ACTUALITÉ - Archives Septembre 2006

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Les titres de l'actualité du 29 Septembre, 2006

LA JUSTICE REJETTE UN RECOURS ANTI-JUPPÉ DU FN À BORDEAUX (France)

Le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté jeudi un recours du Front national contre l'arrêté préfectoral validant la démission de la majorité municipale pour favoriser le retour de l'ancien maire Alain Juppé

28/09/2006 - Le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté jeudi un recours du Front national contre l'arrêté préfectoral validant la démission de la majorité municipale pour favoriser le retour de l'ancien maire Alain Juppé.

Les magistrats ont suivi les conclusions du commissaire du gouvernement, Dominique Naves, qui avait à l'audience mardi rejeté tous les arguments de Jacques Colombier, conseiller régional d'Aquitaine et conseiller municipal de Bordeaux.

Le tribunal a conclu que le préfet de la Gironde n'avait pas fait preuve d'un "abus de pouvoir" en validant la démission collective des conseillers municipaux UMP-UDF-DVD qui, selon la loi, n'ont pas à justifier des raisons de celle-ci.

Jacques Colombier, défendu par Me Wallerand de Saint-Just, avocat du Front national et de Jean-Marie Le Pen, estimait cette démission illégale et "immorale politiquement".

L'arrêté préfectoral a fixé aux 8 et 15 octobre les dates de l'élection municipale partielle.
© La Tribune France

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CONTRE-OFFENSIVE SYMBOLIQUE DES SANS-PAPIERS DÉBOUTÉS (France)

Des milliers de parents d'enfants scolarisés ont déposé des recours auprès des préfectures. Des démarches qui ont peu de chances d'aboutir. Par Catherine COROLLER

28/09/2006 - Comment contraindre Sarkozy à régulariser un maximum de familles sans papiers d'enfants scolarisés ? Tel est le défi qui se pose aujourd'hui aux associations de défense des étrangers. Le 18 septembre, le ministre de l'Intérieur a annoncé que 6 924 personnes avaient été régularisées sur les 30 000 en ayant fait la demande dans le cadre de la circulaire du 13 juin. Pour les 23 000 restées sur le carreau, la question de la contre-offensive se pose. Hier, des milliers de sans-papiers accompagnés des militants du Réseau éducation sans frontières (RESF) ont déposé des recours auprès des préfectures. Un geste avant tout symbolique. Les refus de régularisation émanant de l'administration, il y a peu de chances qu'elle se déjuge.

Autre voie de recours : le ministre de l'Intérieur. Sarkozy ne cessant de durcir les conditions de régularisation des étrangers, sa réponse ne fait guère de doute. Enfin, la circulaire du 13 juin n'ayant pas d'existence légale, la troisième possibilité de recours, auprès des tribunaux administratifs, paraît vouée à l'échec (lire ci-dessous). La Cimade et le Gisti (Groupe d'information et de soutien aux travailleurs immigrés) réfléchissent à d'autres possibilités. L'une découle d'un courrier envoyé le 4 septembre par la Haute Autorité de lutte contre la discrimination (Halde) à Sarkozy. La Halde y attire l'attention du ministre sur «les contraintes attachées au principe d'égalité qui commandent un traitement égal des personnes placées dans une situation comparable».

En régularisant certaines familles alors que d'autres au profil comparable ont été déboutées, les préfectures ont-elles respecté ce principe ? Mais comment invoquer l'inégalité de traitement à propos d'un texte n'ayant pas de valeur juridique ? Sur son blog (1), Frédéric Rolin, professeur de droit à l'université Evry-Val-d'Essonne, donne la réponse. En 1995, le Conseil d'Etat avait donné raison à un parent d'élève qui avait demandé au rectorat une dérogation à la carte scolaire pour pouvoir inscrire son enfant dans un établissement proche de son travail. Un refus lui avait été opposé. L'homme ayant apporté la preuve que d'autres familles avaient obtenu une dérogation pour le même motif, il avait finalement eu gain de cause.

(1) http://frederic-rolin.blogspirit.com
© Libération

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LA CIRCULAIRE DU 13 JUIN 'N'A PAS FORCE DE LOI' (France)

Bernard Even, juge administratif, analyse les possibilités de contestation des refus. Par Catherine COROLLER

28/09/2006 - Bernard Even est président du Syndicat de la juridiction administrative et vice-président du tribunal administratif de Strasbourg. Cette instance peut être saisie par les parents sans papiers d'enfants scolarisés ayant demandé une régularisation dans le cadre de la circulaire Sarkozy du 13 juin mais ayant été déboutés. Avec quelle chance d'être entendus ?

Les familles déboutées peuvent-elles déposer un recours pour non-respect de la circulaire du 13 juin ?
Ma réponse est catégorique, c'est non car cette circulaire n'a pas force de loi ni de valeur juridique. Lorsque nous allons être saisis de recours contre des refus de séjour ou des décisions de reconduite à la frontière, nous examinerons si le droit commun, la loi sur l'immigration, a été respecté, et éventuellement si des principes fondamentaux comme ceux énoncés par la Convention européenne des droits de l'homme, et notamment l'article 8 sur le droit au respect de la vie familiale, l'ont également été. Mais nous ne pourrons pas nous référer aux critères de la circulaire Sarkozy car ce n'est qu'une circulaire qui, je le répète, n'a pas de valeur juridique pour le juge.

Certaines lettres de refus ne sont pas motivées, n'est-ce pas illégal ?
Une décision individuelle défavorable, comme un refus de séjour, doit être motivée. La non-motivation d'une décision peut constituer un motif d'annulation.

Beaucoup de refus sont motivés par une absence d'intégration dans la société française ou la persistance de liens avec le pays d'origine, ces motifs sont-ils légitimes ?
Il peut se produire que, dans le cadre de son recours, l'intéressé dise : «On m'a opposé une condition qui n'est pas prévue par la loi.» Si c'est exact, cela peut permettre de déboucher sur une annulation contentieuse. La circulaire Sarkozy s'était fixée comme objet d'assouplir les critères de la loi. S'il s'avère qu'elle les a durcis sur certains points, ce n'est pas légal.

Le tribunal administratif (TA) est-il compétent pour juger du non-respect d'une circulaire qui n'a pas force de loi ?
Toute décision administrative, quel que soit son fondement juridique, peut être déférée devant le TA. Mais elle ne sera jugée qu'au regard du droit commun issu de la loi ou des normes internationales.

Imaginons deux familles respectant les critères de la circulaire, l'une a été régularisée, l'autre non, la dernière peut-elle plaider l'inégalité de traitement ?
C'est un argument que l'on peut soulever devant nous, mais il n'est pas opérant. Cette circulaire a constitué une mesure de faveur instituée par le ministère de l'Intérieur pour une période limitée. On ne peut pas en tirer argument.

Le ministère de l'Intérieur vous a-t-il fait des recommandations sur le traitement de ces dossiers ?
Le juge administratif est indépendant. Et nous n'avons évidemment reçu aucune instruction au sujet du traitement du contentieux de ces décisions. Nous craignons simplement que la publication de cette circulaire ne génère une augmentation du contentieux. Ce texte a eu pour effet de réduire la croissance du contentieux au cours de l'été, maintenant que cette phase est terminée, il va y avoir un effet retard. La circulaire a eu par ailleurs pour effet de faire sortir de la clandestinité un certain nombre d'étrangers dont l'administration connaît désormais l'adresse. Pour elle, il est désormais facile d'édicter des mesures d'éloignement. Si les préfets le font de manière systématique, on risque l'engorgement.
© Libération

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'INDIGÈNES' : LES POLITIQUES OSCILLENT ENTRE HOMMAGE ET RÉSERVES (France)

S'ils approuvent la décision présidentielle, certains élus dénoncent les ambiguïtés historiques contenues dans le film.

28/09/2006 - Si la plupart ne l'ont pas encore vu, les élus ne restent pas indifférents à la sortie du film Indigènes. En déplacement au Sénégal, Ségolène Royal a jugé avant-hier «regrettable qu'il ait fallu attendre la sortie d'un film pour régler le problème des pensions des anciens combattants d'outre-mer». Le président du groupe UMP à l'Assemblée, Bernard Accoyer, rappelle toutefois que «le gouvernement Jospin n'avait rien fait sur ce dossier pendant cinq ans». Or, poursuit-il, «depuis 2002, la droite a pour sa part mis fin à toute inégalité de pouvoir d'achat entre anciens combattants français et étrangers en matière de pensions». Et Bernard Accoyer d'insister : «Cette mesure a déjà représenté un effort budgétaire de 130 millions d'euros et a bénéficié à 120 000 militaires à la retraite au Maghreb, en Afrique subsaharienne et en Indochine.»

Beaucoup d'élus soulignent aussi l'intérêt civique que le film pourrait représenter. Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée, se réjouit d'une oeuvre «qui peut permettre à des jeunes gens issus de l'immigration de s'identifier à des «héros» qui ont toute leur place dans la mémoire nationale». Mais Indigènes est-il un film respectueux de la vérité historique, ou un réquisitoire inexact et simpliste contre la France ?

Accusations sans fondement
Sur ce point, les députés UMP émettent des réserves. «Il est très injuste de dire que le rôle des troupes d'outre-mer dans la libération de la France a été occulté, estime Michel Diefenbacher (Lot-et-Garonne). Tous les gens qui s'intéressent à l'histoire connaissent par exemple la conduite héroïque des tabors marocains à Monte Cassino». Jérôme Rivière (Alpes-Maritimes) souligne que «vingt chefs d'État étrangers – représentant la Tunisie, le Bénin ou encore les Comores – ont participé aux célébrations du 60e anniversaire du débarquement en Provence. La France honore tous ses anciens combattants». Surtout, selon certains critiques, le film accuse l'armée française d'avoir délibérément sacrifié les soldats issus d'Afrique du Nord pour préserver les troupes originaires de la métropole. «Ce serait totalement faux et diffamatoire, s'insurge Jacques Myard (Yvelines). Tous les historiens ont établi que, pendant la campagne d'Italie, les officiers français ont aussi connu des pertes très lourdes.» Jamel Debbouze affirme que les combattants d'Afrique du Nord n'ont pas eu le droit de défiler sur les Champs-Elysées le jour de la victoire. En réalité, ce fut bien le cas le 11 novembre 1944, le 8 mai et le 14 juillet 1945. Indigènes mêlerait donc la dénonciation d'injustices réelles et des accusations sans fondement.

Philippe de Villiers a dénoncé hier «une entreprise de militantisme politique» qui viserait à «victimiser les «indigènes» et donc leurs descendants, pour provoquer une fierté militante et revendicative». Roger Holeindre, premier vice-président du Front national, a estimé qu'Indigènes ne rend hommage aux combattants d'Afrique du Nord «qu'en traînant la France dans la boue».
© Le Figaro

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CHIRAC REND 'JUSTICE' AUX SOLDATS DE L'EX-EMPIRE (France)

Le jour de la sortie du film «Indigènes», le président de la République décide de revaloriser les pensions des soldats des anciennes colonies. Par Philippe Goulliaud et Bruno Jeudy

28/09/2006 - JAMEL DEBBOUZE et Jacques Chirac même combat ! Hier, le gouvernement a annoncé la revalorisation des pensions des anciens combattants africains de l'armée française pour réparer une injustice qui durait depuis 1959. Vedette du film Indigènes, de Rachid Bouchareb, Jamel Debbouze, l'idole des banlieues, avait plaidé auprès du président de la République en faveur d'un tel geste.

Lui-même ancien soldat en Algérie, Jacques Chirac a été très marqué par ce film qu'il a vu en avant-première lors du gala annuel de la Fondation Claude Pompidou, le 5 septembre. Au point d'en parler, le lendemain, en Conseil des ministres et de demander au gouvernement d'agir sans tarder. Car, depuis l'indépendance, les pensions des anciens combattants de l'empire colonial français ont été «cristallisées», c'est-à-dire gelées à un niveau nettement inférieur à celles des soldats nationaux. Certains touchaient une retraite dérisoire, 60 euros par mois au Maroc, 101 en Algérie, 102 au Mali. Au motif que le train de vie y est inférieur à celui de la France.

Hier, en Conseil, c'est Hamlaoui Mekachera, ministre délégué aux Anciens combattants, originaire d'Algérie, qui a présenté les choix du gouvernement. Les «prestations du feu» – retraites du combattant et pensions d'invalidité – vont être mises au niveau de celles qui sont versées en France. Cette revalorisation, applicable au 1er janvier 2007, coûtera 110 millions d'euros par an. Quelque 80 000 anciens combattants (57 000 retraites du combattant et 27 000 pensions d'invalidité), issus d'une vingtaine de pays, en bénéficieront.

«La France accomplit aujourd'hui un acte de justice et de reconnaissance envers tous ceux qui sont venus de l'ex-empire français combattre sous notre drapeau», a déclaré Jacques Chirac devant ses ministres. «Nous le devions à ces hommes qui ont payé le prix du sang, et à leurs enfants et petits-enfants, dont beaucoup sont français», a-t-il insisté. Près d'un an après le déclenchement des émeutes dans les banlieues, le président fait donc un nouveau geste envers ceux qu'il avait appelés «les fils et filles de la République».

Partant pour le sommet de la francophonie à Bucarest, le chef de l'État a laissé son premier ministre détailler devant la presse cette revalorisation, aux côtés de Michèle Alliot-Marie et Hamlaoui Mekachera. Dominique de Villepin a salué «le courage, l'espoir et la volonté d'hommes et de femmes prêts à donner leur vie pour sauver une certaine idée de la France». «Cette reconnaissance, l'État français a trop tardé à l'exprimer concrètement», a-t-il reconnu.

«Le film a été un détonateur»
De fait, la «décristallisation» était une très vieille revendication des anciens combattants. En 2001, le Conseil d'État, saisi par un ancien sergent-chef sénégalais, lui avait reconnu les mêmes droits qu'à un Français en matière de pension militaire. En 2002, le gouvernement Raffarin avait revalorisé les pensions de 20%, sans aller jusqu'à l'égalité complète. Le dossier a refait surface en 2004 lors des célébrations du 60e anniversaire du débarquement de Provence, où Jacques Chirac avait invité des vétérans coloniaux.

Les réactions ont immédiatement été positives en France comme au Mali, en Côte d'Ivoire ou au Maroc. «La fin d'un scandale» pour l'historien Marc Ferro, «une abolition des discriminations qui aura des répercussions dans toute la société française» pour Rachid Bouchareb. «Le film a été un détonateur», a fait valoir le président de la Fédération mondiale des anciens combattants, Jacques Goujat.

En prenant la tête de ce combat, Jacques Chirac retrouve un terrain dont il a fait l'une de ses spécialités depuis qu'il est à l'Élysée, le travail de mémoire. Il donne aussi satisfaction à cette France «black-blanc-beur» qui a célébré sa réélection en 2002 face à Jean-Marie Le Pen. Au passage, il met aussi en difficulté Nicolas Sarkozy, un an après les phrases chocs du ministre de l'Intérieur sur la «racaille» et le «Kärcher». Jamel Debbouze qui, à l'avant-première d'Indigènes, avait affiché dans la bonne humeur sa complicité avec Jacques et Bernadette Chirac, éreinte régulièrement le président de l'UMP et refuse de se montrer à ses côtés. Pour ne pas se laisser distancer dans l'électorat beur, alors qu'il est pris dans la polémique sur les sans-papiers et les expulsions de Cachan, Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il se rendrait ce soir à la grande mosquée de Paris. Il partagera le repas d'iftar, la rupture du jeûne, avec les représentants de la communauté musulmane.
© Le Figaro

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'IL EST PLUS FACILE DE SE FORMER À L'INFORMATIQUE QU'À LA DIVERSITÉ' (France)

La France ne fait pas partie des bons élèves en matière de non discrimination. Pourtant, la diversité en entreprise est un enjeu important face à la pénurie des compétences tant annoncée

27/09/2006 - Spécialiste du recrutement, Alain Gavand est l'auteur de Prévenir la discrimination à l'embauche (Editions d'Organisation, 2006). Dans ce livre, il dresse l'état des lieux de la discrimination à l'embauche, décrit les enjeux de la diversité et propose des stratégies pour la mettre en place dans l'entreprise. Lors d'un chat, il a répondu aux questions des lecteurs du Journal du Management.

Comment se caractérise la discrimination aujourd'hui en France ?
Alain Gavand. Selon la loi du 16 novembre 2001, la discrimination peut avoir pour motif, parmi les trois principaux, l'origine ethnique, l'âge et le sexe. Cette loi est une application de directives européennes. Parmi les autres motifs, il y a la situation familiale, l'orientation sexuelle, les opinions politiques ou religieuses, le patronyme, l'apparence physique, les moeurs...

Quelles sont les obligations légales de l'entreprise en terme de diversité ?
En France, la loi définit des obligations en matière de non discrimination mais pas de diversité, à la différence des Etats-Unis. Elle interdit la discrimination lors du recrutement, de la formation ou de la promotion interne. Pour les handicapés toutefois, la loi prévoit une obligation d'emploi, à savoir l'obligation de recruter 6 % de l'effectif.

Une entreprise peut-elle être punie pour discrimination ? Que risque-t-elle ? Que risque son patron ?
Oui, le dirigeant de l'entreprise peut encourir une peine de trois ans d'emprisonnement (à ce jour ils ont été punis de six mois avec sursis). A cela s'ajoute une condamnation de 45.000 euros. Mais les sanctions demeurent assez rares. La Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations), en revanche, enregistre de nombreuses plaintes (2.000 en un an). Toute personne peut saisir la Halde, lorsqu'elle s'estime victime de discrimination. Les représentants du personnel ont également un pouvoir d'alerte en cas de discrimination dans l'entreprise, de même l'inspecteur du travail dispose d'un pouvoir pour constater les infractions et veille à l'application de la loi. Au final, c'est l'employeur qui est responsable de la discrimination, mais aussi le salarié de l'entreprise (manager, DRH) ou l'intermédiaire de recrutement (agent ANPE, société d'intérim ou cabinet de recrutement).

Quelle est selon vous l'inclinaison dominante des entreprises dans notre pays ? Plutôt discriminantes ou est-ce marginal ?
La discrimination en France est un phénomène massif. Les études de testing (envoi de CV mystères à de vraies offres d'emploi) montrent qu'un CV avec un patronyme de type maghrébin a cinq fois moins de chances d'être reçu en entretien qu'un candidat avec un patronyme "français". De même, les femmes souffrent du plafond de verre, c'est-à-dire qu'elles ne parviennent pas à atteindre les fonctions d'encadrement. Elles ne représentent que 17,1 % des dirigeants. Les femmes souffrent également de la "paroi de verre", c'est-à-dire qu'elles sont concentrées dans une partie des métiers (souvent moins qualifiés). Enfin, leur salaire est plus faible que celui des hommes (de 25 %) et leur emploi est plus précaire (chômage et temps partiel subi). Chez les handicapés, un actif sur quatre est au chômage !

Comment peut-on apporter la preuve que le non-engagement d'un candidat est le résultat d'une discrimination ?
Dans ce cas il est conseillé de saisir la Halde, qui aide à constituer le dossier. Les opérations de testing réalisées par les associations telles que SOS Racisme peuvent apporter la preuve de la discrimination. Cela consiste par exemple, lorsque l'on suppose une discrimination ethnique, à envoyer un candidat présentant les mêmes caractéristiques que la victime, avec le même parcours mais un profil de type blanc. L'inspection du travail ou la Halde peut également étudier le tri de CV et les critères de sélection du recruteur, de même que les annonces sur les sites peuvent être analysées. Dernièrement 40 entreprises ont subi un contrôle pour discrimination en raison de l'âge.

La discrimination ne se fait-elle pas aussi au niveau des cabinets de recrutement qui finalement respectent les desiderata de l'entreprise cliente !?
C'est effectivement un problème, comme pour tous les intermédiaires du recrutement tels que les sociétés de travail temporaire ou les agents de l'ANPE. C'est pour cette raison que j'ai créé l'association A Compétence Egale : www.acompetenceegale.com. Cette association promeut la non discrimination dans le conseil en recrutement. Elle a signé une charte d'engagement et forme ses consultants à la non discrimination. Les cabinets ont un réel pouvoir pédagogique vis-à-vis de leurs clients, mais aussi de résistance. Ils doivent recentrer leur métier sur la recherche de la compétence et rien d'autre. En quoi la couleur de la peau ou le sexe permet-il au candidat d'être plus compétent et à l'entreprise d'être plus performante ? De surcroît, le cabinet s'expose à des sanctions pénales et un risque pour son image.

Comment expliquez-vous qu'un employeur sur deux n'embauche pas une personne de plus de 50 ans même lorsqu'il ne trouve pas à pourvoir le poste ?
Le taux d'activité des seniors en France est le plus bas d'Europe. Nous héritons de plusieurs décennies de politiques de l'emploi (préretraite). Nos stéréotypes dans le monde de l'entreprise sont encore très négatifs alors que dans le monde politique, nous ne sommes pas choqués de voter pour un président ou un député de 70 ans. Je pense que cette question est la plus difficile à traiter car elle touche à la fois aux stéréotypes, à la politique de l'emploi mais aussi au problème de la définition de la carrière. Nous avons tendance à considérer que toute carrière doit être ascensionnelle, y compris dans la dernière partie. Cela pose le problème du salaire. A cela s'ajoute la formation et la gestion des compétences qui sont les parents pauvres pour les plus de 50 ans.

Que pensez-vous de la dispense de recherche d'emploi (DRE) pour les 55-64 ans qui permet de faire disparaître 400.000 personnes des statistiques du chômage ?
Cela est difficile à comprendre avec la pénurie de compétences. Le départ à la retraite des 600.000 papy boomers par an au cours des dix années à venir devrait changer les pratiques. Il va falloir puiser dans tous les viviers, y compris les seniors ! Et cela est très positif dans les autres pays comme en Grande-Bretagne où le critère d'âge y est beaucoup moins mis en avant. Ce n'est donc pas une question de compétence et de compétitivité.

Ne pensez-vous pas qu'une mesure telle que le CV anonyme est hypocrite ?
Absolument pas ! C'est au moment du tri de CV que la discrimination intervient le plus (selon toutes les études de testing). Une fois le candidat en entretien, il peut défendre ses compétences. En revanche, le CV anonyme seul ne suffit pas. Il est nécessaire de sensibiliser et former les recruteurs à la non discrimination pour que le CV ne soit pas une simple action dilatoire. Il faut que la direction s'engage et arbitre en cas de discrimination. La loi sur l'égalité des chances a instauré le CV anonyme pour les entreprises de plus de 50 personnes mais nous attendons le décret d'application.

Le secteur d'activité des entreprises est-il un facteur qui influence le degré de discrimination des entreprises ?
Oui, le secteur d'activité intervient beaucoup. Plus la pénurie de compétence est forte, plus les entreprises ont tendance à ouvrir les critères. Dans certains secteurs comme la restauration ou le bâtiment, nous connaissons une ethnicisation des tâches (certains postes à la plonge par exemple sont réservés à certaines populations).

Les jeunes issus des écoles des banlieues, même d'origine française avec un diplôme national, sont discriminés. Est-ce une nouvelle sorte de discrimination ?
Il faut vraiment que nos entreprises changent de mentalité et raisonnent véritablement en fonction du mérite, de la compétence et pas simplement des titres. Certaines entreprises n'acceptent que certaines grandes écoles. Mais l'école doit également favoriser davantage l'égalité des chances. J'espère que ce débat sera central lors des prochaines élections présidentielles.

Comment une entreprise doit-elle s'y prendre pour améliorer sa diversité, notamment à l'embauche ?
Notre cabinet est de plus en plus sollicité sur cette question car l'entreprise ne sait pas comment faire (c'est l'objet de mon livre). Tout d'abord, elle doit définir une politique de non discrimination et engager la direction (et arbitrer clairement en cas de dérive). Elle doit ensuite former les recruteurs et les managers, puis réviser ses procédures de recrutement : les annonces doivent être différentes, les techniques de sélection être davantage centrées sur la recherche de la compétence, par exemple en utilisant les mises en situation ou les tests. Il est important également de diversifier les modes de recherche (sourcing) en allant au devant de ceux qui sont généralement discriminés. Par exemple, en communiquant l'offre de recrutement aux associations telles que Afip, Africagora, APC, IMS, qui s'occupent d'insertion des minorités visibles. L'Agefiph aide quant à elle les travailleurs handicapés. Il ne s'agit pas de faire de la discrimination positive mais de tendre la main à ceux qui sont exclus du processus de recrutement et qui ne répondent plus à nos annonces à force d'être écartés... Alors qu'ils ont la compétence et le diplôme !

Quels genres d'arguments avancez-vous à vos clients pour les convaincre que la diversité est un enjeu important ?
Il y en beaucoup. Tout d'abord, la diversité est source de performance. De nombreuses études montrent que les équipes hétérogènes sont plus innovantes que les équipes homogènes. Deuxièmement, nos entreprises ont intérêt à ressembler à leurs clients pour mieux les comprendre (cependant nous ne devons pas pousser ce raisonnement à l'extrême et considérer qu'un homme doit vendre à un homme et qu'un noir doit vendre à un noir...). Troisièmement, les entreprises vont faire face à des pénuries de compétences dans les années à venir et cela commence déjà dans certains secteurs. Elles ont donc tout intérêt à ouvrir leurs critères de sélection. Quatrièmement, n'oublions pas que l'entreprise s'expose à un risque de réputation en cas de dénonciation, sans compter le risque juridique. Enfin, en tant que salarié ou en tant que dirigeant, je considère que la question de la discrimination nous concerne tous. On ne peut pas s'inquiéter des émeutes dans les banlieues devant son poste de télévision et considérer que cela ne nous concerne pas. C'est une question de citoyenneté. Pourquoi l'entreprise, en plus de faire du profit, ne pourrait-elle pas être citoyenne ? C'est en tout cas ma conception de l'entreprise et c'est aussi celle du Centres des jeunes dirigeants de l'entreprise, mouvement dont je suis membre.

Pensez-vous qu'il faut sanctionner les entreprises qui pratiquent la discrimination ou plutôt inciter à la diversité ?
Il faut les deux ! A mon sens les dispositifs d'accompagnement des entreprises sont peu nombreux. Il est plus facile de se former à la qualité ou à l'informatique qu'à la diversité ! Il n'y a quasiment pas d'aide et l'offre de formation est encore peu structurée. Il est urgent que tous les acteurs concernés se mobilisent (Etat, patronat...). Si l'on veut changer les mentalités, il faut accompagner les entreprises au changement. N'oublions pas que si des entreprises discriminent, ce n'est pas forcément volontaire. Il faut donc revoir l'ensemble des processus RH et de recrutement.

Alain Gavand. Merci à tous pour vos questions. Comme vous le voyez, il reste encore beaucoup d'efforts pour améliorer nos pratiques dans l'entreprise mais aussi en dehors !

Parcours
Alain Gavand est président du cabinet de consulting éponyme - Alain Gavand Consultants - spécialisé dans le recrutement, le coaching, le management des compétences. Auteur de "Le recrutement dans tous ses états" (Editions Jacques-Marie Laffont, 2002) et "Recrutement, les meilleures pratiques" (Editions d'Organisation, 2005), il est par ailleurs chargé de cours à l'Université, membre du Centre des jeunes dirigeants d'entreprise et d'Ethique et recrutement. Alain Gavand a créé A compétences égales, association regroupant les cabinets de recrutement en France et prenant position sur les questions de discrimination.
© Le Journal du Management

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CES SOLDATS VENUS DU SUD POUR LIBÉRER LA FRANCE

L’histoire les a ignorés durant soixante ans. C’est tout juste si l’on voit leur ombre furtive dans les documentaires consacrés à la Seconde Guerre mondiale. Comme s’il y avait erreur de casting.

27/09/2006 - Indigènes de Rachid Bouchareb montre une face totalement méconnue de la Seconde Guerre mondiale, du moins par le grand public. C’est le premier film à mettre en scène ces soldats maghrébins et africains qui se sont battus pour la libération de l’Europe du joug nazi (1). Jusque-là, les films concernant cette guerre (il y en a eu des dizaines) ne montraient à voir que l’héroïsme des soldats américains, voire européens. Le soldat maghrébin était invisible. Il n’existait pas. Pas plus d’ailleurs que le soldat africain. Au point que les générations d’après-guerre, ici comme au Maghreb, sont convaincues que seuls les Alliés se sont battus contre le fascisme hitlérien. Dans les documentaires consacrés à cette période, c’est tout juste si l’on aperçoit l’ombre furtive de tirailleurs maghrébins ou sénégalais, à se demander s’il n’y avait pas eu erreur de casting.

Il a fallu attendre soixante ans pour que le président Chirac, en présence de chefs d’État africains, dont le président Bouteflika, rende hommage aux soldats maghrébins et africains. Et encore ! L’événement a été peu médiatisé, comme si, quelque part, on était gêné de montrer que ces hommes venus d’Afrique, dont les enfants sont aujourd’hui victimes de discrimination, ont contribué à la victoire sur le nazisme alors que, pour la plupart, ces hommes découvraient pour la première fois l’Europe, ils représentaient plus de la moitié de l’armée française (voir encadré).

Le recrutement de ces hommes était fonction du statut du pays d’origine. En Algérie, territoire français à part entière, organisé en trois départements, où la citoyenneté leur était refusée (il fallait renoncer à sa religion pour être français à part entière), la conscription était obligatoire pour tout jeune Algérien ayant vingt ans.

Les premiers régiments de tirailleurs algériens ont été créés en 1841 et envoyés en Crimée en 1854, avant de prendre part à la Première Guerre mondiale. En 1942, lors du débarquement américain à Alger, ils s’engagent par milliers non seulement pour libérer la France mais pour que l’Algérie retrouve son indépendance (2). Au Maroc, pays sous protectorat, c’était le volontariat qui primait : les engagés restaient fidèles au roi. Les premiers régiments marocains ont été mis en place en 1912.

En Afrique noire, comme le relate l’historien camerounais Théodore Ateba Yene, ils étaient souvent enrôlés de force (3). Les premiers régiments de tirailleurs sénégalais voient le jour en 1881. Ces Maghrébins et Africains participent aux combats de mai-juin 1940 : 105 000 seront faits prisonniers dont 60 000 Algériens et 15 000 Africains. Ces derniers, moins bien traités par les nazis que les Maghrébins, subissent les pires exactions : certains sont décapités, d’autres ont les mains coupées, beaucoup meurent de tuberculose.

À partir de 1943, ces soldats venus du Sud prennent part aux campagnes de Tunisie, d’Italie et de France. Peu savent que ce sont les tirailleurs marocains qui ont libéré la Corse ; que ce sont les tirailleurs algériens, aidés par les FFI, qui ont libéré Marseille, Toulon, Lyon et Mulhouse ; qu’ils étaient nombreux, ces Algériens et Marocains, dans la fameuse 2e DB du général Leclerc qui a libéré Paris ; qu’ils étaient parmi les premiers soldats alliés à traverser le Rhin et à fouler le sol allemand. Ces oubliés de l’histoire ne demandaient pas seulement une amélioration de leurs pensions, ils demandaient à être reconnus.

(1) Parmi ces soldats, les futurs fondateurs du FLN comme Mohamed Boudiaf, Ahmed Ben Bella, premier président de l’Algérie indépendante, Krim Belkacem, Mohamed Mechati...

(2) À leur retour en Algérie, plusieurs centaines de ces soldats découvrent que leurs parents, proches et amis sont morts lors des massacres du 8 mai 1945 à Sétif et Guelma.

(3) Cité par Dominique Lormier dans son livre C’est nous les Africains, l’épopée de l’armée française d’Afrique, Calmann-Levy. Paris 2006. 20 euros.

Hassane Zerrouky
© L'Humanité

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DOSSIERS SANS-PAPIERS: LE MRAP DEMANDE UN 'MORATOIRE' POUR LES DÉBOUTÉS (France)

26/09/2006 - Le secrétaire général du Mrap Mouloud Aounit a demandé mardi à Paris un "moratoire" pour les parents sans-papiers d'enfants scolarisés dont les dossiers de régularisation ont été rejetés.

Dénonçant "l'arbitraire qui a prévalu à un règlement équitable" dans l'étude des quelque 30.000 demandes déposées, le secrétaire général du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a souhaité, au cours d'une conférence de presse à Paris, qu'"un moratoire" soit décrété "afin que tous ceux qui ont déposé des dossiers de régularisation, soient assurés de n'être pas expulsés".

Mouloud Aounit a également à nouveau réclamé la mise en place d'une "commission d'enquête parlementaire" pour étudier les conditions de traitement des dossiers.

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy avait annoncé le 18 septembre la régularisation de 6.924 parents sans papiers d'enfants scolarisés sur les quelque 30.000 dossiers déposés dans le cadre de la circulaire du 13 juin.

Dans cette circulaire, le ministre de l'Intérieur avait fixé six critères à prendre en compte par les préfets permettant des régularisations exceptionnelles, notamment la résidence habituelle des parents en France depuis au moins deux ans, la scolarisation effective d'un de leurs enfants en France au moins depuis septembre 2005 et une réelle volonté d'intégration.

Masqués ou pas, plusieurs déboutés d'un titre de séjour, se sont exprimés mardi lors de cette conférence de presse pour souligner "l'arbitraire" des réponses apportées aux dossiers.

Ainsi Hocine, un Algérien, arrivé en 2001 avec sa femme et son fils, qui s'est vu signifier récemment un refus de séjour.

Déclarations d'impôts, récépissés d'impôts locaux et certificats de scolarité de son fils à l'appui, il a déclaré "ne pas comprendre" ce refus alors qu'"un ami, a-t-il dit, récemment arrivé d'Algérie et à qui il a fourni un certificat d'hébergement, a lui, été régularisé".

Le Mrap a l'intention de déposer collectivement, mercredi, à la Préfecture de police de Paris, des recours contre les décisions de refus. Il s'associera, dans cette démarche, au Réseau Education sans frontières (RESF), à la pointe de la mobilisation pour les familles sans papiers d'enfants scolarisés.
© Vous-Nous-Ils

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JEAN-MARIE LE PEN POUR UNE 'IMMIGRATION ZÉRO' (France)

26/09/2006 - Le président du Front national Jean-Marie Le Pen a réaffirmé mardi lors d'une visite en Auvergne que "l'immigration" serait "l'un des axes principaux de la campagne électorale" qu'il allait mener, plaidant pour une "immigration zéro" et réservant au passage quelques piques à Nicolas Sarkozy.

Interrogé sur l'accord signé à Dakar par le ministre de l'Intérieur sur "l'immigration concertée", Jean-Marie Le Pen a déclaré: "je n'y crois pas du tout. Je crois que ce qu'il faut maintenant, c'est une immigration zéro, en tous cas pour tout ce qui touche l'immigration qui vient de l'extérieur de l'Europe, et même de l'Europe". "Il faut changer les lois d'accès à la nationalité. La nationalité française doit être refusée à ceux qui ont été clandestins", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Pérignat-lès-Sarliève (Puy-de-Dôme).

Le président du FN a par ailleurs reproché au ministre de l'Intérieur de parler "des problèmes français comme s'il en était un observateur extérieur. Il y a des choses qui se passent et il dit 'il va falloir faire la rupture'. Mais, Monsieur le ministre, permettez-moi de vous faire remarquer que vous êtes ministre, vous êtes au pouvoir. Alors vous nous dites ce que vous ferez lorsque vous serez au pouvoir. C'est aléatoire", a-t-il lancé.

"Il est moins sûr qu'un jour vous soyez président de la République qu'aujourd'hui vous soyez ministre de l'Intérieur. Or ministre de l'Intérieur, vous pouvez faire des choses, vous ne les avez pas faites". Jean-Marie Le Pen a également regretté que la socialiste "Ségolène (Royal) et Sarko soient promus médiatiquement de façon presque éhontée". "Tout est bonne occasion de parler de l'un ou de l'autre, à l'exclusion des autres", a-t-il dénoncé.
© Le Nouvel Observateur

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SANS-PAPIERS: SÉGOLÈNE ROYAL ENTRETIENT LE FLOU (France)

26/09/2006 - Invitée mardi à Dakar à préciser ses positions sur l'immigration, Ségolène Royal s'est de nouveau dit hostile à une régularisation massive, sans toutefois préciser comment elle réglerait le problème des sans-papiers actuellement installés en France.
Sur ce point, la présidentiable socialiste est apparue en désaccord avec Madjiguène Cissé, ancienne porte-parole des sans-papiers de l'église Saint-Bernard, avec qui elle s'est entretenue et a donné une conférence de presse. Aujourd'hui rentrée au Sénégal pour promouvoir des actions de développement menées par les femmes de son pays, Mme Cissé a jugé nécessaire de mener une régularisation massive en France.

"Donner des papiers aux gens, ça ne constitue pas un appel d'air, ça sert plutôt à assainir une situation qui est très lourde", a-t-elle estimé. "Tant que les immigrés sont désignés, montrés du doigt, moi je me dis que M. Le Pen est content. Cette situation-là, c'est en donnant des papiers qu'on l'atténue", a-t-elle considéré. "Je me demande quel problème ça pourrait poser à la grande France que je connais."

Mais "ce que j'ai dit n'engage que moi. Madame Sarkozy, elle a...", a-t-elle poursuivi en commettant un lapsus, avant de se reprendre aussitôt: "Madame Royal, elle a sa position", a-t-elle rectifié. De son côté, la députée des Deux-Sèvres a redit son opposition à des régularisations massives, qui "ne sont pas la solution". Comme le prévoit le projet du PS, elle a préconisé un retour au système des régularisations dites "au fil de l'eau" au bout de dix ans de présence clandestine en France, instituées en 1997-98. Ce système vient d'être supprimée par la loi Sarkozy II sur l'immigration du 24 juillet.

Or, elle n'a pas précisé comment elle entendait régler la situation des sans-papiers actuellement installés en France, ni régularisables ni expulsables. Il y a une "situation inextricable", "il y une impasse qui a été créée", a-t-elle répondu sans plus de précisions, rejetant la faute au ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. Interrogée sur les expulsions de sans-papiers, Ségolène Royal a éludé. "Ce n'est pas le sujet là, on parle de co-développement", "je ne viens pas ici polémiquer", s'est-elle défendue. "Je réfléchis en ce moment, je suis au contact, donc je pense qu'il faut aussi respecter les choses en évitant de schématiser et de faire des relais schématiques brutaux en termes de comparaisons simplistes".

"Elle a son avis, j'ai le mien", a conclu Mme Cissé, "je lui ai dit franchement mes positions à moi". Interrogée sur les différences qu'elle avait constatées entre l'immigration "concertée" de Nicolas Sarkozy et l'immigration "partagée" prônée par le PS, et Mme Royal notamment, elle a répondu: "Je ne sais pas sa position sur ça".
© Le Nouvel Observateur

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TRIBU KA : LE PARQUET EN FAVEUR DE LA FERMETURE DU SITE (France)

26/09/2006 - Le parquet de Paris s'est déclaré favorable à la fermeture du site internet du leader du groupuscule noir, Kemi Seba. Réponse le 25 septembre.

Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris se prononcera le 25 septembre sur la demande d'interdiction du site Internet de l'ancien leader de la Tribu Ka, groupuscule noir extrémiste dissout, sollicitée par plusieurs associations antiracistes.

Le parquet s'est associé lundi 18 septembre à cette demande, assurant qu'il n'existait aucune mesure alternative autre que celle de faire cesser ce site en raison de ses propos antisémites, revendiqués par leur auteur, Stellio Capochichi, alias Kémi Seba.

Sur son site kemiseba.com, hébergé par une société britannique, Stellio Capochichi assure que l'esclavage des noirs est le "pur produit des yeshivas sionistes" avant d'assurer que le "sida sioniste disparaîtra après avoir connu la divine colère brune".
Au cours de l'audience, la représentante du parquet, Pauline Caby, a estimé que le caractère manifestement illicite des propos diffusés sur le site internet "ne se discutait même pas, il va de soi".

"Décision sioniste"
Selon Me Stéphane Lilti, avocat de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), ce site appelle à la violence contre la communauté juive et exprime, par son contenu, "la reconstitution d'une ligue dissoute".

Me Philippe Missamou, avocat de Stellio Capochichi, a plaidé le droit à la liberté d'expression.

Les associations SOS-Racisme et la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) se sont jointes à cette demande.
La Tribu Ka a été dissoute le 29 juillet par décret présidentiel à la suite d'incidents à caractère antisémite impliquant ses membres le 28 mai, rue des Rosiers à Paris. Une trentaine de ses membres étaient présents au tribunal lundi. "Le juge est sioniste, le client est sioniste, la décision sera sioniste", a déclaré Kémi Seba devant ses troupes.
© Le Nouvel Observateur

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SPORT ET HOMOPHOBIE (France)

25/09/2006 - Peu après le succès des Gay Games VII de Chicago en juillet dernier, la Fédération internationale de Gay Games (FGG) se rassemblera à Lyon pour sa réunion annuelle du 25 au 30 novembre.

Dans la lignée de ses 25 ans d’histoire au service de la communauté sportive LGBT, la FGG est partenaire du Centre de Recherche et de l’Innovation du Sport (CRIS) de l’Université de Claude Bernard Lyon-Villeurbanne pour organiser une conférence de deux jours intitulée « Sport, identités, homosexualité et homophobie ».

La conférence se déroulera les 1er et 2 décembre immédiatement après la réunion annuelle de la FGG.

« Ce sera la quatrième fois que la Fédération tiendra sa réunion annuelle en Europe et, je suis fier de dire, la première fois en France », a indiqué le Co-président de la FGG, Roberto Mantaci de son domicile parisien. « Nous sommes heureux d’être associé au CRIS pour examiner des questions en cours autour de la communauté et du sport LGBT. Le CRIS est particulièrement qualifié pour accueillir une telle conférence et nous invitons tous les personnes intéressés à nous rejoindre pendant notre semaine dans les villes de Lyon et de Villeurbanne. »

Les inscriptions pour la réunion et la conférence sont maintenant ouvertes sur http://www.fgg2006.com. La plupart de la réunion annuelle et toutes les sessions de la conférence sont ouvertes au public.

On s’attend à environ cent participants à la conférence, y compris des délégués à la réunion annuelle de la FGG en provenance du monde entier et des représentants de Gay Games VIII, qui auront lieu à Cologne, en Allemagne en juillet 2010. Le FGG fournira une aide financière à quelques participants de l’Europe du Sud et de l’Est, d’Afrique et d’Asie pendant leur séjour dans Lyon.

Le Conseil d’administration de la FGG ne prend qu’une courte pause après chaque édition des Gay Games et poursuit son travail en cours presque immédiatement. Les commissions préparent déjà leurs rapports pour soutenir les tâches qui seront mises en place à la réunion annuelle de cette année. Les représentants du comité organisateur des jeux de Chicago prévoient également de faire leur rapport final à la FGG.

Dans son invitation aux participants à cette rencontre, Gérard Collomb, le Maire de Lyon, a expliqué que « les Jeux Gais sont un événement sportif et culturel international majeur, aussi bien qu’une occasion d’amitié, de tolérance et de dialogue. Je suis fier que Lyon ait été choisi comme hôte de l’assemblée générale 2006 de la Fédération des Gay Games. »

Les orateurs de la conférence « sport, identités, homosexualité et homophobie » viendront des milieux universitaires, politiques et sportifs et se focaliseront sur deux domaines. Le premier visera les différents aspects du mouvement sportif LGBT. Le deuxième examinera les conditions dans la société qui ont permis l’émergence d’un tel mouvement.

« L’actualité de 2006 (Gay Games VII, Outgames, 20 ans de la Fédération Sportive Gaie et Lesbienne) témoigne d’une maturité du mouvement sportif homosexuel », a commenté Philippe Liotard, l’organisateur de la conférence et de la réunion. « Nous réfléchirons sur cette réalité sociale récente et examinerons ses déterminants, la pratique auxquelles elle donne lieu, ses institutions, les valeurs qu’elle fédère et le symbolisme qu’elle mobilise. »

Ce sera la première conférence européenne focalisée sur les divers aspects du sport LGBT et ses questions liées à l’identité et l’homophobie. Le CRIS voit le mouvement sportif LGBT comme un phénomène dans un plus large mouvement social. En rassemblant les meilleurs spécialistes européens sur l’homosexualité et la sexualité divergente, du sport LGBT, l’homophobie et, en fait, toutes les formes de discrimination, le CRIS initie un travail collectif et international propre à saisir la société « en train de se faire ».

Outre la communauté scientifique, le colloque accueillera des acteurs du mouvement sportif LGBT afin de croiser les regards. Des historiens, des sociologues, des juristes et d’autres spécialistes présenteront leurs analyses respectives. Les membres de la FGG participeront aux débats et faciliteront les échanges entre les chercheurs et les acteurs de pays et de cultures différentes.

L’inscription à la réunion annuelle et/ou à la conférence est possible tant en Anglais qu’en Français à http://www.fgg2006.com.

Pour plus d’informations, merci de contacter Manuel F. Picaud, le coordonnateur de l’événement. Les volontaires de la FGG, de l’Université et des associations locales sportives CARGO et Front Runners de Lyon fourniront l’appui logistique.
© France Gaie et Lesbienne

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'INDIGÈNES': LE MANQUE DE RECONNAISSANCE DE LA 'MÈRE PATRIE' (France)

Par Pierre-Yves Roger

25/09/2006 - Au dernier festival de Cannes, le 59e, le jury présidé par Wong Kar-Wai a décerné le prix d'interprétation masculine à Jamel Debbouze, Samy Nacéri, Sami Bouajila, Roschdy Zem et Bernard Blancan, les cinq acteurs de "Indigènes" de Rachid Bouchareb. Un film qui donne un nouvel éclairage sur la Seconde guerre mondiale et contribue au "devoir de mémoire", tout en restant émouvant, parce qu'il privilégie les rapports humains. "Indigènes" (ce mercredi sur les écrans français) raconte l'histoire de Saïd (Jamel Debbouze), Abdelkader (Sami Bouajila), Messaoud (Roschdy Zem) et Yassir (Samy Nacéri), des maghrébins qui n'avaient jamais mis les pieds sur le sol français. Mais à cause de la guerre, en 1943, ils s'engagent comme 130.000 autres "Indigènes" (soldats africains) dans l'armée française pour libérer la "mère patrie" de l'ennemi nazi.

D'emblée, ils sont confrontés aux règles sévères de l'armée, et notamment à leur sergent "aboyeur", Martinez (Bernard Blancan), isolé entre ses hommes et ses supérieurs, qui révélera peu à peu un aspect plus humain de sa personnalité. Ils traversent la mer et vaincront en Italie, en Provence, et dans les Vosges, avant de se retrouver seuls à défendre un village alsacien contre un bataillon allemand.
Le spectateur les suit tout au long de leur périple, de l'accueil chaleureux qu'ils reçoivent de la population dans le sud de la France, en se faisant notamment applaudir sur la route, aux épreuves qui les attendent à la fin de leur parcours. Car les "Indigènes" vont être victimes de discriminations de la part de l'armée, et notamment d'un grand manque de reconnaissance de la "mère patrie". Ainsi, les promotions sont réservées aux Français, et l'engagement résolu d'hommes tels qu'Abdelkader n'est jamais récompensé. Aujourd'hui encore, la question des pensions des anciens combattants d'Afrique noire et du Maghreb n'est toujours pas complètement réglée.
Le Franco-Algérien Rachid Bouchareb, qui a déjà réalisé notamment "Little Sénégal" (2001), devrait connaître son plus grand succès public grâce à "Indigènes". Avec ce film, servi par d'excellents acteurs, il ne tombe jamais dans le piège du didactisme, et porte au contraire toute son attention sur les détails des relations humaines entre ses personnages.

En venant parler de son projet avec Jamel Debbouze, qui est aussi un des coproducteurs du film, Rachib Bouchareb l'a convaincu en lui disant notamment qu'ils se battaient tous les deux pour faire reculer les préjugés, qu'il "était temps de faire ce film", et qu'il y avait désormais une diversité suffisante d'acteurs pour raconter une telle histoire. "Ce film ne va rien exacerber, il va apaiser, simplement parce qu'il dit. Nos parents ne se sont jamais sentis tranquilles. Aujourd'hui, les gens de ma génération, issus de la même histoire que la mienne, sauront qu'ils sont chez eux et que leur avenir est là!", souligne Jamel Debbouze. Le tournage a duré 18 semaines et s'est déroulé à Ouarzazate, Agadir pour les scènes de bateau, dans le sud de la France (à Beaucaire et Tarascon) pour les scènes de la Libération, puis dans les Vosges et à la frontière alsacienne. Quelque 500 figurants et 220 techniciens y ont participé.
L'ampleur des moyens engagés contribue au grand réalisme du film, appuyé par les performances des cinq acteurs récompensés à Cannes, qui se sont véritablement identifiés à leurs personnages.

Lors de la remise des prix à Cannes, après avoir remercié le jury, quatre d'entre eux (le cinquième, Samy Nacéri, était absent) ont d'ailleurs entonné le chant des tirailleurs africains sur scène: "C'est nous les Africains qui revenons de loin. Nous venons des colonies pour sauver la patrie. Nous avons tout quitté, parents, gourbis, foyers. Et nous avons au coeur une invincible ardeur. Car nous voulons porter haut et fier le beau drapeau de notre France entière. Et si quelqu'un venait à y toucher, nous serions là pour mourir à ses pieds"...
© Le Nouvel Observateur

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LES PENSIONS DES ANCIENS COMBATTANTS DES COLONIES DEVRAIENT ÊTRE REVALORISÉES (France)

25/09/2006 - A l'occasion de la sortie du film Indigènes, mercredi 27 septembre, le gouvernement devrait annoncer une revalorisation des pensions des anciens combattants issus de l'empire colonial qui participèrent à la libération de la France en 1944-1945, permettant de les aligner sur celles de leurs compagnons d'armes français. Le film de Rachid Bouchareb - dont les cinq principaux acteurs ont été récompensés par une Palme d'or à Cannes, en mai - retrace l'histoire de ces soldats.

L'Etat français corrige ainsi une "injustice manifeste", selon les termes du ministre délégué aux anciens combattants, Hamlaoui Mékachéra, qui a annoncé la mesure dans le Journal du dimanche du 24 septembre. Jacques Chirac en avait fait la promesse dès la campagne présidentielle de 1995, puis, une nouvelle fois, lors de celle de 2002. En 2004, le chef de l'Etat avait rendu hommage à ces anciens combattants étrangers à l'occasion de la commémoration du débarquement en Provence, mais sans évoquer la question du gel de leurs pensions. "Jacques Chirac, mû par des préoccupations humanistes, est décidé à aller plus loin. Il veut tendre à une égalité, et non plus seulement à l'équité, entre nos compatriotes et leurs camarades d'armes étrangers. Il y a une injustice manifeste, il faut la supprimer", a affirmé M. Mékachéra.

VÉRITABLE ÉGALITÉ
Ce sont plus de 80 000 vétérans de 23 nationalités différentes, âgés de plus de 65 ans, qui sont concernés par une telle décision. Ils ont vu, depuis la loi du 26 décembre 1959, adoptée sous le gouvernement du général de Gaulle, leurs pensions et retraites gelées. Ce que l'administration française appelle la "cristallisation". Aujourd'hui, ils ne touchent guère plus de 30 % de la somme versée aux anciens combattants français.

En 2001, le Conseil d'Etat avait condamné cette distinction, la jugeant contraire à la Convention européenne des droits de l'homme. Une décision qui avait contraint le gouvernement Jospin à envisager pour la première fois sérieusement une "décristallisation". Mais, devant le coût d'un alignement complet, évalué à l'époque à 1,83 milliard d'euros, l'administration avait renoncé et n'avait proposé qu'une revalorisation en fonction du coût de la vie dans le pays de résidence.

Cette mesure, mise en oeuvre en 2002 par le gouvernement Raffarin, assure une parité de pouvoir d'achat dans les différents pays concernés, mais non une véritable égalité. "C'était équitable, mais pas satisfaisant politiquement", a admis M. Mékachéra, précisant que les décisions annoncées prochainement concerneront les "prestations de sang", c'est-à-dire la retraite des combattants et les pensions d'invalidité. Concernant les retraites des militaires de carrière étrangers, "cela n'est pas dans mon budget", a-t-il ajouté.

La mesure annoncée n'est pas prévue dans le projet de loi de finances pour 2007. Elle serait introduite par amendement au moment de la discussion du budget au Parlement en octobre ou en novembre. Plusieurs options sont encore à l'étude. Se pose évidemment la question de la rétroactivité de la mesure. Une chose est sûre, elle ne couvrira pas les quarante-sept ans d'arriérés.

Laetitia Van Eeckhout
© Le Monde

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FRANCE : PLUS D'OFFICIERS COLORÉS DANS L'ARMÉE DE TERRE

25/09/2006 - C'est ce que souhaite le nouveau chef d'état-major de l'armée de terre, le général Cuche qui juge «opportun que l'armée soit le plus proche possible» de l'image de la France, ajoutant : «J'y serai très attentif». Il avait précédemment commandé les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, qui forment les officiers de l'armée de terre et dont il dit : "Je n'y ai pas vu ce qu'on appelle désormais les minorités visibles". Se rattrapant, il précise néanmoins : "Nous avons conservé les traditions de l'armée d'Afrique". C'est justement là que le bât blesse : si l'armée d'Afrique ne regardait pas la couleur de peau, alors pourquoi commencer?

Il convient de préciser dans ce chapitre qu'en 2005 un rapport financé par le ministère de la Défense sur "les militaires français issus de l'immigration" soulignait en plus des "questionnements insidieux et l'éventuelle suspicion qui pèsent sur leur intégration", que les musulmans représentaient entre 10 et 20% des effectifs de l'armée française. Aujourd'hui un officier se risque à dire à propos des soldats issus de l'immigration : "Ils sont très nombreux, au-dessus de la moyenne nationale". Dalil Boubakeur estimait en 2005 qu'il y avait «plusieurs centaines d'officiers musulmans» dans l'armée française. Et depuis, le premier imam a pris ses fonctions d'aumonier militaire en mars 2006. Certes, il ne faut établir un raccourci trop rapide entre islam et immigration. Mais quand il s'agit de la défense du pays, aucune mesure visant l'intégrité de l'armée ne doit être écartée.

Et sur un autre plan, l'intégration dans les écoles d'officiers passe par un concours. Sur quels critères autres que raciaux et physiques pourrait-on établir cette sélection voulue? Les fils de France risqueraient-il un "délit de sale gueule" en présentant Saint-Cyr? Et l'égalité des chances? Aurais-je dû titrer "discrimination positive chez les officiers"?
© Chrétienté Info

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KÉMI SÉBA CONDAMNÉ À FERMER SON SITE INTERNET (France)

25/09/2006 - Saisi par l'UEJF et l'association "J'accuse", le juge des référés du TGI de Paris a ordonné la fermeture du site du leader de la Tribu Ka, accusé d'antisémitisme.

Le juge des référés du tribunal de grande instance (TGI) de Paris a ordonné lundi 25 septembre à Kemi Seba, le leader de la tribu Ka, groupuscule noir extrémiste dissous fin juillet, de rendre inaccessible son site internet en raison du caractère antisémite de son contenu. Kémi Seba avait été assigné en référé par l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) ainsi que l'association "J'accuse", estimant que le site du leader de la Tribu Ka, dissoute par décret le 29 juillet dernier à la suite d'incidents à caractère antisémite impliquant ses membres le 28 mai, rue des Rosiers à Paris, constitue un trouble manifestement illicite qu'il convient de faire cesser rapidement.

Les délits reprochés
Selon les deux associations, l'existence du site est constitutive du délit de maintien ou de reconstitution de ligue dissoute. En outre, les propos diffusés sur le site notamment ceux regroupés sous le titre "Le sionisme, ou l'idéologie de la suprématie raciale juive", représentent "une exhortation à la discrimination, à la haine et à la violence à l'encontre des juifs de France", dénonçaient l'UEJF et "J'accuse".


© Le Nouvel Observateur

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APPEL À GAUCHE POUR UN RELOGEMENT D''URGENCE' (France)

25/09/2006 - S'exprimant d'une même voix, des élus tels que Jack Lang et Marie-George Buffet ont demandé "un lieu unique" d'hébergement pour les anciens squatteurs.

Réunis pour une conférence de presse, plusieurs personnalités politiques de gauche - Christian Favier, président (PCF) du conseil général du Val-de-Marne, les députés Jack Lang, Christiane Taubira (PRG), Marie-George Buffet, Noël Mamère (Verts), ainsi qu'Olivier Besancenot (LCR), Arlette Laguiller (LO) et le député européen (Verts) Alain Lipietz – ont lancé lundi 25 septembre un appel au relogement "d'urgence" dans un lieu unique des expulsés du squat de Cachan hébergés depuis plus d'un mois dans un gymnase de la ville. Ils ont à cette occasion critiqué l'attitude adoptée par le gouvernement dans cette affaire. "L'urgence, c'est le relogement de l'ensemble des familles dans un lieu unique", a annoncé d'emblée Christian Favier.

35è jour de grève de la faim
Cette annonce est intervenue juste après qu'un des six expulsés qui observent une grève de la faim – depuis 35 jours - ait demandé "un geste humanitaire" envers eux. "Notre revendication, c'est la régularisation de tous les sans-papiers de Cachan et le relogement" des familles, a déclaré Rouane Otmane, un Marocain d'une trentaine d'années.

D'après l'équipe médicale qui suit les grévistes de la faim, ils "entrent dans un phase critique où des lésions irréversibles peuvent se produire". Les élus présents au gymnase ont chacun leur tour dénoncé l'aggravation de la situation au gymnase Belle-Image de Cachan, qui abrite depuis le 18 août dernier quelque 200 personnes, anciens squatteurs de Cachan.
© Le Nouvel Observateur

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DES CROIX GAMMÉES SUR LES MOSQUÉES (France)

Les mosquées de Quimper et de Carcassonne ont été dégradées dans la nuit de samedi à dimanche, alors que le ramadan commence. Des croix gammées et des slogans racistes ont recouvert leurs murs. A Quimper, un début d'incendie volontaire a fait peu de dégâts. Marie Simon, avec Reuters

25/09/2006 - Deux mosquées, l'une à Quimper, dans le Finistère, et l'autre à Carcassonne, dans l'Aude, ont été la cible d'inscriptions racistes dans la nuit de samedi à dimanche. Ces profanations coïncident avec le début du ramadan qui attire traditionnellement davantage de fidèles.

A Quimper, six croix gammées peintes en vert et des dégradations causées par un début d'incendie ont été constatées dimanche matin sur la mosquée. L'alerte donnée par un riverain a permis aux pompiers de circonscrire rapidement quatre débuts d'incendie à l'intérieur du lieu de culte.

"Nous voulons savoir pourquoi cet acte", a souligné Mohamed El Bouazzati, le représentant de la mosquée. "La mosquée se trouve à côté d'une église et d'une maison de retraite. On n'a pas de problèmes avec nos voisins", a-t-il ajouté en appelant au calme. Philippe Paolantoni, sous-préfet à Brest, a confirmé qu'il "s'agit d'une communauté bien connue et bien intégrée".

Des graffitis et deux débuts d'incendie avaient déjà endommagé le bâtiment depuis sa construction en février 2003. Une enquête a été ouverte et confiée à la police de Quimper pour retrouver le ou les auteurs de ces actes.

Climat tendu au premier jour du ramadan
A Carcassonne, une mosquée a été couverte d'une cinquantaine de croix gammées ainsi que de slogans racistes, selon le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples. "La France aux Français, bougnoules dehors, mort à l'islam", ont notamment écrit le ou les auteurs de cet acte.

Dans un communiqué, le Mrap estime que "l'instrumentalisation politique du thème de l'islamisation de la France" par l'extrême droite contribue à "créer un climat délétère propice à ce genre de passage à l'acte".

Le président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur, a quant à lui "condamné très vivement" ces dégradations. Selon lui, "l'intention criminelle se double d'une volonté de perturber d'une façon particulièrement odieuse le déroulement pacifique des cérémonies" le début du ramadan.
© L'Express

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LE PEN PLUS SÉVÈRE QUE SARKOZY ENVERS LES JUGES (France)

24/09/2006 - Jean-Marie Le Pen va "bien au-delà" de Nicolas Sarkozy dans la critique de la "démission" des juges mais n'en pense pas moins que le président de l'UMP est un "furet des bois" qui "court à l'échec".

"Je serais tenté d'aller bien au-delà de M. Nicolas Sarkozy et de dire clairement, ne serait-ce que par expérience personnelle, que je ne crois pas à la justice de mon pays", a lancé le président du Front national au "Grand Rendez-Vous" Europe 1, TV5 Monde et Le Parisien.

Jean-Marie Le Pen a dit se fonder sur le fait que les juges étaient issus de l'Ecole nationale de la magistrature "qui est une fabrique d'idéologues beaucoup plus que de magistrats" et influencés par le Syndicat de la magistrature.

"Chaque fois que je les ai rencontrés en face de moi, je n'étais pas jugé comme un simple citoyen mais comme Le Pen, c'est à dire un adversaire politique", a-t-il dit.

Jean-Marie Le Pen a également déploré la faiblesse des effectifs dans la magistrature, "les mêmes qu'au XVIIIe siècle".

Interrogé sur le voyage du ministre de l'Intérieur au Sénégal, après son déplacement aux Etats-Unis, le dirigeant d'extrême droite a ironisé : " M. Sarkozy, qui a le don d'ubiquité, c'est le furet du bois mesdames. Il est passé par ici, il repassera par là. En tous les cas, il est toujours en première page, mais il va ainsi voler de succès en succès jusqu'à l'échec final".

Selon Jean-Marie Le Pen, Nicolas Sarkozy "n'était pas dans son rôle" aux Etats-Unis car un ministre de l'intérieur doit s'occuper "des affaires intérieures".
© Libération

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LES CARICATURES DE MAHOMET CONDUISENT 'CHARLIE HEBDO' AU TRIBUNAL (France)

Le procès aura lieu en février prochain. Avec un plaignant supplémentaire: la Ligue islamique mondiale, qui a rejoint l'UOIF et la grande mosquée de Paris, parties civiles. Par Alexandra BOGAERT

22/09/2006 - Le «procès des caricatures» de Mahomet se tiendra les 7 et 8 février prochains, au tribunal correctionnel de Paris. Un procès qui s’annonce à la fois symbolique et très médiatique, et qui sera présidé par le président du tribunal de grande instance de Paris, Jean-Claude Magendie, lui-même. C’est ce qu’a annoncé vendredi après-midi la Cour siégeant dans la 17e chambre, celle réservée aux affaires de presse, en présence de l’avocat de Philippe Val, directeur de la publication de Charlie Hebdo, ainsi que des robes noires des parties civiles, l’Union des organisations islamiques de France et la grande mosquée de Paris.

La Ligue islamique mondiale s’est invitée à la dernière minute et a ajouté son nom à la liste des plaignants. Cette organisation basée en Arabie saoudite s'était déjà constituée partie civile dans le procès fait en 2002 à l'écrivain Michel Houellebecq, selon qui l'islam est «la religion la plus con». Me Salah Djemai, avocat de la Ligue islamique mondiale, dénonce «la provocation de Philippe Val, un radical et un arrogant».

Charlie Hebdo, dans son édition du 8 février 2006, a publié en Une, sous le titre Mahomet et les intégristes, un dessin du prophète disant «C’est dur d’être aimé par des cons». L’hebdo satirique a également reproduit, en pages intérieures, les douze caricatures de Mahomet parues le 20 septembre 2005 dans un journal danois, le Jyllands-Posten. Ces dessins, et particulièrement celui représentant le prophète coiffé d’une bombe en guise de turban, avaient suscité une profonde colère dans le monde musulman.

Philippe Val est donc, en tant que directeur de la publication, poursuivi pour «injure envers un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée» (art. 48 de la loi de 1881).

«C’est quand même le seul procès des caricatures du monde. Et la question de fond est: est-ce que, en France, on a le droit de critiquer la religion?», résume Richard Malka, l’avocat de Charlie Hebdo. Il poursuit: «Nous pensons que oui. Ceux qui nous attaquent essaient de faire sanctionner le blasphème, sans le dire.» Confiant, il promet à l’audience la présence de dix à douze témoins, «des grandes consciences et des grandes voix de l’islam».

Pour Francis Szpiner, l’avocat de la grande mosquée de Paris, «Charlie voudrait faire croire que c’est le procès de la liberté d’expression. Nous ne reprochons pas le principe de la publication des caricatures. Nous poursuivons Charlie pour les quelques caricatures que nous estimons constituer une injure raciste». Salah Djemai renchérit: «La Ligue islamique mondiale veut sensibiliser l’opinion à la montée du racisme dans ce pays. On envisage de demander l'euro symbolique. La Ligue islamique mondiale ne fait pas ça pour le fric. Le fric de M. Val est puant.»
© Libération

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L'EXTRÊME DROITE DÉCHANTE (Autriche)

Entre scandales et défections, chaque journée apporte son rebondissement à la campagne électorale autrichienne. Le chancelier Wolfgang Schüssel semble être bien placé pour continuer à gouverner au lendemain du scrutin du 1er octobre. A la différence de ses alliés de l'extrême droite...


28/09/2006 - Cinq partis dominent le paysage politique autrichien : les conservateurs (ÖVP, au pouvoir), les socialistes (SPÖ, dans l'opposition), les Verts et deux formations populistes et xénophobes (FPÖ, dans l'opposition ; et BZÖ, alliée au chancelier conservateur Wolfgang Schüssel).

"Une offre suffisante, pourrait-on penser, qui devrait permettre à chaque électeur de faire son choix", observe le magazine Profil. Ainsi, "les fonctionnaires, agriculteurs, commerçants ou industriels d'orientation sociale-chrétienne voteront ÖVP, ainsi que tous ceux qui pensent qu'il faut baisser les impôts et valoriser le travail [environ 38 %, d'après les derniers sondages]. Le SPÖ séduira de nombreux retraités, la majorité des salariés, des intellectuels, ainsi que tous ceux qui voudraient conserver, voire perfectionner, l'Etat-providence, et qui sont contre la privatisation des services publics [35 %]. Les électeurs sensibles au thème de l'écologie et qui prônent la générosité envers les immigrés voteront sans doute pour les Verts [10 %], tout comme ceux qui voient dans la mondialisation un mal qu'il faut endiguer, et non pas une opportunité à saisir. Enfin, ceux qui ne veulent pas rencontrer d'étrangers sauf en dehors des frontières nationales (et encore !) ou qui trouvent des aspects positifs au régime nazi voteront FPÖ [10 %] ou BZÖ [3 %]."

"Reste une question ouverte, poursuit Profil. Pour qui voteront les citoyens qui ne voient pas l'économie de marché comme un mal à éradiquer, qui pensent que Dieu n'a pas sa place dans la Constitution et que l'Etat ne doit pas se soucier de ce qui se passe dans les chambres à coucher ?" En clair, le magazine regrette l'absence dans le paysage politique d'un vrai parti libéral.

Si les sondages disent vrai, le chancelier Wolfgang Schüssel a de sérieuses chances de battre son challenger socialiste, Alfred Gusenbauer. Ce qui n'empêchera pas les deux hommes, le cas échéant, de former une "grande coalition" en renvoyant dans l'opposition tous les représentants de l'extrême droite. C'est du moins ce que craignent les militants du BZÖ, et parmi eux le sulfureux Jörg Haider, qui ont vu l'une des leurs, la ministre de la Justice, Karin Gastinger, quitter leur parti six jours avant le scrutin pour faire les yeux doux aux conservateurs. La ministre "a compris un peu tard que son parti fait une campagne xénophobe", commente Der Standard, qui estime que cette défection "porte le coup de grâce au BZÖ".

Dimanche soir, "il y aura certainement une surprise", prévient une éditorialiste dans Die Presse. "L'amertume, le dégoût, le manque d'options véritables s'exprimeront d'une manière ou d'une autre. Aucun peuple d'électeurs ne laissera sans réponse toutes ces stratégies d'évitement, tout ce sale bruit, tout ce vide de la campagne - alors qu'il y a tant de problèmes à régler."

Autant dire que la campagne électorale est davantage faite de "coups" - comme celui concernant la ministre de la Justice, que d'aucuns attribuent au chancelier Schüssel -, voire de coups bas, que d'arguments de fond. Dans le registre des coups bas et des scandales, il y en a d'ailleurs pour chaque camp. Ainsi, l'affaire de la banque BAWAG, qui éclaboussait jusqu'à présent la gauche, rebondit sur le chancelier. Wolfgang Schüssel avait en effet effectué en 2003 un voyage en Bulgarie aux frais de la banque, mais les faits ne sont connus que depuis quelques jours. "C'est sorti juste à temps pour les élections. Comme si leur publication avait été téléguidée", observe Der Standard.

"De nouveaux faits montrent qu'un complot entre la justice et le BZÖ a sans doute précédé le débat sur le prétendu financement illicite des socialistes, ajoute le magazine Profil, qui conclut : "Les conservateurs ont une longueur d'avance, mais rien n'est encore joué." Car "la grande inconnue, c'est le taux de participation", note Der Standard. En 2002, il était de 84 %, ce qui est un record européen pour un pays où le vote n'est pas obligatoire. "On s'attend donc à une certaine baisse."

Marco Schütz
© Le Courrier international

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DEUX CLUBS DE FOOTBALL ALLEMANDS MIS À L'AMENDE POUR RACISME

27/09/2006 - La Fédération allemande de football a infligé mercredi des amendes à deux clubs jugés responsables du comportement raciste de certains de leurs supporters. L'Alemannia Aix-la-Chapelle devra verser 50 000 euros tandis que le Borussia Moenchengladbach a écopé d'une amende de 19 000 euros, a décidé la Fédération.

Les incidents ont éclaté pendant un match entre les deux équipes il y a moins de deux semaines à Aix-la-Chapelle. Les supporters d'Aix-la-Chapelle s'en étaient pris au joueur brésilien de Moenchengladbach Kahe et les fans du Borussia avaient répondu en insultant le Zambien Moses Sichone.


© Corus Nouvelles

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ALLEMAGNE - LA FÉDÉRATION EXHORTE LES CLUBS À AGIR CONTRE LE RACISME

24/09/2006 - Le président de la Fédération allemande de football (DFB), Theo Zwanziger, a exhorté les clubs allemands à agir contre les supporteurs qui profèrent des insultes racistes, dans un entretien à l'édition dominicale du quotidien Bild.

"C'est maintenant ou jamais: soit on agit contre le racisme dans les stades, soit on ne fait rien", a déclaré M. Zwanziger.

"Les clubs doivent maintenant faire quelque chose contre cette minorité de supporteurs qui discréditent le football", a poursuivi le nouveau président de la DFB, élu début septembre.

"Les initiatives mises en places par les clubs pour leurs supporteurs doivent en la matière permettre l'autodiscipline", a-t-il souligné.

Les stades allemands ont été ces dernières semaines le cadre d'une série d'incidents à caractère racistes visant des joueurs.

La DFB a requis vendredi des amendes de 75.000 euros et de 25.000 euros respectivement contre les clubs d'Aix-la-Chapelle et Mönchengladbach (1re div.) à la suite d'insultes racistes proférées lors de la 4e journée du Championnat d'Allemagne.

Les supporteurs d'Aix-la-Chapelle avaient pris pour cible le buteur brésilien de Mönchengladbach Kahe, tandis que ceux de "Gladbach" avaient insulté le défenseur malien d'Aix-la-Chapelle, Moses Sichone.

De son côté, le club de Rostock a été condamné à une amende de 20.000 euros pour des insultes visant l'international allemand d'origine ghanéenne Gerald Asamoah lors du match de Coupe d'Allemagne opposant l'équipe réserve de Rostock (3e div.) à Schalke 04 (1re div.).
© Télévision Suisse Romande

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DES AGENTS INFILTRÉS ONT PIÉGÉ LE GROUPE NÉO-NAZI PRÉSUMÉ TERRORISTE (Belgique)

28/09/2006 - Les personnes impliquées dans l'affaire du présumé groupement néonazi qui projetait de perpétrer des attentats terroristes en Belgique, dont le personnage-clé de Thomas B., ont été piégé par la justice. Des agents inflitrés ont gagné la confiance du suspect qui leur a alors fait part de ses idées néonazies et de ses "rêves" terroristes, selon plusieurs médias flamands.

Sur les deux agents qui ont infiltré l'an dernier "Bloed, Bodem, Eer en Trouw" (BBET), né d'une scission de Blood and Honour Flandres, au moins un était présent lors des perquisitions opérées le 7 septembre et a même été interpellé et enfermé avec les suspects.

Selon les agents inflitrés qui s'étaient faits passer pour de "simples citoyens" avec des sympathies pour l'extrême-droite, le groupuscule projetait bel et bien de commettre des attentats terroristes en Belgique.
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CONCERTS 0110 POUR LA TOLÉRANCE (Belgique)

28/09/2006 - Une multitude d'artistes belges issus de plusieurs horizons musicaux, en réponse à l'initiative salvatrice lancée par les chanteurs flamands Tom Barman (leader du groupe dEUS) et Arno, donneront ce dimanche des concerts gratuits dans quatre des principales villes du pays pour lutter contre le racisme et pour favoriser le respect de l'autre et la tolérance envers la différence, valeurs qui semblent se perdre lorsqu'on constate la montée constante et inquiétante de l'extrême droite tant en Flandre qu'en Wallonie.

Anvers, Bruxelles, Gand et Charleroi offriront donc ainsi des événements musicaux totalement gratuits proposant des collaborations inédites entre musiciens belges. Parmi les présents, on citera par exemple et en vrac Laura Lynn, Manou Gallo, Baï Kamara Jr, Dani Klein, Sttellla, le Two Man Sound, James Deano, Eté 67, Sacha Toorop, Saule, Lio, Viktor Lazlo, Daan, Hooverphonic, Plastic Bertrand et Axelle Red pour l'affiche bruxelloise, et, pour l'événement carolo, Prïba 2000, Marka, Hollywood Porn Star, Miam Monster Miam, Marie Warnant, Jeronimo, Montevideo et Machiavel. Soit une brochette très éclectique et très fournie.

Les concerts de Bruxelles se tiendront sur la Place des Palais, à partir de 15 heures; ceux de Charleroi se dérouleront au Spiroudôme, de 19h30 à minuit. Les places en ce lieu étant limitées, il est conseillé de réserver sa place, malgré la gratuité du spectacle.

Les artistes et l'ensemble des techniciens engagés dans l'événement prêtent leurs services entièrement gratuitement. La campagne a pu se mener en outre grâce au large soutien des médias et des institutions culturelles. Les citoyens ont le loisir d'apporter leur contribution au projet en envoyant "0110" par sms au numéro 3699 (1,50 euro par message). Il est également possible de faire un don via le compte 853-800 0110-67. Si l'événement venait à engendrer des bénéfices, ceux-ci seraient reversés à différentes organisations caritatives, dont la Fondation Roi Baudouin. (SC)

Plus d'informations sur http://www.0110.be/
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38,6% D'INTENTIONS DE VOTE POUR LE VLAAMS BELANG À ANVERS (Belgique)

28/09/2006 - A dix jours des élections, le cartel Vlaams Belang/VLOTT recueille 38,6% d'intentions de vote, selon le sondage du journal Het Laatste Nieuws. Le parti d'extrême-droite est en hausse de 4% par rapport au sondage précédent.

Le sp.a du bourgmestre Patrick Janssens récolte 21,1% et le CD&V/N-VA 16,6%. Le score du VLD à Anvers se chiffre à 8,5%, soit la moitié du résultat obtenu lors des élections de 2000. Groen! perd également la moitié de son électorat selon le sondage.
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BBET: MANDAT D'ARRÊT PROLONGÉ POUR LES DIX INCULPÉS (Belgique)

27/09/2006 - Thomas B.La chambre du conseil de Gand a confirmé mercredi soir le maintien en détention préventive des dix personnes inculpées dans l'enquête sur le groupement néo-nazi BBET (Bloed, Bodem, Eer en Trouw) qui avaient interjeté appel de la décision de la chambre du conseil de prolonger leur mandat d'arrêt.

Dix des 12 personnes incarcérées dans le cadre de ce dossier, dont le militaire Thomas B., considéré comme la figure centrale de l'affaire, avaient interjeté appel de l'ordonnance de la chambre du conseil de Termonde. Elles sont inculpées d'infractions à la loi sur le terrorisme, à la loi sur les armes et à la loi réprimant le racisme et la xénophobie.

Les avocats des inculpés avaient à nouveau plaidé leur remise en liberté, mercredi, assurant que leurs clients ne sont pas des terroristes et que certaines procédures relatives à leur arrestation n'ont pas été correctement appliquées. Le parquet fédéral s'est contenté de réaffirmer que ces personnes n'avaient aucun plan concret d'attaques contre des hommes politiques. Il n'a pas souhaité faire d'autre commentaire.

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NEVEU DE VERHOFSTADT SUR LA LISTE DU VLAAMS BELANG (Belgique)

28/09/2006 - Jan Janssens (49 ans), le neveu du Premier ministre Guy Verhofstadt, se présentera aux élections du 8 octobre prochain sur la liste du Vlaams Belang à Termonde.

Jan Janssens a expliqué que Guy Verhofstadt lui avait demandé de renier "le mal" s'il voulait encore faire partie de la famille. M. Janssens, lié au Premier ministre via leurs mères, fut pendant longtemps militant au sein de l'ancienne Volksunie (VU).

Mais il a rejoint les rangs du parti d'extrême-droite après la signature du Pacte d'Egmont dans les années 70, qui lancait la réforme des institutions belges vers un Etat fédéral.
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PORT DU VOILE : LE MRAX RÉCLAME DES CLARIFICATIONS (Belgique)

26/09/2006 - La polémique sur la neutralité dans les bureaux de vote n'est pas encore éteinte. Pour rappel, lundi le ministre président bruxellois Charles Picqué a tenu à clarifier les instructions envoyées aux présidents des bureaux électoraux. Des instructions qui avaient soulevé l'inquiétude de la communauté musulmane. Mais pour le MRAX, les explications données lundi par Charles Picqué ajoutent encore à la confusion…..

La communauté musulmane craignait en effet de voir des femmes assesseurs empêchées d'exercer leurs fonctions parce que voilées. Pour Charles Picqué, il s'agit de désinformation. Selon lui, ce qui est visé, ce sont les signes ostentatoires.
"Le tchador est assez facile à définir. Ce qui est beaucoup plus difficile, c'est la définition du voile (…), je ne sais pas évidemment codifier en disant, est-ce que c'est un signe ostentatoire, est-ce que ça a été fait de manière agressive ou pas, je pense que c'est le président du bureau de vote comme ça a toujours été, qui doit veiller au respect de ce principe de neutralité", a notamment déclaré Charles Picqué, lors d'une conférence de presse de lundi.

Le MRAX, mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie, estime que le ministre président bruxellois ajoute à la confusion en évoquant les signes ostentatoires. Et le MRAX de demander l'intervention de Philippe Moureaux , président du PS bruxellois et de la ministre de la Justice Laurette Onkelinx. Et faute de clarification d’ici le 8 octobre , le MRAX se réserve le droit d’intenter des actions en justice "aux côtés de toute citoyenne qui se verrait refuser d’assumer son rôle d’assesseur en raison du port de son foulard".

A noter encore que selon le journal "Le Soir", Philippe Moureaux, président de la Fédération bruxelloise du PS, a joué les médiateurs dans cette controverse sur le port du voile des assesseurs. Il a chargé Charles Picqué de notifier plus clairement aux présidents de bureaux électoraux que le voile islamique n'est pas banni et cela afin d"éviter "une éventuelle cacophonie"…
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'LE PORT DU VOILE N'A JAMAIS ÉTÉ INTERDIT' (Belgique)

C'est ce que précise le ministre Président bruxellois Charles Picqué après la polémique de ce week-end, autour d'instructions inscrites sur les convocations des assesseurs. Selon Charles Picqué, mauvaise interprétation a été faire à propos des instructions transmises pour l'organisation des bureaux de vote du 8 octobre

25/09/2006 - Il y a au départ ce paragraphe inscrit sur les convocations des assesseurs disant qu' "en vue de garantir la liberté de l'électeur dans son choix démocratique, la manifestation extérieure de toute forme d'expression politique, philosophique ou religieuse est interdite pour les membres électoraux". Une recommandation faite par le ministre président Charles Picqué. Une recommandation de nature administrative qui a été énoncée dans le cadre du courrier habituel adressé aux présidents de bureaux de vote pour préciser la conduite à tenir le jour des élections.

Mais le paragraphe en question a offensé certaines personnes. C'est notamment le cas de quatre jeunes filles musulmanes priées de se présenter comme assesseur le 8 octobre, mais sans leur voile. Ne sachant comment expliquer dans quelle impossibilité morale les mettait la recommandation de Charles piqué, elles se sont adressées au Mrax. Pour le Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie, il y là un double problème. Soit, choisir d'être assesseur ou de porter son foulard, ce qui est impossible. Soit ne pas être assesseur et payer une amende, c'est donc subir une mesure pénale. Le MRAX parle de surréalisme.

Quant à Charles Picqué, il se défend. Il y a eu, selon lui, mauvaise interprétation des instructions. Sur les convocations, il est simplement rappelé les règles de neutralité. "Un principe général qui vise la manifestation de signes ostentatoires destinés à influencer l'attitude ou le choix des électeurs" a t-il précisé dans son communiqué

Une campagne de désinformation
Après s'être exprimé dimanche une première fois par communiqué, le ministre-président bruxellois avait tenu, lundi, à convier la presse pour expliquer par le détail les enjeux du principe de neutralité à observer dans les bureaux de vote. D'après lui, ce qui est visé, ce sont les signes ostentatoires "qui visent à influencer attitude de l'électeur". La difficulté réside donc dans la définition de ce qui est ostentatoire, qui est laissée à l'appréciation du président du bureau de vote.

Charles Picqué a par ailleurs insisté sur le fait qu'une personne candidate assesseur qui se présenterait voilée dans un bureau de vote ne risque pas de sanction, contrairement à ce que certaines informations du week-end donnaient à penser. "Je ne peux pas écarter l'hypothèse qu'une campagne de désinformation a été provoquée avec un souci d'exploitation politique et en tout cas avec une irresponsabilité qui a semé la confusion. Celle-ci peut provoquer un climat préjudiciable en matière de tension entre les communautés", a conclu Charles Picqué se disant "inquiet quant à ses conséquences sur la cohésion sociale à laquelle il faudra continuer à travailler dès le 9 octobre.
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LE VOILE INTERDIT AUX ASSESSEURS DES BUREAUX DE VOTE BRUXELLOIS (Belgique)

23/09/2006 - Les autorités bruxelloises ont décidé d'interdire aux assesseurs des bureaux de vote de la capitale belge le port manifeste de tout signe religieux, comme le foulard islamique, la kippa ou la croix, lors des municipales d'octobre, affirme samedi le quotidien Le Soir.

Pour la première fois dans le Royaume, le formulaire envoyé aux assesseurs convoqués dans les bureaux de vote de la région de Bruxelles pour le scrutin du 8 octobre interdit la "manifestation extérieure de toute forme d'expression politique, philosophique ou religieuse".

Selon le quotidien francophone, les autorités bruxelloises justifient leur décision par la nécessité de "garantir la liberté de l'électeur dans son choix démocratique".

Des habitantes de communes de la région bruxelloises qui portent le voile ont elles décidé de porter plainte auprès du Mouvement belge contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie (Mrax), dont les juristes estiment d'ores et déjà que l'interdiction "ne repose sur aucune base légale", poursuit Le Soir.

Aucune des deux autres régions belges, la Flandre néerlandophone au nord et la Wallonie francophone au sud, n'a suivi Bruxelles dans cette initiative.
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L'EXTRÊME DROITE HONGROISE SUR LE DEVANT DE LA SCÈNE

Le premier ministre socialiste accuse la droite et les ultranationalistes de collusion dans la rue. Par Stéphane Kovacs

26/09/2006 - Alors que les manifestations nocturnes se poursuivent devant le Parlement de Budapest, le premier ministre tient bon. Plus déterminé que jamais à ne pas démissionner, Ferenc Gyurcsany a même annoncé son souhait de devenir président du Parti socialiste, et ce indépendamment du résultat des municipales du 1er octobre, qui devrait lui être très défavorable.

En attendant, il contre-attaque : il a accusé dimanche son rival, l'ancien premier ministre de droite Viktor Orban, de «collusion» avec l'extrême droite, très présente dans les manifestations de la place Kossuth. «Je n'arrive pas à comprendre ce que peuvent faire des représentants de la droite hongroise en compagnie d'orateurs aux discours extrémistes, radicaux, anticonstitutionnels et xénophobes, a lancé Ferenc Gyurcsany. Nulle part ailleurs en Europe, un parti de gauche ou de droite modérée n'envisagerait une telle collusion avec des radicaux.»

Manifestations téléguidées ?
Depuis l'authentification, le 18 septembre, d'un enregistrement où le premier ministre avoue ses «mensonges» et autres «conneries», quelque 10 000 manifestants viennent chaque soir crier leur colère sous ses fenêtres. Mais selon certains analystes, sous le couvert d'un mouvement spontané, les manifestations seraient téléguidées par l'extrême droite. Certains «manifestants reprennent les symboles de 1956, mais leur message n'est qu'un mélange d'idées d'extrême droite et de néonazisme», affirme ainsi à l'AFP Tamas Krausz, un historien connu pour ses idées de gauche. Pour lui, le parti de droite Fidesz cherche à utiliser l'extrême droite pour revenir au pouvoir.

Parmi la foule ont effectivement été repérées plusieurs figures de l'extrême droite, comme Istvan Csurka, le président du Miep, un parti nationaliste et antisémite, ou György Ekrem-Kemal, réputé nostalgique des Croix-fléchées, le parti fasciste des années 1930-1940. Aux côtés des centaines de drapeaux tricolores hongrois flottent aussi des bannières rayées rouge et blanc, utilisées par le régime pro-nazi durant la Seconde Guerre mondiale.

«Le Fidesz est dans une position difficile quand il essaye de prendre ses distances avec les émeutes, car Orban a appelé pendant des semaines à des actions radicales contre le gouvernement», commente le politologue Krisztian Szabados. Viktor Orban sait aussi qu'il a besoin de ces électeurs d'extrême droite pour être réélu un jour. S'il s'est bien gardé d'apparaître aux côtés des manifestants, il a envoyé, devant le Parlement, certains de ses lieutenants, comme le vice-président du Fidesz Pal Schmitt.

Pour l'analyste Zsolt Antal, en revanche, la vérité est toute simple : «À l'origine de tout cela, il y a les aveux de mensonges de M. Gyurcsany. Ces manifestations sont une réaction de la société qui ne considère plus le premier ministre comme étant digne de sa position.» Katalin en est l'exemple : «Je ne suis venue à l'appel d'aucun parti, affirme cette mère de famille. Je ne pense pas qu'il faille être particulièrement nationaliste pour être choqué quand M. Gyurcsany parle de notre «putain de pays».
© Le Figaro

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UN ÉTUDIANT INDIEN TUÉ À L'ARME BLANCHE À SAINT-PÉTERSBOURG (Russie)

25/09/2006 - Un étudiant indien en médecine attaqué dimanche à l'arme blanche à Saint-Pétersbourg dans le nord-ouest de la Russie est mort de ses blessures, a annoncé lundi un responsable de la police.

Le jeune homme de 27 ans a été attaqué dimanche soir près de l'académie de médecine de la deuxième ville de Russie et atteint de nombreux coups de couteau, a précisé ce policier.

Cette agression a eu lieu quelques heures après une manifestation contre l'immigration qui avait rassemblé environ 300 personnes dans la ville.

"Il est mort à l'hôpital. Selon les premières informations dont nous disposons, il n'a pas pu dire ce qui lui était arrivé. Une enquête est en cours", a déclaré à l'AFP Sergueï Sinitsyn.

L'étudiant en sixième année de médecine, Nitesh Kumar Singh, a reçu sept coups de couteau dans la colonne vertébrale et a succombé vers 23h00 locales (19h00 GMT), a précisé le responsable de presse de l'ambassade d'Inde à Moscou Ramesh Chandra, contacté par téléphone.

Selon les premiers éléments de l'enquête, quatre personnes auraient mené l'attaque, a indiqué une porte-parole du Parquet, Elena Ordynskaïa. Une enquête pour meurtre a été ouverte, a-t-elle ajouté.

Il n'est pas encore établi si l'assassinat de l'étudiant indien a été motivé par le racisme. L'ancienne capitale impériale russe, qui compte une importante communauté d'étudiants étrangers, a été le théâtre de nombreuses attaques contre des étrangers ces douze derniers mois.

Dans un incident séparé, un Soudanais a été frappé et volé dans la même ville dimanche, a rapporté l'agence Itar-Tass en citant un membre de la police sans le nommer. Aucune confirmation n'a été donnée dans l'immédiat sur l'attaque contre ce Soudanais, ancien étudiant de la ville, qui travaille dans le secteur du bâtiment.

Une manifestation d'étudiants étrangers était prévue lundi devant les locaux du parquet.

En avril, un étudiant sénégalais a été tué par balle à la sortie d'une boîte de nuit par un homme dont l'arme portait une croix gammée. En avril également, un étudiant indien de 23 ans avait été poignardé et blessé au cou.

Le procès de 14 personnes accusées d'avoir poignardé à mort un étudiant vietnamien en octobre 2004 est en cours.

Ces derniers jours deux synagogues et une mosquée ont été attaquées et le quotidien russe Kommersant titrait lundi "les skinheads ont fêté le nouvel an juif (Rosh Hashana) et le ramadan". Le nouvel an juif a été fêté ce week-end, tout comme le début du mois de jeûne musulman.
© Le Monde

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RÉFÉRENDUM - LA SUISSE DURCIT SES LOIS SUR L'IMMIGRATION

25/09/2006 - Près de 70 % des Suisses ont choisi hier par référendum de durcir les lois sur l'asile et sur l'accueil des étrangers, selon les résultats annoncés par la chancellerie fédérale. La participation s'est élevée à 48,2 %. La révision de la loi sur l'asile a été approuvée par 1 598 489 voix (67,8 %) contre 760 832 (32,2 %), tandis que la nouvelle loi sur les étrangers a recueilli 1 601 930 voix (68 %) contre 755 231 (32 %).

Dans un contexte international de flux migratoires croissants, la Suisse, qui compte plus d'un cinquième de résidents étrangers, a donc décidé de renforcer la lutte contre les abus dans l'attribution du droit d'asile. Sauf exceptions, une décision de non entrée sera dorénavant rendue pour les requérants qui ne peuvent pas produire une pièce de légitimation ou un document de voyage.

L'extension de la suppression de l'aide sociale à tous les requérants d'asile déboutés et l'introduction de la détention pour insoumission visent à inciter davantage les étrangers tenus de quitter la Suisse à partir volontairement. Avec le prolongement de la durée de la détention pour l'exécution d'un renvoi, un requérant débouté pourra passer jusqu'à deux ans derrière les barreaux.

D'un autre côté, les nouvelles lois apportent des modifications saluées même par leurs adversaires. Ainsi, le statut des personnes admises à titre provisoire sera amélioré. Les incitations en faveur d'une intégration rapide des étrangers, notamment en permettant aux enfants d'être scolarisés le plus tôt possible, se trouveront par ailleurs augmentées.

Parmi les plus répressifs d'Europe
Pour les détracteurs des deux lois, ces textes figurent parmi les plus répressifs et discriminatoires d'Europe. Pour eux, cela pose notamment un problème de réputation pour la Suisse, patrie à forte tradition humanitaire et siège de nombreuses organisations internationales. L'efficacité de la loi sur l'asile pour combattre les abus est contestée, et la loi sur les étrangers est considérée comme une «machine à fabriquer des sans-papiers».

La révision de la loi sur l'asile et la nouvelle loi sur les étrangers ont suscité une vive opposition venue principalement de la gauche, des organisations non gouvernementales ainsi que de milieux proches des Églises ou culturels. Des personnalités comme l'ancienne conseillère fédérale socialiste Ruth Dreifuss ou l'ancien chancelier de la Confédération François Couchepin s'y sont opposés.

Les Églises demandent que les lois sur l'asile et les étrangers soient «appliquées dans le respect de la dignité humaine». Dans un communiqué commun, la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FAPS), la Conférence des évêques suisses (CES) et la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) ont regretté l'approbation de deux lois «contraires à la tradition humanitaire de notre pays».

«C'est un dimanche noir pour le droit d'asile en Suisse. La Suisse se dote des lois les plus restrictives en Europe alors que les demandes d'asile n'ont jamais été aussi peu nombreuses depuis 20 ans», a pour sa part déploré Daniel Bolomey, secrétaire général de la section suisse d'Amnesty International. L'organisation précise qu'elle dénoncera tous les cas de personnes renvoyées par erreur et arrêtées à leur retour dans leur pays.

Du côté des partisans des deux textes, l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) considère le double oui des Suisses comme un geste indiscutable «contre les abus multiples de l'asile et contre une immigration incontrôlée».

L'Union démocratique du centre (UDC, droite conservatrice) estime elle que «les nombreux problèmes que pose la proportion élevée d'étrangers en Suisse ne sont pas résolus pour autant, tant s'en faut». Pour l'UDC, la liste commence par la procédure de naturalisation «qui échappe à tout contrôle».
© Le Devoir

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ROCK NÉO-NAZI : SUISSE, TERRE D'ASILE

Relativement restreinte mais très active, la scène néo-nazie contourne les interdictions en organisant ses concerts haineux dans des endroits privées.

24/09/2006 - On les attendait en vagues déferlantes lors de la Coupe du monde, mais on n'a finalement vu personne. Les skinheads et autre néo-nazis ont manqué leur rendez-vous estival, mais refont parler d'eux à l'automne. Et plus précisément en Suisse. Après un premier rassemblement qui s'est tenu à Lotzwill (BE), une deuxième demande pour organiser cette fin de semaine un jamboree raciste, sous forme de concert rock neo-nazi a été déposée dans la commune d'Erlinsbach (SO). Bien que la commune s'oppose à une telle concentration, le fait que celui-ci se déroule sur un terrain privé, propriété de deux paysans, empêche son interdiction. Organisateur du rendez-vous et responsable de la demande d'autorisation auprès du canton : Sacha Kunz.

Deux mandats municipaux
Le Bâlois, installé dorénavant en Argovie, est une vieille connaissance. Organisateur, depuis 2000, des rassemblements d'extrême-droite sur le Grütli pour le 1er août, il était membre du mouvement skin Blood&Honour (qui, avec les Hammerskins, est l'autre mouvement de la « nation » skin). Condamné plusieurs fois pour lésions corporelles et voies de fait, il a aussi la particularité d'être en 2000 un membre fondateur du Parti national suisse (PNOS), une formation qui a décroché un siège au législatif de Langenthal en 2004 et un autre à l'exécutif de Günsberg (SO) en avril 2005. En juillet 2005, trois membres ont été condamnés à une amende pour discrimination raciale.

Lors des élections fédérales de 2003 en Argovie, le parti avait en effet sorti une affiche où étaient représentés des communistes et des juifs balayés par une croix suisse avec la mention « Nous faisons le ménage ». Si le rapprochement entre mouvance skin et politique institutionnelle était limité à certaines régions du Nord-Ouest, celui-ci est en train de s'élargir progressivement, puisque ce parti vient d'ouvrir une section à Willisau (LU) et qu'il est implanté aussi dans le canton de Fribourg. Bien que le noyau dur de la scène radicale néo-nazie tourne autour des 200 personnes, selon les spécialistes de l'extrême-droite comme Samuel Althof, cité par Heute, et que le PNOS ne compte, selon la police fédérale, que 130 adhérents, le fait que les néo-nazis aient pu accéder à la notabilité politique a de quoi inquiéter.

Complicités implicites
Pour Martin Schwander, membre du PdA à Burgdorf, c'est aussi la complicité implicite des milieux bourgeois avec ces courants qui pose problème. « Je ne crois pas qu'il y ait un renforcement en nombre de ces courants, mais le fait que la police et les partis de droite de l'Emmental et de la Haute-Argovie montrent une sympathie implicite pour l'extrême-droite pousse certains jeunes à passer à l'acte contre des étrangers, leur donne une légitimité ».

Même si la Suisse ne connaît apparemment pas une prolifération (comme la Pologne ou la Russie) et une infiltration brunes dans l'Etat (comme cela semble être le cas en Belgique - voir page 5), il ne faut pas sous-estimer le phénomène. L'agressivité des adulateurs d'Hitler reste forte, comme a pu le constater l'association bâloise Action Enfants de l'Holocauste (AKDH), qui, du fait de son travail d'information, s'est vue plusieurs fois menacée. Il ne faut pas non plus sous-estimer le pouvoir d'attraction de l'idéologie du « tout-aryen » et de l'esthétique martiale sur les jeunes, à travers la musique de groupes comme Strummtruppen skinheads, Das Reich ou Skrewdriver. Sacha Kunz est, justement, chanteur de rock et ex-propriétaire du magasin Hooligan Streetwear à Bâle, diffuseur de matériel de propagande.

Joël Depommier
© GaucHebdo

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NICOLAS SARKOZY BOUSCULE LES EUROPÉENS SUR L'IMMIGRATION

28/09/2006 - Rompant avec le ronronnement des réunions européennes, Nicolas Sarkozy propose à ses partenaires de l'Union une réforme radicale de la politique européenne de l'immigration, comprenant de strictes règles d'admission communes gérées par des consulats communs.

Rendues publiques à la veille d'une rencontre des ministres de l'intérieur des huit pays méditerranéens de l'UE (France, Espagne, Italie, Portugal, Malte Grèce, Chypre, Slovénie) – prévue vendredi 29 septembre à Madrid pour discuter de l'afflux d'immigrés illégaux par mer – ces propositions relancent la polémique avec l'Espagne sur la possibilité de procéder unilatéralement à des régularisations massives.

Le président de l'UMP, qui avait déjà vertement critiqué sur ce point la politique espagnole le 8 septembre à Bruxelles, s'est attiré, mercredi, une réplique cinglante du premier ministre espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, devant son Parlement. Le gouvernement espagnol n'a pas de "leçons" à recevoir, a dit M. Zapatero en réponse à une question du leader de la droite, Mariano Rajoy. "Ce que veut dire le ministre français de l'intérieur ne tient pas quand nous avons vu ce qui s'est passé dans les banlieues de Paris en relation avec la politique d'immigration", a-t-il lancé.

Pour éviter qu'un Etat membre ne prenne seul des décisions ayant des conséquences pour ses voisins, M. Sarkozy entend, vendredi, proposer à ses partenaires d'adopter "un pacte européen d'immigration". "Ce pacte, explique-t-il dans l'intervention qu'il a préparée, comporterait les grands principes d'une politique commune que les Etats membres s'engageraient formellement à respecter." Grands principes au titre desquels devraient notamment figurer selon lui : "L'interdiction à l'avenir de toute mesure de régularisation massive ou des régularisations de plein droit ; la stricte limitation des mesures de régularisation à des situations humanitaires au cas par cas ; le respect du principe de proportionnalité entre le flux migratoire accueilli et les capacités d'accueil sur le marché du travail, le logement, les services publics ; le conditionnement du regroupement familial aux ressources d'un travail et à la possibilité de fournir à la famille d'accueil un logement suffisant ; le principe d'éloignement des migrants clandestins sauf cas humanitaire particulier."

La plupart des propositions s'inscrivent dans les orientations qui sont en discussion à Bruxelles depuis plusieurs années, mais elles les radicalisent en allant plus loin dans l'affirmation et l'organisation de la solidarité européenne. Ainsi le ministre parle-t-il de "fusionner" les politiques nationales d'asile en une seule politique européenne alors que l'objectif des Européens est de mettre en œuvre une "politique commune". Son idée d'"un transfert complet de la compétence à l'Union européenne" traduit cette radicalisation. De même que celle d'un "Office européen de l'asile dirigé par un conseil d'administration où seraient représentés les gouvernements", qui serait chargé d'examiner les demandes d'asiles et d'accorder le statut de réfugié.

La mutualisation des moyens d'action des Etats membres, notamment consulaires, est déjà à l'étude à Bruxelles. Mais la mise en place d'une "agence commune, ou 'consulat européen', chargée de la délivrance des visas de court séjour" ou la création d'un bureau européen de lutte contre l'immigration clandestine, vont bien au-delà des actuels projets européens. Dans l'esprit de M. Sarkozy, l'idée du consulat commun permettrait de réaliser des gains en termes d'efficacité et de mettre un terme au "visa shopping". Aujourd'hui, "le paradoxe est total en [la] matière". "Chaque consulat national délivrant des visas permettant de circuler dans l'espace Schengen, en cas de refus, le demandeur va donc tenter sa chance dans un autre consulat jusqu'à ce qu'il obtienne satisfaction", dénonce-t-il.

"Autre enjeu clé" et "décisif de la cohésion future de l'Union européenne" pour le ministre de l'intérieur : la mise en place d'une frontière européenne "efficace et sûre". Comme d'autres, et notamment les Espagnols, M.Sarkozy appelle à un renforcement "sensible" des pouvoirs et des moyens de l'agence européenne Frontex, créée en 2005 pour coordonner la protection des frontières des Vingt-Cinq. Et il relance l'idée d'un corps de garde frontières européens.

Une idée déjà envisagée par les Vingt-Cinq, mais qui s'est heurtée aux réserves des nouveaux Etats membres, qui n'entendent pas confier à d'autres qu'à leurs propres fonctionnaires la surveillance de leurs frontières.

Thomas Ferenczi (à Bruxelles) et Laetitia Van Eeckhout
© Le Monde

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LES OUBLIÉS DE L'EUROPE

Les deux millions de Roms qui vivent en Roumanie seront-ils les grands perdants de l'adhésion à l'Europe? Par Christian Rioux, correspondant du Devoir à Paris

25/09/2006 - À l'occasion du sommet de la Francophonie qui se tiendra à Bucarest les 28 et 29 septembre, notre correspondant européen explore quelques aspects méconnus de la Roumanie à l'aube de son adhésion à l'Union européenne.

Bucarest -- À 20 kilomètres de Bucarest, dans la petite ville de Glina, s'étend le plus grand dépotoir de la capitale roumaine. Cinq kilomètres carrés qui reçoivent chaque année un demi-million de tonnes de déchets parmi lesquels on trouve de la ferraille aussi bien que des matières toxiques dangereuses. À moins d'un kilomètre de là, presque tous les Roms qui composent le quartier de Bobesh vivent de la récupération des déchets. Chaque matin, ils envahissent le dépotoir en famille et fouillent parmi les détritus pour trouver un bout de métal, une vieille pièce d'électroménager ou une roue de vélo qu'ils revendront sur les marchés.

«Le dépotoir représente leur seul revenu», dit Alexandra Toma. Cela fait 200 ans que les Roms de la région, qui se sont installés ici après l'abolition de l'esclavage il y a 150 ans, vivent de la récupération, explique ce pasteur orthodoxe de 25 ans qui dirige la petite école de Bobesh. Dans la matinée, une partie des enfants de l'école va donc travailler au dépotoir. Le midi, ils prennent un bain, avant de venir à l'école.

«Un enfant qui ne travaille pas, c'est une perte de revenu pour ces familles qui n'ont rien», dit M. Toma.

Aujourd'hui, 60 % des enfants du quartier fréquentent la petite école de 200 élèves qui se cache au bout une allée bordée d'arbres. Ici 150 enfants roms, dont les parents sont la plupart du temps analphabètes, viennent apprendre à lire et à écrire. Les enfants du primaire viennent le matin et ceux du secondaire l'après-midi.

Dans leur malheur, les enfants de Bobesh sont pourtant favorisés. Dans plusieurs villes roumaines, les jeunes Roms sont parqués dans des écoles pour enfants déficients. C'est le cas à Sibiu par exemple, une ville de Transylvanie située au centre du pays. «Là-bas, l'école n° 13 pour enfants déficients ne reçoit que des Roms, à l'exception d'un ou deux Roumains qui connaissent de graves déficits», explique Ciprian Necula, qui travaille pour la Media Monitoring Agency et qui revient tout juste de Sibiu. «Quand on ne met pas les Roms dans des écoles pour enfants attardés, on les met dans des classes pour enfants en difficulté. Comme par hasard, il n'y a que des Roms dans ces classes !»

Langue et culture
À Bobesh, les petits Roms sont traités comme tout le monde. Quelques dons et un peu d'aide internationale ont récemment permis de repeindre le bâtiment et d'installer le chauffage, mais pas le téléphone. Depuis, les classes sont particulièrement pleines en hiver, puisque de nombreuses maisons du quartier n'ont ni gaz, ni électricité, ni eau courante. Il y a deux ans, à peine 40 % des enfants du quartier fréquentaient l'école. Ils sont maintenant 60 %, depuis que petits et grands reçoivent des cours de langue et de culture rom. En plus de l'enseignement normal en roumain, plusieurs jours par semaine, Florin Fleican les réunit par petits groupes pour leur apprendre à lire et à écrire leur langue maternelle, le romani, et leur parler des traditions et de l'histoire tsigane.

«Depuis qu'on enseigne le romani, les parents sont fiers d'envoyer leurs enfants à l'école, dit l'enseignant de 29 ans. C'est une question d'identité. Ils sentent qu'ils y ont une place.» Un jour, croit Florin, il y aura des écoles où tout l'enseignement sera dispensé en romani. Pour l'instant, il n'en existe qu'une, à Timisoara, dans l'est du pays.

Mais, les petits Roms de Bobesh sont encore l'exception. Les directeurs d'écoles résistent de mille et une façons à cet enseignement du romani commencé il y a quatre ans seulement. Toutes les raisons sont bonnes, explique Florin : ils n'ont pas le temps, pas d'argent, pas de classes. Certains directeurs d'écoles, pourtant situées en plein quartier rom, prétendent même qu'ils n'ont pas d'enfants roms. Il faut dire que les Tsiganes roumains, à cause de la discrimination systématique qu'ils subissent, rechignent souvent à afficher leur identité. Les recensements officiels n'en dénombrent que 500 000 alors qu'ils seraient en réalité autour de deux millions, soit environ 10 % de la population.

«Les Roms ont toujours été la lie de la société roumaine, dit Elena Radu qui enseigne le romani dans le ghetto de Ferentari, au sud de Bucarest. Ils vivent dans une pauvreté impossible à imaginer. De nombreuses familles roms n'envoient pas leurs enfants à l'école, parce qu'elles n'ont pas un sou pour les habiller.» À l'école d'Éléna, certaines familles n'ont que trois paires de chaussures pour six enfants. Ils se les échangent donc. Le benjamin porte une paire le matin qu'il prête à son frère aîné l'après-midi. Heureusement, l'horaire scolaire roumain ne s'étend que sur une demi-journée.

Avec son dépotoir à ciel ouvert, le quartier de Bobesh paraît presque enchanteur à côté de Ferentari que l'on surnomme le Bronx de Bucarest. La plupart des chauffeurs de taxi refusent de vous y amener, et il faut insister longtemps pour s'y rendre. Bon nombre des 120 000 Roms qui y vivent habitent dans d'anciennes HLM en ruine construites à l'époque communiste. Ceux qui entourent l'école 136 n'ont plus ni eau courante ni électricité depuis longtemps.

Rue Valtoarei, dans la matinée, quelques vieilles femmes montent la garde derrière des fenêtres sans carreaux, pendant que les hommes sont partis chercher quelque chose à gagner. Plusieurs appartements portent les marques d'incendies provoqués par des moyens de chauffage rudimentaires. Les familles peuvent payer jusqu'à 60 dollars par mois pour s'entasser à cinq ou six dans une pièce de trois mètres sur quatre sans cuisine ni salle de bain. Au coin de la rue, un vieillard remplit son bidon au robinet public. Installés le long des grandes rues, ces robinets sont la seule source d'approvisionnement en eau des maisons du quartier. Hiver comme été, les femmes y font le lavage à même le sol dans de grandes cuves.

Grâce aux cours de romani, Elena Radu a fini par convaincre de nombreuses familles d'envoyer leurs enfants à l'école. C'est le cas de Marius Stoian qui a aujourd'hui dix ans mais qui n'avait jamais mis les pieds en classe. Pendant des années, ses parents ont refusé de l'envoyer à l'école parce qu'ils ne voulaient pas qu'il apprenne le roumain.

Affronter l'intolérance
Elena est fière de montrer les petits manuels scolaires en romani destinés aux enfants du primaire. La plupart ont été traduits par Gheorghe Sarau, un professeur de l'université de Bucarest qui, sans être rom, s'est pris d'amour pour le romani il y a plus de 20 ans. Sarau est l'auteur du premier dictionnaire romani publié dans le pays. Depuis quelques années, il a formé une équipe de jeunes enseignants qui tentent, malgré les fortes résistances, de généraliser l'enseignement du romani. C'est grâce notamment à ses efforts qu'existe aujourd'hui un programme de promotion des Roms qui leur réserve des places dans les universités et les lycées roumains.

Ce jour-là, Gheorghe Sarau avait réuni quelques inspecteurs et enseignants à la Maison de la radio nationale. «Nous affrontons l'intolérance tous les jours, dit-il. Les directions d'école ignorent la loi et font tout pour ne pas enseigner le romani. Nous avons pourtant constaté que cet enseignement a un effet positif sur les résultats scolaires des enfants roms. Les professeurs de romani que nous formons à l'université offrent de plus un modèle positif aux enfants. Et nous rêvons que ces enfants deviennent eux aussi un jour des professeurs de romani.»

Personne ne s'en cache, les pressions de l'Union européenne comptent pour beaucoup dans les efforts que déploie aujourd'hui la Roumanie en direction des Roms. Si le pays veut intégrer l'Union le 1er janvier prochain, comme on s'y attend, il doit théoriquement se conformer aux lois et aux chartes européennes. Or tous les rapports soulignent année après année la persistance de la discrimination sauvage qui s'abat sur la première minorité du pays.

Ce n'est pas un hasard si la Roumanie a adopté en 2001 un vaste programme de lutte contre la discrimination. En février dernier, le Conseil de l'Europe concluait pourtant que le pays avait adopté une loi qui «n'a guère été appliquée» et créé un Conseil national de lutte contre la discrimination qui est «inconnu des fonctionnaires et du grand public». Rien qu'à Bucarest, le rapport estime que 20 000 Roms n'ont pas de papiers d'identité et que «le gouvernement n'a rien entrepris pour changer cette situation».

Refus de reconnaître les Roms
«Ceausescu est tombé il y a 15 ans, mais les mentalités n'ont pas beaucoup changé, dit l'écrivain rom Vasile Ionescu. Il existe une petite préoccupation pour les Roms dans l'Union européenne, mais ça ne va pas très loin. Il nous faudrait un plan Marshall. On refuse toujours de reconnaître que les Roms, avec 10 millions de personnes, constituent la plus grande minorité européenne. Seulement six pays européens sur 25 reconnaissent les Roms. En Roumanie, ce n'est pas parce qu'on brûle les étapes qu'on deviendra miraculeusement européens du jour au lendemain.»

Dans la presse nationale, les offres d'emploi stipulant «Pas de Roms» ont disparu depuis quelques années. Les bars non plus n'affichent plus «interdit aux Roms». Tout cela était autrefois courant. Mais il arrive encore souvent que des Roms soient la cible des forces de l'ordre. Le 7 septembre, une altercation avec les policiers a blessé une quinzaine de Roms dans la petite ville de Reghin, dans le nord du pays. L'événement serait sans conséquences s'il n'était pas le troisième du genre depuis six mois. Les sondages montrent d'ailleurs régulièrement qu'une majorité de Roumains ne souhaite pas avoir de Roms pour voisins. Dans le langage populaire, on menace toujours les enfants de les donner aux Roms lorsqu'ils ne sont pas sages.

De nombreux militants de la cause des Roms se demandent si tout l'argent investi depuis quelques années, notamment par le milliardaire George Soros, a vraiment servi à quelque chose. Selon Saïmir Mile, un Rom d'Albanie qui vit à Paris et qui dirige l'association La voix des Roms, toutes ces organisations de bienfaisance (ONG) ont fini par créer une sorte d'«oligarchie rom» qui vit assez loin de la situation concrète. Pour lui, on a surtout créé un «business humanitaire».

«En Hongrie et en Slovaquie, on a aussi beaucoup parlé des Roms avant que ces pays deviennent membres de l'Union européenne, dit Ciprian Necula. Mais, depuis l'intégration, on n'en parle plus. Quand la Roumanie sera dans l'Europe, j'ai bien peur qu'on nous oublie à nouveau.»
© Le Devoir

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JAN WONG SE DIT VICTIME DE RACISME ET DE SEXISME (Canada)

26/09/2006 - La journaliste du Globe and Mail Jan Wong est déçue de certaines réactions racistes et sexistes ayant découlé de la controverse de la semaine dernière. Elle croit toutefois que le débat ayant entouré la publication de son article est une bonne chose.

"En tant que Canadienne, Québécoise et Montrélaise, je crois que le débat est très sain, a-t-elle déclaré en entrevue hier matin sur les ondes de la radio de la CBC. Mais je suis triste et déçue de certaines méthodes qui ont été utilisées."

Elle cite une caricature de Garnotte parue dans les pages du Devoir. Elle y est représentée avec de longues dents en train d'ouvrir un biscuit chinois. "Vous pouvez attaquer mon style ou ma méthode journalistique, mais d'impliquer des biscuits chinois est d'emmener dans le débat mon ethnicité", a dénoncé la journaliste.

"De me représenter avec des grosses palettes et des grosses lunettes, c'est un stéréotype du Japonais qui date de la Deuxième Guerre mondiale. C'est laid. Si j'avais été juive, je pense qu'ils m'auraient représentée avec un nez crochu."

Un article publié dans les pages du Globe and Mail quelques jours après la fusillade au collège Dawson a provoqué une véritable levée de boucliers essentiellement au Québec. Mme Wong y suggérait que les trois tragédies du même genre survenue dans la province, à Polytechnique, à Concordia et à Dawson, étaient toutes l'oeuvre d'enfants d'immigrés et que cela posait la question de l'aliénation de ceux-ci par les politiques linguistiques québécoises.

Dans la foulée, les premiers ministres Jean Charest et Stephen Harper ont tous deux écrit une lettre de protestation au journal. Une initiative qualifiée d'électoraliste par Jan Wong, qui critique l'implication des politiciens dans la sphère médiatique. "C'était inapproprié", dit-elle.

Elle a aussi défendu son article, disant que la présence de sa photo avant le texte aurait dû faire comprendre aux lecteurs que le texte reflétait en réalité son propre point de vue sur la question.

Pour ce qui est de l'exemple du Devoir, ce n'en est qu'un parmi d'autres, insiste Jan Wong, qui dit avoir reçu plusieurs courriels offensants, dont plusieurs "utilisant des mauvais mots pour la désigner en tant que femme".

Le directeur de l'Information du quotidien montréalais, Jules Richer, a pour sa part défendu le travail de son caricaturiste Garnotte.

"La caricature évoque le fait que le père de Jan Wong a eu un restaurant à Montréal, connu de tous les Montréalais. Et quand Mme Wong se plaint d'être dépeinte de façon raciste dans la caricature, je réponds que c'est une caricature et donc qu'il est normal de grossir les traits d'une personne, comme n'importe quel caricaturiste le fait."
© CyberPresse

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LES QUÉBÉCOIS NE SONT PAS PLUS INTOLÉRANTS, DIT LA MINISTRE THÉRIAULT (Canada)

24/09/2006 - Les Québécois ne sont pas plus intolérants que le reste des Canadiens envers les autres cultures, affirme la ministre de l'Immigration, Lise Thériault.

La ministre estime qu'il faut réagir avec prudence au dernier sondage Ekos-La Presse, qui démontre que les Québécois sont plus réticents que l'ensemble des Canadiens à accepter certains signes religieux d'autres communautés.

Par exemple, le sondage indique que 54 pour cent des Québécois s'opposeraient à ce que le professeur de leur enfant porte le foulard islamique, contrairement à 25 pour cent des autres Canadiens. Cinquante-quatre pour cent des Québécois s'opposeraient à ce que les institutions permettent des congés ou des pauses de prière le jour du sabbat, contre 23 pour cent pour le reste des Canadiens.

Mme Thériault soutient tout de même qu'il n'y a pas plus de problèmes de discrimination ou de racisme au Québec qu'ailleurs au Canada.

La ministre indique par contre que les Québécois voient probablement l'intégration distinctement des autres Canadiens, le Québec étant la seule province à être responsable de l'immigration et de l'accueil des nouveaux arrivants.

Elle ajoute que les Québécois ne sont pas plus intolérants, mais possiblement plus conscients de la différence qui les entoure, le Québec ayant accueilli cette année 46 000 immigrants. La ministre souligne que la province reçoit des communautés de 165 pays différents.

Incidemment, Québec prépare présentement l'adoption d'une première politique de lutte contre l'exclusion et le racisme, en tenant une commission parlementaire à ce sujet.

Les résultats du sondage Ekos, mené auprès de 1004 répondants entre le 12 et le 14 septembre, ont été publiés dans La Presse vendredi dernier.
© CyberPresse

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CHRÉTIENS ET MUSULMANS DOIVENT VIVRE EN PAIX, DIT BENOÎT XVI

25/09/2006 - Benoît XVI a déclaré lundi aux ambassadeurs des pays musulmans auprès du Vatican que les chrétiens et les musulmans devaient s'opposer à toute forme de violence.

Le pape a dit "son estime et son profond respect" à l'égard de la communauté musulmane, lors d'une intervention censée apaiser la polémique qui a suivi son discours de Ratisbonne.

Dans ce discours, il citait l'empereur byzantin du XIVe siècle Manuel II Paléologue qui évoquait le commandement de Mahomet "de répandre par le glaive la foi qu'il prêchait".

Le souverain pontife a exprimé des regrets à trois reprises la semaine dernière après les réactions de colère à son discours mais il n'a pas présenté les excuses qu'attendaient de lui nombre de musulmans.

Vingt-deux ambassadeurs de pays musulmans, ainsi que des dignitaires de la communauté musulmane italienne, ont répondu à l'invitation du pape à Castelgandolfo, la résidence d'été du souverain pontife.

© L'Express

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LA HAINE EXPLOSE DANS INTERNET

Par Pierre-André Normandin

22/09/2006 - Le nombre de sites haineux dans Internet a explosé depuis un an. Le centre Simon Wiesenthal en répertorie plus de 6000 faisant l’apologie du racisme, de l’homophobie et du terrorisme, une hausse de 20 % par rapport à 2005.

Supériorité de la race blanche, fabrication de bombes, maniement des armes, violence contre les homosexuels : la haine ne semble pas avoir de limites sur la Toile. « Tous les groupes minoritaires sont susceptibles d’être la cible des sites haineux. Les Noirs, les Juifs, les Musulmans, les homosexuels et j’en passe », observe Leo Adler, directeur national du centre Simon Wiesenthal.

Plusieurs jeux violents simulent d’ailleurs des assassinats de diverses minorités, que ce soient les Noirs, Musulmans, Juifs ou homosexuels. L’ex-député bloquiste Richard Marceau, qui conseille l’organisation antiraciste, craint principalement une désensibilisation face à la haine chez les jeunes impressionnables.

Consacré à la chasse aux criminels de guerre nazis, le centre Simon Wiesenthal a élargi ses activités en 1995 pour couvrir la haine dans Internet à la suite de l’attentat d’Oklahoma City. Timothy McVeigh avait trouvé dans la Toile la recette de sa bombe ayant tué 168 personnes.


© CyberPresse

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Les titres de l'actualité du 22 Septembre, 2006

UN CONSEILLER MUNICIPAL UMP ACCUSÉ DE PROPOS RACISTES (France)

René Ainardi est accusé par la MRAP d'avoir tenu, lors d'un conseil municipal de Marignane, des propos racistes. Le parquet a enregistré la plainte

21/09/2006 - Le parquet d'Aix-en-Provence a enregistré jeudi 21 septembre une plainte contre un conseiller municipal de Marignane, René Ainardi. La MRAP des Bouches-du-Rhône, auteur de la plainte, accuse René Ainardi (UMP) d'avoir tenu des propos racistes lors d'un conseil municipal, et ce avec l'approbation du maire divers droite de la ville, Daniel Simonpieri, ancien du Front national. Ce dernier est lui aussi visé par la plainte. La MRAP, Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples, dénonce des propos relevant de "la provocation publique à la haine et à la violence raciale". Selon le PV du conseil municipal du 9 mai, René Ainardi a demandé la parole en réaction aux déclarations du président algérien Abdelaziz Bouteflika, sur le rôle de la France en Algérie de 1830 à 1962.

"Renvoyer les délinquants et leurs familles"
"Reprenez chez vous les millions d'Algériens qui vivent sur notre sol, qui ont pratiquement tous la double nationalité. Cela viderait les prisons, nous gagnerons en sécurité et tous les organismes sociaux seraient enfin bénéficiaires", a lancé René Ainardi à l'adresse du président algérien.

Le conseiller municipal a ensuite pris à partie Nicolas Sarkozy : " Ayez le courage de dire que plus de 70% des places de prison sont occupées par des immigrés (...) Des Blacks, des Beurs font régner la terreur dans les trains, l'horreur dans les villes, les villages". Et d'appeler le ministre de l'Intérieur "à renvoyer dans leur pays d'origine les délinquants et leurs familles". Son intervention a été saluée par des applaudissements, et le maire, Daniel Simionpieri, l'a félicité pour son courage. La mairie de Marignane ne souhaite pas réagir pour le moment sur cette affaire.
© Le Nouvel Observateur

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DISCRIMINATION À L'EMBAUCHE: L'EMPLOYÉE D'UN CABINET D'AVOCATS CONDAMNÉE (France)

21/09/2006 - Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi la directrice administrative d'un grand cabinet d'avocats parisien à 2.000 euros d'amende pour avoir cherché à recruter une standardiste "de nationalité française", ce qui constitue une discrimination à l'embauche.

Sophie Portéhaut, salariée du cabinet Ngo, Migueres et associés, qui comptait notamment parmi les associés l'ancienne ministre à la Condition féminine, Monique Pelletier, doit également verser 4.000 euros de dommages et intérêts à SOS-Racisme qui avait porté plainte. Le cabinet d'avocat a été déclaré civilement responsable et devra donc payer des dommages et intérêts. Dans deux annonces parues les 16 et 17 mai dans la Gazette du Palais, le cabinet recherchait "une jeune femme française" comme secrétaire et "une jeune femme de nationalité française" pour travailler au standard.

Mme Portéhaut a reconnu avoir été l'auteur de ces deux textes qu'elle avait également fait parvenir à l'ANPE. L'Agence avait modifié le texte l'informant de son caractère discriminatoire. Elle affirme avoir par la suite appelé la Gazette pour rectifier le texte mais qu'il avait déjà été publié. Malgré l'absence d'élément intentionnel dans la discrimination, le tribunal a estimé que la prévenue "avait été alertée des risques encourus après la publication de ces textes et qu'elle a justement pu chercher à se prémunir contre toute attaque ultérieure". Or, elle "n'a pas demandé que soit publiée une nouvelle annonce rectificative".
© Le Nouvel Observateur

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'UNE LIBÉRATION DE LA PAROLE ISLAMOPHOBE' (France)

Par Mouloud Aounit, président du MRAP

20/09/2006 - Que vous a inspiré la tribune de Robert Redeker parue dans Le Figaro ce mercredi 20 septembre ?
- Ces propos sont le fait d'un pyromane irresponsable. Qu'on se comprenne bien: la critique de la religion est légitime dès lors que l'intention n'est pas de nuire ou d'humilier. Or, les propos que le pape a tenus et cette tribune n'ont qu'une seule finalité, la provocation, qui ne peut qu'exciter et attiser la haine. Il ne faut pas minimiser l'effet dévastateur de ce type de provocations. Ce que cette tribune révèle aussi, c'est l'inquiétante libération de la parole islamophobe.

Mais au-delà de cette immonde incitation à la haine des musulmans, je ne peux pas ne pas dénoncer l'irresponsabilité du Figaro, qui s'autorise à diffuser ce genre de brûlot, sachant qu'il est passé par un comité de lecture. Cette tribune et son contexte m'inquiète au plus haut point quant au traitement de la question de l'islam dans les médias. On a vu par le passé comment de la libération de la parole raciste on pouvait vite passer à celle de l'acte raciste. C'est la porte ouverte à tous les dérapages.

Dès demain, le MRAP saisira ses avocats pour voir s'il y a dans ce texte matière à qualification pénale, et portera plainte le cas échéant.

Comment réagissez-vous à l'interdiction de la diffusion du Figaro en Tunisie ?
- La Tunisie n'est pas un havre de paix démocratique, loin de là. Libération y est interdit de séjour, je ne vous parle pas de L'Humanité. Cette mesure est révélatrice du musellement de la parole libre dans ces pays. On ne répond pas à la provocation par le musellement. On y répond par la justice et le droit.

Les propos du pape ont-ils à ce point enflammé les relations entre les mondes musulman et occidental ?
- En tous cas, l'intervention du pape n'a certainement pas participé à l'amitié entre les peuples. Elle a donné une légitimité aux partisans du choc des civilisations, aux extrémistes de tous bords. La situation est extrêmement préoccupante, la démocratie perd pied. Au racisme répond la censure. Au moment où il faudrait dresser des ponts entre les civilisations, on monte des murs de haine.

Propos recueillis par David Caviglioli
© Le Nouvel Observateur

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LE PEN APPELLE AU 'SURSAUT' NATIONAL (France)

Le président du Front national a appelé, sur le site de la bataille de Valmy, à un "élan national" de la part des Français de toutes origines. A 78 ans, il compte bien arriver au second tour en 2007. Par Marie Simon.

20/09/2006 - Jean-Marie Le Pen a appelé les Francais de toutes origines à se réunir autour de sa candidature à l'élection présidentielle de 2007 afin de provoquer un "sursaut". Le chef du parti d'extrême droite, 78 ans, a invité les Français, "non pas Français de souche ou de papier mais de cœur et d'esprit" à "constituer demain, dans un élan national, cette armée hétéroclite des soldats de Valmy".

Le président du Front national a en effet choisi "les terres glorieuses de Valmy", dans la Marne, pour célébrer la victoire de l'armée révolutionnaire face aux Prussiens - qui entraîna le 21 septembre 1792 la proclamation de la République - et montrer son attachement à la République et à la nation. Il souhaite d'ailleurs que l'élection présidentielle de 2007 soit un "nouveau Valmy". "Soit la France met en déroute les puissances hostiles" qui la menacent, "soit elle abandonne par un simple vote son histoire et son âme aux armées ennemies du libéralisme mondialisé, du communautarisme, de l'immigration sauvage, de la régression", a lancé le leader d'extrême droite.

Fait nouveau, le dirigeant du FN, poussé par certains de ses lieutenants à avoir un discours "plus généreux" sur l'immigration, s'est adressé directement aux "Français d'origine étrangère", les appelant à "communier avec nos valeurs". "Dans la mesure où vous respectez nos coutumes et nos lois, dans la mesure où vous n'aspirez qu'à vous élever dans ce pays par le travail, nous sommes prêts à vous prendre dans le creuset national", a-t-il affirmé.

"Moi seul incarne la vraie rupture"
Jean-Marie Le Pen, qui a l'ambition d'accéder à nouveau au second tour de la présidentielle comme en 2002, et d'y affronter cette fois la gauche, entend montrer que les nationalistes peuvent représenter "une alternative" crédible en 2007. Accompagné de tout l'état-major du parti et d'une cinquantaine de jeunes du FN, il a répété à maintes reprises qu'il se considérait comme le seul face aux présidentiables en tête des sondages - Nicolas Sarkozy à l'UMP et Ségolène Royal pour le Parti socialiste - à pouvoir incarner "la vraie rupture, le vrai changement ". Selon lui, Ségolène Royal propose "le féminin pour tout changement" et Nicolas Sarkozy "incarne la rupture dans le ton seulement".

Un collectif d'une quinzaine de partis, syndicats et associations avait appelé à manifester dans l'après-midi sur le même site de Valmy pour dénier au leader d'extrême droite le droit de "capter un héritage qui n'est pas le sien". Une vingtaine de militants du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) ont ainsi pu s'approcher à quelques centaines de mètres de la statue du général Kellermann, vainqueur de la bataille de Valmy, et ont chanté la Marseillaise pendant que le président du FN faisait son discours. Les jeunes nationalistes leur ont répondu aux cris de "Le Pen président".
© L'Express

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LE PEN PAS LE BIENVENU À VALMY (France)

La visite de Jean-Marie Le Pen mercredi dans la Marne, haut lieu de la Révolution française, suscite la colère d'associations et partis qui estiment qu'il s'approprie un symbole en totale contradiction avec ses idées. Par Hana Al-Hussaini, avec Reuters

20/09/2006 - Jean-Marie Le Pen, 78 ans, lancera mercredi sa candidature à l'élection présidentielle de 2007 avec l'ambition d'accéder à nouveau au second tour, et d'y affronter cette fois la gauche. Le président du Front national a choisi d'arpenter le champ de bataille de Valmy, dans la Marne, et de célébrer la victoire de l'armée révolutionnaire face aux Prussiens au cri de "Vive la nation !", qui entraîna le 21 septembre 1792 la proclamation de la République. Il entend ainsi montrer que les "nationalistes sont des républicains" et contribuer à "dédiaboliser" le FN, privé d'alliances avec les partis institutionnels depuis l'affaire du "détail" en 1987.

Un collectif d'une quinzaine de partis, syndicats et associations dont le PS, le PCF, la CGT-Marne, la FSU, l'Unef, Ras l'Front, la Licra et SOS Racisme notamment ont appelé à un rassemblement de protestation à 14h30 sur le site, quelques heures après la visite du président du Front national, prévue à 11h00.

Le candidat à la présidentielle doit déposer une gerbe au pied de la statue du général français Kellerman, vainqueur de la bataille, et s'exprimer brièvement devant la presse. "On ne va pas laisser l'extrême-droite faire un hold-up sur un des symboles fondateurs de la Révolution", a déclaré Paul Meyer, secrétaire national à la coordination du MJS qui sera présent dès la matinée sur le site, avec d'autres jeunes militants. Même expression de "hold-up" chez le député UMP de la Marne Bruno Bourg-Broc, qui se déclare hostile par principe à toute récupération de ce symbole "d'union nationale" par un parti politique, quelqu'il soit.

"Un étranger à Valmy"
Le 20 septembre 1792, la bataille de Valmy - surtout une canonnade, qui fera moins de 500 victimes - marquait l'arrêt de la progression de l'armée prussienne vers Paris. Une armée de 47 000 Français, mêlant soldats professionnels et volontaires préservait la France de l'invasion contre-révolutionnaire. Le lendemain à Paris, la Convention nationale proclamait la fin de la monarchie.

C'est Marine Le Pen qui a eu l'idée de cette visite symbolique de son père à Valmy, pour marquer l'ancrage populaire et républicain du Front national en ce début de campagne présidentielle. Le Front national est aujourd'hui "l'un des seuls partis à défendre réellement les valeurs républicaines", a-t-elle affirmé lundi. Exemple, le FN défend une "fraternité à nouveau nationale" et non une fraternité "mondiale" vidée de tout contenu.

Mais dans un texte publié mardi par Libération, sous le titre "Le Pen, un étranger à Valmy", un groupe de 6 historiens conteste cet argument. La "nation" défendue par les soldats de Valmy était une communauté "ouverte et généreuse", soulignent ces universitaires, qui précisent que la France révolutionnaire avait mis en place un régime assez libéral d'octroi de la nationalité aux étrangers. "Ouverte et généreuse, la communauté fondée sur le droit du sol reconnaissait Français non seulement les individus nés sur le territoire national de père français mais aussi les personnes nées en France de père étranger et y résidant et celles qui, nées à l'étranger de parents étrangers, habitaient en France [...] ou avaient épousé un Français. [...] Les autres étrangers jouissaient des mêmes droits civils que les Français et pouvaient être naturalisés."

Le choix de Valmy a d'ailleurs fait grincer des dents au sein même du FN, où certains responsables ont tenté, sans succès, de faire barrage à cette idée. L'hésitation des militants sur l'interprétation de la Révolution se lit notamment dans un texte publié par le secrétaire départemental du FN de la Marne, Pascal Erre, sur son blog. Il y dénonce la Révolution comme un "véritable désastre", qui a amené "le triomphe de la philosophie des Lumières", du "parlementarisme", du "libéralisme économique". Et il ne parvient finalement à se réconcilier avec cette phase de l'histoire nationale qu'en y décelant l'expression sous-jacente de traditions éternelles de la France, comme "l'existence politique du peuple", l'exaltation de la "liberté" et de la "gloire", ou le "besoin d'absolu".
© L'Express

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LES DÉLIRES ANTISÉMITES DE TRIBU KA EN CORRECTIONNELLE (France)

Par Cécilia Gabizon

20/09/2006 - Le parquet a requis hier la fermeture du site Internet du gourou extrémiste noir, Kemi Seba. Auparavant, ce dernier s'était livré à ses habituelles provocations. UNE TRENTAINE de gaillards noirs et de noir vêtus fait sensation dans la salle des pas perdus du tribunal de Paris. «On est la Tribu Ka», dit l'un, au cas où l'assistance n'aurait pas compris. Officiellement, le groupe de suprémacistes noirs est dissous depuis ses opérations d'intimidation contre des juifs, notamment rue des Rosiers. Mais ses adeptes ont profité hier de la tribune offerte par le procès fait à leur leader, Stellio Capochichi, alias Kemi Seba.

Assigné en référé par plusieurs associations, dont l'Union des étudiants juifs de France, qui demandent la fermeture de son site Internet, Kemi Seba donne le ton. «Racaille sioniste», crie-t-il à des personnes de confession juive venues suivre l'audience. «Toute l'humanité déteste les sionistes et vous le savez.» Autour, les «frères» saluent leur gourou de «otep, otep» énigmatiques, comme le culte kémite inventé par Seba. Un représentant du groupuscule d'extrême droite Bloc identitaire apparaît, cheveux court et blouson. Le rapprochement entre les deux mouvances semble encore balbutiant (nos éditions du 15 septembre 2006), mais Kemi Seba assure : «Nous avons les mêmes objectifs : séparer les Noirs et les Blancs». Or aujourd'hui, «ce qui m'intéresse, c'est de monter en haut de la pyramide, et ce sont les juifs qui sont en haut», explique le leader de la Tribu Ka.

Depuis quelques mois, son ire s'est concentrée sur les «sionistes» et il s'en félicite : «Je n'ai jamais eu autant de soutiens». Son site Internet résume désormais son «programme politique» : désionisation, dédommagement et rapatriement. «On rirait s'il s'agissait juste d'un groupe de désoeuvrés, explique Me Patrick Klugman, l'avocat de SOS Racisme. Mais Internet leur donne une audience qui les rend dangereux.» À longueur de pages, le site de Kemi Seba exalte le complot sioniste, déjà inscrit selon lui dans la Thorah. «Un système global d'oppression mené par des personnes de confession juive.» Des textes délirants brassent les poncifs antisémites, accusent les juifs d'être les premiers des négriers, des tueurs de Kémites (Noirs), expose Me Stéph ane Lilti, l'avocat de l'UEJF ; «Partout où coule le sang kémite, les kippas sionistes ne sont pas loin. Le temps d'éradiquer cette mafia sioniste est arrivé», annonce leur site.

«Propos manifestement illicites»
L'avocat de Kemi Seba, Me Philippe Missamou, se contente de défendre la liberté d'expression. Mais le parquet de Paris en juge autrement : «Les propos de ce site sont manifestement illicites.» Ils sont caractéristiques d'une «haine raciale et religieuse exclusivement antisémite». Leur caractère est «non seulement déplacé, mais aussi totalement illégal», estime le procureur qui se déclare favorable à la fermeture d'urgence du site Internet du leader de la Tribu Ka. Le président rendra sa décision le 25 septembre, mais Kemi Seba concluait déjà à la sortie du tribunal : «Les dés sont pipés. Le juge est sioniste...» Comme une sinistre ritournelle.
© Le Figaro

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LA VIRÉE DE LE PEN À VALMY HÉRISSE LE FN (France)

En quête de respectabilité républicaine, le leader frontiste se rend ce matin dans la ville symbole.

20/09/2006 - Le Pen s'offre une petite escapade au pied du moulin de Valmy. Un symbole un peu trop républicain et guère du goût de caciques du FN. «ça a un petit côté Don Quichotte contre les moulins à vent, non ?» ironisent les plus cléments. Les plus sévères fustigent le choix d'un lieu idéologiquement douteux aux yeux de la frange la plus réactionnaire de l'extrême droite française. Car pour les ultras, pas question de célébrer le lieu de naissance d'une république qu'ils ont longtemps surnommée «la gueuse» et combattu jusque dans l'entre deux-guerres.

Coup médiatique
Petit rappel historique : le 20 septembre 1792, les troupes françaises, composées de bons nombres de volontaires, battent les troupes prussiennes affaiblies par la dysenterie. La Convention proclame la république. Le mythe du citoyen en armes défenseur de la nation, à l'origine de la conscription, est né. Trois cent quatorze ans plus tard, le choix imposé par Marine Le Pen, vice-présidente du FN, ravive de vieilles querelles de chapelles, un peu rances, au sein du FN entre d'un côté, les cathos traditionnalistes, les contre-révolutionnaires et les héritiers de Maurras, et de l'autre côté les modernes.

Pour la benjamine des trois filles du chef, en charge de la plus grande partie de la campagne de son père, le but est de moderniser l'image du parti et de dédiaboliser le candidat. Elle cherche à opposer au front anti-FN de 2002 l'image d'un prétendant à l'Elysée aussi républicain que les autres. «Valmy, c'est la réconciliation de la nation et de la république. On peut être nationaliste et républicain quand les valeurs élémentaires de la république sont foulées aux pieds par ceux qui prétendent les défendre», explique la vice-présidente du FN. Elle a même proposé que Le Pen y lance officiellement sa campagne, un coup médiatique qui a fait grincer des dents au bureau politique. Le programme a été revu à la baisse. «N'oublions pas non plus ce qui a suivi Valmy. C'est-à-dire la terreur révolutionnaire à l'origine de tous les totalitarismes, les guerres de Vendée et le massacre des prêtres réfractaires», lâche un conseiller régional frontiste.

Bataille de la Marne
Michel de Rostolan, ancien d'Occident et conseiller régional frontiste d'Ile-de-France, est monté au créneau. Suivi par Bruno Gollnisch, le numéro 2 du mouvement. «Je regarde l'utilisation que font nos adversaires de Valmy. Quand les francs-maçons, symboles au vent, s'y réunissent en 1996 pour protester contre la venue du pape Jean Paul II à Reims pour le 1500e anniversaire de la naissance de Clovis, on peut y voir une certaine forme d'anticléricalisme ou d'antireligion primaire», souligne le député européen. «La bataille de la Marne aurait été un meilleur symbole. On croyait tout perdu et il y a eu le sursaut. La république est alors acceptée par tous au nom de l'union sacrée», estime Michel Hubault, très proche de Bernard Antony et de son Association pour le respect de l'identité française. «La France ne s'arrête pas en 1792 et ne commence pas après Valmy et la guerre civile qui a suivi. Le Front national a toujours pris en compte toutes les périodes de l'histoire de France», poursuit le conseiller FN de la région Centre . Tous les épisodes sans différence, y compris celui de Vichy où la république céda alors la place à l'Etat français du maréchal Pétain.

Partis et associations, dont le PS et SOS Racisme, appellent aujourd'hui à un rassemblement de protestation à 14 h 30 sur le site, après la visite de Le Pen prévue à 11 heures.
© Libération

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JEAN-MARIE LE PEN : 'SI JE N'AI PAS MES SIGNATURES, LE FN DEVRA VENDRE SON SIÈGE' (France)

19/09/2006 - Nicolas Sarkozy annonce la régularisation de 6 924 parents sans papiers d'enfants scolarisés. Tous les gouvernements se sont heurtés au même problème et ont fini par régulariser une partie des sans-papiers...
M. Sarkozy disait, il y a quelques mois : il y aura quelques centaines de régularisations. Le directeur de la police a dit plusieurs milliers, et nous avons dit que cela serait plus près de 10 000 que de 600. Nous nous apercevons aujourd'hui que c'est 7 000. Et demain, 10 000. Ainsi, par petits bouts, on aboutit à une régularisation contraire aux intérêts de notre pays, contraire à la portion la plus pauvre de notre pays qui, elle, ne trouve pas de logements, n'a pas de travail, n'accède pas aux moyens élémentaires de se soigner et aux moyens de subsistance.

Ce sera le thème central de votre campagne ?
Un des thèmes de ma campagne. Je considère que l'immigration est un problème central. Je n'ai pas peur de la comparaison avec Sarkozy même quand il feint d'imiter le programme que je défends.

Considérez-vous que Nicolas Sarkozy empiète sur un territoire que vous aviez annexé ?
Il s'efforce de faire croire qu'il est en mesure d'assurer la solution de ces problèmes. Ce ministre candidat nous dit ce qu'il va faire quand il sera président de la République. Mais il est déjà un homme du pouvoir. Qu'est-ce qu'il attend et qu'est-ce qu'il a attendu depuis des années pour faire la politique salvatrice dont, paraît-il, il s'est rendu compte qu'elle était nécessaire ? C'est comme Jacques Chirac. Il parle de la France, de faire ceci ou cela... Que ne l'avez-vous fait, Monsieur le Président, avec vos 82 % des voix, avec votre Assemblée nationale de 365 députés de majorité ? Qu'attendez-vous pour le faire ? Vous vous êtes donné comme programme la lutte contre le cancer, la lutte contre le handicap, et la lutte contre les accidents de la route. Il vous manquait l'acné juvénile...

Pensez-vous obtenir les 500 signatures nécessaires à votre candidature ?
Oui, je suis relativement optimiste, malgré les difficultés, malgré le prix que cela va me coûter en téléphone, en kilomètres pour aller rencontrer les maires... Tous les candidats indépendants protestent contre ce scandale. Ils ne sont pas entendus car cela fait l'affaire des grands partis qui, eux, ont intérêt à user l'énergie de leurs concurrents pour essayer de se maintenir en place.

Que ferez-vous si vous n'avez pas vos signatures ?
Si je n'ai pas les signatures, ce sera dramatique. (...) Une campagne électorale coûte au minimum 50 millions de francs. (...) Si je n'avais pas ces signatures, je devrais rembourser. Car j'ai emprunté cet argent pour cette campagne. (...) Le Front national serait sans doute obligé de vendre son local, son siège de Saint-Cloud, qui est sa garantie d'emprunt. Cela représente 50 millions de francs. Nous serions locataires d'un petit bureau, peut-être, mais nous serions candidats aux législatives. Et là, ceux qui auraient organisé le complot à partir duquel un candidat qui a été deuxième au second tour de l'élection présidentielle précédente ne peut pas se présenter, les électrices et les électeurs français se vengeraient de cette vilenie.

Si vous êtes candidat, quelle marge de progression avez-vous ? Plusieurs des candidats déclarés surfent sur des thèmes qui étaient les vôtres : l'autorité, l'immigration, la sécurité ?
Oui, ils surfent avec la langue. Mais personne ne les croira. Personne ne croira les deux vedettes médiatiques de la première partie de la campagne électorale - elles ne seront pas dans la deuxième partie.

Qui y serait ?
Je pense que j'y serai. Peut-être M. Jospin. Ceci aurait l'avantage de revenir au coup manqué de 2002 qui a été truqué par le président Chirac. C'était le combat entre la gauche marxiste et la droite nationale, populaire et sociale. Il y avait un vrai débat, deux options différentes, contradictoires qui pouvaient permettre aux Français de faire un choix.

Et Jacques Chirac ?
Je n'ai pas écarté la candidature de Jacques Chirac. Car il est un opportuniste.

Les déclarations du pape sur la relation entre l'islam et la violence suscitent la polémique. Quelle lecture en faites-vous ?
Une véritable révolution démographique s'est passée dans le monde. Il y avait un milliard et demi d'hommes dans le monde, il y a un peu plus de cent ans. Et maintenant, nous sommes 6 milliards. Je suis de ceux qui pensent que l'extrémisme musulman, l'utilisation du canal religieux par un certain nombre de musulmans sont liés à l'augmentation de puissance démographique que représente le monde musulman.

Quel pourcentage de voix pensez-vous pouvoir obtenir au premier tour de la présidentielle ?
Si je juge d'après les sondages qui ne sont pas les miens et que je les compare à ceux qui existaient en 2002, je considère que c'est à peu près le double de ce que j'avais à la même date.

Propos recueillis par Raphaëlle Bacqué, Laurent Bazin et Stéphane Paoli
© Le Monde

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TOLLÉ CONTRE LES MÉTHODES DE SARKOZY (France)

La gauche, l'UDF et les associations de défense des étrangers font bloc contre les "méthodes arbitraires" pour la régularisation des sans-papiers.

20/09/2006 - Partis de gauche, UDF et associations de défense des étrangers dénoncent mardi 19 septembre les "méthodes arbitraires" de Nicolas Sarkozy après sa décision de régulariser 6.924 parents sans papiers d'enfants scolarisés. Le ministre de l'Intérieur, qui avait dit le mois dernier son intention de régulariser environ 6.000 parents et élèves sur les 30.000 dossiers ayant demandé à pouvoir rester en France, a affirmé que le chiffre de 6.924 ne bougerait plus. "C'est le chiffre final puisque, maintenant, la circulaire est terminée", a-t-il dit dans une émission d'enquête diffusée lundi soir sur France 2. "En France, il n'y a pas d'arbitraire : le seul critère d'appréciation, d'interprétation, c'est celui de la volonté de devenir français", a-t-il ajouté. Les associations de soutien aux sans-papiers voient dans la similitude entre les objectifs du ministre et le chiffre final la preuve d'une "tromperie" et son désir de "jouer la carte de la radicalité" en vue de la présidentielle de 2007.

"Le grand bluff"
"A la loterie de monsieur Sarkozy, il y a beaucoup de perdants. Le ministre de l'Intérieur avait annoncé, avant même la fin de la période de régularisation, le quota de réponses positives qu'il entendait accorder aux demandes de régularisation", s'indigne France Terre d'Asile. "C'est le grand bluff de l'été. Sarkozy voulait 6.000 régularisations, il a pris 6.000 familles, les premières qui se sont présentées", estime Brigitte Wieser, du Réseau éducations sans frontière (RESF). La Cimade a également fustigé une "tromperie" et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a demandé une commission parlementaire pour connaître les critères de choix. Dans Le Monde, daté du 20 septembre, le président de l'UDF, François Bayrou, s'interroge sur cet examen "prétendument au cas par cas" et sur le sort des 23.000 personnes déboutées. "Puisqu'on annonce déjà qu'elles ne seront pas expulsées, on crée une situation de sans-papiers durable, troublante et problématique", s'alarme-t-il. Au sein du Parti socialiste, le Premier secrétaire, François Hollande, a dénoncé "une méthode détestable".

Pas de critères personnels
"On a eu, non pas des régularisations fondées sur des critères personnels, familiaux, professionnels mais sur un quota, un contingent", a-t-il déploré sur France Info. "La méthode que nous aurions fait prévaloir, ça aurait été de dire 'nous regardons au cas par cas'. Nous n'aurions pas fixé de chiffre de régularisés avant de connaître le nombre de demandes, c'est invraisemblable".
Même indignation de la part de Ségolène Royal, qui s'est élevée contre la "mauvaise action" du ministre de l'Intérieur et candidat implicite à l'élection présidentielle. "Ca pose surtout un problème de crédibilité de la parole de l'Etat puisque, bizarrement, le chiffre de régularisés correspond au chiffre annoncé à l'avance par le ministère de l'Intérieur", a déclaré la présidentiable PS en tête des sondages sur l'antenne de LCI. De son coté, Jack Lang a déploré que le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy se soit "prononcé" sur le nombre de régularisés "avant même d'examiner le dossier".

"Les intégrer pleinement"
"Ce qui est terrible, c'est que Nicolas Sarkozy avait dit avant même d'examiner le dossier: il y aura 6.000 personnes sur les 20.000" qui obtiendront des papiers. "Cela veut dire qu'il s'était prononcé avant d'examiner même ces papiers", a accusé le député socialiste sur France-Inter. Pour lui, "20.000 ou 25.000, c'est une goutte d'eau; ce sont des enfants et des jeunes qui ne demandent qu'une seule chose: apprendre dans l'école de la République à lire et à écrire. C'est 0,01% de la population française". "Je crois que la sagesse serait de les intégrer pleinement", a poursuivi Jack Lang en réclamant "un peu d'humanité" à leur égard.A l'extrême droite, Jean-Marie Le Pen a accusé, au contraire, Nicolas Sarkozy d'avoir fait lentement monter la barre des personnes régularisées et "feint d'imiter le programme" contre l'immigration clandestine que lui-même défend.

"Peu glorieuse gibecière"
Les personnes dont les dossiers ont été refusés seront expulsées, a dit le ministre de l'Intérieur, qui a refusé toute transaction sur les étrangers qui campent dans un gymnase de Cachan, en banlieue parisienne, depuis l'évacuation d'un squat géant à la mi-août. Ils sont, selon lui, victime d'une "manipulation de gens qui exploitent la misère du monde". Dans un communiqué, les "1.000 de Cachan" se sont élevés contre la "peu glorieuse gibecière de Sarkozy" qui poursuit, disent-ils, l'expulsion de certains des réfugiés du gymnase. Lundi, l'un d'eux aurait été "capturé à côté de l'école où il attendait son enfant".
© Le Nouvel Observateur

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FACE AUX INTIMIDATIONS ISLAMISTES, QUE DOIT FAIRE LE MONDE LIBRE ?

Les réactions suscitées par l'analyse de Benoît XVI sur l'islam et la violence s'inscrivent dans la tentative menée par cet islam d'étouffer ce que l'Occident a de plus précieux qui n'existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s'exprimer. Par Robert Redeker (Philosophe. Professeur au lycée Pierre-Paul-Riquet à Saint-Orens de Gammeville. Va publier Dépression et philosophie (éditions Pleins Feux)

19/09/2006 - L'islam essaie d'imposer à l'Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d'un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l'école, accusation d'islamophobie contre les esprits libres.

Comment expliquer l'interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l'argument avancé : risque de «troubles à l'ordre public». Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l'affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?

Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l'oppression contre les femmes suscite, plus propre à «troubler l'ordre public» que le string. Il n'est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l'islam. Ou, à tout le moins, qu'elle résulte de l'insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s'élevaient contre l'inauguration d'un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s'opposent pas à la construction de mosquées. L'islam tente d'obliger l'Europe à se plier à sa vision de l'homme.

Comme jadis avec le communisme, l'Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L'islam se présente, à l'image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l'instar du communisme d'autrefois, l'islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d'une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd'hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd'hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l'oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.

Dans l'ouverture à autrui, propre à l'Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l'autre doit toujours passer avant moi. L'Occidental, héritier du christianisme, est l'être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l'identique de feu le communisme, l'islam tient la générosité, l'ouverture d'esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.

Ce sont des faiblesses qu'il veut exploiter au moyen «d'idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d'imposer l'ordre coranique au monde occidental lui-même.

Le Coran est un livre d'inouïe violence. Maxime Rodinson énonce, dans l'Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D'une part, «Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (...) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (...) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin».

D'autre part, «Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu'il accusait d'un comportement suspect». Enfin, «après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d'années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages».

Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.

De fait, l'Église catholique n'est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L'Inquisition, la chasse aux sorcières, l'exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l'islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l'Église.

Aucune des fautes de l'Église ne plonge ses racines dans l'Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l'institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d'amour, Mahomet un maître de haine.

La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n'est pas qu'un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.

Cette lapidation, s'accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.

Au lieu d'éliminer cette violence archaïque, à l'imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c'est-à-dire l'entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l'islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l'islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.

Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l'islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l'Occident «le monde libre» par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l'oeil du Coran, pullulent en son sein.
© Le Figaro

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DEMANDE D'INTERDICTION DU SITE DU LEADER DE L'EX-TRIBU KA (France)

18/09/2006 - Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris se prononcera le 25 septembre sur la demande d'interdiction du site Internet de l'ancien leader de la Tribu Ka, groupuscule noir antisémite dissout, sollicitée par plusieurs associations antiracistes.
Le parquet s'est associé à cette demande, assurant qu'il n'existait aucune mesure alternative autre que celle de faire cesser ce site en raison de ses propos antisémites, revendiqués par leur auteur, Stellio Capochichi, alias Kémi Seba. Sur son site kemiseba.com, hébergé par une société britannique, Stellio Capochichi assure que l'esclavage des noirs est le "pur produit des yeshivas sionistes" avant d'assurer que le "sida sioniste disparaîtra après avoir connu la divine colère brune".

Selon Me Stéphane Lilti, avocat de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), ce site appelle à la violence contre la communauté juive et exprime, par son contenu, "la reconstitution d'une ligue dissoute". Me Philippe Missamou, avocat de Stellio Capochichi, a plaidé le droit à la liberté d'expression. Les associations SOS-Racisme et la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) se sont jointes à cette demande. La Tribu Ka a été dissoute le 29 juillet par décret présidentiel. Une trentaine de membres de l'ex-Tribu Ka étaient présents au tribunal lundi. "Le juge est sioniste, le client est sioniste, la décision sera sioniste", a déclaré Kémi Seba devant ses troupes.
© Le Nouvel Observateur

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BRUNO MÉGRET (MNR) ENTRE À SON TOUR EN CAMPAGNE (France)

18/09/2006 - Le président du Mouvement national républicain (MNR), Bruno Mégret, ne désarme pas. Bien que son parti dépasse rarement les 5 % aux élections partielles et qu'il n'a eu aucun élu, ni aux régionales, ni aux européennes de 2004, l'ancien candidat à la présidentielle de 2002 devait lancer, vendredi 18 mars, lors d'une conférence de presse, la campagne du MNR pour le " non " au traité constitutionnel européen. Son slogan : " Pour notre Europe, non à la Constitution, non à la Turquie. "

" Cette Constitution ne conduit pas à l'Europe que nous voulons, explique M. Mégret. Elle ne définit ni ses frontières, ni son identité - qui repose selon le MNR - sur ses racines chrétiennes. Au lieu d'organiser son indépendance, elle prévoit son rattachement à l'OTAN. " L'ancien délégué général du Front national plaide pour une " Europe des nations puissante ", s'appuyant sur une stratégie industrielle " comme celle qui a vu la naissance d'Airbus ", une politique commune de la recherche scientifique et une alliance militaire " qui permettrait de sortir de l'OTAN ". " Non seulement nous ne demandons pas la sortie de l'euro, mais nous souhaitons que celui-ci devienne monnaie de change et de réserve pour pouvoir concurrencer le dollar ", explique-t-il.

Le MNR ne bénéficiera ni de fonds publics, ni d'un temps d'antenne dans la campagne officielle. Une souscription a été lancée pour payer les documents, autocollants et affiches. " La Constitution et la Turquie sont des thèmes qui mobilisent les gens ", affirme M. Mégret, qui se montre confiant sur l'issue de cet appel aux militants et sympathisants à contribuer, une nouvelle fois, à la vie de leur parti.

Selon M. Mégret, le MNR compte actuellement 10 000 adhérents. C'est sur eux que reposera l'organisation des réunions et dîners-débats déjà programmés.

Christiane Chombeau
© Le Monde

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NOUVEAU RALLIEMENT D'UN PROCHE DE BRUNO MÉGRET AU MOUVEMENT POUR LA FRANCE

18/09/2006 - Damien Bariller, bras droit de Bruno Mégret lorsque ce dernier était au Front national (FN), et participant actif à la création du Mouvement national républicain (MNR) en 1999, devait annoncer, mardi 11 avril au soir, son ralliement au Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers.

Proche de Guillaume Peltier, le secrétaire général du MPF qu'il a connu au FN, M. Bariller va faire partie de l'état major de campagne de M. de Villiers où il sera chargé de réfléchir au programme. Il va également être nommé président de la fédération des Bouches-du-Rhône.

© Le Monde

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OUVERTURE DU PROCÈS DES ÉPOUX MÉGRET À MARSEILLE (France)

18/09/2006 - Le procès des époux Mégret devant le tribunal correctionnel de Marseille pour détournement de fonds publics et complicité de détournement s'est ouvert, lundi 18 septembre, dans la matinée, en l'absence de Catherine Mégret, représentée par ses avocats. Au total, sept personnes sont poursuivies pour des faits qui remontent à 2001-2002, à l'époque où Catherine Mégret était maire de Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône.

Mme Mégret, poursuivie dans ce dossier pour avoir détourné 74 600 euros (489 347 francs), est accusée d'avoir envoyé à des milliers d'exemplaires quatre courriers sur les deniers de la municipalité vitrollaise alors qu'ils étaient sans rapport avec sa fonction de maire. Parmi ces courriers, figuraient une "Lettre ouverte aux maires de France contre l'injustice et l'inversion des valeurs" en date de novembre 2000 et un document intitulé "Face à l'islamisme : appel aux maires de France" de septembre 2001. Lors de son audition par le juge d'instruction, Bruno Mégret a invoqué une "erreur d'aiguillage" de l'ancienne équipe municipale vitrollaise.

"PERSÉCUTION JUDICIAIRE"
En préalable, Bruno Mégret a dénoncé "une véritable persécution judiciaire" à son encontre. "Je constate que les nombreux procès qui nous sont faits arrivent toujours quelques mois avant une élection", a-t-il ajouté, précisant qu'il entendait bien "être candidat à l'élection présidentielle".

Les prévenus encourent une peine de dix ans d'emprisonnement et une amende maximale de 150 000 euros. Ils sont également passibles d'une peine d'inéligibilité. Les débats sont programmés jusqu'à mercredi. Bruno Mégret, président du Mouvement national républicain (MNR), est conseiller municipal à la mairie de Marseille.
© Le Monde

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L'EX-TRIBU KA VEUT TISSER DES LIENS AVEC DES SUPRÉMACISTES BLANCS (France)

Kemi Seba, chantre de la supériorité de la race noire, cherche à se rapprocher des extrémistes du Bloc identitaire au nom de «l'antisionisme». Par Jean Chichizola

16/09/2006 - KEMI Seba, l'ex-leader de la Tribu Ka, groupuscule prônant la suprématie de la race noire, n'en a pas fini avec sa dérive extrémiste. Le 26 juillet dernier, sur la demande du ministre de l'Intérieur, le groupe avait été dissous par décret en Conseil des ministres.

Kemi Seba n'a pas cessé ses activités pour autant. Il a déposé une requête en annulation et ouvert un site Internet à son nom. L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) devrait demander la fermeture de ce site lundi prochain devant le tribunal de grande instance de Paris pour incitation à la violence raciale. Une enquête préliminaire a par ailleurs été ouverte par le parquet de Paris et confiée à la brigade criminelle de la préfecture de police de Paris. Elle vise notamment à vérifier si Kemi Seba et ses partisans ne se rendent pas coupables du délit de reconstitution d'organisation dissoute.

Démonstration de force dans le Marais
Les écrits et déclarations des membres de l'ex-Tribu Ka sont également passés au crible. La consultation du «site officiel de Kemi Seba» est à cet égard éloquente. On y dénonce «le sionisme ou l'idéologie de la suprématie raciale juive» avant d'estimer qu'une «telle idéologie ne mérite pas d'être combattue, mais éradiquée». Des propos qui éclairent les actions de Tribu Ka avant sa dissolution. Le 19 mai 2006, les militants du groupuscule avaient investi un gymnase parisien aux cris d'«Où sont les juifs?» Neuf jours plus tard, ils s'étaient rendus en force dans le quartier du Marais pour en découdre, à les en croire, avec des groupes radicaux juifs.

Sa haine du sionisme conduit Kemi Seba à des alliances insolites. Après la dissolution, il se serait ainsi rendu à Nice pour y rencontrer des responsables du Bloc identitaire, groupuscule d'extrême droite dont se réclamait Maxime Brunerie, qui avait tiré en direction du président de la République, Jacques Chirac, le 14 juillet 2002 sur la place de l'Étoile.

Samedi dernier, Kemi Seba a organisé sa «conférence de rentrée» où il invitait les «antisionistes». Parmi l'assistance, quelques anciens de Tribu Ka, pas assez nombreux toutefois pour que le délit de reconstitution d'organisation dissoute puisse être établi. Et également quelques «leucodermes», terme utilisé par Kemi Seba pour désigner les Blancs. Parmi eux plusieurs militants d'extrême droite connus du sud de la France et de la région parisienne.

Cette promiscuité ne cesse d'étonner. Les ultras du Bloc identitaire professent un racisme virulent et l'ex-Tribu Ka a de son côté toujours prôné la supériorité de la communauté noire.

«Dans son délire, estime un policier, Kemi Seba estime que tous les identitaires doivent s'entendre, ceux qui ne veulent vivre qu'avec des Noirs comme ceux qui ne veulent vivre qu'avec des Blancs.» Pour lui, les uns et les autres ont un ennemi commun : le juif.
© Le Figaro

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PLUS TOLÉRANTS MAIS MOINS RESPECTUEUX DES LOIS (France)

15/09/2006 - Une enquête tout à fait édifiante. 30.000 élèves de CM2 et de 3ème ont répondu à un questionnaire. L'objectif était de mieux connaitre leur vision du monde actuel, mais aussi leur attitude à l'égard de la société et de ses règles. Un questionnaire identique avait été soumis il y à 10 ans aux élèves des mêmes classes. Et premier enseignement de ce questionnaire, les jeunes d'aujourd'hui sont plus tolérants que ceux d'il y à dix ans.

Tous se serrent les coudes
Les jeunes d'aujourd'hui sont plus tolérants mais moins respectueux des lois. C'est le principal enseignement d'un questionnaire rempli par 30.000 élèves de CM2 et de 3ème. Ils rejettent en bloc les discriminations en tous genre, tels que le racisme, ou le sexisme. Dans l'enquête, ils devaient donner leur avis sur des affirmations très précises, très concrètes. Par exemple,: "les femmes doivent obéir aux hommes", ou encore " seuls les blancs peuvent être français". Des opinions qu'ils jugent inacceptables aujourd'hui.

Il y a quand même une petite différence entre les élèves scolarisés en ZEP et les autres. Les élèves de l'éducation prioritaire condamnent moins souvent l'homophobie et aussi le sexisme. En revanche ils se disent plus solidaires : ils sont plus nombreux à déclarer cèder leur place à une personne qui en a besoin dans les transports, ils sont aussi plus nombreux à vouloir montrer le bon exemple aux plus jeunes. Et plus nombreux à déclarer signaler les actes graves. Mais tous, sans distinction, se serrent les coudes, ils défendent leur copains: ce n'était pas autant marqué il y a 10 ans: Ils trouvent normal de mentir pour défendre un ami. Ils sont aussi plus nombreux à dire qu'il est parfois acceptable de frapper quelqu'un qui a insulté un copain.

Plus filous au collège
Le plus étonnant dans cette étude, c'est la façon dont les jeunes élèves percoivent la loi. Ils sont 62% à accepter l'idée qu'il faut obéir aux lois seulement si l'on est d'accord avec elle. Il y a dix ans, c'était vingt points de moins. Ils sont aussi plus enclins à ne pas suivre les règles de l'école si ça ne leur plaît pas. Dans la même veine, un élève sur deux rejette l'idée de copier sur un voisin si un contrôle est difficile. Ils étaient moins tricheurs il ya dix ans, ou en tout cas ils l'avouaient moins. Toujours dans le même registre, s'ils trouvent une feuille de réponses à un contrôle, 80 % des élèves de CM2 la rendraient, contre 86% il y a dix ans. Mais seulement, un tiers des collégiens la rendraient. Toutes ces questions reflètent bien la différence entre les petits et les grands. Ils sont plus filous au collège : Plus de la moitié des élèves se disent prêts à mentir pour éviter une punition. Au primaire, c'est deux fois moins.

Armelle Lévy
© RTL

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POLÉMIQUE AUTOUR D'UN CLIP RIDICULISANT HITLER (Allemagne)

Un clip ridiculisant le Führer connaît un énorme succès en Allemagne, soulevant aussi une controverse sur la représentation du dictateur nazi.

20/09/2006 - Un dessin animé montrant une caricature d'Adolf Hitler, circulant sur les téléphones portables et sur internet, suscite en Allemagne une controverse autour de la représentation humoristique de l'ancien dictateur nazi. Sur l'écran de téléphone, on peut voir un petit Hitler en 3D assis sur les toilettes ou dans une baignoire au milieu de canards chantant "Adolf, vieux porc nazi, tu dois enfin capituler !". Le film est l'œuvre du dessinateur allemand Walter Moers, inspiré de sa bande dessinée parue en 1998, "Adolf, Äch bin wieder da" ("Adolf, che suis de retour") dans laquelle un personnage caricatural répondant aux traits d'Adolf Hitler se morfond dans un bunker. Le court-métrage, disponible uniquement sur internet, et le clip pour téléphone mobile ont rencontré un large succès: le dessin animé fait partie des cinq fichiers les plus téléchargés et le clip se vend par dizaines de milliers.

"Un personnage pitoyable"
"On ne peut pas traiter du responsable de l'Holocauste de cette manière", a protesté l'écrivain allemand d'origine juive Ralph Giordano, dans les colonnes du Berliner Kurier. Pour le journaliste allemand Henryk M. Broder, il s'agit au contraire de la "bonne méthode" pour parler d'Hitler. Par ce biais apparaît clairement à quel point les Allemands se sont laissés convaincre par "un personnage aussi pitoyable", a-t-il dit. De leur côté, les chaînes de télévision privées RTL II, ProSieben et MTV refusent de faire de la publicité pour le clip, estimant que l'on ne peut traiter d'un des plus grands meurtriers de l'Histoire de manière humoristique.

Voir le clip: http://permanent.nouvelobs.com/dossiers/documents/Video_Adolf_Hitler_Allemagne.asx
© Le Nouvel Observateur

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ELECTIONS RÉGIONALES ALLEMANDES : LE SPD GAGNE À BERLIN, PERCÉE DES NÉONAZIS EN EX-RDA

18/09/2006 - Le Parti social-démocrate (SPD) a nettement gagné aux élections régionales de dimanche 17 septembre à Berlin, loin devant la CDU de la chancelière Angela Merkel, tandis que les deux partis étaient au coude-à-coude en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, dans le nord-est du pays, le long de la frontière avec la Pologne, selon les premières estimations.

Le parti néonazi NPD obtient 6,9 % des voix dans cet Etat, ce qui lui permettra de faire son entrée dans le Parlement régional avec cinq élus. Ce sera la deuxième fois depuis 2004, après l'entrée du NPD dans le Parlement de Saxe.

LE SPD LARGEMENT EN TÊTE À BERLIN
A Berlin, le SPD, dirigé par le populaire maire Klaus Wowereit, est nettement en tête avec 31,2 % des voix contre 21,6 % à l'Union chrétienne-démocrate (CDU), ce qui constitue l'un des plus bas scores de l'histoire du parti conservateur dans la capitale. M. Wowereit serait donc reconduit pour un nouveau mandat.

Les Verts sont parvenus quasiment au même niveau que le Parti de gauche (ex-communiste) avec quelque 13 %, ce qui pourrait leur permettre de rentrer au gouvernement régional. Aux précédentes élections de 2001, les ex-communistes étaient à 22,6 % et les Verts avaient fait seulement 9,1 %.

Le maire social-démocrate pourrait avoir le choix entre une reconduite de l'actuelle coalition rouge-rouge ou une ouverture vers les Verts. Il n'avait pas exclu cette hypothèse durant la campagne. Klaus Wowereit a déclaré qu'il veillerait à imposer "le plus de social-démocratie possible" dans les négociations de coalition avec les néocommunistes ou les Verts. Homosexuel déclaré, il s'est adressé à la foule au QG de campagne du SPD aux côtés de son compagnon, en remerciant les Berlinois d'avoir voté "pour les partis démocratiques", l'extrême droite faisant un piètre score à Berlin (2,4 %). Les Verts ne participent actuellement à aucun gouvernement dans aucun des seize Länder.

Dans le Mecklembourg-Poméranie occidentale, les deux partis au pouvoir dans la grande coalition au niveau fédéral sont au coude à coude, avec chacun quelque 29 % des voix. Le Parti de gauche (ex-communiste) obtient 18 % (contre 16,4 % en 2001). Si le SPD reste en tête, le ministre-président sortant, Harald Ringstorff, pourrait reconduire la coalition avec le Parti de gauche ou se tourner vers la CDU pour former une grande coalition sur le modèle fédéral.
© Le Monde

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LES ARBITRES PEUVENT ARRÊTER UN MATCH POUR RACISME (Allemagne)

16/09/2006 - Les arbitres allemands peuvent désormais interrompre un match de championnat lorsque des propos racistes sont proférés par des spectateurs, a indiqué samedi Michael Weiner qui a dirigé le match de 1re division entre Aix-la-Chapelle et Mönchengladbach (4-2).

Lors de cette rencontre comptant pour la quatrième journée du Championnat d'Allemagne de football, Michael Weiner a interrompu la rencontre pour demander la diffusion d'un message par le système audio du stade à l'intention des spectateurs.

"Le message disait que si des propos racistes étaient à nouveau proférés, j'allais demander aux deux équipes de quitter la pelouse", a expliqué M. Weiner après la rencontre.

"Nous avons reçu cette semaine des consignes de la commission d'arbitrage nous incitant à prendre ces mesures lorsque le corps arbitral entend des insultes racistes", a-t-il expliqué.

Les insultes et chants visaient le Brésilien Kahe, auteur des deux buts de Mönchengladbach.

Cette semaine, la Fédération allemande (DFB) a condamné le club de Rostock à payer une amende de 20.000 euros après les insultes racistes visant l'international Gerald Asamoah lors du match de Coupe d'Allemagne opposant l'équipe B de Rostock (3e div.) à Schalke 04 (1re div.).

La DFB a également annoncé que la prochaine rencontre de championnat de l'équipe réserve de Rostock le 30 septembre sera disputée à huis clos.
© Sport

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FOOTBALL: LE HANSA ROSTOCK SANCTIONNÉ POUR RACISME (Allemagne)

15/09/2006 - La Fédération allemande de football a infligé au Hansa Rostock une amende de 20.000 euros en raison des injures racistes chantées à l'encontre du joueur de Schalke 04 Gerald Asamoah.

Le tribunal sportif de la DFB a également ordonné au club de troisième division de jouer son prochain match à huis clos après les incidents qui ont émaillé le match de Coupe d'Allemagne du 9 septembre gagné 9-1 par Schalke 04.

Les fans de Rostock ont entonné en première période leurs chants contre Asamoah, international allemand arrivé du Ghana dans son enfance.

La DFB a précisé que Rostock, club de l'ancienne Allemagne de l'Est, avait accepté la sanction.
© Le Nouvel Observateur

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NOUVELLES ARRESTATIONS DANS LE MILIEU DES SKINHEADS À TIRLEMONT (Belgique)

20/09/2006 - Deux individus originaires de Tirlemont ont été arrêtés dans le cadre d'une enquête sur deux agressions à l'aide d'engins explosifs dans le centre de cette localité. Ils ont reconnu les faits. Les deux hommes ont agi en compagnie des skinheads arrêtés il y a quelques semaines pour avoir poignardé un jeune Slovaque.

Fin août, un jeune Slovaque de 18 ans avait été violemment agressé par un groupe de skinheads. Deux majeurs et trois mineurs avaient été arrêtés. Un des mineurs a avoué avoir porté quatre coups de couteau à la victime, déclarant qu'il avait agi par racisme. Ces individus étaient également impliqués dans les agressions à l'aide d'engins explosifs.

Fin avril, un cocktail Molotov avait explosé sur un rebord de fenêtre de la Sacriastraat et fin juillet une bombe à clous avait touché un cybercafé de la Vierde Lansierstraat. Il n'y a pas eu de blessés mais les dégâts ont été importants. Les auteurs avaient fabriqué eux-mêmes les engins explosifs.
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UN COLLABORATEUR DU SITE 'BLOKWATCH' MENACÉ DE MORT (Belgique)

18/09/2006 - Patrick Coeman, un collaborateur du site d'informations Blokwatch, consacré à l'observation critique du Vlaams Belang et de l'extrême-droite, a trouvé 17 balles de type 9mm dans sa boîtes aux lettres. Il estime que cet incident est lié au groupuscule d'extrême-droite "Bloed Bodem Eer Trouw" (BBET).

Patrick Coeman est intervenu plusieurs fois comme porte-parole de Blokwatch dans le cadre de l'affaire BBET. Les balles retrouvées dans sa boîte aux lettres sont de type 9mm et portent des têtes bleues. Il s'agit d'un calibre standard utilisé par l'armée belge qui n'est pas vendu dans le commerce.

M. Coeman a averti la police locale et envisage de porter plainte contre X.
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LE VLAAMS BELANG, UN PARTI PEU SOCIAL (Belgique)

Ludo Dierickx, fondateur de Groen!, et ses amis seniors mènent campagne à Anvers contre le Vlaams Belang.
En l'attaquant surtout sur le plan économique et social. Par CHRISTIAN LAPORTE


15/09/2006 - Avec ses amis des Antwerpse Groene Senioren - les Séniors anversois du parti flamand vert - Ludo Dierickx, un des premiers écologistes à être entré au Parlement fédéral et militant de B Plus a décidé de combattre le Vlaams Belang sur le plan des idées. Et plus particulièrement sur son programme non institutionnel, au-delà des slogans de haine et de division qu'il médiatise habilement.

Les Antwerpse Groene Senioren ont donc épluché les propositions du VB dans les domaines où, généralement, il ne brille guère et où sa force de proposition est plus discrète parce que l'économie et le social ne peuvent se réduire à des simplismes. Forts de cette analyse, ils partent à la rencontre des électeurs de la cité scaldéenne mais aussi des navetteurs qui travaillent à Anvers en les interpellant dans les principales gares.

«Les écologistes défendent la vie sur terre. C'est pourquoi nous pensons toujours de manière internationale et oeuvrons pour une collaboration et une solidarité maximales entre les peuples», a souligné jeudi Ludo Dierickx face à la presse. «Le Vlaams Belang se situe tout à fait aux antipodes avec son slogan «Eigen Volk eerst». Les seniors verts ne peuvent dès lors qu'aller à une confrontation verbale. Non pas pour leur donner une reconnaissance et une dignité mais pour montrer que leur programme ne peut mener qu'à une impasse.»

Les aînés verts se situent de manière critique mais certainement pas hostile face aux stratégies des autres partis démocratiques: «Renforcer le cordon, c'est bien, aller jusqu'à l'insulte rapporte déjà moins... On peut aussi relancer le débat sur le financement des partis mais nous sommes arrivés à un tournant où il faut désormais aller plus loin. Et littéralement déshabiller les raisonnements du Belang. Ce que ce parti veut pour Anvers, pour la Flandre est contre-productif mais pêche aussi par manque de réalisme politique. Avec son nationalisme étroit et le racisme qu'il développe, le VB exclut la Flandre là où elle devrait jouer un rôle de pointe en Belgique et dans l'Union européenne. Nous sommes dans le collimateur des observateurs politiques de toute l'Europe. Par notre engagement, nous entendons montrer qu'Anvers, c'est surtout autre chose...»

«Belang van de anderen»...
Pour Dierickx et ses amis, «le VB n'est pas le parti des plus petits, des plus démunis, des classes sociales un peu négligées mais un parti des puissances économiques et financières...» Le parti de l'intérêt des nantis...

Les AGS se sont donc penchés sur le programme et diffuseront largement leur analyse à Anvers et ailleurs d'ici le 8 octobre.

«Prenons l'exemple des propositions économiques et sociales. Mais c'est effarant pour un parti qui se dit proche du peuple! Le VB veut que l'on travaille plus longtemps, de manière plus flexible et pour des salaires bas. Au moins jusqu'à 65 ans et l'on ne pourrait accéder à la pension qu'après 40 ans de travail. Mieux, il souhaite supprimer autant que possible les prépensions mais augmenter drastiquement les heures supplémentaires. Quant à la flexibilité, les Belangers la voient surtout dans l'extension du temps de travail. L'on ne sera pas étonné d'apprendre qu'ils veulent aussi limiter le temps de l'indemnisation des chômeurs».

En matière de soins de santé, ce n'est certainement pas mieux: «Le parti des petits, des sans-grade veut augmenter les gains du secteur médical tout en restreignant les remboursements pour les aînés...»
© La Libre Belgique

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ULTRADROITE EN FLANDRE : LE SOLDAT BOUTENS VOULAIT PASSER À L'ACTE (Belgique)

16/09/2006 - Thomas Boutens n'était pas précisément un ange. Mais lorsque B., l'un de ses voisins, a appris que le jeune homme de 25 ans, fils d'un chauffeur et d'une employée de banque, était le chef présumé de Bloed-Bodem-Eer-Trouw (BBET, Sang-Terre-Honneur-Fidélité), un groupe néonazi qui projetait apparemment de commettre des attentats pour déstabiliser la Belgique, il en est, dit-il, "tombé à la renverse".

Jeudi 7 septembre, Thomas Boutens a été appréhendé en même temps qu'une vingtaine de personnes en divers endroits de Flandre. Outre le jeune activiste, 11 suspects sont aujourd'hui sous les verrous à Termonde, pour un mois au moins. Ils ont été mis en examen pour terrorisme, détention illégale d'armes - près de 300 au total - et infractions aux lois sur le racisme et la xénophobie.

Des informations, démenties par le parquet mais maintenues par les journalistes qui les ont révélées, indiquent que le groupe aurait voulu créer une "stratégie de la tension" en assassinant successivement Filip Dewinter, le dirigeant du parti d'extrême droite Vlaams Belang à Anvers, et Dyab Abou Jajhah, leader du groupe islamiste Ligue arabe européenne. Cette situation devait permettre, selon ces plans, d'instaurer une dictature de type fasciste.

Thomas Boutens serait l'un des principaux militants et le recruteur de BBET, groupuscule s'inspirant des thèses néo-nazies de Blood & Honour (B & H), fondé en 1987 par Ian Stuart Donaldson, le chanteur anglais du groupe Skrewdriver, mort accidentellement six ans plus tard.

A Opstal-Buggenhout, ce grand gaillard aux cheveux ras n'a laissé qu'un vague souvenir. B. se rappelle de son allure "menaçante", de son amour immodéré des armes et de son "exploit" : l'incendie, en mars 1999, de l'école libre catholique d'Opstal, où il était élève de cinquième année. Bilan : "250 000 euros de dégâts", se rappelle un enseignant. Victime de "mauvaises influences", le jeune homme, qui s'affirmait à l'époque "sataniste", s'en est tiré avec une peine de principe : un séjour de quelques mois dans une institution. Il a ensuite décidé de s'engager dans l'armée.

"Excellent soldat, avec une connaissance étendue des armes et des techniques de combat", explique son supérieur à la caserne de Bourg-Léopold, le colonel Philippe Dasseville. Mais il a dû écarter le jeune homme de son groupe parce qu'il y faisait régner "la loi du plus fort". Thomas Boutens, qui a déjà effectué des missions avec l'armée belge en Afghanistan, devait partir prochainement pour le Liban, où la Belgique envoie quelque quatre cents casques bleus.

Sous le pseudonyme de Lupus, le jeune extrémiste laissait libre cours à ses obsessions sur Internet : la lutte contre les juifs, la nécessité d'une "révolution blanche", la description du national-socialisme comme seul remède au déclin de l'Occident. D'après un enquêteur, Boutens n'était toutefois pas l'idéologue du groupe. C'est un autre suspect appréhendé, Marc Horemans, un informaticien de la banlieue anversoise, qui tenait ce rôle, sous le pseudonyme de Paul Kruger. C'est lui aussi qui s'occupait des contacts internationaux du réseau avec, notamment, le mouvement néonazi néerlandais Nationale Alliantie ou encore Robert Griffin, un professeur américain que les nostalgiques de l'hitlérisme idolâtrent pour ses thèses révisionnistes.

Réputé "charismatique" à Bourg-Léopold, Thomas Boutens aurait recruté une vingtaine de membres pour le BBET - le groupe comprendrait, au total, une centaine de personnes en Flandre, selon la police. Le militant néonazi serait parvenu à utiliser des terrains militaires pour entraîner son groupe. L'armée est également mise en cause pour n'avoir pas détecté plus tôt le danger que représentaient Boutens et ses comparses.

Un syndicaliste de la CGSP (socialiste) a beau tenté de minimiser l'affaire en affirmant que "les forces armées sont à l'image de la société flamande" - à savoir qu'elles regrouperaient de 20 % à 25 % de sympathisants de l'extrême droite -, divers responsables politiques s'interrogent sur l'efficacité des tests psychologiques et de personnalité auxquels l'armée soumet ses candidats. Ces épreuves ont été renforcées en 1998, après que des militaires belges eurent été convaincus d'avoir maltraité des enfants lors d'une mission en Somalie, mais Thomas Boutens semble être passé entre les mailles du filet en n'évoquant jamais son passé d'incendiaire.

Un autre cas intrigue parmi les personnes appréhendées, celui de Tamara Van Aalst, 25 ans. Ancienne petite amie de Thomas Boutens, militaire de carrière elle aussi, elle était employée à la surveillance de la base de Kleine Brogel, dans le Limbourg, où se trouvent des ogives nucléaires américaines. Soumise, en théorie, à des contrôles de sécurité sévères, elle ne paraît pas avoir été inquiétée avant la semaine dernière. Contrairement aux règles en vigueur dans l'armée, cette adepte des sites Web néonazis tenait à Bourg-Léopold, en dehors de son service, un café, The Viking, où se réunissaient régulièrement des extrémistes

Son avocat, Guy Sols, dément toute implication de sa cliente dans un réseau terroriste et sous-entend qu'on a donné à cette affaire - sur laquelle la police enquêterait depuis 2004 - une ampleur qu'elle ne mérite pas. Une thèse reprise par Me Piet Noé, défenseur de deux autres suspects - et naguère d'un élu négationniste du Vlaams Belang - qui évoque une bande de "fous de l'armement" immatures.

Les zones d'ombre de l'enquête menée par la police amènent des observateurs, surtout flamands, à s'interroger sur la portée exacte du complot, mis au jour un mois avant les élections municipales qui vont avoir lieu le 8 octobre en Belgique. Certains analystes soulignent que l'affaire tombe à pic pour Patrick Dewael, le ministre libéral flamand de l'intérieur, qui tente de convaincre les électeurs en Flandre que l'extrême droite représente une menace réelle pour la démocratie. De même la ministre de la justice socialiste du gouvernement fédéral, la francophone Laurette Onkelinx, pourra justifier plus facilement ses plans antiterroristes, incluant l'extension de "mesures spéciales d'enquête", très critiquées dans son propre camp. "Il reste, souligne Manuel Abramowicz, un spécialiste des mouvements d'extrême droite, que le BBET répondait aux critères qui définissent une organisation dangereuse : une idéologie de la haine, des moyens militaires, une structure de combat de type terroriste et des moyens d'actions réels."

Jean-Pierre Stroobants
© Le Monde

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EMBARRAS CHEZ LES FLAMANDS (Belgique)

15/09/2006 - Les commentateurs et les intellectuels flamands se sont, en général, montrés d'une grande prudence depuis les arrestations des militants néonazis, jeudi 7 septembre. Méfiance légitime, complaisance face à l'extrême droite ou volonté de ne pas noircir l'image d'une région où la formation xénophobe Vlaams Belang draine un électeur sur quatre ?

"Restons calmes", plaide Luc Van der Kelen, éditorialiste du plus grand quotidien de langue flamande, Het Laatste Nieuws. Le 9 septembre, il s'en prenait surtout au vice-premier ministre francophone Didier Reynders, qui avait décrit la Flandre comme un terreau propice à l'émergence de tels phénomènes. Dans De Standaard, quotidien de centre-droit, Peter Vandermeersch, directeur de la rédaction, critiquait une presse francophone se livrant, selon lui, à "des réactions excessives et de sottes généralisations". Il posait cependant la question du rôle du Vlaams Belang : "Le discours d'un tel parti ne favorise-il pas des aberrations de type Sang-Terre-Honneur-Fidélité ?"

Rik Van Cauwelaert, directeur de la rédaction du magazine Knack, estime que le dossier a été "gonflé". "J'ai peur que les suites de cette affaire soient pires que les faits eux-mêmes", explique-t-il au Monde. Il redoute, dit-il, que l'affaire n'ait été intentionnellement montée en épingle à trois semaines des élections municipales. "Cette prétendue victoire sur le terrorisme ne me semble impliquer qu'une bande de petits cons", tranche-t-il.

"La plupart des Flamands de bonne foi se rendent compte du tort que l'extrême droite cause à leur région, mais ils n'acceptent pas d'être mis en accusation", explique Serge Govaert, un expert flamand du Centre francophone de recherche et d'information sociopolitiques. "Le Vlaams Belang a un discours anti-francophone qui fait partie de sa xénophobie générale. Mais de nombreux intellectuels flamands ne s'en rendent pas compte parce qu'on leur a enseigné que la bourgeoisie francophone avait opprimé les Flamands."

Yves Desmet, rédacteur en chef du Morgen, un quotidien de gauche, se demandait, le 13 septembre, quelles auraient été les réactions flamandes si la vingtaine d'individus arrêtés avaient été des musulmans, admirateurs de Ben Laden, armés jusqu'aux dents et susceptibles de commettre un attentat meurtrier. Or, poursuivait l'éditorialiste, certains minimisent l'affaire des néonazis en la mettant sur le compte d'une puberté tardive. Yves Desmet concluait : "Quand des faits identiques sont appréciés de manière totalement différente et que cette différence s'explique uniquement par l'origine ethnique des intéressés, on appelle cela du racisme, en général."

Jean-Pierre Stroobants
© Le Monde

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INTERPELLATION DE SKINHEADS DANS LES RUES DE BUDAPEST (Hongrie)

21/09/2006 - Des centaines de policiers ont poursuivi environ 80 skinheads dans les rues de Budapest dans la nuit de mercredi à jeudi et procédé à quelques interpellations, en marge d'une manifestation pacifique qui a rassemblé plus de 10.000 personnes pour la troisième nuit consécutive. Les forces de l'ordre en surnombre important n'ont pas été mises en difficulté et ont interpellé au moins une dizaine de personnes. Après trois nuits de manifestations et d'affrontements, le calme est revenu ce jeudi matin

Vers 01H30 locales (23H00 GMT), il ne restait quasiment plus de manifestants devant le parlement à Budapest et les rues de la ville étaient calmes. Quelques heures plus tôt, il étaient plus de 10.000 devant le parlement à réclamer la démission du Premier ministre Ferenc Gyurcsany. Mais la foule s'est dispersée dans le calme.

Les policiers, visiblement bien préparés, avaient bloqué plusieurs axes du centre-ville et ont réussi à encercler le groupe de skinheads qui s'était fait remarquer en sortant de la foule et en invitant les gens à les suivre pour provoquer des incidents dans d'autres endroits.

Des manifestations avaient dégénéré en émeutes lundi soir et mardi soir, après la diffusion dimanche d'un enregistrement sonore d'une vive discussion à huis clos entre M. Gyurcsany et le groupe parlementaire socialiste datant du mois de mai. Dans cet enregistrement, le premier ministre reconnaît avoir "menti" aux Hongrois et leur avoir caché un projet d'austérité économique pour gagner les électons législatives d'avril.
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LES DÉPUTÉS LETTONS INTERDISENT LA DISCRIMINATION CONTRE LES GAYS AU TRAVAIL

21/09/2006 - Les députés lettons ont fini par interdire jeudi la discrimination au travail en fonction de l'orientation sexuelle, changeant une décision précédante qui avait suscité des critiques en Lettonie et a l'étranger.

46 des 84 membres du parlement présents pour le debat ont voté pour l'interdiction de la discrimination, 35 contre et trois se sont abstenus.

En juin, les députés avaient voté contre une mesure similaire.

Ce rejet avait été critiqué par les défenseurs des droits de l'homme et des représentants des associations d'homosexuels ainsi que par le Premier ministre Aigars Kalvitis et la présidente lettone Vaira Vike-Freiberga.

© CyberPresse

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LES COMMANDOS DU RACISME RUSSE

Les pogroms, ces assauts contre une ethnie donnée, assortis de violences et parfois de meurtres, que la Russie a connus de 1880 à 1921, sont de retour. A l'époque, ils visaient les communautés juives. Aujourd'hui, les Caucasiens, les ressortissants d'Asie centrale, les Asiatiques, les Tziganes sont en ligne de mire. Jusqu'au printemps, les meurtres de personnes au faciès "non slave" (33 pour les neuf premiers mois de 2006) constituaient le lot quotidien de l'expression xénophobe en Russie. La situation prend un tour nettement plus inquiétant.

20/09/2006 - En mai, dans la ville de Kharagun (région de Tchita), des heurts ethniques ont opposé Russes et Azerbaïdjanais, résultat : un mort. Un mois après, dans le village de Targuis (région d'Irkoutsk) un pogrom anti-Chinois s'est conclu par l'expulsion de 75 Chinois. Quelques jours plus tard, c'est contre les Daghestanais que les habitants de Salsk (région de Rostov) se sont mobilisés ; les troubles ont fait un mort. De l'Extrême-Orient aux régions du Sud, la haine se répand sur tout le territoire de la Fédération, où cohabitent 50 nationalités (Tatares, Bachkires, Nenets, Tchétchènes, Ingouches, Balkares, etc., tous citoyens russes) et 17 millions d'immigrants. "L'intolérance ethnique, la peur des immigrants, la haine ont tellement grandi depuis le déclenchement de la seconde guerre de Tchétchénie (en 1999) que la Russie est devenue le pays le plus xénophobe d'Europe", estime le sociologue Lev Goudko.

Rassemblements hostiles, slogans racistes, incendies, pillages : du 31 août au 4 septembre, c'est une véritable débauche de haine contre les Caucasiens qui s'est déchaînée à Kondopoga, petite ville industrielle proche de la frontière russo-finlandaise. Pendant cinq jours, une foule déchaînée - et avinée, selon la police - s'en est prise aux biens des "Tchiornye" (les "basanés"), attaquant échoppes, garages et voitures à coups de pierres, de bouteilles et de cocktails Molotov, et exigeant leur "déportation" immédiate.

A Kondopoga, tout a commencé par une bagarre entre Russes et Caucasiens dans le café-restaurant Tchaïka, tenu par un Azerbaïdjanais. Les distractions sont aussi rares que le travail dans cette ville morne de 37 000 habitants, à 1 000 kilomètres de Moscou, où le seul pourvoyeur d'emplois est un combinat de cellulose. Le soir du 29 août, un groupe de jeunes Russes, qui arrosent un emménagement, se querelle avec le serveur d'origine caucasienne et son patron. Le ton monte, on en vient aux mains. Les deux Caucasiens appellent des "pays" à la rescousse. Alertée, la police se garde d'intervenir. Dans la rixe qui dégénère, deux jeunes Russes, Sergueï Oussine et Grigori Slizov, sont tués à l'arme blanche.

La réaction des habitants ne se fait pas attendre. Deux jours plus tard, 2 000 personnes se rassemblent au centre-ville. "Des basanés ont tué les nôtres !", hurle la foule, bien décidée à faire rendre gorge aux "Non-Slaves". Elle a été chauffée à blanc par une organisation ultranationaliste : le Mouvement contre l'immigration illégale (DPNI). Venus de Moscou et de Saint-Pétersbourg, les militants de ce groupuscule xénophobe proslave, épaulés par des néonazis ont organisé la manifestation. Leur credo ? "Nettoyer la Russie" de ses "Tchiornye", donner la prééminence aux Russes ethniques et renvoyer "en vingt-quatre heures" les illégaux. Qu'ils soient étrangers - Azerbaïdjanais, Arméniens - ou citoyens de la Fédération - Tchétchènes et Daghestanais - importe peu : tous sont également visés.

Avec 1 % de ressortissants étrangers, Kondopoga est pourtant loin d'être un bastion de l'immigration. Comme dans toutes les villes de Russie, quelques Caucasiens tiennent les stands de fruits et légumes au marché. C'est sur ce marché que se porte la vindicte populaire. Les stands sont dévastés, des commerces sont pillés et incendiés. Pris de panique, 200 Caucasiens quittent les lieux. Des dizaines de Tchétchènes trouvent refuge à 50 kilomètres de la ville.

L'intervention des forces spéciales, le 3 septembre, ne parvient guère à calmer les esprits. Le lendemain, le bâtiment d'une école de sport dirigée par un entraîneur tchétchène connaît un début d'incendie, les slogans racistes repartent de plus belle. Cédant à la pression populaire, le maire de Kondopoga, Anatoli Pantchenkov, propose de donner en location à des Russes ethniques les échoppes du marché tenues auparavant par des Caucasiens. Le gouverneur de Carélie, Sergueï Katanandov, renchérit et dénonce "ces jeunes gens venus du Caucase et d'autres régions" qui se comportent "en occupants". Sa solution ? "Ils font profil bas ou ils partent."

La presse, les responsables politiques, les ultranationalistes partagent bientôt la même analyse des événements. Si la coupe a débordé à Kondopoga, ce n'est pas à cause de l'intolérance ethnique. Il s'agit de "problèmes sociaux", assure-t-on. Les Caucasiens narguent la population russe, leur "richesse ostentatoire" est sans arrêt citée, le gouverneur évoque leurs "Mercedes roulant à tombeau ouvert". Sans parler de leurs "combines mafieuses", ou des pots-de-vin versés à la police pour qu'elle ferme les yeux.

En cinq jours de folie à Kondopoga, pas un haut responsable, pas un politique, pas un intellectuel, pas un artiste ne jugent bon de condamner le pogrom. La presse nationale attise la haine. "La vraie raison à tout cela, c'est que des loups-garous en uniformes ont permis aux nouveaux venus de se comporter en occupants, sans respect aucun pour la population locale", dénoncent les Izvestiia, le 4 septembre.

En appui de sa thèse, le journal raconte comment, pendant six ans, les vendeurs tadjiks (ressortissants du Tadjikistan en Asie centrale) d'un des marchés de la capitale ont inondé l'immeuble où ils vivaient en arrosant à grande eau du fenouil, disposé à même le plancher. Et conclut : "Tout s'est arrangé. L'appartement occupé par les Tadjiks a été cédé à d'autres et, à la place du marché où ils vendaient, on a construit une supérette."

Une question demeure : le pogrom de Kondopoga aurait-il pris une telle ampleur sans l'ingérence des ultranationalistes et des néonazis qui les ont exploités ? Toutes les télévisions ont montré les images de ces jeunes au crâne rasé menant la danse des violences, ou celles du chef du DPNI, Alexandre Belov, haraguant la foule avec son porte-voix. Quelques jours après les événements, ce dernier donnait une conférence de presse au côté d'un député de la Douma, Nikolaï Kourianovitch. Les deux hommes prônaient le "nettoyage total" des "éléments criminels (...), comme le président nous l'avait promis", une allusion à la phrase de Vladimir Poutine lors du lancement de la seconde guerre de Tchétchénie sur la nécessité de "bouter les terroristes jusque dans les chiottes".

Fort de son rôle de meneur à Kondopoga, Alexandre Belov est, dit-on, courtisé par le nouveau parti Union de la confiance, dont l'un des dirigeants est le porte-parole du Conseil de la Fédération. Selon le politologue Marc Ournov, "des organisations comme le DPNI ne pourraient exister sans le soutien d'une partie de l'élite politique russe. Au sein de celle-ci, les opinions divergent, mais certains pensent que ce genre d'organisations est utile au pouvoir".

Depuis près de six ans, les organisations ultranationalistes et néonazies (Union slave, Unité nationale russe, Parti national-socialiste) ont pignon sur rue. Le 4 novembre 2005, - jour devenu celui de l'"unité nationale" par la volonté du Kremlin -, plus d'un millier de néonazis ont défilé dans les rues de Moscou, scandant des slogans contre les "mafieux caucasiens" et contre les "trafiquants de drogue tadjiks", et effectuant le salut nazi en toute impunité.

Ces organisations jouissent, en Russie, d'une liberté d'expression et de mouvement que bien des organisations non gouvernementales (ONG), soumises à des pressions bureaucratiques intenses depuis le vote d'une loi sur leurs statuts, pourraient leur envier.

Ici le discours xénophobe est libre. En plein centre de Moscou, à deux pas de la galerie Tretiakov, la petite librairie du Fonds pour la conservation de la littérature slave propose le dernier livre fétiche des "patriotes" : un panégyrique d'Adolf Hitler intitulé Que s'est-il réellement passé le 22 juin 1941 ? Son auteur, Alexandre Oussovski, a eu droit à une présentation solennelle de son ouvrage à la Douma (chambre basse du Parlement), en juin. Sur le comptoir, trône la toute dernière édition de la Liste des juifs masqués, parmi lesquels figurent, entre autres, l'égérie de la "révolution orange" en Ukraine, Ioulia Timochenko, le militant des droits de l'homme Dmitri Sakharov et... le général de Gaulle !

Les sites néonazis pullulent, depuis le "forum de l'église d'Adolf Hitler" jusqu'à celui du mouvement national-socialiste de l'Union slave. Les chats sur Internet ont un succès fou. On y discute, avec exaltation, aussi bien de l'avenir de la "grande nation russe" que de la couleur exacte du drapeau de la division SS "Töten kopft".

C'est en consultant ce genre de sites que les trois jeunes auteurs de l'attentat raciste du marché de Tcherkizovo (au nord-ouest de Moscou), le 21 août, ont trouvé la recette pour fabriquer la bombe qu'ils ont déposée dans la section asiatique du marché, causant la mort de 12 personnes. Qui étaient-ils ? Des étudiants de 18 et 20 ans, non membres d'organisations extrémistes mais qui cultivaient un solide appétit pour la littérature néonazie. Lors de leur interrogatoire, ils ont expliqué avoir voulu faire payer "les immigrants illégaux qui pullulent dans le pays". Le 12 septembre, le cerveau de la bande, Nikita Senioukov, 18 ans, élève d'une académie de police à Moscou, a été interpellé. Il a, à son actif, l'assassinat du jeune Viguen Abramiants, 17 ans, poignardé de sang-froid à la station Pouchkinskaïa, au centre de la capitale, dans l'après-midi du 22 avril.

Si les assassinats racistes n'émeuvent pas grand-monde, l'engouement pour les néonazis est traité sur un mode plutôt badin. A en croire la presse, aujourd'hui, en Russie, "la mode est au fascisme". De fait, l'idée a tellement pris racine que le magazine populaire La Caravane des histoires a fait récemment sa "une" avec une photo de la chanteuse Irina Allegrova en uniforme SS, tenant en laisse un chien policier, sans que personne n'y trouve à redire. L'édition russe de Newsweek, dans son numéro du 14-20 août, a révélé l'existence d'une "culture fasciste souterraine", incarnée, entre autres, par Tesak (le Coupe-chou), un jeune réalisateur de clips violents. La star du show-business néonazi a le vent en poupe dans le milieu, croit savoir Newsweek, qui le décrit comme le "Leni Riefenstahl (la réalisatrice préférée de Hitler) des nazis russes".

Le site de Tesak propose plusieurs vidéos. L'une montre la pendaison (fictive : "Quel dommage", dit le commentaire) d'un "Tadjik trafiquant de drogue", par des personnages encagoulés qui découpent le cadavre et le brûlent. A la rubrique "Fais quelque chose de concret !", une lettre-type de dénonciation à la police est proposée. Tout citoyen ayant repéré un étranger dans sa cage d'escalier est invité à le signaler aux forces de l'ordre.

Dmitri Diomouchkine est l'un des idéologues du "mouvement national-socialiste" russe. Son propre mouvement, Union slave - "SS" selon l'acronyme russe - rassemble près de 5 000 personnes rien qu'à Moscou. Avec son costume- cravate et sa chevelure ébouriffée, l'homme, la trentaine, n'a rien d'un "crâne rasé" et se présente comme "consultant de l'administration présidentielle". Il a quelques déboires : son domicile a été perquisitionné deux fois, ces deux derniers mois, et il ne parvient plus, prétend-il, à obtenir les autorisations nécessaires pour l'organisation de concerts pour la jeunesse.

Pour le reste, il est serein. "Des consignes ont été données au plus haut niveau pour qu'on ne me touche pas", se vante-t-il. N'a-t-il pas "des sympathisants partout, au Kremlin, à la Banque centrale, à Rosoboronexport (qui gère la vente des armes), au FSB (ancien KGB), au parquet, parmi la police", et jusqu'au sein de l'église orthodoxe, où il dit avoir ses entrées ?

Pour lui, il n'y a pas l'ombre d'un doute, "les idées du national-socialisme finiront par triompher en Russie" car "le terrain est fertile". Il compare la situation du pays à celle de la République de Weimar qui a précédé l'Allemagne hitlérienne. D'ailleurs, affirme encore Dmitri Diomouchkine "de plus en plus de jeunes ont une bonne opinion d'Adolf Hitler". Des événements comme ceux de Kondopoga, "se reproduiront, c'est sûr, beaucoup de groupes y travaillent, ajoute-t-il ; c'est nous qui avons donné le départ. La rue est avec nous. Le pouvoir en place doit se faire à nos idées ou bien s'en aller".

N'est-il pas étrange que les idées du national-socialisme aient une audience dans le pays qui a payé le plus lourd tribut - 27 millions de morts - à la lutte contre le nazisme ? "Beaucoup ne perçoivent pas ces idées comme nazies et puis, pour des tas d'autres, Hitler n'a rien fait de mal, sinon d'avoir attaqué l'URSS", explique Alexandre Verkhovski de l'ONG Sova, spécialisée dans l'analyse de la xénophobie montante.

Quant à l'engouement pour la symbolique nazie, "il ne date pas d'hier", constate-t-il. A la fin des années 1970, tous les Russes suivaient avec passion les épisodes du feuilleton 17 moments du printemps. La série narrait les exploits d'un espion soviétique, Chtirlitz, infiltré pendant la guerre chez les nazis. L'uniforme de la Waffen-SS seyait si bien à Chtirlitz qu'un engouement est né. "Dans la cour de l'école, tous les gamins jouaient à Chtirlitz et faisaient le salut nazi", se souvient Alexandre.
© Le Monde

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LES SUISSES VOTENT DIMANCHE POUR DURCIR LE DROIT D'ASILE

21/09/2006 - Les Suisses devraient voter largement dimanche en faveur de nouvelles lois plus restrictives sur l'immigration et le droit d'asile qui suscitent l'inquiétude des associations de défense des étrangers et aussi des Nations unies.
Les sondages annoncent une approbation sans difficulté pour ces deux projets déjà votés par le parlement l'an dernier et soumis à référendum par leurs opposants, comme le permet la constitution du pays.

»La révision partielle de la loi sur l'asile vise à préserver la tradition humanitaire de la Suisse tout en empêchant les abus», assure le ministre de la Justice et de la Police, Christoph Blocher, par ailleurs homme fort de l'Union démocratique du centre (UDC - droite populiste) devenu en 2003 le premier parti de Suisse avec un programme largement axé sur les abus du droit d'asile.

Selon un sondage de l'institut Gfs publié la semaine dernière, 61% des électeurs devraient approuver la loi sur l'asile et 57% celle sur l'immigration.

Sur ses 7,3 millions d'habitants, la Suisse compte plus de 21% d'étrangers. Le pays a reçu l'an dernier près de 19.000 demandes d'asile, soit le chiffre le plus bas depuis près de 20 ans. Environ un tiers des demandes ont été satisfaites sur les 10 dernières années.

Le rapporteur des Nations unies contre le racisme, M. Doudou Diène, est intervenu dans le débat cette semaine en dénonçant devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU »l'instrumentalisation politique du racisme dans le débat politique» en Suisse.

Le texte sur l'asile s'est aussi attiré les foudres du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) à cause d'une disposition qui prévoit le rejet sans examen des demandes des personnes dépourvues de papiers d'identité. Même un permis de conduire ne sera plus considéré comme valable.

Beaucoup de demandeurs d'asile n'ont pas la possibilité d'obtenir de tels papiers avant de fuir leur pays, rappelle le porte-parole du HCR, Ron Redmond.

»Le fait de ne pas avoir de documents est reconnu par la Convention de 1951 (sur le droit d'asile). Cette disposition (prévue par la Suisse) est parmi les plus sévères en Europe», déplore-t-il.

Pour le ministre, nombre de faux réfugiés se débarrassent de leurs papiers pour ne pas faire connaître leur nationalité et éviter l'expulsion. L'an dernier, près des trois-quarts des requérants d'asile n'ont produit aucun document, selon lui.

La loi supprime aussi l'aide sociale en faveur des déboutés du droit d'asile et la remplace par une simple »aide d'urgence» de 960 francs suisses par mois (604 euros), un montant considéré comme le minimum vital par les associations. L'objectif, selon M. Blocher, est de rendre la Suisse »moins attirante».

Les autorités pourront aussi détenir des déboutés »récalcitrants» pendant 18 mois au lieu de neuf actuellement, afin d'éviter que certains ne choisissent tout simplement la prison en attendant l'expiration de la peine.

La loi sur l'immigration revient à interdire la venue en Suisse d'étrangers non-Européens qui ne seraient pas recrutés pour un poste de travail précis. Les candidats devront prouver qu'ils disposent de qualifications professionnelles particulières et qu'aucun travailleur suisse ni européen n'a été trouvé pour occuper le poste en question.

Pour ceux qui auront franchi l'obstacle, il sera plus facile de faire venir leur famille. Cette concession vise à favoriser l'intégration des jeunes étrangers le plus tôt possible. »En cas d'intégration réussie», ces étrangers pourront obtenir un permis de résidence définitif au bout de cinq ans.
© Tageblatt

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LA SUISSE SUR LA SELLETTE AU CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME

A quelques jours de la votation sur l'asile et les étrangers, le rapporteur spécial de l'ONU sur le racisme critique la Suisse devant le Conseil des droits de l'homme.

19/09/2006 - Mardi à Genève, Doudou Diène a dénoncé les tendances discriminatoires constatées en Suisse, où il a enquêté en janvier. Berne a donné une première réponse mais ne prendra pas position avant le rapport final.

Lors de son tour de Suisse en janvier dernier, l'ancien ministre sénégalais avait rencontré de nombreux responsables politiques, dont le ministre de l'Intérieur Pascal Couchepin.

Il avait déjà relevé que, «oui, la Suisse connaît une situation de racisme, de xénophobie et de discrimination».

Il avait aussi affirmé avoir rencontré des communautés étrangères qui jugent la situation comme étant grave, alors que les autorités fédérales tendent à minimiser le problème.

Une société multiculturelle
Pourquoi le rapporteur spécial de l'ONU sur le racisme a-t-il décidé d'enquêter en Suisse?

En janvier déjà, il avait expliqué qu'après le Brésil et le Japon, il avait choisi la Suisse parce que c'est une société multiculturelle et qu'il a été frappé par les nombreuses votations qui touchent aux étrangers. «C'est la preuve que c'est une question lourde», avait-il alors souligné.

En présentant son rapport, lundi à l'occasion de la 2e session du Conseil des droits de l'homme qui s'est ouverte lundi à Genève, Doudou Diène a relevé une «instrumentalisation politique du racisme dans le débat politique».

Une rhétorique révélatrice
«J'ai constaté la place croissante, dans les discours politiques et les médias, de la rhétorique de la défense de l'identité nationale et de la menace de la présence allogène», a affirmé le rapporteur spécial de l'ONU, à quatre jours des votations suisses sur les lois sur l'asile et les étrangers.

«Cette rhétorique est révélatrice de l'existence, dans la société suisse, d'un courant politique favorable à un enfermement identitaire face à l'immigration et donc animé par des tendances xénophobes», a ajouté le rapporteur dans son exposé aux 47 pays membres du Conseil (dont la Suisse).

Une réponse politique
Doudou Diène regrette ensuite «la faiblesse de la stratégie politique et juridique actuelle» contre le racisme et la discrimination raciale.

«Cette faiblesse est notamment manifeste dans le traitement principalement sécuritaire des questions de l'immigration et de l'asile, dans la criminalisation de l'étranger, de l'immigré et du demandeur d'asile», a estimé Doudou Diène.

Il a critiqué aussi «le nombre élevé d'actes de violence policière à connotation raciste et xénophobe contre ces groupes, ainsi que l'impunité dont jouissent, selon les victimes, leurs auteurs».

Une tension identitaire
Le rapporteur de l'ONU a souligné «la remise en question de l'identité nationale par la diversité culturelle, ethnique et religieuse croissante de la société, notamment d'origine non européenne». Elle est «la source d'une tension identitaire», selon Doudou Diène.

Et d'appeler à «la prise de conscience, à la reconnaissance et au traitement politique, juridique et culturel» de cette tension, «facteurs déterminants de la construction du vivre ensemble multiculturel qui peut être favorisé par les riches traditions démocratiques» de la Suisse.

Une réponse réservée
Le rapport complet et définitif de la visite en Suisse du rapporteur de l'ONU sera présenté lors de la quatrième session du Conseil des droits de l'homme, en mars 2007, a indiqué son auteur Doudou Diène.

Du reste les autorités helvétiques attendent ce rapport définitif avant de commenter. C'est ce qu'a indiqué à swissinfo l'ambassadeur Blaise Godet, qui représente la Confédération au Conseil des droits de l'homme.

Dans sa réponse devant le Conseil, Blaise Godet rappelle pour le moment les particularités du fédéralisme, qui empêchent toute «solution centralisatrice».

L'ambassadeur déclare également que «la Suisse se félicite de la reconnaissance par le rapporteur spécial de l'utilité des programmes gérés par le service de lutte contre le racisme du Département fédéral de l'intérieur».

Avant d'expliquer: «La Commission fédérale contre le racisme et l'Office fédéral des migrations ont pu, ces dernières années, intensifier leur collaboration avec les cantons et les communes dans les domaines de l'intégration et de la lutte contre la discrimination».

L'inquiétude d'Amnesty
«Avec l'article sur l'intégration de la nouvelle loi sur les étrangers, qui sera soumise au peuple suisse le 24 septembre, estime l'ambassadeur Blaise Godet, la base légale de cette politique d'intégration serait encore renforcée.»

Un point de vue que ne partage pas Daniel Bolomey, le secrétaire général d'Amnesty international Suisse.

«Devant le Conseil des droits de l'homme, dit-il, la Suisse prétend tout faire pour améliorer sa politique d'intégration et sa lutte contre le racisme.»

«Mais, conclut Daniel Bolomey, les propos du ministre de la justice Christoph Blocher lors de la campagne en faveur des nouvelles lois sur l'asile et les étrangers et ces lois elles-mêmes nous inquiètent au plus haut point.»
© SwissInfo

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BIENNE: ACCUSÉ DE RACISME, JÜRG SCHERRER S'EXCUSE - PLAINTE RETIRÉE (Suisse)

18/09/2006 - Le directeur de la police biennoise Jürg Scherrer acomparu devant la justice, accusé de diffamation à l'égard de la communauté africaine. Après plus de deux heures de discussions à huis-clos, Jürg Scherrer s'est excusé et la plainte a été retirée.

Dans la convention agréée par les parties, M. Scherrer présente ses excuses auprès des parties civiles pour ses propos tenus dans le "Bieler Tagblatt" et le "Journal du Jura" s'il devait les avoir blessées dans leur honneur. L'accord souligne que cette excuse ne s'accompagne pas d'une reconnaissance d'une responsabilité pénale.

En contre-partie, les représentants de la communauté africaine retirent leur plainte pénale pour atteinte à l'honneur. L'affaire pourrait déboucher sur un non-lieu. Dès l'ouverture de l'audience, la juge unique du Tribunal d'arrondissement Bienne-Nidau, Silvia Zaugg, a proposé aux parties d'élaborer une convention.

Jürg Scherrer, également président du Parti de la liberté, avait déclaré que les Noirs inventaient volontiers des histoires en cas d'interpellation. Le chef de la police avait fait cette déclaration après l'arrestation d'un jeune étranger qui avait affirmé dans la presse qu'il avait été brutalisé par les agents.

C'était la seconde fois que M. Scherrer comparaissait devant la justice pour ses propos sur les Noirs tenus dans la presse locale. En avril 2005, le procureur avait rejeté une dénonciation pénale contre Jürg Scherrer déjà déposée par l'Association des Africains de Bienne pour violation de la norme pénale antiraciste.

Le président du Parti de la liberté est connu pour la virulence de ses propos qui ont donné lieu à plusieurs plaintes pénales. Au début 2005, la Cour suprême du canton de Berne l'avait acquitté de l'accusation de discrimination raciale. Elle avait dû revoir son jugement après avoir été désavouée par le Tribunal fédéral.

Jürg Scherrer avait affirmé que les migrants du Kosovo auraient "une part disproportionnée à l'augmentation de la violence et de la criminalité en Suisse". En 2002, il avait qualifié les chambres à gaz des nazis de "détail de l'Histoire". Mais ces propos avaient été jugés trop vagues pour tomber sous le coup de la loi.
© Romandie

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NOUVELLES POUSSÉES DE FIÈVRE RACISTE DANS LES STADES DE FOOTBALL EN EUROPE

21/09/2006 - Bananes lancées sur des joueurs brésiliens d'un club polonais, Gerald Asamoah et Samuel Eto'o insultés pour leur couleur de peau en Allemagne et en Espagne: les stades de football connaissent une nouvelle poussée de fièvre raciste en Europe en ce début de saison.

Le comité d'organisation de la Coupe du monde 2006 de football (9 juin-9 juillet) avait pourtant montré le bon exemple, pour la première fois de son histoire, déboursant quatre millions d'euros pour lutter contre le racisme durant le tournoi.

Des banderoles "Dites non au racisme" (Say no to racism) avaient été déployées dans le rond central avant les matches et, à partir des quarts de finale, les capitaines des équipes qualifiées avaient pris le micro avant le coup d'envoi pour lancer un appel à la tolérance.

L'Union européenne de football (UEFA) avait ensuite publié le 31 juillet un nouveau barème disciplinaire avec au moins cinq matches de suspension pour quiconque insulte "la dignité humaine d'une personne ou d'un groupe de personnes (...), incluant la couleur de peau, la race, la religion ou l'origine ethnique".

Las. Les dérapages continuent en ce début de saison. En Espagne, l'attaquant international camerounais Samuel Eto'o a été visé dimanche par des cris racistes lorsqu'il a ouvert le score pour le FC Barcelone sur le terrain du Racing Santander, a rapporté la radio privée Cadena Ser.

L'international camerounais du club catalan avait déjà été confronté à des comportements racistes similaires dans le même stade la saison dernière.

Eto'o, souvent victime de cris racistes dans plusieurs stades d'Espagne, avait failli quitter la pelouse de celui du Real Saragosse le 25 février. Le club avait reçu une simple amende de 9000 euros alors que le joueur réclamait des "sanctions exemplaires".

En Pologne, des hooligans ont jeté des bananes et lancé des insultes racistes contre les joueurs brésiliens du club de première division polonaise de football, Pogon Szczecin, lors d'un match de Coupe de Pologne mardi soir à Gdansk (nord), a annoncé mercredi la police locale.

En Allemagne, des insultes et chants ont aussi visé le Brésilien Kahe, buteur de Mönchengladbach. L'arbitre Michael Weiner a alors interrompu la rencontre pour demander la diffusion d'un message par le système audio du stade à l'intention des spectateurs.

"Le message disait que si des propos racistes étaient à nouveau proférés, j'allais demander aux deux équipes de quitter la pelouse, a expliqué M. Weiner après la rencontre. Nous avons reçu cette semaine des consignes de la commission d'arbitrage nous incitant à prendre ces mesures lorsque le corps arbitral entend des insultes racistes."

La Fédération allemande de football (DFB) a par ailleurs condamné le 15 septembre le club de Rostock à une amende de 20.000 euros après les insultes racistes (cris de singes notamment) visant Gerald Asamoah, international allemand d'origine ghanéenne, lors du match de Coupe d'Allemagne opposant l'équipe B de Rostock (3e div.) à Schalke 04 (1re div.).

Asamoah, qui avait déjà été la cible du parti néonazi allemand NPD avant le Mondial-2006, avait refusé de rester aux vestiaires après la pause, comme le lui avait conseillé son entraîneur Mirko Slomka.

Seule note d'espoir, lundi soir, des supporteurs du Hansa Rostock (2e div.) ont manifesté leur refus du racisme dans les stades en dépliant avant la rencontre contre Kaiserslautern une banderole sur laquelle était inscrit: "Gerald, ce n'était que quelques-uns. Aujourd'hui, c'est la majorité de ceux qui pensent autrement qui se manifeste."
© 20 Minutes

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LE DOSSIER INNU ET L'APPROCHE COMMUNE - IL PRESSE D'ACCÉLÉRER LES NÉGOCIATIONS (Canada)

Gérard Bouchard, Professeur au département des sciences humaines de l'Université du Québec à Chicoutimi - Lettre ouverte au premier ministre Jean Charest

20/09/2006 - Après des débuts extrêmement prometteurs, le projet d'entente (connu sous le nom d'Approche commune) avec quatre communautés innues du Nord-Est québécois se trouve présentement dans une impasse et un inquiétant dérapage pourrait en résulter.

Le gouvernement du Québec a pourtant fait preuve de courage dans cette initiative sans précédent en cessant de nier les droits ancestraux des autochtones et en choisissant plutôt d'en négocier les modalités d'application. Cette réorientation marquait également l'amorce d'une véritable solution aux graves problèmes qui affligent les populations amérindiennes en favorisant des mesures destinées à les sortir de la dépendance néfaste où ils ont été depuis longtemps plongés et maintenus.

Car la responsabilité de la population blanche est ici manifeste. De nombreux travaux de recherche ont amplement démontré une longue pratique de dépossession massive, notamment par occupation et exploitation illégales puis destruction de terrains de chasse (le cas des barrages de la Manicouagan, en particulier, est flagrant). Les plus hauts tribunaux du pays ont du reste reconnu à la fois l'existence des droits territoriaux autochtones, le viol qui en a été fait et le devoir de réparation qui en découle.

C'est précisément ce qui, il y a quelques années, avait convaincu le gouvernement québécois d'abandonner la voie sans issue de la contestation judiciaire pour se tourner vers la négociation, décision qui allait conduire en 2004 à la signature d'une entente de principe avec quatre communautés innues, première étape d'un parcours devant mener à un véritable traité.

Jusque-là, les acteurs étaient de bonne foi, les demandes de part et d'autre étaient jugées raisonnables, la démarche recevait l'appui de la plus grande partie de l'opinion publique, tous les espoirs étaient permis. Que s'est-il donc passé ?

Volonté fléchissante
D'abord, à la fois à Québec et à Ottawa, la volonté politique a fléchi, ce qui s'est traduit par des mesures dilatoires (par exemple, exiger que les neuf communautés innues du Québec se réunissent en une seule table de négociation, ce que toutes les personnes le moindrement informées du dossier savaient tout à fait irréaliste).

En deuxième lieu, et en conséquence du flottement politique, les négociations sont tombées presque au point mort, entraînant la démotivation et la démission d'importants acteurs, fervents partisans du projet d'entente.

En troisième lieu, ces circonstances ont créé un vide aussitôt rempli par des intervenants peu bienveillants qui ont fait entendre sur la place publique un discours déformant, démagogique et parfois carrément raciste.

Le pire est survenu lorsque, juste après la signature de l'entente de principe, la compagnie Kruger a été autorisée à faire des coupes de bois sur une partie du territoire ancestral des Innus de Pessamit (Betsiamites). Ceci allait directement à l'encontre de la disposition principale de l'accord, qui interdisait à l'avenir toute exploitation unilatérale d'un territoire de chasse innu. Or, en l'occurrence, il n'y eut aucune forme de concertation avec les dirigeants de Pessamit.

Il n'est pas exagéré de dire que cet épisode, survenant après bien d'autres, a fait déborder le vase. Le chef de Pessamit, Raphaël Picard, a vu là le motif (certains diront le prétexte, mais cela ne change pas grand-chose à l'affaire) pour se retirer de la table de négociation de l'Approche commune et relancer la guérilla judiciaire (poursuite de 11 milliards de dollars contre Québec, assortie d'une visite en France pour vilipender les Québécois, etc.).

Comme plusieurs, je déplore fermement cette orientation belliqueuse, qui risque de saborder le dossier et de mener à un cul-de-sac au terme d'affrontements stériles. Cela étant, on ne peut pas ignorer que la communauté de Pessamit négociait vainement depuis 1982 et qu'elle a subi plusieurs camouflets de la part des gouvernements qui se sont succédé à Québec et à Ottawa. S'estimant plus d'une fois trompée, elle a choisi de durcir son action.

Deux voies ouvertes
Comment les choses se présentent-elles maintenant ? En gros, deux voies sont ouvertes : celle de l'affrontement et celle de la négociation.

La première a le vent dans les voiles. Elle bénéficie de la conjoncture créée par les ratés de l'Approche commune, par la démission d'importants acteurs à la table de négociation, par une volonté politique vacillante, par l'absence de voix fortes, autorisées, qui viendraient contrer le discours négativiste ambiant.

Paradoxalement, la voie radicale pourrait être aussi un ressort dans une opinion publique qui (on le comprend aisément) juge abusives les réclamations de Pessamit, désapprouve les nouveaux moyens d'action et s'apprête à basculer dans une opposition sans nuance à l'ensemble du dossier innu.

Il est aisé d'entrevoir où cette voie conduit. À l'extérieur, ce sera le dénigrement du Québec auprès de pays amis (pour ne pas parler des autres), la dénonciation intensément médiatisée auprès de puissants organismes internationaux gardiens ou soucieux des droits de la personne (ONU, UNESCO, Union européenne, etc.), l'intervention non moins médiatisée de personnalités internationales hautement respectées, la mobilisation de divers groupes militants très influents, etc.

Parallèlement, ici même au Québec, on peut s'attendre à la multiplication des poursuites devant les tribunaux, à des affrontements politiques, à des actions musclées, sinon subversives. Ajoutons à tout cela des éruptions prévisibles de racisme, un climat collectif de plus en plus tendu, des divisions profondes et durables, hostiles aux rapprochements, et des conséquences économiques néfastes.

Dans ce contexte, on ne peut espérer que des arrangements forcés, boiteux, toujours à refaire et très onéreux. Dans tous les cas, préparons-nous à une facture économique et sociale infiniment plus élevée que ce que pourrait donner la négociation.

Est-ce bien cela que les Québécois désirent ? Dans la négative, il importe de comprendre que c'est précisément sur cette pente que les choses sont actuellement engagées et que seules des mesures énergiques imminentes pourraient redresser la situation.

En effet, la seconde voie, celle de la négociation, reste encore ouverte. Pour l'instant, on pourrait dire que toutes les communautés innues observent Pessamit : elles attendent de voir ce que donnera une stratégie radicalisée et elles se disposent sans doute à réévaluer leur propre démarche en conséquence. Il presse donc de démontrer que la négociation est la voie la plus avantageuse, porteuse de fruits à court terme et d'une véritable solution à long terme.

Intervention requise
M. le premier ministre, dans les conditions actuelles, une intervention politique vigoureuse de votre part peut empêcher les dérapages et remettre le projet d'Approche commune sur ses rails en l'érigeant en modèle que les autres communautés auront le goût d'imiter.

[Il doit s'agir d'une] intervention vigoureuse, c'est-à-dire l'adoption d'une stratégie cohérente, l'expression forte d'une volonté de règlement dans l'intérêt de toutes les parties, la restauration d'un climat de confiance, une accélération des pourparlers, une information claire parmi les populations.

À défaut, c'est tout le Québec qui sera doublement déficitaire. D'une part, il aura perdu le profit d'une initiative des plus prometteuses, hautement civilisatrice et sans précédent parmi les sociétés du Nouveau Monde aux prises avec ce genre de difficulté. En somme, se trouvant pour une rare fois en situation de faire l'histoire, le Québec aura lamentablement échoué. D'autre part, il aura sur les bras, et pour très longtemps, un problème de plus en plus complexe, coûteux, gênant et diviseur.

Il est encore temps d'agir, mais le temps presse. La voie de la négociation en est peut-être à sa dernière chance.

L'auteur prononcera la conférence inaugurale du colloque «Le territoire et les autochtones» qui se déroule à compter d'aujourd'hui et jusqu'à vendredi à l'Université du Québec à Montréal sous la responsabilité de la Chaire de recherche du Canada sur la question territoriale autochtone et la société Recherches amérindiennes au Québec.
© Le Devoir

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MUSULMAN AU PAYS DE BUSH (Etats-Unis)

Outre-Atlantique, les musulmans seraient mieux intégrés que leurs coreligionnaires d’Europe… mais tout autant victimes de préjugés et de racisme.

18/09/2006 - Où en sont les musulmans américains cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001 ? Plusieurs sons de cloche. Le quotidien USA Today cite des enquêtes qui font apparaître « une montée du harcèlement et de la discrimination ». Ainsi un sondage USA Today-Gallup montre que 39 % des personnes interrogées éprouvent de la méfiance à l’égard des musulmans.

Autant souhaiteraient qu’ils aient une carte d’identité spéciale « pour empêcher les attentats terroristes aux États-Unis ». Vingt-deux pour cent ne voudraient pas avoir des musulmans pour voisins. Les personnes interrogées se méfient plus des hommes que des femmes. Trente et un pour cent s’inquiètent de la présence d’un musulman à bord de leur avion, mais seulement 18 % si c’est une femme.
Une enquête Los Angeles Times-Bloomberg note aussi que 54 % des sondés se refuseraient à élire un musulman à la Maison Blanche, contre 21 % qui ne voudraient pas d’un chrétien évangélique et 15 % d’un juif.

Selon le Conseil des relations américano-islamiques de Washington, le nombre de plaintes reçues pour agressions verbales ou attitudes discriminatoires est passé de 1 019 en 2003 à 1 972 en 2005, et le moral des Américains musulmans s’en ressent. D’après une étude de la psychologue Mona Amer, de l’université Yale, portant sur 611 adultes, la moitié d’entre eux seraient dans un état dépressif, au lieu de 20 % pour des Américains non musulmans.

Une étude menée par le professeur (d’économie) Robert Kaestner, à paraître dans le Journal of Human Resources du printemps 2007, et qui a porté sur 4 300 Arabes et musulmans âgés de 21 à 54 ans dans les vingt États où vivent 85 % de l’ensemble des Arabo-musulmans américains, relève que leurs salaires ont chuté d’environ 10 % depuis cinq ans. Ils ont reculé de 12 % à 13 % dans les zones qui ont signalé les taux les plus élevés d’actes racistes, contre 6 % à 7 % ailleurs.

Pourtant, dans l’hebdomadaire Time, le professeur (de sciences politiques) Peter Skerry, qui prépare un livre sur le sujet, parle d’une « exception américaine » qui va dans le bon sens et explique « pourquoi la communauté musulmane américaine est nettement différente de celles que l’on trouve en Grande-Bretagne et dans le reste de l’Europe », et moins tentée par le djihad.

La première différence est qu’aux États-Unis on ne compte que 2 à 3 millions de musulmans, soit moins de 1 % de la population, au lieu de 8 % à 9 % en France, 5,6 % aux Pays-Bas, 3,65 % en Allemagne et un peu moins de 3 % en Grande-Bretagne. En outre, sauf de rares exceptions, comme à Detroit ou à Dearborn, dans le Michigan, ces Américains musulmans sont éparpillés parmi les autres Américains et « ils ont tendance à être des membres de professions libérales qui ont fait des études supérieures ».

La différence « la plus vitale », aux yeux de Skerry, est l’importance que l’Amérique accorde à la liberté de religion. Ce qui se reflète dans le nombre d’établissements scolaires musulmans gérés par des musulmans : environ 250, soit le double de la Grande-Bretagne, pour le même nombre de fidèles. C’est un facteur non négligeable d’intégration dans la société américaine.

Le New York Times confirme, avec des nuances, cette analyse dans une enquête sur la communauté pakistanaise de Devon Avenue, à Chicago - une avenue qu’on appelle aussi Muhammad Ali Jinnah, du nom du père du Pakistan.

À la question de savoir si une telle « enclave » pourrait être un foyer de terrorisme, écrit le journal, « la réponse la plus généralement admise est non, du moins pour l’instant, en raison des différences qui ont fait que les Pakistanais des États-Unis ont beaucoup mieux réussi économiquement et sont beaucoup mieux assimilés culturellement que leurs homologues de Grande-Bretagne. Mais certains Pakistanais-Américains n’excluent pas cette possibilité, compte tenu du peu que l’on sait sur ce qui peut amener de jeunes musulmans en colère à accepter une idéologie qui admet le suicide et le meurtre collectif. » Conclusion de l’article, ces propos d’un Pakistanais qui vit aux États-Unis depuis 1971 et qui est plutôt un modèle de réussite : « Les Pakistanais de Chicago se sont jusqu’ici bien adaptés, mais on ne sait jamais. »
© Jeune Afrique

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LE JOURNAL FRANÇAIS LE FIGARO INTERDIT EN TUNISIE POUR OFFENSE À L'ISLAM

20/09/2006 - L'édition de mardi du quotidien français de centre-droit Le Figaro a été interdite en Tunisie pour avoir publié une tribune considérée comme »offensant» l'islam, a-t-on appris mercredi de sources concordantes. La saisie du Figaro daté du 19 septembre et publiant une tribune intitulée »Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?» a été annoncée par des journaux tunisiens et confirmée de source officielle.

Plusieurs quotidiens arabophones et le journal francophone La Presse ont indiqué, dans un bref article au texte identique, que le ministère de l'Intérieur avait, »en application de la loi», ordonné cette saisie en raison »du contenu préjudiciable et offensant pour le prophète, l'islam et les musulmans».

Habituellement disponible à Tunis en début de soirée du jour de sa parution en France, Le Figaro était introuvable en kiosque mercredi.

Cette interdiction est intervenue quelques jours avant, à la fin de cette semaine, le début du mois du ramadan. Cette période de jeûne, qui constitue l'un des cinq piliers de la religion musulmane, est trés observée par une large majorité des dix millions de Tunisiens.

Dans sa tribune publiée au sein d'une séquence »Débats, opinions» du Figaro, le philosophe et enseignant Robert Redeker dénonce »la tentative menée par (l')islam d'étouffer ce que l'occient de de plus précieux qui n'existe dans aucun pays musulman: la liberté de penser et de s'exprimer».

La réflexion de M. Redeker est intervenue après les vives réactions dans le monde arabo-musulman, notamment l'assassinat d'une religieuse italienne âgée de 70 ans en Somalie, à une déclaration, la semaine dernière en Allemagne, du pape Benoît XVI sur l'islam et la violence.

Le philosophe qualifie notamment le Coran de »livre d'inouïe violence» et le prophète Mahomet de »chef de guerre impitoyable».

Dressant un parallèle avec la guerre froide, il considère que, »comme jadis avec le communisme, l'Occident se trouve sous surveillance idéologique» et que »violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l'islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde».

Dans l'unique réaction enregistrée en Tunisie aux propos de Benoît XVI, le Conseil supérieur islamique de la République tunisienne avait exprimé samedi dernier sa »profonde indignation» face aux »propos préjudiciables» du pape sur l'islam et souligné »la nécessité de redresser rapidement la situation».

Ce Conseil, instance religieuse suprême du pays, avait souligné que »la Tunisie a toujours oeuvré en vue de consacrer l'esprit de tolérance, le dialogue et le respect des symboles sacrés des peuples».

Les autorités tunisiennes, qui entretiennent d'excellentes relations avec le Saint Siège, assurent ainsi une complète liberté des cultes et une stricte protection des édifices religieux chrétiens et juifs tout en luttant énergiquement contre le terrorisme islamiste et les mouvements politiques radicaux se revendiquant de l'islam.

Sur la base d'une loi sur la protection de la religion, elles avaient fait saisir en février dernier le journal France-Soir qui avait reproduit des caricatures de Mahomet dont la publication originale dans un journal danois avait provoqué une flambée de protestations dans le monde arabo-musulman.
© Tageblatt

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LES PAYS AFRICAINS APPELÉS À FORMER DES STRATÉGIES CONTRE LE RACISME

20/09/2006 - L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a appelé mercredi les dirigeants africains à formuler des stratégies et des politiques pour combattre le racisme et la discrimination dans leurs villes respectives. Pierre Sane, directeur général adjoint de l’UNESCO pour les sciences humaines et sociales, a déclaré que le raciscme et la discrimination s’étaient enracinés dans les grandes villes d’Afrique, appelant les maires et dirigeants des villes du continent à s’atteler à son éradication.

Devant des milliers de participants au 4ème sommet des villes africaines à Nairobi, où a été lancée une coalition contre le racisme et la discrimination, M. Sane a déclaré que les violences ethniques en Afrique restaient un défi majeur. "C’est triste à dire mais la situation ethnique en Afrique a conduit au racisme et à la discrimination, ce qui freine le développement du continent dans la lutte contre la discrimination", a déclaré M. Sane devant les délégués.

L’UNESCO, en collaboration avec les pays africains, encourage l’égalité pour tous les citoyens sans considération d’âge ou de
sexe, et il prône une égalité des chances pour tous, a dit M. Sane. L’UNESCO a également appelé les groupes de défense des droits civiques à poursuivre la lutte contre la discrimination dont font l’objet les victimes du virus VIH et du sida.
© Xinghua

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CONSTRUISONS UN NOUVEAU 'NOUS'

Par Tariq Ramadan

20/09/2006 - Il y a de quoi être inquiet. La répétition des attentats à travers le monde, la guerre contre le terrorisme lancée après le 11 septembre 2001, ajoutée aux problèmes sociaux ou à l'immigration, ont fini par associer l'islam à l'expression d'une menace pour les sociétés occidentales. La peur s'est installée avec son lot de réactions émotives, parfois légitimes, parfois instrumentalisées à des fins politiques.

Les musulmans sont devant une alternative on ne peut plus explicite : soit ils adoptent l'attitude défensive de la "victime" ; soit ils font face aux difficultés et deviennent sujets de leur histoire. Rien ne changera vraiment s'ils ne décident de se prendre en main, d'être constructivement critiques, et autocritiques.

Les populations occidentales réalisent, devant la présence de plus en plus visible de millions de musulmans en leur sein, que leurs sociétés ont changé. Cela produit des angoisses et des questions légitimes qui s'expriment parfois dans la confusion. Face à ces questions, les musulmans doivent s'assumer et montrer leur capacité à vivre et communiquer sereinement dans les sociétés occidentales.

La "révolution de confiance" que nous appelons de nos voeux passe d'abord par une confiance en soi et en ses convictions : il s'agit de se réapproprier son héritage, de développer une attitude intellectuelle positive et critique. Il faut rappeler que les enseignements islamiques appellent à la spiritualité, à la réforme de soi et que les musulmans sont tenus par le respect des législations des pays dans lesquels ils vivent.

Face aux peurs légitimes, les Occidentaux musulmans ne peuvent se contenter de minimiser ou de se poser en victimes. Ils doivent élaborer un discours critique qui dénonce les lectures radicales, littéralistes et/ou culturelles des textes religieux. Il est important qu'ils ne cautionnent pas la confusion ambiante dans les débats de société : les problèmes sociaux et l'immigration ne sont pas des "problèmes religieux" et n'ont rien à voir avec l'islam.

Le discours qui, hier, était l'apanage des partis d'extrême droite tend malheureusement à se banaliser. En panne d'idées pour promouvoir le pluralisme culturel ou lutter contre les ghettos sociaux, de nombreux politiciens développent une rhétorique dangereuse sur la protection de l'identité et la défense des "valeurs occidentales". Implicitement, tout cela revient à distinguer deux entités : "Nous, les Occidentaux" et "Eux, les musulmans". Même quand les citoyens sont musulmans et tout à fait occidentaux.

Des propos racistes se généralisent, on relit le passé en déniant à l'islam la moindre participation à la formation de l'identité occidentale, désormais purement "gréco-romaine" et "judéo-chrétienne". On fait passer des examens aux frontières qui testent arbitrairement la "flexibilité morale" des immigrés. Le discours de ceux qui instrumentalisent la peur a en fait pour objectif de produire exactement le contraire de ce qu'ils disent combattre : en accusant en permanence les musulmans de ne pas être intégrés et de s'enfermer dans leur appartenance religieuse, ces politiciens ou intellectuels cherchent en fait à isoler les musulmans.

Devant ces instrumentalisations, les citoyens de confession musulmane doivent faire exactement le contraire de ce qui serait naturel : plutôt que de se recroqueviller, ils doivent se faire entendre, sortir de leurs ghettos religieux, sociaux et culturels et aller à la rencontre de leurs concitoyens.

L'heure est à la réconciliation. Mais pour cela, nous devons soumettre nos sociétés à l'épreuve de la critique constructive qui compare les discours et les actes. Voir quelles sont les valeurs proclamées et quelles sont les pratiques concrètes (sur le terrain social, les droits humains, l'égalité des traitements entre les femmes et les hommes, les différentes origines, etc.). Nos sociétés ont besoin de l'émergence d'un nouveau "nous". Un "nous" qui réunit des femmes et des hommes (de toutes religions ou sans religion), qui s'engagent concrètement contre les contradictions de leur société. Ce "nous" représente la dynamique de citoyens qui désirent, ensemble, se battre pour construire le futur.

C'est d'abord au niveau local que se joue l'avenir pluriel des sociétés occidentales. Il est urgent de mettre en branle des mouvements nationaux d'initiatives locales où des femmes et des hommes de différentes sensibilités créent des espaces d'engagement en commun : des espaces de confiance où naîtra le nouveau "nous". C'est ensemble qu'ils doivent réfléchir sur les programmes d'enseignement, par exemple. Comme celui de l'Histoire qui devrait être plus inclusif. Sous peine de provoquer une compétition des mémoires blessées, il faut un enseignement plus objectif de "notre" histoire qui intègre les mémoires qui participent de la collectivité actuelle.

Les mairies peuvent faire énormément pour lutter contre la suspicion qui règne. Les citoyens ne doivent plus hésiter à frapper à leur porte et à leur rappeler qu'en démocratie c'est l'élu qui est au service de l'électeur et non le contraire.

Une révolution de confiance et la naissance d'un nouveau "nous" portée par des mouvements nationaux d'initiatives locales, tels sont les contours d'un engagement responsable de tous les citoyens.

Tariq Ramadan, islamologue, est président du European Muslim Network.
© Le Monde

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LE PAPE 'RESPECTE' LES MUSULMANS

Benoît XVI, pour dissiper le "malentendu" après son discours de Ratisbonne, a exprimé aujourd'hui son "profond respect pour les grandes religions et en particulier pour les musulmans". Par Marie Simon.

20/09/2006 - Le pape Benoît XVI a exprimé mercredi son "profond respect pour les grandes religions et en particulier pour les musulmans qui adorent le Dieu unique". Il a tenté de calmer les esprits au cours de l'audience générale au Vatican, huit jours après son discours de Ratisbonne qui a suscité la colère du monde musulman. Le pape a regretté que ses propos "aient été malheureusement objet d'un malentendu". Lors de ce discours, Benoît XVI avait cité Manuel II Paléologue, empereur byzantin du XIVe siècle, sur le christianisme et l'islam, et notamment une phrase affirmant que le prophète Mahomet n'a apporté que "du mauvais et de l'inhumain", "par exemple en prescrivant de répandre par le glaive la foi qu'il prêchait".

Un dialogue "autocritique" entre les religions
Face à la polémique née après ces propos, le pape a précisé que les citations utilisées ne reflétaient pas ses propres convictions. "Pour celui qui lit avec soin mon texte, il est clair que je n'ai voulu d'aucune manière faire mienne les paroles négatives prononcées par cet empereur médiéval", a-t-il poursuivi. Son intention était selon lui d'expliquer "que la religion et la violence ne vont pas ensemble, contrairement à la religion et à la raison".

Ce matin, le chef de l'Eglise catholique a dit espérer que le tumulte né de son discours, une fois résorbé, permettrait un dialogue "positif et même autocritique" entre les religions et les cultures, mais aussi "entre la raison moderne et la foi chrétienne".

Le pape a été applaudi à plusieurs reprises au cours de son intervention sur la place Saint-Pierre par la foule des pèlerins. C'est la deuxième fois que Benoît XVI revenait sur ses propos. Dimanche, dans sa résidence de Castel Gandolfo près de Rome, lors de l'Angélus, il s'était dit "vivement attristé" par les réactions à ses déclarations dans le monde musulman.
© L'Express

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BENOÎT XVI REGRETTE SANS S'EXCUSER

Religion. Suite aux réactions suscitées par ses propos sur l'islam et la violence, le pape a reculé. Une concession sans précédent.
Par Marc SEMO


18/09/2006 - «Je suis vivement attristé par les réactions suscitées par un bref passage de mon discours (...) considéré comme offensant pour la sensibilité des croyants musulmans alors qu'il s'agissait d'une citation d'un texte médiéval qui n'exprime en aucune manière ma pensée personnelle», a déclaré dimanche le pape Benoît XVI lors de la célébration de l'Angelus. Il a également affirmé «espérer que cela servira à apaiser les coeurs et à clarifier le sens réel de mon discours, qui dans sa totalité était et reste une invitation à un dialogue franc et sincère, dans le respect mutuel» . Après la controverse soulevée par ses propos sur l'islam lors d'une conférence universitaire à Ratisbonne, en Bavière, le pape a exprimé ses regrets, hier, depuis sa résidence d'été de Castel Gandolfo où des mesures exceptionnelles de sécurité ont été prises. Mais il s'est refusé à présenter les excuses formelles exigées par nombre de représentants du monde musulman. Déjà, la veille, le nouveau secrétaire d'Etat Mgr Tarcisio Bertone avait affirmé que le pape était « absolument désolé» que ses propos sur l'islam et le jihad «aient été interprétés d'une façon qui ne correspondait pas à ses intentions» .

Première
Certes, le chef de l'Eglise catholique ne bat pas sa coulpe en public mais une telle mise au point par un souverain pontife est sans précédent. «C'est la première fois qu'un pape se montre désolé quelques jours après une de ses interventions et qu'il semble vouloir faire marche arrière pour atténuer les critiques», remarque Giuseppe Alberigo, directeur de l'Institut pour les sciences religieuses de l'université de Bologne. Dans une interview au quotidien La Repubblica, il souligne que «Jean Paul II avait certes demandé pardon pour des erreurs historiques de l'Eglise mais pas pour l'un de ses discours. En outre, jamais ce pape marqué par les expériences dramatiques du nazisme puis du communisme n'avait prononcé des paroles suscitant des réactions aussi violentes et aussi dangereuses.» Monarque absolu et en théorie infaillible, le pape n'a de comptes à rendre à personne. Mais là, il ne s'agit pas d'une question de doctrine ou d'organisation de l'Eglise, et le Vatican semblait de plus en plus embarrassé des conséquences des propos de l'ancien gardien du dogme et brillant théologien ultraconservateur qui semble parfois avoir oublié qu'il est devenu pape.

Au Vatican, toute l'institution fait bloc pour calmer les polémiques et souligner qu'il s'agit d'un malheureux malentendu. Mais certains s'inquiètent de l'absence de sens diplomatique du successeur du très politique et médiatique Jean Paul II. Ainsi, en juillet 2005, moins de trois mois après son élection, l'ex-cardinal Ratzinger oublia dans un discours place Saint-Pierre de citer Israël parmi les pays victimes du terrorisme, suscitant alors l'ire de Tel-Aviv. Lors de sa visite à Auschwitz, fin mai, il prononça un discours de haute tenue théologique sur l'horreur absolue de la Shoah dans l'absence de Dieu, mais réduisit le nazisme à «un groupe de criminels» s'emparant du peuple allemand, ce qui revenait à dédouaner ce dernier de toute responsabilité. C'était pour le moins maladroit dans la bouche d'un pape allemand qui fut dans sa jeunesse obligé de porter l'uniforme des Jeunesses hitlériennes. Les risques de dérapages sont d'autant plus réels que, selon les rumeurs de la Curie, ce pape ne fait guère lire à l'avance à ses collaborateurs le texte de ses interventions, notamment celles qui ont un caractère avant tout théologique.

«Dialogue»
Samedi, dans un long document, le secrétaire d'Etat rappelait toutes les prises de positions publiques et sans équivoque du pape en faveur d' «un dialogue interreligieux et interculturel» entre chrétiens et musulmans «qui ne peut se réduire à un choix passager» . Mais, en même temps, ce pape a toujours considéré que l'écoute de l'autre ne doit pas empêcher d'affirmer sa propre vérité. Ainsi à l'égard de l'islam. «Nous pouvons offrir le concept de liberté religieuse à une religion où est déterminant le poids de la théocratie, c'est-à-dire l'indivisibilité entre le pouvoir de l'Etat et la religion. Nous pouvons leur montrer un Dieu qui donne plus de liberté à l'homme et lui laisse de nouveaux espaces», expliquait en 2004 celui qui n'était encore que cardinal Ratzinger. C'est ce lien entre foi et raison dans le christianisme qu'il a mis en avant à Ratisbonne.
© Libération

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LA COLÈRE MUSULMANE NE S'ÉTEINT PAS

Le Vatican souhaite utiliser la voie diplomatique pour calmer les polémiques. La branche irakienne d'Al-Qeada menace «l'Occident»

18/09/2006 - Les regrets présentés par Benoît XVI, dimanche, après ses propos sur l’islam et le jihad, ont été diversement accueillis dans le monde musulman. Certains s’en contentent quand d’autres déplorent que le souverain pontife n’ait pas officiellement présenté ses excuses. Le Vatican compte sur la diplomatie pour éteindre la polémique.

Le pape, qui s’est déclaré dimanche «vivement attristé» par la vague d’indignation soulevée son discours de mardi dernier –il y avait évoqué le rapport entre islam et violence en citant un empereur byzantin– a été entendu en Egypte. L’influente confrérie islamiste des Frères musulmans a salué cette déclaration, la considérant comme «une rétractation par rapport à ses propos précédents». Le dirigeant des Frères musulmans, Mohammad Habib, qui a tenu ces propos, a toutefois ajouté qu’il voyait là «un bon pas en direction d’une excuse».

En Russie, où environ 15% de la population est de confession musulmane, le président, Vladimir Poutine, a appelé «les chefs de toutes les confessions du monde à faire preuve de responsabilité et de retenue».

Une demande à laquelle le gouvernement de Malaisie, pays à majorité musulmane, est resté sourd. Il juge les regrets papaux insuffisants et réclame du souverain pontife de profondes excuses. «Pendant tout ce temps, les musulmans se sont sentis accablés et la déclaration du pape exprimant ses regrets sur la vague d’indignation n’est pas de nature à calmer la colère, et d’autant moins que le pape est la plus haute autorité du Vatican», a estimé dimanche le ministre des Affaires étrangères, Syed Hamid Albar, cité par l’agence officielle Bernama. Youssef Al-Qaradaoui, un influent religieux qatari d’origine égyptienne, a appelé dimanche, sur la chaîne Al-Jazira, les musulmans à faire de vendredi prochain une journée de colère. Parce que Benoît XVI «ne s’est pas excusé». «Mais j’avertis les musulmans de ne pas s’attaquer à une quelconque église, lieu de culte ou bien» d’autrui, a ajouté le dignitaire religieux.

De son côté, la branche irakienne d’Al-Qaeda promet de poursuivre le jihad (guerre sainte) jusqu’à «la défaite» de l’Occident, en réponse aux propos du pape, dans un communiqué mis en ligne lundi et signé du Conseil consultatif des Moudjahidine. Cette instance, composée de huit groupes, y déclare: «Nous briserons la Croix. [Vous n’aurez alors d’autres choix que] l’islam ou le glaive», c'est-à-dire la mort. Elle cite un hadith (paroles du prophète Mahomet) promettant aux musulmans de «conquérir Rome», «comme ils avaient conquis Constantinople». Deux autres groupes armés en Irak, Jaïch al-Moujahidine (l’Armée des moudjahidine), et Asaeb al-Irak al-jihadiya (ligues jihadiste de l’Irak), ont déjà menacé le Vatican de représailles dans deux communiqués mis en ligne dimanche sur des sites islamistes.

Le Vatican, qui tente toujours de calmer le jeu, a lancé lundi une initiative diplomatique pour expliquer aux pays musulmans la position du pape Benoît XVI sur l’islam. Le numéro deux du Vatican, Tarcisio Bertone, déclare dans une interview au «Corriere della Sera», que «nous avons chargé les nonces (ambassadeurs du Vatican, ndlr) dans les pays musulmans de présenter et d’expliquer la déclaration aux autorités politiques et religieuses du pays et de faire connaître le texte du Saint Père pour valoriser les éléments ignorés jusqu’à présent».
© Libération

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EMPEREUR BYZANTIN ET PHILOSOPHE PERSAN

Extraits du discours controversé de souverain pontife à l'université de Ratisbonne.
Par Marc SEMO


18/09/2006 - Les propos controversés du pape sur l'islam et Mahomet ont été prononcés le 12 septembre lors d'une conférence à l'université de Ratisbonne, en Bavière, sur «Foi, raison et université» (1). Le pape s'adresse à ses pairs scientifiques et universitaires avec qui, «au-delà des spécialisations, nous formons un tout et travaillons dans la plénitude de la raison unique dans toutes ses dimensions» .

Benoît XVI évoque alors le dialogue que l'empereur byzantin érudit Manuel II Paléologue mena en 1391 près d'Ankara avec un lettré persan «sur le christianisme, l'islam et la vérité». Mettant en exergue ce qu'il souligne lui-même être «un point marginal» mais qui le fascine dans les relations entre foi et raison. Après avoir rappelé que l'empereur savait certainement que dans la sourate II-256 on peut lire «aucune contrainte dans les choses de la foi», le pape relève qu' «il s'adresse à son interlocuteur de façon étonnamment abrupte avec une question centrale sur le rapport entre religion et violence. II lui dit : "Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines comme le droit de défendre par l'épée la foi qu'il prêchait." Et l'empereur expose les raisons pour lesquelles il est absurde de diffuser la foi par la violence. Une telle violence est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l'âme.» Citant Théodore Khoury qui édita en 1960 ce texte, le pape souligne combien « cette phrase est évidente pour un Byzantin nourri de philosophie grecque alors que pour la doctrine musulmane Dieu est absolument transcendant, sa volonté n'est liée à aucune catégorie pas même celle de la raison.»

«La conviction qu'agir contre la raison est contraire à la nature de Dieu est-elle seulement une pensée grecque ?» s'interroge alors Benoît XVI, relevant au contraire «que se manifeste une profonde concordance entre ce qui est grec dans le meilleur sens du terme et la foi en Dieu fondée sur la bible». Il cite ainsi saint Jean qui, au début de son évangile, transforme le premier verset de la Genèse et écrit : «Au commencement était le logos qui signifie à la fois le verbe et la raison.» Et c'est à ce thème très théologique des liens entre la foi et la raison qu'il consacre le reste de la conférence.

(1) Le texte intégral est disponible en allemand, anglais et italien sur le site du Vatican (www.vatican.va).
© Libération

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ORIANA FALLACI S’ÉTEINT DANS LA COLÈRE

Décédée hier matin, l’écrivain et journaliste italienne avait créé la polémique. Par Lionel Chiuch

16/09/2006 - «Il faut se souvenir de l'Oriana Fallaci d'avant». C'est par ses mots que l'écrivain italien Umberto Ecco a commenté la disparition d'Oriana Fallaci, morte hier à 77 ans des suites d'un cancer.

La carrière impressionnante de la grande journaliste italienne ne saurait en effet se résumer aux polémiques déclenchées par ses récents ouvrages. La rage et l'orgueil, publié quelques semaines seulement après les attentats du 11 Septembre, et La force de la raison distillaient en effet de détestables relents d'islamophobie et de racisme. L'auteur y affirmait notamment que les musulmans, comparés à de «nouveaux croisés», «se multiplient comme des rats».

Ces déclarations, véritables appels à la guerre, avaient élevé un tollé. Des procès avaient suivi, ainsi qu'une demande d'interdiction de La rage et l'orgueil par le MRAP.

Le choc fut d'autant plus rude qu'Oriana Fallaci s'était jusqu'alors distinguée comme une figure du pacifisme.

Renommée internationale
Engagée à 14 ans dans la résistance antifasciste, au sein du groupe armé Giustizia e Liberta, la jeune femme s'est ensuite très vite tournée vers le journalisme, devenant en 1950 envoyée spéciale pour le quotidien Il mattino dell'Italia centrale.

Déclinant au féminin le rôle de correspondant de guerre, elle acquiert une renommée internationale avec ses articles sur le Vietnam. Suivront la guerre indo-pakistanaise, le Moyen-Orient et l'Amérique du Sud. En 1968, elle est grièvement blessée par balles à Mexico lors du massacre de la place des Trois-Cultures. Elle en réchappe de justesse, reprenant connaissance à la morgue.

En parallèle à ses activités de grand reporter, Oriana Fallaci écrit de nombreux livres, traduits dans une trentaine de langues. Citons Le sexe inutile (1961), Les abusifs (1963) ou encore La vie, la guerre et puis plus rien (1969), qui lui permet d'obtenir le prix Bancarella.

Son récit le plus connu reste probablement Un homme, prix Viareggio en 1979. Elle y revient sur sa relation avec Alessandro Panagoulis, opposant au régime des colonels grecs qui fut assassiné au cours d'un accident de voiture monté de toutes pièces.

Les grands de ce monde
Après avoir longtemps parcouru le monde, c'est vers les grands qui le dirigent que la journaliste tourne sa plume alerte. Elle soumet ainsi Arafat, Golda Meir, le Chah d'Iran, Deng Xiaopping ou encore Kadhafi à ses interviews sans concession.

Décédée dans une clinique privée de Florence, Oriana Fallaci a passé les dernières années de sa vie cloîtrée dans son appartement de Manhattan à New York. C'est durant cette période qu'elle a déclaré: «Sur ma tombe, je voudrais qu'on écrive: Oriana Fallaci, écrivain.»
© La Tribune de Genève

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Les titres de l'actualité du 15 Septembre, 2006

ROYAL ET SARKOZY ONT 'UNE VISION FRILEUSE DE L'IMMIGRATION' (France)

Jérôme Martinez, responsable Ile–de-France de la Cimade (Association de défense des droits des migrants) réagit aux déclarations de Ségolène Royal qui s'est opposée sur RTL ce matin au principe de régularisation massive des sans-papiers.
Par Salomé LEGRAND


14/09/2006 - Ségolène Royal a déclaré jeudi matin que la régularisation massive n’était pas une solution «parce qu'elle lève des espoirs considérables dans les pays d'origine». Qu'en pensez-vous ?
Ce débat est un faux débat et il est absurde ! Ce ne sont évidemment pas les régularisations de sans papiers organisées par Zapatero (Premier ministre socialiste espagnol, ndlr) en Espagne qui ont rapproché les côtes africaines des rivages espagnols. Les déclarations de Ségolène Royal, comme celles de Nicolas Sarkozy, démontrent une incapacité des politiques à être en prise avec la réalité. Ce n'est pas pour rien que des pays comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni, qui ne sont pas réputés pour être laxistes en matière d'immigration, se posent aujourd'hui la question des régularisations massives. Cette décision repose sur des éléments économiques (besoins de main d'œuvre) et sociaux.

La députée des Deux-Sèvres s'est également prononcée en faveur d'une étude au cas par cas. Croyez vous que ce soit une bonne solution ?
Honnêtement, non. Ça ne veut rien dire. C'est déjà la politique que nous pratiquons mais c'est celle de l'arbitraire. On l'a bien vu cet été avec les 6.000 régularisations annoncées. Les préfectures les accordent en fonction de critères obscures et incompréhensibles. Le cas par cas revient à renoncer à l'élaboration de droits et législations clairs. On se trompe lourdement en estimant qu'il n'y a pas d'alternative entre régularisation massive et cas par cas. Il faut également travailler avec les pays d'origine afin de traiter les causes de l'immigration et non pas se retrouver à en assumer les effets.

Pensez-vous que la France ait une vision particulière de l'immigration ?
On le voit avec les déclarations successives de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, la France a une vision très frileuse de l'immigration. Les politiques proposées ne sont pas assez réalistes, c'est vraiment dommage. La France fait preuve d'une forme d'autisme et d'une réelle crispation sur cette question. C'est une nécessité d'acter l'installation des immigrants en Europe.
© Libération

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STATISTIQUES ETHNIQUES, C'EST POSSIBLE (France)

14/09/2006 - Les statisticiens et les démographes sont aujourd'hui soumis à une double injonction, parfaitement contradictoire. S'ils se désintéressent des origines des immigrés ou de leurs descendants, ils font preuve d'aveuglement et d'incompétence. S'ils s'y intéressent, ils mettent en péril le pacte républicain. C'est toujours trop ou trop peu, et les deux verdicts sont parfois rendus tour à tour par les mêmes juges, assurés d'avoir toujours raison.

On ne peut enfermer les statisticiens dans cet étau qu'au prix de sérieuses confusions.

Il est d'abord fondamental de préciser de quelles données l'on parle. Il existe, d'un côté, des fichiers d'enquêtes anonymes - ou anonymisés si les entretiens étaient initialement nominatifs - issus d'échantillons aléatoires, établis uniquement à des fins de connaissance scientifique et sans aucune incidence sur le sort des personnes. De l'autre, les administrations et les entreprises manient des fichiers de gestion exhaustifs et nominatifs ayant des effets directs sur les intéressés : fichiers du personnel, d'élèves, de locataires, etc. Comment peut-on confondre ces deux types de données ? Dans leur jurisprudence constante, les autorités de contrôle (dont la CNIL) autorisent les enquêtes sur échantillon, qui ont une pertinence à la fois statistique et sociale, tout en restant inflexibles sur l'enregistrement des données d'origine dans les fichiers de gestion. L'enquête expérimentale que l'INED a été récemment autorisé à conduire sur 1 000 adultes nés en France de parents marocains ou turcs, dans le cadre d'un réseau de recherche européen, relève évidemment du premier cas de figure et nullement du second.

Il est absurde d'affirmer qu'avec de tels échantillons on se livre à un "comptage" ou à un "fichage ethnique" de la population. Dira-t-on qu'un magazine qui commande un sondage d'opinion sur mille personnes se livre au "fichage politique" de la population ?

En réalité, la statistique publique étudie de longue date les origines des immigrés, y compris s'ils ont acquis la nationalité française. Contrairement à un préjugé tenace, elle a le droit de "faire des différences entre les Français selon les origines". Le recensement - qui est une opération de dénombrement collectif et non d'enregistrement individuel - distingue les étrangers, les Français de naissance et les Français par acquisition.

Depuis quand le fait-il ? Depuis 1871, c'est-à-dire depuis que la République est République. Quant au détail de la nationalité antérieure pour les étrangers naturalisés, il figure dans tous les recensements depuis 1962. Ce qui est vrai du recensement l'est a fortiori de la plupart des enquêtes de la statistique publique auprès des ménages, où l'on trouve couramment ce genre de données.

Peut-on maintenant remonter d'une génération et poser des questions sur les origines nationales et les pays de naissance des parents ? Cela se pratique dans les enquêtes qui portent sur la mobilité sociale, la mobilité géographique, la transmission de l'éducation, l'intégration des immigrés. Depuis 2005, la question sur les pays de naissance des parents figure même dans l'enquête "Emploi" de l'Insee, ce qui permet d'étudier l'insertion des enfants de migrants sur le marché du travail. On se trompe lourdement quand on prétend, comme je l'ai lu dans des dépêches récentes reprises par la presse régionale, qu'"un pas de plus a été franchi dans le fichage ethnique" parce que l'INED interroge un échantillon de 1 000 enfants de migrants.

Qu'on me permette enfin de citer le plus gros sondage de France, l'enquête Famille (ou Etude de l'histoire familiale) associée au recensement de 1999, une enquête menée par l'Insee avec le concours de l'INED : 380 000 personnes ont répondu à des questions sur leur nationalité actuelle et antérieure, sur leur pays de naissance et celui de chacun des parents, ainsi que sur les langues transmises dans l'enfance. De nombreuses publications en sont issues, dont la presse a rendu compte sans jamais y voir le moindre comptage ethnique.

Bien entendu, toutes ces opérations se sont faites au grand jour, avec un avis favorable des instances légales de contrôle, qui n'y ont pas vu des données "sensibles" (c'est-à-dire faisant apparaître des appartenances ethno-raciales), mais des données d'état civil ou des données culturelles. En clair, les statisticiens n'ont nul besoin de briser de prétendus tabous pour mesurer la sensibilité des origines nationales aux processus d'intégration ou de discrimination. Et ils ne voient guère l'intérêt d'appeler "ethniques" des données qui ne renvoient pas à des ethnies mais à des pays de naissance ou à des nationalités d'origine.

Allons plus loin : peut-on introduire dans les enquêtes de la statistique publique des questions sur l'appartenance ethno-raciale, comme par exemple la couleur de la peau ? Au risque de surprendre, la réponse est oui. Les questions classées comme "sensibles" par la loi de 1978 peuvent être posées à une double condition : qu'elles soient pertinentes pour le sujet de l'enquête et que les intéressés donnent leur accord écrit. Au citoyen, donc, d'en décider. Au chercheur de mesurer ensuite si les taux de réponse sont suffisants.

Tout ce qui précède constitue pour la statistique et la recherche publiques un socle de référence consolidé de longue date, malheureusement ignoré du grand public. Là où les opinions se séparent, y compris parmi les chercheurs, c'est sur la question de savoir si les origines nationales peuvent figurer de façon permanente et exhaustive dans les fichiers de gestion. Contre la législation actuelle, certains préconisent un système de type britannique ou canadien. J'y suis pour ma part opposé, mais cette opinion en vaut d'autres. La mission d'un institut comme l'INED n'est pas de trancher le débat mais de le nourrir.

L'expérience menée il y a quelques mois par un chercheur de l'INED dans quelques entreprises et universités a montré que les salariés et les étudiants faisaient une claire distinction entre les données ethno-raciales ("Blanc", "Noir", "Arabe", etc.) et l'information sur les pays d'origine, de même qu'entre les fichiers d'employeurs et les études scientifiques : ils rejettent les premiers tout en acceptant les seconds. Libre au législateur de modifier cet équilibre s'il le souhaite. Pour sa part, le démographe et le statisticien social ont une mission : éclairer la société sur l'ampleur et le ressort des inégalités et voir dans quelle mesure elles sont liées à des pratiques discriminatoires.

Il n'est pas simple de démontrer qu'une différence est une inégalité et qu'une inégalité est une discrimination : l'outil statistique peut y aider. La statistique démographique et sociale ne vaudrait pas une heure de peine si elle devait déserter ces questions.

François Héran est le directeur de l'Institut national d'études démographiques (INED).
© Le Monde

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MALEK BOUTIH CONDAMNÉ POUR AVOIR DIFFAMÉ LE MRAP (France)

L'ancien président de SOS Racisme avait dénoncé en 2003 "l'antiracisme du Mrap qui défile aux cris de 'Mort aux juifs'".


14/09/2006 - M alek Boutih, secrétaire national du PS aux questions de société, a été condamné jeudi 14 septembre par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris à 1.000 euros d'amende pour avoir diffamé le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples).

L'ancien président de SOS Racisme était poursuivi pour des propos tenus lors d'un colloque organisé le 23 novembre 2003 par le Cercle Léon Blum, sur le thème "antisémitisme, la gauche face à elle-même". A cette occasion, il avait déclaré: "Il faut dire par exemple que si je prends la société française que je connais, il y a des formes d'antiracismes différentes: il y a celui du MRAP qui défile aux cris de 'mort aux juifs', celui de la Ligue des Droits de l'Homme qui écrit le texte justifiant la présence de Tariq Ramadan au FSE. Mais il y a aussi celui de SOS Racisme qui lui organise des débats contre l'antisémitisme et qui l'assume".
Des propos que Mouloud Aounit, président du Mrap, a considérés comme attentatoires à son honneur et à sa considération.

"Ambiguïté"
Malek Boutih avait expliqué lors du procès, le 15 juin dernier, avoir voulu relever le fait que le comportement du Mrap avait été "ambigu" lors de cette manifestation où des extrémistes avaient lancé ces slogans antisémites. S'il n'impute pas à l'association "d'avoir elle-même lancé un tel mot d'ordre ("mort aux juifs", ndlr), il allègue ainsi qu'elle tolère et cautionne par sa présence des slogans gravement antisémites", explique le jugement. Malek Boutih a été condamné à 1.000 euros d'amende et à verser un euro de dommages-intérêts au Mrap.
© Le Nouvel Observateur

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LE PEN SERA JUGÉ EN JUIN 2007 (France)

Son procès pour "apologie de crimes de guerre" et "contestation de crime contre l'humanité" se tiendra après la présidentielle.

14/09/2006 - Le tribunal correctionnel de Paris a décidé jeudi 14 septembre que le président du Front national Jean-Marie Le Pen serait jugé les 7 et 8 juin pour ses propos tenus dans l'hebdomadaire Rivarol en janvier 2005 sur l'occupation allemande en France (1940-1944), qui selon lui n'a "pas [été] particulièrement inhumaine". Officiellement, ces dates ont été choisies sans tenir compte de l'élection présidentielle qui se tiendra en mai. Le président du FN sera candidat s'il obtient entre temps les 500 signatures d'élus nécessaires. Deux informations judiciaires avaient été ouvertes en mars 2005 respectivement pour "apologie de crimes de guerre" et "contestation de crime contre l'humanité". Jean-Marie Le Pen avait été mis en examen dans les deux procédures. Il devra donc répondre devant le tribunal correctionnel des délits de "complicité d'apologie de crime de guerre" et de "complicité de contestation de crime contre l'humanité".

Présentation favorable de la Gestapo
La première instruction ouverte par le parquet de Paris pour "apologie de crime de guerre" visait une présentation jugée "favorable" par Jean-Marie Le Pen de la Gestapo, organisation jugée criminelle par le tribunal de Nuremberg pour son rôle dans les crimes contre l'humanité perpétrés par les nazis. En cause : un passage de l'entretien où le président du FN raconte un épisode supposé où la Gestapo avait joué, selon lui, un rôle positif en empêchant un officier allemand de faire fusiller des civils en représailles d'un attentat. "C'est la Gestapo de Lille, avertie par la SNCF, qui arriva aussitôt à deux voitures pour arrêter le massacre. On pourrait multiplier les anecdotes de ce type.

Le deuxième enquête pour "contestation de crime contre l'humanité" avait été ouverte à la suite d'une plainte avec constitution de partie civile déposée par l'association des fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF). Elle visait un passage dans lequel Jean-Marie Le Pen a notamment déclaré à Rivarol: "en France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés". Selon la jurisprudence de ce type d'affaires, Jean-Marie Le Pen encourt des sanctions de prison avec sursis assorties ou pas de fortes amendes et d'une inéligibilité.
© Le Nouvel Observateur

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LES EXPULSIONS D'ÉTRANGERS EN HAUSSE DE 15% EN AOÛT (France)

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 1.874 étrangers ont été expulsés, soit 16,54% de plus qu'au mois d'août 2005.

14/09/2006 - Le ministère de l'Intérieur a annoncé jeudi 14 septembre une hausse de plus de 15% (16,54%) des expulsions d'étrangers en situation irrégulière en août, par rapport au même mois en 2005. ont connu une hausse de plus de 15% en août par rapport au même mois en 2005. Le ministère précise, dans ses statistiques mensuelles sur l'évolution de l'activité des services de la police et de la gendarmerie nationales, que 1.874 étrangers ont été éloignés. En ce qui concerne l'ensemble des crimes et délits, le ministère fait état d'une hausse des infractions révélées par les services de 14,74%, avec près de 26.000 affaires révélées. Le nombre de crimes et délits élucidés en août a crû de 4,03% (plus de 94.500) et les affaires élucidées de violences contre les personnes enregistrent une augmentation de 3,28% (plus de 18.500 affaires et 8.998 personnes gardées à vue).
© Le Nouvel Observateur

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ECOLE, LE RAPPORT VOILÉ (France)

En 2004, des inspecteurs généraux dénonçaient une montée de la fièvre communautaire dans les établissements... mais le ministère a occulté leurs conclusions. Par Delphine Saubaber

14/09/2006 - On savait que les rapports de l'inspection générale avaient tendance à s'empiler dans les placards de l'Education nationale, mais celui-là, sur les «signes et manifestations d'appartenance religieuse» à l'école, aurait carrément été «occulté». C'est ce qu'affirme un ouvrage, publié ces jours-ci, L'Ecole face à l'obscurantisme religieux (Max Milo). En annexe: le rapport Obin - du nom de l'inspecteur général qui l'a piloté - commenté par une vingtaine d'intellectuels, autour de cette question: doit-on entonner un requiem pour l'école laïque?

Entre octobre 2003 et mai 2004, une dizaine d'inspecteurs généraux ont visité 61 collèges et lycées recrutant dans les «quartiers ghettos» d'une vingtaine de départements. Leurs conclusions sur la fièvre communautaire qui les gagne et déborde le phénomène du voile sont inquiétantes. Des jeunes filles qui «enfilent leur manteau avant d'aller au tableau afin de n'éveiller aucune concupiscence», un proviseur qui impose la viande halal à tous les élèves, un père refusant de laisser sa fillette dans la classe d'un instit (homme) remplaçant, des élèves qui arborent le drapeau algérien ou une plaque de l'armée israélienne… Le rapport épingle le «refoulement», voire le «déni généralisé», qui frappe l'Education nationale sur ces questions, le manque de vigilance des recteurs et inspecteurs d'académie, «le désarroi et la confusion qui dominent» chez nombre de profs. Et en appelle à un pilotage plus ferme et une formation accrue des enseignants.

Ce rapport a été remis en juin 2004 au ministre d'alors, François Fillon. «Plusieurs circonstances ont retardé sa publication, explique un inspecteur général. Il y a eu la première rentrée sur le voile, donc il ne fallait pas jeter d'huile sur le feu. Ensuite, l'enlèvement des journalistes français en Irak. Enfin, la loi Fillon devant le Parlement…» Bref, un an après, en mars 2005, le rapport est mis en ligne sur le site du ministère - «à la suite de demandes pressantes de syndicats et d'associations antiracistes», précise Alain Seksig, inspecteur de l'Education nationale et membre de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra). Celle-ci, au cours d'un entretien avec Gilles de Robien il y a un an, lui a même proposé de prendre à sa charge la publication, avec préface du ministre. «Quelques jours plus tard, on nous a expliqué que, depuis la loi sur le voile, le rapport était caduc, poursuit Alain Seksig. Ce n'est pas tant le fait que le ministère ne publie pas ce texte qui nous semblait inconcevable, mais qu'il dise: “Il n'y a pas de problème”, et n'organise pas la réflexion.» Le rapport a atterri chez un éditeur. «Une loi sur le voile a été votée, le 15 mars 2004, réplique-t-on au ministère. Très opérante, elle a pacifié le climat sur les signes religieux. Le débat est clos: 1 465 cas problématiques en 2003, 4 cette année. Et le rapport Obin, lui-même, relève que les phénomènes observés ne touchent qu'un petit nombre d'établissements.»

En juin 2003, l'Association des professeurs d'histoire et de géographie avait mené, elle aussi, son enquête: 629 collèges et lycées ont répondu à un questionnaire. «Et, sur la totalité, nous avons répertorié 16% d'incidents, souligne son secrétaire général, Hubert Tison. De l'agression verbale à la contestation, voire au boycott, de cours sur le christianisme ou la Shoah, au refus de visiter la cathédrale de Metz en excursion… Certes, la loi a fait baisser la tension, mais elle n'évacue pas les problèmes de fond liés à la montée des revendications communautaires.» A quand une prochaine enquête?
© L'Express

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EDUQUER FACE AUX PARTICULARISMES (France)

En décrochant de la nation, l'école perd son caractère sacré et n'offre plus l'accès à un imaginaire partagé.
Par Michel Wieviorka, directeur du Centre d'analyse et d'intervention sociologiques (Cadis)


14/09/2006 - La massification de l'école et, il faut bien le dire, la démocratisation de son accès suscitent, depuis une bonne trentaine d'années, toutes sortes d'analyses sur sa crise et sur les obstacles auxquels se heurte quiconque tente d'y faire face pour la réformer. Les uns insistent sur les dimensions organisationnelles du problème : la modernisation de l'école est empêchée par des blocages qui font du système scolaire un «mammouth», selon le mot de Claude Allègre qui lui fut reproché d'abondance. D'autres s'intéressent plutôt aux enseignants, à leur malaise, à leurs inquiétudes, mais aussi dénoncent la tentation corporatiste qui gagne certains d'entre eux, à leur défense parfois égoïste d'un mode de fonctionnement où ils trouvent quelque avantage, ne serait-ce que pour leurs propres enfants. Certains, encore, font de l'école l'institution paradigmatique de la République défaillante et insistent sur son incapacité croissante à tenir les belles promesses de l'idéal républicain, pourtant marquées sur ses frontons.

Liberté, égalité, fraternité ? Peut-être, en théorie ; mais, en pratique, l'école coproduit la violence qu'elle combat, aggrave les inégalités sociales et, éventuellement, le racisme. Ce qui aboutit, comme dit Georges Felouzis dans un ouvrage au titre explicite, à l'image de l'Apartheid scolaire (éd. Seuil, 2005).

Les principales critiques portent donc, pour l'essentiel, sur les dimensions sociale et républicaine des difficultés de l'institution scolaire. Elles animent d'importants débats, dont le plus récent, relancé par les déclarations de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, porte sur l'éventuelle suppression de la carte scolaire. Elles sont fondées, même si elles ne peuvent pas s'appliquer uniformément. Mais il faut leur en ajouter une autre : l'école perd son caractère sacré car elle décroche de la nation. Elle est, à l'instar d'autres institutions, comme emportée dans ce phénomène massif qui touche à l'imaginaire collectif : sa mise en cause comme lieu d'identification et de socialisation à la nation. Cela apparaît encore superficiellement si l'on considère, par exemple, l'apprentissage de la Marseillaise ou le traitement par l'école du 11 novembre ­ quels sont les jeunes qui vont encore, avec leurs maîtres, se recueillir devant un monument aux morts ? Cela se constate bien plus profondément si l'on examine la discipline reine, celle qui, plus que toute autre, a forgé l'imaginaire national : l'histoire.

L'histoire en effet a longtemps été, en France comme ailleurs, le récit national. Elle y est enseignée avant tout dans le cadre spatio-temporel qu'offre l'Etat-nation, quitte à s'intéresser aussi à ce qui s'est joué dans d'autres Etats-nations et entre eux. Or, depuis une quarantaine d'années, ce cadre est mis à mal et la nation est interpellée, du dedans et du dehors, par des logiques dont certaines sont liées à la poussée des identités particulières et de leurs revendications mémorielles. La société, hier, était dans l'histoire ; désormais, l'histoire et les mémoires sont dans la société ; et, au lieu que l'histoire soit la mise en forme du récit national, elle est incitée, sous la pression des mémoires, à le déconstruire, elle le met en cause. Un jour, c'est le régime de Vichy et sa contribution active à la destruction des juifs de France qu'il s'agit d'intégrer ; un autre, c'est la colonisation, mais aussi la décolonisation ; un autre encore, c'est la traite négrière, sans parler des pressions pour que notre nation reconnaisse tel ou tel crime commis par une autre, le génocide arménien, par exemple.

La nation n'est pas nécessairement affaiblie par cette poussée. Elle peut, via le pouvoir d'Etat, reconnaître la justesse de certaines demandes mémorielles et même essayer de sortir grandie d'une telle reconnaissance. Mais, quel que soit l'effet d'une pression s'exerçant sur elle, elle est obligée de descendre de son piédestal, d'admettre des torts historiques, elle perd en partie son caractère sacré. Dans ces conditions, l'histoire, moins directement sommée d'être un récit national, peut y gagner en sérieux, en scientificité, surtout si elle sait se moderniser et laisser une place importante à ceux des historiens qui vont le plus loin dans cette déconstruction en promouvant une global history ou une world history. Mais, du coup, elle perd elle aussi son aura, le caractère sacré qui la distinguait et qui lui conférait une légitimité et une attractivité particulières. Il en est de même pour la géographie, mais avec peut-être une moindre intensité. Et cette évolution est accentuée par l'importance que revêtent, dans l'expérience juvénile, les médias électroniques, la télévision, l'Internet, eux-mêmes très ouverts à la globalisation, dont ils sont partie prenante dans tous les aspects, culturels autant qu'économiques.

La crise de l'école nous renvoie à un passé où cette institution pouvait fournir une socialisation symbolique, l'accès pour tous à un imaginaire partagé, l'entrée dans une nation. La perte de sens est, là aussi, exacerbée par la mise en avant de mémoires particulières qui sont, elles, chargées de signification. Dès lors, pourra-t-on encore longtemps parler d'une éducation «nationale» ­ comme le veut le nom même du ministère qui en a la charge ?
© Libération

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INCOMPRÉHENSION DES SANS-PAPIERS DÉBOUTÉS DE SEINE-SAINT-DENIS (France)

13/09/2006 - "J'ai pleuré pendant une semaine", "éjecté sans savoir pourquoi": plusieurs centaines d'étrangers en situation irrégulière ont exprimé mercredi soir à Bobigny leur sentiment d'avoir "injustement" essuyé un refus de régularisation.

Parmi la foule rassemblée sur le parvis de la préfecture à l'appel de plusieurs associations, dont le réseau Education sans frontières (RESF) et la coordination 93 des sans-papiers, nombre ont reçu début septembre la réponse de la préfecture après l'examen de leur dossier de régularisation selon les critères définis par le ministre de l'Intérieur. La réponse tant attendue ne fut pas celle espérée.

Ghizlaine L., une Marocaine d'Aubervilliers, mère de deux enfants de 2 et 5 ans, nés et scolarisés en France, montre la lettre adressée par le préfet et les deux paragraphes qui l'ont "fait pleurer pendant une semaine", dit-elle.

"Il ne m'a pas été possible de réserver une suite favorable à votre demande. Vous êtes invités à prendre vos dispositions pour quitter le territoire français dans le délai d'un mois". Ce courrier, Fernanda, du Cap-Vert, a reçu le même. Elle décrit l'"état de folie" qui l'a saisie quand elle a ouvert la lettre. "Ce sont tous les mêmes courriers qui n'expliquent rien", lance un homme à côté d'elle, "éjecté sans savoir pourquoi".

"On est submergés par les familles refusées qui rentraient pourtant dans les critères Sarkozy. le compte n'est pas bon", constate Jean-Michel Delarbre, de RESF.

Radia Boubtane sort d'un rendez-vous avec une avocate pour un recours en annulation. Elle refoule ses larmes. "Ca fait très mal quand tes enfants te regardent", explique-t-elle. "Mon fils me demande pourquoi nous n'avons pas les papiers alors que les voisins, eux, ont eu une réponse positive".

Eric Plée, maire-adjoint d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), a fait ses comptes: sur 175 décisions connues à ce jour, 155 refus et 20 acceptations. "Le sort réservé à ces dossiers provoque une émotion très forte et un sentiment profond d'injustice", constate-t-il.

Avec des élus, des militants et des sans-papiers, il devait être reçu en début de soirée à la préfecture, pendant que sur le parvis, la foule patientait au rythme des tam-tams.

Le plus optimiste est sans conteste le président du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), Mouloud Aounit, qui croit fort à "un sursaut des consciences": "l'opinion a compris, avec le cas des lycéens expulsés, la cruauté et la brutalité de cette politique".
© Vous-Nous-Ils

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‘IL N’Y A JAMAIS EU EN FRANCE UNE FLAMBÉE D’ANTISÉMITISME’

By Elias Levy, reporter

13/09/2006 - “Le fait qu’il y aurait en France une flambée de violence antisémite, c’est totalement faux. C’est une propagande initiée par les cercles juifs de droite américains et poussée par le Département d’État américain, qui veut se venger de la France à cause de sa position sur la guerre en Irak”, lance en entrevue le journaliste et essayiste français Jean-François Kahn, fondateur et directeur de l’hebdomadaire Marianne.

Tout en reconnaissant qu’il y a aujourd’hui en France “des actes antisémites inacceptables”, Jean-François Kahn tient à rappeler un fait, selon lui, “trop souvent éludé”.

“On oublie un petit détail! Il n’y a pas un autre pays au monde où il y a autant de Juifs face à autant de Musulmans. Vous pouvez toujours dire qu’il y a plus d’actes antisémites en France qu’au Danemark, ça c’est sûr! Mais compte tenu de l’ampleur considérable du nombre de Musulmans qu’il y a en France , compte tenu que la Communauté juive française est une des plus grandes Communautés juives du monde, compte tenu de l’effet dévastateur de la seconde Intifada palestinienne… ce n’est pas vrai que l’on assiste impavides en France à un regain débridé d’antisémitisme.”

Il est résolument convaincu que les actes violents antisémites en France ont été relativement faibles. En revanche, admet-il, l’antisémitisme en tant qu’idéologie “a pris une ampleur énorme” dans l’Hexagone.

“Dans les cités peuplées de populations issues de l’immigration, de quelque immigration qu’il s’agisse, l’antisémitisme est devenu totalement majoritaire, même sous une forme extrêmement féroce, c’est-à-dire: “Tout Juif est complice des assassins des Palestiniens”.”

Jean-François Kahn nous a raconté “une histoire terrible” qu’il n’avait jamais relatée.

Un représentant de la LICRA -Ligue contre le racisme et l’antisémitisme- est allé donner des conférences dans les lycées pour sensibiliser les jeunes à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Un jour, dans un lycée de banlieue, où 60% des élèves étaient Maghrébins, il raconta l’histoire d’Anne Frank.

“Est-ce que quelqu’un connaît dans cette classe l’histoire d’Anne Frank?, demanda-t-il aux élèves. Une petite fille d’origine maghrébine lui dit: “Oui, Monsieur, moi je connais l’histoire d’Anne Frank”. La fillette commença à raconter cette histoire véridique, qu’elle connaissait fort bien. À la fin, le représentant de la LICRA demanda à la la fille: “Qui a tué Anne Frank?” Sans hésiter un instant, elle lui répondit tout à trac: “ Les Juifs”. Pour cette jeune maghrébine, ceux qui tuent les enfants sont les Juifs. Il n’y a personne d’autre qui puisse tuer des enfants, seulement les Juifs. C’est troublant et dégoûtant!”

L’antisémitisme populaire, rappelle Jean-François Kahn, se drape aussi dans d’autres oripeaux abjects.

“Pour les jeunes antisémites vivant dans les cités, les Juifs contrôlent tout, les médias, les banques… et le monde. Ils ont le pouvoir, l’argent… Quand je pense que dans les milieux juifs communautaristes de France sévit l’idée que la télévision française est farouchement propalestinienne et antisémite! Il faut voir aussi ce que disent les Musulmans de France de la télévision: ils la considèrent comme étant foncièrement proisraélienne et totalement contrôlée par les Juifs. Pourtant Juifs et Musulmans regardent la même télévision!”

Même si la source de cet antisémitisme est maghrébine musulmane, ce fléau a irradié vers l’ensemble des populations des cités, notamment la Communauté noire.

L’assassinat crapuleux d’Ilan Halimi est une preuve manifeste de la sinistre propagation de cet antisémitisme des banlieues.

“Ilan Halimi n’a pas été tué parce qu’il était Juif. C’est pire que ça!, dit Jean-François Kahn. L’idée que le Juif est riche, qu’il a le pouvoir, qu’il vit au sein d’une Communauté très opulente qui, naturellement, payera la rançon réclamée, était une évidence pour ses tortionnaires.”

Mais, il ne faut pas pour autant sombrer dans “des amalgames simplistes, réducteurs et fallacieux”, met en garde le journaliste.

“En France, on n’est pas à la veille d’une autre Nuit de Cristal, comme certains Juifs français ne cessent de le claironner. Ce n’est pas vrai! Il n’y a pas une flambée d’antisémitisme violent, mais une montée d’antisémitisme dans les soubassements, en particulier dans les populations des cités.”

Jean-François Kahn est sidéré par la campagne de dénigrement dont la France est l’objet depuis quelques années.

“Quand vous voyez à quel point 4% d’immigrés musulmans créent un psychodrame dans ces pays soi-disant idéaux que sont les Pays-bas et le Danemark, qu’on ne cesse de nous donner en exemple, quand on fait un procès à la France, où il y a quelque 6 millions de Musulmans, ça me fait rigoler! Voyons les choses en face: la France est le pays le plus ouvert, le moins raciste, le moins xénophobe… du monde. Les Français sont le peuple qui a accueilli le plus d’immigrants provenant des quatre coins du monde. Tout le reste, c’est de la blague, de la propagande! Simplement, ça ce paye, et nous le payons! À cela, il faut ajouter le néolibéralisme, qui fait que la France a besoin d’une main-d’œuvre bon marché pour pouvoir augmenter les profits… Tout cela crée une situation qui est en train de casser le tissu républicain. Mais analysons tout ça avec lucidité. Il y a beaucoup plus de Juifs, de Musulmans et d’immigrants en France qu’en Angleterre ou en Espagne. Voyons la situation telle qu’elle est!”
© Canadian Jewish News

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RELAXE D’UNE SOCIÉTÉ IMMOBILIÈRE MISE EN CAUSE POUR DISCRIMINATION RACIALE (France)

13/09/2006 - Le gérant d’une société immobilière de Montpellier qui comparaissait pour «discrimination dans l’offre ou la fourniture d’un bien en raison de sa race» a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel de Montpellier.

En mars 2003, Michel Froidure, souhaitant louer un studio à Montpellier, avait envoyé les papiers nécessaires à la société immobilière Montcel qui lui avait réclamé un garant, estimant ses revenus insuffisants.

Michel Froidure s'était rendu à Montpellier pour visiter le logement et avait fourni les documents concernant son garant, de nationalité algérienne selon SOS Racisme. Dès le lendemain, il s'était vu refusé la location du logement au motif que «le cautionnaire doit être de nationalité française» et que l'intéressé n'avait fourni «que la carte de résident» de ce dernier. Michel Froidure avait alors déposé plainte et saisi SOS Racisme.

A l'audience, le gérant de la société montpelliéraine, Olivier Collet, a reconnu que son employé avait «mal formulé» la lettre de réponse et qu'il s'agissait d'une «maladresse avérée». Il a toutefois précisé qu'elle «ne correspondait pas au fond du dossier» auquel il «manquait des pièces» et notamment un relevé d'identité bancaire. Olivier Collet a précisé qu'il louait une vingtaine d'appartements à des étrangers, sur les 80 appartements que compte la résidence hôtelière où se trouve le studio.

De son côté, le vice-président de SOS Racisme, Samuel Thomas, a dénoncé «un classique de la discrimination au logement» et rappelé notamment le texte du Code de l'habitat et de la construction de janvier 2002 selon lequel il est «interdit d'écarter un garant sous prétexte qu'il est de nationalité étrangère». Pour la défense, Me Nicolas Castagnos a plaidé la relaxe du gérant, estimant qu'il n'y avait pas d’«éléments intentionnels de la faute». Une position suivie par le tribunal correctionnel. Me Cheik Sacko, l'avocat de SOS-Racisme et de Michel Froidure qui avait demandé 11.000 euros de dommages et intérêts pour chacun, a souligné son intention de faire appel.
© BatiActu

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UN POLICIER DE LA BAC CONDAMNÉ POUR RACISME (France)

Un officier de la brigade anti-criminalité a été condamné à un an de prison avec sursis pour injures racistes et violence.

12/09/2006 - Les sanctions pleuvent dans la police ces derniers temps. Dernière affaire en date, un policier parisien de la brigade anti-criminalité (BAC), Jean-Luc Cantet, a été condamné mardi 12 septembre par le tribunal correctionnel de Paris. Ce dernier a reçu une peine d'un an de prison avec sursis et à une interdiction définitive d'exercer dans la police pour violence et injures racistes. Le 6 novembre 2004, à la station de métro Saint-Michel (Paris VIe), le gardien de la paix s'était violemment interposé alors qu'un usager, informaticien de nationalité marocaine, échangeait vivement avec une guichetière de la RATP. Le prévenu avait plaqué la victime contre le mur, lui avait passé les menottes avant de le conduire dans un local isolé. Selon les témoignages de plusieurs témoins présents devant l'entrée du local, tout en l'insultant copieusement, notamment en lui criant: "ferme ta gueule sale bougnoule" ou "sale bicot", Jean-Luc Cantet avait giflé la victime.

Pas de justification
Pour la 17e chambre du tribunal, présidée par Joël Boyer, "ces agissements qui ne trouvent de justification dans aucune circonstance liées aux impératifs de l'ordre ou du service public sont de ceux qui, au-delà des circonstances propres à l'espèce, jettent un discrédit durable sur la police nationale". "Le souci de préserver les institutions publiques de toute suspicion de complaisance à l'égard de comportements hautement blâmables et délétères pour la concorde nationale, ne permet de s'en accommoder", ajoute le tribunal. Un des collègues du policier, Olivier Menjoulou, reconnu coupable d'"abstention volontaire d'empêcher un crime ou délit contre l'intégrité d'une personne", a également été condamné à quatre mois d'emprisonnement et 1.200 euros d'amende. Les deux policiers devront verser solidairement 2.500 euros de dommages-intérêts à la victime pour son préjudice physique et moral.
© Le Nouvel Observateur

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PLUSIEURS MILLIERS DE MANIFESTANTS À PARIS POUR SOUTENIR LES EXPULSÉS DE CACHAN (France)

10/09/2006 - Entre 3 500 et 15 000 personnes ont manifesté, samedi 9 septembre à Paris, pour soutenir les expulsés du squat de Cachan. En tête du cortège, parti peu après 15 heures de la place de la République figuraient les comédiens Josiane Balasko, Emmanuelle Béart, Charles Berling et Guy Bedos, l'ancien champion olympique de judo Djamel Bouras, le député socialiste Jack Lang, la porte-parole de Lutte ouvrière Arlette Laguiller, le dirigeant altermondialiste José Bové, la candidate des Verts à la présidentielle Dominique Voynet.

"Qu'est-ce qu'on veut? Des papiers! Pour qui? Pour tous!", a scandé la foule, où apparaissaient les drapeaux de nombreux partis de gauche et associations comme Droit au logement (Dal). "Un logement, des papiers, une école, tout de suite", pouvait-on lire sur une banderole."Sarkozy a oublié, ses parents sont étrangers!", scandaient les manifestants. Les familles de Cachan, dont nombre de mères africaines avec leurs enfants, marchaient juste derrière le carré de personnalités.

"On demande de l'espoir pour vivre libres et on en a marre de se cacher comme des assassins", expliquait un des expulsés de Cachan en grève de la faim "depuis 19 jours".

C'est la première fois qu'un défilé de soutien aux expulsés de Cachan rassemblait autant de monde. Comme lors de trois précédents défilés qui ont eu lieu depuis l'évacuation de la Cité universitaire, le 17 août, les manifestants réclamaient le relogement de tous les expulsés, dont de nombreuses familles avec des enfants, la scolarisation de ces derniers et la régularisation de toutes les personnes dépourvues de papiers qui se trouvent parmi les expulsés.

"Il faut continuer à se bagarrer. Et j'aimerais que l'ensemble de la gauche se batte avec plus d'énergie à nos côtés", a déclaré Jack Lang, qui ne "s'expliquait pas", l'absence du Parti socialiste dans la manifestation alors que les Verts, le PCF, la LCR, ou encore LO ont systématiquement appelé à défiler aux côtés des expulsés de Cachan depuis le début de leur combat.
© Le Monde

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PHILIPPE DE VILLIERS VEUT ÊTRE CANDIDAT POUR 'REMETTRE LA FRANCE EN ORDRE'

10/09/2006 - Le président du Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers, a présenté dimanche à Guidel, dans le Morbihan, ses 100 mesures pour "remettre la France en ordre", s'il était élu président de la République. Devant plus de 600 de ses partisans réunis en université d'été, M. de Villiers a énuméré les "cinq piliers" de sa campagne, pour redresser une "France qui s'enfonce, perd de sa souveraineté et de sa vitalité".

M. de Villiers a exalté "une France rurale plutôt que techno", "la famille plutôt que la mariage homo", "la suppression des 35 heures", "l'immigration zéro plutôt que l'immigration choisie ou subie" et "une nouvelle Europe avec les patries plutôt qu'avec la Turquie"."J'ai été un des vainqueurs du référendum, je serai un des vainqueurs de la présidentielle", a déclaré M. de Villiers, qui a conclu son discours en appelant le peuple français "à se saisir du drapeau (tricolore) qu'on piétine".

"Lève les couleurs et espère tout des retrouvailles de la France avec la grandeur", a lancé M. de Villiers, promettant de rassembler "tous les patriotes, d'où qu'ils viennent". "Est-ce que la France va demeurer une nation, ou devenir un espace multiculturel mondialisé", a demandé M. de Villiers, qui a promis de "sortir la France de sa repentance perpétuelle", en fêtant par exemple la victoire française d'Austerlitz.

SUPPRESSION DES 35 HEURES ET DU CFCM
Il a aussi promis de "fêter chaque année le 30 mai 1968" et son "sursaut patriotique", quand "deux millions de Français sont descendus dans la rue et ont mis fin à la chienlit soixante-huitarde, et renvoyé Daniel Cohn-Bendit dans ses foyers". Devant ses troupes, M. de Villiers encore proposé un soutien aux "30 000 communes rurales qui se sentent abandonnées pendant qu'on déverse des milliards d'euros sur les banlieues".

Il s'est aussi engagé à inscrire dans la Constitution que le mariage était réservé aux couples homme-femme, et à imposer à l'école "la sélection par le mérite, l'efficacité, le travail". S'il était élu, les allocations familiales seraient réservées aux familles françaises, le Conseil français du culte musulman serait "supprimé" au nom du refus, selon lui, de l'ingérence étrangère.

M. de Villiers, qui veut réduire la part des prélèvements obligatoires dans le PIB à 33 %, s'est prononcé contre "l'impôt spoliateur", "pour l'artisanat plutôt que pour l'assistanat", et a plaidé pour une "société tournée vers le travail plutôt que vers le loisir".
© Le Monde

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PANIER DE CRAN (France)

Du terrorisme langagier

09/09/2006 - La récente offensive du Conseil représentatif des associations noires (CRAN) et du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) contre la définition de la colonisation dans Le Petit Robert est un parangon de politiquement correct.

Le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) ont accusé cette semaine Le Petit Robert de faire l’apologie de la colonisation, « mise en valeur, exploitation des pays devenus colonies ». Les autoproclamés défenseurs d’une prétendue cause noire en France ne manquent décidément pas de CRAN, tant leurs audacieuses dénonciations confinent au ridicule.

« Je me représente moi-même, et c’est déjà pas mal » (devise associative)
Voilà près de deux décennies que les associations dites représentatives de telle ou telle communauté ont pignon médiatique sur rue. Nos politiques portent une lourde responsabilité en cherchant à instrumentaliser ou à courtiser les uns et les autres. Les dîners du CRIF sont ainsi devenus incontournables [1] et ceux du CRAN ont récemment accueilli la crème de la crème de la classe politique (Roselyne Bachelot, Christine Boutin...). Pourtant, quelle légitimité accorder à des associations dotées de très peu de militants, organisées comme des armées mexicaines et grassement subventionnées ? Et certaines des personnes censées être concernées s’agacent d’être assimilées à ces associations auxquelles elles n’ont rien demandé. Mais les médias et les élus n’en ont cure.

Pasteurisation du langage
Un temps, les associations féministes ont tenu le haut du pavé en matière de traque du sexisme et de l’insupportable domination masculine jusque dans les moindres recoins de la langue. Elles n’hésitaient pas à en appeler au catastrophique Derrida [2] pour cautionner leur « napalmisation » du français. Cette guerre d’usure dont les bien nommées Chiennes de garde furent les maréchales nous a valu les plus superbes pages pamphlétaires du regretté Philippe Muray mais surtout une mutilation avérée de la langue [3]. Le CRAN s’inspire de cette démarche politiquement correcte. Objectif : gommer ce qui déplaît dans la langue, passer au tribunal de l’orthodoxie bien-pensante les mots qui fâchent. Sur ce plan, certains mots pourraient bel et bien passer à la trappe quoique le dictionnaire en signale la tournure péjorative (nègre, négresse, négrillon, mais ni négrier, ni négritude !). La langue en ressort comme ces fromages pasteurisés de Hollande (l’autre pays du politiquement correct, du moins jusque dernièrement) : sans saveur et sans intérêt.

L’inculture au fondement du terrorisme intellectuel
Au-delà du désir naïvement infantile de ne vexer personne, se trouve une démarche impitoyable de formatage des esprits. Sous des dehors bienveillants, le but est d’imposer une vision du monde, d’annuler le débat en imposant l’univoque, de flétrir toute dissidence rhétorique sous des noms d’oiseaux. Bref, la reddition sans condition de la liberté de l’esprit est l’aboutissement de ce terrorisme intellectuel. Comme n’importe quel terroriste, les grands esprits du CRAN font preuve d’une inculture crasse. Car en dénonçant la définition de la colonisation comme « une mise en valeur [...] des colonies », le CRAN considère la valeur comme un concept moral et ne le prend pas dans son acception économique, comme l’a noté le lexicologue du Petit Robert. Preuve supplémentaire que le moralisme, résultat d’un manque de sens moral, non d’un trop-plein, est le fond de commerce du CRAN. Pourtant, l’essence même de la colonisation est de valoriser un pays, c’est-à-dire de mettre les terres en culture, d’ouvrir des mines, bref d’exploiter les richesses du pays soit en massacrant les autochtones soit en les asservissant. N’est-ce pas cette approche utilitariste, d’aucuns diraient impérialiste, qui rend la colonisation si détestable ? Les dirigeants du CRAN montrent non seulement leur inconséquente inculture, mais ils nous révèlent de façon éclatante, qu’au fond, ils se soucient bien moins de la colonisation que de savoir s’ils passeront au 20-heures. Obnubilé par ses luttes intestines pour devenir la coqueluche d’un jour des médias, le panier de CRAN s’agite !

Marc-Émile TOURNEMIRE
Revue républicaine

[1] Exemple récent : Bertrand Delanoë a préféré les agapes du CRIF au vote, au conseil de Paris, du plan local d’urbanisme engageant l’avenir de Paris sur au moins vingt ans !
[2] Encensée comme de juste à sa mort, la valeur intellectuelle des travaux de Jacques Derrida était très contestée chez les universitaires anglo-saxons, qui lui reprochaient un manque de rigueur et de clarté dans sa démarche intellectuelle.
[3] Cheffe, auteure, professeure, députée et les citoyens-ennes poussent comme chienlit dans nos médias.
© Revue Républicaine

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ALLEMAGNE - UNE RESPONSABLE DU SPD VEUT INTERDIRE LES FANS RACISTES DE STADE

13/09/2006 - Une vice-présidente du Parti social-démocrate (SPD) allemand, Ute Vogt, a réclamé mercredi que les supporteurs racistes soient définitivement exclus des stades de football après les incidents racistes qui ont émaillé un match de la Coupe d'Allemagne de football samedi.

"Il faut un travail de sensibilisation des fans durable et efficace qui répande le message de fair-play véhiculé par le sport jusque dans les communautés de supporteurs", a-t-elle affirmé dans un communiqué.

"Ceux qui ne s'y tiennent pas doivent disparaître des stades par des interdictions de fréquentation, à vie si nécessaire", a-t-elle ajouté.

L'attaquant de Schalke 04 Gerald Asamoah, seul Noir de l'équipe nationale d'Allemagne, a été vivement pris à partie samedi par des supporteurs de l'équipe B du club de Rostock (3e div. allemande) lors d'un match de Coupe remporté 9-1 par Schalke samedi.

La Fédération allemande de football (DFB) a ouvert lundi une enquête après les cris de singe et les insultes racistes lancées contre le joueur d'origine ghanéenne.

"Les responsables du Hansa Rostock et de la DFB doivent dire clairement que le racisme n'a rien à faire dans le sport", a encore souligné Mme Vogt.

"Il n'est pas possible que durant le Mondial de foot tout le monde se prenne par la main et se prononce contre la discrimination et le racisme puis prononce à nouveau des injures dans les stades" quand la compétition est terminée, a-t-elle conclu.
© Télévision Suisse Romande

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DES NÉONAZIS JETTENT LE TROUBLE À QUELQUES JOURS DES ÉLECTIONS RÉGIONALES DE BERLIN (Allemagne)

12/09/2006 - A moins d'une semaine des élections dans deux régions de l'est de l'Allemagne, les autorités s'inquiètent de l'activisme de l'extrême droite. A Berlin, des jeunes néonazis s'en sont pris physiquement à des militants de partis politiques traditionnels et ont fait irruption, à plusieurs dizaines, dans des réunions électorales. Dans le Mecklembourg-Poméranie occidentale, le Parti national démocrate (NPD), formation ouvertement néonazie, serait en passe de réaliser un score d'environ 7 %, dimanche 17 septembre. Le débat sur une possible interdiction de ce parti est relancé par quelques voix minoritaires.

L'agression perpétrée, vendredi soir 8 septembre, contre un militant du Parti social-démocrate (SPD) qui accrochait des affiches électorales à des lampadaires, dans le quartier est-berlinois de Marzahn, est l'acte le plus violent enregistré jusqu'à présent durant la campagne. Le jeune de 23 ans, qui a été frappé à une quinzaine de reprises, a été hospitalisé. Le maire de Berlin, Klaus Wowereit (SPD), s'est rendu à son chevet. Les deux agresseurs, âgés de 20 et 21 ans, ont été arrêtés.

Ces dernières semaines, des militants berlinois du SPD, de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et du Parti de gauche (ex-communiste), avaient déjà été victimes d'agressions plus ou moins violentes. Plus spectaculaires, les descentes de crânes rasés dans des réunions électorales de partis démocratiques, où les intrus surpassaient en nombre les personnes présentes. Dimanche, ils étaient plus de vingt à défier un rassemblement organisé pour dénoncer l'extrême droite en présence du sénateur (SPD) de Berlin pour les affaires intérieures, Ehrhart Körting. Devant 400 personnes, celui-ci a déploré la meilleure organisation des néonazis durant ces élections par rapport à de précédents scrutins.

Dans quatre arrondissements de Berlin, le NPD, mais aussi les républicains pourraient franchir la barrière des 3 %, synonyme d'une entrée au conseil municipal, selon de récents sondages. Grâce à un discours attirant les jeunes et à la distribution de CD de musique nationaliste à la sortie des lycées, le NPD pourrait également réaliser une percée dans le Mecklembourg-Poméranie occidentale, dans l'extrême nord-est de l'Allemagne. Il est crédité de 6 % à 7 % dans les sondages. En 2004, il avait réalisé 9,2 % dans le Land de Saxe.

Cette perspective a incité des responsables SPD du Mecklembourg à réclamer un nouveau débat sur l'interdiction du NPD. En dépit du soutien de Peter Strück, le président du groupe social-démocrate au Bundestag, une telle interdiction a été jugée peu réaliste par les ministres de l'intérieur des Länder, réunis la semaine dernière. En 2003, une précédente tentative avait été rejetée par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.

Antoine Jacob
© Le Monde

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LA JUSTICE DÉMENT LES PROPOS DE VTM (Belgique)

Le parquet fédéral dément vivement que les suspects dans le dossier du mouvement Bloed, Bodem, Eer en Trouw aient planifié d'assassiner le chef de file du Vlaams Belang, Filip Dewinter, ou Dyab Abou Jahjah, le leader de la Ligue arabe européenne.Adepte des sites du BBET

13/09/2006 - Le parquet fédéral fait officiellement savoir qu'aucun projet concret d'attaque sur Filip Dewinter, Dyab Abou Jahjah ou d'autres personnalités éminentes n'avait été mis au point par le groupe d'extrême droite démantelé la semaine passée, a déclaré le porte-parole du parquet fédéral.

L'annonce de la nouvelle par les informations de la chaîne flamande VTM ne repose sur absolument aucun élément concret du dossier, explique le porte-parole.

Dewinter pour cible
Le Bloed Bodem Eer en Trouw (BBET), qui prévoyait de tuer Filip Dewinter, voulait imputer l'assassinat au milieu fondamentaliste musulman et, profitant du tumulte qui s'en serait suivi, aurait liquidé Aboe Jahjah, le leader de la Ligue arabe européenne. C'est ce qu'indiquait ce mardi soir la chaîne flamande de télévision VTM dans son journal télévisé. VTM a cité des sources judiciaires.

Le but ultime de toute la manoeuvre était de provoquer la déstabilisation du pays. Les enquêteurs pensent que Thomas B., le principal suspect du BBET, avait l'intention de déstabiliser l'état belge avec comme but final l'avènement d'une Flandre fasciste, précise VTM.
Selon la télévision privée flamande, les autorités judiciaires de Termonde ont écouté durant deux ans les conversations téléphoniques de Thomas B. et de ses acolytes. Les enquêteurs ont alors découvert que le BBET avait l'intention d'assassiner Filip Dewinter, chef de file anversois du Vlaams Belang.
© Le Soir en ligne

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DEWINTER AURAIT PU ÊTRE UNE CIBLE, SELON L'AVOCAT DE BOUTENS (Belgique)

13/09/2006 - Thomas Boutens, le leader du groupe néo-nazi démantelé jeudi dernier, a bien cité Filip Dewinter (chef de file du Vlaams Belang à Anvers) et Dyab Abou Jahjah (dirigeant de la Ligue arabe européenne) comme cibles de son groupe, a dit son avocat, Me Geert Waegebaert, ce mercredi soir sur VTM.

La chaîne privée flamande avait affirmé mardi soir que ces deux hommes étaient des cibles du BBET, groupuscule dirigé par Thomas Boutens. Ce qu'avait démenti le parquet fédéral un peu plus tard, indiquant qu'il n'y "avait pas de projet concret d'attentat sur Filip Dewinter, Dyab Abou Jahjah ou d'autres personnalités organisé par le groupe d'extrême droite démantelé la semaine dernière'.

Thomas Boutens a lui-même minimisé ces déclarations lors de son interrogatoire. Mais la justice les prend au sérieux, a dit Me Waegebaert. Quant à Dyab Abou Jahjah, il a déclaré qu'il n'était pas étonné d'être une cible de néo-nazis.
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HANS VAN THEMSCHE, FAMILIER DE BLOOD&HONOUR (Belgique)

Hans Van Themsche visitait très régulièrement les sites internet de Blood & Honour

12/09/2006 - Hans Van Themsche, le jeune skinhead qui avait commis un massacre raciste dans les rues d'Anvers en mai dernier, visitait régulièrement les sites internet des organisations néo-nazies Blood&Honour et BBET, dont plusieurs membres présumés ont été arrêtés la semaine dernière, indique l'hebdomadaire Knack dans son numéro à paraître mercredi.

L'hebdomadaire a interviewé Marco Van Haerenborgh, un membre du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme qui suit depuis plusieurs années l'actualité des mouvements néo-nazis en Belgique.

"Je pensais très bien connaître Bloed-Bodem-Eer-Trouw (BBET), et vu leurs antécédents, découvrir des armes chez eux n'était au fond pas surprenant. Mais des explosifs prêts à l'emploi et du matériel de guerre! Je suis tombé de ma chaise en l'apprenant. Il est clair que BBET joue dans une autre catégorie que celle de la petite extrême droite que nous connaissions auparavant", indique Marco Van Haerenborgh.

D'après lui, le noyau dur du BBET n'a jamais compté plus d'une vingtaine de personnes, probablement celles qui ont été interpellées dernièrement par la justice. Autour de ce noyau circulent des groupes plus importants, constitués souvent de très jeunes personnes, qui lisent la propagande xénophobe et peuvent se radicaliser avec le temps.

"A terme, je pense qu'ils constituent un danger plus important, parce qu'on ignore quel impact aura sur eux le discours radical qu'ils entendent. Par exemple, Hans Van Themsche visitait très régulièrement les sites internet de Blood&Honour et du BBET", a-t-il ajouté.

Le 11 mai dernier, Hans Van Themsche, jeune homme de 18 ans qui a baigné dans une atmosphère d'extrême droite, avait abattu en pleine rue une fillette flamande de 2 ans, Luna, et sa nourrice malienne Oulematou Niangadou, après avoir grièvement blessé par balle une femme turque, Songül Koç, qui lisait un livre sur un banc public. Elle est la seule des trois victimes à avoir survécu au massacre, dont Van Themsche a reconnu qu'il était motivé par le racisme.
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12 DÉTENTIONS PRÉVENTIVES CONFIRMÉES EN BELGIQUE

12/09/2006 - La justice belge a décidé mardi de maintenir en détention préventive 12 personnes considérées comme les principaux membres du réseau néonazi démantelé la semaine dernière en Flandre (nord), et qui projetait des attentats pour déstabiliser les institutions du royaume.

La chambre du conseil de Termonde (centre) a confirmé mardi après-midi les 12 placements en détention décidés ce week-end par le juge antiterroriste Patrick Van Cauteren à l'issue d'un spectaculaire coup de filet réalisé dans les milieux militaires belges.

Les 12 personnes arrêtées, ainsi que six autres qui avaient été remises en liberté conditionnelle, sont soupçonnées d'appartenir au groupuscule néonazi baptisé «Bloed, Bodem, Eer, Trouw» (BBET, Sang-Sol-Honneur-Fidélité) ou de lui avoir fourni d'importantes quantités d'armes.

Lors de l'opération contre le BBET jeudi et vendredi dernier, les enquêteurs avaient découvert un arsenal de plus de 300 armes, une bombe artisanale prête à l'emploi et de la propagande néonazie. En revanche, l'enquête n'a pas établi jusqu'ici qu'un attentat précis était en préparation.

Dix des suspects maintenus en prison sont inculpés pour des atteintes à la loi antiterrorisme et à la législation réprimant le racisme et le négationnisme, tandis que les deux derniers ne le sont que dans le cadre du volet «trafic d'armes» du dossier, selon le parquet fédéral.

Mardi, les avocats des leaders présumés du réseau, dont Thomas Boutens, un militaire de 25 ans considéré comme le principal responsable du groupuscule, ont défendu la thèse selon laquelle leurs clients ne faisaient pas partie d'un mouvement terroriste.

Pour Geert Waegebaert, l'avocat de M. Boutens, cité par l'agence Belga, son client n'est pas un terroriste mais un «militaire qui s'est laissé séduire par des idées néonazies».

Le ministre belge de la Défense, André Flahaut, a suspendu samedi onze militaires interpellés dans cette affaire. Les perquisitions s'étaient déroulées dans 5 casernes et dans une vingtaine d'habitations privées en Flandre.
© CyberPresse

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DES NAZIS FLAMINGUANTS MENACENT LA BELGIQUE

Préparatifs d’attentat néo-nazis. Organisation démantelée, dix militaires inquiétés. Leur chef, Thomas Boutens!

10/09/2006 - 17 suspects actifs d’extrême-droite, dont dix militaires, ont été interpellés, en Flandres, dans le cadre d’une vaste opération policière visant au démantèlement d’une organisation entraînée et équipée clairement suspectée de préparer des attentats dans un avenir proche en Belgique.

Un militaire du Bataillon Libération du 5ème Génie, un certain Thomas Boutens, dirigeait le groupuscule appelé “BBET “(Bloed, Bodem, Eer en Trouw, soit: Sang, Corps?, Honneur et Fidélité), dissidence d’une autre organisation, Blood and Honour, Sang et Honneur, aux ramifications internationales établies. Des perquisitions ont été menées à Bruxelles et dans quatre casenes dans le nord du pays - Zedelgem, Peer, la base aérienne F-16 de Kleine Broghel et le champ de tir pour chars Léopard de Bourg-Léopold.

Un militaire interpellé est candidat officier. Autre militaire interpellé, le soldat Tamara Van Aelst, 24 ans, affectée à la surveillance des installations de Kleine Broghel (et photographiée près des bombes nucléaires qui y sont stockées sous contrôle américain). En dehors de ses heures, Tamara tient un café, à Bourg Léopold, le Viking, fréquenté par la jeunesse skin-nazi fêlée des environs. Très active sur des sites internet, Tamara s’était fait remarquer par la brutalité des termes utilisés, racistes, xénophobes, négationnistes et antisémites. Tamara a participé à une mission de plusieurs mois en Afghanistan. Il est prouvé que son kamarad Th. Boutens recrutait à l’intérieur de l’armée dans les casernes ou les unités où il travaillait. Qu’il organisait des exercices paramilitaires, des week-ends de survie et des exercices de tir, y compris dans des domaines militaires à l’insu des responsables militaires. Son groupe, Bbet, était en contact étroit avec un groupement d’extrême droite hollandais, Nationale Alliantie (N.A.). Ce n’est pas tout!

Car tous ces préparatifs, en cours depuis 2004, étaient sur le point d’aboutir. C’est ce qui a poussé les trois ministres dans la confidence - Verhofstad, Onkelinx et André Flahaut - à encourager l’intervention du parquet fédéral. Les Renseignements militaires avaient observé que des armes - notamment armes de guerre très sophistiquées - des munitions et des explosifs circulaient: il fallait intervenir. Hier, 150 policiers ont saisi des armes (il n’est pas prouvé qu’elles étaient volées dans les casernes), des munitions en fortes quantités, des détons, des gilets pare-balles, des masques à gaz, des drapeaux, de la propagande, des symboles nazis, un peu de drogue et des anabolisants, des PC et des explosifs, dont un sac à dos piégé prêt - en dix minutes - pour un attentat suffisamment puissant pour détruire un véhicule!

Les policiers n’ont pas trouvé d’indices démontrant qu’un attentat précis se préparait. En revanche, le groupe néo-nazi possédait des modèles de revendication, qui prouvent leurs intentions, à savoir selon le parquet fédéral “déstabiliser l’Etat”.
Nous sommes exactement à un mois des élections dont l’enjeu, pour l’ultra droite flaminguante et le Vlaams Blang, n’a jamais été aussi important.

Gilbert Dupont
© La Dernière Heure

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LA LISTE DES NÉONAZIS DEVRAIT ENCORE S'ALLONGER (Belgique)

250 armes saisies selon nos infos, et de nouvelles arrestations. Le BBET aurait attiré une centaine de militaires !

10/09/2006 - Nous sommes en mesure d'identifier les six premiers dirigeants arrêtés du BBET, l'organisation néo-nazie qui préparait des attentats d'extrême droite en Belgique, avec l'aide de militaires facho convaincus.

Numéro 1, Thomas Boutens , 25 ans, de Buggenhout, militaire de carrière au 5èmede Ligne (dit Bataillon Libération ) à la caserne Piron de Bourg-Léopold, connu en 1999 pour avoir mis le feu et complètement détruit son collège à Opwijk. Arrêté.

Deux, son ex-compagne Tamara Van Aelst , l'égérie, 24 ans, militaire de carrière à Kleine Brogel, dans le civil patronne à Bourg-Léopold d'un bar pour skinheads, strip-teaseuse et modèle érotique sur Internet. Connue pour son parler raciste, xénophobe, négationniste et antisémite. Arrêtée.

En trois, Joeri Van den Plas , 34 ans, civil, figure connue des milieux néo-nazis anversois. Arrêté.

Quatre, Rüdiger Piron , 40 ans, de Putte, célibataire, exerce la profession de représentant. Présenté comme le spécialistes en armement de Bloed-Bodem-Eer en Trouw (BBET), qu'on peut traduire en français par : Sang et Sol, Honneur et Fidélité. Arrêté.

En cinq, Mark Hooremans , un informaticien de Wilrijk : l'idéologue, confectionnait les slogans chocs de l'organisation. Arrêté.

En six, Arnaud Debacker , militaire le plus gradé, candidat officier à l'Ecole royale militaire à Bruxelles, en stage à Bourg-Léopold.

Hier soir, sept des dix-sept suspects interpellés la veille avaient été remis en liberté sous condition; neuf (dont au moins trois militaires) ont été incarcérés à la prison de Termonde. Parmi eux, un collectionneur d'armes bruxellois. Le dernier suspect devait encore comparaître devant le juge qui déciderait de son sort. Ce matin, ce sera le tour de deux nouvelles personnes interpellées hier.

L'instruction a trait à des infractions en matière de terrorisme, armes, racisme, xénophobie et négationnisme.

Peut-être 100 militaires ?
C'est ce qu'un des suspects libéré vendredi affirmait: à sa connaissance, BBET regrouperait bien davantage que 10 ou 12 militaires, peut-être au moins cent, selon lui.

Jeudi soir, deux perquisitions - à Hove et Anvers - avaient permis la saisie de 50 et 60 armes, soit 110, et nos informations faisaient état de 250 pièces d'armes saisies au total dont plusieurs armes de guerre, dites de aute technologie.

Enfin, l'hypothèse d'un projet d'attentat, à Anvers, dans les jours précédant le 8 octobre (élections), n'était pas exclue.
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SOIRÉE ENTRE RÉVISIONNISTES (Belgique)

10/09/2006 - Depuis quelques jours, plusieurs journalistes étaient informés des préparatifs de l'opération visant des néonazis dans le nord du pays.

Tous ont respecté l'embargo, sauf un quotidien anversois et limbourgeois qui, hier matin, annonçait l'imminence des perquisitions visant les milieux les plus durs de l'extrême droite flamingante. Pour la discrétion, c'était raté.

La fuite était-elle intentionnelle ? Au parquet fédéral, la question est posée. Si Blood and Honour Vlaanderen (BHV) était relativement connu des spécialistes - des observateurs de RésistanceS en particulier, la référence en la matière -, BBET Bloed, Bodem, Eer en Trouw n'était connue que comme revue néonazie derrière laquelle personne n'imaginait la présence d'une dizaine (?) de militaires.

Pas plus tard que le mois passé, BBET organise une soirée militante pour soutenir l'antisémite germano-canadien Ernest Zündel, actuellement emprisonné en Allemagne pour ses activités négationnistes.

La soirée devait tourner autour d'exposés donnés par d'autres négateurs du génocide des Juifs perpétré par la dictature allemande avant et durant la Deuxième Guerre mondiale. Il était prévu que participent à la soirée Siegfried Verbeke, Christian Worch et un mystérieux S. Balland - il s'agirait d'un faux nom - présenté comme le "contact wallon".

Les deux premiers dirigent des groupuscules de même mouvance, Vrij Historisch Onderzoek et le Freie Nationalisten allemand.

Sur le plan pénal, le dossier, qui est traité depuis Termonde, retient la législation sur le terrorisme (articles 137 à 140 du code pénal); les armes (lois du 3 janvier 1933 et du 8 juin 2006); le racisme et la xénophobie (loi Moureaux du 30 juillet 1981) et le négationnisme (loi du 23 mars 1995). C'est un dossier du juge antiterrorisme Patrick Van Cauteren.
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UN BELANG DEVENU TROP RESPECTABLE ? (Belgique)

Pour les néonazis, le parti extrémiste flamand est en voie d'embourgeoisement. Dès lors, ils préconisent des voies non démocratiques pour se faire entendre.

08/09/2006 - Pourquoi les néonazis, les négationnistes, les racistes, les antisémites se recrutent-ils surtout en Flandre?
Tout d'abord, il faut éviter des généralisations abusives. Oui, les 17 personnes interpellées sont toutes originaires de Flandre. Mais leur combat, si terrifiant soit-il, est évidemment marginal par rapport à l'ensemble des convictions débattues au Nord du pays. Et des groupuscules de cet ordre, il en existe également au Sud du pays.On peut quand même se demander si ces personnes, et les autres membres des groupes dont elles font parties, sont, de près ou de loin, liées au Vlaams Belang? Directement, non. Ces personnes n'agissent pas au nom du Vlaams Belang. Rien ne dit non plus qu'elles soient membres du parti d'extrême droite, même si politiquement, c'est de ce parti et de cette idéologie-là dont elles sont le plus proches. Notons d'ailleurs qu'un professeur américain, Robert S.Griffin, membre de l'Alliance nationale américaine, qui a participé le samedi 3 juillet 2004, à des activités organisées par «Blood & Honour Vlaanderen», et le BBET («Bloed, Bodem, Eer en Trouw» traduisez «Sang et sol, honneur et fidélité») avait écrit dans le rapport qu'il fit de son voyage qu'il était heureux de voir que les organisations flamandes qu'il a côtoyées en Belgique avaient à leurs côtés un parti comme le Vlaams Belang.

Vernis de respectabilité
Mais visiblement, ces «nazillons» veulent aller plus loin que le combat politique mené par le Belang et veulent agir autrement. Ainsi on peut se demander si la résurgence de cette mouvance à la droite de l'extrême droite, ne tient pas au fait que le Vlaams Belang est ou en tout cas tente d'être de plus en plus un parti «respectable». Un vernis de respectabilité que les dirigeants veulent s'octroyer eux-mêmes en évitant tout discours choquant, raciste ou brutal. Un vernis de respectabilité qui leur est aussi offert par les autres partis flamands, pour qui le Vlaams Belang est un partenaire politique presque comme les autres, mais aussi par les médias qui n'hésitent pas à donner aux leaders de l'extrême droite des tribunes où ils se révèlent redoutables.

Mais cette respectabilité, les néonazis n'en veulent pas. Ce qu'ils cherchent, c'est le combat, la déstabilisation. Car pour eux, la transformation de la société, voire l'instauration d'une dictature, d'une junte, ne doit pas passer par les institutions démocratiques mais doit se faire en dehors des institutions, par un coup d'éclat ou d'Etat.

Outre des éléments «révolutionnaires» de droite, on peut également trouver dans cette mouvance de vrais partisans de l'antisémitisme. Car si le Vlaams Blok contenait, au départ, des nostalgiques du nazisme, il est devenu, depuis quelques années, le grand protecteur de la Communauté juive par opposition aux «Arabes» que le VB rejette comme symbole d'une immigration non désirée.Enfin, une question: la mise au jour de cette menace terroriste aura-t-elle une influence sur les prochaines élections communales? Rien n'est moins sûr. Même après le double meurtre commis par Hans Van Thems à Anvers, les sondages en faveur du Belang n'avaient pas été moins favorables. Or, le double meurtrier, neveu d'une élue du Vlaams Belang, ne cachait pas ses sympathies pour le parti. Mais habilement, les leaders du Belang avaient condamné ce crime et affirmé qu'ils n'avaient rien avoir avec ces gens-là, ni avec leurs théories racistes. Il est probable que ce coup de filet antiterroriste ne modifiera pas non plus les intentions de vote pour le Belang. Car ce parti, pourtant condamné pour avoir imprimé des tracts jugés racistes par la Justice, veut faire oublier cette marque de fabrique. Aujourd'hui, il se contente de flatter les Flamands et d'affirmer que le Flandre, déjà riche, pourrait l'être plus encore si elle larguait la Wallonie: voilà une autre forme de racisme...
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DE NOUVELLES DÉCOUVERTES (Belgique)

On a appris vendredi que deux nouvelles arrestations avaient eu lieu. Elles ne visent cette fois pas des militaires. Mais plus de cent armes, dont certaines de haute technologie, ont à nouveau été découvertes. Par Roland Planchar

08/09/2006 - C'est clair: l'enquête relative au groupuscule d'extrême droite flamand BBET (en français : «Sang et terre, honneur et fidélité; actif notamment au sein de l'armée, est loin d'être close. Logique: elle passe par les aveux de certains suspects. C'est du reste ainsi que, vendredi, de nouvelles perquisitions ont permis de mettre la main sur un arsenal réparti dans deux lieux privés (arrondissements de Malines et d'Anvers).

A l'une des adresses, les enquêteurs ont découvert une cinquantaine d'armes et de pièces, ainsi que des munitions, des lunettes nocturnes et des silencieux. L'autre livrait une soixantaine d'armes supplémentaires. Dans les deux cas, il s'agit d'armes prohibées (de défense ou de guerre, dont certaines de haute technologie). Ce qui porte le total des découvertes à «quelques centaines d'armes», selon la porte-parole du parquet fédéral.

Si rien ne prouve à ce stade qu'elles proviennent de l'armée ou ont été acquises grâce au statut de militaire, on nous dit en marge de l'enquête qu'il faut cependant le tenir pour possible.

Neuf mandats
A la suite de ces nouvelles découvertes, deux personnes ont été appréhendées vendredi, portant le total des interpellations à dix-neuf. Ces fournisseurs d'armes ne sont toutefois pas militaires. Le parquet fédéral a par ailleurs indiqué, vendredi en fin d'après-midi, qu'une quinzaine de suspects avait pu être présentée au juge d'instruction. Neuf - dont trois militaires au moins - ont été placés sous mandat d'arrêt (pour des faits liés au terrorisme, au trafic d'armes, au racisme et au négationnisme). Il s'agirait entre autres de Thomas B. (déjà connu comme incendiaire de son école, lorsqu'il était mineur, selon la RTBF) et de Youri V., qui passent pour des dirigeants du BBET. Ils passeront devant la chambre du conseil de Termonde mardi 12.

Sept autres ont été remis en liberté (dont six en tant qu'inculpés), sous diverses conditions (pas de contact avec les complices supposés; rester sur le territoire...). Et le parquet fédéral d'annoncer que d'autres devaient encore être entendus samedi.

Le même parquet fédéral a aussi indiqué que des perquisitions de moindre ampleur se sont déroulées vendredi en soirée.

Ceci étant, la question se pose de savoir quelle portée réelle il faut donner à tout cela. Certains observateurs pensent en effet que les réunions du BBET au café de Bourg-Léopold «The Viking» (dont la patronne, Tamara, figure parmi les personnes interpellées), n'auraient jamais débouché sur rien de sérieux. On en était, paraît-il, à «récompenser» certains actes par des faveurs sexuelles...

En revanche, un homme présenté comme membre du BBET par certains médias assurait, vendredi soir, que le groupe, fort selon lui de 200 hommes, a les moyens de mettre en pratique de noirs desseins, tout en faisant porter le chapeau à d'autres. Les cibles: la gauche et l'extrême gauche, la police, l'Etat et les étrangers. Ce qui n'a pas forcément convaincu, bien que, côté justice, on évoque un «groupe très inquiétant».
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UN ARRIÈRE-GOÛT D'ANNÉES DE PLOMB (Belgique)

Une dizaine de militaires sont impliqués dans l'affaire, dont le SGRS a eu vent. Ceci rappelle de douloureux souvenirs: les années de plomb, les années 80. Par Christophe Lamfalussy

08/09/2006 - Parmi les dix-sept personnes interpellées jeudi dans le cadre du groupuscule issu de «Blood and Honour Vlaanderen», une dizaine étaient employées à l'armée.

Le procureur fédéral Daniel Bernard a précisé que l'un d'entre eux était candidat officier, un autre disposait du grade de sous-officier et que les autres étaient au bas de l'échelle.

«Selon les premières indications, a-t-il dit, ils voulaient s'attaquer à la structure de l'Etat belge» et préparaient des attentats.

En vertu de la séparation des pouvoirs et parce que l'enquête est encore en cours, le ministre de la Défense n'a pas voulu donner d'interviews. Mais André Flahaut a rédigé un communiqué, avec la ministre de la Justice Laurette Onkelinx, où ils se réjouissent de la «collaboration exemplaire et la cohésion des actions des instances judiciaires, policières et militaires qui ont permis le démantèlement d'un groupement néo-nazi au sein de l'armée».

Le service de renseignement militaire (le SGRS), dirigé par le vice-Amiral Hellemans, a d'évidence joué un rôle crucial dans cette enquête. En plus de ses missions d'information au sein des forces belges déployées à l'étranger, il a pour mission la sécurité des quartiers militaires en Belgique. Selon nos informations, les premiers éléments dans l'enquête «Blood and Honour» ont été récoltés en 2004.

Infiltrer l'armée
Dans leur communiqué, les deux ministres francophones et socialistes ajoutent que «la découverte de quelques pommes pourries ne doit pas avoir pour effet de jeter l'opprobre sur l'ensemble des Forces armées».

Ceci réveille de douloureux souvenirs à une partie de la population belge, qui se rappelle les «années de plomb», ces années 80, mûries une décennie plus tôt, où l'extrême droite attirait en son sein des militaires, des miliciens et des officiers de réserve, planifiait de déstabiliser la Belgique, tout cela, sur le soupçon, jamais prouvé, qu'elle était liée aux tueries du Brabant. L'extrême gauche se radicalisait aussi avec, entre 1984 et 1985, les attentats des Cellules communistes combattantes (CCC).

C'était l'époque de Paul Latinus, découvert mort à Court-Saint-Etienne en 1985, et du groupe Westland New Post (WNP) qui entreprit d'infiltrer, y compris pour les déstabiliser, l'armée belge et le siège bruxellois de l'Otan. Paul Latinus était un ancien officier de réserve. C'était aussi le temps du Front de la jeunesse où l'on retrouvait un groupe «G» comme «Gendarmerie» et un groupe «M» comme «Militaires».

L'extrémisme de droite trouvait dans l'armée à la fois un cadre d'entraînement et un terrain de recrutement. Bert Eriksson, l'ancien leader du Vlaamse militanten orde (VMO), était un ancien paracommando. Hervé Van Laethem, dirigeant du groupe néo-nazi francophone Assaut, était un ancien sous-officier de l'armée belge.

Sur fond de guerre froide et d'anticommunisme radical, l'extrême droite rêvait de fomenter en Belgique un coup d'Etat et d'instaurer un régime proche de la dictature des colonels grecs ou du régime de Pinochet.

Les mouvements flamands et francophones ont cependant défendu à l'égard de l'Etat belge des points de vue différents. Et ils continuent à le faire aujourd'hui, même s'ils se retrouvent sur le terrain de la haine des allochtones.

«L'extrême droite flamande est contre l'Etat belge. L'extrême droite francophone est unitariste», reconnaît Manuel Abramowicz, de l'ASBL antifasciste RésistanceS. «Mais pour eux, l'essentiel, c'est l'organisation du chaos. Ce qu'ils prévoient, c'est une guerre ethnique.»
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MILITAIRES ET TERRORISTES ? (Belgique)

Une vague de perquisitions met à mal les milieux militaires flamands extrémistes. Bombe artisanale, armes, propagande et racisme au menu. Dix-sept suspects ont été interpellés. Par Roland Planchar

08/09/2006 - Une vague de perquisitions d'une ampleur inaccoutumée a été lancée jeudi dans le monde de l'ultra-droite flamande. La cible: le BBET (Bloed-Bodem-Eer-Trouw, ce qu'on traduirait en français par "sang et sol, honneur et fidélité", avec la référence à la devise des "SS" nazies).

Il s'agit d'une scission de l'organisation néo-nazie de skinheads "Blood and Honour", dirigée par B.T., un militaire. Les moyens: quelque 150 agents de la police fédérale (des SJA d'Anvers, de Hasselt et d'Audenarde ainsi que de plusieurs corps de police locale) sont intervenus sous la houlette des enquêteurs du SJA de Termonde, du parquet de la même ville et du parquet fédéral.

Un nombre certes impressionnant, mais rendu nécessaire pour la "visite" de rien moins que cinq casernes (Bruxelles, Bourg-Léopold, Kleine Brogel, Peer et Zedelgem) et dix-huit domiciles privés, tous en territoire flamand.

Ces perquisitions ont porté des fruits: 17 personnes, dont B.T. qui fait figure de principal suspect, ont été interpellées. Seront-elles inculpées et arrêtées pour des faits liés à la détention ou au trafic d'armes, au racisme et à la xénophobie, au négationnisme et au terrorisme?

Il y a certes du mandat d'arrêt dans l'air, mais les interrogatoires du juge d'instruction Patrick Van Cauteren de Termonde (récemment désigné comme juge spécialisé en matière de terrorisme) s'étant déroulés au cours de la nuit et devant se poursuivre ce vendredi, il était impossible de l'affirmer jeudi soir.

Toujours est-il que les racines de l'opération remontent à l'année 2004. A la suite de diverses actions de "Blood and Honour", la justice avait indiqué qu'elle s'intéresserait à ces néo-nazis... Depuis lors, le SGRS (renseignement militaire) et la police fédérale menaient l'enquête pour le ministère public. Ils s'étaient donc penchés sur ces personnes - principalement des militaires - se montrant, comme l'a indiqué lui-même le parquet fédéral, jeudi, ouvertement racistes, antisémites et négationnistes en ne refusant pas l'étiquette du néo-nazisme.

Bref, c'est ainsi qu'il fut découvert que B.T. et ses affidés nourrissaient le dessein de commettre des attentats ayant pour objectif de déstabiliser les structures de base de l'Etat. "Il existait même un modèle de lettre de revendication", a précisé la porte-parole du parquet fédéral, Lieve Pellens.

Exercices secrets
B.T., du régiment "Libération 5 éme de ligne" (caserne Piron, à Bourg-Léopold), a donc fondé, en 2004, sa propre organisation clandestine en recrutant parfois à l'intérieur même des casernes. Il organisait, entre autres, à cet effet des exercices paramilitaires ou des "week-ends de survie", ainsi que des séances de tir. Le SGRS avait même appris que certains se déroulaient dans des domaines militaires, à l'insu de la hiérarchie.

Le BBET, dans la ligne de "Blood and Honour", développait comme lui des contacts à l'étranger. L'enquête en a mis en lumière aux Pays-Bas, avec le groupuscule extrémiste "Nationale Alliantie".

Si la justice ne peut tout dire déjà pour ne pas défavoriser l'enquête, le parquet fédéral précise que des éléments montrent les intentions criminelles du BBET, qui pensait mettre ses idées terroristes en pratique.

"A titre d'exemple, on peut se référer au commerce d'armes, intensif mais très secret, qu'il exerçait avec ses complices. Il était même question d'explosifs et d'armes de guerre très sophistiquées. Jusqu'à présent, l'enquête n'a pas encore prouvé que ces armes auraient été dérobées à l'armée", disait encore Mme Pellens. Les perquisitions (menées en coopération avec le régiment et les services de la sécurité militaire) ont d'ailleurs permis de mettre la main sur des explosifs et des armes d'alarme, de chasse, de sport, de défense et de guerre, sur des détonateurs de mines terrestres et une grande quantité de munitions, des gilets pare-balles et masques à gaz, sur des drapeaux, du matériel de propagande, des symboles et de la littérature néo-nazis, du haschisch et des anabolisants ainsi, enfin, que sur des ordinateurs.

"Dans une maison privée, on a même trouvé une bombe artisanale avec son détonateur, dans un sac à dos", a dit Mme Pellens. Bombe assez forte pour faire exploser une voiture. Même si aucun indice ne désignait un attentat spécifique, voilà qui a de quoi inquiéter.
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UN JUGE PEUT DÉJÀ DISSOUDRE UNE ORGANISATION RACISTE (Belgique)

08/09/2006 - La loi du 4 mai 1999 qui instaure la responsabilité pénale des personnes morales permet au juge de dissoudre une organisation condamnée pour n'importe quelle infraction. C'est d'ailleurs ce qu'avait requis le Parquet lors du procès des asbl de financement du Vlaams Blok, rappelle-t-on ce vendredi au cabinet du ministre de l'Intégration sociale et de l'Egalité des chances Christian Dupont.

Le ministre de l'Intérieur Patrick Dewael, rejoint sur ce point par le premier ministre Guy Verhofstadt, propose que les groupes politiques à la Chambre examinent s'il n'y a pas lieu de légiférer en vue de permettre à un magistrat d'interdire une organisation néo-nazie et antisémite. Au cabinet de Christian Dupont, on s'étonne, vu qu'aux yeux du ministre PS, l'arsenal législatif permettant de mettre fin à ces groupements existe déjà.

La loi du 4 mai 1999 permet au juge de donner une amende, de suspendre voir de prononcer la dissolution d'un groupement ou d'une association condamnée pour racisme et même pour n'importe quelle infraction, précise le cabinet.

Par ailleurs, le ministre de l'Egalité des chances rappelle également que le gouvernement a approuvé en juin trois avant-projets de loi dans le cadre de l'extension de la lutte contre le racisme et les discriminations. Ils visent notamment à aller plus loin encore que la loi Moureaux qui punit l'incitation au racisme.

Il s'agirait, en vertu du projet, de punir "la diffusion" d'idées basées sur la supériorité de la race. Le Conseil d'Etat vient de se prononcer sur ces textes et le ministre Dupont espère qu'ils passeront au plus vite en deuxième lecture. Le ministre se dit d'ailleurs favorable à ce que, à cette occasion, une discussion soit menée de manière à examiner si la législation permet bien de lutter contre toutes les expressions du racisme.

Enfin, le ministre Dupont rappelle que l'accord de gouvernement prévoit de prendre une mesure législative visant à supprimer les droits civils et politiques des personnes condamnées pour racisme. "L'avant-projet est prêt", indique-t-on à son cabinet.
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LE POPULISME A LE VENT EN POUPE EN NORVÈGE

Sécurité, immigration, Etat-providence, le Parti du progrès bouscule dans les urnes les formations au pouvoir. Par Anne-Françoise HIVERT

12/09/2006 - Avec son petit haut rouge, sa jupe à fleurs et ses bijoux fantaisie, Siv Jensen dénote dans les couloirs du Storting, le Parlement norvégien. Blonde, les yeux bleu foncé, la bouche soulignée de rouge à lèvres, cette économiste de 37 ans n'est pourtant pas une novice en politique. Entrée au Parlement en 1997, elle fut vice-présidente du Parti du progrès (Fremskrittspartiet, FrP) pendant douze ans, jusqu'à ce que son fondateur, Carl Hagen, se retire, en mai, après vingt-huit ans de règne. A l'extrême droite du spectre politique norvégien, la formation dont elle hérite se profile aujourd'hui comme le premier parti de la prospère pétromonarchie scandinave.

Non content de son score historique de 22 % des voix aux législatives de septembre 2005, le FrP est crédité de 30 à 35 % d'opinions favorables dans les derniers sondages, devant le Parti travailliste, qui dirige la coalition gouvernementale. Les raisons de ce succès ? Selon Siv Jensen : «Les gens en ont marre de la politique, mais nous, nous les prenons au sérieux et ils nous font confiance.» On taxe le FrP de populisme : «Si ça signifie aller à la rencontre des gens, parler avec eux et les écouter, alors oui, je suis populiste !» s'exclame la nouvelle présidente.

Intouchable cagnotte
Outre l'accent mis sur la sécurité et contre l'immigration, le FrP réclame une baisse des impôts et de l'intervention de l'Etat, tout en promettant une augmentation des investissements publics, financée par l'argent du pétrole. Troisième exportateur mondial de brut, la Norvège est aujourd'hui assise sur une intouchable cagnotte de 185 milliards d'euros, destinée à garantir l'avenir des générations futures. Le FrP propose de puiser dans ce trésor pour financer sa politique. Les analystes ont beau mettre en garde contre les risques d'une surchauffe économique, Siv Jensen rétorque : «Comment peut-on dire que notre recette ne marche pas, alors que c'est la seule qui n'ait jamais été essayée ?»

Longtemps marginal sur la scène politique norvégienne, le FrP a percé en 1989, lorsqu'il décroche 22 sièges au Parlement et s'impose comme la troisième formation du royaume. Malgré une période de turbulences qui débouche sur une scission en 1994, les populistes ont ensuite bondi de 15 à 22 % des voix aux dernières législatives, raflant la deuxième place aux conservateurs. «Brillant stratège, Carl Hagen a eu l'habileté de faire oublier la réputation d'enfant terrible qui collait au FrP pour lui forger une image de protecteur du faible et du petit», remarque le politologue Bert Aardal. Parti des «Harrys» ­ des beaufs , traduit une jeune Norvégienne ­, le FrP a réussi à élargir son électorat, en changeant sa rhétorique. Pourfendeur de l'Etat-providence à la fin des années 70, il s'est transformé en l'un de ses plus ardents défenseurs. Au point qu'il recueille aujourd'hui un bulletin de vote sur cinq chez les 830 000 adhérents de la grande centrale syndicale LO. Bien que l'économie norvégienne soit au beau fixe et le taux de chômage inférieur à 4 %, les inégalités sociales augmentent. «Tout le monde peut voir les déficiences du système, observe Trine Lise Sundnes, secrétaire de LO. La stratégie des populistes consiste à entretenir les frustrations, en comparant la dégradation des services publics à la richesse croissante de l'Etat.»

Xénophobie
«Les médias nous ont bâti une mauvaise réputation, en nous assimilant à des formations telles que le Front national, mais nous n'avons rien à voir avec monsieur Le Pen», affirme Per-Arne Olsen, numéro 2 du parti. La même xénophobie les caractérise pourtant. Durant la campagne de 2001 par exemple, les affiches du FrP montraient un homme cagoulé visant les passants avec un fusil, sous le slogan : «Le criminel est d'origine étrangère». Récemment encore, Carl Hagen a émis des doutes quant à «la loyauté des immigrés nommés à des postes de responsabilité dans l'administration publique». Des propos critiqués par le ministre des Affaires étrangères, qui les a jugés «à la limite du racisme».

«Invasion»
L'affaire des caricatures de Mahomet, cet hiver, a été pour le FrP l'occasion de grimper dans les sondages. Très en verve, Carl Hagen s'est répandu en accusations contre le Prophète, qualifié de «chef de guerre musulman», et en mises en garde contre «l'invasion islamique» qui guette le royaume norvégien. Plus mesurée, Siv Jensen réclame un durcissement de la politique de l'immigration, dénonçant «la naïveté qui a conduit à importer de la criminalité plutôt que d'aider ceux qui en ont besoin». Le discours de Siv Jensen séduit les électrices, dont un tiers se dit prêt à voter pour elle en 2009. Peu importe, semble-t-il, que Siv Jensen ait été la seule à voter contre la loi imposant des quotas de femmes dans les conseils d'administration.
© Libération

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'CE SONT DES MOUVEMENTS POUJADISTES' (Scandinavie)

Franck Aarebrot, de l'université de Bergen, analyse la flambée populiste en Scandinavie. Par Anne-Françoise HIVERT

12/09/2006 - Franck Aarebrot, professeur à l'Institut de politique comparée, à l'université de Bergen (Norvège), analyse les raisons de la flambée populiste dans le nord de l'Europe.

Peut-on parler d'un populisme scandinave ?
Il existe des similarités entre le Parti du progrès (Fremskrittspartiet) en Norvège, le Parti du peuple danois (Dansk Folkeparti) et la Nouvelle Démocratie (Ny Demokrati) en Suède. Tous sont des mouvements poujadistes, formés en réaction à l'Etat-providence scandinave, au moment où celui-ci se trouvait au summum de son expansion. Leur création, à une époque où personne n'osait encore remettre en question le fonctionnement du système ou le niveau des dépenses publiques, constitue un des signes annonciateurs de la crise du modèle scandinave.

Quels sont les fondements de leur succès ?
Tous n'ont pas la même réussite, puisque la Nouvelle Démocratie a fini par succomber aux dissensions de ses dirigeants. Seuls ont survécu les mouvements dirigés par un leader fort, capable d'incarner le parti. Mais, si en Norvège, Carl Hagen a réussi à se maintenir à la tête du Parti du progrès de 1977 à 2006, ce n'est pas le cas de l'avocat Mogens Glistrup au Danemark. Son Parti du progrès danois, fondé en 1972, a dû céder la place au Parti du peuple, né d'une scission en 1995.

Trente ans après leur apparition, comment expliquer que ces mouvements soient aussi forts aujourd'hui ?
C'est le résultat de leur capacité d'adaptation. Au Danemark comme en Norvège, ces partis créés en opposition à l'Etat-providence, en sont devenus des défenseurs. Dans les deux pays, les formations populistes ont su adapter leur discours. En Norvège par exemple, le Parti du progrès était, à l'origine, favorable à une liberté totale de l'immigration, avant que Carl Hagen ne fasse un tabac, en 1987, avec sa campagne pour une politique restrictive.

Peut-on les comparer aux autres partis populistes en Europe ?
Ils partagent avec le Front national ou le FPÖ autrichien une position à droite de la droite sur le spectre politique. Mais, concernant l'idéologie, ces partis n'ont pas grand-chose en commun, si ce n'est leurs fondements protestataires. Le reste dépend beaucoup des spécificités de chaque pays et du système politique dans lesquels ils se sont développés.
© Libération

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ERLINSBACH (SO) REFUSE D'AUTORISER UN CONCERT NÉONAZI (Suisse)

12/09/2006 - La commune d'Erlinsbach (SO) ne veut pas de concert néonazi sur son territoire. Les autorités ont refusé au fondateur du Parti des suisses nationalistes (PSN), Sacha Kunz, l'autorisation d'organiser une "nuit rock" samedi prochain.

Sacha Kunz a tenté de contourner l'exécutif communal en déposant sa demande auprès du canton, a indiqué le président de la commune, Markus von Arx. Il n'est toutefois pas sûr que le grand concert prévu pour samedi n'aura pas lieu.

Car si les propriétaires des terrains sur lesquels il doit avoir lieu donnent leur autorisation, "la commune a les mains liées", selon son président. Il s'agit de deux agriculteurs, dont l'un est certes opposé à la manifestation, mais dont l'autre "veut encore réfléchir".

Au cas où il donne son feu vert, les autorités communales devront se contenter de contrôler si les néonazis et les groupes de hard rock ou de heavy metal ne violent pas la norme antiraciste ni ne commettent aucune autre infraction. La police cantonale de Soleure sera aussi sur place, selon un porte-parole.

L'organisateur Sacha Kunz, qui habite le canton d'Argovie, a déjà été condamné à une amende pour discrimination raciale en juillet 2005 aux côtés de trois autres membres de la direction du PSN. En novembre 2003, le fondateur du parti avait aussi été condamné à 16 mois de prison avec sursis pour lésions corporelles et voie de fait. Il a été impliqué dans six rixes entre octobre 1999 et juin 2002.
© Télévision Suisse Romande

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POUR LES DÉFENSEURS DES ROMS, LA DISCRIMINATION POSITIVE EST ENVISAGEABLE (Tchéquie)

 Par Anna Kubista

12/09/2006 - En avril dernier, nous vous avions parlé des résultats préliminaires d'une enquête sociologique sur l'état des ghettos en RT, commandée par le ministère du Travail et des Affaires sociales. Près d'une semaine après la publication du rapport final, le Conseil gouvernemental pour les affaires de la communauté rom lance un appel à la nouvelle équipe au pouvoir.

Jana HorvathovaLe rapport rendu par l'équipe de sociologues au ministère du Travail est encore plus alarmant que prévu : la RT compterait plus de 300 zones de précarité accrue où vivraient quelque 80 000 personnes, voire plus. Des zones, situées notamment dans les anciennes régions industrielles où le taux de chômage peut atteindre 90%. Des zones que le rapport refuse d'appeler « ghettos » à cause de la connotation négative du mot, lui préférant le terme de « zones d'exclusion ».

Devant cette situation, le Conseil gouvernemental chargé des affaires roms propose des solutions d'urgence. Jana Horvathova, directrice du Musée de la culture rom de Brno, en est membre :
« Le rapport révèle que l'un des plus grands problèmes réside dans le fait que les municipalités sont responsables de l'apparition de ces zones d'exclusion sociale. Le Conseil propose un amendement de la loi sur les municipalités : les devoirs des municipalités vis-à-vis des citoyens y seraient précisément définis pour éviter que ne se créent de nouvelles zones. »

L'autre point important concerne l'éducation, un maillon significatif du cercle vicieux qui mène à l'exclusion, faute d'une intégration au système scolaire et d'une égalité des chances. Le rapport indique que le système tchèque reproduit les schémas d'exclusion. « Le Conseil propose un changement du système éducatif, par exemple en développant la fonction des assistants-pédagogues dans les écoles maternelles, primaires et secondaires, favoriser des classes avec de petits effectifs d'élèves roms et les cours de soutien personnalisés. D'autre part, nous voulons que le système de financement des écoles primaires soit réadapté afin qu'il encourage l'intégration des élèves roms dans le système d'éducation général. »

Autre plaie de l'exclusion, le chômage de longue durée. Devant l'inefficacité à le réduire, Jana Horvathova admet que le Conseil a décidé de promouvoir une solution plus « radicale » que jusqu'à présent : les entreprises de plus de 25 personnes seraient obligées d'employer des Roms. Une discrimination positive à l'américaine ?

« Nous en sommes à un stade où tous les efforts et les tentatives menés par le passé ont échoué ou se sont révélés insuffisants. Le Conseil en est donc à considérer que le modèle de référence vis-à-vis des Afro-américains est un système qui a du succès. »

Comment de telles mesures seraient-elles financées ? Une question qui va dépendre de la volonté du ministère concerné ainsi que de la nouvelle équipe dirigeante. Une possibilité déjà évoquée, celle d'aller puiser dans les ressources du Fonds social européen, jusqu'à 2,6 millions de couronnes qui seraient réparties sur six ans. Reste à savoir si les autorités locales, accusées de favoriser la naissance de ces zones d'exclusion, seront prêtes à s'investir concrètement. En attendant, le nouveau ministre du Travail a réagi à l'appel en jugeant l'idée d'une discrimination positive au travail comme « discutable », mais a promis de tenir compte des propositions du Conseil.
© Radio Prague

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LES EXPULSIONS FORCEES DE FAMILLES ROMS DOIVENT CESSER (Europe)

Par Thomas Hammarberg

13/09/2006 - Ces derniers mois, un certain nombre de familles roms ont, dans plusieurs pays européens, été expulsées de leur logement par la force, la décision d’expulsion étant le plus souvent prise par les autorités locales. Les locataires n’étaient pas prévenus suffisamment de temps à l’avance et aucune alternative réelle ne leur était proposée. Plusieurs de ces expulsions constituent une violation manifeste des normes européennes et internationales en matière de droits humains. Plusieurs cas graves m’ont été signalés. Dans le village de Dorojni, dans la région de Kaliningrad, plus de 200 Roms ont été expulsés fin mai – début juin, et leurs maisons détruites par des bulldozers. Ces expulsions ont eu lieu à la suite de procédures judiciaires accélérées, que des organisations non gouvernementales dignes de confiance ont qualifiées d’inéquitables pour les Roms.

Dans le village d’Elbasan, en Albanie, une action similaire a été menée en juillet contre 109 citoyens roms. Ceux-ci n’ont semble-t-il pas été autorisés à emporter leurs affaires personnelles avant la destruction de leur maison et un grand nombre d’entre eux seraient maintenant sans domicile. A Patras, en Grèce, 13 maisons de Roms Makrigianni ont été détruites à la fin du mois de juillet, alors que leurs résidents s’étaient absentés pour des emplois saisonniers. J’ai aussi eu connaissance d’expulsions pratiquées ou planifiées dans d’autres régions de la Fédération de Russie et en Bulgarie, en République tchèque, en France, en Turquie et au Royaume-Uni. Dans certains cas, les destructions des maisons et des biens se sont accompagnées de violences et de propos racistes.

Ces informations, dont beaucoup sont confirmées par le Centre européen pour les droits des Roms de Budapest, sont inquiétantes à plusieurs titres. D’une part, les décisions d’expulsion et la manière dont elles sont appliquées semblent comporter une dimension alarmante de racisme ou d’antitziganisme. D’autre part, ces décisions ont naturellement des conséquences dramatiques pour les familles elles-mêmes et notamment pour leurs enfants. Privées d’un réel logement, elles peuvent difficilement faire valoir leurs droits, en particulier les droits à l’éducation et à la santé. Un processus de ségrégation sociale est ainsi pérennisé. Un argument plusieurs fois invoqué pour justifier les expulsions est la nécessité de construire de nouveaux logements plus modernes dans le même secteur. Cependant, les familles roms se voient rarement offrir un logement dans ces nouvelles constructions. Les Roms restent d’ailleurs surreprésentés parmi les personnes sans domicile et celles qui vivent dans des logements déplorables. Notre continent compte, aujourd’hui encore, des ghettos et des bidonvilles réservés aux Roms.

Mon prédécesseur en tant que Commissaire aux droits de l’homme a déclaré à plusieurs reprises que les conditions de logement déplorables des Roms étaient une des raisons majeures de leur exclusion en Europe. Il n’acceptait pas, à juste titre, le vieil « argument » selon lequel les Roms, seraient un peuple nomade et que, par conséquent, ils n’éprouveraient ni le besoin ni l’envie de disposer d’un logement convenable. Il peut naturellement arriver que les décisions de déplacer des personnes en raison de nouveaux plans d’urbanisme soient justifiées. Toutefois, les modalités d’élaboration et d’application de ces décisions doivent être conformes aux normes des droits humains et aux garanties procédurales communément acceptées. En raison de ces normes, les expulsions forcées ne peuvent être pratiquées que dans les cas exceptionnels et d’une manière raisonnable. Toute personne concernée doit avoir la possibilité de s’adresser à un tribunal pour faire examiner, avant leur exécution, la légalité des expulsions prévues. Cette possibilité implique à la fois l’existence de recours juridiques et d’un accès à une assistance judiciaire. Des alternatives à l’expulsion doivent être recherchées dans le cadre d’une consultation authentique avec les personnes concernées. Par ailleurs, une indemnisation et un relogement adéquat doivent être proposés en cas d’expulsion forcée.

Les normes ci-dessus s’appliquent aussi aux autorités locales. Le fait que les décisions injustifiées soient parfois prises au niveau local n’exempte pas les gouvernements centraux des responsabilités découlant de leurs obligations internationales. Les Etats doivent superviser et le cas échéant réglementer l’action des autorités locales. Les mécanismes de contrôle de la Charte sociale européenne ont déjà identifié plusieurs pays qui n’ont pas respecté leurs obligations internationales en matière de droit au logement pour les Roms. Par ailleurs, la Cour européenne des droits de l’Homme a jugé que les conditions de logement médiocres pouvaient, dans certains cas, être considérées comme des violations de l’interdiction de la torture et des traitements inhumains et dégradants contenue dans la Convention européenne. Le Comité des Nations unies contre la torture a adopté une position similaire.

Les autorités nationales, régionales et locales doivent prendre des mesures dès maintenant. Dans une recommandation en date de 2005, le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a donné à tous les Etats membres des directives claires sur l’amélioration des conditions de logement pour les Roms. Plutôt que d’expulser des familles roms, il convient de respecter leur droit à un logement convenable. A cette fin, il est indispensable qu’une réelle consultation soit organisée avec les Roms eux-mêmes. L’histoire de l’Europe est entachée par les discriminations et les dures répressions dont les Roms ont été la cible. Aujourd’hui encore, ils font couramment l’objet de préjugés dans de trop nombreux pays de notre continent. Il est donc capital que les gouvernements soient vigilants vis-à-vis du risque que les Roms subissent des traitements injustes et dégradants – y compris de la part des autorités locales.

Thomas Hammarberg est Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe
© Europeus

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LES AUTOCHTONES MAL EN POINT (Canada)

Une vaste étude confirme la détresse des Amérindiens au Québec
Par Guillaume Bourgault-Côté


13/09/2006 - Les membres des Premières Nations n'ont pas la forme au Québec. Tout au creux d'un fossé qui les sépare du niveau de vie des autres Québécois. La vaste enquête sur la santé des autochtones dévoilée hier indique ainsi qu'ils sont plus gros, fument plus, vivent dans de piteux logements et laissent rapidement tomber l'école... Un ensemble de conditions qui provoquent notamment une grande détresse psychologique.

«C'est un constat plutôt alarmant qu'on peut lire ici», reconnaît Ghislain Picard, sur le ton calme qui caractérise les interventions du chef régional de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL). Alarmant, parce que M. Picard doit chercher pour trouver du positif dans la volumineuse étude qu'a conduite la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations (CSSSPNQL), à partir de 2002.

Plus de 4000 autochtones issus de neuf nations et de 23 communautés ont été sondés, soit près de 10 % de la population amérindienne totale vivant au Québec. L'Enquête régionale longitudinale sur la santé des Premières Nations (ERS) a mis à jour et amplifié une première version réalisée en 1997.

Les faits saillants donnent une bonne indication de l'ampleur de l'écart entre le Québec de la majorité et celui des communautés autochtones -- un «tiers-monde de l'intérieur». La moitié des adultes interrogés n'ont pas terminé leurs études secondaires et autant de leurs enfants ont déjà doublé une année scolaire. L'embonpoint et l'obésité frappent durement. Quelque 52 % des enfants, 42 % des adolescents, 67 % des adultes et 71 % des aînés en souffrent, avec tous les problèmes afférents. Plus la communauté est isolée, plus le problème est criant.

Le taux de diabète des jeunes est d'ailleurs près de trois fois supérieur à celui qui prévaut au Québec. Depuis 1997, il est passé de 10 % à 15 % chez les populations des Premières Nations, indique la coordonatrice technique de la recherche, Nancy Gros Louis. Le taux de tabagisme a quant à lui chuté depuis cinq ans (7 % de moins chez les adultes), mais il demeure au moins deux fois supérieur à ce qu'on observe ailleurs au Québec : 51 % des adolescents et 55 % des adultes fument ainsi régulièrement. La moitié des maisons présentent un environnement de fumeur. Et près d'un enfant sur deux naît après avoir été solidement emboucané durant la grossesse de sa mère.

La consommation d'alcool et de drogues demeure forte. Près d'un adolescent sur deux et un adulte sur trois avaient consommé de la drogue ou des substances volatiles dans les 12 mois ayant précédé l'enquête. Un adulte sur six s'était fait traiter pour un grave abus d'alcool. Appelés à identifier les problèmes sociaux les plus importants de leurs communautés, les répondants ont ainsi pointé l'alcoolisme en premier lieu, puis les abus de drogues et de médicaments, ainsi que la violence verbale ou psychologique.

Le logement ? Pas réjouissant non plus, indique Nancy Gros Louis. Au moins 10 % des maisons sont «surpeuplées» et une sur trois est infestée de moisissures. Autrement, on peut aussi lire que le tiers des adultes ont été victimes de racisme dans l'année ayant précédé l'enquête, que l'assurance-emploi et l'aide sociale comptaient pour 44 % des revenus (quoique le taux d'emploi a légèrement augmenté depuis 1997, une des rares données jugées «encourageantes» par Ghislain Picard) et que l'usage d'une langue des Premières Nations à la maison a chuté en cinq ans (39 % contre 45 %). Les sondés estiment globalement que leur communauté allait mieux en 1997 qu'en 2002.

Résultat de ce portrait : la détresse psychologique des autochtones est grande. Très grande. «C'est une donnée qui est épeurante, estime Nancy Gros Louis. Nous n'avions jamais mesuré cet aspect dans une étude aussi large.» L'enquête révèle que 46 % des adolescentes, 23 % des jeunes hommes et 39 % des adultes ont déjà pensé au suicide. Un adulte sur cinq est passé à l'acte. «Il va falloir se pencher attentivement sur cette problématique, reconnaît Ghislain Picard. Le Québec a un des taux de suicide les plus élevés au monde, et c'est encore pire chez nous.»

Pour le chef de l'APNQL, les résultats de l'ERS montrent la nécessité de changer la démarche gouvernementale envers les communautés. «Les rares progrès qu'on a pu voir entre les deux enquêtes sont très minimes. Il n'y a rien qui a réussi à renverser la vapeur, d'autant plus que notre population est en plein croissance. Si on veut voir des progrès plus significatifs, il faut changer notre façon de voir les choses.»

Comment ? «Très clairement, nos communautés sont sous-outillées et sous-financées», dit-il, en évoquant la question de l'éducation et du logement. «Ça veut peut-être dire qu'on n'a pas fait les investissements appropriés dans les dernières décennies. L'enquête fait la démonstration qu'il y a un lien très étroit entre la santé des personnes et les conditions sociales et économiques dans lesquelles elles vivent. Il faut s'en occuper.»

Au secrétariat aux Affaires autochtones, le porte-parole du ministre délégué a indiqué hier que le gouvernement étudiera l'ERS avant le Forum sur le développement social et économique des Premières Nations, qui se tiendra les 25, 26 et 27 octobre à Mashteuiatsh, près de Roberval. Le premier ministre devrait y assister, et le thème de la santé occupera une large place dans les discussions.
© Le Devoir

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LE GOUVERNEMENT CHAREST EST DIVISÉ SUR LA QUESTION DU RACISME (Canada)

Malgré les progrès sociaux, il demeure encore difficile en 2006 pour un plombier noir ou une analyste informatique maghrébine de faire sa place sur le marché du travail au Québec, a soutenu mercredi la ministre de l'Immigration, Lise Thériault.

13/09/2006 - "Ce n'est pas normal que des gens issus de l'immigration, de deuxième ou de troisième génération (...) vivent plus de chômage que les Québécois blancs", a dit en point de presse la ministre Thériault, à l'occasion du coup d'envoi de la commission parlementaire sur la lutte contre le racisme et la discrimination.

L'ombre du racisme plane-t-elle sur le Québec? Mme Thériault en est convaincue mais son collègue ministre du Revenu, Lawrence Bergman, s'inscrit en faux.

"Les personnes qui sont nées ici ou qui ont choisi de vivre au Québec sont des citoyens de première classe", a affirmé le député de confession juive.

Au cours des 11 jours de travaux de la commission, plus de 80 groupes, aussi divers que la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et l'Union des municipalités du Québec (UMQ) feront entendre leur point de vue sur le sujet.

Dès le début des travaux, mercredi, un organisme s'identifiant comme l'Observatoire international sur le racisme et les discriminations a donné le ton. Le groupe avance que la société québécoise est encore minée par la peur de "l'autre".

"Nous ne sommes pas sous un régime nazi", a pris soin de préciser la directrice de l'observatoire, Micheline Labelle. Néanmoins, selon elle, le racisme persiste au Québec, par le biais "des insultes", "des blagues", de l'utilisation toujours répandue de termes comme "nigger", "négresse", "sauvage" et de l'amalgame des mots "arabe et terroriste".

Mme Labelle reproche entre autres aux médias de colporter "les clichés" à l'égard du monde arabo-musulman, en multipliant les images d'islamistes en colère ou accroupis en prière.

"Il y a une méconnaissance, des préjugés et parfois, nous perpétuons ce que l'on entend. Cela mène dans certains cas au racisme et à la discrimination", a opiné dans le même sens la ministre Thériault.

Les manifestations de racisme sont souvent subtiles mais les statistiques parlent d'une façon éloquente.

Même avec un taux de diplomation supérieur à la moyenne québécoise, les minorités visibles sont deux fois plus affligées par le chômage que les citoyens dits de souche. Chez les fils et les petits-fils d'immigrants faisant partie des minorités visibles, le taux de chômage atteint presque 16 pour cent.

Avec l'arrivée attendue de 48 000 nouveaux venus en 2007, il est plus que temps de ramener la barre du chômage à des proportions plus proches de la majorité de souche, a indiqué Mme Thériault.

"On ne peut pas continuer à faire entrer des gens qui ne trouvent pas leur place. C'est leur Québec à eux aussi."

Prévue pour le printemps 2007, la nouvelle politique gouvernementale contre le racisme comportera de nouvelles "mesures incitatives" pour favoriser les minorités sur le marché de l'emploi, a-t-elle promis.

Ces moyens, a-t-elle ajouté sans préciser davantage, se traduiront par des investissements supplémentaires.

"Toutes les pistes sont sur la table, a déclaré Mme Thériault. Il faut de l'argent pour réaliser un plan d'action et nous aurons l'argent pour le faire."

De son côté, l'opposition péquiste a salué la tenue de la commission parlementaire, convaincue "qu'il y a urgence" de préparer une riposte à toute manifestation de racisme ou d'antisémitisme.

Il faudra cependant que le gouvernement soit conséquent et débloque les fonds requis, a dit la députée de Laurier-Dorion, Elsie Lefebvre.

"Il ne faut pas oublier que c'est ce même gouvernement qui a coupé 30 pour cent des budgets destinés au ministère de l'Immigration", a-t-elle lancé.
© CyberPresse

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AUX ÉTATS-UNIS, LES MESURES ANTILIBERTÉ FONT DES VICTIMES, DES CITOYENS RÉAGISSENT'

'Depuis le 11 septembre 2001, la « guerre contre le terrorisme » de l’administration Bush, cette entreprise impériale démesurée, est relayée sur le plan interne par un net durcissement des dispositifs de surveillance policière de la population, au nom de la « sécurité territoriale ».

11/09/2006 - Les lois répressives telles que le « patriot act » représentent un saut qualitatif vers un ordre plus autoritaire. Les droits constitutionnels sont traités avec mépris et il faudra des décennies de lutte politique et judiciaire pour réparer les dégâts. Il serait exagéré toutefois de parler de « fascisme », même si, entre amis, les opposants sont nombreux à dénoncer le « régime Bush » avec des mots forts. Les choses, on le sait, sont un peu plus complexes : le virage autoritaire est réel, mais il est loin de menacer les libertés civiles dans leur ensemble. La preuve, c’est que les militants contre la guerre en Irak, bien que surveillés d’un peu trop près par les services fédéraux, continuent à marquer des points dans l’opinion, et plus de 60 % des citoyens se disent mécontents de cette guerre.

Là où l’autoritarisme est beaucoup plus évident, c’est dans l’arène internationale, et notamment au Moyen-Orient, où les implications humaines de la stratégie Bush sont autrement plus terribles : en Irak, pour commencer, où les morts se chiffrent par dizaines de milliers et où la torture est pratiquée dans des prisons militaires sous autorité des États-Unis. À Guantanamo et dans les prisons secrètes ici et là dans le monde, c’est le règne absolu du non-droit. C’est l’offensive impériale elle-même qui constitue la pointe avancée de la poussée autoritaire de l’administration Bush.

Néanmoins le durcissement interne est réel. Ses effets négatifs ne se font pas sentir seulement dans le domaine des droits, car il y a aussi toute une conception de « l’unité dans la diversité » de la nation (E pluribus unum) qui souffre de cette ambiance à la fois répressive et ethniquement sélective. Parmi les principales victimes du surcroît de surveillance post-11/9, il y a non seulement les militants de gauche et les immigrés en général (le climat sécuritaire ayant permis d’accélérer la militarisation de la frontière États-Unis - Mexique) : il y a aussi les personnes d’origine arabe et/ou de confession musulmane.

En visant ces catégories avec une sévérité particulière, les autorités vont plus loin qu’un simple abandon du principe de l’égalité des citoyens : leur action relève, qu’on le veuille ou non, d’une logique de « choc des civilisations ». George W. Bush a beau clamer qu’il n’a rien contre l’islam en tant que religion, seulement contre les extrémistes qui le détournent, le fait est que tous les musulmans et tous les Arabes (aux États-Unis, ce ne sont pas toujours les mêmes) se sentent plus surveillés, plus discriminés.

Daniel Pipes, intellectuel de choc proche de l’administration Bush, porte un regard ethnocentrique et policier sur les populations musulmanes, dont il est réputé « expert ». Si le nombre d’agressions racistes et d’arrestations arbitraires a explosé juste après le 11 septembre, ce qui prédomine aujourd’hui chez les citoyens arabes ou musulmans, c’est le sentiment d’être rejetés par la communauté nationale dont ils font partie.

On aurait tort cependant de prendre cette situation complètement au tragique. Les organisations arabes et musulmanes ont encore des droits et s’en servent activement. Elles mêlent leurs voix à celles d’autres groupes et individus, pour réclamer non seulement leur respect, mais aussi la prise en compte de leurs points de vue de citoyens. Ainsi, le Council on american-islamic relations (CAIR) incite ses membres à écrire à leurs élus en citant un discours récent du sénateur républicain Chuck Hagel : « Notre relation avec Israël... n’a pas besoin d’exister aux dépens de nos relations avec des pays arabes et musulmans. C’est un choix irresponsable et dangereux. »

À l’occasion de ce 5e anniversaire du 11 septembre, l’Arab-american anti-discrimination committee (AADC) invite ses sympathisants à manifester dans une ville près de Washington avec « des drapeaux américains et des symboles de la paix » puisque « l’Amérique doit être forte mais pacifique envers elle-même et les autres. Les vies perdues le 11 septembre 2001 ne doivent pas être utilisées comme excuse pour envahir d’autres pays... Nous aimons cette nation et nous nous préoccupons de la direction qu’elle a empruntée... ». L’un des principaux conseillers du Muslim public affairs council avait récemment rejoint un pasteur et un rabbin en délégation auprès d’une sénatrice de la Californie, pour réclamer un cessez-le-feu immédiat au Liban. Un signe parmi bien d’autres que l’aventure impériale et autoritaire de l’administration Bush rencontre une population états-unienne de plus en plus sceptique et critique, disposée à demander des comptes.

Par Jim Cohen. Universitaire américain, professeur au département de science politique, Université de Paris-VIII (Saint-Denis).
© L'Humanité

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'LE RACISME AUX ETATS-UNIS EST UN MONSTRE TAPI'

10/09/2006 - Difficile, devant ce corps délicat et cette voix douce, de croire que l'Américain Stanley Greene (agence Vu) a 57 ans et une longue carrière de photographe de guerre. Il s'est fait connaître par ses visions hantées de la Tchétchénie, où il est allé plus de vingt fois. Au festival Visa pour l'image, il présente une exposition consacrée à l'Irak et un travail collectif sur l'ouragan Katrina. Deux sujets autour de l'Amérique, qu'il a quittée il y a vingt ans.

Ce travail sur Katrina est-il un retour aux sources ?
Ça m'a donné l'opportunité de consacrer un sujet à mon pays. Et c'est un retour aux sources aussi parce que ce travail se rapproche beaucoup de celui des photographes de la FSA avec Walker Evans, dans les années 1930.

Ce sujet collectif met l'accent sur le racisme. Pourquoi ?
Katrina a servi de révélateur au racisme généralisé des Etats-Unis. Je l'ai vécu moi-même ! Nous occupions une maison louée par le magazine Time. J'étais le seul Noir parmi les journalistes. La police nous a harcelés. Un policier blanc a demandé à tout le monde ses papiers. Sauf à moi : il m'a plaqué contre le mur, presque nu, devant mes collègues embarrassés. Si je lui avais ouvert la porte, il m'aurait mis une balle dans la tête. Il disait : "Ce type n'est pas journaliste, je le sais."

Ce sujet vous tient à cœur ?
Mon père appartenait au mouvement Harlem Renaissance et a défendu bien d'autres causes, il a été mis sur liste noire à cause de ses sympathies communistes. Moi, j'ai milité pour les droits civiques. Le racisme aux Etats-Unis est un monstre tapi qui se réveille à la moindre occasion. Le Ku Klux Klan sévissait dans le Sud il n'y a pas si longtemps. Comme par hasard, dans les quartiers blancs, les supermarchés ont été ouverts aux gens, par solidarité. Dans les quartiers noirs, on a mis des gardes pour les empêcher de rentrer !

Pourquoi faire un travail collectif avec Thomas Dworzak, Paolo Pellegrin et Kadir van Lohuizen ?
On a chacun notre personnalité, on se connaît depuis longtemps. Ce travail est une jam-session, sauf qu'il s'agit de musique visuelle. Ça donne une image plus variée, complète de la réalité. Le tout est construit comme un film de cinéma : l'ordre, la présentation, les légendes sont très contrôlés. C'est important pour raconter une histoire. Nous avons choisi une accumulation d'images, sans légendes.

Pourquoi y être revenu ?
Pour mettre à jour le cynisme. On retrouve les mêmes personnes dans la même merde. Le but n'est pas de faire revenir les gens, mais de faire de La Nouvelle-Orléans une ville blanche et lucrative. Cette ville a été créée par des esclaves, contrairement à Baton Rouge (Louisiane), fondée par les Confédérés. Beaucoup d'Américains voient La Nouvelle-Orléans comme un lieu de péché. Pour eux, les inondations sont un moyen de se débarrasser de la prostitution, du crime et de la drogue, et de favoriser les investissements. D'où ces images de pancartes avec des annonces immobilières. Des investisseurs recherchent partout les propriétaires des maisons détruites. Qu'ils rachètent pour 10 000 dollars. Katrina est la plus grande opération de spoliation de tous les temps.

Comment avez-vous travaillé ?
La ville était pleine de barrages, du FBI, de la police. Sans compter les services de sécurité privés, comme Black Water, qui nous empêchaient d'entrer dans le Renaissance Village, un des quartiers les plus pauvres, les plus sinistrés, les plus visés par la spéculation immobilière. Ces gens tirent sans sommation ! Ironiquement, la même compagnie opère en Irak pour le compte d'Haliburton, la société de Rumsfeld. Ce sont les cadavres de deux employés de Black Water que j'ai photographiés à Falloujah.

Que vous attendiez-vous à trouver en Irak en 2004 ?
Un an après l'opération "Tempête du désert", la coalition était censée mettre en place la démocratie. Mais, à Falloujah, on n'a vu que cette haine en train de bouillir. Tuer quelqu'un avec un fusil, c'est une chose. Mais l'empêcher de sortir de sa voiture après un attentat pour qu'il crame, puis pendre son cadavre à un pont... Il y a quelque chose qui s'est brisé chez moi.

Là aussi, vous êtes revenu plus tard.
Il me fallait suivre aussi le côté américain pour montrer que le fanatisme est des deux côtés. Allah Akhbar, God bless you : il n'y a pas tant de différence. La religion est une bonne chose quand elle sert de code moral, pas quand elle est utilisée pour commettre des crimes.

Vous avez un discours et des photos très engagés. Que faites-vous de l'objectivité du photojournaliste ?
Je ne suis pas objectif. Je montre ce qui se passe, de façon humaine, avec mon point de vue. J'essaie de transmettre ma colère, mes questions. Mais je ne fais pas de la propagande, je ne fais pas mentir les images. Je montre les deux vérités, et je donne à voir les victimes.

Katrina, une catastrophe pas du tout naturelle, à l'ancienne université. "Voyage au pays de la haine", à l'église des dominicains. Festival Visa pour l'image, Perpignan. Tél. : 04-68-62-38-00. Jusqu'au 17 septembre. De 10 heures à 20 heures. Entrée libre.

Propos recueillis par Claire Guillot
© Le Monde

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LES RÉFLEXIONS DE BENOÎT XVI SUR L'ISLAM MAL ACCUEILLIES

Pour lui, l'Islam est une "doctrine" pour laquelle "la volonté de Dieu n'est liée à aucune de nos catégories, même pas celle de la raison".

14/09/2006 - Plusieurs voix se sont élevées mercredi 13 septembre après les propos du pape Benoît XVI qui a livré mardi devant des scientifiques et des universitaires à Ratisbonne (sud de l'Allemagne) une réflexion théologique sur l'islam, "une doctrine" pour laquelle "la volonté de Dieu n'est liée à aucune de nos catégories, même pas celle de la raison". Benoît XVI, qui fut titulaire de la chaire de dogmatique et d'histoire du dogme à l'Université de Ratisbonne à partir de 1969, s'est appuyé sur un dialogue "entre un empereur byzantin" du XIVème siècle et "un persan cultivé" pour développer ses arguments. "La foi est le fruit de l'âme, pas du corps. Celui qui veut conduire quelqu'un à la foi a besoin de bien parler et de raisonner correctement, au lieu (d'user) de la violence et de la menace", a expliqué le pape. "Ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu", a ajouté le souverain pontife, selon qui cette affirmation est évidente pour "un empereur byzantin nourri par la philosophie grecque".

"Dieu ne serait même pas lié par sa propre parole"
"En revanche, pour la doctrine musulmane, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n'est liée à aucune de nos catégories, pas même celle de la raison", a affirmé le chef de l'église catholique, qui fut préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi avant son élection en avril 2005. Benoît XVI a également cité un théologien musulman des Xème et XIème siècles, Ibn Hazn, selon qui "Dieu ne serait même pas lié par sa propre parole et rien ne l'obligerait à nous révéler la vérité". Pour le pape, au contraire, la "rencontre" de la foi biblique avec les interrogations philosophiques de la pensée grecque, à laquelle s'est ajouté "le patrimoine de Rome, a créé l'Europe et reste le fondement de ce que l'on peut appeler Europe".

"Inexact et opportuniste"
La présidente d'une importante organisation islamique américaine, Dr Ingrid Mattson, récemment élue à la tête de l'Islamic Society of North america (ISNA), a estimé mercredi que les critiques du pape Benoît XVI sur l'Islam était "inexactes et opportunistes". "Le fait de faire une connexion explicite entre l'Islam et une religion au coeur de laquelle existe la violence est inexact et opportuniste", a déclaré Ingrid Mattson. "Je suis déçue", a encore lancé Ingrid Mattson, 43 ans, première femme élue à la tête de l'ISNA début septembre. L'organisation regroupe aux Etats-Unis et au Canada quelque 20.000 adhérents individuels et 350 mosquées et centres islamiques. "Si on commence à comparer l'histoire de la violence commise au nom de l'Eglise catholique et celle commise au nom de l'Islam, cela nous prendrait beaucoup de temps", a ajouté cette professeur d'Etudes islamiques au séminaire de Hartford (Connecticut), faisant allusion à l'Inquisition, la contre-réforme et aux croisades.

"Berceau de la science"
En Italie, un responsable musulman italien "espère que ces propos ne seront pas utilisés par les fondamentalistes islamistes". "Le pape dans son discours a négligé le fait que le berceau de la science a été l'islam et que les philosophes grecs ont d'abord été traduits par des musulmans avant d'entrer dans l'histoire européenne", a relevé Ejaz Ahmad, président de la communauté pakistanaise et membre de la consultation sur l'islam organisée par le gouvernement à l'agence Ansa. "Le monde musulman traverse actuellement une crise profonde et toute attaque de la part de l'Occident peut aggraver cette crise", a-t-il estimé. "Nous payons encore le prix des paroles de Salman Rushdie" (l'écrivain britannique auteur des "Versets sataniques") et des caricatures de Mahomet publiées dans un journal danois, et je demande au pape de retirer ses paroles, même si elles se référaient à l'histoire", a déclaré le responsable musulman.

Demande d'explication
"Le pape a évoqué le concept de 'guerre sainte' pour marquer la différence entre le christianisme et l'islam", interprétait la Frankfurter Allgemeine Zeitung mercredi. Expert de l'islam, Gilles Kepel pense, dans un entretien au quotidien italien La Repubblica, que Benoît XVI "a tenté d'entrer dans la logique du texte coranique". Mais les conséquences sont "risquées, car le discours pourrait radicaliser une partie de la communauté musulmane". Plus affirmatif, le théologien contestataire Hans Küng, cité par l'agence DPA, estime que "ces déclarations ne seront sûrement pas bien accueillies chez les musulmans et nécessitent d'urgence une explication."

Dernier jour
Au cinquième jour de sa visite dans sa Bavière natale, le pape s'est rendu mercredi sur la tombe de ses parents et de sa soeur près de Ratisbonne, dans le sud de l'Allemagne, s'agenouillant devant leur sépulture pour prier. Accompagné de son frère, Georg Ratzinger -son unique parent proche encore en vie- et d'un petit groupe de responsables ecclésiastiques, le souverain pontife âgé de 79 ans est arrivé au cimetière de Ziegetsdorf vêtu de la traditionnelle soutane pontificale blanche. Il s'est agenouillé sur un prie-Dieu devant la sépulture sur laquelle sont gravés une croix et les noms de ses parents, Joseph et Maria Ratzinger, et de sa soeur, Maria Ratzinger. Le pape s'est ainsi recueilli, les mains jointes, alors que son frère se tenait silencieusement à ses côtés. A l'occasion de sa visite, la tombe avait été décorée de roses rouges et de lys blancs. Son voyage de six jours est le deuxième en Allemagne depuis le début de son pontificat. En 2005, il s'était rendu à Cologne pour les Journées mondiales de la jeunesse. Avant son départ jeudi, il devrait se rendre à Freising, où il a été ordonné prêtre en 1951.
© Le Nouvel Observateur

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Les titres de l'actualité du 8 Septembre, 2006

LA DROITE MONTE AU CRÉNEAU CONTRE LILIAN THURAM (France)

MPF, FN et des membres de l'UMP fustigent son invitation faite à 81 expulsés pour le match France-Italie.

07/09/2006 - Le footballeur international Lilian Thuram a suscité mercredi 6 septembre la colère de la droite en invitant au Stade de France pour le match France-Italie des étrangers expulsés en août du squat de Cachan, dans le Val-de-Marne. Selon Fidèle Mitiema, porte-parole des étrangers de Cachan, la star de l'équipe de France aux 122 sélections a invité 81 personnes à venir assister au match-revanche de la finale de la Coupe du monde de football, comptant pour les éliminatoires de l'Euro 2008. SOS-Racisme parle de 70 invités. Le capitaine de l'équipe de France, Patrick Vieira, d'origine sénégalaise, n'est pas à l'initiative des invitations mais soutiendrait la démarche, selon une association proche des étrangers. Plusieurs centaines d'étrangers africains campent depuis près de trois semaines dans un gymnase de cette ville, depuis une première évacuation par la force le 17 août du plus grand squat de France, une ex-résidence universitaire.

"Instrumentalisé"
Ils demandent qui une régularisation, qui un logement social et le dossier suscite une tension croissante entre mairie de Cachan, associations de défense des étrangers et préfecture.

"Les joueurs sont bien libres d'inviter qui ils veulent. Je tiens simplement à dire à la Fédération française qu'elle soit vigilante à ce qu'un match de l'équipe de France ne soit pas instrumentalisé", a dit à la presse le ministre des Sports Jean-François Lamour.
Sur RTL, Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France et candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle, s'est dit "choqué" de voir "des milliardaires donner des leçons".

"Les footballeurs sont faits pour jouer au football. Je pense que Thuram et Vieira peuvent aller plus loin et loger chez eux les sans-papiers de Cachan, les nourrir, leur fournir le gîte et le couvert", a-t-il dit ironiquement. Un proche du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, le député UMP Yves Jégo, a jugé aussi sur RTL que Lilian Thuram "grand sportif, se (révélait) être un piètre individu sur le terrain de la politique".

"Un moment de répit"
L'initiative est personnelle et n'engage ni l'équipe de France ni la Fédération française de football, a dit à Reuters un porte-parole de la FFF. Lilian Thuram pourrait s'exprimer sur le sujet après le match de mercredi soir. Les associations soutenant les étrangers de Cachan ont souligné que la quasi-totalité des ex-squatteurs étaient en situation régulière, voire de nationalité française. Ils ont même souvent des emplois déclarés mais attendent depuis des années un logement social dans le parc parisien saturé. "Les inviter au Stade de France, ce n'est pas récompenser ceux qui fraudent (...), c'est donner un moment de répit à des personnes victimes d'injustices créées par les politiques", estime SOS-Racisme dans un communiqué. Le dossier s'est compliqué récemment car des étrangers sans papiers sans rapport avec Cachan viennent s'installer dans le gymnase. La préfecture a annoncé qu'elle limiterait ses offres de relogement à 102 familles soit environ 220 personnes, mais la mairie a recensé 516 occupants dans la gymnase.

Blacks, blancs, beurs
"C'est très bien que (Lilian Thuram) nous soutienne, comme ça la France sait que nous sommes toujours là. L'équipe de France reflète bien la France", a dit Fidèle Mitiema à Reuters. "Nous sommes tous les mêmes, black, blancs, beurs. C'est quelque chose d'avoir ces invitations", a-t-il ajouté. Originaire de Guadeloupe, Lilian Thuram, qui a grandi en banlieue parisienne, bénéficie d'un immense prestige dans le monde du football et s'est déjà exprimé à plusieurs reprises, notamment pour exprimer son désaccord avec Nicolas Sarkozy. L'équipe de France "black-blanc-beur", qui avait été élevée en 1998 au rang d'emblème de la diversité ethnique du pays, a été fréquemment brocardée par le leader d'extrême-droite Jean-Marie Le Pen, qui a même déploré l'été dernier "la proportion excessive de joueurs de couleur". Lilian Thuram, international depuis 1994, avait alors répondu : "Je ne suis pas noir", tandis que le sélectionneur Raymond Domenech lançait : "il y a trop de cons en politique."
© Le Nouvel Observateur

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LES 'COLONIES' DU PETIT ROBERT À DOUBLE SENS (France)

Deux associations accusent le dictionnaire d'en donner une définition trop positive.
Par Alexandra BOGAERT


07/09/2006 - «Colonisation. Sens 1 : Le fait de peupler de colons, de transformer en colonie. Sens 2 : Mise en valeur, exploitation des pays devenus colonies.» «Coloniser. Sens 1 : Peupler de colons. Sens 2 : Faire de (un pays) une colonie. Exemple : Coloniser un pays pour le mettre en valeur, en exploiter les richesses.» Quand il lit ça, Patrick Lozès, président du Cran, le Conseil représentatif des associations noires, «bondit». «Ça», ce sont les définitions publiées dans l'édition 2007 du nouveau Petit Robert de la langue française.

Valeur
Mardi matin, Patrick Lozès s'est insurgé contre ces définitions, qui étaient déjà ­ mot pour mot ­ dans la toute première édition du dictionnaire, en 1967. Il «y voit là une manière de cautionner les "bienfaits" de la colonisation» et de «conforter ceux qui pensent que tous les hommes ne sont pas égaux» . La lettre qu'il a adressée à Alain Rey, sous la direction duquel le nouveau Petit Robert, 40e du nom, a été édité, réclame le retrait «pur et simple» de l'ouvrage «dans toutes ses éditions» .

Le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) a émis «une vigoureuse protestation» contre ces «définitions (qui) sont une caution et une justification de la colonisation» . Pour Mouloud Aounit, son secrétaire général, ces définitions «subjectives» sont «méprisantes, porteuses d'un certain racisme», et manifestent qu' «une crampe mentale atteint ceux qui pensent que le colonialisme est un bienfait».

Hier, Alain Rey était d'autant plus estomaqué par l'attaque qu'il «partage par ailleurs l'idéologie de ces associations». Il est surpris par «l'inculture économique que ces attaques manifestent. Il faudrait avant tout [que les associations, ndlr] ouvrent le Petit Robert à l'entrée "valeur". C'est un terme qui relève de la sphère financière, qui n'a en soi pas de connotation positive ou négative. La mise en valeur d'une station de sport d'hiver ne veut pas dire qu'on va s'occuper de la nature, mais qu'on l'aménage pour se faire du fric ! Et qu'était la colonisation de nouvelles terres sinon l'exploitation, la mise en valeur de ses richesses, au bénéfice des colons ? Au-delà de ça, si on n'a pas le droit de parler des côtés positifs d'une chose qui est globalement négative, c'est une forme de révisionnisme !»

Sensibilité
Cette polémique naît moins d'un an après le débat suscité par la loi du 23 février 2005, présentée par l'UMP, faisant mention du «rôle positif» de la colonisation. L'article litigieux avait finalement été supprimé par décret en mars. «C'est évident, cette nouvelle affaire est un miroir grossissant de l'extrême sensibilité de la société à ce sujet», analyse Aounit. Le Cran et le Mrap réclament un groupe de travail pour trouver «une définition de la colonisation qui n'est pas contestable», selon Patrick Lozès. Alain Rey évoque de son côté la possibilité d'échanger l'exemple pointé du doigt par une citation d'Aimé Césaire, tirée du Discours sur le colonialisme.
© Libération

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LE 'PETIT ROBERT' ACCUSÉ DE JUSTIFIER LA COLONISATION (France)

06/09/2006 - Deux organisations françaises, Le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) et le Mouvement contre le racisme et l'amitié entre les peuples (MRAP) ont accusé le dictionnaire Le Petit Robert de donner dans son édition 2007 des définitions qui cautionnent et justifient la colonisation.

Dans son édition 2007, Aux mots "colonisation" et "coloniser", Le Petit Robert propose les définitions suivantes : -Colonisation : mise en valeur, exploitation de pays devenus colonies", - Coloniser : "coloniser un pays pour le mettre en valeur, en exploiter les richesses (...)".

Les deux organisations demandent aux éditions Le Robert, le retrait de ce dictionnaire, dans deux communiqués séparés parvenus à la PANA.

Le président du CRAN, Patrick Lozès, qui rappelle que les idéaux républicains sont en tous points éloignés de ceux de la colonisation, souhaite la mise en place d'un groupe d'étude pour proposer une définition acceptable par tous, des mots "coloniser" et "colonisation".

Pour le MRAP, "ce type de définition est d'autant plus grave que le dictionnaire reste toujours une référence, surtout pour les populations les plus jeunes envers lesquelles il faut être vigilant quant à la banalisation des prétendus bienfaits de la colonisation".

Le MRAP demande également la mise en place d'un groupe d'étude "afin de proposer des définitions de ces mots qui prennent en compte tous les vécus, toutes les douleurs et tous les dégâts de ce crime contre l'humanité qu'a été la colonisation".

Les deux organisations affirment que le Petit Robert reprend ainsi à son compte l'esprit de l'alinéa 2 de l'article 4 de la loi du 23 février 2005 qui reconnaissait à la colonisation française "un rôle positif" et qui a été abrogé le 15 février dernier par le président Jacques Chirac.

L'article 4 de la loi du 23 février 2005, qui avait soulevé un tollé dans le monde politique, les historiens et la société civile en France, stipule dans son alinéa 2 que "les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'Histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit".
© Jeune Afrique

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LE CV ANONYME TOUJOURS À LA PORTE DES ENTREPRISES (France)

Faute de décret, la loi votée en mars attend encore d'entrer en application.
Par Sonya FAURE


06/09/2006 - Un salarié et 2 minutes trente par jour. PDG d'une PME lilloise de 170 salariés, la société de services informatiques Norsys, Sylvain Breuzard a instauré le CV anonyme dans son entreprise depuis janvier. «Une assistante ou une salariée des RH reçoit les CV par informatique, raconte-t-il. Elle "coupe" le haut de la page où sont inscrits le nom et l'adresse. Supprime les expériences vieilles de plus de quinze ans, pour ne pas discriminer les plus de 40 ans. Le CV reçoit un numéro, seule indication que le manager chargé du recrutement trouvera.» Selon son PDG, depuis janvier, Norsys aurait embauché 5 % de femmes en plus et davantage de salariés issus de l'immigration. La moyenne d'âge aurait augmenté, alors que les seniors sont habituellement les mal-aimés des entreprises d'informatique.

Armes
Inlassablement, Sylvain Breuzard répond aux journalistes. Dont beaucoup lui sont envoyés par l'association SOS Racisme. Il répète que le dispositif n'est pas si compliqué, même dans les PME, ni si coûteux. Les pro-CV comme les anti fourbissent en effet leurs armes : l'instauration du CV anonyme est loin d'être gagnée. Son avenir est notamment dans les mains des partenaires sociaux ­ patronat et syndicats , qui se réunissent ce matin pour négocier autour du thème de la diversité en entreprise.

La loi est pourtant passée, en mars dernier. Nicolas About, sénateur UDF, dépose alors un amendement à la loi sur l'égalité des chances imposant le CV anonyme dans les entreprises de plus de 50 salariés. Et affronte l'opposition des députés UMP, quand l'UDF et les socialistes se déclarent favorables au projet. Les députés UMP tentent de supprimer l'amendement, mais le gouvernement demande aux parlementaires de faire profil bas et de voter le texte... Dominique de Villepin et Jacques Chirac s'étaient tout de même exprimés sur la question après l'embrasement des banlieues, en novembre. Mais le décret d'application, lui, n'est jamais paru.
Aux ministères de Jean-Louis Borloo et d'Azouz Begag, on assure que le CV anonyme n'est pas enterré. Le décret est «en cours d'étude». SOS Racisme s'inquiète pourtant : un décret d'application peu contraignant pourrait transformer l'amendement sur le CV anonyme en coquille vide.

«Réalisme»
Les organisations patronales avaient fraîchement accueilli la trouvaille. Comme le Syntec, qui représente notamment les cabinets de recrutement, l'un des premiers à dégainer. La Confédération générale des PME a suivi, comme le Medef. Chacun se réfugie derrière le «réalisme». «Ce n'est pas une question de principe, explique Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de la CGPME. Si certaines entreprises s'y engagent, bravo ! Mais on ne peut l'imposer à tous.» Comme les organisations patronales, les syndicats reprochent au gouvernement d'avoir court-circuité les partenaires sociaux en passant par la loi. «C'est un outil parmi d'autres, qui ne révolutionnera pas les pratiques», estime Mohamed Oussedik, de la CGT. «Le CV anonyme risque de donner bonne conscience aux employeurs, qui ne changeront pas leurs méthodes de recrutement», prévoit Jean-Louis Malys, pour la CFDT. A chacun ses plans B : formation des recruteurs et CV universel (1) pour le Syntec ; instauration d'un cahier d'embauche où les recruteurs consigneraient les CV refusés et retenus, et qui pourrait être consulté par les représentants du personnel, pour la CGT.

(1) Porté par la Commission européenne, le CV anonyme serait un modèle unique de CV pour tous les candidats.
© Libération

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LA POLÉMIQUE SUR LA 'COLONISATION' RELANCÉE (France)

La définition du terme dans le Petit Robert suscite l'indignation du Conseil représentatif des associations noires.
Par Alexandra Bogaert


05/09/2006 - Le Petit Robert de la langue française fêtait en fanfare la sortie de son édition 2007, la quarantième. Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a terni la fête mardi en dénonçant la définition du terme «colonisation» figurant dans le dictionnaire et qui établit que la colonisation d’un pays correspond à une «mise en valeur, exploitation des pays devenus colonies». Patrick Lozes, le président du Cran, explique à Libération.fr pourquoi il souhaite que toutes les éditions 2007 du Petit Robert soient retirées des ventes.

Que reprochez-vous à cette définition?
Ce qui nous fait bondir, c’est que le dictionnaire, aux entrées «colonisation» et «colonisé», parle de «mise en valeur». On y voit là une manière de cautionner les «bienfaits» de la colonisation. Or, après la tempête autour de la loi du 23 février 2005 (dont l’article 4, alinéa 2 établissait le «rôle positif» de la colonisation, avant d’être abrogé par décret en mars 2006, ndlr), ce n’est pas acceptable.
Le Petit Robert est une référence. Et le premier réflexe, ce n’est jamais de contester un dictionnaire mais de prendre son contenu pour argent comptant. Or, faire croire, en 2006, que la colonisation a eu un effet positif, c’est prendre à son compte l’opinion des parlementaires de l’UMP.

Pourquoi se révolter maintenant alors que dans les éditions de 1972, 1993 et 2003, par exemple, le terme est déjà défini de cette manière?
Le Cran s’étant constitué en 2005, on ne va pas parler des années précédant sa création et ce, même si cette définition contestable n’a effectivement pas changé depuis plus de vingt ans. Si nous nous manifestons aujourd’hui, c’est pour éclairer le pays sur les injustices qu’il tolère et pour vaincre l’immobilisme. Les populations dont nous défendons les intérêts, souvent d’anciens colonisés, se veulent légitimes dans un pays qui est depuis longtemps le leur! Le problème est que lorsque l’on instille dans les esprits que la colonisation était un bienfait, ça conforte ceux qui pensent que tous les hommes ne sont pas égaux…

Que réclamez-vous?
Nous avons écrit à Alain Rey, qui dirige l’édition du Petit Robert. Nous attendons une réponse. Nous considérons qu’il en va de l’honneur de la direction de ce dictionnaire de ne pas entrer dans une argumentation mais de retirer d’office de la vente toutes les éditions du Petit Robert 2007. En outre, nous réclamons la mise en place d’un groupe de travail pour trouver une définition qui n’est pas contestable de la colonisation. Et c’est possible. Par exemple, le Larousse, lui, n’utilise pas l’expression «mise en valeur». Nous voulons que ce débat ne soit pas celui du Cran uniquement, mais, plus largement, celui de la société française et invitons nos partenaires, comme la Ligue des Droits de l’Homme, à y prendre part. La France s’apprête à entrer dans une période présidentielle, où il va falloir choisir un nouveau projet de société. Il n’est pas acceptable que l’on laisse en suspens une question comme celle-ci, qui mine la cohésion sociale. Sinon, nous allons tout droit à la catastrophe.
© Libération

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'BEAUCOUP CONSIDÈRENT QU'AVEC L'ISLAM, TOUT EST PERMIS' (France)

Khalil Merroun est recteur de la mosquée d'Evry, l'une des composantes du CFCM, et signataire de la pétition lancée par l'instance représentative du culte musulman. Saphirnews.com a voulu en savoir plus sur le sens de cette initiative.

04/09/2006 - Saphirnews.com : Pour quelles raisons le CFCM a-t-il lancé cette pétition et pourquoi l'avoir fait maintenant ?
Khalil Merroun : Depuis longtemps, la communauté musulmane a été secouée et provoqué et, malgré tout, elle a toujours bien réagi. Avec l'affaire Ruschdie, nous avions calmé le jeu. Cette pétition était nécessaire pour réveiller nos autorités politiques, ceux qui résident à Matignon, au Palais Bourbon ou à la Place Beauvau. Le Prophète est au-dessus de toutes ces caricatures. Cette pétition est une manière de dire à l'Occident qu'elle a perdu le sens du sacré. Depuis des années, nous demandons une loi contre l'islamophobie. Aujourd'hui, il y a une reconnaissance étymologique du terme d'islamophobie. Elle est palpable.

Certaines composantes du CFCM ont refusé de s'associer à cette démarche. Pourquoi ?
Khalil Merroun : La FAIACA ne s'est pas jointe à cette pétition moins dans la forme que sur le fond. Depuis le mois de juin, il n'y a plus de débat au CFCM. Il est littéralement en panne. Plus rien ne réunit ses membres. Il n'y a plus véritablement de consultation. On assiste à une cuisine interne entre fédérations où les mosquées ne se font pas toujours entendre. C'est ce qui est arrivé avec la FAIACA, à qui on ne donne pas toute sa place. C'est pour cette raison que j'ai lancé en février une procédure de contestation interne du bureau du CFCM. Ce n'est pas la personne de Boubakeur qui nous gêne, mais plutôt la gestion du bureau.

Le CFCM milite pour le vote d'une loi contre l'islamophobie. Quels seront les termes d'une telle loi ?
Khalil Merroun : Il existe un amalgame horrible, ne serait-ce que sur le turban du Prophète et sur le discours insidieux véhiculé par les caricatures qui consiste à dire que le Prophète est le chef des terroristes et donc, que tous les musulmans sont des terroristes. Aujourd'hui, beaucoup considère qu'avec l'Islam, tout est permis. Certes, nous défendons la liberté d'expression. Il ne faudrait pas oublier que nous avons soutenu les journalistes retenus en otage, en Irak. D'ailleurs, qui nous aurait informés sur une affaire comme Abou Graïb, sans journalistes. Mais il y a d'autres lois qui défendent le droit des religions. Ma femme, par exemple, a interdit à nos enfants de voir la série « Texas Ranger » car le chien de cette série s'appelle Moïse ! Moïse est un de nos prophètes et nous sommes beaucoup plus proche de lui que les juifs. Il faut une loi contre l'islamophobie comme il existe des lois contre l'antisémitisme. Une telle loi pourrait interdire à Patrick Poivre d'Arvor d'associer dans le même journal télé, l'annonce du Ramadan et les crimes du GIA algérien. De mettre en avant que le testament d'un des pilotes du 11 septembre contient un verset coranique sur Ibrahim, sur lui la paix. Ou encore de parler de fous de Dieu pour désigner les musulmans.

Le vrai problème n'est-il pas l'absence de représentants de confession musulmane, à l'Assemblée nationale ?
Khalil Merroun : Il y a deux vitesses dans la démocratie. Comment accepter aujourd'hui, que dans un parti, un député traite de sous-hommes des êtres humains. Dans les années 80, France-plus, cherchait à mettre en avant les « beurs », par pure complaisance. Les partis politiques portent une grosse responsabilité. Disons-le, certains députés sont plus mauvais que certains porteurs de valise de ma communauté. Il y a deux problèmes à résoudre. D'abord la parité hommes/femmes n'est pas réglée. La Tunisie fait mieux que la France en représentativité féminine nationale. La France est en retard sur la Belgique, les Pays-bas, l'Allemagne ou l'Angleterre. Ensuite, la crise de représentativité. Il existe des millions de personnes qui ne sont pas représentés. Les chasseurs sont représentés, les pêcheurs aussi. Je ne souhaite pas de lobby musulman pour ma communauté. Seulement que les musulmans qui militent dans les partis puissent être présentés aux élections. Sur ce point, je n'ai d'ailleurs pas beaucoup d'espoir.

Propos recueillis par Fouad Bahri
© SaphirNews

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LE PEN FUSTIGE 'SARKOZY L’AMÉRICAIN' (France)

04/09/2006 - C ’est un Jean-Marie Le Pen goguenard qui a conclu dimanche l’université d’été de son parti à Saint-Martin-de-Crau, dans les Bouches-du-Rhône. Le chef du Front national a réservé ses piques les plus acérées à Nicolas Sarkozy. Brocardant la politique de "rupture" prônée par le président de l'UMP, il l’a accusé de faire une "campagne à la Hollywood". Il s’en est également pris à Ségolène Royal, présentée comme "la madone des cabinets ministériels".

Zorro de 2007
Il promet d'être le Zorro de 2007, le vengeur masqué qui surgit au bout de la nuit pour déjouer le duel annoncé Sarkozy-Royal. Jean-Marie Le Pen veut s'adresser à la France qui souffre et parie sur un ras le bol massif des Français qui ne croient plus à ce qu'il appelle "l'embellie déguisée du chômage et de la croissance". Le président du Front national a eu l’occasion de dévoiler à nouveau ses idées lors d’un discours prononcé dimanche (3 septembre) devant environ un millier de sympathisants réunis pour une fête régionale des "Tricolores", à Saint-Martin-de-Crau, aux portes de la Camargue.

Le chef de l’extrême droite a taclé la "madone Ségolène", "depuis six mois nous sommes bassinés matin, midi, soir". Dans un beau lapsus, il a parlé de la présidente de la région Poitou-Charentes comme de "Mme Sarkozy", avant de se reprendre, puis l'a réduite à un "gadget" utilisé par le Parti socialiste "pour se permettre de ne pas avoir de programme". Il s’est aussi moqué de François Bayrou, suspecté de "lepénisation". Une analyse qui tient au fait que le président de l’UDF se présente comme "l'alternative" pour briser "le monopole" de l'UMP et du PS. Et le leader frontiste d’asséner : les centristes ont tout de même été "impliqués dans le gouvernement de ce pays", et "dans son déclin".

Le Pen, Sarkozy se contredit
Mais Jean-Marie Le Pen a concentré ses tirs sur le président de l’UMP, qui prône la rupture après des décennies de politique au cœur du pouvoir. "Il y a trente ans que Monsieur Sarkozy est dans la vie politique", où il a "occupé quasiment tous les postes", a-t-il asséné. Et de demander : "Et c'est lui qui ose venir nous dire ‘Je suis le candidat de la rupture’". Avant le lancer à l’attention de son interlocuteur : "Ecoutez monsieur, dans la situation où vous êtes, il y a deux solutions : si vous êtes vraiment radical, vous devez vous tirer un balle dans la tête, et si vous êtes croyant, vous devez revêtir la bure et vous retirer dans une abbaye pour prier longuement sur les pêchés que vous ne cessez de commettre". Selon lui, Nicolas Sarkozy fait une "campagne à la Hollywood". Le leader frontiste a fait rire son public en imitant les stars fréquentées par le président de l'UMP, comme Johnny Hallyday ("Ah que Le Pen il a raison") ou Doc Gyneco ("je pense que Doc Gyneco va pouvoir lui apporter des choses sur la drogue", a-t-il dit avec la voix traînante du chanteur). "Je suis convaincu que ni l'un ni l'autre ne seront au second tour", a-t-il prédit à propos de ses probables adversaires très médiatisés de l'UMP et du PS.

Dans son discours, Jean-Marie Le Pen est revenu longuement sur l'immigration, accusant les pouvoirs publics de "mentir effrontément" sur les arrivées d'étrangers en France. Il a également pris pour cible la Commission européenne, accusée de brader l'agriculture européenne sur l'autel de la mondialisation. A cette occasion, il a promis de lancer prochainement une "marche verte du Front national, de villes en villages, de départements en régions, des terres du Sud aux marches de Lorraine". Une manifestation qui s’achèverait à Paris en fin de campagne présidentielle.

Côté stratégie, il s'est gardé d'évoquer sa stratégie "d'Union patriotique", qui pourrait avoir comme corolaire un rapprochement avec le MNR de Bruno Mégret. Le sujet avait été au centre des conversations de couloirs de l'université d'été des élus en Avignon vendredi et samedi. Le président du FN, qui reconnaît lui-même que la perspective d'un rapprochement avec l'ancien "félon" était pour l'instant mal accueillie par les cadres du parti, avait tenté de calmer les spéculations, en assurant qu'il n'y avait "aucune démarche bilatérale dont M. Mégret serait le partenaire".

L.Farge avec Philippe Corbé
© RTL

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LE MRAP DÉNONCE 'L'INACTION' DU GOUVERNEMENT (France)

Dans un communiqué, le mouvement souligne l'insuffisance des mesures prises envers les sites Internet "héritiers de la nébuleuse SOS-Racaille".

04/09/2006 - Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) dénonce lundi 4 août dans un communiqué la "complaisance" des pouvoirs publics face aux "racistes du net". L'organisation affirme avoir attiré l'attention du ministère de l'Intérieur "à plusieurs reprises" sur "la nocivité" des sites héritiers de la nébuleuse SOS-Racaille, notamment france-echos.com et ses satellites, dont coranix.com, "qui diffusent des messages haineux à l'encontre des populations arabes, africaines et musulmanes." Le Mrap note avec "grande satisfaction" que le ministre de l'Intérieur a interdit le site du "groupe antisémite Tribu K", mais qualifie cette mesure de "partielle". "La haine contre les populations arabo-musulmanes est une lame de fond qui envahit le net, et les lenteurs des réactions officielles deviennent au fil du temps, une complaisance par inaction".

"Fascistes du net"
Le Mrap constate que "ces fascistes du net" sont passés "du virtuel au réel en coordonnant des campagnes contre les élus de la République qui acceptent la construction de mosquées dans leurs communes", notamment à Muret, dans la région toulousaine.

"La proximité sémantique de ces racistes avec certaines déclarations officielles, ainsi que l'usage du mot "racaille" pour désigner les jeunes de banlieues, ne doit pas justifier l'inaction", conclut le Mrap qui demande "des mesures rapides et efficaces pour mettre hors d'état de nuire cette organisation raciste" et annonce un dépôt de plainte contre le site france-échos.com.
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HOMOPHOBIE : LA DÉRIVE DU PS MARTINIQUAIS (France)

Les prises de position et déclarations homophobes d’élus socialistes martiniquais ont conduit l’association An Nou Allé à adresser une lettre ouverte au PS à propos de ses fédérations antillaises.

04/09/2006 - Début juillet, Jules Otto, premier fédéral socialiste en Guadeloupe, tenait des propos homophobes invoquant notamment la "tradition guadeloupéenne" et la "société judéo-chrétienne" pour s'opposer à l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples de même sexe.

An Nou Allé saisissait alors François Hollande et les parlementaires socialistes guadeloupéens (Jacques Gillot, Éric Jalton et Victorin Lurel) sans succès. Deux mois plus tard, "face à leur silence, face au silence d'HES et du délégué PS aux questions LGBT (saisis dans l'intervalle)", An Nou Allé en appelle directement "aux socialistes dans une lettre ouverte "sur le respect de la laïcité et des droits humains" — cosignée par Mgr Gaillot, Me Pedler, Yoav Sivan, SOS homophobie, le CRAN, la Fédération française des Centres LGBT et vingt-sept autres associations luttant à travers le monde contre le racisme, l'antisémitisme, le sexisme, l'homophobie et le sida. Ces signataires rappellent le singulier contexte du socialisme antillais : la première fédérale socialiste en Martinique, Marlène Lanoix, s'était déjà illustrée en qualifiant le PaCS de "dérive de société décadente" et en assimilant l'homosexualité à l'inceste avant d'invoquer elle aussi la "tradition chrétienne"..."

Les signataires s'étonnent que des socialistes "méconnaissent la nature laïque de la République pour tenir des propos haineux qui accentuent les divisions de sociétés déjà suffisamment atteintes par le sexisme, l'homophobie et le machisme". Et An Nou Allé d’ironiser en se demandant "si Christian Vanneste ne gagnerait pas à déménager à Fort-de-France pour adhérer au parti de Jean Jaurès". L’association demande au PS de dénoncer les propos homophobes de certains de ses élus. "Les populations LGBT des départements français d'Amérique attendent [que vous n'ayez pas] deux doctrines sur la laïcité et sur les droits humains, l'une en métropole et l'autre adaptée au climat tropical" dénonce An Nou Allé.
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PAS DE RÉPIT POUR LES '1 000 DE CACHAN' (France)

Alors que les arrestations se poursuivent, les occupants du gymnase préparent la rentrée scolaire.
Par Laeïla ADJOVI


04/09/2006 - «Une manoeuvre d'intimidation et de terreur.» C'est ainsi que Jean-Baptiste Eyraud, président de Droit au logement, a qualifié les dernières arrestations de sans-papiers hébergés dans des hôtels après l'évacuation du campus universitaire de Cachan (Val-de-Marne). Jeudi, six personnes, dont un couple avec enfant, ont été cueillies au petit matin dans leur chambre d'hôtel par des fonctionnaires de police munis d'arrêtés de reconduite à la frontière.

«Pratique barbare»
Agé de 2 ans, Syaka Dumbia, dont la famille malienne est en situation irrégulière, a été séparé de ses parents et placé dans le centre départemental d'aide à l'enfance. «Cachan est le miroir grossissant du mépris avec lequel la France traite ses immigrés», s'exclamait hier Mouloud Aounit, du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap). Bien que le juge ait prononcé la libération de cinq des six sans-papiers, le procureur de la République a fait appel de cette décision. Le sort du petit Syaka et de ses parents se jouera donc aujourd'hui à la cour d'appel de Paris. Face à ce que les associations appellent une «pratique barbare», mais aussi devant le pourrissement de la situation depuis l'évacuation du bâtiment F, le 17 août, les militants appellent à manifester au départ de la place de la République le samedi 8 septembre à partir de 15 heures.

Grâce à l'action des associations et la générosité des habitants de la ville, les enfants des «1 000 de Cachan», relégués dans un gymnase municipal, pourront faire leur rentrée scolaire. Une vingtaine de cartables neufs, des dizaines d'autres en très bon état et tout le matériel scolaire nécessaire ont été collectés hier après midi autour du gymnase Belle Image. «Les parents avaient fait à l'avance les achats de rentrée, mais durant l'évacuation du squat ils n'ont pu prendre que très peu de choses», explique une bénévole qui précise que tous les petits devraient rejoindre l'école aujourd'hui. Ahmed, 6 ans, est «pressé de rentrer à l'école», sourit Bintou, sa maman. Elle et son fils ont des papiers depuis qu'elle a obtenu le statut de réfugiée en 2004, mais son mari, en France depuis 2000, n'a pas encore été régularisé. Ahmed restera chez sa tante, près de son école, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, jusqu'à ce que sa mère puisse trouver un logement. Car les «enfants qui vont a l'école doivent être couchés vers 20 heures ou 21 heures. Comment est-ce possible dans le gymnase ? Comment peuvent-ils se concentrer pour faire leurs devoirs ?», déplore Bintou.

«Réquisition»
Mais c'est pourtant au gymnase que la plupart des écoliers des «1 000 de Cachan» rentreront ce soir. Les négociations entre les délégués des anciens squatteurs et les autorités piétinent. L'Etat a refusé ce week-end la solution de Joseph Rossignol, maire de Limeil-Brévannes, une commune voisine. Soutenu par le maire de Cachan Jean-Yves Le Bouillonnec (PS) et le président du conseil général Christian Favier (PCF), l'édile avait proposé, en guise d'hébergement provisoire, un site utilisé jusqu'en 1999 par le Commissariat à l'énergie atomique. La préfecture a opposé des risques d'incendie et la présence d'amiante. Hier, Fidèle Nitiéma, délégué de l'ancien squat, a appelé à la «réquisition» du site par la mairie de Limeil.
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SYLVIA, 4 ANS, SANS-PAPIERS AU BAN DE L'ÉCOLE (France)

A Chalon-sur-Saône, une fillette doit rester cachée avec sa mère clandestine.
Par Jacky DURAND, Chalon-sur-Saône envoyé spécial


04/09/2006 - Ce matin, la chaise de Sylvia Pembele, 4 ans, sera vide à l'école maternelle Anne-Frank de Chalon-sur-Saône. La petite Angolaise fait partie des sans-papiers (lire encadré) qui doivent faire leur rentrée. Mais le Réseau éducation sans frontières de Saône-et-Loire (RESF 71) a estimé qu'il était plus prudent que Sylvia reste dans la clandestinité. Son cas a fait débat samedi, au cours de la réunion organisée par RESF en présence d'une quinzaine de personnes. Jean-Claude (1) est pour que la petite fasse sa rentrée, «parce que l'école est un lieu d'égalité, parce que l'obligation scolaire ne doit pas être menacée dans notre pays». Sylvie est contre : elle pense qu'il suffira de suivre la petite à la sortie de l'école pour «remonter à sa mère et arrêter toute la famille». Son opinion l'emporte. «On a trop peur que Sylvia et sa mère soient prises ensemble. Nous sommes réunis ici pour préparer la rentrée de la façon la plus sûre possible», souffle Rémy.

Famille éparpillée
Depuis sa création en novembre 2005, RESF 71 a accompagné une vingtaine de familles sans papiers, mais c'est la première fois qu'il doit prendre en charge un cas d'une telle ampleur, avec six personnes vivant dans la clandestinité. Les Pembele sont arrivés en gare de Chalon, un matin de neige, en janvier 2005. Ils ont fui l'Angola, raconte le père, Sivi, 42 ans, parce qu'il y est recherché comme opposant politique et membre du parti fondé par l'oncle de sa femme, abattu en 2004. Sivi affirme avoir été emprisonné pour avoir mis en cause le pouvoir angolais dans cet assassinat. Après le rejet de leur recours devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), les Pembele sont une famille éclatée. Depuis la mi-août, ils sont sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière. Il a fallu séparer parents et enfants pour parer à une expulsion de toute la famille. Le père est éloigné de la mère, qui, elle-même, vit sans les plus grands de ses enfants.

Samedi, ils se sont retrouvés pour quelques heures lors de cette réunion, afin d'organiser la rentrée. Si Sylvia n'est pas à la maternelle, ses frères et sa grande soeur font leur rentrée : Guirchen, 16 ans, entame un BEP de chaudronnerie dans un lycée de Chalon, son frère Jonas, 13 ans, entre en cinquième dans un collège de la ville, tandis qu'Elisette, 17 ans et demi, poursuit une formation en hôtellerie dans un lycée de Mâcon.

Leurs parents, Sivi et Madeleine, ont écouté, le regard un peu perdu, le collectif régler les questions sans fin d'organisation et d'intendance qu'impose la vie d'une famille éparpillée dans la clandestinité. «Il ne faut pas que les gens qui les accompagnent à l'école soient ceux qui les hébergent», explique un bénévole. Une femme pointe son stylo en direction d'un homme : «Toi, tu prends en charge les garçons. Ce sont des adolescents, il faut que tu te fasses respecter. A toi de leur interdire d'aller dans la rue. Fais attention aussi à ce qu'ils ne ramènent pas leurs copains d'école à la maison.» Une voix lance : «Quelqu'un sait où est le réhausseur pour bébé ? On en a besoin pour Sylvia en voiture. Sinon, on risque de se faire arrêter par la police.» La réunion s'achève, Jean-Claude explique : «Tout ça peut paraître un peu brouillon parce qu'on a cloisonné les choses pour prévenir les risques. Deux ou trois personnes, seulement, ont une vue d'ensemble de la situation de la famille Pembele.» Un membre de RESF rappelle que ceux qui concourent à la scolarisation de Guirchen, Elisette et Jonas, encourent cinq ans de prison et 30 000 euros d'amende pour aide au séjour de personnes en situation irrégulière.

«Piste à explorer»
La discussion se poursuit chez Paul et Sylvie, qui ont accueilli durant quatre jours Madeleine et Sylvia. On improvise un dîner : «On nous a appelés dans l'urgence. On ne s'est pas posé la question de savoir s'il fallait les héberger ou pas, raconte Sylvie. Ce n'était pas une question d'envie, mais de nécessité. Mais c'est assez désespérant que notre société en arrive là, alors que pendant ce temps Sarkozy reçoit Doc Gynéco et Johnny.»

Entre le fromage et le gâteau au chocolat, Sivi raconte son métier de soudeur en Angola. Il veut l'exercer en France et s'est inscrit dans un centre de formation à Montceau-les-Mines, mais ne peut s'y rendre faute de titre de séjour. «On cherche toujours des soudeurs dans les agences d'intérim. Je veux avoir des papiers pour travailler. Je suis chef de famille, je suis habitué à bosser», dit-il. Pour le député UMP de Chalon, Dominique Juillot, les compétences avancées par Sivi Pembele sont une «piste à explorer» prévue par la loi de juillet 2006 qui prône, notamment, une immigration choisie. Les députés socialistes Arnaud Montebourg, Didier Mathus et le président PS du conseil général, Christophe Sirugue, ont demandé au préfet de Saône-et-Loire d'examiner la situation des Pembele «au titre des risques» pour leur vie que fait peser la décision d'expulsion.

Ce matin, RESF 71 déploiera ses banderoles devant les établissements scolaires pour alerter sur la situation des sans-papiers : «C'est à partir des écoles, des parents d'élèves, qu'on arrive à faire prendre la mobilisation, explique Jean-Claude. On est sur du concret. On dépasse le débat classique sur l'immigration.»

(1) Les prénoms ont été modifiés.
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LE PEN VEUT SÉDUIRE EN CONTANT 'CE QUI VA MAL' (France)

De l'immigration à la viticulture, le candidat à une 5e présidentielle a dressé un tableau apocalyptique de la France lors d'une fête des Tricolores, en Camargue. Par Christophe FORCARI, Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône), envoyé spécial

04/09/2006 - «Le premier tour est acquis. C'est arithmétique. Maintenant, on joue le troisième tour. C'est-à-dire l'Elysée», certifie Dominique Martin, secrétaire départemental FN de Haute-Savoie. En attendant, en pleine Camargue et sous un soleil de plomb, Jean-Marie Le Pen, chemisette bleu ciel et casquette de base-ball sur le crâne, s'est employé hier, lors d'une fête des Tricolores, à rassembler ses troupes en vue du premier tour grâce au thème qui depuis 1972 a fait son succès : l'immigration. «Le phénomène d'immigration n'en est qu'au début du commencement, martèle-t-il, et la responsabilité de ce phénomène est exclusivement celle des gouvernements de droite et de gauche.»

«Crevez-les !»
Pour le candidat à une cinquième élection présidentielle ­ à 78 ans ­, l'affaire de l'ancien squat de Cachan est «révélatrice de l'importance de l'immigration clandestine. Ils veulent bien être clandestins en France, mais à leurs conditions». Dans les travées, un homme, coiffé d'un canotier «Le Pen président», ne masque pas ses sentiments. «Crevez-les ! Il faut les crever !» hurle-t-il. Dans le sillage de l'immigration, le vieux leader d'extrême droite déroule son discours sur l'insécurité, mais aussi le coût de cette présence pour les régimes sociaux et les finances de l'Etat. Un argent dilapidé, selon lui, au détriment des «Français de souche» : «Que ceux qui payent, c'est-à-dire nos compatriotes, ne soient pas les derniers à profiter de l'argent qui est perçu sur eux.»

En dressant un tableau apocalyptique de l'état de la France, il entonne même le refrain de Ray Ventura et de ses collégiens ­ Tout va très bien Madame la marquise ­ pour se moquer des discours rassurants des ministres de Jacques Chirac. «Moi, je vais vous parler de tout ce qui est à part, de tout ce qui va mal, poursuit Le Pen. Il faut bien dire que l'homme est malade, parce que, sans ce diagnostic, il n'y a pas de thérapeutique possible.» Le Pen se pose en défenseur de l'agriculture française, qui serait menacée par l'Europe et l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Selon lui, les directives européennes vont conduire à «éradiquer 400 000 hectares de vigne en Europe. Cela équivaut à la destruction de toutes les vignes dans le sud de la France». «Marches vertes». Malgré cette menace, les militants frontistes chargés de préparer le repas avaient préféré des pichets de vin rouge et rosé... de Californie. «Pour dix générations de Le Pen paysan breton, je ne laisserai pas Bruxelles vous emmener à l'abattoir de la mondialisation», jure Le Pen, tout en annonçant le lancement de «marches vertes», allusion à la «révolution verte» de Kadhafi, dans tous les départements afin de défendre les agriculteurs français.

Et de s'en prendre aux élus du système «UMPS», qui «depuis trente ans» ont laissé s'installer les difficultés. «S'ils agissaient comme moi j'agirai, les problèmes seraient résolus», poursuit Le Pen, en sueur. «Ceux qui avaient découvert la fracture sociale en 1995, dit-il en visant Jacques Chirac, alors candidat à la présidence de la République, viennent de découvrir la rupture. Décidément, on ne se fatigue pas trop les méninges dans les cabinets de l'UMP.» Convaincu que ni Ségolène Royal, qu'il surnomme «Dame Tartine» ou «la madone des cabinets ministériels», ni Nicolas Sarkozy ne seront présents au second tour, le président du FN étrille le président de l'UMP, «qui a occupé tous les postes possibles et imaginables. Et c'est lui qui se prétend partisan de la rupture». En quête de crédibilité, Le Pen n'a pas renoncé pour autant à son rôle fétiche, celui du candidat antisystème.
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A L'EMBAUCHE, ON DISCRIMINE, AU TRIBUNAL, ON FERME LES YEUX (France)

La justice refuse de donner suite à de nombreuses plaintes contre des offres d'emploi illégales ciblant l'âge ou la couleur de peau. Un symbole gênant à l'heure où la lutte contre les discriminations à l'emploi se veut exemplaire.
Par Sonya FAURE


04/09/2006 - Un directeur de la communication de moins de 40 ans pour le conseil général de la Somme. Un chef comptable de moins de 30 ans pour la SNCF. En mars 2005, sept chômeurs, soutenus par l'association de chômeurs Apnée, ont porté plainte pour discrimination par l'âge contre 40 annonces d'emploi impliquant 70 entreprises ­ les sociétés qui embauchaient, mais aussi les cabinets de recrutement et les sites Internet qui diffusaient les annonces : Monster.fr, l'Apec, Cadremploi, Bouygues... En juillet, le parquet de Paris a finalement décidé de classer sans suite vingt de ces plaintes, après un simple rappel à la loi. Les autres plaintes ont été transmises aux parquets de province concernés ; ceux qui ont déjà pris une décision ont aussi choisi d'abandonner toute poursuite.

«BBR»
Les plaintes avaient pourtant été transmises au parquet de Paris par la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), qui en avait fait un exemple de sa lutte contre la discrimination dans l'emploi. Un secteur, justement, où se concentrent près de la moitié des réclamations pour discrimination faites à la Halde. Dans son rapport d'activité 2005 (1), l'affaire des petites annonces est le «cas n° 8», exemple même de la discrimination par l'âge : «Les articles 225-1 et 225-2 du code pénal prohibent la discrimination lorsqu'elle consiste à refuser d'embaucher ou à subordonner une offre d'emploi à une condition fondée notamment sur l'âge. En l'espèce, les termes utilisés dans les offres d'emploi sont dénués d'ambiguïté et leur usage suffit à caractériser l'intention de discriminer de l'auteur des annonces», écrit la Halde. «En procédant à une transmission au parquet, dont les auteurs des annonces et les diffuseurs ont été informés, la Halde a marqué sa volonté de faire respecter la loi.» Pour le symbole, c'est plutôt raté. Ce n'est pas la première fois que la justice pénale se montre frileuse sur des affaires de discrimination, qu'elle soit liée à l'âge ou à la couleur de peau. Pas la première fois non plus qu'elle désavoue la Halde, pierre angulaire de la lutte contre la discrimination du président Chirac.

En juin, déjà, les juges avaient relaxé le groupe d'intérim Adecco, une de ses filiales, Districom, et la multinationale du cosmétique L'Oréal, accusés par l'association SOS Racisme d'avoir procédé au recrutement discriminatoire d'animatrices de supermarché. Un fax avait pourtant été présenté à l'audience où une salariée de Districom demandait à sa maison mère des jeunes filles «BBR» («Bleu-Blanc-Rouge» pour «blanches de peau»). Les animatrices devaient par ailleurs être des femmes, de 18 à 22 ans et de taille 38. Trois critères discriminants que le parquet n'avait pas jugé bon de poursuivre. A l'audience, l'avocat de la Halde avait été sévère envers Districom. Les juges n'avaient pas suivi, mais cette fois le parquet a décidé de faire appel. «Si, dans ce genre de dossier où les faits sont clairement établis, on n'agit pas, que se passera-t-il quand la justice sera confrontée à des cas plus compliqués ?» regrette Jean-François Amadieu, sociologue de l'Observatoire des discriminations et membre du comité consultatif de la Halde. «Cela va alimenter le point de vue des partisans de la discrimination positive : le droit paraît inefficace. Depuis la loi de 2001 (2) , il y a eu peu d'évolution dans le nombre de plaintes et de condamnations.»

Testing
La Halde, elle, s'efforce de ne pas perdre la face. «Le parquet a tout de même fait un rappel à la loi, les lignes ont bougé, avance son directeur général, Marc Dubourdieu. Il y a un an, les employeurs n'avaient même pas conscience, en inscrivant un critère d'âge dans une annonce d'emploi, de faire quelque chose de grave et pénalement répréhensible. J'ai rencontré certains DRH incriminés et je peux vous dire qu'avoir été entendu par la police a marqué les esprits.» La Halde n'a qu'une peur : que les récentes décisions de justice découragent les futurs discriminés ­ qu'ils soient trop âgés, trop femmes ou pas assez blancs ­ de porter plainte. Elle brandit donc une autre décision de justice de l'été, beaucoup plus réconfortante : la patronne d'un salon de coiffure de Loire-Atlantique a été condamnée à 3 000 euros d'amende, dont 1 500 avec sursis, pour discrimination raciale à l'embauche. Elle avait été coincée après une opération de testing.

SOS Racisme ne partage pas l'optimisme de la Halde. «Le parquet de Nanterre vient de classer sans suite une de nos affaires après cinq ans d'enquête, rapporte Samuel Thomas. Nous attaquions une offre d'emploi interne de Cegetel qui recherchait un "ingénieur électronique informatique-réseau" français, né de parents français, sous prétexte que la maîtrise du cryptage imposait un personnel habilité secret défense. Les parquets ont peu de moyens à disposition pour ces enquêtes, et policiers et magistrats ne sont pas formés. Pour beaucoup de procureurs, il suffit de dire aux gens qu'il ne faut pas discriminer, rien ne sert de les juger. Comme si ces délits ne méritaient pas de sanctions pénales. Sur une affaire de fichage ethnique, un procureur nous a répondu : "Ils ont compris qu'ils ne devraient plus le faire."»

Dans l'affaire des petites annonces, le motif du classement sans suite par le parquet fait hurler les plaignants : les entreprises ne sont pas poursuivies car elles ont cessé de diffuser les offres incriminées. «Mais les annonces d'emploi sont par nature éphémères ! estime Yves Barraud, chômeur et membre d'Apnée. Il est évident qu'un an après, au moment de l'enquête de police, elles n'étaient plus sur le site ! De plus, Monster.fr a continué de diffuser des annonces d'emploi discriminatoires vis-à-vis de l'âge. Ce qui nous a conduits à déposer une nouvelle plainte à la Halde, le 11 avril, contre 30 nouvelles annonces.» Malaise supplémentaire : Monster.fr est le partenaire choisi par le ministère délégué à l'Egalité des chances d'Azouz Begag pour le lancement, au printemps, d'un portail Internet dédié à la diversité et à l'emploi.

(1) Consultable sur www.halde.fr

(2) La loi de 2001 a étendu les motifs de sanction dans le code du travail à l'orientation sexuelle, l'apparence physique, le nom, l'âge. De plus, avant 2001, c'était au salarié de prouver qu'il était victime de discrimination. C'est désormais à l'employeur de se justifier.
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LE FN VEUT INTÉGRER LA CULTURE DE GOUVERNEMENT (France)

par Gérard Bon

02/09/2006 - Le Front national a voulu marquer, lors de son université d'été à Avignon, sa volonté d'intégrer la "culture de gouvernement" dans la perspective de la candidature de Jean-Marie Le Pen en 2007.

Plus d'une centaine d'élus régionaux du FN ont donc planché pendant le week-end sur les institutions et la décentralisation, sujets éloignés, selon eux, de la "politique-spectacle" mise en scène par l'UMP, le PS ou l'UDF.

"Aujourd'hui, il est important pour nous de démontrer que nous sommes une véritable alternative au pouvoir, et pas seulement un parti d'opposition", a expliqué samedi Marine Le Pen, vice-présidente du mouvement, à Reuters.

Cette "culture de gouvernement" se traduira à la fois dans le programme du candidat Le Pen en novembre et par des déplacements thématiques, sur l'armée, sa vision de la République, les énergies et l'écologie, a-t-elle ajouté.

"En choisissant les institutions, nous avons voulu marquer ce début de campagne du sceau de l'expertise, de la technicité, de la crédibilité", a avancé Jean-Marie le Pen vendredi, lors d'une conférence de presse.

Le dirigeant d'extrême droite, qui espère se qualifier pour le second tour de la présidentielle, comme en 2002, n'entend pas, cette fois, être pris de court.

ETAT FORT
Il y a cinq ans, dans la campagne du second tour, Jean-Marie Le Pen sous le coup d'une "divine surprise" n'avait pas été en mesure de présenter un projet crédible face à Jacques Chirac.

Sur les institutions, le président du FN ne s'est pas éloigné à Avignon de ses thèmes habituels tout en leur donnant une plus forte cohérence.

Selon lui, le "délabrement des institutions", marqué par une très forte abstention lors des différentes élections, traduit le décalage entre "le pays réel et le pays légal".

Il propose donc de replacer le peuple au centre du fonctionnement des institutions en instaurant non seulement le scrutin proportionnel mais la pratique de référendums "d'initiative populaire" et "d'initiative parlementaire".

Face à Bruxelles, Jean-Marie Le Pen veut que le chef de l'Etat soit à la tête d'un Etat fort, au lieu de jouer un "rôle de gouverneur" dans un système fédéral.

Il propose également de restaurer le mandat présidentiel à sept ans et d'exclure les ressortissants communautaires du droit de vote pour les élections locales.

Dimanche, Jean-Marie Le Pen s'adressera à ses troupes lors d'un discours à l'occasion de la fête régionale des Tricolores, dans une manade de Camargue, à Saint-Martin de Crau.
© Reuters

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PERQUISITIONS DANS DES MILIEUX MILITAIRES D'EXTRÊME-DROITE (Belgique)

07/09/2006 - Le parquet fédéral donnera des précisions sur ce dossier au cours d'une conférence de presse organisée ce jeudi à 17h00 à Termonde dans les locaux de la police fédérale, Leopold II-laan, 55.

Des perquisitions ont été menées jeudi dans des milieux militaires proches de l'extrême-droite en Flandre. Elles visaient notamment des militaires d'active. Les perquisitions ont été menées à partir de 11h00 dans le Limbourg, en Flandre orientale et dans la province d'Anvers, a-t-on appris au parquet fédéral. Les enquêteurs se sont notamment rendus dans des casernes et chez des militaires.

Le parquet fédéral donnera des précisions sur ce dossier au cours d'une conférence de presse organisée ce jeudi à 17h00 à Termonde dans les locaux de la police fédérale, Leopold II-laan, 55.

Selon la VRT, une vingtaine de lieux ont été visités par une centaine de policiers fédéraux.

L'enquête avait débuté il y a deux ans. Toujours selon la VRT, ce seraient des groupes liés à des néo-nazis ou des skinheads qui seraient visés dans le cadre de cette instruction sur des infractions aux lois sur les armes, le racisme, la xénophobie et le terrorisme. La nouvelle loi terrorisme s'applique en effet aux organisations qui mettent en péril la démocratie.
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VOILE: LES ÉCOLES TRÈS SEULES (Belgique)

Sortie d'un livre volontairement provocant sur le port du voile à l'école. Il relance le débat à quelques jours de la rentrée dans le secondaire. Son discours: pour que les élèves soient sur pied d'égalité, la ministre doit trancher.

04/09/2006 - Nadia Geerts est professeur de morale dans une école de la Ville de Bruxelles où tout couvre-chef est interdit depuis fort longtemps. Dans son livre «L'école à l'épreuve du voile»(1), elle milite pour que toutes les écoles soient mises sur pied d'égalité. «La situation actuelle est la moins bonne, estime-t-elle. Certaines écoles interdisent tout couvre-chef, les autres pas. Et le seul message que l'autorité publique envoie aux directeurs, c'est qu'elle ne s'en mêle pas. Je trouve qu'une même décision devrait être appliquée à tous. Je préférerais encore l'interdiction d'interdire partout, même si telle n'est pas du tout mon opinion. Mais pas les actuelles différences.»

Interdire ou pas? La question ne laisse pas Nadia Geerts indifférente. Et elle s'engage clairement pour une interdiction généralisée. Dans son ouvrage, elle fait une démonstration à sa façon sur base de ce que le foulard symbolise. Est-ce un signe de soumission de la femme par rapport à l'homme? «Difficile d'imaginer le contraire, alors que son port est imposé aux seules jeunes filles précisément dès la puberté.» Et d'en conclure: «Cet aspect me dérange dans l'école où il ne devrait pas être question de considérer l'autre comme une menace».

Deuxième hypothèse: le foulard est-il le signe de la soumission de la femme à un dieu? «Quand bien même, admet l'auteur, je ne vois pas pourquoi le religieux devrait acquérir d'office droit de cité à l'école. Et surtout à l'école officielle. Je sais que c'est provoquant de dire cela, mais quand une école en a assez des piercings, cheveux verts ou autres débordements, elle réglemente. Tandis que dès qu'il s'agit d'une question religieuse, on s'interroge, on hésite... Ces deux poids et deux mesures me dérangent.»

Enfin troisième hypothèse: le foulard est-il un simple signe d'appartenance culturelle ou un accessoire de mode? «Si ce n'est que cela, chacun peut donc y renoncer sans problème le temps de suivre ses cours.»

5 pc d'écoles foulard admis
Mais Nadia Geerts fait passer la nécessité d'une réglementation unique avant son opinion. Parce que, sur le terrain, ces différences créent des problèmes en cascade. «A Bruxelles, il ne reste plus que 5 pc des écoles qui acceptent le foulard. Du coup, elles se transforment en véritables ghettos.» Mais il y a plus grave, dit-elle. «On fait apparemment un cadeau aux jeunes filles en les acceptant avec leur voile. Mais le cadeau est parfois empoisonné, quand les écoles les plus tolérantes ne sont pas les mieux adaptées à leur projet. Ce sont même, parfois, des écoles assez faibles. Il n'est pas normal que le choix d'une école se focalise sur le port permis du voile plutôt que sur le projet pédagogique.»

Nadia Geerts se défend de toute idée raciste. «Au moindre geste, on a toujours peur de se faire taxer de racisme. Alors que les progressistes comprennent, acceptent... Franchement, pour moi, les vraies mesures anti-racistes ne concernent pas le foulard. Il faut agir au niveau du logement, de l'emploi, de l'école aussi mais sur le niveau d'enseignement. Cette histoire de foulard empêche de se poser les vraies questions!»

Et de réclamer que l'école «remplisse à nouveau son rôle de protection et remise les appartenances au vestiaire pour laisser toute la place à l'apprentissage».

(1) A sortir le 15 septembre aux éditions Labor.
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MARCHE POUR LA TOLÉRANCE À TIRLEMONT (Belgique)

02/09/2006 - Environ 200 personnes se sont rassemblées sur la Grand Place de Tirlemont pour donner le coup d'envoi, vers 14h30, à une marche pour l'égalité, la tolérance et la lutte contre le racisme. Cette manifestation fait suite à l'agression, la semaine dernière, d'un jeune Belge de 18 ans d'origine slovaque.Le jeune homme avait été agressé, dans la nuit de samedi à dimanche, par dix skinheads, alors qu'il se trouvait avec un ami. La victime avait été grièvement blessée par un mineur d'âge qui lui avait donné des coups de couteau.

Les manifestants arboraient une banderole où était inscrit le mot "Genoeg" (Assez), rappelant les récentes agressions qui ont également eu lieu à Anvers et à Bruges. Les participants ont rejoint l'endroit de la Beaudouinlaan où a été agressé le jeune Slovaque. Un poème de Bertold Brecht, prônant la lutte contre le racisme, y a été lu. La marche s'est disloquée devant l'hôpital H.Hartziekenhuis, où la victime est toujours soignée.

Cinq auteurs de cette agression, dont trois mineurs d'âge, ont déjà été interpellés. La chambre du conseil de Louvain a décidé vendredi de libérer les deux adultes sous conditions, mais le parquet a fait appel de cette décision. Les trois mineurs d'âge ont été placés dans une institution fermée.

L'auteur des coups de couteau a reconnu avoir agi pour des raisons raciales. Au début du cortège, un des participants a estimé que "l'agression du Slovaque s'inscrivait dans la suite du climat raciste engendré au cours des dix dernières années à Tirlemont". Il pointait notamment du doigt les discours tendancieux du bourgmestre Eddy Poffé (VLD), tout en stigmatisant les mesures à peine répressives menées par la police envers les actes racistes et violents.

Il se réferrait notamment au témoignage du frère de la victime qui, le soir de l'agression, avait lui-même été menacé par des skinheads. Lorsqu'il a voulu porter plainte, un policier lui aurait rétorqué qu'il n'en prendrait note que lorsque le médecin de l'hôpital l'aurait tenu au courant de la gravité des blessures du jeune Slovaque.
© Le Soir en ligne

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48% DES DANOIS SE MÉFIENT DE L'ISLAM

Seuls 34% pensent que l'islam est compatible avec la démocratie.

04/09/2006 - L'islam est incompatible avec la démocratie, estiment 48% des Danois contre 34% qui pensent le contraire et 18% d'indécis, selon un sondage réalisé par l'institut Zapzra publié la lettre d'opinion hebdomadaire Mandag Morgen le lundi 4 septembre.
Lors d'un précédent sondage du même institut en février dernier, les Danois étaient 51% à penser que l'islam compatible avec la démocratie, tandis que 34% pensaient le contraire.

L'affaire des caricatures
L'enquête de février avait été réalisée alors que le Danemark traversait sa crise la plus grave de l'après-guerre, née de la publication de 12 caricatures du prophète Mahomet dans le quotidien national Jyllands-Posten. Ces dessins, également reproduits par d'autres médias étrangers, avaient provoqué une tempête de protestations dans le monde musulman contre le royaume.

Le sondage publié lundi a révélé par ailleurs qu'une majorité de Danois (57%) croient vraisemblable la survenue dans leur pays d'une nouvelle crise semblable à celle des caricatures de Mahomet, dans les cinq prochaines années. 13% estiment invraisemblable une répétition de la crise.

Sondage réalisé du 25 au 28 août auprès de 992 Danois de plus de 18 ans.
© Le Nouvel Observateur

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ESPAGNE - FOOTBALL : LE RACISME BANALISÉ ?

Le racisme s’enracine-t-il dans l’Espagne du football ? Longtemps marginale dans les stades espagnols, la violence montre des signes de propagation, avec la xénophobie comme principal vecteur...

06/09/2006 - Si le supporter espagnol est généralement considéré comme un passionné gesticulant et vociférant, il est rarissime qu’il en vienne aux mains pour des questions de clubs. La violence en Espagne reste souvent plus dialectique que physique, et jusqu’à la fin des années 90, elle épargne généralement les stades. Seule existe alors une rivalité souvent respectueuse entre des équipes d’une même ville ou bien entre deux entités, rivales depuis la naissance du football en Espagne. Et quand bien même il y a inimitié, celle-ci ne franchit pas les limites du terrain.

Cette image est-elle trompeuse ? Peut-être... Car en cette fin de 20e siècle, les médias rendent très peu compte des incidents entourant les matches. S’il n’y a pas de mort, ou de journalistes agressés, les medias gardent le silence sur ces “incidents marginaux”. Or, des bribes de violence entrent dans les stades, et deux faits-divers sont suffisamment graves pour que la presse ne puisse les ignorer : en plein règne du Real de Madrid des années 80, une banderole “ETA, tue-les !” est déployée au Stade San Mamés de Bilbao, pour le match opposant l’Athletic au Real d’Hugo Sánchez. En 1998, Aitor Zabaleta, supporter du club d’Osasuna est poignardé par Ricardo Guerra, supporter de l’Atlético Madrid, à la suite du match opposant les deux clubs au Stade Vicente Calderon. Des faits difficilement dissimulables, mais encore considérés comme isolés, en dépit du fait que ces dernières années, les stades espagnols ont connu une nette montée de la violence.

Des noms d’oiseaux...
Si les attitudes cherchant à déstabiliser l’adversaire sont courantes dans le football espagnol, les cris et insultes racistes ont longtemps échappé à l’éventail des gentillesses que le public adresse aux adversaires du jour. Le supporter espagnol préfère critiquer la filiation des joueurs, ou leur embonpoint, quand il ne le bombarde pas d’objets en tout genre (briquet, pièces de monnaie, ou une tête de cochon quand il en passe une à portée de main, etc). Mais, comme ailleurs, les attitudes xénophobes ont franchi les portiques, et se sont installées en tribune, sous le regard passif d’instances sportives peu concernées. Et lorsque Luis Aragonés dérape en pleine session d’entraînement de la sélection espagnole, la fédération ne réagit qu’après le tollé suscité par les propos du Sabio de Hortaleza.

Gênée par la tournure des événements, la RFEF (Real Federación Española de Fútbol) traîne en effet les pieds pour sanctionner son sélectionneur. Au stade Santiago Bernabeu, le match contre l’Angleterre se dispute dans une ambiance délétère où les sifflets alternent avec des cris de singes accompagnant les joueurs métis ou noirs de la sélection insulaire. L’un des joueurs les plus touchés par ces attaques est Ashley Cole, dont le nom apparaît pourtant en bonne place parmi les priorités de recrutement du Real... Pressée de toutes parts, la fédération inflige une amende de 3.000 euros à Luis Aragonés, tout en considérant que les propos du sélectionneur sans être “racistes” sont tout de même constitutifs de “faute grave”. Ce bel exercice de stylistique ne convainc personne et Thierry Henry, le “Noir de m...” visé par les propos de l’entraîneur espagnol, considère cette amende comme “ridicule”.

... aux cris de primates
Avec cet incident, qui marque un tournant dans le comportement des supporters ibériques, on voit les comportements racistes se multiplier dans les stades, sans que la Fédération renonce à la politique de l’autruche. En témoigne son barème de sanctions : jusqu’à 6.000 euros d’amende pour une première condamnation et un maximum de 18.000 euros en cas de récidive. Étonnamment, il faudra attendre février 2005 pour qu’un club espagnol souffre les foudres de la Commission de discipline. Richard Morales Aguirre,sous le maillot d’Osasuna, essuie les insultes racistes des supporters de Getafe, grands habitués de la spécialité. Une sanction... une première, mais dans la discrétion.

Les joueurs visés par ces actes racistes réagissent diversement : Morales ne les dénonce pas et essaye de leur donner “le moins d’importance possible”, à l’opposé d’un Samuel Eto’o qui ne manque jamais de relever les comportements hostiles dans les tribunes. L’attaquant du Barça est l’objet de nombreuses attaques venues des gradins, à Saragosse et Getafe notamment. En 2005, le Camerounais avait essuyé les cris de singe d’une poignée de supporter de Saragosse. La réponse est cinglante : un but en guise de bâillon, qu’il fête en mimant les gestes d’un orang-outan. Cette célébration a fait scandale, et Eto’o la justifie ainsi : “Les supporters ont payé leur place pour voir un singe, donc, je fais une danse de singe, puisque c’est ce qu’ils sont venus voir”.

L’Eto’o qu’on ressert
Eto’o avisait le même jour que le racisme dans le football prenait de plus en plus d’ampleur. Une saison plus tard, ce n’est plus une poignée de supporters, mais une large partie du public qui s’en prend à l’attaquant camerounais. À la 74e minute du match opposant le Barça au club maño, le blaugrana jette l’éponge. Prenant le chemin des vestiaires, Eto’o provoque la stupeur de tous les témoins présents sur place. Seule l’intervention de Frank Rijkaard le persuade de poursuivre le match.

Devant la répercussion de cet incident dans la presse internationale, les autorités espagnoles se devaient d’infliger une sanction exemplaire à Saragosse ? Que nenni. La fédération joue petit bras : 9.000 euros d’amende. Eto’o, qui demandait la fermeture du stade de la Romareda pour une année, n’a pas eu satisfaction. Sepp Blatter qualifie la sanction de “ridicule”, et la FIFA lance un chapelet de mesures dont l’application reste à la discrétion des fédérations nationales. Au chapitre des lamentations, soulignons les propos de Angel Torres, Président du Getafe, qui considère que Eto’o est un “provocateur”. Pour ce dirigeant, il faut croire que les problèmes n’existent que quand on en parle...

Dérapages
Si l’attitude de Samuel Eto’o a suscité de vives réactions, il ne faut pas oublier que d’autres joueurs ont été victimes de l’attitude des supporters cette saison. Soulignons le traitement réservé à un autre Camerounais, Carlos Kameni, portier de l’Espanyol de Barcelone, qui a eu le désagréable privilège d’être couvert d’insultes racistes par le Frente Atlético, à Madrid, mais aussi par ses propres “supporters” - les Brigadas Blanquiazules. En quittant quelque peu le thème du racisme, le verbe est proféré avec de plus en plus de véhémence par les supporters espagnols. Témoin en est la banderole déployée par les supporters de l’Alavès, à l’encontre de l’avant-centre de Málaga, Salva Ballesta : “Salva, muérete” lisait-on.

Et quand ce ne sont pas les supporters qui insultent, ce sont les dirigeants qui s’égarent. Ainsi le regrettable Dimitry Piterman, le président-actionnaire-entraîneur d’Alavès conseillait-il aux Brésiliens du Real Madrid de célébrer leurs buts en imitant le pingouin. Et avec la même finesse, Javier Clemente notait, dans la conférence de presse suivant le match entre le Barça et l’Athletic Bilbao, que "ceux qui crachent [sur un autre joueur] sont ceux descendent des arbres". Au cours du match, Samuel Eto’o avait craché sur Unaí Exposito, défenseur de l’équipe basque, entraînée par Clemente.

Racisme bête ou méchant ?
Il est difficile de déterminer si ces comportements sont révélateurs - s’ils relèvent d’un racisme profond -, ou s’ils correspondent plus majoritairement à l’attitude bête et méchante consistant à provoquer l’adversaire par tous les moyens symboliques disponibles. C’est le cas d’une majorité de personnes qui feraient pourtant mieux de garder le silence et auxquelles les contradictions ne font pas peur : lors d’Atlético Madrid-Barça, les quelques cris de singe accompagnant Eto’o disparaissent miraculeusement lorsque Perea lui ôte le ballon. Et quand Eto’o est conspué par un bon nombre de supporters de Saragosse, Ewerthon est épargné. Comme quoi, il arrive que la couleur d’un maillot efface celle de la peau. Cette idée d’une "racisme de provocation", plus opportuniste qu’enraciné, semble confortée par les résultats d’une étude menée par le gouvernement espagnol, qui indique que le racisme et la xénophobie restent limités.

Pour autant, le racisme des stades espagnols n’est pas seulement circonstanciel : dans le retentissant livre "Diario de un Skin", Antonio Salas raconte comme il s’est infiltré durant un an dans les milieux neo-nazis espagnols, et constate les connexions entre cette mouvance et plusieurs groupes de supporters. Mais il révèle aussi l’immense passivité des dirigeants des clubs face à ces groupuscules. Salas rend ainsi compte de cette violence ordinaire des ultras de nombreux clubs, qui multiplient les ratonnades contre les supporters de clubs idéologiquement hostiles, ou les "non-européens" passant à leur portée.

Ultras sourds à la raison
Parmi ces groupes, on retrouve bien sûr les Ultras Surs du Real de Madrid, les membres du Frente Atlético, de l’autre club Madrilène, ceux des Brigadas Blanquiazules, pro-Espanyol de Barcelone, ou certains affiliés au Fondo Ligillo, de Saragosse. Le cas des Ultras Surs mérite une attention particulière : depuis des années, ce groupe exhibe fièrement les oriflammes franquistes dans les gradins du Stade Santiago Bernabeu. Certains d’entre eux s’étaient même illustrés au BayArena de Leverkusen en multipliant les chants pro-nazis...

Le pire est sans doute que les Ultras Surs sont un état dans l’état Merengue. Leur magazine interne exhibe régulièrement les stars de l’équipe première, portant fièrement l’écharpe à la double hache, symbole explicite de cette confrérie. La direction du Real Madrid a longtemps octroyé des dizaines d’invitations que les Ultras Surs revendaient pour assurer la subsistance économique de leur organisation... Et aucun dirigeant Madrilène n’oserait s’attaquer à ces fidèles supporters : d’une part, ils représentent une manne électorale indéniable, d’autre part, les mouvements ultraviolents dans lesquels militent bon nombre d’Ultra Surs, ôtent à leurs détracteurs une large part de leur motivation.

Des mots aux gestes ?
L’évidence s’impose : la violence devient récurrente dans les stades espagnols. Au-delà des cris et injures racistes, l’intégrité des joueurs et arbitres semble désormais menacée. Ces dernières semaines, deux affaires sérieuses ont alourdi le passif des supporters violents : en quart de finale de Copa del Rey, à Valence, l’un des juges de touche accompagnant Megía Davila, est touché à la tête par un objet lancé des tribunes. En Liga, voilà quelques jours, le public du stade Vicente Calderon s’est une nouvelle fois distingué : Andrés Palop, gardien du FC Seville reçoit une canette en pleine tête. Bien que gisant sur la pelouse, une pluie d’objets continue à le viser, parmi lesquels on relèvera une bouteille de Whisky. En infligeant 3.000 euros d’amende au club colchonero, le Comité de discipline espagnol a provoqué le réveil du gouvernement, qui réclame des sanctions plus fermes pour ce type d’incidents.

Enrique Cerezo, président de l’Atlético, a pour sa part annoncé vouloir se lancer dans une politique de répression envers les fauteurs de trouble. Le club - qui connaît une situation sportive et économique délicate - doit gérer les agissements récurrents de ses supporters les plus radicaux. Une attitude responsable, mais qui pour l’heure, semble isolée. Après les incidents opposant Samuel Eto’o aux supporters de Saragosse, la direction du club n’a pas pris de mesures particulières pour remédier au phénomène : à tel point que les joueurs de couleur du Real de Madrid, en déplacement à Saragosse voilà deux semaines, ont reçu le même traitement que l’attaquant Barça. Et quatre supporters du club maño, pris sur le fait, ont été condamnés à 6.000 euros d’amende. Plus récemment, le 9 avril, Eto’o a de nouveau fait l’objet d’insultes racistes distillées par les supporters du Racing de Santander. Trois jours à peine après les faits, le club a écopé d’une amende de 6.000 euros, le maximum prévu par les règlements de la RFEF.

La FIFA pour le retrait de points Prise de conscience véritable ou effet d’annonce ? Pour l’heure, les autorités semblent toujours plus promptes à réprimer les messages indépendantistes du Camp Nou ou de San Mamés, qu’à agir durement contre les expressions racistes. En comparaison, les 25.000 euros d’amende infligés à l’Inter de Milan pour les insultes de ses supporters envers Marc Zoro (voir les Cahiers du football n°22), montrent l’écart existant en Europe entre des fédérations confrontées aux mêmes problèmes.

Une telle situation justifie des actions volontaristes de l’UEFA ou de la FIFA. En adoptant une réglementation extrêmement sévère qui a pour but d’éradiquer le racisme des stades, dès la prochaine Coupe du monde (pourquoi attendre, d’ailleurs ?), la FIFA fait monte d’une certaine forme d’engagement, mais l’application de ces règles reste encore floue. Car tout en saluant le fait que "si un joueur, un officiel ou un spectateur fait preuve d’un comportement discriminatoire ou irrespectueux, son équipe perdra trois points dès la première infraction. Six points à la deuxième. La troisième sera sanctionnée par la relégation. Pour des matches où aucun point n’est attribué, l’équipe concernée sera disqualifiée", reste à savoir qui devra décider des sanctions et qui aura le courage de les appliquer.

D’autre part, ces mesures ne font que la moitié du chemin. Car si la lutte contre le racisme dans les stades doit être une préoccupation majeure de la FIFA et de l’UEFA, il ne faudrait pas que les autres types de violence soient oubliés (rappelons les exemples de Dida, ou d’Anders Frisk, la saison dernière). Les dirigeants du football pourraient peut-être profiter d’un de leurs prochains banquets pour poser sur un coin de table les bases d’une réglementation internationale en la matière. Car pour gérer de manière cohérente une situation qui se détériore sur l’ensemble du continent, rien de plus efficace que de faire appel à l’instance géographiquement compétente, sans déléguer l’application de principes généraux à des fédérations qui avancent à reculons...
© Le Journal Chrétien

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RECRUDESCENCE D'ANTISÉMITISME OUTRE-MANCHE (Grande-Bretagne)

Le grand rabbin de Grande-Bretagne dénonce «le tsunami antisémite» en Europe.
Par Sabine LIMAT


06/09/2006 - Grande-Bretagne célèbrent ce mois-ci le 350e anniversaire de leur seconde «arrivée» en Grande-Bretagne, où ils s'étaient réinstallés, en septembre 1656, après en avoir été exclus à la fin du XIIIe siècle. Une célébration qui n'est pourtant pas placée sous les meilleurs auspices pour leur communauté : les attaques antisémites, qu'elles soient verbales, physiques ou symboliques, ont ainsi augmenté de façon significative depuis 2000. Selon certaines estimations, elles seraient aujourd'hui en hausse de 75 % par rapport à la décennie précédente, un reflet, selon le grand rabbin de Grande-Bretagne, Jonathan Sacks, du «tsunami antisémite» qui affecte aujourd'hui l'Europe.

Graffitis
Pour le seul mois de juillet, marqué par le conflit libanais, on a répertorié 92 incidents parmi lesquels l'agression d'une fillette de 12 ans, laissée sans connaissance dans un bus londonien après avoir été tabassée par un groupe de sept délinquants qui lui avaient demandé sa religion. D'autres incidents incluent menaces de mort et inscription de graffitis tels que «mort aux juifs», trouvé sur le mur d'un médecin à Londres. Selon Jonathan Sacks, ce phénomène mondial plutôt que national se diffuse par le satellite et l'Internet, et cible des audiences spécifiques, parfois en arabe, laissant la vaste majorité des Britanniques ignorante de sa propagation. Ainsi, la montée de l'antisémitisme façon XXIe siècle apparaît moins le fait de l'extrême droite et de ses skinheads en voie d'extinction que des cercles islamistes portés à faire l'amalgame entre sentiments de haine anti-israéliens et antijuifs.

Rapport
La recrudescence des attaques visant les juifs est telle que le Parlement a créé, il y a dix mois, une commission chargée d' «examiner la nature de l'antisémitisme britannique». Présidée par le député Denis MacShane, ex-ministre des Affaires européennes de Tony Blair, elle rendra ses conclusions demain au Premier ministre. Selon le journal The Observer, qui a eu accès au rapport, ce dernier recommandera que les attaques antisémites soient combattues par la police, la justice et le gouvernement avec la même détermination que pour les autres formes de racisme, ce qui n'est apparemment par le cas aujourd'hui. Il recommandera aussi que le gouvernement adopte une définition plus large de l'antisémitisme, similaire à celle proposée par l'Union européenne, qui inclut toute activité visant «l'Etat d'Israël défini comme une collectivité juive».
© Libération

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LE GRAND MALAISE DES MUSULMANS BRITANNIQUES

Beaucoup dénoncent le côté artificiel de la politique de diversité ethnique britannique.

06/09/2006 - C'est l'heure de la prière, à Hounslowe, un arrondissement de l'ouest londonien, qui abrite plus de 150 minorités ethniques, parmi lesquelles de larges communautés musulmanes. Des foules d'hommes en costumes se pressent vers la mosquée jaune clair qui se dresse en bordure d'une rue tranquille semée de pavillons agrémentés de minuscules jardins. Quand il aura terminé son sermon, l'imam qui officie aujourd'hui passera la parole à l'officier de police Ali Dizaei, un musulman britannique d'origine iranienne, responsable de la police de Hounslowe. «Pourquoi ne pas utiliser cet extraordinaire moyen de parler avec cette communauté, au moment où elle se sent discriminée et sous le feu des critiques ?, dit celui-ci. Je suis croyant. Mais j'estime que cela fait aussi partie de mon métier de policier.»

Difficile de trouver personnalité qui incarne mieux que le Dr Ali Dizaei l'approche multiculturelle si spécifique à la société britannique. Ce brillant avocat occupe aujourd'hui l'un des plus hauts postes jamais occupés par des personnels issus des minorités ethniques, au sein de la police municipale britannique, qui pour 30 000 policiers, compte à peine 300 hommes des minorités. Profitant de la grande décentralisation qui prévaut en matière de police en Grande-Bretagne, Dr Ali Dizaei a expérimenté ces dernières années plusieurs idées originales, allant même jusqu'à créer un poste d'officier de police en charge des affaires religieuses, pour mieux pénétrer les différentes communautés.

«La question n'est pas de savoir si le multiculturalisme est bon ou pas, dit-il, mais de mettre en chantier une feuille de route pour les années à venir, afin d'empêcher la radicalisation des jeunes musulmans britanniques.» Cette tâche lui apparaît urgente, car «pour l'instant, la police ne s'occupe que de problèmes à court terme». «Elle est très douée pour éteindre le feu, mais pas pour le prévenir. Il faut absolument déterminer quels facteurs essentiels mènent nos jeunes musulmans à se transformer en bombes humaines.»

Plats communautaires
S'il affirme haut et fort que la police britannique a «des décennies d'avance» sur ses homologues européens, en matière de lutte contre le racisme institutionnel et les discriminations raciales, Ali Dizaei n'est pas tendre pour le côté artificiel de la politique de diversité ethnique britannique. «Elle se réduit souvent à demander aux officiers de police de goûter les plats des différentes communautés et d'apprendre à enlever leurs chaussures avant d'entrer à la mosquée. C'est du toc», affirme-t-il, sceptique.

Cohabitation de 150 ethnies
Pour lui, «la diversité ethnique n'est pas un concours de beauté, mais un défi terrible posé à l'ensemble de la société britannique». Car si elle a apporté de nombreux bénéfices à la société en l'enrichissant et en la rendant plus intéressante, plus bigarrée, elle pourrait bien conduire, si elle n'est pas gérée, à créer une «sorte de sous-classe ethnique susceptible de devenir une Cocotte-Minute et de faire boom si les tensions qui existent ne sont pas évacuées». Dr Ali Dizaei s'inquiète à haute voix du fossé qui se creuse entre la communauté blanche, qui voit des terroristes derrière chaque homme à la peau foncée, et la communauté musulmane, qui se sent rejetée. «Nous devons agir, et vite, au lieu de nous perdre dans des débats fumeux sur le multiculturalisme.»

Pour avancer, Dr Ali Dizaei préconise par exemple d'accélérer le recrutement de personnels issus des différentes communautés. «Ce n'est pas par idéologie mais par pragmatisme que je propose cette mesure. Ici, j'ai 150 ethnies différentes qui cohabitent, dont la plus grande minorité sikhe après celle du Pendjab. J'ai besoin de gens qui parlent pendjabi et urdu, pour savoir ce qui se passe !»

«Si nous voulons une police qui soit au service de la communauté nationale, il faut qu'elle la reflète», confirme Akhmed Sasso, un officier de police musulman d'origine libanaise, qui dirige l'Association britannique nationale pour les minorités (NBPA), créée dans la police en 1999. L'obsession de ces officiers de police d'origine étrangère, qui ont grandi en Grande-Bretagne, est de parvenir à mettre «la communauté musulmane du côté de la police» car ce sont les musulmans modérés qui «vaincront le terrorisme».
© Le Figaro

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RUSSIE: DES PROFESSEURS OBLIGÉS D'INFORMER POLICE SUR OPINIONS DES ÉLÈVES

04/09/2006 - La police de la région de Voronej (sud de Russie) oblige les enseignants à dénoncer des élèves, membres d'organisations de skinheads, de la Jeunesse communiste (komsomols), ainsi que ceux du mouvement libéral "Russie Ouverte", a indiqué lundi la presse russe.

Selon une enquête du quotidien Nezavissimaïa Gazeta, le directeur d'une école du district Povorinski de la région de Voronej a reçu en août une lettre circulaire du ministère régional de l'Intérieur demandant aux enseignants d'informer la police sur les élèves politiquement mal notés, pour contrer "le danger d'organisations de jeunes" extrémistes provoquant notamment la haine interethnique.

Parmi les élèves peu sûrs figurent notamment des skinheads, des néo-fascistes de RNE (Unité nationale de Russie), des adeptes de sectes religieuses, ainsi que des membres de la Jeunesse communiste (komsomols), des homosexuels, des fans de football ou membres du mouvement libéral "Russie Ouverte" créé par l'ex-patron du géant pétrolier Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, qui purge une peine de huit ans de prison en Sibérie pour fraude fiscale.

La lettre avertit que les intéressés ne doivent rien savoir sur l'existence de cette directive, selon le journal.

"Si ces jeunes n'ont pour l'instant commis rien d'illégal nous nous contentons de les enregistrer sur nos listes", a indiqué au journal le lieutenant de police Elena Endovitskaïa du département régional du ministère de l'Intérieur, confirmant l'existence de la lettre.

En octobre un étudiant péruvien a été attaqué par un groupe de jeunes dans cette ville du sud de la Russie, souvent théâtre d'attentats racistes.

Fin août, une bombe artisanale a tué onze personnes sur un marché de Moscou et le parquet de la capitale a inculpé deux étudiants soupçonnés d'avoir fait exploser l'engin.
© CyberPresse

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'AVEC CES DEUX LOIS, LE POPULISME INFILTRE NOTRE DROIT' (Suisse)

PROPOS RECUEILLIS PAR VIRGINIE POYETTON

06/09/2006 - Vice-présidente de la commission fédérale contre le racisme, Boël Sambuc pose un regard critique sur les politiques d'intégration... et plus particulièrement sur les nouvelles «Lex Blocher».

Elle tient au terme de «liberté culturelle». A comprendre comme «la faculté donnée aux individus de vivre et d'être ce qu'ils choisissent». Parce qu'il permet au migrant de décider de son plein gré de rester ou non dans son groupe culturel ou religieux. Rencontre avec Boël Sambuc, politologue et juriste, vice-présidente de la commission fédérale contre le racisme.

En quoi le modèle multiculturaliste à la britannique représente-t-il un échec en termes de politique d'intégration?
Boël Sambuc: Ce que je critique dans la politique d'intégration britannique, c'est notamment le cloisonnement des groupes. A partir d'un postulat généreux qui tend à promouvoir l'égalité des cultures, on a enfermé des individus dans leur groupe d'appartenance. Or, en invoquant le respect des cultures, on a affaibli le droit de décision individuel, la liberté culturelle de la personne. Cette «culturalisation» empêche de voir la dimension conjoncturelle, extérieure à l'individu. La classe sociale, par exemple. Quand les lois traitent de distance culturelle, c'est une manière détournée de parler de races. La culture est vue comme quelque chose d'organique, d'immuable. Le respect de la différence c'est bien, mais il faut aussi respecter la liberté de choix des individus.


Le modèle français, qui prône l'application des valeurs républicaines pour tous, est-il une meilleure solution?
On n'échappe pas au postulat républicain «tous les individus sont égaux», mais pour des raisons historiques on a tiré ce postulat jusqu'à l'absurde en voulant gommer toutes les différences. En Suisse, le système est aussi fondé sur le respect des droits de l'individu. Pourtant, s'il n'y a pas de droits collectifs en Suisse, il y a eu, dans le passé, une grande sensibilité au pluralisme culturel, notamment religieux et linguistique. Aujourd'hui, la transformation de la Suisse en un pays d'immigration met ce pluralisme à l'épreuve, avec la confrontation aux minorités non territoriales ou non chrétiennes. Le discours actuel sur l'universalité des droits de l'homme l'illustre bien. Si nous voulons être cohérents avec nous-mêmes, nous devons accepter que ces principes valent pour tous ceux qui vivent ici, étrangers et Suisses, musulmans, juifs, chrétiens et autres. Sinon, ces valeurs seront décrédibilisées aux yeux des minoritaires, rendant difficile toute politique d'intégration. Sur ce plan, nous sommes à un moment charnière. Notre pays a l'habitude de faire une pesée d'intérêts entre les besoins de l'individu et de la communauté. De ce fait, les nouvelles lois sur l'asile et sur les étrangers sont d'autant plus catastrophiques qu'elles ne permettent aucune négociation. Elles excluent les gens en fonction de leur origine. C'est un signal très fort. On dévalorise un groupe par la volonté de l'Etat.

Que pensez-vous de l'interdiction du port du voile en France?
Il faut garder le sens des proportions. En Suisse, nous sommes capables de permettre à des femmes qui souhaitent porter le foulard de s'exprimer. Ce qui n'est pas le cas en France. Il y a de notre part une forme de racisme à voir le foulard comme un objet d'oppression. Mais sur la question de l'égalité entre hommes et femmes, il faut être intraitable. C'est un acquis de notre Etat de droit. On ne va pas réserver notre acquis juridique à la majorité sous prétexte du respect des cultures. Les femmes ont toujours été un enjeu des stratégies culturelles. Nous devons les aider à être en mesure de faire un choix. Le prix a payer pour ces femmes est élevé. Il y a un haut risque qu'elles soient rejetées par les leurs. Mais je suis persuadée qu'à l'intérieur des cultures il existe une marge de manoeuvre permettant de respecter les droits individuels sans léser les traditions.


Les deux «Lex Blocher» sur lesquelles nous voterons le 24 septembre ne menacent-elles pas le modèle d'intégration suisse?
Beaucoup de gens disent qu'avec ces nouvelles lois l'Etat de droit n'est plus respecté. L'ordre juridique serait donc violé, et on me dit ''si les lois sont acceptées ce sera la volonté du peuple''. On ne peut pas dire qu'une loi est bonne parce qu'elle est acceptée en votation populaire. Ce sont des lois régressives en parfaite ligne avec cette vision d'une Suisse constamment menacée par l'étranger. C'est du populisme législatif. On franchit une étape, le populisme infiltre notre droit.
© Le Courrier

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LES MINARETS DE LA DISCORDE (Suisse)

L'UDC zurichoise veut interdire ces symboles religieux trop voyants.

06/09/2006 - Contrairement aux cantons de Soleure et de Berne, où le permis de construire pour un minaret purement décoratif met en ébullition les deux villages de Wangen près d'Olten et de Langenthal, aucun plan n'existe dans le canton de Zurich. Cela n'a pas empêché l'UDC zurichoise de lancer le thème, demandant que soit examinée la possibilité d'une interdiction de ces symboles religieux. Elle a besoin pour cela d'un tiers des voix seulement du parlement, avant que ne soit prise la décision définitive. Son offensive anti-minarets vient juste quelques jours après un appel à la tolérance de la Commission fédérale contre le racisme, relayée ce week-end par l'évêque de Bâle Kurt Koch.

L'UDC veut résoudre un problème qui n'existe pas, titre sèchement la NZZ à son bref compte rendu des débats. La vénérable gazette ne s'abaisse pas à commenter.

Le Tages-Anzeiger a confié à son spécialiste des questions religieuses le commentaire de première page. Il condamne l'activisme de l'UDC, qui mobilise tous les clichés pour faire des minarets le symbole d'une islamisation prochaine de l'Europe. Les musulmans doivent pouvoir marquer leur présence et leur identité. Cela n'a rien à voir avec une bouillie multiculturelle: nous n'avons pas besoin d'avoir honte de nos racines chrétiennes. Et les musulmans qui veulent être visibles en Suisse avec des minarets doivent nous prouver que les prédicateurs de la haine n'ont rien à faire chez nous.

L'Iran passe aujourd'hui pour l'Etat-voyou par excellence, et son président se comporte comme le dernier des voyous dans ses attaques verbales envers Israël. Mais en Iran, les Juifs jouissent d'une étonnante liberté de religion. Nous pourrions nous permettre au moins d'être aussi crédibles avec nos propres valeurs fondamentales. C'est l'appel lancé par la Neue Luzerner Zeitung, qui rappelle que la liberté de religion est garantie par la Constitution en Suisse. Mais que c'est par ailleurs le bon droit des Suisses de demander aux émigrés d'apprendre nos langues et de respecter nos lois.

Winterthour, sans que cela provoque aucune réaction, a accepté l'année dernière qu'une communauté islamique pose un mini-minaret sur son local de prière. Il serait absurde de parler de provocation religieuse, remarque le quotidien local Landbote. Au contraire, il faut résoudre les problèmes quand ils se posent. L'UDC, en préconisant une interdiction des minarets, se comporte comme un éléphant dans un magasin de porcelaine et durcit inutilement les fronts dans un difficile dialogue des cultures. Mais probablement que l'UDC se préoccupe moins des minarets que de trouver un thème mobilisateur pour les prochaines élections en 2007.Dans une longue interview accordée à la NZZ am Sonntag, l'évêque de Bâle Kurt Koch a aussi plaidé pour la construction de minarets: «Le débat sur les minarets n'est, comme la fièvre, que l'indication d'une grippe plus profonde. Car les minarets rendent visible ce qui est là depuis longtemps. Je concède aux musulmans le droit d'avoir un minaret comme signe d'identité. Mais en général, je conseille de ne pas parler seulement du minaret, mais aussi de ce qui se cache derrière le conflit. [...] Le problème n'est pas la force de l'islam, mais la faiblesse du christianisme. Si nous reconnaissions nos racines et nos convictions, nous pourrions être plus ouverts envers les autres religions. On peut passer la frontière plus détendu quand on a les bons papiers d'identité.»Le quotidien grison Südostschweiz défend le respect des minorités. Le «soupçon général» sur les musulmans est «injustifié». Surtout en Suisse, où les communautés de musulmans rejettent très clairement les abus à l'islam des intégristes. Dans la vie quotidienne, un minaret doit en principe être accepté. Le droit à une sépulture respectueuse de l'islam est une évidence. En contrepartie, les musulmans doivent se plier à nos règles à l'école (voile proscrit pour les enseignantes, pas d'exception pour l'enseignement de la gym et de la natation). Et l'égalité des sexes n'est pas négociable.
© Le Temps

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'L’AFFAIRE DES CARICATURES NOUS A BEAUCOUP APPRIS SUR LES MUSULMANS' (Suisse)

La Commission fédérale contre le racisme a examiné les relations existant en Suisse entre les musulmans et le reste de la population. Elle pose son regard sur le port du voile, les dispenses de cours de natation, les carrés confessionnels, la construction d’édifices religieux, et l’affaire des caricatures. Par Pascale Zimmermann

02/09/2006 - A la question: «les musulmans de Suisse sont-ils en butte à la discrimination», la Commission fédérale contre le racisme répond oui.

Et plutôt dix fois qu'une. Les fonctionnaires mandatés par le Conseil fédéral pour décoder les signes de xénophobie ont en effet dénombré dix sortes de situation où clairement, les gens de confession islamique paient cher leur origine.

Cette radiographie, présentée hier à Berne, est l'occasion pour la vice-présidente de la commission, Boël Sambuc, de mettre le doigt sur les préjugés à l'encontre des musulmans et de rappeler quelques recommandations de base dans la lutte contre le racisme.

Vous avez choisi d'examiner la situation des musulmans. Est-ce parce qu'actuellement en Suisse, ce sont eux la cible privilégiée du racisme?
C'est un des points sensibles en effet. Et puis la commission n'a jamais étudié les relations de la communauté musulmane avec le reste de la population jusqu'à présent. Nous avons effectué en 1998 un travail similaire concernant l'antisémitisme.

L'actualité récente vous a donné raison.
Tout à fait. L'affaire des caricatures, qui a défrayé la chronique cette année, est une intéressante mise en scène dans la vie courante de ce que notre travail a mis au jour.

Qu'est-ce que cette polémique vous a appris?
Elle a mis en lumière tous les préjugés à l'encontre des musulmans, comme partout ailleurs. Mais il en est surtout sorti un élément positif et nouveau: nous avons entendu à cette occasion des voix qui ne s'étaient jamais exprimées en Suisse. Des voix provenant d'intellectuels laïques, de représentants de la société civile pour lesquels la religion est un arrière-plan, de gens qui vivent ici et souhaitent y rester. Alors que jusque-là, on n'entendait que des porte-parole religieux, toujours les mêmes du reste.

Seuls 15% des musulmans de Suisse sont pratiquants. Pourtant vous avez constaté que la religion occulte tout le reste dans l'esprit des Suisses.
C'est évident. On caractérise les gens en fonction de leur religion, sans tenir compte de leur situation économique, sociale, professionnelle, éducationnelle.

Et les événements qui se produisent à l'étranger influencent considérablement l'image que l'on a d'eux.
Oui, et c'est injuste car la situation en Suisse a toujours été calme. On assimile tous les musulmans aux mariages forcés, aux crimes d'honneur, aux mutilations sexuelles, au terrorisme. Ils sont calomniés comme s'il existait une sorte de responsabilité collective pour des événements très éloignés.

Les Suisses oublient qu'ils ont affaire à des individus?
C'est d'autant plus étonnant que notre droit repose tout entier sur la notion d'individu. Mais dans ce cas-là, on l'oublie.

«La patience des minorités est mise à rude épreuve»
Votre commission a dénombré dix types de situations de discrimination. Lesquelles?

Les musulmans aimeraient être reconnus comme une entité de droit public, au même titre que les membres de la religion chrétienne, majoritaire. Comme ce n'est pas le cas, cela engendre des discriminations. L'opinion publique s'enflamme régulièrement au sujet de la construction d'édifices religieux comme les minarets. Une partie de la population des communes concernées fait opposition aux permis de construire. Or aucune minorité religieuse dans notre pays rencontre une incompréhension aussi marquée. Certes, ça relance le débat démocratique. Mais cela met aussi à rude épreuve la patience des minorités. Il en va de même des cimetières et des carrés confessionnels.

Qu'en est-il de la polémique sur le foulard islamique ou à propos de l'exemption des jeunes musulmanes des cours de natation?
Le foulard est devenu le symbole de la différence culturelle et de la soumission des femmes. On choisit d'oublier que certaines femmes tout à fait émancipées font le choix de le porter pour des raisons individuelles: affirmation de soi, lutte contre la consommation, contre la pornographie, contre un certain regard sur les femmes. Il est injuste qu'elles soient discriminées. Les cours de natation sont un exemple intéressant: il y a dix ans, le Tribunal fédéral a donné raison à des parents réclamant que leur fille en soit exemptée. Aujourd'hui on sent que l'opinion publique a changé. L'égalité entre hommes et femmes a fait son chemin.

Un pas aurait été franchi tout récemment?
A l'évidence, oui. Il me semble que nous abordons désormais les problèmes de manière frontale. Nous avons dépassé une tolérance culturelle de surface, qui cachait en fait de la discrimination sous couvert d'ouverture à l'autre. La population suisse dans son ensemble tient à affirmer ses droits fondamentaux, comme la liberté de l'individu qui lui fait refuser les mariages forcés; l'égalité entre hommes et femmes. Il me semble observer une évolution symétrique de la population majoritaire et de la minorité musulmane. Nous en sommes à la troisième génération de migrants de confession islamique, et elle a beaucoup avancé par rapport à la première. Notre regard sur la minorité a évolué; et les musulmans aussi, sous notre regard et indépendamment de celui-ci.

Vous pensez que la Suisse se trouve à un moment charnière?
J'ai vraiment cette impression. On a vu à l'œuvre dans la crise des banlieues, en France, tous les mécanismes de blocage. En Suisse nous devons impérativement lutter contre les discriminations à l'encontre des jeunes musulmans. Vous n'imaginez pas combien il est difficile pour l'un d'eux, avec un nom qui signale son origine, de décrocher non seulement une place d'apprentissage, mais même un simple entretien d'embauche. D'où l'initiative genevoise très intéressante de tester des curriculum vitae anonymes. Si nous ratons notre chance d'intégrer les jeunes, peut-être allons nous forcer les musulmans à se conformer à nos préjugés sur eux.

Les chiffres
On compte actuellement 340 000 personnes se déclarant en Suisse de confession musulmane. Ils étaient un peu plus de 16 000 en 1970.

Ils sont originaires de quelque 105 pays et appartiennent à différentes communautés religieuses. La commission fédérale contre le racisme souligne que les origines nationales sont souvent plus marquantes que les appartenances religieuses.
Le groupe le plus important relève de l'islam sunnite.
La majorité des musulmans sont originaires des pays de l'ex-Yougoslavie et d'Albanie, suivis par la Turquie, les pays arabes et l'Afrique du Nord.

12% des musulmans ont aujourd'hui la nationalité helvétique.
15% environ se qualifient comme pratiquants.
© La Tribune de Genève

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MUSULMANS DISCRIMINÉS EN SUISSE : LA COMMISSION FÉDÉRALE CONTRE LE RACISME PRÉOCCUPÉE

02/09/2006 - La commission fédérale contre le racisme (CFR) de la Suisse appelle Vendredi la population, l'économie et les autorités à la tolérance et à l'égalité de traitement, notamment pour la construction d'édifices religieux et à l'école, a rapporté l'ATS (Agence télégraphique Suisse).

Selon la CFR, la situation politique mondiale a fait des musulmans de Suisse les nouveaux boucs émissaires dans le débat public. La discrimination en raison de la confession musulmane " est un fait". Elle touche les musulmans - plus de 340 000 personnes originaires de plus de 100 pays - davantage que d'autres minorités,a relevé la vice-présidente de la commission Boël Sambuc devant la presse. Alors que seuls 15% se disent pratiquants, l'aspect religieux domine dans le débat, a-t-elle déploré.

Outre un engagement actif contre les préjugés, le respect des obligations légales et la reconnaissance juridique des communautés musulmanes, des améliorations dans des domaines spécifiques comme les constructions sont demandées.

Pour la CFR, aucune autre minorité ne jouit d'aussi peu de compréhension à l'égard de ses besoins en matière de lieux de culte.Ainsi, le règlement des constructions et les plans de zone doivent être interprétés "avec souplesse" pour permettre la création de centres religieux et de bâtiments de culte. Dans ce contexte, la commission en profite pour encourager les autorités à ne "pas plier devant la pression populiste".

La commission est par ailleurs favorable à la création de chaires d'enseignement des sciences religieuses islamiques dans les universités publiques en Suisse. De manière générale, la scolarité doit être adaptée à la réalité multireligieuse, ce qui peut toucher l'organisation de l'école, l'enseignement, les programmes, les moyens didactiques et la conception des disciplines.

Les entreprises sont notamment priées de garantir le libre exercice de la religion par des mesures appropriées. Quant aux médias, la commission aimerait qu'ils évitent les stéréotypes et les formulations reflétant un soupçon collectif à l'encontre des musulmans.
© Xinghua

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POLÉMIQUE AUTOUR DE L’ARRIVÉE D’UN CAMP DE NOMADES (Suisse)

Aire-la-Ville - La présence des caravanes suscite peur et inquiétude. Par ALAIN JOURDAN

02/09/2006 - Elles ne passent pas inaperçues. Depuis lundi les caravanes des gens du voyage campent près du cimetière, sur un parking habituellement réservé aux camions. Le maire d'Aire-la-Ville, Henri Duvillard avait été prévenu par les gendarmes de l'arrivée d'un groupe de nomades expulsés du terrain qu'ils occupaient à Meyrin. Au départ, ils ne devaient être que quelques-uns et rester trois jours au plus. Au final, la commune se retrouve à accueillir plus de 35 caravanes soit une centaine de personnes.

Mis devant le fait accompli, confronté à la colère de ses administrés et aux incivilités de ses hôtes, le maire d'Aire-la-Ville s'est retrouvé un peu seul pour gérer cette situation. «Ce n'est pas normal, je vais interpeller l'Etat», explique Henri Duvillard.

Problème d'hygiène
Aire-la-Ville, à peine 600 habitants, n'était pas préparée à affronter un tel afflux de population. Ce qui ne manque pas de poser des vrais problèmes sanitaires. «J'ai dit au chef du camp de veiller à ne pas salir l'endroit. Les lieux environnants leur servent de toilettes. Ce n'est pas agréable de tomber sur les déjections humaines tous les mètres», explique le maire. Un maire qui fait tout pour que la cohabitation se passe au mieux avec les habitants. Certains, très en colère n'ont pas manqué de lui faire savoir par écrit.

La présence de cette population qui sillonne la région en faisant du porte-à-porte pour proposer des tapis ou un service d'affûtage est mal vécue. Depuis quelques jours, on ferme les portes à double tour et on ouvre l'œil. A part quelques incivilités comme le captage d'eau sans autorisation, aucune recrudescence de vols n'a pourtant été signalée. Ce qui agace le plus, c'est le ballet des grosses Mercedes et des gros 4x4 qui traversent les champs.

Rassemblement évangéliste
«C'est toujours pareil. On nous accuse de tout. Il y a du racisme à notre égard», regrette Joseph, l'un des hommes du camp, costume rayé et cravate. «On dit que nous sommes sales, c'est faux. Nous sommes en règle avec la police et nous payons pour pouvoir être là.». A l'intérieur du camp, les machines à laver, alimentées par les groupes électrogènes, tournent à plein rendement. Pas un seul détritus qui traîne. Le maire a fait installer une benne à ordures.

Les caravanes repartiront ­dimanche pour le Tessin. Les familles de nomades, pour la plupart originaires de la région parisienne, doivent participer à un rassemblement évangéliste.
© La Tribune de Genève

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GOOGLE FOURNIRA DES DONNÉES AUX AUTORITÉS BRÉSILIENNES

03/09/2006 - Le groupe internet Google, qui a refusé l'année dernière de remettre aux autorités américaines des données sur ses utilisateurs, a accepté de respecter les ordonnances d'un tribunal brésilien et de fournir des données liées au racisme, à la pédophilie et à l'homophobie, a rapporté samedi The Washington Post.

La différence entre les cas américain et brésilien, fait remarquer Google, est l'envergure et le but, a indiqué le reportage.

Le département américain de la Justice avait demandé à Google de fournir des index entiers de recherche, des milliards de pages Internet et deux mois de données, susceptibles d'être utiles pour des affaires civiles.

Par contre, le Brésil cherche à obtenir des informations sur des cas spécifiques liés seulement à Orkut, un site du réseau social géré par Google, a expliqué la firme.

"Ce que le Brésil demande, ce n'est pas des milliards de pages Internet. Dans la plupart de cas, il s'agit d'informations relativement discrètes, peu importantes et restreintes", a affirmé Nicole Wong, conseiller général adjoint de Google.

Selon un communiqué publié vendredi dernier par Google, la firme a décidé d'agir en conformité avec les ordonnances du tribunal brésilien, faute de quoi, selon le verdict proclamé jeudi dernier par un procureur brésilien, elle aurait à payer une amende quotidienne de 23.000 dollars.

Les autorités brésiliennes s'intéressent particulièrement aux adresses IP (Internet protocole adresses), séries de numéros identifiant de façon unique un ordinateur sur le réseau, et aux cachets stipulant la date et l'heure, qui permettent de traquer un utilisateur spécifique.

Google pourra fournir des informations comprenant les noms et les adresses de courrier électronique de ses clients.
© Xinghua

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LE CONGRÈS JUIF CANADIEN OUTRÉ PAR UNE ATTAQUE ANTISÉMITE SUR UNE ÉCOLE JUIVE

04/09/2006 - Le Congrès Juif Canadien, Région du Québec (CJC,RQ) condamne vigoureusement l’attaque qui a eu lieu cette fin de semaine à l’école juive orthodoxe Skver-Toldos à Outremont."Les policiers enquêtent sur cet incident au cours duquel un cocktail Molotov a été lancé par une fenêtre dans le vestibule de l’immeuble tard vendredi soir, quelques minutes après la fin des activités donc l’école était vide."

"Notre société ne peut tolérer de tels actes haineux " a affirmé Jeffrey K Boro, le président du Congrès Juif Canadien, Région du Québec. "C’est une journée triste pour tous les québécois d’être témoins de violence à un immeuble religieux alors que nous sommes reconnus pour notre engagement envers la tolérance et notre vigilance à combattre toute forme de racisme."

"Même avec la moindre chance de succès, nous ne pouvons admettre l’ambition destructrice de ceux qui cherchent à promouvoir la haine et le mépris des autres et à défier la réputation d’ouverture à la diversité bien méritée des québécois. Nous invitons tous les québécois et plus particulièrement nos politiciens à se lever et à condamner cet acte antisémite."

"Nous avons confiance que les auteurs de cette attaque méprisable seront découverts par la police et accusés en conséquence" a dit Jeffrey K Boro.

Le Congrès Juif Canadien région du Québec est la voix officielle de la communauté juive au Québec.
© Judeoscope

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SEULEMENT UN TIERS DES MIGRANTS VA DU SUD AU NORD

Trois questions à Jacques Véron, directeur des relations internationales à l’Institut national d’études démographiques.
Par Sylvie BRIET


06/09/2006 - Quelles sont les spécificités de la migration féminine aujourd’hui?
Aujourd’hui, il existe une immigration de travail qui n’est pas collée à la situation des homme, une immigration dont les femmes sont le moteur. Ce qui compte, c’est la prise de conscience de ce phénomène. Les risques qu’elles prennent sont accrus par rapport aux hommes, et l’argent qu’elles redistribuent est davantage tourné ver l’éducation et la santé, plus ciblé sur la vie quotidienne. Les Indiens du Kerala, par exemple, qui émigrent dans les pays du Golfe, font construire des maisons somptueuses quand ils rentrent, ce qui a une influence positive sur l’économie, mais l’affichage de la réussite est clair pour tout le monde.

Quels sont les grands courants de migrations?
Il existe trois courants en terme de flux et contrairement à ce qu’on pense, ils sont à égalité: des mouvements nord-nord (d’Europe vers Etats-Unis par exemple), sud-sud (Bengladesh vers Inde) et sud-nord. Mais nous sommes focalisés sur ces derniers. Nous avons l’impression que tout est dans la logique sud-nord. Or des migrations de travail, par exemple du Bengladesh vers l’Inde, sont des phénomènes importants que l’on a tendance à ignorer en pensant que tout le sud n’a qu’une idée, c’est de s’installer au nord, nous avons un point de vue biaisé.

Le phénomène des migrations n’est-il pas amplifié dans les pays riches?
On est encore dans une phase de croissance rapide de la population: 25 millions de naissances chaque année en Inde, soit 75 millions en trois ans, c’est plus que la population de la France et c’est plus que le nombre total de migrants dans les pays européens! Même si une migration indienne importante se met en place dans les années à venir, elle ne sera jamais en proportion avec le nombre de pauvres dans les pays en développement: ce serait même techniquement impossible, les espaces sont limités. Les pays d’accueil voient ce phénomène d’un point de vue ambigu qui concerne la gestion de leur population active: d’un coté, ils n’ont pas besoin d’immigrants car ils ont du chômage, de l’autre ils en ont besoin à cause du vieillisement prévu de leur population active.

Dans les estimations qui courent pour 2050, si l’Allemagne veut ralentir la décroissance de sa population active, il faudra qu’un cinquième de sa population soit étrangère. 20%, c’est la proportion qui existe au Canada, ce n’est pas irréaliste. Les pays riches tiennent des discours décalés: ils veulent gérer à la fois le très court terme et contrôler les flux, tandis que sur le moyen terme, ils trouvent normal une contribution de l’immigration au maintien de population active.

La population mondiale doit augmenter de 2,5 milliards d’ici 2050. L’Inde doit augmenter encore de 50% en 50 ans. La migration est importante du point de vue des pays d’accueil mais elle n’est pas un phénomène majeur vue des pays de départ.
© Libération

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INTERNET, ÉCOLE DU TERRORISME

Alain McKenna, collaboration spéciale

06/09/2006 - Un nouveau rapport sur les activités terroristes sur Internet fait état de plus de 6000 sites Web à caractère haineux, cette année. Du jamais vu. De ce nombre, une cinquantaine de ces sites s'adressent aux Canadiens, constate Richard Marceau, porte-parole des Amis du Centre Simon Wiesenthal, l'organisme qui a rédigé le rapport.

Publié le mois dernier, il s'agit du huitième rapport Terrorisme et haine numérique, qui décrit la croissance rapide du nombre de sites Web faisant la promotion de l'intolérance. En publiant ces données, Les Amis du Centre Simon Wiesenthal espèrent inciter la communauté internationale à adopter une forme d'enregistrement forçant les propriétaires d'un site Web à s'identifier clairement afin de savoir à qui s'adresser quand les propos contenus sur un site public sont offensants.

«En 1995, on ne relevait qu'un seul site à caractère raciste sur Internet: Stormfront (www.stormfront.org)», dit-il. Aujourd'hui, certains sites sont même hébergés au Canada, malgré la Loi canadienne contre les propos haineux."

D'autres, plus nombreux, sont hébergés aux États-Unis ou ailleurs, mais ont quand même pour cible les internautes canadiens. C'est le cas du site Muslims out (www.muslimsout.org), qui tente d'attiser la colère des Canadiens et du monde occidental contre l'Islam.

Ces sites sont parfois très violents dans leurs propos. Certains expliquent, à l'aide de séquences vidéo très explicites, comment fabriquer sa propre ceinture d'explosifs, tout en insistant sur l'importance d'y insérer des milliers de petites billes en métal -ça décuple les chances de tuer les gens autour.

«Les terroristes arrêtés à Toronto cet été avaient la même recette de bombe que Timothy McVeigh (celui qui a fait exploser un édifice gouvernemental à Oklahoma City, en 1995). On la retrouve sur Internet», dit Richard Marceau.

Cibler les jeunes
Le rapport constate que les techniques se sont raffinées, et que les groupes racistes tentent de plus en plus d'attiser le racisme chez les jeunes. Il donne en exemple des jeux vidéo qu'on télécharge gratuitement et dont le but consiste à cribler de balles des Noirs ou des musulmans.

Selon le rapport, la musique sert aussi à la propagande. Par exemple, la page personnelle de deux jolies adolescentes blondinettes, un duo de chanteuses pop s'appelant Prussian Blue. Il faut une minute avant de s'apercevoir que «Prussian Blue», c'est un clin d'oeil à l'idée de pureté de la race aryenne: les cheveux blonds, les yeux «bleus de Prusse».

Des sites à la facture très professionnelle, mais dont les propos déforment la réalité afin d'encourager l'intolérance, s'adressent quant à eux aux écoliers. «Des enfants du primaire, à qui on demande de faire une recherche sur un personnage historique, peuvent se faire tromper par des sites à l'air sérieux», explique Richard Marceau.

Il cite le site www.mlking.org, une parodie tendancieuse du site officiel rendant hommage à Martin Luther King, pacifiste américain des années 60. En page d'accueil de ce site (anglophone) se trouve l'en-tête suivant: «Attention étudiants: remplissez notre questionnaire éclair sur MLK!» Un questionnaire pas très flatteur pour le personnage, il va sans dire.

Facile d'accuser le média
Face à la présence accrue de sites à caractère haineux, il est facile de montrer du doigt Internet comme responsable du phénomène. Après tout, il n'en coûte à peu près rien pour acheter une adresse Web, bâtir et héberger un site Web qui, grâce à la puissance de ce média, rejoindra des millions d'internautes.

«Nous ne voulons pas de censure, mais plus de responsabilisation par rapport à ce qui s'écrit sur Internet», explique Léo Adler, responsable canadien des Amis du Centre Simon Wiesenthal. Car aujourd'hui, Internet est devenu une université virtuelle pour les terroristes.

«Même en ne convainquant que 1% de 1% de 500 millions d'internautes d'envoyer 1 pour soutenir notre cause, on arrive à trouver 50 000 personnes prêtes à nous financer.»

Il ajoute que l'on retrouve aussi «plein de jeux téléchargeables gratuitement, que les enfants aiment beaucoup, dont le but consiste à fusiller des extraterrestres, qui deviennent rapidement des Noirs ou des Juifs». Selon lui, dans sa forme actuelle, «Internet rend difficile l'identification des créateurs de ces sites Web et de ces jeux au contenu haineux».
© Technaute

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RÉPONDRE AU POPULISME

04/09/2006 - Ce n'est pas une bonne période pour les partis. Le temps est loin où la vie politique des vieilles démocraties était dominée par deux grands partis, l'un d'orientation sociale-démocrate et l'autre proche du centre droit. Dans les nouvelles démocraties du monde post-communiste, un tel système n'a pas vu le jour. Actuellement, les deux partis qui arrivent en tête peuvent rarement espérer réunir les deux tiers des voix. Le reste s'éparpille, tant qu'une force émergente ne les bouscule pas en réveillant les sentiments nationalistes ou socialistes de la population.

Le déclin des partis reflète le déclin des classes. Le prolétariat et la bourgeoisie ont disparu. Ils ont été remplacés par une classe moyenne, encadrée d'un côté par une élite constituée des très riches et de l'autre par un sous-prolétariat. La structure même de la société s'est fragilisée. Il n'y a plus de groupes permettant à des organisations de se bâtir dans la durée. Les électeurs ne se reconnaissent plus dans les partis et réagissent aux événements en fonction de leur humeur du moment, en s'appuyant sur leurs sentiments, pour ne pas dire leurs ressentiments.

Ces conditions favorisent l'émergence de dirigeants populistes : Hugo Chavez au Venezuela, ainsi que d'autres dirigeants d'Amérique latine, ou l'ancien président italien du Conseil Silvio Berlusconi. Ils entrent dans la politique par les marges, mais créent un mouvement très personnalisé, comme Jörg Haider et son Parti libéral-démocrate (FPÖ) en Autriche, Jean-Marie Le Pen et le Front national en France, Andrej Lepper et le Parti paysan polonais (PSL) en Pologne ou le Premier ministre Robert Fico et la Direction en Slovaquie. Et l'on pourrait allonger la liste.

Dans cette énumération, deux évidences. D'abord, il est étonnant de voir le nombre de politiciens démagogues qui sont arrivés au pouvoir en quelques années. Leur succès reflète l'indécision des électeurs, leur perception croissante de ce qu'ils estiment être des injustices liées à la mondialisation et la peur envers les minorités, les immigrés et les étrangers. Les dirigeants populistes proposent des solutions qui font fi de la modération que l'on trouve dans les politiques centristes et dans un internationalisme qui cherche à promouvoir la paix et la prospérité. On peut se demander si l'on assiste non pas à la fin de l'Histoire, mais à la fin d'une période éclairée, peut-être même à la fin des Lumières.

Ensuite, la liste de ces dirigeants montre que la plupart ne font pas long feu. S'ils acceptent le jeu électoral, ils disparaissent presque aussi vite qu'ils sont apparus. Il ne faut pas longtemps aux électeurs pour se rendre compte que leurs promesses étaient vaines. Polonais et Slovaques vont probablement se rendre vite compte que leurs gouvernements font plus de mal que de bien au pays. Il est vrai que ce n'est pas une consolation. Car certains dirigeants populistes pourraient refuser le verdict des urnes. Il a fallu du temps à Berlusconi pour qu'il reconnaisse sa défaite.

Au-delà, ces épisodes populistes traduisent une instabilité latente qui peut nuire au progrès et favoriser le désordre international. L'Autriche a dû payer un prix pour l'épisode Haider. En France, le second tour de l'élection de 2002 entre Chirac et Le Pen n'a pas été bénéfique au pays. Y a-t-il une solution ? Même s'ils n'ont pas bonne presse, les partis remplissent une fonction utile, en conciliant des intérêts contradictoires pour résoudre des problèmes, ce qui stabilise le système politique.

Les partis doivent retrouver l'appui des citoyens. Ils y parviendront en faisant preuve de clarté dans leurs programmes, d'honnêteté dans leur organisation et de connaissance des préoccupations d'une société qui a perdu ses structures traditionnelles. Un système démocratique libéral ne peut pas réussir en menant une politique en fonction du ressentiment populaire. Les politiques doivent réfléchir à moyen terme et s'engager à débattre en termes rationnels des problèmes. Car, de toutes les traditions qui peuvent être ranimées, la pensée éclairée est sans doute la plus importante.

RALF DAHRENDORF est membre de la Chambre des lords et ancien recteur de la London School of Economics.
© Les Echos

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