pendant cet été pas comme les autres, deux événements, concernant deux victimes innocentes bien différentes, ont créé un sentiment étonnant de solidarité dépassant toutes les frontières de notre société multiculturelle et multicolore. D’abord, la mort de Jean-Charles de Menezes, Brésilien, tué à la suite d’une bavure policière dans le métro à Londres. En second lieu, l’atroce meurtre à coups de hache, il y a quelques jours à Liverpool, d’Anthony Walker, victime d’une bande de racistes enragés. Ce jeune étudiant noir attendait les résultats de son bac et avait osé sortir avec sa copine blanche. Des milliers de fleurs décorent, à Londres et à Liverpool, les lieux où ces deux innocents ont trouvé la mort : des bouquets déposés par des gens de toute couleur et de toute croyance. Contre le racisme exprimé par une minorité, toute une nation dit que ces choses ne doivent pas se reproduire. C’est un été pas comme les autres. Il y a de l’espoir.
    © L'Humanité

    ANNONCES ANTI-MUSULMANES: PLAINTES REJETÉES (Suisse)
    Les annonces controversées publiées par le comité «contre les naturalisations en masse» en septembre 2004 ne violaient pas la Loi contre le racisme.

    04/08/2005 - Ainsi en a décidé un procureur zurichois. Il renonce à poursuivre les auteurs de la campagne, estimant que celle-ci n’est pas pénalement puissable. Les annonces en question avaient fleuri dans la presse avant la double votation du 26 septembre 2004 sur les naturalisations facilitées. Le comité qui en était l’auteur était composé pour l'essentiel de politiciens de l’UDC (Union démocratique du centre, parti de la droite populiste). Pour étayer son appel au double non, le comité brandissait le risque d'«islamisation» de la Suisse. En-dessous du titre «Les musulmans bientôt en majorité?», une courbe exponentielle illustrait la hausse de la population musulmane. Dix-sept personnes et organisations de toute la Suisse avaient porté plainte contre le comité et son co-président, le député UDC Ulrich Schlüer. Elles s'élevaient contre le fait que les annonces rabaissaient et calomniaient la population musulmane.

    Pas d’inculpation

    Jeudi, Hans Maurer, procureur du canton de Zurich, confirme l’information donnée par le quotidien Tages-Anzeiger: après examen des messages contenus dans les annonces sous l'angle pénal, il est arrivé à la conclusion «que cela ne suffisait pas pour une inculpation». Rabaisser et calomnier? «Sur le plan purement pénal», ce n'est pas le cas, estime le procureur. Mais «du point de vue moral ou éthique, c'est une toute autre histoire», ajoute Hans Maurer. Pour la justice, l'annonce n'incite pas à la haine et à la discrimination envers les musulmans et ne dénigre pas de façon systématique les membres de cette religion, explique Hans Maurer. De plus, elle est clairement dirigée contre les naturalisations facilitées, et non contre les musulmans. Le message joue certes sur la peur de l'intégrisme et du terrorisme, mais ce n'est pas à la justice de juger du style et de la véracité d'une campagne de votation, souligne encore le procureur.

    Inégalités

    Pour Georg Kreis, président de la Commission fédérale contre le racisme, le classement de l'affaire montre que «les musulmans en Suisse ne bénéficient pas de la même protection que les autres minorités». Pour rappel, en septembre 2004, le comité «contre les naturalisations en masse» avait passé outre une décision de la Cour civile du canton de Vaud qui lui interdisait de mentionner l'Office fédéral de la statistique (OFS) comme source des projections démographiques utilisées pour son graphique. Affirmant que les chiffres avaient été manipulés, l'OFS avait saisi la justice.
    © Swissinfo

    LEUENBERGER CRITIQUE INDIRECTEMENT L'UDC ET BLOCHER (Suisse)
    04/08/2005 - Après les débordements des extrémistes de droite au Grütli et leurs insultes envers Samuel Schmid, le conseiller fédéral Moritz Leuenberger critique indirectement l'UDC et son collègue Christoph Blocher dans le Tages-Anzeiger pour leur attitude. Faisant référence à l'UDC, Moritz Leuenberger a regretté dans une interview du "Tages-Anzeiger" qu'un parti gouvernemental utilise des expressions comme "sans caractère" ou de "demi-conseiller fédéral". De telles injures créent un climat haineux, a-t-il estimé. Evoquant les circonstances ayant mené à l'élection au Conseil fédéral de Samuel Schmid, Christoph Blocher, alors conseiller national, avait estimé en 2002 que le candidat UDC n'avait pas été choisi par ses camarades de parti mais par le PDC, le PRD et le PS. Aussi, il n'était qu'un "demi-conseiller fédéral."

    Puis, en juin dernier, le conseiller national UDC Christoph Mörgeli avait affirmé dans la "Weltwoche" que "si le caractère était une fonction vitale, il faudrait maintenir Samuel Schmid artificiellement en vie". Le groupe UDC aux Chambres s'était distancié à une courte majorité de ces propos. Malgré les derniers dérapages de la fête nationale, M. Leuenberger ne veut pas renoncer aux cérémonies sur le Grütli. Il ne faut pas céder devant la pression des extrémistes, selon lui. Président de la Confédération l'an prochain, il ne sait pas encore s'il s'exprimera sur la prairie mythique du Grütli lors du 1er Août 2006. Mais il faut que le discours puisse se dérouler dans un cadre démocratique, a-t-il estimé.

    Dans une interview accordé au "Blick", le président de la Commission fédérale contre le racisme Georg Kreis épingle aussi Christoph Blocher. A ses yeux, il est clair que l'UDC et son représentant portent une responsabilité dans les injures à l'encontre de M. Schmid. Pour lui, le chef du Département fédéral de justice et police a mal réagi en ne s'exprimant pas sur le sujet. "Il devrait condamner l'extrémisme de droite et le considérer véritablement comme un danger", a dit M. Kreis. Il faut aussi faire plus pour lutter contre l'extrémisme de droite, estime l'historien bâlois. Le monde politique a minimisé les incidents du Grütli, en utilisant des termes comme "esclandre" ou "indécence". Appeler par son nom une mouvance politique qui représente une violence nationaliste et xénophobe serait un grand pas, a-t-il estimé.
    © Télévision Suisse Romande

    LES SUISSES CONDAMNENT LES EXCÈS DU GRÜTLI
    Selon un sondage, une majorité de Suisses désapprouve les dérapages survenus lors de la Fête nationale. De son côté, le PS blâme le silence de Christoph Blocher.

    08/08/2005 - Lors des festivités du 1er Août sur la prairie du Grütli, des extrémistes de droite avaient copieusement chahuté le président de la Confédération Samuel Schmid. Des actes que la plupart des Suisses désapprouvent, dont Hans-Jürg Fehr, le président du Parti socialiste. Plus de huit Suisses sur dix condamnent les débordements des extrémistes de droite lors de la Fête nationale au Grütli. Ce n'est toutefois pas une raison pour y supprimer les festivités: près de 90% des sondés veulent que le 1er Août soit fêté sur la prairie uranaise. De son côté, Hans-Jürg Fehr, président du Parti socialiste suisse, a clairement fustigé le silence de Christoph Blocher.

    Un Suisse sur quatre (24%) souhaite l'exclusion totale des extrémistes de droite lors de la Fête nationale au Grütli, selon un sondage publié hier par le SonntagsBlick. Pour deux tiers des 1001 personnes interrogées par l'institut Isopublic en Suisse romande et alémanique, l'accès à la prairie mythique ne devrait au contraire être interdit qu'en cas d'infraction à la loi, en particulier celle contre le racisme. Trente-quatre pour cent des personnes sondées estiment que les festivités ne pourront se dérouler à l'avenir que sous protection policière. Presque autant (31%) pensent que la fête doit se poursuivre sans mesures particulières. Seuls 6% se prononcent en faveur de sa suppression.

    La commission du Grütli entamera le mois prochain une réflexion sur le sujet. L'ex-conseiller fédéral Adolf Ogi penche quant à lui pour «une véritable fête populaire» pour faire barrage aux extrémistes, a-t-il déclaré hier dans le SonntagsBlick. La présidente de la commission, l'ex-conseillère nationale Judith Stamm, n'est toutefois pas convaincue que cela empêcherait les skinheads d'effectuer leur pèlerinage du 1er août.

    «Christoph Blocher aurait eu l'occasion de corriger le tir»

    Ces extrémistes se sentent en effet légitimés par certaines déclarations de personnalités de l'UDC, comme celles du conseiller national Christoph Mörgeli. Ce dernier avait déclaré que Samuel Schmid était un «demi-conseiller fédéral». Hier, le président du PS Hans-Jürg Fehr a abondé dans le sens de Moritz Leuenberger, qui a indirectement dénoncé (lire 24 heures du 5 août) le «climat haineux» créé par l'UDC. Dans une interview au Matin Dimanche, le socialiste affirme que «le silence de Blocher renforce sa co-responsabilité». Le conseiller fédéral «aurait eu l'occasion de corriger le tir, il ne l'a pas saisie», a précisé le conseiller national schaffhousois.

    «Lui qui s'exprime volontiers sur de nombreux thèmes devrait au moins se montrer solidaire de Samuel Schmid et condamner clairement les agissements des extrémistes de droite», a-t-il ajouté. Hans-Jürg Fehr suppose en outre que l'UDC abrite toujours des gens qui se réclament de l'extrême droite. «Ce que l'on peut reprocher à l'UDC, c'est d'entretenir une frontière poreuse avec l'extrême droite.» Le président du PS estime enfin nécessaire de régler la question de l'interdiction des symboles nazis au sein des Chambres fédérales. A ce jour, le port de tels insignes n'est pas interdit en Suisse, contrairement à l'Allemagne et à l'Autriche.
    © 24 Heures

    DAVOS: LES HOMOS D'EUROPE DEMANDENT À ÊTRE MIEUX PROTÉGÉS
    05/08/2005 - Les jeunes lesbiennes et gays d'Europe demandent à être mieux protégés contre la discrimination et la violence. C'est ce qu'ont revendiqué les 60 participants à la conférence européenne des jeunes homosexuels qui s'est terminée à Davos (GR). La conférence d'une semaine qui avait pour thème "to break taboos" a débouché sur diverses revendications politiques. Selon les organisateurs, beaucoup reste encore à faire quant à l'acceptation des personnes homosexuelles, qui varie d'un pays européen à l'autre. Nombre de gays et lesbiennes souffrent toujours de discrimination ou sont victimes de violence psychique voire même physique. Certains sombrent alors dans l'alcoolisme, la toxicodépendance, la dépression ou l'automutilation allant parfois jusqu'au suicide.

    Selon une récente étude de l'Université de Salsbourg (A), le risque de suicide est sept fois plus élevé chez les jeunes homosexuels que chez les hétéros. La conférence a encore exigé que les sujets touchant à l'orientation sexuelle deviennent partie intégrante du programme scolaire. Elle demande par ailleurs un état des lieux sur la situation des adolescents homosexuels dans certains pays. Le forum des jeunes européens sur l'homosexualité s'est tenu pour la huitième fois. Le Liechstenstein a participé à cette première rencontre organisée en Suisse. La prochaine est prévue dans une année aux Pays-Bas. Les responsables ont l'intention d'élaborer du matériel d'information pour les écoles d'ici-là.
    © Télévision Suisse Romande

    LA NOMINATION DE MICHAËLLE JEAN EST GÉNÉRALEMENT BIEN ACCUEILLIE (Canada)
    La nomination de Michaëlle Jean au poste de gouverneure générale est bien accueillie par la communauté haïtienne, les conservateurs et les néo-démocrates, mais le Bloc québécois n'a pas pu s'empêcher de la critiquer.
    Par Sylvain Larocque


    04/08/2005 - "Mme Jean est une femme de carrière et un bel exemple de succès aux yeux de nombreux Canadiens", a déclaré le chef de l'opposition officielle, le conservateur Stephen Harper. "Je sais que Mme Jean servira le Canada de manière digne et vice-royale." Par contre, le chef bloquiste, Gilles Duceppe, a dit ne pas douter de la valeur de Michaëlle Jean, mais a soutenu que seules les institutions qui ont reçu un mandat des électeurs peuvent "représenter légitimement les aspirations" des Québécois. "Il est toujours décevant de constater qu'une personne reconnue pour son respect inconditionnel de la démocratie accepte une nomination à un poste strictement honorifique, au sein d'une institution non démocratique", a affirmé M. Duceppe dans un communiqué.

    "Même si les qualités personnelles et la compétence professionnelle de Michaëlle Jean sont tout à fait incontestables, il n'en demeure pas moins que la fonction même de gouverneur général du Canada représente une institution archaïque, passéiste et coûteuse qui n'a pas sa place dans un État moderne", a-t-il ajouté. Le chef néodémocrate, Jack Layton, est aussi critique du poste vice-royal, mais il a tenu à souligner que l'histoire personnelle de la journaliste-animatrice était "inspirante". "Nous avons confiance que les expériences, les talents et la personnalité de Mme Jean laisseront une empreinte durable sur cette fonction et, nous l'espérons, inspirera les Canadiens à jouer un rôle actif dans leurs communautés, leur pays et à travers le monde", a-t-il mentionné.

    M. Layton a aussi fait remarquer que la nouvelle commandante en chef des Forces armées connaît bien "la valeur des opérations de maintien de la paix, qui rendent les gens du Canada si fiers". A Québec, le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, a affirmé à l'émission Le Point de Radio-Canada jeudi soir que la nomination a été reçue très favorablement. "Je peux vous dire que tous les membres du gouvernement du Québec se réjouissent, et bien entendu, le premier ministre du Québec au premier chef, de cette nomination, la nomination d'une personne intelligente, d'une personne qui est cultivée et d'une personne qui saura sans doute bien représenter le Canada aussi sur la scène internationale."

    Haïtiens

    Par ailleurs, des Montréalais d'origine haïtienne interrogés dans la rue n'ont pas caché leur joie à cette annonce. "C'est une bonne chose pour le Canada tout entier", a estimé Wigner Brun, un chauffeur de taxi. "Ca ouvre la porte à tous les immigrants. Je suis fière d'elle." A l'instar de bien des gens, Marc-Antoine Belemir, un autre chauffeur de taxi, s'est dit étonné de la nouvelle. "Pour les jeunes, c'est un très bon exemple", a-t-il dit. "Le Canada commence à aller un petit peu de l'avant avec la question du racisme qui existe un peu partout dans le monde", a indiqué son collègue Calixte Willo. "C'est un bon signe." La présidente du Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale, Liette Brousseau, s'est également réjouie de la nomination de Mme Jean.

    "Celles qui ont croisé sa route au début des années 80, alors qu'elle était intervenante en maison d'hébergement, puis membre du comité exécutif de notre association, ont pu constater comment Michaëlle Jean est non seulement une femme de coeur, mais également une femme de talent, a-t-elle rappelé. C'est une femme préoccupée par les injustices dont sont victimes les femmes ainsi que d'autres groupes de la population, une femme droite, intègre, qui tout au long de sa carrière comme militante féministe, mais aussi comme journaliste, a su nous communiquer sa chaleur, son amour de la vie et son intérêt pour ses congénères, quel que soit leur statut social."
    © La Presse Canadienne

    DES AMÉRINDIENS SE RENDRONT EN ISRAËL (Canada)
    05/08/2005 - Des dirigeants autochtones du Manitoba iront en Israël dans le but d'améliorer leurs relations avec la communauté juive, à la suite des propos antisémites d'un ancien chef de l'Assemblée des premières nations. Le groupe, avec à sa tête le révérend Raymond McLean, quittera Winnipeg le 13 août en compagnie de responsables de l'association juive B'nai Brith.

    Le mois dernier, un tribunal de Saskatoon a reconnu l'ancien chef David Ahenakew coupable d'avoir délibérément encouragé la haine des juifs. L'homme de 71 ans s'est vu imposer une amende de 1000 $. En 2002, il avait affirmé, au cours d'un discours, que les juifs étaient responsables de la Seconde Guerre mondiale. Il avait par la suite déclaré à un journaliste du quotidien Saskatoon Star Phoenix que les juifs étaient « une maladie » et qu'Hitler avait eu raison de « brûler six millions de ces types ».

    Ce voyage en Israël sera le troisième du genre pour les dirigeants autochtones depuis les commentaires faits par David Ahenakew. Le révérend McLean a affirmé vendredi qu'il y avait « encore beaucoup de travail à accomplir » et qu'une grande part de leur mandat consistait « à éliminer les germes de l'antisémitisme ».
    © Radio Canada

    FELIPE ALOU N'ACCEPTERA PAS LES EXCUSES DE L'ANIMATEUR LARRY KRUEGER (Etats-Unis)
    SAN FRANCISCO (AP) - Le gérant Felipe Alou des Giants de San Francisco a qualifié de "tape sur une main" la suspension d'une semaine imposée à un animateur radiophonique, auteur de remarques à connotation raciste vis-à-vis les joueurs latins de son équipe, et fait savoir qu'il n'acceptera pas les excuses de Larry Krueger.

    06/08/2005 - "Il est venu s'excuser? Vous devez blaguer!, a lancé Alou, samedi, au lendemain de la suspension. D'aucune manière peut-on s'excuser pour un tel péché." Alou a ajouté qu'il ne se trouvait pas dans une position pour accepter des excuses aux noms des "centaines de millions" de gens qui ont été offusqués. Plus tôt cette semaine, Krueger, sur les ondes de KNBR, la station officielle des Giants, a déblatéré sur l'équipe et ses "frappeurs caribéens sans cervelle qui s'élancent sur des résidus tous les soirs". "Tous ces gens ont été offusqués par cet idiot, a lancé Alou. Je ne peux pas parler aux noms de centaines de millions de gens. Cet individu a offusqué des centaines de millions de gens."

    Bob Agnew, le directeur de la programmation de KNBR, a fait savoir que tout commentaire sur cette affaire viendra de Tony Salvadore, le vice-président senior de la station. KNBR détient environ 1,5 pour cent de parts dans l'équipe. Krueger, qui s'est excusé en ondes jeudi et offert d'adresser ses excuses à l'équipe entière, ne retournera pas derrière le micro avant le 15 août. Dans ses commentaires adressés après le match de mercredi soir, il a également critiqué Alou : "En Felipe, vous avez un gérant dont le cerveau s'est transformé en crème de maïs".

    "Ce n'est rien de plus qu'une tape sur la main, s'est exclamé Alou, en tapant sur sa propre main pour accentuer son argument. Il pourrait revenir avec quelque chose d'autre dans une semaine." La colère parmi les membres de l'organisation et les joueurs des Giants ne s'était pas estompée, une journée après que la controverse soit devenue du domaine public. Parce que Krueger est un animateur de talk-show et non un commentateur, les Giants n'ont pas de contrôle sur la sanction qui peut lui être infligée.

    Omar Vizquel a comparé les remarques de l'animateur à celles de John Rocker, l'ancien releveur des Braves d'Atlanta qui avait violemment critiqué les homosexuels, les minorités visibles et les étrangers lors d'une interview accordée à la revue Sports Illustrated, en 1999. Alou, qui est âgé de 70 ans et qui a été confronté au racisme à titre de Dominicain dans le Sud des Etats-Unis, il y a près de cinq décennies dans les ligues mineures, a avisé ses joueurs latins de demeurer "aux aguets" face aux remarques racistes. Son fils Moises, un voltigeur chez les Giants, a parlé d'un "incident disgracieux" et ajouté que le traitement injuste réservé aux joueurs latins dans les médias n'était pas nouveau.

    "Ca fait longtemps que ça dure, a-t-il affirmé. Ils blâment le Mexique et la République dominicaine pour les stéroïdes. Je vous garantis que l'on peut aussi se procurer des stéroïdes aux Etats-Unis." Selon Moises Alou, le problème principal réside dans le fait que les joueurs d'origine latine sont perçus comme étant "idiots" à cause de la barrière linguistique. "Le fait que vous ne parliez pas l'anglais lorsque vous entrez dans ce pays pour la première fois ne signifie pas que vous êtes stupide", a-t-il déclaré.
    © Cyberpress

    IRAK: UNE CONSTITUTION INHUMAINE POUR LES FEMMES
    par Yanar Mohammed, présidente de l'Organisation pour la Liberté des Femmes en Irak

    04/08/2005 - Un nouvel épisode de l'assaut contre les droits de l'être humain vient de débuter en Irak occupé : le projet de nouvelle constitution légaliserait la discrimination contre les femmes. L'ébauche de constitution, qui, depuis quelques jours circule secrètement, élimine les droits minimaux que les femmes avaient conservés sous la précédente "loi du statut personnel" datant de 1959. Bien que partiellement fondée sur la charia islamique, cette loi instaurait plusieurs réformes qui fixaient les normes minimales des droits des femmes, comme l'interdiction du mariage des fillettes, et rendait la polygamie plus difficile - une autre pratique autorisée par la charia, au même titre que le tabassage, la lapidation, la flagellation et le port du voile forcé.

    L'ébauche de constitution mentionne, dans son article 14, l'abrogation de la loi actuelle et se borne à renvoyer aux lois sur la famille, en complément de la charia islamique et des autres codes religieux en Irak. En d'autres termes, elle rend les femmes vulnérables à toutes les formes d'inégalités et de discriminations sociales, et fait d'elles des citoyennes de seconde zone, des moitiés d'êtres humains.

    Depuis le début de l'occupation, l'administration US a classé les Irakiens en fonction de leur identité ethnique, nationale ou religieuse. Cette polarisation prédéterminée de la société autour de ses forces les plus réactionnaires s'est accompagnée d'une arme plus mortelle encore, la mise en place d'un gouvernement de division et d'inégalité - une bombe à retardement pour la guerre civile qui a déjà commencé. En outre, le seul ordre du jour commun aux partis au pouvoir est celui de l'oppression, de la bigoterie et de la misogynie, au delà de représenter les intérêts de l'occupant US.

    Les ennemis de la population irakienne qui ont planché sur l'écriture de la constitution ont décidé de ressusciter la résolution 137. Cette résolution isole les Irakiennes du monde moderne et transforme l'Irak en un nouvel Afghanistan sous régime Taliban, où l'oppression et la discrimination des femmes sont institutionnalisées par la charia. L'occupation américaine va engendrer une nouvelle atrocité : imposer une constitution qui transforme 13 millions de femmes en semi-humaines. Nous avons besoin de votre solidarité pour stopper cette constitution qui ouvre la voie à des décennies de massacres contre les femmes.

    Faites savoir aux défenseurs de la liberté aux USA ce qui est commis en leur nom et au nom de la démocratie. Écrivez des lettres ouvertes à l'administration des USA, à ses alliés, et particulièrement à l'ONU. Rappelez-leur que les droits des femmes ne peuvent pas être achetés au prix d'une soi-disant démocratie faite de racisme, d'ethnicisme, de religiosité sectaire et de misogynie.

    Aidez-nous à combattre cette nouvelle attaque contre nos libertés et nos vies.
    © Sisyphe

    FUSILLADE ET LYNCHAGE PRÈS DE HAÏFA (Israël)
    Un jeune déserteur de l'armée israélienne a tué 4 personnes, jeudi, et en a blessé 12 dans un bus d'un village arabo-druze avant d'être lynché par la foule • Le Comité de suivi des Arabes israéliens décrète une grève générale pour vendredi en Galilée
    Jérusalem, de notre correspondant JEAN-LUC ALLOUCHE


    04/08/2005 - Le scénario du pire s'est réalisé. Jeudi en fin d'après-midi, un soldat déserteur israélien de 19 ans, Nathan Zada (qui a changé son nom en Eden Tsoubéri), a mitraillé des passagers du bus 165 dans le village arabo-druze de Shfaram (à l'est de Haïfa, au nord d'Israël), tuant quatre personnes et en blessant 12. La foule a lynché l'assaillant, malgré les efforts de la police pour le protéger.

    De nombreuses forces de police et des unités de l'armée, déployées dans le sud pour barrer le passage vers Gouch Katif des opposants de l'évacuation des colonies de Gaza, ont été rameutées dans le nord. Pendant de longues heures, la foule a assiégé le bus dans lequel se trouvait la dépouille de l'assaillant, malgré les interventions de députés, de notables et de chefs religieux afin de calmer les esprits.

    Le Premier ministre, Ariel Sharon, a dénoncé «cet acte horrible commis par un terroriste assoiffé de sang». «Le terrorisme entre civils est la chose la plus dangereuse pour l'avenir d'Israël et pour sa stabilité démocratique», a-t-il déclaré.

    Ce meurtre réalise les prédictions les plus noires des forces de sécurité. Eden Tsoubéri, originaire de Richon-Létsion, avait abandonné son poste, il y a quelques semaines, par refus de participer à la construction d'un camp de cantonnement des forces de sécurité en vue de l'évacuation de Gouch Katif. Après avoir effectué un retour à la religion, il habitait dans la colonie de Tapouah, l'une des plus extrémistes de Cisjordanie. Là, il avait noué des liens avec des militants du parti d'extrême-droite Kach, mis hors la loi pour son racisme proclamé.

    Dans le climat quasi apocalyptique qui règne en ce moment en Israël à quelques jours du démantèlement des colonies de Gaza, le «Chabak», le service de renseignements intérieurs, redoutait depuis longtemps l'acte d'un isolé déterminé à enrayer le processus, en mettant le feu aux poudres en s'en prenant à la vie du Premier ministre Ariel Sharon, en commettant un attentat contre les mosquées de Jérusalem ou en commettant un massacre parmi les Arabes. La fusillade d'hier rappelle celle du Dr Baroukh Goldstein qui avait mitraillé, le 25 février 1994, 29 musulmans en prière au Caveau des Patriarches à Hébron.

    Les députés arabes Ahmed Baraké, Ahmed Tibi et d'autres responsables politiques arabes et druzes ont fortement condamné l'attentat, le mettant sur le compte du «racisme» et de «l'incitation à la haine» des milieux d'extrême droite. Le ministre des Affaires étrangères, Silvan Shalom, a dénoncé, de son côté, cette atteinte à la population druze, avec laquelle «une alliance du sang a été conclue depuis longtemps». En effet, de nombreux soldats de l'armée israélienne appartiennent à cette communauté.

    Vendredi, en Galilée, qui abrite une nombreuse population druze, une grève générale a été décrétée par le Comité de suivi des Arabes israéliens. Les quatre enterrements des victimes ainsi que la prière du vendredi risquent de donner lieu à des désordres, voire à des émeutes. Toute la région est placée en état d'alerte car personne ne veut voir réitéré le cauchemar des émeutes d'octobre 2000, au début de l'Intifada, dans lesquels 13 Arabes israéliens avaient été abattus par la police. L'administration pénitentiaire s'est aussi placée en état d'urgence, surtout dans les prisons où détenus juifs et arabes cohabitent.
    © Libération

    BESSAN (HÉRAULT) PLEURE SON RETRAITÉ FLINGUEUR (France)
    Dans ce village de l'Hérault, un sexagénaire a tiré sur des jeunes d'origine marocaine, puis s'est suicidé en prison. Samedi, pourtant, une marche silencieuse lui rendait hommage.

    02/08/2005 - Bessan, 4 500 habitants, est en deuil. Samedi, une foule de villageois silencieux a descendu la grand-rue, rendant hommage à la mémoire de Gaston Malafosse, 61 ans, dont les obsèques avaient eu lieu la veille. L'équipe municipale n'avait pas souhaité d'autres banderoles que la sienne : «Plus jamais ça.» Ça, c'est la mort du retraité, qu'il s'est donné lui-même une semaine plus tôt dans sa cellule de la maison d'arrêt de Béziers. Il y était incarcéré depuis quarante-huit heures pour avoir, dans la soirée du 21 juillet, d'abord ouvert le feu sur des jeunes d'origine marocaine, place de la Fontaine, puis tiré à plusieurs reprises pendant de longues minutes, blessant six personnes dont un enfant de 5 ans.

    Mouche. Depuis, Bessan pleure surtout son retraité. Et moins ses victimes. Les Bessanais évoquent un homme «harcelé», «poussé à bout», «excédé» par des jeunes «bruyants et agressifs». Des amis de son club de tir en parlent comme du «plus doux des hommes, qui n'aurait pas fait de mal à une mouche». De nombreux élus du département, PC, PS, UMP, FN, tous en écharpe, dénoncent ces «actes d'incivilité répétés qui pourrissent la tranquillité» de leurs villages.

    Des jeunes lâchent : «Les bougnouls nous cassent les couilles.» De vieilles dames disent qu'elles ont peur de sortir le soir à Bessan. Des vieillards disent que «la place de la Fontaine est interdite aux Français à certaines heures». A Bessan, le Front national a remporté 38 % des voix lors de l'élection présidentielle. Le village n'apprécie pas qu'on le lui rappelle : «On n'est pas racistes, on dit simplement la vérité.» Il y a aussi d'autres voix, qui récusent le geste du retraité. Elles furent discrètes, samedi, à la manifestation. Pas un Marocain n'a pris part au cortège.

    Mais quelques bérets noirs sont là, extérieurs au village. Arrivé devant la mairie, l'un d'eux dépose une gerbe de fleurs au pied de la statue de la République, signée «Les identitaires». Un adjoint au maire bondit, saisit cette gerbe «qui n'a rien à faire là», et prend aussitôt un coup de poing en pleine figure. Sa lèvre est ouverte. Des gens hurlent «collabos !» ; d'autres «et les Français alors ?». Il y a encore des coups de poing. Le maire, Robert Raluy (sans étiquette), tente de disperser ses administrés : «Rentrez chez vous, c'est fini !» Il est dépité.

    Cette marche silencieuse il la voulait uniquement dédiée à son «copain Gaston, qui était un homme honnête, qui ne baissait pas la tête». Il explique : «Gaston n'avait pas compris que notre République ne défend plus les valeurs qu'il avait apprises.» Selon lui, Gaston Malafosse avait porté plainte à plusieurs reprises contre trois jeunes. Les gendarmes sont beaucoup plus circonspects sur la réalité de ces plaintes. N'empêche, l'édile martèle à qui veut l'entendre que la justice, surchargée de travail, les a toutes classées sans suite. «Pourtant, poursuit Robert Raluy, certains mériteraient de purger une peine de prison, mais notre système carcéral ne le permet pas. Et les peines de travail d'intérêt général sont sans effet.»

    Pétition. Quelques heures plus tard, derrière des volets clos, des langues se délient. «Ces jeunes ne sont pas des délinquants, restons modestes, on est à Bessan, assure un habitant. Dans un village aussi tranquille, aussi traditionnel, ceux qui ne respectent pas toutes les petites conventions se mettent à la marge.» Au Tip-top Kebab, place de la Fontaine, la pétition de soutien à la famille de Gaston Malafosse trône sur le comptoir, comme chez d'autres commerçants. Assis à table, un homme en short ne décolère pas : «Ici, c'est bourré de fachos. Les jeunes ne sont pas tous des saints, mais ils ont besoin de vivre, et d'avoir de la place pour ça. Ici, il n'y a rien pour eux. Juste des commerçants qui refusent de servir certains jeunes et un maire qui rêve de leur mettre des claques.» L'élu s'indigne. Pour lui, «Bessan n'a pas de problème avec les Maghrébins, mais avec trois gangsters qui sèment la terreur».

    Désarmé. Sur son lit d'hôpital, à Béziers, l'un de ces supposés «gangsters», 22 ans, n'en mène pas large. Les balles de Gaston Malafosse, tirées à bout portant, l'ont atteint au bras, à l'épaule, à la joue, au crâne. Il n'a pas la force de parler, fait des cauchemars dès qu'il s'endort, souhaite qu'on taise son nom. Un copain est à son chevet, méfiant : «Les gens racontent n'importe quoi sur nous. Pourquoi on ne dit pas qui sont les vraies victimes ?» Dans une chambre voisine, Nabil, 27 ans, tient à donner sa version. Jeudi 21 juillet, il dînait au Tip-top Kebab quand il a entendu des bruits anormaux place de la Fontaine.

    Il a vu Gaston Malafosse tirer sur des jeunes. «Je ne pouvais pas regarder sans rien faire. Il s'acharnait sur l'un, il visait la tête.» Il s'est approché, a tenté de le raisonner. Le retraité a levé son arme vers le visage de Nabil, qui a juste eu le temps de mettre son bras en travers. La balle le lui a déchiqueté. Broches et greffe de peau. Gaston Malafosse a continué de tirer tous azimuts. Blessant notamment une voisine et son enfant qu'elle tentait de mettre à l'abri. Quand les gendarmes d'Agde sont finalement arrivés, le retraité leur aurait crié : «Tuez-moi, je n'irai pas en prison !» Le frère de Nabil a profité de cet échange pour se ruer sur le retraité, lui donnant un coup dans l'abdomen, qui l'a désarmé.

    A Bessan, quelques-uns assurent que Gaston Malafosse, devenu cadre chez Schneider puis rentré dans son village natal pour sa retraite, haïssait ces jeunes qui le lui rendaient bien. D'autres exigent un retour au calme. Le 6 août, c'est la fête de l'Âne à Bessan. Le pastis va couler à flot, gratuitement, cinq jours de suite. «Il faut que la tension redescende d'ici là, s'inquiète un villageois. Quand les esprits s'échauffent trop, ça n'est jamais bon.»
    © Libération

    LES HARKIS, PRISONNIERS DE MÉMOIRE (France)
    Il faut lever l'opprobre qui pèse sur ces anciens soldats autochtones supplétifs de l'armée française en Algérie.
    par Fatima BESNACI-LANCOU présidente de l'association Harkis et droits de l'homme et Claude LIAUZU professeur à Paris-VII.


    02/08/2005 - A Madagascar, le président Chirac a pris ses distances avec la loi du 23 février 2005, dont l'article 4 impose la reconnaissance dans les programmes scolaires du «rôle positif de la colonisation» ; et avec les commémorations en l'honneur de l'OAS en rappelant «le caractère inacceptable des répressions engendrées par les dérives du système colonial». A sa majorité d'en tirer les conclusions et de revenir sur la faute qu'a été le vote de cet article de loi, qui a suscité en France des protestations grandissantes, bien au-delà du milieu des historiens, et en Algérie des réactions très vives. Il n'est que temps d'abroger cet article. C'est là une condition nécessaire pour fermer «la boîte à chagrin algérienne». Elle n'est pas suffisante, il faut aller plus loin et cela non seulement à Paris mais aussi à Alger. Selon les mots de Chirac, «on doit assumer son histoire, ne pas oublier les événements ni nourrir indéfiniment aigreur et haine».

    Des mémoires blessées ne peuvent que cultiver les rancoeurs. La légitimité de l'indépendance de l'Algérie ne doit pas laisser dans l'ombre la douleur des pieds-noirs qui ont perdu une terre, leurs biens, leurs cimetières, ni la détresse des appelés lancés dans une guerre sale, ni le massacre et le bannissement des familles de harkis, poursuivies parfois au-delà de la mort. Ainsi, la dépouille d'un Français, ancien harki, venue de Normandie pour être inhumée dans sa terre natale des Aurès a été refoulée au printemps dernier. Le défunt bénéficiait pourtant aussi de la nationalité algérienne. Harki ! Ce cas n'est pas rare. Qui ignore l'importance symbolique du repos en terre d'islam ? Pourquoi cette humiliation, se demandent ses enfants ? Dans un autre contexte, à l'occasion de la visite à Batna du conseil municipal de Rouen, un des élus, un seul, Brahim Sadouni, auteur de Destin de harki (1), considéré comme persona non grata, s'est vu interdire le sol algérien. Harki !

    Pourquoi Paris laisse-t-il faire ? Est-ce pour préserver des intérêts économiques et diplomatiques ? Ne serait-ce pas simplement de l'indifférence, quand l'on sait que la première commémoration en l'honneur des anciens harkis remonte au 25 septembre 2001, quarante ans après ! Le cynisme, cette communauté de destin en connaît bien le goût, tellement amer qu'il lui faudrait des générations pour s'en débarrasser.

    La «boîte à chagrin algérienne» n'est pas facile à fermer. En France, le silence officiel a laissé le champ libre aux guerres de mémoire. En Algérie, la mémoire officielle est ressentie de plus en plus comme un alibi justifiant le pouvoir des pères du Maghreb, le Maghreb des pères, où les jeunes ne trouvent pas leur place.

    Dans ce paysage confus, les surenchères se multiplient. L'association Harkis et droits de l'homme a, dès le 28 février, désapprouvé par un communiqué de presse les articles de la loi du 23 février qui les associent, à leur corps défendant, à la réhabilitation du colonialisme et des anciens membres de l'OAS. La seule décision pouvant leur rendre justice est de reconnaître les responsabilités de la gauche comme de la droite dans cette guerre, dans les pouvoirs spéciaux attribués à l'armée, la responsabilité de l'Etat dans la fin tragique de cent trente-deux ans de domination française.

    Il n'est pas d'abus de mémoire ni d'occultation qui résiste à un peu d'histoire. Qui sont donc les harkis ? Le terme vient de l'arabe harka, qui signifie mouvement. Les harkis sont les soldats de certaines unités supplétives autochtones recrutés par l'armée française pendant la guerre d'Algérie. Leur contrat était très précaire, hors du droit civil, d'une durée d'un mois, révocable à tout moment. Cette appellation recouvre une réalité complexe et hétérogène. Il y eut ceux qui étaient des instruments du colonialisme, bien sûr. D'autres, anciens soldats et gradés, ont pu être sensibles à la «fraternité des tranchées», à certaines valeurs de la vie militaire. L'importance des troupes coloniales lors des guerres mondiales et outre-mer est une évidence.

    Mais tous les protagonistes n'ont pas eu la possibilité de choisir : la violence française a été accompagnée d'enrôlements forcés, et la propagande de guerre a tiré parti de l'image de ce «loyalisme». Le FLN, lui aussi, a tout autant usé de la terreur comme moyen de pouvoir sur la société : on citera seulement le massacre des partisans de Messali Hadj, qui a fait 374 morts en mai 1957 dans le village de Melouza. Mouloud Feraoun, assassiné par l'OAS en 1962, écrivait le 8 novembre 1956 dans son Journal 1955-1962 (Seuil) : «Les prétentions des rebelles sont exorbitantes, décevantes, elles comportent des interdits de toutes sortes, des interdits dictés par le fanatisme le plus obtus, le racisme le plus intransigeant, la poigne la plus autoritaire... Défense de faire appel au toubib (?), à la sage-femme (?), au pharmacien (?). Et puis, il faut recevoir selon notre tradition hospitalière nos braves invités qui prennent des allures de héros et d'apôtres tout comme les grands saints de l'islam d'illustre mémoire... Il ne reste aux femmes qu'à youyouter avec entrain en l'honneur de la nouvelle ère de libération qui semble pointer pour elles à l'horizon qui barre inexorablement nos montagnes sombres.»

    De plus, les vengeances personnelles, assassinat d'un proche, haines ancestrales, code de l'honneur ont aussi parfois imposé de s'enrôler dans un camp ou dans l'autre. On est loin des grands choix idéologiques tels que les présentent les discours nationalistes. Combien de familles sont traversées par des allégeances opposées ? Combien d'individus ont traversé les camps ? Les harkis ont subi le vae victis, malheur aux vaincus.

    Victimes de la haine des vainqueurs, soumis à des supplices épouvantables, privés de toute dignité, traqués, combien sont morts lors de «l'été rouge» ? Ceux qui ont pu parvenir ici, malgré le pouvoir gaulliste, qui a tout fait pour les en empêcher, ont été parqués dans des sortes de réserves indiennes, maintenus dans une dépendance coloniale, perçus par une bonne partie de la gauche comme des suppôts du colonialisme et par la France profonde comme des tribus indignes de la citoyenneté à part entière. Cependant, les nouvelles générations ont bénéficié de la scolarisation : une élite s'est constituée, qui, à l'image des enfants issus de l'immigration, a entrepris un travail de mémoire, de réhabilitation de la figure humiliée du père.

    Comment ne pas voir que, dans les deux cas, ces paysans souvent pauvres, non scolarisés, ont été victimes des nationalismes français et algérien ? Même origine sociale et ethnique, même ségrégation par la population dominante, même déchirure identitaire ! C'est le sort de tous les êtres et groupes frontières. C'est le sort de ce chrétien venu de l'islam, de ce citoyen français qui se voulait aussi algérien, du grand écrivain Jean Amrouche, mort lui aussi à la veille de l'indépendance, auteur de Un Algérien s'adresse aux Français. «Les hybrides culturels sont des monstres. Je me considère donc comme condamné par l'Histoire. Le Jean Amrouche qui existe aujourd'hui, algérien cent pour cent par le sang ; né de père et de mère kabyles, appartenant à la famille musulmane et cependant élevé dans la religion catholique, avec comme langue principale (bien que le kabyle soit aussi ma langue maternelle) le français, ce Jean Amrouche n'a aucun avenir.»

    Mais en 2005, les conditions ne sont plus les mêmes. «La guerre est faite à deux/L'un est mort/Et l'autre aussi», comme le dit Siham Jabbar, écrivaine irakienne. N'est-il pas temps que les vivants comprennent que cette guerre les traverse tous, qu'ils ont tous du fellaga et du harki, de l'immigré ou de l'émigré en eux ? Que des convergences s'affirment à partir de mémoires partagées ? Que les millions de passeurs de rives obtiennent enfin d'être reconnus comme des fruits de cette histoire ?
    (1) Editions Cosmopole, 2002.
    © Libération

    CITÉS, LA MÉTHODE DE TERRAIN (France)
    Stigmatiser La Courneuve comme l'a fait Nicolas Sarkozy, c'est nier le dynamisme local. Par Patrick BRAOUEZEC et Gilles POUX, Respectivement député PCF de Seine-Saint-Denis et maire PCF de La Courneuve.

    03/08/2005 - Il y a de l'indécence à s'appuyer sur le drame insupportable de la mort d'un enfant pour découvrir les réalités sociales qui minent des vies au quotidien et orchestrer une opération expérimentale et démonstrative de la supposée efficacité de la méthode «coup de poing».

    Naturellement, le contexte international est favorable à tous les shérifs du monde, quand le terrorisme vient se réinscrire en lettres de sang au premier rang de l'actualité avec son lot d'angoisses jusque dans les pays les plus riches (les autres sont quotidiennement concernés sans que les grands de ce monde en soient vraiment dérangés). La peur humainement présente devant l'inacceptable sert déjà d'alibi pour étendre partout des mesures qui n'ont montré d'autre efficacité que de mettre les citoyens sous contrôle, tout en recherchant leur accord tacite sous la pression de l'urgence.

    Le ministre de l'Intérieur se rend à trois reprises à La Courneuve en trois semaines, multipliant les promesses et les déclarations. Des centaines de cités en France vivent des situations semblables à celle de La Courneuve. Rien ne saurait justifier la campagne de stigmatisation qui est à l'oeuvre. On ne saurait pas davantage accepter à partir d'un drame la mise en concurrence des gens et des territoires qui connaissent des situations comparables.

    Espère-t-on ainsi contribuer au règlement de questions de société inscrites dans la durée, résultat de tendances lourdes que l'Etat a rarement participé à inverser en s'investissant au niveau nécessaire ?

    Espère-t-on faire oeuvre positive en créant un climat d'urgence, présupposant un environnement de guerre, pour rapatrier sur ce terrain quelques moyens (bien insuffisants de surcroît) pris ailleurs sur d'autres projets ainsi supprimés, sur d'autres quartiers qui en ont le même besoin, dans le but de concentrer quelques effets ici, au risque de promouvoir une logique désastreuse pour tous ?

    Espère-t-on faire oeuvre positive en tentant d'instrumentaliser, non sans mépris, les élus locaux (qui, pour leur sensibilité de terrain, leur souci d'efficacité et leur proximité des gens, sont pourtant les politiques les mieux appréciés des citoyens), ainsi que l'ensemble des administrations, en particulier celles de l'Etat à tous les niveaux, traités en serviteurs ?

    Espère-t-on faire oeuvre positive en humiliant les gens eux-mêmes puisque ce quartier des 4 000 à La Courneuve a été déclaré comme devant être nettoyé au Karcher (des mots lourdement chargés d'histoire, qui parlent d'épisodes sanglants portant toujours le sceau du racisme et de la négation de la personne humaine, qui méritent toute l'inquiétude qu'ils suscitent) ? Mesure-t-on l'impact de telles formules prononcées par un représentant du gouvernement, des formules qui assimilent des gens (cela fait mal à écrire) à des saletés, qui les rayent de leur qualité de citoyens égaux, qui ne les «calculent» plus, alors que c'est précisément de ce doute dont souffre le plus tout un chacun ? Mesure-t-on la charge d'exclusion portée par de tels mots ?

    Puisque la démarche se veut démonstrative, les mots doivent-ils être interprétés comme l'expression de la philosophie qui les sous-tend, qui n'a pas grand-chose à voir avec la cohésion sociale ? Devons-nous comprendre que nous sommes terrain test pour une philosophie d'Etat fondée sur l'exclusion, masquée derrière des termes ambigus comme la discrimination positive ? La méthode, menée manu militari jusqu'à la provocation, maniant l'anathème jusqu'à susciter l'automépris (que penser de ses propres chances d'avenir lorsqu'un ministre affirme que tous ceux qui veulent un emploi en auront un, pour les autres on n'a pas de temps à perdre ?), autoritaire jusqu'à susciter la crainte. Cela au moment où la précarisation se généralise, où l'insécurité de l'emploi se systématise par ordonnances et où ce même gouvernement se retire de tous ses engagements au service du principe d'égalité des citoyens.

    Espère-t-on faire oeuvre positive ainsi ? Ou cherche-t-on bien autre chose que le positif ?

    Elus locaux, avec les populations nous avons toujours su refuser les fatalités auxquelles on semble s'acharner à vouloir nous soumettre.

    Nous sommes ensemble confrontés aux enjeux vitaux d'une société qui va mal, en général, pas seulement ici. Peut-être même ici moins qu'ailleurs si l'on veut bien regarder plus loin que la surface, parce que les gens qui vivent ici n'ont jamais renoncé à un avenir riche de mélange, de solidarité et de vivre ensemble.

    Depuis toujours il se tisse ici du positif. Pas sur ordonnances : en mobilisant les capacités d'initiative, les compétences de chacun, le désir d'une vie meilleure, la certitude que rien n'est octroyé, le besoin d'égalité, le potentiel associatif, tous les potentiels de toute sorte du territoire, y compris en développement d'activités, les savoir-faire solidaires. Dans des réseaux de participation à la vie locale, des réseaux citoyens et démocratiques, où tous doivent savoir avoir également leur place, que l'on soit citoyen français ou étranger, quelles que soient les ressources.

    Nous savons d'expérience que le vivre ensemble se tisse d'abord sur la reconnaissance de la valeur de chacun, de chaque culture.

    Dans notre département de Seine-Saint-Denis se trouvent les huit communes dont les familles ont les revenus les plus modestes d'Ile-de-France (le revenu fiscal moyen des habitants de La Courneuve est de 8 500 euros par an, à comparer aux 17 500 euros pour l'Ile-de-France). Ces villes se sont regroupées en communauté d'agglomération pour se donner plus de poids, s'ouvrir des partenariats plus larges, se donner un nouvel élan et donc des perspectives plus importantes.

    Dans ces huit communes en coopérative pour un développement solidaire, il se construit des politiques publiques essentielles à la bonne santé du tissu social, et des partenariats volontaires diversifiés. C'est toute cette démarche et ses résultats qui sont délibérément cassés par des méthodes dignes d'une république bananière. En effet, lorsque tous les emplois saisonniers de Carrefour Stains se trouvent autoritairement bloqués pour abonder exclusivement l'offre de CDD promis par le ministre à La Courneuve, que devient la portée de la «charte pour l'emploi» signée par Plaine Commune et près de cent entreprises volontaires du territoire sur un plan de longue haleine, impliquant chaque partie ?

    Il est inacceptable, de même, de prétendre régler les questions de l'école et de la formation par des rendez-vous imposés dans l'urgence au recteur, au coup par coup. C'est nier le remarquable travail collectif mené plusieurs mois durant sous le pilotage du recteur avec les lycées et les deux universités (Paris-VIII à Saint-Denis et Paris-XIII à Villetaneuse, et leurs IUT) du bassin de vie, pour un plan de développement cohérent et ambitieux pour les jeunes d'ici, des formations postbac.

    Cela rendra plus difficile aussi de poursuivre des politiques de solidarité qui affirment (y compris par la prise d'arrêtés anticoupures et antiexpulsions par les maires communistes) l'objectif de permettre aux familles de sortir de l'exclusion dans le respect d'elles-mêmes, et alors que s'y ajoute la baisse des subventions d'Etat aux associations engagées dans les contrats de ville. C'est un mensonge terrible quant à ses conséquences de laisser entendre que les chômeurs sont des gens qui ne veulent pas travailler, qu'il suffit de vouloir un emploi pour en trouver un. Comment se fait-il alors que le gouvernement n'ait pas su mobiliser les acteurs économiques pour en fournir un aux 23 000 sans-emploi de Plaine Commune, aux deux millions et demi de demandeurs d'emploi en France ?

    Nous nous permettons, puisque La Courneuve est prise symboliquement en cible, de rappeler une image toute récente qui donne de cette cité une idée autrement positive de sa réalité (une réalité qui forme un tout) : la plage éphémère installée par la municipalité a vu 27 000 personnes en quelques jours, enfants, familles, y prendre leurs quartiers d'été. Pour ne pas avoir à oublier le bonheur des regards, il nous revient de pouvoir l'organiser à nouveau dans un an, tous les ans idéalement (mais déjà se pose la question des moyens). Question de respect et d'égalité des droits. Les loisirs, c'est comme la culture : absolument nécessaire pour vivre, se ressourcer, réfléchir, comprendre peut-être mieux le monde comme il va, et comme il pourrait aller mieux.

    La banlieue, les quartiers populaires des villes sont largement porteurs de positif. Un positif qui s'invente sans doute ici plus qu'ailleurs, poussé par la difficulté des problèmes, porté par la capacité des gens et leur volonté de résistance, de ne jamais renoncer à l'espoir.

    Pour que l'efficacité soit au rendez-vous, il faut que les dynamiques qui se construisent dans le creuset local soient épaulées par des politiques publiques nationales affirmées. Que l'on sorte de l'urgence. Que les relais s'affirment dans la durée, avec des financements de droit commun, avec une politique d'égalité des droits pour tous les territoires. Que les projets phares (comme le projet de Cité du cinéma de Besson ou les Archives nationales qui s'implantent sur le site des Tartres en coeur d'agglomération, ou encore les Archives du ministère des Affaires étrangères à La Courneuve) soient accompagnés au plus haut niveau : en contribuant à l'attractivité et au dynamisme de notre territoire, ils créent de l'élan en retour et ouvrent des perspectives indispensables à la vie de tous.

    Les démonstrations de force dans les quartiers populaires nous amènent plutôt à penser que le gouvernement s'engage sur une pente dangereuse. Loin de régler les problèmes, la méthode appelle à dresser les gens les uns contre les autres et indique le refus de s'atteler sans arrière-pensée à des questions cruciales de société, collectivement, dans la durée, avec les gens. Alors que c'est, à nos yeux, la seule voie qui donnera tout leur sens aux trois valeurs clés de la République qui fondent le contrat social : la liberté, l'égalité et la fraternité.
    © Libération

    BIDONVILLE DE VITRY: LA POLICE ARRÊTE LES PARENTS ET LAISSE LEURS ENFANTS À L'ABANDON (France)
    03/08/2005 - Mardi 26 juillet une importante opération policière a eu lieu dans un bidonville situé en bordure de la Nationale 305 sur la commune de Vitry sur Seine.

    Les forces de l’ordre agissaient dans le cadre d’une commission rogatoire pour des délits identifiés. Dans ce cadre, selon les informations qui nous sont parvenues, 18 personnes, dont une dizaine de mineurs ont été arrêtées pour vols, recels, mendicité agressive, motif devenu un délit depuis les lois Sarkozy.

    Dans un premier temps, toujours le 26 juillet, les forces de l’ordre en ont profité pour contrôler la situation de chacun sur la régularité de leur séjour, et ce sont 30 personnes supplémentaires qui ont été arrêtées pour un motif d’irrégularité essentiellement en raison de l’insuffisance de ressource évaluée dans l’arbitraire le plus complet. La nature de l’opération a donc été transformée en une véritable chasse aux sans papiers.

    Des enfants très jeunes, de 5, 7, 10 ans, dont les deux parents ont été arrêtés, ont été laissés à l’abandon sur le bidonville, sans que les services de l’aide à l’enfance n« aient pu intervenir comme le prévoit pourtant la loi. Ces arrestations ont été faites sans tenir compte de la situation de famille, ni des problèmes de santé, ni des projets d »insertion (école, titre des séjour en cours d’examen,…).

    Dans un deuxième temps de fortes pressions policières ont fait fuir sans solution les personnes qui n’avaient pas été arrêtées. Résultat : mercredi 27 au matin le terrain était vide et l’après-midi, les caravanes et autres abris étaient détruits, rendant définitivement impossible la récupération des biens personnels de ces familles.

    Ni le comité de soutien, ni les associations travaillant auprès des familles n’ont été avertis. Il leur reste la charge de retrouver les petits laissés sans parents et de chercher des abris introuvables à ceux qui sont n’en ont plus.

    Le Collectif Romeurope

    - dénonce le détournement de procédure qui, comme à Saint-Denis il y a quelques semaines, au prétexte de démanteler d’éventuels réseau de délinquance, procède en réalité à des arrestations massives. Il faut bien entendu faire le lien avec la scandaleuse politique des charters, déjà mise en oeuvre par le gouvernement, avec l’objectif de faire du chiffre, sans rechercher des réponses adaptées aux situations personnelles des personnes en question.

    - dénonce les procédés indignes, inefficaces et pervers qui depuis quelques semaines à Montreuil, à Saint-Denis, au Bourget, à Villetaneuse (93), à Vitry (94) et encore aujourd’hui au Réaux (77), obligent les familles à quitter précipitamment leurs lieux de vie, les condamnant à l’errance dans un plus grand dénuement qu’auparavant.

    - demande un moratoire des expulsions pour que « l’éradication des bidonvilles » ne soit pas réalisée par des harcèlements policiers mais bien dans le cadre du projet du Conseil Régional Ile de France pour lequel il a voté un budget d’un million d’euros.

    - demande qu’enfin de réels dispositifs d’accueil et d’insertion soient mis en place, en priorité par le droit au travail, pour que les familles qui ont fui les discriminations et le racisme dont elles sont victimes dans leur pays d’origine puissent obtenir la place à laquelle elles ont droit sur notre territoire.

    Collectif national droits de l’homme Romeurope : ALPIL (Action pour l’insertion sociale par le logement), ASAV (Association pour l’accueil des voyageurs), CIMADE (Comité intermouvements auprès des évacués), GISTI (Groupe d’information et de soutien avec les travailleurs immigrés), Identité rrom, LDH (Ligue des droits de l’Homme), MDM (Médecins du Monde), MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) Mouvement catholique des gens du voyage, Une famille un toit 44, URAVIF (Union régionale des associations voyageurs d’Ile de France) Et les Comités de soutien de Fontenay sous Bois, Montreuil, du Nord-ouest parisien, de Saint Michel sur Orge, de Savigny-Lieusaint-Melun, du Val de Marne.
    © Samizdat

    UNE GÉRANTE IMMOBILIÈRE ACCUSÉE DE DISCRIMINATION (France)
    Une gérante d'agence immobilière a été condamnée à huit mois de prison avec sursis et 8.000 euros d'amende pour discrimination raciale, en accord avec les propriétaires.

    03/08/2005 - La gérante d'une agence immobilière, accusée d'avoir pratiqué une discrimination réclamée par des propriétaires ne voulant pas louer à des étrangers ou supposés tels, a été condamnée mercredi 3 août par le tribunal correctionnel de Toulouse à huit mois de prison avec sursis et 8.000 euros d'amende, a-t-on appris auprès de SOS Racisme.

    Le ministère public avait également requis la fermeture administrative durant quelques mois de l'agence Sud Location et l'interdiction de droits civiques pour la gérante, Réjane Massaré. Mais le tribunal ne l'a pas suivi.

    Samuel Thomas, vice-président de SOS Racisme, a déploré ce fait, soulignant que son association "n'est qu'à moitié satisfaite par la décision rendue ce matin, car malgré l'avis favorable du procureur de la République pour demander la fermeture judiciaire de l'entreprise délinquante, la justice n'a pas voulu le suivre. Ce qui aurait pourtant représenté un geste fort pour ces entreprises qui pratiquent ce genre de dérive", a-t-il dit.

    Mention PE : 'Pas d'étranger'

    Au cours du procès, Réjane Massaré n'avait exprimé aucun regret par rapport au système de discrimination raciale mis en place depuis 2000 à la demande des propriétaires. Elle mentionnait "PE" (pas d'étrangers) sur les fiches de ceux qui ne souhaitaient pas louer leur appartement à des personnes issues notamment du Maghreb et d'Afrique noire.

    C'est une ancienne salariée de Sud Location qui avait prévenu SOS Racisme. Au printemps 2003, une plainte avait alors été déposée par l'association antiraciste. Réjane Massaré avait reconnu les faits et avait même donné la liste détaillée des250 propriétaires donneurs d'ordre de discrimination avec leur identité, adresse et téléphone.

    SOS Racisme regrette toutefois qu'en dehors de la gérante, aucune poursuite n'ait été engagée contre chacun de ceux ayant demandé à l'agence d'opérer une discrimination. Mais la police ayant refusé de les auditionner, le procureur a décidé de ne poursuivre et de ne faire juger que la gérante de Sud Location.

    "Pour remédier à cet 'oubli', SOS Racisme va porter plainte avec constitution de partie civile pour entendre les 250 propriétaires donneurs d'ordres", a précisé mercredi Samuel Thomas.
    © Le Nouvel Observateur

    SUR LE GRÜTLI, SAMUEL SCHMID A TENU LE CHOC FACE AUX EXTRÉMISTES DE DROITE (Suisse)
    En réponse aux provocations, le président de la Confédération a fait l'éloge de l'intégration.
    Ron Hochuli, Prairie du Grütli


    02/08/2005 - Rouge pivoine et des trémolos dans la voix au moment de conclure, Samuel Schmid ne parvient plus, depuis de longues minutes, à dissimuler colère et tristesse. Son discours du 1er Août, sur la prairie du Grütli, se sera transformé en véritable calvaire, dans une ambiance de match de football sur le point de dégénérer. Mais le président de la Confédération n'a pas craqué face à quelque 2000 personnes, divisées en deux groupes, à l'image de camps de supporters antagonistes. Assis aux premières loges, 400 bénévoles actifs dans le domaine du sport figurent parmi les invités d'honneur. Des dizaines de personnes, venues célébrer la Fête nationale sur ce lieu historique de leur propre chef, ont pris place à leurs côtés. Un public de tous âges, dont une majorité a revêtu des maillots rouges de circonstance. Derrière lui, une marée noire de crânes rasés – 700, selon les estimations de la police –, arborant des slogans tels que «La Suisse aux Suisses» ou «Helvètes, frères de sang».

    Emmenés par le Parti des Suisses nationalistes, ces militants d'extrême droite, âgés pour la plupart de 15 à 20 ans, sourient poliment lorsque deux jeunes gens viennent, l'une, rappeler la teneur du sermon du Grütli, l'autre, rendre hommage aux vertus du sport. Le président de la Confédération n'a pas droit à tant d'indulgence. Il ne tarde pas à faire l'objet de railleries, de sifflets, pire, d'injures et de gestes obscènes.

    A peine formule-t-il la «force d'intégration» du pays ou la richesse de la «diversité culturelle», tout juste rappelle-t-il la «contribution des étrangers à la prospérité de la Suisse» ou la «libération de l'humanité du régime hitlérien» qu'il est coupé, tantôt par des beuglements isolés, tantôt par d'absurdes bravades scandées en chœur: «Nous sommes la résistance nationale», «Suissesses, Suisses, nous sommes la nation» ou «Sami Schmid, tu baisses ton pantalon», au moment où l'orateur appelle à soutenir l'extension de la libre circulation. Le reste de l'assistance a beau l'applaudir, son appui se révèle bien trop timide pour couvrir les hargneux refrains.

    Quelques poignées de visiteurs, manifestement apeurés, s'en vont prématurément. Les autres ne cachent pas leur consternation. Un septuagénaire, amoureux du berceau de la Suisse, n'a jamais vu autant de monde sur le Grütli. «Mais il y en a plusieurs centaines qui ne comptent pas. Ils sont la honte du pays», lâche-t-il furieux.

    Pour la énième fois, Samuel Schmid est contraint de s'interrompre, essayant tant bien que mal de rester stoïque. Plus tôt dans la journée, à bord du bateau sur lequel il a sillonné le lac des Quatre-Cantons avec ses hôtes, il avait déjà laissé transparaître une certaine nervosité. «Faudra-t-il que je passe sur certaines parties de mon allocution ou au contraire que j'improvise par moments? On verra», confiait-il en se souvenant des huées qu'avait essuyées Kaspar Villiger en 2000, dans le même cadre. «Cependant, je refuse toute concession à ces groupuscules.»

    De fait, à la tribune, il rassemble son courage et insiste bien davantage que prévu sur le thème de l'intégration. Le verbe sobre mais le ton ferme, voire bouillonnant, il souligne qu'il y va de «la responsabilité de chacun de faire barrage à toute forme d'extrémisme, de velléités totalitaires, d'antisémitisme et de racisme. Les sombres chapitres de l'Histoire ne doivent en aucun cas se répéter!» Et d'enfoncer le clou: «A aucun moment notre pays ne doit se soumettre à un chef de file individuel («Führungsgestalt») qui prétendrait montrer le chemin à suivre.» D'aucuns verront là une allusion claire à Christoph Blocher.

    A ce titre, Samuel Schmid ne manque pas de répliquer indirectement à son collègue de parti, venu dimanche dernier sur la mythique prairie pour commémorer les 65 ans du «Rapport du Grütli» énoncé par le général Guisan (LT du 25.07.2005). Alors que le Zurichois vantait les mérites de la neutralité armée, le président de la Confédération s'attarde, lui, sur les valeurs prônées par Guisan, concluant que «penser à la façon helvétique, c'est reconnaître et rendre hommage à son prochain, dans et hors de nos frontières». Interrogé par Le Temps, il bottera en touche: «Je ne sais pas si nous avons des interprétations divergentes. J'ai analysé les propos de Guisan, pas ceux de Blocher.»

    Traité de «cochon» et de «Judas», Samuel Schmid est immédiatement entouré par ses gardes du corps après son intervention, quittant la prairie du Grütli avant que l'hymne national ne soit entonné par l'assemblée. Une jeune mère est exaspérée: «Il faudrait enfermer cette racaille!» Alois Christen, directeur du Département de police dans le canton de Schwyz, n'est pas loin de partager cet avis: «Le problème, avec ces gens, c'est qu'ils connaissent exactement les limites. Et ils se gardent bien de les franchir, ne serait-ce que pour pouvoir affirmer que le dispositif policier mis en place [il est question de 300 agents, ndlr] était superflu et revenir l'année prochaine...»
    © Le Temps

    TURQUIE DANS L'UNION EUROPÉENNE (UE): WEST SIDE HYSTÉRIE
    Les arguments mis en avant pour refuser l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne relèvent parfois de l’insulte à tous les Français issus de l’immigration
    par Hervé Quinsac


    03/08/2005 - "Hystérie" : c’est le mot qu’a utilisé l’ambassadeur de Turquie en France pour qualifier la férocité du débat qui fait rage pour savoir si l’Union européenne doit accueillir en son sein ce pays à cheval sur deux continents. Et de commenter qu’il commençait à douter que la France soit vraiment un pays "cartésien". Il aurait pu ajouter que le "pays des droits de l’homme", toujours prompt à énoncer des (grands) principes lors des sommets internationaux, peint un triste autoportrait de sa volonté réelle d’intégrer ses habitants issus de l’immigration.

    Il ne s’agit pas ici de débattre du bien-fondé des arguments des partisans et des adversaires de l’intégration éventuelle de la Turquie à l’UE (sans parler de ceux qui confondent allègrement les discussions sur la Turquie et celles sur le traité constitutionnel), qui n’interviendra de toute façon pas avant une quinzaine d’années, officiellement pour cause d’exercice budgétaire.

    En revanche, si nous transposons certaines des positions développées récemment de l’échelle de l’Europe à celle de la France, nous obtenons un discours que ne renierait pas le Front national. Si ce dernier est l’un des plus farouches opposants à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, il est plus surprenant d’entendre des leaders habituellement éloignés de ses positions reprendre le même type d’idées qu’il développe contre les étrangers ou contre les personnes d’origine étrangère qui vivent en France.

    La Turquie ne serait pas intégrable, notamment, parce que sa culture est trop éloigné de celle des autres pays de l’Union. Transposé à l’échelle nationale, cela signifie tout simplement refuser d’intégrer dans la société française tous les étrangers d’origine extra-communautaire.

    La Turquie ne serait pas intégrable car la population de ce pays, bien que laïc, est à majorité musulmane. Transposé à l’échelle nationale, cette idée affirme que seuls les bons chrétiens peuvent espérer vivre en France.

    La Turquie ne serait pas intégrable car ses frontières, voyez-vous, dépassent celles de l’Europe géographique stricto sensu et que l’Europe deviendrait ainsi elle-même frontalière de pays tels que l’Iran, la Syrie ou l’Irak. Cela veut dire que les idées fondatrices de l’Union européenne, en particulier celle qui fait reposer la paix sur une alliance d’intérêts économiques, sont des concepts strictement occidentaux que son bien incapables de comprendre ou d’appliquer des étrangers dès qu’ils vivent un peu trop au Sud, ou qu’ils en viennent.

    Au final, tous ces arguments reviennent à une logique qui consiste à dire aux étrangers qui vivent en France, ou aux Français d’origine étrangère : nous ne pouvons pas vivre ensemble car nous ne sommes pas pareils. Nous sommes des occidentaux et pas vous.

    Cette façon de penser, appliquée en ce moment à la Turquie, révèle, au fond, à quel point la volonté d’intégrer les étrangers qui vivent en France à la communauté nationale reste fragile, et que cette intégration n’est perçue comme acceptable que si elle s’accompagne en même temps d’une renonciation totale des étrangers à leur culture, à leurs origines, voire à leur patrimoine intellectuel.

    Seuls les critères économiques, sociaux et démocratiques devraient représenter le corps du débat... et il y a matière. Mais sur le squelette qu’ils constituent pousse une chair faisandée, qui rappelle que la peur de l’autre est encore ancrée profondément dans notre société. Le racisme, en un mot, racisme ordinaire, racisme beauf, racisme patriotico-nostalgique. Et d’autant plus dangereux qu’il se masque derrière des arguments qui se veulent supra-nationaux et porteurs d’idéal démocratique.
    © Info Türc

    DE L'ITALIEN MACHO AU SUÉDOIS PROGRESSISTE (Union européenne)
    La version consolidée du Traité de Rome de 1957 affirme que « la Communauté cherche à éliminer les inégalités entre les hommes et les femmes. » Mais l’Europe a encore des progrès à faire...

    01/08/2005 - Depuis sa fondation en 1957, l’Union a placé l’égalité des sexes en tête de ses priorités. Même si la Commission Européenne admet qu’ « en pratique, les femmes et les hommes ne jouissent pas des mêmes droits. » La pérennité de problèmes comme la violence domestique, qui affecte environ 20% des femmes dans l’Union ou l’exploitation sexuelle représente un échec grave de la part des gouvernements et des institutions communautaires. Par ailleurs, les femmes assurent en moyenne une part inégalement importante des tâches domestiques et liées aux enfants. En restant sous-représentées dans les sphères économiques et politiques. En outre, leurs salaires sont de 25% inférieurs à ceux de leurs homologues masculins et le taux de chômage féminin (12,4%) est supérieur de 3% à celui des hommes.

    Les « machos men» méditerranéens

    Ces statistiques, valables pour l’ensemble de l’Union, recouvrent néanmoins d’immenses disparités régionales. Des différences particulièrement frappantes quand on compare les pays nordiques à la zone méditerranéenne. En Scandinavie, les femmes ont tendance à bénéficier d’un rôle économique et politique accru. A l’opposé, le traditionnel machisme des Etats du sud, comme l’Espagne et l’Italie, a profondément ancré dans les mentalités les rôles traditionnels homme-femme. Le politicien italien Rocco Buttiglione est un parfait exemple de cet état d’esprit lorsqu’il déclare que « la famille existe pour permettre aux femmes d’avoir des enfants et la protection d’un homme. » En Espagne néanmoins, le gouvernement Zapatero a lancé une audacieuse campagne de réformes sociales visant à combattre la mysogynie ambiante. Les contrats de mariage comprennent ainsi désormais une clause sur le partage des tâches domestiques et de l’éducation des enfants.

    Le pourcentage de femmes présentes au sein des gouvernements est aussi un indicateur du niveau d’égalité entre hommes et femmes en Europe. Bien que le gouvernement de Zapatero soit symboliquement composé de huit hommes et huit femmes, seulement 36% d’Espagnoles siégent à l’Assemblée Nationale ibérique. Un pourcentage qui figure parmi les plus élevés d’Europe, dépassé uniquement par les Pays-Bas et les pays scandinaves. La Suède est le pays où le Parlement est le plus égalitaire avec 45,3% de femmes. En Allemagne, elles sont 32,8%, au Royaume Uni, 18,1%, en France, 12,2% pour culminer autour d’un faible 11,5% en Italie.

    Une égalité de papier

    Si le degré d’égalité des sexes est très variable d’un Etat membre à un autre, les actions concrètes élaborées dans les Etats membres sont paradoxalement identiques et s’appuient sur des points clés de la politique communautaire : égalité des salaires, droit au travail, congé parental et sécurité sociale, droits relatifs à la grossesse et à la maternité et engagement à combattre la discrimination sexuelle et les violences domestiques.

    Dans certains domaines, comme celui du droit au travail, la politique de l'Union supplante les dispositions nationales. Dans d’autres cas, Bruxelles ne fait qu'édicter une orientation à laquelles doivent se plier les législations nationales. Par exemple concernant la durée du congé parental minimum qui doit au moins durer trois mois. D’autres thèmes, comme l’avortement dépendent directement des gouvernements nationaux. Alors qu'à Malte, l’avortement reste illégal, l’IVG est pratiquée « à la demande » dans 18 pays des 25.

    Les politiques intentées par l’Union n’ont cependant pas réussi à juguler toutes les inégalités hommes-femmes, même si des mesures concrètes ont été mises en place pour aider les femmes. Le programme « DAPHNE II », d’un montant de 50 millions d’euros, prévoit de réduire les violences infligées aux femmes et aux enfants, encourage la prise de conscience du problème et offre une aide aux victimes, en collaboration avec des ONG. Doté d’une enveloppe de 3 milliards d’euros, « EQUAL » est quant à lui un plan d’action visant à combattre les discriminations faites sur le marché du travail.

    Homogénéité économique = égalité des sexes

    Le lien entre la cohésion économique d’un groupe social et la progression de l’égalité des sexes ne doit pas être sous-estimé. Une société paritaire permet à un plus grand nombre de femmes d’avoir les moyens financiers de se libérer du « cycle de la dépendance » envers les hommes. Et nécessite une politique sociale solidement financée, comme en Suède, où 83% des enfants de 1 à 6 ans sont admis dans des garderies financées par l’Etat.

    Au classement des pays les plus égalitaires, les nations scandinaves sont en tête grâce à leurs efforts conjugués dans les domaines « santé et bien-être » et « opportunités économiques. » Comme le souligne l’Assemblée Féministe de Madrid , « les femmes sont plus enclines à avoir des emplois peu sûrs et des faibles salaires. » La forte protection sociale dont elles bénéficient dans les pays nordiques ne peut que favoriser leur émancipation. A l’image de mesures comme le congé paternel de longue durée.

    La plupart des pays de l’Union sont relativement bien placés dans le classement mondial de l’égalité des sexes. Cependant, les femmes sont loins d’avoir les mêmes opportunités que leurs répliques masculines et certains pays européens ont encore beaucoup à faire pour rattraper l’avance scandinave.
    © Café Babel

    USA: LES MUSULMANS N'ONT PAS ACCEPTÉ LES EXCUSES DU SÉNATEUR
    02/08/2005 - Les musulmans n'ont pas accepté les excuses du sénateur républicain "Tom Tancredo" suite à ses déclarations relatives à la contre-offensive américaine contre les lieux saints islamiques comme la Mecque si les Etats-Unis font l'objet d'une attaque nucléaire.

    Selon le rapport de l'agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "Denver Post", plus de 200 musulmans ayant participé dans la manifestation pour "La paix dans la justice" à Denver, la capitale de Colorado, ont proclamé que les déclarations de "Tancredo" ont suscité le fanatisme confessionnel.

    "Les déclarations de Tancredo ne relèvent que du fanatisme et du racisme", affirma "Mohammad" l'un des dirigeants musulmans ayant participé à la manifestation.

    Quant à "Israr Haq", 42 ans, habitant à "Northglenn" : "Ce genre des déclarations peuvent motiver les racistes et les mobiliser à mener des attaques violentes contre les musulmans".

    "Tom Tancredo", un sénateur républicain, avait fait ces déclarations le 15 juillet dernier lors d'une interview à la radio.
    © Yabiladi

    LE COMITÉ POUR L'ÉLIMINATION DE LA DISCRIMINATION RACIALE OUVRE LES TRAVAUX DE SA SESSION D'ÉTÉ (ONU)
    02/08/2005 - Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale a ouvert ce matin les travaux de sa soixante-septième session, qui se tiendra au Palais des Nations à Genève jusqu'au 19 août prochain.

    Le Comité a notamment adopté son ordre du jour et son programme de travail, qui prévoient notamment l'examen des rapports présentés par le Venezuela dès cet après-midi; la Géorgie l'après-midi du 3 août; la Zambie l'après-midi du 4 août; la Barbade l'après-midi du 5 août; la Tanzanie l'après-midi du 9 août; l'Islande l'après-midi du 10 août; le Turkménistan l'après-midi du 11 août; et le Nigéria l'après-midi du 12 août. Le Comité examinera en outre, au titre de la procédure d'urgence, la situation au Malawi le 9 août, au Seychelles le 11 août, à Sainte-Lucie le 15 août et au Mozambique le 16 août.

    Le Comité tiendra, un débat général sur la réforme des organes de traités, le mardi 16 août à 15 heures. Le Comité tiendra par ailleurs un débat sur le multiculturalisme le mercredi 17 août à partir de 11 heures.

    Le Chef de la Division de la Commission et des traités du Haut Commissariat aux droits de l'homme, Mme Maria-Francisca Ize-Charrin, s'est adressée au Comité, rappelant en particulier les propositions de la Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Mme Louise Arbour, dans le cadre de la réforme des Nations Unies. Elle a notamment indiqué que la Haut-Commissaire compte faire des propositions visant à créer un organe de traité unique chargé de la surveillance de tous les instruments internationaux des Nations Unies dans le domaine des droits de l'homme.

    Plusieurs membres du Comité se sont ensuite exprimés sur la proposition de créer un organe permanent unifié qui viendrait se substituer aux sept organes conventionnels actuels. Ils se sont demandés s'il s'agissait de la meilleure méthode pour renforcer l'efficacité de la protection des droits de l'homme. Ils se sont interrogés sur l'utilité et la viabilité d'une telle réforme, se demandant en outre si une structure permanente et unique sera en mesure de s'acquitter convenablement de son mandat.

    À sa prochaine séance publique, cet après-midi à 15 heures, le Comité entamera l'examen des quatorzième à dix-huitième rapports périodiques du Venezuela, présentés en un seul document (CERD/C/476/Add.4).

    Échange de vues entre le Comité des droits de l'homme et le Haut Commissariat aux droits de l'homme

    Mme Maria-Francisca Ize-Charrin, Chef de la Division de la Commission et des traités du Haut Commissariat aux droits de l'homme, a souligné que le Haut Commissariat suivait avec attention la jurisprudence du Comité au titre de l'article 14 de la Convention sur l'élimination de la discrimination raciale, espérant que son impact aux plans régional et national pourrait se renforcer. Elle s'est félicitée les décisions prises par le Comité à sa dernière session afin d'améliorer ses méthodes de travail au titre de l'article 14 de la Convention. Mme Ize-charrin a en outre espéré que la procédure de suivi des observations finales récemment adoptée par le Comité portera ses fruits.

    À cet égard, elle a précisé que le Gouvernement irlandais avait d'ores et déjà exprimé sa volonté d'assurer un suivi adéquat et efficace des observations faites par le Comité lors de l'examen de son dernier rapport périodique en mars dernier. Mme Ize-Charrin a par ailleurs déclaré que le Haut Commissariat s'était activement engagé dans la mise en œuvre des recommandations des organes de traités en organisant différents projets de formation.

    Elle a par ailleurs salué l'approche dynamique et créative du Comité dans l'élaboration de sa recommandation générale concernant la prévention de la discrimination raciale dans l'administration et le fonctionnement de la justice. Cette nouvelle recommandation générale, a-t-elle estimé, permettra de guider les États parties dans l'élaboration et la mise en œuvre effective de réponses efficaces aux menaces que font peser sur les droits de l'homme la xénophobie et l'intolérance liées à une immigration accrue.

    Mme Ize-Charrin a par ailleurs déclaré que la Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Mme Louise Arbour, était pleinement consciente de l'impact positif du système des organes de traité et qu'elle appuyait les efforts déployés par ces instances pour relever les défis auxquels elles sont confrontées, en particulier le retard pris par certains États dans la présentation de rapports. Elle a précisé que dans son plan d'action, la Haut-Commissaire souhaitait faire des propositions visant à créer un organe de traité unique.

    Cette question devrait faire l'objet de consultations intergouvernementales en 2006. Dans ce contexte, elle a souligné que, forts de leur expérience, les membres des différents comités seraient appelés à jouer un rôle clé dans la réforme. Un document conceptuel relatif à la création d'une instance unique sera finalisé au début de l'année prochaine, a-t-elle précisé, soulignant que ce document serait porté à la connaissance des membres des organes conventionnels afin de recueillir leurs précieux commentaires.

    Plusieurs membres du Comité se sont exprimés sur la proposition de la Haut-Commissaire visant à créer un organe permanent unifié qui viendrait se substituer aux sept organes conventionnels actuels. Ils ont souligné que les organes de surveillance des traités constituaient aujourd'hui le socle de la protection des droits de l'homme et estimé qu'il était important de les maintenir au cœur du système. Ce qui compte, ont-ils fait valoir, c'est le renforcement de la protection des droits de l'homme. Dès lors, quelle est la meilleure méthode pour renforcer l'efficacité de la protection des droits de l'homme, se sont-ils demandés. Soulignant que l'idée de la création d'un organe permanent et unique n'était pas nouvelle, plusieurs experts ont estimé que le point de départ de la réforme devait être les traités.

    À cet égard, plusieurs d'entre eux se sont demandés si les suggestions de réforme de la Haut-Commissaire incluaient la possibilité d'amender les instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme. Des modalités ont-elles été prévues qui permettraient d'éviter la réouverture d'une discussion des traités quant au fond, ont-ils demandé, soulignant les risques et la complexité d'une telle entreprise. Un membre du Comité s'est interrogé sur l'utilité et la viabilité de la réforme visant à fondre les différents comités en une seule instance? Une structure permanente et unique sera-t-elle capable de s'acquitter convenablement de son mandat. D'autres membres se sont demandés quelles idées avaient présidé à la formulation d'une telle proposition? Quelles en sont les idées sous-jacentes?

    Plusieurs experts ont estimé que les objectifs de la réforme, ses avantages et ses inconvénients, ses modalités techniques, étaient autant d'éléments qui devaient être très clairement définis afin de jeter les bases d'une protection accrue des droits de l'homme et d'éviter tout risque de réduire à néant les acquis. Un membre du Comité a accueilli favorablement l'idée visant à créer une procédure unique pour le traitement des communications.

    Répondant aux vues exprimées par les membres du Comité, Mme Ize-Charrin a notamment déclaré que c'est le renforcement de l'impact des organes de traités au niveau national, l'amélioration de la protection des victimes, qui étaient au cœur de l'idée visant à créer une structure unique permanente. Mme Ize-Charrin a souligné qu'un consensus semblait se dégager sur le fait qu'il faudrait procéder à la réforme sans amender les traités fondateurs du système.

    Nous sommes en train de vivre une période très particulière et il faut saisir l'occasion qui se présente de procéder réforme. Il y a quelques mois, personne ne pensait qu'il serait possible de réformer mais aujourd'hui l'élan est acquis, des changements vont se produire. Mme Ize-Charrin a assuré que le Haut Commissariat tiendrait dûment compte des vues exprimées par les experts dans l'élaboration de son document conceptuel.
    © ONU

    UN DISPOSITIF PILOTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS EN DISCOTHÈQUE (France)
    27/07/2005 - Quelques jours après que SOS Racisme ait organisé sa cinquième "Nuit du testing", qui montrait une hausse de neuf points par rapport à 2004 de la discrimination à l'entrée des discotheques (plus de 40%), le ministre de la Promotion de l'égalité des chances, a annoncé la mise en place, dans la région parisiennes, d'un dispositif pilote de lutte contre les discriminations à l'entrée de ces établissements.

    Ayant apparemment autant d'a priori que les physionomistes de ces boîtes de nuit et croyant que tous les personnes de couleurs, provennant forcement de cité, ne savent pas se controler, il a expliqué, dans dans un entretien publié par Le Parisien, que si "vous êtes un garçon de 20 ans, vous avez le teint ensoleillé et un incident éclate à l'entrée d'une discothèque. Plutôt que de laisser s'amorcer une escalade de violence et avant de retourner, nourri de haine, dans votre quartier, je vous offre la chance de faire appel à la France en composant le 17". Un "équipage de policiers de voie publique soit se déplace immédiatement, soit contacte sur le champ par téléphone le responsable de l'établissement", précise un communiqué du ministère.

    "Si on constate que des incidents se répètent à l'entrée d'un même établissement", un protocole de prévention et de surveillance des discriminations sera appliqué contre la boîte de nuit. La liste des incidents sera alors transmise au parquet qui décidera le cas échéant de donner suite indépendamment du pouvoir de fermeture administrative que le préfet pourra aussi utiliser, explique le ministre.
    © TOU-O.COM

    VILLIERS FAIT DE SARKOZY SA NOUVELLE CIBLE FAVORITE (France)
    Le président du Mouvement pour la France veut faire de la présidentielle de 2007 le «second tour du référendum»
    Sophie Huet


    01/08/2005 - Bien décidé à faire fructifier le capital engrangé par les partisans du non le 29 mai, Philippe de Villiers met le cap sur 2007. «Il faudra bien que le non s'exprime à l'élection présidentielle, et je ne suis pas le plus mal placé», confie au Figaro le président du Mouvement pour la France (MPF), qui se situe clairement «dans l'opposition au gouvernement du oui». Pour Villiers, «la présidentielle sera le second tour du référendum, et les Français voteront pour la rupture». Une «rupture» incarnée, selon lui, par le candidat qui mènera conjointement deux campagnes : «contre l'immigration, l'islam et le terrorisme» et «pour une Europe de la souveraineté et de la défense des identités nationales».

    Dès la rentrée, Villiers va développer ces deux thèmes. Il prend déjà pour cible le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, favorable, selon lui, à «trois formes de communautarisme : le communautarisme d'Etat, avec le Conseil français du culte musulman (CFCM) qui est une puissance publique parallèle, financée par l'étranger, avec une vocation politico-religieuse ; le communautarisme des quartiers, puisque Nicolas Sarkozy propose de faire financer les mosquées par les contribuables ; et enfin le communautarisme des diplômes avec la fameuse discrimination positive». Philippe de Villiers s'insurge contre cette notion, qui voudrait qu'«un jeune originaire de La Courneuve puisse entrer à Sciences Po sans diplôme, contrairement à un jeune issu du VIIe arrondissement de Paris». Pour le président du MPF, la discrimination positive revient à mettre en place «la préférence étrangère, c'est-à-dire une société qui n'est plus fondée sur le mérite mais sur la distinction ethnique et reli-gieuse».

    Villiers avait provoqué de vives réactions d'associations comme le Mrap en déclarant, à la mi-juillet, sur TF 1, que l'islamisme radical avait déclaré «la troisième guerre mondiale» avec les attentats de Londres. Et il est bien décidé à continuer à s'exprimer crûment. D'autant que le MPF continue à s'étoffer. Guillaume Peltier, le secrétaire général du MPF, affirme que le mouvement souverainiste a «atteint l'objectif des 15 000 adhérents», dont 6 000 nouveaux venus. «50% n'ont jamais eu d'engagement politique.

    Et parmi les autres 50%, ils viennent pour plus de la moitié de l'UMP, 25% du Front national, et 20% de la gauche», précise le numéro deux du mouvement souverainiste. Guillau-me Peltier en est persuadé, «Villiers est en train de changer de sociologie électorale, ce qui le met en position extrêmement intéressante pour la présidentielle de 2007». Quand le président du MPF ironise sur le «Karsher verbal» du ministre de l'Intérieur, il escompte engranger les voix des «petites gens». Quand il évoque «les caïds du punching-ball (Villepin et Sarkozy) et leurs entraî-neurs» (Debré et Devedjian), il s'empresse d'ajouter : «Et pendant ce temps-là, la France coule». Un Philippe de Villiers qui voit de plus en plus grand, qui assure qu'«il n'y a plus de majorité» et que les numéros un et deux du gouvernement «vont s'étriper».

    Depuis un mois, Guillaume Peltier met le MPF «en ordre de bataille» pour présenter des candidats «à toutes les échéances, de 2007 à 2010». Lors de l'université d'été du mouvement, qui aura lieu du 9 au 11 septembre près de Grasse, l'objectif est de doubler le nombre d'inscrits par rapport à 2004, soit 600 personnes, qui formeront «le noyau dur» du MPF. Des ateliers thématiques se dérouleront sur des thèmes ciblés (immigration, islam, lutte contre les délocalisations...). Dès septembre, le numéro deux du MPF passera deux jours par semaine à visiter les 95 fédérations du parti et rencontrer les nouveaux adhérents. Trois délégations nationales vont également être créées : l'une pour mettre au point un programme du MPF pour chacune des échéances de 2007 à 2010 ; une délégation à la société civile pour confronter les théories du MPF avec les réalités du terrain ; une délégation nationale aux élus locaux, enfin, pour aider les cadres à préparer les projets locaux «100% terrain et vie quotidienne».

    En octobre, un mouvement des jeunes pour la France verra le jour, avec pour mission d'organiser un café politique par mois dans chaque région. A l'été 2006, enfin, se tiendra la première université d'été des cadres, sur une semaine complète de travail, avec des sessions de formation (doctrinale, argumentaire, à la prise de parole...). «Nous devons retrouver la foule du métro à 6 heures du soir, comme pendant les meetings de la campagne référendaire», résume Guillaume Peltier, qui n'a pas l'air inquiet de l'ampleur de la tâche.
    © Le Figaro

    COURTISÉES, MAIS PAS SOUMISES (France)
    Leur accès aux ministères n'est pas facile. Une exception: Ni putes ni soumises
    par Julie Albet


    01/08/2005 - Invitation au Parlement européen, rencontre avec le délégué du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, sollicitations dans les pays arabes, avec deux comités en cours de création au Maroc et en Egypte, l'association Ni putes ni soumises (NPNS) a le vent en poupe, à l'image de sa présidente, Fadela Amara, qui vient d'être nommée membre de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité. Alors que le dernier rendez-vous de l'association Droit au logement remonte à novembre 2003, Fadela a été à trois reprises, depuis janvier 2005, personnellement reçue par le ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo.

    Après les promesses, peu d'actes
    Après le remaniement ministériel de juin, il a fallu prendre contact avec les nouveaux, «pour se rappeler au bon souvenir», comme dit Dominique Sopo, président de SOS-Racisme. Fadela, elle, est contactée et reçue par la ministre déléguée à la Cohésion sociale, Catherine Vautrin, quand beaucoup ne rencontrent que les directeurs de cabinet ou les conseillers techniques. NPNS défend des valeurs républicaines qui ne peuvent que plaire aux politiques et, à la différence des «contacts institutionnels» évoqués par le nouveau président de la Ligue des droits de l'homme, Jean-Pierre Dubois, Fadela Amara a su nouer en deux ans des relations personnelles avec les ministres. Personnelles ou privilégiées? «Tant de sollicitations pose problème. L'association pourrait être considérée comme proche du gouvernement», persifle Jean-Pierre Dubois. «Nous voulons devenir un mouvement d'opinion indépendant et ne pas nous laisser vassaliser, déclare, rassurant, Mohamed Abdi, secrétaire général de NPNS. Si nous sommes récupérés, c'est dans le bon sens du terme. L'important est que l'on reprenne nos idées, à gauche ou à droite.»

    Là est le problème: sollicités oui, mais pas forcément aimés. Sous ses airs de favorite, NPNS se trouve dans la même logique d'affrontement que toutes les associations. «On a des contacts très chaleureux, mais peu de concrétisations», rappelle son secrétaire général. Ainsi, l'association s'était fixé pour objectif 50 hébergements à fournir d'urgence, et il n'en existe qu'une quinzaine. «Le dossier n'est toujours pas débloqué, malgré les promesses de l'équipe Borloo», regrette Mohamed Abdi. Un responsable d'association ironise sur «le ministère des promesses non tenues». Idem pour le projet de Maison de la mixité, qui peine à trouver des financements publics. Seul Jean-Pierre Raffarin a accordé un soutien financier de 40 000 euros. D'autres éprouvent les mêmes difficultés. «De l'écoute, oui, mais on attend de voir s'il y aura une concrétisation financière», confie Stéphane Cazade, directeur d'Unis-Cité. NPNS, confrontée aux «galères» propres au milieu associatif, veut néanmoins profiter de sa popularité. «Demain, on va peut-être partager le sort de tout le monde...», s'inquiète Mohamed Abdi.
    © L'Express

    MENACES DE MORT À L'ENCONTRE DE FREDDY WILLOCKX (Belgique)
    28/07/2005 - Le bourgmestre de Saint-Nicolas, Freddy Willockx, a fait l'objet de menaces de mort. Après avoir reçu deux lettre anonymes en ce sens, il a encore reçu jeudi une lettre contenant une poudre blanche. Après analyse par la Protection civile, il est apparu qu'il ne s'agissait que de sucre impalpable.

    Cela n'a pas empêché la police et le Parquet de Termonde de prendre les menaces au sérieux. La première lettre date d'il y a quatre semaines, une époque où, à l'occasion d'une séance du Conseil communal houleuse, M. Willockx avait accusé le Vlaams Belang d'être raciste.

    Si un aucun lien avec cet incident ne peut actuellement être établi, il n'en reste pas moins que c'est à ce jour le seul élément qui puisse alimenter l'enquête, a indiqué le Commissaire de police de la ville.

    Les deux lettres contenaient des menaces de mort et l'une d'entre elle était rédigée dans un language particulièrement vulgaire. Des courriels ont aussi été envoyée à l'ancien ministre, utilisant un discours très brutal. Les autorités communales y ont répondu mais ces messages n'ont pas été pris en compte par l'enquête.
    © La Libre Belgique

    AU MOINS 200 INCIDENTS RACISTES DEPUIS LES ATTENTATS TERRORISTES DE LONDRES (Grande-Bretagne)
    31/07/2005 - Les extrémistes de droite cherchent d'ailleurs à profiter des attaques terroristes de Londres pour attiser la haine contre les minorités ethniques vivant en Grande-Bretagne et dans les différentes mosquées de la capitale, notamment celle de Whitechapel, dans l'est de Londres. Les musulmans ont déclaré craindre une hostilité grandissante à leur égard au sein de la population britannique, alors que les attaques se sont multipliées contre leur communauté.

    Courriers électroniques d'insultes à la mosquée
    «Nous avons reçu trois alertes à la bombe en deux semaines, affirme Diloyar Khan, directeur de la mosquée d'East London, et plus d'une vingtaine de messages téléphoniques et de courriers électroniques d'insultes.» «C'est de la haine raciale», affirme Karim, 21 ans, jeune étudiant qui se rend chaque semaine à la prière du vendredi à Whitechapel. Selon la Commission islamique des droits de l'homme, «plus de 200 incidents à caractère raciste se sont produits entre le 7 et le 22 juillet».
    © Le Matin Dimanche

    ADO NOIR TUÉ À LA HACHE (Grande-Bretagne)
    31/07/2005 - Le jeune a été insulté et suivi par un groupe de trois ou quatre hommes. Son corps a été retrouvé, le crâne fendu.

    Un adolescent britannique noir est mort samedi après avoir reçu un coup de hache à la tête, au cours d'une agression à caractère raciste, selon la police.

    Anthony Walker, âgé de moins de 18 ans, attendait le bus près de chez lui à Liverpool vendredi soir en compagnie de sa petite amie et d'un cousin, quand un homme a commencé à crier des injures racistes, a raconté la police.

    Les trois jeunes n'ont pas répliqué et sont partis vers un autre arrêt de bus pour éviter tout problème. Mais un groupe de trois ou quatre hommes les a suivis à travers le parc, et la fiancée et le cousin d'Anthony Walker se sont enfuis pour tenter d'appeler des secours. A leur retour, ils ont trouvé Anthony baignant dans son sang, une hache enfoncée dans le crâne, rapportent les médias.

    Le jeune homme a été transporté à l'hôpital, où il est mort de blessures à la tête. «C'est un acte méprisable, et nous sommes déterminés à trouver les coupables», a affirmé Bernard Lawson, de la police de Liverpool, qui a souligné que plusieurs cas d'injures racistes avaient été relevés dans la zone récemment.

    «Il s'agit ici d'une attaque brutale et non provoquée sur un jeune homme noir, une agression à caractère raciste selon nous», a souligné Peter Currie, en charge de l'enquête.
    © Le Matin Dimanche

    QUAND LE NATIONALISME INVESTIT LE PETIT ÉCRAN RUSSE
    01/08/2005 - Une chaîne de télévision orthodoxe vient de voir le jour. Elle s’est donnée pour mission de « sauver l’identité nationale ».

    Des émissions d’information présentées par des historiens, des prières collectives organisées par religieux orthodoxes et les informations décryptées par un membre du mouvement nationaliste Rodina... Voilà les programmes que vont pouvoir découvrir les Russes sur la nouvelle chaîne de télévision orthodoxe ! Bénie par le Patriarcat de Moscou et baptisée « Spas », qui signifie « Le Sauveur », cette chaîne est financée par des hommes d’affaires orthodoxes. Comme son nom l’indique, elle a pour mission de « sauver » l’identité nationale russe. Autrement dit, de diffuser des programmes nationalistes qui glorifient la Russie en faisant table rase des diverses ethnies et confessions réparties sur l’ensemble du territoire.

    « Les gens sont orthodoxes à leur insu », assure Natalia Narotchnitskaïa, députée du mouvement nationaliste Rodina (La Patrie) et future présentatrice de la chaîne. Peu importe, donc, que les républiques du Tatarstan, d’Ingouchie et de Tchétchénie soient à majorité musulmane, et que des régions abritent d’importantes communautés juives et bouddhistes. Illustration de cette préférence nationale : seules les entreprises russes pourront acheter des espaces publicitaires !

    « Spas » ne risque pas d’améliorer la situation du pays qui connaît depuis quelques années une montée inquiétante de l’antisémitisme et de la xénophobie. Un racisme alimenté notamment par les conflits en Tchétchénie et dans le Caucase du Nord. Début juillet, une bombe a ainsi explosé sous un train dans la république du Daghestan, en proie à une violence croissante, faisant un mort et quatre blessés.

    Mais lutter contre l’intolérance envers les étrangers n’est pas la priorité de l’Etat qui, à l’instar de l’Eglise orthodoxe, est fortement tenté par l’idée nationaliste. Le ministère de la Défense russe a d’ailleurs lancé une chaîne, appelée « Zvezda », afin de développer le patriotisme et le prestige de l’armée. Le danger est donc de voir le sentiment nationaliste combler le vide laissé par la chute du communisme.
    © Marianne

    UNE POUSSÉE DE FIÈVRE RACISTE CONTRE LES NOIRS (Suisse)
    30/07/2005 - Propos blessants, bavures policières, amalgames entre Noirs et «dealers». La communauté africaine de Suisse tire la sonnette d’alarme.

    Les organisations de lutte contre le racisme réclament davantage de prévention pour tenter de limiter les dérapages.

    «Aujourd’hui, lorsque je me balade dans la rue, j’ai vraiment le sentiment d’être une sorte de suspect», confie Noël Tshibangu, membre du Carrefour de réflexion et d’action contre le racisme anti-Noir (CRAN).

    Le sentiment de malaise est tel que «la communauté noire évite de s’exposer au regard des autres». Et Noël Tshibangu n’est pas le seul à se plaindre.

    En Suisse, toujours plus nombreux sont les Noirs qui dénoncent le climat de suspicion voire d’hostilité dont ils sont les victimes. Sans même parler des agressions.

    «Les médias sont en partie responsable de cette situation, accuse Noël Tshibangu. Ils nous présentent souvent comme un groupe homogène qui passe son temps à trafiquer de la drogue. Même si, en réalité, seule une petite minorité d’Africains est impliquée.»

    Noir = dealer
    Depuis que des Noirs ont été épinglés dans le cadre de trafics de stupéfiants, leur communauté est confrontée à une équation très simpliste: Noirs = dealers.

    Certes, les Noirs de Suisse ne nient pas l’existence de délinquants parmi eux. Mais ils refusent catégoriquement de faire les frais de cet amalgame.

    «Le problème, dénonce Irenen Godwin Nosa, c’est que l’on ne souligne jamais les aspects positifs des gens de couleur.»

    Et ce membre de l’Institut panafricano de Lugano d’ironiser: «C’est un peu comme si l’on ne mentionnait que l’existence de la mafia lorsque l’on parle de l’Italie».

    Les indices ne trompent pas
    Le malaise est donc tangible. Pour autant, faut-il vraiment y voir les signes d’une bouffée de racisme anti-Noir?

    Ou bien ne s’agit-il que l’expression de la sensibilité exacerbée d’une communauté noire qui doit supporter le poids de l’histoire colonialiste et sa cohorte de préjugés?

    Un chose est certaine, du moins pour la vice-présidente de la Commission fédérale contre le racisme (CFR): «les indices se multiplient et ne trompent pas».

    «On peut dire, affirme Boël Sambuc, qu’il existe aujourd’hui une montée du racisme anti-Noir en Suisse. Elle est particulièrement perceptible dans la partie alémanique du pays où les groupes de skinheads tiennent des discours toujours plus virulents.»

    Cela dit, pour Boël Sambuc, «le climat se dégrade également en Suisse romande, à cause des affaires liées au trafic de drogues».

    Des différences régionales
    Et ses dires, la Commission fédérale contre le racisme les appuie sur des faits.

    «Nous avons enregistré une augmentation des articles à caractère raciste dans des publications alémaniques, raconte Doris Angst Yilmaz. On les trouve essentiellement dans les petits journaux régionaux proches de la droite dure.»

    Et la responsable du secrétariat de la CFR d’ajouter: «Le climat politique actuel est propice à ce genre de dérapage et la votation sur l’initiative de l’Union démocratique du centre contre les abus en matière d’asile ne fait qu’envenimer les choses».

    Côté romand, le problème se pose différemment. Là, ce sont surtout les membres de la communauté noire qui montent au créneau.

    «Nous recevons toujours plus de plaintes émanant de noirs qui ont été soumis à des contrôles policiers inappropriés sinon excessifs», explique Doris Angst Yilmaz.

    Le délit de sale gueule
    Selon la responsable du secrétariat de la Commission fédérale contre le racisme, il n’est pas rare que des personnes de couleur soient arrêtées à plusieurs reprises par le même policer et dans leur propre quartier de résidence.

    Autrement dit, le ‘délit de sale gueule’ est une réalité. «Nous ne nions pas légitimité de la lutte contre la délinquance, concède Doris Angst Yilmaz. Mais la couleur de la peau ne doit pas être la seule référence pour appréhender et contrôler des personnes qui n’ont rien à voir avec les milieux de la drogue.»

    D’ailleurs, la CFR est intervenue récemment auprès des autorités cantonales pour les mettre en garde. «Aujourd’hui, martèle Boël Sambuc, il faut combattre sans relâche les amalgames pour éviter une aggravation de la situation.

    «Parallèlement aux mesures de répression mises en place dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue, pousuit Boël Sambuc, les cantons se doivent de développer des actions de prévention».

    Et de conclure: «Il est urgent d’agir, de sensibiliser les forces de l’ordre mais également la population pour tenter d’éviter les dérapages».
    © Télévision Suisse Romande

    SUISSE - TURQUIE: LE 'GÉNOCIDE' ARMÉNIEN CRÉE LA TENSION
    01/08/2005 - L'enquête ouverte en Suisse contre le chef turc du parti des travailleurs continue de faire des vagues.

    Dans une interview accordée à la presse dominicale alémanique, il confirme ses propos négationnistes envers le génocide arménien et qualifie la loi suisse sur le racisme de "loi médiévale de l'Inquisition".

    La loi suisse contre le racisme est comparable à une «loi médiévale de l'Inquisition». Elle doit être supprimée, clame Dogu Perinçek dans une interview accordée au SonntagsBlick. Dogu Perinçek est le leader du Parti des travailleurs turcs, minuscule formation d’extrême-gauche nationaliste, qui n'a aucun député à la Grande Assemblée Nationale de Turquie. Ce qui n’empêche pas son chef de juger que la loi suisse contre le racisme «va à l'encontre des droits fondamentaux et de la liberté d'expression». Selon lui, elle fait perdre à la Suisse l'amitié de la Turquie et le respect du monde.

    «Il n'y a pas eu de génocide» arménien, répète par ailleurs le politicien dans son interview. Dimanche dernier dans la capitale vaudoise, il avait déjà parlé de «soi-disant génocide arménien» lors de l'anniversaire du Traité de Lausanne, à l'origine de la création de la Turquie moderne en 1923.

    Tension entre la Suisse et la Turquie
    Le Département fédéral des affaires étrangères a rappelé jeudi dans un communiqué que le Conseil fédéral avait toujours déploré et condamné les "tragiques déportations et les massacres" qui ont eut lieu en Arménie à la fin de l'Empire Ottoman, un communiqué dont le libellé évite consciencieusement de parler de "génocide".

    S'exprimant à son tour dans la presse dominicale alémanique, la NZZ am Sonntag, le représentant turc en Suisse Alev Kilic met en garde les autorités helvétiques contre une limitation de la liberté d'opinion parlant même de signal grave à l'attention des Turcs qui vivent ou viennent en Suisse. L'ambassadeur turc n'exclut pas que cela entraîne des conséquences diplomatiques alors que le conseiller fédéral Joseph Deiss projette de se rendre tout prochainement en Turquie.

    A relever encore qu'Ankara a décidé de créer une commission mixte d'historiens turcs et arméniens, qui sera chargée d'étudier la question des massacres... une proposition d'ailleurs saluée par le Conseil fédéral.
    © Radio Suisse Romande

    QUAND GRAND-MAMAN SORT DU PLACARD... (Canada)
    Judith Lachapelle

    30/07/2005 - Bill Ryan, professeur de sociologie à l'université McGill, mène la première étude canadienne sur les aînés gais et lesbiennes. Des personnes âgées gaies, leur famille et des intervenants du réseau de la santé de quatre villes canadiennes - Montréal, Halifax, Vancouver et Victoria - ont été interviewés. M. Ryan parle de ses observations.

    Est-ce difficile de joindre des personnes âgées gaies?

    Oui. Même le vocabulaire n'est pas le même. Ils ne sont pas habitués à dire «je suis gai», «je suis lesbienne». Il y a des gens qui nous ont appelés en nous disant «J'ai 80 ans, et je suis comme ça.» Pour eux, c'est impossible de se dire gai.

    Est-ce que la plupart ont vécu une relation de couple avec une personne du même sexe?

    Oui, mais ce sont des gens qui étaient présentés comme un coloc, ou un meilleur ami. Ils ne pouvaient pas le dire parce qu'ils pouvaient être arrêtés, emmenés dans une unité psychiatrique. Ils risquaient le mépris. Parfois même l'emprisonnement, parce que c'était illégal, jusqu'en 1969, d'avoir une relation sexuelle avec une personne du même sexe.

    Les femmes étaient moins persécutées, parce que l'homosexualité féminine dérangeait moins que l'homosexualité masculine. Mais devant la loi, les deux étaient interdites. Les hommes étaient plus souvent punis et opprimés légalement que les femmes. Une femme qui vivait avec une colocataire passait mieux qu'un homme dans la même situation.

    N'est-il jamais trop tard pour faire un coming-out?

    Non, sauf que parfois, les conséquences sont différentes. On a rencontré des gens qui avaient déjà été mariés et qui s'étaient retrouvés célibataires à la suite d'un décès ou d'une séparation. Ils s'inquiétaient beaucoup pour leurs enfants, qui n'étaient pas au courant. On a rencontré une femme à Vancouver qui a fait sa sortie à l'âge de 75 ans après le décès de son mari. Elle avait annoncé à ses enfants qu'il était possible qu'elle noue une relation avec une femme avant de mourir. Ses enfants lui ont répondu: «Si tu fais ça, oublie tes petits-enfants, tu ne les verras plus jamais.»

    Est-ce que la plupart ont vécu une vie d'hétérosexuel, en se mariant et en ayant des enfants?

    Souvent, oui. On leur disait: «Marie-toi, ça va passer.» La pression sociale et familiale, sans parler de la pression juridique, était tellement forte, que de rester célibataire était presque impensable. Probablement plus pour un homme que pour une femme. Un homme célibataire de 30-35 ans qui n'était pas prêtre était plus rapidement l'objet de soupçons qu'une femme.

    Sont-ils victimes de discrimination dans les résidences?

    Oui, beaucoup. Elle se manifeste d'abord par le silence, qui rend leur vie, leur couple et leurs amis invisibles. Nous avons rencontré un homme qui a dû placer son conjoint âgé dans un centre d'accueil. Par crainte de discrimination, il n'a pas mentionné qu'ils formaient un couple. Quand il le visitait, il allait à la chambre, verrouillait la porte, et les deux s'enlaçaient derrière la porte fermée. Après, il rouvrait la porte et redevenait un ami en visite. Il avait peur qu'en son absence, son conjoint subisse de la discrimination.

    Il y a aussi des gens, employés ou bénévoles, qui arrivent dans la chambre avec des bibles et des chapelets pour leur dire qu'ils prieront pour qu'ils se convertissent avant de mourir. Le réseau des aînés est très influencé par l'héritage catholique. On a même demandé aux fédérations d'aînés de tout le Canada de participer au projet. On n'a trouvé aucun intérêt. On nous a dit: «Ça n'existe pas, on ne veut pas en parler.»

    Avez-vous noté des différences entre les quatre villes?

    C'est beaucoup plus avancé sur la côte Ouest, pour plusieurs raisons. Ça fait plusieurs années qu'ils ont un gouvernement néo-démocrate. Le réseau de la santé et des services sociaux est beaucoup moins influencé par l'Église catholique qu'ici. Il y a une reconnaissance formelle que les aînés gais et lesbiennes existent. Ils ont des groupes de bénévoles pour répondre aux besoins.

    Ici, d'après ce que je vois, l'influence de l'Église est encore assez importante dans les réseaux des aînés de façon informelle. Les crucifix, les statues, la chapelle, tout ça est omniprésent. Même si c'est inconscient, il y a un message véhiculé selon lequel il ne faut pas en parler.

    Les aînés gais et lesbiennes sont-ils en faveur de l'ouverture de résidences particulières?

    C'est divisé entre ceux qui croient qu'il faut avoir des résidences particulières, et d'autres qui disent: «J'ai payé mes taxes toute ma vie, j'ai droit à un service adapté et respectueux dans tous les centres d'accueil.» Toronto a un modèle assez innovateur pour les aînés gais et lesbiennes: dans certains centres, ils ont des unités pour gais et lesbiennes qui veulent vivre dans une petite communauté avec des pairs et des intervenants sensibilisés à leurs besoins. C'est un modèle que j'aime beaucoup parce qu'il est à la fois particulier et intégré dans le réseau.

    Les soins de santé sont les mêmes pour tous, mais la question de respect est particulièrement importante.

    Je dirais que le point le plus sensible est la présence du conjoint de même sexe. Que cette personne-là soit respectée. Il y a une femme qui nous disait: «J'aimerais simplement savoir que, dans la salle de télévision, je pourrai tenir la main de ma conjointe.» Les aînés gais et lesbiennes ne se sont pas mariés, pas même sous l'union civile, et la personne qui les visite n'est, légalement, qu'un ami. Les personnes hébergées veulent savoir que lorsque cette personne les visite, elle sera reçue comme un conjoint de sexe opposé serait reçu, avec le même respect et les mêmes droits. Et s'il y a des décisions à prendre sur leur santé, elles souhaitent que ce soit leur conjoint qui les prenne, plutôt que leur fils qui ne leur a pas parlé depuis 30 ans.
    © Cyberpresse

    L'EX-CHEF DE L'ASSEMBLÉE DES PREMIÈRES NATIONS DAVID AHENAKEW FAIT APPEL (Canada)
    31/07/2005 - L'ancien chef de l'Assemblée des Premières Nations David Ahenakew, reconnu coupable d'avoir délibérément encouragé la haine des juifs, a fait appel de ce jugement.

    L'avocat d'Ahenakew, Doug Christie, a indiqué que les documents d'avis d'appel avaient été déposés plus tôt ce mois-ci en Cour du banc de la reine de la Saskatchewan. Il est possible que la requête ne soit pas entendue avant le printemps prochain, a-t-il précisé.

    La cour pourrait rejeter l'appel, ordonner la tenue d'un nouveau procès ou encore annuler la condamnation et acquitter Ahenakew, a affirmé M. Christie, samedi, depuis Victoria.

    L'avocat a expliqué qu'il ferait valoir que les déclarations de son client à un journaliste d'un quotidien en 2002, qualifiant le peuple juif de "maladie" et justifiant l'Holocauste, avaient été faites lors d'un entretien privé et n'auraient pas dû être perçues autrement par le juge provincial Marty Irwin.

    Le 8 juillet, l'ex-chef de l'Assemblée des Premières Nations a été reconnu coupable d'avoir fomenté volontairement la haine. L'homme de 71 ans s'est vu imposer une amende de 1000 $ en guise de punition pour son crime.

    Ahenakew avait notamment affirmé au cours d'un discours, le 13 décembre 2002, que les juifs avaient commencé la Seconde Guerre mondiale. Il avait par la suite déclaré à un journaliste du quotidien Saskatoon StarPhoenix que les juifs étaient "une maladie" et qu'Hitler avait eu raison de "brûler six millions de ces types".

    Trois jours après sa condamnation, Ahenakew a vu sa nomination dans l'Ordre du Canada être révoquée. L'homme avait été fait membre de l'ordre en 1978.
    © La Presse Canadienne

    LIBREVILLE ACCUEILLE LES ASSISES SUR LES DROITS DE L'HOMME EN AFRIQUE CENTRALE (Gabon)
    29/07/2005 - Pendant trois jours, les experts des onze Etats de la Communauté économique et des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) vont se réunir à Libreville (Gabon) pour plancher sur la problématique des droits de l’homme.

    Pierre Sob, fonctionnaire au Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCNUDH), a remercié les autorités gabonaises et les pays de la sous-région Afrique centrale pour avoir pris part à cette rencontre. Il a aussi souhaité que ces assises débouchent sur des résultats positifs, convaincants et efficaces.

    Au nom du peuple gabonais, le « chantre » des droits de l’homme de ce pays, le vice-premier ministre Paul Mba Abessolo, a salué le choix porté sur Libreville pour abriter cette réflexion. Lors de ces assises, il est question d’évaluer la mise en œuvre du programme relatif à la déclaration de Durban sur « la lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée », a t-il rappelé.

    « Ces fléaux sont la cause de nombreuses guerres civiles qui gangrènent l’Afrique », a poursuivi Paul Mba Abessolo. Il est donc impérieux que le continent mette en place « des institutions et une politique volontariste contre toutes les exclusions ». Le vice-premier ministre s’est néanmoins réjoui que « la déclaration de Durban ait pris en compte tous les aspects qui contribuent à la promotion de la culture des droits de l’individu et à son épanouissement ».

    Paul Mba Abessolo a enfin souhaité une plus grande synergie entre les Etats de la sous-région afin d’élaborer des programmes communs visant à alléger les conditions de vie des populations nécessiteuses.
    © BDP-Gabon Nouveau

    LE 'NOUVEL IRAK' FERME SES PORTES AUX JUIFS
    Paul Falzon

    29/07/2005 - De l’équipe chargée d’écrire la nouvelle constitution irakienne, on n’attendait certes pas de miracles, tant les tensions entre communautés fragilisent l’équilibre politique et sécuritaire du pays. Mais de là à ce que les « sages » irakiens jouent la carte de l’antisémitisme pour ressouder les rangs entre factions, il y a un pas important, qui vient malheureusement d’être franchi.

    D’après un des membres de la commission constituante, la majorité des délégués a décidé de rendre la nationalité irakienne aux exilés seulement s’ils ont quitté le pays après 1963. Cette date correspond officiellement au premier coup d’État commis par le parti Baas, soutien du régime de Saddam. Mais elle permet surtout d’exclure les dizaines de milliers de citoyens de confession juive qui, victimes de persécutions, ont fui le pays dans la foulée de la création d’Israël.

    On estime que la communauté juive a fondu de 134 000 en 1948 à 11 000 en 1952. Alors qu’il aurait été parfaitement possible de ne pas fixer de date limite et de rendre leur nationalité à tous les exilés, quelles que soient leur confession et la cause de leur départ, le « nouvel Irak » semble donc reprendre à son compte ce que les régimes nationalistes arabes, dont est issu Saddam Hussein, ont fait de pire : la discrimination sur critère religieux et la répression systématique des juifs dans un antisémitisme d’État. Il reste juste à espérer que le Parlement, qui aura le dernier mot sur cette constitution, supprime cette disposition.
    © L'Humanité

    'NOUS SOMMES UNE SOCIÉTÉ RACISTE' (Maroc)
    28/07/2005 - Le récent sondage de Pew révèle que 88 % des Marocains sont défavorables aux juifs. Comment s'explique ce caractère antisémite de la société marocaine ?

    Ce chiffre ne m'étonne pas du tout. Les raisons sont diverses. A leur tête vient bien entendu le conflit israélo-palestinien. Ce conflit, manipulé royalement par toutes les parties et grossi par les médias, contribue à la propagation des idées antisémites. Dans mes souvenirs, la situation désastreuse, dans les années 80, des camps de Sabra et Chatilla a écoeuré les Marocains au point de considérer tous les juifs comme des monstres.

    Une autre raison importante est la méconnaissance totale par les Marocains de leur histoire. Il est intéressant de lancer un sondage où la question serait : depuis quand les juifs sont-ils au Maroc ? Personnellement, je me prête à cet exercice au début de chaque année universitaire auprès de mes étudiants.

    La réponse qui revient le plus souvent c'est : « les juifs sont arrivés avec le colon français ». Une aberration ! La réalité est que le judaïsme était présent au Maroc avant l'islam. Les premiers juifs sont arrivés au Maroc cinq siècles avant Jésus-Christ. Mais c'est une partie de l'histoire occultée par le système éducatif. Quand je dis à mes étudiants que leurs ancêtres ont dû être juifs ou animistes, ils sont traumatisés. « Non, nous avons toujours été musulmans ! ».

    Quand je rappelle que l'islam n'a été révélé qu'il y a 14 siècles, ils accusent le coup et réfléchissent différemment. Il y a une sorte de mainmise de l'histoire arabo-musulmane sur l'histoire du Maroc. Dernière raison et non des moindres, le discours tenu dans les mosquées et les écoles coraniques. On utilise des versets du Coran qui sont arrivés dans un contexte particulier pour considérer les juifs comme des ennemis. On n'évoque pas assez les autres passages du Coran qui insistent sur le respect « d'Ahl Al Kitab ».

    Pourquoi l'histoire des juifs au Maroc est-elle ainsi occultée ?
    Les Arabes sont venus en colonisateurs. Il a fallu asseoir l'islam et la civilisation arabe et donc piétiner tout ce qui existait déjà. L'histoire berbère en a également fait les frais. Il y a eu d'autres éléments comme la colonisation. On évoque souvent le Dahir berbère, mais on oublie de parler des autres pratiques de la colonisation qui ont favorisé la séparation des deux communautés.

    Comment peut-on réduire l'antisémitisme ?
    D'abord, il est nécessaire de pouvoir parler de l'histoire du Maroc telle qu'elle est sans tenir compte des enjeux. C'est une manière de réconcilier les Marocains avec leur passé. Il faut également veiller sur l'aspect constructif des discours véhiculés dans les mosquées. Aujourd'hui, c'est un discours haineux et destructif qui y règne. Il y a aussi la résolution du conflit au Moyen-Orient de manière impartiale.

    Malheureusement, ce point en particulier n'est pas du ressort des responsables marocains. Nos intellectuels ont aussi un rôle à jouer. Aujourd'hui, il y a peu d'ouvrages qui traitent du sujet et les médias ne s'intéressent que peu à la question.

    En gros, « le Maroc, pays de tolérance » est un mythe…

    Oui et c'est regrettable. Nous ne sommes pas si tolérants que cela. Dans le langage parlé, il y a diverses manifestations de racisme. Plusieurs de nos proverbes laissent apparaître cela. On considère les chrétiens comme une race supérieure et les juifs comme une race inférieure.

    Le racisme touche aussi les personnes de couleur dont les qualificatifs dans notre langage sont très variés. Il y a du racisme vis-à-vis des personnes infirmes, à l'égard des filles-mères, etc. Force est de constater que nous sommes une société raciste. Nous sommes tout le temps en train de juger les autres. Nous sommes peut-être tolérants à notre manière. Dans ce cas, le terme « tolérance » mérite une définition plus claire.
    © Casafree

    LES ROMS DE TURQUIE: UN PEUPLE INTERDIT ET OUBLIÉ
    Traduit par Jean-Arnault Dérens

    30/07/2005 - Combien sont-ils ? 500 000 ou deux millions ? Victimes de nombreuses formes de discriminations sociales et culturelles, les Roms de Turquie sont ignorés par les statistiques officielles et n’ont droit à aucune sorte de reconnaissance. La loi prévoit toujours d’interdire l’entrée des « Tziganes nomades » sur le territoire de la République turque...

    Propos recueillis par Fabio Salomoni

    L’UYD, une organisation de la société civile turque, a organisé au printemps dernier un colloque sur la situation des Roms de Turquie. Ce colloque avait lieu à Édirne, en Trace turque. L’occasion de parler de la situation difficile de ce peuple et des discriminations dont il est victime. Le colloque portait sur la culture « roman ». Ce terme est utilisé en Thrace pour désigner les Roms, appelés ailleurs en Turquie Cingene, « Tziganes ». D’autres appelations régionales sont usitées, comme Mutrip dans les régions proches de l’Iran.

    Entretien avec Belgin Cengiz, coordinatrice générale de l’UYD, et Hacer Foggo, responsable du programme rom.

    Pourquoi un congrès sur les Roms ?

    Les Roms constituent partout un groupe social particulièrement opprimé et à l’encontre duquel se concentrent un grand nombre de discriminations, ce qui est aussi le cas en Turquie. Le but de notre association étant de soutenir les groupes sociaux en difficulté, il nous a semblé naturel de nous préoccuper des Roms. Nous avons choisi de tenir cette rencontre à Édirne, parce que c’est la ville où vit traditionnellement la plus forte communauté rom, avec aujourd’hui quelque 30 000 personnes. C’est aussi la ville où apparaissent le plus clairement les discriminations dont ils sont victimes. C’est aussi à Édirne qu’a été créée la première association de Turquie dans le nom de laquelle apparaisse le terme de Cingene, de Tzigane. Il y a, certes, déjà eu certains colloques académiques, mais notre but était de prendre une initiative là où vivent les Roms et où ils devraient pouvoir accéder à la visibilité. Pour la première fois en Turquie, nous avons réussi à organiser un colloque sur les Roms et leur culture.

    Pas de statistiques officielles
    Combien y a-t-il de Roms en Turquie ?

    Il n’existe pas de statistiques officielles. Les données officieuses évoquent 500 000 personnes. Les chercheurs estiment néanmoins que le nombre total de Roms en Turquie pourrait être de deux millions.

    Dans quelles régions du pays vivent-ils ?

    Ils sont présents sur pratiquement tout le territoire national, dans le sud-est de l’Anatolie par exemple, à Mardin Ufa ou Diyarbakir. La région se trouve sur un itinéraire traditionnel de migration des Roms, qui sont également présents en Syrie et en Iran. Il y a aussi depuis toujours une importante communauté à Istanbul. Il y a aussi des villages roms dans les régions méditerranéennes, à Antalya et Adana, ainsi que dans la région de la Mer Noire. Un autre groupe est installé à Hacibektash, en Anatolie centrale [1] Édirne et toute la province de Thrace représentent néanmoins la zone où ils sont le plus nombreux. Une partie des Roms sont arrivés des pays voisins lors de la désintégration de l’Empire ottoman. Cependant, malgré leur présence sur tout le territoire national, ou peut-être à cause de cela, les Roms de Turquie ont souvent choisi de cacher leur identité. Par exemple, à Mardin, ils préfèrent se dire Kurdes ou Arabes, à Afyon, ils se disent Kurdes. Ce n’est qu’en parlant avec eux que l’on découvre leur origine.

    Discriminations sociales, professionnelles et éducatives
    Quelle est leur situation professionnelle et sociale ?

    En général, ils s’adonnent à des activités traditionnelles : ils sont musiciens, surtout pour les mariages, ils fabriquent des objets en osier, ils travaillent au nettoyage des villes. Il s’agit d’activités précaires, de moins en moins pratiquées, et qui ne garantissent aucune forme de protection sociale. La plupart des Roms ne sont pas inscrits à aucune des trois grandes mutuelles qui existent dans le pays. Ils détiennent en général la Carte verte, qui garantit une assistance médicale gratuite aux personnes qui n’ont pas d’emploi fixe. De manière générale, il apparaît que les Roms sont un des groupes socialement les plus défavorisés de Turquie, et parmi lesquels le chômage est massif. Dans leur cas, marginalisation économique et origine ethnique semblent coïncider.

    Quels sont les problèmes spécifiques dans le domaine de l’éducation ?

    En général, les familles roms expriment le désir de pouvoir offrir une bonne éducation à leurs enfants. Dans la réalité, les discriminations constituent des obstacles importants, et souvent les enfants roms, surtout les filles, abandonnent l’école au bout de seulement deux ans. De ce point de vue, Édirne représente un cas exemplaire : il existe deux écoles élémentaires connus comme des « écoles de Tziganes ». Quand une famille rom veut inscrire ses enfants dans une autre école, on la renvoie toujours sur ces deux écoles. Il s’agit donc d’une forme de ghettoïsation. En outre, sur une population de 30 000 Roms, on compte seulement huit inscrits à l’Université, un chiffre bien éloquent.

    La situation des Roms se caractérise par différentes formes de discriminations dans beaucoup de pays. Quelle est la situation en Turquie ?

    Comme dans beaucoup d’autres pays, les Roms sont victimes en Turquie de différentes formes de discrimination. Sur le plan législatif, la loi 2501 de 1934 [2] classe les « Tziganes nomades » parmi les catégories de personnes qui ne peuvent pas pénétrer dans le pays. En vertu de cette loi toujours en vigueur, un groupe de Roms bulgares, invités à un festival de musique en Turquie, a par exemple été récemment refoulé à la frontière. En 1993, un député d’Édirne avait proposé des amendements pour modifier cette loi, qui est en contradiction avec l’article 10 de la Constitution, qui garantit à tous l’égalité devant la loi, sans distinction de race, de langu, de religion ou de sexe. Cette loi fait des Roms des citoyens de seconde classe. Cependant, la proposition d’amendement a été repoussée par le Parlement.

    Sur le plan linguistique, il y a beaucoup de traces des discriminations à l’encontre des Roms, également dans les documents et les publications officiels. En 2003, à l’initiative de l’écrivain rom Mustafa Aksu, la définition du terme « cingene », qui contenait des expressions péjoratoves, a été modifiée dans le Dictionnaire turc édité par le ministère de l’Éducation nationale. Une semblable modification a été faite la même année dans l’Encyclopédie turque, qui associait au mot « cingene » des expressions du type : « sans religion, vol et prostitution ». Dans l’usage populaire, de nombreuses expressions expriment cette méfiance et ces préjudices à l’encontre des Roms.

    Il existe aussi des discriminations sur le plan politique. Mustafa Aksu nous a raconté comment, il y a quelque temps, des Roms demandèrent à pouvoir s’inscrire dans divers partis politiques. D’abord accueillis avec empressement, ils ont été refusés dès qu’ils ont révélé qu’ils étaient roms. Un autre exemple de discrimination peut être trouvé à Édirne, où la municipalité développe un programme de logements pour les Roms, mais à deux kilomètres de la ville, car personne ne veut les avoir pour voisins. De façon générale, les quartiers où vivent les Roms sont dans une situation précaire, aussi bien du point de vue de l’habitat que des infrastructures.

    Turquie : une société civile de plus en plus dynamique

    L’organisation Ulasilabilir Yasam Dernegi/Accessible Life Association (www.uyd.org.tr) représente un exemple éloquent du dynamisme qui caractérise la société civile turque actuelle. Créée au lendemain du tremblement de terre de 1999, par un groupe de volontaires qui avaient apporté un soutien socio-psychologique aux victimes dans la région de Duzce, elle est aujourd’hui engagée dans quatre secteurs fondamentaux, avec le partenariat et le soutien d’associations et d’institutions internationales : handicap mental et physique, avec un centre d’accueil à Duzce, un centre de réhabilitation et de formation professionnel à Istanbul et un projet de réalisation de logements pour les personnes avec handicap et leurs familles ; des projets de développement local dans les régions rurales avec un accent sur le développement de l’agriculture biologique ; des programmes de lutte contre la nouvelle pauvreté urbaine ; la défense et la promotion des minorités culturelles, en particulier les Roms et les chrétiens syriaques.

    [1] La ville natale du fondateur homonyme de l’ordre des Bektashi. La dévotion des Roms pour le saint soufi s’illustre par leur présence massive lors de la fête annuelle qui se déroule dans la ville.

    [2] Cette loi, Iskan kanunu, a été prise pour régler l’afflux de réfugiés sur le territoire de la République turque.
    © Le Courrier des Balkans

    LE COMITÉ POUR L'ÉLIMINATION DE LA DISCRIMINATION RACIALE TIENT SA DEUXIÈME SESSION DE 2005 À GENÈVE (ONU)
    Il doit examiner la situation dans les pays suivants: Venezuela, Géorgie, Zambie, Barbade, Tanzanie, Islande, Turkménistan, Nigéria, Malawi, Seychelles, Sainte-Lucie et Mozambique

    28/07/2005 - (Service d’information des Nations Unies) -- Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale tiendra sa soixante-septième session au Palais des Nations, à Genève, du 2 au 19 août 2005. Il examinera les rapports présentés par le Venezuela, la Géorgie, la Zambie, la Barbade, la Tanzanie, l'Islande le Turkménistan et le Nigéria. Au titre de la «procédure de bilan», applicable aux États parties dont les rapports sont très en retard, le Comité a en outre prévu d'examiner la mise en œuvre de la Convention au Malawi, aux Seychelles, à Sainte-Lucie et au Mozambique.

    Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale est le premier organe créé par les Nations Unies afin de surveiller l'application d'un instrument international dans le domaine des droits de l'homme. Composé de dix-huit experts élus par les États parties à la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, il tient deux sessions par année pour examiner en particulier les rapports périodiques que les 170 États parties à la Convention doivent lui soumettre tous les deux ans sur les mesures qu'ils ont prises pour donner effet aux dispositions de cet instrument. Les rapports sont présentés par des représentants des gouvernements concernés, qui répondent aux questions que leur posent les membres du Comité s'agissant de l'application de la Convention dans leur pays. Le Comité adopte ensuite des observations finales sur chacun des rapports présentés.

    Au cours de la présente session, le Comité poursuivra l'examen de la question de la prévention de la discrimination raciale. À ce titre, il peut notamment décider de prendre des mesures d'alerte rapide afin d'empêcher que des problèmes existants ne dégénèrent en conflits ou engager une procédure d'action urgente face à des problèmes qui exigent une attention immédiate, et cela afin de prévenir des violations graves de la Convention ou d'en limiter l'ampleur et le nombre. Le Comité peut aussi prendre des mesures nouvelles ou complémentaires à l'égard d'États parties dont le cas a été déjà examiné au titre de ce point. S'il le juge opportun, le Comité peut programmer à très brève échéance l'examen de la situation dans un État partie.

    Conformément à l'article 14 de la Convention, le Comité examinera, lors de séances à huis clos, des communications émanant de personnes ou de groupes de personnes qui se plaignent d'être victimes de la violation de l'une quelconque des dispositions de la Convention. Seules sont recevables les plaintes contre l'un des 46 États ayant reconnu explicitement la compétence du Comité à recevoir de telles communications.

    Au titre des questions d'organisation et questions diverses, le Comité discutera du suivi de la déclaration adoptée à l'issue du débat thématique sur la prévention du génocide qu'il a tenu à sa précédente session et poursuivra son débat sur le multiculturalisme. En outre, le Comité poursuivra l'examen de ses méthodes de travail et discutera de l'avant-projet de recommandation générale XXXI sur la prévention de la discrimination raciale dans l'administration et le fonctionnement de la justice.

    À la séance d'ouverture de la session, le mardi 2 août à 10 heures, le Comité doit adopter son ordre du jour.

    Observations finales adoptées précédemment sur les pays à l'examen

    Les dixième, onzième, douzième et treizième rapports périodiques du Venezuela ont été présentés les 13 et 15 août 1996 et les observations finales du Comité figurent dans le document CRC/C/304/Add.17. Les conclusions concernant le rapport initial de la Géorgie figurent dans le document CERD/C/304/Add.120. Les conclusions du Comité concernant les septième, huitième et neuvième rapports de la Zambie figurent dans le document A/48/18 (paragraphes 250-256). La Barbade, qui n'a pas présenté de rapport depuis 1985, a fait l'objet d'une procédure de bilan le 10 mars 1994, les conclusions du Comité figurent dans le document A/49/18 (paragraphes 284-291). La situation au Malawi a été examinée en août 2003 en l'absence de rapport, les observations finales du Comité figurent dans le document CERD/C/63/CO/12. Les observations finales du Comité sur les huitième et neuvième rapports de la Tanzanie figurent dans le document A/50/18 (paragraphes 579-586). Les observations finales sur les cinquième et sixième rapports périodiques de l'Islande, examinés le 7 mars 2001, figurent dans le document CERD/C/304/Add.111. Bien que les Seychelles n'aient fourni aucun rapport depuis le 21 mars 1997, le Comité a examiné la situation dans ce pays en mars 1997 et ses recommandations finales figurent dans le document A/52/18 (paragraphes 374-376). La situation au Turkménistan a été examinée par le Comité le 12 mars 2002 et ses observations finales figurent dans le document CERD/C/60/CO/15. Les observations finales du Comité concernant le treizième rapport périodique du Nigeria figurent dans le document A/50/18 (paragraphes 598-636). La situation à Sainte Lucie a fait l'objet d'un examen par le Comité, en l'absence de rapport, en mars 1998 et les observations finales du Comité figurent dans le document A/53/18 (paragraphes158-160). Enfin, les observations finales concernant le Mozambique, qui n'a pas soumis de rapport depuis le 13 août 1999, figurent dans le document A/54/18 (paragraphe 436-438).

    Principales dispositions de la Convention

    Adoptée en 1965 par l'Assemblée générale, la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale est entrée en vigueur le 4 janvier 1969. La Convention définit l'expression de discrimination raciale comme toute distinction, exclusion, restriction ou préférence fondée sur la race, la couleur, l'ascendance ou l'origine nationale ou ethnique, qui a pour but ou pour effet de détruire ou de compromettre la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice, dans des conditions d'égalité, des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social et culturel ou dans tout autre domaine de la vie publique.

    En adhérant à la Convention, les États parties condamnent la discrimination raciale et s'engagent à poursuivre une politique tendant à éliminer toute forme de discrimination raciale et à favoriser l'entente entre toutes les races. À cette fin, chaque État partie s'engage à ne se livrer à aucun acte ou pratique de discrimination raciale; à ne pas encourager, défendre ou appuyer la discrimination raciale pratiquée par une personne ou une organisation quelconque; à prendre des mesures efficaces pour revoir les politiques gouvernementales nationales et locales et pour modifier, abroger ou annuler toute loi et toute disposition réglementaire ayant pour effet de créer la discrimination raciale ou de la perpétuer là où elle existe; à interdire la discrimination raciale pratiquée par des personnes, des groupes ou des organisations et y mettre fin; à favoriser les organisations et mouvements intégrationnistes multiraciaux et autres moyens propres à éliminer les barrières entre les races, et à décourager ce qui tend à renforcer la division raciale.

    Les États parties condamnent, en vertu de l'article 4, toute propagande et toute organisation qui s'inspirent d'idées ou de théories fondées sur la supériorité d'une race ou d'un groupe de personnes d'une certaine couleur ou d'une certaine origine ethnique, ou qui prétendent justifier ou encourager toute forme de haine et de discrimination raciales. Ils s'engagent à adopter immédiatement des mesures positives destinées à éliminer toute incitation à une telle discrimination, ou tout acte de discrimination.

    En vertu de l'article 9 de la Convention, les États parties s'engagent à présenter un rapport sur les mesures d'ordre législatif, judiciaire, administratif ou autre qu'ils ont arrêtées et qui donnent effet aux dispositions de la Convention. En vue de s'assurer de la mise en œuvre et du respect par les États parties de leurs obligations, la Convention crée un Comité pour l'élimination de la discrimination raciale, qui examine les rapports présentés par les États parties.

    En outre, tout État partie peut, en vertu de l'article 14, déclarer qu'il reconnaît la compétence du Comité pour recevoir et examiner des communications émanant de personnes ou de groupes de personnes qui se plaignent d'être victimes d'une violation d'une disposition de la Convention. Le Comité ne reçoit aucune communication intéressant un État partie à la Convention qui n'ait fait une telle déclaration. À ce jour, 46 États parties ont fait cette déclaration.

    États parties à la Convention

    À ce jour, les 170 États suivants sont parties à la Convention : Afghanistan, Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Allemagne, Antigua-et-Barbuda, Arabie saoudite, Argentine, Arménie, Australie, Autriche, Azerbaïdjan, Bahamas, Bahreïn, Bangladesh, Barbade, Bélarus, Belgique, Belize, Bénin, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Botswana, Brésil, Bulgarie, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Cameroun, Canada, Cap-Vert, Chili, Chine, Chypre, Colombie, Comores, Congo, Costa Rica, Côte d'Ivoire, Croatie, Cuba, Danemark, Égypte, El Salvador, Émirats arabes unis, Équateur, Érythrée, Espagne, États-Unis, Estonie, Éthiopie, ex-République yougoslave de Macédoine, Fédération de Russie, Fidji, Finlande, France, Gabon, Gambie, Géorgie, Ghana, Grèce, Guatemala, Guinée, Guinée équatoriale, Guyane, Haïti, Honduras, Hongrie, Îles Salomon, Inde, Indonésie, Iraq, Irlande, Islande, Israël, Italie, Jamahiriya arabe libyenne, Jamaïque, Japon, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Kirghizistan, Koweït, Lesotho, Lettonie, Liban, Libéria, Lituanie, Liechtenstein, Luxembourg, Madagascar, Malawi, Maldives, Mali, Malte, Maroc, Maurice, Mauritanie, Mexique, Moldova, Mongolie, Monaco, Mozambique, Namibie, Népal, Nicaragua, Niger, Nigéria, Norvège, Nouvelle-Zélande, Oman, Ouganda, Ouzbékistan, Pakistan, Panama, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Paraguay, Pays-Bas, Pérou, Philippines, Pologne, Portugal, Qatar, République arabe syrienne, République centrafricaine, République de Corée, République démocratique populaire Lao, République démocratique du Congo, République dominicaine, République islamique d'Iran, République tchèque, République-Unie de Tanzanie, Roumanie, Royaume Uni, Rwanda, Sainte-Lucie, Saint Marin, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Saint-Siège, Sénégal, Serbie-et-Monténégro, Seychelles, Sierra Leone, Slovaquie, Slovénie, Somalie, Soudan, Sri Lanka, Suède, Suisse, Suriname, Swaziland, Tadjikistan, Tchad, Thaïlande, Timor Leste, Togo, Tonga, Trinité-et-Tobago, Tunisie, Turkménistan, Turquie, Ukraine, Uruguay, Venezuela, Viet Nam, Yémen et Zambie et,Zimbabwe.

    En outre, quarante-cinq États parties ont fait la déclaration reconnaissant la compétence du Comité pour recevoir et examiner des plaintes (article 14): Afrique du Sud, Algérie, Allemagne, Australie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Brésil, Bulgarie, Chili, Costa Rica, Chypre, Danemark, ex-République yougoslave de Macédoine , Équateur, Espagne, Fédération de Russie, Finlande, France, Géorgie, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Liechtenstein, Luxembourg, Malte, Mexique, Monaco, Norvège, Pays-Bas, Pérou, Pologne, Portugal, République de Corée, République tchèque, Roumanie, Sénégal, Serbie-et-Monténégro, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Ukraine, Uruguay et Venezuela.

    Composition du Comité

    Le Comité est composé de dix-huit experts qui siègent à titre personnel pour un mandat de quatre ans renouvelable. Les membres du Comité sont: M. Mahmoud Aboul-Nasr (Égypte), M. Nourredine Amir (Algérie); M. Alexei S. Avtonomov (Fédération de Russie); M. Ralph Boyd (États-Unis); M. José Francisco Cali Tzay (Guatemala); Mme Fatimata-Binta Victoire Dah (Burkina Faso); M. Régis de Gouttes (France), M. Kurt Herndl (Autriche), Mme Patricia Nozipho January-Bardill (Afrique du Sud), M. Morten Kjaerum (Danemark), M. José Augusto Lindgren Alves (Brésil), M. Raghavan Vasudevan Pillai (Inde), M. Luis Valencia Rodríguez (Équateur), M. Agha Shashi (Pakistan), M. Linos-Alexandre Sicilianos (Grèce), M. Tang Chengyuan (Chine), M. Patrick Thornberry (Royaume-Uni) et M. Mario Jorge Yutzis (Argentine).
    © ONU

    TROIS MINEURS DÉFÉRÉS APRÈS L'ATTAQUE D'UNE ÉCOLE JUIVE (France)
    26/07/2005 - Trois mineurs interpellés après le jet de trois bouteilles d'acide chlorhydrique samedi dans une école juive ont été déférés devant la justice en vue de leur mise en examen, apprend-on de source judiciaire.

    Le parquet a requis leur placement en détention pour tentative de dégradation volontaire par substance explosive en raison de l'appartenance à une religion, une qualification criminelle pour laquelle ils encourent 20 ans de réclusion.

    Il souhaite également des poursuites contre les trois jeunes, l'un âgé de 15 ans et les deux autres de 17 ans, pour "violences volontaires aggravées avec incapacité totale de travail (ITT) inférieure ou égale à huit jours", avec la circonstance aggravante de faits commis en raison de l'appartenance à une religion".

    La veille, la procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, s'était rendu à l'école juive du XVIIIe arrondissement de Paris, cible samedi de jets de bouteilles explosives, en compagnie du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy.

    Deux des bouteilles en plastique, remplies d'acide chlorhydrique, sont tombées dans la cour de l'école, où s'amusaient des enfants qui n'ont pas été touchés.

    La troisième bouteille est tombée dans une salle où se trouvaient des parents d'élèves. Aucune victime n'est à déplorer.

    Nicolas Sarkozy a prôné "la tolérance zéro" contre le racisme et l'antisémitisme. "Je ne connais qu'une stratégie, celle de la tolérance zéro, ne rien accepter et sanctionner tout de suite", a-t-il dit.

    Trois mineurs résidant dans le quartier ont été interpellés après les faits.

    Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a dénoncé dans un communiqué cet acte "inacceptable" et a réclamé "des condamnations à la hauteur de cette agression antisémite".
    © Libération

    UN DISPOSITIF PILOTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS EN DISCOTHÈQUE (France)
    27/07/2005 - Le ministre de la Promotion de l'égalité des chances, Azouz Begag, annonce la mise en place d'un dispositif pilote de lutte contre les discriminations à l'entrée des discothèques parisiennes.

    Le système vise à régler les incidents en temps réel et comprend des sanctions pour les boîtes de nuit.

    Toute personne refoulée à l'entrée en raison de la couleur de sa peau pourra composer le 17 et un "équipage de policiers de voie publique soit se déplace immédiatement, soit contacte sur le champ par téléphone le responsable de l'établissement", précise un communiqué du ministère.

    "Vous êtes un garçon de 20 ans, vous avez le teint ensoleillé et un incident éclate à l'entrée d'une discothèque. Plutôt que de laisser s'amorcer une escalade de violence et avant de retourner, nourri de haine, dans votre quartier, je vous offre la chance de faire appel à la France en composant le 17", résume le ministre dans un entretien publié par Le Parisien.

    "Si on constate que des incidents se répètent à l'entrée d'un même établissement", un protocole de prévention et de surveillance des discriminations sera appliqué contre la boîte de nuit.

    La liste des incidents sera alors transmise au parquet qui décidera le cas échéant de donner suite indépendamment du pouvoir de fermeture administrative que le préfet pourra aussi utiliser, précise Azouz Begag.

    Un état des lieux des actions conduites cet été et des pratiques discriminatoires recensées sera transmis, souligne le communiqué. Cela permettra "d'évaluer les incidents relevant de discrimination à Paris".

    Début juillet, SOS Racisme a organisé sa cinquième "Nuit du testing" dans 80 discothèques dans vingt grandes villes de province et à Paris. Selon l'organisation, plus de 40% des établissements pratiquent la discrimination, soit une hausse de neuf points par rapport à 2004.
    © Libération

    LES 'INFOS' XÉNOPHOBES DE NOVOPRESS (France)
    Présentée comme une « agence de presse internationale », Novopress n’est en fait que l’émanation de l’extrême droite la plus radicale. Evidemment, le ton de certains « articles » s’en ressent...
    Par Ludovic Finez


    27/07/2005 - Au début, ça pourrait ressembler à une bonne surprise : « Tiens, une nouvelle agence de presse qui donne des infos sur la région ». Sur sa page d’accueil, le site Novopress se présente comme une « agence de presse internationale, iconoclaste et réactive ». Dans la colonne de droite, toute une série de sous-rubriques concernant des zones géographiques ou des pays étrangers (Amérique du Nord, Ecosse, Espagne, Italie, Québec, Roumanie et Suisse), ainsi que des régions françaises, désignées à l’occasion sous leur appellation en langue régionale : Alsace, Breizh (c’est-à-dire Bretagne), Euskadi (Pays basque), Flandre, Lyon et Paris.

    Novopress affirme défendre « une information alternative et sans tabous » pour lutter contre « le monde de la pensée et de l’information unique, un monde où Big Brother voit, entend, lit et dirige tout ». Ce n’est qu’en lisant plus attentivement certains textes mis en ligne que l’on comprend mieux ce que Novopress appelle « une information alternative et sans tabous ».

    Des articles pompés sur La Voix du Nord
    Au premier abord, la partie consacrée à la Flandre, selon les jours où on s’y connecte, peut paraître anodine. On trouve ainsi des annonces de manifestations locales (Fêtes de Gayant à Douai, programme des visites estivales de l’Office de tourisme de Lille...). Parmi les sujets plus développés, figurent aussi des articles consacrés au dossier du Grand stade de Lille ou encore à la désignation des pôles de compétitivité.

    Sans grande originalité par rapport aux commentaires faits par la presse régionale. Et pour cause... puisque nombre d’entre eux, vérification à l’appui, sont des articles intégralement pompés dans les éditions de La Voix du Nord. Evidemment, une telle pratique est déjà en soi répréhensible mais ce n’est pas le plus grave. Loin de là.

    Le plus grave, c’est le ton d’autres « articles », qui dégagent une nauséabonde odeur de xénophobie et d’incitation à la haine raciale. Ainsi, le texte mis en une le 7 juillet et titré « C’est chaud le Nord ! » Ce dernier liste une série de faits divers régionaux récents mettant en cause des personnes d’origine maghrébine (ou que le rédacteur supposent telles). Avec en prime, des commentaires qui se veulent sûrement humoristiques et qui sont rien moins que racistes.

    Correspondant anonyme
    Vient ensuite la conclusion, chef d’œuvre de réflexion intellectuelle : « A Lille, l’association cultu(r)elle de la mosquée El-Fatha, en attendant de pouvoir occuper l’ancienne salle des ventes qu’elle vient d’acheter, va pouvoir partager les salles paroissiales mises à disposition par l’association diocésaine. C’est pas beau l’œcuménisme, coco ? Vous me direz que cela n’a rien à voir avec les 4 paragraphes précédents... Ben, tiens ! » S’ensuit, s’il était besoin d’être encore plus clair, une série de considérations sur ces « faits divers » qu’il faudrait requalifier de « faits d’occupation étrangère »...

    Le 13 avril, c’est un compte-rendu d’audience au tribunal qui évoque le tabassage en règle d’une jeune fille par un jeune homme au nom à consonance maghrébine. Recopié intégralement dans La Voix du Nord, seul son titre a été changé pour une version sans équivoque : « Intégration ? Assimilation ? » Et, bien entendu, le texte en question a été archivé dans la catégorie « Religion »...

    Toujours dans cette rubrique « Religion », le 14 juin, en dessous d’une sélection de sourates du Coran, figure un montage graphique du meilleur goût. L’image rappelle la forme d’un paquet de cigarettes, dont la marque, sur fond vert, serait « Coran » et le message préventif : « Etre lapidée après la grossesse nuit à la félicité de votre enfant »...

    Inutile de préciser que Novopress (pour sa section France comme pour sa section Flandre) s’en est donné à cœur joie après les attentats de Londres pour amalgamer Islam et terrorisme, avec des titres du style : « Etre tolérant avec l’Islam... » (au-dessus d’une photo d’explosion) ou « L’Europe une nouvelle fois touchée par le terrorisme musulman ».

    A ce stade de la lecture, l’envie démange d’en savoir un peu plus sur les responsables de ce site. Une adresse e-mail (impersonnelle) mentionnée sur la page d’accueil nous a permis d’échanger quelques messages avec un correspondant anonyme, que l’on peut supposer être l’animateur de la section Flandre. Après une promesse d’entretien téléphonique, ce dernier ne donnera plus de nouvelles [1], malgré deux relances. Il nous faut donc nous contenter des quelques réponses faites par courriel.

    « Retour à nos racines et à nos traditions »
    Sans surprise, ce dernier reprend l’argumentaire général de Novopress (lire plus haut), en y ajoutant sa petite touche, car « chaque antenne Novopress a ses spécificités ». « Pour Novopress Flandre, nous voulons faire ressortir les informations régionales de premier abord sans importance mais qui reflètent bien la société dans laquelle nous vivons. Ceci est très important car la totalité de la presse régionale est aux mains des tenants d’un gauchisme attardé ou boboïsant. » Ce dernier aspect de la presse du Nord-Pas-de-Calais avait dû nous échapper...

    L’autre remarque rend beaucoup moins anodine les annonces de fêtes locales présentes sur le site. « Nous voulons également mettre en avant notre culture régionale, trop souvent combattue et mise en sourdine par les tenants de la République une et indivisible, écrit notre correspondant anonyme. C’est pourquoi nous mettons souvent en avant des activités culturelles intéressantes, prônant le retour à nos racines et à nos traditions. Nous voulons également que Novopress soit une passerelle entre la "Flandre française" et la "Flandre belge", étant convaincus que nous faisons partie du même peuple et de la même culture.»

    Ces commentaires cadrent bien avec la mythologie entretenue par l’extrême droite autour des « traditions » et du « retour aux racines », ainsi que l’idée qu’elle se fait des liens avec la Belgique flamande.

    Dans la rubrique « Politique » de Novopress Flandre, Carl Lang est le seul homme politique régional dont les communiqués sont repris (avec renvoi vers son site internet). Sur Novopress France, c’est la 22e Fête des Bleu Blanc Rouge qui fait l’objet d’une présentation louangeuse, avec tous les détails pratiques nécessaires.

    Liens étroits avec le Bloc Identitaire
    Restait à savoir qui se trouve derrière le nom de domaine Novopress. Inutile de chercher sur le site des coordonnées, à part des adresses e-mail impersonnelles. En revanche, une simple requête sur le site Gandi.net nous en apprend beaucoup plus [2]. Le nom de domaine Novopress (valide jusque décembre 2006) a été déposé par un certain Fabrice Robert. Un inconnu ? Pas vraiment...

    A 33 ans, Fabrice Robert a un CV bien rempli. Ex-conseiller municipal FN à La Courneuve, ex-membre du Conseil national du MNR (de Bruno Mégret), c’est aussi l’ancien porte-parole d’Unité radicale. C’est à cette organisation, interdite depuis, qu’appartenait Maxime Brunerie, qui avait tenté de tirer sur Jacques Chirac le 14 juillet 2002. Parmi d’autres « exploits », Fabrice Robert est aussi le fondateur du groupe de rock radical Fraction Hexagone, qui promet « une balle pour les sionistes, une balle pour le cosmopolitisme, et une balle pour la police » ou rend hommage à la croix celtique, symbole depuis longtemps récupéré par les groupuscules fascistes.

    Aujourd’hui, Fabrice Robert est président du Bloc identitaire (qui, entre autres, dit « son opposition totale au dogme du métissage ethnique »), créé en 2003, après la dissolution d’Unité Radicale. Tout soupçon d’homonymie est à écarter : l’adresse postale (à Nice) du Bloc identitaire (précisée sur son site) et celle du dépositaire de Novopress sont les mêmes.

    La filiation entre les deux structures est de toute façon évidente. Un lien sur le site de Novopress renvoie vers ID Magazine (domicilié à Nivelles, en Belgique), publication commune au Bloc Identitaire et aux Jeunesses Identitaires, présidées par un comparse de Fabrice Robert. Par ailleurs, Novopress a relayé la campagne, pour une élection partielle à Nice, d’un « candidat identitaire », « soutenu par Fabrice Robert, président du Bloc Identitaire ».

    Et voilà comment, pensant trouver le site d’une nouvelle agence de presse, on tombe en fait sur une émanation d’un groupuscule de l’extrême droite la plus radicale. Au fait, on oubliait le « meilleur » : Novopress met en exergue, en haut de chaque page, une phrase de Jacques Prévert : « Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie »...

    [1] De notre côté, nous avons joué cartes sur table, précisant notre identité et notre qualité de journaliste.
    [2] Gandi est un bureau d’enregistrement de noms de domaine internet en .COM, .NET,.ORG, .BIZ, .INFO, .NAME et .BE, opérationnel depuis mars 2000.
    © Action Critique Média

    L'INQUIÉTUDE DES MUSULMANS DE LONDRES (Grande-Bretagne)
    Le malaise est de plus en plus perceptible au sein de la communauté musulmane en Grande-Bretagne, et notamment à Londres. Déjà inquiets des répercussions des attentats terroristes perpétrés au nom de l’islam sur leur importante communauté, de nombreux musulmans sont depuis vendredi dernier en colère après la mort d’un ressortissant brésilien abattu par erreur dans le métro par la police qui croyait avoir affaire à un kamikaze...
    De notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix


    26/07/2005 - Le choc est en effet brutal. «Nous recevons de nombreux appels de musulmans qui sont affligés de ce qui pourrait être un permis de tuer», a expliqué Sir Iqbal Sacranie, secrétaire général du Conseil musulman de Grande-Bretagne, avant d’ajouter: «Il est absolument vital que le plus grand soin soit pris pour garantir que des innocents ne soient pas tués par excès de zèle». Même stupeur du côté de l'Association musulmane, dont le porte-parole Azzam Tamimi a estimé que «donner l'autorisation de tuer ainsi quelqu'un sur la base du soupçon est effrayant; le problème dans ce cas particulier est que la personne semble être de couleur, semble être de type pakistanais. Il peut être maintenant de toute religion, de toute origine ou région. Cela va susciter une grande anxiété, une grande inquiétude»...

    Azzam Tamimi va d’ailleurs plus loin et demande à la police de revoir ses procédures. «Il est important que les jeunes hommes asiatiques ne se sentent pas menacés quand ils sont dans la rue et qu’ils n’aient pas l’impression qu’il existe ici une culture de la gâchette facile», ajoute pour sa part Shami Chakrabarti, directrice de l'association Liberty, une organisation de défense des droits civils, qui demande l'ouverture d'une «enquête exhaustive», cruciale selon elle pour rassurer l’opinion publique.

    Au-delà reste aussi la crainte vécue au quotidien depuis plus de deux semaines d’un regain d’hostilité au sein de la population britannique à l’égard des musulmans, alors que les attaques se sont multipliées contre leur communauté.

    «Nous avons reçu trois alertes à la bombe en deux semaines et plus d'une vingtaine de messages téléphoniques et courriers électroniques d'insultes», déplore ainsi Diloyar Khan, directeur de la East London Mosque. La mosquée de Whitechapel est située dans l'East End, un quartier traditionnel d'immigration de la capitale, qui accueille aujourd'hui principalement des gens venus du Pakistan et du Bangladesh.

    Veillées œcuméniques
    Vendredi matin, une nouvelle alerte a eu lieu, au lendemain de la deuxième vague d'attentats à Londres, et alors que la mosquée s'apprêtait à accueillir les fidèles pour la grande prière hebdomadaire. L'immeuble a été immédiatement vidé, et après une fouille de près d'une heure, la police, qui n'a rien trouvé, a autorisé la réouverture du lieu de culte. Selon la Commission islamique des droits de l'homme, près de 200 incidents à caractère raciste se sont produits depuis le 7 juillet. «Certaines personnes veulent terroriser les Londoniens», affirme pour sa part le Dr Muhammad Abdul Bari, président de la mosquée, mais «nous ne devons pas laisser le terrorisme changer nos vies». Et de souligner que depuis le 7 juillet, date de la première vague d'attentats à Londres, les musulmans ont reçu le soutien des autres communautés du pays. De nombreuses veillées œcuméniques ont en effet été organisées depuis les attentats et les dignitaires des principales religions pratiquées en Grande Bretagne ont montré leur unité lors de nombreuses apparitions médiatisées.

    De son côté aussi le gouvernement de Tony Blair a pris soin de mobiliser les responsables musulmans pour combattre l’extrémisme et le terrorisme «bille en tête», pour reprendre l’expression du Premier ministre. Ainsi un groupe de réflexion au sein de la communauté musulmane va être créé très rapidement pour combattre le problème et notamment trouver le moyen d’engager un dialogue avec les jeunes générations qui paraissent les plus vulnérables face ce que Tony Blair a appelé «l’idéologie du mal». Un problème crucial car rien qu’à Londres près d'un million des quelque huit millions d’habitants sont musulmans, une communauté indissociable de la société et de l'histoire de la ville, et deuxième religion du pays. Des luxueux magasins Harrod’s, propriété de Mohammed al-Fayed, d'origine égyptienne, aux innombrables échoppes de kebabs des rues, Londres est marquée par cette présence, ces communautés venues principalement du Pakistan, du Bangladesh, depuis l'époque de l'Empire britannique. Et les musulmans se raccrochent à la réputation cosmopolite de Londres.

    Dans une grande mosquée en briques de l'East End, où vit une importante communauté pakistanaise et bangladeshi, l'imam, le cheikh Abdul Qayyum, a ainsi dit aux fidèles que les musulmans étaient partie intégrante de «la riche diversité de la vie britannique». «À cet instant difficile, certains dans notre communauté peuvent ne pas se sentir en sécurité parce qu'ils sont musulmans, mais ces terribles événements n'ont rien à voir avec nous. Les musulmans de Londres sont autant des victimes que leurs concitoyens».
    © Radio France Internationale

    MILLWALL ANNULE SON MATCH CONTRE L'IRAN POUR DES RAISONS DE SÉCURITÉ (Grande-Bretagne)
    27/07/2005 - Le club de Millwall et la sélection iranienne ont annulé leur match prévu samedi pour des raisons de sécurité après avoir reçu "des renseignements de plusieurs sources", ont annoncé mardi le club de 2e division et la Fédération iranienne de football dans un communiqué commun.

    "Il est regrettable d'avoir à prendre cette décision, mais sur la base de renseignements que nous avons reçus, provenant de plusieurs sources, nous sommes arrivés à la conclusion que nous avions une responsabilité commune de ne pas compromettre la sécurité des supporteurs qui auraient souhaité assisté au match", déclarent le club londonien et la Fédération iranienne.

    "Malheureusement, il est clair qu'il existe des éléments, non liés au club de Millwall, qui veulent à tout prix provoquer des problèmes samedi, avec la possibilité de mettre en danger des innocents, y compris des riverains", précise le communiqué.

    Les craintes portaient sur des groupes d'extrême droite qui auraient pu prendre les spectateurs musulmans du match pour cibles afin de "venger" les victimes des attentats de Londres le 7 juillet, qui ont fait 52 morts, outre les quatre kamikazes.

    La rencontre face à Millwall, à laquelle 10.000 supporteurs iraniens comptaient assister, était considérée comme risquée étant donné la réputation du club. Dans une décision sans précédent, la Fédération anglaise de football avait condamné l'an dernier Millwall pour le comportement raciste de certains de ses supporteurs.

    Le club londonien avait reçu une amende de 25.000 livres (36.000 euros) et aurait été obligé, en cas de récidive, de fermer son stade au public pour un match majeur à domicile.

    L'équipe iranienne, déjà qualifiée pour le Mondial-2006 en Allemagne, a joué samedi son premier match de sa tournée anglaise contre Queens Park Rangers (2e division), dans une ambiance paisible.

    Elle doit encore rencontrer Portsmouth (1re div.), le 6 août.
    © Télévision Suisse Romande

    LETTONIE: DES HOMMES POLITIQUES EN VUE AUTEURS DE REMARQUES QUI POURRAIENT ÊTRE À L'ORIGINE DE DÉBORDEMENTS VERBAUX ET D'AGRESSIONS PHYSIQUES
    26/07/2005 - Amnesty International s’inquiète vivement des déclarations faites par certains hommes politiques lettons quelques jours avant la première parade homosexuelle jamais organisée en Lettonie.

    Le 20 juillet, Eriks Skapars, secrétaire général du conseil municipal de Riga, est revenu sur l’autorisation qui avait été accordée aux gays et lesbiennes d’organiser une Gay Pride le 23 juillet. La décision d'Eriks Skapars a été annoncée peu après qu'Aigars Kalvitis, Premier ministre de Lettonie, eut déclaré lors d’un entretien télévisé, qu’il ne pouvait «accepter que se déroule une manifestation de minorités sexuelles dans le cœur même de Riga, près de la cathédrale du Dôme. Ce serait inacceptable. La Lettonie est un État qui s’inspire de valeurs chrétiennes. Nous ne pouvons promouvoir de telles choses, inacceptables pour la majorité des personnes de notre société».

    Le 19 juillet 2005, Leopolds Ozolins, vice-président du parlement letton, avait publié une lettre ouverte à propos de la marche des homosexuels, utilisant des termes particulièrement insultants à propos des gays et lesbiennes. Leopolds Ozolins aurait également fait un certain nombre de remarques très critiques à propos de «l’attitude ouverte et bienveillante» de l'Union européenne envers les homosexuels hommes ou femmes.

    Les organisateurs de la parade avaient officiellement déposé plainte devant le tribunal administratif de Riga après notification de l’interdiction. Le 22 juillet 2005, le tribunal administratif a décidé d’annuler la décision d'Eriks Skapars d’interdire la marche des gays et lesbiennes. Le 23 juillet 2005, la parade s’est déroulée comme prévue initialement.

    Selon les organisateurs et les médias ayant couvert l’évènement, environ 300 personnes ont participé à la marche des homosexuels. Dans le même temps, plus d’un millier de personnes s’étaient rassemblées pour protester contre cette parade. Certains des manifestants ont tenté de bloquer le défilé, tandis que d’autres ont employé des gaz lacrymogènes et lancé des œufs sur les participants. Les membres de forces de l’ordre ont réussi à protéger le cortège. Au total, six manifestants ont été arrêtés, deux d’entre eux portaient des insignes nazis sur leurs vêtements.

    Amnesty International s’inquiète vivement des déclarations du Premier ministre et du porte-parole adjoint du parlement et de l’impact qu’elles ont pu avoir. Amnesty International craint que ce type de commentaires de la part des autorités n’encourage un climat d’intolérance et de haine et n’incite à des débordements verbaux et des agression physiques contre des personnes homosexuelles, comme on a pu en voir lors de la Gay Pride du 23 juillet.

    À propos de l’interdiction initiale de la marche, Amnesty International rappelle au gouvernement letton les obligations internationales de la Lettonie au regard des normes et du droit international relatif aux droits humains. Amnesty International lui demande instamment de respecter les droits énoncés aux articles 2, 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, concernant respectivement le droit de vivre libre de toute discrimination, la liberté d’expression et la liberté d’association.

    Amnesty International demande instamment au Premier ministre d’exercer son rôle dirigeant et de veiller à ce que le gouvernement de Lettonie œuvre activement à la promotion de ces droits et à la construction d’une société dans laquelle ces droits s’appliqueront à tous.
    © Noticias

    RUSSIE: UNE TV ORTHODOXE POUR RECONSTITUER L'IDENTITÉ DE LA NATION
    27/07/2005 - Une chaîne de télévision orthodoxe va voir le jour en Russie avec pour ambition de »reconstituer l'identité nationale» dans ce pays pourtant multiconfessionnel et multiethnique qui connaît en outre une montée de la xénophobie.

    La télévision baptisée Spas (Le Sauveur), financée par »des hommes d'affaires orthodoxes» et bénie par le Patriarcat de Moscou, doit commencer à émettre ce jeudi et sera diffusée par satellite.

    Elle présentera dans un premier temps des émissions d'information et d'analyse intitulées »L'heure russe» et des discussions enregistrées dans un studio sur le mur duquel trônera une grande icône sur fond orange.

    »La télévision russe d'aujourd'hui ne fait que divertir ce qui est une mauvaise chose. Cela ronge l'identité nationale. Spas se fixe pour but de reconstituer l'identité russe», a expliqué le philosophe orthodoxe nationaliste Alexandre Douguine.

    »L'offre actuelle (en films, séries ou téléfilms) qui conviendrait à notre chaîne est extrêmement pauvre», a aussi expliqué le rédacteur en chef Ivan Demidov qui animait dans les années 1990 une émission musicale branchée pour les jeunes.

    La chaîne ne se passera pas de publicité mais Ivan Demidov a relevé que seront privilégiées les entreprises dont le nom contient le mot »russe» et que seront préférées les images »montrant un village russe plutôt qu'une plage».

    Une future présentatrice, historienne et député du mouvement nationaliste Rodina (la Patrie), Natalia Narotchnitskaïa, a pour sa part relevé qu'elle parlerait de l'histoire nationale dans une »émission orthodoxe laïque» avec pour objectif d'»apporter dans l'espace médiatique russe les notions du bien et du mal, du péché et de la vertu».

    »Les gens sont orthodoxes à leur insu», a assuré Mme Narotchnitskaïa oubliant que des républiques entières à majorité musulmane (Tatarstan, Bachkortostan, Tchétchénie, Ingouchie...) font aussi partie de la Russie où vivent également d'importantes communautés bouddhiste (Bouriatie) ou juive.

    Depuis la chute du communisme, l'Eglise orthodoxe connaît un développement constant encouragé par les autorités russes, comme pour remplir le vide laissé par la disparition de l'idéologie marxiste officielle.

    Vladimir Iliouchenko, spécialiste de la religion à l'Académie des sciences russe, tout en saluant la renaissance de la tradition orthodoxe, met en garde contre »le remplacement du christianisme par une idéologie nationaliste».

    »Alors que le degré de xénophobie dans la société dépasse toutes les limites il faut consolider la société sur une autre base» que la religion orthodoxe, estime-t-il.

    Selon M. Iliouchenko, le Patriarcat n'a en outre »pas les ressources nécessaires pour faire une télévision de qualité».

    Une émission religieuse animée par M. Demidov existe déjà sur la chaîne moscovite Treti Kanal . Elle »tente d'enraciner dans la société des modèles du christianisme révolus», estime-t-il, en rappelant en outre que plusieurs membres du parti Rodina dont fait partie l'une des futures présentatrices ont récemment signé un véritable pamphlet antisémite publié en Russie.

    Le politologue Nikolaï Petrov de la fondation Carnegie souligne pour sa part que les rapports sont de plus en plus étroits entre l'Eglise et l'Etat, tentés tous les deux par l'idée nationaliste.

    »Cela dit, estime-t-il, mieux vaut que toutes ces idées nationalistes soient concentrées sur une même chaîne, plutôt que disséminées sur toutes les chaînes nationales. Cela montrera le vrai visage des partis» qui les défendent.

    Spas n'est pas la seule chaîne thématique. Le ministère russe de la Défense a lancé en février une chaîne »militaro-patriotique» pour développer chez les Russes le »sentiment de fierté pour la Patrie».
    © Tageblatt

    BERNE SENSIBILISE ANKARA AU DROIT SUISSE
    La diplomatie turque proteste contre l’interrogatoire du politicien Dogu Perinçek.
    Nicolas Verdan


    26/07/2005 - «Les deux enquêtes pour violation de la norme pénale suisse contre le racisme contre Dogu Perinçek déplaisent à Ankara. Ce politicien a nié à plusieurs reprises le génocide arménien lors d'un bref passage en Suisse. Abdullah Gül, le ministre turc des Affaires étrangères, estime cette audition «contraire à la liberté d'expression.» Le Département fédéral des affaires étrangères répond en rappelant une nouvelle fois au Gouvernement turc qu'il doit «tenir compte de l'applicabilité de toutes les lois helvétiques.»

    «Nous avons pris note avec étonnement des déclarations de protestation turques concernant les enquêtes sur les propos de Dogu Perinçek», déclare Ivo Sieber, porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

    Venu commémorer en Suisse le 82e anniversaire du Traité de Lausanne de 1923, le chef du Parti des travailleurs (IP) a qualifié à plusieurs reprises, et en public, le génocide arménien de «mensonge international». Des propos négationnistes qui lui valent deux enquêtes pénales sur le dos, dans les cantons de Vaud et de Zurich.

    Entendu plus de deux heures, samedi, par le juge d'instruction de Winterthour, le politicien turc n'a pas répondu à la convocation du juge vaudois. Pour Ankara, ces demandes d'auditions sont «inacceptables» et «contraires aux principes de la liberté d'opinion.»

    A Berne, le DFAE a commencé par rappeler dimanche le principe de séparation des pouvoirs en vigueur en Suisse. Mais hier, la diplomatie suisse a demandé «aux représentants du Gouvernement turc de tenir compte de l'applicabilité de toutes les lois suisses dans cette affaire.» Ivo Sieber souligne aussi le fait que «si la liberté d'opinion est acquise en Suisse, toute personne qui tient des propos discriminatoires tombe sous le coup de l'article 261 bis du Code pénal.»

    Autant judiciaire que politique, cette affaire fait pour l'instant peu de bruit chez les parlementaires suisses, qui ont pourtant reconnu le génocide arménien comme tel. Un seul d'entre eux, le Vert genevois Ueli Leuenberger, a annoncé dimanche soir qu'il allait interpeller le Conseil fédéral, en lui demandant «d'intervenir fermement auprès des autorités turques, en les invitant à faire cesser les actes de provocation sur le territoire helvétique.» Pour Ueli Leuenberger, coprésident du groupe parlementaire Suisse-Arménie, «ces actions ont été clairement orchestrées par des responsables politiques vivant en Turquie».

    Le voyage de Joseph Deiss en Turquie A la veille d'un voyage du conseiller fédéral Joseph Deiss en Turquie, prévu du 1er au 4 septembre, toujours pas confirmé, les remous concernant cette affaire de négationnisme ne sont pas les bienvenus. On se souvient de la récente crise diplomatique entre Berne et Ankara, suscitée par la visite en Suisse du professeur Halaçoglou, lui aussi négationniste.

    Ueli Leuenberger va plus loin: «Nous avons invité des membres du Seco (Secrétariat d'Etat à l'économie) et du DFAE à participer à une table ronde économique sur les relations entre la Suisse et l'Arménie. Micheline Calmy-Rey était d'accord, Joseph Deiss s'y est opposé. On ne demandait pas forcément sa présence. Ils auraient pu au moins envoyer un délégué. Mais le Seco a trop peur de provoquer une crise d'urticaire chez les Turcs.» Le Seco motive son refus autrement: «L'Arménie n'est pas un pays cible pour notre coopération et nos investissements, explique Antje Baertschi, porte-parole. Nous sommes actifs en Asie centrale, mais avec l'Arménie, nous travaillons de manière indirecte. Notre refus est donc économique.»
    © 24 Heures

    LES EXTRÉMISTES SE MANIFESTERONT À NOUVEAU LE 1ER AOÛT (Suisse)
    27/07/2005 - Les autorités fédérales attendent au plus 600 extrémistes de droite cette année sur le Grütli à l'occasion de la Fête nationale. Plus sensible, la manifestation des antifascistes à Lucerne devrait quant à elle réunir au moins un millier de personnes, a déclaré le chef du service d'analyse et de prévention (SAP) de l'Office fédéral de la police Urs von Daeniken, dans un entretien publié mercredi par la «Neue Luzerner Zeitung».

    Après avoir vu leur accès au Grütli contrarié l'an dernier par la représentation en plein air du «Guillaume Tell» de Friedrich Schiller, les militants d'extrême-droite entendent bien profiter à nouveau cette année du site pour exprimer leur patriotisme à l'occasion du 1er Août. Entre 400 et 600 activistes sont ainsi attendus sur la prairie mythique. Le lieu du concert de groupes skinheads traditionnellement organisé la veille de la réunion est connu, selon Urs von Daeniken. Les autorités cantonales ont été informées de manière à garantir le bon déroulement de la manifestation et à exclure tout acte à caractère raciste.

    L'extrême-gauche cause davantage de soucis au responsable du SAP. A se fier au ton agressif des appels lancés sur internet par l'organisation Antifa, le potentiel de violence est plus élevé de ce côté-ci. L'extrême-gauche est par ailleurs capable de recruter plus largement que l'extrême-droite. Il faut donc s'attendre à des débordements lors de la manifestation autorisée le 1er Août par la ville de Lucerne.

    Les groupes d'extrême-gauche voulaient initialement défiler à Brunnen (SZ), où se réunissent les nationalistes avant de traverser le lac des Quatre-Cantons, mais la commune a opposé son veto. L'an dernier, les manifestants avaient défilé à Lucerne sans autorisation.
    © Edipresse

    LE BEURRE ET L'ARGENT DU BEURRE (Europe)
    Il est curieux d’interdire le hijab au nom de la laïcité tout en insistant sur le caractère chrétien de l’Union européenne
    Yakov M. Rabkin, professeur d’histoire et membre du CERIUM, Centre d’études et de recherches internationales à l’Université de Montréal ; son dernier livre s’intitule Au nom de la Torah : une histoire de l’opposition juive au sionisme (Québec, PUL, 2004).


    25/07/2005 - L’islam et les musulmans attirent actuellement beaucoup l’attention, négative pour la plupart. Chez nous, la question du hidjab continue d’animer les esprits. En Europe, en plus du débat sur le droit des femmes et des filles musulmanes de porter le hidjab, une autre question provoque un débat tendu : l’intégration de la Turquie au sein de l’Union européenne. Le spectre du Turc envahisseur a sûrement contribué au revers dont a souffert le traité constitutionnel en France et ailleurs.

    Il y a encore quelques années, invoquer la différence religieuse comme facteur qui freinerait l’accession de la Turquie à l’Union aurait offusqué la rectitude politique en vigueur. L’Europe se voyait alors universelle, libérale et laïque. La religion n’avait guère de place dans un débat politique. Même aujourd’hui on attribue aux impératifs de la laïcité l’interdiction du hidjab, dont viennent d’être frappées les musulmanes dans plusieurs pays européens. La Cour européenne des droits humains a confirmé la légalité de cette interdiction en basant sa décision, elle aussi, sur le souci de préserver la laïcité. Ce qui a tout de suite compliqué le port des habits traditionnels aux religieuses catholiques qui enseignent dans les écoles d’État mais pour lesquelles on essaie de trouver une issue de secours en qualifiant leurs habits d’ « uniformes professionnels ».

    En effet, le problème du hidjab est différent de celui du port des habits par les religieuses. Pour celles qui adhèrent à cette interprétation de la loi islamique, montrer ses cheveux en public constitue une transgression contre cette loi en ce qu’elle concerne la pudeur. D’où le geste d’une étudiante française qui s’est présentée à l’école publique la tête complètement rasée. Il s’agit d’interdictions religieuses dont beaucoup de chrétiens ont depuis longtemps perdu l’habitude. Ils ne comprennent plus que manger pendant le Ramadan ou le Yom Kippour n’est pas une question de style de vie ou de préférence culturelle mais une interdiction qui est incontournable pour ceux et celles qui obéissent à la loi religieuse. Même ce terme « religieux » ne s’applique que difficilement au judaïsme et à l’islam qui, par ailleurs, ont bien plus en commun, entre eux, que chacun d’eux a avec le christianisme. Pour le juif et le musulman qui, tout en étant médecin ou cordonnier, mexicain ou français, se considère membre de la oumma (qui signifie, tant en hébreu qu’en arabe, « la communauté transnationale des croyants ») la vie a pour but l’obéissance à la volonté de Dieu.

    Cette obéissance englobe la vie entière et touche à des domaines aussi variés que la nourriture et la parole, les relations sexuelles et les transactions bancaires. Ce qui crée des malentendus lorsque, dans une langue occidentale, on se réfère à la pudeur comme une question « religieuse ». Par ailleurs, les langues hébraïque et arabe n’ont inventé les mots « religieux » et « laïc » que très tard dans leurs histoires respectives, au cours du XIXe siècle, et, même là, clairement sous l’influence de la sécularisation en Europe. Auparavant, on ne pouvait caractériser ceux parmi les juifs et les musulmans qui transgressaient les règles respectives que comme « impies » ou « méchants ». L’introduction du terme « laïc » a permis d’esquiver l’opprobre chaque fois que l’on parlait d’un homme qui faisait fi de la tradition. « juif laïc » ou « musulman laïc » n’ont pas de sens au sein de ces cultures, même si « Israélien laïc » ou « Turc laïc » expriment une réalité identitaire propre à l’État moderne, exactement comme le font les termes « Mexicain laïc » ou « Français laïc ».

    En France, qui abrite plus de musulmans que tout autre pays de l’Union européenne, les discussions autour du hidjab s’animent depuis plus d’une décennie. En interdisant le hidjab, on invoque également un autre argument : la protection qu’offre l’État aux jeunes musulmanes contre la coercition familiale. Ainsi, loin de rester neutre, l’État s’arroge le droit d’intervenir contre ce que la tradition considère comme une obligation incontournable. Mais alors pourquoi protéger une fille du port du foulard — un acte qui est après tout superficiel et réversible — plutôt que protéger un garçon d’un acte bien plus profond et irréversible qui est la circoncision, d’autant plus qu’on circoncit les garçons juifs à l’âge de huit jours lorsque l’intéressé ne peut encore rien dire ?

    Deux poids, deux mesures
    L’adhésion de la Turquie à l’Union européenne fait les manchettes tant en Turquie qu’en Europe. Même si la Commission européenne a accepté d’ouvrir les négociations, certains gouvernements veulent changer les règles du jeu et soumette la candidature à un référendum populaire. Il ne s’agit sûrement pas de la taille du pays car il n’y avait pas eu de référendum au sujet de l’acceptation de la Pologne. L’intention d’avoir deux poids, deux mesures n’a pas échappé à l’attention du chef de file des socialistes à l’Assemblée nationale à Paris : « Il ne peut y avoir de traitement de défaveur. La candidature turque doit obéir aux mêmes règles que les précédents élargissements ».

    Lorsque j’ai visité la Turquie pour la première fois, il y a presque un quart de siècle, j’ai été impressionné par ce pays profondément marqué par son fondateur Atatürk. Une société laïque et sophistiquée où le pourcentage de femmes dans les sciences était alors plus élevé qu’aux États-Unis ou en Europe de l’Ouest, un pays bien ancré dans l’ère industrielle, allié militaire indéfectible des puissances occidentales, la Turquie me paraissait alors un candidat valable pour des relations plus étroites avec la Communauté européenne. C’est en 1963 qu’avaient commencé les premiers contacts visant l’adhésion de la Turquie à l’Europe. Mais, à l’époque, c’était la Grèce qui nuisait systématiquement au rapprochement de son allié de l’OTAN avec l’Europe. Aujourd’hui, la Turquie, ayant posé des gestes généreux envers la Grèce et sa population, a désamorcé ce blocage systématique. Or, un nouvel argument contre l’adhésion de la Turquie se fait entendre dans les journaux européens et dans les couloirs politiques : la peur de l’islam.

    Tandis que la Turquie, dont la constitution et le système judiciaire sont calqués des modèles européens, est en train de fomenter une société pluraliste et multiculturelle, certains politiciens européens se mettent à exprimer des préjugés anti-musulmans et anti-turcs. Si la Turquie était acceptée au sein de l’Union européenne, elle deviendrait alors le cheval de Troie qui ouvrirait les portes de l’Europe à une nouvelle « invasion barbare ». Ainsi, le premier ministre français met en garde les Européens contre « le fleuve de l’islam » que représenterait l’adhésion de la Turquie. Fait qui a souvent été observé en Europe, la gauche peut facilement basculer vers la droite dans un élan d’enthousiasme nationaliste et xénophobe. C’est ce qui s’est produit en partie en France à la veille du référendum du 29 mai.

    Dans ce contexte, la tentative d’affirmer le caractère chrétien de l’Europe dans la nouvelle charte de l’Union prend une allure ouvertement islamophobe. Il est curieux d’interdire le hidjab au nom de la laïcité et, en même temps, d’insister sur le caractère chrétien de l’Union. Certains y trouveront tout simplement une incohérence, le désir d’avoir le beurre et l’argent du beurre ; d’autres, la manifestation d’une hypocrisie, d’un vieux préjugé anti-turc et anti-islamique. D’aucuns y entreverront un nouveau rideau de fer derrière lequel l’Occident essaie de se protéger du choc des civilisations.

    En préservant le caractère laïc de la politique européenne, on neutralise les forces de xénophobie et d’intolérance dont avait tant souffert le Vieux continent au siècle passé. Rappelons que ce n’est pas l’islam mais les idées européennes de nationalisme exclusif, de totalitarisme et de communisme qui ont emporté des dizaines de millions de vies humaines à l’aide du progrès technique et scientifique mis au service du massacre industrialisé. Il est compréhensible que le traumatisme du 11 septembre ait permis le dénigrement de l’islam. Or, juger l’islam par le comportement d’Oussama ben Laden et des talibans équivaut à juger le catholicisme par les actes d’Al Capone et des curés pédophiles.
    © Info Turc

    LA VILLE DE REIMS CONDAMNÉE POUR AVOIR ANNULÉ LE CONCERT DU CHANTEUR DE RAGGA JAMAÏCAIN CAPLETON (France)
    21/07/2005 - Le 18 juin dernier, la municipalité de Reims avait décidé d’annuler le concert du chanteur de ragga Capleton, au motif que nombre de ses propos présentaient un caractère raciste et homophobe.

    Suite à la plainte de REMCA, société organisatrice du concert, le tribunal de grande instance de Reims a conclu à une rupture abusive de contrat de la part de la ville. La Ville de Reims compte faire appel de cette décision.

    On en pense quoi à culturefemme.com ? Malgré notre refus de l’homophobie (les discriminations, on connaît en tant que femmes et noires, et on ne peut que être solidaires d’autres communautés victimes de discrimination. Or, malgré ce soutien, nous sommes de plus en plus gênés qu’au lieu de laisser les individus ou même associations exprimer elles-mêmes leur opinion, de plus en plus de municipalités prennent le devant, pour s’ériger en garants de l’ordre moral.

    Cela nous rappelle étrangement une certaine affaire Dieudonné, et l’annulation de plusieurs de ses spectacles par des municipalités, alors qu’aucun tribunal ne l’a jamais condamné pour les actes qu’on lui prête. Bref, nous aimerions bien, en tant qu’individus libres, décider en notre âme et conscience de ce qu’il est convenu de faire ou pas au lieu que nos conduites soient de plus en plus « orientées » !

    AXCe n’est pas un crime ou une honte d’être homosexuel, et si le sieur Capleton le pense, il a peut-être une autre façon de répondre à son opinion obtuse sur ce domaine que par une interdiction unilatérale de son concert !
    © Culture Femme

    LEVÉE DE BOUCLIERS CONTRE DE VILLIERS (France)
    Le Mrap, soutenu par le PS, poursuit le leader du MPF pour des propos jugés racistes. Le recteur de la mosquée de Lyon en appelle au Garde des Sceaux.

    22/07/2005 - Le MRAP va porter plainte pour incitation à la haine raciale contre le président du Mouvement pour la France (MPF) Philippe de Villiers, par citation directe devant le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-St.-Denis), la semaine prochaine, a-t-on appris vendredi 22 juillet auprès de l'avocat du mouvement, Me Gérard Taieb.

    Cette plainte vise les propos tenus le 16 juillet sur TF1 par Philippe de Villiers: "Nous savons que la troisième guerre mondiale est déclarée (...) nous ne pouvons pas continuer à assister impuissants à l'islamisation progressive de la société française", avait déclaré le président du MPF, en préconisant de "créer une garde nationale" pour "rétablir les frontières", "investir les quartiers islamistes", "contrôler les mosquées".

    "Ne pas banaliser"
    Nous ne pouvons pas laisser se banaliser ce type de propos guerriers qui, au-delà de leur caractère irresponsable, représentent une véritable incitation à la haine, au racisme, à l'exclusion", a insisté vendredi Mouloud Aounit, au nom du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP).

    Mouloud Aounit devait adresser un courrier au président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), pour "regretter qu'il ne se soit pas manifesté". "Nous demandons au CSA d'intervenir auprès des chaînes de télévision publiques et privées, afin de leur rappeler les règles éthiques, les lignes qui ne doivent pas être franchies en matière de racisme", a déclaré Mouloud Aounit. Le Parti socialiste a annoncé vendredi apporter son soutien à l'initiative du MRAP. Le PS note que, dans un communiqué publié jeudi par le président du MPF, ce dernier "confirme ses propos tenus le 16 juillet dernier, d'une rare violence à l'égard de l'islam et de nos concitoyens de confession musulmane". "Ces propos sont inacceptables", déclarent les socialistes. Le PS indique dans son communiqué qu'il "soutient les poursuites engagées à l'encontre de Philippe de Villiers, et relève la dérive extrémiste de son mouvement". La mosquée de Lyon en colère
    De son côté, le recteur de la mosquée de Lyon Kamel Kabtane a demandé vendredi au Garde des Sceaux d'engager des poursuites à l'encontre de Philippe de Villiers.

    L'ancien président du CRCM Rhône-Alpes, a demandé dans une lettre au ministre de la Justice, d'entamer les démarches pour que soit levée l'immunité parlementaire dont bénéficie Philippe de Villiers, député au Parlement Européen. "Philippe de Villiers se permet des provocations, car il se croit juridiquement inattaquable. Ceci rend sa provocation encore plus insupportable, et ramène à peu de chose le courage politique dont il se prévaut", a poursuivi encore Kamel Kabtane.

    "On tolère aujourd'hui des déclarations que l'on n'acceptait pas il y a quelque temps et je comprendrais pas que Philippe de Villiers ne soit pas poursuivi comme Jean-Marie Le Pen l'a été", a indiqué Kamel Kabtane au téléphone.
    © Le Nouvel Observateur

    L'HISTOIRE CONTRE LA LOI DU PASSÉ (France)
    Les «indigènes de la République» souffrent plus de la dureté d'aujourd'hui que du colonialisme d'hier.
    Par Gilbert MEYNIER, professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université de Nancy-II.


    25/07/2005 - La loi n° 2005-158 «portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés» risque, surtout en ses articles 1er et 4, de relancer une polémique dans laquelle les historiens dignes de ce nom ne se reconnaîtront guère : en officialisant le point de vue des groupes de mémoire liés à la colonisation, elle risque d'attirer en retour des simplismes symétriques émanant de groupes de mémoire antagonistes, et dont l'histoire officielle telle que l'envisage la loi fait des exclus de l'histoire.

    Autant on peut être d'accord avec le fait de travailler, comme historien et comme citoyen, à donner toute leur place, dans l'histoire, aux abjections coloniales, d'accord encore, par exemple, comme citoyen, avec la dénonciation de l'expansionnisme américain en Irak ou ailleurs, autant les injonctions colonialophiles de la loi ne sont pas recevables, ne l'est pas davantage le discours victimisant ordinaire : ne serait-ce que parce qu'il permet commodément de mettre le mouchoir sur tant d'autres ignominies, actuelles ou anciennes, et qui ne sont pas forcément du ressort originel de l'impérialisme ou de ses formes historiques passées comme le (s) colonialisme (s). L'étude scientifique du passé ne peut se faire sous la coupe d'une victimisation et d'un culpabilisme corollaires. Quoi qu'il en soit, les débordements émotionnels portés par les «indigènes de la République» ne sont pas de mise : des êtres humains ne sont pas responsables des ignominies commises par leurs ancêtres, ou alors il faudrait, par exemple, que les Allemands continuent éternellement à payer leur épisode nazi.

    C'est une chose d'analyser, par exemple, les «zoos humains» de la colonisation, c'en est une autre que de confondre dans la commisération culpabilisante le divers historique, lequel ne se réduit pas à des clichés médiatiquement martelés. Si la colonisation fut ressentie par les colonisés dans le rejet et la douleur, elle fut aussitôt vécue dans l'ouverture pour des modèles de société extérieurs. Et il faut aussi parler d'aujourd'hui, de toute la diversité d'aujourd'hui. Ainsi, le régime autoritaire algérien, encore assez largement militaire à fusibles civils (même s'il s'est depuis peu quelque peu «civilisé»), est bien un produit de la société algérienne, et pas (ou pas seulement) une réminiscence coloniale. Et dénoncer l'impérialisme en Irak, les fadaises Bush-Huntington..., ne dispense pas, au contraire, d'interroger les caractéristiques sui generis de la dictature arabo-stalinienne de Saddam.

    Le penseur musulman algérien Malek Bennabi avait, il y a une soixantaine d'années, fait remarquer que, si l'Algérie avait été colonisée, c'était qu'elle était «colonisable.» Les purs nationalistes algériens lui avaient assez reproché alors d'avoir forgé ce concept de «colonisabilité» aux antipodes du simplisme. Dans la même ligne, on pourra soutenir que si l'Irak a été envahi, c'est qu'il était «envahissable.» C'est là une explication ­ certes partielle ­, en aucun cas une exonération de l'impérialisme américain. Mais on ne peut pas comprendre l'aboutissement actuel de l'Irak si l'on n'énonce pas cette évidence : la société irakienne, qui a eu à souffrir pendant plus de trois décennies du régime le plus sanglant que le monde arabe ait connu, était en 2003 en état de profonde déréliction. Bien sûr, on peut clamer d'abondance que c'est toujours la faute des autres et/ou du passé. Mais il y a aussi, et toujours, urgence concomitante à balayer devant soi, et à se confronter aux duretés d'aujourd'hui ; et pas seulement aux ressentiments construits sur des hiers douloureux. Cela est valable pour tous les peuples et toutes les sociétés.

    Plutôt que de rédiger ou de signer dans la culpabilité des manifestes victimisants à sens unique (lesquels masquent, aussi, bien des simplismes et bien des régressions dont on ne souffle mot), l'historien préfère travailler à (r) établir les faits, par exemple dans la ligne qui a permis à Florence Beaugé de rédiger ses magnifiques articles dans le Monde du 19 mars 2005 sur le général Schmitt ­ nommé en son temps par François Mitterrand et Jacques Chirac en parfait accord. Et aussi à travailler comme citoyen autant que faire se peut à rendre nos sociétés moins inégalitaires et plus éduquées, les inégalités et le racisme portés par les matelas d'ignorance des humains, générant à leur tour, simplismes et régressions.

    Au surplus, pour reprendre le texte des «indigènes de la République», à l'évidence, les plaies dont ils saignent sont de moins en moins celles qui sont infligées par le vieux colonialisme, porté certes partiellement par le nationalisme français et la création en son temps d'îlots capitalistes ; mais bel et bien par la sauvagerie et la dureté économiques d'aujourd'hui, assez largement transnationales. Il est important, pour y voir clair, de ne pas tout mélanger. Tout, dans la situation des immigrés, ne fut pas redevable à la colonisation, dans le passé comme maintenant. A l'époque où les immigrants italiens, les «macaronis», étaient traités d'arriérés brutaux et de catholiques fanatiques, le mépris et la peur qui les entouraient n'étaient en rien liés à la colonisation. Il se trouve que l'auteur de ces lignes connaît bien l'Italie : il existe un glissement de la société italienne vers le racisme et «l'indigénisation» des Africains migrants en Italie, alors que le passé colonial y est sans comparaison bien plus léger que celui de la France. En revanche, à titre emblématique, Berlusconi, lui, est une réalité bien actuelle, qui renvoie à la brutalité de la déréglementation et du chacun pour soi, sans compter la corruption.

    L'historien ne se reconnaît pas dans l'affrontement des mémoires ­ pour lui, les mémoires ne sont que des documents historiques à traiter comme tels ­ ; il ne se reconnaît pas dans l'anachronisme qui veut tout arrimer au passé ; il ne se reconnaît pas dans le manichéisme, qu'il provienne de la «nostalgérie» électoraliste vulgaire qui a présidé à la loi du 23 février 2005, ou qu'il provienne des simplismes symétriques qui surfent sur les duretés du présent pour emboucher les trompettes agressives d'un ressentiment déconnecté de son objet réel.
    © Libération

    FORTE BAISSE DES ACTES ANTISÉMITES AU 1ER SEMESTRE (France)
    25/07/2005 - Les actes à caractère antisémite ont diminué de 48% au premier semestre 2005 par rapport à la même période de 2004, fait savoir le ministère de l'Intérieur.

    "Ces résultats sont le fruit d'un travail initié dès 2002, tant par un dialogue fructueux avec les représentants de la communauté israélite que par un engagement déterminé des forces de sécurité intérieure", précise un communiqué.

    Au total, policiers et gendarmes ont dénombré 290 actes visant la communauté juive en six mois, contre 561 il y a un an.

    Ce sont les actions violentes qui sont en plus forte régression.

    Entre janvier et juin, le ministère a recensé 49 actes tels qu'attentats à l'explosif ou tentatives, incendies, dégradations ou violences, contre 148 de la même nature l'an dernier, soit trois fois mois. Les enquêtes sur ces actes violents ont permis 17 arrestations.

    Dans la catégorie "menaces", qui regroupe les graffitis, les dégradations légères, les tracts, les démonstrations injurieuses et les propos ou les gestes menaçants, la place Beauvau fait état d'une diminution de près de la moitié, passant de 413 à 241.

    Ces chiffres sont publiés peu de temps après l'interpellation de deux jeunes de 17 et 18 ans dans le cadre de l'enquête sur le jet de trois bouteilles d'acide chlorhydrique dans une école juive du XVIIIe arrondissement.

    La publication des statistiques survient également à la veille de l'arrivée d'Ariel Sharon en France pour une visite officielle de trois jours. L'été dernier, les propos du Premier ministre israélien sur l'antisémitisme "sauvage" qui régnait, selon lui, en France avaient provoqué un net refroidissement diplomatique entre les deux pays.

    La semaine dernière, dans un entretien au Figaro, Ariel Sharon a estimé que l'action des autorités françaises contre l'antisémitisme pouvait servir de "modèle" pour les autres pays européens.
    © Libération

    TROIS ARRESTATIONS APRÈS UN JET D'ACIDE CONTRE UNE ÉCOLE JUIVE (France)
    25/07/2005 - Deux garçons de 17 et 18 ans ont été interpellés dans le cadre de l'enquête sur le jet de trois bouteilles d'acide chlorhydrique samedi dans une école juive du XVIIIe arrondissement de Paris, a-t-on appris de source proche de la police.

    Quelques heures après les faits, un adolescent de 15 ans avait été interpellé.

    Deux des bouteilles en plastique, remplies d'acide chlorhydrique, sont tombées dans la cour de l'école, où s'amusaient des enfants qui n'ont pas été touchés. La troisième bouteille est tombée dans une salle où se trouvaient des parents d'élèves. Aucune victime n'est à déplorer.

    Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui s'est rendu sur place lundi matin, a prôné "la tolérance zéro" contre le racisme et l'antisémitisme.

    "Je ne connais qu'une stratégie, celle de la tolérance zéro, ne rien accepter et sanctionner tout de suite", a-t-il dit.

    Le Premier ministre Dominique de Villepin devait se rendre sur place en fin d'après-midi.

    Les deux jeunes hommes interpellés lundi sont en garde vue dans les locaux de la deuxième division de la police judiciaire, a-t-on précisé à la préfecture de police.

    Selon des témoins, les trois interpellés résident tous dans le quartier.

    Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a dénoncé dans un communiqué cet acte "inacceptable" et a réclamé "des condamnations à la hauteur de cette agression antisémite".

    Le Mrap demande que "tout soit mis en oeuvre pour arrêter et identifier les auteurs ainsi que les potentiels complices".

    Le Bureau de vigilance contre l'antisémitisme (BNCVA) impute cet acte à une propagande orchestrée par des sites propalestiniens, à l'approche de la visite en France du Premier ministre israélien Ariel Sharon, qui sera reçu le 27 juillet par Jacques Chirac.
    © Libération

    LA NOSTALGIE DU FASCISME SE PORTE BIEN (Italie)
    22/07/2005 - "Longtemps gérée par les communistes, la ville de Riccione a dépensé 750 000 euros pour la restauration de l'ancienne villa de Mussolini", annonce le quotidien La Stampa. Le fils du dictateur, Romano Mussolini, et l'une des filles de ce dernier étaient les invités d'honneur à l'inauguration de la villa-musée, sans que cela suscite de réaction de la part de qui que ce soit, note le journal. Le maire de gauche de Riccione estime que "la ville doit pouvoir se servir de ses ressources historiques, qui enrichissent sa capacité d'attraction touristique", rapporte le quotidien. "Enrico Berliguer [leader communiste italien, 1922-1984] me l'a dit lui-même : il faut respecter son adversaire."

    "Mussolini et les rouges, all together", commente La Stampa, soulignant l'absurdité des propos du maire. Mais l'indifférence générale dans laquelle s'est déroulée cette inauguration reflète "une nostalgie du fascisme, répandue dans la société italienne", estime le journal britannique New Statesman. Romano Mussolini est en effet très apprécié, notamment à Rome, où il est pianiste avec son groupe de jazz, les Romano Mussolini All Stars. Sa fille Alessandra a entamé une carrière politique remarquée après avoir été mannequin, et actrice brièvement, grâce à l'aide de sa tante, Sophia Loren, révèle le quotidien. "Elle a créé son propre parti populiste, Alternative sociale, et est aujourd'hui membre du Parlement européen. Preuve que son nom de famille ne lui a pas porté préjudice", commente le journal. Elle serait par ailleurs courtisée par Silvio Berlusconi, qui souhaiterait la voir rejoindre sa coalition politique. Le chef du gouvernement italien avait déclaré l'an dernier que "Mussolini n'a jamais tué personne" et qu'il "n'avait qu'envoyé ses opposants en vacances".

    Mais la nostalgie du fascisme ne s'arrête pas là, raconte le New Statesman. Dans le village de Predappio, où repose le Duce, un véritable culte lui est voué. "Son cerveau et son corps sont conservés dans des cercueils différents", rapporte l'hebdomadaire. "La crypte familiale est gardée par la 'garde d'honneur de Mussolini', des volontaires aux cheveux ras portant une cape noire." La crypte attire des milliers de visiteurs par semaine, qui peuvent faire leur shopping "fasciste kitsch" dans les rues de Predappio, affirme le journal. En effet, des parfums, des porte-clés, des calendriers et des tee-shirts, tous à l'effigie du Duce, leur sont proposés. En cas de soif, ils pourront boire une bière ou une bouteille de vin sur laquelle est collée le portrait de Mussolini, avec son slogan: "Crois, obéis, lutte".

    La restauration de Villa Carpena n'est donc qu'un détail dans une tendance générale, estiment les journaux italien et britannique. Selon La Stampa, l'ancien maire communiste de Riccione avait mené une longue campagne afin de détruire la maison du dictateur. "Mais, à l'époque, conclut le journal, les communistes étaient des communistes."
    © Courrier international

    TRAITÉ DE LAUSANNE: CÉLÉBRATIONS ET ENQUÊTES POUR NÉGATIONISME (Suisse)
    24/07/2005 - Quelque 2000 Turcs et 300 Kurdes ont célébré dans le calme à Lausanne le 82e anniversaire du Traité de Lausanne. Le nationaliste turc Dogu Perincek fait désormais l'objet de deux enquêtes pénales pour négationnisme au sujet du génocide arménien.

    Forêts de drapeaux, chants patriotiques et discours enflammés: les quais d'Ouchy ont accueilli une délégation de nationalistes turcs. Parmi eux, le chef du Parti des travailleurs Dogu Perincek a réitéré ses propos sur le "soi-disant génocide arménien".

    M. Perincek a une nouvelle fois fustigé "le mensonge international" à propos du génocide arménien. En Suisse, l'intéressé est sous le coup de deux enquêtes pénales pour violation de la norme pénale contre le racisme.

    La justice vaudoise a ouvert une enquête après le dépôt d'une plainte de l'Association Suisse-Arménie concernant un discours tenu en mai à Lausanne. Ce week-end, le Ministère public de Winterthour a fait de même pour des propos tenus lors d'une conférence de presse vendredi à Glattburg (ZH).

    Le politicien a été entendu samedi durant plus de deux heures par le juge d'instruction de Winterthour. Cette audition a été jugée "inacceptable" et "absolument contraire au principe de la liberté d'opinion" par le ministre turc des affaires étrangères Abdullah Gül. La justice vaudoise aurait souhaité profiter de la présence de M. Perincek pour l'interroger. Il sera entendu ultérieurement, selon la police lausannoise.

    Ces démêlés judiciaires n'ont pas troublé la manifestation turque organisée près de l'hôtel Beau-Rivage où se sont tenues les négociations du Traité de Lausanne. Les participants ont formé un cortège qui s'est ébranlé le long des quais d'Ouchy pour accueillir la délégation arrivée par avion d'Ankara. Ils se sont ensuite réunis dans la salle même qui avait accueilli les négociations.

    Les Kurdes, de leur côté, se sont réunis devant le Palais de Rumine où fut signé le Traité de Lausanne le 24 juillet 1923. La manifestation, agrémentée de chants et de danses folkloriques, s'est déroulée dans une ambiance bon enfant. Elle réunissait des membres de la plupart des mouvements kurdes.

    Les orateurs se sont succédés pour dénoncer un traité qui a "bafoué l'espoir de liberté" des minorités de Turquie. Les manifestants ont chanté l'hymne kurde puis observé une minute de silence en hommage à ceux qui ont perdu la vie au Kurdistan.
    © Télévision Suisse Romande

    DÉTENTION D'UN NÉGATIONNISTE: ANKARA SE FÂCHE (Suisse)
    25/07/2005 - Le ministre turc des Affaires étrangères critique la Suisse pour avoir détenu et interrogé un nationaliste turc soupçonné d’avoir violé la loi contre le racisme.

    Dogu Perinçek, le chef du Parti turc des travailleurs, fait l’objet de deux enquêtes pour négationnisme du génocide arménien dans le cadre de rassemblements en Suisse.

    Dimanche, le nationaliste turc Dogu Perinçek a réitéré ses propos sur le «soi-disant génocide arménien» lors des célébrations du 82e anniversaire du Traité de Lausanne qui ont réuni quelque 2000 Turcs, d’une part, et 300 Kurdes, d’autre part, dans la cité vaudoise.

    Interrogé par l'agence de presse suisse ATS, Dogu Perinçek a une nouvelle fois fustigé dimanche «le mensonge international» à propos du génocide arménien. En Suisse, l'intéressé est déjà sous le coup de deux enquêtes pour violation de la norme pénale contre le racisme.

    Entendu par la justice
    La justice vaudoise a ouvert une enquête après le dépôt d'une plainte de l'Association Suisse-Arménie concernant un discours tenu en mai à Lausanne.

    Ce week-end, le Ministère public du canton de Zurich a fait de même pour des propos tenus lors d'une conférence de presse vendredi dernier à Glattburg. Samedi, le politicien a été entendu durant plus de deux heures par le juge d'instruction de Winterthour.

    Inacceptable, estime Ankara
    Cette audition a été jugée «inacceptable» et «absolument contraire au principe de la liberté d'opinion» par le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül, cité par l'agence de presse dpa.

    «Nous ne pouvons accepter un tel comportement envers un leader politique turc, a-t-il encore déclaré dans le quotidien turc Hürriyet. De telles actions sont-elles envisageables pour un pays comme la Suisse?» En juin, le ministre turc de l'Economie avait annulé son voyage en Suisse déjà en raison de tensions autour du génocide arménien.

    Lundi, le ministère suisse des Affaires étrangères (DFAE) a pris note des différentes déclarations parues dans les médias, a indiqué son porte-parole Ivo Sieber qui n'a pas voulu faire de commentaire: «Nous appliquons la séparation des pouvoirs».

    Mandat de comparution
    Dans un communiqué, le député écologiste Ueli Leuenberger demande pour sa part au gouvernement «d'intervenir fermement auprès des autorités turques» en les invitant à faire cesser de tels actes de provocations en Suisse.

    La justice vaudoise aurait souhaité profiter de la présence de Dogu Perinçek sur sol vaudois pour l'entendre. Elle a émis un mandat de comparution à son encontre, mais il a répondu que son emploi du temps ne le lui permettait pas de se libérer ce jour-là. Il sera entendu ultérieurement, a indiqué Gislaine Carron, porte-parole de la police lausannoise.

    Traité de Lausanne
    Ces démêlés judiciaires n'ont pas troublé la manifestation turque organisée dimanche près de l'hôtel Beau-Rivage où se sont tenues à l’époque les négociations du Traité de Lausanne.

    De leur côté, les Kurdes s’étaient réunis devant le Palais de Rumine où fut signé le Traité de Lausanne le 24 juillet 1923. Les orateurs se sont succédés à la tribune pour dénoncer un traité qui a «bafoué l'espoir de liberté» des minorités de Turquie.

    Ces célébrations avaient pour toile de fond les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne qui doivent commencer début octobre. Les Kurdes espèrent voir leurs droits nationaux mieux reconnus. Certains nationalistes turcs, eux, craignent qu'Ankara ne fasse trop de concessions sur la question des minorités.

    Les deux manifestations se sont déroulées sans incident, a indiqué la police lausannoise. Pour éviter des débordements, la municipalité avait interdit aux deux groupes de défiler en ville.
    © Télévision Suisse Romande

    QUAND LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE REMERCIE L'EXTRÊME DROITE POUR SON SOUTIEN (Tchéquie)
    Le président de la République a remercié pour leur soutien les dirigeants du Rassemblement national (NSj), un parti ultranationaliste. La lettre de remerciement, diffusée sur internet, a provoqué de nombreuses réactions.

    Narodni Sjednoceni - Rassemblement national en français - est, selon le quotidien Lidove noviny, le nom d'un petit parti d'extrême droite « dont l'idéologie est héritée du fascisme tchèque et du catholicisme orthodoxe et qui attire les skinheads lors de ses réunions ».

    La lettre en question, avec en-tête de la Présidence, est signée par Ladislav Jakl, directeur du secrétariat, au nom du chef de l'Etat. « J'ai transmis votre courrier au Président, et en son nom je vous remercie », peut-on lire dans cette lettre adressée aux quatre principaux dirigeants de ce parti qui n'est pas représenté au Parlement.

    Le Rassemblement national s'est vu ainsi remercié d'avoir soutenu Vaclav Klaus lors de la récente querelle qui l'a opposé à deux membres du Parlement européen - deux députés qui l'ont sévérement critiqué pour son attitude et ses arguments anti-européens.

    Politiciens et politologues ont réagi, dès la publication de cette lettre. Le Premier ministre, Jiri Paroubek, a déclaré qu'il ne trouvait pas convenable le fait que le bureau du Président communique avec une telle organisation d'extrême-droite. La politologue Vladimira Dvorakova, citée par Lidove noviny, se dit « choquée ».

    « S'il ne s'agit pas d'une erreur administrative, poursuit-elle, alors c'est un vrai problème, et cela pourrait légitimer les opinions des extrêmistes. D'autre part, même si je ne dis pas qu'ils partagent les mêmes opinions, Klaus a quelques points en commun avec l'extrême-droite, comme le nationalisme, le libéralisme économique ou l'aversion pour le multiculturalisme ». Le professeur Zdenek Zboril a quant à lui estimé que c'était une démarche normale qui ne pouvait être condamnable. Rudolf Kucera, autre politologue pragois, affirme qu'il s'agit ici d'un cas sans précédent « qui ne peut se produire dans une démocratie normale ».

    L'auteur de la lettre, qui affirme qu'elle a été lue par le chef de l'Etat avant d'être envoyée, a tenté d'argumenter sa démarche en affirmant qu'il ne s'agissait que d'une réponse à un courrier bienséant. « J'aurais répondu de la même manière à des eurofanatiques marxistes de la social-démocratie », a rajouté Ladislav Jakl. Vaclav Klaus n'a quant à lui pas fait de commentaires.
    © Radio Prague

    L'EUROPE EN QUÊTE D'UNE RÉGULATION DE L'IMMIGRATION
    par Catherine Simon

    21/07/2005 - Charters pour les uns, champagne pour les autres ? Remise à la mode par le gouvernement français, l'immigration à deux vitesses ­ immigration "subie" d'un côté (celle des parasites présumés, demandeurs d'asile ou sans-papiers), immigration "choisie" de l'autre (celle des talents étrangers, étudiants et professionnels hautement qualifiés) ­ est un concept habile. Ni vraiment neuf, ni propre à l'Hexagone. Mais qui répond à l'air du temps.

    "INCAPACITÉ TOTALE"
    Il n'y a pas d'exception française dans ce domaine, remarque le juriste Philippe de Bruycker, professeur à l'Université libre de Bruxelles, qui déplore "l'incapacité totale" de l'Europe ­ mis à part le Royaume-Uni ­ à se penser comme terre d'immigration. La gestion des flux migratoires est devenue un "exercice très difficile, constate-t-il. Les hommes politiques ont de plus en plus de mal à dire tout haut qu'on a besoin des étrangers".

    Comment satisfaire, en effet, des opinions publiques plutôt hostiles à l'immigration et répondre aux évolutions de la démographie et aux demandes du marché ? "Les gouvernements jonglent au milieu d'une situation contradictoire et ils envoient eux-mêmes des messages contradictoires" , a souligné Catalene Passchier, représentante de la Confédération européenne des syndicats (CES), lors d'une conférence du Parti des socialistes européens (PSE), le 30 juin à Bruxelles.

    D'un côté, il nous faudrait stopper toute immigration pour des raisons politiques, a-t-elle expliqué, faisant allusion au vote en faveur du non de la France et des Pays-Bas. De l'autre, nous avons besoin de la migration "pour des raisons démographiques" , a-t-elle ajouté, en référence aux études qui prévoient une diminution de 20 millions de travailleurs, entre 2010 et 2030, parmi la population active de l'Europe des Vingt-Cinq. Sans prétendre détenir la recette miracle, la CES estime préférable de "miser en priorité" sur les capacités des sans-emploi présents sur le marché du travail européen, "y compris ceux d'origine immigrée", avant d'aller chercher ailleurs de la main-d'œuvre qualifiée. Plutôt que de "mettre de nouveaux barbelés autour de l'Europe", mieux vaut bâtir une politique sociale, en combattant les inégalités et l'exploitation, a plaidé la syndicaliste.

    Vus d'Italie, d'Espagne et même de France, où le recours massif à la main-d'oeuvre étrangère, souvent irrégulière, est un fait structurel (dans la restauration, l'agriculture, le bâtiment ou la confection textile notamment), ces débats qui s'amorcent sont à la fois cruciaux et dépassés. "Le travail des sans-papiers constitue la forme la plus extrême de la dérégulation du mar ché du travail" , observe Andrea Rea, chargé de cours à l'Université libre de Bruxelles et directeur du Groupe d'études sur l'ethnicité, le racisme, les migrations et l'exclusion (Germe).

    "GREEN CARD" EUROPÉENNE
    L'instauration d'une politique de régulation de l'immigration, notamment une politique de quotas, mais aussi une politique de conventions bilatérales ou multilatérales, une politique de système à points ou une "green card" à l'européenne, constituerait, assure-t-il, une manière de freiner le recours à l'immigration irrégulière. Cette immigration clandestine demeure pourtant considérable en Italie, par exemple, où, malgré la politique de quotas mise en place en 2002, 62,5 % de la main-d'œuvre employée dans l'agriculture serait illégale et constituée "en grande partie" d'étrangers, signale le député français Jacques Le Guen (UMP), dans une récente étude comparée de l'agriculture européenne (Le Monde du 10-11 juillet).

    Même constat en Espagne, où un système de quotas a été institué en 1993 : les voies légales restent "insuffisantes" pour faire face aux besoins de main-d'œuvre, "ce qui expliquerait, comme en Italie, que l'immigration clandest ine demeure importante" , assure, de son côté, le député français Thierry Mariani (UMP) dans son rapport sur le Livre vert de la Commission européenne, remis à l'Assemblée nationale, le 8 juin.

    En France, bien que le mot quota reste largement tabou et que les régularisations ne se fassent qu'au compte-gouttes, le recours régulier et massif au travail illégal des étrangers est un secret de Polichinelle. Dans le secteur des hôtels-cafés-restaurants, grand consommateur de main-d'œuvre étrangère, le travail illégal a augmenté de 92 % depuis six ans, constatait, en juin 2004, la Commission nationale de lutte contre le travail illégal.

    L'agriculture n'est pas en reste, qui recrute à tour de bras, de manière régulière ou pas, des saisonniers étrangers : "Les Bouches-du-Rhône détiennent à la fois le record de France du nombre d'allocataires du RMI et celui du recours à la main-d'oeuvre saisonnière étrangère", rappelle M. Le Guen dans son rapport. En 2004, au Maroc, 7 440 contrats de travail de quatre mois ont été délivrés à des ouvriers marocains pour venir en France le temps des récoltes ­ un chiffre en "légère mais constante" augmentation, selon le bureau de l'Office des migrations internationales (OMI) à Casablanca. Ne s'agit-il pas là d'une forme d'immigration "choisie", d'une sélection qui ne dit pas son nom ?

    "FILIÈRES STRATÉGIQUES"
    Du point de vue des employeurs, les avis sont partagés. En ce qui concerne l'agriculture, "mieux vaut un quota bien calculé qu'une règle pudibonde, d'apparence rigoureuse, mais qui fait, par derrière, le lit des sociétés prestataires bidons" , estime Claude Cochonneau, de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA).

    Récemment réunis à La Baule, pour une conférence sur les investissements internationaux, certains grands patrons ont insisté sur l'importance de la "mobilité" de la main-d'œuvre qualifiée, le ministre de l'économie, Thierry Breton, suggérant de recentrer les bourses aux étudiants étrangers sur les "filières stratégiques".

    Quotas, plafond, système à points, quelles que soient les modalités retenues, "toute forme de régulation constitue une garantie en termes de droits pour ces travailleurs", note Andrea Rea. Avec un risque, nettement dessiné en France : celui de faire oublier, en dépit des discours d'ouverture, que les économies européennes continuent d'avoir besoin de clandestins non qualifiés.
    © Le Monde

    POUR L'OBSERVATOIRE EUROPÉEN DU RACISME, CRITIQUER ISRAËL PEUT ÊTRE DE L'ANTISÉMITISME
    de notre correspondante, Joëlle Stolz

    21/07/2005 - Début 2004, l'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC) avait été blâmé pour avoir tardé à rendre public un rapport qui mettait en évidence la montée de l'antisémitisme dans l'Union européenne, notamment en France. Il risque de susciter une nouvelle controverse, en assimilant certaines formes de critique à l'égard d'Israël à une manifestation de "haine envers les juifs", mais devrait aussi permettre de distinguer des idées antisémites jusqu'alors camouflées en critique "légitime" de la politique israélienne.

    La principale tâche de l'EUMC, une agence communautaire basée à Vienne, dont le budget est alloué par le Parlement européen, consiste à collecter les données sur le racisme recueillies dans toute l'Union. Au mois de mars, l'Observatoire a transmis à ses relais nationaux un "document de travail" ­ disponible en anglais sur son site Internet ­ qui s'efforce de préciser la notion d'antisémitisme, conçu comme une "haine envers les juifs" exprimée de façon "rhétorique et physique" .

    Ces comportements haineux peuvent viser des individus et leurs biens, des institutions culturelles ou religieuses, mais aussi "l'Etat d'Israël, vu comme une collectivité juive" . Long d'une page, le document reprend les critères classiques d'identification de l'antisémitisme, tels que les stéréotypes dégradants, la négation ou la relativisation du génocide commis par les nazis, le mythe d'une conspiration et d'un pouvoir juif multiforme, ou encore l'idée que les juifs feraient toujours passer leur loyauté envers Israël avant les intérêts de leur patrie.

    "RÉACTIONS POSITIVES"
    La nouveauté est qu'il élargit la liste à des idées couramment admises dans le monde musulman et au sein de certains courants politiques de gauche : dans un "contexte global" , selon le texte de l'EUMC, l'antisémitisme peut aussi s'exprimer dans le fait de "dénoncer l'existence de l'Etat d'Israël comme un projet à caractère raciste" .

    Comparer la politique israélienne actuelle (à l'égard des Palestiniens) à celle des nazis (envers les juifs) entre également dans cette catégorie de l'antisémitisme masqué, tout comme le fait de "tenir les juifs pour collectivement responsables des actions de l'Etat d'Israël" , ou d'appliquer à ce dernier des critères beaucoup plus exigeants qu'à l'égard de "toute autre nation démocratique" . En revanche, "une critique d'Israël d'un niveau similaire à celle qui s'exerce contre d'autres pays ne saurait être regardée comme antisémite" .

    Ce document a été élaboré par les experts de l'EUMC en liaison avec l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui dispose, à Varsovie, d'un organisme spécialisé dans la surveillance des droits de l'homme. L'Observatoire a aussi consulté des organisations juives ­ le Congrès juif européen, l'American Jewish Committee ­ et des chercheurs spécialisés, en particulier ceux qui avaient rédigé, à Berlin, le rapport litigieux de 2004.

    Malgré des données incomplètes faute d'un système harmonisé de collecte, le rapport berlinois mettait en relief l'existence d'un antisémitisme virulent dans les communautés originaires de pays musulmans. Ses auteurs ont alors reproché à l'EUMC de vouloir "enterrer" leur travail, et le député Vert européen Daniel Cohn-Bendit avait publié leur texte sur Internet.

    Le nouveau document est encore "au stade expérimental et n'a pas de valeur légale" au sein de l'Union, a déclaré au Monde la directrice de l'EUMC, Beate Winkler. "Le but est d'harmoniser les critères, de rendre ainsi les données comparables. En octobre, nous rediscuterons à Vienne de sa pertinence, suivant les réactions dans chaque pays membre. Jusqu'à présent, elles sont positives."
    © Le Monde

    UN CONGRESSMAN PRÉCONISE UNE ATTAQUE NUCLÉAIRE CONTRE LA MECQUE ET D'AUTRES LIEUX SAINTS DE L'ISLAM (Etats-Unis)
    22/07/2005 - Plusieurs ONG américaines ont dénoncé le congressman républicain du Colorado, Tom Tancredo, pour avoir préconisé de riposter à d’éventuels attentats nucléaires contre les Etats-Unis par des frappes contre la Mecque et d’autres lieux saints de l’Islam et lui ont demandé de présenter ‘’immédiatement’’ des excuses pour ses propos.

    Le Comité Arabe-Américain contre la discrimination (ADC) s’est dit ‘’alarmé’’ par les propos du congressman Tancredo, soulignant qu’’’il est irresponsable de la part d’un membre du Congrès américain de prôner la destruction du lieu saint de 1,2 milliard de Musulmans’’, mettant en garde contre les conséquences que pourrait avoir une rhétorique irrationnelle contre les Arabes et les Musulmans, surtout si elle est exprimée par des membres du Congrès, de l’administration ou des médias.

    ‘’Alors que nous devons tous, tout faire pour trouver les terroristes et les empêcher d’attaquer à nouveau, prôner une attaque nucléaire contre un lieu saint vénéré par 1,2 milliard de Musulmans est tout-à-fait inacceptable et contraire aux valeurs et traditions américaines de liberté et de tolérance religieuse’’, a notamment souligné l’ancienne membre du Congrès et présidente d’ADC, Mary rose Oakar, dans une lettre à Tancredo.

    ADC qui a demandé à Tancredo de fournir ‘’une explication immédiate et publique’’ exhorte ses membres et supporters à contacter le congressman pour lui demander des explications et des excuses. Le conseil a demandé aux membres du Congrès et à l’Administration Bush de dénoncer les propos de Tancredo et d’expliquer clairement que lancer une bombe nucléaire sur la Mecque ne fait pas partie de la politique américaine visant à gagner la guerre contre le terrorisme.

    Le congressman Tom Tancredo a déclaré la semaine dernière sur les ondes d’une radio de Floride que si des attentats à l’arme nucléaire étaient commis contre les Etats-Unis, l’Amérique répondrait par des frappes sur la Mecque et d’autres hauts lieux de l’Islam. L’Institut arabe-américain a lui aussi, demandé au congressman de ‘’s’excuser immédiatement’’ pour sa déclaration qu’il a qualifiée de déclaration ‘’dangereuse qui ne sied pas à un membre du Congrès’’.

    ‘’Ce genre de discours tenu par un responsable élu, est préjudiciable à la guerre contre le terrorisme et ne représente pas les sentiments du peuple américain’’, a affirmé le président de l’institut, James Zogby, ajoutant qu’’’un tel langage irresponsable ne fait que creuser davantage le gouffre entre les Etats-Unis et le monde arabe et Musulman’’.‘’Tancredo devrait présenter des excuses immédiatement’’, a insisté Zogby.Le porte-parole adjoint du département d’Etat, Adam Ereli, a déclaré ce mardi, que des remarques offensantes à l’Islam, quelle qu’en soit l’origine, sont ‘’un affront et insulte pour nous tous’’.

    Le gouvernement des Etats-Unis respecte l’Islam en tant que religion et respecte ses lieux saints, a-t-il dit, ajoutant que les USA sont un pays de diversité religieuse et que les citoyens américains, qu’ils soient musulmans, chrétiens ou juifs respectent la dignité et le caractère sacré des autres religions. ‘’Nous croyons, a-t-il conclu, que nous faisons partie d’une seule famille humaine et que les ennemis de cette famille sont ceux qui utilisent le nom de la religion pour poursuivre une idéologie de violence et de haine totalement contraire aux enseignements auxquels toute personne de foi croit, quelle que soit sa religion.
    © Casafree

    'LA TRAITE NÉGRIÈRE: UN CRIME CONTRE L'HUMANITÉ' (France)
    Ancien membre du Parlement européen, Députée de Guyane à l’Assemblée nationale française, Mme Christiane Taubira a donné, le 18 juillet 2005 au Palais du Parlement de Brazzaville, une conférence de presse sur la traite négrière et sur son combat politique au sein de l’Assemblée nationale française. La cérémonie s’est déroulée en présence entre autres, des parlementaires, des enseignants-chercheurs de l’Université Marien Ngouabi, etc.
    par Rogevna Guielle


    18/07/2005 - Mme Taubira, en tant que femme députée noire, a plaidé pour la reconnaissance de l’esclavage comme "crime contre l’humanité", dans un contexte politique français hésitant. Au cours de la conférence de presse, elle est revenue sur le projet de loi de son document relatif à la traite négrière et à l’esclavage, qu'elle a pu défendre avec courage : un grand combat en faveur de ceux de nombreux Africains déportés aux Amériques.

    En 2001, l’Assemblée nationale et le Sénat français ont adopté en deuxième lecture cette loi, dite la "Loi Taubira", reconnaissant que la traite négrière constitue un crime contre l’humanité. Parmi les articles de cette loi figurent, l’Article N°1 qui stipule : «La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du XVè siècle aux Amériques et aux Caraïbes dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes, constituent un crime contre l'humanité».

    L’article N° 2, quant à lui, indique : «Les programmes scolaires et les programmes de recherche en Histoire et en Sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l'esclavage la place conséquente qu'ils méritent. La coopération qui permettra de mettre en articulation les archives écrites disponibles en Europe avec les sources orales et les connaissances archéologiques accumulées en Afrique, dans les Amériques, aux Caraïbes et dans tous les autres territoires ayant connu l'esclavage, sera encouragée et favorisée».

    Outre la reconnaissance de la traite négrière comme crime contre l’humanité et l’insertion des programmes relatifs à l’esclavage, «une requête en reconnaissance de la traite négrière transatlantique ainsi que de la traite dans l'océan Indien et de l'esclavage comme crime contre l'humanité, sera introduite auprès du Conseil de l'Europe des organisations internationales et de l'Organisation des Nations unies», a indiqué Mme Taubira.

    Cette requête vise la recherche d'une date commune au plan international, en vue de commémorer l'abolition de la traite négrière et de l'esclavage, sans préjudice des dates commémoratives propres à chacun des départements d'outre-mer. Fortement influencée par le mouvement de la Négritude, Mme Taubira ne reste pas en marge de la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’intolérance.

    Invitée d'honneur au Festival Panafricain de Musique (FESPAM), elle a appécié à sa juste valeur le thème de cette musicale, à savoir «Héritage de la musique Africaine dans les Amériques et les Caraïbes». «Dans tous les pays où on parle de nos diasporas d’Afrique, des Amériques et des Caraïbes, il y’a un véritable élan. La traite négrière et l’esclavage ont donné lieu à cette horrible déportation des Africains vers les Amériques et les Caraïbes, donnant ainsi le métissage entre Africains et Amérindiens, Africains et européens et asiatiques. Ces rencontres sont des rencontres de cultures», a-t-elle indiqué.
    © Congo Site

    LA HALDE REÇOIT UNE MAJORITÉ DE PLAINTES SUR L'EMPLOI (France)
    18/07/2005 - La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité a reçu depuis sa mise en place au printemps 400 plaintes, dont la moitié concerne l'emploi, déclare son président, Louis Schweitzer, à l'issue d'un entretien avec Dominique de Villepin.

    "C'était ma première visite au Premier ministre en tant que président de la Halde. Nous lui avons rendu compte des conditions d'installation pratiques, de l'état des premières affaires. Nous avons reçu à ce jour 400 plaintes. Près de la moitié concernent l'emploi", a-t-il dit à l'issue de l'entretien.

    "La première source de discrimination, c'est l'origine", a souligné Louis Schweitzer, qui s'est félicité d'avoir "de la part des ministères et des administrations les concours que nous espérons".

    Mise en place au printemps, la Halde a été installé officiellement par le président Jacques Chirac le 23 juin. Elle a pour mission de combattre toutes les formes de discrimination - racisme, sexisme, intolérance religieuse, homophobie.

    Toute personne qui s'estime victime de discrimination peut faire appel à la Halde, qui est habilitée à saisir le parquet.
    © Reuters

    UN BAC TROP MODERNE POUR LES CONSERVATEURS (France)
    Un vent de scandale souffle sur les sujets du baccalauréat 2005. En cause, deux sujets touchant à la tolérance et à l’IVG jugés amoraux par les plus conservateurs.

    19/07/2005 - Le médiateur de l’éducation nationale, Jacky Simon, a reçu aux alentours de 300 mails de protestations à la suite des épreuves du baccalauréat 2005. L’ire des contestataires se portait le sujet de français en STT-STI et celui de sciences en filière littéraire.

    En ce qui concerne l’épreuve de français de STT-STI (la moins critiquée des deux), il était demandé aux élèves d’imaginer la lettre que Lily, la petite somalienne de la chanson de Pierre Perret, aurait écrite à ses parents un an après son arrivée en France en dénonçant « l’intolérance et le racisme dont elle est victime ». Aussitôt, le syndicat enseignant Snalc-CSEN, scandalisé, s’est insurgé « contre le fait que ces postures ou opinions soient imposées aux candidats par le libellé du sujet » ! Quelle honte que l’éducation nationale essaie de faire passer un tel message de tolérance auprès des jeunes, voyons !

    Mais le pur, le dur, le vrai esclandre du millésime 2005 reste le sujet d’enseignement scientifique en bac littéraire. Imaginez ! Celui-ci demandait aux élèves (tous chastes et innocents, bien entendu) de « dégager des arguments en faveur de l’autorisation légale de l’IVG en France », et d’ « argumenter l’idée selon laquelle l’avortement n’est pas considéré comme un moyen de contraception » à partir d’un article de presse affirmant notamment que « la contraception et, en cas d’échec, le recours à l’IVG ont permis le passage d’un modèle de maternité sous contrainte à celui de maternité choisie ».

    Sur ce seul thème, Jacky Simon a reçu chaque jour une dizaine de réclamations depuis la parution des sujets. Ces mails enflammés provenaient, on s’en serait douté, de quatre associations anti-avortement ainsi que de la direction diocésaine de l’enseignement catholique de Paris. Le médiateur leur a alors répondu en expliquant que : « ce n’était pas une épreuve philosophique où on aurait demandé un avis sur l’IVG ». En effet, force est de constater que cet énoncé, bien que portant sur un sujet parfois sensible, se base principalement sur des faits et rentre strictement dans le cadre de la loi française pour laquelle l’avortement est légal depuis déjà trente ans. Le ministère a, quant à lui, reconnu que ces sujets pouvaient effectivement « agacer » et préciser que « ce genre de choses ne doit pas se reproduire ».

    Il semble pourtant important de rappeler à certains que, même si nous avons tous des opinions différentes, la loi est la loi et la France le « pays des droits de l’homme » !
    © Marianne

    RASSEMBLEMENT DE PROTESTATION APRÈS LES PROPOS RACISTES DE PHILIPPE DE VILLIERS SUR TF1 (France)
    19/07/2005 - Après les graves propos tenus par Philippe de Villiers le samedi 16 juillet 2005 à 13 h dans le journal de TF1, propos qui sciemment amalgamaient islam, islamiste, et terrorisme, qui représentent une véritable provocation à la haine, au raciste, et sont une incitation à la violence à l'encontre des musulmans, le MRAP appelle à un rassemblement de protestation le jeudi 21 juillet.

    Il souhaite par cette action dénoncer ces propos irresponsables et dangereux afin de refuser la banalisation de ce type de haine. Le MRAP appelle toutes celles et tous que ces propos ont choqué et révulsé à venir exprimer leur indignation jeudi 21 juillet à 18 heures, devant le siège du Mouvement pour la France, 35 avenue de la Motte Picquet (Paris 7ème), métro Ecole militaire

    COMMUNIQUÉ DU 18 JUILLET
    P. de Villiers sur TF1 : des propos infâmants, dangereux et irresponsables

    Le MRAP tient à condamner les propos infâmants, dangereux et irresponsables tenus par Philippe de Villiers samedi 16 juillet 2005 à 13 h dans le journal de TF1. Ce jour là, sans retenue, le Président du Mouvement pour la France, ose déclarer :

    « (...) Depuis le 5 juillet, Claire Chazal, nous savons, nous les leaders politiques, nous savons que la troisième guerre mondiale est déclarée. C'est une guerre qui a été déclarée et déclanchée par l'islamisme radical. Et nous ne pouvons pas continuer à assister impuissants à l'islamisation progressive de la société française.

    « Il faut donc d'urgence (et moi c'est la proposition que je fais en profitant de votre antenne) créer une garde nationale qui aura trois missions :

    « La première : rétablir les frontières (tant pis pour l'Europe, tant pis si on doit dénoncer le traité de Schengen) et les contrôler.

    « Deuxième mission : investir les quartiers islamistes.

    « Troisième mission : contrôler les mosquées. Je ne comprends pas la proposition du Ministre de l'Intérieur (et je lui demande d'y renoncer) qui consiste à faire financer les mosquées par les contribuables français.

    « (...) Moi je crois que l'Islam est le terreau de l'islamisme, et l'islamisme le terreau du terrorisme, donc on ferait mieux de faire attention. »

    Ces propos indignes constituent pour le MRAP un véritable appel à la haine, à la provocation et au racisme. Ils sont marqués du sceau de l'irresponsabilité morale, politique, et éthique.

    A l'heure où, et c'est tout à leur honneur, les responsables politiques ont évité dans leur ensemble la confusion et l'amalgame entre les exactions criminelles de barbares fanatisés et l'ensemble de la communauté musulmane, Philippe de Villiers s'autorise à franchir la ligne de l'inacceptable en jetant l'anathème sur tous les musulmans rendus à ses yeux coupables et comptables des horreurs commises par des fanatiques. Par cette déclaration, Philippe de Villiers se situe délibérément sur le même terrain et joue sur les mêmes ressorts que les terroristes, à savoir la haine et la peur pour distiller la violence et le racisme.

    Devant la gravité de ces propos publics, le MRAP saisit ce jour le Président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, Louis Schweitzer.

    Enfin, le MRAP tient à attirer l'attention de tout un chacun devant une vénéneuse surenchère politique aux dégâts incommensurables, l'une visant à instrumentaliser l'immigration non choisie, l'autre visant participant aux amalgames entre islam, intégrisme, et terrorisme. Leur point commun : exciter le rejet, inciter à l'exclusion, nuire aux efforts de tous ceux qui participent à la construction du vivre ensemble.
    © Saphir Net

    ERNST ZÜNDEL A ÉTÉ INCULPÉ POUR INCITATION À LA HAINE RACIALE (Allemagne)
    19/07/2005 - Le négationniste allemand Ernst Zundel a été inculpé pour incitation à la haine raciale, a annoncé mardi le parquet de Mannheim, dans le sud-ouest de l'Allemagne.

    Cet homme extradé du Canada début mars est accusé d'antisémitisme et de négation du génocide des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Il diffusait notamment ses idées par le biais d'Internet, selon le parquet.

    Zundel est "connu internationalement en tant que leader de la droite", ont affirmé les procureurs de Mannhein dans un document faisant état des 14 chefs d'accusation retenus contre lui.

    On ignore encore à quel moment pourrait avoir lieu le procès de Zundel, qui permettra, souhaitent les dirigeants juifs, d'accroître la prise de conscience face à l'Holocauste.

    Zundel a été arrêté dès son arrivée en Allemagne en mars, à la suite d'une longue bataille judiciaire; il est depuis détenu.

    Les autorités canadiennes ont déporté Zundel après que le juge Pierre Blais, de la Cour fédérale, eut statué que son association avec des néo-nazis et des groupes prônant la suprématie de la race blanche et la violence menaçait la sécurité nationale et "la communauté des nations".

    Né en Allemagne en 1939, Ernst Zundel a émigré au Canada en 1958 et vécu à Toronto et Montréal jusqu'en 2001. Les autorités canadiennes ont rejeté ses demandes de naturalisation en 1966 et 1994.

    L'homme a déménagé à Pigeon Forge, au Tennessee, avant d'être extradé vers le Canada, en 2003, pour de présumées infractions à la loi sur l'immigration.

    Il était incarcéré depuis 2003 en vertu d'un certificat de sécurité, qui autorise la détention pour une durée indéterminée, sur la foi de preuves tenues secrètes, sans que la personne n'ait fait l'objet d'une accusation ou subi un procès.

    Les procureurs allemands détenaient un mandat d'arrestation datant de 2003 contre Zundel pour des décennies d'activités antisémites, y compris la négation répétée de la réalité de l'Holocauste, ce qui constitue un crime en Allemagne.

    Le site Internet négationniste d'Ernst Zundel, basé aux Etats-Unis, étant accessible en Allemagne, les autorités de ce pays ont estimé que l'homme propageait son message aux Allemands.
    © La Presse Canadienne

    MOSCOU CONDAMNE LA TENUE D'UN RASSEMBLEMENT D'ANCIENS SS EN ESTONIE
    19/07/2005 - Le ministère russe des Affaires étrangères condamne la tenue en Estonie d'un rassemblement d'anciens SS, a annoncé mardi la place Smolenskaïa.

    Le ministère russe des Affaires étrangères a rappelé que des "combattants estoniens de la liberté venus des Pays baltes, de Finlande, de Suède et du Canada s'étaient rassemblés le 16 juillet à Tartou. Ces gens avaient appartenu à la 20e division SS estonienne et aux formations armées illégales "Frères de la forêt".

    "La partie russe a condamné à maintes reprises ces rassemblements organisés périodiquement dans les Pays baltes. C'est d'autant plus intolérable qu'ils se tiennent dans des pays qui viennent d'adhérer à l'Union européenne, dont les membres se déclarent préoccupés par le regain d'activité des mouvements néo-fascistes et réclament l'interdiction de la symbolique nazie", lit-on dans le communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

    Ce dernier souligne que la résolution de la 61e session du Comité de l'ONU pour les droits de l'homme fait état de la profonde préoccupation causée par l'essor des mouvements extrémistes et des partis politiques prônant le racisme et la xénophobie, propageant l'idéologie du fascisme et de la suprématie raciale.

    "Nous sommes sûrs que 60 ans après la défaite du fascisme l'humanité doit retrouver sa cohésion pour mener une lutte sans compromis contre le renouveau de la peste brune. On ne doit pas laisser les revanchards relever la tête et entraîner la jeune génération sous leur bannière. Car, c'est notoire, l'histoire châtie sévèrement ceux dont la vigilance se relâche et qui ne tiennent pas compte de ses leçons", relève le ministère russe des Affaires étrangères.
    © Novosti

    BEESTON, LIEU D'ORIGINE DES TERRORISTES, VIT ENTRE RUMEURS ET INQUIÉTUDE (Grande-Bretagne)
    Par Frédéric Potet

    18/07/2005 - Un bref vent d'inquiétude a soufflé, dimanche soir 17 juillet, dans les rues de Beeston, cette banlieue du sud de Leeds, dans le west Yorkshire, au nord de l'Angleterre, dont sont originaires les auteurs des attentats du 7 juillet dans les transports publics londoniens.

    L'arrestation de six personnes, ces derniers jours, a laissé croire que l'enquête rebondissait de manière spectaculaire. Fausse alerte. Après avoir indiqué, par erreur, que ces interpellations tombaient sous le coup de la loi antiterroriste, la police du West Yorkshire a expliqué qu'elles étaient liées à de banals problèmes d'immigration.

    Beeston se serait bien passé de cet épisode. Coeur de la plus grande enquête antiterroriste jamais menée sur le sol britannique, ce quartier de petites maisons de briques rouges aspire à des jours tranquilles. Aussi tranquille que le week-end qu'il vient de passer.

    On annonçait pourtant de l'agitation à Beeston, ces jours-ci. La rumeur avait couru que le British National Party (BNP), un parti d'extrême droite, organiserait une marche. Des sites Internet avaient également annoncé la venue de hooligans de plusieurs clubs de football londoniens, animés d'une forte envie de représailles.

    Rien ne s'est passé, alors que les autorités de Leeds avaient pris la précaution de distribuer des tracts avec plusieurs numéros de téléphone pour les personnes qui se feraient agresser.

    La forte présence policière est, il est vrai, dissuasive depuis une semaine. "Il y a trop de flics en ce moment" , se désole Gareth, un maçon de 21 ans, croisé à la terrasse d'un pub avec trois amis aux cheveux courts ou rasés. Ces quatre supporteurs de Leeds United n'attendent qu'une chose : en découdre avec les jeunes de la communauté musulmane de Beeston.

    "100 % BLANC"
    La "baston", ils connaissent. L'un d'eux, Adam, a le bras en écharpe. "Pas une bagarre avec un "Paki", mais avec un Blanc" , précise ce plâtrier de 23 ans. Gareth raconte, lui, être poursuivi pour agression raciale après s'être battu contre un jeune d'origine pakistanaise. "Ce sont les musulmans qui créent la plupart des problèmes par ici , enrage-t-il. Mais vous n'avez pas le droit de les toucher, sinon vous passez pour un raciste."

    Les bombes du 7 juillet ont amplifié sa haine. "Ça ne m'étonnerait pas qu'un fish and chips, tenu par un Paki explose un de ces jours" , prédit-il dans un sourire de dents gâtées. Avant d'aller chercher sa deuxième pinte de la journée, le jeune maçon soulève son T-shirt pour montrer deux tatouages au niveau du nombril. L'un est un idéogramme chinois signifiant "le mal" . L'autre ne demande aucune traduction : "100 % blanc."

    Dimanche 17 juillet, le Sunday Times évaluait à 500 le nombre d'agressions raciales et religieuses enregistrées depuis les attentats. Il y en a, en général, entre 50 et 60 dans une semaine "normale".

    Beeston, entre rumeurs et inquiétude cherche toujours à comprendre ce qui a bien pu se passer, le 7 juillet. Et ce climat de tension donne naissance à des scènes irréelles.

    A Cross Flatt's, ce parc que les poseurs de bombes avaient l'habitude de fréquenter, un homme d'origine pakistanaise s'adresse avec véhémence à des jeunes du coin, venus l'écouter. Lui ou un autre, toutes les théories circulent, autant savoir ce qu'elles ont a raconter. Le prédicateur improvisé vient de recevoir un DVD, qui est une "enquête" , dit-il, sur les attentats du 11-Septembre aux Etats-Unis. "Comment un avion si gros a fait un trou si petit ?" , peut-on lire sur la pochette où apparaît le Boeing qui s'est écrasé sur le Pentagone.

    En filigrane arrive très vite la thèse d'une vaste "conspiration judéo-américaine" dirigée contre l'islam. La transition se fait alors naturellement jusqu'aux poseurs de bombes du 7 juillet. "Le mercredi soir, je les ai vus jouer au football et au cricket dans ce parc ! Est-ce vraiment quelque chose qu'on fait la veille d'aller poser des bombes ?" , lance l'orateur, reprenant à son compte la thèse, déjà abordée par la presse britannique, selon laquelle les quatre terroristes n'avaient aucunement envie de se suicider, mais qu'ils ont été manipulés. Mais par qui ? Par des fous religieux du Pakistan ? Ou par des ennemis de l'islam ? L'homme a fini son prêche. La quinzaine de jeunes adultes présents autour de lui n'a pas bronché.

    S'il en dit long sur la paranoïa ambiante, cet épisode de la vie à Beeston n'en demeure pas moins marginal. La grande majorité des habitants condamne l'atrocité du 7 juillet et redoute les amalgames qui risquent d'être faits. Le quartier veut aussi montrer son unité.

    Un projet est actuellement à l'étude : organiser une "marche de la paix" entre Beeston et Londres.
    © Le Monde

    GUERRE D'IDENTITÉ À LONDRES (Grande-Bretagne)
    La marginalisation sociale des jeunes issus de l'immigration favorise l'implantation des idéologues du fanatisme religieux international au coeur même des sociétés occidentales. Par Sami NAIR, professeur de sciences politiques à l'université Paris 8.

    19/07/2005 - A Madrid, ce furent des tueurs télécommandés, des spécialistes formés dans des camps d'entraînement et des complices locaux non intégrés dans la société espagnole. A Londres, c'est différent. Ce sont des enfants du pays, nés dans le pays, éduqués dans le pays, ressortissants nationaux du pays. Les parents, de première génération immigrée, sont eux-mêmes intégrés ­ et les jeunes terroristes aussi ; l'un d'entre eux, Mohamed Sidi Khan, occupant même le rôle ô combien admirable et difficile d'éducateur enseignant dans des écoles primaires pour enfants de familles récemment immigrées. Le terrorisme n'est plus extérieur, désormais il se nourrit des frustrations intérieures à chaque société. La Grande-Bretagne s'interroge : elle ne comprend pas, elle n'en revient pas. Pourtant, ce ne sont pas les réponses qui manquent. Bien sûr, il y a celles des idéologues patentés du«choc des civilisations» : «Ils (les musulmans) nous haïssent !» crie l'un, spécialiste en banalités ; «Ils sont fanatisés !» répond l'autre en écho.

    Le point commun de ces prétendus experts : ils ne connaissent pas ces jeunes, ni leurs angoisses ni leur haine ni leur monde. Ils n'ont aucune idée des séismes obscurs qui travaillent la conscience des êtres de double identité ; ils n'imaginent pas une seconde la douleur des humiliations subies et la dureté des haines lentement mûries. Les chefs terroristes, eux, savent cela. Les idéologues du terrorisme international d'inspiration religieuse savent comment parler à ces jeunes, comment les plonger dans l'état d'esprit d'abord de la révolte, puis de la foi, puis du sacrifice. Ils savent comment leur faire admettre que tuer des civils innocents chez eux n'est pas un crime mais au contraire un acte de foi héroïque, une saine vengeance de Dieu ­ et ils savent les persuader qu'ils ont été choisis par Dieu pour commettre ces actes criminels. La force d'Al-Qaeda ne vient pas de ses réseaux, qui sont la plupart du temps artisanaux, elle vient de ce que l'esprit Al-Qaeda, la méthode et la volonté du sacrifice se sont individualisés et qu'ils se sont littéralement enracinés dans le terreau des démocraties occidentales. C'est que le champ est fertile.

    La première idée qu'il faut admettre, c'est que pour une partie importante des populations musulmanes dans le monde et dans les démocraties occidentales en particulier, nous ne vivons pas, sur le plan des relations internationales, dans un système de droit mais dans un état de guerre. Plusieurs raisons viennent alimenter cette conviction : leurs difficultés d'intégration, qui résultent autant du racisme confessionnel ambiant en Occident à l'égard de l'islam que de la radicalisation de groupes fanatiques à l'intérieur même de leur «communauté» ; les formes de plus en plus humiliantes de marginalité sociale des jeunes issus de l'immigration ; l'apartheid communautariste imposé à ces immigrés tant sur le plan de l'insertion dans la ville (la ghettoïsation) que sur celui des valeurs d'appartenance («Vous êtes différents, leur dit-on, admirez notre tolérance !»).

    L'absence de valeurs d'appartenance commune est certainement le point le plus important : à force de les renvoyer à leur particularisme, au nom d'un multiculturalisme aussi bête que sournoisement raciste, on aboutit à briser leur droit à aller vers la société commune, à se fondre en elle, et, par ce fait même, on les enferme encore plus dans leur ghetto identitaire et culturel. La Grande-Bretagne, qui a, pour des raisons pas toujours avouables (sur le fond, comme l'avait démontré voilà des décennies Richard Hoggart dans la Culture du pauvre, par racisme social et culturel), fait du multiculturalisme et de l'apologie des différences sa feuille de vigne identitaire, en paie aujourd'hui les conséquences.

    Ce n'est pas le multiculturalisme en soi qui est un problème, c'est le sol sur lequel il repose qui est marécageux : il n'y a plus d'appartenance commune. Or, le multiculturalisme sans communauté citoyenne de base, sans valeurs fondamentales véritablement partagées, c'est la guerre de tous contre tous. Ces jeunes Britanniques musulmans qui se sont transformés en kamikazes ne se sentent apparemment pas faire partie du «nous» commun britannique. Sinon, on ne voit pas comment ils auraient pu être convaincus de tuer des innocents dans leur propre pays.

    Cette distanciation psychologique est redoublée par la colère de ces jeunes devant l'injustice. Celle qui leur est socialement imposée tous les jours ; celle, plus corrodante encore, qui s'étale à longueur de journée dans les affaires du monde. Voici ce que dit Salim Lone, ancien porte-parole de la mission des Nations unies en Irak : «Oui, les terroristes sont barbares. Mais il ne faudrait pas oublier les crimes contre l'humanité récemment commis à Fallouja, à Nadjaf, Kaim (Irak), Jénine (Palestine) et dans les villages et les montagnes d'Afghanistan. Qui est le plus barbare ?... Pour chaque Occidental tué par des terroristes musulmans depuis la fin de la guerre froide, au moins 100 musulmans sont morts dans les guerres et les occupations perpétrées par l'Ouest.» (The Guardian, 12 et 13 juillet 2005.)

    Evidemment, ce sont là des vérités dérangeantes quand l'explication officielle développée par les pouvoirs et leurs médias rapporte tout à des notions simples : terroristes, barbares, fanatiques, islamistes. Qui pense aux dizaines de milliers de civils assassinés en Irak depuis l'intervention illégale des Etats-Unis et de leurs alliés ? Comment justifier l'existence d'un état de droit à l'échelle du monde civilisé quand les principaux responsables de cette sanglante tuerie, George Bush, Tony Blair et leurs serviteurs continuent de gouverner, soutenus par la majorité de leurs peuples, et même à donner des leçons de droits de l'homme ? C'est cela qui fait que pour une partie importante de ces populations, le droit occidental est hypocrisie et la justice internationale tromperie.

    Cela, les maîtres laveurs de cerveaux du terrorisme fondamentaliste savent le mettre en évidence. Mais ont-ils beaucoup d'efforts à faire ? Il suffit de passer quelques heures avec des jeunes et moins jeunes relégués dans leur différence, dans leur misère morale, pour mesurer leur dédoublement identitaire ­ et l'admiration qu'ils professent pour ceux qui luttent en Irak, en Afghanistan, contre le «nouveau» colonialisme occidental. La force d'Al-Qaeda, c'est en vérité de leur fournir une identité de substitution (comparable dans ses effets terrifiants à celle qu'un démagogue fasciste donne aux chômeurs pour les dresser contre les étrangers) ­ et de placer leur combat sur le plan de cette identité. Voilà pourquoi, assassinant hier des Britanniques, demain d'autres civils en Occident, ils n'ont pas l'impression de toucher à leur peuple... Ils se sont placés hors «nous» pour mille raisons et s'y opposent en rentrant pleinement dans l'identité-refuge que leur sert le fanatisme intégriste. La mort, pour eux, devient une libération.

    Le dilemme est donc clair : ou bien l'on est capable de fournir à ces populations, au-delà de leur singularité culturelle et confessionnelle, le sentiment d'appartenir au «nous» commun, à la société d'accueil et de naissance, et alors l'existence de cette identité de base agit comme un bouclier contre toutes les formes de perversion identitaire. Ou bien, on les maintient hors communauté citoyenne et, au nom de leurs différences culturelles, on crée de fait les conditions qui les livreront aux maîtres terroristes qui leur proposent, eux, une identité sacrée et transnationale. La tragédie de Londres, c'est celle de la séparation, de l'injustice, de l'absence de communauté d'appartenance, de l'idée même de nation. N'en profite que le terrorisme fascisant.
    © Libération

    RIGA INTERDIT UNE PARADE HOMOSEXUELLE DÉCRIÉE PAR LE PREMIER MINISTRE (Lettonie)
    20/07/2005 - Le conseil municipal de Riga a décidé d'interdire la première parade homosexuelle organisée en Lettonie après de vives critiques. Le Premier ministre Kalvitis a qualifié «d'inacceptable» une manifestation de minorités sexuelles près de l'Eglise du Dôme.

    «Le conseil municipal a décidé d'interdire la parade des homosexuels prévue ce week-end dans le centre-ville», a déclaré à l'AFP Ugis Vidavskis, porte-parole de la mairie. L'organisation lettone de gays et lesbiens à l'origine de la manifestation «Riga Pride 2005» en a été informée mercredi, alors que l'événement était prévu trois jours plus tard, samedi. Des représentants d'autres pays européens dont la Lituanie, l'Estonie, la Suède, la Russie et la Finlande, étaient invités à cette parade.

    «La sécurité est la principale raison à l'interdiction de cette parade. Le Premier ministre a mis en garde contre de possibles désordres et incidents et nous ne pouvons l'ignorer», a précisé M. Vidavskis.

    «De plus, nous avons reçu de très nombreux courriels et appels téléphoniques négatifs contre cet événement. Nous ne pouvons pas non plus ignorer la voix de la population», a ajouté le porte-parole.

    «Une manifestation de minorités sexuelles dans le coeur même de Riga, près de l'Eglise du Dôme, ce serait inacceptable», a déclaré M. Kalvitis lors d'un entretien télévisé dans la matinée. «Nous ne pouvons promouvoir de telles choses», a-t-il affirmé.

    Le Premier ministre a également averti, sans les identifier, que «nombre d'organisations extrémistes étaient déterminées à aller se battre avec les minorités sexuelles». Un responsable de l'organisation des gays et lesbiens, Imants Kozlovskis, a estimé que «cela démontre que la Lettonie n'est pas un pays démocratique».

    «C'est de la discrimination», a-t-il dit. «Cette interdiction montre que le gouvernement letton agit à l'encontre des lois contre les minorités, ce qui veut dire contre sa propre population», a-t-il ajouté.
    © Edipresse

    QUATRE EXTRÉMISTES CONDAMNÉS POUR RACISME (Suisse)
    Quatre dirigeants d’une formation suisse d’extrême droite ont été condamnés par un tribunal argovien à des amendes de 300 à 500 francs.

    18/07/2005 - Le «Parti des Suisses d’orientation nationale» (PNOS, selon son sigle allemand) s’était récemment signalé à l’opinion par deux succès électoraux au niveau communal.

    Reconnus coupables de discrimination raciale, les quatre membres de la direction du PNOS se voient infliger par le tribunal de district d'Aarau des amendes de 300 à 500 francs. Parmi les condamnés figure le président du parti Jonas Gysin.

    Pendant la campagne nationale pour les élections législatives de 2003, le PNOS avait utilisé une affiche à peine modifiée du parti national-socialiste suisse de 1933. Sous le slogan «Nous nettoyons», on y voit une croix suisse repousser des communistes et des juifs.

    Les quatre prévenus ont également été condamnés pour le contenu du «programme politique» du PNOS qui insulte les étrangers et demande leur expulsion de Suisse.

    En août 2003, Heinz Kaiser, avait déposé plainte contre le PNOS, au nom de l'association «Citoyens du monde en Suisse». Cette ONG reconnue par les Nations Unies a des sections dans une cinquantaine de pays et milite pour la paix et la justice sociale et économique.

    De nombreux antécédents
    Le président du PNOS avait déjà été condamné en septembre 2003 à 30 jours de prison avec sursis pour voie de fait. En octobre 2004, le chef d'une section régionale bernoise du parti a été condamné à 20 jours de prison avec sursis pour rixe et émeute, notamment.

    A Tavel, dans le canton de Fribourg, un membre du PNOS de 34 ans a été condamné à une amende de 500 francs. Il avait distribué des tracts dans lesquels il s'opposait à la création d'un centre pour requérants d’asile. A cette occasion, il a violé la norme pénale antiraciste.

    Le fondateur du PNOS Sacha Kunz a lui aussi été condamné, en novembre 2003, par le Tribunal pénal de Bâle-Campagne à 16 mois de prison avec sursis pour lésions corporelles et voie de fait. Il a été impliqué dans six rixes entre octobre 1999 et juin 2002.

    Coutumier de la chronique judiciaire, le parti a parfois également alimenté la chronique politique locale. En octobre 2004, Tobias Hirschi, membre du PNOS, a été élu au législatif de Langenthal, dans le canton de Berne. En avril 2005, Dominic Bannholzer, aussi membre du PNOS, a été élu à l'exécutif de Günsberg, dans le canton de Soleure.
    © Télévision Suisse Romande

    LES CLANDESTINS FACE AUX ABUS (Union Européenne)
    Malgré la signature de la Charte Européenne des Droits Fondamentaux en 2000, le comportement de plusieurs Etats membres à l’égard des immigrants, en règle ou non, est loin d’être satisfaisant.

    18/07/2005 - Les personnes entrant illégalement dans un pays forment le groupe le plus vulnérable d’une société en terme de protection des droits de l’Homme. Des droits qui, en dépit de leur statut de clandestins, devraient leur être accordés. Depuis que la seule alternative à l’exploitation et à la répression par la force reste la déportation, la violation des droits des immigrants sévit à travers l’Europe. La tragédie de « Morecambe Bay » du 5 février 2004, au cours de laquelle 23 travailleurs chinois se sont noyés alors qu’ils récoltaient des coques sur la côte du Lancashire, a exposé aux yeux de tous une vérité crue sur l’exploitation de la main d’œuvre immigrante en Europe. Ces ramasseurs de coques étaient payés £1 par jour alors qu’ils travaillaient pour une entreprise, dont la valeur s’élève à plusieurs millions de livres par an dans cette seule région d’Angleterre. L’incident a créé un scandale dans le pays, et pourtant, dès le mois de juin suivant, on pouvait observer d’autres immigrants clandestins chinois récoltant des coques sur ce même banc de boue. Une réalité démontrant encore plus l’échec flagrant du Royaume-Uni à respecter ses obligations notamment concernant les droits de l’homme.

    Des lois anti ou pro-terreur ?
    La Grande-Bretagne a également dû affronter les critiques en rapport avec son récent « Acte de Prévention du Terrorisme » qui permet aux « control orders » de limiter les activités de terroristes présumés, grâce au port d’un bracelet électronique ou l’assignation à résidence. La loi autorise par ailleurs, de façon controversée, un politicien élu (plutôt qu’un juge) à restreindre la liberté d’un citoyen britannique, ce qui représente une véritable transgression des libertés civiles. Même si cette législation ne vise pas spécifiquement les immigrants, c’est sans aucun doute ces derniers, plus particulièrement ceux de religion musulmane, qui subiront le poids de la colère du gouvernement.

    Maintenant que Londres elle-même a été attaquée, par une cellule d’Al-Qaeda, on peut s’attendre à une plus forte restriction de la liberté privée des étrangers musulmans. Et la proposition du gouvernement quant à l’introduction de cartes d’identité va probablement gagner du terrain. Comme le formule le Daily Mail au lendemain des attentats. « La Grande-Bretagne va certainement devoir sacrifier quelques uns de nos anciens droits légaux si nous souhaitons protéger nos citoyens ». Mais on ne peut autoriser ce genre de mesures si l’on souhaite que les droits de l’homme soient respectés.

    Le débat sur le port du voile
    Mais le non-respect des droits des immigrants musulmans ne se limite pas au seul territoire britannique. Tous les états membres de l’UE sont unis dans leur désir d’intégrer culturellement et socialement les migrants au sein de leur société, dans l’espoir d’empêcher les groupes de minorités ethniques d’être marginalisés. Mais il arrive que ces efforts pour effacer les différences aillent trop loin. L’introduction en septembre 2004 d’une loi française interdisant tout symbole religieux dans les écoles publiques a mis beaucoup de musulmans français face à un dilemme.

    Les jeunes filles musulmanes devraient-elles se plier à la loi et par là même, aller à l’encontre de leur religion. Ou devraient-elles continuer à porter le foulard et ainsi compromettre leur éducation en s’exposant à une possible expulsion de l’école ? La position du gouvernement français visait à renforçer la tradition séculaire de la République, jugée comme vitale pour l’intégration sociale des 5 millions de musulmans français. Cependant, en termes de légalité, cette interdiction de la France a largement été considérée comme une violation, à la fois de la Convention de Genève de 1951 qui exige que « la liberté de pratiquer sa religion » soit garantie à tous les expatriés et immigrants, et de la Convention Européenne sur les droits de l’homme qui déclare que « tous les immigrants doivent être libres d’afficher leur religion. »

    Espérons que l’Europe arrivera à embrasser le futur multiculturel qui l’attend à travers un traitement plus sensible des immigrants et qu’elle ne négligera pas les droits de l’Homme pour devenir un club privé de membres intolérants.
    © Babel International

    VERS UNE AGENCE EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME (Union Européenne)
    L'Europe est toujours prête à donner des leçons. Et ce, alors que des violations des droits fondamentaux sont parfois commises sur son sol. Afin de lutter contre ces manquements, Bruxelles va lancer une Agence à l'horizon 2007.

    18/07/2005 - Depuis le Traité de Rome (1957) et la ratification de la Charte des Droits Fondamentaux en 2000, les droits de l’Homme représentent pour l'Union Européenne un sujet de premier plan dans ses relations avec les autres régions du globe. A la suite du Traité de Maastricht (1992), le non respect de ces règles par un pays tiers s’est traduit par une suspension des concessions commerciales et une baisse des subventions. Et concrètement, que fait l'Europe pour garantir le respect de ces principes essentiels ?

    Un Observatoire concoctant des stratégies
    L'attention est surtout centrée sur les demandeurs d'asile et les immigrants. L'Europe s'engage ainsi à combattre le racisme, la xénophobie et les autres types de discrimination envers les minorités. Une tâche qu’elle gère à travers l'Observatoire des Phénomènes Racistes et Xénophobes (EUMC), dont la principale mission est de fournir aux Etats membres des données sur de tels agissements. En disséquant leurs causes, leurs conséquences et leurs effets. L'Observatoire se charge aussi de diffuser des exemples de mesures efficaces en matière d'intégration des immigrants et des minorités ethniques et religieuses. Doté d'un budget global de cent millions d'euros réparti entre 2001 et 2006, l'Observatoire s’occupe par ailleurs du contrôle de la situation globale au sein de l'Union Européenne et prévoit une évaluation des actions pays par pays.

    Une Agence qui ne soit pas uniquement une base de données
    Les missions de l'EUMC semblent néanmoins parfois limitées. Une raison qui a conduit à la transformation de l’Observatoire en une Agence des Droits Fondamentaux. En novembre 2004, le Président de la Commission, José Manuel Barroso, a présenté les Commissaires responsables des droits fondamentaux. Le groupe, qui a commencé son travail en décembre sera en charge de garantir la cohérence des initiatives de la Commission concernant les principes fondamentaux comme la lutte contre la discrimination, l’égalité des chances et l'intégration sociale des minorités. D'après Franco Frattini, vice-président de la Commission et commissaire pour la Justice, la Liberté et la Sécurité, l'Agence devrait être opérationnelle à partir du 1er janvier 2007.

    La Commission, en soutenant les travaux pour la création de l'Agence, a souhaité prendre en compte les résultats d'une consultation lancée en octobre 2004 afin de connaître l'opinion du public, du Parlement et des Etats membres. Quasiment 90% des personnes interrogées se sont déclarées favorables à la prise de mesures rigoureuses envers les cas de discrimination, se plaignant d'une application trop lente des règles déjà établies dans chaque Etat membres. Or, selon plusieurs représentants d’ONG, l’efficacité d’une agence pour les droits fondamentaux ne sera assurée que si la Commission nomme un représentant spécial, censé jouir d'une véritable indépendance politique et ne se limitant pas à offrir un résumé d’informations sur ces mêmes principes. Le vrai défi sera de passer de la parole aux actes. En étant apte à intervenir avec des sanctions adéquates en cas de transgression.
    © Babel International

    LA COMMISSION APPUIE LA CRÉATION D'UNE COALITION CONTRE LE RACISME (Canada)
    18/07/2005 - Lors de la récente conférence de l'Association canadienne des commissions et conseils des droits de la personne (ACCCDP) qui a eu lieu à Saskatoon (Saskatchewan), les commissions des droits de la personne ont accepté d'appuyer en principe le travail de la Commission canadienne pour l'UNESCO (CCU) qui demande l'établissement d'une coalition canadienne des municipalités contre le racisme.

    Les commissions suivantes appuient l'initiative : l'Alberta Human Rights and Citizenship Commission, la Commission des droits de la personne du Manitoba, la Commission des droits de la personne de l'Ontario, la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick, la Commission des droits de la personne de Terre-Neuve-et-Labrador, la Commission des droits de la personne des Territoires du Nord-Ouest, la Commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse, la Commission des droits de la personne de l'Île-du-Prince-Édouard, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec, la Commission des droits de la personne de la Saskatchewan et la Commission des droits de la personne du Territoire du Yukon.

    Les commissions ont décidé d'appuyer l'initiative dans leurs propres compétences et dans le cadre de leurs propres priorités et ressources.

    La proposition de créer une coalition canadienne des municipalités contre le racisme est fondée sur le plan de l'UNESCO (l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture) visant la Coalition internationale des villes contre le racisme. Lancé en 2004, l'objectif du plan est d'établir un réseau global de coalitions régionales qui s'engagent à la lutte contre le racisme.

    La proposition préliminaire de la coalition canadienne demande aux municipalités d'établir une liste de 10 engagements communs pour lutter contre le racisme dans leurs communautés, dans les domaines du développement, de l'emploi, des services de police, du logement, de la culture et de l'éducation, entre autres.

    Au cours de la prochaine année, la CCU et ses organismes partenaires communiqueront avec les municipalités pour obtenir leurs commentaires et pour leur demander de se joindre à la coalition canadienne. Une fois que la proposition sera finalisée, les municipalités seront invitées à signer une déclaration visant l'adoption des engagements communs. Ensuite, elles pourront élaborer leurs propres plans individuels pour lutter contre le racisme.

    L'Association canadienne des commissions et conseils des droits de la personne (ACCCDP) est un forum pour les associations fédérales, provinciales et territoriales des droits de la personne qui sont responsables de l'administration et de l'exécution de la législation antidiscrimination.

    PERSONNE-RESSOURCE : Francis Young, agent des droits de la personne, Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick, (506) 453-2301.
    © Communications Nouveau-Brunswick

    L'AUTEUR DE L'ATTENTAT DES J.O. D'ATLANTA CONDAMNÉ À LA PRISON À VIE (Etats-Unis)
    18/07/2005 - L'auteur de l'attentat lors des Jeux Olympiques d'Atlanta de 1996, Eric Rudolph a été condamné à la prison à vie pour un autre attentat en janvier 1998. Il avait visé une clinique pratiquant des interruptions de grossesse à Birmingham en Alabama.

    Ce militant d'extrême-droite, "en croisade" notamment contre l'avortement, avait plaidé coupable en avril de plusieurs attentats. Il avait négocié avec la justice américaine pour écarter la possibilité de la peine de mort. Il avait accepté de révéler l'endroit où il avait caché plus d'une centaine de kilos d'explosifs en échange d'une peine réduite à la prison à vie.

    L'accusé âgé de 38 ans, dans une salopette rouge de prisonnier, est resté de glace lundi à l'audience, justifiant même ses actes contre "les usines à avortement".

    "Je les ai visés pour ce qu'ils faisaient, ils tuaient 50 000 bébés par semaine", a-t-il déclaré. "L'avortement, c'est du meurtre. Pour moi, ce n'est pas un droit mais un devoir moral que de protéger mon prochain", a-t-il ajouté.

    Le juge Lynwood Smith a vivement souhaité que le condamné "ressente regrets et remords". "Dans le but professé de protéger la vie humaine, vous avez tué, c'est une de ces énigmes impossibles à résoudre", a-t-il déclaré.

    "Vous avez commis ce crime de sang froid (...) Vous vous êtes pris pour un être supérieur. Vous vous êtes comporté comme les nazis qui cherchaient à éradiquer certains segments de la population", a-t-il ajouté.

    Eric Rudolph avait notamment reconnu avoir posé la bombe durant les JO d'Atlanta en juillet 1996, qui avait provoqué la mort d'une personne et blessé plus d'une centaine d'autres, et pour lequel il pourrait également être condamné à la prison à vie lors d'une audience en août.

    En janvier 1997, il avait fait exploser une bombe dans un centre de planning familial en Georgie, faisant plus de 50 blessés. Douze mois plus tard, il s'était attaqué à une clinique pratiquant des avortements à Birmingham. Un policier avait été tué et une infirmière grièvement blessée. Il est aussi accusé d'une attaque dans un bar gay d'Atlanta qui a fait 5 blessés en 1997.

    Ce menuisier de profession, raciste et homophobe, avait revendiqué les trois derniers attentats au nom d'une mystérieuse "armée de Dieu". Il avait été capturé en mai 2003 dans les montagnes de Caroline du Nord où il a été protégé par la population locale.
    © Télévision Suisse Romande

    LES CRITÈRES RACIAUX RESTENT INTERDITS DANS LES STATISTIQUES (France)
    Laetitia Van Eeckhout

    16/07/2005 - En l'état de la loi, la règle est claire : les statistiques "ethno-raciales" sont proscrites. Alors que le débat sur la discrimination positive relancé par le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, bat son plein, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) tient à recadrer les choses. D'autant que, depuis quelques mois, elle est sollicitée par des entreprises souhaitant promouvoir la diversité et, dans ce cadre, demander à leurs salariés de s'identifier au regard de critères ethniques.

    Dans un rapport adopté le 5 juillet, elle s'attache à clarifier les conditions de mesure de la diversité des origines des salariés dans les entreprises. En l'occurrence, seule est autorisée la collecte de la nationalité du salarié, de sa nationalité d'origine, ainsi que celle de ses parents. Il n'est en revanche pas possible de demander aux individus de choisir une appartenance ethnique type ("Arabes", "Maghrébins"...).

    "En l'absence d'un référentiel national de typologies "ethno-raciales"" , ces données n'auraient aucune "base de comparaison fiable" , relève la CNIL. En outre, elles pourraient porter atteinte à "l'identité" des individus, confinés malgré eux dans des origines raciales ou ethniques "réelles ou supposées" .

    Il reste toujours possible de procéder à une enquête anonyme pour recueillir des données sur la race, pourvu que celles-ci soient ensuite détruites. Mais la CNIL censure tout questionnaire nominatif, jugeant que le consentement des salariés est, dans ce cas, biaisé.

    Aussi met-elle en garde contre toute "analyse de la consonance du nom ou du prénom, de la nationalité ou de l'adresse des personnes aux fins de classement dans des catégories "ethno-raciales"" . Et elle spécifie bien que les informations recueillies sur la nationalité des salariés ne doivent pas être insérées dans les fichiers de gestion courante des ressources humaines.

    La CNIL vient ainsi freiner les velléités des partisans d'un système de comptage ethnique à l'anglo-saxonne. Pour autant, la prise en compte de la diversité dans les entreprises doit être développée, affirment les membres de la commission présidée par Roger Fauroux. Ces derniers viennent, à la demande du ministre de l'emploi, Jean-Louis Borloo, de finaliser un rapport sur "la lutte contre les discriminations ethniques dans le domaine de l'emploi".

    "AVEUGLEMENT VOLONTAIRE"
    Disposer de constats chiffrés, expliquent-ils, permet d'évoluer en mesurant les résultats d'actions entreprises. Et d'établir des comparaisons avec la composition du bassin d'emploi ou du secteur d'activité. L'Insee ou l'Institut national d'études démographiques (INED) recensent déjà, dans plusieurs enquêtes, des données sur la nationalité et le pays de naissance des individus et de leurs parents.

    "La mesure de la diversité a une valeur pédagogique forte en mettant au grand jour les phénomènes discriminatoires. Les gens prendront ainsi conscience de l'ampleur du problème" , insiste Roger Fauroux, qui déplore "l'aveuglement volontaire" dans lequel on a tendance à demeurer en France, en se retranchant "par commodité" derrière le principe d'égalité républicaine et en refusant de regarder la réalité en face.

    La commission Fauroux appelle d'ailleurs les pouvoirs publics à engager, dans ce domaine, des "actions de communication massives, réitérées et directes" , à l'instar des campagnes sur le tabagisme et sur la prévention routière. Elle suggère même de s'inspirer des avertissements sanitaires figurant sur les paquets de cigarettes et de transposer ce principe aux petites annonces en réservant sur chacune d'entre elles une surface pour y inscrire un message de lutte contre les discriminations à l'emploi.
    © Le Monde

    LES AMALGAMES DE SARKOZY (France)
    Jouant sur «immigration» et «intégration», le ministre tire la couverture à lui.
    Par Georges SARRE, premier secrétaire du Mouvement républicain et citoyen.


    18/07/2005 - Le nouveau ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de traiter, comme les deux faces d'une même politique, la «crise du modèle républicain d'intégration», d'une part, et la «question» de l'immigration, de l'autre. Comme si la première était directement liée à la seconde ; comme si, dans un cas comme dans l'autre, il s'agissait de faire face à ce qui serait, en définitive, un «problème d'étrangers»... Et notre ministre d'avancer des formules qu'il pense «iconoclastes» : «discrimination positive», «immigration choisie» et, tout l'art étant d'évoquer la chose sans le mot, «politique des quotas». C'est, en réalité, et délibérément, le règne de l'amalgame.

    Tout laisse à penser, en effet, que derrière la prétention rassurante de relancer l'immigration de travail ­ effective dans des proportions réduites : 7111 entrées en 2004 ­, par la mise en oeuvre d'une politique inspirée de celle du Canada, c'est-à-dire une politique d'«immigration choisie» qui ciblerait en priorité les travailleurs qualifiés (créateurs d'entreprise, chercheurs, universitaires, etc.), ce sont le regroupement familial et le mariage avec des étrangers, voire la politique d'asile, qui sont dans la véritable ligne de mire de M. Sarkozy. En quoi, d'ailleurs, il ne se sépare pas (plus ?) de son Premier ministre, lequel, on s'en souvient, s'était livré avant le 29 mai à des déclarations fracassantes sur le thème de la lutte contre l'immigration illégale ou, plus précisément, contre le détournement des procédures d'émigration les plus utilisées (asile, regroupement familial, mariage), laissant augurer, par exemple, un contrôle tatillon du libre consentement du conjoint français pour les mariages effectués à l'étranger... C'est donc un recul des libertés républicaines qui se prépare.

    Ce qui frappe, c'est l'absence de dessein général et de cohérence d'ensemble de la politique gouvernementale. En début d'année, la loi de cohésion sociale fusionnait l'Office des migrations internationales (OMI) et le Service social d'aide aux émigrants (SSAE) en un service unique de l'immigration : l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrations (Anaem). Intention louable, mais peu lisible. Il est prévu que, d'ici au 1er janvier 2006, l'Anaem fonctionne avec 51 bureaux ; les nouveaux migrants sont invités à s'y rendre afin d'y signer un contrat d'accueil et d'intégration en vertu duquel ils doivent suivre une journée d'éducation civique, et peuvent bénéficier de cours de français.

    Fort bien. Sauf que cela reste facultatif, et que l'on peut se demander si l'instauration d'un véritable service public de l'enseignement du français aux primo-arrivants ne gagnerait pas à s'organiser aux plans national et municipal, comme je le réclame depuis quelques années. Cette mesure n'en va pas moins dans le bon sens. Mais elle n'a rien à voir ­ du moins dans un premier temps ­ avec le problème de l'intégration ou des discriminations : il s'agit là d'un problème qu'il faut poser en termes de participation égalitaire à la société française, afin de faire en sorte que tous les Français, peu importe leur origine ethnique ou leur localisation territoriale, bénéficient de la même chance de choisir leur destin. Défi qui n'est pas mince, et dont on voit mal le gouvernement actuel se saisir...

    Et quel intérêt, de surcroît, à relancer le débat sur l'immigration de travail ? La France, dont le taux de natalité s'est un peu amélioré et dont le niveau de chômage, en revanche, oblige (au sens premier du terme) les hommes politiques, a-t-elle vraiment besoin de faire venir, massivement, des travailleurs étrangers ? On peut se poser la question, puisqu'on nous dit qu'il s'agit d'inverser la «proportion» entre l'immigration familiale et l'immigration de travail : dans quelles «proportions», précisément ?

    L'historien Patrick Weil, spécialiste de l'immigration et de la nationalité, a fait remarquer qu'il suffirait, pour faire face aux besoins d'immigrés qualifiés dans certains secteurs, d'une simple réforme de l'administration : «En 1998, une instruction ministérielle de Martine Aubry a suffi pour attirer des informaticiens en vue du bug de l'an 2000. Cette circulaire a été abrogée par François Fillon (à l'Emploi) et Nicolas Sarkozy (à l'Intérieur). Sous leurs auspices, l'immigration qualifiée a en réalité baissé, passant de 8 800 en 2001 à 6 500 en 2003.» (Libération des 11 et 12 juin 2005). Pourquoi, dès lors, politiser en permanence la question de l'immigration en exigeant du Parlement de fixer chaque année, catégorie par catégorie, le nombre de personnes admises à s'installer sur le territoire français ­ ce qu'il serait, il faut le dire, bien incapable de faire ?

    La politique des quotas n'est pas, en outre, sans poser des problèmes de principe : elle s'affiche, d'abord, comme une politique élitiste ayant vocation à attirer les «cerveaux» des pays pauvres, quoi qu'on en dise ; l'expérience témoigne, ensuite, que les quotas ne sont jamais atteints pour les métiers qualifiés, et qu'ils sont toujours dépassés pour les professions ne nécessitant pas, ou peu, de qualification, d'où un accroissement du nombre des clandestins dont l'Espagne et l'Italie nous ont offert un exemple peu probant.

    Nicolas Sarkozy, de toute évidence, nous vend une politique qu'il sait inapplicable. Amalgamant immigration et intégration, immigration familiale et immigration de travail, il ne révèle en réalité qu'une chose : son obsession d'être élu président de la République. L'Elysée ne valant pas une messe, mais tous les compromis, il pense satisfaire à la fois les jeunes issus de l'immigration (en leur vendant une dangereuse et méprisante «discrimination positive»), la frange xénophobe de l'électorat UMP (en lui faisant miroiter une restriction de l'immigration familiale) et les intérêts du patronat (en lui promettant de faciliter l'embauche d'une main-d'oeuvre «employable» et corvéable à merci). En prime, il remet au centre du débat politique entre la droite et la gauche l'immigration que Jean-Pierre Chevènement avait intelligemment éloigné.

    C'est dans la logique de sa vision communautaro-publicitaire de la politique ; ce n'est pas dans la logique de la République.
    © Libération

    LES ESCLAVES DES VERGERS (France)
    Saint-Martin-de-Crau, correspondant régional, Christophe Deroubaix.

    18/07/2005 - « Bouge ! Ne pas bouger. Va te coucher. 700 euros. » Ces mots écrits en noir sur une pancarte blanche ont fait leur apparition, mardi dernier, au bord de la nationale 113. À l’entrée du domaine de Cossure, une centaine de salariés agricoles saisonniers - tous marocains - tiennent un piquet de grève. Ils réclament à leur employeur le paiement des heures supplémentaires effectuées en 2004. Derrière eux, pêchers et abricotiers s’étalent sur des centaines d’hectares. On y entend les cigales. Un petit coin typique de Provence qui s’offre à tous ceux qui empruntent cette route nationale, menant de Marseille à Montpellier, via Martigues, Arles et la Camargue.

    Ces salariés agricoles sont détenteurs d’un contrat OMI (Office des migrations internationales), véritable OVNI dans le droit social français, pourtant tout à fait légal. Chaque année, pendant six à huit mois, ils viennent « faire » la saison avant de repartir pour le Maroc.

    Le département des Bouches-du-Rhône accueille à lui seul 50 % des contrats OMI accordés dans l’ensemble de la France. Ici, au domaine de Cossure (500 hectares), ils sont 120, employés par la société SEDAC. L’employeur possède également un autre domaine, celui de Poscros (600 hectares) à Saint-Martin-de-Crau, avec autant de contrats OMI - tous tunisiens. Le plus gros employeur d’OMI du département.

    Zola au XXIe siècle
    « Monte dans la voiture, viens voir. » Quelques salariés nous emmènent à travers le chemin dessiné par la plantation régulière des arbres fruitiers, franchissant ainsi une frontière invisible : derrière la carte postale, c’est Germinal en Provence, Zola au XXIe siècle ; derrière un motif « banal » du conflit se révèle l’esclavage moderne dans les vergers du Sud.

    Cinq cents mètres plus loin apparaissent trente-cinq bungalows, eux aussi méticuleusement alignés, exposés plein soleil. « Viens voir. » Un bungalow type pour quatre salariés : 25 mètres carrés, deux chambres, une minuscule plaque électrique, pas de réfrigérateur, pas de salle de bains, pas de tout à l’égout, une chaleur à défaillir. « On est obligés de s’acheter des ventilateurs, mais on n’arrive toujours pas à dormir, raconte Madani, la cinquantaine. L’hiver, on meurt de froid ; l’été, on crève de chaud. » Alors que la règle des contrats OMI stipule que le logement est fourni aux salariés, chaque occupant doit verser 62 euros par mois. Hassan, « colocataire » de Madani, file le frisson : « À Poscros, c’est encore pire, c’est l’enfer. Là-bas, vous avez des pièces de 10 mètres carrés avec plusieurs lits. »

    Faute de réfrigérateur, il faut faire les courses régulièrement. Voiture obligatoire dans cette vallée de la Crau. « Parfois, le samedi, quand le patron nous oblige à travailler plus longtemps que prévu, on arrive trop tard aux magasins, ils sont fermés. »

    Quelques mètres plus loin se trouve un autre groupe de quatorze bungalows refaits à neuf. Tous vides. Comme on n’hésite jamais à jouer du poison de la discrimination, ils étaient réservés, l’an dernier, aux « Espagnols », probablement des Équatoriens ayant transité par Valence. « Ils se sont battus avec le patron. Cette année, ils ne sont pas revenus », explique un OMI marocain. Il ajoute : « Quand l’inspection du travail est venue, le patron a montré ces bungalows qui ne servent à personne le reste de l’année. » Car les Marocains doivent rester dans le « gourbi » voisin, avec leurs matelas en mousse, épais de quelques centimètres. Alors, il y a quelques mois, certains Marocains sont allés chercher les matelas « pour Espagnols », de bons vrais matelas, inutilisés. Lors d’une « inspection », le patron a constaté l’emprunt. Sanction immédiate : une amende de 20 euros chacun.

    Après le « logement », le « salaire ». Madani sort de la poche de son pantalon sa fiche de paie, la déplie et pose son doigt écorché sur la ligne indiquant l’ancienneté : 0 an et 3 mois. « Je viens ici depuis 1975 », dit-il. Chaque année, le patron remet les compteurs de l’ancienneté à zéro. Son doigt glisse vers le bas du bulletin de salaire. Net à payer : 842 euros. Le « tarif » pour un manoeuvre, coefficient 100. La quasi-totalité des salariés sous contrats OMI restent scotchés à ce plancher, quelles que soient l’ancienneté et la nature de leur travail.

    « Vous réclamez ? Dehors ! »
    Quant à la durée du travail, la simple évocation de la mention légale portée sur le contrat - 35 heures par semaine - provoque le rire nerveux des OMI de Cossure. « Moi, j’ai fait 220 heures le mois dernier », dit l’un. « Moi, 230 », lâche un deuxième. Madani explique : « Chaque jour, on travaille tous une heure gratuitement. On doit prendre les services un quart d’heure avant et les finir un quart d’heure plus tard. Avec les services du matin et de l’après-midi, ça fait une heure. » À Cossure et Poscros, le propriétaire a choisi d’annualiser le temps de travail. Durant la saison hivernale, ils effectuent 6 heures par jour payées 7. Mais les heures supplémentaires de la période estivale dépassent de loin le bonus engrangé l’hiver. En 2004, ils sont donc repartis au pays avec la promesse de toucher le règlement dès leur arrivée en 2005. Le 12 juillet, ne voyant rien venir, ils se sont donc déclarés en grève. Bravant les menaces et les pressions. « Quand on rouspète, on nous dit : attention, l’année prochaine, pas de contrat. » Avec Mohamed, tous le répètent : « Vous réclamez ? Dehors ! »

    Car, dans les Bouches-du-Rhône, les propriétaires agricoles ne se contentent pas d’embaucher des contrats OMI à tour de bras, ils ont également droit à des contrats nominatifs généralisés, là où le droit ne les prévoit qu’à titre exceptionnel. Précarisation absolue des salariés qui rime avec pouvoir absolu des employeurs : pas de jour de repos fixe dans la semaine, mise arbitraire au chômage partiel sans indemnisation, travail de nuit sans surplus salarial, chèques parfois non signés, voire l’utilisation abusive du CDD pour d’anciens OMI. Ainsi, Kader, qui a bénéficié d’un contrat OMI de 1993 à 2003, multiplie, depuis, les contrats CDD. Quatre au total, signés par le même propriétaire, mais pour le compte de sociétés différentes. On peut ajouter, à cette liste déjà trop longue, le paiement discrétionnaire. L’an dernier, un salarié tunisien est ainsi reparti au bled sans son dernier mois de salaire. « Attention, l’année prochaine, pas de contrat »...

    Les salariés marocains de Cossure citent également leur utilisation au bon vouloir du patron. Hassan, originaire de Meknés, en témoigne. Il a signé un contrat de six mois à compter du 15 janvier 2005, récemment prorogé jusqu’au 14 septembre. Sur son contrat, la nature des travaux est précisée : taille des vergers et... travaux divers. « En fait, je fais tout : conduire les tracteurs, l’emballage ou la récolte des olives sur un autre domaine du propriétaire, et même le traitement phytosanitaire sans protection. » Car les conditions de travail sont malheureusement à la hauteur du logement et du salaire.

    Ici, pas d’accident du travail
    Pas de tenue de travail fournie. Les salariés doivent eux-mêmes acheter la combinaison réglementaire au tissu épais : 16,50 euros.

    Pas d’outil. Madani : « Ils m’ont dit : achète le matériel. J’ai dû acheter un sécateur. Obligé. Pas de sécateur, pas de travail. Pas de travail, pas de contrat l’année prochaine. »

    Pas d’escabeau. R. raconte : « On doit se débrouiller pour monter dans les arbres, hauts de près de 2,50 mètres. Un jour, un type est tombé. Gravement blessé. Le patron, il a pas voulu l’emmener à l’hôpital. C’est un collègue qui l’a fait. » Ici, pas d’accident du travail et moins d’arrêts maladie. « Les pompiers ne sont jamais venus ici. » « Un type s’est cassé la jambe, on ne l’a pas revu ici », se souvient encore R. Blessés, les salariés ne peuvent pas rester dans les chambres, de toute façon invivables, contraints à traîner comme une peine sans âme sur le domaine. « Si tu as la santé, tu trimes. Si tu ne l’as pas : à la maison. »

    K. a travaillé ici, sous contrat OMI, de 1991 à 1997, puis en CDD jusqu’en 1999. Atteint par les produits chimiques qu’il a répandus pendant des années, sans masque, ce Marocain d’une trentaine d’années s’est ensuite « cassé le dos ». L’expert a reconnu la double maladie et lui a conseillé de proposer au propriétaire une embauche comme travailleur handicapé. K. s’est exécuté. Son contrat n’a pas été reconduit. Depuis, il est au chômage.

    À la stupéfaction des syndicalistes qui ont découvert la situation cette semaine, aucune enquête sérieuse n’a été menée par les services préfectoraux - pourtant détenteurs de la signature des contrats - ou de l’inspection du travail. Le domaine de Cossure n’est pourtant pas inconnu dans cette vallée de la Crau, jardin fruitier de la France. Quatre cents plateaux de fruits en sortent tous les jours, achetés par les plus importants grossistes européens, avant de se retrouver, souvent à des prix prohibitifs, sur les étals des principales enseignes de la grande distribution. Depuis mardi, les salariés OMI donnent un visage à cette production et à ses conditions.

    Madani : « On vient ici pour faire vivre notre famille au Maroc, pas pour être des esclaves. » Depuis mardi, grévistes déterminés, ils ne se rêvent pas en Spartacus des vergers. Simplement en hommes.
    © L'Humanité

    LA STÈLE POUR L'OAS SQUATTEUSE DE CIMETIÈRE (France)
    L'attribution d'une parcelle par la mairie de Marignane aurait été faite illégalement.
    Par Catherine COROLLER


    18/07/2005 - L'érection d'une stèle à la gloire de l'OAS à Marignane (Bouches-du-Rhône) sur un terrain communal est moralement condamnable. Mais, selon la Ligue des droits de l'homme (LDH), elle pourrait être de surcroît illégale. Même si Daniel Simonpieri, maire (ex-FN, ex-MNR) de la commune, a tenté, a posteriori, de se mettre en conformité avec la loi. En septembre 2004, la mairie autorise l'Amicale pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l'Algérie française (Adimad) «à ériger une stèle dans le cimetière Saint-Laurent-Imbert». Daniel Simonpieri a mis une parcelle de six mètres carrés à la disposition de l'Adimad. Mais a-t-il soumis cette décision au conseil municipal ? La LDH n'en a trouvé aucune trace, malgré un examen attentif des délibérations de l'année 2004. S'il y a eu vote, les comptes rendus ont été obligatoirement transmis au préfet afin que celui-ci procède à un contrôle de légalité.

    L'administration a-t-elle donné son feu vert ? Pas sûr. «Le fait qu'une commune se dépossède d'une partie de son patrimoine inaliénable pour un objectif qui n'entre pas dans sa mission de service public n'aurait pas dû passer le contrôle», observe Germain Latour, avocat au barreau de Paris. A moins que Daniel Simonpieri ait agi sans l'aval de son conseil municipal.

    Autre question : le maire de Marignane a-t-il mis gracieusement la parcelle à la disposition de l'Adimad ? «L'emplacement offert pour ce monument est magnifique : sur une pelouse, dans le nouveau cimetière de Marignane», se réjouit l'association sur son site Internet.

    A l'approche de la date d'inauguration de la stèle, fixée par l'Adimad au 6 juillet, les associations, dont la LDH et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), font monter la pression. Demandent au préfet d'interdire la manifestation pour éviter des troubles à l'ordre public. Et commencent à examiner la légalité de l'opération.

    Coïncidence ? Le 23 juin, Daniel Simonpieri prend un arrêté dans lequel il autorise «temporairement» l'Adimad à «occuper le domaine public communal». Temporairement ? Le mot fait sourire Germain Latour : «Cette stèle étant érigée demeurera», pronostique-t-il. Le même arrêté prévoit «le paiement [par l'Adimad] d'une redevance de 169 euros». Ce qui ne change rien à l'irrégularité de l'affaire. Ce même 23 juin, Daniel Simonpieri contacte les nostalgiques de l'OAS afin qu'ils diffèrent «la date de l'inauguration, le temps que les passions s'apaisent». Les responsables de l'Adimad écoutent leur ami le maire. Le 6 juillet, la stèle est érigée en douce. Sans cérémonie.

    Depuis, le bras de fer avec les associations antiracistes se poursuit. Le 12 juillet, Mouloud Aounit, président du Mrap, dénonçant une «apologie du colonialisme» ayant «un lien direct sur le devenir du vivre ensemble en France et sur les relations d'amitié entre les peuples français et algérien», a écrit à Dominique de Villepin. Il lui demande deux choses : d'une part, la destruction de toutes les stèles à la gloire de l'OAS. Selon l'historien Claude Liauzu, il en existe à Toulon, à Nice, à Théoule-sur-Mer, à Perpignan... Le militant antiraciste demande d'autre part que soient rebaptisées les rues «portant le nom des tueurs de l'OAS». Il existe à Marignane une avenue du Général-Raoul-Salan.
    © Libération

    VÉL' D'HIV': VILLEPIN DÉNONCE 'LES PIÈGES DU FANATISME' (France)
    Le premier ministre a prononcé un discours qui s'est situé dans la droite ligne de celui de Jacques Chirac en 1995
    Judith Waintraub


    18/07/2005 - Dominique de Villepin s'est recueilli, hier à Paris, devant le mur du Mémorial de la Shoah,avant de participer à la cérémonie commémorant la rafle du Vél' d'Hiv'.

    La voix étranglée par l'émotion, Dominique de Villepin a dû marquer une pause pour lire jusqu'au bout le message de Marc-Moïse, onze ans. Un appel au secours lancé le 16 juillet 1942 et retrouvé au bord d'une voie ferrée : «Je suis dans un train pour où ? Je vous jure que ce n'est pas par imprudence que je suis là.»

    Les rescapés des camps de concentration et les représentants des institutions juives rassemblés hier à Paris pour la soixante-troisième commémoration de la rafle du Vél' d'Hiv' ont été touchés par la sincérité du chef du gouvernement. Pour le plus grand soulagement de son entourage, qui appréhendait cette première rencontre officielle entre l'ancien ministre des Affaires étrangères et «une communauté juive aux yeux de laquelle il a incarné la «politique arabe» de la France».

    Mais hier, comme l'a souligné Roger Cukierman, président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), «Dominique de Villepin ne s'est pas trompé de sujet». Le premier ministre a évité toute allusion à la situation au Moyen-Orient. Son discours n'a traité que de la nécessité d'une «mémoire vivante et active», pour «éviter les pièges d'un fanatisme qui, malgré les leçons du passé, ne désarme jamais tout à fait».

    Dans la droite ligne de Jacques Chirac, premier président de la Ve République à reconnaître en 1995 «au nom du peuple français tout entier» la responsabilité de la France dans les crimes de Vichy, Dominique de Villepin a d'abord rappelé que les 12 884 Juifs déportés les 16 et 17 juillet 1942 avaient été arrêtés par «4 500 policiers et gendarmes fran çais». Il a affirmé que par ces actes, la France avait bafoué «les plus essentielles de ses valeurs pour se faire la complice des bourreaux», en soulignant le zèle de hauts responsables de Vichy, «Laval, assisté de Bousquet et de Darquier de Pellepoix», qui «recommandaient de n'épargner personne».

    Moins de quinze jours après les attentats de Londres, Dominique de Villepin a aussi appelé à lutter «sans relâche contre toutes les formes d'antisé mitisme, de racisme ou de xénophobie». En affirmant sa dé termination à combattre le terrorisme, il a répondu aux inquiétudes qu'ont exprimées tous les orateurs avant lui, et notamment Simone Veil. La présidente de la fondation pour la Mémoire de la Shoah a dénoncé le «danger de dévoyer la mémoire», dans une allusion implicite aux thèses en vogue dans certains milieux pro-palestiniens, qui se livrent à «la comparaison des souffrances, la relativisation du martyr». «On assiste à une inquiétante diffusion des slogans antisémites», a souligné de son côté Roger Cukierman, en expliquant que «les actes terroristes, les attentats suicides ne sont rien moins qu'un crime contre l'humain».

    C'est d'ailleurs à toutes les victimes du fanatisme que la chanteuse Talila avait dédié en début de cérémonie son kaddish profane, une version laïque, en yiddish, de la prière juive pour les morts.
    © Le Figaro

    UN GROUPE NÉONAZI INTERDIT (Allemagne)
    18/07/2005 - L'Etat régional du Brandebourg a dissous "Ansdapo" pour propagande et incitation à la haine raciale.

    L'Etat régional du Brandebourg (est) a dissous jeudi 14 juillet un groupuscule néonazi pour propagande et incitation à la haine raciale, a annoncé le ministère régional de l'Intérieur.
    L'interdiction du groupe "Ansdapo" a été rendue publique jeudi matin à l'issue de 21 perquisitions de domicile dans le Brandebourg et à Berlin, a précisé le ministre régional de l'Intérieur, Jörg Schönbohm.
    La police a saisi un stock important de munitions et de CD de groupes de musique néonazie.
    Les 18 membres du groupe sont soupçonnés d'avoir pris part à une bagarre devant une maison des jeunes de la région en janvier.

    Quatrième interdiction
    Le groupe est également soupçonné d'entretenir des liens avec le parti d'extrême droite Union du peuple allemand (DVU), représenté au Parlement régional depuis 1999, a ajouté le ministre.
    "Il n'y a pas de place pour la propagande néonazie et la haine raciale dans notre pays", a affirmé Jörg Schönbohm. Ansdapo, qui signifie "Organisation de camaraderie du parti national socialiste des travailleurs allemands", reprend les cinq lettres du parti nazi d'Adolf Hitler (NSDAP), dont l'utilisation est interdite en Allemagne.
    C'est le quatrième groupe néonazi interdit par l'Etat régional. Les néo-nazis sont particulièrement nombreux dans l'est de l'Allemagne, l'ex-RDA.
    © Le Nouvel Observateur

    EN PRISON POUR AVOIR REFUSÉ DE SERVIR FRANÇAIS ET ALLEMANDS (Danemark)
    15/07/2005 - Le patron d'une pizzeria danoise a été envoyé en prison cette semaine pour avoir refusé de servir des clients allemands et français, au motif que leur pays s'opposait à l'intervention militaire en Irak.

    Aage Bjerre a été reconnu coupable de discrimination et condamné une amende de 5000 couronnes (1100 dollars canadiens), qu'il a refusé de payer. Il purgera donc une peine de huit jours de prison dans une prison de basse sécurité.

    «Je fais cela pour montrer ma sympathie envers les États-Unis», a-t-il dit dans un entretien téléphonique à l'Associated Press. «Mais il faut aussi se rappeler que huit jours c'est un moindre prix à payer quand des soldats américains vont en Irak risquer leur vie ou risquer la mutilation».

    En février 2003, avant l'intervention, Aage Bjerre avait affiché sur la devanture de sa pizzeria de Fanoë, une île de l'ouest du Danemark, deux panneaux interdisant l'entrée aux Français et aux Allemands.

    Entêté, il emmène avec lui dans sa cellule un drapeau américain et une photo du président George W. Bush et de la First Lady. «Cela éclairera la pièce», dit-il.
    © Canoë

    ORIANA FALLACI ET L'ISLAM (Italie)
    18/07/2005 - La journaliste italienne Oriana Fallaci a rappelé samedi sa position sur l’Islam, qualifié d’"ennemi dans la maison", "incompatible avec la démocratie" et avec lequel "il n’est pas possible de dialoguer".

    "Nous sommes en guerre : voulons-nous l’accepter, oui ou non ?", écrit Mme Fallaci dans une longue tribune publiée par le Corriere della Sera, dénonçant "la comédie de la tolérance, le mensonge de l’intégration" des musulmans dans les sociétés occidentales.

    La journaliste évoque "l’illusion de l’Islam modéré" qui doit faire croire que les extrémistes sont une minorité.

    "L’ennemi n’est pas une faible minorité, et nous l’avons dans la maison", écrit Mme Fallaci.

    "C’est un ennemi que nous traitons en ami. Mais celui-ci nous hait cependant et nous méprise avec intensité. C’est un ennemi qui transforme les mosquées en casernes, en camps d’entraînement et centres de recrutement pour les terroristes", poursuit-elle.

    La journaliste refuse aussi le dialogue avec la religion musulmane car "l’Islam c’est le Coran".

    "Le Coran est incompatible avec la Liberté, il est incompatible avec la Démocratie, il est incompatible avec les Droits de l’Homme", écrit Mme Fallaci.

    "Allah est un dieu patron, un dieu tyran, un dieu qui, au lieu de l’amour, enseigne la haine et qualifie à travers le Coran de chiens infidèles ceux qui croient en un autre dieu, appelant à les punir", écrit Mme Fallaci.

    "Il n’est pas possible de dialoguer avec eux", les musulmans, poursuit la journaliste, dénonçant, selon elle, "les condamnations hypocrites, la fausse solidarité des imams avec les parents des victimes" après les attentats de Londres.

    Mme Fallaci s’en prend aussi à la classe politique italienne et aux papes, le défunt Jean Paul II et l’actuel Benoît XVI, en leur reprochant une attitude trop ouverte à l’égard de l’Islam.

    "Croyez-vous vraiment que les musulmans acceptent le dialogue avec les chrétiens et même avec les autres religions ou les athées comme moi ? Croyez-vous vraiment qu’ils puissent changer, se repentir, arrêter de semer les bombes ?", demande ainsi Mme Fallaci à Benoit XVI.
    © Réseau Chrétienté

    LA PLAIE DE L'ISLAM (Pays-Bas)
    Ayaan Hirsi Ali, 35 ans, musulmane devenue athée, députée néerlandaise. Cette Somalienne, amie du cinéaste assassiné Theo Van Gogh, est menacée de mort par les intégristes.
    Par Nathalie DUBOIS


    15/07/2005 - «Marcher dans la rue sans être reconnue», siroter un verre de Sancerre et... «s'amuser de la différence entre gardes du corps français et néerlandais». Au restaurant du grand hôtel parisien où elle a donné rendez-vous, la députée Ayaan Hirsi Ali déguste avec bonheur les dernières heures d'une semaine de semi-liberté dans la capitale française. Deux cerbères sont postés devant le salon où elle déjeune. Mais les voit-elle encore, depuis presque trois ans qu'elle vit sous protection rapprochée, vingt-quatre heures sur vingt-quatre ? Jeune, belle, noire, musulmane, excisée, demandeuse d'asile somalienne devenue, seulement dix ans plus tard, la star du Parlement des Pays-Bas, menacée de mort par les fondamentalistes depuis qu'elle a renié l'islam et craché sur le prophète Mahomet, le traitant de «tyran» et de «pervers» pédophile, Ayaan Hirsi Ali se décrit elle-même : «une aubaine pour les médias».

    Cette année, elle est entrée au hit-parade des 100 people du magazine américain Time, et le Quai d'Orsay l'a sacrée «personnalité d'avenir». La «Salman Rushdie néerlandaise», comme la presse l'a un peu vite surnommée, a de quoi commencer à se sentir à l'étroit dans le naguère paisible petit royaume de la reine Beatrix. Insoumise est le titre choisi pour la sortie, en France, Italie et Allemagne, d'un best-of des textes qui l'ont rendue célèbre dans sa patrie d'adoption. Dernier en date, le script du film Soumission, qui a mis les polders à feu et à sang.

    Le 2 novembre 2004, son ami cinéaste Theo Van Gogh, réalisateur de ce court métrage sacrilège montrant des versets du Coran tatoués sur le corps à demi nu de femmes humiliées, violées et battues au nom d'Allah, était abattu et égorgé en pleine rue d'Amsterdam, par un jeune islamiste maroco-néerlandais. Un meurtre par procuration : la lettre fichée dans le cadavre prévient Ayaan qu'elle «se brisera en morceaux sur l'islam». Les autorités néerlandaises s'affolent : elle est «exfiltrée» et cachée soixante-quinze jours aux Etats-Unis. Avant de revenir, mi-janvier, au Parlement de La Haye pour déclarer d'une voix ferme : «Mesdames et messieurs, je continue.»

    Toute fluette sur ses talons hauts, la voix douce mais le discours rageur. «Elle a un regard de biche et une détermination à faire froid dans le dos», dit un diplomate. «[L'assassinat de Van Gogh n'a fait que renforcer] mon intime conviction que la seule manière de formuler mes critiques repose sur une parole libérée», écrit Ayaan. Mais cette liberté dérange. Modèle d'intégration, Hirsi Ali reste un corps étranger. Aussi populaire qu'elle compte d'ennemis. La plupart des 900 000 musulmans des Pays-Bas détestent la brutalité de ses coups de boutoir contre l'islam. Quant à l'establishment politique, il s'agace qu'une étrangère s'acharne à démolir les derniers pans de la vitrine du modèle multiculturel néerlandais. Mais Hirsi Ali veut continuer «à gratter là où ça fait mal».

    Femme traquée, déchirée par les contradictions et les ruptures, elle aimerait n'être que calme et «raison». Personne, défend-elle, n'a le droit de réduire son combat à une revanche personnelle. Son espoir, pourtant, est que «les jeunes musulmanes des Pays-Bas qui ont encore une petite lumière dans les yeux n'aient pas à vivre la même chose qu'[elle]». A 35 ans, toute sa force et son aura lui viennent du sort auquel elle a échappé : l'enfermement dans la Cage aux vierges puis l'Usine à fils, titres de ses premiers livres. Son père, qui l'a mariée de force, puis reniée, reste un héros qu'elle vénère et adore. Leader de l'opposition au dictateur communiste somalien Siyad Barre, il a été éduqué en Europe et aux Etats-Unis, sans cesser d'être un musulman très pratiquant, qui prendra quatre épouses. «Il a littéralement ouvert mon esprit, en obligeant ma mère, très rigoriste, à nous scolariser, ma soeur et moi», raconte Ayaan. Et c'est à son insu que leur grand-mère la fait exciser à 5 ans.

    Quand le père fuit la Somalie en 1976, la famille s'exile sur ses traces : Arabie Saoudite, Ethiopie, Kenya. Contrairement à sa cadette rebelle, qui brave les coups maternels pour porter des jupes courtes, Ayaan est sage. A l'école islamique de Nairobi, elle se met à porter le voile et «des habits noirs par-dessus [son] uniforme». Fascinée par sa professeure de religion, elle veut «se rapprocher de Dieu» : «La soumission à la volonté d'Allah était la clé de tout.» «J'ai eu de la chance que mon père ne vive pas avec nous à l'époque. Sinon, j'aurais sûrement été mariée à 16 ans, un âge où je n'aurais pas pu m'enfuir.»

    La chance de fuir, elle la saisit à 22 ans, lorsque sa famille la marie à un cousin émigré au Canada. Le temps que son visa soit prêt, Ayaan doit attendre en Allemagne, chez des membres du clan. Au bout de deux jours, elle saute dans un train pour les Pays-Bas, et demande l'asile. Suit un parcours exemplaire d'intégration. Qu'elle envoie à la tête des immigrés ressassant «leur insupportable discours de victimes». «On peut s'enfermer dans le ressentiment ou décider de s'en sortir par soi-même», dit la députée, entrée en politique à gauche pour virer à droite toute, dans les bras du parti libéral VVD. Au lieu de vivre des allocations, elle a fait des ménages, servi d'interprète dans des centres sociaux. Et, lorsque l'agence pour l'emploi néerlandaise borne son horizon à un diplôme de comptabilité, elle se rebelle et entre à l'université de Leyde pour étudier les sciences politiques.

    Aux Pays-Bas, Ayaan a vite tourné le dos à la religion, sans rompre ouvertement avec l'islam. «Par peur de perdre ma famille», explique-t-elle. Les attentats du 11 septembre 2001 sont le «tournant capital» qui déclenche le réexamen de sa foi. Non seulement elle se déclare publiquement athée, mais lance sa croisade contre une religion «arriérée», «porteuse de fanatisme, de violence et de haine». Son premier livre, en 2002, exhorte les musulmanes à se libérer du joug subi au nom du Coran. Les menaces de mort commencent et ne cesseront plus.

    Convaincue que «l'islam n'est pas compatible avec les présupposés de l'Etat de droit occidental», Ayaan rompt avec le Parti travailliste. Elle accuse la gauche de rester dans le politiquement correct et le relativisme culturel. Et se fait enrôler par la droite libérale, trop contente de récupérer cette candidate de choc. Au Parlement depuis deux ans et demi, qu'a-t-elle fait avancer ? Pour sa collègue Mirjam Sterk, chargée de l'intégration au Parti chrétien-démocrate, Hirsi Ali «a certainement contribué à mettre des thèmes à l'agenda politique.

    Mais elle court quelquefois plus vite qu'elle ne devrait...» Sa proposition de loi contre l'excision visant à un contrôle médical annuel de toutes les fillettes musulmanes vient de s'échouer sur l'écueil juridique de la discrimination ethnique. Au Bureau national de lutte contre la discrimination (LBR), Leyla Hamidi est plus sévère : «Pour aider les musulmans, il faut les avoir avec soi. En choisissant la confrontation, elle s'est totalement coupée des gens qu'elle veut atteindre.» Dans ses nouveaux atours d'icône mondiale de la résistance à l'islam, Ayaan Hirsi Ali ne nie pas que son influence s'est limitée jusqu'ici aux Occidentaux. Mais elle s'est assignée un rôle : «Réveiller les gens et les maintenir éveillés...»
    © Libération

    LA DIRECTION DU PNOS CONDAMNÉE POUR DISCRIMINATION RACIALE (Suisse)
    18/07/2005 - Aarau (AP) Le tribunal de district d'Aarau a condamné pour discrimination raciale quatre membres de la direction du parti d'extrême-droite PNOS (Partei National Orientierter Schweizer). Ils se sont vu infliger des amendes de 300 à 500 francs, a déclaré lundi à l'AP un porte-parole du tribunal, confirmant une information du «Blick». Le président du PNOS, Jonas Gysin, fait partie des condamnés.
    La Cour a jugé le PNOS coupable d'appel à la haine et à la discrimination envers des personnes en raison de leur race, de leur ethnie ou de leur religion. Le parti peut contester ce jugement jusqu'à fin septembre.
    Se définissant lui-même comme «le parti du nationalisme moderne», le PNOS est sous surveillance depuis sa création en été 2000. Dans son dernier rapport sur la sécurité intérieure, l'Office fédéral de la police relève que le PNOS est parvenu à entrer dans la politique institutionnelle en remportant plusieurs élections communales. Deux représentants de ce parti ont en effet été élus dans les communes bernoise de Langenthal et soleuroise de Günsberg, respectivement au législatif de la ville et à l'exécutif communal.
    © Edipresse

    DISSUADER LES DEMANDEURS AU LIEU DE LES PROTÉGER (Europe)
    Émilie Rive

    13/07/2005 - « Les atteintes au droit d’asile sont un dommage collatéral du 11 septembre 2001 », estime Olivier Brachet, directeur de Forum réfugiés, qui présentait, hier, son cinquième rapport (1). « Dommage collatéral » ? Les orientations gouvernementales sur la réduction du droit d’asile et les volontés des pays européens de s’y attaquer remontent beaucoup plus loin. Mais que la lutte antiterroriste serve de catalyseur et d’alibi ne laisse aucun doute. Une réalité dont il faut s’accommoder, estime-t-il : « On ne peut pas contester l’absolu impératif de lutter contre le terrorisme », il faut donc mesurer l’évolution du droit d’asile et de ses pratiques en prenant en compte cette considération. Ce qu’on pourrait avoir tendance à traduire par « ne pas être trop exigeant » pour Forum réfugiés. Il reste, cependant, que « le dixième anniversaire des massacres de Srebrenica est là pour rappeler que des nations qui peuvent sembler répondre aux critères de la démocratie peuvent entrer en sauvagerie et que la question des réfugiés ne se cantonne pas à des problèmes de pays pauvres ».

    L’Italie : le plus mauvais élève
    Le rapport de Forum réfugiés s’intéresse particulièrement, cette année, à l’Europe : « La marche vers l’harmonisation de l’asile va être longue et elle peut être fatale. » L’intégration des dix nouveaux membres n’a pas été facile dans ce domaine. Malgré un effort considérable, les conditions de protection ne sont pas toujours satisfaisantes, pour deux raisons : réformer l’administration prend du temps et assurer l’accueil demande un gros investissement budgétaire. Ce n’est pourtant pas chez eux qu’il faut trouver le plus mauvais élève européen, en l’occurrence l’Italie, qui n’a toujours pas de législation spécifique, ni dans le monde, où l’Australie bat tous les records de xénophobie. Un des points d’achoppement majeurs demeure la mise en détention des demandeurs, contrairement aux souhaits du haut-commissariat aux - réfugiés, domaine où la France s’illustre par ses zones d’attente.

    Alors qu’un « rapide tour d’horizon mondial permet de constater que le nombre de personnes en proie aux persécutions ne cesse de progresser, ce monde moins sûr pour les populations ne s’est pas traduit par une augmentation des demandes dans les pays industrialisés ». Olivier Brachet est donc un homme pragmatique : « Parler aujourd’hui, comme on le fait depuis dix ans, d’Europe forteresse ou d’enterrement du droit d’asile n’explique plus rien. » Le constat est simple : c’est la dissuasion, c’est-à-dire convaincre les demandeurs de chercher asile en Europe, qui est à l’ordre du jour, et non le souci de leur protection.

    Un désordre effrayant
    La France est un pays « théorique », la loi y est claire mais, dans la pratique, le « désordre est effrayant, inacceptable ». La rupture entre le droit et les procédures fait courir des risques graves au respect des droits fondamentaux. Les contradictions entre les différents intervenants ministériels seront peut-être résolues avec la création d’une administration spécifique. Le guichet unique avait été décrié, il s’avère une réussite. Mais le domaine social reste en souffrance, avec tous les problèmes liés au logement, au manque de places d’accueil spécifiques (15 000) et à deux autres plaies ouvertes, celles des déboutés du droit d’asile et des mineurs isolés. Quant au sujet épineux de la liste des « pays sûrs » (qui a occasionné un recours en Conseil d’État pour la loi et un autre devant le tribunal administratif pour les pays désignés), les choix ne se sont en rien basés sur la consultation des ONG présentes sur le terrain, affirme Olivier Brachet : parler de la Géorgie ou de la Bosnie, de l’Inde ou du Mali comme pays sûrs est, au minimum, prématuré.

    (1) Le rapport est en vente auprès de Forum réfugiés, BP 1054 - 69612 Villeurbanne CEDEX, 13 euros, ou sur www.forumrefugies.org
    À signaler aussi Passez le mot édité par l’Esprit frappeur : 10 questions à 10 associations sur le droit d’asile en Europe.
    © L'Humanité

    LES MUSULMANS D'EUROPE DANS LE CALCUL DE LA TERREUR
    Michaël Privot

    16/07/2005 - Les terribles attentats de Londres ont soulevé une vague de répulsion unanime, comme il en alla, à juste titre, pour les attentats de Madrid, d’Istanbul, de Bali et de New York. Les communautés musulmanes, particulièrement en Occident, mais également dans le reste du monde, se sont jointes, de façon massive et sans équivoque, aux condamnations indispensables de ces actes odieux.

    Dont acte. Ceci étant, dans une perspective musulmane, il n’en reste pas moins que cet élan – attendu et nécessaire – de condamnations ne va pas sans laisser en son sillage quelques points d’interrogation dérangeants.

    1. Cet empressement des Etats, des organisations, des associations, des groupes, voire d’individualités musulmans à clamer leur sincère condamnation de toute violence à l’égard de civils, musulmans ou non, ainsi que de toutes les lectures rétrogrades et les manipulations de l’Islam menant à de tels actes de violence, jette une lumière crue sur la véritable incertitude et la crainte profonde dans lesquelles vivent nombre de musulmans de se voir assimilés de près ou de loin à ces dérives sanglantes.

    S’il est non seulement éthiquement recommandable mais indispensable de condamner ces comportements extrêmes, on peut regretter que cela se fasse en partie sous la contrainte en ce qui concerne les musulmans. Quel être humain équilibré pourrait pourtant rester insensible à la souffrance et à la désolation causées par ces carnages gratuits ? Mais la coercition morale poussant à l’obligation de la condamnation sous peine de se voir soi-même accusé de collusion avec le terrorisme rend la déclaration de soutien parfois particulièrement amère. Le calcul en vient parfois à s’y disputer avec la compassion, alors que l’on souhaiterait légitimement ne se contenter que de cette dernière. Mais qui pourrait en vouloir à ces musulmans et musulmanes qui voient trembler, lors de chaque attentat, les fragiles relations de confiance qu’ils parviennent à établir avec leur entourage institutionnel, associatif ou banalement relationnel ?

    On peut le comprendre : ceux qui ont le plus à perdre sont souvent les musulmans réputés plus conservateurs, l’amalgame étant vite fait, de part et d’autre, entre conservatisme et jihadisme terroriste. S’il est vrai que l’on peut constater que les auteurs d’attentats font rarement – pour ne pas dire jamais – partie de groupes de musulmans libertins, cela n’en signifie pas pour autant que tout individu plus ou moins conservateur serait un terroriste en puissance.

    2. D’autre part, cette pression diffuse amenant les musulmans à se justifier ne fait que révéler la lourde méfiance que nourrit, en Europe et aux Etats-Unis, la société dite majoritaire envers ses minorités musulmanes, en dépit des démentis publics et des déclarations de bonnes intentions. Et qui pourrait également la blâmer pour cela : les terroristes provenaient de nos communautés. Et ils appartenaient à des groupuscules particulièrement conservateurs. Certes, la société dite majoritaire doit apprendre à faire la différence, mais il faut avouer que les musulmans eux-mêmes ne lui rendent pas toujours la tâche facile et ne lui fournissent pas toujours les clés de compréhension nécessaires. La question qui se pose dès lors est la suivante : n’est-il pas plus que temps de commencer à faire le ménage au sein de nos communautés ainsi que parmi les discours qu’elles véhiculent ?

    En effet, point positif tout d’abord, depuis quelques années, le discours médiatique des musulmans en général s’est fortement clarifié en ce qui concerne ces problématiques d’action politique violente. Pour autant, cela ne doit pas nous aveugler quant à la permanence de certains discours rampants qui justifient, voire légitiment, ou tout simplement banalisent et rendent acceptables ces formes abjectes de violence, au nom d’autres formes de violence commises par des forces armées étrangères sur des populations hétéroclites dont le trait commun serait leur seule islamité.

    S’il est vrai que les responsables communautaires développent à ce sujet, et à destination interne des communautés musulmanes cette fois, un discours de plus en plus ferme, parallèle au discours médiatique, l’accent reste mis sur la condamnation a posteriori et le rappel ponctuel de versets ou hâdîth excluant toute forme de violence à l’égard de civils et d’innocents, musulmans comme non musulmans, ainsi que du fait que « cela ne fait pas partie de l’Islam ! ». Cependant, ces attentats ne sont que l’expression paroxystique de processus de maturation se déroulant dans des groupuscules évoluant au sein même de nos communautés et qui se nourrissent des ressentiments, des sentiments d’échec, d’exclusion, de faillite, d’humiliation,… en suspens dans notre psyché communautaire. Et l’on ne sait que trop bien aujourd’hui où peut mener, chez nos jeunes, particulièrement réceptifs à ce mal-être, une inopportune fragilité morale, sociale, familiale, individuelle, identitaire, que d’aucuns n’hésitent pas à exploiter au profit de leur cause. La responsabilité des leaders communautaires n’est-elle dès lors pas d’agir en amont ?

    3. Car, effectivement, ceux qui en viennent à commettre ces atrocités ne vivent pas sur une autre planète. Ils sont en plein centre de notre monde, de notre vie, parfaitement au courant de ce qui se passe et de ce qui fait battre le cœur de nos communautés. Que ce soient les ressources technologiques utilisées, les modes de financements, bien souvent illégaux (trafic de drogue, voitures, cartes bancaires volées,…), ou encore les justifications avancées pour leurs actes[1], tout cela démontre l’acuité de leur présence dans le monde, même si la vision théologico-juridique qui les anime est le fruit d’une raison délirante abandonnée à elle-même, cultivant la haine, et le mépris de l’Autre. Or, si de nombreuses personnalités musulmanes et non musulmanes ont souligné que l’Islam n’a cessé d’être pris en otage de New York à Londres, il semble de plus en plus évident que les musulmans également, et pas seulement l’Islam, soient les otages de calculs sordides.

    Les membres des groupuscules jihadistes vivent en Occident.
    Ces groupuscules ne peuvent pas ignorer que chaque attentat produit automatiquement un choc en retour contre les communautés musulmanes : augmentation du niveau de l’islamophobie (au sens étymologique du terme), agressions verbales, physiques, déprédations de mosquées, de centres communautaires, voire de commerces appartenant à des musulmans… Certains justifient cela comme des dégâts collatéraux autorisés par le triomphe de la bonne cause et produisent à leur appui certaines arguties jurisprudentielles qu’ils voudraient voir considérées comme « halalisant » leur débauche de violence. Mais, plus subtilement, il est temps que les communautés musulmanes réalisent qu’elles font partie également de ce calcul de la terreur : oui, bien sûr, en tuant un maximum d’Occidentaux « impies » au cœur même de leur quotidien, ces individus espèrent faire plier les Etats dont ils visent les populations. C’est la partie la plus évidente du calcul, la seule qui soit médiatisée. Mais, ces prétendus barbares – et quand on les qualifie de « barbares », on s’interdit toute analyse plus fine de leurs motivations, car hors de portée de la raison –, ne s’arrêteront certainement pas là.

    N’est-il pas vrai que plus on oppresse un peuple, plus il se durcit, et plus il se mobilise contre l’oppresseur ? De là, le pas peut être franchi : plus les musulmans d’Occident (les traîtres qui ne participent pas à la guerre contre l’oppresseur croisé et laissent leurs frères se faire tailler en pièces !) seront humiliés, violentés, discriminés, ostracisés, plus ils envisageront sérieusement la révolte contre les sociétés dans lesquelles ils vivent. Une stratégie d’exaspération et d’usure est payante, en terme de recrutement de main d’œuvre, à moyenne échéance. Les derniers éléments d’une enquête menée récemment en Angleterre montrent tristement que les nouveaux candidats terroristes sont des jeunes, nés dans ce pays, sans passé judiciaire, radicalisés à force d’exclusion et prêts à se mobiliser pour ce qui leur sera présenté comme une juste cause pouvant donner sens à une vie sans autre horizon que l’exclusion « à perpète ».

    Dès lors, pour les responsables communautaires musulmans, il ne s’agit plus seulement de condamner tout en se disant que les communautés musulmanes ne sont en soi qu’un élément périphérique du problème. Au contraire, elles en sont l’épicentre à plus d’un titre : elles sont une variable du calcul d’action violente de ces groupuscules, elles en sont les victimes directes (dans les attentats) et indirectes (dans le choc en retour), elles servent de matrice à ces groupuscules jusqu’à un certain point (dans le bric-à-brac idéologique et dogmatique qu’elles véhiculent et dans lequel elle s’abstiennent de mettre de l’ordre) et, enfin, elles évitent d’affronter directement ces problématiques.

    Bien sûr, les moyens et les ressources humaines manquent cruellement pour envisager des actions à grande échelle. Bien sûr, les prêches du vendredi ne suffisent pas à faire évoluer la communauté, sinon cela ferait longtemps que tout aurait été dit et mis en acte. Bien sûr, le dit des mosquées est déjà amplement contrôlé, et à juste titre en l’état actuel des choses, par les services nationaux de sécurité, voire par les services consulaires, et l’on sait que nos responsables font particulièrement attention, avec raison, aux messages ainsi délivrés de façon hebdomadaire. Reste qu’il faut faire avec les moyens du bord, et les prêches, les leçons, les assises, les familles (usra) sont des vecteurs essentiels de tout discours, positif comme négatif. Les groupuscules jihadistes l’ont bien compris, avec les résultats que l’on connaît.

    Il est impératif aujourd’hui que les leaders communautaires prennent le risque de bousculer un peu plus leurs ouailles dans leurs convictions, leurs certitudes, leurs préjugés, leurs lectures du monde. Si on ne peut pas faire grand’chose face à des mastodontes comme al-Jazeera, un véritable travail communautaire d’information et de désamorçage des tensions au travers de discours et d’actions coordonnés, matures et responsables peut sans aucun doute avoir un impact durable sur la construction de communautés équilibrées et bien insérées.

    Pour autant qu’on lui en donne la chance. Trop souvent, on assiste, au sein de nos communautés, à des silences complices. On ne relève pas certains éléments du discours de nos interlocuteurs par lassitude, par manque de temps, pour éviter les ennuis ou les conflits ou encore parce que l’on se dit que ce n’est pas grave de la part de cet interlocuteur précis, qui serait loin d’être un jihadiste. Impossible, en effet, de relever chaque dérapage ! Mais sait-on seulement après combien de dérapages de la sorte, la vie d’un individu peut basculer vers la haine et la volonté de détruire ? Aujourd’hui, leaders communautaires, détenteurs du discours officiels, mais aussi chacun d’entre nous, nous sommes face à cette responsabilité : être proactifs, et tenter de ne rien laisser passer, mais surtout être cohérents, du minbar à la usra. Et combattre sans répit la haine, le racisme, les préjugés et les délires paranoïaques ou « victimisants » qui minent nos communautés.

    On ne peut plus laisser nos coreligionnaires dans l’incertitude, dans l’absence totale de repères clairs, dans le désarroi moral, face à ces situations de crise complexes mettant en cause leur vision du monde, leur sentiment d’allégeance, voire même la fragile architecture de sens qu’ils essayent de bricoler au quotidien. A l’heure où les certitudes identitaires de beaucoup se fissurent ou s’effondrent, les responsables communautaires n’ont plus droit à l’indécision, au manque de courage ou au silence. Les communautés ont cruellement besoin de sens et de guidance, et elles se tourneront vers ceux qui leur fourniront un prêt-à-penser un tant soit peu structuré. Au risque qu’il soit en complet décalage avec leur réalité quotidienne de communautés en processus d’insertion et de négociation avec des sociétés majoritairement non musulmanes. Avec les conséquences funestes que l’on ne connaît aujourd’hui que trop bien.

    Or, nous possédons un ensemble de valeurs et un message qui nous fournissent des moyens très efficaces pour répondre à cette situation, même si certains aspects devraient encore être développés en fonction de nos contextes locaux respectifs. Mais, ça, c’est au niveau du discours. Maintenant, au niveau des actes, il faudra se confronter à la question de la loyauté sincère développée dans les discours médiatiques. A titre d’exemple, jusqu’où irons-nous si il était porté à notre connaissance que de tels actes sont en préparation ? Attendrons-nous que soit commis l’irréparable pour pleurer sur les victimes ? En espérant que nous ou nos proches n’en faisions pas partie…

    Michaël Privot, Islamologue, Secrétaire Général d’une ONG musulmane internationale de jeunesse : FEMYSO (Forum of European Muslim Youth and Student Organisations)

    [1] A ce propos, remarquons également en passant que, bien que ces massacres soient commis au nom des souffrances des musulmans en Palestine, en Irak, en Tchétchénie ou en Afghanistan, aucun ressortissant de ces pays ne faisait partie des commandos meurtriers. Pourtant, chacun de ces pays bénéficie d’une large diaspora, en Europe ou aux Etats-Unis, particulièrement mobilisée pour leur propre cause. Cela pose de manière définitive la question de la légitimité de la cause revendiquée par ces groupuscules violents. Au nom de qui, de quoi, agissent-ils quand les premiers concernés n’ont pas recours à de telles méthodes qui ne font que desservir leurs objectifs ? N’y a-t-il pas là détournement frauduleux de luttes nationales au profit de tentatives de mobilisation de communautés diverses dont, à nouveau, le seul dénominateur commun serait l’Islam ? Et dans quel but ?
    © Saphir Net

    UNE FRIANDISE À SAVEUR RACISTE? (Canada)
    Pascal Faucher

    15/07/2005 - Un emballage de bonbons vendus dans les dépanneurs Couche-Tard, sur lequel figure le dessin d'un Noir affublé d'une énorme araignée en guise de perruque, provoque la colère d'organismes montréalais qui y voient une image raciste et injurieuse.

    «C'est dégueulasse, affirme le président de la Ligue des Noirs du Québec, Dan Philip. On associe le Noir à un animal, à une image sale et repoussante. Pourtant, les autres variétés de cette marque n'illustrent que des animaux. Pourquoi faire ça aux Noirs?»

    À saveur de grenouille, mouche et araignée (pomme, pêche et fraise, en fait), les emballages des jujubes de marque Sloche se veulent clairement humoristiques. Mais celui qui dépeint un Noir grimaçant ne fait pas rire Laurraine Leblanc.

    «Tous les stéréotypes associés aux gens de descendance africaine sont représentés dans cette image: traits du visage exagérés, barbe, cheveux indociles et bijoux», dénonce la porte-parole du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), organisme montréalais qui milite contre la discrimination.

    L'image «suppose que les Noirs qui ont des dreadlocks (tresses) ressemblent à un insecte qui génère des sentiments de peur et de dégoût», dit Mme Leblanc, pour qui le dessin «n'est qu'une autre représentation du racisme subtil qui existe au Québec».

    «C'est une attaque gratuite. Tous les gens de la communauté noire qui l'ont vue trouvent l'image déplorable. Dans le contexte, ce n'est pas justifié, et c'est humiliant.»

    Ni Alimentation Couche-Tard ni l'agence de publicité Bos, qui a conçu les emballages décriés, n'ont accepté de faire part de leurs commentaires à La Presse, hier. Selon le communiqué du CRARR, en réponse à ses multiples appels et lettres envoyés à Couche-Tard, le vice-président des opérations, Jean-Luc Meunier, leur a répondu en ce termes: «Nous sommes peut-être un peu irrévérencieux, mais nous n'avons aucune raison d'être racistes ou moqueurs. Nous acceptons de ne pas remettre l'emballage «araignée» de Sloche dès que notre inventaire sera épuisé.»

    La réponse ne satisfait pas le CRARR. En conférence de presse hier, l'organisme montréalais, qui a déjà soumis un dossier à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, a annoncé qu'il entendait mettre davantage de pression sur le détaillant afin qu'il retire immédiatement le produit jugé «inacceptable». Il exigera aussi que Couche-Tard formule des excuses publiques à la communauté noire.

    Le CRARR et la Ligue des Noirs ont-ils l'épiderme trop sensible? «Ce n'est pas humoristique, dit Laurraine Leblanc. On forme une nouvelle génération avec des préjugés racistes.»
    © Cyberpresse

    LE MAIRE DE SAINT-JEAN MINIMISE LES INCIDENTS RACISTES COMMIS DANS SA VILLE (Canada)
    15/07/2005 - Les étudiants chinois qui fréquentent le campus de l'Université du Nouveau-Brunswick à Saint-Jean ne prennent pas à la légère les actes de racisme dont ils sont victimes depuis quelques années.

    Vendredi, les étudiants ont convié les représentants de la municipalité et des forces policières à une réunion qui a permis de mettre à jour une situation peu reluisante pour une province qui compte attirer des milliers d'immigrants.

    Coco Zhao, une porte-parole des étudiants, avait de la peine à retenir ses larmes lorsqu'elle a exprimé la solitude de ses compatriotes au maire Bruce Macfarlane. Elle ne veut pas que d'autres vivent l'expérience qu'elle a vécue. Plus tôt cette semaine, à un arrêt d'autobus, quelqu'un lui a lancé des oeufs à la figure.

    Les étudiants soutiennent qu'il ne s'agissait pas d'un événement isolé. Ils étaient nombreux à cette réunion pour dénoncer la discrimination dont ils sont victimes. Une étudiante a déclaré qu'elle a été victime de racisme il y a cinq ans déjà.

    Le maire Macfarlane a dit qu'il veut travailler avec les divers intervenants pour trouver des solutions. Il a insisté qu'il s'agit d'événements isolés. Selon lui, des incidents de ce genre surviennent dans la plupart des villes.

    Un sondage mené récemment pour le compte du ministère du Patrimoine canadien par PRUDE, une association provinciale qui milite contre le racisme, prouve le contraire. Les sondeurs ont interrogé 185 personnes membres de minorités visibles à Saint-Jean. Un grand nombre d'entre elles se disent victimes de discrimination.

    « Le sondage dit que 84 % des personnes qui ont répondu étaient victimes de discrimination à l'école », a souligné Tyrell Sparks, porte-parole de PRUDE.

    Plusieurs personnes ont insisté pour qu'on mette l'accent sur l'éducation à l'école. Les jeunes de Saint-Jean doivent apprendre à connaître davantage les autres cultures, selon une dame présente à la réunion.

    Un policier a expliqué aux étudiants l'importance de dénoncer les actes de racisme. Il a aussi demandé l'aide de la population afin de trouver les coupables.
    © Radio-Canada

    ETATS-UNIS: TURBAN DE LA DISCORDE DANS LE MÉTRO DE NEW YORK
    18/07/2005 - Des employés sikhs du métro de New York ont déposé une plainte vendredi pour discrimination contre leur employeur, qui leur impose de porter le logo de la société sur leurs turbans.

    Kevin Harrington, conducteur de métro et Sikh d'origine irlandaise, a engagé des poursuites devant un tribunal fédéral après avoir été contraint, depuis janvier, de porter le logo de l'Autorité des transports métropolitains (MTA) sur son turban. Cinq autres agents ont porté plainte pour les mêmes raisons devant la Commission pour l'égalité dans l'emploi. Tous avancent que cette mesure - mise en place après les attentats du 11 septembre 2001 - est une forme de discrimination raciale.

    «La MTA m'a remercié pour avoir éloigné mon métro des tours, le 11 septembre, en lui faisant faire marche arrière. J'étais considéré comme un héros,» explique Harrington. «Je n'avais pas de logo sur mon turban à l'époque. Pourquoi suis-je menacé aujourd'hui d'affectation à la construction des rails à moins que j'accepte d'en porter un ?» La MTA, qui refuse de commenter les plaintes, confirme en revanche que seuls les couvre-chefs autorisés sont permis. «Les Sikhs sont autorisés à porter leurs turbans, mais ils doivent avoir le logo,» indique une porte-parole.

    Kevin Harrington est soutenu par le Centre pour les droits constitutionnels (CCR) et la Coalition sikh, organisation fondée après le 11 septembre pour familiariser les Américains à la religion sikh. Après les attentats, plusieurs Sikhs ont été sévèrement battus à New York après avoir été confondus avec des musulmans. Il y a deux ans, un Sikh a aussi porté plainte contre la police de New York après avoir été renvoyé pour avoir refusé d'enlever son turban et de raser sa barbe.
    © Saphir Net

    DESSINE-MOI LE PAYS DES DROITS DE L'HOMME BLANC (France)
    Comment la France est passée du pays des Droits de l’Homme au pays de Sarkozy
    par Jean-Sébastien Gallaire


    11/7/2005 - Depuis samedi 9 juillet 2005, une quarantaine de personnes ont entamé une grève de la faim pour s’opposer aux conditions dans lesquelles elles sont détenues au Centre de Rétention Administrative de l’Aéroport Saint-Exupéry, à Lyon.

    Les serpents boas avalent leur proie toute entière, sans la mâcher. Ensuite ils ne peuvent plus bouger et ils dorment pendant les six mois de leur digestion., Saint-Exupéry, Le Petit Prince

    L’auteur du Petit Prince doit se retourner aujourd’hui dans sa tombe. Celui qui n’a jamais cessé de prôner par son oeuvre et la conduite de sa vie, la fraternité et le rapprochement entre les peuples a donné son nom à l’aéroport international de Lyon dont le Centre de Rétention retient plus d’une quarantaines de personnes, âgées de 1 à 70 ans, en attente d’être expulsées du territoire français.

    Nous avons pu joindre aujourd’hui-même par téléphone certains de ceux que nous qualifierons légitimement de prisonniers. Ils ont entamé depuis samedi 9 juillet 2005 une grève de la faim pour protester contre les conditions de détention inhumaines dont ils sont, injustement, victimes, sans autres raisons que de faire gagner à Sarkozy, en vue des élections présidentielles de 2007, quelques voix du Front national.

    Témoignages
    On a droit d’être libres ! On n’est pas des criminels ! On n’a pas vendu de drogues ! On a droit d’être libres !

    C’est Abou, sénégalais, qui parle. Sa mère, de nationalité française depuis plus de 30 ans [1], vit en France. En 1998, elle avait demandé un regroupement familial pour faire venir auprès d’elle ses 5 enfants. Seuls Abbou et l’une de ses soeurs ont été autorisé à la rejoindre.
    Abbou est donc venu légalement en France, avec un visa qui n’a pas été renouvelé. Il vit et travaille dans notre pays depuis 8 ans. Son épouse, de nationalité mauritannienne, est enceinte de 9 mois aujourd’hui. Il a été arrêté la semaine dernière à Lyon et est détenu depuis au Centre de rétention.

    Je ne pardonnerai jamais s’il arrive quelque chose à ma femme ou à mon enfant. Dans ce cas, il y aura vengeance totale. S’ils veulent [les autorités], je sors de France, mais j’ai une femme enceinte qui a besoin de moi. Qu’on me donne 1 mois ou 2, après je quitte le pays...

    L’un des co-détenus d’Abbou veut me parler. Celui-ci lui tend le téléphone. Charles est ivoirien. Il est arrivé en France avec un passeport en règle. Depuis les évènements qui s’y sont déroulés au mois de novembre 2004 [2], il a peur de retourner dans son pays d’origine. De Paris, il s’est rendu à Lyon où les autorités de l’aéroport ont conclu à l’invalidité de son passeport, sans explications. D’après les avocats de Charles, son passeport est parfaitement en règle. Le seul problème concerne la durée de son séjour au Koweit, dans lequel Charles a vécu 1 jour de trop (4 au lieu de 5). C’est pour cette raison qu’il est, aujourd’hui, retenu au Centre et en attente d’être expulsé.

    - Je ne peux pas retourner en Côte d’Ivoire. J’ai un proche qui a été tué lors des derniers affrontements, le Colonel Bakasa Traoré. Il a été tabassé pour le faire sortir de la résidence de l’ambassade de France. Le motif est qu’il n’avait pas prévenu de sa visite les officiers de l’ambassade...

    Il a voulu demander l’asile politique aux autorités françaises. Celles-ci le lui ont refusé : il ne peut plus prétendre à ce statut depuis le 27 juin 2005, malgré le danger qui règne toujours en Côte d’Ivoire (cf. note 2).

    - C’est à cause de la guerre que je suis arrivé ici...

    Charles évoque également les conditions dans lesquelles ses camarades et lui sont détenus :
    - On fait la grève parce qu’on est maltraités. Avant hier, pendant que j’étais en train de manger, le gardien m’a demandé de débarrasser le plateau de mon voisin. J’ai refusé. Il m’a insulté, agressé. On est victimes de racisme. Au pays, je suis respecté. Ici, on me met en prison...

    Sarko sacrifie des gens pour son ambition nationale. C’est dégoûtant !
    Les interlocuteurs se suivent, animés par la même motivation : crier leur sentiment d’injustice, dénoncer le traitement qu’ils subissent.

    Bruno Seck, sénégalais, se présente comme l’un des doyens du Centre. Il a 46 ans :
    - Je suis en France depuis 26 ans. Au départ, j’avais des papiers. Après, je n’en ai plus eus. L’un d’entre nous a des papiers italiens, il travaille en Italie. Une autre est une étudiante que l’on veut renvoyer. Sa mère est née en France.

    Bruno me confie la vision qu’il avait de la France, avant... :

    - La France, c’était la Patrie-mère. Comme on nous l’apprend à l’école, nos ancêtres sont des gaulois. Mon grand-père est mort pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Il était tirailleur sénagalais. Je suis déçu... En 1959 [3], quand je suis né, j’étais français. J’ai fait des démarches pour rester français, ils ne m’ont jamais répondu...
    Sarko n’est pas plus cultivé que moi. Sa démarche est d’avoir les voix du FN. Il va sacrifier des gens pour son ambition nationale. C’est dégoûtant !

    On nous a traités de sales nègres. On nous a dit que nous sommes dans le couloir de la mort.
    C’est Annie Thouati, une étudiante qui a eu son bac en France, que j’ai maintenant au téléphone. Elle a du mal à parler. Des sanglots dans la voix...

    - J’ai un tuteur légal en France. J’ai demandé des papiers, mais on me les a refusés car je dois présenter une carte de séjour. On nous insulte, on nous a traités de sales nègres. On nous a dit que nous sommes dans le couloir de la mort.

    Les sanglots d’Annie étouffent sa voix. Boobo Kouyaloa, togolais, prend le relais :
    - J’attendais le prolongement de ma carte de séjour. En août, j’avais rendez-vous en Italie, pour avoir une carte de séjour, pour revenir en France. J’ai le récepissé. Il devait convertir ma carte de séjour en France.

    La police ne lui en a pas laissé le temps. Elle est venue le prendre « un matin, avant qu’[il] ne parte au travail. »

    - Je fais de l’hypertension. Ma santé est en danger.

    Je parle à un dernier interlocuteur :
    - Les gens ont les nerfs. Il y a certains cas, c’est n’importe quoi ! On nous traite comme des criminels. On est des gens qui ne demandons qu’à vivre.

    Le Petit Prince a eu beaucoup de chance : il est né blanc, d’un père français. Ainsi va la vie, au pays de Sarkozy...

    [1] Avant l’indépendance du Sénégal en 1960, les habitants des villes de Saint-Louis, Rufisque et Gorée avaient le droit de demander la nationalité française.
    [2] La guerre civile de Côte d’Ivoire a commencé le 19 septembre 2002, et a repris en novembre 2004. Le 6 novembre 2004, des militaires français, assiégés par la foule, ont ouvert le feu sur elle (déclaration du chef-d’état-major Bentégeat, le soir du 7 novembre). Plusieurs centaines d’Occidentaux, principalement des Français, se réfugient sur les toits de leurs immeubles pour échapper à la foule, ils sont alors évacués par des hélicoptères de l’armée française
    [3] 1 an avant l’indépendance du Sénégal.
    © Hermaphrodite http://hermaphrodite.fr

    DES PARENTS D'ÉLÈVES EN PÔLES DE RÉSISTANCE (France)
    Des centaines d'entre eux se mobilisent, partout en France, contre les expulsions d'enfants.
    Par Nathalie RAULIN


    12/7/2005 - Ça leur est tombé dessus sans crier gare. Des centaines de citoyens ordinaires, ni militants ni tellement concernés par la marche du monde, se mobilisent depuis quelques semaines contre l'«aberration», l'«injustice», l'«inhumanité» du sort que les autorités réservent à la famille d'à côté, sans papiers peut-être, mais acceptée. Un peu partout, des micro-foyers de résistance, de village ou de quartier, sont apparus pour défendre, ici une famille nombreuse congolaise, là des Turcs, ailleurs des Géorgiens, des Angolais, ou des Albanais : à Lyon et Oullins (Rhône), Besançon (Doubs), Metz (Moselle), Rennes et Nouvoitou (Ille-et-Vilaine), Pontivy (Morbihan), Nantes (Loire-Atlantique), Chaumont (Haute-Marne), Clamart et Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine)...

    «Avant, les sans-papiers se cachaient, disparaissaient dans l'indifférence générale, explique Richard Moyon, responsable du réseau Education sans frontières (1). Aujourd'hui, grâce à la médiatisation de certaines bagarres, les familles ont compris qu'appeler l'entourage à l'aide n'était pas forcément inutile.» L'injonction de Nicolas Sarkozy aux préfets, le 20 juin, d'«augmenter de 50 % le nombre d'éloignements effectifs des étrangers en situation irrégulière», a jeté un froid au sein des collectifs de soutien. Partout, la peur d'une «disparition» des voisins pendant la «transhumance estivale» renforce le sentiment d'urgence.

    Les enfants ont souvent donné l'alerte.
    «Le petit Ezgi a fondu en larmes en pleine classe, se souvient une institutrice d'Issy-les-Moulineaux. Au début, j'ai gardé le secret. La règle, c'est que l'école ne doit pas tenir compte de la situation des familles.» Quinze jours plus tard, l'enfant lui a tendu l'arrêt préfectoral de reconduite à la frontière que venait de recevoir sa mère kurde. «J'étais paniquée, isolée, dit la maîtresse. J'ai fini par avertir mon inspectrice, mes collègues et les parents d'élèves.» Autre lieu, autre drame. Sur les hauteurs populaires de Clamart, la cloche de l'école Bourcillière a sonné, mais une petite Congolaise de 4 ans a refusé de quitter la cour. «Je ne peux pas rentrer, la porte de ma maison est fermée», a chuchoté la gamine.

    Intriguée, une maman découvre bientôt l'inimaginable : «La famille Kilanda avait dû quitter son logement un mois plus tôt. Ils étaient hébergés dans une chambre par le Samu social. Sans papiers, ils étaient expulsables à tout moment. On se connaît de vue, ils sont là depuis quatorze ans...» Pascale S., mère BCBG de trois jeunes enfants, a mis sa vie entre parenthèses : «Normalement, je me mobilise parce que les repas sont froids à la cantine ou pour protester contre la carte scolaire», dit-elle. Touchée, la jeune femme dépanne la famille à la rue, bat le rappel des parents d'élèves, avertit les associations, écrit aux élus. «Beaucoup de parents et de gens du quartier ont proposé de distribuer les tracts et de faire signer la pétition. Fin juin, nous étions 70 parents, élus, représentants de partis politiques devant la sous-préfecture de Boulogne. On nous a promis une réponse avant le 14 juillet.» Et d'ajouter, un peu lasse : «Des papiers, ça réglerait tout, on retrouverait une vie normale.»

    Préjugés.
    Le sentiment d'urgence est d'autant plus vif que les sans-papiers se livrent souvent tardivement. A Lyon, les parents angolais de la petite Chuva ont attendu la mi-juin pour se confier. «ça a été un choc pour tout le monde», raconte Sabrina Novak, une des deux déléguées de parents d'élèves devenues piliers du collectif de soutien, «Chuva, c'est la mascotte de l'école, une petite fille de 6 ans sociable et gaie qui parle remarquablement le français et participe à toutes les activités culturelles. Son petit frère est né ici.» D'un coup, l'enjeu écrase les préjugés. «Même le boucher a pris et redemandé des pétitions quand il a su qu'il s'agissait de Chuva !» La mobilisation transcende le clivage gauche-droite : des deux animatrices du collectif de défense de Chuva, la première se dit «orpheline de la gauche», la seconde se laisse deviner catholique plus conservatrice. «On se retrouve sur l'humanisme», tranche Sabrina.

    Frictions.
    A Chaumont, loin du centre-ville, c'est toute la cité de la Rochotte qui se mêle de secourir les Palaba et leurs cinq enfants. Un paradoxe pour ce quartier populaire de retraités, d'ouvriers et d'employés modestes, que n'effraie pas toujours le vote FN. Claude Lahner, responsable d'un collectif d'associations antiracistes, témoigne : «C'est la première fois qu'on est interpellé par une cité entière. Avant même qu'on soit averti, les voisins de la famille congolaise avaient déjà écrit au préfet et à la municipalité.» Parmi ces soutiens improvisés, des Chaumontais qui se souviennent d'être un jour venus d'ailleurs : à la réunion de soutien aux Palaba, on remarque une vieille dame qui a fui le Portugal de Salazar, une Algérienne, un homme d'origine allemande, un Belge né au Congo...

    Déceptions et frictions sont aussi de la partie. Ici, des enseignants refusent d'aborder la question en classe. Là, des parents font la sourde oreille, «parce qu'ils n'arrivent pas à se sentir concernés». Ailleurs, les membres des collectifs endurent le racisme ordinaire des passants ou des élus. Surtout, les nouveaux engagés découvrent la violence. Nouvoitou, petit village breton proche de Rennes, se réveille traumatisé. De leurs très discrets voisins angolais, ses habitants connaissaient surtout les deux enfants, l'aînée Joséphine, scolarisée à l'école publique, et le cadet Nathan, né en France et baptisé dans une commune voisine. Avec l'arrestation du couple, leur quotidien a basculé.

    La mobilisation du village est immédiate. Deux semaines plus tard, les Malumba sont de retour, assignés à résidence. Chacun respire, mais le pire est à venir. Début juin, à 8 heures du matin, deux cars de gendarmes s'arrêtent devant le domicile de la famille angolaise. «Une femme brigadier a insulté M. Malumba, raconte une villageoise. Les gendarmes ont fouillé la maison, coupé l'électricité. C'était très dur, les Malumba n'avaient rien fait de mal. Ils les ont embarqués.» «On est miné, avoue un membre du collectif. On se sent coupable de ce qui se fait en notre nom, au nom du peuple français.» Fin juin, les Malumba sont rentrés chez eux à la faveur d'un fragile statu quo administratif. Mais à Nouvoitou comme ailleurs, l'angoisse demeure.
    (1) educsansfrontieres@free.fr
    © Libération

    NICOLAS SARKOZY POUR UNE 'IMMIGRATION CHOISIE' (France)
    Le ministre de l’Intérieur, en visite à Marseille lundi 11 juillet, a dévoilé les grandes lignes de sa politique migratoire.
    Camille Polloni


    13/7/2005 - Sans évoquer explicitement des «quotas», terme mal accepté en France, Nicolas Sarkozy a affirmé sa volonté de «sélectionner» les catégories d’immigrés qui, selon lui, sont utiles au pays. Assistant à Marseille à une conférence des représentants des consultas et préfectures, il a rappelé son credo : «passer d’une immigration subie, où tout le monde est perdant, à une immigration choisie, où tout le monde est gagnant».

    Sélectionner les «bons» immigrés
    Une mission interministérielle d’évaluation des capacités d’accueil et des besoins de la France en immigrés commencera ses travaux en septembre et rendra ses conclusions en mars 2006. Une nouvelle administration devrait voir le jour pour centraliser les questions d’asile, d’intégration et de nationalité.

    Pour l’heure, le ministre a annoncé la mise en place d’un «visa à points» pour les étudiants étrangers rejoignant les universités françaises. Jusqu’alors, les étudiants devaient simplement être pré-inscrits à l’université pour obtenir un visa. Ils seront maintenant sélectionnés en fonction de leur âge, leurs diplômes, leur expérience professionnelle, et la discipline étudiée. Ce système de visas à points pourrait être étendu par la suite aux travailleurs qualifiés.

    Le ministre de l’Intérieur a également affirmé la nécessité de «mieux maîtriser l’immigration familiale». Les conditions du regroupement familial devraient être durcies. Nicolas Sarkozy souhaite accentuer la répression des mariages blancs et des mariages forcés, et refuser l’établissement d’un visa en cas de polygamie ou de mauvais traitements infligés aux femmes.

    La lutte contre l’immigration clandestine
    Les visas de court séjour devraient faire l’objet de contrôles accrus, pour pallier tout «risque migratoire». Les régularisations de sans-papiers seront limitées à des situations humanitaires exceptionnelles. Nicolas Sarkozy souhaite augmenter de 50% le nombre d’expulsions cette année, passant de 15.000 en 2004 à 23.000. Pour ce faire, 1.600 places seront créées dans les centres de rétention administrative. Des vols groupés seront organisés avec l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Espagne et l’Italie. Le principe des visas biométriques (incluant photographie et empreintes digitales dans une carte magnétique) devrait se généraliser. Huit consulats sont équipés, actuellement, l’objectif étant de 200 en 2007.

    Le ministre souhaite que la France n’accueille plus «ceux dont, nulle part ailleurs, on ne veut». Pour le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), «en insinuant que l’immigration présente sur le sol de France est une immigration subie, on la culpabilise et la désigne à la vindicte publique».
    © Stop Infos

    'DISCRIMINER, C'EST DIVISER' (France)
    par François BAROIN Ministre de l'Outre-Mer

    13-7-2005 - Depuis plusieurs années maintenant, notre pays s'interroge sur lui-même - et plus précisément, sur son identité. Comme dans tout questionnement identitaire, cette interrogation recèle une part d'inquiétude. Au coeur de cette préoccupation essentielle : le devenir de notre cohésion nationale, de notre vivre ensemble. On parle de crise identitaire ; de malaise aussi, parce qu'il existe un mal être. Notre société tend malheureusement de plus en plus vers un ensemble plutôt constitué de la coexistence de différences dans le morcellement, que d'une cohésion de particularismes dans l'unité.

    Cette crise a ses symptômes : replis et revendications communautaristes, racisme, xénophobie, ethnicisation sociétale... Elle a bien évidemment des causes : politique d'intégration pas assez efficiente, perte du sentiment de citoyenneté, valeurs républicaines qui s'effacent parce qu'insuffisamment affirmées, entre autres. Autant de questions posées à notre République - et auxquelles il est urgent de répondre. Parmi ces causes, il en est une qui ronge particulièrement notre pacte social : la discrimination, quelle qu'elle soit. Elle est une des principales source du délitement progressif de notre République. Retrouver une unité, retrouver une identité, c'est en priorité agir contre toute forme de discrimination.

    Discriminer, c'est diviser. C'est sciemment s'inscrire contre ce qui est l'essence même de notre République - « une et indivisible », précisément. Conscient du danger et de la gravité de ce que peuvent vivre au quotidien nombre de nos concitoyens, le Président de la République a mis en place, le 23 juin dernier, la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité. Grâce à elle, la lutte contre les discriminations va prendre une ampleur considérable. Une ampleur à la juste mesure de ce qu'elle a à combattre. Car, ainsi que l'a rappelé le Chef de l'Etat, les discriminations ne concernent pas une seule catégorie de personnes, elles sont multiples.

    En tant que Ministre de l'outre-mer, je voudrais affirmer ma détermination à m'inscrire avec toute ma force et ma volonté dans ce combat. On ignore trop souvent, hélas, nos compatriotes d'outre-mer vivants en métropole lorsque l'on parle des victimes de discriminations. Mon premier engagement sera donc celui de rappeler, tant qu'il le faudra, ce que de nombreux ultramarins subissent. Couleur de peau ou accent sont sources de rejet, de comportements inacceptables. Des portes se ferment. Difficultés ou impossibilité de trouver un logement, un emploi. Cruel sentiment que celui d'être citoyen français - si pleinement citoyen que des territoires d'outre-mer ont été français bien avant certains départements métropolitains- et de ne pas être regardé comme tel. Je ferai également en sorte que ces injustices soient plus efficacement prises en compte ; et surtout que des solutions leurs soient apportées.

    Il existe un autre aspect de l'outre-mer au sein de notre République : celui qu'elle nous offre « là-bas », comme un exemple à suivre. Car à l'heure où en métropole se pose la question de notre identité, de notre modèle sociétal, l'outre-mer a su faire de son multiculturalisme originel une acceptation et un respect de la différence. Elle a su faire de cette pluralité une richesse sociétale et culturelle exceptionnelles, sans pour autant perdre de vue son unité. Il suffit de songer à la Réunion pour comprendre et admirer une si grande diversité ethnique et religieuse vivre en harmonie, dans une considération mutuelle. Le principe d'unité républicaine doit effacer toute notion d'éloignement géographique, tout principe de différence physique ou ethnique. Un sentiment d'appartenance n'a pas de frontières. Métropolitains ou ultramarins, certes, mais avant tout, citoyens d'une Nation fondée sur un même vouloir vivre ensemble pour ne constituer qu'un seul peuple.
    © Media Tropical

    IMMIGRATION: BORLOO MET EN GARDE (France)
    Jean-Louis Borloo a lancé une mise en garde contre un recours "large" à l'immigration, en précisant que le vrai sujet était la crise du recrutement.

    13/7/2005 - Le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo a mis en garde mercredi 13 juillet "ceux qui lancent des débats sur une immigration extrêmement large pour subvenir aux besoins de l'économie française". "Il y a d'abord, dans ce pays, à gérer nos ressources humaines pour qu'elles puissent contribuer au développement économique", a-t-il prévenu sur LCI, en allusion aux propositions du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy sur l'immigration "choisie".

    Jean-Louis Borloo a rappelé que la France avait "un dispositif qui nous permet d'intégrer au compte goutte". "Attention, nous avons 2,4 millions de chômeurs et d'autres gens, notamment des jeunes, qui ne sont pas dans les chiffres du chômage". Et de lancer: "attention à ce problème d'immigration".
    "Le vrai sujet, qui est devant nous, c'est la crise du recrutement. Cela a commencé dans certains secteurs d'activité comme le bâtiment et cela va être sur tous les métiers", a analysé le ministre de l'Emploi.
    "On a fait une grosse révolution" en matière d'emploi, a souligné Jean-Louis Borloo, citant "des maisons de l'emploi, le guichet unique, les services à la personne".

    Jeab-Louis Borloo a été interrogé sur la traditionnelle intervention de Jacques Chirac pour le 14 juillet, alors que Nicolas Sarkozy aurait demandé selon Libération mercredi "pourquoi on perpétue cette tradition, alors qu'il n'y a pas d'actualité et que les Français ont déjà la tête en vacances". "L'actualité justement», c'est "que le chef de l'Etat s'exprime le 14 juillet fête nationale", a répliqué le ministre de l'Emploi.
    "C'est assez attendu, je crois beaucoup plus cette année encore, parce que c'est le moment où on fixe le cap", a-t-il ajouté.

    "Cette polémique, d'où çà sort ?"
    Le ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, Azouz Begag, a estimé mercredi sur RMC qu'il n'y avait pas lieu de polémiquer sur les prises de positions du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui prône une "immigration choisie".
    "Chez moi, dans ma vie pers