RAPPORT DE L'INTERCONFÉRENCE DE I CARE

La DÉMOCRATIE et la TRANSPARENCE sont de plus en plus difficiles à réaliser dans un monde où la prise de décision est de plus en plus compliquée, les inégalités dans l'accès à l'information grandissent et où les difficultés dans la communication entre groupes ethniques et culturels augmentent.

La TECHNOLOGIE MODERNE, en particulier l'Internet, peut être utilisée pour rendre la pratique et le processus politique plus démocratique et transparent. Malheureusement, l'Internet est devenu un outil important pour la diffusion des idées fascistes et racistes. Cela rend d'autant plus importante la réalisation par les activites des Droits de l'Homme de la disponibilité de ces nouveaux moyens de communication.

I CARE est un projet pilote unique, qui vise à promouvoir la démocratie et la transparence dans les activités anti-racistes par l'usage de la technologie moderne.



1. QU'EST-CE QU'I CARE ?

Internet Center Anti-Racism Europe (Centre Internet de l'Anti-Racisme en Europe) est le projet Internet le plus complet de l'histoire du mouvement anti-raciste européen. Il donne une voix électronique à un grand nombre d'initiatives anti racistes et d'organisations non-gouvernementales (ONG) européennes. I CARE est un partenariat entre les organisations suivantes: UNITED for Intercultural Action, Réseau européen contre le nationalisme, le racisme et le fascisme et pour le soutien des migrants et des réfugiés et la Fondation Magenta, une ONG anti raciste qui bénéficie d'années d'expérience dans le domaine de l'Internet.
I CARE is a partnership between UNITED for Intercultural Action, the European network against nationalism, racism, fascism and in support of migrants and refugees, and the Magenta Foundation, an anti-racist non-governmental organisation with years' long experience in the field of the Internet.



2. QU'EST-CE QUE L'INTERCONFÉRENCE ?

L'InterConférence est un outil conçu pour ouvrir une voie de communication entre les décideurs et ceux qui, par leur travail, ont l'expérience quotidienne du racisme et de la discrimination.

La cible de l'InterConférence était la Conférence européenne contre le racisme organisée par le Conseil de l'Europe à Strasbourg sous le titre "Tous différents, tous égaux: de la théorie à la pratique. Contribution régionale européenne à la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée". La conférence s'est tenue entre les 11 et 13 octobre 2000 et a été précédée par un Forum d'ONG les 10 et 11 octobre sous le titre "End Racism Now!"

La Conférence mondiale des Nations Unies contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée doit se tenir entre le 31 août et le 7 septembre 2001 à Durban, en Afrique du Sud. Un forum parallèle d'ONG se tiendra entre le 28 août et le 1er septembre 2001, aussi à Durban.

L'InterConférence s'est organisée en deux parties: L'échauffement vers l'interconférence et l'interconférence en direct.

2.1. L'ÉCHAUFFEMENT VERS L'INTERCONFÉRENCE

Pendant l'InterConférence, le projet I CARE a soutenu les organisations non-gouvernementales qui y participaient en leur fournissant les moyens de communiquer par courrier électronique, listes de discussions et en leur donnant la possibilité de publier leurs status sur le site Internet de I CARE.

Des pages ont étés créées sur ce site pour chacun des pays membres du Conseil de l'Europe. Elles incluaient les status des ONG ainsi que des rapports des conférences nationales des ONG qui préparaient la Conférence européenne / mondiale, afin que chacun puisse se tenir au courant des différents travaux de préparation en cours partout.

Le site Internet de I CARE comprenait une liste de toutes les organisations participant à la Conférence. Plus important, I CARE a assisté ceux qui n'ont pu participer directement pour influencer les discussions aussi bien avant que pendant la Conférence européenne. Ceci était particulièrement important pour les ONG originaires d'Europe Orientale et Centrale qui auraient voulu participer à la Conférence si elles n'avaient pas euent à payer elles-mêmes leurs frais de déplacement et de séjour. On peut soutenir que grâce à I CARE le processus conduisant à cette importante conférence internationale a été rendu plus transparent et démocratique que jamais auparavant.

2.1.1 Les groupes de discussions par courrier électronique

De janvier à octobre 2000, I CARE a entretenu des groupes de discussions par courrier électronique pour inciter les débats et rassembler les recommandations venant du terrain concernant les principaux sujets de la conférence de Strasbourg.

C'est grâce aux commentaires fréquemment faits sur les listes de discussions de I CARE qu'un changement significatif a été introduit dans la préparation du forum des ONG européennes. Le forum a été ouvert à toutes les organisations désirant y participer et non plus seulement à celles qui y étaient invitées officiellement.

La liste de discussion a aussi été utilisée pour informer les ONG sur la future Conférence mondiale des Nations Unies contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée, et leur a permis d'échanger points de vue et idées sur sa préparation.

D'autres sujets débattus passionnément sur la liste de discussion incluaient, entre autres: o les sévères critiques émisent par les ONG polonaises et anglaises à l'égard de leurs gouvernements respectifs pour leurs manière d'organiser les préparatifs et de ne pas tenir compte des soucis légitimes des ONG,
  • l'islamophobie ainsi que la nature spécifique de l'antisémitisme et du racisme anti-noir,
  • les dimensions de l'âge et du sexe dans le racisme,
  • des appels pour la compensation de l'esclavage et du colonialisme,
  • la composition ethnique des organisations anti-racistes.
Un résumé des débats tenus sur les listes de discussions a été préparé et distribué aux participants du forum des ONG ainsi qu'à ceux de la conférence intergouvernementale de Strasbourg d'octobre 2000. (voir le document I CARE Comments from Cyberspace).

2.1.2 Les attentes et les résultats

Durant les semaines précédant immédiatement la Conférence, I CARE a engagé un débat supplémentaire sur les attentes de résultats suscitées par l'évènement. Des contributions sont venues entre autres de Suède, de Norvège, des Pays-Bas, du Royaume Uni, du Canada, de la Russie, de Macédoine, d'Arménie et de la République de Tchéquie. Beaucoup de ces contributions se sont retrouvées d'une manière ou d'une autre dans les résultats finaux de la Conférence européenne ou du forum des ONG.

@ Il est dommage que les petites ONG n'aient pas les moyens de venir ici, et que seulement les grosses ONG soient représentées à ce forum.

Ce problème a été en partie résolu par les activités développées par I CARE durant la Conférence. Toutes les ONG non-représentées directement ont pu suivre les séances et exprimer leurs points de vue par le biais d'Internet.


@ Comment passer des politiques et déclarations à la pratique et l'application de la loi ?

"Tous différents, tous égaux: du principe à la pratique" est le titre adopté officiellement pour cette Conférence européenne. Selon le texte d'introduction officiel "des préparations sont envisagées au niveau européen pour contribuer à la Conférence mondiale qui devraient être projetées vers l'avenir de façon pratique et concrète".


@ Des stratégies concrètes de participations des ONG à la "démocratisation" des politiques [devraient être discutées]

"La Conférence Européenne se félicite du rôle de catalyseur que les organisations non-gouvernementales ont joué dans la promotion de l'éducation aux Droits de l'Homme et la sensibilisation au racisme. Elle reconnaît la situation précaire dans laquelle se trouvent les ONG actives dans le domaine de la promotion des Droits de l'Homme et de la lutte contre le racisme dans de nombreux pays et exhorte les États à lever les barrières inutiles au fonctionnement de la société civile. Elle appelle les États participants à renforcer leur coopération avec les organisations non-gouvernementales, mettant leur expérience et leur expertise au service de l'élaboration de législations, de politiques et d'autres initiatives publiques. Elle appelle en outre les États participants à soutenir financièrement les activités d'éducation et de sensibilisation aux Droits de l'Homme des organisations non-gouvernementales, sans pour autant compromettre l'indépendance de ces dernières".

(Conclusions générales de la Conférence européenne)



@ L'attention devrait se concentrer principalement sur le racisme institutionnel, structurel et sur les autres formes de racisme caché ou involontaire, ainsi que sur le paternalisme et les formes préjudiciables de contrôle social engendrées par des politiques "neutres" ou quasi-libérales.

"La Conférence Européenne reconnaît de plus la persistance des problèmes suivants à l'encontre des personnes les plus touchées, en particulier: o la discrimination au quotidien, qui existe dans le domaine de l'emploi, du logement, de l'éducation, des services, etc. ; o parfois, l'existence de certaines formes de racisme et de préjugés dans les institutions étatiques, de façon directe et indirecte"

(Conclusions générales de la Conférence européenne)



@ Nous demandons des dédommagements concrets, c'est important et nous espérons [que ce sera] le gros titre de cette conférence.

"Afin de renforcer la protection contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée, la Conférence européenne appelle les États participants à veiller à ce que toutes les personnes aient accès à des voies de recours efficaces et adéquates et bénéficient du droit à demander aux tribunaux compétents une réparation ou à une satisfaction juste et adéquate pour tout dommage subi suite à une telle discrimination"

(Conclusions générales de la Conférence européenne)



@ Les Nations Unies semblent impuissantes a empêcher les états membres de présenter des plate-formes électorales anti-immigrés ou de détenir les réfugiés (…), malgrès le nombres de textes ratifiés dans ce but. (…) Je voudrais voir les membres des Nations Unies placés devant leurs responsabilités. Je ne suis pas certain d'obtenir des résultats.

Le sujet des migrations et des politiques d'asile était à l'origine absent de l'agenda des discussions prévues dans le cadre de la conférence. C'est grâce à l'insistance des organisations anti-racistes exprimée entre autres à travers I CARE, qu'il fut introduit comme sujet additionel pour un cinquième groupe de travail au forum des ONG. Le résultat de l'influence qu'ont euent les ONG est qu'il a été insisté sur le fait que tous les groupes de travail et de discussion devaient tenir compte des aspects de l'immigration et de la demande d'asile dans leurs débats. Un appel en faveur de la reconnaissance des droits économiques et sociaux des demandeurs d'asile, des immigrés et des réfugiés était à l'origine absent de la version préliminaire des Conclusions générales, et y a été inclu durant la Conférence.

"26. La Conférence européenne invite les États participants à promouvoir les aspects positifs de l'immigration auprès du grand public, notamment en insistant sur la valeur de la diversité et la contribution que les migrants apportent à la société. Elle souligne qu'il est essentiel, pour combattre le racisme, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée, de promouvoir l'intégration sociale des migrants. La Conférence européenne note que le fait de trop insister sur la nécessité de disposer de politiques d'immigration restrictives risque de produire des stéréotypes négatifs et ainsi d'avoir un effet négatif sur les personnes appartenant aux groupes les plus touchés et sur l'intégration des résidents étrangers. Elle reconnaît de surcroît l'effet de la détention arbitraire des demandeurs d'asile et des sans-papiers sur la croissance d'un climat de xénophobie. La Conférence européenne demande à ce que toutes les mesures ayant trait aux demandeurs d'asile et aux réfugiés soient en total accord avec la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés.

27. La Conférence européenne souligne que le regroupement familial a un effet positif sur l'intégration et appelle les États participants à faciliter le regroupement familial, en tenant dûment compte de la nécessité pour les membres de la famille de disposer d'un statut indépendant. La Conférence européenne prie instamment tous les États participants à accorder l'accès aux droits économiques et sociaux fondamentaux aux demandeurs d'asile, aux réfugiés et aux migrants. Discrimination religieuse et intolérance"

(Conclusions générales de la Conférence européenne)



@ J'espère qu'en travaillant ensemble, nous allons essayer de ne pas hiérarchiser la douleur et la souffrance, ni de réclamer la primauté, mais de réaliser que nos vécus se croisent de façons diverses et apparentées. J'espère que nous nous verrons comme participants à la même lutte, de différentes façons, en usant de différents moyens, mais vers un même but.

"La Conférence européenne pense que tous les États doivent reconnaître les souffrances infligées par l'esclavage et le colonialisme. Elle pense de plus que tous les États doivent rejeter l'épuration ethnique et religieuse et le génocide, en Europe et dans d'autres régions du monde, et doivent travailler ensemble afin d'éviter qu'ils ne se produisent à nouveau. La Conférence européenne pense également que l'Holo-causte ne doit jamais être oublié."

(Conclusions générales de la Conférence européenne)



2.2. L'INTERCONFÉRENCE EN DIRECT

2.2.1 VUE D'ENSEMBLE

  • Journal de plusieurs délégués à la conférence sur www.icare.to;
  • Résumés: bulletin par courrier électronique avec les points forts de la journée;
  • Opinions de "chez soi", projeté sur grand écran dans les bâtiments où se tenait la conférence;
  • Rapports, activités et statuts des différentes ONG présentent à la conférence sur www.icare.to;
  • Journal Internet bi-quotidien avec rapports de la Conférence et du Forum des ONG;
  • Interviews videos avec des participants gouvernementaux et non-gouvernementaux
Programme des causeries internet ("chat sessions")

Mardi 10 octobre
  • Introduction aux évènements / Le racisme en Europe de l'Est
    Invités: Rafal Pankowski (Never Again, PL), Boris Putsintsev (Citizen's Watch, RUS)
  • L'immigration et les politiques d'asile en Europe
    Invités: Patrick Yu (NICEM, GB-NI), Ashok Kumar (Voice for Asylum, DK)

  • Mercredi 11 octobre
  • Education
    Invités: Centre Européen de la Jeunesse
  • Médias
    Invités: Centre Européen des Droits des Rom (ERRC)

  • Jeudi 12 octobre
  • Aspects légaux
    Invités: Winnie Sorgdrager (représentant ECRI, NL), Ralph du Long (Duo A, NL)
  • Politiques et pratiques
    Invités: Roger van Boxtel (Ministre de l'urbanisme et de l'intégration des minorités ethniques, NL), Hedy Fry (Secrétaire d'Etat pour le multiculturalisme et le statut des femmes, CND), Nuria Vives Ferrer (SOS Racismo, E)

  • Vendredi 13 octobre
  • Et ensuite ? La Conférence Mondiale des Nations Unies
    Invités: Laurie Wiseberg (Nations Unies, liaison avec les ONG pour la Conférence Mondiale)


  • I CARE a mis en place un centre Internet temporaire et a fait des reportages en direct accessibles par le monde extérieur et donnant des nouvelles de la Conférence européenne contre le racisme. Cela a donné la chance aux ONG non-représentés à Strasbourg d'exprimer leurs doutes et de discuter avec les représentants gouvernementaux et les ONG présentes au travers de causeries Internet journalières.

    La semaine du Forum des ONG et de la Conférence européenne contre le racisme fut l'apogée du service rendu par I CARE aux organisations non-gouvernementales. Une équipe internationale de techniciens, de modérateurs de causeries Internet, de traducteurs et de reporters venant d'ONG antiracistes d'Europe de l'Est et de l'Ouest fut sélectionnée. Les membres de l'équipe étaient belges, tchèques, danois, français, hollandais, polonais, roumains et russes.

    Le journal bilingue de l'InterConférence (en français et en anglais) fut un succès. Le site fut visité plus de 4000 fois durant toute la durée de la Conférence par des visiteurs venant de 97 pays différents. En plus de l'édition journalière du web magazine, une version email fut également envoyée tous les jours à 2097 adresses et 500 copies papier furent distribuées au sein du Conseil de l'Europe aux participants de la conférence.

    Un projecteur ("beamer") et un large écran furent utilisés pour projeter le site Internet d'I CARE, les causeries, le journal de l'InterConférence et les interviews vidéos dans le lobby du Conseil de l'Europe.

    Durant toute la semaine, les journalistes d'I CARE ont mené des interviews avec les participants de la Conférence, lesquelles furent publiées sur le site de l'InterConférence (soit sous forme écrite, soit en vidéo).
    Le but était d'informer les participants au sein du bâtiment ainsi que les participants extérieurs et les personnes intéressées, des développements des séances plénières et des groupes de travail. Plusieurs délégués ont rédigé de manière journalière des articles sous la forme d'un journal personnel partageant ainsi leurs vues et leurs espoirs sur le processus en cours.

    2.2.2 Causeries Internet ("chat sessions")

    Les causeries Internet ont eu également du succès, proposant des discussions avec des invités spéciaux. Il y a eu une moyenne de 30 visiteurs par causerie, dont une vingtaine a participé activement. Il y a eu un total de 7 causeries, ce qui comptabilise une somme de 200 participants. La qualité de la discussion fut très élevée. Les visiteurs des pays suivants étaient présents : Albanie, Belgique, Canada, République tchèque, France, Allemagne, Grèce, Italie, Lettonie, les Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Fédération de Russie, Espagne, Ukraine et le Royaume Uni. Parmi les grands moments de ces causeries il y a eu la présence de M. Roger van Boxtel, Ministre de l'urbanisme et de l'intégration des minorités ethniques aux Pays-Bas ainsi que celle du Docteur Hedy Fry, Secrétaire d'État pour le multiculturalisme et le statut des femmes au Canada. Également à retenir parmi les grands moments de ces causeries, la discussion avec Winnie Sorgdrager, la représentante néerlandaise pour les Pays-Bas au sein d'ECRI (Commission européenne contre le racisme et l'intolérance). Les sujets des causeries correspondaient largement à ceux évoqués et discutés à Strasbourg.


    Roger van Boxtel

    Winnie Sorgdrager

    Laurie Wiseberg

    Hedy Fry


    Ci-dessous un extrait d'une discussion menée lors d'une causerie :

    « beamer 1 » : Pipro n'es-tu pas d'accord avec moi que puisque la discrimination est un problème qui coûte beaucoup d'argent à la société et cause des dégâts, il serait logique que les États engagent des avocats pour les victimes ?
    « rajendra » : Il semble qu'au plus l'Etat s'enrichit, au moins il y a d'argent pour ceux qui ne suivent pas la voie de la richesse. De ce fait, ces gens bénéficient de moins en moins d'opportunités et de chances.
    « winnie » : pipro : peut-être. 'De même, les jeunes avocats ont besoin d'apprendre et font du bon travail(…)
    « mellouki » : Ariel : la discrimination est aussi une attaque sur la qualité de la vie de tout le monde. Si ton voisin noir est discriminé, tu es aussi (en tant que blanc :-) ) concerné par la dégradation du climat social.
    « winnie » : Ariel : tous les membres de la Communauté européenne doivent mettre en accord leurs propres lois avec l'article 13 (du traité d'Amsterdam). Les nouveaux membres aussi.
    « _ruben » : ralp : donc la façon la plus efficace de s'assurer de cela est de demander aux gouvernements d'introduire dans la loi une section «discrimination », plutôt que de faire des lois spécifiques à chaque cas, -la race, l'âge, le sexe etc.
    « ralp » : pipro : les honoraires des avocats ne donne pas d'indication sur la qualité de leur travail.


    Le rapport complet des sessions causeries internet sont disponible sur www.icare.to/InterConference/chatlog.html

    2.2.3 Éléments apportés de l'extérieur

    Durant le Forum des ONG et la Conférence européenne le monde extérieur a pris contact avec les participants par le biais de messages Internet accessibles sur le site et dans le hall du bâtiment. Certains messages ont eu un impact sur la discussion :

    @ Chers amis,
    Nous sommes encore sous le coup du succès électoral du parti flamand raciste, le Vlaams Blok, le week-end dernier. 33% des votes sur la ville d'Anvers, plus de 20% sur la ville de Ghent et de bons résultats sur toute la Flandre… Nous continuons à combattre le racisme! Ce qui me fait le plus peur est le silence complet du reste de l'Europe. Faut-il attendre que les partis racistes prennent le pouvoir comme en Autriche pour que l'Europe et les ONG européennes agissent ? Le problème est si grand que nous ne pouvons plus agir seulement au niveau local... (Antifanet, Belgique)
    "(…)Nous sommes en particulier consternés par le succès remporté récemment en Europe par des partis politiques qui diffusent et encouragent une idéologie raciste et xénophobe."

    (Rapport du Forum des Organisations non-gouvernementales)

    La question de l'avancement électoral et parlementaire de l'extrême droite en Europe fut également mise en valeur par un incident provoqué par la présence d'un représentant du gouvernement autrichien à la Conférence.
    Les ONG antiracistes autrichiennes ont vivement protesté contre l'hypocrisie du discours planifié par le Ministre autrichien des affaires étrangères, qui est un membre du gouvernement de coalition avec le parti raciste de la "liberté".
    Ayant eu peur d'une réaction négative occasionnée par sa présence, la ministre autrichienne a annulé sa participation. Néanmoins, les représentants des organisations autrichiennes antiracistes ont exprimé leur désaccord vis-à-vis de la participation d'un parti d'extrême droite au sein du gouvernement autrichien et cela en maintenant des pancartes rouges sur lesquelles il était inscrit "pas de coalition avec le racisme" durant le discours du représentant officiel autrichien. Cet événement fut largement répercuté sur le site de l'InterConférence par I CARE.
    Un groupe d'ONG d'Europe Centrale et de l'Est a, via I CARE, émis une déclaration visant à obtenir plus d'attention sur des formes de racisme bien spécifiques aux États anciennement communistes.

    @ Durant la dernière décennie, le racisme a causé de tueries massives en ex-Yougoslavie, un grand nombre de conflits armés et la perte d'un nombre substantiel de vies sur le territoire de l'ancienne URSS. Ce phénomène a pris de l'ampleur en Russie durant ces dernières années. Si elle est négligée, cette forme de racisme pourrait engendrer de nouveaux conflits ethniques dans d'autres parties d'Europe.


    "Nous sommes tout aussi inquiets du développement et de la persistance d'un nationalisme et d'un ethnocentrisme agressifs qui réapparaissent en tant qu'expressions de la xénophobie, et qui prospèrent notamment dans de nombreux pays d'Europe centrale et orientale et de l'ancienne Union soviétique. Ces phénomènes ont engendré ces dernières années des épisodes graves et massifs de violations des Droits de l'Homme, de haine, de discrimination et de persécutions à l'égard de groupes spécifiques tels que les personnes originaires du Caucase en Russie, voire même dans certains cas une "purification ethnique" comme celle qui a été perpétrée en ex-Yougoslavie. Nous avertissons les gouvernements que le fait d'ignorer de tels phénomènes peut provoquer de nouveaux événements tragiques."

    (Rapport du Forum des Organisations non-gouvernementales)



    2.2.4 Regard sur la Conférence Européenne

    Depuis la Conférence européenne à Strasbourg, le site d'I CARE est devenu un Forum pour de plus amples discussions sur les aspects positifs et négatifs de la Conférence européenne et de son impact sur le plan des documents officiels:

    @ Le Forum des ONG a réalisé un travail impressionnant en reconnaissant l'urgence entourant la situation difficile des réfugiés et les abus commis contre des migrants résultant de l'accueil en Europe de pratiques et la législation à tendance raciste et xénophobe. Les actions futures sur les droits des migrants ainsi que les questions posées par la protection des réfugiés doivent, en premier lieu, être basées sur les principes des Droits de l'Homme. Les gouvernements ont une obligation "d'égalité", résultant de la Convention sur les Réfugiés de 1951 et d'autres traités internationaux et régionaux, de promouvoir et de protéger les droits des différents groupes. Ceci place le respect des réfugiés et des migrants dans un cadre qui reconnaît leur dignité humaine et empêche une approche plus populaire, mais aussi plus orientée vers l'exploitation, qui consiste à dire que les gouvernements devraient supporter le coût de leur protection puisqu'ils ont besoin de ces personnes pour effectuer des travaux mal payés et mal considérés, que les nationaux ne veulent pas faire.
    ****

    @ En ce qui concerne le Forum des ONG, je voudrais exprimer notre gratitude vis-à-vis des organisateurs ainsi que notre contentement vis-à-vis de l'ouverture des débats. Nous avons ressenti que nous pouvions vraiment exprimer nos pensées et que nous étions écoutés attentivement, pas seulement entendus. Nous avons pu ajouter des questions importantes au rapport final du forum des ONG, comme :
  • dans le chapitre "remarques et recommandations générales", paragraphe 5, il a été ajouté : " Les Roms, les Tsiganes, les Sinti et les Gens du voyage se trouvent dans une situation unique en Europe en ce sens qu'ils sont particulièrement défavorisés, sont victimes de discrimination et se voient refuser réparations; l'ensemble des Roms, des Tsiganes, des Sinti et des Gens du voyage dispersés dans le monde entier doit faire l'objet d'une attention particulière aux niveaux international et européen en tant que minorité transnationale".
  • dans le chapitre "Politiques et pratiques de lutte contre le racisme et la discrimination aux niveaux local et national", le paragraphe 43 commence par "à prêter une attention particulière à la discrimination et à la persécution généralisées à l'encontre des Roms, des Tsiganes, des Sinti et des Gens du voyage dans toute l'Europe d'aujourd'hui, ainsi qu'à adopter des mesures immédiates pour éradiquer ces phénomènes", nous avons eu la chance de pouvoir ajouter : "notamment par la mise en place de structures et de procédures en partenariat entre les autorités et des représentants des Roms, des Tsiganes et des Gens du voyage".
  • dans le chapitre "Education et sensibilisation à la lutte contre le racisme, la discrimination qui y est associée et l'extrémisme aux niveaux local, national et international", au paragraphe 65, nous avons ajouté l'appel aux États : "à prévoir des aides étatiques pour l'enseignement dans la langue maternelle".
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    @ Je suis ravie, tout comme l'est le rapporteur de cette année pour le Parlement Européen, d'avoir participé à la Conférence en tant qu'orateur dans le groupe de travail consacré à l'éducation et à la sensibilisation à la lutte contre le racisme. J'ai soutenu, avec succès, certaines des modifications clé pour les ONG et les groupes de travail dans les Conclusions générales, à savoir, par exemple, en changeant dans le texte le mot 'respect' par 'tolérance' et l'expression 'groupes vulnérables' par 'groupes cibles ou en ajoutant plus de références sur l'importance de règles justes sur l'immigration et le droit d'asile et en incitant les États à inviter plus de femmes et de jeunes dans leur délégation à la Conférence mondiale. J'ai trouvé qu'il y a eu une véritable influence des ONG (qui étaient plus représentatives sur le plan ethnique que les délégations officielles !) (…)
    (Sarah Ludford MPE)

    3. ET ENSUITE ?

    I CARE a donné la possibilité aux ONG d'Europe de l'Ouest, de l'Est et Centrale de se rencontrer dans le "cyber-espace" afin de partager leurs préoccupations avec un regard sur le futur pour que les différentes expériences puissent être utilisées dans la future représentation des ONG à la Conférence mondiale. Le débat sur la future participation des ONG à la Conférence mondiale et son processus préparatoire vont continuer sur le site web et au travers de la liste de discussion d'I CARE, qui contient actuellement 500 inscrits.

    @ Après cette rencontre des ONG, comment se rencontrer à nouveau afin de préparer convenablement la Conférence en Afrique du Sud ? C'est à cet égard que nos ressources vont être mises à contribution et testées. Comment s'assurer que les gouvernements des États européens vont fournir des fonds aux ONG qui poursuivent la recherche d'un monde meilleur pour tous, où la paix et la prospérité seront les normes de vie ?
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    @ Le besoin d'une participation des jeunes à la Conférence mondiale s'accentue de jour en jour. Nous voudrions avoir un écho de votre part et de celle des ONG de votre pays sur les étapes qui ont été franchies pour assurer la participation de jeunes à la prochaine conférence et plus globalement à l'avenir .

    À travers d'I CARE des ONG antiracistes ou fondées sur les principes des Droits de l'Homme ont eu la chance de s'inscrire au sein du comité coordinateur de la préparation des ONG à la Conférence mondiale. Si votre organisation veux également s'impliquer dans ce processus, inscrivez-vous à la liste de discussion (UN-discussion list) sur le site d'I CARE, www.icare.to..

    Soutien:

  • Suggestions and comments please to info@icare.to