ACTUALITÉ - Archives Juin 2007

Les titres de l'actualité du 29 Juin, 2007

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Les titres de l'actualité du 8 Juin, 2007

Les titres de l'actualité du 29 Juin, 2007

KEMI SEBA (EX-TRIBU KA) CONDAMNÉ À 6 MOIS AVEC SURSIS (France)

28/06/2007 - Stellio Capo Chichi, alias Kemi Seba, fondateur de l'ex-Tribu Ka, a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Chartres (Eure-et-Loir) à 6 mois de prison avec sursis et 1.500 euros d'amende pour provocation à la haine raciale et propos antisémites.

Il a été également condamné à versé 1.000 euros à la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), qui s'était portée partie civile.

Son camarade Cyrille Kamdem a été condamné à 3 mois de prison avec sursis et 750 euros d'amende, ainsi que 1.000 euros à la Licra.

Kemi Seba et Cyrille Kamdem avaient été interpellés par la police le 8 février sur le parking d'un hypermarché de Chartres, ville où le GKS (Groupe Kemi Seba) s'apprêtait à inaugurer une section en Eure-et-Loir.

Ils s'en étaient pris au directeur de la sécurité publique d'Eure-et-Loir et avaient tenu des propos antisémites.

Kemi Seba avait déjà été condamné dans cette affaire par le tribunal correctionnel de Chartres le 9 février, dans le cadre d'une comparution immédiate, à cinq mois de prison dont trois avec sursis et écroué pour outrage et rébellion.

Kemi Seba, dont le groupuscule avait été à l'origine d'incidents antisémites en mai 2006, rue des Rosiers à Paris, avant d'être dissous en juillet a depuis fondé le groupe "Génération Kemi Seba" (GKS).

Lors de l'audience, le procureur avait demandé une peine de six mois de prison ferme et une amende de 10.000 euros à l'encontre de Kemi Seba, ainsi qu'une privation de ses droits civiques durant cinq ans, ce qui pouvait l'empêcher de se présenter, comme il le souhaite, aux élections municipales de Sarcelles (Val d'Oise).

Kemi Seba, qui s'est toujours déclaré "antisioniste et non antisémite" a déclaré après le jugement: "C'est une suprême satisfaction".
© Le Monde

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LA JUSTICE ORDONNE L'EXPULSION DES SANS-PAPIERS QUI OCCUPENT LE PARKING D'UN BUFFALO GRILL (France)

28/06/2007 - Un juge des référés du tribunal d'Evry a ordonné, jeudi 28 juin, l'expulsion des sans-papiers du parking du Buffalo Grill de Viry-Chatillon, dans l'Essonne, qu'ils occupent depuis trois semaines, a indiqué la CGT. Si les sans-papiers ne quittent pas le parking d'eux-mêmes, Buffalo Grill pourra demander le concours de la force publique.

Le parking est occupé depuis le 8 juin par une soixantaine de sans-papiers, en grève, démissionnaires ou licenciés de plusieurs restaurants, essentiellement en Ile-de-France, qui demandent leur régularisation. Ils s'étaient auparavant installés à l'intérieur du restaurant pendant dix jours. Buffalo Grill souhaite que l'activité du restaurant, fermé depuis trois semaines, puisse reprendre.

Par ailleurs, l'édition de L'Humanité du 28 juin révèle que "la chaîne de restauration savait pertinemment qu'elle embauchait des salariés en situation irrégulière", s'appuyant sur des documents émanant, pour certains de la chaîne elle-même, et dont le journal a eu la copie. Selon ces pièces, des sans-papiers auraient été recrutés sous une fausse identité alors que le versement de leur salaire ou leurs décomptes de retraite complémentaire étaient versés sous une identité différente.
© Le Monde

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LE PEN EN TÊTE DES PERSONNALITÉS POLITIQUES LES MOINS AIMÉES (France)

28/06/2007 - Jean-Marie Le Pen reste en tête des dix personnalités politiques les moins appréciées des Français, selon la quatrième édition d'un sondage de l'institut Novatris pour RMC et son émission Les Grandes Gueules.

La fille du président du Front national Marine arrive en deuxième position, suivie d'Alain Carignon, ex-maire de Grenoble et ancien ministre condamné dans une affaire de corruption en 1996, et de Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France.

L'avocat Arno Klarsfeld, candidat malheureux pour l'UMP à Paris aux dernières élections législatives, arrive en cinquième position devant l'ancien Premier ministre Laurent Fabius.

Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP, est septième et Eric Besson, transfuge du Parti socialiste et aujourd'hui secrétaire d'Etat à la Prospective du gouvernement de François Fillon est huitième.

Le Premier secrétaire du PS, François Hollande, arrive neuvième devant le leader altermondialiste José Bové qui ferme la marche.

Le sondage a été réalisé en deux étapes, explique RMC. Une première liste de 100 noms de personnalités politiques a été mise en ligne sur internet et soumise aux auditeurs de RMC entre les 18 et 22 juin.

Puis, une liste des 20 noms les plus souvent cités par les auditeurs a été communiquée à l'institut Novatris/Harris Interactive qui a réalisé un sondage en ligne entre les 22 et 25 juin auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 "répondants" âgés de 15 ans et plus.
© Le Point

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LUTTE CONTRE L'ANTISÉMITISME: LE CRIF FAIT CONFIANCE AU GOUVERNEMENT (France)

27/06/2007 - Le Crif sait pouvoir "compter sur le gouvernement pour combattre l'antisémitisme", a déclaré mercredi Richard Prasquier, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France au cours d'un déjeuner de presse.

Le Crif a "toujours dit que le gouvernement français n'était pas antisémite", même s'il a pu y avoir "un retard dans l'appréciation de l'antisémitisme", a-t-il dit soulignant: désormais "la prise en compte de cette réalité est faite et nous savons que nous pouvons compter sur le gouvernement pour combattre l'antisémitisme".

Interrogé sur les relations entre la France et Israël, Ricard Prasquier a estimé que "Nicolas Sarkozy a sans doute une empathie" avec Israël. Il a ajouté: "Nous ne lui demandons pas d'avoir une politique anti-arabe, nous lui demandons de prendre en considération les menaces existentielles qui pèsent sur Israël".

Le président du Crif s'est dit favorable à l'existence de deux Etats, Israël et Palestine, mais tout à fait opposé à l'idée d'un état bi-national, estimant que "ça ne peut pas marcher".

Interrogé sur la représentativité du Crif, il a estimé que celui-ci "porte l'expression des sentiments communs à la très grande majorité de la communauté juive de France", notamment à l'égard d'Israël.

"Tout Juif a le sentiment que pour vivre ici heureux en France, il faut qu'Israël existe. L'idée de sa disparition est insupportable", a-t-il ajouté.
© La Croix

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GOLLNISCH VOIT DANS LE NOUVEAU TRAITÉ EUROPÉEN UNE REFORMULATION DU TCE (France)

27/06/2007 - Selon Bruno Gollnisch, chef de file des eurodéputés Front national, l'accord issu du conseil européen du week-end dernier est un « petit manuel de tromperie » qui reprend tous les principes du traité constitutionnel européen en les reformulant. Promettant un « plan de bataille » contre ce nouveau texte, il passe sous silence tous les éléments qui auraient pu contenter le FN afin d'alourdir la charge contre les négociateurs, et notamment Nicolas Sarkozy.

« Il y a des constitutions qui ne s'appellent pas constitution mais qui en sont ! », résume Bruno Gollnisch. Tenant une conférence de presse devant des journalistes de plus en plus rares, l'eurodéputé du Front national (FN) a donné son analyse du texte produit par le Conseil européen dont il pensait connaître le secret dans une lettre qu'Angela Merkel aurait transmis à ses partenaires européens : « gardons la substance, changeons les termes. »

« Petit manuel de tromperie »
Détaillant point par point les conclusions du Conseil européen, Bruno Gollnisch a relevé tous les éléments qui évoquaient, de près ou de loin, le Traité constitutionnel européen (TCE). Il a ainsi attiré l'attention sur toutes les mentions des « innovations découlant des travaux de la CIG du 2004 » : « il s'agit tout simplement de la conférence qui a accouché du TCE », insiste-t-il. La critique tenait en fait uniquement au maintien de la première partie du TCE, portant sur la réforme institutionnelle, intégralement réinjectée selon lui sous une autre forme : « la stratégie consiste à enlever tout ce qui fait penser à un Etat européen, les mots et les symboles. »

S'il se plaint de la « cosmétique » que constitue selon-lui la disparition des mots « lois » et « lois-cadres », il ne se félicite même pas de celle des attributs de l'Europe : drapeau, hymne, etc. qui aurait pourtant dû contenter les souverainistes, dont il se revendique : « Nous nous en réjouirions si cela changeait la substance », a-t-il commenté, ne pouvant retenir un large sourire.

« Contre-attaque »
Alignant au banc des accusés Bernard Kouchner et Jean-Pierre Jouyet, il a réservé un traitement spécial à Nicolas Sarkozy, coupable selon lui de « tromperie quand il a dit qu'il prenait acte du rejet du TCE. »

Dimanche au soir, Jean-Marie Le Pen avait d'ailleurs déclaré qu'il serait « l'opposant numéro 1 à la politique européenne de Nicolas Sarkozy » et Bruno Gollnisch a donné un aperçu de l'organisation de la « contre-attaque » : après une visite au premier ministre portugais, responsable de la présidence de l'Union jusqu'en décembre, il prévoit ainsi une réunion en Italie du groupe qu'il préside au Parlement européen (Identité Tradition Souveraineté). La campagne contre le nouveau traité sera française et européenne : « nous allons utiliser tous les moyens légaux », a-t-il assurée.

Un projet d'autant plus ambitieux que nombreux sont ceux au FN qui s'inquiètent de pouvoir mobiliser sur un tel débat après un an de campagne. Un projet néanmoins nécessaire au FN pour entretenir son image de parti d'opposition.

Sylvain Lapoix
© Marianne

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IMMIGRATION : LA FRANCE MET EN PLACE LA BARRIÈRE DE LA LANGUE

L’avant-projet de loi signé Brice Hortefeux ajoute un examen et des contraintes pour les candidats au regroupement familial. Par Coroller Catherine

27/06/2007 - Les contours de l’avant-projet de loi de Brice Hortefeux «relatif à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile» se précisent. Hier, les associations de défense des droits des étrangers ont présenté la dernière mouture connue de ce texte, car la version officielle ne sera rendue publique qu’après passage en Conseil des ministres, début juillet.

Comme annoncé à plusieurs reprises par Nicolas Sarkozy, cet avant-projet de loi ajoute une condition au rapprochement familial. Désormais, «les ressortissants étrangers de plus de 16 ans pour lesquels le regroupement familial est sollicité», ainsi que les conjoints de Français, seront soumis «dans leur pays de résidence» à «une évaluation de leur degré de connaissance de la langue [française] et des valeurs de la République». Si besoin est, les consulats leur proposeront une formation d’une durée maximum de deux mois. A leur arrivée en France, les étrangers devront également signer un contrat d’accueil et d’intégration «par lequel ils s’obligeront à suivre une formation sur les droits et les devoirs des parents en France». Ceux qui ne respecteraient pas les clauses de ce contrat risquent la suspension des allocations familiales.

En théorie, demander aux étrangers de parler un tant soit peu le français et de connaître les règles de base de fonctionnement de la société française ne paraît pas ab­surde. «La maîtrise de la langue facilite beaucoup la recherche et l’obtention d’un emploi, facteur essentiel d’intégration, ainsi que d’autres démarches indispensables à la vie sociale, au premier rang desquelles la recherche d’un logement. Elle peut favoriser, dans certains cas, l’égalité entre les hommes et les femmes», précise le législateur dans l’exposé des motifs de la loi. Les associations, elles, sont inquiètes : «Ce nouveau projet va multiplier les obstacles au rapprochement familial», pronostique Nathalie Ferré, présidente du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés). L’attribution d’un titre de séjour sera en effet conditionné à l’intégration, celle-ci étant évaluée en fonction du degré de connaissance de la langue et des «valeurs de la République», cri­tères éminemment subjectifs.

L’avant-projet est en cours d’examen par le Conseil d’Etat. Il devrait être présenté au Conseil des ministres le 4 juillet, et au Parlement en juillet ou à partir du 15 septembre.
© Libération

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POUR QU’« AUCUNE CHAISE NE SOIT VIDE À LA RENTRÉE » (France)

Immigration . De la protection des enfants à la lutte contre le nouveau projet de loi, les associations appellent à manifester dimanche, à Paris.

27/06/2007 - C’est à un véritable tour d’horizon des principales problématiques qui mettent en cause les étrangers que Réseau Éducation sans frontières et uni(e)s contre l’immigration jetable avaient convié la presse hier. Parce qu’il y a urgence à organiser la veille contre « les mauvais coups de l’été ». « Il y a péril en la demeure », précisait, d’emblée Jean-Jacques Hazan, pour la Fédération des conseils de parents d’élèves. Après la mise en fiche des familles à l’occasion de la circulaire de régularisation des parents d’enfants scolarisés de 2006, les personnes concernées sont maintenant, pratiquement immédiatement, expulsables.

Renforcer les réseaux de vigilance
Seul un fort mouvement d’opinion permettrait de mettre le pays en adéquation avec les 77 % de sondés qui se déclarent favorables à des régularisations, au cas par cas des sans-papiers. Pour qu’« au- -cune chaise ne soit vide à la rentrée », la FCPE appelle à renforcer les réseaux de vigilance qui ont bien fonctionné l’an dernier avec la mobilisation de 3 000 personnes sur Paris. D’autant plus nécessaire que les obligations de résultats énoncées par le nouveau ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale - 125 000 ar- restations pour 25 000 reconduites à la frontière - laissent augurer l’intensification des rafles dans les quartiers populaires.

« Il suffirait de reconnaître un droit qui existe, celui de vivre en famille, s’indignait Brigitte Wieser pour RESF, qui témoignait du courage de ce jeune majeur, qui, pendant ses quinze jours en centre de rétention, continuait à potasser ses révisions pour le bac... L’histoire s’est bien terminée puisqu’il a pu le passer. Mais combien d’autres ont été reconduits hors du territoire ?

L’emballement du système conduit à la saturation des centres de rétention - dont la construction s’intensifie - mais surtout à la déshumanisation des conditions d’accueil, « à l’industrialisation des procédures d’éloignement », dénonçait Camille Désert, de la Cimade, une politique qui touche aussi bien « les Français que les demandeurs d’asile, les femmes enceintes et les bébés que les malades ». « Politique inacceptable, lâchait Jean-Paul Dubois, pour la Ligue des droits de l’homme, mais surtout absurde », parce que sans effet sur les causes profondes des migrations et attentatoire aux conventions internationales. Dans cet esprit, le projet de loi sur l’immigration qui doit être discuté en juillet et s’en prend aux étrangers en situation régulière ne fait qu’ajouter aux inquiétudes. Les représentants des « étrangers en situation irrégulière » ont rappelé leur importance dans l’économie française et l’hypocrisie de la lutte contre le travail illégal.

Moralité : une manifestation est organisée dimanche 1er juillet, histoire de réunir dans un grand mouvement de lutte toutes les sensibilités. Huit cortèges se retrouveront à 16 heures, qui à Belleville, qui à La Chapelle, pour converger à 17 heures vers Stalingrad et terminer par une grande fête.

Émilie Rive
© L'Humanité

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DISCRIMINATION AU LOGEMENT: UNE GÉRANTE D'AGENCE IMMOBILIÈRE POURSUIVIE À PARIS (France)

27/06/2007 - La gérante d'une agence immobilière située à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) était poursuivie mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris à la suite d'une plainte de SOS Racisme faisant état de listings d'appartements à louer portant des mentions discriminatoires.

Devant la 17e chambre du tribunal, présidée par Joël Boyer, Dolores Foures a réfuté toute pratique discriminatoire, son avocat Me Jean-Marc Delas ayant par ailleurs cherché, sans succès, à faire reporter le procès, en faisant référence à la plainte pour faux déposée par sa cliente.

Cette dernière prétend en effet que les listings transmis par un ex-salarié de son agence sont des faux fabriqués pour lui nuire. Une instruction est en cours et Me Delas a plaidé que l'affaire de discrimination ne pouvait être examinée tant que la justice n'aurait établi s'il y avait eu un faux.

Après une courte délibération, le tribunal a décidé de passer outre et de trancher cette question procédurale dans un jugement global.

Les faits remontent à novembre 2002. A cette époque, un salarié de l'agence immobilière s'était adressé à l'association anti-raciste pour signaler qu'il existait à son lieu de travail des fichiers portant des mentions comme "pas de gens de couleurs" ou "pas d'immigrés".

Pour vérifier ces dires, SOS Racisme a effectué un "testing". Un de ses permanents, dont le nom signale son origine africaine, a téléphoné à l'agence pour demander à visiter l'un des appartements à louer. On lui a fixé un rendez-vous mais quelques heures plus tard, l'agence l'a rappelé pour lui dire que la visite était annulée.

Le lendemain, Samuel Thomas, vice-président de SOS Racisme, avait rappelé l'agence qui, cette fois, lui avait fixé un rendez-vous. L'association avait alors décidé de transmettre le dossier au parquet.

Le procureur de la République, Laurent Zuchowicz, estimant que Mme Foures s'était bien rendue coupable de discrimination, a requis une peine de 100 jours à 100 euros à l'encontre de la prévenue, a indiqué à l'AFP Samuel Thomas.

Le jugement du tribunal est attendu le 20 septembre.
© Le Monde

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DEUX AGENTS IMMOBILIERS DU RÉSEAU MIL’IM JUGÉS POUR DISCRIMINATION RACIALE À SAINT-NAZAIRE (France)

26/06/2007 - Deux agents immobiliers de Saint-Nazaire a été condamné ce mardi par le tribunal correctionnel de la ville pour discrimination raciale, après avoir mis en place dans son agence des fichiers de location en fonction de la couleur de peau de leurs clients. C’est grâce à un testing de l’association SOS-Racisme que le couple d’agents immobiliers a été démasqué. Ils sont affiliés au réseau Mil’im.

Le verdict de la justice : 4.000 euros d’amende pour le couple et 10.000 euros de dommages et intérêts pour SOS Racisme, qui s’était constitué partie civile.

L’association, qui s’est félicité de ce jugement, souhaite désormais que la justice puisse aussi condamner non pas uniquement les agences immobilières, mais aussi les donateurs d’ordre (les propriétaires) qui ne souhaitent pas que leur bien soit loué à des personnes du fait de leur couleur.
© CultureFemme

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LA RELAXE D'UN RAPPEUR DE "LA RUMEUR" INJUSTIFIÉE POUR LE PARQUET GÉNÉRAL (France)

26/06/2007 - L'avocat général de la Cour de cassation, Jacques Mouton, a estimé mardi que la relaxe dont avait bénéficié en appel l'un des rappeurs du groupe "La Rumeur", Hamé, poursuivi par le ministère de l'Intérieur, était injustifiée et a demandé que cette décision soit cassée.

La chambre criminelle de la Cour de cassation, présidée par Bruno Cotte, rendra sa décision le 11 juillet.

Le 23 juin 2006, la 11e chambre de la cour d'appel de Paris avait confirmé la relaxe prononcée par le tribunal correctionnel en faveur d'Hamé, poursuivi pour des propos publiés en avril 2002 dans un fanzine accompagnant la sortie d'un album de son groupe, à une époque où Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur.

"Les rapports du ministère de l'Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu'aucun des assassins n'ait été inquiété", avait notamment écrit Mohamed Bourokba, dit Hamé.

L'avocat général Jacques Mouton a estimé, contrairement à la cour d'appel, que les propos du rappeur contenaient "bien des faits précis et déterminés de nature à porter atteinte à l'honneur et à la considération de la police nationale".

Devant le tribunal puis devant la cour d'appel, et encore devant la Cour de cassation par la voix de son avocate, Me Claire Waquet, le rappeur a expliqué que ces propos se référaient aux victimes du 17 octobre 1961 (manifestation d'Algériens violemment réprimée à Paris, NDLR) en passant par le décès emblématique de Malik Oussékine en 1986 jusqu'à des bavures plus récentes.

Me Waquet a appelé les hauts magistrats de la chambre criminelle de la Cour de cassation à voir dans le texte du jeune rappeur une "opinion politique, sociale, digne d'être discutée".

Elle a par ailleurs estimé que ses propos avaient été sortis de leur contexte ou dénaturés par le procureur général de la cour d'appel dans le mémoire appuyant le pourvoi qu'il a déposé devant la haute juridiction.

"On a mené une politique d'écrabouillement de ces quartiers (ndlr: de banlieue) et on ne veut pas en parler, c'est cela que dénonce l'article", a-t-elle insisté, demandant le rejet du pourvoi du parquet général.

"J'entends le devoir de mémoire mais cela n'autorise pas tout. Je pense donc qu'il y a matière à condamner du chef de diffamation envers une administration publique", a répondu M. Mouton.

Avant l'audience, mardi matin, sur France Inter, Hamé avait qualifié cette procédure d'"acharnement manifeste".

Il formulait deux hypothèses pour en expliquer les motivations: volonté de "censurer toute expression critique ou contestataire qui émanerait des quartiers ou d'expériences culturelles, artistiques, issues des quartiers", et, sur le plan judiciaire, "de ne surtout pas laisser aboutir une sorte de jurisprudence qui serait favorable, non seulement au rap" mais aussi aux associations qui dénoncent les bavures policières.
© La Croix

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LA CONSTRUCTION DE MOSQUÉES BUTE SUR L'INTERPRÉTATION DE LA LOI (France)

26/06/2007 - Le chantier de la mosquée de Montreuil (Seine-Saint-Denis) va prendre du retard, comme celui de Marseille et pour la même raison, le tribunal administratif ayant assimilé à une subvention le faible loyer (1 euro) demandé en contrepartie de la location du terrain.

Dans les deux cas, les plaignants ont invoqué l'article 2 de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'Etat: "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte".

Voire. Depuis 1905, des centaines d'églises, temples, synagogues, mosquées ont été construits en France, grâce aux baux emphytéotiques (de très longue durée) accordés par les communes. "A Montreuil, on bute sur l'euro symbolique alors que dans les années 30 on a accordé des baux emphytéotiques à l'Eglise catholique en Ile-de-France pour 1.000 francs, l'équivalent de 1,50 euro!", soulignait lundi soir Didier Leschi, directeur du bureau des cultes au ministère de l'Intérieur.

Pour lui, "la question de fond c'est qu'il y a deux poids deux mesures: actuellement les baux emphytéotiques ne sont remis en cause que lorsqu'ils concernent des mosquées".

En 2004 dans son rapport sur la laïcité, le Conseil d'Etat n'a pas remis en cause les baux emphytéotiques et le code de la propriété publique a été modifié par une ordonnance du 21 avril 2006 détaillant les possibles bénéficiaires. "Remettre ces baux en cause est une "interprétation restrictive de la loi", argumente Didier Leschi. "L'application du droit sans conscience n'est que ruine de l'âme", s'amuse-t-il.

Lors de l'entrée en vigueur de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'Etat, celui-ci est devenu propriétaire des édifices cultuels existants. Le problème de la construction de lieux de culte se pose donc surtout pour les religions peu ou pas implantées en France en 1905, comme l'islam et les évangéliques.

Les projets ne manquent pas mais la réalisation est souvent contrariée, officiellement au nom du principe de laïcité ou de la rigueur budgétaire.

A Marseille, le projet a été retoqué et sera à nouveau examiné en juillet. A Bordeaux, il y a un litige sur le prix du terrain que doit acheter la mairie pour le louer à l'association musulmane...

A Créteil, la communauté a payé la mosquée et la municipalité a subventionné la partie culturelle attenante. A Clichy-Montfermeil (Seine-Saint-Denis), le projet a finalement vu le jour après trois ans de discussions concernant le terrain à bâtir. A Perpignan en revanche, tout s'est passé sans problème et, le jour de l'inauguration, le maire Jean-Pierre Alduy voyait dans ce projet une illustration de "la laïcité ouverte", dans le "strict respect de l'esprit de la loi de 1905".

Autrement dit, la loi de 1905 n'interdit rien. Nicolas Sarkozy, alors candidat, disait en avril qu'"il n'y a aucune raison pour qu'une religion ne puisse pas vivre son son culte tranquillement".

Quand il était ministre de l'Intérieur, il avait demandé au professeur Jean-Pierre Machelon d'étudier un toilettage de la loi de 1905. Celui-ci avait notamment proposé d'autoriser les communes à financer ouvertement les lieux de culte. Le rapport a été remis en septembre 2006 et n'a eu jusqu'ici aucune suite.

L'islam est la deuxième religion de France avec environ 4 millions de musulmans. En 2005, ils disposaient de quelque 1.500 mosquées ou lieux de culte, alors que chaque village compte une église catholique.
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ROBERT REDEKER DIT VIVRE "UNE VIE DE RÉFUGIÉ POLITIQUE" DANS SON PROPRE PAYS (France)

26/06/2007 - Robert Redeker, le professeur de philosophie qui avait été menacé de mort pour une tribune critique envers l'Islam dans "Le Figaro", a indiqué mardi qu'il vivait, neuf mois après la publication du texte, "une vie de réfugié politique dans (son) propre pays".

"Je suis passé de l'autre côté de la vie ordinaire. C'est une vie de réfugié politique dans mon propre pays", a confié l'enseignant au quotidien "Le Parisien-Aujourd'hui en France" avant de citer les contraintes qu'il subit quotidiennement.

Pour lui, cette situation due aux menaces de mort qui l'ont visé depuis la publication de la tribune dans "Le Figaro" l'oblige "à être prudent dans (ses) déplacements, à habiter une maison dont personne ne connaît l'adresse (...) à devenir méfiant".

Robert Redeker, 53 ans, ajoute qu'il lui a fallu "enterrer (son) père comme un voleur", marier récemment sa fille "sous surveillance policière" ou déménager et acheter une nouvelle maison dans la région toulousaine.

Sur le plan professionnel, après avoir cessé d'enseigner et accepté une proposition de l'ex-ministre de l'Education nationale Gilles de Robien de travailler en liaison au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), M. Redeker indique qu'on a créé une unité de recherche dont il est le seul membre.

"Sans bureau, sans adresse, sans confrères", précise-t-il en ajoutant "je suis chercheur dans un laboratoire fantôme".
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LE MEURTRIER DU GENDARME TUÉ PAR BALLES DANS LE RHÔNE SERAIT DANS LA MOUVANCE D'EXTRÊME DROITE (France)

26/06/2007 - Norbert Ambrosse, officier de police, a trouvé la mort dans l’exercice de ses fonctions, suite au tir d’un des suspects alors que son équipe tentait d’empêcher un cambriolage dans la nuit de samedi à dimanche. C’était à Saint-Andeol-le-Château dans le Rhône.

Selon le journal régional Le Progrès, l’auteur présumé du coup de feu était suivi par les Renseignements généraux. Il s’agirait de Florian Morat, un ancien militaire de 33 ans, qui aurait été révoqué de l’armée après deux condamnations pour violences. Ledit Florian Morat selon le journal serait aussi soupçonné de faire partie de la mouvance extrémiste et avoir gravité autour du groupuscule raciste Unité Radicale, depuis lors dissous après le coup de feu de 2002 qui avait visé le président jacques Chirac.

Le commandant de gendarmerie Norbert Ambrosse laisse une veuve et quatre orphelins.
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DES PAÏENS BRETONS PROFANENT DES SYMBOLES CHRÉTIENS (France)

Quatre jeunes ont reconnu, en garde à vue, l’incendie d’une chapelle. Par Allain Pierre-Henri

26/06/2007 - Mobilier, statues et toiture partis en fumée, vitraux et portes soufflées, murs carbonisés et tagués d’un mystérieux sigle : TABM. Dans la nuit du 15 au 16 juin, l’incendie d’une charmante chapelle du XVIe siècle perdue dans un écrin de verdure près du village de Loqueffret (Finistère), a semé stupeur et incompréhension dans les monts d’Arrée. Environ une semaine plus tard, les auteurs présumés de la profanation, trois jeunes hommes âgés de 21 et 22 ans, ont été interpellés et placés en détention pour «destruction par incendie en bande organisée et dégradations et destruction volontaire de biens destinés à l’utilisation publique». Après trois jours de garde à vue, ils ont reconnu l’incendie.

Ils ont aussi admis être les auteurs des saccages de huit autres sites religieux, calvaires et fontaines votives, en mai dans le Sud-Finistère, à Bénodet, Combrit, Pleuven ou encore Clohars-Fouesnant. Avec, à chaque fois, les mêmes constatations : des croix arrachées et jetées à terre, et les lettres TABM inscrites en noir sur les murs de granit des chapelles. «Ils ont justifié leurs actes en expliquant que la religion chré tienne avait selon eux étouffé les cultes païens originels et anciens, a indiqué hier Anne Kayanakis, procureure de la République à Quimper. Ils estiment que trop d’attention et d’intérêt sont accordés aux édifices catholiques et chrétiens, et qu’il est anormal qu’on ne s’intéresse pas davantage aux sites qui sont l’expression de cultures et de croyances traditionnelles de la Bretagne, comme certains lieux de la forêt du Huelgoat ou les alignements de Carnac.»

Sanguinolentes. Une lettre manuscrite adressée la semaine dernière à la rédaction du Télégramme de Brest était venue apporter quelques indices en ce sens. Sur ce manuscrit de quelques lignes, le sigle TABM devenait explicite avec la mention «True Armorik Black Metal» inscrite en guise d’en-tête en lettres sanguinolentes. Les auteurs de cette missive s’y présentaient comme «un groupuscule extrémiste anti-ecclésiastique» voulant «laver la terre d’Armorique des intrus qui y avaient pris place, sans le moindre respect pour nos raci nes celtiques». Leurs cibles ? Tous les symboles du «christianisme et assimilés». Tout en revendiquant l’incendie volontaire de la chapelle de Loqueffret et les dégradations commises sur les autres édifices religieux du Finistère, ces chevaliers de l’apocalypse en herbe annonçaient d’autres méfaits. «Nous allons frapper encore, encore et encore», menaçaient-ils, se faisant fort de «rendre justice» et de faire «tomber les icônes symbolisant la faiblesse d’esprit».

Cette profession de foi aura fait long feu puisqu’à peine vingt-quatre heures plus tard, les gendarmes interpellaient sept personnes dans la région de Quimper, quatre d’entre elles ayant été mises hors de cause et relâchées. Au départ, la piste sataniste doublée d’extrémisme néonazi semblait plausible. TABM, l’intrigante signature des vandales pouvant aussi signifier «True aryan black metal», un groupuscule néo-nazi se réclamant d’une mouvance musicale particulièrement radicale et raciste. Une position que réfutent les trois jeunes hommes. «Ils se veulent seulement des défenseurs du paganisme celte et du druidisme, sans pour autant pratiquer des rituels, précise Anne Kayanakis. Ils se contentaient de se retrouver de temps en temps la nuit sur certains sites pour écouter leur musique.» Pas trace non plus des apparats habituels des «gothiques» dans leur accoutrement, plus proche de celui de banals teufeurs avec blousons à capuche et pantalons kaki que de décavés à longues barbes. Employé d’une collectivité territoriale pour l’un d’eux, et sans activité pour les deux autres même s’ils avaient suivi une formation professionnelle, ils n’étaient pas totalement marginaux.

Monuments historiques. Reste que si les jeunes gens sont désormais hors d’état de nuire, les dégâts subis par la chapelle de Loqueffret, inscrite aux monuments historiques, seront longs à réparer, même si les services de l’Etat, y compris le ministère de la Culture, se sont déjà manifestés. Le pardon prévu à la chapelle chaque deuxième dimanche de septembre devrait toutefois bien avoir lieu cette année. Et attirer comme à l’accoutumée les foules, chrétiens et non-chrétiens réunis.
© Libération

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HOMOPHOBIE: LES AGRESSEURS DE VITRY AVAIENT DÉJÀ SÉVI (France)

Deux agressions supplémentaires d'homosexuels ont été imputées à trois des quatre hommes mis en cause dans l'agression d'un homosexuel en 2006.
Les enquêteurs ont fait le lien avec deux autres agressions au mode opératoire similaire, en juin et août 2006 à Paris.


26/06/2007 - C'est en faisant des recherches à partir de matériel volé retrouvé chez les mis en cause lors de perquisitions, que les enquêteurs ont fait le lien avec deux autres agressions au mode opératoire similaire, en juin et août 2006 à Paris. Deux autres méfaits ont été imputées à trois des quatre hommes mis en cause dans l'agression d'un homosexuel en juillet 2006 dans un parc de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), a-t-on appris mardi de source proche du dossier, confirmant une information du Parisien.

Ces agressions ont été reconnues par trois des quatre agresseurs de Bruno Wiel, un Parisien de 28 ans retrouvé nu et souffrant d'un traumatisme crânien et thoracique grave le 21 juillet 2006 dans le parc des Lilas de Vitry-sur-Seine. Un cinquième membre de cette équipe, qui était recherché, a aussi reconnu sa participation à ces deux agressions. Il a été mis en examen et écroué pour ces faits. Interpellé le 10 juin dans le Val-d'Oise dans le cadre d'un différend familial, ce jeune homme de 22 ans, habitant comme les quatre autres à Thiais (Val-de-Marne), n'est en revanche pas mis en cause dans l'agression de Bruno Wiel, a-t-on souligné de même source.

Les victimes des agressions de juin et août 2006, un jeune informaticien de 22 ans possédant la double nationalité américaine et irlandaise et un Parisien de 40 ans, avaient été, comme Bruno Wiel, accostés à la sortie d'un bar gay de la capitale. Les deux hommes s'étaient ensuite fait voler ordinateur portable, carte de crédit et téléphone portable pour l'informaticien.

Circonstance aggravante
Les quatre mis en cause dans l'affaire Bruno Wiel, âgés de 20 à 26 ans, avaient été interpellés en deux temps. Fin août, trois d'entre eux avaient été arrêtés par les enquêteurs du service départemental de police judiciaire du Val-de-Marne. Ils avaient été mis en examen le 2 septembre pour tentative d'homicide volontaire, enlèvement et séquestration, actes de torture et de barbarie avec la circonstance aggravante de l'orientation sexuelle de la victime. Le quatrième, recherché, s'était livré le 20 février.

Bruno Wiel avait été abordé à la sortie d'un bar gay de Paris par les quatre hommes qui l'avaient emmené à Vitry-sur-Seine pour le dévaliser. Comme il n'avait rien, ses agresseurs s'étaient acharnés sur lui. Plongé dans un coma artificiel, le jeune homme en était sorti au bout de cinq semaines avec de lourdes séquelles. Il s'agit "au départ d'agressions crapuleuses" pour voler, ciblant des victimes supposées avoir de l'argent, a-t-on souligné de même source.
© TF1 LCI

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NORD: DEUX LESBIENNES AGRESSÉES PAR LEURS VOISINS OBTIENNENT RÉPARATION EN JUSTICE (France)

25/06/2007 - Un couple de lesbiennes, violemment agressées par leurs voisins à Bachant (Nord), vient d'obtenir réparation par la justice. En 2004, Cécile D., qui avait vécu auparavant avec un compagnon, propose à sa nouvelle partenaire, Emmanuelle L., de s'installer avec elle dans ce petit village de 2.500 habitants. Très vite, les deux jeunes femmes, doivent régulièrement faire face à des insultes homophobes. Notamment de la part de leurs voisins, dont le terrain n'est séparé du leur que par une simple haie. Le 5 août 2005, deux cousins des voisins les insultent, incitant Emmanuelle à sortir de chez elle. Elle reçoit un premier coup de poing. Cécile, venue à son secours, est frappée à son tour.

Puis, les coups de pieds et de poings pleuvent, sans que les autres voisins ne réagissent. L'une des deux femmes a le nez cassé, l'autre dévié, entraînant des incapacités temporaires de travail (ITT) de 8 et 10 jours. Elles ont, depuis, déménagé. Défendues par l'avocat et président du Réseau d'assistance aux victimes d'agressions et de discriminations (Ravad), Jean-Bernard Geoffroy, elles ont obtenu la reconnaissance du caractère homophobe de l'agression par le tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe, mardi 19 juin. Lors de l'audience, certains voisins avaient témoigné contre elles, leur voisine avait notamment déclaré qu'«on les entendait faire l'amour la nuit, fenêtres ouvertes». Leurs quatre agresseurs ont été condamnés à cinq mois de prison avec sursis, et 2.000 euros de dommages et intérêts.
Copyright tetu.com

par Paul Parant
© Têtu

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"CHEZ NOUS, C'EST "GOOD BYE LÉNINE" !" (France)

25/06/2007 - Aucune personnalité issue de la diversité n'a émergé au PS à la faveur des élections. Comment expliquez-vous cet échec ?

Il existe un consensus de façade alors que cette question n'est pas pensée au PS - comme beaucoup d'autres d'ailleurs. Ma conclusion, à travers mon expérience d'ancien président de SOS-Racisme et à la direction du PS, c'est que tout ce qui a trait à la société dans laquelle nous vivons, la violence, le travail, le droit à l'émancipation sociale, l'identité, le parti n'a pas voulu les regarder en face. Il n'y a jamais eu de débat politique sur la diversité. Il s'agit à chaque fois de passer entre les gouttes, d'avoir quelques candidats sans déséquilibrer les enjeux de courants.

Vous étiez chargé des questions de société au PS. Pourquoi n'avez-vous pas porté ce débat ?
A la demande du bureau national, j'ai proposé un rapport sur l'immigration. Je l'ai remis à François Hollande. La première chose qu'il a faite c'est de le cacher et de prier pour qu'on n'en parle pas. Quand il a quand même émergé, il s'est empressé d'éteindre tout débat de fond en obtenant, il faut bien le dire, un certain consensus. La diversité ne se réduit pas à l'immigration, certes. Mais j'ai compris que des dirigeants du PS forment un cénacle qui n'aime pas la société telle qu'elle est, qui ne s'y projette pas et qui garde la mélancolie des années 1970. Chez nous, c'est Good Bye Lénine !

N'êtes-vous pas en colère parce vous avez été candidat en Charente mais devancé par une dissidente socialiste qui a été élue ?
Oui, j'ai une certaine amertume d'avoir été victime de mon propre parti et non pas d'avoir subi une défaite par rapport à l'adversaire. Je ne suis pas le seul. Fawaz Karimet (candidat dans l'Ain) n'a pas été parachuté, il a été désigné par les militants, et pourtant nous avons été traités de la même manière. Le summum, c'est que nos deux dissidents, qui ont gagné, vont être intégrés dans le groupe PS comme si de rien n'était. Tous les candidats de la diversité ont été envoyés à l'abattoir. Des défaites électorales, on s'en relève. Des défaites morales, c'est beaucoup plus difficile. Comme des milliers de militants de gauche, ça me fait tout drôle de voir la droite nous donner des leçons sur ce terrain.

Mais la droite n'a pas d'élus de la diversité non plus...
C'est vrai, mais son principal leader, Nicolas Sarkozy, ne subit pas le conservatisme de son camp et le pousse à évoluer. C'est l'inverse du PS. Après les émeutes de novembre 2005, on a lancé des appels pour arrêter la violence, on a dit aux jeunes "inscrivez-vous sur les listes électorales, faites-vous entendre dans le champ démocratique", et il n'y a aucun député de la diversité.

Vous avez salué l'entrée de Fadela Amara dans le gouvernement. Est-ce compatible avec un engagement à gauche ?
J'ai appelé Fadela pour la féliciter et l'encourager. Il y a des enjeux qui dépassent les clivages : lutter contre le racisme, la montée des intégrismes et du communautarisme. J'ai trouvé petit les accusations de trahison. La gauche est prise la main dans le sac avec un discours à l'opposé de ses actes. Deux exemples. Quand Bariza Khiari, dirigeante du PS, envoie une lettre de soutien à Fawaz Karimet et que le premier secrétaire de la fédération de l'Ain la traite de "gauche tajine", qu'elle va devant la commission des conflits du PS et qu'il ne se passe rien, c'est insupportable. Quand Michèle Sabban, au bureau national, propose que les collectivités socialistes suppriment les subventions à l'association Ni putes ni soumises parce que Fadela Amara est entrée dans le gouvernement, je remarque que cette idée n'a traversé la tête de personne pour Emmaüs quand son président, Martin Hirsch, l'a précédée. Ceci révèle que, pour toute une génération de dirigeants socialistes, le mouvement des associations de banlieue doit rester avant tout une courroie de transmission et qu'ils aiment Fadela quand elle colle des affiches, pas quand elle prend ses responsabilités.

La gauche a souvent accusé Nicolas Sarkozy de favoriser le communautarisme...
Il remporte une victoire nette dans les symboles et dans les actes, et cela va réduire sa diabolisation, mais la bataille sur le fond reste ouverte. Le PS n'imagine pas à quel point quand on est au bas de l'échelle, on a besoin de repères et de valeurs, de pouvoir choisir sa vie, et non pas qu'on la choisisse à sa place simplement en parlant des allocations. Ségolène Royal avait compris l'enjeu des quartiers. Elle leur a délivré un message presque affectif qui a permis une mobilisation exceptionnelle. Mais cela ne suffit pas. En 2008, le PS devrait présenter un candidat de la diversité comme tête de liste aux élections municipales, dans une grande ville. Nicolas Sarkozy a pris les devants. Pour le dépasser, il faut faire plus sur le fond, et plus sur la forme.

Propos recueillis par Isabelle Mandraud
© Le Monde

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MME YADE SE POSE EN PASSEUR ENTRE CULTURES, À SA PREMIÈRE SORTIE OFFICIELLE (France)

24/06/2007 - La secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l'Homme, Rama Yade, trentenaire née au Sénégal, a soigné son image de passeur entre les cultures, vendredi, lors de l'inauguration du "Salon des solidarités", occasion d'une première sortie officielle très médiatisée.

Suivie par une meute de photographes dès son arrivée au Parc floral de Paris (12ème arrondissement), Mme Yade a fait des haltes à plusieurs stands de petites ONG africaines ou à destination de l'Afrique, dialoguant avec des bénévoles d "Assistance aux Enfants de la rue Niger et Afrique" ou de "Solidarité Jeunesse Congo-Kinshasa".

"Dans nos sociétés occidentales, il y a aussi des crises importantes qui fragilisent le tissu social et il est important que les entreprises d'insertion par l'activité économique soient présentes auprès des acteurs de la société civile pour qu'ils servent des projets là-bas mais également contribuent à la lutte contre l'exclusion ici afin que la solidarité n'ait plus à choisir entre la Corrèze et le Zambèze", dit-elle, paraphrasant une formulé célèbre du journaliste Raymond Cartier, des années 60.

Mme Yade ne manque d'ailleurs pas de citer un proverbe d'Afrique de l'Ouest lors de son discours d'inauguration, pour louer l'union des compétences des différents acteurs de l'humanitaire: "à l'instar des gestes du tisserand, c'est l'union des différences qui tissent notre vie".

Sa venue a suscité l'effervescence parmi de jeunes collégiens venus avec leurs professeurs.

Si Rama Yade en séduit plus d'un sur son passage, d'autres montrent de l'agacement

"T'as vu, c'est Rachida Dati", lance une fillette confondant Mme Yade avec la ministre de la Justice, d'origine maroco-algérienne.

"Mais non, c'est la ministre des étrangers", rétorque un autre collégien, sûr de lui.

"Si Sarkozy met une noire d'origine africaine au gouvernement, c'est pour qu'on regarde moins ses charters et les discriminations qui touchent tous ceux qui ne sont pas de la bonne couleur", estime un bénévole d'origine africaine, excédé par "le battage" autour de la jeune ministre qui, selon lui, "encourage le communautarisme, un des multiples visages du racisme".
© Universal Press Agency

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MANIFESTATION À PARIS APRÈS LE DÉCÈS D'UN JEUNE DANS DES CIRCONSTANCES CONTESTÉES (France)

24/06/2007 - Plusieurs centaines de personnes ont défilé en silence dimanche après-midi dans le XXe arrondissement de Paris pour exiger que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la mort, le 17 juin, d'un jeune homme alors que la police était présente.

Partis de la rue des Amandiers (XXe) où résidait Lamine Dieng, 25 ans, les manifestants, au premier rang desquels la famille du jeune homme, ont cheminé jusqu'à l'hôtel de la rue de la Bidassoa (XXe) devant lequel le jeune homme est décédé. Ils portaient une banderole sur laquelle on pouvait lire: "pour Lamine, mort entre les mains de la police".

Le 17 juin, vers 04H00 du matin, la police avait été appelée pour un différend entre le jeune homme et sa compagne, dans une chambre de cet hôtel, situé non loin de son domicile.

Les policiers ont déclaré avoir découvert à leur arrivée le jeune homme en état de démence dans la rue, avant qu'il ne soit victime d'un malaise cardiaque et ne décède.

Pour Mouloud Aounit, président du Mouvement contre le racisme et pour l'amité entre les peuples (MRAP), présent dimanche aux côtés des proches du jeune homme, "il y a des zones d'ombre dans cette affaire: comment se fait-il que le corps du jeune homme ait été ressorti du fourgon de police (dans lequel il serait décédé selon la famille, NDLR), qu'il soit resté plusieurs heures sur la voie publique et que la famille n'ait été prévenue du décès que le lundi?", a-t-il déclaré à l'AFP.

M. Aounit a fait part de son intention de demander dès lundi un rendez-vous à la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie et à celle de la Justice Rachida Dati pour obtenir des réponses à ces questions.

De son côté Fodé Sylla, membre du conseil économique et social et ancien président de SOS Racisme, demande au président de la République "de tout mettre en oeuvre pour que ses ministres de l'Intérieur et de la Justice apportent une réponse rapide pour que la famille de Lamine Dieng puisse entamer son deuil".

Interrogée, la préfecture de police (PP) de Paris a indiqué dimanche à l'AFP que l'Inspection générale des service (IGS - la police des polices) avait "été saisie dès le jour de la mort du jeune homme" et "qu'une enquête était en cours".

Une fois le cortège arrivé sur les lieux où le jeune est décédé, la famille a déposé une gerbe de fleurs et le père a remercié les personnes présentes.

Dans un communiqué Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, et Catherine Gégout conseillère de Paris (PCF), indiquent "qu'un comité de soutien très large s'est formé pour obtenir la vérité".
© Métro France

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LA PROTECTION DE L’ASILE EST « CHICHEMENT DONNÉE » EN FRANCE, S’ALARME FRANCE TERRE D’ASILE

23/06/2007 - La protection du statut de réfugié « est vraiment chichement donnée » en France alors même que les conflits « ne diminuent pas » et que le nombre des personnes déplacées a augmenté dans le monde, s’est alarmée mercredi l’association France Terre d’Asile (FTA) à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés.

Rappelant qu’il y a près de 10 millions de réfugiés et 25 millions de déplacés dans le monde, le directeur général de l’association Pierre Henry s’est inquiété sur Europe-1 de voir que « l’Europe — et la France dans l’Europe — accueillent de moins en moins de demandeurs d’asile ».

« Le statut (de réfugié) est vraiment chichement donné », a-t-il ajouté. En 2006, la France a accordé l’asile à environ 7 300 personnes victimes de persécutions, contre 13 700 en 2005.

« On peut s’en réjouir, mais on peut aussi s’en alarmer lorsqu’on a une certaine idée de la France », a-t-il commenté, soulignant que « l’asile, ce n’est pas l’immigration », en raison des risques de persécutions subis par les réfugiés.
© Beta Politique

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CONDAMNATION REQUISE CONTRE UN PRÉFET POUR DES PROPOS SUR LES TZIGANES (France)

23/06/2007 - Le procureur de la République a requis jeudi à Paris la condamnation du préfet d'Indre-et-Loire, Paul Girot de Langlade, pour "provocation à la discrimination à raison de l'origine" en raison de propos assimilant délinquance et gens du voyage. Dans une interview parue en novembre 2006 dans La Nouvelle République du Centre-Ouest et sur un blog de ce quotidien régional, M. Girod de Langlade affirmait notamment, à propos des tziganes : "Il y en a trop sur le département.

On a été trop laxiste pendant trop longtemps. Chacun sait que quand ils arrivent quelque part, il y a de la délinquance". "Je ne me sens pas responsable ni coupable d'un quelconque racisme ou d'une discrimination", a déclaré le préfet, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel, présidée par Nicolas Bonnal.

"J'ai simplement dit que quand les gens du voyage arrivaient quelque part, il y avait de la délinquance, point", a-t-il ajouté, précisant : "Je suis dans mon job de préfet quand je dis ça". La représentante du parquet a estimé que les propos tenus par M. Girod de Langlade étaient bien constitutifs d'une provocation à la discrimination à l'encontre d'un groupe de personnes à raison de leur origine.

"De tels propos sur les juifs, les nègres, les Arabes seraient intolérables et sont intolérés", a ajouté Mme Anne de Fontette, plaidant pour inscrire les gens du voyage dans la catégorie des communautés protégées dans le cadre de la législation sur la discrimination. Une analyse qu'a faite sienne l'avocat du Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) qui avait poursuivi le préfet, Me Pierre Mairat, qualifiant les propos d'"inadmissibles et insupportables".

De son côté, la défense de M. Girod de Langlade a soutenu que la qualité de gens du voyage était une catégorie administrative qui ne rentrait pas dans le cadre des textes sur la discrimination. "En affirmant que la présence des gens du voyage s'accompagnait souvent de délinquance, M. Girod de Langlade s'est borné à exprimer un fait qu'il a pu constater dans l'exercice de sa mission", a plaidé son avocat, Me Bertrand Domenach. Jugement le 13 septembre.
© IndyMédia Paris

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MATIGNON RETOUCHE UNE PHOTO GÊNANTE (France)

23/06/2007 - C'est une photo banale qui a été prise, mardi 19 juin, lors de la visite de François Fillon dans une usine textile de Tourcoing. On y voit le premier ministre en compagnie de la ministre de l'économie, des finances et de l'emploi, Christine Lagarde, et du député du Nord, Christian Vanneste. Publiée mercredi sur le site officiel de Matignon, cette image a été mystérieusement amputée de l'un de ses personnages le lendemain : les internautes ne voient plus M. Vanneste sur le site du premier ministre.

Il faut dire que ce député est un personnage embarrassant. M. Vanneste, qui est l'auteur de l'amendement contesté sur le rôle "positif" de la colonisation, est le premier citoyen français à avoir été condamné pour homophobie en vertu de la loi du 30 décembre 2004 sanctionnant les propos injurieux envers "une personne ou un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle". En 2005, dans un entretien à La Voix du Nord, le député avait estimé que l'homosexualité était "inférieure à l'hétérosexualité" et qu'elle constituait "une menace pour la survie de l'humanité". Dans un arrêt rendu le 25 janvier, la cour d'appel de Douai avait condamné M. Vanneste à 3 000 euros d'amende et 6 000 euros de dommages-intérêts. "Il s'agit d'une présentation tendancieuse de l'homosexualité qui est de nature à susciter chez les lecteurs des réactions de rejet (...), soulignait la cour. En stigmatisant le comportement homosexuel comme ne pouvant qu'être exclu ou vécu dans la clandestinité, (Christian Vanneste) a manifesté de manière outrageante son intolérance envers les personnes qui ont fait le choix d'une orientation homosexuelle."

"A LA MODE SOVIÉTIQUE"
La "disparition" de M. Vanneste du site de Matignon a été découverte jeudi par Alain Piriou, le porte-parole de l'Inter-LGBT (lesbienne, gay, bi et trans), qui organise la Marche des fiertés, à Paris. "Comme nous avions un rendez-vous à l'Elysée, j'avais fait mercredi une capture d'écran de la photo, raconte-t-il. Je comptais expliquer à nos interlocuteurs que le compagnonnage avec un député condamné pour homophobie n'était pas une très bonne idée. Mais jeudi, lorsque je suis retourné sur le site, la photo avait été recadrée à la mode soviétique pour que Christian Vanneste n'apparaisse plus aux côtés de François Fillon !" Après la condamnation de la cour d'appel de Douai, Nicolas Sarkozy avait eu des mots très durs pour le député du Nord. "Il ne sera pas réinvesti aux législatives, avait-il déclaré au Figaro le 31 janvier. Je condamne fermement ce qu'il a dit. Je ne veux, ni de près ni de loin, être associé à des propos homophobes."

Christian Vanneste n'avait certes pas été investi par l'UMP, qui lui avait cependant laissé le champ libre en ne présentant aucun candidat contre lui. "Pendant la campagne, nous nous sommes rendus sur les marchés pour distribuer des tracts appelant les électeurs à s'abstenir ou à voter pour un candidat respectant les valeurs de respect et de fraternité", précise David Obringer, porte-parole de GayLib, un mouvement associé à l'UMP. Aujourd'hui, GayLib souhaite que Christian Vanneste, qui a été réélu sous l'étiquette CNI, ne soit pas intégré au groupe parlementaire de l'UMP. "C'est une position de principe, note son président, Stéphane Dassé, qui est également conseiller exécutif de l'UMP. Cet homme a été condamné par la justice en vertu d'une loi votée par l'UMP, ses propos ont été fermement condamnés par Nicolas Sarkozy, qui a refusé de le rencontrer, et il n'a pas été investi par l'UMP : il n'a donc pas vocation à appartenir à notre groupe parlementaire."

Anne Chemin
© Le Monde

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LE MOT «BAMBOULA» AU TRIBUNAL

Un prof de lycée s'acharnait sur un jeune Noir, selon les élèves. Par Amélia BLANCHOT

23/06/2007 - Chouaib est un élève comme les autres. Seulement, il est le seul Noir de sa promotion. Son professeur de maths a donc décidé de lui infliger un traitement particulier. Selon ses camarades, quand ce n'est pas «Ah, voilà bamboula !» ou «Retourne dans ton pays manger des bananes», Chouaib a le droit à «Ne prends pas ma règle, tu vas la salir» ou «Tu es noir, tu voles, non ?». L'enseignant, âgé de 52 ans, travaille au lycée professionnel Jean-Charles-Pellerin, à Epinal (Vosges). Poursuivi depuis le 3 avril pour injures à caractère raciste , il nie les faits qui lui sont reprochés. Il reconnaît seulement l'utilisation du mot bamboula : «L'élève rentrait en classe joyeux, souriant, et en chantant avec son lecteur MP3 sur les oreilles. Pour moi, bamboula n'a pas un caractère raciste, mais un sens festif.»

Au mois de décembre 2006, des élèves vont voir le conseiller principal d'éducation, indignés. Chouaib, lui, n'osait pas en parler. Selon son père, c'est un garçon «plutôt timide et très respectueux des professeurs». A la maison, ses proches sentent qu'il y a un malaise, ses notes en maths sont en chute libre. Heureusement, ses camarades le soutiennent, témoignent, et lancent une pétition. L'affaire remonte aux oreilles du proviseur, Jean-Paul Adenot. Considérant que de tels propos ne sont «pas acceptables», celui-ci explique «avoir des pouvoirs limités» en terme de sanction. Après un rappel à l'ordre de l'enseignant, il envoie un rapport au rectorat. Une mise en garde est prononcée, et une procédure disciplinaire est en cours. Hervé Cosnard, pour le rectorat de Nancy-Metz, admet qu'avant de suspendre un professeur il faut que celui-ci soit allé «relativement loin» ou «au moins qu'il réitère». Sans désirer l'expulsion du prof, le père de Chouaib exige des excuses devant la classe . Selon lui, le professeur reste «agressif», tout en évitant soigneusement de tenir des propos racistes. Le proviseur du lycée, lui, assure que tout va bien. La justice tranchera.
© Libération

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MME ALLIOT-MARIE A REÇU ENSEMBLE LES REPRÉSENTANTS DES PRINCIPAUX CULTES (France)

23/06/2007 - Pour la première fois, la ministre de l'intérieur, chargée des cultes, Michèle Alliot-Marie, a reçu, ensemble, mercredi 20 juin, les représentants des confessions catholique, protestante, musulmane et juive. Avant d'engager des discussions bilatérales permettant d'aborder les problèmes spécifiques à chaque religion, elle entendait leur dire son "attachement au principe de laïcité" et évoquer avec eux le rôle des religions et des pratiques religieuses dans la vie sociale, et notamment auprès des jeunes.

Passées sous silence durant la campagne présidentielle, les questions liées au financement des cultes pourraient ressurgir dans les prochains mois. Les représentants religieux ont en effet évoqué les conclusions du rapport Machelon sur les relations entre les pouvoirs publics et les cultes, remis en septembre 2006 à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur. Ce rapport prévoit notamment des aménagements de la loi de 1905 afin de faciliter le financement public des lieux de cultes et d'harmoniser le statut des associations et des responsables religieux.

Ces dispositions concerneraient au premier chef les "nouveaux" cultes, présents en France, l'islam et le protestantisme évangélique, mais intéressent l'ensemble des religions en proie à des difficultés financières. Catholiques et protestants tiennent à ce que soit mis en place "un comité de suivi".

Comme ses prédécesseurs, Mme Alliot-Marie aura particulièrement affaire aux dossiers liés à l'islam. "Un milieu qu'elle connaît" pour avoir installé l'aumônier musulman aux armées lorsqu'elle était ministre de la défense, souligne-t-on dans son entourage. "C'est aussi Mme Alliot-Marie qui a inauguré le monument aux morts des soldats musulmans à Verdun", rappelle Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman (CFCM) et recteur de la Mosquée de Paris, ravi de "l'excellent accueil" réservé par la ministre aux représentants des cultes.

FORMATION DES IMAMS
La ministre devrait s'atteler au chantier de la formation des imams, une "priorité" systématiquement laissée en friches par ses prédécesseurs. Par ailleurs, en 2008, des élections renouvelleront les instances représentatives musulmanes, qui, au niveau national tout au moins, peinent à asseoir leur légitimité ; un processus qui sera sans aucun doute suivi de près par le ministère.

Chacun des autres cultes devrait aussi rencontrer Mme Alliot-Marie dans les semaines qui viennent. Par la voix du nouveau président de la Fédération protestante de France, Claude Baty, les protestants devraient rappeler à la ministre de l'intérieur, ainsi qu'aux autres ministres concernés, l'attention particulière qu'ils entendent porter "aux questions d'immigration".

Pour la communauté juive, la lutte contre l'antisémitisme demeure une priorité - 112 actes ont été enregistrés sur les cinq premiers mois de l'année contre 158 sur la même période en 2006, selon le consistoire. "La liberté de la pratique religieuse" sera également à l'ordre du jour "de nos discussions", indique Joël Merguy, président du Consistoire israélite de Paris.

Stéphanie Le Bars
© Top Chrétien

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SCIENTOLOGIE: UN INGÉNIEUR DÉBOUTÉ DE SES ACCUSATIONS DE DISCRIMINATION (France)

23/06/2007 - Le tribunal correctionnel de Dunkerque (Nord) a relaxé vendredi l'ancien directeur de la centrale nucléaire de Gravelines, qu'un de ses anciens ingénieurs avait accusé de discrimination pour l'avoir muté à un poste éloigné des réacteurs. M. Pierre Denis, 38 ans, membre de l'Eglise de scientologie, aurait normalement dû être nommé chef d'exploitation de Gravelines en 1998. Mais son directeur, Jean Casier, avait alors décidé de le priver de cette responsabilité du fait du "trouble majeur" qu'elle aurait créé dans cette centrale aux contraintes de sécurité fortes.

La CGT de la centrale avait notamment fait pression à l'époque pour que M. Denis ne puisse pas occuper ce poste, en invoquant des raisons de sûreté.

M. Denis --qui travaille désormais aux Etats-Unis-- a souligné que sa carrière avait été "détruite" à la suite de cette décision et réclamé 50.000 euros de dommages-intérêts.

Le procureur avait requis la relaxe du directeur de la centrale, en soulignant que l'Eglise de scientologie était considérée comme une secte et non une religion en France et qu'elle n'était donc pas protégée par la loi sur les discriminations.

Après sa relaxe, M. Casier a confié à la presse son "soulagement".

"Ce n'était pas une affaire facile pour moi. Ma préoccupation était de concilier ma responsabilité d'employeur et celle d'exploitant nucléaire. C'était un positionnement difficile", a-t-il ajouté.
© Top Chrétien

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INTERPELLATION D’UNE SANS-PAPIERS : LES VERSIONS DE LA POLICE ET DES ASSOCIATIONS SE CONTREDISENT (France)

22/06/2007 - Une Centrafricaine de 68 ans, en situation irrégulière, a été interpellée mardi vers 9 heures à Mainvilliers (Eure-et-Loire). C’est le seul point sur lequel s’accordent la police et les associations de défense des immigrés.

«A poil dans la baignoire» ou «toute habillée derrière le rideau de douche»
Sur les conditions de l’interpellation, les versions divergent. Catherine Stern, membre du Mouvement contre le racisme et l’amitié entre les peuples (Mrap) et du Collectif 28 des sans-papiers, dénonce une «arrestation musclée» et humiliante. La bénévole, qui parle au nom de la sexagénaire interpellée, affirme que les policiers «ont tout chamboulé dans l’appartement». Philippe Leblanc, le directeur de cabinet du préfet d’Eure-et-Loir, dément : «c’est une contrevérité manifeste» et rajoute : «ça n’est pas dans les habitudes des policiers de procéder ainsi». Le Mrap affirme également que l’intimité de «cette grand-mère de 19 petits-enfants français» n’a pas été respectée. D’après Catherine Stern, les policiers sont venus la chercher alors qu’«elle était à poil dans sa baignoire». Philippe Leblance s’indigne : «C’est du fantasme». Selon le représentant du préfet, la grand-mère était «tout habillée derrière son rideau de douche… Elle aurait cherché à se cacher quand la police est arrivée.»

Avec ou sans ses médicaments ?
Une fois arrêtée, la sexagénaire, qui réside illégalement en France depuis 2003, a été placée en garde-à-vue au commissariat de Chartres. D’après la préfecture, la vieille femme, qui souffre du diabète, a pu prendre ses médicaments pendant la détention mercredi. La représentante du Mrap réfute : «les médicaments étaient restés à l’appartement, les policiers ne les ont pas pris». La sexagénaire devait être renvoyée en Centrafrique dans la nuit de mercredi à jeudi. Interpellés par l’une de ses filles à l’aéroport de Roissy, des passagers ont empêché cette expulsion.

La grand-mère sans papiers a été présentée au tribunal de Bobigny vendredi matin. Son jugement pour «refus d’embarquer» a été reporté au mois d’août. Jusqu’à cette date, le Mrap va «tout faire pour qu’elle soit régularisée».

Marine Aubonnet
© 20 Minutes

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RACHIDA DATI PLAIDE POUR UNE JUSTICE "FERME" ET "HUMAINE" (France)

22/06/2007 - Un mois après sa nomination à la tête du ministère de la Justice, Rachida Dati, a défendu une justice à la fois "ferme" et "humaine" et annoncé la création de pôles anti-discrimination dans tous les parquets.

La nouvelle Garde des sceaux a détaillé les grands axes de son action ministérielle tout au long d'une allocution aux allures de discours de politique générale dans un lieu fort en symbole : le tribunal de grande instance (TGI) de Bobigny, en Seine-Saint-Denis.

C'est dans cette juridiction que la ministre avait entamé à la fin des années 1990 sa carrière de magistrat comme auditeur de justice. Le TGI de Bobigny avait par ailleurs été mis en cause en septembre dernier par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, qui avait estimé que ses juges n'avaient pas suffisamment recours aux incarcérations.

"Le président de la République a été élu sur un mandat précis", a déclaré Rachida Dati dans l'atrium du tribunal. "C'est pourquoi je conduirai la politique de fermeté que les Français attendent."

La ministre a estimé qu'il fallait "redonner son sens à la sanction" en énonçant au passage "un principe simple : une infraction, une sanction".

Le conseil des ministres a adopté la semaine dernière un projet de loi créant des peines planchers pour les récidivistes et abaissant la majorité pénale des multirécidivistes de 18 à 16 ans.

Cinq centres éducatifs fermés (CEF) seront créés "pour assurer le suivi des délinquants présentant des troubles du comportement".

"JUSTICE D'EN HAUT" ET "FRANCAIS D'EN BAS"
Rachida Dati a par ailleurs réaffirmé qu'elle entendait revoir l'ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs, dont certaines dispositions sont "obsolètes et incohérentes", et réformer la carte judiciaire.

La ministre a dit que les travaux préparatoires de cette réforme débuteraient la semaine prochaine pour permettre des décisions à la fin de l'année.

Une précision à destination des avocats auprès desquels le projet de refonte a provoqué de vives réactions. Certains se sont mis en grève cette semaine et ont cadenassé des tribunaux en Moselle (Metz), dans le Lot-et-Garonne, l'Indre et l'Allier.

La réforme de la carte judiciaire prévoit une cour d'appel par région et un tribunal de grande instance par département. La France dispose actuellement de 35 cours d'appel et 181 TGI.

"Une justice proche des citoyens, ce n'est pas une justice située à 10 km de chez soi. C'est une justice qui juge dans des délais raisonnables, dans des termes compréhensibles qui respecte les justiciables", a affirmé Rachida Dati

C'est dans cet esprit qu'à l'issue d'une visite d'une heure des locaux du TGI de Bobigny, la nouvelle ministre a voulu adresser "un message d'humanité et d'ouverture".

Première Garde des sceaux issue de l'immigration maghrébine, Rachida Dati a plaidé en faveur d'une justice "qui ressemble à la France d'aujourd'hui, dans toute sa diversité".

Elle a demandé une plus grande diversité dans l'origine sociale des acteurs judiciaires pour que "la justice d'en haut ressemble aux Français d'en bas".

Un pôle anti-discrimination doté d'un magistrat et d'un délégué du procureur sera créé dans chaque parquet avec pour mission de "faire comprendre l'action de la justice".

Autre nouveauté, Rachida Dati a annoncé son intention de créer un juge délégué aux victimes et un contrôleur indépendant des lieux de détention.

Notant que la Seine-Saint-Denis avait enregistré en 2006 104 crimes et délits pour 1.000 habitants, contre une moyenne nationale de 61, la ministre a annoncé des mesures spécifiques pour le TGI de Bobigny. Le tribunal pour enfant devrait disposer de surfaces et de personnel supplémentaires. Une enveloppe d'1,2 million d'euros a été débloquée pour la sûreté du TGI.

En marge de cette allocution, Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny, a exhorté le gouvernement à veiller que les engagements pris soient tenus.

"C'est ça aussi, gouverner autrement", a-t-il dit.
© L'Express

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IMMIGRATION-NATION: TOLLÉ SUR UN MINISTÈRE (France)

Dans une pétition, huit historiens s'insurgent contre l'intitulé du portefeuille de Brice Hortefeux. Par Catherine COROLLER

22/06/2007 - Pas contents, l'historien Gérard Noiriel et ses amis de s'être fait traiter par Nicolas Sarkozy de «petite intelligentsia» (1) pour avoir osé critiquer la création d'un ministère dont l'intitulé associe «immigration» et «identité nationale» . En protestation contre ce qu'ils qualifient d' «acte fondateur de [la] présidence [Sarkozy]», qui revient, selon eux, à inscrire «l'immigration comme " problème " pour la France et les Français dans leur "être" même» , ces huit chercheurs avaient démissionné le 18 mai des instances dirigeantes du comité d'histoire de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (Libération du 19 mai). Aujourd'hui, ils publient, dans Libération, une pétition (lire ci-contre). «C'est la meilleure réponse que nous pouvions faire à Nicolas Sarkozy», explique Gérard Noiriel. Cent quatre-vingt-huit personnes l'ont déjà signée. Dont, souligne cet historien, «un certain nombre de gens qui ne s'engagent pas souvent comme les historiens au Collège de France, Jacques Le Goff ou Roger Chartier. Toutes les grandes institutions scientifiques françaises sont représentées , poursuit Noiriel, de même que les grandes universités des cinq continents, de Princeton à Tokyo en passant par Sydney, Oxford et Pékin. » Autre satisfaction : avoir obtenu la signature de François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, et de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT. Pour Noiriel, le succès de cette pétition est dû à une «mobilisation des contre-pouvoirs mondiaux qui illustre la force des réseaux de la petite intelligentsia» .

Démissionnaires. D'autres chercheurs se mobilisent. Les universitaires membres du réseau scientifique Terra (Travaux études et recherches sur les réfugiés et l'Asie) ont mis en ligne leur propre pétition (2) signée par près de 3 000 personnes. Et, le 27 juin, ils organisent avec des associations d'anthropologues, ethnologues et sociologues un forum-débat sur «l'instauration d'un ministère dit de "l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement". La création de ce ministère va enraciner plus encore dans notreculture politique l'opposition entre la question nationale et le fait migratoire , expliquent-ils. Il risque d'ouvrir une nouvelle page de notre histoire, celle d'un nationalisme d'Etat et d'une xénophobie de gouvernement tendant à stigmatiser l'étranger comme un problème, un risque, voire une menace pour l'intégrité ou l'identité nationale.» Les démissionnaires de la Cité de l'immigration soutiennent cette initiative. Ainsi que les associations ­ comme la Ligue des droits de l'homme ou la Cimade ­ qui avaient protesté lorsque Nicolas Sarkozy avait dévoilé, le 8 mars, sa décision de créer un «ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale» .

Naïfs. Du côté du ministère, on joue les naïfs. Le 29 mai, Brice Hortefeux avait reçu Gérard Noiriel et ses collègues après leur démission. «Puisque la discussion avait été nourrissante et intéressante, le ministre avait dit qu'on pourrait reprendre le dialogue après les vacances. Nous aimerions justement rentrer dans une véritable expertise de la définition de l'identité nationale», s'étonne Thierry Coudert, directeur de cabinet de Brice Hortefeux. Sauf que le concept d'identité nationale en lui-même ne pose pas problème aux yeux des universitaires, mais son association avec le terme d'immigration dans l'intitulé du ministère. Et ça, affirme Thierry Coudert, il n'est pas question de le modifier.

(1) Le 13 mars à Besançon
(2) terra.rezo.net
© Libération

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ALLEMAGNE: RIXES ENTRE EXTRÉMISTES À ROSTOCK, 13 POLICIERS BLESSÉS

24/06/2007 - Treize policiers allemands ont été blessés en tentant de mettre un terme à des affrontements entre militants d'extrême droite et d'extrême gauche dans la nuit de samedi à dimanche à Rostock (nord-est) en marge d'une fête municipale, a annoncé la police.

Entre 100 et 150 partisans d'extrême gauche et une vingtaine de néonazis se sont mutuellement lancé des pierres, des bouteilles et des pétards devant un local réservé aux militants d'extrême droite. Trente-huit personnes ont été placées en garde à vue. Une enquête est en cours pour trouble à l'ordre public, blessures corporelles, dégâts matériels et résistance aux forces de l'ordre. Près de 200 policiers ont été mobilisés, certains sont intervenus avec des gourdins. Des blessés figurent aussi parmi les jeunes extrémistes. Dans la nuit de vendredi à samedi, deux policiers avaient déjà été blessés alors que 40 jeunes d'extrême gauche avaient pris d'assaut le local d'extrême droite.

Rostock, situé à une vingtaine de kilomètres de Heiligendamm, où s'est tenu le sommet du G8 du 6 au 8 juin, était le centre névralgique des opposants au sommet, en majorité des altermondialistes et des pacifistes. Une manifestation des opposants de gauche au G8 avait dégénéré le 2 juin en affrontements violents entre policiers et militants "autonomes" qui avaient fait un millier de blessés dans les deux camps.
© Tageblatt

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UN CAMION BELGE CONTRE L'EXTRÊME DROITE

27/06/2007 - Quarante personnes : cet après midi-là, dans la petite ville de Braine-le-Comte, entre Mons et Bruxelles, la Compagnie Arsenic fait salle comble. Remorque comble, plutôt, car la scène où se joue Dérapages est un camion rouge vif qui se trimballe au travers de la Wallonie depuis août 2006. Près de vingt mille personnes ont déjà assisté aux représentations, données à raison de deux ou trois par jour. Depuis 1998, Arsenic a ressuscité le spectacle itinérant et s'est assigné une double vocation : "Rendre ses lettres de noblesse au théâtre populaire" et "créer des liens sociaux par le plaisir".

Pour mener à bien son entreprise, elle a renoncé au chapiteau et opté pour le semi-remorque. C'est là que deux comédiens virevoltants jouent, en quarante-cinq minutes, une surprenante partition.

A coups d'humour, de propos prétendument banals entendus au coin de la rue et de pseudo-analyses répandues sur les plateaux de télévision, Philippe Constant et Janie Follet vont démonter les mensonges de l'extrême droite et inviter les spectateurs à s'interroger sur un vote qui, peut-être, a déjà tenté, ou séduit, certains.

La conversation de Philippe Constant avec la salle commence par un "sain étonnement" : certains étrangers ne parlent pas le français. Puis, une question : ne faudrait-il pas interdire le voile pour libérer les femmes qui le portent ? Le propos va ensuite suivre une lente gradation et passer des poubelles qui traînent sur le trottoir des voisins (étrangers) à la "nécessaire" suppression de certaines aides sociales, à la réforme des retraites pour les non-Belges, au rétablissement de la peine de mort. L'assistance rit, parfois de bon coeur, parfois jaune. Elle apostrophe, elle s'indigne ou elle opine. Le duo d'acteurs vibrionne mais glisse à l'oreille les vrais chiffres du nombre d'étrangers, de demandeurs d'asile, de musulmans pratiquants. Il mime ensuite un débat entre une journaliste et un de ces leaders populistes qui, en Belgique comme ailleurs, prônent le "changement". La scène se termine par la projection, dans un silence de cathédrale, de la mention de diverses condamnations qui ont frappé, au cours des dernières années, des militants de l'extrême droite francophone.

"Nous voulions à tout prix éviter le public habituel des théâtres, simplement parce qu'on peut penser qu'il était, lui, déjà sensibilisé", explique Jean-Michel Flagothier, l'un des membres de la troupe. "Près de 90 % de ceux qui ont vu ce spectacle ici n'avaient jamais mis les pieds dans un théâtre", confirme Jean-François Bemelmans, du Centre culturel de Braine-le-Comte.

"DE PIRE EN PIRE"
Le public est convié par l'intermédiaire de mouvements associatifs, d'éducateurs de rue ou de services sociaux. Ce jour-là, certains spectateurs ne cachaient pas leur mal-être ou leurs convictions. Ceux-là ne sont pas venus au débat qui ponctue chaque séance. La discussion a concluqu' "on ne réglerait jamais les problèmes par la violence" et qu'il fallait arrêter "les préjugés qui nous divisent tous". Un jeune a estimé qu'il était temps d'agir, "car sinon, ça va devenir de pire en pire". "Et c'est pas avec Sarkozy que ça va changer", a glissé un autre.

Pendant le mois de juillet, Arsenic promènera son camion dans les banlieues autour de Paris, dans le cadre du festival Paris Quartier d'été. Dans ce but, les chiffres et certaines affirmations ont été "francisés", avec la collaboration d'une chercheuse de l'Institut national d'études démographiques. Et la "tarte au riz" wallonne est devenue une "tarte aux pommes" pour les besoins de l'adaptation, explique Jean-Michel Flagothier.

Jean-Pierre Stroobants, envoyé spécial
© Le Monde

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CROATIE : LE CHANTEUR THOMPSON RÉVEILLE L’ENTHOUSIASME OUSTACHI ET NÉO-NAZI

22/06/2007 - Le chanteur croate Marko Perkovic, alias Thompson, idole des jeunes, des invalides de guerre et de l’extrême-droite, a rempli le stade Maksimir de Zagreb... Les 50.000 spectateurs arboraient les chemises noires et toute la panoplie des symboles oustachis. Dans le public, on notait la présence de députés et du ministre de l’Éducation. Le gouvernement a quand même condamné cette grand-messe néo-nazie, bien gênante pour l’image européenne de la Croatie.

Marko Perkovic alias Thompson s’est produit lors d’un concert spectaculaire au stade Maksimir de Zagreb, devant un public de plus de 50.000 personnes, parmi lesquelles se trouvaient des représentants du Sabor, le Parlement croate, ainsi que Dragan Primorac, le ministre des Sciences, de l’Éducation et des Sports. Le Centre israélien Simon-Wiesenthal a exprimé son amertume et son horreur en raison des signes fascistes massivement exhibés au cours du concert. Le communiqué du gouvernement croate rejette toutes les tentatives d’utilisation des symboles et des saluts de l’époque du régime oustachi de la Seconde Guerre mondiale.

« L’État moderne croate repose sur les valeurs de la guerre patriotique et sur les fondements de l’antifascisme, ainsi que sur la résistance envers toute forme de totalitarisme. Le gouvernement croate appelle toutes les parties de la société croate, surtout celles qui ont une influence sur les jeunes, à cultiver et à promouvoir les valeurs sur lesquelles repose l’Europe contemporaine ».

Le Président de la République, Stjepan Mesic, a déclaré que les endroits où l’on se saluait avec la formule « Prêts pour la patrie » [Za dom spremni, salut traditionnel des oustachis, NdT.] et où l’on célébrait la gloire de l’« État indépendant croate » (NDH) de la Seconde Guerre mondiale étaient « des lieux qui mènent à l’erreur ».

« D’après les médias croates, le concert s’est transformé en une manifestation fasciste de masse, au cours de laquelle plusieurs dizaines de milliers de gens ont fait le salut oustachi », a déclaré le directeur du Centre Simon-Wiesenthal, Efraim Zurof.

Le communiqué mentionne que beaucoup de spectateurs arboraient lors du concert des uniformes et des symboles oustachis. Thompson a commencé son concert de Zagreb en prononçant ces mots : « Dieu nous a fait grâce aujourd’hui », car la veille le concert avait été annulé à cause de la pluie. Puis il a salué ses admirateurs, particulièrement « les défenseurs de la patrie, les invalides de guerre et les familles des victimes de la guerre patriotique ». À la fin du concert, l’idole des jeunes, mais aussi des plus âgés de la droite croate, n’a pas caché sa joie.

« Je suis fier de mon public qui a dignement et fièrement chanté mes chansons. Je suis encore submergé par l’émotion », a déclaré, ému, Marko Perkovic Thompson.

Il a ainsi commenté le fait que certaines personnes avaient revêtu l’uniforme oustachi : « Comment puis-je savoir ce que les gens portent à mes concerts ? Il y avait 50.000 personnes. Si quelqu’un s’est vêtu de la sorte, je ne le cautionne pas. Les messages oustachis ne sont pas ceux que je transmets dans mes chansons. J’aimerais que le monde se tourne vers l’avenir et que nous laissions le passé aux historiens ».

Le passé dont parle Thompson dans sa très convenable et correcte déclaration politique est aussi celui qu’il chante dans ses chansons, comme celle-ci :

« Jasenovac i Gradiska Stara
To je kuca Maksovih mesara
Kroz Imotski kamioni zure
Nose crne Francetica Jure
U Capljini klaonica bila
Puno Srba Neretva nosila
Oj Neretvo, teci niza stranu
Nosi Srbe plavome Jadranu »

« Jasenovac et Gradiska Stara
C’est la maison des bouchers de Maks
Les camions foncent à Imotski
Jure Francetic est vêtu de noir
C’est à Capljina qu’on a massacré
La Neretva est pleine de Serbes
Ô, Neretva, poursuis ton cours
Et conduis tous les Serbes à la mer bleue

[Rappelons que Maks Luburic fut l’un des premiers directeurs du camp de concentration oustachi de Jasenovac. Jure Francetic était le chef de la Légion noire des Oustachis (Crna Legija), responsable de nombreux massacres, notamment à Capljina, en Herzégovine, NdT.]

Efraim Zurof a adressé une lettre au Président croate Stjepan Mesic, dans laquelle il rappelle que le ministre des Sciences, de l’Éducation et des Sports a assisté au concert, ainsi que plusieurs personnalités éminentes. Il lance un appel pour interdire les concerts aux interprètes qui glorifient le fascisme et le nazisme, comme le fait Thompson.

« Dans cette situation, je pense qu’il est temps d’interdire les concerts publics de ceux qui écrivent des chansons nostalgiques sur Jasenovac, ou qui favorisent le port de symboles oustachis. Cela représente une menace ouverte pour les minorités en Croatie », estime Efraim Zurof.

Efraim Zurof se dit convaincu que si quelqu’un comme le Président croate, fort d’une puissante détermination antifasciste, prenait la tête de la lutte contre le renouveau du fascisme en Croatie, il pourrait stopper cette dangereuse tendance avant qu’elle n’envahisse la Croatie.

De nombreuses personnalités connues du public croate ont assisté au concert de Thompson. Parmi elles, le boxeur Stipe Drvis, l’actrice Neda Abrus et le basketteur Dino Radja.

Inquiétude des fidèles de l’Église orthodoxe serbe
L’Église orthodoxe serbe, au nom de l’Éparchie de Gornji Karlovac et de Dalmatie, de son clergé et de ses fidèles, a exprimé sa grande inquiétude à l’occasion du concert rock où s’est produit Tompson. Un public de 50.000 jeunes gens a assisté à ce concert qualifié de « concert des chemises noires » par l’Éparchie de Dalmatie. Ce qui a surtout inquiété les fidèles, c’est que les symboles oustachis étaient arborés fièrement par le public, des symboles au nom desquels les plus grands crimes nazis ont été commis contre les Serbes, les Juifs et les Rroms lors de la Seconde Guerre mondiale.

Nouveau regard de la droite
« Pendant des années, l’establisment croate de droite ne s’est guère inquiété des chants, des slogans et des symboles glorifiant le régime oustachi de la Seconde Guerre mondiale. Pire encore, il encourageait activement l’utilisation de ces iconographies. Maintenant, comme le pays se rapproche de l’Union européenne, de plus en plus de voix de droite se font entendre pour exiger que cesse cette glorification, et que soient adoptés des amendements sur la loi afin de sanctionner l’expression de sympathies néonazies et fascistes. Même l’influente Église catholique qui, dans le passé, était rarement critique envers ces dérives, a condamné publiquement cette tendance après les vives réactions provoquées par chanson de Marko Perkovic Thompson qui fait l’éloge des Oustachis », commente le journaliste et analyste politique Drago Hedl.
© Le Courrier des Balkans

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NOUVELLE OFFENSIVE DE L'ÉGLISE CONTRE ZAPATERO (Espagne)

Les évêques espagnols contestent le programme de l'instruction civique devenue obligatoire. De Madrid DIANE CAMBON

23/06/2007 - APRÈS AVOIR mené bataille contre le mariage homosexuel, l'Église espagnole ouvre un nouveau front contre le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero. Elle mène désormais l'offensive contre l'enseignement de l'instruction civique dans les écoles, prévu pour la prochaine rentrée scolaire. Dans une déclaration officielle, les évêques espagnols invitent les catholiques « à employer tous les moyens légitimes pour défendre la liberté de conscience et d'enseignement qui est en jeu ». Les prélats reprochent ni plus ni moins à l'exécutif socialiste de « s'arroger un rôle d'éducateur moral qui n'est pas le propre d'un État démocratique ».

La matière « démoniaque » a été introduite dans les programmes scolaires dans le droit fil de la loi sur l'enseignement. Votée l'an dernier au Parlement par l'ensemble des partis politiques, à l'exception des conservateurs du Parti populaire, cette loi avait déjà suscité la colère de l'Église. Cette fois, c'est le contenu du programme sur la citoyenneté qui est cloué au pilori. Ces cours d'instruction visent pourtant à inculquer aux élèves des valeurs inscrites dans la Constitution espagnole de 1978, telles que le rejet du racisme, de la xénophobie et de l'homophobie. Ils prônent l'égalité entre les hommes et les femmes, ainsi que les droits et devoirs du citoyen dans une société démocratique.

Mais ce qui fâche particulièrement la hiérarchie ecclésiastique espagnole, ce sont les chapitres sur le respect de la diversité sexuelle. Au programme, il est prévu de commenter les différentes formes de familles existantes en Espagne : monoparentale, couple mixte et couple homosexuel. La loi sur le mariage homosexuel permet en effet aux couples gays d'adopter des enfants et de bénéficier des mêmes droits que les couples mixtes mariés.

Un catéchisme facultatif
Pour l'Église espagnole, il s'agit d'une hérésie. Dans leur déclaration, les évêques reprochent le fait qu'avec cette référence à l'homosexualité, « le sexe, c'est-à-dire la définition de la personne comme homme ou femme, soit supplanté par la notion de genre ». Et d'ajouter : « Cette matière est une atteinte grave au droit inaliénable des parents à choisir l'éducation morale qu'ils souhaitent pour leurs enfants. »

Le système éducatif espagnol permet pourtant aux élèves de suivre, même dans les institutions publiques, des cours de religion catholique. Ceux-ci sont enseignés par des professeurs choisis par l'épiscopat et rémunérés par l'État. Avec la nouvelle loi sur l'éducation, ces cours, devenus facultatifs, ne comptent plus, en revanche, dans la moyenne scolaire pour le passage à la classe supérieure, au grand dam de l'Église espagnole. Cette mesure avait déclenché les foudres des évêques, qui ont accusé l'exécutif de Zapatero de vouloir « laïciser » la société espagnole. Depuis l'arrivée au pouvoir de la gauche, les relations entre l'État et l'Église ont été très tendues sur différents dossiers. À plusieurs reprises, les évêques ont participé, aux côtés des conservateurs, à des manifestations pour dénoncer les projets de loi du gouvernement. La réforme du divorce, la tentative de dialogue avec ETA ou le mariage homosexuel ont été sources de conflits tout au long des trois dernières années.
© Le Figaro

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GRANDE-BRETAGNE: INTERDITE DE "BAGUE DE VIRGINITÉ" À L'ÉCOLE, ELLE SAISIT LA JUSTICE

22/06/2007 - Lydia Playfoot a été exclue de l'école Millais à Horsham (sud de l'Angleterre) après avoir refusé d'enlever la bague sur laquelle est gravé un verset de la Bible qui encourage à l'abstinence sexuelle avant le mariage.

Une adolescente de 16 ans a saisi un tribunal londonien vendredi, accusant son lycée de discrimination envers les chrétiens après avoir été obligée de retirer une "bague de virginité", signe de son engagement à rester vierge jusqu'au mariage.

Lydia Playfoot a été exclue de l'école Millais à Horsham (sud de l'Angleterre) après avoir refusé d'enlever la bague sur laquelle est gravé un verset de la Bible qui encourage à l'abstinence sexuelle avant le mariage.

"Dans mon école, les musulmanes sont autorisées à porter le voile, tous types de bijoux sont acceptés pour les autres religions, c'est comme si les chrétiens étaient victimes de discrimination", a-t-elle expliqué à la presse.

La jeune fille estime que le droit d'exprimer sa croyance religieuse, comme il est défini dans l'article neuf de la Convention européenne des droits de l'homme, a été violé.

L'adolescente a également dénoncé devant le tribunal la "crise morale et éthique" actuelle, soulignant que dans son école "plusieurs filles étaient tombées enceintes".

Son avocat, Paul Diamond, a accusé l'école laïque d'abus de pouvoir : c'est une "intrusion illégale" de l'école qui "ne peut décider de la vérité religieuse", a-t-il dénoncé.

Son père, Phyl Playfoot, pasteur à Horsham, a dénoncé un "fondamentalisme laïc" qui émerge et "veut faire taire certaines croyances, celle des chrétiens en particulier".

L'école a rejeté ces arguments, considérant que la "bague de virginité" "n'est pas un symbole chrétien" et fait valoir que l'adolescente avait enfreint les règles vestimentaires du lycée.

La "bague de virginité" est au coeur d'un programme, "Silver Ring Thing", créé dans l'Arizona (Etats-Unis) au milieu des années 90 par un pasteur évangélique qui voulait ainsi lutter contre les grossesses d'adolescentes.

Le programme est arrivé ces dernières années au Royaume-Uni.

Selon l'organisation, 25.000 jeunes dans le monde porteraient l'anneau qui les engage à l'abstinence sexuelle jusqu'au mariage.

Les parents de Lydia Playfoot font partie de l'équipe de bénévoles qui s'occupe du mouvement "Silver Ring" au Royaume-Uni.

A l'occasion du procès, le directeur de la Société nationale laïque (National Secular Society), Keith Porteous Wood, a dénoncé l'augmentation des pressions religieuses à l'encontre des écoles.

"L'école ne doit pas devenir le lieu des batailles religieuses" a-t-il mis en garde.
© La Provence

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LE PRÉSIDENT POLONAIS LANCE LA CONSTRUCTION DU MUSÉE DES JUIFS

26/06/2007 - Le président polonais Lech Kaczynski a invité ses compatriotes à se souvenir à quel point l'histoire juive est liée à celle de la Pologne en posant mardi la première pierre d'un musée des Juifs sur le site de l'ancien ghetto de Varsovie.

"Pendant neuf cents ans nos histoires se sont entremêlées. Il y a eu les pires et les meilleures périodes (...) mais l'histoire des Juifs est l'histoire de mon pays, de mon peuple", a dit le chef de l'Etat polonais.

Le musée, consacré à la vie de la communauté juive de Pologne et à son apport à la Pologne avant la Seconde Guerre mondiale, "nous donne une grande chance: remplir les vides de notre connaissance afin de faire la paix", a-t-il dit.

Trois millions de Juifs - la plus importante communauté au monde - vivaient en Pologne avant l'Holocauste, mais elle fut presque entièrement décimée sous le régime nazi et ses survivants ont fuit par milliers le pays en 1968 à la suite d'une campagne de stigmatisation des autorités communistes.

Le nouveau musée, qui se dressera en face du mémorial au soulèvement du ghetto de Varsovie, ne sera toutefois "pas un autre musée de l'Holocauste comme celui de Washington ou le Yad Vashem de Jérusalem.

ASSEZ FAIT?
"Ce sera un musée de la vie", assure Marian Turski, président de l'Association de l'institut historique juif de Pologne, un des initiateurs du projet.

Les autorités polonaises sont soucieuses d'effacer la réputation d'antisémitisme qui colle à leur pays et comptent sur la construction de ce musée pour s'en défaire.

Le président et son frère jumeau Jaroslaw, Premier ministre, sont des conservateurs bon teint alliés des Etats-Unis et d'Israël mais ils sont accusés de fermer les yeux sur des dérives l'antisémites de leurs alliés populistes de la Ligue des familles polonaises et du parti Autodéfense.

Le gouvernement polonais a fait don du terrain où sera érigé le musée et contribue à hauteur de près de 50% à son coût de construction, évalué à 65 millions de dollars.

"Ce projet montre qu'une majorité de l'élite politique et également de la société sympathise et que les voix xénophobes que l'on entend parfois ne sont que des cas isolés", a estimé Jerzy Halbersztadt, le directeur de l'établissement.

Toutefois le projet ne fait pas l'unanimité. En privé, des habitants de la capitale se demandent si la Pologne "n'en a pas déjà fait assez" sur ce sujet depuis la chute du communisme.

La communauté juive polonaise est inférieure aujourd'hui à 50.000 âmes mais à nouveau en augmentation et sa situation est selon ses dirigeants meilleure que dans certains autres pays d'Europe.
© Le Nouvel Observateur

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LA POLOGNE OBTIENT DES CONCESSIONS DE L'UE EN ÉCORNANT SON IMAGE

23/06/2007 - La méthode de négociation polonaise du "tout ou rien" a fait certes reculer l'Union européenne, mais au prix de relations distendues avec ses autres partenaires européens.

Les frères Lech et Jaroslaw Kaczynski, président et Premier ministre de la Pologne, ont présenté le compromis arraché à Bruxelles sur un nouveau traité européen comme une victoire de leur conception de l'Europe, synonyme d'un renforcement du pouvoir de Varsovie.

Des observateurs estiment toutefois que les jumeaux sont, à plusieurs reprises, allés trop loin dans leur rhétorique avec, notamment, cette référence lancinante à l'occupation nazie lors de la Seconde Guerre mondiale. Ils redoutent que cette méthode ne nuise, à long-terme ou de façon permanente, à leurs relations avec l'Allemagne et avec d'autres poids lourds européens.

"Je suis heureuse qu'il y ait eu un compromis", a déclaré Irena Lipowicz, experte en diplomatie à Varsovie.

"Mais le coût politique et en terme d'image, autant que notre capacité à coopérer avec les autres pays, est très, très importants", a-t-elle ajouté.

Le Premier ministre polonais a choqué de nombreux responsables européens en affirmant que la Pologne méritait un plus grand nombre voix au Conseil européen étant donné que sa population serait aujourd'hui plus importante si les nazis n'avaient pas tué des milliers de Polonais entre 1939 et 1945.

NÉGOGIATEURS IMPRÉVISIBLES
Les chefs d'Etat européens ont également pris ombrage du fait que Jaroslaw Kaczynski, resté à Varsovie durant le sommet, ait annoncé vendredi en fin de soirée que la Pologne n'avait pas d'autre choix que d'utiliser son veto.

La chancelière allemande Angela Merkel, présidente en exercice de l'UE, avait alors déclaré qu'elle continuerait à travailler à l'élaboration d'un compromis de toute manière, avec ou sans la Pologne.

A l'issue du Conseil, le président Kaczynski s'est félicité de la capacité de son pays à désormais mieux coopérer avec les poids lourds européens.

"La Pologne est capable de coopérer avec la France, la Grande-Bretagne et aussi avec l'Allemagne", a-t-il déclaré.

Les jumeaux polonais ont toutefois gagné à Bruxelles une réputation de négociateurs imprévisibles et ceux-ci devront multiplier leurs efforts pour gommer l'image de la Pologne comme celle d'un nouvel entrant récalcitrant et peu commode.

Eurosceptiques et atlantistes convaincus, les frères Kaczynski ont menacé à plusieurs reprises de torpiller des décisions importantes prises par l'UE.

Certains en Europe expriment enfin de très fortes réserves à l'égard du tandem Kaczynski pour son apparente tolérance envers les comportements xénophobes ou la discrimination des homosexuels en Pologne.
© Le Monde

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LA FEMME QUI FAIT PLIER LE CONSERVATISME POLONAIS

Avortement . Victime de l’intégrisme anti-IVG, Alicja Tysiac a fait condamner son pays devant la Cour européenne des droits de l’homme.

22/06/2007 - Son premier réflexe : poser sur la table une photo de sa fille cadette qui a aujourd’hui sept ans. Joli sourire et queue-de-cheval. Avant d’être un symbole pour les femmes qui luttent pour faire reconnaître le droit à l’avortement dans un pays rongé par l’intégrisme catholique, Alicja Tysiac est d’abord une mère, heureuse de ses trois enfants et de sa dernière fille. Celle pour qui l’avortement thérapeutique lui a été refusé. Devenue presqu’aveugle lors de son troisième accouchement, faute d’avoir pu obtenir les certificats nécessaires pour faire reconnaître sa maladie des yeux, Alicja Tysiac a fait condamner l’État des frères Kaczynski, où « un médecin peut aller en prison pour avoir autorisé un avortement », par la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, le 20 mars dernier. Son combat n’est pourtant pas fini : la Pologne a annoncé mercredi qu’elle faisait appel de la décision de la Cour, ultime manifestation de l’entreprise acharnée pour débouter une jeune femme, simplement déterminée à faire reconnaître l’injustice qui lui a été faite.

La force d’Alicja Tysiac tient dans la simplicité de son combat : une mère qui entend faire reconnaître son droit au libre arbitre et à la dignité. « Le plus important pour moi, c’est d’avoir été reconnue par les instances européennes », explique-t-elle, avant d’ajouter : « Je ne leur pardonnerai pas. » Alors, les médias conservateurs, voire intégristes qui condamnent d’une voix quasi unanime l’hérésie, et tiennent des discours d’un autre âge pour la dépeindre en sorcière, en mauvaise mère, en mauvaise pratiquante, n’ont pas de prise sur elle. Au contraire. Alors, les dédommagements que la Pologne a été condamnée à lui verser, « si elle le fait un jour », serviront à rembourser les dettes qui s’accumulent pour faire face à un quotidien très pénible. Puis à payer l’assurance de santé qui lui permettra de se soigner, à assurer une bonne scolarité à ses enfants. Et s’il lui reste de l’argent, elle se portera partie civile contre le médecin qui lui a refusé le certificat qui lui aurait permis d’avorter.

Aujourd’hui, Alicja vit avec la maigre pension d’invalidité qui lui est versée chaque mois. Elle peine à réunir l’argent nécessaire pour acheter les gouttes pour ses yeux ou simplement à payer son loyer. Ce qui ne l’a pas empêchée, soutenue par sa mère et par son frère, de mener sa bataille. « On fait tout pour que les enfants naissent, expliquait-elle il y a quelques semaines. Mais, une fois qu’ils sont nés, on ne s’en préoccupe plus. »

L’association Rien sans elle organise une marche avec Alicja Tysiac, dimanche 24 juin à 11 h 30, à Trédudon-le-Moine (Finistère) contre l’interdiction de l’avortement. Et l’Initiative féministe européenne pour une autre Europe lance un appel à soutenir Alicja, et une souscription pour l’aider dans ses démarches. Contacts : ife@efi-europa.org

Anne Roy
© L'Humanité

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LES THÈMES NATIONALISTES ALIMENTENT LES DÉBATS POLITIQUES RUSSES ET LA VIOLENCE DANS LES RUES

26/06/2007 - La police russe a relâché, lundi 25 juin, 42 personnes interpellées lors de bagarres de rue entre extrémistes de droite et Caucasiens, survenues dans la nuit de vendredi 23 à samedi 24 juin en trois endroits de Moscou. Un jeune Arménien avait été blessé à l'arme blanche.

Attribuant ces irruptions de violence à "l'intolérance", Anatoli Lastovetski, porte-parole de la police de Moscou, a prié les dirigeants de tous les partis politiques "de ne pas provoquer leurs partisans, de ne pas inciter les jeunes et les adolescents aux actes illégaux fondés sur la haine raciale". Sur la chaîne de télévision Vesti 24, il a qualifié les bagarres orchestrées par les néonazis de "marches du désaccord". Cette expression désigne habituellement les manifestations organisées par l'Autre Russie, le mouvement d'opposition au Kremlin. Or les batailles rangées du week-end n'avaient rien de manifestations politiques.

Les sites Internet liés au Mouvement contre l'immigration illégale (DPNI) montrent une vidéo où l'on voit des jeunes qui se battent à coups de bouteille et de tige métallique, aux cris de "la Russie aux Russes !" sur la place Slave, située en face de l'administration présidentielle russe, à deux pas du Kremlin. Une centaine de néonazis avaient manifesté sur cette place le 23 avril, célébrant en toute quiétude "le Troisième Reich" et "la grande terreur russe", alors que, dans le même temps, les "marches du désaccord" étaient brutalement réprimées.

Pourquoi les bagarres ont-elles éclaté ? La rumeur veut que des Caucasiens se soient mis à danser la "lezguinka", une de leurs danses folkloriques, face au monument des héros de Plevna (ville bulgare prise par les Russes pendant la guerre russo-turque de 1877-1878), ce qui a été perçu comme une provocation. Cette version des faits, accréditant l'idée d'une réaction spontanée, est la seule donnée. Rien n'a été dit sur la mobilisation des militants du DPNI, pourtant très organisés.

DEMANDE DE NATIONALISME
A six mois des élections législatives, le thème du nationalisme apparaît comme la ressource centrale de la campagne électorale à venir. Selon Sova, une ONG spécialisé dans les problèmes de racisme, le nationalisme a contaminé tout le spectre politique russe. "La demande de nationalisme arrive d'en bas en Russie, et l'élite politique a fini par y répondre par l'idée d'un nationalisme contrôlé, renvoyant au grand empire russe", explique Alexandre Verkhovski, expert de Sova.

En mars, le chef des communistes, Guennadi Ziouganov, avait déclaré qu'il ne laisserait personne "s'emparer de la question russe". En mai, le parti pro Kremlin Russie unie a lancé son "Projet russe", soit la promotion du concept de "nation russe".

Plus largement, le terme "Fédération de Russie" - en référence aux multiples nationalités qui peuplent le pays (Tatares, Bachkires, Ingouches, Tchétchènes, Kalmouks, etc.) - a disparu du discours politique au profit de celui de "Russie", omniprésent.

A l'automne 2006, réagissant à une vague de pogroms anticaucasiens survenus à Kondopoga (Carélie), le président Vladimir Poutine avait qualifié le peuple russe de "population de souche" dont les droits devaient être préservés.

Marie Jégo
© Le Monde

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RUSSIE : 43 INTERPELLATIONS APRÈS DES BAGARRES À CONNOTATION RACISTE

23/06/2007 - La police russe a interpellé 43 personnes au cours de bagarres entre extrémistes de droite et immigrés vendredi soir dans le centre de Moscou, a-t-on appris samedi auprès des forces de l'ordre.

Ces incidents, pendant lesquels une personne a été blessée d'un coup de couteau, et ces interpellations se sont déroulés en trois endroits distincts, a indiqué un porte-parole de la police cité par l'agence Ria Novosti.

"Toutes les personnes arrêtées seront punies en vertu de la loi et en fonction de la gravité de leurs crimes", a déclaré Anatoli Lastovetski, porte-parole de la police de Moscou, sur la chaîne de télévision Vesti 24, ajoutant que les violences étaient dues à l'intolérance.

"La police de Moscou demande aux dirigeants de tous les partis politiques de ne pas provoquer leurs partisans, de ne pas inciter les jeunes et les adolescents aux actes illégaux fondés sur la haine raciale", a-t-il ajouté.

"Toute manifestation de xénophobie, de chauvinisme, de nationalisme sera réprimée sur la base de la Constitution russe", a pour sa part déclaré le maire de Moscou Iouri Loujkov sur la chaîne NTV.

Le nationalisme a contaminé tout le spectre politique russe, la quasi totalité des partis, des communistes aux mouvements favorables au Kremlin, six mois avant les élections législatives, est-il écrit dans le dernier rapport du centre analytique Sova, spécialisé dans les problèmes liés au racisme.

Officiellement, la Russie veut durcir la lutte contre le racisme.

En avril, le Parlement russe a ainsi accru la sévérité des peines dans les affaires de vandalisme et de propagande à caractère raciste.

Depuis janvier, 32 personnes ont été tuées dans des actions à connotation raciste en Russie, selon Sova.
© Le Monde

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LA SUÈDE S'ACHEMINE VERS LE MARIAGE RELIGIEUX DES COUPLES HOMOSEXUELS

27/06/2007 - La Suède, pionnière dans la légalisation de l'adoption par les homosexuels, semble désormais prête à autoriser le mariage religieux des couples gays, avec une loi attendue pour janvier 2008.

Si la loi, introduisant le mariage "sexuellement neutre", était effectivement adoptée, il s'agirait d'une première mondiale. Car en Suède, les couples peuvent choisir d'être unis indifféremment par un pasteur, un maire ou n'importe quel élu, sans distinction sur le plan juridique.

La législation ouvrirait donc la voie à la célébration des mariages de couples homosexuels à la mairie comme à l'Eglise protestante Luthérienne alors qu'ailleurs dans le monde, seuls les mariages ou unions civils sont pour l'heure permis.

"Ce serait formidable si cette loi passait. Elle rendrait tous les couples égaux devant la loi. D'une certaine manière, ce serait un peu révolutionnaire car si l'on regarde la grande Eglise suédoise, si on lui avait posé la question il y a encore cinq ans, elle aurait sans doute répondu non", commente Sören Andersson, président de la fédération suédoise des gays et lesbiennes.

Certains pasteurs, qui depuis janvier peuvent légalement donner les bénédictions aux couples homosexuels, sont disposés à célébrer de telles unions.

"Si aujourd'hui, nous bénissons les couples homosexuels, je ne vois aucune raison de ne pas célébrer les mariages", estime ainsi Arne Wikström, pasteur de l'Eglise Oscar à Stockholm.

"Je pense que tous les gens sont égaux devant Dieu. Et personne n'est impie, tout le monde est béni", dit-il.

"Si Dieu a créé des personnes homosexuelles, nous devons les accepter et les bénir", estime le pasteur Wikström.

Sur le terrain politique, six des sept partis politiques du royaume scandinave ont donné leur accord de principe. Ils pressent désormais le gouvernement de centre-droit de présenter rapidement une loi en ce sens.

Le Premier ministre conservateur Fredrik Reinfeldt, favorable au mariage des homosexuels, souhaite attendre le congrès en octobre de son parti, les Modérés (conservateurs), pour faire adopter une proposition de loi en ce sens.

Aussi au sein du gouvernement, seuls les Chrétiens-démocrates y sont-ils aujourd'hui opposés.

La Suède reconnaît depuis 1995 le partenariat civil pour les homosexuels, qui leur donne les mêmes droits que le mariage.

Mais les associations militent depuis longtemps pour la légalisation du mariage gay.

Le dossier a pris un nouveau tournant lorsque le 21 mars, une commission d'enquête chargée par l'ancien gouvernement social-démocrate d'étudier la question, a recommandé au gouvernement de légaliser ces unions.

L'Eglise luthérienne, séparée de l'Etat en 2000, avait alors indiqué qu'elle accepterait d'unir les homosexuels mais sous deux conditions: ne pas employer le terme de mariage et laisser les prêtres libres d'unir ou non ces couples.

Elle ne s'est toutefois pas encore prononcée de manière définitive, a indiqué à l'AFP Annika Sjöqvist Platzer, porte-parole de l'Eglise.

"L'Eglise suédoise donnera une réponse à la fin de l'automne", a-t-elle précisé.

Une réponse d'autant plus attendue que l'Eglise luthérienne suédoise compte 7,2 millions de membres sur une population totale de 9,1 millions d'habitants et qu'elle célèbre aujourd'hui la plupart des mariages.

Pour l'heure, les pasteurs attendent les candidats à la bénédiction, pratique pour le moment peu répandue, les couples de même sexe préférant patienter jusqu'au mariage.
© La Croix

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AMNESTY DÉNONCE L'IMPUNITÉ DONT PROFITERAIENT TROP SOUVENT LES POLICIERS (Suisse)

DROITS DE L'HOMME. Après trois ans d'enquête, Amnesty International publie son rapport «Police, justice et droits humains en Suisse». Préoccupée, l'organisation émet des recommandations pour freiner le recours excessif à la violence. Par Valérie de Graffenried

26/06/2007 - Les policiers suisses ne sont pas toujours très respectueux des droits de l'homme. Et ceux qui commettent des dérapages sont souvent couverts par leurs supérieurs hiérarchiques. Voilà une des principales constatations d'Amnesty International (AI). En trois ans d'enquête, AI a recueilli de nombreux témoignages de victimes de mauvais traitements et les a confrontés aux explications de policiers, de procureurs et de trois conseillers d'Etat responsables de la police. Dans son rapport, publié lundi, Amnesty émet surtout un certain nombre de recommandations.

Fouilles corporelles
Pour freiner les traitements inhumains, dégradants, et l'usage abusif de la force au sein des différents corps de police en Suisse, AI a plusieurs recettes. Elle suggère notamment que les cantons mettent en place une instance indépendante pour instruire les plaintes concernant des allégations d'abus ou d'actes racistes de la part de policiers. Car la majorité des victimes de violences policières n'osent pas porter plainte.

«Les agents de police qui commettent des fautes n'ont pratiquement jamais été condamnés, parce qu'il n'y a pas eu d'enquête ou que l'enquête n'a pas été indépendante et exhaustive», a déploré lundi Denise Graf, juriste à la section suisse d'Amnesty.

Pour AI, les policiers ont besoin d'être davantage sensibilisés aux droits de l'homme, aux normes internationales qui engagent la Suisse. Ils doivent disposer d'un code de déontologie, suivre des cours de «désescalade de la violence». Et afficher clairement leur plaquette avec leur nom ou leur numéro de service lorsqu'ils patrouillent. Car plusieurs témoignages indiquent que des agents de police ont refusé de révéler leur identité professionnelle lors de contrôles de sécurité. L'anonymat des agents de police augmente le risque de mauvais traitements. Et perpétue l'impunité, insiste Amnesty.

Au chapitre des fouilles corporelles, AI recommande aux cantons d'émettre des directives claires. Et surtout d'interdire la mise à nu en public. En juin 2004, deux Guinéens s'étaient plaints, à Genève, d'avoir été soumis à une fouille corporelle en pleine rue car des policiers les soupçonnaient de vendre de la drogue. Des passants ont confirmé avoir été témoins de la scène humiliante. Pour AI, les policiers ne devraient procéder à des fouilles corporelles que dans des endroits fermés et chauffés. Et dénuder séparément le haut et le bas du corps.

Concernant les «mesures de contraintes dangereuses», AI appelle les corps de police à interdire l'étranglement pour saisir des boulettes de cocaïne, soulève le danger de menotter une personne couchée sur le ventre. A la suite du décès d'un homme de 27 ans le 1er mai 2001 dans le Centre valaisan de refoulement de Granges, la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police avait recommandé aux corps de police de renoncer à cette méthode. Mais elle se pratique encore, assure AI.

Amnesty rappelle encore le danger de l'utilisation de gaz lacrymogènes dans des espaces fermés, celle des balles colorantes et des grenades étourdissantes. Et condamne le recours aux Tasers, ces pistolets qui transmettent, via des fléchettes, une décharge électrique qui peut aller jusqu'à 50000 volts.

Formations multiculturelles
Autre problème: les préjugés à l'égard de certaines minorités et les contrôles d'identité au faciès. «Face aux Noirs, certains policiers semblent perdre le sens des règles de légalité et de la proportionnalité», insiste Gerome Tokpa, invité par Amnesty. Il est secrétaire général du «Carrefour de réflexion et d'action contre le racisme anti-Noir» (CRAN). Et le CRAN ne se contente pas de dénoncer un «climat de suspicion généralisée selon lequel tout Noir est un vendeur potentiel de cocaïne»: il a organisé des formations multiculturelles, avec la police de Bâle par exemple. Les résultats ont été positifs, assure Gerome Tokpa.

André Duvillard, commandant de la police cantonale de Neuchâtel, est lui venu souligner les bienfaits du code de déontologie introduit au sein de la police neuchâteloise il y a quelques années. Quatre policiers qui n'ont pas respecté ce «cadre moral» seront d'ailleurs renvoyés ces prochaines semaines devant la justice pour abus d'autorité, a relevé le commandant. Pour avoir giflé ou secoué des suspects.

Pour que ses recommandations soient appliquées, AI battra le pavé avec sa campagne «pour une police respectueuse des droits humains». En se concentrant sur six cantons: Genève, Vaud, Zurich, Berne, Soleure et Bâle-Ville. Les responsables de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police (CCDJP) réservent déjà un accueil plutôt froid au rapport. Ils le qualifient de «tendancieux».

Les policiers ne sont pas seuls à être dans le viseur d'AI. L'organisation a également dans son collimateur les entreprises de sécurité privées, dont le personnel reçoit souvent une formation «plus que lacunaire». Et dénonce avec insistance la délégation croissante des tâches de police à l'armée.

«La police doit parfois recourir à la violence»
Inspecteur de police et vice-président de l'UDC, le Neuchâtelois Yvan Perrin commente le rapport, énervé.

«Les conclusions d'Amnesty? La plupart sont consternantes. L'organisation ne tient pas compte de la réalité du terrain, du quotidien du policier. Cibler certains groupes est inévitable. Pour le trafic de cocaïne par exemple, ce sont souvent des Africains qui sont concernés. Il est donc logique que nous surveillions plus certains types de personnes que d'autres. Ce n'est pas du racisme. Pour les contrôles routiers, il arrive aussi qu'une personne qui n'a rien à se reprocher soit contrôlée.

»Renoncer à «étrangler» des dealers pour leur faire cracher des boulettes de cocaïne? Qu'Amnesty dise carrément que nous devons renoncer à combattre ce trafic! Pour confondre des dealers, nous avons besoin de preuves. Et les boulettes, nous les obtenons souvent uniquement par la force. C'est comme ça.

»Le travail de policier est mal considéré, difficile. On se fait cracher dessus, on reçoit des coups de pied. Des collègues, qui traquent les vendeurs de cocaïne, ont été mordus par des séropositifs. Ils ont dû suivre une trithérapie astreignante, mettre un préservatif pendant trois mois pour faire l'amour à leur compagne. Moi j'ai la chance d'avoir surtout affaire à des Asiatiques, qui dealent les pilules thaïes. Ils sont moins violents, ont une autre philosophie de vie. Je ne nie pas que des dérapages existent au sein de la police. Mais nous nous sentons souvent incompris, impuissants. La société devient plus violente et cela se répercute inévitablement aussi au niveau de notre travail. Lorsque nous arrêtons une personne, nous ne pouvons plus lui demander poliment de nous donner ses papiers si elle nous insulte d'office.

»Ne plus utiliser de Tasers, ces pistolets paralysants? Dans certaines situations, cette arme est nécessaire pour maîtriser des individus dangereux. Trouvez-vous plus judicieux de recourir directement à un vrai pistolet? Une instance indépendante pour recueillir les plaintes de victimes d'abus policiers? Je ne suis pas foncièrement contre, à condition qu'elle soit vraiment indépendante.

»Pour moi, les policiers devraient commencer par avoir moins d'heures supplémentaires et être plus nombreux. Le soutien psychologique est aussi important. A Neuchâtel, nous avons une psychologue très efficace. J'y ai notamment eu recours dans le cadre d'un triple homicide qui a eu lieu à La Chaux-de-Fonds, en 2005. L'image des trois enfants morts me hante encore. Mais, sur ce point, la hiérarchie doit nous suivre. Or un policier dont le dossier montre plusieurs recours au psychologue a dans les faits peu de chances de grader. Et ça, ce n'est pas normal. Une certaine hypocrisie règne chez nous aussi.»
© Le Temps

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SUISSE : HEUREUX DÉNOUEMENT POUR MYRIAM

Communiqué de presse d’ACOR SOS Racisme

25/06/2007 - Après cinq ans d’Affaire pour un ticket de tram, un heureux dénouement, "Myriam" est enfin libéree de toute charge. Huit mois après l’audience de jugement tenue le 18 octobre 2006, lundi 26 juin 2007, la Chambre pénale de la Cour de justice du canton de Genève a rendu son arrêt. La Cour de Justice a annulé le jugement du Tribunal de police contre lequel Mme a Vauclair fait appel, l’a libérée de toutes charges et a mis les frais à la charge de l’Etat.

ACOR SOS Racisme exprime sa satisfaction. Ce jugement est une bonne nouvelle pour la défense des droits et de la dignité des personnes soumises à la discrimination et au racisme. Il a fallu près de cinq ans pour que cette affaire du "ticket de tram le plus cher de l’histoire" (la Tribune de Genève) trouve le dénouement qui aurait dû être le sien dès le premier jour. Sans la volonté et la détermination de Mme V. pour obtenir que justice lui soit rendue nous n’aurions pas connu cet heureux dénouement.

Accusée - et Mme V. contestait cette accusation - de n’avoir pas payé un ticket de tram, elle avait été victime d’une interpellation musclée, totalement disproportionnée de la part de policiers. Se faire arrêter, embarquer et détenir plus de 3 heures et demi au poste avec un nourrisson de 5 semaines a de quoi troubler ! Madame V. avait vécu l’interpellation et la garde à vue qu’elle-même et son bébé de 5 semaines avaient subies comme particulièrement violentes.

Convaincue d’avoir été victime d’un comportement raciste de la part des policiers impliqués, la bonne foi de cette femme de peau noire était donc entière lorsqu’elle avait déposé plainte contre ces fonctionnaires de police.

Victime d’un véritable tour de passe-passe juridique elle s’est trouvée accusée de dénonciation calomnieuse par ces fonctionnaires de police animés d’une volonté de revanche, avec la complicité active du Procureur général de la République et canton de Genève.

Le jugement de la Cour de justice genevoise a justement mis fin à une affaire sur laquelle le Procureur général avait pesé de toute son autorité.
© Collectifs Ras l'front

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DES EXTRÉMISTES DE DROITE S'EN PRENNENT À DES JEUNES SOCIALISTES (Suisse)

24/06/2007 - Une trentaine d'extrémistes de droite ont fait incursion samedi à Glaris dans une manifestation autorisée des jeunes socialistes glaronnais. Plusieurs personnes, dont 2 policiers, ont été blessées. Deux personnes ont été arrêtées.

Une trentaine d'extrémistes de droite ont fait incursion samedi à Glaris dans une manifestation autorisée des jeunes socialistes glaronnais. Plusieurs personnes, dont 2 policiers, ont été blessées. Deux personnes ont été arrêtées.

Les jeunes socialistes voulaient manifester samedi pour un canton de Glaris divers et sans racisme, quand, peu avant 18h, un groupe d'extrémistes de droite masqués ont attaqué des manifestants et des spectateurs. Les policiers en civil sont tout de suite intervenus. Plusieurs personnes ont été blessées.
© Le Matin Online

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LE TEXTE LIBÉRALISANT LA MESSE EN LATIN PUBLIÉ DANS QUELQUES JOURS (Vatican)

28/06/2007 - Le document du pape Benoît XVI visant à libéraliser la célébration de la messe en latin selon l'ancien rite a été présenté à des évêques mercredi et sera diffusé dans "quelques jours", a annoncé jeudi le Vatican dans un communiqué.

La publication de ce décret ("motu proprio"), qui pourrait contribuer à mettre fin au schisme des catholiques intégristes adeptes de Mgr Lefebvre, est "prévue d'ici quelques jours, quand le document aura été envoyé à tous les évêques avec l'indication de son entrée en vigueur", précise le Vatican.

Le texte sera accompagné "d'une longue lettre personnelle du Saint Père aux évêques", précisé le Vatican.

L'abandon après le concile Vatican II (1965) de la messe en latin selon le rite de Saint Pie V, dit "tridentin", a été une des causes de l'entrée en dissidence des adeptes de l'évêque français Marcel Lefebvre, excommunié par le pape Jean Paul II en 1988 après avoir lui-même ordonné des évêques.

Le motu proprio sur lequel Benoît XVI travaillait depuis l'automne 2006 a été communiqué lors d'une réunion mercredi au Vatican à certains évêques et cardinaux (dont plusieurs prélats français), avec lesquels Benoît XVI est venu s'entretenir, selon le communiqué.

Les évêques français avaient manifesté leur inquiétude lors de l'annonce par le Vatican de la volonté du pape de réhabiliter la messe tridentine. A la fin de l'année 2006, tous les cardinaux s'étaient secrètement rendus auprès de Benoît XVI pour lui faire part de leurs réticences.

L'Eglise de France est aux prises avec un noyau actif de catholiques intégristes, soutent proches de l'extrême-droite, et qui occupent illégalement plusieurs églises.

Le cardinal Jean-Pierre Ricard, président de la conférence épiscopale française, avait souligné en novembre 2006 que les différends avec les adeptes de Mgr Lefebvre n'étaient pas seulement liturgiques mais aussi "théologiques - autour de la liberté religieuse, de l'oecuménisme, du dialogue inter-religieux - et politiques".

Mais le 29 août 2005, Benoît XVI avait repris le dialogue avec les Lefebvristes en recevant leur supérieur, Mgr Bernard Fellay.

Par le passé, Jean Paul II avait aussi cherché à leur faire réintégrer l'Eglise. Il avait déjà permis une célébration de la messe tridentine à la condition qu'elle soit strictement encadrée par les évêques.

Benoît XVI, qui apprécie la liturgie ancienne et juge sévèrement les "abus" de la liturgie moderne, veut aller beaucoup plus loin et permettre une célébration beaucoup plus libre de l'ancienne messe par les communautés et les prêtres qui le souhaitent.

L'abbé Laguérie "très content" de la libéralisation de la messe en latin
L'abbé Philippe Laguérie, supérieur général de l'Institut du Bon Pasteur à Bordeaux, s'est déclaré jeudi "très content" à l'annonce de la publication prochaine du décret papal libéralisant la messe en latin.

"Je suis très content que ce document arrive, mais je ne peux pas le commenter puisque je ne l'ai pas lu, il faut savoir s'il y a des conditions et ce qu'elles sont", a-t-il dit à l'AFP.

L'abbé Laguérie a été ordonné prêtre en 1979 par Mgr Lefebvre (qui refusait la messe de Vatican II célébrée non pas en latin mais dans les langues modernes). Il a été, de 1984 à 1997, le curé de Saint-Nicolas du Chardonnet, bastion intégriste à Paris, occupé illégalement depuis 1977.

L'Institut du Bon Pasteur a été créé par le pape Benoît XVI en septembre 2006, officialisant la réconciliation du Saint-Siège avec les traditionalistes disciples de Mgr Lefebvre.

On y célébre la messe de Saint Pie V en latin, dite de rite tridentin, mais avec le missel de 1962. Ce missel, à la demande du pape Jean XXIII, avait été expurgé des références aux juifs "perfides". Toutefois l'abbé Laguérie estime que les différences entre les deux textes sont "minimes, à peine perceptibles". "C'est juste une version moderne de l'ancien missel", estime-t-il.
© La Croix

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CRÉATIONNISME: PROTESTATION APRÈS LE REFUS D'UN DÉBAT AU CONSEIL DE L'EUROPE

26/06/2007 - Le refus des parlementaires du Conseil de l'Europe de débattre des dangers du créationnisme dans l'éducation s'est heurté mardi aux critiques de la commission science et éducation qui a demandé son inscription à la session d'octobre.

Les parlementaires avaient refusé lundi d'examiner un rapport dénonçant les dangers de cette doctrine qui réfute la théorie de l'évolution, dans le domaine de l'éducation. Son auteur, le socialiste français Guy Lengagne avait alors quitté l'hémicycle, dénonçant "une manoeuvre de ceux qui veulent lutter contre la théorie de l'évolution".

Ce vote négatif "montre que le créationnisme ne concerne plus uniquement les évangélistes américains ou certains écrivains turcs" avait-il ajouté.

La Comission qui avait très largement approuvé en mai le rapport a estimé mardi que le problème du créationnisme dans l'enseignement "est une question d'actualité politique".

Rappelant que "la liberté de débattre est une valeur fondamentale", elle a souhaité que l'Assemblée parlementaire (APCE) se montre "exemplaire dans cette exigence".

Exprimant son soutien à M. Lengagne, la commission a annoncé qu'un nouveau rapporteur sera désigné prochainement.

L'APCE avait déjà refusé ces dernières années de prendre position sur des résolutions relatives à l'euthanasie et à la scientologie.

Le créationnisme, doctrine fondamentaliste née de la négation de l'évolution des espèces par la sélection naturelle occupe une place grandissante dans l'enseignement de certains pays, les Etats-Unis en particulier.

"L'Europe n'est plus à l'abri de ce faux message qui émane le plus souvent d'extrémistes religieux proches de mouvements politiques d'extrême-droite" indiquait le rapport de M. Lengagne.
© Le Monde

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LES GAY PRIDE ÉMERGENTES DE L'EST FACE À UNE RÉSISTANCE MENÉE PAR L'EGLISE

28/06/2007 - Les Gays Pride émergentes dans l'Europe de l'Est ont du mal à s'imposer comme à l'Ouest, face à l'opposition parfois violente des militants religieux et d'extrême droite.

En Lettonie, le 3 juin, les militants homosexuels n'ont pas eu droit aux jets d'oeufs et d'excréments comme l'an passé parce que leur manifestation se déroulait dans un parc fermé et protégé par un important dispositif policier.

A Bucarest six jours plus tard, le 3e défilé roumain s'est transformé en une démonstration des forces de l'ordre avec 700 policiers et gendarmes mobilisés pour protéger... 300 manifestants, n'empêchant pas jets de pierres et de pétards.

Enfin, Moscou s'est encore illustré cette année par un déchaînement de violence sous l'oeil complaisant de la police qui a laissé des ultra-orthodoxes et des nationalistes frapper des manifestants, dont des députés européens venus soutenir cette marche, qualifiée "d'oeuvre de Satan" par le maire de la ville.

"Dans les pays de l'ancien bloc soviétique, l'Eglise coopère sans scrupule avec l'extrême droite et on voit des prêtres orthodoxes bénir des néonazis dans les contre manifestations", explique Maxim Anmeghichean, responsable moldave de l'International lesbian and gay association-Europe, qui a participé à toutes les Gay Pride de l'Est.

Selon lui, "des organisations américaines évangéliques financent des églises +soeurs+ à l'Est de manière à faire barrage aux mouvements LGBT (lesbiens, gays bi et transsexuels, ndlr).

"Ces pays sont passés de régimes théocratiques au communisme avec un continuum dans l'homophobie", souligne Daniel Borrillo, juriste spécialisé en droit des sexualités et professeur à l'université Paris X.

"Il va falloir que ces sociétés apprennent à vivre dans le pluralisme politique, religieux et sexuel", soutient M. Borrillo. Les réactions suscitées par les Gay Pride sont "un thermomètre intéressant de la manière dont ces sociétés traitent les minorités", estime-t-il.

Si les Marches des fiertés ne regroupent pas nécessairement plus d'homosexuels et de lesbiennes d'une année sur l'autre, "ce qui change, ce sont les organisations des droits de l'homme qui y participent de plus en plus nombreuses": Amnesty International, Helsinki Committee, les partis Verts.

De plus, les instances européennes pèsent de tout leur poids sur ces questions-là. Le Parlement européen a adopté deux résolutions (juin 2006 et avril 2007) dénonçant le développement de violences homophobes en Europe et notamment en Pologne.

De plus, la cour européenne des droits de l'Homme a condamné en mai ce pays pour avoir interdit la tenue d'une Gay Pride en 2005 pour des motifs fallacieux, rappelant que "la liberté d'expression, de réunion et d'association font partie intégrante de la convention européenne des droits de l'homme", analyse Daniel Borrillo.

"Cette décision est très importante, pour la première fois il existe une base légale pour demander l'autorisation des Gay Pride. Tout gouvernement local ou national s'exposera désormais à une condamnation en cas de refus", poursuit le juriste.

A l'Ouest, les marches ont mis du temps à s'imposer dans leur format actuel et relativement consensuel. Cela permet à Maxim Anmeghichean (Ilga-Europe) d'être tout de même "optimiste".

"Nous savons que cela prendra beaucoup de temps par endroit", reconnaît-il , "mais nous savons que la tolérance et le refus de la discrimination sont les vraies valeurs. Nous sommes prêts à battre le pavé tous les ans pour remporter cette victoire".
© La Croix

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TOLÉRANCE ZÉRO CONTRE LE RACISME (Europe)

par Mark Chaplin de Heerenveen

23/06/2007 - L'UEFA continue à s'engager pour la tolérance zéro contre le racisme et l'intolérance sur et en dehors du terrain.

Assumer ses responsabilités
Le président de l'UEFA Michel Platini et David Taylor, secrétaire général, ont parlé d'une seule voix pour condamner le racisme après la réunion du Comité exécutif de l'UEFA à Heerenveen vendredi et samedi. Les deux hommes ont promis que l'instance gouvernante du football européen assumera ses responsabilités envers ce phénomène. "Il y a des supporteurs que nous ne tolérons pas dans les stades", a affirmé M. Platini. "J'ai exprimé ma position clairement. J'ai dit qu'il fallait être intransigeants et montrer une tolérance zéro par rapport à la violence et au rassisme. Vous pouvez compter sur nous".

Spectacle
Un spectacle d'unité contre le racisme a eu lieu avant la finale du Championnat d'Europe des moins de 21 ans entre les Pays-Bas et la Serbie à l'Euroborg de Groningue. Lors de l'échauffement avant le coup d'envoi, les joueurs néerlandais et serbes ont porté des t-shirts "Unis contre le racisme". De plus, les deux capitaines et les deux sélectionneurs, Foppe de Haan et Miroslav Djukiæ, ont été rejoints par M. Platini, par Mathieu Sprengers, président de l'Association de football des Pays-Bas, par Zvezdan Terziæ, son homologue serbe, par Theo van Seggelen, secrétaire général du syndicat mondial des joueurs FIFPro, et par Frank de Boer, ambassadeur de la compétition M21, pour prendre une photo. "L'UEFA déplore fortement (le racisme) et nous prenons de nombreuses mesures pour assurer qu'il ne joue aucun rôle dans le football", a déclaré M. Taylor.

Livre Blanc
En outre, l'UEFA va relancer ses efforts diplomatiques avec d'autres instances du sport pour obtenir des résultats positifs du Livre Blanc sur le sport de l'Union européenne, puisque l'UEFA et ses organisations sœurs ont fait part de leur "profonde déception" au sujet de l'ébauche du projet. L'UEFA, accompagnée des instances gouvernantes du basket-ball, du handball, du volley-ball et du hockey sur glace, a demandé une orientation politique claire en faveur du sport afin de dessiner une politique et un cadre juridiques bien définis pour toutes les activités sportives en Europe.

Spécificité du sport
"A l'unanimité, les instances dirigeantes des sports d'équipe, ainsi que le Comité international olympique, ont affirmé que dans sa forme actuelle, l'ébauche ne répond pas à nos exigences", a affirmé William Gaillard, directeur de la communication et des affaires publiques de l'UEFA. "On nous a promis quelque chose à propos de la certitude juridique, et rien n'a été écrit. Il n'y a pratiquement rien à se mettre sous la dent concernant la spécificité du sport. Nous allons discuter avec les représentants de la Commission (européenne) au cours des semaines à venir. Avec les instances dirigeantes des sports d'équipe et le Comité international olympique, nous ferons tous les efforts nécessaires pour garantir l'amélioration de l'ébauche finale de ce Livre Blanc".
© UEFA

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AUTOCHTONES : DES CONDITIONS DE VIE DÉPLORABLES! (Canada)

Par Mylène Jaccoud et François Larose*, Françoise David et Amir Khadir**

28/06/2007 - Au début de la Décennie internationale des peuples autochtones, (1995-2005), l'Organisation des Nations Unies lançait un processus de discussion autour d'une Déclaration sur les droits de ces peuples. De plus, l'ONU demandait à ses États membres de réaliser des activités soulignant l'importance de partenariats équitables entre les peuples autochtones et leurs États nationaux respectifs. Le gouvernement canadien de l'époque décidait alors de célébrer à chaque solstice d'été la journée nationale des Autochtones. La décennie étant terminée, un examen de conscience s'impose chez les dirigeants politiques québécois et canadiens.

La déclaration des Nations Unies sur les peuples autochtones
Le Conseil des droits humains de l'ONU visait à faire adopter cette Déclaration au plus tard en 2006 par l'Assemblée générale des Nations Unies. Que retrouve-t-on dans le document ? Évoquons quatre articles.

L'article 3 de la Déclaration affirme clairement le droit des peuples autochtones à disposer d'eux-mêmes ainsi qu'à déterminer librement leur statut politique et leur développement économique, social et culturel.

L'article 26 affirme le caractère inaliénable des droits ancestraux essentiels au développement de l'identité culturelle des peuples autochtones.

Les articles 22 et 44 garantissent l'application des droits et libertés à tous les Autochtones, hommes et femmes, et appellent les États et les organisations autochtones à veiller à ce que les femmes et les enfants jouissent de la protection et des garanties voulues contre toutes les formes de violence et de discrimination. Comme l'évoquait l'association Femmes Autochtones du Québec (FAQ) le 21 juin dernier :

La Déclaration est un document remarquable qui constitue le point culminant des travaux accomplis au plan international par les groupes autochtones et les États-nations dans un esprit de collaboration et de respect. De nature plus morale que juridique, la Déclaration aspire à établir des normes pour les droits de la personne des peuples autochtones... Le Canada a donc la responsabilité d'appuyer ce processus et non de le saboter. Retarder ce processus consistera à saper des années de travail réalisé dans un esprit de coopération, de partage et partenariat.

Le Canada et la Russie votaient contre !
Le 29 juin 2006, trente pays votaient en faveur de la résolution du Conseil des droits humains de l'ONU. Deux pays --- le Canada et la Russie --- votaient contre et douze pays s'abstenaient. En novembre 2006, les pressions répétées de l'Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande et des États-Unis ont réussi à faire retarder jusqu'en septembre 2007, l'adoption de la Déclaration par l'Assemblée générale de l'ONU. Dans quel but? Obtenir des amendements affaiblissant le sens et la portée des éléments les plus fondamentaux de la Déclaration.

Les gouvernements canadiens précédents avaient appuyé le projet de Déclaration. Le changement de position du gouvernement Harper a donc été perçu par les organisations autochtones et par plusieurs organisations internationales comme une trahison de la parole donnée. Monsieur Harper annonce maintenant l'instauration d'un processus visant à accélérer le règlement des nombreuses causes concernant des enjeux territoriaux pour les Autochtones.

Des représentants autochtones ont salué ce qui pourrait être un pas dans la bonne direction tout en demeurant sceptiques face à ce qui pourrait être une autre promesse non-réalisée. Plusieurs représentants autochtones ont encore en mémoire l'accord de Kelowna signé par le gouvernement canadien et renié par Stephan Harper. Pour toutes ces raisons, plusieurs groupes autochtones organiseront une journée pan-canadienne d'action le 29 juin, un an après la volte face du gouvernement Harper lors du vote sur la Déclaration.

Des conditions de vie déplorables
Le manque de logements est criant, en milieu autochtone, tout comme le sont l'ampleur de la pauvreté, l'absence d'emploi, l'analphabétisme et le faible niveau de scolarité. Hors réserve, trop d'Autochtones vivent l'isolement, la perte d'identité, l'itinérance et le racisme. L'alcoolisme, la toxicomanie, la violence faite aux femmes et aux enfants gangrènent littéralement le tissu social provoquant fréquemment des suicides, surtout chez les jeunes. En réponse à ces problèmes, l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador lançait l'opération Mission 10 000 possibilités lors du Forum socioéconomique de Mashteuiatsh d'octobre 2006 : création de 10 000 emplois, raccrochage scolaire de 10 000 jeunes et construction de 10 000 logements.

Pour sa part, Femmes Autochtones du Québec (FAC) réclamait du gouvernement fédéral un ajustement annuel de 337 000 $ pour chacune des maisons d'hébergement accueillant des femmes victimes de violence. Ces maisons pourraient ainsi atteindre le même niveau de financement que celles qui sont financées par Québec. À ce jour, les réponses d'Ottawa à toutes ces demandes sont particulièrement navrantes.

Pour une motion unanime à l'Assemblée nationale du Québec !
Lors de la dernière campagne électorale québécoise, l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) a invité cinq partis politiques --- le PLQ, le PQ, l'ADQ, Québec Solidaire et le Parti vert (PVQ) --- à se prononcer, lors d'un débat public, sur les enjeux autochtones. Tous, sauf le PVQ, ont participé au débat et leurs représentants se sont montrés ouverts à un appui à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Mais lors d'un discours public, tenu deux jours plus tard, Ghislain Picard, chef de l'APNQL, a commenté ainsi le débat :

Le 20 mars, nous avons réussi à réunir au Cégep du Vieux-Montréal des représentants de quatre partis politiques, soit le PLQ, le PQ, l'ADQ et Québec Solidaire, qui se sont prononcés sur leurs intentions à notre égard. Seul, cependant, Québec Solidaire a émis le lendemain un communiqué s'engageant à proposer une motion à l'Assemblée nationale, s'il y avait une ou un député de ce parti élu, à l'effet de demander au gouvernement fédéral de revoir sa position contre le projet de Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones

Un défi politique incontournable
Conformément à son engagement du 20 mars 2007, Québec Solidaire invite donc en cette journée nationale des Autochtones, les partis politiques du Québec à présenter une motion à l'Assemblée nationale appuyant unanimement la Déclaration et pressant le gouvernement fédéral d'en faire autant. Les trois partis d'opposition au niveau fédéral --- le PLC, le NPD et le Bloc québécois --- ont déjà demandé au gouvernement Harper de réviser sa position. Pourquoi pas les partis présents à l'Assemblée nationale du Québec?

Les relations avec les peuples autochtones représentent un défi politique incontournable. La qualité de ces relations jouera un rôle déterminant sur notre avenir à toutes et tous, autochtones comme non-autochtones. La reconnaissance réelle des droits collectifs et individuels, de même que le respect mutuel, doivent fonder une négociation portant sur les questions territoriales et la garantie de conditions de vie acceptables pour les peuples autochtones. Est-ce que ces négociations seront faciles? Sans doute pas. Est-ce qu'il y aura des tiraillements? C'est possible. Est-ce qu'il y a des risques? Peut-être, mais les risques seront bien plus grands si nous continuons à nous enfouir la tête dans le sable et à espérer que les problèmes se règlent d'eux-mêmes. Les avertissements récents de la part des chefs sur la colère qui gronde dans les communautés autochtones sont éloquents. Il y a urgence en la demeure !

*Membres de la commission sur les peuples autochtones de Québec solidaire
**Porte parole de Québec solidaire
© CyberPresse

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JOURNÉE DE PROTESTATION NATIONALE DES PREMIÈRES NATIONS (Canada)

Écrit par Joan Delaney, La Grande Époque – Victoria

28/06/2007 - Le 29 juin, des protestations auront lieu à l’échelle nationale et certaines d’entre elles s’étaleront durant tout l’été

L’Assemblée des Premières Nations (APN) a proposé que le 29 juin soit journée de protestation à l’échelle nationale afin de sensibiliser la population à certains problèmes auxquels font face les autochtones dans leurs communautés. La montée de la pauvreté, le racisme et la lenteur du gouvernement à traiter leurs revendications territoriales créent de la frustration chez eux.

Les membres de l’organisation Friends of the Disappeared l’extérieur de la cathédrale anglicane Christ Church à Vancouver. Le groupe prépare une campagne de désobéissance civile pour soulever le problème des enfants morts dans les pensionnats indiens du pays. (Lori O' Rorke)

Bien que le chef de l’APN, Phil Fontaine, ait reconnu que certains ressentent «une frustration extrême et un sentiment de désespoir», il a souligné la nécessité de protester pacifiquement.

Même si le gouvernement souhaite que la récente présentation d’un projet de loi en vue d’accélérer le traitement des revendications territoriales aide à apaiser la colère des autochtones, les chefs de ces derniers avertissent que le rapport final de l’enquête sur l’affaire Ipperwash, publié le mois dernier, pourrait mettre de l’huile sur le feu.

L’enquête portait sur la mort de Dudley George, un autochtone abattu en 1995 par un tireur embusqué de la Police provinciale de l’Ontario alors que lui et un groupe occupaient le parc provincial d’Ipperwash, où se trouve un cimetière autochtone ancestral.

Le rapport d’enquête a révélé que l’extrême lenteur des négociations concernant les revendications territoriales, l’action trop précipitée du gouvernement ontarien et l’«insensibilité culturelle» de la police qui a refusé de recourir à des médiateurs autochtones sont tous des facteurs ayant contribué à la mort de M. George.

Les revendications territoriales sont depuis longtemps une pomme de discorde entre le gouvernement canadien et les populations autochtones, celles-ci vivent pour la plupart dans la pauvreté et sont aux prises avec des taux extrêmement élevés de toxicomanie, d’abus, de suicide et de chômage.

Certains groupes autochtones ont annoncé que leurs protestations s’étaleraient durant tout l’été. Pour la journée d’action du 29 juin, certains menacent de bloquer routes et voies ferrées, tandis que d’autres planifient des actions moins perturbatrices comme des marches, des rassemblements et des sit-in.

Stuart Myiow, chef traditionnel de la Première Nation de Kahnawake, près de Montréal, affirme que même si son groupe n’a pas encore décidé quel problème particulier ils allaient soulever lors de la journée de protestation, ils se sont mis d’accord qu’organiser des activités «perturbant la vie quotidienne des non-autochtones» serait contre-productif, donc les barrages de routes et de chemins de fer sont hors de question.

«Si nous prenons une quelconque action, la vraie cible est le gouvernement», explique M. Myiow. «Le problème [que nous avons] est avec le gouvernement et nous ne voulons pas que les gens paient le prix pour ce que le gouvernement a fait.»

Stuart Myiow dénonce que le gouvernement est en train de légiférer sur l’abolition de plusieurs droits autochtones, incluant ceux de chasse et de pêche, et malgré que les Premières Nations de Kahnawake aient l’intention de soulever, entre autres, ce problème, «cela doit être fait d’une manière pacifique pour que le grand public soit ouvert et réceptif».

Une action actuellement en cours, et qui récolte des appuis grandissants des groupes autochtones au Canada, concerne l’effort en vue de récupérer les dépouilles des enfants qui sont morts dans les pensionnats indiens du gouvernement. Ces dépouilles seraient enterrées sur et autour des terrains de certains des établissements scolaires.

Friends of the Disappeared (Amis des disparus), basé sur l’île de Vancouver, souhaite que les corps des enfants soient exhumés et retournés à leur lieu de naissance pour un enterrement dans un lieu approprié. Aux dires du révérend Kevin Annett, qui mène l’effort, dans les jours précédant la Journée nationale de protestation et pendant l’été, une campagne de désobéissance civile est prévue en Ontario, en Colombie-Britannique et au Manitoba.

Au programme : occupation des bureaux gouvernementaux des pensionnats, manifestations à l’extérieur, occupation d’églises qui géraient les pensionnats et une grève tournante de la faim au cours de laquelle les participants vont entreprendre des jeûnes publics en vue «d’apporter l’expiation morale pour soutenir la question des enfants disparus».

«Nous espérons que cela fera une pression morale sur les Euro-Canadiens pour qu’ils tiennent compte de leur responsabilité dans ce que nous avons fait et faisons aux autochtones», fait valoir Kevin Annett, un non-autochtone.

En avril dernier, le ministre des Affaires indiennes, Jim Prentice, a dit au Parlement qu’il a demandé à son ministère d’étudier cette affaire et de trouver combien d’enfants sont morts. Selon Kevin Annett, c’est la première fois qu’un responsable du gouvernement reconnaît que des enfants sont décédés dans les pensionnats.

La recherche du révérend Annett montre que 50 000 enfants sont morts au fil des années où les pensionnats et les hôpitaux indiens étaient en opération. Certains sont morts d’abus et d’autres de la tuberculose qui, d’après lui, était propagée délibérément et faisait partie d’une «campagne de génocide» contre les autochtones.

Il croit que les milliers de survivants ne pourront guérir des traumatismes causés par les mauvais traitements s’il n’y a pas «une révélation complète» de ce qui est survenu dans les 88 pensionnats. Le dernier a fermé ses portes en 1984.

«Si l’on avait enseigné aux gens ce qui s’est vraiment passé… c’est ce que nous essayons de révéler, car toute l’histoire n’a pas été racontée – les taux de décès, ce qui est arrivé aux enfants, comment les terres ont été prises – les gens ne savent rien de cela.»

Friends of the Disappeared veut que les Églises catholique, anglicane et unie qui opéraient les pensionnats remettent leurs dossiers et qu’elles «révèlent ce qu’elles savent» au sujet de la mort des enfants et des auteurs de ces meurtres. La plupart des meurtriers, selon Kevin Annett, sont encore vivants et devraient être traduits en justice.

Les responsables de ces Églises affirment qu’ils n’ont aucune trace des décès dans les écoles et que les allégations ne sont pas fondées.

Le député libéral, Gary Merasty, dans une lettre datée d’avril 2007 adressée à M. Prentice, affirme que si le gouvernement faisait un effort sérieux afin de rapatrier les dépouilles des enfants, un tel geste de bonne volonté «faciliterait considérablement le processus de guérison».

M. Merasty a demandé que la journée nationale d’action demeure pacifique et il blâme l’inaction du gouvernement qui a intensifié «la colère justifiable ressentie par plusieurs Premières Nations».

Prévoyant qu’une confrontation violente pourrait survenir dans au moins une des activités de la journée de protestation, M. Myiow espère que les tempéraments calmes auront le dessus. Il souhaite aussi que les non-autochtones soient «compatissants et compréhensifs» et n’associent pas la journée de protestation à la pensée que «les autochtones reviennent à la charge».

«Nous espérons qu’au sein de la société non autochtone, les gens prendront une minute pour penser à ce qui est arrivé aux autochtones durant les 500 dernières années et se rendront compte que cette action n’est pas une action injustifiée. Nous avons décidé d’entreprendre une telle action parce que nous sommes demeurés dans une situation désespérée depuis trop longtemps.»
© La Grande Epoque France

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QUÉBEC VEUT ENCOURAGER LES NOIRS À SE LANCER EN AFFAIRES (Canada)

27/06/2007 - Devant le faible taux d'entrepreneurs au sein de la communauté noire, le gouvernement du Québec a annoncé hier un investissement de 2,7 millions de dollars en trois ans afin de favoriser l'entrepreneuriat chez les Noirs. Selon des statistiques de 2001, 3 % de personnes de race noire sur une population de 150 000 au Québec sont actuellement des entrepreneurs, contre 6 % de Québécois de race blanche, et plus de 4 % sont des travailleurs autonomes, contre 10,1 % de Québécois blancs.

L'annonce faite par les ministres de l'Immigration, Yolande James, et du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, porte sur quatre axes principaux. Préalablement, un volet de sensibilisation et d'accompagnement, par l'entremise de trois organismes qui seront sélectionnés parmi les communautés noires antillaise, africaine et anglophone, sera réalisé. Chaque organisme recevra 120 000 $ par an afin d'assurer ce travail.

La Fondation de l'entrepreneurship se chargera par la suite de constituer une cellule de mentors pour les Noirs qui voudraient se lancer en affaires. Ensuite, on contactera des entrepreneurs québécois pour «établir des partenariat d'affaires». Enfin, un fonds d'un million de dollars financé majoritairement par le secteur privé servira au démarrage d'entreprises. Le démarrage reste le noeud gordien des entrepreneurs noirs. Nombre de nouveaux arrivants ont très peu d'historique de crédit ou n'en ont pas du tout. En outre, le ministère du Développement économique note chez certains une absence de connaissance des habitudes de crédit des Québécois, par exemple le fait de payer à des dates régulières.

Encourager les Noirs à mettre sur pied leurs propres entreprises devrait «contribuer à leur bien-être et à la richesse collective» au Québec, a reconnu le ministre Bachand. Avec un taux de chômage de 17 %, contre seulement 8 % chez les Québécois blancs, ces mesures d'appui à l'entrepreneuriat chez les communautés noires devraient faire baisser le taux de chômage, a pour sa part précisé Luc Valiquette, de la Direction des politiques et de l'entrepreneurship du ministère du Développement économique.

Interrogé sur les risques de ghettoïsation, M. Valiquette a reconnu qu'ils existent, disant toutefois qu'«il n'y a pas de recette miracle». Une vingtaine d'entrepreneurs au sein de la Jeune Chambre de commerce canado-haïtienne embauchent majoritairement des Noirs. Sa présidente, Stéphanie Raymond-Bougie, incite d'ailleurs la clientèle de ces fournisseurs de biens et de services à «consommer haïtien».

Une première tentative fédérale-provinciale d'aider les entrepreneurs noirs avait déjà été mise en branle en 1993, avec le Fonds Mathieu da Costa, première personne d'origine africaine à avoir foulé le sol de ce qui allait devenir le Canada, il y a environ 400 ans. Une somme de 1,25 million de dollars avait été allouée à ce programme, mais sa mauvaise gestion avait conduit à sa fermeture. Le ministre Bachand se veut positif malgré cette mauvaise expérience.

L'aide aux entrepreneurs noirs s'inscrit dans la lignée du rapport, publié en avril 2006, du groupe parlementaire de travail sur la pleine participation des Noirs, présidé à l'époque par l'actuelle ministre de l'Immigration, Yolande James. Le rapport montrait du doigt le racisme et la discrimination comme principales barrières à cette participation.
© Le Devoir

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JOURNÉE NATIONALE DES PEUPLES AUTOCHTONES - L'URGENCE D'AGIR (Canada)

23/06/2007 - Au début de la Décennie internationale des peu-ples autochtones (1995-2005), l'Organisation des Nations unies lançait un processus de discussion autour d'une déclaration sur les droits de ces peuples. De plus, l'ONU demandait à ses États membres de réaliser des activités soulignant l'importance de partenariats équitables entre les peuples autochtones et leurs États nationaux respectifs. Le gouvernement canadien de l'époque avait alors décidé de célébrer à chaque solstice d'été la Journée nationale des autochtones. La décennie étant terminée, un examen de conscience s'impose chez les dirigeants politiques québécois et canadiens.

La déclaration des Nations unies sur les peuples autochtones
Le Conseil des droits humains de l'ONU visait à faire adopter cette déclaration au plus tard en 2006 par l'Assemblée générale des Nations unies. Que retrouve-t-on dans le document? Évoquons quatre articles. L'article 3 de cette déclaration affirme clairement le droit des peuples autochtones à disposer d'eux-mêmes ainsi qu'à déterminer librement leur statut politique et leur développement économique, social et culturel.

L'article 26 affirme le caractère inaliénable des droits ancestraux essentiels au développement de l'identité culturelle des peuples autochtones. Les articles 22 et 44 garantissent l'application des droits et libertés à tous les autochtones, hommes et femmes, et appellent les États et les organisations autochtones à veiller à ce que les femmes et les enfants jouissent de la protection et des garanties voulues contre toutes les formes de violence et de discrimination. Comme l'évoquait l'association Femmes autochtones du Québec le 21 juin dernier, «la déclaration est un document remarquable qui constitue le point culminant des travaux accomplis sur le plan international par les groupes autochtones et les États-nations dans un esprit de collaboration et de respect. De nature plus morale que juridique, la déclaration aspire à établir des normes pour les droits de la personne des peuples autochtones. (...) Le Canada a donc la responsabilité d'appuyer ce processus et non de le saboter. Retarder ce processus consistera à saper des années de travail réalisé dans un esprit de coopération, de partage et partenariat».

Le 29 juin 2006, 30 pays votaient en faveur de la résolution du Conseil des droits humains de l'ONU. Deux pays le Canada et la Russie votaient contre et douze pays s'abstenaient. En novembre 2006, les pressions répétées de l'Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande et des États-Unis ont réussi à faire retarder jusqu'en septembre 2007 l'adoption de la déclaration par l'Assemblée générale de l'ONU. Dans quel but? Obtenir des amendements affaiblissant le sens et la portée des éléments les plus fondamentaux de la déclaration.

Les gouvernements canadiens précédents avaient appuyé le projet de déclaration. Le changement de position du gouvernement Harper a donc été perçu par les organisations autochtones et par plusieurs organisations internationales comme une trahison de la parole donnée.

M. Harper annonce maintenant l'instauration d'un processus visant à accélérer le règlement des nombreuses causes ayant trait à des enjeux territoriaux pour les autochtones. Des représentants autochtones ont salué ce qui pourrait être un pas dans la bonne direction tout en demeurant sceptiques devant ce qui pourrait être une autre promesse non réalisée. Plusieurs représentants autochtones ont encore en mémoire l'accord de Kelowna signé par le gouvernement canadien et renié par Stephen Harper. Pour toutes ces raisons, plusieurs groupes autochtones organiseront une journée pancanadienne d'action le 29 juin, un an après la volte-face du gouvernement Harper lors du vote sur la déclaration.

Pour des changements en profondeur
Le manque de logements est criant en milieu autochtone, tout comme le sont l'ampleur de la pauvreté, l'absence d'emplois, l'analphabétisme et le faible niveau de scolarité. À l'extérieur des réserves, trop d'autochtones vivent l'isolement, la perte d'identité, l'itinérance et le racisme. L'alcoolisme, la toxicomanie et la violence faite aux femmes et aux enfants gangrènent littéralement le tissu social, provoquant fréquemment des suicides, surtout chez les jeunes.

En réponse à ces problèmes, l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador lançait l'opération «Mission 10 000 possibilités» lors du Forum socioéconomique de Mashteuiatsh d'octobre 2006: création de 10 000 emplois, raccrochage scolaire de 10 000 jeunes et construction de 10 000 logements.

Pour sa part, Femmes autochtones du Québec réclamait du gouvernement fédéral un ajustement annuel de 337 000 $ pour chacune des maisons d'hébergement accueillant des femmes victimes de violence. Ces maisons pourraient ainsi atteindre le même niveau de financement que celles qui sont financées par Québec. À ce jour, les réponses d'Ottawa à toutes ces demandes ont été particulièrement navrantes.

Pour une motion unanime
Lors de la dernière campagne électorale québécoise, l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) a invité cinq partis politiques (le PLQ, le PQ, l'ADQ, Québec solidaire et le Parti vert du Québec) à se prononcer, lors d'un débat public, sur les enjeux autochtones. Tous, sauf le PVQ, ont participé au débat et leurs représentants se sont montrés ouverts à un appui à la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Mais lors d'un discours public prononcé deux jours plus tard, Ghislain Picard, chef de l'APNQL, a commenté ainsi le débat: «Le 20 mars, nous avons réussi à réunir au Cégep du Vieux-Montréal des représentants de quatre partis politiques, soit le PLQ, le PQ, l'ADQ et Québec solidaire, qui se sont prononcés sur leurs intentions à notre égard. Seul, cependant, Québec solidaire a émis le lendemain un communiqué s'engageant à proposer une motion à l'Assemblée nationale, s'il y avait un député de ce parti élu, à l'effet de demander au gouvernement fédéral de revoir sa position contre le projet de déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones».

Conformément à son engagement du 20 mars 2007, Québec solidaire invite donc en cette Journée nationale des autochtones les partis politiques du Québec à présenter une motion à l'Assemblée nationale appuyant unanimement la déclaration et pressant le gouvernement fédéral d'en faire autant. Les trois partis d'opposition au niveau fédéral (PLC, NPD et Bloc québécois) ont déjà demandé au gouvernement Harper de réviser sa position. Pourquoi pas les partis présents à l'Assemblée nationale du Québec?

Les relations avec les peuples autochtones représentent un défi politique incontournable. La qualité de ces relations jouera un rôle déterminant sur notre avenir à tous, autochtones et non-autochtones. La véritable reconnaissance des droits collectifs et individuels ainsi que le respect mutuel doivent fonder une négociation portant sur les questions territoriales et la garantie de conditions de vie acceptables pour les peuples autochtones.

Ces négociations seront-elles faciles? Sans doute pas. Y aura-t-il des tiraillements? C'est possible. Y a-t-il des risques? Peut-être, mais les risques seront bien plus grands si nous continuons à nous enfouir la tête dans le sable et à espérer que les problèmes se règlent d'eux-mêmes. Les avertissements récents de la part des chefs à propos de la colère qui gronde dans les communautés autochtones sont éloquents. Il y a urgence d'agir!

Amir Khadir, Porte-parole de Québec solidaire
Françoise David, Porte-parole de Québec solidaire
Mylène Jaccoud, Commission sur les peuples autochtones de Québec solidaire
© Toxico Québec Actualité

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USA: LE SÉNAT VOTE LA REPRISE DU DÉBAT SUR L'IMMIGRATION

27/06/2007 - Le Sénat américain a voté mardi la reprise du débat sur une vaste réforme de l'immigration, bloqué depuis plusieurs semaines au Congrès et dont l'enjeu principal est la légalisation de quelque 12 millions de travailleurs clandestins.

Ce vote a été acquis par 64 voix contre 35 soit seulement quatre de plus que nécessaire.

Juste avant ce vote, le président américain George W. Bush s'est une nouvelle fois fortement investi pour défendre ce texte, le qualifiant "d'occasion historique".

Mais les critiques qui qualifient le projet d'"amnistie" accordée aux sans-papiers, affirment qu'il sera "mort à son arrivée" à la Chambre des Représentants, même s'il parvient à franchir le cap du Sénat.

Mardi soir, un groupe influent de parlementaires républicains de la Chambre des représentants a voté par 114 voix contre 23 une résolution appelant à rejeter ce texte alors même qu'il n'a pas encore été présenté à la Chambre.

Les démocrates qui ont la majorité à la Chambre ont d'ores et déjà indiqué au président Bush que sans l'appoint d'au moins 70 parlementaires républicains, le projet de loi n'avait aucune chance d'aboutir.

Les opposants au texte entendent faire tout ce qu'ils peuvent pour faire échouer cette réforme.

Le projet de loi sera "mort à son arrivée à la Chambre, une loi exhaustive ne passera pas; il y a une opposition notable des démocrates et écrasante des républicains", a ainsi indiqué Mark Souder, représentant de l'Indiana.

La réforme, qui suscite de virulentes critiques aussi bien parmi les démocrates que les républicains, n'avait pu être adoptée début juin. Depuis, des amendements proposés par des démocrates et des républicains ont été ajoutés et le vote définitif sur ce projet amendé pourrait avoir lieu cette semaine.

M. Bush appelle de ses voeux cette réforme et veut en faire une des réussites de sa présidence. Si le texte était voté, il s'agirait de la plus importante réforme de l'immigration depuis 20 ans.

Mais beaucoup d'observateurs estiment que le projet pourrait être enterré s'il n'est pas rapidement voté par les deux Chambres du Congrès en raison du calendrier électoral.
© La Croix

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RAPPORT D’AMNESTY INTERNATIONAL 2007 : LES DROITS DE L’HOMME EN SOUFFRANCE À TRAVERS LE MONDE

28/06/2007 - Le rapport 2007 d’Amnesty International dénonce la situation des droits de l’homme dans les différents endroits de la planète. Ce constat est édifiant car il démontre que les violences, les discriminations et l’exclusion n’ont pas de frontières et qu’elles sont malheureusement le lot quotidien de la vie des personnes. Plus profondément, on assiste à une déconsidération des droits de la personne à travers le monde, la force politique n’étant pas toujours à la hauteur de ses discours. S’interroger sur cet état de fait et réfléchir sur les comportements à enrayer, tel est le but des défenseurs des droits humains, car, comme a pu le dire Victor Hugo, «l’inviolabilité de la vie humaine est le droit des droits».

La situation des droits humains dans le monde, titre du dernier rapport* annuel d’Amnesty International, dénonce les conditions de vie des femmes et des hommes touchés par l’aliénation de leurs droits fondamentaux.

Les garanties juridiques des droits de l’homme, que ce soit dans les pays les plus développés ou dans les Etats les moins avancés, s’affichent malheureusement déniés de véritables considérations.

Bien que des progrès sensibles aient été faits grâce aux différentes conventions et déclarations depuis l’apport de la philosophie des Lumières, la réalité s’avère cependant plus décevante, et de nombreuses menaces continuent à peser sur l’avenir des droits de l’homme en ce début de XXIe siècle. Tortures, exactions, répressions, discriminations, laissent à penser que l’horizon moral de notre temps semble miné par des comportements individualistes exempts de compréhension, d’empathie, de solidarité et de respect, trahissant les volontés d’améliorer les rapports entre êtres humains.

Le rapport 2007 d’Amnesty International reflète le triste constat d’un monde ravagé par de nombreux conflits armés, touché par une litanie de discriminations et de violences liées à la religion, à l’ethnie, au sexe et à l’âge des personnes. Les violences produites sur les plus faibles attestent cette négation, ce manquement à s’intéresser à l’autre, opérant une pathétique déconsidération de la dignité humaine.

Autour des cinq continents, que se soit en Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique ou bien en terres australes, la menace pesant sur les droits politiques, économiques, sociaux et culturels reste bien réelle. L’emprise de certains régimes autoritaires dans plusieurs régions africaines, l’insécurité et les tensions armées dans de nombreux pays d’Amérique du Sud, la pauvreté et les peurs régnantes en Asie et en Océanie, mais aussi le racisme, le non-respect de la condition féminine ou la pratique de certaines violences policières ou judiciaires en Europe et dans certains pays occidentaux démontrent que les principes fondamentaux de l’individu font face à d’importantes privations dans les différentes zones géographiques du globe. L’universalité et l’indivisibilité des droits légitimes de la personne peuvent désormais s’analyser comme une sorte de chimère, le déni d’humanité à travers le monde l’attestant avec évidence.

En effet, on assiste malencontreusement à une espèce de comportement humain contra legem, la violence, les discriminations ou le non respect des droits devenant les règles de l’agissement humain dans bien des cas.

Réduire les humiliations de la condition humaine, considérer la dignité de la personne, lutter contre les injustices commises sur les plus démunis, sont les enjeux majeurs d’une société minée par l’égoïsme, l’individualisme et les mentalités décadentes de la société de consommation et de l’argent. L’accès aux soins, le droit au logement, l’obligation de permettre à chaque individu de pouvoir se nourrir correctement, apparaissent comme les conditions essentielles à la décence de la vie de l’être. Comme l’indique le préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, la méconnaissance et le mépris des droits humains ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité, déterminant que la plus haute aspiration de l’homme doit être l’avènement d’un monde ou les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère.

Pourtant soixante ans, soixante longues années plus tard, l’état des lieux de la situation des droits de l’homme demeure alarmante à travers les écrits du rapport de l’association pour le respect et la protection des droits de l’homme qu’est Amnesty International. Les actes d’aliénation des principes légitimes reconnus aux hommes, aux femmes, et aux enfants, font toujours légion, que se soit aux antipodes de chez nous comme au coin de notre rue. La peine de mort sévit toujours dans une grande partie du monde, les conditions inhumaines de détention restent toujours d’actualité, même dans les pays les plus développés, les violences perpétrées à l’encontre des plus faibles ou la commission d’actes de racisme ou de discrimination s’observent de façon significative sur tous les territoires du globe, définissant l’affreuse tragédie du respect de l’homme.

La situation du Darfour, la question des droits de l’homme en Chine ou le problème tchétchène ne sont que la représentation visible du malaise des populations, car la pauvreté, le régime de la terreur et le non-respect des conditions humaines, menaçant et inquiétant le quotidien d’un nombre conséquent d’individus, sévit dans de nombreux coins de la planète.

Une volonté commune de la part des Etats, de leurs forces politiques, de leurs représentants, mais aussi des hommes et des femmes respectant la dignité et la dimension humaine doit s’opérer au travers de la solidarité, de la fraternité du genre humain. Les droits de l’homme sont des droits fragiles, car l’inaction, l’immobilisme, deviennent fatals lorsque la vie est menacée, lorsque l’être est déconsidéré. La force dénonciatrice des mouvements de défense des droits de l’homme s’interprète alors comme un élément non négligeable de la condition humaine, enrayant le comportement déstructuré, désintéressé, défilé de l’homme de base ne comprenant pas les douleurs et les souffrances de ses semblables.

Triste constat que de voir se profiler le manque de compassion, les carences de l’ordre moral et la consécration du mal sur l’autel de l’humanité, rechignant l’estime, l’égard, l’amour humaniste pour laisser dominer les sentiments de haine ou de vengeance orchestrés par les différentes cultures, religions ou convictions.

Les liens fonciers de l’humanité sont brisés par l’aveuglement de l’homme arraché à sa conscience de piété et de pitié humanitaire. C’est parce que l’on ne considère plus la valeur humaine comme la glus grande richesse sociale et que l’altruisme s’est rompu à être une vocation que l’on assiste à l’affliction des plus nécessiteux.

Les discours, les interventions médiatiques, les opérations d’aides ne sont qu’une certaine volonté d’agir qui cache bien souvent une tendance hypocrite liée à l’intérêt politico-économique. Le devoir des hommes doit être dicté par cette détermination à lutter contre l’indécence, l’indignité, l’injustice, la misère et la barbarie sans être orchestré par des intérêts aux conditions pernicieuses. Aucun simulacre n’est tolérable, aucun mensonge n’est acceptable ; l’enjeu est trop important. La lutte pour le respect des droits humains doit être une lutte profonde, sertie de courage, emplie de volonté et de sagesse. Elle doit s’opérer avec honnêteté, moralité, intégrité pour offrir ce respect universel et effectif des principes fondamentaux de la personne.

Le constat dressé par ce rapport indique malheureusement que ce n’est pas souvent le cas et que le combat des associations de défense des droits de l’homme et de leurs militants reste le moyen essentiel de dénoncer les entorses faites à la condition humaine. La mission des membres et des sympathisants d’Amnesty International s’analyse ainsi comme un geste humanitaire capable de faire prendre conscience que de graves atteintes à nos droits sont commises et qu’il devient nécessaire d’ouvrir plus grands les yeux, car fâcheusement "c’est en se réclamant de l’homme comme tel qu’on parvient le mieux à l’écraser*".

*pour consulter ce rapport : http://www.amnesty.fr

* Jean Marc Trigeaud, Droits de Dieu et droits de l’homme, Téqui,1989
© AgoraVox

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L’IMMIGRATION RÉGULIÈRE EN AUGMENTATION

25/06/2007 - Plus de familles, de travailleurs, d’étudiants, mais moins de demandeurs d’asile immigrent vers les pays de l’OCDE en 2005 selon un rapport que publie lundi l’organisation internationale

Toujours plus de résidents permanents
La population de résidents permanents légaux a augmenté d’environ 3,5 à 4 millions de personnes en 2005, soit 11% par rapport à 2004. Les plus fortes progressions ont été observées aux Etats-Unis (+164.500), au Royaume-Uni (+55.000) et en Italie (+31.000). En revanche, il y a eu une relative stabilité, voire recul des flux en France (-5.200), Allemagne (-13.000) et Suisse (-2.000).

Plusieurs pays européens de l'OCDE, parmi lesquels l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Allemagne, le Portugal, la Suède et le Royaume-Uni recourent beaucoup aux migrations de travail qui représentent de 30 à 40% de l'ensemble des flux d'immigration permanente. Les migrations familiales prédominent dans les flux à caractère permanent, comme aux Etats-Unis où elles atteignent 70% des migrations permanentes. La tendance est en revanche moins marquée au Japon et au Royaume-Uni où elles n’en représentent qu'un tiers.

L’immigration illégale pas comptabilisée dans le rapport
L'OCDE précise que ces chiffres ne recouvrent que l'immigration légale de type permanent. Par exemple, les données du rapport excluent les 620.000 personnes par an qui ont immigré illégalement aux Etats-Unis sur la période 2000-2004.

Demandes d’asile en baisse…
Le nombre de demandes d'asile a lui continué de baisser en 2005: seulement 300.000 demandes, soit la moitié des effectifs comptabilisés en 2000. 23% de ces demandes provenaient d'Afrique, et les principales destinations étaient la France et le Royaume-Uni.

En France, les demandes d'asile s'élèvent à près de 42.000, 30.000 demandes en Allemagne et autant au Royaume-Uni.

… le nombre d’étudiants étrangers en hausse
Les effectifs d'étudiants étrangers dans les pays de l’OCDE ont augmenté de plus de 40% depuis 2000. Des pays comme la Nouvelle-Zélande, la République tchèque mais aussi l'Irlande, l'Australie, la France ont enregistré des augmentations supérieures à 50%.

L’ouverture de l’Europe
Changement net en Europe où les mouvements ont été largement influencés par l'accroissement des flux en provenance d'Europe centrale et orientale avec l'élargissement de l'UE (mai 2004) et l'adhésion récente de la Bulgarie et de la Roumanie (janvier 2007). En dehors de l'Europe, les migrations principales sont originaires d'Inde et de Chine.
© 20 Minutes

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HALTE À L’HOMOPHOBIE !

25/06/2007 - Hostilité explicite ou implicite à l’encontre des homosexuels relevant de la peur, de la haine, de l’aversion ou encore de la désapprobation envers l’homosexualité, l’homophobie latente ou décomplexée de notre société (dite moderne!) continue de faire des ravages. Les préjugés et les discriminations anti-homosexuels ont plus que jamais la cote. Il serait bon de mettre fin à cette persécution sociale et religieuse qui relève d’un autre temps. C’est une simple question d’humanisme.

Un petit rappel historique s’impose. Ce n’est que le 27 juillet 1982 que la France (« pays des droits de l’homme » !) vote l’abrogation du délit d’homosexualité, à l’initiative de Robert Badinter. L’homosexualité est retirée de la liste des maladies mentales de l’OMS seulement en 1991. En France, la loi du 30 décembre 2004 créant la « Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité » a, pour lutter contre l’homophobie, complété les dispositions de la loi sur la presse de 1881 en faisant des délits de l’injure, la diffamation, l’incitation à la haine ou à la discrimination envers des personnes ou groupes de personnes en raison de leur orientation sexuelle par tous les moyens d’expression publique.

De nos jours, les actes homosexuels sont encore passibles de peine de mort dans sept pays : Afghanistan, Arabie saoudite, Iran, nord du Nigeria, Mauritanie, Soudan et Yémen. Ces législations sont effectivement appliquées. L’homosexualité est toujours punie d’emprisonnement (de quelques mois à la perpétuité), de sévices corporels, de déportation ou de travaux forcés dans une soixantaine de pays dont : Algérie, Bangladesh, Botswana, Cameroun, Chine, République démocratique du Congo, Émirats arabes unis, Équateur, Éthiopie, Îles Fidji, Guyana, Jamaïque, Kenya, Libye, Malaisie, Maroc, Mozambique, Nicaragua, Nigeria, Oman, Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Singapour, Sri Lanka, Syrie, Tanzanie, Togo, Zambie. Cette liste n’est pas exhaustive. En Grande Bretagne l’interdiction des homosexuels était en vigueur dans l’armée jusqu’à il y a un an.

Rappelons aussi que de 1941 à 1945 de nombreux homosexuels furent déportés dans les camps de concentration nazis. Le triangle rose qu’ils portaient sur la poitrine est devenu, avec le drapeau arc-en-ciel, l’un des symboles de ralliement gays (pointe tournée vers le bas).

Que l’hostilité envers les homosexuels relève de la peur irrationnelle ou bien de la désapprobation morale, elle a dans tous les cas des conséquences dommageables. Une enquête publiée par l’Institut de veille sanitaire (InVS) indique que les tentatives de suicide sont cinq fois plus élevées chez les homosexuels que chez les autres, et encore plus chez les moins de 25 ans. Cela doit nous interpeller. Le rejet systématique de l’homosexualité par la société est dévastateur. Force est de constater que les préjugés homophobes sont toujours aussi tenaces, malgré les avancées législatives. Les passages à tabac, les moqueries, les mises à l’écart, les insultes « tapette », « tantouse », « pédé », etc. sont monnaie courante.

Certains argueront qu’ils ne sont pas homophobes, au sens où ils n’ont ni peur des homosexuels ni peur de devenir homosexuel, mais voient dans l’homosexualité une perversion morale. Ce débat sémantique n’a aucun sens, il ne fait que dissimuler les conséquences de l’homophobie : humiliation, isolement, exclusion, solitude, repli sur soi, dépression et suicide.

Les hommes politiques Emmanuel Hamel, François Abadie et Bernard Seillier ont, en séance de lecture au Sénat lors des discussions sur le Pacs, déclaré, entre autres, que l’acronyme Pacs signifiait « Pacte de contamination sidaïque » ou bien que « les citoyens normaux n’ont pas à payer pour les pédés », ou enfin que le projet en question était une « quête pathétique des homosexuels à l’égard du mariage, [qui] allait précipiter la société vers une aggravation de ses pathologies, déjà perceptibles par la drogue, les suicides... ». Les débats sur le PACS à l’Assemblée nationale seront prétextes à certaines répliques : « Il n’y a qu’à les stériliser », « et les animaux de compagnie ? ».

On a tout entendu lors de ce débat, que le Pacs détruirait la structure familiale et remettrait en cause les fondements mêmes de la société. La droite a eu un comportement honteux, excessif et lâche lors de la discussion. Seule Roselyne Bachelot a démontré tout son courage et sa force de conviction à la tribune en se prononçant en faveur de cette mesure.

Le député UMP Christian Vanneste avait affirmé que l’homosexualité était « une menace pour l’humanité ». « Je n’ai parlé que d’infériorité morale et sociale du comportement homosexuel par rapport au comportement hétérosexuel qui conduit au mariage et à la procréation » ou encore « L’homosexualité n’est pas innée, mais acquise [...]. Si l’homosexualité est acquise, elle peut aussi être rééduquée. »

Suprématie de modèle hétérosexuel
On peut estimer que l’homophobie est un effet de l’« hétérocentrisme », c’est-à-dire la suprématie du modèle social hétérosexuel, présenté comme le seul existant par défaut dans les sociétés actuelles.

Curieusement, lorsque l’on parle de l’homosexualité, on pense davantage à l’union de deux hommes qu’à l’union de deux femmes, comme si la première était plus à même de choquer. Une hypothèse est que l’homophobie n’est qu’une conséquence de la conception machiste de la société aussi bien chez les hommes que chez les femmes, qui impose à l’homme un devoir de domination et de virilité. Ce carcan interdit à l’homme d’apparaître en situation d’infériorité. La femme est son faire-valoir. Cela explique que les hommes efféminés soient traités de « tapette » puis de « pédé », et qu’inversement tous les homosexuels soient perçus comme efféminés. L’homme pénétré effraie l’homophobe car il contredit l’ordre « naturel » des choses, comme si la pénétration d’un homme pouvait être le symbole d’une perte d’intégrité et de virilité. En sorte, c’est le fait qu’un homme puisse être pénétré qui contredit le schéma stéréotypé dévolu aux sexes : la femme est passive, l’homme actif. Or, entre deux hommes, la notion de rôle actif et de rôle passif est réduite à néant.

On en est arrivé à l’équation homosexuel = efféminé = faible = séropositif = pervers = malade. Cet amalgame immonde est une arme de destruction massive.

Une expérience menée par l’American Psychologist Association montre que l’homophobie peut être le résultat de désirs homosexuels refoulés : sur un public d’hommes se disant hétérosexuels - et se déclarant homophobes ou non - auxquels on a fait visionner des images érotiques homosexuelles, 44% des non-homophobes ont montré des traces d’excitation, contre 80 % des homophobes. De même, 24 % des non-homophobes étaient en érection complète contre 54 % pour les homophobes.

On trouve le plus grand nombre d’homophobes parmi les hommes, surtout les jeunes. L’homophobie peut être simplement culturelle ; ce n’est ni une peur innée ni une réflexion construite qui en est à l’origine, mais souvent un trait culturel acquis au contact d’une société globalement homophobe par habitude. Beaucoup des jeunes se disant dégoûtés par l’homosexualité n’ont en effet aucun avis réel sur la question et ne sont pas capables d’expliquer leur homophobie. Celle-ci fait partie de la culture dans laquelle ils se développent, souvent influencée par la religion.

Sida
Ajoutons que le Sida a considérablement retardé la lutte contre l’homophobie, une grande partie de la société étant persuadée que les pratiques homosexuelles étant plus libres et supposées plus dangereuses, les homosexuels contribuent plus que les autres à propager le Sida. Cela a renforcé l’idée d’une communauté homosexuelle. Enfin, cessons de parler de communauté homosexuelle. A-t-on déjà parlé de communauté hétérosexuelle ? Le fait d’accorder un statut spécial participe de la discrimination. L’orientation sexuelle ne constitue pas la caractéristique première, essentielle et congénitale d’un être humain ! Ce n’est qu’une des nombreuses composantes de la personnalité. Dans le même ordre d’idée, la Gay Pride est peut-être contre-productive car elle véhicule une image unique et fantaisiste.

Condamnation religieuse
Dans une lettre datée de 1986, le cardinal Ratzinger, aujourd’hui devenu pape sous le nom de Benoît XVI, décrivait l’homosexualité comme un « mal moral », « un désordre objectif qui est contraire à la sagesse créatrice de Dieu ». Mgr Ratzinger recommandait qu’un « souci spécial devrait être porté sur les personnes de cette condition, de peur qu’ils soient menés à croire que l’activité homosexuelle est une option moralement acceptable ». Il concluait sa lettre en souhaitant que soit retiré « tout appui envers un organisme qui cherche à contredire ces enseignements ».

En juillet 1992, le Vatican envoie une lettre aux évêques américains signée par le cardinal Ratzinger, dans laquelle les discriminations envers les homosexuels sont justifiées dans certains domaines : le droit à l’adoption, les homosexuels dans l’armée, l’homosexualité des enseignants. Ratzinger soutient que tenir compte de l’orientation sexuelle n’est pas « injuste ». Poursuivant le raisonnement, il n’hésite pas à affirmer qu’en demandant des droits, les gays et les lesbiennes encourageraient les violences homophobes. « Ni l’Église ni la société ne devraient être étonnées quand les réactions irrationnelles et violentes augmentent ».

Le grand rabbin Richard Wertenschlag tenait les propos suivants dans Lyon Capitale le 13 février 2007:

“Les homosexuels ont des problèmes médicaux de type génétique ou des problèmes de pulsions. Il faut donc mettre des parapets, des limites, ou alors on devient une société décadente avec des zoophiles et des pédophiles.”
“L’homosexualité est contraire aux codes voulus par Dieu.”
“Il ne faut pas aller plus loin que le Pacs qui est déjà une grande concession !”
“Les homosexuels n’ont pas de respect pour les croyants puisqu’ils voulaient faire une gay pride à Jérusalem. Pourquoi pas sur la place Saint-Pierre ou à la Mecque ?”

Le mufti suprême de la région de Talgat Tajuddin en Russie a également déclaré à l’occasion de la Gay Pride : "S’ils vont dans la rue, il faudra les frapper. Tous les gens normaux le feront, qu’ils soient musulmans ou orthodoxes." Il a ajouté que le prophète Mahomet a ordonné de tuer les homosexuels, car "leur comportement conduirait à la fin de l’espèce humaine".

Les « fidèles » prennent désormais de plus en plus leurs distances avec ces directives, mais le chemin pour le « désendoctrinement » reste long.

Enfin, les « homophobes tolérants ( !) » qui disent ne rien avoir contre l’homosexualité du moment qu’elle est dissimulée, ou du moins pas affichée, condamnent de fait les homosexuels à l’isolement : sur son lieu de travail, dans sa famille ou son cercle d’amis, on imagine mal l’intéressé dire « ce week-end avec ma copine... » comme les autres.

Alors ceci est un appel à tous les progressistes. Nous sommes au XXIe siècle. Tous ceux qui se font les chantres de l’antiracisme devraient être aux premières loges de la lutte contre l’homophobie, bien plus destructrice. Car contrairement au racisme, la victime ne peut pas se tourner vers un soutien familial ou communautaire. Nous ne pouvons plus tolérer cette violence gratuite.
© AgoraVox

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POUR UNE COALITION INTERNATIONALE DES VILLES CONTRE LE RACISME (UNESCO)

24/06/2007 - Avec l’UNESCO, avec la société civile lyonnaise, je me suis battue depuis des années pour le respect des droits et contre les discrimination. En 2004 mars, j’ai participer, à Nuremberg, au lancement de la Coalition Européenne des villes contre le racisme. Une initiative proposée par l’UNESCO qui vise à établir un réseau des villes intéressées par l’échange d’expériences afin d’améliorer leurs politiques de lutte contre le racisme, la discrimination et la xénophobie. En effet, des conventions, recommandations ou déclarations internationales élaborées en amont sont ratifiées et mises en œuvre par les États. Toutefois, afin de traduire en actions concrètes ces instruments internationaux et nationaux, il est extrêmement important d’impliquer les acteurs sur le terrain, y compris les victimes des discriminations.

Aujourd’hui, il ya urgence. C’est pourquoi, l’UNESCO a choisi la ville comme un espace privilégié pour lier entre elles les actions en amont et en aval. Décideurs politiques au niveau local, les autorités municipales occupent une position clé pour impulser ces synergies. L’objectif final est d’impliquer dans une Coalition internationale les villes désireuses de mener ensemble une lutte concrète contre le racisme. Afin de prendre en compte les spécificités et les priorités de chaque région du monde, des Coalitions sont d’abord créées à l’échelle régionale. Elles se dotent chacune d’un programme commun d’action.

La Coalition européenne des villes contre le racisme est la première étape dans la création de la Coalition internationale. Le Plan d’action en dix points de la Coalition européenne des Villes contre le racisme a été finalisé. En étroite coopération avec la Ville de Nuremberg (Allemagne) qui a joué le rôle de « ville-chef de file » pour l’Europe, l’UNESCO y a organisé une réunion d’experts en juillet 2004. Envoyés par les villes de Barcelone, Cracovie, Paris, Saint-Denis, Stockholm, outre Nuremberg, représentant d’ONG ou chercheurs, ces experts ont discuté des éventuelles actions à prendre en compte dans le Plan d’action. Ce Plan d’action est composé de dix engagements couvrant différents domaines de compétence locale tels que l’éducation, le logement, l’emploi ou les activités culturelles et sportives. Il suggère particulièrement des choix d’action que les autorités locales peuvent compléter et développer.

Selon l’UNESCO, les villes signataires s’engageront à intégrer le Plan d’action dans leurs stratégies et politiques municipales. Elles veilleront à y faire participer les divers acteurs de la société civile à sa mise en œuvre. En ce moment, des initiatives similaires sont en processus de création dans les autres régions du monde, avec l’Asie-Pacifique, l’Afrique et l’Amérique Latine-Caraïbes qui devraient établir leurs coalitions en 2006 et le Moyen-Orient en 2007.

Devant la montée des sentiments racistes et discriminatoires partout dans le monde un travail de réflexion et d’information collective et pédagogique sur comment les villes « leaders » de chaque région essayent d’affronter ce problème ainsi que les initiatives et actions qu’ils mettent en place est urgent.

Comme présidente du comité du pilotage du Conseil des Résidents Etranger Lyonnais, j’ai participé à une table-ronde avec des maires ou des représentants des villes « leader » de chacune des coalitions régionales contre le racisme et la discrimination, pour présenter les expériences et échanger d’une façon comparative et avec la salle des différents méthodologies et initiatives dans leurs régions respectives.

De : Sabiha AHMINE
© Collectif Bellaciao

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Les titres de l'actualité du 22 Juin, 2007

PROCÈS EN APPEL DE GEORGE FRÊCHE (France)

21/06/2007 - Le président de Languedoc-Roussillon, ex-PS, s'en était pris, en février 2006, à des membres de la communauté harkie : "Vous êtes des sous-hommes, vous n'avez aucun honneur!". Il avait été condamné en première instance à 15.000 euros d'amende.

Le procès en appel du président de Languedoc-Roussillon Georges Frêche (ex-PS), pour avoir traité en février 2006 des harkis de "sous-hommes", doit se tenir jeudi 21 juin à 14h00. Le tribunal correctionnel de Montpellier avait condamné le 25 janvier dernier, Georges Frêche à 15.000 euros d'amende et la publication du jugement dans six journaux à la suite de ses propos. Georges Frêche était poursuivi pour "injures envers un groupe de personnes en raison de son appartenance ethnique, raciale ou religieuse", après avoir traité les Algériens qui s'étaient ralliés à la France pendant la guerre d'Algérie de "sous-hommes".

"Sous-hommes"
Le 11 février 2006, à Montpellier, lors d'une cérémonie d'hommage à un ancien porte-parole de la communauté pied-noir, Georges Frêche s'en était pris à des membres de la communauté harkie qui avaient participé le même jour à une manifestation de l'UMP: "Vous êtes allés avec les gaullistes (...). Ils ont massacré les vôtres en Algérie et encore, vous allez leur lécher les bottes! (...) Vous êtes des sous-hommes, vous n'avez aucun honneur!", avait-il lancé.
© Le Nouvel Observateur

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REÇU À L'ELYSÉE, LE PEN SALUE LE "GESTE DÉMOCRATIQUE" DE SARKOZY (France)

20/06/2007 - Reçu mercredi matin à l'Elysée pendant une demi-heure par Nicolas Sarkozy dans le cadre de ses consultations sur le Conseil européen de jeudi et vendredi, Jean-Marie Le Pen a salué le "geste démocratique" du chef de l'Etat, qui met selon lui fin à une "anomalie".

"Je note que le président de la République a depuis longtemps pris l'initiative de recevoir le président du Front national, ce que je considère comme un geste démocratique", s'est félicité le président du FN à l'issue de cette entrevue inédite. "C'était une anomalie que le Front national ne soit pas considéré comme un parti politique comme les autres".

Alors qu'on lui demandait s'il était fier de se retrouver à l'Elysée, il a balayé la question, agacé. "Non Monsieur! J'y ai déjà été bien avant, vous savez. J'ai une vie politique de cinquante ans, j'ai rencontré d'autres présidents de la République".

Nicolas Sarkozy "m'a entretenu de ses projets européens. Je lui ai dit, ce qu'il savait déjà, nos profondes divergences sur ce sujet et nous avons procédé à un échange de vues général", a ajouté Jean-Marie Le Pen.

Interrogé sur TF1, Nicolas Sarkozy a justifié sa décision de le recevoir. "J'ai vu que ça étonnait. Je comprends pas bien", a-t-il dit. "Jean-Marie Le Pen a le droit de se présenter aux élections (...) Il rassemble sur son nom des millions de personnes" et "moi je devrais tout seul dire (...) 'je ne reçois pas'?".

"S'il a le droit de se présenter c'est que la République le reconnaît comme un candidat comme les autres", a ajouté le chef de l'Etat. "Peut-être je suis celui qui l'a fait reculer le plus", a-t-il noté au passage.

Evoquant les critiques du Parti socialiste, il a rétorqué dans une allusion à la réforme du mode de scrutin aux législatives de 1986 décidée par le président François Mitterrand: "j'ai tort de le recevoir dans mon bureau, mais eux ils l'avaient reçu à l'Assemblée nationale! Ils l'avaient fait élire en modifiant le mode de scrutin".

Le leader d'extrême droite, qui a commencé sa carrière politique en 1956, avait déjà été reçu à l'Elysée sous la IVe République par le président René Coty (1954-59), puis à deux reprises sous la Ve République lors de l'intérim d'Alain Poher (du 28 avril au 19 juin 1969, puis du 2 avril au 19 mai 1974), selon le directeur de la communication du FN Alain Vizier. Ce dernier n'était pas en mesure de fournir les dates précises.

Le prédécesseur de Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac, a toujours refusé de recevoir Jean-Marie Le Pen à l'Elysée, de même que le socialiste François Mitterrand.

Le 6 juin dernier, dans un entretien au "Figaro", le chef de l'Etat avait annoncé son intention de recevoir "toutes les formations politiques représentées à l'Assemblée, au Sénat et au Parlement européen" sur la question de la proportionnelle. Interrogé sur le FN, Nicolas Sarkozy avait répondu: "Au nom de quoi l'écarterais-je, dès lors qu'il a des élus?"

Dans un communiqué, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) a déploré mercredi "un geste grave de respectabilité donnée au président d'un parti raciste et xénophobe qui fut à de multiples reprises condamné par la justice de notre pays pour ses propos racistes et antisémites". Le MRAP "s'interroge par ailleurs sur la sincérité et l'authenticité vis-à-vis du respect de certaines valeurs par le président de la République, qui invite le Président d'un parti raciste au lendemain même de nomination de secrétaire d'Etat dit de la 'diversité'".

"Cette forme de reconnaissance officielle s'inscrit dans un contexte de remontée inquiétante des 'nationalismes' étroits et exclusifs de l'autre (aussi bien en France qu'au sein de l'Union européenne ou au niveau mondial). Elle est la traduction logique d'une politique sécuritaire, anti-immigrés, menée par M. Sarkozy et qui tourne le dos aux valeurs de la République", juge le MRAP.
© Le Nouvel Observateur

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RAMA YADE ET FADELA AMARA, LES NOUVEAUX VISAGES DU GOUVERNEMENT (France)

20/06/2007 - Nicolas Sarkozy souhaitait un gouvernement d'ouverture et représentatif de la diversité de la société française. A cet égard, l'entrée au gouvernement de Rama Yade et de Fadela Amara est tout un symbole. L'une est une jeune femme prometteuse de l'UMP, l'autre vient des rangs de la gauche et est la fondatrice de la société "Ni putes, ni soumises". Rama Yade a été nommée secrétaire d'Etat aux affaires étrangères et aux droits de l'homme, Fadela Amara a été nommée secrétaire d'Etat à la politique de la ville. Portrait croisé de deux femmes incarnant la discrimination positive prônée par Nicolas Sarkozy.

Deux femmes aux origines très différentes
Fadela Amara a 43 ans. Son père, un Kabyle algérien qui travaillait dans le bâtiment, s'est installé en France en 1955. Elle a vécu dans une cité de Clermont-Ferrand fréquentée par des habitants tous issus du Maghreb au point qu'elle avait l'impression de vivre "dans un village arabe". Ses parents sont analphabètes et Fadela Amara est issue d'une famille nombreuse de 10 enfants. Très tôt, elle s'est lancée dans le militantisme en participant à la marche des beurs en 1983, puis en adhérant à SOS Racisme en 1986. En 2003, après la mort de Sohane, une jeune fille brûlée vive dans un quartier, elle a fondé l'association "Ni putes, ni soumises".
Le parcours de Rama Yade est très différent. Elle a passé son enfance au Sénégal dans un milieu social favorisé : sa mère était enseignante et son père diplomate (il a même été secrétaire particulier du président socialiste Léopold Sédar Senghor). Le contexte socio-familial change en arrivant en France. Elle vit dans un premier temps dans un quartier résidentiel de Colombes avant d'aller dans une cité de Colombes avec sa mère qui s'est retrouvée seule à élever ses enfants. Après avoir fait des études dans une école privée catholique, Rama Yade a obtenu le poste d'administratrice au Sénat.

Une décision difficile à prendre pour l'une, plus facile pour l'autre
Fadela Amara a été contactée une première fois pour faire partie du premier gouvernement Fillon. Elle avait refusé en expliquant qu'elle se sentait plus utile à la tête de son association "Ni putes, ni soumises". Finalement, la deuxième tentative fut la bonne, elle s'est laissée tenter par l'aventure même si la décision fut difficile à prendre car c'est une femme de gauche. Sa nomination a déjà suscité de nombreuses critiques à gauche et en banlieue. On l'accuse d'opportunisme. De son côté, elle répond que son combat n'a pas de clivage politique et qu'elle souhaite transformer la vie dans les quartiers.
Rama Yade n'a pas eu de difficultés à accepter le poste de secrétaire d'Etat. Femme de droite mariée à un socialiste, elle a soutenu Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle. Administratrice au Sénat, elle avait également des responsabilités à l'UMP en tant que secrétaire nationale chargée de la francophonie.

Rama Yade, la benjamine du gouvernement
Agé de 30 ans, Rama Yade est la plus jeune du gouvernement. Elle entre au Quai d'Orsay dans un ministère ou tous les autres responsables politiques sont issus de la gauche : Bernard Kouchner (ministre), Jean-Pierre Jouyet (secrétaire d'Etat), Jean-Marie Bockel (secrétaire d'Etat).
Dans un premier temps, elle avait été pressentie pour occuper le poste de secrétaire d'Etat à la francophonie ou à l'intégration mais elle ne souhaitait pas s'enfermer dans ces thématiques à cause de ses origines. Elle a donc obtenu le poste de secrétaire d'Etat aux droits de l'homme avec une mission qui reste à définir. Au moment de sa nomination, Nicolas Sarkozy lui aurait conseillé d'attendre quelques semaines avant d'intervenir dans les médias, le temps de s'habituer à sa nouvelle fonction. Le président de la République l'a mis en garde contre son franc-parler qu'elle ne maîtrise pas toujours.

Christine Boutin et Fadela Amara, le tandem improbable
Fadela Amara est secrétaire d'Etat, sous la tutelle de la ministre du logement et de la ville, Christine Boutin. Elles le reconnaissent elles-mêmes, leur duo est improbable. Christine Boutin représente la droite catholique, l'opposante au PACS, celle qui considère l'avortement comme un acte inhumain. Fadela Amara est une féministe qui a défendu, avec son association "Ni putes, ni soumises", le droit des femmes à disposer de leur corps, la lutte contre l'oppression dont sont victimes les femmes, notamment dans les banlieues.
Christine Boutin et Fadela Amara s'étaient déjà rencontrées sur des plateaux de télévision pour s'affronter. Elles vont devoir travailler ensemble pour tenter de sortir la banlieue du ghetto dans lequel elle est en train de s'enfermer.

De l'image à l'action
Si la nomination de ces deux femmes issues de l'immigration répond à une volonté de nommer un gouvernement plus représentatif de la société, leur présence ne doit pas être une fin en soi. Ministre délégué à l'égalité des chances dans le gouvernement Villepin, Azouz Begag n'avait aucun budget, ni administration sous son autorité. Sa mission était avant tout symbolique. A Rama Yade et Fadela Amara de montrer qu'elles ne sont pas qu'une simple caution médiatique.

Sources
- Anne Chemin, Fadela Amara, le pari d'une insoumise, Le Monde, Jeudi 21 juin 2007
- Marion Van Renterghem, Rama Yade, la Condi Rice de Sarkozy, Le Monde, Jeudi 21 juin 2007
- Judith Waintraub, Amara, l'atout banlieues, Le Figaro, Mercredi 20 juin 2007
© Politique

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EN BANLIEUE, LES ASSOCIATIONS SALUENT "L'OUVERTURE À LA DIVERSITÉ" (France)

20/06/2007 - Au téléphone, Dominique Sopo, président de SOS-Racisme, éclate de rire quand il imagine Fadela Amara, nouvelle secrétaire d'Etat à la politique de la ville et militante laïque, travailler avec Christine Boutin, sa ministre de tutelle et consultante officielle du Vatican pour la politique familiale. Mais, sur le fond, sur sa nomination et celle de deux autres femmes issues de l'immigration dans le gouvernement Fillon 2, le militant salue le message envoyé par la droite. "C'est une bonne chose. Avec ce gouvernement, on a une représentation de la diversité qui est une première dans ce pays."

La présence de trois ministres et secrétaires d'Etat satisfait les associations des quartiers populaires qui soulignent volontiers que la droite a réussi là où la gauche n'a fait que multiplier les promesses. "L'ouverture à la diversité n'a jamais été faite par la gauche mais par la droite, qui avait déjà promu des gens comme Tokia Saïfi ou Azouz Begag", réagit Azedine Haffar, président de l'Association nationale des élus de banlieue (ANEB). "Je ne suis qu'à moitié surpris de l'audace de Sarkozy. Ça révèle un peu plus la frilosité et l'effrayant esprit conservateur du Parti socialiste", ajoute Karim Zéribi, président du Parlement des banlieues, candidat indépendant et malheureux de la "diversité" pour les législatives à Marseille.

Alors que les choix de Rachida Dati, pour le ministère de la justice, et de Rama Yade, pour le secrétariat d'Etat aux droits de l'homme, ne soulèvent aucune polémique, la promotion de Fadela Amara est néanmoins critiquée par une partie des associations. D'abord parce que la nouvelle secrétaire d'Etat est accusée d'avoir donné une image trop négative des banlieues à travers la dénonciation des violences faites aux femmes et du sexisme des jeunes hommes. "Fadela Amara a été très attaquée par des associations qui estimaient qu'elle stigmatisait beaucoup trop les jeunes des quartiers", explique Sonia Imloul, présidente de Respect 93, membre du Conseil économique et social.

Dans un univers où les divisions sont parfois très profondes, des responsables associatifs l'accusent de parler des banlieues sans connaître le terrain et d'utiliser les médias pour son intérêt personnel. "Vu de Saint-Germain-des-Prés, elle donne peut-être l'impression d'être dans les quartiers. Mais pour ceux qui y travaillent, qui sont dans les tribunaux avec les jeunes, qui soutiennent les familles dans leurs tâches d'éducation, qui font du soutien scolaire, ça fait belle lurette qu'on n'entend plus parler d'elle", relève ainsi Stéphane Ouraoui, président de l'association Pas de quartier, tous citoyens, qui ne craint pas, contrairement à d'autres responsables, de parler à visage découvert.

"PILULE AMÈRE"
L'engagement de Mme Amara auprès de Nicolas Sarkozy, toujours aussi rejeté dans les cités populaires, risque d'ajouter une couche supplémentaire dans les critiques. Y compris parmi ses anciens soutiens. Au sein de l'association Ni putes ni soumises, qui faisait déjà l'objet de réactions hostiles en raison de ses prises de position féministes, on s'inquiète ainsi ouvertement des conséquences de la "trahison" de la fondatrice. "Notre démarche n'est jamais facile dans certaines cités. Sa nomination ne va pas simplifier le dialogue, certains comités locaux vont se trouver en difficulté", note Riva Gherchanoc, présidente du comité local de Seine-Saint-Denis.

Les annonces sur la composition du gouvernement n'effacent pas, par ailleurs, la profonde colère ressentie après les législatives. "Ces nominations au gouvernement peuvent créer un peu d'espoir. Mais la pilule reste amère après les élections que l'on vient de connaître : cela apparaît comme un cache-misère alors qu'aucun candidat aux législatives issu de la diversité n'a pu être élu", souligne Stéphane Ouraoui. Quant à l'impact pour l'image de Nicolas Sarkozy dans les banlieues, Dominique Sopo reste sceptique. "Une nomination ne change pas grand-chose dans l'image d'un président ou d'un gouvernement. Ce qui peut changer, c'est la politique mise en oeuvre, notamment la marge de manoeuvre donnée aux personnalités qu'on vient de nommer", note le président de SOS-Racisme.

A gauche, Fadela Amara est très critiquée
Les réactions à gauche à la nomination de Fadela Amara, jusqu'à présent conseillère municipale (PS) de Clermont-Ferrand, comme secrétaire d'Etat à la politique de la ville n'ont pas tardé. Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée, a fait part de son "indignation et écoeurement". Jean Glavany (Hautes-Pyrénées, PS) a expliqué avoir la même réaction que pour les nominations de MM. Hirsch, Kouchner et Besson : "Qu'ils se regardent dans la glace. Nous, on a autre chose à faire." Claude Bartolone (Seine-Saint-Denis, PS) s'est dit "triste" : "C'est le paquet cadeau et les grosses ficelles". Clémentine Autain, adjointe (app. PCF) au maire de Paris, a jugé "pour le moins troublant l'alliage entre une militante qui se dit féministe et une tenante de l'ordre moral, hostile à l'avortement (Christine Boutin, sa ministre de tutelle)".

Luc Bronner
© Le Monde

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CLAUDE RIBBE DÉMISSIONNE DE LA PRÉSIDENCE DU COLLECTIF DOM (France)

20/06/2007 - Suite à un communiqué, contre la reprise de la fréquence de la radio "Média tropical" par la future radio de Claudy Siar "Tropique FM", publié sans son accord Claude Ribbe démissionne du Collectif.

Communiqué de Claude Ribbe
J'ai reçu, ce matin, avec une certaine stupéfaction, un communiqué du CollectifDom, l'association que j'ai accepté de présider depuis l'automne, à la demande de son bureau et dans le contexte d'une situation difficile qui n'était pas de mon fait. Ce communiqué, intitulé Les fossoyeurs de Mediatropical tombent le masque, était signé de deux membres du bureau qui, ni l'un ni l'autre, n'ont cru utile de me le soumettre au préalable. Ce n'est pas la première fois que cela se produit.

Cette fois, le texte en question n'était pas anodin. J'ai vu dans ce communiqué, destiné en apparence à aider la radio Mediatropical - que j'ai été l'un des premiers à soutenir dans la crise qu'elle traverse - une violente dénonciation de l'afrocentrisme. J'y ai vu aussi la critique non dissimulée d'un prétendu "complot" africain contre l'Outre-mer. Cette prise de position et les déclarations graves qui
l'accompagnent (visant nommément plusieurs personnes) supposaient un débat préalable qui n'a pas eu lieu au sein du CollectifDom.

Ne serait-ce que par principe, je me désolidarise de la manière la plus formelle de ce communiqué et je laisse à ses auteurs l'entière responsabilité de leurs propos.

Sur le fond, je ne suis pas sûr que ce genre d'initiative soit de nature à aider Mediatropical ni l'Outre-mer. S'il est nécessaire de préserver la spécificité de l'Outre-mer et de se garder de toute dérive "ethno-raciale" tendant à réduire les problèmes des Ultramarins (comme des Afro-Français) à une prétendue "question
noire", cela ne doit pas, à mon avis, amener - même pour des raisons supposées bonnes - à attiser la haine entre Français ni entre Français et habitants d'un continent pauvre et martyrisé. Cette vision du monde n'est pas la mienne et ce texte n'a rien à voir avec mes convictions ni avec mes combats contre le racisme et la xénophobie.

En conséquence, ne fût-ce que par souci d'honnêteté intellectuelle, j'ai décidé de présenter ma démission de la présidence du CollectifDom à la prochaine réunion de son bureau. D'ici là, j'assurerai néanmoins le suivi des affaires courantes de l'association afin de ne la pas gêner dans son fonctionnement.

Le communiqué du Collectif Dom qui a provoqué la démission de Claude Ribbe
Les fossoyeurs de Média Tropical tombent le masque !

Chers Compatriotes,

Les fossoyeurs de Média Tropical montrent enfin leurs vrais visages. Comme le Collectifdom le dénonce, un quarteron d'ambitieux afrocentristes tente de faire main basse sur les originaires d'Outre-mer, en s'accaparant du premier outil destiné à la promotion de leur culture, de leur identité et des valeurs de l'Outre-mer.

Nous savons désormais que derrière Claudy Siar qui a fait l'essentiel de sa carrière en Afrique se « cachent » :

1.. Calixte Belaya, qui milite pour la cause africaine ;

2.. Salomon Mézépo dit « Imhotep » selon la terminologie propre à la
Tribu Ka, militant du monde panafricain qui a pour devise : «
stimuler le Génie Africain » ;

3.. Philippe Omotundé connu pour son militantisme afrocentriste et
accessoirement, adepte de la Tribu Ka, etc.

Le Cran dont le vocabulaire se limite juste au mot « noir », complète cette alliance de circonstance hétéroclite et originale à forte dominante africaine, qui prétend autoritairement et sans légitimité, incarner « la diversité » en s'accaparant du seul média destiné à représenter les valeurs de l'Outre-mer sur la bande FM, et noyer ainsi, les ultramarins dans une sorte de « melting pot noir ». Dans une nouvelle forme d'assimilationnisme fondée sur un critère fort cher au Cran et à ses adeptes, la couleur de peau, en se servant du 92.6 comme outil de propagande.

D'abord, l'Outre-mer c'est l'Outre-mer et non pas la diversité ! L'Outre-mer, ce n'est pas l'afrocentrisme ! C'est une communauté forte de sa propre histoire, de sa propre culture,de ses propres valeurs qui enrichissent l'identité Nationale et la diversité Républicaine.

Il ne saurait y avoir de confusion entre l'idéologie afrocentriste, entre le « noirisme » et ses dérives potentielles et la culture de l'Outre-mer !

Le rejet d'une représentation afrocentriste de l'Outre-mer est clairement signifié par les originaires d'Outre-mer dont plus de 30 000 ont signé la pétition de soutien à Média Tropical. La pétition en ligne sur a pour sa part déjà recueilli 9437 signataires - (chiffres arrêtés au 17 juin) - dont 300 signataires en 24h, après la diffusion de deux communiqués récents de Claudy Siar et de des amis.

C'est un avertissement clair que le CSA doit prendre en compte, et que tente de brouiller Claudy Siar et ses amis par des actes de désinformation, de mensonges et d'intimidation.

Il ne s'agit nullement de polémique, mais bien de défendre la représentation légitime des originaires d'Outre-mer sur la bande FM, à travers le maintien de l'autorisation d'émettre de Média Tropical.

Le collectifdom et l'association de défense de Média Tropical, soutenus par des personnalités fortes et des associations représentatives de l'Outre-mer dénoncent une nouvelle fois cette OPA tentée sur la Communauté d'Outre-mer, appelle à la vigilance et au rejet d'un projet étranger à leurs préoccupations.

Charles DAGNET
Daniel DALIN
Secrétaires généraux
© Net Massif

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10.000 EUROS D'AMENDE REQUIS CONTRE DIEUDONNÉ (France)

Le procureur du tribunal correctionnel de Paris, Laurent Zuchowicz, a requis hier une amende de 10 000 euros contre Dieudonné pour propos antisémites. Absent à l'audience tout comme son avocat, l'humoriste avait parlé de "pornographie mémorielle", à propos de la Shoah.

20/06/2007 - Une amende de 10.000 euros a été requise mardi contre l'humoriste Dieudonné pour des propos antisémites, notamment l'expression "pornographie mémorielle", à propos de la Shoah, tenus lors d'une conférence de presse à Alger en février 2005. Le procureur de la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, Laurent Zuchowicz, a demandé une condamnation pour "diffamation publique à caractère racial" de Dieudonné, absent comme son avocat de l'audience. Le tribunal rendra son jugement le 11 septembre.

Lors d'une conférence de presse sur un de ses spectacles, le 16 février 2005 à Alger, Dieudonné s'en était pris au "lobby sioniste, qui cultive l'unicité de la souffrance", et aux "autorités sionistes (qui), avec l'argent public, confisquent la création culturelle et ont déclaré une guerre au monde noir".

Au cours de la même conférence de presse, dans des propos rapportés par plusieurs médias français, Dieudonné avait également parlé de "pornographie mémorielle". Il avait par la suite expliqué viser par cette expression "l'instrumentalisation de la Shoah", ce qu'il a redit mardi dans une lettre au tribunal lue à l'audience.
© Libération

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MENACÉ DE MORT EN RUSSIE ET D'EXPULSION EN FRANCE

Un journaliste russe réfugié dans l'Hexagone depuis deux ans s'est vu refuser sa demande d'asile. Par Julien BRYGO

20/06/2007 - En face de l'agent de l'Ofpra (1), Alexeï Ginkovskiy, journaliste et écrivain russe, explique s'être senti «déstabilisé» et incapable de défendre son dossier : «Le dispositif symbolique est tellement impressionnant lors de ces entretiens individuels ­ en gros, le candidat joue pour le droit de vivre ou la possibilité de mourir ­ que les candidats à l'asile ne peuvent souvent pas apporter les preuves de la répression qu'ils subissent dans leur pays.»

Dans son cas, les preuves sont essentiellement immatérielles, comme le passage à tabac et les menaces téléphoniques dont il a fait l'objet en 2005, et qui ont été les éléments déclencheurs de son exil vers la France. Mais deux ans plus tard, ces faits sont difficiles à prouver, ce qui a conduit l'Ofpra à rejeter la demande d'asile de ce journaliste à Expert criminel ­ bihebdomadaire de faits divers. «Des hommes m'appelaient sans cesse pour me dire d'arrêter mes activités contre Edinaya Rossia [parti au pouvoir, ndlr]. J'ai dû cacher ma famille dans un autre appartement», explique-t-il.

Il vit maintenant à Dunkerque avec sa femme et ses deux enfants scolarisés, Sofia (7 ans) et Georgui (3 ans). L'allocation de 493 euros que le couple perçoit au titre de demandeurs d'asile prendra fin le 1er juillet, tout comme leur droit à résider dans un centre d'accueil pour demandeurs d'asile. Retour à la case Restos du coeur. Cette montagne de près de 1,90 mètre, au flegme mais aussi au fatalisme tout sibériens, temporise et fait beaucoup de yoga. Demain matin, il déposera à la préfecture de Lille une demande de titre de séjour. Seule une promesse d'embauche, qu'il n'a pas, pourrait faire pencher la balance en sa faveur. Car son dossier sera étudié non pas en fonction des menaces qui pèsent sur lui en Russie, mais de sa «capacité d'intégration» en France.

(1) Office français de protection des réfugiés et apatrides.
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«IL Y A UN AMALGAME ENTRE IMMIGRATION ET DROIT D'ASILE» (France)

Patrick Delouvin, d'Amnesty, critique la politique du gouvernement. Par Catherine COROLLER

20/06/2007 - A cause, principalement, de la situation en Irak, le nombre des réfugiés dans le monde a augmenté de 14 % en 2006. Ce chiffre s'établit s'établir à 9,9 millions de personnes, s'alarme le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés organisée aujourd'hui. Dans le même temps, l'Europe et la France se montrent de moins en moins accueillantes. La Cimade, service oecuménique d'entraide, publie un rapport sévère sur le traitement que les préfectures françaises réservent aux demandeurs d'asile. Selon elle, «les étrangers demandant une protection au titre de l'asile se heurtent à mille mécanismes administratifs ou juridiques avant d'avoir la possibilité, pour certains d'entre-eux seulement, de voir leur demande de protection réellement examinée par l'organisme habilité (l'Ofpra) à accorder le statut de réfugié». Entretien sur la politique de la France en la matière avec Patrick Delouvin, responsable du pôle France d'Amnesty Internationale.

Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité nationale, chapeautera le droit d'asile ; qu'en pensez-vous ?
Ce transfert de responsabilités n'est pas neutre [l'Ofpra était précédemment rattachée au ministère des Affaires étrangères, ndlr] et nous l'avons dit à Brice Hortefeux lorsque nous l'avons rencontré le 30 mai. Il a essayé de nous rassurer en parlant d'harmonisation des services. Mais une semaine plus tard, il a fait une communication en conseil des ministres sur sa «politique de l'immigration». Non seulement Brice Hortefeux a parlé d'asile dans le cadre de cette communication sur sa politique de l'immigration, ce qui est révélateur, mais le communiqué public n'en retient que l'angle de «la lutte contre les détournements du droit d'asile». Pour nous, c'est la confirmation de cet amalgame entre immigration et asile. Nous reconnaissons aux Etats le droit et le devoir de protéger les personnes qui résident sur leur territoire et d'en contrôler l'accès mais nous leur rappelons que les textes internationaux les obligent à reconnaître aux demandeurs d'asile le droit de ne pas être renvoyés vers le danger.

Historiquement, la France était plutôt accueillante pour les réfugiés. Est-ce toujours le cas ?
Le nombre des demandeurs est passé de 50/60 000, il y a 3, 4 ans, à 25 000 en 2006. Où sont les 25 000 autres ? Traditionnellement, les réfugiés l'étaient au titre de la Convention de Genève [du 28 juillet 1951, relative au statut des réfugiés, ndlr]. En 2006, 33 000 personnes ont bénéficié en Europe de ce statut qui ouvre droit à une carte de résident de dix ans. Il y a une dizaine d'années, les pays de l'Union européenne ont créé des «formes complémentaires de protection» n'ouvrant droit qu'à une carte d'un an : 37 000 personnes l'ont obtenue en 2006. Pour l'instant, la France accorde une majorité de statuts de réfugiés au titre de la Convention de Genève, mais la réforme du droit d'asile de 2003 a conduit à un raccourcissement du traitement des dossiers, au risque d'un examen parfois expéditif des demandes. Brice Hortefeux nous a demandé de le juger sur les actes, mais nous sommes inquiets pour l'avenir.
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FRANCE, EX-TERRE D’ASILE

Droits de l’homme . La Journée mondiale du réfugié est aujourd’hui l’occasion de réaffirmer, au coeur de Paris, que le droit d’asile n’a pas à être mêlé aux politiques de l’immigration.

20/06/2007 - Pour la première fois, Forum réfugiés et France terre d’asile, les deux grandes associations d’accueil des réfugiés en France, organisent cet après-midi, dans le cadre de la Journée mondiale du réfugié, une marche au coeur même de Paris, du parvis de Notre-Dame à Beaubourg. Si les symboliques parapluies blancs émigrent, cette année, de Lyon vers la capitale, c’est qu’il y a urgence, en France, estiment toutes les associations qui oeuvrent à défendre un droit « suprême », un droit fondamental, celui de protéger les personnes menacées dans leur pays. 

OPA sur l’OFPRA
En cinq ans de réforme de l’entrée et du séjour des étrangers, Nicolas Sarkozy a réussi à amalgamer la législation sur le droit d’asile et celle du contrôle des flux migratoires. Non content d’avoir imposé un préfet au sein de l’équipe dirigeante de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, il veut faire passer cet organisme, qui relève des Affaires étrangères et gère les demandes d’asile, sous la coupe directe de l’Intérieur. Il tente aujourd’hui d’obtenir l’aval du Conseil d’État pour confier l’OFPRA à son nouveau ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, dans un projet de loi unique sur l’immigration qui doit être présenté à l’Assemblée prochainement.

Perspective redoutée par les associations, d’autant que la situation est déjà critique. Ainsi, le dernier rapport d’observation de la CIMADE est intitulé « Main basse sur l’asile ». Il décortique les « mille mécanismes administratifs ou juridiques » auxquels se heurtent les étrangers avant d’avoir, « pour certains d’entre eux seulement », la possibilité de voir leur demande de protection réellement examinée... « Les mécanismes d’accès à la protection internationale prévue pour les réfugiés ont été rendus, au fil des textes, tellement étroits ou expéditifs qu’ils constituent désormais une véritable dissuasion », précise, en introduction, Laurent Giovannoni, le secrétaire général. L’association relève les disparités de traitement d’une préfecture à l’autre pour l’application d’un même texte. Le constat (1) est sévère : soupçon de fraude transformé en méthode de gestion, formulaires à remplir en français par des gens qui n’avaient jamais envisagé de quitter leur pays mais y ont été contraints, guides et informations sur les droits pratiquement inexistants, rétrécissement drastique des délais de recours, paravent des « pays sûrs »...

la France condamnée
Les actuelles rencontres entre le nouveau ministre et les associations se résument à un dialogue de sourds mâtiné de cynisme. Ainsi, la Coordination française pour le droit d’asile, qui s’inquiétait devant un directeur adjoint de cabinet des conditions d’accès au droit à une protection des personnes arrêtées en Méditerranée, s’est entendu répondre : « La priorité est de les empêcher d’atteindre nos côtes. » Condamnée par la Commission européenne et contrainte de modifier la loi pour respecter le droit à un recours suspensif contre les refus de prise en compte des demandes, la France a donc permis ce recours, mais seulement à la frontière et pendant 24 heures. Le rouleau compresseur est en marche et seulement le Conseil d’État et l’opinion publique peuvent encore le freiner.

(1) Le dossier est sur le site de la CIMADE.

Émilie Rive
© L'Humanité

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L'OPUS DEI COMBAT EN JUSTICE SON IMAGE DE "SAINTE MAFIA" (France)

19/06/2007 - L'Opus Dei vient d'assigner en justice la maison d'édition Après la lune pour "diffamation" et l'une de ses auteures, Catherine Fradier, pour complicité. L'ouvrage incriminé, paru en mars, s'inspire de l'affaire Matesa, un scandale politico-financier qui secoua l'Espagne à la fin des années 1960 et mit en cause le député (Républicains indépendants) Jean de Broglie, assassiné en 1976.

Son titre, Camino 999, fait directement référence au livre du fondateur de l'organisation catholique, intitulé Camino et composé de 999 maximes spirituelles ; l'intrigue met en scène un personnage membre de l'Œuvre, instigateur de crimes. "Le mélange de fiction et de réalité est impossible à démêler pour un lecteur non averti", estime l'organisation, qui déplore la thèse du livre, selon laquelle "l'Opus Dei est une sainte mafia directement impliquée dans ces crimes".

LE PRÉCÉDENT DU "DA VINCI CODE"
"Si, dans le roman, le personnage principal est membre de l'Opus Dei, il est clair qu'il s'agit d'un personnage de fiction, souligne de son côté l'éditeur Jean-Jacques Reboux. Une telle action en justice met en danger la liberté d'expression et la création littéraire."
Déjà mise en cause dans le succès d'édition Da Vinci Code de Dan Brown, l'institution traditionaliste catholique, qui avait alors choisi de ne pas porter plainte, justifie son action contre la maison d'édition. "Dans le Da Vinci Code, presque tout était faux ; dans Camino 999, lorsqu'il s'agit de l'Opus Dei, presque tout est vrai, à part son lien avec les crimes évoqués." "En outre, rappelle Arnaud Gency, l'un des porte-parole de l'Œuvre en France, au moment de la sortie de Da Vinci Code, tous les médias s'étaient intéressés à nous, et nous avions profité de cet événement pour ouvrir nos portes et montrer que l'Opus Dei (...) n'est pas une mafia." "Cette bienveillance a été interprétée comme une incitation à frapper de nouveau", regrette l'institution. De son côté, l'éditeur ne cache pas son espoir que la publicité ainsi donnée au roman "pousse un peu les ventes". L'ouvrage a pour l'heure été vendu à 2 500 exemplaires, selon M. Reboux, qui a ouvert une souscription pour faire face aux frais de justice engagés. L'Opus Dei demande 30 000 euros de dommages et intérêts.

Stéphanie Le Bars
© Le Monde

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LE FN PARIE SUR LES MUNICIPALES POUR REGAGNER DU TERRAIN (France)

18/06/2007 - Marine Le Pen, battue dimanche aux législatives dans le Pas-de-Calais, a mis le cap sur les municipales tandis que son père Jean-Marie Le Pen lançait un appel de fonds aux sympathisants du Front national.

Battue dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen, qui était la seule représentante du Front national au second tour des législatives, a recueilli 41,06% des suffrages, soit presque deux fois plus qu'au premier tour (24,47%) face au député socialiste sortant Albert Facon qui l'a emporté avec 58,94%.

Face à ce score jugé "exceptionnel" et "très prometteur pour l'avenir" par son père, Marine Le Pen a fait part de son optimisme dans la perspective des élections municipales de mars 2008 tandis que Jean-Marie Le Pen disait vouloir "continuer le combat" malgré son âge et le net recul du Front national à la présidentielle.

"Je continue le combat pour autant que j'en aurai la force", a déclaré le président du Front national sur TF1 alors qu'on lui demandait s'il conduirait le parti d'extrême droite pour les échéances électorales à venir.

"Quand vous êtes dans votre immeuble en feu et qu'un pompier arrive en haut de l'échelle, est-ce que vous lui demandez s'il a l'âge de la retraite ou pas ?" a lancé le président du FN, qui aura 79 ans mercredi prochain.

"La reconquête nationale part ce soir d'Hénin-Beaumont, de ces terres populaires et c'est très symbolique", a pour sa part déclaré la vice-présidente du Front national.

Elle a estimé que le FN avait "toutes les raisons de réjouir en citant un score de 45% à Hénin-Beaumont, de 47% à Noyelles et de 49% à Courcelles.

"Il y a là des résultats qui, pour le Front national, sont exceptionnels", a-t-elle commenté.

Elle a estimé que le Front national devait se "construire pour être prêts à accueillir l'ensemble des déçus de la droite sarkoziste et de la gauche stérile".

"Nos capacités, nos perspectives, sont à mon avis, immenses", a-t-elle estimé.

"Ceux qui croient que le Front national va disparaître à l'occasion de ce qui n'est qu'un avatar électoral, se trompent lourdement", a renchéri son père.

APPEL DE FONDS
Il a toutefois lancé un appel à la générosité de ses partisans, sous-entendant ainsi que le Front national était à court d'argent.

"Je lance un appel, non seulement à tous nos électeurs, mais à tous ceux qui pensent que le Front national (...) doit garder sa place en France, à répondre généreusement à la souscription nationale que nous lançons", a déclaré le président du FN.

"Le Front national, bien que j'ai obtenu à l'élection présidentielle près de quatre millions de voix, a enregistré au premier tour des législatives un très important recul causé essentiellement par le chiffre exceptionnel des abstentions", a-t-il expliqué.

Le président du FN, qui avait recueilli 3,8 millions de voix au premier tour de la présidentielle (10,5%) contre 4,8 millions en 2002 (16,86%), a estimé que 58% des électeurs qui avaient voté pour lui à la présidentielle n'ont pas été voter aux législatives.

Les conséquences de ces revers électoraux seront doubles, a-t-il estimé. La subvention publique de fonctionnement du FN sera amputée de 60% "ce qui obligera à réduire drastiquement nos frais d'administration et de propagande" et la moitié des candidats du FN aux législatives, près de 300, a estimé Jean-Marie Le Pen, ne verront pas leurs frais remboursés.

La loi du 11 avril 2003 a durci les règles du financement des partis politiques. Une partie de l'aide publique aux partis qui était auparavant versée aux partis ayant présenté un certain nombre de candidats, ne le sera plus qu'aux formations dont les candidats auront obtenu chacun au moins 1% des suffrages exprimés dans au moins 50 circonscriptions.

Marine Le Pen a minimisé l'appel de fonds lancé dimanche soir par son père aux sympathisants du FN.

"Si vous considérez que la vigueur d'un parti politique tient à l'argent qu'il gagne, vous vous trompez lourdement", a-t-elle dit aux journalistes qui l'interrogeaient.

"La vigueur d'un parti politique tient à la force de conviction de ses militants, elle tient à ceux qui, sur le terrain, sont capables (...) d'aller rechercher les électeurs un par un", a-t-elle dit. En cela, nous sommes bien plus forts que les autres."
© L'Express

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LES SANS-PAPIERS DE BUFFALO GRILL REÇOIVENT D'AUTRES TRAVAILLEURS EN SITUATION IRRÉGULIÈRE (France)

18/06/2007 - Les sans-papiers de Buffalo Grill doivent recevoir lundi la visite de travailleurs immigrés, qui, comme eux, ont été embauchés alors qu'ils étaient en situation irrégulière, dans plusieurs entreprises d'Ile-de-France et de Bretagne, a indiqué samedi la CGT, qui les soutient.

Tous ont connu ces derniers mois des situations comparables à celles des sans-papiers de la chaîne de restauration Buffalo Grill, dans plusieurs entreprises: Métal Couleur dans le Val-de-Marne, la société de surveillance OSP en Seine-Saint-Denis, la blanchisserie industrielle Modeluxe dans l'Essonne, ou la Cooperl, un abattoir situé à Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine).

Ces derniers mois, la situation de ces salariés est apparue au grand jour dès lors que certains d'entre eux ont été licenciés ou menacés d'expulsion.

Certains ont depuis obtenu leur régularisation, mais n'ont pas pu réintégrer leur entreprise après leur licenciement. D'autres ont obtenu des titres de séjour et de travail provisoires.

Un point presse doit avoir lieu lundi à 14H00 sur le parking de Buffalo Grill à Viry-Chatillon (Essonne), a indiqué à l'AFP, Raymond Chauveau, membre de l'union départementale CGT.

Une soixantaine de sans-papiers licenciés, "forcés à démissionner", selon la CGT, ou en grève campent depuis une semaine dans le parking d'un restautant Buffalo Grill à Viry-Chatillon (Essonne) en demandant leur régularisation. Ils avaient auparavant occupé pendant 10 jours le restaurant, jusqu'à ce que la direction ferme l'établissement. La chaîne a lancé une procédure de vérification des pièces d'identité auprès des préfectures de quelque 579 salariés immigrés employés dans ses restaurants.

Selon la CGT et les sans-papiers, la direction les employait en toute connaissance de cause, ce que celle-ci dément formellement.
© La Croix

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GEORGE PAU-LANGEVIN, DU BARREAU À L’ASSEMBLÉE (France)

George Pau-Langevin (PS) est élue députée de la 21e circonscription de Paris avec 62,70% des voix face à son adversaire UMP Raoul Delamarre. C’est la première fois qu’elle accède à cette fonction.

18/06/2007 - George Pau-Langevin était en ballotage défavorable à l’issue du premier tour. Sa candidature avait surtout pâti de la présence du dissident socialiste Michel Charzat. Elle a pu cependant bénéficier d’un bon report voix, ce qui lui a permis de devancer son adversaire de l’UMP. La victoire de cette avocate d’origine guadeloupéenne revêt un aspect symbolique pour les Ultramarins de l’hexagone. Itinéraire.

Vocation avocate
George Pau-Langevin voit le jour en 1948 dans le chef-lieu de Pointe-à-Pitre. Avec elle, deux autres filles grandissent au sein de la maison familiale.
En 1965, son baccalauréat en poche, elle s’envole pour Paris. Elle décroche une bourse d’études préfectorale pour entamer des études universitaires. Seulement, elle n’a pas le choix : pour bénéficier de cette aide, elle doit poursuivre un cursus littéraire.
C’est en cours de route qu’elle découvre sa vocation : les plaidoiries, l’ambiance des prétoires, et la robe d’avocat l’attirent. Elle se souvient encore de son oncle avocat de profession, qu’elle admirait tant.
Elle n’hésite pas : pour pouvoir continuer à bénéficier de sa bourse, elle mènera de front études littéraire et études de droit, jusqu’à l’obtention de son DESS de Lettres.

Marcel Manville, « grand révolutionnaire devant l’Eternel »
En 1971, elle prête serment : elle fait alors ses premiers pas en tant qu’avocate à Paris. Elle se destine à une carrière d’avocat d’affaires. Mais le destin en décide autrement. A cette époque, sa route croise celle d’un des plus grands maîtres du barreau de l’époque, le martiniquais : Marcel Manville.

Connu notamment pour sa participation active au procès de l’Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique (OJAM), en 1967, il était un « grand révolutionnaire devant l’Eternel », a-t-elle dit une fois. « Après toutes ces années de vie d’étudiante bien tranquille », le choc est grand : elle découvre aux côtés de Marcel Manville la situation de ses compatriotes en difficulté à Paris. Sa carrière prend alors une nouvelle dimension : « Il a changé ma vie », résume-t-elle.

Défendre
A partir de cette époque, ensemble, ils sont de tous les combats, essentiellement sur le terrain des droits de l’Homme. Ils défendent de nombreux accusés dans des affaires anti-racistes qui défraient la chronique : celle de ces jeunes Antillais dans l’armée qui s’étaient révoltés contre des propos racistes à leur encontre, celle de ce patron condamné pour avoir refusé d’embaucher un Guyanais, ou encore de cette aide soignante antillaise frappée par son médecin.
La liste est longue. Leur aventure durera trois ans.

L’affaire des Black Panthers
Marcel Manville, co-fondateur du Mouvement contre le Racisme et l’Amitié entre les Peuples (MRAP), lui permet de pénétrer l’univers du MRAP, cette organisation active dans la lutte contre le racisme quotidien. C’est alors qu’elle se rend célèbre en défendant quatre jeunes Noirs américains de l’organisation des Black Panthers qui avaient détourné un avion pour protester contre le racisme aux Etats-Unis. Réfugiés en Algérie, aux côtés du leader Eldridge Cleaver, ils rentrent en France alors que le pays sombre dans la guerre.

Procès politique
Arrêtés par les autorités françaises, les quatre jeunes gens réclament l’asile politique à la France. « Comme ils n’avaient pas été extradés, le procès avait dû se tenir à la Cour d’assises de Paris », raconte-t-elle. « Il m’a fallu montrer que le fait de lutter contre le racisme était un combat politique », ajoute-telle encore.
Cette affaire était une grande première qui a marqué sa carrière d’avocate.

L’ANT
Son métier la passionne. Pourtant, la politique la rattrape. En 1988, les socialistes remportent les élections législatives, sous la houlette de Michel Rocard.
Le ministre Louis Le Pensec, alors en charge du ministère de l’Outre-mer, fait appel à George Pau-Langevin, militante au Parti socialiste depuis 1975, pour prendre la tête de l’Agence nationale de promotion et d’insertion des travailleurs d’Outre-mer (ANT). Tous la savent passionnée par les problèmes sociaux. C’est donc un an plus tard, en 1989, qu’elle prend ses fonctions à l’ANT. Pendant quatre ans, elle travaillera sur les questions de migrations et d’insertion de ses compatriotes.

Rester social
En 1993, la droite revient aux affaires. Elle quitte son poste, « sans regret », affirme-t-elle. En effet, à la même époque, l’ANT prend une nouvelle orientation et réduit l’aspect social de son action. Pour cette défenseuse acharnée des droits sociaux, le changement de cap est insupportable.
Elle endosse donc à nouveau sa robe d’avocate et réintègre son cabinet, pour poursuivre son action dans les prétoires. En 1997, alors qu’elle se trouve en pleine affaire Papon, les socialistes reviennent au pouvoir, sous la houlette du Premier ministre Lionel Jospin, dont elle avait été le porte-parole durant les élections présidentielles de 1995.

Elle revient donc dans son fauteuil à l’Agence de Promotion et d’Insertion des travailleurs d’Outre-mer (ANT). Et se penche sur l’insertion de ses compatriotes, qui débarquent dans l’Hexagone poussés par des impératifs économiques et sur le montage de leurs dossiers.

Quand l’action prime
« Sur les années que j’ai passées à l’ANT, nous avions vraiment conscience du potentiel extraordinaire des jeunes de l’Outre-mer, courageux, motivés, mais je trouve qu’on aurait dû faire beaucoup mieux sur les Antilles-Guyane. » Car les besoins existent, des jeunes manquent de solutions alors que des crédits existent. Il faut arriver à bâtir des chaînes efficaces : entre le jeune qui arrive à la mission locale dans son département, et son arrivée à Paris, toute une série de gens doivent s’articuler et travailler ensemble ». Consciente de toute ces difficultés, George Pau-Langevin met en place le Plan Initiative Jeunesse (PIJ), une allocation minimale permettant aux jeunes de partir, y compris sans aide de la région, pour suivre une formation en métropole. Elle espère que l’information sera mieux transmise auprès de ces jeunes, sur les possibilités d’aide qui existent pour eux.

A la mairie de Paris
En 2001, une grande première : Paris, jusqu’à présent municipalité de droite, passe à gauche. Bertrand Delanöe, un de ses plus vieux amis, devient le nouveau de maire de la capitale. Pour George Pau-Langevin il n’est pas un inconnu : dès son adhésion au PS en 1975, elle croise ce jeune militant du XVIIIe arrondissement de la capitale.
Une fois élu, il la réclame à ses côtés pour se pencher sur les difficultés des originaires de l’Outre-mer à Paris. Sans aucune hésitation, elle rejoint le cabinet du maire, ou elle occupe les fonctions de déléguée générale à l’Outre-mer.

George Pau Langevin fut à l’origine du changement de nom de la rue Richepanse (général qui rétabli l’esclavage en Guadeloupe en 1802) en rue du Chevalier de Saint-Georges, dans le Ier arrondissement de Paris. L’ancienne présidente du MRAP a été décorée de la légion d’honneur en mars 2002.
© Radio France Outremer

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MARINE LE PEN S'ESTIME JUSTIFIÉE DANS "SA STRATÉGIE DE DÉDIABOLISATION" (France)

18/06/2007 - Il y a des défaites au goût de victoires et des victoires vécues comme des défaites. Le député socialiste sortant, Albert Facon, qui, dimanche 17 juin, a sauvé son siège que lui disputait Marine Le Pen, vice-présidente du Front national, dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais, n'a fêté sa victoire que du bout des lèvres.

Bénéficiaire d'un front républicain, il espérait obtenir au moins autant de voix qu'au second tour de 2002, soit 67,92 %, or il n'en a recueilli que 58,94 %. Rendant la presse responsable de son recul de 9 points, il a refusé, dimanche soir, de répondre aux journalistes qui ne sont pas venus le voir avant de se rendre au siège du FN. Un siège où là, en revanche, les bouchons de champagne ont sauté à la publication des résultats, tandis qu'à l'extérieur, plusieurs dizaines d'opposants manifestaient.

Pour les militants et les sympathisants frontistes, le score obtenu par leur candidate - 41,06 % contre 24,47 % le 10 juin et 32,08 % au second tour de 2002 - représente une victoire. C'est au cri de "Marine présidente" qu'ils l'ont accueillie. Façon de lui dire qu'ils la verraient bien reprendre le flambeau de son père le jour venu. Un sentiment partagé par ses soeurs Yann et Marie-Caroline, venues la soutenir.

"La reconquête nationale part ce soir d'Hénin-Beaumont, de ces terres populaires, un symbole", s'est exclamée Mme Le Pen, qui a souhaité une "reconstruction" de son parti, toujours handicapé par "la scission de décembre 1998", afin qu'il puisse "accueillir l'ensemble des déçus de la droite sarkoziste et de la gauche". "Le score que nous avons fait ce soir est exceptionnel. C'est un immense message d'espoir pour l'avenir, a-t-elle lancé, c'est quasiment un tremblement de terre." "Nous représentons une force de rassemblement du peuple contre les appareils, contre les partis traditionnels qui va bien au-delà de notre famille", a-t-elle affirmé en pointant des résultats : ceux de Courcelles, une commune socialiste où se trouvait Métaleurop (49 %, 32,24 % au 1er tour) ; de Noyelles-Godault, où le maire Jean Urbaniak (MoDem) avait appelé à voter Facon (47,85 %, 16,61 % au 1er tour) ou de Hénin-Beaumont (44,54 %, 29,23 % il y a une semaine), où Steeve Briois, son suppléant, briguera la mairie en 2008.

"SOUSCRIPTION NATIONALE"
Unique représentante frontiste à s'être qualifiée pour le second tour des législatives, elle présente son score comme une deuxième victoire. Elle y voit la démonstration "de la justesse de la stratégie de dédiabolisation" qu'elle défend et attend de pied ferme ceux qui, au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle, avaient condamné cette stratégie. De même se sent-elle renforcée face à ceux qui contestaient sa légitimité à prétendre à la succession de son père en lui reprochant de ne pas avoir fait ses preuves.

Invité en duplex par les télévisions, Jean-Marie Le Pen a "salué le résultat exceptionnel" de sa benjamine. Résultat qu'il a qualifié de "très prometteur pour l'avenir, aussi bien sur le plan local que sur le plan national". Il a aussi lancé une "souscription nationale" pour aider les 300 candidats du FN qui n'ont pas passé la barre des 5 % et ne pourront pas se faire rembourser leurs frais de campagne.

Christiane Chombeau
© Le Monde

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FRANCE TÉLÉVISIONS ACCUSÉE D'IGNORER L'IMMIGRATION

18/06/2007 - Plus de 7 000 personnes ont d'ores et déjà signé un appel adressé à France Télévisions demandant la création d'une émission régulière sur le thème des migrations.

Le Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT) et plusieurs associations de défense des droits de l'homme engagés sur le terrain de l'immigration, à l'origine de cet appel (http://bellaciao.org), estiment que "parler expulsions, sans-papiers, quotas ne suffit pas pour informer sur la réalité du phénomène mondial des migrations". Ils pointent plusieurs questions qui pourraient être abordées : "Que savons-nous de l'histoire de ces déplacements, de la réalité actuelle des migrations internationales, de leur volume, de leur point de départ et de leurs destinations, de l'impact des mouvements migratoires sur les économies, des effets concrets des réglementations adoptées en Europe et de leur efficacité ?"

Pour Dominique Noguères, de la Ligue des droits de l'homme, le service public doit "traiter enfin ces thèmes en dehors du côté politique et partisan". Il reste beaucoup à faire, constate Nathalie Ferré, du Groupe d'information et de soutien aux travailleurs immigrés (Gisti), "autour de l'image de l'étranger qui, en France, a été construite de façon très négative". Sur le plan international, suggère-t-elle, "on peut aborder les rapports Nord-Sud, le codéveloppement, le désastre écologique ou encore les régimes en place". Avec les autres initiateurs de l'appel, elle souhaite un rendez-vous conçu et réalisé par des professionnels, et non une émission associative.

EMISSION "GHETTO"
Les journalistes du SNJ-CGT déplorent que le service public soit absent sur ce terrain. "France Télévisions semble préférer aborder la question à travers sa programmation générale et se méfie de ce qu'elle qualifie d'émission "ghetto", note ainsi Daniel Bouy. Nous disons : nous voulons tout ! Aussi bien le saupoudrage à l'antenne qu'une émission thématique. La création d'émissions thématiques permet de lutter contre la tendance à restreindre l'information et à la cantonner aux journaux télévisés, où les sujets sont forcément très brefs. Elles seules permettent aux journalistes d'enquêter, de travailler le sujet et de réfléchir à comment le restituer au public."

Les associations et le SNJ-CGT ont adressé l'appel à Patrick de Carolis, président de France Télévisions, et sollicité un rendez-vous. A ce jour, ils n'ont pas reçu de réponse.

Catherine Bédarida
© Le Monde

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STRAUSS-KAHN BAT NOACHOVITCH À SARCELLES AVEC UN PEU PLUS DE 56%. SES PROPOS SUR LES NOIRS ONT-ILS JOUÉ ? (France)

17/06/2007 - Selon l’estimation CSA, Dominique Strauss-Kahn, député PS sortant, est largement réélu dans la 2e circonscription du Val d’Oise.

Dominique Staruss-Kahn était opposée à la candidate de l’UMP Sylvie Noachovitch, qui pour rappel a suscité une vive polémique site à des propos qu’elle aurait tenu en aparté lors d’un jury littéraire, laissant entendre, en commentant son adversaire vu comme un "grand séducteur", que son mari à elle pouvait dormir tranquille, à Sarcelles où elle se présentait, la ville ne comptant que des Noirs et Arabes, et l’idée de coucher avec l’un d’eaux la répugnait ou répulsait, au choix.

Sylvie avait nié ces propos, mais Alain Poincaré, journaliste membre de ce prix littéraire, avait confirmé sur RTL.

Sur plusieurs sites afros, la question était maintenant de savoir comment allaient réagir les électeurs indexés, propos d’autant plus inexplicables qu’on ne demande pas à un aspirant député de se prononcer sur ses penchants sexuels (une affaire qui demeure purement privée), mais les mots employés avaient un caractère nettement offensant, et SOS-Racisme, de même que le CRAN, avaient appelés à des excuses publiques et à une réaction de l’UMP, jamais venues.

Les électeurs Noirs et Arabes ont-ils fait la différence ? Difficile de le dire. En tout cas, le socialiste Dominique Strauss-Kahn, avec un peu plue de 60% des voix selon CSA, remporte une large victoire. On apprend aussi qu’entre les deux tours, le taux de participation aurait augmenté de +6%, et que se sont majoritairement des abstentionnistes de gauche qui se sont mobilisés.
© CultureFemme

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LE PEN LANCE UNE "SOUSCRIPTION NATIONALE" POUR RENFLOUER LE FN (France)

17/06/2007 - Le président du Front national Jean-Marie Le Pen a lancé dimanche sur TF1 "une souscription nationale" pour compenser "les conséquences désastreuses sur le plan financier" des législatives pour le FN.

"Je lance un appel à tous nos électeurs et à tous ceux qui pensent que le Front national, défenseur des valeurs patriotiques, doit garder sa place en France à répondre généreusement à la souscription nationale que nous lançons", a-t-il déclaré.

Le FN, "bien qu'ayant obtenu à la présidentielle près de quatre millions de voix, a enregistré au premier tour des législatives un très important recul causé par le chiffre exceptionnel des abstentions", dont "les conséquences ont été désastreuses sur le plan financier", a expliqué son président.

"Notre subvention publique de fonctionnement sera amputée de 60%, ce qui obligera à réduire drastiquement nos frais d'administration et de propagande et freinera nos capacités d'action. Plus grave, la moitié de nos candidats, près de 300 victimes de l'abstention, n'ayant pas franchi la barre des 5%, ne seront pas remboursés de leurs frais de campagne", a détaillé M. Le Pen.

Le leader frontiste a aussi "salué le résultat exceptionnel de Marine Le Pen (41,65% dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais, ndlr) très prometteur pour l'avenir, aussi bien sur le plan local que national" et prévenu que "ceux qui croient que le FN va disparaître à l'occasion de ce qui n'est qu'un avatar électoral se trompent lourdement".

"Malgré les mensonges et les tours d'illusionistes, les Français ne vont pas tarder à voir la vérité en face", a-t-il estimé.
© La Croix

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"J'AI ÉTÉ VIRÉ PARCE QUE J'ÉTAIS HOMO" (France)

17/06/2007 - Il préfère l'anonymat parce qu'il travaille encore dans le milieu. Mais cet ancien international français a accepté de raconter son histoire, édifiante.

Comment avez-vous vécu votre homosexualité pendant votre carrière ?
Au début, je l'ai cachée. J'avais une copine, elle endormait tout le monde. Puis j'ai rencontré un ami et je n'ai plus eu envie de me cacher. J'ai voulu assumer mais sans le montrer: je ne m'affichais plus avec une femme, c'est tout. Ce n'était pas si facile que ça. Avec mes coéquipiers, je n'avais aucun souci. Vis-à-vis du public, j'étais mal. Le public est méchant. Imaginez les insultes si vous faites une erreur. Vous savez que vous allez vous faire matraquer.

En avez-vous souffert ?
Au début de ma carrière, ça m'a gêné: je ne savais pas sur quel pied danser. Mes parents n'étaient pas au courant, je trichais surtout par rapport à eux. Après, j'ai su être intelligent. Ou naturel. Je n'ai pas trop triché. Juste ce qu'il faut...

Y a-t-il eu des répercussions sur votre carrière ?
Oui. Entraîneur, j'ai été viré parce que j'étais homo. Et deux postes me sont passés sous le nez à cause de ça. On avait imaginé que je couchais avec un de mes joueurs. Uniquement par ragots. J'ai fait une erreur: inviter des joueurs chez moi à bouffer. Il ne faut pas le faire. A un moment, j'ai senti qu'il y avait une réticence. J'ai commencé à entendre que j'organisais des partouzes.

Est-ce impossible de faire son coming-out dans le foot ?
Oui, les joueurs ont peur. C'est légitime malgré ce que peuvent dire les associations anti-homophobes. Il faut être vachement fort dans sa tête, sûr de soi. On ne l'est pas quand on est jeune. Seul un très grand joueur peut se le permettre. C'est un milieu macho. Ça m'horripile. Le schéma, c'est: le 4×4, la femme à 20 ans et les enfants à 21. On garde ce cliché de la famille modèle. Il y a pourtant bien des footballeurs homos. Ils ont des femmes, des enfants et vont forniquer sur les aires d'autoroute. Dans leur tête, ça doit être horrible.

Connaissez-vous des joueurs homos ?
J'en ai rencontré dans des endroits gays. J'ai même croisé un arbitre. Par bêtise ou par peur, on n'a même pas essayé de discuter. Pour tout dire, je ne sais même pas s'il y a beaucoup d'homos parmi les footballeurs. Mais en général, une équipe est le reflet de la société.

Propos recueillis par Solen CHERRIER
© Le Journal du Dimanche

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HOMOS FOOTBALLEURS, LA GRANDE OMERTA (France)

Les joueurs de football se mobilisent régulièrement contre le racisme, pour des oeuvres caritatives. L'homophobie reste, en revanche, un sujet tabou, voire une attitude fréquente dans le milieu, qu'il soit professionnel ou amateur. Malgré les actions d'associations comme le Paris Football Gay, la cause peine à mobiliser, alors que les discriminations sexuelles sont fréquentes. Par Solen CHERRIER

17/06/2007 - "Plus qu'un tabou, une omerta. L'homosexualité chez les footballeurs reste un sujet très sensible, au point d'être totalement niée. Pas un seul joueur professionnel encore en activité n'a confessé de préférence sexuelle pour les hommes. Parce qu'il n'y en a pas ? Certains le pensent encore. Il y a deux ans, au cours d'une émission de télévision, David Ginola assurait: "Je n'ai jamais croisé quelqu'un du côté obscur de la force au cours de ma carrière." Il n'est pas le seul à vivre dans cette certitude. Des travaux menés à l'université Lyon-I par le sociologue Philippe Liotard auprès de sportifs le montrent. Les hommes interrogés estiment "impensable" qu'un de leurs coéquipiers soit homosexuel. Pis, si cela s'avérait, ils ne pourraient plus jouer avec lui. Preuve que le sport reste un vrai bastion homophobe. Le football en premier lieu, avec ses paradoxes (des joueurs idoles métrosexuelles) et ses ambiguïtés (l'homosociabilité au sein d'un groupe).

"Cette négation est révélatrice d'un malaise, commente Philippe Liotard. Comme si le sport pouvait échapper aux statistiques démographiques." Il y a entre 5% et 10% de gays dans la société: pourquoi n'y en aurait-il pas dans le milieu du foot ? L'homosexualité est juste tue. Vécue comme une maladie honteuse, une grande souffrance propagée par des rumeurs plus ou moins fondées. Récemment, Andrew Walmsley et Corny Littman, respectivement présidents des clubs de Stonewall (Angleterre) et Sankt Pauli (Allemagne), réputés pour leur engagement en faveur de la cause gay, ont pensé faire bouger les choses en déclarant qu'ils connaissaient des homos dans les clubs de l'élite de leurs pays et dans les sélections nationales. Walmsley ajoutait aussi: "Mais faire son coming-out n'est pas envisageable."

Justin Fashanu a été retrouvé pendu
Dans l'histoire du foot, trois cas sont recensés. Deux ont fini en tragédie. Heinz Bonn, modeste défenseur allemand de Hambourg dans les années 1970, a très mal vécu son homosexualité, non révélée mais de notoriété publique. Après avoir noyé son mal-être dans l'alcool, il a été retrouvé assassiné par un prostitué le 5 décembre 1991 dans son appartement de Hanovre. Plus célèbre, l'international espoir anglais Justin Fashanu a vendu ses confessions au News of the World pour 80 000 livres (118 300 euros) en 1990 alors que, fait unique, il était encore en activité. Rejet du milieu et exil aux Etats-Unis. Le 2 mai 1998, il a été retrouvé pendu après avoir été accusé d'abus sur mineur. Il y a deux ans, l'Uruguayen Wilson Oliver a fait son coming-out dans la revue espagnole Gay Barcelona. Il avait dû arrêter sa carrière car il ne supportait plus la marginalisation et la discrimination. On peut aussi citer l'arbitre international néerlandais John Blankenstein, militant engagé, écarté de la Coupe du monde 1990, selon lui pour avoir été aperçu dans un bar homo.

Forcément, ces exemples n'encouragent pas les candidats à la grande révélation. "Pour faire son coming-out, il faut être très fort. Seul un joueur du calibre de Zidane peut le faire. Et encore, ça ferait des vagues", glisse Pascal Brèthes, président du Paris Foot Gay (PFG). Les conséquences vis-à-vis du public, des médias et même des sponsors - certains recommandent de s'afficher avec des femmes - confinent au suicide professionnel. A l'intérieur d'un groupe, sanctuaire de l'affirmation de la virilité, le rejet peut aussi être violent. En 2001, Jonathan Denis, alors jeune journaliste (il a écrit deux livres depuis), a vécu une "belle histoire compliquée" avec un joueur de Sochaux. Il raconte: "Ce joueur sortait avec une fille, avec qui il s'est marié depuis. Sochaux, c'est une petite ville, et notre relation s'est ébruitée. Professionnellement, ça a été un drame pour lui. Du jour au lendemain, il n'était plus sur la feuille de match et ses coéquipiers le regardaient de travers. Il a été totalement exclu du groupe. Ça l'a déprimé et il a dû changer de club."

L'homophobie comme discrimination la plus cachée
Chronique de l'homophobie ordinaire. Elle débute dès le plus jeune âge au son de la rengaine: "On n'est pas des pédés." Et sévit au moins autant chez les amateurs. Yoann Lemaire joue au FC Chooz (DH), dans les Ardennes. Début 2006, il décide de révéler son homosexualité à ses coéquipiers afin d'apaiser sa conscience et ses nerfs. Elle semble acceptée au début (le club est même devenu partenaire du PFG). Avant qu'il ne vive rapidement un cauchemar: insultes des adversaires, indifférence arbitrale et mise à l'écart muant progressivement en mise à pied. "Je me suis planté. C'est une catastrophe. Jamais je ne conseillerai à un joueur de foot de révéler son homosexualité. Je comprends que les pros ne veuillent pas le faire. C'est le meilleur moyen de briser sa carrière et de faire fuir les sponsors. Je ne suis même pas sûr que ça puisse avoir un effet positif. Parce que si ça se passe mal pour le joueur, ça se retournera contre tous les homos."

Eric Verdier, psychologue psychothérapeute qui travaille sur l'identité masculine, estime ainsi que "l'engagement d'hétéros nettoyés de leur homophobie jusqu'à semer le doute, comme Vikash Dhorasoo, fera davantage avancer les choses. L'homophobie, c'est la peur de l'autre en soi, poursuit-il. C'est donc une discrimination plus complexe et plus insidieuse que le racisme et le sexisme." Donc moins mise en lumière. Les 19 et 20 mai dernier, le réseau Fare (Football against racism in Europe) organisait son congrès annuel à la Fédération française de football. Il y a été reconnu que l'homophobie est la discrimination la plus cachée, celle sur laquelle il y a le moins d'avancées.

"Du côté de la Ligue et de la Fédération, c'est pourtant silence radio", regrette Pascal Brèthes, qui lutte pour "faire condamner les propos homophobes", comme ceux tenus récemment par Didier Deschamps en Italie - "Cette couleur [le rose du maillot de la Juve] ne me plaît pas parce qu'en France c'est la couleur des pédés" - et Louis Nicollin - "Quelle bande de pédés d'avoir raconté ça [que les matches de Montpellier étaient arrangés]". Les deux intéressés se sont excusés. En France, seul le PSG, ouvertement gay friendly, se mobilise. D'autres clubs (Nancy, Sedan, Toulouse) ont été démarchés par le PFG, en vain. L'anecdote que raconte Yoann Lemaire est assez révélatrice de l'attitude du milieu: "Il y a un an, mon club organisait un match caritatif pour un jeune atteint du cancer. J'ai demandé à Aimé Jacquet s'il pouvait écrire une lettre de soutien. Il a accepté volontiers. Je lui ai aussi glissé que c'était un match contre l'homophobie. J'ai senti qu'il tiquait. Malgré les relances, on n'a jamais reçu la lettre."
© Le Journal du Dimanche

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INVOQUER « L’IDENTITÉ NATIONALE », COMME « L’IVOIRITÉ », EST UN APPEL À LA XÉNOPHOBIE (France)

Interview de Laurent Bazin, président de l’association française des anthropologues, par Saïd Aït-Hatrit

16/06/2007 - « Identité nationale »/« Ivoirité », mêmes causes, mêmes effets ? Sans aller si loin, l’ethnologue français Laurent Bazin, qui a longtemps étudié la société ivoirienne, explique à Afrik en quoi l’association en France des formules « identité nationale » et « immigration », dans l’intitulé d’un ministère, est facteur de stigmatisation, amalgames et divisions.

Huit professeurs engagés dans le projet de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI), en France, ont démissionné le 18 mai dernier pour protester contre l’association des termes « identité nationale » et « immigration » dans l’intitulé d’un même ministère. « Un acte fondateur » de la nouvelle présidence Sarkozy, estiment-ils, qui vise à « inscrire l’immigration comme un problème » et « menace d’installer la division ». Ils ont été rejoints dans leur démarche, à la fin du mois de mai, par l’association française des anthropologues (AFA). Son président, Laurent Bazin, chargé de recherche au CNRS, a longtemps travaillé sur la question de la Côte d’Ivoire. L’ethnologue explique à Afrik en quoi la création de ce ministère est une menace, avec en filigrane l’expérience tragique de l’ivoirité.

Afrik : En quoi est-il dangereux de lier « identité nationale » et « immigration », notamment dans la dénomination d’un ministère ?
Laurent Bazin : Tout d’abord, je ne peux que rappeler ce que l’historien Gérard Noiriel, démissionnaire de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, a déclaré à plusieurs reprises. En France, l’association de ces deux termes a été historiquement travaillée dans les clubs de pensée de l’extrême droite, évidemment pour développer l’idée que « l’identité nationale » serait souillée par les immigrés. Cette idée était agitée depuis longtemps par le Front national. C’est la reprise, dans un nouveau langage, de ce que l’extrême droite désignait en termes raciaux avant la seconde guerre mondiale autour de l’idée de « pureté de la race ». Il est tout à fait nouveau en France qu’un candidat de droite gouvernementale s’empare de ce thème, en fasse un cheval de bataille et, devenu président de la République, instaure un ministère avec un tel intitulé. Je suis ethnologue et j’ai travaillé dans différents pays, dont la Côte d’Ivoire au début des années 1990. En Côte d’Ivoire et en France comme partout ailleurs, lorsque l’État s’empare du thème de l’identité nationale, cela a pour effet d’accentuer les tensions entre groupes d’origines différentes. Il ne faut pas être naïf : c’est évidemment l’intention non déclarée qui se cache derrière les mots. Le gouvernement joue sur ces tensions pour tenter de regagner une légitimité lorsque celle-ci s’étiole. L’attention du public est détournée sur les étrangers : on en fait un problème, des fauteurs de trouble ; on les criminalise. En stigmatisant et en jetant le soupçon sur les étrangers, on atteint aussi toute la population d’origine étrangère, ou considérée comme telle. En Côte d’Ivoire, la manipulation du thème de l’« ivoirité » par tous les gouvernements à partir de K. Bédié a mené à la guerre en six ans. K. Bédié a allumé un feu qu’il n’a pas pu maîtriser par la suite. La France est évidemment dans une situation différente, mais depuis 20 ans, les politiques concernant l’immigration ont fait croire que l’immigration était un problème et ont renforcé les processus d’exclusion. Un nouveau pas a été franchi. A quoi sert d’invoquer une « identité nationale » ? Ça ne sert bien évidemment qu’à suggérer une menace qui viendrait de l’étranger. C’est un appel à la xénophobie.

Afrik : Brice Hortefeux prétend l’inverse. Selon lui, la création de son ministère vise à définir une politique claire de l’immigration qui permettra elle-même de ne plus faire de ce mot, « immigration », « une manifestation d’extrémisme, de xénophobie voire de racisme ».
Laurent Bazin : C’est un double langage. Dans les mêmes discours, Nicolas Sarkozy et son entourage prétendent que le dispositif est innocent, tout en se vantant d’avoir fait baisser les voix du Front national en se saisissant du thème de l’identité nationale. Cela revient bien à reconnaître que c’est un emprunt au Front national. De fait, désormais la banalisation des idées de l’extrême droite est totale : le nom du ministère sera prononcé tous les jours. L’ « identité nationale » fera partie du langage quotidien, avec toujours en arrière plan l’idée qu’elle serait mise en péril par les « immigrés » qui ne pourraient pas bien « s’intégrer ». Des propos de Nicolas Sarkozy ou de son entourage publiés dans la presse sont très explicites lorsqu’ils expliquent que l’immigration menace le respect des lois et valeurs de la République, avant d’énumérer ces menaces : refus de l’égalité et de la mixité hommes/femmes, polygamie, mariages forcés. Derrière le langage des valeurs, ceux qui sont visés ce sont les Africains et les musulmans. L’idée que les dernières vagues migratoires, en provenance du monde musulman et d’Afrique ne seraient pas « intégrables » à la différence des migrants plus anciens en provenance de pays catholiques (Italie, Pologne, Espagne, Portugal) est déjà ancienne. C’est une idée fausse, bien sûr : on disait la même chose dans les années 30 des Italiens ou des Polonais. Mais le nouveau ministère va approfondir cette idée, la matraquer dans les médias. Or, elle va faire porter un soupçon non seulement sur les immigrants proprement dits, mais surtout sur toute cette frange de la population française descendant de gens venus d’Afrique du Nord ou subsaharienne. Ils seront encore davantage soupçonnés de ne pas être conformes à « l’identité nationale », donc de n’être pas tout à fait français. Cela accentuera les clivages, les tensions, les discriminations. Et cela justifiera l’augmentation de la répression. C’est d’ailleurs déjà le cas. Lorsque sont survenues les révoltes des banlieues françaises en octobre-novembre 2005, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy a d’abord prétendu qu’il s’agissait d’un complot islamiste, avant de déclarer que la cause des émeutes était la polygamie des familles africaines. Il va sans dire qu’une très grande majorité de ces jeunes en rébellion étaient français.

Afrik : Comment l’ethnologie définit-elle l’identité nationale ? Ou comment l’approche-t-elle, s’il n’existe pas de consensus minimum sur une définition ?
Laurent Bazin : Il n’y a pas de définition objective à une telle notion : il s’agit d’une construction imaginaire. L’ethnologie observe les phénomènes sociaux et les analyse : l’identité nationale n’existe pas en soi. C’est une idée, un discours, éventuellement des dispositifs administratifs et juridiques. En Côte d’Ivoire, cette idée est née en 1994 avec la promulgation d’un nouveau code électoral ; l’enjeu pour le successeur d’Houphouët-Boigny était dans la mise en place de la campagne électorale de 1995 : couper l’herbe sous le pied du Front Populaire Ivoirien qui dénonçait le vote des étrangers, et éliminer A. D. Ouattara de la course à la présidentielle. En France, l’« identité nationale » n’existait pas (sauf dans les cercles d’extrême droite) avant que Nicolas Sarkozy en fasse un thème de campagne puis une institution.

Afrik : « Notre identité est une réponse à la mondialisation », c’est « une boussole pour les Français et pour toutes celles et ceux qui veulent le devenir », dit Brice Hortefeux. Que cela vous inspire-t-il ?
Laurent Bazin : J’y vois une parole cynique. A l’évidence, l’auteur de ces paroles est parfaitement conscient de ce qu’il entreprend lorsqu’il manipule ces symboles nationalistes et identitaires. La décision d’en appeler au nationalisme et donc à la xénophobie, derrière le mot « identité nationale », est pleinement réfléchie. Cela a été un ressort de la campagne électorale. C’est hélas en effet un phénomène banal que la mondialisation donne lieu partout à une surenchère de discours et de mouvements de défense identitaire, qui jouent sur des registres ethniques, nationalistes ou religieux : c’est le cas dans des situations aussi différentes que la Côte d’Ivoire, l’ex-Yougoslavie, l’Inde, etc.

Afrik : A travers votre communiqué, vous rapprochez la démarche qui vise à lier "identité nationale" et "immigration" à celle qui aurait voulu, le 23 février 2005, que la loi impulse une définition de l’histoire...
Laurent Bazin : Il n’y a pas de lien direct, mais cela participe d’une même réhabilitation de valeurs conservatrices. Il se joue aujourd’hui en France quelque chose de fondamental autour de la manipulation des symboles du colonialisme. D’un côté un certain nombre d’organisations et de personnalités ont lancé il y a quelque temps une pétition « des indigènes de la République ». C’est une demande de dignité et d’intégration. De l’autre, au soir même de sa victoire électorale, Nicolas Sarkozy a introduit dans son discours cette affirmation bizarre que c’en était fini des « repentances ». Le mot « repentance » a été forgé par le clergé catholique français lorsqu’il a voulu reconnaître sa culpabilité dans l’antisémitisme d’avant-guerre. Jacques Chirac s’est beaucoup investi sur ce domaine : il a été le premier président français à reconnaître la responsabilité de l’État français (Vichy) dans les rafles des juifs pendant la guerre. De quoi faudrait-il donc arrêter de se repentir ? Des rafles de Vichy ? Des tortures pendant la guerre d’Algérie ? De la traite des esclaves ? Du massacre de Sétif ? Des 80 000 morts de la répression de l’insurrection malgache ? Le langage de la campagne électorale était celui des « valeurs ». Vouloir « promouvoir une identité nationale » fondée sur des valeurs, c’est évidemment affirmer ces valeurs supérieures à celle des autres, et les penser menacées de l’extérieur. C’est une nouvelle expression du racisme aujourd’hui que de se penser supérieur sur la base de valeurs tout comme, autrefois, la supériorité proclamée de la « civilisation » justifiait la domination coloniale. A l’échelle mondiale, le racisme et la xénophobie ne reposent plus aujourd’hui sur l’idée de « races » mais sur un contenu moral et idéologique. Il y a un autre parallèle très inquiétant : la loi du 23 février 2005 prétendait circonscrire les connaissances historiques, en un mot refaire l’histoire. Le ministère qui vient d’être créé en 2007 devra « promouvoir l’identité nationale » et aura pour cela la tutelle d’institutions comme des archives, les institutions du patrimoine, des musées, etc. Il y a là une tentation de définir autoritairement une norme et une vérité d’État, à la manière des États totalitaires, qui est très inquiétante. Cet article de loi sur le rôle positif de la colonisation était dérisoire. Mais le ministère, lui, est bel et bien institué, avec des pouvoirs considérables.

Afrik : Vous liez l’association intellectuelle des notions d’immigration et d’identité nationale aux mesures pratiques, que vous critiquez, prises depuis des années contre l’immigration clandestine en France. Pourquoi ?
Laurent Bazin : Bien entendu, on ne part pas de zéro. Avant comme après la seconde guerre mondiale, la France a organisé une immigration pour fournir la main-d’œuvre dont ses industries avaient besoin. On parlait des « travailleurs immigrés ». En 1974, après la crise pétrolière, l’immigration a été stoppée. Il n’y a plus d’immigration depuis 30 ans, sauf de manière marginale, par le biais des regroupements familiaux, des demandes d’asile, des études, d’entrées pour des raisons touristiques, d’entrées clandestines, enfin. Les lois se durcissent sans cesse pour tenter d’empêcher cette immigration marginale. On a vu se mettre en place une cascade de dispositifs législatifs et de répression : chaque ministre de l’Intérieur depuis 1986 a fait passer plusieurs lois sur l’immigration. Le nouveau gouvernement veut se précipiter pour édicter une nouvelle loi alors même que N. Sarkozy, ministre de l’Intérieur, a fait changer plusieurs fois la législation. Cela n’a aucune utilité pratique, sinon de rendre la vie difficile aux étrangers résidant en France : l’accès aux cartes de séjour est devenu difficile. Ces politiques produisent des sans-papiers. Au nom de la lutte contre l’immigration clandestine, on traque alors les sans-papiers. On demande aux policiers de « faire du chiffre », on les mobilise sur les contrôles d’identité. Cela donne lieu à un harcèlement de fractions de la population d’origine maghrébine ou africaine. Petit à petit, tout le climat social s’est dégradé, les tensions se sont accrues. Et cela d’autant plus que la France ne parvient pas à résoudre le problème du chômage et du sous-emploi. Depuis 20 ans, de durcissement en durcissement, les gouvernements successifs sont parvenus à faire croire que l’immigration était un problème. La chasse aux « immigrés clandestins » et aux sans-papiers n’a aucune utilité réelle, elle ne sert qu’à entretenir cette idée. Ce ne sont pas les 20 000 parents d’enfants scolarisés en France que Sarkozy refusait de régulariser l’année dernière qui représentent un problème en regard d’une population de 60 millions d’habitants. Désormais, la création d’un ministère en charge de promouvoir « l’identité nationale » va permettre d’aller plus loin encore dans la manière de construire toute une fraction de la population française comme des « étrangers intérieurs », en fait des ennemis internes. En jouant sur le nationalisme et la xénophobie (les deux sont inséparables) le président Sarkozy crée un enkystement des tensions sociales, en espérant sans doute y trouver le moyen de renforcer sa popularité.
© Afrik.com

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DANS LE RHÔNE, LA VENUE DE MME DATI SUSCITE L'ENTHOUSIASME (France)

16/06/2007 - Elle est arrivée en fin d'après midi, vendredi 15 juin 2007, devant le snack Hannibal sandwich, installé aux pieds d'une cité de Vaulx-en-Velin, et créé par des jeunes du quartier. Rachida Dati, ministre de la justice, est venue apporter à deux jours du scrutin un ultime soutien aux candidats UMP aux législatives dans le Rhône. La majorité espère ravir à la gauche ses derniers bastions dans la banlieue est de Lyon et conserver sa circonscription lyonnaise.

A peine descendue de sa voiture, la frêle silhouette de Mme Dati est happée par les candidats, pressés d'immortaliser l'instant avec ce "symbole de l'ouverture", et par les militants ou les badauds, qui se poussent et se bousculent. Chacun veut l'apercevoir, la toucher, lui parler ou se faire prendre en photo à ses côtés. Au milieu d'un brouhaha indescriptible, la nouvelle garde des Sceaux tente d'écouter ceux qui réussissent à l'approcher, parvient à glisser son numéro de téléphone à l'une de ses anciennes voisines : elle a grandi ici.

La ministre, étouffée par les caméras, explique qu'elle aimerait "parler aux gens d'ici, par respect pour eux". Peine perdue, sa voix se perd dans le chahut. A une encablure, dans une salle plus vaste, elle peut entamer un début de dialogue avec l'assistance. Regroupement familial, politique d'immigration, racisme, les habitants, pour beaucoup d'anciens immigrés, sont inquiets. Rachida Dati, un peu intimidée, défend âprement Nicolas Sarkozy, rappelle quelques-uns de ses engagements comme celui de donner "un emploi ou une formation à chaque jeune" et déclare qu'elle fera "des annonces la semaine prochaine" en matière de lutte contre les discriminations. "Il y aura des mesures claires et fermes, avec des engagements précis", affirme la garde des sceaux.

"JE N'AI PAS RENONCÉ"
Pour rassurer tout à fait son auditoire, Rachida Dati évoque son exemple personnel : "Lorsque je vous vois, je lis sur votre visage une partie de ma vie. Je connais les frustrations qui peuvent mener à la colère. Moi, je me suis engagée auprès de Nicolas Sarkozy, il a fait confiance (à) ma compétence. Pendant la campagne que n'ai-je entendu sur moi, "l'Arabe de service", "l'alibi", eh bien, vous avez la preuve que Nicolas Sarkozy tient ses promesses. En me nommant garde des sceaux, il a fait un acte symbolique qui ouvre la voie à d'autres. Je n'ai pas compté mon temps. Je n'ai pas renoncé. Vous non plus, vous ne devez pas."

Devant un auditoire conquis, la ministre promet de ne jamais les oublier. "Sans vous, je ne serais pas là où je suis aujourd'hui." Sur le plateau de la Croix-Rousse à Lyon, où l'attendent quelques instants plus tard, dans une ancienne usine désaffectée, plus de 500 personnes autour du député (UMP) sortant Emmanuel Hamelin, la ferveur est la même. Les Lyonnais aussi veulent voir, s'approcher de "Rachida". La ministre choisit cette fois de parler de la "renaissance" des valeurs de la République, "liberté, égalité, fraternité", évoque les "droits et devoirs" des citoyens, la défense des "victimes" et revient toujours à la même référence, Nicolas Sarkozy, qu'elle demande de soutenir. "La France est courageuse, volontaire. L'enjeu dimanche n'est pas un enjeu de parti, il s'agit d'assurer la victoire de la France", conclut-elle, devant une salle debout pour l'applaudir.

Sophie Landrin
© Le Monde

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ACCUSÉE DE RACISME, LA RIVALE UMP DE STRAUSS-KAHN DIT AVOIR ÉTÉ AGRESSÉE PAR DES "NOIRS" (France)

15/06/2007 - Sylvie Noachovitch, candidate UMP dans la circonscription de Dominique Strauss-Kahn, assure avoir été agressée vendredi matin à Sarcelles (Val-d'Oise) par un homme venu avec un groupe "composé exclusivement de Noirs", à la suite de propos racistes qu'elle nie avoir tenus.

Avocate vedette de l'émission "Sans aucun doute" de Julien Courbet (TF1), Mme Noachovitch est en ballottage très serré face à M. Strauss-Kahn qu'elle a devancé dimanche dernier de 90 voix (37,37% contre 37%) dans la 8ème circonscription du Val-d'Oise.

Selon Victor Curiel, suppléant de Sylvie Noachovitch, l'agression, confirmée de source judiciaire, s'est déroulée sur un marché de Sarcelles: "Nous attendions des gens de notre équipe quand une dizaine de personnes sont arrivées pour lui parler. L'un d'eux, cagoulé, lui a pris le cou, lui a mis un coup à l'oreille, l'a mise par terre et lui a jeté de la viande au visage".

L'agresseur n'a pas été interpellé.
M. Curiel a ajouté que le groupe qui s'est approché d'elle, composé "exclusivement de Noirs", voulait avoir des explications sur un article du Canard enchaîné.

Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a demandé des "sanctions immédiates" contre la candidate UMP. Il s'appuie sur un article du Canard enchaîné de cette semaine, selon lequel Sylvie Noachovitch, évoquant les capacités de séducteur de Dominique Strauss-Kahn, aurait déclaré: "Moi, mon mari peut dormir tranquille. Dans ma circonscription, il n'y a que des Noirs et des Arabes. L'idée de coucher avec l'un d'eux me répugne".

Ces propos auraient été tenus lors d'un délibéré du jury du prix littéraire Comte de Monte-Cristo (récompensant un livre-témoignage écrit par une victime d'erreur judiciaire) dont la candidate UMP est membre.

Selon l'attachée de presse de Mme Noachovitch, cet article a été photocopié et collé sur plusieurs affiches de la candidate dans Sarcelles.

"Elle est très choquée, n'arrête pas de crier, elle a peur qu'on en veuille à sa vie", a déclaré M. Curiel, ajoutant que la candidate s'était rendu au commissariat de Sarcelles pour porter plainte contre X.

Dans un communiqué envoyé vendredi matin avant son agression, Sylvie Noachovitch s'en prenait à son adversaire Dominique Strauss-Kahn qui "tente une fois de plus de vous tromper en diffusant des propos insultants".

Elle joint à ce communiqué une lettre de Gérard Lheritier, président du jury du prix de Monte-Cristo: "Je peux affirmer que je n'ai à aucun moment entendu des propos racistes ou assimilés, lors de cette réunion", écrit-il.

Le journaliste Nicolas Poincaré a confirmé jeudi sur RTL avoir entendu ces propos devant le jury du prix littéraire. "Elle l'a dit, oui. Le président était à l'autre bout de la table, c'était une très grande table, elle n'a pas non plus hurlé. Mais je confirme ces propos", a-t-il dit

"Je ne sais pas si elle l'a dit exactement comme cela, je crois qu'elle a dit +me répulse+, +l'idée de coucher avec un noir me répulse+ et non pas me répugne", a ajouté Nicolas Poincaré.

"De tels propos sont indignes d'une candidate à la représentation nationale", assure le Cran, qui demande des "sanctions immédiates" contre Sylvie Noachovitch et "attend que l'UMP se désolidarise clairement de ces propos honteux et haineux".

Dans un communiqué publié vendredi en fin d'après-midi, l'UMP a condamné vendredi l'agression dont a été victime Mme Noachovitch, ajoutant que "la violence dont (elle) a été victime est liée à une manipulation". L'UMP "demande solennellement aux responsables de cesser immédiatement les provocations afin que de tels actes, indignes de notre démocratie, ne puissent se reproduire".
© La Croix

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APPEL COMMUN DU PS, DES VERTS ET DU PCF POUR BATTRE VANNESTE, CONDAMNÉ POUR HOMOPHOBIE (France)

15/06/2007 - Le Parti socialiste, les Verts et le Parti communiste ont appellé dans un communiqué publié vendredi à un "sursaut citoyen et républicain" en faveur de la candidate PS dans la 10e circonscription du Nord pour faire battre le député sortant apparenté UMP Christian Vanneste.

"Le vote de dimanche (...) relève d'un acte de respect pour tous ceux qui ont souffert de leurs différences tout au long de notre histoire", avance notamment le texte, qui appelle à voter pour Najat Azmy, l'adversaire de M. Vanneste. Ce dernier a été condamné en appel en janvier à 3.000 euros d'amende pour "injure envers les homosexuels".

"Le député sortant Christian Vanneste, qui se présente sous l'étiquette UMP-CNI, accepte sans sourciller le soutien personnel du candidat du Front national Christian Baeckeroot", qui avait déclaré qu'il voterait pour M. Vanneste après le premier tour, note aussi le communiqué.

"Christian Vanneste est donc soutenu par la droite UMP et l'extrême droite représentée par un élu du Front national", poursuit-il.

"Face à cette dérive droitière et réactionnaire, tous les électeurs doivent se mobiliser pour que ces idées n'aient pas le droit de cité au sein de l'hémicycle de l'Assemblée nationale", ajoute-t-il.

Condamné en appel en janvier, le député du Nord Christian Vanneste, qui s'est pourvu en cassation, n'avait pas reçu l'investiture de l'UMP pour les législatives. Mais le parti lui a laissé le champ libre, ne présentant aucun candidat face à lui.

Au premier tour, il a obtenu 46,26% contre 21,10% pour Najat Azmy.
© La Dépèche du Midi

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PRISON AVEC SURSIS POUR L'AUTEUR D'UN LIVRE ANTISÉMITE (France)

15/06/2007 - L'auteur-éditeur du "Livre jaune" a été condamné vendredi à six mois de prison avec sursis et 4.000 euros d'amende, son diffuseur et un libraire à respectivement deux et un mois de prison avec sursis, pour provocation à la discrimination raciale.

Le tribunal correctionnel de Saverne, dans le Bas-Rhin, a condamné vendredi l'auteur et éditeur d'un ouvrage à connotation antisémite, "Le Livre jaune", à six mois de prison avec sursis et 4.000 euros d'amende pour provocation à la discrimination raciale. Pour le même motif, le diffuseur alsacien de l'ouvrage et un libraire d'Obernai (toujours dans le Bas-Rhin) qui avait mis le livre en vitrine, ont été condamnés au même motif à respectivement deux et un mois de prison avec sursis.
Le "Livre Jaune" est en fait "une série à succès qui se veut drôle", explique Me Raphaël Nisand, avocat de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), seule partie civile au procès. D'après ce dernier, l'ouvrage "décrit des juifs qui veulent asservir le monde" et emprunte notamment des passages au pamphlet antisémite du Protocole des sages de Sion.

L'auteur-éditeur, un Allemand de 51 ans résidant à Kehl, près de Strasbourg, a déclaré avoir confectionné son livre en reprenant les écrits d'un auteur néerlandais et en recopiant des extraits sur internet. "Pour moi, ce livre était fou et je me suis dit tout le monde va bien rigoler" a-t-il déclaré à l'audience.

"Sous le manteau"
De son côté, le diffuseur a tenté de se défendre en prétendant tout ignorer du contenu du livre. L'argument étant qu'il lui était impossible de lire l'ensemble des 650 titres de son catalogue.
Le libraire s'est lui aussi justifié en déclarant qu'il ignorait que ce livre contenait des passages antisémites, lorsqu'il l'a exposé dans sa vitrine. Son avocat a fait valoir que ce livre pouvait être commandé sur des sites internet et dans certaines librairies, ce qu'a confirmé la présidente du tribunal. Des particuliers s'étaient émus de la présence du livre dans la vitrine du libraire et s'en étaient ouverts à la Licra qui recevra un euro symbolique de dommages et intérêts et 1.000 euros pour les frais de procédure.
Me Nisand, qui est aussi le président départemental de la Licra, a annoncé qu'il allait transmettre le jugement aux libraires "qui n'exposent plus les ouvrages mais les tiennent sous le manteau".
© Le Nouvel Observateur

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POUR 76% DES FRANÇAIS, JEAN-MARIE LE PEN DOIT PASSER LA MAIN

14/06/2007 - Plus des trois-quarts des Français souhaitent que Jean-Marie Le Pen quitte la tête le Front national, selon le Politoscope Le Figaro/LCI.

D'après cette enquête à paraître vendredi, 76% des sondés estiment le leader d'extrême droite doit laisser la direction du Front national à une autre personnalité. Ils sont 20% à souhaiter au contraire qu'il continue à diriger le parti et 4% ne se prononcent pas.

Jean-Marie Le Pen, qui aura 79 ans le 20 juin, a pris les rênes du Front national peu après sa création, en 1972.

Pour 67% des personnes interrogées, les récents résultats électoraux du FN "sont le signe d'un affaiblissement durable du parti". A l'inverse, elles sont 31% à penser que le FN "obtiendra de nouveau de bons résultats aux élections dans les années qui viennent". Deux pour cent sont sans opinion.

Jean-Marie Le Pen a obtenu 10,41% des voix à l'élection présidentielle. Au premier tour des législatives, seule sa fille Marine Le Pen s'est qualifiée pour le second tour et au niveau national, le FN a recueilli 4,29% des voix.

Le Politoscope a été réalisé du 12 au 14 juin auprès d'un échantillon de 1.055 personnes âgées de plus de 18 ans.
© L'Express

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LES AGRESSEURS PRÉSUMÉS D'UN ALLEMAND D'ORIGINE ÉTHIOPIENNE ACQUITTÉS

15/06/2007 - Deux hommes qui étaient jugés à Potsdam (est de l'Allemagne) pour l'agression musclée d'un Allemand d'origine éthiopienne en 2006 ont été acquittés vendredi faute de preuve.

Tout en partant du principe que l'accusé principal, Björn L., a bel et bien participé à l'attaque qui aurait pu coûter la vie à Ermyas M., le Parquet --tout comme la défense-- avait finalement requis l'acquittement faute de pouvoir établir sa responsabilité avec certitude.

Jugés pour blessure corporelle grave et non-assistance à personne en danger devant le tribunal d'instance de Potsdam, dans la banlieue sud-ouest de Berlin, les deux accusés âgés de 30 et 32 ans ont nié les faits, tandis que la victime, qui était tombée dans le coma après son agression, affirme ne plus se souvenir de rien.

Etalé depuis février sur 19 journées d'audience et malgré le passage de 80 témoins et experts, le procès n'a jamais pu faire la lumière sur ce qui s'est véritablement passé le dimanche de Pâques 2006 à une station de tramway du centre de Potsdam, lorsque Ermyas M. fut frappé durement au visage aux cris de "Nègre!".

Il n'a ainsi pas pu être prouvé que les voix des agresseurs enregistrées sur le téléphone portable de l'Allemand d'origine éthiopienne quand il appelait son épouse étaient bien celles des deux hommes qui comparaissaient sur le banc des accusés.

Cette agression, peu avant le début en Allemagne du Mondial de football, avait suscité une grande émotion.
© La Croix

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KURT WALDHEIM EST MORT (Autriche)

L'ancien secrétaire général de l'Onu et ancien président de la République autrichienne est décédé à 88 ans. Il avait reconnu avoir caché son passé nazi dans les Balkans tout en affirmant ne pas avoir été au courant de la déportation de milliers de juifs grecs.

14/06/2007 - Kurt Waldheim, ancien secrétaire général de l’Onu et ex-président autrichien, est mort jeudi à l’âge de 88 ans, a annoncé un porte-parole de sa famille.

La présidence autrichienne a confirmé le décès de cette personnalité controversée qui avait dirigé pendant dix ans le secrétariat général des Nations unies (1972-81) avant d’accéder à la présidence de l’Autriche.

Son passé pendant la Deuxième Guerre mondiale était au centre de vives polémiques.

Waldheim, qui avait dix-neuf ans lorsque l’Allemagne nazie annexa l’Autriche, en 1938, a servi dans les rangs de l’armée du Troisième Reich. Mais il écrivait dans ses mémoires que son engagement avait cessé en 1941 après une blessure sur le front russe.

En mars 1986, l’hebdomadaire autrichien Profil affirmait au contraire que Waldheim avait entretenu des liens avec les SA nazis. L’accusation avait marqué sa campagne pour la présidence autrichienne, le Congrès juif mondial affirmant notamment qu’il était mêlé à des crimes de guerre dans les Balkans.

Dans une autobiographie publiée dix ans plus tard, Waldheim reconnaissait qu’avoir dissimulé son passé nazi dans les Balkans avait été une erreur mais réaffirmé être au-dessus de tout soupçon et ne pas avoir eu connaissance des crimes commis sur place, dont la déportation de milliers de juifs grecs.

La plupart des Autrichiens ne croyaient pas à une implication de Waldheim dans les crimes nazis, et les accusations dont il avait fait l’objet au moment de sa campagne électorale de 1986 l’avaient même propulsé dans les sondages.

Toutefois, devenu indésirable dans nombre de pays étrangers, il n’avait accompli pratiquement aucun voyage officiel lors de son mandat, à l’exception du Vatican à deux reprises et de plusieurs Etats arabes.

Waldheim estimait que cette polémique, si elle lui avait été personnellement dommageable, avait contribué à aider les Autrichiens à faire face à leur passé durant la guerre, et à accepter que tous n’avaient pas été des victimes passives du nazisme.
© Libération

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RAPPORT DU CENTRE POUR L'ÉGALITÉ DES CHANCES (Belgique)

Le Centre pour l'égalité des chance et la lutte contre le racisme publie ce mercredi son nouveau rapport annuel. Sur plus de 1.600 dossiers traités en 2006 pour discrimination, 40 % concernent des faits de racisme pur.

20/06/2007 - 40 % des dossiers concernent donc des faits de racisme pur. Mais le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme constate aussi une augmentation des dossiers de discrimination liés au handicap. Mais depuis mai dernier, sont en entrée en vigueur de nouvelles lois qui visent à lutter plus efficacement contre la discrimination. Alors le Centre espère que ces nouvelles dispositions porteront leurs fruits car, comme le rappelle Edouard Delruelle, le nouveau directeur du centre, les 1.600 dossiers traités ne sont que la face visible de l'iceberg.

«On peut estimer qu'il y a beaucoup plus, des milliers et des milliers de discriminations au quotidien, qui sont hélas faites en Belgique. Des gens à qui on refuse un logement pour leur couleur de peau ou parce qu'ils sont homosexuels ou parce qu'ils sont malades. Des gens à qui on refuse une assurance parce qu'ils sont atteints de maladie, de maladie grave. Ces discriminations-là, elles n'arrivent hélas pas toutes au Centre et ça, nous en sommes parfaitement conscients. Mais il faut ajouter que sur toutes les plaintes que nous recevons, les 1.600, la plupart nous les réglons par la conciliation, par l'information, par la médiation et très peu débouchent, heureusement, sur des procès. Mais les discriminations existent dans notre pays, il ne faut pas le nier.»
© La RTBF

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LA VIDÉO QUI ACCUSE LA POLICE GRECQUE DE MAUVAIS TRAITEMENTS

17/06/2007 - C'est du happy slapping, version flic. Les images ont été tournées il y a plus d'un an, mais leur diffusion, samedi, a mis la Grèce en état de choc: cette vidéo postée sur YouTube montre deux policiers grecs, dont l'un muni d'un bâton, maltraitant deux jeunes immigrés clandestins albanais accusés de vol. Ils les forcent à se gifler entre eux, et les poussent à frapper plus fort. On entend les autres policiers se marrer bruyamment.

La vidéo a sans doute été tournée par un policier avec son téléphone portable, et on entend même à un moment un de ses collègues qui donne des conseils de prudence avec la vidéo... L'impact a été immédiat: un officier de police a été suspendu, une enquête a été lancée, et le Premier ministre grec, Costas Caramanlis, a qualifié cette scène d'"affront à l'Etat grec, unanimement condamné".

Pour les groupes de défense des droits de l'homme en Grèce, ces pratiques sont courantes dans les commissariats, et les accusations de torture, de mauvais traitements, ou d'abus sur les détenus sont légion. Pour une fois, il y a une preuve en image. Tournée par les policiers eux-mêmes.
© Rue 89

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A ROME, L'EX-NAZI SE REND AU TRAVAIL EN SCOOTER (Italie)

Erich Priebke, 93 ans, autorisé à quitter son appartement pour aller travailler, a dû faire face lundi à une manifestation de jeunes représentants de la communauté juive de Rome. Par Arnaud Vaulerin et AFP

18/06/2007 - Première sortie et nouveau scandale pour l’ancien SS allemand. Condamné à la prison à perpétuité en Italie, Erich Priebke, 93 ans, a quitté pour la première fois lundi le domicile de Rome où il purge sa peine pour aller travailler au cabinet de son avocat, en scooter. L’ex-nazi voulait ainsi éviter la manifestation de jeunes représentants de la communauté juive italienne.

Erich Priebke a été condamné en 1998 à la privation de liberté à vie pour sa participation au massacre des Fosses Ardéatines à Rome en 1944: en mars, 335 otages civils, dont 75 juifs, y avaient été exécutés en représailles à une attaque de la résistance contre une unité de SS. La semaine dernière, Priebke a été autorisé par un juge militaire à quitter chaque jour l’appartement romain de son avocat Paolo Giachini, dans lequel il est soumis à une assignation à résidence, pour se rendre librement au cabinet de ce dernier.

Le parquet général militaire a déposé un recours contre cette autorisation de travailler, vivement critiquée par les associations juives et d’anciens combattants, a indiqué lundi à l’AFP l’avocat de l’association des victimes des Fosses Ardéatines, Sebastiano Di Lascio. La décision devrait intervenir dans quelques jours, selon la même source.

L’ex-officier nazi avait été arrêté en 1994 en Argentine et extradé en Italie l’année suivante. En 1999, il avait obtenu pour raisons de santé de purger sa peine chez lui, comme la loi italienne le permet pour les condamnés âgés. Le travail que le vieil homme sera amené à faire n’a pas été précisé. En application de l’ordonnance du juge, Priebke pourra quitter le cabinet d’avocats dans la journée «pour le temps strictement nécessaire à la satisfaction des besoins indispensables à la vie».

Cette décision de justice avait suscité la rancoeur de la communauté juive de Rome. Walter Veltroni, le maire de Rome a confié son «amertume» et exprimé sa «solidarité aux proches des victimes».
© Libération

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ITALIE: 13 MORTS DANS LE NAUFRAGE D'UNE EMBARCATION DE CLANDESTINS

17/06/2007 - Le nouveau bilan du naufrage d'une embarcation d'immigrés clandestins est de 13 morts, après la découverte de cinq nouveaux corps au large de l'île italienne de Lampedusa, au sud de la Sicile, a annoncé dimanche l'agence Ansa.

Les cinq nouveaux corps ont été repérés par un hélicoptère militaire embarqué sur le navire chargé de récupérer les huit cadavres qui avaient été trouvés auparavant, selon la même source.

Les informations se sont succédées toute la journée concernant des corps trouvés flottant à environ 100 km au sud de Lampedusa, la terre italienne la plus proche des côtes libyennes.

Après un premier corps aperçu par un avion civil à la recherche de bancs de thon, le bilan n'a cessé d'augmenter, passant à quatre, puis à huit et à treize.

Tous les cadavres ont été retrouvés dans la même zone, sous compétence maltaise, selon Ansa.
© La Croix

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LE CHINATOWN MILANAIS EN ÉBULLITION (Italie)

Face à la présence grandissante de la communauté, les autorités tentent de réagir. A leur façon. Par ERIC JOZSEF

15/06/2007 - «Le travail est un droit de l’homme inviolable.» Près du château des Sforza, au cœur de Milan, le slogan a fait depuis quelques semaines son apparition sur nombre de vitrines. En lettres noires sur fond jaune et, presque étrangement, en italien. Car dans ce quartier historique l es idéogrammes ont largement détrôné les caractères latins et même les publicités aux accents anglo-saxons.

Au pied des petits immeubles colorés de trois ou quatre étages, aux cours intérieures au cachet lombard, l’heure est désormais aux boutiques chinoises, aux annonces en mandarin et à la colère. «Les Italiens du quartier disent qu’on ne les respecte pas et veulent nous mettre dehors. Nous, nous disons qu’ils ne respectent pas notre travail», s’agite Jun, jeune commerçant de fripes, un des rares à parler couramment l’italien. Un des seuls, aussi, à accepter de s’exprimer sur les affrontements de la mi-avril qui ont marqué le Chinatown milanais et surpris l’opinion publique italienne. Pendant trois heures, des dizaines de jeunes de la communauté, munis de drapeaux rouges, s’en sont violemment pris aux forces de l’ordre qui avaient, semble-t-il, confisqué la voiture d’une commerçante à la suite d’un contrôle policier. Bilan, au terme d’une bataille rangée : quatorze agents et une dizaine de Chinois blessés, des voitures saccagées, de nombreuses arrestations et même une note des autorités de Pékin souhaitant que l’Italie «règle avec équilibre» les problèmes en tenant compte «des exigences raisonnables et des intérêts légaux des Chinois résidant à l’étranger».
«Guérilla urbaine». Pour la presse transalpine, qui parle de «guérilla urbaine», l’incident doit servir de signal d’alarme. «La présence chinoise dans le quartier est devenue dominante, les Milanais sont aujourd’hui en minorité, s’inquiétait au lendemain des bagarres le Corriere della Sera, le principal quotidien du pays. Nous avons assisté à la première réaction du type des banlieues françaises dans une ville qui a perdu le contrôle de certains de ses quartiers.»

Sur place, le sentiment est plus pondéré. «Le véritable problème, ce sont les grossistes, explique l’ingénieur Pierfranco Lionetto, responsable d’une association de défense des riverains. C’est un type de commerce incompatible avec la spécificité du quartier. Les rues étroites de cette zone ne peuvent pas accueillir un va-et-vient de camionnettes et de chariots qui transportent et dé­placent des paquets toute la journée.» «L’administration communale les a laissés acheter à prix d’or les boutiques des Italiens, explique Nino Boldoni, concierge. Et puis tout d’un coup, après des années de laxisme, elle a décidé de faire respecter les règlements municipaux concernant l’utilisation des chariots.» Jun admet : «C’est peut-être vrai qu’on se sert trop des chariots. Mais alors pourquoi nous avoir délivré les licences commerciales ? Pourquoi les contrôles actuels ne concernent-ils que le quartier chinois ?»

A la mairie, on se défend de toute discrimination. Mais la nouvelle équipe municipale (de droite, comme les précédentes), élue sur un programme sécuritaire, veut remettre de l’ordre dans un quartier qui s’est développé de façon incontrôlée. De manière emblématique, le Chinatown milanais témoigne de la transformation accélérée du pays. Longtemps terre d’émigration, l’Italie compte aujourd’hui près de 3,3 millions d’étrangers, dont 500 000 clandestins.

«Notre quartier s’est métamorphosé à une vitesse stupéfiante. 85 % des 30 000 résidents sont encore Italiens, mais depuis dix ans la très grande majorité des commerces ont été rachetés par des Chinois», dit Sergio Ansani, propriétaire de l’une des treize dernières enseignes italiennes (sur 127) de la via Bramante. «Dans le quartier, 80 % des boutiques sont chinoises», calcule Pierfranco Lionetto. Via Giorgione, toutes le sont. Et le quartier ne compte plus qu’un seul boulanger. «La communauté a choisi de s’installer ici parce qu’il y avait quelques familles chinoises depuis les années 20, poursuit Lionetto . Mais à partir de 1998 ils ont systématiquement racheté les commerces pour la vente en gros. La physionomie socio-économique du quartier a radicalement changé sans que la mairie n’intervienne.»

Verroterie, vêtements, appareils électroniques. La via Paolo Sarpi est devenue une plateforme commerciale asiatique au centre de Milan. Au bout de la rue, la communauté dispose depuis trois ans de son journal, le Chinese News. «A la différence de la France, les Italiens ne sont pas encore habitués au phénomène migratoire, analyse le directeur, Jiang Ming. Il faudra encore un peu de temps.»

Enclave. Pour autant, des Milanais commencent à s’adresser au journal pour y passer des petites annonces en chinois. Comme Vittorio, commerçant, qui a une maison à vendre : «Dans le quartier, il y a quelques petites choses à ajuster. Mais on y vit bien. La communauté chinoise est l’une des plus discrètes. On n’a pas de problèmes de sécurité. Ils règlent leurs affaires entre eux.» Vittorio n’aurait même rien contre l’idée de voir se constituer une véritable enclave chinoise, avec une porte traditionnelle pour signaler l’entrée de la via Sarpi.

A l’inverse, la perspective d’un isolement préoccupe Pierfranco Lionetto : «Il faut résoudre en priorité la question des chariots, car cela crée de vraies tensions ; mais cela ne règle pas le problème de l’intégration. Au-delà, il faut aussi rétablir un contrôle du territoire et favoriser une politique de dialogue», ajoute-t-il en s’inquiétant des discours xénophobes. Des groupuscules d’extrême droite comme la Ligue du Nord ont en effet soufflé sur les braises. A Trévise, le maire adjoint, Giancarlo Gentilini, léguiste, a ordonné le retrait des lanternes rouges devant les restaurants chinois, au motif qu’elles dénatureraient la ville.
© Libération

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RACISME LORS D'ANGLETERRE-SERBIE: ARBITRE FAIT UN RAPPORT (Pays-Bas)

18/06/2007 - L'arbitre allemand de la rencontre Angleterre-Serbie comptant pour le 1er tour de l'Euro Espoirs de football a consigné dans un rapport les incidents racistes ayant émaillé le match disputé dimanche à Nimègue, a-t-on appris lundi auprès des organisateurs.

En seconde période, quelques dizaines de supporteurs serbes ont imité un court instant des cris de singes, conspuant de la sorte le joueur anglais Nedum Onuoha. Ces cris xénophobes ont rapidement cessé, couverts par des chants des partisans britanniques, en réponse à ces injures.

L'arbitre, M. Kircher, qui n'a pas arrêté la partie a cependant réclamé l'intervention du speaker du stade.

"Vous êtes aux Pays-Bas, un pays fier de sa diversité", a lancé le speaker à l'intention des supporteurs serbes.

"Veuillez cesser immédiatement vos insultes ou quitter le stade sans attendre", a notamment dit le speaker néerlandais, ce qui a rapidement mis fin aux incidents.

La rencontre remportée 2 à 0 par l'Angleterre a été tendue sur le terrain également, plusieurs accrochages et échauffourées ont eu lieu entre joueurs, jusque dans le couloir menant au vestiaire après la rencontre, selon plusieurs témoins.

Lundi midi, l'Union européenne de football n'avait pas encore signalé si elle comptait ouvrir une enquête sur ces incidents.

La Serbie et l'Angleterre ont terminé en tête du groupe B et sont qualifiés pour les demi-finales programmées mercredi. La Serbie rencontrera la Belgique et l'Angleterre sera opposée aux Pays-Bas.
© Télévision Suisse Romande

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ELECTIONS RUSSES: LE NATIONALISME GAGNE DU TERRAIN

20/06/2007 - Le nationalisme a contaminé tout le spectre politique russe, la quasi totalité des partis, des communistes aux mouvements pro-Kremlin, ayant opté pour des idées nationalistes six mois avant les élections législatives, ont constaté mercredi des analystes russes.

«Il n'existe plus en Russie de partis qui n'utilisent pas d'idée nationaliste», a estimé l'experte Galina Kojevnikova, qui a présenté mercredi le rapport trimestriel du centre analytique Sova, spécialisé dans les problèmes du racisme.

«La plupart des partis considérés comme non nationalistes ont manifesté ce printemps leur volonté d'utiliser la ressource nationaliste aux prochaines élections» législatives prévues en décembre, selon le rapport.

En mars, le leader des communistes Guennadi Ziouganov a défendu un «socialisme russe» et déclaré que son parti, réputé en Russie comme le dernier défenseur de l'internationalisme soviétique, «ne permettra à personne de s'approprier la question russe».

Les deux partis pro-Kremlin utilisent déjà largement des idées nationalistes dans leur course électorale.

Le parti «Russie Unie» a lancé en mai son site officiel intitulé «Projet russe» qui compte parmi ses sources le journal antisémite «La Russie orthodoxe», et le parti «Russie Juste», également pro-Kremlin, a propulsé en avril à Krasnodar un candidat connu pour ses déclarations antisémites, constate le centre Sova.

«La demande de nationalisme arrive d'en bas en Russie et l'élite politique a fini par y répondre par l'idée d'un nationalisme contrôlé, renvoyant au grand Empire russe», estime un autre expert de Sova, Alexandre Verkhovski.

Officiellement la Russie veut durcir la lutte contre le racisme.

En avril, le Parlement russe a rendu plus sévères les condamnations dans les affaires d'actes de vandalisme et de propagande à caractère raciste, qui a permis depuis la condamnation de neuf personnes pour propagande raciste, autrefois passée inaperçue pour la justice, selon le rapport de Sova.

Depuis janvier, 32 personnes ont été tuées en Russie pour des raisons racistes et 245 autres ont été victimes d'extrémistes xénophobes.
© CyberPresse

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LA DISCRIMINATION RACIALE EST UNE RÉALITÉ DANS LES DISCOTHÈQUES (Suisse)

15/06/2007 - La discrimination raciale à l'entrée des discothèques et des bars est un fait, ont constaté diverses associations invitées en congrès. La Commission fédérale contre le racisme (CFR) entend établir des mesures avec les gérants des établissements. [ats] - La CFR va désormais établir et présenter au public ses propositions d'actions, inspirées des discussions qui se sont tenues la semaine dernière avec les associations, a-t-elle indiqué.

Outres les représentants de la commission, la réunion a rassemblé d'une part les délégués à l'intégration ainsi que les responsables des services d'accueil et de conseil pour les victimes de discriminations raciales.

Etaient aussi présents les collaborateurs des sociétés de services de sécurité, les représentants de l'associations de ces entreprises et ceux de l'Association suisse des cafés-concert, cabarets, dancings et discothèques.
© Bluewin Info

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AUSTRALIE: LEUR ART SE VEND À PRIX D'OR MAIS LES ABORIGÈNES RESTENT PAUVRES

17/06/2007 - Tapis dans un entrepôt entouré de barbelés, près d'Alice Springs, dans le centre de l'Australie, des artistes aborigènes s'affairent, accroupis sur des grandes toiles. Debout, un Blanc surveille leur travail.

Bienvenue dans l'un des nombreux ateliers de cette région désertique, au coeur de l'Australie, où des hommes d'affaires peu scrupuleux paient une misère des peintures aborigènes, qu'ils revendent ensuite à prix d'or aux touristes et collectionneurs des grandes villes.

"Ils les enferment dans des baraques et les font peindre en échange de quelques verres d'alcool. C'est un vrai scandale d'Etat", s'insurge William Tilmouth, directeur d'un Conseil aborigène à Alice Springs.

L'art aborigène connaît actuellement une cote exponentielle. Une toile a ainsi pour la première fois atteint le million de dollars (830.000 dollars US) lors d'une vente aux enchères le mois dernier à Sydney.

La multiplication des cas d'exploitation, qui salissent une industrie artistique aborigène de quelque 500 millions de dollars par an, a poussé le Parlement à lancer une commission d'enquête.

Son rapport, qui doit être publié la semaine prochaine, devrait recommander aux galeries d'adopter une règlementation stricte, précisant les origines des oeuvres afin d'empêcher la circulation de faux ou d'objets acquis en dehors de toute éthique.

Parlant souvent mal l'anglais et n'ayant généralement pas idée de la flambée de leur art, les peintres aborigènes sont des proies faciles.

"Les artistes ne perçoivent à la fin de la journée qu'une petite somme d'argent, environ un dixième de la valeur de leurs oeuvres", explique Liesl Rockchild, qui coordonne un programme de défense de l'éthique dans le commerce des arts.

Les marchands appâtent les artistes avec des vieilles voitures, de l'alcool et même du Viagra, raconte-t-elle, soulignant que les peintres aborigènes se retrouvent complètement coupés de leurs communautés. Cette rupture n'est pas sans conséquence sur la transmission des savoirs aborigènes, dans cette société où l'oralité est centrale.

"Ces marchands cassent notre communauté, en éloignant les meilleurs artistes", dénonce Mary Kemarre Turner, artiste aborigène. "Les artistes les plus expérimentés doivent enseigner aux jeunes. Mais beaucoup d'entre eux sont emmenés par les profiteurs, et nos histoires disparaissent".

Certains marchands font carrément l'aller-retour dans la journée depuis Sydney. Ils apportent du matériel de peinture bon marché aux artistes aborigènes du centre du pays, distribuent quelques poignées de dollars, et repartent le soir même avec les toiles.

Liesl Rockchild cite l'exemple d'un artiste, dont une oeuvre a récemment été vendue 15.000 dollars en Italie, et qui n'en a récupéré que 100.
© La Croix

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JOURNÉE NATIONALE DES PEUPLES AUTOCHTONES - L'URGENCE D'AGIR (Canada)

21/06/2007 - Au début de la Décennie internationale des peu-ples autochtones (1995-2005), l'Organisation des Nations unies lançait un processus de discussion autour d'une déclaration sur les droits de ces peuples.

De plus, l'ONU demandait à ses États membres de réaliser des activités soulignant l'importance de partenariats équitables entre les peuples autochtones et leurs États nationaux respectifs. Le gouvernement canadien de l'époque avait alors décidé de célébrer à chaque solstice d'été la Journée nationale des autochtones. La décennie étant terminée, un examen de conscience s'impose chez les dirigeants politiques québécois et canadiens.

La déclaration des Nations unies sur les peuples autochtones
Le Conseil des droits humains de l'ONU visait à faire adopter cette déclaration au plus tard en 2006 par l'Assemblée générale des Nations unies. Que retrouve-t-on dans le document? Évoquons quatre articles. L'article 3 de cette déclaration affirme clairement le droit des peuples autochtones à disposer d'eux-mêmes ainsi qu'à déterminer librement leur statut politique et leur développement économique, social et culturel.

L'article 26 affirme le caractère inaliénable des droits ancestraux essentiels au développement de l'identité culturelle des peuples autochtones. Les articles 22 et 44 garantissent l'application des droits et libertés à tous les autochtones, hommes et femmes, et appellent les États et les organisations autochtones à veiller à ce que les femmes et les enfants jouissent de la protection et des garanties voulues contre toutes les formes de violence et de discrimination. Comme l'évoquait l'association Femmes autochtones du Québec le 21 juin dernier, «la déclaration est un document remarquable qui constitue le point culminant des travaux accomplis sur le plan international par les groupes autochtones et les États-nations dans un esprit de collaboration et de respect. De nature plus morale que juridique, la déclaration aspire à établir des normes pour les droits de la personne des peuples autochtones. [...] Le Canada a donc la responsabilité d'appuyer ce processus et non de le saboter. Retarder ce processus consistera à saper des années de travail réalisé dans un esprit de coopération, de partage et partenariat».

Le 29 juin 2006, 30 pays votaient en faveur de la résolution du Conseil des droits humains de l'ONU. Deux pays -- le Canada et la Russie -- votaient contre et douze pays s'abstenaient. En novembre 2006, les pressions répétées de l'Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande et des États-Unis ont réussi à faire retarder jusqu'en septembre 2007 l'adoption de la déclaration par l'Assemblée générale de l'ONU. Dans quel but? Obtenir des amendements affaiblissant le sens et la portée des éléments les plus fondamentaux de la déclaration.

Les gouvernements canadiens précédents avaient appuyé le projet de déclaration. Le changement de position du gouvernement Harper a donc été perçu par les organisations autochtones et par plusieurs organisations internationales comme une trahison de la parole donnée.

M. Harper annonce maintenant l'instauration d'un processus visant à accélérer le règlement des nombreuses causes ayant trait à des enjeux territoriaux pour les autochtones. Des représentants autochtones ont salué ce qui pourrait être un pas dans la bonne direction tout en demeurant sceptiques devant ce qui pourrait être une autre promesse non réalisée. Plusieurs représentants autochtones ont encore en mémoire l'accord de Kelowna signé par le gouvernement canadien et renié par Stephen Harper. Pour toutes ces raisons, plusieurs groupes autochtones organiseront une journée pancanadienne d'action le 29 juin, un an après la volte-face du gouvernement Harper lors du vote sur la déclaration.

Pour des changements en profondeur
Le manque de logements est criant en milieu autochtone, tout comme le sont l'ampleur de la pauvreté, l'absence d'emplois, l'analphabétisme et le faible niveau de scolarité. À l'extérieur des réserves, trop d'autochtones vivent l'isolement, la perte d'identité, l'itinérance et le racisme. L'alcoolisme, la toxicomanie et la violence faite aux femmes et aux enfants gangrènent littéralement le tissu social, provoquant fréquemment des suicides, surtout chez les jeunes.

En réponse à ces problèmes, l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador lançait l'opération «Mission 10 000 possibilités» lors du Forum socioéconomique de Mashteuiatsh d'octobre 2006: création de 10 000 emplois, raccrochage scolaire de 10 000 jeunes et construction de 10 000 logements.

Pour sa part, Femmes autochtones du Québec réclamait du gouvernement fédéral un ajustement annuel de 337 000 $ pour chacune des maisons d'hébergement accueillant des femmes victimes de violence. Ces maisons pourraient ainsi atteindre le même niveau de financement que celles qui sont financées par Québec. À ce jour, les réponses d'Ottawa à toutes ces demandes ont été particulièrement navrantes.

Pour une motion unanime
Lors de la dernière campagne électorale québécoise, l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) a invité cinq partis politiques (le PLQ, le PQ, l'ADQ, Québec solidaire et le Parti vert du Québec) à se prononcer, lors d'un débat public, sur les enjeux autochtones. Tous, sauf le PVQ, ont participé au débat et leurs représentants se sont montrés ouverts à un appui à la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Mais lors d'un discours public prononcé deux jours plus tard, Ghislain Picard, chef de l'APNQL, a commenté ainsi le débat: «Le 20 mars, nous avons réussi à réunir au Cégep du Vieux-Montréal des représentants de quatre partis politiques, soit le PLQ, le PQ, l'ADQ et Québec solidaire, qui se sont prononcés sur leurs intentions à notre égard. Seul, cependant, Québec solidaire a émis le lendemain un communiqué s'engageant à proposer une motion à l'Assemblée nationale, s'il y avait un député de ce parti élu, à l'effet de demander au gouvernement fédéral de revoir sa position contre le projet de déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones».

Conformément à son engagement du 20 mars 2007, Québec solidaire invite donc en cette Journée nationale des autochtones les partis politiques du Québec à présenter une motion à l'Assemblée nationale appuyant unanimement la déclaration et pressant le gouvernement fédéral d'en faire autant. Les trois partis d'opposition au niveau fédéral (PLC, NPD et Bloc québécois) ont déjà demandé au gouvernement Harper de réviser sa position. Pourquoi pas les partis présents à l'Assemblée nationale du Québec?

Les relations avec les peuples autochtones représentent un défi politique incontournable. La qualité de ces relations jouera un rôle déterminant sur notre avenir à tous, autochtones et non-autochtones. La véritable reconnaissance des droits collectifs et individuels ainsi que le respect mutuel doivent fonder une négociation portant sur les questions territoriales et la garantie de conditions de vie acceptables pour les peuples autochtones.

Ces négociations seront-elles faciles? Sans doute pas. Y aura-t-il des tiraillements? C'est possible. Y a-t-il des risques? Peut-être, mais les risques seront bien plus grands si nous continuons à nous enfouir la tête dans le sable et à espérer que les problèmes se règlent d'eux-mêmes. Les avertissements récents de la part des chefs à propos de la colère qui gronde dans les communautés autochtones sont éloquents. Il y a urgence d'agir!

Amir Khadir, Porte-parole de Québec solidaire
Françoise David, Porte-parole de Québec solidaire
Mylène Jaccoud, Commission sur les peuples autochtones de Québec solidaire
© Le Devoir

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LE CRÉATIONNISME S’INVITE DANS LES PRIMAIRES AMÉRICAINES

20/06/2007 - La récente inauguration du Musée de la Création à Petersburg dans le Kentucky illustre la poussée des thèses créationnistes dans la société américaine. Un succès qui ne manque pas de se refléter dans le débat pour la course à l’investiture en vue des élections présidentielles de 2008.

Adam et Eve dans le jardin d’Eden au temps des dinosaures, le Déluge responsable de la formation du Grand Canyon. Voici ce que les visiteurs du Musée de la Création peuvent découvrir depuis le 28 mai. En relatant la création du monde en six jours selon l’inspiration biblique, la nouvelle institution de Petersburg, dans le Kentucky, bafoue la lecture rationnelle de l’évolution des hommes. Les scientifiques considèrent en effet que les dinosaures ont vécu 65 millions d’années avant les premiers hommes. Entre le « musée d’histoire (sur)naturelle » et le parc d’attraction, l’œuvre du président du groupe Answers in Genesis, Ken Ham, a coûté la modeste somme de 27 millions de dollars, permettant ainsi l’installation d’une salle de projection avec sièges vibrants en vue d’imiter les sensations du Déluge.

Si le créationnisme fait, heureusement, encore débat aux Etats-Unis – le Centre national américain pour l’éducation scientifique ayant publiquement protesté contre ce qu’il appelle un « Disneyland pour créationnistes » –, cette doctrine semble gagner du terrain face aux tenants du darwinisme. Plusieurs gérants de salles de cinéma IMAX à écrans géants des musées d’histoire naturelle ont déjà révélé qu’ils préféraient ne pas susciter de polémique en mettant plutôt à l’affiche, pour des raisons commerciales, des films sans référence à l’évolution. C’est le cas notamment dans le Sud du pays où les fondamentalistes chrétiens sont plus nombreux.

Outre le domaine culturel, le créationnisme fait également recette dans celui de la politique. En pleine précampagne pour les primaires, lesquelles doivent désigner les deux présidentiables pour 2008, Ken Hama invite les candidats à prendre position sur la théorie de l’évolution et le créationnisme. Selon un communiqué de l’institut de sondage Gallup, daté du 11 juin, la majorité des républicains ne croient pas que l’espèce humaine ait évolué selon des stades moins avancés de la vie tels que définis par Darwin. En revanche, les démocrates et indépendants seraient plus enclin à y adhérer. Lors de leur premier débat, en mai, trois des dix candidats à l’investiture républicaine avaient affirmé ne pas croire à la théorie de l’évolution. La semaine dernière, Mike Huckabee, ex-gouverneur de l’Arkansas et ancien pasteur baptiste confirmait qu’il croyait en Dieu, « créateur de la Terre ».

A la question « Croyez-vous littéralement que cela a été fait en six jours, il y a 6 000 ans ? », il a répondu : « Je n’en sais rien. Je n’y étais pas. Mais que cela soit six jours ou six jours représentant des périodes de temps, il l’a fait. Et c’est cela qui compte. » Sans-doute pour plaire à la frange fondamentaliste de leur électorat, certains n’hésitent pas à promettre de donner une place dans les enseignements aux théories créationnistes, à l’image du sénateur candidat de l’Arizona John McCain : « Chaque Américain devrait être informé des deux théories. » Du côté des démocrates, si la prise de position n’est pas claire en ce qui concerne Hillary Clinton et Barack Obama, l’ancien candidat à la vice-présidence en 2004, John Edwards, a quant à lui déclaré qu’il adhère aux vues scientifiques, mais que cela ne le contrarie pas dans sa foi : « Je pense que la croyance en Dieu et dans le Christ, en ce qui me concerne, n’est en aucun cas contradictoire avec [la théorie de l’évolution], puisque la main de Dieu est (…) dans chaque homme qui existe sur cette planète. » Quelques mois auparavant, en avril, c’est dans le Kentucky (décidemment…) que le débat divisait les démocrates. Lors de la primaire pour le poste de gouverneur de l’Etat, deux des six candidats, Bruce Lunsford et Jody Richards, avaient annoncé leur intention de ne pas s’opposer à l’enseignement du créationnisme dans les écoles locales.

Pourtant, la poussée du créationnisme dans les esprits des électeurs reste difficile à cerner. Selon une récente enquête Gallup-USA Today, 66% des Américains pensent que le créationnisme est une théorie valide contre 53% qui optent pour celle de l’évolution, et 25% qui se rapportent aux deux.
© Beta Politique

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UN EX-MEMBRE DU KU KLUX KLAN RECONNU COUPABLE 43 ANS APRÈS (États-Unis)

19/06/2007 - C'est l'épilogue d'une histoire sordide qui a commencé voilà quarante-trois ans sur les bords du fleuve Mississippi, dans le sud des Etats-Unis. James Ford Seale, ex-membre de l'organisation raciste Ku Klux Klan, que l'on avait cru mort à un moment, vient d'être reconnu coupable, à 71 ans, par un jury fédéral, d'avoir participé au meurtre, le 2 mai 1964, de deux jeunes militants noirs des droits civiques, Henry Hezekiah Dee et Charles Eddie Moore. Ancien policier devenu à moitié sourd, il risque la prison à perpétuité. Une sentence attendue le 24 août.

James Seale avait été arrêté une première fois quelques semaines après la découverte, en juillet 1964, des corps des deux jeunes militants. Il fut détenu aux côtés d'un autre membre présumé du Klan, Charles Marcus Edwards. Mais l'enquête tournera court. Tous deux sont rapidement mis hors de cause par la police. Il faudra attendre 2005 pour que l'affaire revienne devant la justice grâce à l'obstination du frère de Charles Moore, Thomas Moore. C'est lui, avec l'aide d'un documentariste canadien, David Rigden, qui retrouvera la trace dans l'Etat du Mississippi de James Seale, disparu depuis 2000. Lui qui insistera auprès du FBI pour la réouverture du dossier.

En janvier, le vieil homme est finalement accusé par un procureur fédéral de la ville de Jackson "d'enlèvements et de complot". Lors du procès qui s'est ouvert mercredi 13 juin, la cour a pu entendre les commentaires qu'il avait fait lors de son arrestation de 1964. "Vous savez que vous l'avez fait, Dieu sait que vous l'avez fait !", avait dit l'agent du FBI (police fédérale) Lenard Wolf à James Seale, qui lui avait alors lâché : "Oui, mais je ne vais pas l'admettre. Il va vous falloir le prouver."

La preuve est venue de Charles Edwards. En échange d'une immunité judiciaire, il a témoigné contre son ancien complice, révélant son appartenance à une section du Klan, appelée "klavern" et dirigée à l'époque par le père de James Seale.

Selon l'accusation, James Seale aurait pris en auto-stop Henry Dee et Charles Moore avant de les rouer de coups avec l'aide d'autres membres du Klan. Les deux jeunes gens auraient été encore vivants lorsque le groupe les attacha à un moteur de voiture pour les "lester" et les jeta dans les eaux du Mississippi.

L'accusé n'a pas dit un mot au cours du procès. Jeudi soir, après la lecture du verdict, il s'est tourné vers sa femme, Jean Seale, pour lui demander "si (elle) allait bien" avant de rejoindre sa cellule. Les familles des victimes, elles, ont laissé exploser leur joie devant le bâtiment fédéral. "Aujourd'hui, le Mississippi a parlé", a dit Thomas Moore.

Nicolas Bourcier
© Le Monde

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LES FALASHAS, NOIRS ET JUIFS (Israel)

Les Falashas, juifs d’Afrique, ont quitté leur terre nourricière pour rejoindre leur « berceau originel ». Aujourd’hui, malgré les années écoulées, ils demeurent encore à cheval entre deux mondes. Par Thomas Pagbe

19/06/2007 - Des Juifs en terre africaine... Leur présence en ces lieux ne cesse de générer une foule de questionnements. Qui sont ceux que l’on nomme les Falashas ou les Betas Israël ? Leur origine est, encore aujourd’hui, sujette à controverse. Différents avis sont en présence. La thèse la plus répandue demeure celle qui en fait les descendants de Ménélik, fils du Roi Salomon et de la Reine de Saba.

Une source annexe localise le royaume de Saba non pas en Israël mais dans le Yémen actuel. Dans le Coran, Mahomet mentionne l’existence de trois groupes monothéistes : Juifs, Sabéens et Chrétiens. La proximité entre le Yémen et l’Ethiopie a pu être à l’origine de la naissance de peuplades juives en Ethiopie. La fréquence des échanges entre l’actuel Yémen et l’Ethiopie aurait naturellement favorisé la conversion et la naissance d’un judaïsme éthiopien.

L’encyclopédie en ligne Wikipédia exploite encore une autre hypothèse. Selon Eldad Ha Dani, un voyageur juif du 9ème siècle, un très grand nombre de tribus juives dispersées subsistent à son époque. Parmi elles, les tribus Dan, Asher, Gad et Naftali, rescapées de la chute du premier royaume d’Israël. Ces quatre tribus se seraient rassemblées dans une région de l’Ethiopie.

Deux voyageurs, l’un Juif et l’autre Arabe attestent, au 12ème siècle, de la présence de Falashas en Ethiopie. La communauté aurait compté, entre 40 et 60 000 membres. Cette seconde hypothèse, agrémentée de témoignages postérieurs, fournit une explication tangible à la présence de tribus juives en Afrique. Pour être complet, il faut ajouter une dernière hypothèse. Les Beta Israël seraient des chrétiens convertis au judaïsme depuis des siècles. Malgré tous avis un fait demeure indiscutable : « les Falashas sont les seuls Noirs parmi les juifs et les seuls Juifs parmi les Noirs » L’expression, tirée d’un article de l’encyclopédie Universalis, ne souffre aucune discussion. Les descendants supposés de la Reine de Saba ont maintenu durant des siècle une pratique régulière du dogme judaïque.

Une judéité contestée
Pourtant, leur « judéité » demeure longtemps contestée par les autorités religieuses israéliennes, lesquelles entretiennent une attitude circonspecte à l’égard de leurs coreligionnaires à la peau d’ébène. Leurs « prêtres » ne sont pas reconnus et la rigidité de leur sabbat participe grandement à l’approfondissement du fossé qui empêche leur reconnaissance. Un homme fait sortir les Falashas de l’ombre. Jacques Faitlovitc, un orientaliste d’origine juive polonaise, mène un véritable combat pour les faire reconnaître. Il crée un comité international pour leur venir en aide. Grâce à lui, des écoles naissent dans les villages des Falashas.

Visionnaire, il encourage l’ascension d’une élite parmi les juifs noirs. Cette même élite sera pour beaucoup dans le rapprochement entre les Falashas et le peuple juifs. Avant sa mort, il réussit à transmettre le relais à l’Agence juive, qui continuera son action. La date de 1973 représente un tournant. Ovadià Yossef, un rabbin d’origine yéménite et époux d’une Beta Israël, proclame officiellement leur appartenance au peuple juif. Deux ans plus tard, un autre rabbin, Shlomo Goren affirme que les Falashas sont des « frères » et de « vrais » juifs. La même année, Itzhak Rabin, Premier ministre d’Israël les déclare juifs et leur concède le droit au retour.

D’une manière générale, les Falashas émigrent peu en Israël. Seuls quelques un d’entre eux tentent le périple. Entre 65 et le milieu des années 70, un petit nombre fait le voyage jusqu’en Israël. Ces « pionniers » participent à la naissance de l’idée de « remontée » vers le pays « d’origine ». En 1975, on ne dénombre que 250 d’entre eux. Les opérations sérieuses débutent dans les années 80. Une action fera date. Son nom : Moïse. Sous ce nom de code biblique se cache une action d’envergure organisée par Tsahal (l’armée Israélienne), la CIA, l’ambassade américaine à Khartoum et des mercenaires soudanais. Grâce à un impressionnant pont aérien, entre novembre 84 et janvier 85, pas moins de 8000 personnes rejoignent la terre d’Israël.

L’opération ne se fera pas sans pertes. 4000 personnes disparaîtront dans leur tentative de rejoindre les camps de réfugiés soudanais, lieu d’exfiltration vers le foyer national juif. En 1991, l’opération Salomon, évacuera vers Israël un grand nombre de réfugiés éthiopiens. Plus de 14 000 personnes seront évacuées en 36 heures, dans un va et vient incessant d’aéronefs de la compagnie El Al. Cette action d’envergure jettera sous les yeux du monde la souffrance des Falashas. Avant ces déplacements de masse, la situation s’est notablement dégradée pour des migrants éthiopiens. La révolte marxiste sonne le glas de la quiétude pour les juifs éthiopiens. La famine de 1974 pousse les militaires du pays à la révolte. Invités à se soumettre et à « s’assimiler », les Falashas n’ont d’autre solution que d’abandonner leur terre quelques années plus tard.

Une migration complexe
Leur vie ne s’en est pas simplifiée pour autant. En butte à l’incompréhension et au racisme, leur assimilation s’opère très lentement et très douloureusement. Les Ethiopiens arrivés en Israël en 1991 et installés à l’hôtel ignorent qu’ils devront y rester pendant un an. L’installation dans des caravanes spécialement prévues pour eux fait suite à leur vie hôtelière. Là, les nouveaux immigrés reprennent leurs repères. Ils peuvent se retrouver, préparer leur nourriture et se nourrir d’ « endjara », une crêpe éthiopienne à base de bière.

Lentement, ils doivent prendre la mesure de leur nouvelle situation. l’Etat hébreux, pris au dépourvu, ne réalise pas que cette immigration n’a aucun point commun avec les précédentes vagues, venues d’Afrique du Nord ou de Russie. Ils n’ont ni la même culture, ni le même système de valeur, ni la même nourriture. Une grande partie d’entre eux, avant leur départ, mènent une vie de berger, rythmée par les composantes d’une vie agraire. Arrivés en Israël, les émigrants noirs subissent un choc culturel. De la tentative de les intégrer résulte un échec sévère pour les autorités israéliennes. Le décalage trop important et déstabilisant en mène certains au suicide. Même si des prêts sont octroyés pour se loger, les éthiopiens doivent apprendre à se débrouiller comme l’on fait les immigrations précédentes. Il faut aller à l’école, se loger, trouver un emploi...

Tous ces éléments créent un véritable bouleversement. La première victime est la famille éthiopienne. Selon Arnon Edelstein, un universitaire israélien, plusieurs erreurs ont été commises. L’enseignement de l’hébreu aux plus jeunes a conduit à l’éclatement de la cellule famille. L’autorité des parents, et spécialement celle du père ne prévalent plus, seule compte celle du maître d’école. Les habitudes adoptées, y compris les habitudes culinaires deviennent celles du pays d’adoption. Une séparation nette s’opère entre les générations...

Le tableau, très sombre à l’époque, s’est malgré tout éclairci au fil des années. Aujourd’hui, les difficultés restent nombreuses. L'échec scolaire demeure un mal endémique au sein de la communauté. Des nombreuses associations juives éthiopiennes et gouvernementales soutiennent les Falashas et les enjoignent à se prendre en main. Leur situation n’est pas parfaite mais de petits changements commencent à s’initier. Un universitaire éthiopien a épousé une juive d’origine allemande. Il a été nommé ambassadeur d’Israël en Ethiopie. Tout un symbole.
© Grioo

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SÉNÉGAL: MESSAGE DE VIEIRA AUX JEUNES DE DIAMBARS SUR LE RACISME

"Soyez performants et contrôlez vous"

19/06/2007 - Le racisme préoccupe le monde du football. Pour l'enrayer dans les stades, plusieurs méthodes sont utilisées. Certaines sont coercitives, notamment avec les sanctions de l'Uefa et la Fifa jugées souvent disproportionnées (exemple des déclarations de Luis Aragones sur Thierry Henry). D'un autre côté, des joueurs ont décidé de prendre à bras le corps ce mal qui gangrène le sport. Le plus engagé reste sans nul doute Lilian Thuram.

Et Patrick Vieira, capitaine de l'équipe nationale de France a décidé à son tour de s'impliquer davantage. "Ce n'est pas pour rien que j'ai décidé de travailler avec l'Unesco" déclare Vieira samedi lors d'une conférence de presse, qui est aussi d'avis que "le problème du racisme est une question d'éducation". "J'ai eu la chance de jouer en Angleterre. Je ne l'ai jamais vécu là-bas. Aujourd'hui, j'évolue en Italie où il y a beaucoup de problèmes de racisme" ajoute-t-il.

"Mais il y a deux manières de montrer qu'on est au-dessus de tout ça". "En tant que joueur noir, on doit répondre aux gestes et propos racistes par des performances sur le terrain" plaide le capitaine des Bleus.

"La force que doit avoir les joueurs de couleurs c'est de ne pas répondre. Personnellement les actes de racisme me dopent. Je deviens de plus en plus fort à chaque fois que je suis victime. Je fais tout pour gagner les rencontres. C'est ma manière d'y répondre".

Toutefois avoue-t-il, "il y a beaucoup de travail à faire à ce niveau comme le fait actuellement Lilian Thuram. Mais nous autres, nous ne pensons pas moins que ce que lui en pense. Il faut simplement que les mentalités évoluent".

"Je lance alors un message aux jeunes de Diambars. Je leur dis de ne pas répondre au message raciste. Et qu'il faut apprendre à se contrôler" conclut-il.
© All Africa

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Les titres de l'actualité du 15 Juin, 2007

DISCRIMINATION À LA DISCOTHÈQUE : AMENDES POUR CINQ PHYSIONOMISTES (France)

14/06/2007 - Cinq physionomistes de quatre discothèques du quartier des Champs-Elysées à Paris ont été condamnés jeudi à des peines d'amende pour discrimination raciale par le tribunal correctionnel de Paris, à la suite d'une opération de testing menée par SOS Racisme en 2005.

La 17e chambre a condamné un physionomiste du Man Ray à 1.000 euros d'amende et quatre autres travaillant pour le Queen, le Milliardaire et le Club 79 à 1.500 euros d'amende avec sursis.

Deux autres salariés ont été relaxés par le tribunal. Les employeurs n'étaient pas poursuivis.

Les cinq physionomistes condamnés ont été reconnus coupables de "discrimination en raison de l'origine, de l'ethnie ou de la nationalité".

L'association SOS Racisme, partie civile, a exprimé sa grande satisfaction à l'issue du jugement. "La décision de culpabilité de chacun des +videurs+ est une victoire importante. La démonstration de la discrimination a été reconnue grâce au testing. C'est la première fois devant un tribunal parisien", s'est réjoui le vice-président de l'association, Samuel Thomas.

Dans la nuit du 9 au 10 juillet 2005, des discothèques de toute la France avaient fait l'objet d'un "testing", une opération reconnue comme preuve en justice depuis 2002 et inscrite dans la loi depuis 2006.

Le testing consiste à présenter à l'entrée des établissements de nuit des jeunes d'origine maghrébine ou africaine puis d'autres d'origine européenne, habillés de la même manière, afin de prouver une éventuelle sélection sur des critères raciaux.
© Le Monde

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MARINE LE PEN TENTE SON VA-TOUT À HENIN-BEAUMONT (France)

14/06/2007 - Marine Le Pen, seule représentante du Front national au second tour des élections législatives, tentera dimanche, sur son nom et dans un contexte défavorable, d'améliorer son score du 10 juin.

Depuis le soir du premier tour, l'équipe locale du FN, menée par Steeve Briois, ancien candidat dans la circonscription, aujourd'hui suppléant, bat la campagne persuadée que le charisme de la vice-présidente du parti d'extrême droite peut faire la différence dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais.

Le score de Marine Le Pen au premier tour (24,47%) lui laisse néanmoins peu de chance de gagner un siège à l'Assemblée nationale face au député socialiste sortant, Albert Facon (28,24%), qui s'agace de la guerre d'images et de la "publicité" faite à sa concurrente.

"On voit des médias de tous les pays venir pour capter une image de marché, il n'y en a que pour elle", déplore-t-il. "Le Front national a mis énormément de moyens et d'argent sur une seule circonscription et les médias suivent."

"Cela s'annonce pas trop mal", sourit pour sa part Steeve Briois. "On compte bien récupérer de nombreuses voix d'électeurs qui au premier tour ont voté pour d'autres candidats et ne veulent plus de ce député".

Les candidats du Mouvement démocrate (MoDem) et de l'UMP, 13% chacun, ainsi que le candidat communiste (11%) ont tous appelé à faire barrage à l'unique rescapée du FN.

"VOTEZ MARINE !"
Mercredi, sur le plan national, un ex-député et ex-sénateur RPR, Michel Caldagues, ainsi qu'Alain Griotteray, ancien gaulliste devenu député républicain, ont appelé à soutenir Marine Le Pen, dont "les convictions répondent à la volonté de rénovation nationale exprimée par les Français."

Souvent accompagnée d'une meute de journalistes, Marine Le Pen fait du porte à porte ou arpente le marché d'Hénin-Beaumont, sourire aux lèvres, avec l'évidente envie de jouer sur son image et non sur celle de son parti.

"L'accueil est chaque jour meilleur, les gens sentent et voient que nous voulons travailler pour eux, la vérité est là dans ces échanges, dans les demandes d'adhésion que nous recevons", affirme-t-elle.

"Vous vous rendez compte, sur sa profession de foi et sur son bulletin de vote le sigle FN n'apparaît même plus !" tonne Albert Facon.

"Votez Marine !": cette inscription sur un mur, non loin de la permanence du Front à Hénin-Beaumont, vient renforcer l'idée que le score élevé de Marine le Pen tient plus à sa personnalité qu'à son parti.

"Moi j'ai voté pour Marine au premier tour et je le ferai au second", dit sur le marché d'Hénin une femme qui refuse d'être nommée "à cause des représailles". "Je vote Marine mais je n'avais pas voté Front national avant et je trouve que c'est elle qui est bien."

"En regardant bien le scrutin du premier tour, c'est étonnant", souligne Albert Facon. "Il y a des endroits où Marine Le Pen est à 20% dans une commune et sur le même trottoir, mais de l'autre coté, sur la commune limitrophe, le candidat du FN est à 9%".

Les arguments d'entre-deux tours entre les équipes de campagne sont rodés. "Le pôle républicain vaincra, mais comme il y a cinq ans, elle sera battue et le score du pôle républicain sera largement supérieur et elle rentrera chez elle", prédit le député PS sortant.

"Ils n'ont pas le monopole du républicanisme, nous sommes le pôle anti-mafia et anti-crapulerie", rétorque Steeve Briois.

Marine Le Pen joue à travers ce scrutin une carte personnelle importante au sein du FN où elle espère conforter sa position dans la perspective de la bataille de succession à venir quand Jean-Marie Le Pen passera la main.

"Celles et ceux qui la critiquaient en sont pour leurs frais parce que les résultats sont là et sans appel", affirme Steeve Briois.

Le candidat-suppléant a en ligne de mire les élections municipales du printemps prochain à Hénin-Beaumont avec un ticket annoncé "Briois-Le Pen" dans une ville où Marine a flirté avec les 30% au premier tour des législatives et s'est imposée dans 11 des 18 bureaux de la ville.

Après le désastre du premier tour pour le parti d'extrême droite, Marine Le Pen a appelé le FN à "repartir à la conquête de ses électeurs depuis le Pas-de-Calais et Hénin-Beaumont".
© Le Point

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LE FRONT NATIONAL, UNE SALE HISTOIRE QUI TIRE À SA FIN (France)

Laminé, le parti de Le Pen revient plus de vingt ans en arrière. Par François WENZ-DUMAS

12/06/2007 - La parenthèse Front national serait-elle en train de se refermer ? En cinq ans, le parti de Jean-Marie Le Pen est passé de la place de numéro 2 à la présidentielle à celle de petit parti protestataire relégué sous la barre des 5 %, à 4,3 %. «Une première depuis 1984», souligne le sociologue Erwan Lecoeur, auteur d'un Dictionnaire de l'extrême droite (Larousse, 2007).

On objectera que le mode de scrutin n'était pas favorable au FN, et que Jean-Marie Le Pen a quand même recueilli 10,44 % des voix le 22 avril. «La décote entre les deux élections était jusqu'ici d'un tiers environ», observe Stéphane Rozès, de l'institut CSA, alors qu'elle est cette fois-ci de 60 %.

Devant la déroute électorale, les leaders du Front la jouent bravache. Jean-Marie Le Pen lançait dimanche soir qu'il en avait «vu d'autres». Bruno Gollnisch, délégué général du FN, reconnaît qu' «il y a certainement une partie de l'électorat qui a été séduite par le fait que Nicolas Sarkozy et l'UMP ont repris les thèmes du Front national», et ajoute : «Nicolas Sarkozy est attendu au tournant.» Et Marine Le Pen, forte de ses 24,47 % à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) d'assurer : «Le FN n'est pas mort !»

S'il n'est pas mort, le Front national est en piteux état. Financièrement, d'abord. Les frais de plus de la moitié de ses candidats, qui n'ont pas passé la barre des 5 %, ne seront pas remboursés. Et, surtout, politiquement : le FN a perdu sa capacité de nuisance à l'égard de la droite de gouvernement.

En 1997, en provoquant 76 triangulaires, il avait profondément déstabilisé la droite. Puis en 2002, 37 de ses candidats étaient encore présents au second tour, dont 9 dans des triangulaires. Cette fois, seule la fille du chef a franchi la barre.

Mais le désastre n'est pas seulement électoral : il pose la question des raisons d'être du FN. «Les électeurs du Front national ont montré qu'ils ne rejetaient pas le système démocratique, mais qu'ils reprochaient à la droite et à la gauche de ne pas réconcilier pouvoir et volonté, estime Stéphane Rozès. C'est ce que Sarkozy a fait en remettant le pouvoir à l'Elysée.» «Il a suffi que Sarkozy parle à ces électeurs en reprenant parfois les mots de Le Pen, en parlant par exemple de "bandes ethniques", pour qu'il pose l'UMP comme un parti de droite populaire comme on en voit ailleurs en Europe», analyse Erwan Lecoeur.

Et après ? «Le score de Marine Le Pen la remet à égalité avec Gollnisch», estime Lecoeur, qui prédit de sanglants règlements de comptes au FN.
© Libération

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DES ASSOCIATIONS PRÉDISENT UNE FAIBLE MOBILISATION EN BANLIEUE AU 2E TOUR (France)

13/06/2007 - Des associations prédisent une participation aussi mauvaise au second tour des législatives qu'au premier dans les banlieues, résignées à une vague bleue et critiques vis-à-vis du PS.

"Après la présidentielle, dans les banlieues, tout le monde a baissé les bras, jeunes et pas jeunes", commente Fabien Buallion responsable de "Voir et comprendre", des quartiers sensibles de Toulouse.

Selon Ahmed Ouanoufi, animateur d'un secteur jeunes dans le quartier sensible de la Meinau à Strasbourg, pour de nombreux jeunes "une fois que Sarkozy était élu c'était fini".

Karim Zeribi, président du parlement des banlieues, évoque quant à lui un phénomène de "décompression", de "désarroi".

Comme au premier tour, les législatives suscitent un intérêt moindre : "La présidentielle, c'est un duel, un feuilleton qui tenait en haleine les gens. C'est Dallas", estime M. Zeribi.

Pour Omar Dawson, de Grignywood (association de création audiovisuelle à Grigny), les duels du second tour des législatives sont loin d'avoir le même pouvoir d'attraction. "Les candidats n'inspirent pas les jeunes", explique-t-il, en citant l'exemple de sa circonscription, la 10e de l'Essonne. "La candidate UMP (Laurence Gaudin ndlr), personne ne la connaît, ce n'est pas Sarkozy", dit-il, évoquant l'effet "repoussoir" qui avait pu motiver le vote Royal. Tout juste s'attend-il le 17 juin, au mieux, à "un léger sursaut".

"Dans pas mal de quartiers populaires, les gens ne vont pas voter. Ce n'est que très récemment, dans un certain contexte, avec certains protagonistes, Le Pen en 2002, Sarkozy en 2007, qu'ils se mobilisent. S'il n'y a pas ce moteur là, ils reprennent leurs anciennes habitudes, et essaient de s'en sortir au jour le jour", analyse-t-il.

Autre explication, le déficit d'éducation civique. "Les gens ne savent pas à quoi sert un député", note Nikodem Rautszko, de l'association RIP (Résister, insister, persister) de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne).

Selon Mohamed Benhamida, responsable de SOS Racisme à Toulouse, le vote massif des jeunes pour Royal contre Sarkozy "ne veut pas dire qu'ils sont acquis à la gauche, comme les élus du PS le pensent. C'est la gauche, absente des quartiers, qui a fait venir la vague bleue".

Même diagnostic pour Stéphane Ouraoui, de Pas de quartiers tous citoyens : "Les gens se sentent orphelins d'une opposition. Le seul aggiornamento du PS consiste à taper sur son premier secrétaire ! Les gens ne comprennent pas qu'à 20H01, le 6 mai, DSK se soit livré à un règlement de compte en direct".

"De manière sous-jacente, on reproche aussi au PS son incapacité à renouveler son personnel politique, et les quelques candidats issus de la diversité ne font guère illusion. Ce n'est pas en parachutant des gens n'importe comment qu'on va conquérir le vote des quartiers populaires".

Dans plusieurs circonscriptions de Seine-Saint-Denis, l'abstention dimanche a dépassé 50%, là même où elle restait inférieure à 20% au premier tour de la présidentielle.

"La gauche aurait dû davantage se mobiliser avant, être sur le terrain", selon Mohamed Mechmache, président du collectif AC le Feu. "Il y aura peut-être un autre réveil pour le second tour, mais il faut que ça serve de leçon".

"Dimanche dernier, ils ont trouvé des prétextes pour ne pas y aller, comme le bac à réviser, le tennis à regarder..., explique Mohamed Kaddouche, directeur de l'Association nouveau regard jeunesse (ANRJ), à Roubaix (51,19% d'abstention le 10 juin). "On va essayer de faire un temps fort avant dimanche prochain, mais c'est très difficile."
© TV5 Infos

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« LES PRINCIPES FONDAMENTAUX DES DROITS HUMAINS SONT BAFOUÉS » (France)

13/06/2007 - Odile Schwertz-Favrat, de la Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés, dénonce les fins partisanes du « ministre de l’indignité ».

Née dans les années 1960 en réaction aux conditions d’accueil et de traitement faites aux immigrés, la Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI), qui fédère une centaine d’associations, prône la solidarité pour l’égalité des droits.

En tant que coprésidente de la FASTI, quelle est votre réaction face à ce projet ?
Odile Schwertz-Favrat. Dans cette troisième modification de la loi par Nicolas Sarkozy, je vois, d’une part, un moyen de stigmatiser plus encore une population qui l’est déjà, une population instrumentalisée à des fins partisanes, et, d’autre part, des atteintes complètement inadmissibles aux droits affirmés dans tous les textes internationaux et européens. Rappelons les principes fondamentaux : égalité des droits, droit de vivre en famille, de quitter son pays et d’y revenir, de vivre dans le pays de son choix, droit à la protection. Tout est bafoué. En regardant ces mesures, on a envie d’appeler ce ministre, celui de l’indignité.

Quelles mesures vous choquent particulièrement ?
Odile Schwertz-Favrat. Obliger les gens à quitter leur pays en parlant la langue française, quand il n’y a pratiquement plus d’alliance française, que les lycées français ne courent pas les rues, est une insulte au respect des cultures d’origine, au droit des gens de pratiquer leur langue et de continuer à le faire ici. Ce ne sont pas des mesures d’intégration. Si on voulait vraiment que les gens s’intègrent, ils auraient droit à une carte de dix ans, et non à ces bouts de papier d’un an, renouvelables dans des conditions impossibles, transformés en certificats de trois mois qui obligent à courir tout le temps en préfecture et à vivre la moitié du temps sans papiers. En cinq ans, le regroupement familial a été réduit au moins de 30 %. Comme l’amour est le plus fort, ces mesures n’ont fait que favoriser les venues illégales. Il faudrait quand même se décider à étudier les raisons de ces fuites, la politique des multinationales, celle de la Banque mondiale, les ventes d’armes où la France occupe une place d’honneur... C’est la colonisation qui continue d’une autre manière.

L’OFPRA passe sous la coupe du ministre de l’Immigration, qu’en pensez-vous ?
Odile Schwertz-Favrat. On dit que le droit d’asile est celui qu’on ne peut retirer à des personnes quand elles ont perdu tous les autres. Qu’il soit mis en cause par une tutelle policière et restreint par des quotas est indigne d’un pays dont le président se targue toujours de défendre les droits de l’homme à travers le monde. C’est aussi abject que les soupçons qui président au fichage des personnes qui acceptent l’aide au retour...

Entretien réalisé par E. R.
© L'Humanité

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L’AMERTUME DES SANS-PAPIERS, UN AN APRÈS LA CIRCULAIRE SARKOZY (France)

Régularisations . Les belles promesses de l’ancien ministre de l’Intérieur n’ont été que poudre aux yeux : sur 30 000 demandes, 23 000 ont été déboutées.

13/06/2007 - À son annonce, elle avait donné des ailes à de nombreuses familles sans papiers. Un an plus tard, c’est du plomb qu’on y trouve. La circulaire Sarkozy du 13 juin 2006 promettait la régularisation massive des familles sans papiers résidant en France depuis deux ans au moins, ayant un enfant scolarisé et né en France ou arrivé avant l’âge de treize ans.

Une grâce ministérielle concédée sous la pression. L’initiative venait, en effet, apaiser un contexte de forte mobilisation, mise en place par le Réseau Éducation sans frontières (RESF), pour empêcher les expulsions d’élèves majeurs et de parents d’élèves sans papiers. Une faveur durement gagnée... mais loin d’être à la hauteur des espérances.

Sur plus de 30 000 demandes de régularisations présentées durant l’été, 6 924 ont été acceptées. Soit plus de 23 000 demandeurs déboutés. Bien enrubanné, le cadeau pouvait laisser rêveur. Mais au déballage, ce n’est plus qu’un vulgaire ticket de tombola, dont le quota de gagnants est fixé par avance. Dans chaque préfecture, les chiffres sont imposés avant même examen des dossiers.

Un examen mené par des fonctionnaires non formés et dont les méthodes ont été plus d’une fois dénoncées. Car le texte exige de l’enfant qu’il n’ait plus de liens avec son pays d’origine. Il requiert aussi la contribution des parents « à son entretien et à son éducation », et tous doivent faire preuve d’une réelle volonté d’intégration. « Imaginez la pression qui pèse sur l’enfant, auquel on demande son bulletin de notes par exemple », s’indigne Richard Moyon, porte-parole de RESF.

Officiellement, la circulaire a pris fin en septembre dernier, une fois les quotas atteints. « Tout cela n’était qu’une vulgaire opération politicienne, un moyen de gagner du temps avant les échéances électorales », dénonce Richard Moyon. Dans les faits, quelques préfets en tiennent toujours compte et régularisent « dans la discrétion ». Sans que cela suffise pourtant.

Les comités de soutien de RESF continuent donc à se battre pour protéger « ceux dont la demande de régularisation a été injustement et arbitrairement refusée ». À ce titre, le Réseau organise, aujourd’hui, à 13 heures, un dépôt collectif de demandes de rendez-vous à la Préfecture de police de Paris pour un (ré)examen de situation.

Face au nouveau credo du gouvernement, RESF entend ne pas lâcher l’affaire : « Si Brice Hortefeux recourt à des expulsions massives, nous ne tolérerons aucun dérapage inhumain », indique Richard Moyon.

Karine Parquet
© L'Humanité

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UN SIKH FRANÇAIS CONTESTE L'OBLIGATION D'ÊTRE PHOTOGRAPHIÉ TÊTE NUE POUR SON PERMIS DE CONDUIRE

14/06/2007 - L'association United Sikhs, qui représente la communauté sikhe en France, a annoncé, lundi 11 juin, son intention de saisir d'un recours la Cour européenne des droits de l'homme contre la loi française pour atteinte à la liberté religieuse.

Les avocats de l'association, active dans plusieurs pays européens, défendent le cas d'un sikh français de 52 ans à qui les autorités refusent d'assortir son permis de conduire d'une photo sur laquelle il porte son turban. Selon la tradition sikhe, les hommes ne se coupent jamais les cheveux et les enroulent sous un volumineux turban.

En décembre 2006, le Conseil d'Etat avait considéré que les textes réglementaires qui imposent, notamment pour les photos illustrant le permis de conduire, d'avoir la tête nue et de face ne constituaient pas une discrimination à l'encontre des sikhs. Les avocats du plaignant estiment qu'"obliger un sikh à se séparer publiquement de son turban est un affront à sa dignité personnelle". " Le turban est inhérent à l'identité culturelle et ethnique des sikhs", ajoute Kudrat Singh, responsable de United Sikhs.

La communauté sikhe, forte de près de 10 000 personnes en France, s'est notamment manifestée lors de la promulgation de la loi prohibant le port de signes religieux à l'école en 2004.

Stéphanie Le Bars
© Le Monde

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UN EXPERT DE L'ONU FUSTIGE LE MINISTÈRE DE L'IMMIGRATION (France)

Doudou Diène, rapporteur spécial de l'ONU contre le racisme, estime que le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale participe à une "banalisation du racisme".

12/06/2007 - Un expert des Nations unies sur le racisme a critiqué lundi 11 juin la création en France d'un ministère de l'Immigration et de l'identité nationale. Devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à Genève, Doudou Diène a affirmé y voir une expression de la "banalisation du racisme". Le rapporteur spécial de l'ONU contre le racisme et la xénophobie a critiqué "la lecture ethnique et raciale des questions politiques, économiques et sociales et le traitement idéologique et politique de l'immigration comme un enjeu sécuritaire et comme une menace à l'identité nationale".

"Ministère de la honte"
Pour Doudou Diène, il s'agit là de "deux manifestations croissantes de la banalisation du racisme" dont la France a "donné un exemple en la matière" en créant un ministère de l'Immigration et de l'identité nationale. Le nouveau ministère de l'Immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement a été particulièrement critiqué dès sa création par l'opposition socialiste et plusieurs associations anti-racistes et humanitaires. Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) l'a qualifié de "ministère de la honte". Le Comité catholique contre le faim et pour le développement (CCFD) a lui dénoncé un "risque évident de stigmatisation des étrangers".
© Le Nouvel Observateur

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L'EXTRÊME DROITE DÉGRINGOLE DANS LE SUD (France)

Contre toute attente, le maire d'Orange, Jacques Bompard, sera absent du scrutin dimanche. Par Michel HENRY, Orange envoyé spécial

14/06/2007 - Le député sortant UMP Thierry Mariani avait imaginé tous les scénarios, sauf cette «hypothèse totalement imprévue» : l'élimination de Jacques Bompard (MPF) au premier tour dans la 4e circonscription du Vaucluse (Orange). En catastrophe, Mariani a dû changer sa profession de foi pour le second tour, qu'il aborde avec une confortable avance sur son adversaire PS, Pierre Meffre (20,3 % contre 41,3 % pour Mariani ).

La surprise a été totale, y compris pour le maire d'Orange, qui s'est liquéfié à l'écoute des résultats. Méchante claque pour l'élu, toujours d'extrême droite, bien que passé du FN au MPF : de 34 % en 2002, il tombe à 19,7 %, perdant 7 000 voix. Bompard, qui faisait campagne sous le slogan «Le bon sens» , rate de peu le second tour, piégé par un candidat FN qui a recueilli 4,4 %, suffisamment pour faire payer le traître. Il s'estime victime d'un «détournement d'élection : c'était le troisième tour de la présidentielle» . Et assure : «Chirac était vomi, Sarkozy est adulé. S'il tient ses engagements, il est président à vie.»

On n'en est pas là, mais il est certain que l'extrême droite s'est effondrée dans tout le Vaucluse, alors qu'elle y dépassait parfois les 30 %. Autre victime sur le carreau, dans la 3e circonscription (Carpentras) : Guy Macary (FN), pourtant bien implanté localement, a chuté de 25 % en 2002 à... 7,8 %. Perte sèche : 10 000 voix sur 14 000. A Cavaillon et à Avignon (2e et 1re), le Front fait la culbute en saut périlleux arrière : de 19 % en 2002, à 6/7 %. La déroute ne se limite pas au Vaucluse. Elle est générale dans ce sud-est qui servait de base solide à l'extrême droite. Un exemple ? A Marseille, on comptait, en 2002, six candidats FN au second tour. Il n'y en a plus.
Grâce à qui ? Grâce à Sarkozy, qui a repris les thèmes de la sécurité et l'immigration. «Il est plus malin que nous, convient Macary. Mais ça lui passera. Les gens s'apercevront que c'est un moulin à vent.» A gauche, Pierre Meffre s'en réjouit, même si cela affaiblit momentanément son camp, privé de triangulaires : «Le repositionnement de l'UMP a complètement réduit la place de l'extrême droite. Je suis mille fois plus content de cette situation.» Pour le candidat PS, il y a aussi dans l'électorat «une certaine lassitude» face à un discours d'extrême droite «qui consiste à toujours critiquer les autres, à se poser en victime» . Mais attention, le « fond contestataire» perdure : «Il a été communiste, puis est passé au FN, analyse Meffre. Maintenant, il se tourne vers le président de la République. Ça peut très bien revenir d'ici neuf mois ou trois ans.»

Principal bénéficiaire de la tendance, l'UMP Mariani se méfie également. «L'électorat d'extrême droite attendait qu'on le prenne en main, explique-t-il. Les gens votaient Le Pen "pour montrer qu'on en a plein le cul", "pour que vous fassiez quelque chose". Ça, je l'ai entendu pendant des années. Maintenant, on est passé d'un vote de désespoir à un vote d'espérance, du style : "Celui-là [Sarkozy], on peut l'essayer".»
© Libération

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COMMENT SARKOZY A BRISÉ LE PEN (France)

Par Sylvain Besson

12/06/2007 - Quel revers de fortune! Il y a encore quelques semaines, les commentateurs français voyaient en Jean-Marie Le Pen un possible et dangereux «troisième homme» de l'élection présidentielle. Après sa double défaite du 22 avril et, plus cinglante encore, des législatives, le Front national et son chef ne sont plus décrits que comme des morts-vivants voués à disparaître de la scène politique.

Le mérite en revient sans conteste à Nicolas Sarkozy. Depuis 2002, il a placé la reconquête de l'électorat frontiste au cœur de son action. Sa stratégie a consisté à s'emparer de toutes les thématiques autrefois accaparées par l'extrême droite - délinquance, immigration, «identité nationale» et poids excessif de l'Etat - pour en proposer une relecture certes musclée, mais pragmatique et surtout compatible avec les institutions démocratiques.

Jean-Marie Le Pen croyait que ses électeurs préféreraient son original à la copie élaborée par son adversaire: ils ont finalement choisi le libéral-conservatisme de Nicolas Sarkozy, parce qu'il est applicable et concret, plutôt que le nationalisme xénophobe et irréaliste prôné par le Front.

La leçon est d'importance pour les pays européens, qui sont tous confrontés à des formes plus ou moins virulentes de populisme. Il vaut mieux prendre au sérieux les préoccupations des citoyens, même lorsqu'elles sont politiquement incorrectes, plutôt que de se réfugier dans un antifascisme verbal, sans doute bien intentionné mais tragiquement inefficace sur le terrain. Il vaut mieux proposer des solutions, même si elles sont critiquables et parfois démagogiques, que supposer que l'extrême droite disparaîtra par la simple vertu de quelques condamnations morales. C'est pour l'avoir compris que Nicolas Sarkozy est devenu président.
© Le Temps

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LE REGROUPEMENT FAMILIAL SERA BIENTÔT DURCI (France)

Le projet de Brice Hortefeux prévoit, pour les candidats au regroupement familial, d’instaurer«dans son pays de résidence, une évaluation de son degré de connaissance de la langue française». Par MARIE-CHRISTINE TABET

12/06/2007 - LE GOUVERNEMENT prépare un nouveau tour de vis sur le regroupement familial. Les services de Brice Hortefeux, le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement, transmettent aujourd’hui au Conseil d’État un avant-projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile . Ce texte court – 14 articles –, dont Le Figaro s’est procuré une copie, sera l’un des premiers projets à être débattus, cet été, par la nouvelle Assemblée nationale.

Il a pour objet principal un durcissement des conditions d’accès au regroupement familial en obligeant «le membre de famille qui demande à rejoindre la France» à bénéficier «dans son pays de résidence d’une évaluation de son degré de connaissance de la langue et des valeurs de la République». Si le besoin s’en fait sentir, «l’autorité compétente organisera sur place une formation d’une durée maximale de deux mois».

Selon le texte, une attestation de suivi doit permettre d’obtenir un visa de long séjour en France et, éventuellement, d’entamer une procédure de regroupement familial. «Le projet précise que le suivi de la formation ne constitue pas une obligation pour obtenir un visa, commente un juriste, les rédacteurs ne veulent pas être accusés de passer outre le droit européen qui fait du droit de la vie en famille un principe inaliénable. Mais il paraît évident que les étrangers qui refuseront de s’y soumettre auront le plus grand mal à obtenir leur visa.»

Avec cette disposition, Brice Hortefeux propose aux députés de concrétiser l’une des promesses phares de Nicolas Sarkozy. La marge de manœuvre du nouveau ministre est étroite. Son prédécesseur – l’actuel chef de l’État – avait déjà fait voter deux lois sur la maîtrise des flux migratoires, en novembre 2003 et en juillet 2006. Sans parler de la loi Villepin sur l’asile de 2003.

Ces lois rendent déjà obligatoire la signature d’un contrat d’accueil et d’intégration (CAI) à l’arrivée en France pour l’obtention d’un premier titre de séjour et de la carte de résident de dix ans. Quelque 35000 CAI ont été signés au cours des quatre premiers mois de l’année. En 2006, près de 100 000 CAI – à l’époque facultatif – avaient été contractés.

Les décrets d’application de la dernière loi Sarkozy ont été parmi les derniers signés par le gouvernement Villepin ! Ses principales dispositions, comme l’instauration de premiers critères pour restreindre l’immigration familiale et l’ouverture du marché du travail à des étrangers sélectionnés pour leurs compétences, n’ont pas encore produit leurs effets.

Le texte d’Hortefeux s’inscrit dans l’esprit de la deuxième loi Sarkozy. Mais il va plus loin en instituant «un contrat d’accueil et d’intégration pour la famille» et non plus seulement pour le migrant. Ce contrat prévoit une formation aux «droits et devoirs des parents», ces derniers devant s’engager à faciliter l’intégration de leurs enfants dans la société française, en leur offrant un apprentissage renforcé du français.

Mesure sur les allocations familiales
Le préfet pourrait saisir le juge des enfants si la famille s’exonère de cette obligation. À la clé : une «mesure judiciaire d’aide à la gestion du budget familial» avec le versement des prestations familiales à un tiers. En d’autres termes, la suspension du versement direct des allocations.

Enfin, le montant des ressources nécessaires pour faire venir ses enfants, déjà fixé par la loi de 2006 au smic hors prestations sociales, sera, selon le projet, modulé en fonction du nombre d’enfants. Il ne pourra excéder 1,2 fois le smic.

Ces nouvelles mesures parviendront-elles à freiner les arrivées ? Avec 94500 premiers titres de séjour délivrés en 2005, l’immigration familiale reste le premier motif de venue en France (contre 14000 pour raisons professionnelles). Mais l’essentiel de ces arrivées est aujourd’hui le fait d’étrangers conjoints de Français. Le regroupement familial stricto sensu ne représentait déjà plus que 17000 cartes de séjour en 2005 contre 26000 il y a cinq ans.
© Le Figaro

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LÉGISLATIVES: LA DROITE ANTIHOMOS OBTIENT D'EXCELLENTS RÉSULTATS (France)

11/06/2007 - La «vague bleue» du premier tour des élections législatives hier, dimanche 10 juin, amène avec elle un torrent de bons résultats pour des personnalités plus ou moins ouvertement homophobes. Dans la 10e circonscription du Nord, Christian Vanneste, condamné pour propos homophobes (lire Quotidien du 21 mai) totalise 46,26% des voix. Il se retrouve donc en ballottage favorable, avec tout de même 10 points de moins qu'aux législatives de 2002, où il avait été élu dès le premier tour. Dans la 6e circonscription des Hauts-de-Seine, Joëlle Ceccaldi-Raynaud (UMP) est, elle, élue au premier tour avec 52,69% des voix. Elle avait été condamnée à deux reprises pour diffamation homophobe (lire Quotidien du 6 septembre 2006). Dans la 7e circonscription du même département, l'UMP Patrick Ollier est réélu. Il avait empêché le mariage de Camille Barré, transsexuelle, avec Monica, également transsexuelle. Camille Barré, elle-même candidate pour le Parti communiste (lire Quotidien du 24 mai), n'a obtenu que 1,22% des suffrages. Dans les Yvelines, Valérie Pécresse, porte-parole de la mission parlementaire sur la famille (lire Quotidien du 25 janvier 2006) est réélue dès le premier tour. Et dans la 10e circonscription de Yvelines, Christine Boutin est en ballottage très favorable. En revanche, dans la 4e de Martinique, le socialiste hostile au mariage homo Raymond Occolier avec seulement 15% des voix face au candidat régionaliste et à l'UMP, ne figurera pas au second tour.

À Paris, dans la 1re circonscription, celle du quartier du Marais, Martine Billard (Verts) est placée en ballottage défavorable, et dans la 7e, Patrick Bloche, auteur de la loi sur le pacs et de propositions de loi sur le mariage et l'adoption pour les homos (lire Quotidien du 22 juin) est en ballottage favorable. Dans la 8e, le conseiller régional homosexuel Jean-Luc Romero n'obtient que 1,95% des voix. Dans la 5e, la candidature indépendante de Camille Cabral, autre transsexuelle, a reçu 0,78% de suffrages.
Résultats, enfin, des autres candidats ouvertements gays et lesbiennes: dans la 12e des Yvelines, le candidat de l'alliance de gauche, Eddie Aït, est en ballottage défavorable (21,56%, contre 41,91% pour l'UMP). Dans la 6e circonscription du Val-de-Marne, Pierre Serne, président de la commission LGBT des Verts, est battu avec 5,12%. Dans la 1re du Vaucluse, Marie-Paule Lolo est battue avec 2,39%, de même que Philippe Meynard, dans la 9e de Gironde, avec 9,38%.

par Paul Parant, Ursula Del Aguila
© Têtu

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LÉGISLATIVES: PAS DE SOUTIEN UMP À LE PEN (France)

11/06/2007 - Jean-François Copé est affirmatif: l'UMP ne soutiendra pas Marine Le Pen au second tour des législatives dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais. "Nous avons parmi nos marques de fabrique le fait d'avoir toujours refusé l'alliance avec l'extrême droite, et ce qui nous commandait dans le même temps d'assumer nos propres valeurs, ce que je crois nous avons fait", a-t-il rappelé sur LCI. Marine Le Pen est qualifiée pour le second tour après avoi recueilli 24,47% des suffrages. Elle a été devancée par le socialiste Albert Facon avec 28,24%.
© Le Journal du Dimanche

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DÉSAMOUR DANS LES EX-BASTIONS FRONTISTES DU RHÔNE ET DES BOUCHES-DU-RHÔNE (France)

11/06/2007 - Le chiffre est symbolique et symptomatique : dans la 13e circonscription du Rhône, Bruno Gollnisch, le numéro deux du Front national (FN), n'atteint pas les 7 %. Une gifle. Depuis vingt ans, le candidat avait pris l'habitude de scores à deux chiffres. Les banlieues défavorisées de l'Est lyonnais étaient devenues, depuis la moitié des années 1980, avec le Beaujolais, un véritable terreau pour le FN.

Ces deux territoires diamétralement opposés partageaient leur lot de souffrances : hantise de l'Europe, crise viticole pour l'un, peur du chômage et de l'immigration, malaise des banlieues pour l'autre. De 1986 à 1988, Bruno Gollnisch avait même pu ainsi, à la faveur de la proportionnelle, entrer au Palais-Bourbon. Mais pour la première fois, le 22 avril 2007, au premier tour de l'élection présidentielle, l'ascension a été enrayée. Jean-Marie Le Pen a tout juste recueilli 9 % des voix dans l'ensemble du Rhône, à peine plus dans le Beaujolais alors qu'il frisait à certains endroits 30 % en 2002.

Le premier tour des élections législatives confirme la chute. Dans le Rhône, le FN ne franchit même pas la barre symbolique des 5 %. A Villefranche, capitale du Beaujolais, le candidat Jean-Pierre Barbier recueille tout juste 8 % des voix.

"LE FRUIT D'UN TRAVAIL DE FOND"
Dans le même temps, l'UMP y progresse de manière spectaculaire. Le Beaujolais a d'ailleurs envoyé dès le premier tour son député sortant à l'Assemblée nationale. Comment expliquer ce transfert que la gauche qualifie de "siphonnage"? "Sarko a réussi l'opération de ramener les électeurs du Front national dans notre famille, commente Dominique Perben, patron de l'UMP du Rhône. Il a reconstruit la majorité pompidolienne, c'est-à-dire l'ensemble de la droite et une partie du centre. Mais au plan local, c'est aussi le fruit d'un travail de fond. Depuis cinq ans, nous avons réinvesti ces territoires et retrouvé la confiance des couches populaires." En captant les voix du FN, l'UMP espère faire coup double : éliminer le FN et conquérir des fiefs du PS. Comme dans la 13e circonscription, où Martine David, députée socialiste sortante (29,06 %), élue lors des scrutins précédents à la faveur de triangulaires, se trouve cette fois en ballottage défavorable face à Philippe Meunier (46,20 %). Pour conserver son siège, elle ne pourra pas compter sur la présence au second tour de l'extrême droite.

A Marseille, la dégringolade est identique. Pour Stéphane Durbec, candidat du FN dans la 8e circonscription de Marseille, "le Front national a été siphonné jusqu'à la dernière goutte". Le militant sait de quoi il parle : entre 2002 et 2007, son score a fondu de 21 % à 8 %. A 23 heures, dimanche soir, ce fidèle de Jean-Marie Le Pen qui fut longtemps le benjamin des élus du conseil régional se disait "absolument incapable d'expliquer le phénomène".

Une impuissance à comprendre d'autant plus remarquable que Stéphane Durbec, qui a longtemps milité dans les quartiers nord de la ville, expliquait naguère les avoir abandonnés pour se présenter dans les quartiers est. C'est là, disait-il, que se situe l'avenir du FN : l'arrivée de nouveaux accédants à la propriété, comme la fuite des habitants les plus aisés des quartiers populaires vers ces secteurs tranquilles en faisaient des terres prometteuses pour son parti.

Hélas pour lui, dans cette zone nouvellement urbanisée de Marseille, c'est Nicolas Sarkozy qui a triomphé lors de la présidentielle, emmenant sa représentante Valérie Boyer (41,16 %) en tête au premier tour de la législative, devant le député socialiste sortant Christophe Masse (33,25 %).

TROIS FOIS MOINS DE VOIX
Au premier tour des législatives, le Front national perd dans tous les milieux sociaux qu'il avait réussi à convaincre. En 2002, le parti de Jean-Marie Le Pen était en effet présent au second tour dans sept des seize circonscriptions des Bouches-du-Rhône, pour des duels ou des triangulaires. Cette année, il ne peut figurer dans aucune.

En 2002, Jean Pierre Baumann, son représentant dans la dernière circonscription communiste de Marseille, la 4e, attirait plus de 24 % des suffrages, à peine un point de moins que le candidat communiste aujourd'hui défait Frédéric Dutoit. Ce dimanche 10 juin, M. Baumann n'attire que 8,43 % des électeurs de ces secteurs populaires de Marseille : trois fois moins de voix parmi les ouvriers, les employés et les petits commerçants, base électorale du FN qui se retrouve sans doute dans le candidat UMP, Bernard Susini, dont le score passe de 16 % des voix en 2002 à 25 % aujourd'hui.

Dans la 16e circonscription du département, autour d'Arles, de la Camargue et de La Crau, le FN chute également de 19,69 % à 6,61 % en cinq ans : les agriculteurs qui avaient donné leur voix à Viviane Ricard y ont donc, là aussi, renoncé. Les couches moyennes, urbaines ou rurales, du Rhône ou des Bouches-du-Rhône, un temps séduites par le vote protestataire porté par Jean Marie Le Pen, l'ont lâché pour se retrouver dans les valeurs portées par Nicolas Sarkozy et par ses partisans. Ce désamour, qui s'était traduit depuis cinq ans par une fuite massive des militants, concerne désormais toutes les couches sociales et politiques que Jean-Marie Le Pen avait réussi, durant quinze ans, à agglomérer autour de son discours.

Sophie Landrin et Michel Samson, LYON, MARSEILLE CORRESPONDANTS
© Le Monde

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LÉGISLATIVES-VITROLLES: BRUNO MÉGRET LAMINÉ (France)

11/06/2007 - L'ancien maire de Vitrolles et président du Mouvement national républicain (MNR), Bruno Mégret, n'a pas échappé à la débandade qui a touché l'extrême droite. Avec seulement 2,03% des suffrages, il n'arrive qu'en septième position dans sa 12e circonscription des Bouches-du-Rhône, où l'UMP sortant Eric Diard a été élu dès le premier tour, avec 50,49% des voix. En 2002, Bruno Mégret avait réalisé un score bien plus important, puisqu'il avait fini troisième avec 18,58% des suffrages, sans pouvoir se maintenir toutefois au second tour.
© Le Journal de Dimanche

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LE FRONT NATIONAL PERD PIED (France)

L'extrême droite est en net recul par rapport à 2002 avec moins de 5 %. Par Christophe FORCARI

11/06/2007 - Plus qu'une nouvelle claque, le FN a été, hier soir, totalement éliminé de la compétition. Selon les derniers pointages du ministère de l'Intérieur, le parti d'extrême droite ne totalisait en fin de soirée que 4,32 % des suffrages avec moins d'un million de voix. En 2002, il totalisait 2,8 millions des bulletins avec 11,3 % des scrutins. Le parti de Jean-Marie Le Pen est tombé, victime de la vague bleue et du fort taux d'abstention. Il régresse en pourcentage et s'effondre en voix. Un piètre score qui va fortement handicaper le FN en amputant des deux tiers sa subvention annuelle qui s'élevait à 4,8 millions d'euros par an entre 2002 et 2007. «Partout nos scores diminuent au moins de moitié», constatait Carl Lang, éliminé dès le premier tour dans la 23e circonscription du Nord.

«Nous allons devoir fortement réduire la voilure», confiait un des responsables frontistes. «Nicolas Sarkozy est un illusionniste qui va devoir descendre de scène à un moment donné, et, par conséquent, il va devoir se colleter avec les faits qui sont têtus», a déclaré Jean-Marie Le Pen lors de son intervention télévisée, tout en se disant persuadé que «c'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière». Le FN espérait se maintenir en triangulaire ou en duel dans le meilleur des cas dans quatorze circonscriptions où Jean-Marie Le Pen avait dépassé les 18 % à la présidentielle. En 2002, le parti d'extrême droite avait pu ainsi se maintenir dans 33 circonscriptions au second tour.

Cette fois, il s'effondre même sur ses terres d'élections dans l'Est, le Nord ou encore la Paca où pas un de ses candidats ne résiste à la vague UMP. A une seule exception près. Marine Le Pen, la vice-présidente du FN, et benjamine des trois filles du chef, affrontera au second tour avec 24,47 % des voix le député socialiste sortant Albert Facon (28,24 %) dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais. «Le FN n'est pas mort. Nicolas Sarkozy décevra quoi qu'il arrive», a estimé la députée européenne qui, avec ce bon résultat, conforte sa position au sein du parti face à ceux qui ont critiqué son action à la direction de la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen. Aujourd'hui, lors de la réunion du bureau politique du FN, elle sera la seule à pouvoir se réjouir.
© Libération

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LES CANDIDATS DE LA DIVERSITÉ ONT DU MAL À S'IMPOSER (France)

11/06/2007 - Pour faire avancer certaines causes, il y a un prix à payer", affirmait, dimanche soir, Malek Boutih. Avec 15,66 % des voix (9,54 % des inscrits), l'ancien président de SOS-Racisme, qui portait les couleurs du PS dans la 4e circonscription de Charente, a été éliminé dès le premier tour. Il a été devancé de quelque 2 000 voix par la dissidente socialiste Martine Pinville (21,04 %), qui affrontera au second tour le maire d'Angoulême, Philippe Mottet, arrivé en tête avec 35,58 % des suffrages.

"Ce n'est pas la personnalité de Malek Boutih mais les méthodes du parti qui ont été sanctionnées", a estimé le vice-président du conseil régional, Philippe Lavaud, l'un des rares élus socialistes charentais à avoir soutenu Malek Boutih. L'investiture accordée en juillet 2006 au secrétaire national aux questions de société avait en effet été mal accueillie par les socialistes locaux, qui lui avaient préféré Martine Pinville. "Face à ces divisions, les électeurs ne se sont pas déplacés", estime M. Lavaud, qui note la faiblesse du taux de participation (62,20 %) dans cette circonscription qui a toujours été à gauche. Un taux en recul de plus de trois points par rapport à 2002.


ECHEC DE MALEK BOUTIH
Martine Pinville, dont le suppléant est le député sortant Jean-Claude Beauchaud, réfute l'idée que les désaccords socialistes aient fait fuir des électeurs. Pour elle, l'échec de M. Boutih est lié à son parachutage. "Il avait la légitimité nationale, mais les électeurs ont porté au second tour une candidate de terrain, désignée par les militants, portée par la base, qui a déjà fait ses preuves localement", insiste-t-elle en démentant l'idée que l'origine arabe de son challenger socialiste ait pu jouer. Malek Boutih, qui, dans la continuité de Ségolène Royal, a axé sa campagne sur "le renouvellement de la gauche", est plus nuancé. "Les gens ne sont pas racistes, mais la campagne telle qu'elle s'est déroulée a libéré des instincts racistes. J'aurais bénéficié de l'unité socialiste, j'aurais été au second tour."

M. Boutih n'était pas le seul des 17 "candidats de la diversité" présentés par le PS à se retrouver face à un dissident socialiste. Fawaz Karimet, dans l'Aisne, s'est fait évincer par le député sortant René Dosière. En revanche, Safia Otokoré, dans les Yvelines, devance largement un ex-socialiste local lui aussi issu de la diversité, Djamal Yalaoui. Et surtout, dans la 21e de Paris, George Pau-Langevin, une avocate d'origine guadeloupéenne, a réussi à distancer le député sortant Michel Charzat, qui est éliminé. Elle se retrouve au coude-à coude avec son concurrent UMP, Raoul Delamare (27,8 % contre 27,9 %). Outre ces deux femmes, quatre candidats socialistes de la diversité, dont Faouzi Lamdaoui, à Argenteuil (Val-d'Oise), seront présents au second tour.

L'UMP ne présentait qu'une petite dizaine de candidats de la diversité mais ils ont été portés par la vague de soutien à la majorité présidentielle : tous seront présents au second tour, à l'exception de Fathia Rahoui qui, dans le Nord, était opposée à un dissident local.

Au final, droite et gauche confondues, le nombre de circonscriptions gagnables par ces candidats se compte sur les doigts d'une main. "Nous avons ouvert une voie pour la suite, affirme néanmoins M. Boutih. Plus une élection législative n'aura lieu sans candidats de la diversité. Le mouvement est irréversible."

Laetitia Van Eeckhout
© Le Monde

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JEAN-MARIE LE PEN MINIMISE LA DÉFAITE DU FN (France)

10/06/2007 - Le Front national n'a obtenu que 4 à 5 % des voix, dimanche 10 juin, au premier tour des législatives, contre 11,3 % en 2002. Mais Jean-Marie Le Pen a minimisé cet échec, avec deux arguments. D'abord, le taux d'abstention "considérable", qui démontre que les Français "ont compris que le pouvoir législatif n'était plus à Paris à l'Assemblée nationale mais à Bruxelles, au Parlement européen et à la Commission européenne et que M. Sarkozy, qui se croit président de la République, n'est que le gouverneur général de la province européenne de France", a fait valoir l'ex-candidat de l'extrême droite à l'élection présidentielle. "Je reconnais à Nicolas Sarkozy un très grand talent d'illusionniste mais l'illusionniste doit descendre de scène à un moment donné, parce qu'il va devoir se colleter avec les faits et les faits sont têtus", a-t-il ajouté.

"Nous ne serons pas à l'Assemblée nationale, hélas, à moins que Marine, peut-être, dans le Pas-de-Calais où elle est arrivée en deuxième position (...), peut-être fera la surprise, a-t-il ajouté sur TF1. A condition, bien sûr, que les forces républicaines, entre guillemets, ne se liguent pas pour essayer de l'empêcher d'arriver à l'Assemblée nationale".

Marine Le Pen, qui a obtenu 24,47 % des suffrages dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais, affrontera lors d'un duel, au second tour, le socialiste Albert Facon (28,24 %). Elle a estimé que le résultat du FN n'était que la traduction "mécanique" de l'élection présidentielle, où son père a obtenu 10,41 % des voix. "Nous avons enregistré un revers, nous le savions, nous le prévoyions un peu. (...) Mais le Front national n'est pas mort. Je demande aux militants et aux adhérents surtout de ne pas baisser les bras. Nicolas Sarkozy décevra quoi qu'il arrive", a-t-elle assuré. Selon elle, le parti d'extrême droite doit désormais se mettre "en position d'accueillir l'ensemble des déçus" du sarkozysme.
© Le Monde

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JEAN-CLAUDE AMARA FACE À LA RÉPRESSION (France)

Procès . Le porte-parole de Droits devant !! est jugé, aujourd’hui, pour des « violences sur agent » qu’il conteste. Il pointe une « répression sans concession ».

08/06/2007 - Une soixantaine de sans-papiers, en majorité africains, avaient occupé symboliquement, le 13 avril dernier, le futur musée de l’Immigration à Paris. Conduits par Jean-Claude Amara, porte-parole de Droits devant !!, les manifestants avaient pénétré à l’intérieur de l’ancien musée des Colonies (devenu musée des Arts africains et océaniens) où ils avaient déployé une grande banderole « Ni colonisation ni quotas, la régularisation et les droits ». Les manifestants demandaient le retrait du projet de loi Sarkozy sur l’immigration. Ils avaient violemment été expulsés des lieux par les CRS. Suite à ces incidents, Jean-Claude Amara comparaît, aujourd’hui, devant la dixième chambre du tribunal correctionnel de Paris pour « violences volontaires aggravées sur un dépositaire de l’autorité publique ». La justice lui reproche d’avoir projeté contre un mur une policière. Un acte qui apparaît quelque peu incongru dans un parcours de dix-sept années de militantisme actif, certes, mais pacifique.

Le procès avait été reporté en novembre dernier, l’avocat de la victime s’étant fait porter pâle. Me Irène Terrel, conseil de Jean-Claude Amara, avait toutefois essayé de faire valoir les irrégularités lors de la garde à vue de son client - notamment l’absence d’un avocat dès la première heure - afin d’obtenir une annulation. Le vice de forme a été joint au fond. En avril dernier, le leader associatif avait expliqué à l’Humanité sa version des faits : « Dans mon cas personnel, il s’agit d’une plainte classique : j’ai été bousculé, mais c’est l’agent qui a été agressé. L’expulsion a été très violente, il y a eu 17 blessés dont deux enfants. »

Plusieurs témoins, qui se battent eux aussi aux côtés des sans-papiers, viendront le soutenir dont Mgr Jacques Gaillot, le professeur Albert Jacquard ou encore Alain Lipietz, qui étaient présents lors de l’occupation. « Nous som- mes devant une répression sans concession en droite ligne de la circulaire du 21 février qui traque les sans-papiers jusque dans les hôpitaux. Il s’agit de balayer tout ce qui bouge », commente encore Jean-Claude Amara, qui compte se servir du procès comme d’une tribune. À la fois pour parler des droits sans cesse rognés des sans-papiers et de la répression accrue envers les mouvements - syndicalistes, associatifs ou autres - qui sà la politique gouvernementale.

Sophie Bouniot
© L'Humanité

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LE FRONT NATIONAL PRÊT À DES DÉSISTEMENTS RÉCIPROQUES AVEC L'UMP ENTRE LES DEUX TOURS (France)

07/06/2007 - Le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a déclaré, jeudi 7 juin à Toulouse, que son mouvement respecterait le principe de "réciprocité" pour les désistements au second tour des législatives. "Si nous avons un candidat en tête et que l'UMP ne s'oppose pas à son élection, nous pourrons avoir la même attitude à l'égard d'un certain nombre de cas", a-t-il expliqué.

"S'il y a rupture avec la philosophie et la méthode Chirac qui, dans des élections précédentes, faisaient que l'UMP votait pour le communiste ou le socialiste pour nous faire battre, (...) le Front national peut adopter une mesure réciproque dans les ballottages", a déclaré M. Le Pen lors d'une conférence de presse, où il a présenté les candidats FN pour les législatives en Midi-Pyrénées.

CRITIQUE DU MODE DE SCRUTIN
Le président du Front national s'est dit confiant pour les législatives, tout en soulignant que son mouvement pouvait se retrouver sans élu en raison du mode de scrutin. "Je crois très sincèrement que le Front national va retrouver une partie importante de ses électeurs parce que le vote en faveur de Sarkozy de leur part n'a pas été un vote d'adhésion. Parce qu'on sait que ce sont des électeurs rebelles, ce ne sont pas des moutonniers, des panurgistes, ce sont des gens qui généralement sont contre", a-t-il dit.

M. Le Pen a reconnu que le FN pouvait devoir "se contenter" de peu d'élus. "Peut-être n'en aurons-nous pas, ce qui marquera d'un sceau d'infamie notre système politique qui n'est pas représentatif. Parce qu'il est anormal qu'un mouvement qui a des millions d'électeurs ne soit pas représenté à l'Assemblée nationale", a-t-il ajouté.
© Le Monde

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PLAINTE DU FN CONTRE LES CONDITIONS DE TRAVAIL À L'ARSENAL DE ROCOURT (Belgique)

11/06/2007 - Le Front national (FN) a annoncé jeudi avoir déposé plainte contre X pour non assistance à personne en danger au Centre de compétence Matériel roulant et Armement (CCR&A) de l'armée à Rocourt, près de Liège, affirmant que les militaires qui y travaillent vivent un "grave danger" en raison de l'absence de protection face aux poussières d'aluminium.

Cette affirmation a été immédiatement rejetée par le ministère de la Défense et la Centrale générale des Services publics (CGSP)-Défense. "Depuis plusieurs années, les militaires qui travaillent dans l'atelier (du CCR&A, anciennement Arsenal de Rocourt) vivent un grave danger", a affirmé une candidate FN aux élections législatives, Mireille Salpéteur.

Poussières
Selon elle, la découpe et le ponçage du matériel roulant effectué à Rocourt produisent des tonnes de poussières faites d'aluminium et de fines particules de peinture. La centaine de travailleurs présents dans l'atelier n'ont aucune protection, sauf ceux qui sont en contact étroit avec le matériel, a-t-elle ajouté.

La candidate FN a souligné que l'inhalation de poussières d'aluminium est susceptible d'entraîner des fibroses pulmonaires, des encéphalopathies, des anémies et des ostéomalacies. Le service de presse du ministère de la Défense a démenti ces "prétendus manquements dans la gestion du bien-être sur le lieu de travail" dénoncés par la candidate d'extrême droite.

Protection
Selon l'armée, les ateliers de Rocourt disposent de cabines de maintenance spécifiques, évitant aux travailleurs d'être soumis aux composés organiques volatiles (COV), ainsi que de cabines de grenaillage et de sablage préservant la santé du personnel. Ce dernier dispose d'un équipement de protection individuelle adapté à la nature de chaque fonction, tel que masque anti-poussières, lunettes de sécurité, chaussures de sécurité, bouchons d'oreille, a-t-elle assuré.

La CGSP-Défense a affirmé n'avoir "jamais reçu la moindre plainte" en la matière du personnel du CCR&A, ni civil ni militaire. Elle a démenti catégoriquement les allégations faites par le FN.
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L'EXTRÊME DROITE STAGNE MAIS CONTINUE À PESER EN FLANDRE (Belgique)

11/06/2007 - Filip Dewinter et Anke Vandermeersch (Vlaams Belang).Après les élections législatives, on constate que l'extrême droite n'a pas progressé ni au nord ni au sud du pays. La situation est évidemment bien différente entre la Flandre et la partie francophone du pays.

En Flandre, le Vlaams Belang se maintient à un niveau élevé. Mais pour la première fois depuis la montée spectaculaire du Vlaams Blok en 1991 (et le "dimanche noir"), le VB est en net recul par rapport à un scrutin précédent. Dimanche, le Vlaams Belang a perdu 5% par rapport aux élections régionales de 2004.

Pourtant, le VB continue à augmenter son score par rapport aux législatives de 2003. Il était alors crédité de 18% des votes, il frôle aujourd'hui les 19%. Paradoxalement, le VB perd un siège, à Anvers, son chef-lieu, mais devient, avec 17 sièges, le troisième parti flamand à la Chambre, derrière le cartel CD&V/N-VA et l'Open Vld mais devant le cartel sp.a/Spirit. Au Parlement flamand, le VB constitue le premier groupe politique devant le CD&V (dissocié de la N-VA).

Du côté francophone, le FN grappille quelques voix en Wallonie, singulièrement dans le Hainaut, mais ne réalise par la percée annoncée par d'aucuns. Il est en recul à Bruxelles.
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IL REFUSE UN CANDIDAT DONT LA COULEUR NE PLAÎT PAS À SON CHIEN (Belgique)

08/06/2007 - Un employeur d'une entreprise d'Huizingen a refusé un entretien d'embauche à un candidat parce que son chien, un petit labrador, se montre agressif envers les personnes de couleur, révèle vendredi le syndicat socialiste FGTB-Metal dans un communiqué. L'employeur confirme l'information mais déclare ne pas comprendre l'agitation qu'elle déclenche.

L'entreprise Rampelberg, spécialisée dans le fer forgé, recherche actuellement un forgeron-soudeur. Jeudi, un homme de 53 ans, Peter Adedayo Adelanwa, ancien travailleur chez Decoma Belplas Huizingen, s'est présenté aux portes de l'entreprise pour postuler à ce poste. Mais Bruno Rampelberg ne lui a pas permis d'entrer sur le site de sa société, prétextant que son chien a tendance à se montrer agressif envers les personnes de couleur.

Sur le document du VDAB (Office flamand de l'emploi et de la formation professionnelle) contenant l'offre d'emploi proposée au candidat, M. Rampelberg a inscrit, en français: "Le chien ne supporte pas la personne. Risque de morsures voir couleur de peau".

Pour la FGTB-Metal, il est clairement question dans ce cas précis d'un comportement "raciste". Des accusations que le directeur de l'entreprise a rejetées. "Je ne peux rien faire contre le fait que mon chien soit agressif envers les personnes de couleur. Mon chien a été traumatisé et ne réagit plus que comme ça", avance-t-il.

Selon lui, l'idée d'organiser l'entretien dans un autre endroit n'avait aucun sens. "Cela aurait été intenable. La situation telle qu'elle est avec mon chien ne va pas changer et je veux éviter que des personnes se fassent mordre", ajoute-t-il, refusant par ailleurs de se débarrasser de son animal: "Il n'en est pas question. Je ne dois quand même pas me séparer de mon chien à cause d'un candidat travailleur".

Le fait de refuser un candidat en raison de sa couleur de peau représente une infraction à la loi anti-discimination et un délit, affirme pour sa part le VDAB. Selon lui, le candidat lésé aurait déposé une plainte via son syndicat auprès du Centre pour l'Egalité des Chances et la Luttre contre le Racisme (CECLR). "Nous avons retiré l'offre de notre banque de données et supprimé l'employeur pour les prochaines vacances de postes", indique Nancy Vercammen, porte-parole du VDAB. L'Office flamand a également transmis le dossier au CECLR. Ce type de transmission devrait devenir à l'avenir systématique, les deux organes ayant pour objectif d'entretenir une collaboration structurelle pour les cas similaires.
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LE VLAAMS BLOK BELANG SOUS PRESSION (Belgique)

Pour la première fois depuis son inexorable ascension entamée en novembre 1991, le Vlaams Blok Belang pourrait perdre quelques plumes le 10 juin, en raison de l'apparition d'une nouvelle formation populiste de droite, la Liste Dedecker. En outre, le parti flamand d'extrême droite est confronté, une fois n'est pas coutume, à des dissensions en interne.

08/06/2007 - Le Vlaams Belang a dès lors choisi d'en revenir à la ligne dure, arborant pour sa campagne une tête de lion et prenant comme slogan la "force flamande".

Le parti, qui n'a jamais renié les fondements qui lui ont valu d'être condamné pour racisme et dont les figures de proue sont restées en place, avait opté de lisser sa communication. En vue du 10 juin, il en revient aux trois "V" qui ont formé le socle de son idéologie: Vlaanderen, Veiligheid en Vreemdelingen, soit, Flandre, Sécurité et Etrangers.

"La seule garantie d'obtenir l'indépendance de la Flandre"
Face à l'électeur, le parti d'extrême droite se présente comme "le seul parti flamand d'opposition" (le VB est le seul parti à être à la fois dans l'opposition au fédéral et au Parlement flamand) et "la seule garantie d'obtenir l'indépendance de la Flandre".

Les têtes de liste sont les chefs de file en place depuis longtemps: Gerolf Annemans à Anvers, Bert Schoofs dans le Limbourg, Filip De Man à Bruxelles-Hal-Vilvorde, Hagen Goyvaerts à Louvain, Koen Bultinck en Flandre occidentale et Guy D'Haeseleer devant Francis Van de Eynde en Flandre orientale. Le président du parti Frank Vanhecke sera tête de liste au Sénat.

Après les discordes apparues au sein du parti et que le VB n'a pu empêcher de garder à l'abri des médias, les cadres de la formation d'extrême droite la jouent profil bas, affirmant qu'égaler ou dépasser les 18%, soit le score du Belang en 2003, sera considéré comme un succès. Aux régionales de 2004, le Vlaams Belang avait obtenu 24% des voix.

Le député flamand Jurgen Verstrepen (ex-VB), ancien animateur de la chaîne de télévision Kanaal 2, a plaidé un moment pour des listes d'ouverture avec des membres du VB mais également d'autres nationalistes. N'étant plus en odeur de sainteté au sein de son parti, singulièrement après qu'il eut avancé cette proposition, Jurgen Verstrepen a préféré rejoindre la petite liste du parlementaire Jean-Marie Dedecker. Un autre député flamand, la parlementaire Monique Moens, a effectué la même démarche.

L'autorité du parti remise en cause
Figure plus récente mais déjà très en vue du parti d'extrême droite, Marie-Rose Morel, également députée flamande, et réputée proche du président Vanhecke, a quant à elle rué dans les brancards après avoir appris l'intention des cadres du VB de s'allier à Jean-Marie Dedecker. Pour la première fois de son histoire, l'autorité a été remise en cause au sein du parti, particulièrement celle du chef de file anversois Filip Dewinter à qui certains caciques du Belang ont reproché le ressac électoral dans la métropole en octobre 2006. A la suite de ces turbulences, seul le président a été autorisé à encore communiquer sur les incidents.

D'après les sondages, le Vlaams Belang ne devrait toutefois pas sortir complètement défait des urnes le 10 juin, loin de là. Si l'initiative de Jean-Marie Dedecker de créer sa propre liste, refusant par là toute alliance avec le Belang, aura à coup sûr déstabilisé le parti d'extrême droite, ce dernier pourrait ne perdre que quelques plumes aux élections du 10 juin. Il faut dire que la liste Dedecker n'est créditée d'aucun siège dans les différents sondages qui ont été publiés depuis l'annonce de la création du petit parti par le dissident libéral.
© L'Express

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RACISME, CRÂNES RASÉS ET INDIFFÉRENCE … (Belgique)

07/06/2007 - La chambre des mises en accusation d'Anvers a décidé, ce jeudi, du renvoi, devant une cour d'assises, du jeune Hans Van Temsche, pour répondre du meurtre d'une fillette et de sa nourrice malienne. Ce crime raciste avait, l'an passé, suscité une vive émotion. Ce n'est pas toujours le cas. Exemple : cette agression xénophobe à Bruges , commise par des skinheads contre un français d'origine togolaise……

Ce quinquagénaire d'origine africaine a eu le malheur de passer, une nuit de mai de l'an dernier, près d'un café brugeois, connu comme local de jeunes aux crânes rasés et aux idées d'extrême droite. Il a été tabassé, ratonné. Blessé à la tête et au thorax, il est resté deux mois inconscient. Le bistrot a été fermé quelques jours avant d'être rouvert, trois agresseurs ont été identifiés, arrêtés, puis libérés.

Les camarades français de cet artiste, régisseur d'un groupe de musique noire, ont plusieurs fois dénoncé l'indifférence des autorités de la république, dans cette affaire. Ils ont lancé un comité de soutien, mais ils n'ont pas pu empêché la mort de leur ami, au début avril. La presse n'en n'a guère parlé. Un rapport succinct d'autopsie parle d'une embolie pulmonaire, mais un médecin légiste est à présent chargé de vérifier s'il peut exister un lien causal entre l'attaque des skinheads, et la fin tragique de leur proie. Ce qui peut modifier le chef d'inculpation à charge des prévenus, de "coups et blessures" en homicide involontaire. Ce qui permettrait à la famille du défunt de se constituer partie civile.

Un avocat a été chargé par le centre pour l'égalité se suivre le dossier. Il espère recevoir des informations avant les vacances, mais le parquet du procureur du roi ne semble pas se remuer beaucoup. La municipalité brugeoise, à l'annonce de la disparition, avait ouvert un registre de condoléances, à l'hôtel de ville. Il a recueilli très précisément septante cinq signatures. L'indifférence, toujours l'indifférence....
© La RTBF

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IL MEURT LORS DE SON EXPULSION D’ESPAGNE

Madrid . Le Nigerian Osamuyia Aikpitanhi est décédé samedi, dans l’avion qui devait le reconduire à Lagos.

13/06/2007 - Par deux fois au cours de la semaine dernière, les autorités espagnoles avaient tenté de placer de force Osamuyia Aikpitanhi dans un avion pour le reconduire au Nigeria. Et par deux fois, se heurtant à la résistance de ce dernier, elles avaient dû renoncer. La troisième tentative s’est soldée par un drame. Ce Nigérian de vingt-trois ans était inculpé pour onze agressions en Espagne où il vivait en situation irrégulière depuis son arrivée, il y a quatre ans, à bord d’une patera. Il est décédé samedi au cours de son expulsion, une heure après le décollage de l’avion de la compagnie Iberia qui devait le reconduire à Lagos. S’est-il étouffé avec le bâillon censé l’empêcher de mordre les policiers qui l’escortaient, comme l’ont supposé, dans un premier temps, les syndicats policiers ? A-t-il succombé à un infarctus lié à une agitation extrême, comme le pensent ceux qui l’escortaient ? Mauvais traitements infligés par ces derniers, répond la famille.

DES DÉCLARATIONS QUI SE CONTREDISENT
Les médecins légistes ont de leur côté fait remarquer que le jeune Nigérian était bien bâillonné, mais qu’il « présentait seulement deux contusions légères », avant de conclure sobrement à un « arrêt cardio-respiratoire ». La cause exacte du décès ne pourra être établie avant que ne soit connu le résultat d’autres analyses du coeur et des poumons de la victime, précise un communiqué du tribunal de Valence, qui a ouvert une enquête. En attendant, les déclarations des uns et des autres se contredisent. Installé dans un compartiment séparé par un rideau à l’arrière de l’avion, avec trois autres Nigérians expulsés comme lui, Osamuyia Aikpitanhi avait des menottes en plastique au poignet. Parce qu’il aurait tenté de mordre un des officiers, il aurait ensuite été bâillonné. Mais comment ? C’est précisément sur ce point sensible que s’affrontent deux versions. Selon le quotidien espagnol el Pais, un premier policier aurait déclaré que les officiers avaient introduit une bande dans sa bouche sur laquelle ils auraient appliqué un bandeau adhésif. Les autres sources affirment à l’inverse qu’il aurait été bâillonné avec une ceinture et non avec un adhésif, et qu’il n’a donc pas pu s’étouffer avec un bandeau.

« Ils l’ont tué comme un chien »
La version de sa famille est tout autre. Selon son frère, Osamuyia Aikpitanhi était pieds et poings liés, et avait été bâillonné avec un bandeau adhésif avant d’être placé à bord de l’avion. « Ils l’ont tué comme un chien », a-t-il dénoncé, précisant que son frère « était en bonne santé » et qu’il « n’avait aucune maladie » « C’est la police qui l’a battu et l’a tué », a-t-il ajouté. Ce dernier a déposé une plainte au commissariat après avoir pris contact avec les autres Nigérians expulsés dans le même avion. « Ils ont promis de m’envoyer une vidéo de ce qui s’est passé d’ici une semaine », a-t-il précisé, ajoutant que ceux-ci lui avaient dit avoir vu les officiers battre Osamuyia Aikpitanhi avant et après l’embarquement. La famille a déclaré qu’elle comptait exiger des comptes de l’État espagnol ainsi que de la compagnie Iberia.

Le ministère de l’Intérieur a refusé de donner plus d’informations sur le décès avant la fin de l’enquête interne ordonnée par le ministre Perez Rubalca. En attendant, les hypothèses les plus variées se succèdent. Dernière en date, celle du Syndicat unifié de la police, qui suggère que le jeune homme a pu « se suicider pour éviter d’être expulsé dans son pays où il aurait été condamné pour meurtre ».

Anne Roy
© L'Humanité

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LA POLICE CATALANE SUR LE GRIL (Espagne)

Plusieurs passages à tabac filmés ont été diffusés sur Internet.

08/06/2007 - Dans la salle d’interrogatoire, cinq policiers poussent un jeune détenu contre le mur, le ­rudoient et, alors que celui-ci se trouve au sol, le rouent de coups.avec les poings ou à l’aide de matraques Ensanglanté, Rubén Pérez s’en sortira avec des fractures et des hématomes. Une semaine plus tard, le 5 avril, dans le même commissariat barcelonais, deux agents ­féminins passent à tabac une jeune Russe menottée et à demi nue. Dans les deux cas, l’agression dure cinq bonnes minutes. Grâce à des caméras cachées, ces scènes ont été vues sur Internet par des milliers d’Espagnols. Les agents ont été «suspendus».

Mauvaise réputation. Depuis, les «Mossos», nom donné aux agents de la police autonome de Catalogne, sont sur le gril-à l’exception de la lutte antiterroriste, cette police jouit de la plupart des prérogatives. Le scandale est tel que le ministre de l’Intérieur de l’exécutif catalan, l’écologiste Joan Saura, a ordonné de placer des caméras de surveillance dans les salles d’interrogatoire.

Les Mossos ont du mal à se défaire de la mauvaise répu­tation qui leur colle aux bottes. Le 6 avril, les syndicats de la police catalane ont réuni 4 000 agents à Barcelone pour protester contre la «satanisation» de leur corps et exiger la démission du ministre Saura, favorable à la diffusion sur Internet des passages à tabac. « Partout où on va, les gens nous traitent de tortionnaires, s’est plaint un leader syndical. C’est injuste. Les bavures de quelques-uns salissent tous les autres.» L’ennui, c’est que la méfiance vis-à-vis des Mossos va au-delà des deux «scènes volées».

En début d’année, un jeune est mort dans une voiture de police, alors qu’il essayait de s’en échapper. En 2006, à Barcelone, à l’occasion d’une mégabeuverie saluant la victoire du Barça dans le championnat de football, les affrontements avec la police ont fait des dizaines de blessés. Les agents y auraient utilisé des «kubotan», de redoutables matraques en plastique non réglementaires. La commission des droits de l’homme du Conseil de l’Europe a recensé 197 plaintes pour «mauvais traitements» contre les Mossos entre 2002 et 2004. L’an dernier, selon SOS Racisme, les dénonciations ont augmenté de 87 %.

Inexpérimentés. La situation est paradoxale : cette police autonome née après le franquisme passe pour être la plus violente d’Espagne. Bien davantage que la garde civile ou la Ertzaintza (la police basque). Beaucoup accusent les nationalistes de CiU (au pouvoir régional), qui, par souci antiespagnol, ont voulu se passer des deux corps nationaux, la police et la garde civile. Résultat : les Mossos sont très jeunes (recrutés dès 18 ans), inexpérimentés, connaissent mal le terrain et souffrent d’un sous-effectif criant - que Joan Saura évalue à 600 agents.

François Musseau
© Libération

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RACISME: L'UEFA SANCTIONNE LA LITUANIE POUR UNE BANDEROLE RACISTE DÉPLOYÉE FACE À LA FRANCE

08/06/2007 - L'Union europénne de football (UEFA) a sanctionné vendredi la Lituanie de 15.000 francs suisses d'amende (9.000 euros) pour une banderole à caractère raciste déployée lors de la venue de la France pour une rencontre des éliminatoires à l'Euro 2008.

L'UEFA a indiqué que la Lituanie peut faire appel de la décision avant dimanche.

"Nous espérions ne pas être punis pour cet acte honteux, mais la commission de contrôle et de discipline de l'UEFA l'a pris très au sérieux", a déclaré le président de la Fédération lituanienne de football Liutaras Varanavicius.

Lors de cette rencontre à Kaunas le 24 mars dernier, des supporters avaient brandi une banderole représentant l'Afrique frappée de bleu-blanc-rouge avec la phrase: "Bienvenue en Europe".

La France avait battu la Lituanie 1-0 grâce à un but de Nicolas Anelka.
© La Tribune France

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LES PROVOCATIONS DU MINISTRE DE L'ÉDUCATION POLONAIS, HÉRAUT DE L'EXTRÊME DROITE

09/06/2007 - Il a beau sourire et lisser son image, Roman Giertych ne dupe personne en Pologne : depuis sa nomination à la tête du ministère de l'éducation nationale en mai 2006, le jeune leader de l'extrême droite catholique nationaliste, 36 ans, joue de la controverse et investit les médias. Rendu public le 31 mai, son dernier projet a fait mouche : rayer Goethe, Dostoïevski, Kafka, Gombrowicz et Conrad de la liste des lectures obligatoires dans les lycées.

Les élites ont tiré à boulets rouges, y compris, pour finir, le premier ministre conservateur. Jaroslaw Kaczynski a fustigé "une volonté de provocation, une volonté d'exister dans le pire sens du terme". Le quotidien conservateur Dziennik titrait de concert : "Giertych est un fléau." Sous la pression, le ministre vient de revoir sa copie, sans écarter l'idée de mettre au programme un ouvrage de Jean Paul II ou de Jan Dobraczynski, pour son attachement aux valeurs patriotiques et chrétiennes.

En un an, le cacique de la Ligue des familles polonaise (LPR) s'est forgé une image d'hyperactif, concoctant plus de trente projets de lois et résolutions. La plupart ont échoué. Certains ont abouti, dont la tournure idéologique, sous le slogan "ordre, patriotisme, excellence, vérité", n'a échappé à personne. Le ministère vient ainsi de rendre obligatoire le port de l'uniforme dans les écoles primaires et au collège.

Autres succès : l'obligation pour les directeurs des établissements secondaires, depuis fin 2006, de transmettre au ministère la liste des élèves enceintes afin, selon M. Giertych, d'"élaborer un système d'aides" aux filles-mères ; la possibilité d'intégrer la note de "religion" dans le bulletin scolaire ; la visite de "troïkas" (un inspecteur d'académie, un policier, un procureur) dans les écoles depuis novembre 2006 pour faire un état de lieux de l'insécurité et des "pathologies scolaires".

Enfin, il a accordé le baccalauréat à 53 000 recalés de la session de juin 2006, à la stupéfaction du corps enseignant. Le ministre jugeait l'épreuve trop difficile. Déclarée anticonstitutionnelle, cette disposition ne pourra pas être appliquée pour les prochains bacheliers.

"PROPAGANDE HOMOSEXUELLE"
Certains projets ont été discrètement abandonnés sous la pression de l'opinion publique ou la résistance de la droite conservatrice au pouvoir, à l'instar de la création d'établissements disciplinaires pour élèves agressifs. Autres idées tapageuses, "protéger les écoles contre la propagande homosexuelle" qui menace "le modèle du mariage et de la famille", ou suspendre "les enseignants qui révéleront leur homosexualité", selon les mots du vice-ministre de l'éducation Miroslaw Orzechowski, en mars, qui s'est rétracté par la suite. D'autres initiatives, en suspens, ont reçu un accueil favorable, comme celle de ramener l'âge de scolarisation obligatoire de 7 ans à 6 ans, ou de généraliser l'apprentissage d'une langue étrangère dès l'école primaire.

Pour le politologue Jacek Wodz, de l'université de Silésie, "Roman Giertych est un phénomène sur la scène politique polonaise." Il incarne une idéologie nationaliste, en opposition à l'idée républicaine polonaise. En 1989, il avait réactivé la Jeunesse de la grande Pologne, un mouvement créé en 1922 et rattaché à Roman Dmowski, père de l'extrême droite en Pologne.

Célia Chauffour
© Le Monde

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RACISME: LA RUSSIE REJETTE LE RAPPORT ONUSIEN

13/06/2007 - La Russie a rejeté mardi le rapport présenté à l'ONU par Doudou Diène, spécialiste des formes contemporaines du racisme et de la xénophobie, en le qualifiant de "commande politique".

Ce rapport "n'est rien d'autre qu'une commande politique, et il a été élaboré d'après un schéma préconçu", a déclaré à Genève le chef de la délégation russe au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, Valeri Lochtchinine.

"Plusieurs problèmes relevant du racisme et de la xénophobie qui sont complètement étrangers à notre pays ou qui ne revêtent pas de caractère aigu ou régulier ont été extrapolés à la Russie", a-t-il estimé.

La délégation russe a renoncé à préparer ses commentaires sur le rapport de Doudou Diène, qui avait effectué une visite en Russie en juin dernier. "Il n'y a rien à commenter, parce que le texte est inacceptable aussi bien par son contenu que sur le plan conceptuel", a affirmé M. Lochtchinine.

"Nous ne contestons pas les cas isolés d'intolérance raciale et ethnique. Mais il est absurde d'en tirer des conclusions définitives sur les tendances qui règnent dans la société ou, s'appuyant sur les données non vérifiées et les spéculations, de dénoncer les défauts présumés du système politique, de la justice et de l'enseignement russes", a indiqué le diplomate.

En présentant son rapport à la 5e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, à Genève, le Sénégalais Doudou Diène a pointé du doigt la montée de l'intolérance raciale et ethnique, de la xénophobie, de l'antisémitisme et de l'islamophobie en Russie. Selon M. Diène, la Russie traverserait une crise politique et sociale profonde, alors que les Russes seraient en quête d'une identité nationale.
© Ria Novosti

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LE VATICAN APPELLE À NE PLUS FINANCER AMNESTY INTERNATIONAL, ACCUSÉE DE PROMOUVOIR L'AVORTEMENT

14/06/2007 - Le Vatican a appelé les catholiques de ne plus soutenir financièrement l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International, en raison du récent engagement de celle-ci en faveur de la dépénalisation de l'avortement, ajoutant, dans un communiqué diffusé mercredi 13 juin, que l'Eglise catholique suspendrait également ses "contributions financières" à l'organisation.

Pour le cardinal Renato Martino, président du conseil pontifical Justice et Paix, ce geste est la "conséquence inévitable" de la "volte-face" qu'aurait opéré l'ONG sur l'avortement. "Il est extrêmement grave qu'une organisation méritante comme Amnesty International se plie aux pressions de ces lobbies, a-t-il déploré, faisant allusion aux lobbies pro-avortement qui continuent leur propagande dans le cadre de ce que Jean Paul II appelait 'la culture de mort'."

TOUT AVORTEMENT EST ASSIMILÉ À UN MEURTRE
A Rome, le porte-parole de l'ONG, Riccardo Noury, a précisé que qu'Amnesty ne recevait aucun versement "ni du Vatican, ni d'aucune organisation catholique" ni d'ailleurs d'aucune organisation, afin de préserver son indépendance. Geneviève Sevrin, présidente de la section française, a pour sa part souligné qu'Amnesty "n'a pas appelé à la libéralisation de l'avortement", mais à "sa dépénalisation". Cette distinction n'est pas prise en compte par le Vatican, pour lequel tout avortement est assimilé à un meurtre.

En 1996, le Vatican avait déjà pris une décision similaire, suspendant une aide financière à hauteur de 2 000 dollars par an en faveur de l'Unicef, le fonds des Nations unies pour l'enfance, qu'il avait également accusé de promouvoir l'avortement. A l'époque, l'Unicef diffusait dans les camps des réfugiés du monde entier une information sur un spermicide post-coïtal à destination des jeunes femmes ou des adolescentes victimes de viol.
© Le Monde

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HORTEFEUX VEUT UN "PACTE EUROPÉEN POUR L'IMMIGRATION"

De notre envoyé spécial au Luxembourg PIERRE AVRIL

13/06/2007 - EN RÉPONSE aux vagues incessantes de clandestins qui tentent de débarquer sur les rivages de l'Union européenne, le ministre français de l'Immigration, Brice Hortefeux, a plaidé hier pour la création d'un « pacte européen pour l'immigration ».

Le ministre a discrètement testé cette idée, déjà évoquée par l'ancien candidat Nicolas Sarkozy, auprès de ses 26 homologues de l'UE. « Je crois en l'harmonisation des politiques », a-t-il expliqué, citant la lutte contre l'immigration clandestine, la maîtrise des flux migratoires et le recours à « l'immigration choisie ». Il n'a pas défini pour autant la liste des États membres susceptibles d'adhérer à ce « pacte ». Le ministre allemand de l'Intérieur, Wolfgang Schauble, a salué l'initiative d'Hortefeux, dont il est également à l'origine.

Du temps où il était à l'Intérieur, Nicolas Sarkozy privilégiait les formats réduits, sur le mode des G6 (Royaume-Uni, Espagne, Italie, France, Allemagne et Pologne). Dans la mesure où Rome et Madrid renoncent à des programmes de régularisation massive, Paris estime qu'une convergence est désormais possible en Europe sur les questions d'immigration.

Malte souhaite partager « le fardeau »
La France a accordé 165 000 titres de séjour en 2005. Et Hortefeux a confirmé la tenue cet été d'un débat parlementaire sur son projet visant à durcir les modalités du regroupement familial, comme nous le révélions dans Le Figaro d'hier. « Ce ne sera pas une cathédrale législative » a-t-il précisé.

En 2006, 31 000 clandestins ont débarqué sur les côtes de l'UE, en particulier les Canaries, Malte et l'île italienne de Lampedusa : un chiffre supérieur au total des quatre années précédentes ! Le souci des capitales européennes d'endiguer ces flux s'est manifesté hier à Luxembourg, lorsque le gouvernement maltais a demandé à ses homologues de se partager « le fardeau » de l'immigration. La Valette avait été récemment critiqué pour avoir refusé d'accueillir sur son sol 27 personnes ayant survécu pendant trois jours, au large des côtes libyennes, accrochées à des filets de pêche dérivants. « La situation actuelle est totalement chaotique », a plaidé le ministre de l'Intérieur, Tonio Borg, surtout pour une île de 400 000 habitants qui a accueilli pas moins de 7 000 personnes en détresse ces cinq dernières années.

D'où son souhait d'un accord communautaire sur la répartition des immigrés. « Cette répartition, a suggéré Borg, se ferait en fonction de la taille de chaque État membre.»

« Ce projet me paraît très difficile à mettre en oeuvre », a aussitôt réagi Hortefeux. L'UE craint que cette mesure, si elle était appliquée, ne crée un appel d'air pour les émigrants. Dans l'immédiat, l'Agence européenne de contrôle des frontières, Frontex, se contentera d'envoyer, en juin, une mission de surveillance maritime en Méditerranée, baptisée Nautilus et destinée à «sauver des vies».

Six pays seulement, dont la France, y participeront. Un dixième seulement des bateaux et des hélicoptères promis par les États membres à Frontex lui ont été fournis...
© Le Figaro

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FACE AU RACISME, IL FAUT EXPLIQUER ET ÉDUQUER

Lilian Thuram, défenseur du FC Barcelone : Face au racisme, il faut expliquer et éduquer. Entretien accordé à FIFA.com

13/06/2007 - A 35 ans révolus, Lilian Thuram est un engagé, comme il l’a prouvé à plusieurs reprises en prenant position sur de nombreux sujets de société.

FIFA.com : Vous êtes aussi très engagé dans la lutte contre le racisme, n’est-ce pas ?
Lilian Thuram : Oui, car c’est un combat crucial. D’ailleurs, je suis aussi là pour présenter au président de la FIFA un projet de fondation contre le racisme que je suis en train de mettre en place. On a tendance à diaboliser les racistes, notamment avec ce qui se passe dans les stades.

Certes, il faut dénoncer, critiquer et sanctionner les actes racistes. Mais avant toute chose, il faut expliquer ce phénomène et éduquer les gens. L’éducation sur le long terme paiera, j’en suis convaincu. Il ne faut pas se limiter à dire «être raciste, c’est mal», il faut aller plus loin.

C’est un fléau qui n’est pas inné, nous l’avons créé en distinguant les races, alors qu’il n’y a qu’une espèce humaine. Le travail d’éducation est fondamental, d’où l’idée de cette fondation. Racontez-nous votre saison au FC Barcelone J’ai vécu une belle année.

J’ai d’abord été accueilli, à 34 ans, dans ce club très prestigieux, de manière très positive. Cela prouve la confiance qu’ils avaient en moi. J’ai peu joué au début, mais j’ai considéré que c’était normal : j’arrivais dans un club qui avait gagné deux championnats de suite, une Ligue des champions, donc l’effectif était bien en place.

Petit à petit, j’ai gagné du temps de jeu et c’est agréable, parce qu’après tout, c’est ce que recherchent tous les joueurs ! Je n’ai pas douté, je n’ai jamais pensé que je faisais l’année de trop. Et puis cette fin de saison est excitante, tout va se jouer sur le dernier match...

Lionel Messi disait que c’était un peu l’abattement dans les vestiaires samedi dernier (ndlr : le FC Barcelone a concédé un nul contre l’Espanyol de Barcelone, qui laisse le Real Madrid maître de son destin pour être champion) ; quel était votre sentiment ?
Bien sûr que nous étions abattus, le contraire aurait été surprenant...

Nous avions l’opportunité de virer en tête et, à deux minutes du terme, nous concédons un but. Cela dit, nous allons jouer notre dernière chance à fond, c’est une évidence. Le Real Madrid possède un avantage psychologique, c’est certain.

Et peut-on croire à Lilian Thuram en bleu pour la coupe du monde 2010 ?
Ce n’est pas réaliste. J’ai un lien très fort avec l’Afrique. Je me dis que je ne pourrai pas la jouer car, physiquement, je ne serai pas à la hauteur, c’est évident, mais c’est dommage.

J’espère donc pouvoir y participer d’une autre manière ; on verra sous quelle forme. Selon vous, quel impact peut avoir l’épreuve majeure du sport mondial sur l’Afrique ? Avoir attribué cette épreuve majeure à l’Afrique est crucial pour ce continent qui souffre depuis toujours d’un déficit d’image.

On a tendance à croire, dans le monde, que l’Afrique est un pays sans histoire, sans culture, sans civilisation, sans richesse, depuis des siècles. Or, cette fausse image contribue au racisme. D’où l’importance de changer cet état de fait.

Il faut faire tomber les préjugés.
© FIFA

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OSCE - DOUDOU DIENE ALERTE SUR LA RÉSURGENCE DE LA CHRISTIANOPHOBIE

08/06/2007 - Doudou Diene, rapporteur spécial des Nations unies sur les formes contemporaines de racisme, discrimination, xénophobie et intolérance, a alerté vendredi sur la résurgence de la christianophobie, lors de la seconde journée de la Conférence de l'OSCE à Bucarest

Q: "Quelle est l'ampleur actuellement de la christianophobie et existe-t-il des chiffres?"
R: "Il faut tirer une sonnette d'alarme! La christianophobie a toujours existé comme l'antisémitisme et l'islamophobie mais il y a actuellement une résurgence de cette christianophobie qui, paradoxalement, a été ignorée dans les débats internationaux. Quant aux chiffres, il y a des données éparses sur le nombre d'églises qu'on a pu brûler en Inde ou au Nigeria ou d'autres pays du Sud.

Q: "Pourquoi pensez-vous qu'elle a été ignorée?"
R: "Une raison est que les manifestations spectaculaires de christianophobie se passent en dehors de l'Europe, les violences contre les Chrétiens en Inde, au Nigeria, en Turquie et d'autres régions du monde. Mais les manifestations idéologiques les plus profondes se trouvent en Occident. C'est en Europe que, en raison d'un cléricalisme idéologique, il y a une suspicion à l'égard de la pratique religieuse que l'on ne peut pas chiffrer mais qui est visible dans la montée d'une certaine intolérance (...) Il y a lentement une marginalisation des citoyens qui se réclament de leur foi pour prendre des positions. Le défi est: comment équilibrer la défense de la laicité avec la liberté religieuse?

Q: "Ne pensez-vous pas que la direction de l'église est parfois coupable de cette situation?"
R: "Je l'ai déjà dit et j'ai d'ailleurs cité le Pape (Benoit XVI). Sa déclaration à Ratisbone démonisant l'Islam, même s'il s'en est ensuite excusé, n'a pas facilité l'existence des Chrétiens dans des aires non-européennes. Il est certain aussi que sa déclaration au Brésil, selon laquelle les Indiens autochtones des Amériques attendaient le Christianisme alors que l'on sait que le Christianisme a accompagné les conquistadors qui s'en sont réclamés pour physiquement liquider les Indiens et leurs croyances religieuses (...) Historiquement, ce cheminement de l'Eglise avec l'expansion coloniale n'a pas fait l'objet d'un réexamen critique de la part de l'église. Sans compter le prosélytisme agressif de certains mouvements évangéliques en Afrique, Amérique du sud et en Asie."

Propos recueillis par Stéphane GHAZARIAN
© La Croix

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LES ÉVANGÉLIQUES MANIFESTENT A SAO PAULO (Brésil)

14/06/2007 - Un million de protestants évangéliques ont manifesté le jeudi 7 juin dans les rues de Sao Paulo pour réaffirmer leur foi chrétienne et condamner l'homosexualité, à trois jours de la plus grande Gay Pride du monde organisée dans cette ville.

"Vade retro, satanismo! Vade retro homosexualismo!", était le mot d'ordre du pasteur André Fabiano lancé par de puissants haut-parleurs depuis l'un des 18 camions transportant les groupes musicaux. La Marche de Jésus était organisée par plusieurs Églises évangéliques.

"Par la Bible, nous savons que Dieu n'est pas d'accord avec ce qu'ils (les homosexuels) font. Nous condamnons leurs actes". Le pasteur Paulo Henrique de Oliveira a souligné que la manifestation avait aussi pour objectif de favoriser l'unité des Églises évangéliques.

La 11ème "Gay Pride" de Sao Paulo a eu lieu le dimanche 10 juin pour "défendre un monde sans racisme, sans machisme ni homophobie". Elle réunissait plus de trois millions de personnes.
© Top Chrétien

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TROIS MILLIONS DE PERSONNES À LA "PARADA GAY" DE SAO PAULO (Brésil)

11/06/2007 - Plus de trois millions de personnes, gays, lesbiennes, bisexuels et sympathisants, ont envahi dimanche le centre de Sao Paulo pour la traditionnel "Parada Gay", selon les organisateurs. La manifestation s'est déroulée dans un climat de tolérance et de tranquillité.

L'an dernier, la police avait estimé la participation à la "Parada" à 2,5 millions de personnes, chiffre enregistré dans le Livre Guiness des Records. Cette année, la police n'a pas donné d'estimation chiffrée.

"Drag queens" avec des costumes à plumes, travestis accompagnés de leurs compagnons à la musculature avantageuse ou des couples féminins tendrement enlacés ont formé un immense cortège mulicolore, décoré avec des milliers de ballons formant des vastes arches aux couleurs de l'arc-en-ciel.

Le maire de Sao Paulo, Gilberto Kassab et plusieurs ministres du gouvernement fédéral, dont l'ex-maire Marta Suplicy (Tourisme) ont accompagné le défilé pour marquer leur appui à la manifestation placée sous le signe de la lutte contre les discriminations, l'homophobie, le racisme et le machisme.

"Le Brésil est toujours moins un pays du préjugés", a dit M. Kassab. Marta Suplicy a assuré que Sao Paulo "montre toujours plus son respect des différences". Dans l'ensemble, en dépit d'incidents mineurs ou de vols, la manifestation s'est déroulée dans un climat de tolérance et de tranquillité.
© Romandie

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LE TRÈS CONTROVERSÉ DIEUDONNÉ DE RETOUR AU QUÉBEC (Canada)

By ELIAS LEVY Reporter

14/06/2007 - “Si l’humoriste Dieudonné doit demander un jour l’asile politique quelque part, ce sera probablement au Québec. Chaque fois que je remets les pieds à Montréal, je suis sidéré par la clémence, pour ne pas dire la naïveté béate, avec laquelle certains médias québécois encensent ce personnage qui est devenu avec les années un des plus décriés de la scène politique française, toutes tendances confondues”, écrivait il y a un an dans sa chronique Christian Rioux, correspondant du journal Le Devoir en France (publiée dans l’édition du Devoir du 14 juillet 2006).

Il est vrai que le très controversé Dieudonné est depuis quelques années l’un des humoristes francophones favoris des médias et du public québécois. Ses spectacles au Québec sont présentés à guichets fermés.

Dieudonné sera la semaine prochaine de retour au Québec, invité par les organisateurs de l’édition 2007 du Grand Rire. Il présentera son nouveau spectacle, Best-of, des sketches qui ont marqué ses dix ans de carrière en solo, à Montréal les 20, 21 et 22 juin, au National, à Québec le 30 juin, au Théâtre Impérial, et à Gatineau les 6 et 7 juillet. Il animera aussi, le 28 juin à Québec, le Grand Gala “Humour du monde” du Grand Rire.

L’été dernier, Dieudonné a présenté au Québec Dépôt de Bilan, un spectacle truffé de blagues antisémites.

“Dans son nouveau spectacle, le comique fait ses adieux à l’humour avec des blagues clairement antisémites. On peut rire de tout mais plus avec Dieudonné”, écrivait le critique de l’hebdomadaire français Le Canard enchaîné, un périodique qu’on peut difficilement suspecter de sympathies prosionistes (édition du Canard enchaîné du 17 mai 2006, p.7).

Dans Dépôt de Bilan, Dieudonné fustige des personnalités juives françaises en les dépeignant comme des êtres cupides et malhonnêtes.

“Vous connaissez l’histoire de Bernard-Henri Lévy qui va au marché acheter des patates? Comme le kilo est à 1,30 euro, le philosophe milliardaire marchande et proteste: “Avec 6 millions de morts vous pourriez me faire un prix quand même!””, raconte l’humoriste. Il s’en prend ensuite au présentateur Arthur, qu’il qualifie aussi de “milliardaire”, puis à l’humoriste sépharade Michel Boujenah, à Roger Cukierman, ex-président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (C.R.I.F.)…

Sylvain Parent-Bédard, président du Grand Rire, tient à rassurer la Communauté juive québécoise.

“Le Grand Rire a assisté en France aux différents spectacles de Dieudonné, et particulièrement au Best-of qu’il présentera au Québec à la fin juin. C’est un spectacle très respectueux envers différentes Communautés. Nous avons aussi convenu avec Dieudonné des numéros qu’il présentera à Québec dans le cadre de l’animation d’un Gala organisé par le Grand Rire, qui accueillera des artistes de nombreux pays. Le spectacle que Dieudonné présentera au public québécois n’appellera pas du tout à la haine ni à l’antisémitisme. C’est clair que s’il y avait une possibilité que cela se produise, nous ne présenterions pas ce spectacle. Nous respectons la Communauté juive et toutes les religions. Par contre, nous croyons aussi à la possibilité de diffuser l’art de différents artistes. Que chacun puisse se faire sa propre opinion. Dieudonné est un humoriste très politisé qui a ses opinions et ses idées. On veut donner au public québécois l’occasion de se faire sa propre opinion sur cet artiste”, nous a dit en entrevue Sylvain Parent-Bédard.

Dans toutes les entrevues qu’il a accordées aux médias québécois lors de la tournée de promotion de son nouveau spectacle, Dieudonné a déclaré qu’il n’a jamais été condamné par la justice française pour antisémitisme et haine raciale, affirmant même qu’il a gagné haut la main tous les procès qu’on lui a intentés.

“La preuve, c’est que malgré les 23 procès que j’ai subis, je n’ai jamais eu de condamnation. Mon casier judiciaire est vierge. Et puis, si je suis antisémite, expliquez-moi comment il se fait que je suis soutenu par un groupe de Rabbins juifs”, affirmait-il dans une entrevue qu’il a accordée à la journaliste de La Presse Nathalie Petrowski (publiée dans l’édition de La Presse du 19 mai, p. 20 du Cahier “Arts et spectacles”). Après vérification faite par Nathalie Petrowski, les Rabbins qui l’appuient sont membres du mouvement farouchement antisioniste Neturei Karta.

La réalité est tout autre. Dieudonné a bel et bien été condamné par la Justice française, deux fois en 2006, rappelle Marc Knobel, attaché de recherche au Centre Simon Wiesenthal et membre du Comité directeur de la Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme (L.I.C.R.A.) et du C.R.I.F.

Le 10 mars 2006, la 17e Chambre du Tribunal correctionnel de Paris a condamné l’humoriste à 5000 euros d’amende pour des propos antisémites comparant les “Juifs” à des “négriers” dans une interview au Journal du Dimanche publiée en février 2004. Dieudonné a été reconnu coupable d’“incitation à la haine raciale”. Le parquet a demandé sa condamnation estimant qu’il avait eu recours à “un cliché antisémite”. Il a dû verser un euro symbolique de dommages et intérêts à la L.I.C.R.A., à l’Union des Étudiants Juifs de France (U.E.J.F.), au Consistoire israélite de France, à Avocats sans frontières et à SOS Racisme, associations parties civiles. L’humoriste a fait appel de cette condamnation. La décision pour cet appel sera rendue le 11 octobre prochain.

Le 13 juin 2006, Dieudonné a été condamné par la 17e Chambre du Tribunal correctionnel de Paris à 3000 euros d’amende pour avoir notamment déclaré que l’animateur et humoriste Arthur finançait l’armée israélienne “qui n’hésite pas à tuer des enfants palestiniens”. Le Tribunal a également condamné l’humoriste à payer à Arthur 1500 euros de dommages-intérêts et 3000 euros au titre des frais de justice. Dans un article du journal Le Monde daté du 8 janvier 2004, Dieudonné avait déclaré: “Il faut savoir qu’Arthur avec sa société de production finance de manière très active l’armée israélienne, qui n’hésite pas à tuer des enfants palestiniens”. Le Tribunal a considéré que la phrase incriminée devait être raccrochée au contexte du reste de l’interview dans laquelle Dieudonné évoquait l’action d’un puissant lobby juif à la tête des médias français qui risquait de lui fermer les portes des plateaux de télévision. Le procès en appel opposant Dieudonné à Arthur a été renvoyé au 19 septembre prochain.

“Avant de l’interviewer, les journalistes québécois devraient s’informer en jetant un coup d’oeil aux annales judiciaires françaises. Dieudonné se moque d’eux. Dans les deux affaires judiciaires mentionnées tantôt, il a fait appel. S’il perd en appel, il aura un dernier recours: la Cour de cassation. Mais il a été condamné à deux reprises en première instance. Force est de rappeler que Dieudonné est devenu un familier des prétoires. Par ailleurs, pendant la campagne présidentielle française il a apporté son soutien aux dirigeants du Front National, dont la rhétorique raciste et antisémite n’est plus à démontrer”, précise Marc Knobel, que nous avons joint au C.R.I.F. à Paris.

Le 31 mai dernier, lors d’une conférence de presse commune, Dieudonné et Kémi Seba, le chef du groupuscule antisémite et raciste la Tribu Ka, ont dénoncé le “système judiciaire injuste” que, selon eux, veut instaurer le nouveau président français, Nicolas Sarkozy. “Quand un Rabbin trébuche dans le métro, c’est un attentat antisémite. Quand je me fais agresser parce que je soutiens Kémi Seba, on m’accuse d’être l’agresseur”, a déclaré Dieudonné (cité dans le journal Libération du 1er juin 2007).

La dernière perle de Dieudonné: dans une entrevue accordée au journal algérien El Watan (édition du 4 juin 2007), il a déclaré au sujet des médias français: “Il y a des médias qui font leur travail, mais la plupart sont des entreprises privées avec des chefs d’entreprise. Je citerais l’exemple du journal Libération, qui a été racheté par le Baron de Rothschild et qui divulgue à la fois les infos qui l’intéressent et qui servent les projets de sa formation religieuse avec une haine particulière envers les Noirs et les Maghrébins. Il a le droit de le faire dans une démocratie, moi je suis pour la liberté d’expression.”

Avant d’inviter de nouveau Dieudonné au Québec, les organisateurs du Grand Rire ont-ils pris en considération les deux condamnations judiciaires dont l’humoriste a écopé l’année dernière en France?

“Il y a plusieurs positions en ce qui a trait à cette condamnation. Certains disent que ce n’est pas une condamnation parce que le Tribunal qui a prononcé ce verdict contre Dieudonné n’a pas le pouvoir nécessaire pour le condamner”, nous a répondu Sylvain Parent-Bédard.

Jeffrey Boro, président sortant du Congrès Juif Canadien, Région du Québec, est très étonné qu’avec un tel casier judiciaire Dieudonné puisse entrer au Canada.

“Comment se fait-il qu’il peut venir aussi facilement au Canada alors qu’il a été condamné pour antisémitisme et incitation à la haine raciale? Il est allé en appel, mais il n’a pas encore gagné. Une condamnation judiciaire, en première ou en deuxième instance, c’est une condamnation qu’on ne peut pas ignorer. Le gouvernement canadien a-t-il décidé de faire une exception? Probablement que Dieudonné lui cache ses condamnations judiciaires. Mais, tôt ou tard, les autorités de l’immigration canadienne seront au courant de ses démêlés avec la Justice française. Le laisser entrer au Canada, ce serait regrettable”, nous a dit en entrevue cet avocat de profession.

Le Congrès Juif Canadien, Région du Québec scrutera rigoureusement les propos que l’humoriste tiendra dans le spectacle qu’il présentera au Québec et lors de ses apparitions publiques.

“Dans le passé, Dieudonné a tenu des propos racistes et antisémites que nous ne pouvions tolérer. Nous ne les tolérerons pas cette fois-ci non plus. Nous allons suivre ce dossier de très près”, ajoute Jeffrey Boro.

Plusieurs organismes gouvernementaux fédéraux et provinciaux subventionnent le Festival du Grand Rire.

“Je suis sûr que les partenaires gouvernementaux de ce Festival du Rire ne sont pas au courant du passé de Dieudonné. Il leur a sûrement caché aussi ses condamnations récentes par la Justice française”, croit Jeffrey Boro.
© Canadian Jewish News

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«LES BLANCS PRÉFÉRAIENT MOURIR PLUTÔT QUE DE VENIR HABITER ICI» (Canada)

Par Nicolas Bérubé, La Presse, Jena, Louisiane

10/06/2007 - Le quartier des Noirs n'est pas simple à trouver à Jena. Aucun panneau ne l'indique. Il n'est pas sur les cartes. On peut arriver en ville, faire le plein au Citgo, manger un hamburger cajun dans un resto éclairé au néon et reprendre la route sans savoir que, au-delà des grands cyprès et des piles de bois de la scierie, se trouve un endroit où les Blancs ne vont pas.

Assise sur une chaise de plastique devant sa maison mobile, Caseptla Bailey explique que le quartier où elle habite s'appelle «Ward 10».

«Les Blancs préféraient mourir plutôt que de venir habiter ici», dit-elle en riant.

Ward 10 est un quartier de maisons mobiles, de voitures défoncées, de terrains en terre battue. Des enfants jouent pieds nus près des saules pleureurs qui penchent au-dessus des clôtures rouillées. Ici, tout le monde se connaît. La voisine est aussi la cousine. Quand le soleil tombe, les chaises de plastique apparaissent et les voisins prennent une bière devant la maison de Mme Bailey.

«Officiellement, nous sommes à l'extérieur de la ville de Jena. Et quand un Noir déménage un peu plus loin, la Ville change les limites pour que sa propriété fasse partie de Ward 10. C'est comme ça depuis toujours. Ils ne nous veulent pas dans leurs pattes.»

Malgré son expérience dans la U.S. Air Force et un diplôme universitaire en gestion, Mme Bailey n'a jamais réussi à décrocher un poste de caissière dans une des banques locales. «Il y a cinq banques, et aucun Noir n'y travaille. Et il n'y a que quatre professeurs noirs dans toute la région. Ici, les Noirs sont bons pour travailler au McDonald's, c'est tout.»

À quelques milles de là se trouve le quartier des Blancs. Les maisons de classe moyenne bien entretenues sont alignées à perte de vue. Un seul Noir, un professeur, habite le quartier. Au départ, l'agent immobilier lui disait qu'aucune propriété ne convenait à ses besoins. Il a finalement acheté une maison à vendre en se présentant sur place et en offrant au propriétaire de payer comptant. Depuis, aucun voisin ne lui adresse la parole.

Selon un élève blanc de l'école secondaire de Jena, qui veut rester anonyme, les jeunes ont compris le message. «Le racisme fait partie de notre vie depuis qu'on est nés, dit-il. Ce n'est pas tout le monde qui est raciste, mais beaucoup le sont. Bien des élèves blancs ne parlent jamais aux Noirs. S'ils le font, ils sont certains de se faire taper dessus ensuite par leurs amis.»

Il y a 16 ans à peine, la majorité des électeurs de la ville ont appuyé David Duke, un ancien leader du Ku Klux Klan, dans sa candidature (infructueuse) au poste de gouverneur de la Louisiane.

Leon Graham, un Blanc qui est candidat comme shérif du comté aux prochaines élections, déplore que les Noirs aient toujours été moins bien traités dans la région. «Je ne sais pas si le problème de racisme est aussi présent dans les autres villes du Sud. À Jena, c'est particulier, car les Noirs forment une minorité (NDLR: 15% de la population). Pour plusieurs personnes, c'est plus facile de faire comme s'ils n'existaient pas.»
© CyberPresse

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LES MARIAGES MIXTES FLEURISSENT AUX ÉTATS-UNIS, 40 ANS APRÈS LEUR LÉGALISATION

12/06/2007 - Barack Obama, charismatique prétendant démocrate à la Maison Blanche, Tiger Woods, meilleur golfeur du monde ou encore Derek Jeter, capitaine des Yankees, fameuse équipe de baseball de New York, n'ont pas que la célébrité en commun. Ils sont tous issus de mariages mixtes.
Il y a 40 ans, le 12 juin 1967, la Cour suprême des États-Unis cassait la législation de l'État de Virginie interdisant les unions entre Blancs et personnes de couleur. Des interdictions similaires dans 15 autres États américains en étaient également annulées.

L'arrêt Loving vs. Virginie a marqué un tournant dans l'histoire des mariages interraciaux aux États-Unis. Le nombre des unions entre Noirs et Blancs est ainsi passé de 65 000 en 1970 à 422 000 en 2005, selon le recensement.

D'après Michael Rosenfeld, sociologue à l'université de Stanford, en 2005, plus de 7 % des 59 millions de couples mariés en 2005 étaient des couples interraciaux, contre moins de 2 % en 1970. Environ 6,8 millions d'Américains, soit 2,4 % de la population, se déclarent issus de plus d'une catégorie raciale depuis 2000 que le recensement le leur permet. «Nous voyons les vieilles lignes (de séparation de la société) se brouiller, ce qui est forcément une bonne chose, car elles étaient artificielles dès le départ», note Michael Rosenfeld.

En 1967, les frontières étaient encore bien nettes. La comédie Devine qui vient dîner ce soir, dans laquelle Sidney Poitiers incarne un jeune Noir demandant la main d'une Blanche, paraissait révolutionnaire. Et pourtant cette année-là, la Cour suprême statuait que l'État de Virginie n'avait pas le droit d'ériger en crime le mariage de Richard Loving, un Blanc, et Mildred, une Noire, célébré neuf ans plus tôt dans un autre État.

Ils s'étaient connus à Central Point, petite commune de Virginie où Noirs et Blancs se mêlaient depuis longtemps, travaillant ensemble dans les fermes. Un jour, Mildred, âgée de 18 ans, est tombée enceinte. Ils ont roulé jusqu'à Washington, à 130 km de là, pour se marier, avant de revenir dans leur ville. «Je pensais que si nous étions mariés, ils ne pourraient plus s'en prendre à nous», a confié récemment à l'Associated Press, aujourd'hui âgée de 67 ans, et veuve depuis 1975.

Un mois plus tard, ils se retrouvaient en prison pour violation de l'interdiction des unions mixtes. Obligé de quitter l'État sous peine de devoir passer un an derrière les barreaux, le couple est allé jusqu'à la Cour suprême, qui a donné tort à la Virginie et les a fait entrer dans l'histoire.

Reste qu'en 2001, quand l'Alabama est devenu le dernier État américain à retirer l'interdiction des mariages interraciaux de sa Constitution, 40 % des électeurs ont voté contre.

Kim et Al Stamps tiennent un restaurant à Jackson, dans le Mississippi, l'État américain qui possède le plus faible taux (0,7 %), d'habitants multiraciaux. Leurs deux enfants de 12 et 10 ans sont scolarisés à domicile, explique Kim, car les écoles de la ville ne sont pas du tout mélangées. «Se faire des amis a été vraiment, vraiment difficile», confie Kim, qui a aussi eu des problèmes avec sa belle-famille noire.

Pour d'autres, les choses se sont passées plus facilement. Major Cox et sa femme Margaret Meier vivent depuis plus de 20 ans à Smut Eye, dans l'Alabama, entourés d'un large cercle d'amis. Et sans rencontrer une hostilité raciste : «Je ne la sens pas, je ne la voix pas», assure Major Cox, un Afro-américain de 66 ans. Son épouse Margaret lit un peu de désapprobation dans certains regards, «mais le racisme flagrant, frontal, est assez rare aujourd'hui», dit-elle.

Aujourd'hui encore, il reste des tendances en fonction des sexes : on voit deux fois plus d'hommes noirs épouser des femmes blanches que l'inverse, et trois quarts des mariages entre Blancs et Asiatiques concernent un Blanc et une Asiatique.

Kelley Kenney, noire, professeure à l'université Kutztown de Pennsylvanie, est pourtant mariée depuis 1988 à un universitaire blanc d'origine italo-irlandaise. Elle se rappelle des moments de tensions en 1993 à son arrivée à Kutztown. Quelqu'un avait fracassé leur pare-brise et déposé des briques de lait chocolaté sur leur pelouse. Mais «ç'a été très fort de voir la communauté se rassembler autour de nous».

Conséquence sans doute des difficultés persistantes, selon le centre national de statistiques sanitaires, les risques de rupture dans les dix premières années sont de 41 % pour les couples interraciaux contre 31 % pour les autres.
© Info690

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RACISME EN LOUSIANE: L'ODEUR DE L'INJUSTICE (Etats-Unis)

Les vieux démons du racisme refont surface en Louisiane. Six adolescents noirs d'une petite ville se retrouveront bientôt devant le tribunal. Leur crime: s'être battus avec un blanc dans la cour d'école. Ils risquent la prison à vie. Tout cela a commencé à l'ombre d'un arbre... Par Nicolas Berubé, La Presse, Jena, Louisiane

10/06/2007 - Dans la cour de l'école secondaire de la petite ville de Jena, au centre de la Louisiane, pousse un grand chêne. Son tronc est compact et ses branches s'étendent vers l'horizon. Cela donne à l'arbre l'aspect d'un parasol, et c'est exactement ce à quoi il sert durant les récréations. Le chêne est le meilleur endroit où s'asseoir, et il est réservé aux élèves blancs.

Les Noirs s'assoient où ils veulent, pourvu qu'ils s'assoient ailleurs.

Cette tradition tacite, qui date de plusieurs années, a été remise en question l'été dernier. Un élève noir a levé la main durant une assemblée et a demandé si ses amis et lui pouvaient aller sous l'arbre eux aussi.

«Tous les élèves ont le droit de s'asseoir où ils veulent», a répondu le directeur.

Le lendemain matin, trois cordes avec des noeuds de pendus étaient accrochées aux branches de l'arbre. Deux des cordes étaient noires, la troisième était dorée - les couleurs officielles de l'école.

Pour les Noirs de Jena, une petite ville de 3000 habitants dont 85% sont blancs, cette image a réveillé de vieux démons. «Des cordes accrochées aux arbres, ça évoque le KKK, les lynchages, ce genre de choses, explique Caseptla Bailey, mère d'un adolescent qui fréquente l'école. Quand j'ai appris ça, je me suis dit: Mon Dieu, sommes-nous bien au XXIe siècle?»

Selon la direction, les noeuds n'étaient pas une provocation raciste, mais bien une blague de mauvais goût. Trois jeunes Blancs ont été désignés comme les responsables de l'affaire. Ils ont reçu une suspension de trois jours.

Quelques jours après la découverte des noeuds, des élèves noirs ont tenu une manifestation spontanée sous l'arbre. Cet après-midi-là, une assemblée a été convoquée à l'école par le procureur du district, Reed Walters. Des officiers de police à ses côtés, il a averti les élèves que tout incident lié à cette histoire allait être considéré comme un acte criminel. «Je peux anéantir vos vies d'un coup de crayon», a-t-il averti.

L'épisode des noeuds aurait pu en rester là. Or, l'incident a exacerbé les tensions raciales, qui n'ont jamais complètement disparu dans cette petite ville isolée qui vit principalement du déchiquetage du bois de pin. Depuis, la violence entre les Noirs et les Blancs est revenue au grand jour, et les affrontements ont été tels que six élèves ont été accusés de tentative de meurtre. Leur procès doit débuter à la fin du mois.

L'escaladade
Dans les jours qui ont suivi l'attroupement spontané, des officiers de police ont patrouillé les corridors de l'école. Lors d'une assemblée, la direction a refusé que le sujet des "noeuds" soit abordé, comme le voulaient les parents d'élèves noirs qui s'étaient déplacés pour l'occasion.

Puis, un jeudi soir, le 30 novembre 2006, un voisin a vu des flammes s'échapper d'une fenêtre de l'école secondaire, un établissement de deux étages situé près d'un bois. Le feu s'est propagé, et une aile de l'école a été lourdement endommagée. Les pompiers affirment qu'il s'agit d'un incendie criminel.

«C'était bizarre, explique Keith Windham, un élève de l'école. Personne ne pensait que ça allait en arriver là. Je pense que tout le monde était sous le choc.»

Le week-end suivant restera gravé dans la mémoire des habitants de Jena comme le plus tendu de l'histoire récente de la ville.

Le vendredi soir, Robert Bailey, un élève noir, s'est présenté dans une foire communautaire fréquentée par des Blancs. Il s'est fait frapper au visage, puis lancer des bouteilles de bière. L'instigateur a été arrêté et accusé de voies de fait.

Le lendemain samedi, un des jeunes impliqués dans la bataille à la foire s'est emparé d'une carabine chargée dans son pick-up et l'a pointée vers des élèves noirs qui sortaient du Gotta-Go, un dépanneur local. Les jeunes ont dû lutter pour lui ôter l'arme des mains. L'incident a pris fin quand les jeunes sont partis avec le fusil.

Des professeurs ont demandé à la direction d'annuler les cours le lundi, le temps que les esprits se calment. Leur demande a été rejetée.

Le lundi midi, un élève blanc, Justin Barker, a commencé à se battre avec un élève noir dans la cour d'école. Rapidement, d'autres Noirs ont sauté dans la mêlée. Ils ont donné des coups de poing et des coups de pied. Après la bataille, Barker s'est rendu à l'hôpital. Il en est ressorti moins d'une heure après et, le soir même, il a été aperçu en train de faire la fête en ville.

Les six élèves, eux, ont été arrêtés sur place. Ils ont été accusés de voies de fait, mais le procureur Reed Walters a retiré les accusations pour en déposer de plus graves: tentative de meurtre au deuxième degré et complot pour commettre un meurtre. Cela pourrait leur valoir la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle.

Caseptla Bailey, mère de Robert Bailey, l'un des six élèves accusés, a hypothéqué sa maison mobile pour payer la caution de son fils, qui s'élevait à 90 000$. Son fils vient de passer quatre mois en prison, le temps que sa mère trouve l'argent.

«Ce qui se passe est ridicule, dit-elle. D'un côté, les élèves blancs s'en sortent avec une tape sur les doigts. De l'autre côté, les élèves noirs sont accusés de tentative de meurtre, comme s'ils faisaient partie de la mafia ou du crime organisé. C'est difficile à avaler. Et je ne fais pas confiance au jury, qui risque d'être composé de 12 Blancs.»

Le maire de Jena, Murphy McMillan, n'accorde plus d'entrevue aux médias. Le mois dernier, il a soutenu qu'il n'y a pas de problème de racisme dans sa ville. «Jena est un endroit qui progresse dans la bonne direction. La couleur des habitants ne joue pas vraiment un grand rôle dans la vie quotidienne», a-t-il dit. Le procureur Reed Walters n'a pas rappelé La Presse.

Même si les officiels ne parlent pas, les médias commencent à s'intéresser à l'affaire des «Jena six». Le mois dernier, la BBC est venue tourner un reportage ici. Cette semaine, une équipe de CNN a interviewé différentes personnes impliquées. «Ils ont dit que le reportage sortirait la semaine prochaine, explique Mme Bailey. J'ai hâte que les gens soient au courant. Il faut que la population sache ce qui se passe ici. C'est la seule façon d'avancer vers une solution.»

King Downing, coordonnateur national de l'American Civil Liberties Union (ACLU), s'est rendu sur place récemment pour rencontrer les jeunes accusés, dont le procès doit commencer le 25 juin.

«Il y a une drôle d'odeur dans l'air à Jena, a-t-il dit. Nous ne l'avons pas encore complètement identifiée, mais nous voulons nous assurer qu'il ne s'agit pas de l'odeur de l'injustice.»

Le racisme fait partie de notre vie depuis qu'on est nés, dit un élève blanc. Bien des élèves blancs ne parlent jamais aux Noirs. S'ils le font, ils sont certains de se faire taper dessus ensuite par leurs amis.
© CyberPresse

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"NOUS SOMMES DÉJÀ MORTS" : AVRAHAM BURG ATTAQUE L'ETAT JUIF, "GHETTO SIONISTE" (Israel)

09/06/2007 - Avoir défini l'Etat d'Israël comme un Etat juif est la clef de sa perte. Un Etat juif, c'est explosif, c'est de la dynamite." Ces propos sont ceux de l'ex-président de la Knesset de 1999 à 2003 et ex-président de l'agence juive, Avraham Burg.

M. Burg n'a jamais mâché ses mots, mais, dans un entretien publié vendredi 8 juin dans le quotidien Haaretz, ce politicien reconverti dans les affaires va jusqu'à qualifier Israël, pays qu'il a quitté pour vivre en France, de "ghetto sioniste". Il considère qu'il est temps de dénoncer la théorie de Théodor Herzl, estimant qu'après la création d'Israël, le sionisme aurait dû être aboli. Lorsqu'on lui demande ce qu'il pense d'un Etat juif démocratique, il indique : "C'est confortable, c'est sympa, c'est de la guimauve, c'est rétro. Cela donne un sentiment de plénitude, mais c'est de la nitroglycérine."

Auteur d'un livre, Vaincre Hitler, cet ex-pilier du mouvement pacifiste La Paix maintenant envisage de remettre en cause la loi du retour qui permet à tout juif de venir vivre en Israël. Il estime que cette loi est "le miroir de l'image d'Hitler" et "je ne veux pas qu'Hitler définisse mon identité".

Ce militant du dialogue avec les Palestiniens qualifie la société israélienne de "paranoïaque", pense que "la clôture de séparation procède de cette paranoïa" et s'insurge contre "la xénophobie". Il constate que "de nombreuses lignes rouges ont été franchies au cours des dernières années". Il y a, selon lui, "de bonnes chances que la prochaine Knesset interdise les relations sexuelles avec les Arabes. Nous sommes déjà morts mais nous ne le savons pas encore. Tout cela ne marche plus".

M. Burg compare l'état de la société israélienne à l'encontre des Arabes à celui de l'Allemagne lors de la montée du nazisme, mettant en avant "le caractère central du militarisme dans notre identité. La place des officiers de réserve dans la société. Le nombre d'Israéliens armés dans les rues. Où va cet essaim de gens armés ? Ils disent publiquement "les Arabes dehors !"".

Se définissant comme un citoyen du monde, il qualifie l'occupation de la Cisjordanie "d'Anschluss" et prédit "une explosion sans fin". Et de conclure : "La réalité israélienne n'est pas excitante, mais les gens ne veulent pas l'admettre. Nous sommes au pied du mur. Demandez à vos amis s'ils sont sûrs que leurs enfants vont vivre ici. Au maximum, 50 % diront oui. Autrement dit, l'élite israélienne est déjà partie, et sans élite, il n'y a pas de nation."

Michel Bôle-Richard
© Le Monde

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DIX MILLE PERSONNES À LA GAY PRIDE DE TEL-AVIV (Israel)

08/06/2007 - Quelque 10.000 personnes ont participé vendredi à Tel-Aviv à la parade bigarrée annuelle d'homosexuels dans une atmosphère de kermesse, selon un photographe de l'AFP sur place.

Les quelque dix mille participants, selon une estimation de la police, ont marché du centre-ville de la métropole israélienne vers l'une des plages du front de mer où ils se sont rassemblés pour danser au son d'une musique techno.

Diverses formations musicales en vogue et des stars locales de la chanson ont été invitées pour cette Gay Pride, un événement annuel organisé depuis 1998 par la municipalité de Tel-Aviv.

"La manifestation se déroule sans incident", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police Micky Rosenfeld.

Une poignée de militants de l'extrême-droite nationaliste et religieuse, cantonnés derrière des barrières par la police ont cependant abreuvé d'injures au passage du cortège les participants de la Gay Pride. "Dieu hait la débauche", pouvait-on lire sur des affiches qu'ils brandissaient.

Le Parlement israélien a adopté mercredi en lecture préliminaire un projet de loi visant à interdire la Gay Pride à Jérusalem annoncée pour le 21 juin en dépit de l'opposition des milieux ultra-orthodoxes juifs de la ville.

Cette loi qui doit être votée en trois lectures successives par la Chambre pour entrer en vigueur accorderait à la municipalité de Jérusalem, et non à la police comme c'est aujourd'hui le cas, le pouvoir de décision sur l'organisation de manifestations de ce type.

Elle autoriserait le conseil municipal de Jérusalem à "interdire des manifestations susceptibles de porter atteinte à l'ordre public ou aux moeurs et croyances religieuses".

Le maire de Jérusalem, Ouri Loupoliansky, un juif religieux orthodoxe, s'appuie sur une coalition d'édiles religieux.

La dernière Gay Pride, prévue en 2006 dans les rues de Jérusalem, avait été annulée en raison des violentes manifestations des milieux ultra-orthodoxes juifs qui s'insurgeaient contre la profanation, selon eux, du caractère sacré de la ville par cette manifestation.

En 2005, lors du quatrième défilé gay à Jérusalem, un juif ultra-orthodoxe avait poignardé trois participants et avait été condamné à 12 ans de prison ferme.

Malgré l'hostilité suscitée par les homosexuels des deux sexes dans les cercles religieux en Israël, l'homosexualité a été légalisée en 1988 et les droits des couples "gays" sont depuis lors de plus en plus reconnus par les tribunaux.
© Romandie

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Les titres de l'actualité du 8 Juin, 2007

MEURTRE D'ILAN : FOFANA RESPONSABLE DE SES ACTES (France)

Le chef du gang des Barbares accusé d'avoir torturé à mort un jeune juif, sera donc jugé aux assises. Depuis qu'il est en prison, son antisémitisme semble devenu obsessionnel et il multiplie les appels aux "jihadistes" pour qu'ils détruisent Israël.

07/06/2007 - Ilan Halimi, jeune vendeur juif dans un magasin de téléphonie à Paris, avait été découvert le 13 février 2006 au matin, nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures, agonisant à proximité de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois, dans la grande banlieue parisienne. Il était décédé peu après. Son calvaire et sa mort au bout de trois semaines de captivité avaient soulevé l'indignation dans toute la France et donné le signal d'une chasse à l'homme pour retrouver ses ravisseurs, autoproclamés "gang des Barbares", qui avait conduit les enquêteurs jusqu'en Côte d'Ivoire.

Depuis son retour en France, le meneur des "Barbares", Youssouf Fofana, a peu varié dans ses déclarations face aux juges Corinne Goetzmann et Baudoin Thouvenot. Il est poursuivi pour enlèvement et assassinat, avec les circonstances aggravantes de crime raciste, d'actes de torture ou de barbarie, avec demande de rançon et en bande organisée. Il a aussi été mis en examen pour au moins sept autres tentatives d'enlèvement et est également poursuivi pour des menaces de mort sur la petite amie d'Ilan Halimi. La plupart de ses victimes faisaient partie de la communauté juive. S'il a toujours cherché, maladroitement, à évacuer la dimension antisémite de son crime (il affirmait avoir "enlevé un Juif" pour obtenir une rançon car "les Juifs ont de l'argent"), les experts qui l'ont examiné ont des conclusions bien différentes. Elles ont été révélées jeudi par Le Parisien.

Fofana, "moudjahidin" autoproclamé
Concernant tout d'abord la question primordiale à laquelle devaient répondre les psychiatres Michel Dubec et Franz Prosper, à savoir celle de la responsabilité pénale de Youssouf Fofana, leur conclusion est claire : "S'il s'est rendu coupable des faits incriminés, on ne peut évoquer aucun trouble d'ordre psychique ou neuropsychique qui, à aucun moment du déroulement de ces faits, aurait altéré son discernement". Le meneur des "Barbares" étant donc "accessible à la sanction pénale", il devrait logiquement comparaître avec ses complices devant une cour d'assises.

Concernant l'aspect antisémite du crime, les experts dressent aussi le portrait d'un accusé "inquiet de nos accointances ou liens de subordination avec la communauté juive qui, dit-il, souhaiterait le tuer". Un accusé qui prend aussi de plus en plus une posture islamisante, se définissant comme un "moudjahidin" et appelant les "jihadistes" à détruire Israël. En somme, son antisémitisme semble devenu obsessionnel. Un proche du dossier soupçonne néanmoins que cette attitude pourrait n'être "peut-être qu'une simulation visant à atténuer sa propre responsabilité pénale".

Dernier aspect de la psychologie de Fofana : lors de ses entretiens avec les experts psychiatres, il s'est montré tantôt hostile, tantôt détendu, mais avec toujours la même attitude générale, définie par Michel Dubec et Franz Prosper comme une "volonté de maîtrise sur la situation d'examen". Une "position critique" qui pourrait bien se résumer à un "Je vous emmerde tous", concluent les experts, qui voient dans cette volonté de provocation permanente un "mauvais pronostic quant aux possibilités de réinsertion du sujet".
© TF1 LCI

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LE PRÉFET INTERDIT L’HOMMAGE AUX EX-OAS (France)

07/06/2007 - Révoltés. Depuis 2003, date à laquelle une stèle dédiée "Aux fusillés, aux combattants tombés pour que vive l'Algérie française", autrement dit aux anciens de l’OAS, a été installée au cimetière du Haut-Vernet, ils n’ont eu de cesse de clamer leur colère.

Ils, ce sont tous les membres des diverses associations, locales, régionales ou nationales, qui s’opposent à cette "stèle de la honte". Le Mouvement pour la Paix, le MRAP, Survie, Ras L’Front, la Ligue des Droits de l’Homme, l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS… 36 associations en tout dont les représentants se rassemblent chaque année pour une contre-manifestation du 7juin. Et cette année ne fera pas exception à la règle. A moins que…

"Tout rassemblement aux abords du cimetière du Haut-Vernet est interdit à Perpignan ce 7juin". C’est écrit noir sur blanc sur l’arrêté pris hier par la préfecture de Perpignan, qui évoque un "risque sérieux et grave de trouble à l’ordre public", au vu des sensibilités locales et de la proximité du scrutin législatif. Un pas en avant pour certains, mais une régression pour d’autres. Pour Jean-François Gavoury, président de l’ANPROMEVO, notamment: la cérémonie du 7juin organisée par l’ADIMAD-OAS honore Albert Dovecar et Claude Piegts, ceux-là mêmes qui ont participé à l’assassinat de son père, Roger Gavoury, alors commissaire central d’Alger. "Nous sommes frappés d’incapacité d’aller à la rencontre des bourreaux pour leur crier notre colère. Perpignan, avec cette manifestation et le projet d’un Mur des disparus adossé au centre de la France coloniale, est devenue le centre du Cercle et du révisionnisme à dimension monumentale!"

Pour Jean-François Gavoury, comme pour les autres membres présents hier lors de la réunion de préparation, le combat sera encore long. "En attendant, nous irons vérifier sur place que personne ne rentre".

B. G.
© Le Midi Libre

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DES ONG DÉNONCENT L’HOMMAGE RENDU AUX CRIMINELS DE L’OAS (France)

07/06/2007 - L’hommage à Perpignan « aux criminels de l’OAS est inadmissible et dangereux », ont souligné, hier à Paris, des représentants d’ONG françaises qui luttent contre « l’idéologie des revanchards ».

Un groupe de nostalgiques de la période coloniale envisage de rendre hommage à des membres de l’organisation terroriste OAS de triste mémoire, lors d’un rassemblement prévu aujourd’hui à Perpignan, dans le sud de la France. Un collectif d’associations, dont la Ligue française des droits de l’homme (LDH) et le Mouvement pour l’amitié entre les peuples et contre le racisme (MRAP), a appelé à une contre-manifestation le même jour à Perpignan « pour refuser qu’une telle cérémonie puisse se dérouler dans un espace public » où une stèle à la gloire des criminels est érigée.

« Parce que ce monument peut apparaître comme une apologie de ces crimes, contraire à l’esprit de paix, de fraternité et de réconciliation nécessaire pour que vivent ensemble les personnes issues de familles qui ont subi le drame algérien », la LDH a adressé aux autorités locales et régionales une lettre de contestation. « Ce genre de manifestations à la gloire d’individus qui ont commis des crimes contre l’humanité en Algérie et en France est inadmissible et dangereux non seulement pour le devoir de mémoire mais aussi pour les valeurs de la République », a déclaré, à l’APS, l’historien Gilles Manceron, vice-président de la LDH. Il a dénoncé le maire de Perpignan qui « n’a pas pris ses distances » par rapport à ce rassemblement « que nous contestons pour son caractère colonial et arrogant ».

L’historien s’est indigné « de l’impunité » dont bénéficient les tenants de cette « idéologie d’un autre temps », mais qui revient régulièrement sur la scène publique pour « alimenter leur lobbying politique » à des fins électorales ou pour des privilèges personnels. Parmi ces privilèges, le mouvement associatif a dénoncé l’article 13 de la loi jugée « inique et scélérate » du 23 février 2005 dont l’article 4 faisait l’apologie du colonialisme. L’article 13 a prévu l’indemnisation des criminels de l’OAS qui étaient en exil (entre 1962 et la loi française d’amnistie du 31 juillet 1968).
© El Watan

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NOUVEAU RENVOI DU PROCÈS LE PEN POUR NÉGATIONNISME (France)

Le procès intenté à Jean-Marie Le Pen pour "apologie de crimes de guerre" et "contestation de crimes contre l'humanité" a été renvoyé au 14 décembre par le tribunal correctionnel de Paris. Difficile en effet de faire venir au procès un président de parti en campagne...

06/06/2007 - Le procès de Jean-Marie Le Pen pour "apologie de crimes de guerre" et "contestation de crimes contre l'humanité", qui concerne des propos tenus sur la Seconde Guerre mondiale, a été renvoyé au 14 décembre pour cause d'élections législatives.

Le tribunal correctionnel de Paris a accepté les arguments des avocats du président du FN qui a dit être dans l'impossibilité de venir au tribunal en raison des 19 meetings électoraux qu'il tient pour les législatives.

Les parties civiles, Fils et filles des déportés juifs de France, Ligue des droits de l'homme, Mouvement contre le racisme et l'antisémitisme, la commune de Villeneuve d'Ascq, ne se sont pas opposés à ce renvoi qui est le deuxième.

Le président du Front national est poursuivi dans ce dossier sur deux fondements juridiques, l'"apologie de crimes de guerre" retenue par le parquet de Paris, la "contestation de crimes contre l'humanité", défendue par l'association des Fils et filles des déportés juifs de France.

Jean-Marie Le Pen avait estimé en janvier 2005, dans l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol, que l'occupation allemande de la France entre 1940 et 1944 n'avait "pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés".

Il racontait un épisode supposé où la Gestapo avait joué, selon lui, un rôle positif en empêchant un officier allemand de faire fusiller des civils en représailles d'un attentat.

"C'est la Gestapo de Lille, avertie par la SNCF, qui arriva aussitôt à deux voitures pour arrêter le massacre. On pourrait multiplier les anecdotes de ce type", disait Jean-Marie Le Pen.
© L'Express

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LE PAQUEBOT FRONTISTE TOUCHE LE FOND (France)

Siphonné par le vote Sarkozy à la présidentielle, le FN a perdu son pouvoir de nuisance. Par Christophe FORCARI

07/06/2007 - Fin d'une époque. La victoire de Nicolas Sarkozy pourrait sonner le glas du Front national et l'heure de la mise à la retraite pour son fondateur, Jean-Marie Le Pen. Malgré son échec à la présidentielle, où il n'a recueilli que 10,44 % des suffrages avec une perte de près d'un million de voix par rapport à 2002, et celui prévisible aux législatives, le président du FN n'a pas l'intention de passer la main : il compte bien se présenter à sa propre succession lors du prochain congrès de son parti prévu les 17 et 18 novembre à Bordeaux. «On ne quitte pas la barre du bateau en cas de gros temps», a répété mardi soir Le Pen sur France 2. Plus que jamais décidé à sombrer avec son navire. «Sarkozy a commencé par nous piquer nos idées puis ensuite nos électeurs. Il va continuer à nous tondre la laine sur le dos et nous risquons de ne jamais retrouver un espace politique important», s'inquiète un cadre du FN.

Pour Le Pen, la claque du 22 avril n'est qu'un revers et il parie déjà sur l'échec du chef de l'Etat pour se refaire une santé. «Il va décevoir très vite. Les gens ont cru faire une bonne affaire en votant pour lui. Ils vont déchanter», martèle de son côté la vice-présidente du FN, Marine Le Pen. Dans les cercles proches de l'extrême droite, certains réclament déjà «un congrès d'Epinay de la droite nationale» afin de réunir toutes les familles de cette mouvance et avec l'espoir surtout de mettre au rancart le chef «vieilli, usé et fatigué». Au sein du FN, Carl Lang, ancien secrétaire général du parti, s'y montre plutôt favorable. Marine Le Pen, elle, juge cette proposition «utopique». Elle risquerait de surcroît de l'empêcher de prendre la succession de son père, dans une maison délabrée.

Faillite idéologique
Le FN peine aujourd'hui à faire entendre sa petite musique, notamment sur l'immigration. La faute à Sarkozy. La mise en place d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale lui a coupé l'herbe sous le pied. Même Le Pen s'est vu obligé de reconnaître qu'il s'agissait d' «une bonne idée». Sa tentative de positionnement républicain amorcé en début de campagne, ses appels du pied aux électeurs issus de l'immigration, le lissage de ses thématiques fétiches (comme la lutte contre l'avortement, voire l'insécurité) pour essayer de se donner une image «consensuelle» ont contribué à désorienter les électeurs frontistes proches de la droite classique, qui ne percevaient plus de différence avec le projet de Sarkozy.

Débâcle électorale
Le FN se retrouve donc en position d'extrême faiblesse pour résister à la probable vague bleue. Ses élus locaux ne sont pas suffisamment nombreux pour faire contrepoids à la machine UMP. Le FN dispose de 7 députés européens, près de 160 conseillers régionaux et environ 500 conseillers municipaux. Difficile dans ces conditions de mailler le terrain. En 2002, le FN avait pu se maintenir en triangulaire dans 9 circonscriptions et batailler en duel dans 28 autres. Il avait alors obtenu 11,34 % des suffrages et 2,8 millions de voix. «De manière générale, nos scores vont être divisés par deux, et il est à craindre que nous ne puissions nous maintenir en triangulaire dans pratiquement aucune circonscription, sauf peut-être dans le Nord et le Pas-de-Calais», résume un responsable du FN.

Déroute financière
La contre-performance annoncée aux législatives risque tout bonnement de ruiner le FN. Grâce à la performance de Le Pen à la présidentielle de 2002, le parti dispose depuis cette date d'une subvention annuelle de 4,6 millions d'euros. Ce qui lui permet d'employer au Paquebot, son siège à Saint-Cloud, plus de 60 permanents. Cette manne pourrait être diminuée de moitié, et cela l'obligerait à réduire la voilure. Depuis la scission de 1998 déclenchée par Bruno Mégret, le FN pâtit d'un manque d'effectifs militants et de cadres. Elle l'avait contraint à licencier une partie de ses salariés. La vente du siège est également envisagée. «On peut faire de la politique dans une chambre de bonne», répète Le Pen, comme au tout début du FN en 1972.

Crise de succession
Officiellement, l'heure de la succession n'a pas sonné. Néanmoins, si Le Pen entend rempiler à la fin de l'année, c'est surtout pour retarder le moment où les ambitions des uns et des autres vont inévitablement s'afficher. Le dauphin désigné est Bruno Gollnisch, délégué général et numéro 2 du FN. Mais la place prise dans l'appareil par Marine Le Pen et ses amis fait d'elle une rivale sérieuse. Entre les deux clans, les hostilités sont ouvertes. Le premier est accusé de vouloir ramener le FN dans des ornières extrémistes et le second de vouloir «réviser» la ligne idéologique pour mieux conclure des alliances. Qaunt à Marine Le Pen, elle voudrait faire entériner dès le prochain congrès l'élection du président directement par les adhérents, alors qu'aujourd'hui ce sont les délégués et les cadres du parti qui le désignent. Or ces derniers sont plutôt acquis à Gollnisch, alors que la base, elle, vibre au nom de Le Pen. Au masculin comme au féminin.
© Libération

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MARINE LE PEN EN FÂCHEUSE POSTURE (France)

Accusée par une frange du FN d'être responsable de l'échec du 22 avril, la «fille de» joue gros dans le Pas-de-Calais. Par Christophe FORCARI, Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) envoyé spécial

07/06/2007 - Apporter une réponse à ceux qui la clouent au pilori. Et montrer qu'elle peut incarner l'avenir. C'est tout l'enjeu de Marine Le Pen dans cette campagne menée dans le Pas-de-Calais. «Nous verrons bien les résultats personnels de ceux qui me critiquent. Leurs propres scores risquent de les ramener à plus d'humilité. De toute façon, quoi que je fasse, quoi que je dise, ces mêmes personnes me chercheront toujours des poux dans la tête», explique la vice-présidente du Front national.

Contestée en interne, elle est jugée la première responsable du piètre score de son père (10,4 % au premier tour de la présidentielle) puisqu'elle en était la directrice stratégique. Une stratégie faite de «dédiabolisation» qui a échoué. Alors sa campagne dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais ressemble à une session de rattrapage. A Hénin-Beaumont, la candidate de l'extrême droite compte sur sa notoriété nationale pour réaliser un bon score sur cette terre de gauche. «On vient vous apporter la voix du changement», dit-elle aux passants, cabas sous le bras. Certains se font prendre en photo avec elle. «Depuis le début de la campagne, l'accueil est très bon, s'enthousiasme Bruno Bilde, son responsable de campagne, elle peut arriver première.» Marine Le Pen modère : «Logiquement, je devrais arriver en deuxième position en duel ou dans une triangulaire.»

Aura médiatique. Ici, Le Pen a recueilli près de 19 % des scrutins contre 23 % des suffrages en 2002 ­ une perte de 1 000 voix . Ségolène Royal y est arrivée en tête au premier tour avec 26 % des suffrages. «Ce n'est pas une circonscription en or, mais c'est une circonscription qui résiste mieux que les autres», explique Steeve Briois, son suppléant, également responsable départemental du FN et qui vise la municipalité d'Hénin-Beaumont en 2008. Marine Le Pen apporte à Briois un peu de son aura médiatique et une solide équipe de militants dévoués. «En tout cas, il lui a enlevé une sacrée épine du pied en lui demandant de venir se présenter dans cette circonscription», reconnaît un proche de Marine Le Pen, en mal cette fois de point de chute.

Aucune illusion. Mais un mauvais score la fragiliserait un peu plus dans les instances du Front national. Dans le Pas-de-Calais, la vice-présidente du FN espère réaliser l'un des meilleurs scores du FN sur toute la France. Mais, dans cette circonscription traditionnellement de gauche (hormis une courte parenthèse entre 1993 et 1997), elle se heurte à Albert Facon, un sortant socialiste bien implanté. «Jean-Marie a mis le paquet pour sa fille, analyse-t-il. Mais elle risque de rentrer à Saint-Cloud le soir du premier tour. Dans son livre, elle décrit le Pas-de-Calais pire que dans Zola. Au second tour, je vais me retrouver face au meilleur des recalés. Aucun de mes trois adversaires ne fera 12,5 % des inscrits pour se maintenir au second tour», croit-il savoir. Marine Le Pen conteste : «Le député sortant est démonétisé. Le candidat UMP n'a aucune notoriété dans la région, et le candidat du Modem est quasiment socialiste.» En revanche, elle ne nourrit aucune illusion sur le score du FN au niveau national. «Nous avons l'habitude de faire de la politique sans députés», explique-t-elle. Et 2007 n'y devrait rien changer.
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LE FN SÉCHÉ SUR SES TERRES PROVENÇALES (France)

Dans cette région berceau du frontisme, personne ne croit au sursaut. Par Hervé VAUDOIT, Marseille correspondance

07/06/2007 - Depuis vingt ans, c'est en Provence que le FN réalisait ses meilleures performances électorales. Aux municipales de 1995, trois villes de la région ­ Orange, dans le Vaucluse, Marignane, dans les Bouches-du-Rhône et Toulon, dans le Var ­ avaient même basculé dans le camp de l'extrême droite. L'année suivante, c'est Vitrolles (Bouches-du-Rhône) qui basculait à son tour. Jusqu'à la dernière présidentielle, Jean-Marie Le Pen pesait ainsi, bon an mal an, entre 20 et 25 % des voix, le FN s'affichant même comme la première force politique à Marseille. Cette époque semble bel et bien révolue.

Amertume. Avec un peu plus de 14 % des voix au premier tour de la présidentielle dans les Bouches-du-Rhône, Jean-Marie Le Pen a perdu en moyenne dix points par rapport aux scrutins précédents. Naguère puissante et bien structurée, la fédération FN du département semble aujourd'hui comme un bateau à la dérive. Militants démobilisés, responsables absents, ambiance délétère entre les dirigeants... à trois jours du premier tour des législatives, rares sont ceux à croire au sursaut. «Sarkozy nous a bouffé nos idées et notre électorat» , constate Jacques, 46 ans, avec plus d'amertume que de colère.

Militant depuis la fac, il avoue s'être peu investi dans la campagne législative. «A quoi bon ? interroge-t-il, cette élection est pliée d'avance. Même les socialistes font semblant d'y croire. Alors, essayons de limiter les dégâts, histoire de ne pas sombrer financièrement, et concentrons-nous sur la suite.» En clair, sur l'après-Le Pen. Que certains électeurs jugent d'ailleurs responsable de l'échec du 22 avril. «J'ai voté pour lui en 88, en 95 et en 2002, mais pas cette année» , avoue ainsi Michel, 67 ans, un pied-noir marseillais qui le juge «trop vieux» pour incarner encore l'idéal FN. «J'ai beaucoup de respect pour ce qu'il a fait, mais là, c'était le combat de trop» , regrette-t-il, persuadé que «les Français n'éliront plus jamais à la présidence quelqu'un qui flirte avec les 80 ans, quelle que soit sa couleur politique.»

«Contre l'assistanat». A Marignane, Jeannine, 71 ans, aide-soignante à la retraite, fervente supportrice de Daniel Simonpieri, a suivi les consignes du maire. Elu en 1995 sous l'étiquette FN, réélu sous celle du MNR en 2001, Simonpieri siège désormais comme «apparenté UMP» au conseil régional PACA. Jeannine a donc voté Sarkozy. Et s'apprête à donner sa voix à l'UMP dimanche. «Je votais Le Pen parce qu'il était contre l'assistanat et les gens qui vivent aux crochets de la société , concède-t-elle. Maintenant, je vote Sarkozy parce qu'il défend la même chose mais qu'il pourra mettre ces idées en pratique là où il est. Avec Le Pen, ce serait resté de bonnes idées, mais puisqu'il n'est pas au pouvoir, ça n'aurait servi à rien.» Robert, 62 ans, agriculteur près d'Aix-en-Provence, est à l'unisson. D'abord gaulliste, il confie s'être laissé séduire par le FN à partir de 1995, «parce que Chirac était plus à gauche que Mitterrand». Avec Sarkozy, il estime avoir «retrouvé [sa] famille» et des valeurs auxquelles il affirme n'avoir «jamais cessé de croire : le travail, le mérite, la fermeté contre ceux qui ne respectent pas la règle, le contrôle de l'immigration...». Pour les législatives, son choix est fait : ce sera l'UMP, «parce qu'il faut que Sarkozy puisse gouverner avec une majorité à lui». De son flirt avec l'extrême droite, il ne renie rien. «J'ai surtout voté FN pour envoyer un message à la droite, pour qu'elle retrouve son identité , explique Robert. Mais au fond, j'étais convaincu que Le Pen n'arriverait jamais au pouvoir. Mais je ne regrette pas ce que j'ai fait. Car je suis persuadé que sans ce qui s'est passé en 2002, l'UMP aurait sans doute hésité à choisir Sarkozy comme chef et assumer des idées que le FN était le seul à défendre depuis vingt ans.»
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LA HALDE FAIT VALOIR LE PRINCIPE DE NON-DISCRIMINATION (France)

06/06/2007 - Pour la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), le refus opposé aux mères d'élèves portant le foulard islamique de participer à des sorties scolaires est "contraire aux dispositions interdisant les discriminations fondées sur la religion".

Dans une délibération du 14 mai rendue publique le 6 juin, la Halde vient ainsi apporter une réponse à une question jusqu'alors non tranchée, sur le statut des mères d'élèves accompagnant les sorties de classe (Le Monde du 27 mars). Pour elle, la qualité de collaborateur bénévole auquel sont assimilés ces adultes ne peut "emporter reconnaissance du statut d'agent public, avec l'ensemble des droits et des devoirs qui y sont rattachés", contrairement à ce que soutiennent certaines inspections d'académie. En effet, "la notion de collaborateur bénévole est de nature "fonctionnelle", rappelle-t-elle : sa seule vocation consiste à couvrir les dommages subis par une personne qui, sans être un agent public, participe à une mission de service public".

La Halde met aussi en avant un arrêt du Conseil d'Etat du 27 juillet 2001, précisant que ni le principe de laïcité ni celui de neutralité du service public ne s'opposaient à l'intervention, dans les prisons, de surveillants congréganistes apportant leur concours au fonctionnement des établissements pénitentiaires pour l'exercice de tâches relevant non de la surveillance des détenus, mais de fonctions complémentaires de soutien. "Or les parents participant aux sorties scolaires semblent être dans une situation similaire" car ils "apportent leur concours (...) pour les tâches qui ne relèvent pas des missions d'enseignement, au sens strict", souligne la Haute Autorité. Et de rappeler que, selon le Conseil d'Etat, le seul port du foulard ne constitue pas par lui-même un acte de pression ou de prosélytisme.

La Halde donne trois mois au ministre de l'éducation nationale pour "prendre toute mesure nécessaire afin d'assurer (...) le respect du principe de non-discrimination".

Laetitia Van Eeckhout
© Le Monde

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ANTITERRORISME : LA FRANCE MONTRÉE DU DOIGT

L'organisation internationale Human Rights Watch (HRW) estime que la politique française en la matière porte atteinte aux droits de l'Homme.

05/06/2007 - "La politique française ne présente pas de garanties suffisantes contre les violations des droits humains, dont la torture", affirme l’organisation Human Rights Watch (HRW) mercredi. A l’appui de sa démonstration, l’organisation a examiné les interdictions du territoire français et expulsions administratives prononcées entre 2001 et 2006 contre des "fondamentalistes islamiques".

Selon le rapport dévoilé mercredi, les procédures en place en France peuvent entraîner de "graves violations" des droits de l'Homme, par exemple lorsque Paris expulse un individu dans son pays d’origine, où la torture est pratiquée. "La prévention du terrorisme ne se limite pas à un travail efficace de renseignement et de police", explique Holly Cartner, directrice de la division Europe et Asie centrale. "Contourner les droits humains en matière d'éloignement envoie le mauvais message aux musulmans de France", ajoute-t-elle.

Les expulsions vers l’Algérie en première ligne
L'ONG, qui n'avait pas rédigé de rapport sur la France depuis 1997, s'inquiète en particulier des expulsions vers l'Algérie - premier pays de renvoi de par la nationalité des expulsés - mise en cause en 2006 par Amnesty international pour des tortures ou traitements cruels.

HRW consacre en outre un chapitre aux expulsions administratives d'imams "radicaux", "plus de 15" depuis 2001, en estimant qu'elles portent excessivement atteinte à la liberté d'expression et recommandant de les substituer par des condamnations pénales pour leurs propos.

HRW critique enfin vivement les rapports des services de renseignement sur lesquels se fondent souvent les arrêtés d'expulsion, des "notes blanches" ne révélant "ni leurs sources ni leurs méthodes" et manquant d'éléments de preuve.

Le document en format pdf: http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/rapport-terrorisme-france.pdf
© Le Figaro

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MALEK BOUTIH PROPOSE LE "MÉTISSAGE RÉPUBLICAIN" AUX CHARENTAIS (France)

Candidat socialiste dans la 4e circonscription de Charente, l'ancien président de SOS Racisme affronte le maire UMP d'Angoulême et une dissidente PS.  De notre envoyé spécial à Angoulême RODOLPHE GEISLER.

05/06/2007 - INVESTI par le Parti socialiste dans la 4e circonscription de la Cha­rente, Malek Boutih refuse catégoriquement de se « laisser enfermer » dans la case « minorités visibles ». « Je suis membre de la direction du PS depuis 2003 et c'est en tant que tel que la population me perçoit ici », veut croire l'ancien président de SOS Racisme. Sur les murs de la ­ville, ses affiches attestent en tout cas du message qu'il souhaite faire passer : « Malek Boutih, le député qui vous ressemble », peut-on lire.

Entré au bureau national et au secrétariat national du PS, « aux côtés de François Hollande », au moment du congrès de Dijon, Malek Boutih, 42 ans, dont c'est la première élection, entend jouer à fond son image de cadre parisien du parti. « Les gens savent aussi que j'ai été parmi les premières personnalités du PS à prendre position pour Ségolène Royal dès le début du processus de désignation pour la présidentielle », ajoute-t-il. La présidente de Poitou-Charentes ne l'a pas oublié et lui a consacré, mercredi dernier, l'une de ses premières sorties sur le terrain depuis l'élection présidentielle.

Pour autant, la partie n'est pas gagnée pour Malek Boutih dans cette circonscription essentiellement rurale, où la population n'est pas spontanément sensible à la question des « minorités visibles ». Au PS, bien peu misent sur lui. Même si Ségolène Royal a obtenu 54,5 % le 6 mai dans cette circonscription acquise de longue date à la gauche, il doit affronter douze autres candidats, parmi lesquels Martine Pinville. Désignée par les militants socialistes locaux en juin 2006 et soutenue par Jean-Claude Beauchaud, le député PS sortant, elle a décidé de maintenir sa candidature.

« Bombe à retardement »
Pour Françoise Soulé, la candidate des Verts, « l'arrivée de Malek Boutih n'est pas bon pour le PS et risque de faire très mal à la gauche ». « Il est arrivé en terrain conquis, alors qu'en Charente les parachutages n'ont jamais marché », ajoute la militante écologiste, qui avoue craindre que « la ­circonscription bascule à droite ». Philippe Mottet, le maire d'An­goulême, a été investi par l'UMP et pourrait créer la surprise, même si, comme Malek Boutih, il doit faire face à un candidat dissident.

Malek Boutih se dit néanmoins confiant. « Je pense que les gens vont choisir, à droite comme à gauche, les deux candidats offi­ciellement investis, sinon ce serait la fin des partis », veut-il croire, même s'il reconnaît que « l'inconnue », c'est surtout le score que fera le MoDem. Le 22 avril, François Bayrou avait réalisé 17,3 %.

Malek Boutih, qui dit avoir « toujours combattu toute forme de communautarisme », assure que, s'il est élu au Palais Bourbon, il sera « un défenseur de la laïcité et des valeurs de la République » : « Je ne conteste pas que le gouvernement ait une politique d'immigration, mais je crains que le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale de M. Hortefeux soit une bombe à retardement. Car, que vont-ils y mettre ? Les Corses aussi ? Nous, au PS, contrairement à la droite qui accepte désormais le métissage par l'élite - c'est le sens de la nomination de Rachida Dati à la Justice -, nous pensons que c'est à la population de choisir ou non, à travers les élections, le métissage républicain. »
© Le Figaro

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IMMIGRATION: RESF VEUT ORGANISER L'AIDE AUX DÉLINQUANTS DE LA CITOYENNETÉ (France)

04/06/2007 - Le Réseau éducation sans frontières (RESF) entend mettre en place "dans les jours qui viennent" un réseau associatif pour venir en aide aux militants poursuivis pour des "délits de citoyenneté", par exemple pour être intervenus lors de tentatives d'expulsion de sans-papiers à bord d'un avion.

Selon l'un des porte-parole du réseau, Richard Moyon, RESF est actuellement mobilisé dans sept affaires distinctes de personnes inquiétées soit pour être intervenues lors d'une tentative d'expulsion à bord d'un avion, soit après une manifestation, ou encore pour diffamation.

"On va essayer de structurer notre action pour pouvoir apporter rapidement une aide juridique et exercer une pression médiatique" dans ce genre d'affaires, a expliqué M. Moyon, interrogé en marge d'une conférence de presse lundi à Paris. Le RESF prévoit de travailler plus étroitement avec la Ligue des droits de l'Homme et le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples).

"Il faut créer un mouvement national de solidarité avec les sans-papiers (...) et avec les personnes qui ont manifesté leur solidarité", a souhaité François Auguste, élu communiste au conseil régional de Rhône-Alpes. Il est lui-même poursuivi pour "entrave à la circulation d'un aéronef" après avoir pris la parole dans un avion pour contester la présence à bord d'une famille en instance d'expulsion.

Lundi, le RESF a réuni à Paris d'autres "délinquants de la citoyenneté", dont Michel Dubois. Ce directeur de production de cinéma, qui travaille avec le réalisateur Laurent Cantet, a été placé en garde à vue le 17 mai dernier à la suite d'une altercation à bord d'un avion Paris-Bamako lors d'une tentative d'expulsion musclée.

A cette occasion, Jean-Michel Delarbre, un membre de RESF, a renouvelé la demande du RESF qu'Air France renonce à transporter des expulsés sur ses lignes régulières.

"Les violences auxquelles donnent nécessairement lieu les expulsions nous paraissent donner de cette compagnie une image tout à fait détestable", a-t-il dit. Plusieurs syndicats de la compagnie demandent déjà depuis plusieurs années de ne plus transporter d'expulsés, en raison des débordements parfois violents qui ont quelquefois lieu à l'occasion d'une expulsion.

En 2006, les autorités françaises ont procédé à l'expulsion d'environ 24.000 étrangers sans papier. Le RESF, qui défend avant tout les étrangers scolarisés et leurs familles, milite plus largement pour la régularisation de tous les sans-papiers.
© Le Nouvel Observateur

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L'UNSA-POLICE VEUT "RENOUER LES LIENS AVEC LA POPULATION" (France)

Le premier syndicat de gardiens de la paix "demande qu'un travail qualitatif soit privilégié par la police, contrairement au quantitatif demandé par une certaine hiérarchie avide de déroulement de carrière", après la divulgation de l'étude sur les relations tendues entre police et population en Seine-Saint-Denis.

04/06/2007 - Un communiqué du premier syndicat de gardiens de la paix, l'Unsa-police, indique lundi 4 juin qu'il est "urgent de renouer les liens avec la population" après la divulgation du rapport de l'Institut national des hautes études de sécurité (INHES) sur les relations tendues entre police et population en Seine-Saint-Denis. "Cet organisme qui dépend du ministère de l'Intérieur fait le même constat accablant que l'Unsa-police", écrit-il dans un communiqué, "à savoir qu'il est urgent de renouer les liens avec la population pour lutter plus efficacement contre la criminalité". "Les notions de répression et de prévention sont indissociables dans le travail des policiers", ajoute l'Unsa. Il "demande qu'un travail qualitatif soit privilégié par la police, contrairement au quantitatif demandé par une certaine hiérarchie avide de déroulement de carrière". Le syndicat indique par ailleurs qu'il doit rencontrer mercredi la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, pour une première prise de contact, et qu'il va lui "apporter ses propositions" afin "de mettre fin aux violences quotidiennes contre la police et la population".

"Pression de la hiérarchie"
Le syndicat de police Alliance a dénoncé dimanche une "certaine pression de la hiérarchie sur les policiers" après la divulgation du rapport de l'Institut national des hautes études de sécurité (INHES) sur les relations tendues entre police et population en Seine-Saint-Denis. "Il y a une certaine pression de la hiérarchie sur les policiers" en Seine-Saint-Denis, a déclaré à l'AFP Jean-Claude Delage, secrétaire général du deuxième syndicat de gardiens de la paix, pour qui "il ne faut pas confondre politique du résultat et abattage quantitatif". "Les policiers ne sont pas contre la politique du résultat (NDLR : insufflée par Nicolas Sarkozy quand il était ministre de l'Intérieur) mais il ne faut pas confondre avec l'abattage qui leur est parfois demandé, pour faire du chiffre sur les procès-verbaux, par exemple ce qui est mal ressenti par la population".

Pour un "Grenelle de la sécurité"
Selon Jean-Claude Delage, il n'y "a pas de fossé police/population, y compris dans le ‘93’, mais entre délinquants et policiers". "La culture du résultat, ce n'est pas un gros mot", a-t-il ajouté, mais "on met beaucoup de pression sur les policiers pour ce qui est des contrôles routiers notamment et la population se sent visée". Pour Jean-Claude Delage, ce rapport, - dont il affirme ne pas avoir eu connaissance, ce qu'il "regrette" -, concerne "un département difficile pour les policiers et les gens qui y vivent".
Il réclame à nouveau un "Grenelle de la sécurité" associant "tous les partenaires" police/justice/éducateurs/élus. "On pourrait commencer à le faire par la Seine-Saint-Denis", suggère-t-il.

Royal : "des vérités qui dérangent"
De son côté, Ségolène Royal s'est insurgée samedi contre le fait que le rapport finalisé fin 2006 ait été "caché aussi longtemps", évoquant "des vérités qui dérangent". De passage à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) pour soutenir les candidats PS aux législatives, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle a demandé au président de la République quelles décisions vont être prises pour "rétablir l'indispensable lien de confiance entre la population et le grand service public de la police". Ce document, demandé par le Préfet de Seine-Saint-Denis mais jamais rendu public officiellement jusqu'à samedi, évoque un "climat d'insécurité permanent" entre police et population dans le département, climat qui risque même de s'envenimer.

Pour un retour de la police de proximité
"La police de proximité et la police de quartier sont des solutions pour rétablir l'ordre juste dans des endroits qui en ont besoin", a ajouté Ségolène Royal, selon qui "on voit les dégâts auxquels a conduit la suppression" de ce type de police. Ségolène Royal a suggéré que le service public de la police "soit présent et ouvert quand la population en a le plus besoin", notamment la nuit. La direction générale de la police nationale (DGPN) a indiqué samedi que ce rapport de l'INHES était un "document interne qui n'avait pas vocation à être diffusé".
© Le Nouvel Observateur

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ACCUSÉ DE "CENSURE", LE GROUPE BOLLORÉ RECONNAÎT LA SUPPRESSION D'UN ARTICLE (France)

La direction du groupe considère que l'article, qui devait être publié dans le quotidien gratuit Matin Plus, était "extrêmement désagréable pour la France". Le journaliste Alexandre Lévy y voit "l'histoire toute simple d'une petite censure, franche et décomplexée".

04/06/2007 - La direction de Bolloré Média a reconnu, lundi 4 juin, avoir refusé de publier dans le quotidien gratuit Matin Plus un article sur les déboires de musiciens roms avec la police de l'aéroport de Roissy, estimant que cet article était "extrêmement désagréable pour la France". "Nous avons passé des accords avec Le Monde et Courrier International qui prévoient que nous ne touchons jamais aux articles qu'ils nous transmettent", a expliqué Jean-Christophe Thiéry, directeur général de Bolloré Média. "En revanche, nous pouvons décider de les passer ou de ne pas les passer. (…) C'est la première fois que nous avons utilisé ce droit". En raison d'un accord entre Matin Plus et le groupe Le Monde, les rédactions du Monde et de Courrier International (Groupe Le Monde) fournissent chaque jour plusieurs pages du quotidien gratuit. Matin Plus est issu d'un partenariat entre le groupe Bolloré (à 70%) et Le Monde (à 30%).

Charte éditoriale
"Nous avons une charte éditoriale prévoyant que nous faisons un journal neutre. Là, on avait un article qui était extrêmement désagréable pour la France parce qu'il comparait ce que faisaient ses fonctionnaires à ce qui se passait au temps de l'URSS", a expliqué Jean-Christophe Thiéry. Le refus de publier l'article a été rendu public par Alexandre Lévy, chef du service Europe de l’Est de Courrier international, dans un message publié sur son blog le vendredi 1er juin. Le journaliste y rapporte que l'article a été purement et simplement retiré du quotidien gratuit, le vendredi 25 mai.

"Plutôt ironique que méchant"
"En lieu et place d'un article sur les péripéties d'un groupe de musiciens Roms hongrois en France, le journal gratuit Matin Plus publia une page entière de publicité sur… un festival de musique", écrit Alexandre Lévy. Un article traduit du quotidien hongrois Magyar Harlap, au ton "plutôt ironique que méchant", mais qui met en cause les méthodes de la police à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle: la découverte d'un étui de cigare suspect donne lieu à des interrogatoires laborieux et à une fouille prolongée (lire l'article en cause).

"On ne peut pas parler de la sorte de la police française!"
Mais l'article sur la police française n'est pas du goût de la direction de Matin Plus: "L'équipe de Bolloré (propriétaire du gratuit, NDLR) ne l'a pas entendu de cette oreille", poursuit Alexandre Lévy, qui indique que la direction a fait ce commentaire: "On ne peut pas parler de la sorte de la police française!" C'est là, estime le journaliste, "l'histoire toute simple d'une petite censure, franche et décomplexée, pour un papier qui, ma foi, n'en méritait pas autant".

Les syndicats protestent
Les syndicats de Courrier International ont pour leur part publié un communiqué pour exprimer leur indignation après "la censure par le gratuit Matin Plus d'un article fourni, en application d'un accord entre les publications, par la rédaction de Courrier International pour parution dans l'édition du vendredi 25 mai du quotidien Matin Plus". L'intersyndicale a demandé à la direction de Courrier International et à celle du groupe Le Monde de "faire respecter la liberté d'expression et l'indépendance éditoriale, correspondant aux principes de la profession, du groupe et du titre."

"Incompétence"
Dans une interview à Libération, le directeur de la rédaction de Courrier International, Philippe Thureau-Dangin, a estimé que "c'est par incompétence" que l'article a été supprimé par Matin Plus. "Avec Pascal Galinier, le rédacteur en chef chargé à Matin Plus des relations avec le Monde, nous avons tout de suite réagi auprès de Bolloré et de la rédaction en chef de Matin Plus : nous leur avons dit que c’était scandaleux et que cet article devait passer." Selon Philippe Thureau-Dangin, l'article devait alors être publié quelques jours plus tard. Cependant le sujet avait été évoqué à la radio, et "nous avons considéré qu’il était un peu éventé, donc nous avons renoncé."
© Le Nouvel Observateur

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BOLLORÉ ACCUSÉ D'AVOIR CENSURÉ UN ARTICLE METTANT EN CAUSE LA POLICE (France)

Le journaliste Alexandre Lévy dénonce sur son blog une "petite censure franche et décomplexée". Par FLORENT LATRIVE

02/06/2007 - Les patrons de presse aiment manier les ciseaux, ces derniers temps. Après Lagardère qui a fait retoquer un article sur Cécilia Sarkozy dans le JDD, c’est au tour de Vincent Bolloré : l’homme d’affaires à la tête d’un groupe de médias (la télé Direct 8, les gratuits Direct Soir et Matin Plus) ou son entourage ont censuré un article prévu pour être publié dans Matin Plus, édité en collaboration avec le Monde et Courrier International. Un acte jugé "scandaleux" par le directeur de la rédaction de Courrier International, Philippe Thureau-Dangin, qui réclame des garanties à Matin Plus dans une interview donnée à Libération.

L’affaire est relatée par le journaliste de Courrier International (qui appartient au groupe le Monde), Alexandre Lévy, sur son blog. Il y raconte comment, « vendredi 25 mai, en lieu et place d'un article sur les péripéties d'un groupe de musiciens roms hongrois en France, le journal gratuit Matin + publia une page entière de publicité sur… un festival de musique. ». Dans cet article traduit du quotidien hongrois Magyar Harlap, choisi par la rédaction de Courrier International en vertu des accords qui lient les deux journaux, un ancien consul s’étonne du « traitement réservé à un groupe de musiciens tsiganes invité en France, retenus de façon arbitraire et sans un mot d'excuses au moment de regagner leur pays. » Un excès de zèle policier français vu par un étranger de façon « plutôt ironique que méchante », estime Alexandre Lévy.

Mais l’équipe de Bolloré aux manettes de Matin Plus semble avoir vu là une dangereuse provocation. "On ne peut pas parler de la sorte de la police française", aurait affirmé la direction, selon Alexandre Lévy. Résultat, un papier trappé et « une petite censure, franche et décomplexée, pour un papier qui, ma foi, n'en méritait pas autant. »

Le quotidien en ligne Rue89 a tenté de joindre les responsables de Matin Plus et du journal le Monde pour obtenir une confirmation, sans que leurs appels soient retournés.
© Libération

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MINISTÈRE DE L'IMMIGRATION ET DE L'IDENTITÉ NATIONALE (France)

Les chercheurs de la CNHI lancent de nouvelles initiatives contre le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale.

02/06/2007 - Après avoir rencontré mardi dernier Brice Hortefeux, en charge désormais du très contesté ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, les huit chercheurs démissionnaires de la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration (CNHI) ont tenu vendredi 1er juin une réunion publique à l'Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). Ils ont annoncé la poursuite de leur mouvement et rappelé les divers éléments qui les opposent à la mise en place de ce très inquiétant ministère voulu par Nicolas Sarkozy et ses 20% d'électeurs d'extrême-droite.

Faisant le point sur les domaines de compétences attribués à cette nouvelle administration, ils n'ont pu que faire part de leur malaise en constatant que le seul précédent historique en la matière est le fameux Commissariat général aux questions juives du gouvernement de Vichy. L'historien Patrick Weil a déploré la banalisation de l'intitulé qui juxtapose sans complexe "Immigration" et "Identité nationale", auquel le gouvernement Fillon a rajouté les termes "Intégration" et "Co-développement", histoire de pouvoir répondre sémantiquement de façon "rassurante" à tous les publics. Il a également estimé très grave le fait que le ministère des Affaires étrangères perde aujourd'hui sa tutelle sur les demandes d'asile, gérées notamment par l'Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides (OFPRA), au profit de ce nouveau ministère de l'Immigration qui exercera également -- c'est une première -- une compétence partagée avec le ministère de la Culture sur la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA).

Fort du soutien de nombreuses organisations (LDH, MRAP, TERRA, FSU, FASTI, GISTI, IACD, ALIF, ATMF, CRAN, PCF, LCR, CIEMI, Autremonde, SUD Education, Cedetim, RESF, etc.), le groupe d'historiens démissionnaires lance plusieurs initiatives dont notamment la création d'un site web, Upolin (Usages politiques de l'identité nationale, www.upolin.org), destiné à informer le public sur les recherches et les réflexions menées sur l'histoire des nationalismes, des xénophobies et des discriminations. Il lance également une pétition réclamant la suppression de la notion d'"identité nationale" dans le titre et les attributions du ministère dirigé par Brice Hortefeux, estimant qu'un Etat démocratique voulant réellement lutter contre l'antisémitisme, le racisme et la xénophobie n'a aucune légitimité à encadrer une telle notion.
© La République des Lettres

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« UNE IDENTITÉ NATIONALE NE SE DÉCRÈTE PAS » (France)

Par Benjamin Stora, docteur en histoire et sociologie, professeur d’histoire du Maghreb contemporain à l’INALCO (langues orientales)

02/06/2007 - « L’identité nationale est un processus, un mouvement qui ne peut se décréter d’en haut, qui est le produit de nombreux facteurs, à la fois complémentaires et contradictoires, le politique, les institutions, les langues, la culture, le vécu, les rencontres... Comment, à partir de cette définition, décréter l’identité nationale ? Il faut toujours se méfier de définitions qui arrivent d’en haut quand elles concernent des questions aussi explosives que celles des identités. Car les identités sont, obligatoirement et heureusement, multiples. Elles sont au confluent de plusieurs sources, de plusieurs origines. Ce qui fonde une identité nationale, ce sont des histoires, de petites histoires particulières et de grandes histoires. Dans le cas de la France, la Révolution française, la Commune de Paris, le communisme et le socialisme, Vichy, la Résistance, 1968... Il y a les grands moments de l’histoire et, dans ces grands moments, des engagements particuliers, professionnels, politiques, cultuels, personnels. Et tout cela fait une nation, un peuple.

Je pense qu’un débat, dans la société, sur l’identité nationale, peut être nécessaire. C’est une question qui est sans cesse à vérifier, à confirmer, à infirmer. Pourquoi pas ? Qu’est-ce qui fait que nous vivons ensemble ? Mais ce n’est pas à un ministère de le faire. Un ministère décide du flux migratoire, des statistiques du chômage, des décisions politiques sur telle ou telle mesure, populaire ou impopulaire, ce n’est pas le problème. Il traite des politiques, des objectifs. L’identité nationale, c’est autre chose. C’est au confluent de tant de lois qu’on ne peut pas la faire définir par l’État. Elle appartient à la société civile. C’est une mise en circulation transversale de beaucoup d’éléments qui ne peuvent pas être codifiés. Décider par en haut d’une identité est toujours très dangereux, parce qu’on fixe des règles qui sont, obligatoirement, vécues comme arbitraires. Ce qui fonde le vivre ensemble sont des mouvements de société dont l’État prend acte, sur lesquels il prend position, légifère, qu’il codifie après leur émergence, par exemple les rapports hommes-femmes, l’égalité, le pacs, le salariat, les rapports contractuels, tout ce qui est produit de conflits, de combats, de contradictions, d’affrontements ou de conciliations. Ce n’est pas l’inverse. Quand l’État décide par avance, il ne tient pas compte des processus réels qui fondent une culture. Dans le cas de l’identité, le débat dans la société est réel, mais il ne peut être réglé par l’État dans le cadre d’un ministère.

On peut réunir des éducateurs de rue ou le mouvement associatif pour parler d’intégration. On peut débattre des flux migratoires, du droit d’asile, le remettre en question, le détruire ou le renforcer, on peut parler du regroupement familial. On peut discuter des sommes allouées pour aider tel ou tel pays à sortir du sous-développement, on peut imaginer des chantiers économiques communs entre les deux rives... On peut tout faire. Même si ce sont plutôt des attributions qui relèvent d’un ministère des Affaires étrangères. Mais bon...

Mais qu’est-ce que ce ministère va faire sur l’identité nationale ? Une table ronde de cinq spécialistes (et spécialistes de quoi ?), qui vont se mettre d’accord sur une définition ? Et laquelle ? Et après ? J’estime qu’il faut prendre les grands mots de Nicolas Sarkozy comme de l’habillage. Cette « identité nationale » n’a rien à voir avec les idées, les histoires qui forment les valeurs de la culture française. »

Derniers ouvrages publiés : Immigrances, une histoire de l’immigration en France au XXe siècle, en collaboration avec E. Temime, Et la Guerre des mémoires. La France face à son passé colonial, Éditions de l’Aube.

Propos recueillis par Émilie Rive
© L'Humanité

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HORTEFEUX VEUT "ÉLOIGNER" 25.000 CLANDESTINS EN 2007 (France)

Le ministre de l'Immigration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement fixe cet objectif chiffré dans une tribune publiée vendredi dans Le Figaro. Il justifie par ailleurs son choix d'une immigration choisie, tout en récusant toute volonté de "pillage des cerveaux".

01/06/2007 - "Nous resterons très fermes : pour 2007, l'objectif est de 25.000 éloignements. Les étrangers sans papiers n'ont pas vocation à rester en France, mais à être raccompagnés dans leur pays d'origine, de manière volontaire ou contrainte".

Dans une tribune que publie Le Figaro, le tout nouveau ministre de l'Immigration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement, Brice Hortefeux, affiche sa fermeté. Et justifie face aux critiques l'existence de son ministère et les objectifs qu'il se fixe : "Lier immigration, intégration et identité n'a rien de honteux. Cacher notre identité à ceux qui souhaitent s'installer en France reviendrait à renier les valeurs qui ont forgé notre histoire". Avec une volonté affichée de casser les tabous : "Depuis plus de vingt ans, prononcer le mot "immigration" était devenu en France une manifestation d'extrémisme, de xénophobie, voire de racisme. Pourtant, le problème n'était pas l'immigration mais plutôt l'absence d'une politique d'immigration".

"L'im­migration zéro n'est ni possible ni souhaitable"
Dans cette tribune, Brice Hortefeux établit donc en quatre points le programme qu'il compte suivre : "maîtriser les flux migratoires, favoriser l'intégration, promouvoir l'identité française et encourager le codéveloppement". Et concernant le premier de ces points, il affirme que "la lutte contre l'immigration illégale restera une priorité absolue". Tout en assurant que "le droit d'asile politique, qui consiste à offrir une protection à des personnes étrangères persécutées, restera pour notre pays une exigence morale". Surtout, "le dialogue avec les pays d'origine sera renforcé afin de généraliser les accords de gestion concertée des flux mi­gratoires, à l'image de celui que Nicolas Sarkozy avait signé au nom de la France avec le Sénégal".

Si, assure-t-il, "l'im­migration zéro n'est ni possible ni souhaitable", pour le ministre, "maîtriser l'immigration n'implique pas seulement la réguler, cela signifie aussi la choisir. Aujourd'hui, en France, seulement 7 % des titres de séjour accordés le sont pour des raisons professionnelles. A nous de mieux sélectionner les mi­grants et d'encourager l'im­migration pour raisons professionnelles. Pour cela, nous devons prendre en compte nos be­soins économiques et démographiques qui évoluent". Récusant toute volonté de "pillage des cerveaux" ("nous devons en favoriser la circulation", nuance-t-il), il cite parmi les secteurs "en demande d'une main-d'oeuvre et de talents d'origine étrangère" : "le bâtiment, l'hôtellerie, la restauration, le travail saisonnier agricole, les services à la personne mais aussi l'activité scientifique".

Sur le chapitre de l'intégration, il réaffirme que "les valeurs républicaines doivent être respectées de tous ceux qui souhaitent s'installer durablement dans notre pays". Mais en contrepartie, "l'étranger n'est pas le seul à avoir des devoirs, l'Etat en a aussi envers lui. L'accès au logement, à l'éducation, à la formation et au travail doit être facilité pour permettre à celui qui souhaite s'intégrer de pouvoir le faire". Sur le chapitre du codéveloppement, le ministre regrette que 80% des "transferts de fonds des migrants en France vers leur pays d'origine" soient "consacrés à la consommation courante". Il souhaite qu'ils soient "davantage utilisés à des fins d'investissement productif" et met en avant le "compte épargne codéveloppement" afin de "mobiliser l'épargne des migrants présents en France vers des projets d'investissement économique dans leur pays d'origine".
© TF1 LCI

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CONDAMNATION POUR RACISME À L'EMBAUCHE À RENNES (France)

31/05/2007 - Deux gérantes de salons de coiffure de la région de Rennes ont été condamnées jeudi en appel à 500 euros d'amende chacune avec sursis pour "discrimination raciale à l'embauche" en 2001 envers une Maghrébine qui postulait pour un emploi de coiffeuse.

Les deux gérantes devront verser 100 euros de dommages et intérêts chacune à la plaignante, Radjita Alp, et un euro symbolique à l'association SOS-Racisme.

La cour d'appel a infirmé un jugement rendu en première instance en juin 2006 par le tribunal correctionnel de Rennes, qui avait relaxé les deux prévenues, mises en cause après une opération de "testing" menée par SOS-Racisme.

Le tribunal avait alors retenu l'argument d'une des prévenues, qui expliquait avoir refusé l'embauche car elle avait déjà une employée d'origine indienne.

"Ses intentions n'étaient manifestement pas de discriminer Mme Alp en raison de ses origines, mais d'user de sa liberté d'employeur pour préserver une certaine diversité parmi ses employées", disait alors le tribunal.

Pour la seconde prévenue, le tribunal retenait pour la relaxer qu'elle n'avait "fait qu'user de sa liberté d'employeur".

SOS-Racisme, qui avait fait appel avec le parquet général de Rennes, s'est réjoui de l'infirmation de cette relaxe dans un communiqué.

"C'est une grande victoire pour SOS-Racisme et pour le combat contre les discrimination que d'avoir cassé ce jugement de première instance qui avait osé donner aux entreprises la liberté de refuser ouvertement d'embaucher toute candidate maghrébine pour préserver leur diversité", dit l'association.
© Le Monde

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LE JOUR OÙ LES MUSICIENS ROMS ONT DÉCHANTÉ (France)

Dans les colonnes du quotidien Magyar Hírlap, un ancien consul hongrois à Paris s'étonne du traitement réservé à un groupe de musiciens tsiganes invité en France, retenus de façon arbitraire et sans un mot d'excuses au moment de regagner leur pays.

25/05/2007 - Parfois, la réalité nous déconcerte autant que les légendes. Dans la Pologne des années 1970, l'histoire d'un Polonais qui avait su habilement déjouer les contraintes des grandes puissances communistes était connue de tous. Celui-ci, après avoir franchi la frontière russo-polonaise, se rendit à Lvov [en URSS] avec sa Lada bringuebalante et attira l'attention sur lui en faisant la tournée des bars pour demander d'une voix tonitruante si quelqu'un avait de l'or à vendre, en précisant qu'il réglerait en dollars. A son retour, douaniers, gardes-frontières, policiers en civil et membres zélés du Komsomol [les jeunesses communistes] l'attendaient – évidemment – de pied ferme à la frontière. Ils prièrent le camarade touriste polonais de leur présenter l'or russe acheté au noir. La fouille corporelle ne donnant rien, les agents fouillèrent sa voiture. Ils démontèrent d'abord la carrosserie puis, à l'aide d'un chalumeau, découpèrent le châssis en mille morceaux, sans trouver une once d'or. A la vue de sa voiture découpée, croyez-vous que notre Polonais se soit désespéré ? Pas du tout : il savait que, conformément aux lois soviétiques, on lui devait une réparation pour le préjudice subi. Après moult négociations, il rentra en Pologne à bord d'une Lada flambant neuve. En grinçant des dents, certes, les Russes lui présentèrent même des excuses.

Dans la nuit du 13 au 14 mai dernier, la réalité me rappela cette légende. Il se trouve que la maison de la culture de Sablé-sur-Sarthe avait invité le groupe Romengo [groupe de rock rom vainqueur de la Star Ac' hongroise] pour une série de concerts. Le 9 mai, le groupe de Roms s'était envolé sans encombre vers Paris et, les jours suivants, avait donné des concerts remarqués. Le public était enchanté de leur prestation, pour la plus grande gloire de notre pays et de sa minorité rom.

C'est au retour que l'affaire s'est gâtée. Pourtant, d'après nos expériences récentes, les pays occidentaux laissent plus facilement sortir que rentrer les citoyens de pays problématiques. A l'inspection des bagages, il apparut que l'un des étuis de guitare des Roms posait problème. Il contenait un matériau susceptible d'"exploser" : telle fut l'explication sommaire fournie au bout de plusieurs heures. Six policiers de l'aéroport examinèrent à tour de rôle l'étui incriminé. Les autres voyageurs durent descendre de l'avion, lequel ne put décoller pour Budapest qu'avec un retard de trois heures – sans les Roms suspects.

La crainte du terrorisme explique beaucoup de choses, sauf ce genre de procédure illégale et outrageante. Les policiers de l'aéroport international français ne parlaient que leur propre langue. On s'en aperçut au moment où un membre du groupe, étudiant en anglais et en histoire, essaya de s'entendre avec eux en anglais, en allemand, en italien et en polonais. Ces policiers ne permirent même pas aux musiciens d'appeler l'ambassade de Hongrie. Après les avoir tourmentés durant deux heures, on ne sait pourquoi, comme par un coup de baguette magique, les policiers disparurent. Auraient-ils décidé que l'étui de guitare n'était plus explosif ? Aucune excuse ne précéda leur départ. Mais alors, le capitaine français du vol AF1094 d'Air France suivit le procédé initial avec une logique implacable : il décida que les voyageurs Rom ne pouvaient monter à bord de son avion. Il fallut une nouvelle manche de pourparlers pour que la compagnie valide leurs billets pour un autre vol. Si le décollage du lendemain était incertain, l'hébergement pour la nuit l'était davantage. Car ni la police de l'aéroport, à l'origine de la vexation des Roms innocents, ni Air France ne s'en occupèrent.

Il y a trente ans, à l'époque brejnévienne, les autorités soviétiques agissaient de manière plus démocratique que ne l'ont fait, il y a quelques jours, les fonctionnaires français de notre histoire. On raconte que le touriste polonais roule toujours dans sa Lada. Laquelle est plus fiable que la liaison Paris-Budapest d'Air France.

István Kovács
© Le Courrier international

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HOSTILE À LA DOUBLE NATIONALITÉ, LE PEN S'EN PREND À RACHIDA DATI (France)

"Est ce que vous avez la nationalité marocaine, ou est-ce que vous avez la nationalité française", demande le leader d'extrême-droite à la ministre de la Justice, Rachida Dati. Le ministère ne fait pas de commentaire.

31/05/2007 - Le président du Front national Jean-Marie Le Pen a souhaité jeudi 31 mai que toutes les personnes susceptibles d'avoir une double nationalité française et étrangère fassent un choix entre les deux, citant la Garde des sceaux Rachida Dati. "Le Front national est foncièrement hostile à la double nationalité" et demanderait aux éventuels bi-nationaux "quelle est la nationalité" qu'ils "choisissent", a-t-il déclaré à la presse à Nancy, dans sa tournée des régions françaises avant les législatives. "Par exemple, il poserait la question à Mme Dati: est ce que vous avez la nationalité marocaine, ou est-ce que vous avez la nationalité française", a-t-il poursuivi.

"Vous devez choisir"
"Vous devez choisir. Si vous choisissez la nationalité étrangère, vous serez des étrangers, respectés en France, mais selon le statut des étrangers", sans les avantages "que moi je crois devoir réserver aux Français", a-t-il ajouté. Interrogé sur les propos de Jean-Marie Le Pen interpellant Rachida Dati, le ministère de la Justice s'est refusé à tout commentaire. Rachida Dati est née en Saône-et-Loire de père marocain et de mère algérienne. La double nationalité "nous permet de nous mettre sur les reins la responsabilité de cette ancienne candidate à la présidence de la république de Colombie", a poursuivi M. Le Pen en faisant allusion à Ingrid Betancourt, franco-colombienne, qui est "quand même plus colombienne que française".

Une "angoisse" face au nombre d'étranger
"Nous nous sentons engagés pour le terroriste Moussaoui, qui est un franco-marocain. Je bien voudrais savoir s'il est Français ou Marocain, s'il est Marocain c'est la responsabilité du Maroc, s'il est Français c'est la responsabilité de la France", a-t-il ajouté. Jean-Marie Le Pen, interrogé sur l'avenir à moyen terme du Front national, a expliqué qu'il avait "les plus grandes angoisses pour (ma) progéniture et (mes) compatriotes, et les Européens eux-mêmes", devant l'augmentation du nombre d'étrangers en France. "Il y a des villes entières françaises qui sont à majorité musulmane, comme Roubaix par exemple ou des villes comme Marseille qui ont 200.000 citoyens musulmans", a déclaré Jean-Marie Le Pen.

Remobiliser l'électorat
Le président du Front national a entrepris une tournée pour remobiliser militants et électeurs, après avoir perdu au premier tour de la présidentielle de 2007 20% de son électorat de 2002. Se déplaçant dans un petit avion privé, il rencontre la presse régionale et les militants près des aéroports. Il devait être à Mulhouse jeudi soir, puis à Besançon et Bourges vendredi, avant deux autres périples avant le premier tour des législatives.
© Le Nouvel Observateur

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TUERIE D'ANVERS : HANS VAN THEMSCHE PASSERA DEVANT LA COUR D'ASSISES (Belgique)

07/06/2007 - Hans Van Themsche a été renvoyé devant la Cour d'assises par la chambre des mises en accusation d'Anvers. Il y répondra des assassinats de la petite Luna Drowart et de sa nounou malienne Oulematou Niangadou, et de la tentative d'assassinat sur Songul Koç, une ressortissante turque.

Le fait qu'il ait agi par racisme a été retenu comme circonstance aggravante.

Hans Van Themsche était scolarisé au Vrij Agro & Biotechnish Instituut de Roulers. Il y était en 5e année, orientation techniques de soins animaliers. Le 9 mai 2006, il s'était rendu en train à Anvers, où il avait acheté une arme de chasse chez un armurier situé Lombardenvest et avait commencé son raid meurtrier dans le centre-ville.

Hans Van Themsche lance un raid meurtrier dans le centre d'Anvers
Il avait trouvé sa première victime au Pottenburg. Songul Koç (47 ans) lisait, assise sur un banc, lorsqu'il a fait feu sur elle. Grièvement blessée, la femme a survécu à ses blessures. Les deux victimes suivantes ont eu moins de chance.

Dans la Zwartezusterstraat, Hans Van Themsche a fait feu sur Luna Drowart, 2 ans, et sa nounou malienne, Oulematou Niangadou, 24 ans, qui lui tournaient le dos. Les deux victimes sont mortes sur place. Le jeune homme a lui-même été blessé par balles par un agent de police dans la Lange Doornikstraat.

Van Themsche invoque le racisme pour expliquer la tuerie
Les assassinats auraient été dictés par le racisme. Le jeune homme avait en effet expliqué après son arrestation qu'il était allé consciemment à la recherche de personnes d'origine étrangère. La petite Luna avait été au mauvais endroit au mauvais moment.

Le procès d'assises d'Hans Van Themsche commencera probablement le 5 octobre. Onze personnes se sont déjà constituées parties civiles : les familles des victimes, le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme et la Ligue des droits de l'homme.
© Le Vif

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LA JUSTICE BELGE ORDONNE À DES JOURNAUX DE PUBLIER DES ANNONCES DU VLAAMS BELANG

04/06/2007 - A six jours des législatives en Belgique, le tribunal de commerce de Bruxelles a ordonné lundi à deux journaux flamands de publier les publicités électorales du parti d'extrême droite Vlaams Belang, tout en reconnaissant à d'autres journaux le droit de ne pas le faire.

Le Vlaams Belang, un parti qui réclame l'indépendance de la Flandre, la région néerlandophone du nord de la Belgique, s'était vu refuser la publication de ses annonces par les principaux quotidiens néerlandophones belges.

Saisi en référé, le tribunal de commerce a admis lundi les arguments des quotidiens De Standaard, De Tijd et Het Laatste Nieuws, qui avaient argué que leurs règlements internes et leurs principes déontologiques les autorisaient à décider de passer ou non une annonce, a rapporté l'agence Belga.

En revanche, le juge a rejeté les arguments du quotidien régional Gazet Van Antwerpen et du gratuit néerlandophone Metro, qui avaient expliqué que le parti d'extrême droite avait introduit trop tard ses demandes.

"Selon le juge, les deux journaux savaient depuis des mois que des élections étaient en vue et ils auraient pu prévoir qu'une telle demande émanerait du Vlaams Belang", a déclaré un conseiller juridique du parti, Bart Siffert, cité par l'agence de presse belge.

La Gazet Van Antwerpen et Metro devront donc publier avant le scrutin du 10 juin les publicités du Vlaams Belang, sous peine d'une astreinte de 2.500 euros chacun, selon M. Siffert.

En 2003, le Vlaams Belang avait recueilli 18% des suffrages en Flandre. Il est crédité cette fois-ci de plus de 21% des intentions de vote.
© Le Monde

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MANIFESTATION DEVANT LE CENTRE FERMÉ DE STEENOKKERZEEL (Belgique)

03/06/2007 - Une centaine de manifestants se sont rendus, dimanche après-midi, devant le centre fermé de Steenokkerzeel afin de protester contre l'existence de tels établissements.

Cette action avait été initiée par différentes associations, dont le "Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie" (MRAX) et l'"Union pour la Défense des Sans-Papiers" (Udep). "La vie quotidienne dans ces centres est plus que difficile. Des familles avec des enfants y sont enfermées pendant des mois alors que leur seul crime, c'est de ne pas avoir de papiers", a dénoncé Geneviève Parfait, la porte-parole des manifestants. "Ces lieux ne portent pas le nom de prison mais c'est ce qu'ils sont en réalité", a-t-elle ajouté.

Quant aux mesures annoncées pour améliorer la situation, elles ne rassurent pas les associations. "On peut construire des écoles dans ces centres et y amener des enseignants ou des psychologues, cela ne chargera rien au problème général", a poursuivi la porte-parole en rejetant également l'idée d'un nouveau centre réservé aux ménages avec enfants. "Tous ces centres doivent être fermés et leurs occupants libérés", a-t-elle conclu.
© 7 sur 7

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IMMIGRATION: LES PAYS-BAS VONT RÉGULARISER PRÈS DE 30.000 ILLÉGAUX

07/06/2007 - Le Parlement néerlandais devrait donner son feu vert jeudi à la régularisation d'environ 30.000 immigrés illégaux, première mesure phare du gouvernement élu en novembre et dont l'approche en matière d'immigration rompt avec celle du cabinet précédent.

Sous la houlette de la secrétaire d'Etat d'origine turque Nebahat Albayrak, "l'amnistie générale", comme la surnomment les Néerlandais, a été ficelée en trois mois.

"Au nom du gouvernement, je suis très fière de présenter cette première mesure concrète, trois mois à peine après la composition du gouvernement", a-t-elle déclaré lors d'une rencontre avec la presse à deux jours de la séance parlementaire.

"Nous sommes prêts, le service national de l'immigration est prêt", a assuré Mme Albayrak. "Une grande partie" des 25.000 à 30.000 personnes concernées, arrivées avant 2001 dans le royaume, devrait recevoir "dans les trois mois" une lettre les invitant à se présenter pour obtenir leur titre de séjour, a-t-elle précisé.

Pour les demandeurs d'asile exclus de la mesure, la secrétaire d'Etat a promis la fermeté. "Ils devront quitter le pays le plus vite possible, s'il le faut on les expulsera".

Les associations de défense des immigrés, dont certaines réclamaient une amnistie depuis la fin des années 90, se sont réjouies. "C'est une grande percée pour tous ces gens qui sont ici depuis des années (...) la fin d'une situation sans perspective (...) ils pourront enfin regarder vers l'avant et construire un avenir", a ainsi commenté Vluchtelingenwerk.

Le gouvernement néerlandais étant une coalition composée de représentants des principaux partis au parlement, l'adoption du texte ne fait pas de doute.

Mme Albayrak s'est dite "confiante", même si "il y a au Parlement un parti dont la seule raison d'être est la lutte contre l'immigration" (le PVV, extrême droite, neuf sièges sur 150, ndlr).

"Les conséquences d'une amnistie générale sont carrément catastrophiques. Avant tout, cela attirera l'immigration illégale", a toujours maintenu le leader du PVV Geert Wilders.

"Les débats risquent d'être durs, mais j'espère qu'il y aura un vote dès jeudi, sinon, on devra attendre mardi", a prévu la secrétaire d'Etat.

A 39 ans, Nebahat Albayrak, active depuis neuf ans au sein du Parti travailliste (PvdA), incarne selon ses propres mots "l'exact opposé" de la précédente ministre libérale de l'Immigration et de l'Intégration Rita Verdonk, surnommée "Rita de fer" en raison de son approche restrictive.

"Pendant toutes ces années, la régularisation a été taboue", a-t-elle estimé.

A l'issue des législatives de novembre, une coalition entre chrétiens-démocrates du Premier ministre Jan Peter Balkenende, travaillistes et un petit parti chrétien-démocrate (CU) avait mené à la composition d'un gouvernement de centre-gauche en février.

L'amnistie générale prévoit que tout demandeur d'asile débouté arrivé avant 2001 aux Pays-Bas et dont l'expulsion n'a pas eu lieu obtienne un titre de séjour, ainsi que sa famille si elle l'a rejoint avant le 13 décembre 2006.

A cette date, le parlement avait en effet demandé à Mme Verdonk, encore ministre de l'Immigration, de geler toute expulsion puisque des élections était sortie une majorité claire en faveur d'une régularisation. Mme Verdonk avait dû céder après le vote d'une motion de censure.

L'amnistie exclut les criminels de guerre et les personnes condamnées à au moins un mois de prison ferme.
© Le Temps

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RUSSIE: LES EXTRÉMISTES SURVEILLÉS SUR LE NET

06/06/2007 - Les autorités russes ont pour la première fois empêché des nationalistes d'utiliser un blog pour organiser des manifestations anti-immigrés, a déclaré mercredi à Reuters le leader d'une organisation d'extrême-droite. En janvier, le président Vladimir Poutine avait ordonné aux services de sécurité de lutter contre l'extrémisme et le racisme, de plus en plus virulents dans le pays, et alimentés en partie par la jalousie suscitée par le succès commercial d'immigrés originaires du Caucase et d'Asie centrale, ainsi que par les guerres en Tchétchénie.
© Le Journal du Dimanche

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PARTICIPATION DE LA SUISSE À LA CONFÉRENCE DE L'OSCE SUR LA LUTTE CONTRE LA DISCRIMINATION

Participation de la Suisse à la Conférence de l'OSCE sur la lutte contre la discrimination et sur la promotion du respect et de la compréhension mutuels, les 7 et 8 juin à Bucarest

06/06/2007 - Deux ans après la Conférence de l'OSCE sur l'antisémitisme et les autres formes d'intolérance à Cordoue (2005), l'OSCE poursuit ses travaux à Bucarest. La délégation suisse, conduite par le Représentant permanent de la Suisse auprès de l'OSCE, comprend des représentants des milieux intéressés de la société civile.
À l'occasion de la Conférence de l'OSCE à Bucarest, les délégations des Etats participants de l'OSCE et les organisations non gouvernementales examineront l'état actuel des mesures pratiques visant à combattre l'intolérance et la discrimination, et se consacreront aux travaux de suivi de la Conférence de Cordoue.

La Conférence de Cordoue avait abordé, pour la première fois, les différents aspects de la question de la tolérance d'un point de vue global, une conception qui reflète celle de la Suisse. Le rôle des médias, le souvenir de l'Holocauste et l'éducation à ce sujet étaient au coeur des discussions de la Conférence de l'OSCE sur l'antisémitisme et les autres formes d'intolérance à Cordoue. La Conférence avait débouché sur une déclaration du Président en exercice de l'OSCE (« Cordoba Declaration »), reprise dans la décision ministérielle de Ljubljana (2005) sur la promotion du respect et de la compréhension mutuels.

Le Conseil fédéral a déjà réitéré, à diverses reprises, son engagement sans équivoque en faveur de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie. Il soutient de nombreux instruments et démarches, au niveau national et international, en vue d'éliminer le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie.

La Conférence de l'OSCE de Bucarest permettra à tous les représentants suisses d'expliquer aux 55 autres Etats participants de l'OSCE et aux membres de la société civile la politique actuelle de la Suisse, et d'évoquer les éventuelles questions et problèmes spécifiques.

Renseignements:
Service de presse et d'information
Palais fédéral ouest
CH-3003 Berne
Tél.: (+41) 031 322 31 53
Fax: (+41) 031 324 90 47
E-Mail: info@eda.admin.ch
© Confédération suisse

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LA COMMISSION CANTONALE D'INTÉGRATION RECOMMANDE LE OUI À L'ÉLIGIBILITÉ DES ÉTRANGERS (Suisse)

06/06/2007 - Elle invite les Jurassiennes et Jurassiens, ainsi que les étrangers disposant du droit de vote à se déplacer en masse le 17 juin. La Commission cantonale d'intégration des étrangers et de la lutte contre le racisme réunit des représentants des communautés étrangères et des associations jurassiennes qui ont un lien avec l'intégration des étrangers. Elle a pour but de proposer une politique d'intégration des étrangers dans le milieu social jurassien.
© Radio Fréquence Jura

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«NOTRE COMMUNAUTÉ EST TRÈS INQUIÈTE» (Suisse)

Par Xavier Lafargue

04/06/2007 - «L'origine criminelle de l'incendie nous inquiète beaucoup», confie Ron Aufseesser, président de la Communauté israélite de Genève. «Il y a quelqu'un qui a mis le feu à une synagogue. Et brûler un lieu de culte n'est pas un geste anodin.» Comme David Gaon, Ron Aufseesser ne croit pas à un acte revanchard: «La synagogue Hekhal Haness est certes privée et propriété de la famille Gaon, mais il n'y a pas d'hostilités entre les diverses synagogues genevoises.»

Ron Aufseesser redoute en revanche la récupération, par exemple politique, de ce drame. «Il est dangereux de faire des amalgames», lâche-t-il, commentant les propos du conseiller national socialiste Roger Nordmann. Ce dernier a attribué la responsabilité politique de l'incendie à Christoph Blocher, coupable selon lui de vouloir affaiblir, voire supprimer la norme pénale contre le racisme et l'antisémitisme. Une récupération politique que la Fédération suisse des communautés israélites a elle aussi sèchement critiquée.
© Le Matin Online

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«UN PROJECTILE A ÉTÉ LANCÉ» (Suisse)

David Gaon, président de la synagogue de Malagnou, apporte des précisions sur l'incendie du 24 mai dernier. Par Xavier Lafargue

04/06/2007 - «Deux minutes de plus et c'était l'embrasement total...» Président de la synagogue Hekhal Haness de Malagnou, David Gaon revient sur le sinistre, d'origine criminelle, qui a ravagé le bâtiment le 24 mai dernier, à 5h du matin.

Selon lui, «un projectile incendiaire a été lancé à l'intérieur de la synagogue. On voit d'ailleurs un cratère sur le côté gauche de l'entrée. Mais de quel genre était ce projectile, je l'ignore», précise le fils du financier Nessim Gaon, fondateur de la synagogue.

Un acte revanchard?
Comment le ou les criminels se sont-ils introduits dans la synagogue? «L'entrée principale est certes fermée, mais il leur était tout à fait possible de briser l'une des vitres en plexiglas de la porte, puis de jeter leur projectile par cette brèche, estime David Gaon. Mais je fais confiance à la police scientifique pour faire toute la lumière sur cet incendie.»

Un sinistre qui pourrait être la conséquence d'un acte revanchard? On le sait, la synagogue Hekhal Haness avait pris une très grande indépendance vis-à-vis de la communauté israélite. «Je ne peux pas imaginer, j'exclus même catégoriquement que cet acte soit l'oeuvre d'un Israélite, répond David Gaon. Il est vrai que notre synagogue est indépendante et privée et que depuis peu, nous choisissons nous-mêmes notre rabbin. Mais la majorité de nos fidèles versent leur cotisation à la Communauté israélite de Genève. Non, il y a une unité chez les Israélites, et on lutte pour la préserver. J'exclus aussi un acte dirigé contre notre famille. Si quelqu'un veut s'en prendre à nous, il ne le ferait pas en s'attaquant à la synagogue.»

Paroi blindée et antifeu
En attendant les conclusions de l'enquête, David Gaon met tout en oeuvre pour que la synagogue soit restaurée pour le 12 septembre, la grande fête du Nouvel-An juif. «Les dégâts sont très importants», dit-il. On a parlé de plus de 100'000 francs... «Vous pouvez facilement rajouter un zéro, confie-t-il. Par chance, il y avait une paroi amovible, blindée et antifeu entre la synagogue et les salles. Sans cela, le feu se serait propagé partout.»
© Le Matin Online

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MOBILISATION CONTRE LE RENVOI D'UN ANGOLAIS (Suisse)

04/06/2007 - Plusieurs personnalités se sont mobilisées lundi à Berne contre le renvoi d'un Angolais de 21 ans. Expliquant qu'il vit depuis 14 ans en Suisse et qu'il n'a plus d'attaches en Angola, elles ont demandé la reconsidération de son cas.

Une demande dans ce sens va être déposée ces prochains jours, ont annoncé lors d'une conférence de presse Ueli Leuenberger, vice président des Verts, et Boël Sambuc, vice-présidente de la Commission fédérale contre le racisme. Une pétition de soutien munie de 5000 signatures, dont celle de l'ancien chancelier de la Confédération François Couchepin, a été présentée.

En Suisse depuis 14 ans
Le jeune homme est arrivé en Suisse à l'âge de sept ans après avoir fui la guerre civile dans son pays. Maltraité durant son enfance, il a suivi toute sa scolarité en Suisse. Au bénéfice d'une admission provisoire depuis 1994, il dépend aujourd'hui de l'aide sociale et reçoit dix francs par jour à ce titre.

Selon lui, son permis F l'empêche de trouver du travail. Il a également commis des petits délits comme acheter et consommer du cannabis. En raison de cette incapacité de s'intégrer, l'Office fédéral des migrations a décidé de ne pas régulariser sa situation et donc de le renvoyer, a confirmé à l'ATS le porte-parole de l'Office Dominique Boillat.

Arrêté en février
En vue de son renvoi, le jeune homme a été arrêté en février et est resté trois mois derrière les barreaux, avant d'être relaché le 18 mai, ses conditions de détention n'étant pas conformes à la loi.

Le jeune Angolais séjourne donc actuellement illégalement en Suisse et peut être arrêté à tout moment, selon ses défenseurs. Pour Boël Sambuc, son cas n'est pas unique et est emblématique de la manière inhumaine avec laquelle la nouvelle loi sur l'asile est appliquée. Les décisions de l'administration sont en outre de plus en plus empreintes d'un racisme diffus, attisé au niveau politique, a-t-elle ajouté.
© Télévision Suisse Romande

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MALAGNOU: ROGER NORDMANN ACCUSE BLOCHER (Suisse)

03/06/2007 - Le conseiller national Roger Nordmann estime que «Christoph Blocher porte la responsabilité politique» de l'incendie qui a ravagé la synagogue genevoise de Malagnou, écrit le socialiste sur son site internet.

Le Vaudois justifie ses accusations par le fait que la veille de l'acte criminel, le conseiller fédéral UDC avait convoqué une réunion pour évoquer la suppression, qu'il souhaite, de la norme pénale contre le racisme et l'antisémitisme, précise «Le Matin Dimanche».

Pour Roger Nordmann, «le lien est évident. Un désaxé aura interprété cela comme un signal pour passer à l'acte». Le conseiller national appelle, sur son site web, le Conseil fédéal à annoncer «son intention de maintenir sans changement l'article correspondant du Code pénal» et de dessaisir Christoph Blocher du dossier.

L'UDC outrée
Cette prise de position n'a pas manqué de susciter des réactions, tant au sein du PS que de l'UDC. Hans Fehr (UDC/ZH) a estimé que «ces reproches indignes sont une tentative du PS de faire les yeux doux aux juifs. Ceux-ci sont agacés par le fait que les socialistes sont trop proches du terrorisme palestinien».

Yvan Perrin, vice-président de l'UDC, est quant à lui «très étonné qu'un homme de l'intelligence de Roger Nordmann se prête à une récupération qui sent les élections fédérales». Le Neuchâtelois attend par ailleurs du «Parti socialiste qu'il se désolidarise de ces propos stupéfiants».

Les critiques de Blocher
En octobre, le ministre de la Justice avait fait couler beaucoup d'encre lors d'une visite en Turquie. Evoquant le génocide arménien, il avait critiqué la norme pénale en vigueur en Suisse, parlant de supprimer l'article 261 bis du Code pénal.

Dans l'intervalle, le Conseil fédéral a pris position contre la suppression de cette norme, tout en considérant une éventuelle révision de la loi comme légitime.
© Télévision Suisse Romande

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CONTROVERSE AUTOUR DES MINARETS (Suisse)

02/06/2007 - La population suisse pourrait bientôt avoir à décider s'il est opportun d'interdire la construction de nouveaux minarets dans le pays.

Un groupe d'élus de l'Union démocratique du centre (UDC), influent parti de la droite populiste, a annoncé il y a quelques semaines qu'il lançait la collecte des 100 000 signatures requises pour forcer la tenue d'un référendum contraignant à ce sujet.

Le conseiller national Ulrich Schlüer, affirme, pour justifier la démarche, que les minarets constituent «un symbole de la loi islamique plus qu'un symbole religieux» et entrent du coup en contradiction avec le droit suisse.

Le politicien, qui se défend d'être islamophobe, affirme que les projets de construction de minarets sont appelés à se multiplier en raison de l'immigration musulmane croissante en Suisse et qu'il est urgent d'intervenir.

Son argumentation trouve écho dans un récent communiqué de l'UDC qui se félicitait du rejet d'un projet de mosquée comportant un minaret. «La Suisse connaît la liberté des religions et des croyances... Mais c'est un fait aussi que la Suisse appartient au cercle culturel chrétien. Toutes les autres religions et tendances religieuses doivent en tenir compte» prévenait le parti, en relevant que la liberté religieuse peut facilement «dégénérer en provocation».

«Il est vivement recommandé aux prétendues associations culturelles qui souhaitent construire une maison de prière avec un minaret de pratiquer leur activisme religieux dans un contexte plus discret», concluait le communiqué.

À l'heure actuelle, deux minarets seulement existent dans l'ensemble du pays. Et ils ne peuvent être utilisés pour lancer l'appel à la prière.

Hier, un porte-parole de l'UDC joint à Berne, Mats Muller, a indiqué que la collecte des signatures avait été lancée par des élus du parti mais n'avait pas pour autant reçu l'appui formel de la formation conservatrice, connue pour ses positions agressives en matière d'immigration.

«Nous nous prononcerons à ce sujet lorsqu'il deviendra clair que le référendum va aller de l'avant. C'est encore trop tôt», a expliqué M. Muller.

La volonté du peuple
Certains juristes suisses affirment qu'une loi interdisant la construction de minarets pourrait être rapidement désavouée par la Cour européenne des droits de l'homme, garante, notamment, de la protection de la liberté religieuse.

«La Suisse est un pays indépendant. C'est la volonté du peuple qui doit être respectée. Nous n'aurions pas à nous confirmer à ce que la cour dirait», rétorque le porte-parole de l'UDC.

L'initiative référendaire, qui a été signalée par la chaîne Al-Jazira, est très mal reçue par la communauté musulmane suisse ainsi que les autres partis membres de la coalition qui gouverne le pays.

Un membre du Conseil fédéral, Pascal Couchepin, du Parti radical-démocratique, a déclaré récemment que la démarche des élus de l'UDC donnait «une image inquiétante de la Suisse».

Le quotidien Le Temps accuse le parti de vouloir «surfer sur la peur de l'étranger» en prévision des élections prévues à l'automne, ce que nie M. Muller.

La controverse survient alors que le Conseil de l'Europe sonne l'alarme sur la montée "inquiétante" de l'intolérance à l'échelle du continent.

Dans un rapport rendu public la semaine dernière, la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) s'inquiète de «l'hostilité croissante"»manifestée envers les musulmans, relevant au passage que l'intégration n'est pas un processus à sens unique.

L'ECRI avait émis une mise en garde relative à la Suisse en 2000, avant que l'UDC ne connaisse une forte montée de popularité. «La société suisse, soulignait-elle alors, refuse trop souvent d'admettre que la notion de multiculturalisme recouvre un champ plus large que la traditionnelle pluralité linguistique du pays.» M. Muller insiste pour sa part sur la nécessité de traiter des difficultés posées par l'arrivée «massive» d'immigrants, en particulier en provenance de pays musulmans. «Il y a de réels problèmes qui en découlent. Il faut en parler. C'est le rôle des partis politiques de le faire», dit-il.
© CyberPresse

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INCENDIE DE LA SYNAGOGUE: LA PISTE ANTISÉMITE RELANCÉE? (Suisse)

02/06/2007 - L'enquête écarte la thèse de l'accident. Le feu est d'origine criminelle, conclut le juge d'instruction Michel Graber. La communauté juive est en émoi.
Acte antisémite ou geste irresponsable d'une personne désoeuvrée? Le champ d'investigation sur l'incendie qui a détruit, le 24 mai dernier, la synagogue du quartier de Malagnou, à Genève, se restreint. Hier dans la soirée, le juge d'instruction en charge de l'enquête, Michel Graber, a écarté la thèse de l'accident. Pour lui, le feu est indubitablement d'origine criminelle. Les analyses effectuées sur le foyer de mise à feu ont révélé que «l'incendie est incompatible avec une cause accidentelle». A ce stade des recherches, aucune hypothèse ne peut être exclue, a précisé le juge dans un communiqué.

Ce dernier ne prend néanmoins pas très au sérieux celle d'un acte de mouvances extrémistes. «Les groupes subversifs marquent le plus souvent leur cible d'une signature», analyse une source proche du dossier. Quoi qu'il en soit, la piste antisémite refait furieusement surface. Mais la prudence reste de mise. La communauté juive est en émoi. Au terme de la célébration de l'office religieux, hier soir à la synagogue de Beth Yaacov, dans le quartier de Plainpalais, les participants ont témoigné d'un sentiment d'inquiétude (lire ci-dessous).

Prélèvement ADN sur un mégot
Les enquêteurs viennent d'effectuer un prélèvement ADN sur un mégot de cigarette trouvé à proximité du lieu de départ de l'incendie. C'est l'unique élément porteur d'ADN récupéré après l'arrosage effectué par les pompiers. L'eau et le feu ont effacé la quasi-totalité des indices potentiels. Et les témoins entendus par la police n'ont pas pour l'heure pas permis de discerner un éventuel suspect.

L'étude des données est en cours. Elle risque cependant d'aboutir sur un échec, car la qualité de l'échantillon prélevé n'est pas optimale. L'ADN a pu être altéré par la chaleur. Quoi qu'il en soit, les investigations se poursuivent selon les moyens traditionnels de police. Les enquêteurs sont obligés de «ratisser large», indique notre source. Les recherches risquent de se poursuivre de longs mois.

Les réactions se sont succédé au fil de la soirée. Sur les ondes de la Radio romande, le président de la Fédération suisse des communautés israélites, Alfred Donath, s'est dit «bouleversé et choqué». Pour lui, le caractère antisémite du sinistre est «indéniable». La Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (CICAD) a qualifié «d'acte odieux» l'incendie criminel qui a ravagé la synagogue de Malagnou. «Il faut maintenant déterminer les motivations du ou des coupables», a déclaré son secrétaire général Johanne Gurfinkiel. Il a accueilli les conclusions du juge d'instruction avec un sentiment de tristesse. De nombreuses hypothèses, autres que l'antisémitisme, peuvent être envisagées, a fait-il savoir. Certains évoquent sans peine la possibilité d'un «attentat».

Survenu vers 5 heures du matin, le feu n'avait pas fait de blessé. Les dégâts sont en revanche très importants. L'incendie a complètement dévasté l'entrée du bâtiment. Mais les objets précieux de culte n'ont pas été endommagés par les flammes. Les rouleaux de la Torah, notamment, ont pu être préservés. Cet acte criminel est intervenu le jour de Chavouot, fête juive du don de la Torah. Construit en 1970, ce lieu de culte est le plus grand des cinq synagogues de Genève. Il peut accueillir au moins 1200 fidèles. La synagogue Hekhal Haness est principalement fréquentée par des juifs séfarades originaires d'Orient et d'Afrique du Nord.

Cela rappelle une époque que l'on croyait révolue à jamais»
A Plainpalais, le bâtiment religieux est protégé par une grille fermée, elle-même contrôlée par deux personnes qui nous refusent l'entrée pour ne pas perturber l'office. «Ron Aufseesser (président de la Communauté israélite de Genève –CIG) est-il là?» «Oui, mais il prie.» C'est Laurence Sananes Zagury qui, au téléphone, nous avait dit qu'il se trouverait probablement à Beth Yaacov. En apprenant la nouvelle, cette membre de la CIG s'était dite bouleversée: «Il y a une semaine, j'avais été soulagée de savoir que l'incendie était probablement accidentel. Là, tout est remis en question!»

Bientôt, Philippe Grumbach, président de la Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (CICAD), sort pour nous faire part de sa «profonde consternation»: «Je viens de lire le communiqué du juge d'instruction. Nous sommes très préoccupés, car avec celle de Lugano, c'est la deuxième synagogue brûlée en deux ans, ça fait beaucoup. Si les conclusions du juge Graber sont exactes, nous demandons aux autorités judiciaires, politiques et à la police, auxquelles nous accordons une grande confiance, de tout entreprendre pour trouver le ou les responsables de cet acte odieux. Il rappelle une époque que l'on croyait révolue à jamais.»

Peu à peu, d'autres personnes sortent prendre l'air. Un jeune homme allume une cigarette. Vous êtes au courant? «Oui, on ne peut que regretter ce crime, ça remue. Mais il faut être prudent et attendre d'en connaître l'origine exacte.» «L'enquête n'a pas encore permis de déterminer si cet acte est de nature antisémite», communiquera plus tard la CICAD dans un communiqué de presse envoyé par Johanne Gurfinkiel, secrétaire général.

En attendant, pour le président Grumbach, «l'acte est criminel, donc, il est antisémite. Espérons que ce soit seulement un acte isolé. Pour l'incendie de Lugano, on nous a dit que c'était le fait d'un fou, mais on n'a jamais su. Nous, juifs de Suisse, y vivons bien, et Genève n'est pas Sarcelles. Mais tout cela nous inquiète beaucoup, particulièrement dans un contexte où Christoph Blocher veut abolir l'article 261bis contre le racisme, qui punit en particulier la négation d'Auschwitz.» La grille devant la synagogue s'ouvre pour laisser sortir une femme. Elle est musulmane et a accompagné sa fille qui assistait à la Bar Mitsvah d'une copine. Les événements de Malagnou, dit-elle, font écho à une certaine islamophobie en Suisse. Sa fille, elle, est tout excitée à l'idée qu'elle sera citée dans le journal. Sa bonne humeur répond à celle qui règne encore au sortir de la synagogue.

Par Rachad Armanios
© Le Courrier

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LA POLICE ONTARIENNE ASSURE AVOIR CHANGÉ (Canada)

03/06/2007 - La police provinciale de l'Ontario soutient être devenue un des corps policiers les plus «progressistes au monde» depuis la mort du manifestant autochtone Dudley George, abattu par un policier il y a 12 ans, mais des organismes représentant des minorités allèguent que le racisme constitue toujours un réel problème au sein des forces de l'ordre et le corps policier lui-même reconnaît qu'il doit en faire davantage pour rendre ses agents plus sensibles aux minorités.

Selon Marie Chen, avocate pour la Clinique juridique afro-canadienne, les autochtones et les personnes de race noire sont encore sur-représentées dans le système de justice criminelle de la province, et la police provinciale ne peut pas se dire progressiste tant qu'elle n'a pas fait la recherche et compilé les données prouvant qu'elle s'est penchée sur les causes de cette situation.

Le chef Angus Toulouse, de la bande Sagamok Anishnawbek, a soutenu qu'il n'était nullement surpris du constat de la commission selon lequel les policiers font montre d'insensibilité culturelle et de racisme. Il y a un racisme systémique, nous le vivons tous les jours, affirme-t-il.

Dans son rapport d'enquête publique sur la mort de M. George, le commissaire Sidney Linden a notamment écrit que les policiers provinciaux avaient employé des termes racistes à l'endroit des autochtones qui occupaient le parc provincial Ipperwash en septembre 1995.

Selon M. Toulouse, quiconque travaille régulièrement avec des membres des premières nations devrait suivre une formation interculturelle. Et cela s'applique tout particulièrement à la police, croit-il.

Julian Fantino, le commissaire de la police ontarienne, n'a pas encore commenté publiquement la conclusion du commissaire Linden selon laquelle les policiers manquaient de sensibilité culturelle. Il n'a pas voulu être interrogé sur les mesures que son corps policier a prises pour remédier au problème.

Mark Sandler, l'avocat de la police provinciale à l'enquête sur Ipperwash, a déclaré que le corps policier a déjà adopté plusieurs des recommandations du commissaire et travaille depuis plusieurs années à développer des relations plus respectueuses avec les premières nations de l'Ontario.

Il a ajouté que les changements mis en place depuis la tragédie d'Ipperwash incluent des équipes de relations avec les autochtones, chargées de fournir une médiation en cas de conflit, la création d'un poste d'agent de liaison, un programme de sensibilisation auquel plus de 2000 policiers ont participé, et des programmes de recrutement et de promotion de policiers autochtones.
© CyberPresse

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LE RAPPORT SUR L'AFFAIRE IPPERWASH MOTIVE LES CHEFS AUTOCHTONES (Canada)

01/06/2007 - Des chefs autochtones de partout au pays affirment que le dépôt du rapport sur l'affaire Ipperwash, cette semaine, a accru leur détermination à avoir recours à tous les moyens possibles, cet été, afin de sensibiliser la population au sujet des problèmes de revendication territoriale, de racisme et de pauvreté auxquels font face les Premières Nations.

L'Assemblée des Premières Nations a prévu une journée d'action nationale, le 29 juin, afin d'attirer l'attention sur ces questions. Et bien que l'organisme ait clairement fait savoir qu'il n'appuyait que des méthodes de protestation pacifiques, la journée a de façon inévitable été associée à des barrages ferroviaires et aux appels de certains chefs en faveur d'un été de protestation.

Selon le rapport de l'enquête publique sur les circonstances de la mort de Dudley George au parc provincial d'Ipperwash, en Ontario, en 1995, l'absence de volonté d'Ottawa de régler le dossier des revendications territoriales amérindiennes, l'impatience du gouvernement conservateur de Mike Harris et l'insensibilité culturelle de la police provinciale ontarienne ont contribué à ce que le manifestant non armé soit abattu, au cours d'une occupation du parc.

Le frère de Dudley George, Sam, a dit souhaiter vendredi que les terres du parc soient rendues aux autochtones, une chose que la province n'est pas encore prête à faire.

Au lendemain du dépôt du rapport, M. George a lancé un appel au gouvernement ontarien, en conférence de presse, afin qu'il fasse un geste en faveur de la paix et remette le parc à la Première Nation de Kettle Point et de Stony Point.

Le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, a indiqué qu'il était encore trop tôt pour déterminer si la province pouvait s'engager en ce sens.

David Ramsay, ministre délégué aux Affaires autochtones, a quant à lui expliqué qu'un engagement immédiat était impossible en raison des différends qui existent parmi la communauté autochtone quant à la façon dont le parc devrait être utilisé.
© Info 690

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DES AMÉRINDIENS APPELLENT AU BOYCOTT DE TIM HORTONS POUR CAUSE DE RACISME (Canada)

01/06/2007 - Les membres d'une communauté amérindienne de l'Alberta ont appelé au boycott de la chaîne Tim Hortons : un franchisé de Lethbridge avait affiché la semaine dernière à la fenêtre du service à l'auto «Les Indiens soûls ne sont pas admis». Maria Eagle Speaker, qui n'a pas vu l'affiche («No drunken Indians allowed») mais qui assiste une personne qui a porté plainte, a indiqué que le gérant de l'établissement lui a avoué qu'une employée du quart de nuit avait mis cette affiche à la blague.

Mme Speaker a soutenu que le gérant ne lui avait pas offert d'excuses à ce moment, mais que des mesures disciplinaires avaient été prises contre l'employée.

«Nous méritons d'être traités avec le même respect que n'importe qui», a déclaré Mme Speaker.

Rachel Douglas, porte-parole de la compagnie, a prévenu que ces gestes ne seraient pas tolérés par Tim Hortons et que les Amérindiens sont les bienvenus dans les commerces de la chaîne de restauration. «Au nom de Tim Hortons et de son franchisé de Lethbridge, nous offrons nos plus sincères excuses», a-t-elle dit.

Selon Mme Douglas, la jeune employée a été suspendue et le sujet a été discuté avec les autorités de la Tribu des Blood. «Ça n'a pas été fait de façon malveillante, a ajouté Mme Douglas. Elle est jeune et c'était irréfléchi. Quand nous en avons discuté avec elle, ses remords étaient sincères et elle était vraiment atterrée d'avoir offensé qui que ce soit.»

Cet incident a été l'élément déclencheur d'un courriel appelant au boycott de la chaîne.
© Corus Nouvelles

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UNE SÉRIE DE FACTEURS SONT RESPONSABLES DE LA MORT DE DUDLEY GEORGE (Canada)

31/05/2007 - Selon le rapport de l'enquête publique sur les circonstances de la mort de Dudley George en 1995, l'absence de volonté d'Ottawa de régler le dossier des revendications territoriales amérindiennes, l'impatience du gouvernement conservateur de Mike Harris et l'insensibilité culturelle de la police provinciale ontarienne ont contribué à ce que le manifestant non armé soit abattu, au cours d'une occupation du parc provincial Ipperwash, il y a 12 ans.

«Il est impossible d'attribuer la mort de M. George à un seul facteur, une seule personne ou une seule institution», a écrit le commissaire Sydney Linden dans son rapport de quatre volumes, déposé jeudi.

«Au contraire, c'est une combinaison de facteurs qui a entraîné le résultat violent (...) Les personnes et les institutions doivent être tenues responsables pour les conséquences de leurs gestes et de leurs paroles, que ces conséquences soient voulues ou non.»

«Le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial et la police provinciale doivent tous assumer une part de responsabilité pour les décisions (...) qui ont fait augmenter les risques de confrontation violente.»

Tandis que le gouvernement fédéral «laissait s'envenimer les revendications territoriales amérindiennes pendant des décennies», le commissaire Linden blâme également M. Harris, alors premier ministre de la province, pour avoir ordonné à la police de faire sortir les manifestants amérindiens du parc provincial dans les prochaines 24 heures, quelques jours seulement après qu'ils eurent investi les lieux, au motif qu'il s'agissait d'un cimetière sacré.

M. Harris a bel et bien proféré des insultes raciales au cours d'une réunion quelques heures avant que M. George ne soit abattu par un tireur d'élite, mais il n'a pas donné l'ordre à la police provinciale d'investir le parc et de mener cette intervention bâclée.

«Après avoir attentivement étudié les preuves, je crois que Michael Harris a déclaré : "Je veux ces putains d'Indiens hors du parc", a écrit M. Linden. Je suis d'accord pour décrire ce commentaire du premier ministre Harris (...) comme étant raciste.»

L'attitude du gouvernement et son refus de vérifier la légitimité de la revendication amérindienne a fait en sorte qu'il était virtuellement impossible pour les deux parties de négocier la fin de ce conflit, a conclu le commissaire. «Le premier ministre aurait pu faire preuve de patience au lieu de tenter de régler le conflit rapidement.»

David Ramsey, le ministre responsable des Affaires autochtones de l'Ontario, s'est excusé pour la mort de Dudley George et a déclaré que son gouvernement avait créé une équipe qui mettrait l'accent sur les recommandations du rapport d'enquête.

Mais l'avocat représentant les Amérindiens lors de l'enquête a déclaré que Mike Harris devait s'excuser auprès du peuple ontarien pour avoir menti à propos des insultes raciales.

Cependant, son avocat, Peter Downard, a déclaré jeudi qu'il n'avait pas lieu pour l'ancien premier ministre de s'excuser à la suite de la parution de ce rapport d'enquête.

«La mort de Dudley George est une tragédie, mais en autant que M. Harris soit concerné, cette commission d'enquête a établi qu'il n'y avait pas de preuves permettant de croire que M. Harris ou un membre de son gouvernement soit responsable de la mort de Dudley George, a déclaré M. Downard. Le commissaire a été très, très clair à l'effet que M. Harris n'avait eu aucune influence sur les gestes posés et que M. Harris n'avait pas causé cette mort.»
© Info 690

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LES 39 PRISONNIERS FANTÔMES DE LA CIA (Etats-Unis)

Un collectif d’organisations de défense des droits de l’homme demande à Washington où sont ces détenus, accusés de terrorisme et qui n’ont plus donné signe de vie.

07/06/2007 - Le gouvernement américain l’avait promis : les fameuses «prisons secrètes» mises en place par la CIA pour détenir et interroger hors de tout contrôle judiciaire des terroristes présumés, devaient disparaître. Or, selon des ONG, 39 détenus présumés de ce programme n’ont toujours pas donné signe de vie.

Dans un rapport, les organisations britanniques Amnesty International, Cageprisoners et Reprieve, et américaines Human Rights Watch (HRW), Center for Constitutionnal Rights (CCR) et Centre for Human Rights and Global Justice (CHRGJ), livrent ces 39 noms. Les personnes disparues sont originaires d'Egypte, du Kenya, de Libye, du Maroc, du Pakistan et d'Espagne.

Epouses et enfants détenus en secret
Le rapport précise «les endroits où les prisonniers ont pu être détenus, les mauvais traitements qu'ils ont subis, et les pays dans lesquels ils ont pu être transférés». Il explique également que des parents des personnes emprisonnées, dont les épouses ou les enfants parfois âgés de seulement 7 ans, ont également été détenus en secret.

Il cite l'exemple de Khalid Sheikh Mohammad, considéré comme le principal responsable des attentats du 11 septembre, dont les enfants âgés de 7 et 9 ans avaient été arrêtés en septembre 2002. «Selon des témoins, ils ont été placés dans un centre de détention pour adultes pour au moins quatre mois pendant que des agents américains les questionnaient sur leur père», affirme le rapport.

Mis en place suite au 11 septembre, le programme de la CIA faisait circuler les prisonniers par avion de pays en pays. Le Washington Post avait révélé l’existence de ces prisons en 2005, suscitant l’embarras de l’administration Bush, mais aussi d’une vingtaine de pays d’Europe qui avaient coopéré au programme.

«L'administration américaine doit mettre une fois pour toute un terme à cette pratique illégale et moralement répugnante», estime Amnesty International. Plusieurs ONG ont déposé une plainte devant une cour fédérale américaine en vertu de la loi sur la liberté de l'information pour obtenir des renseignements sur les détenus disparus.
© Le Figaro

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ETATS-UNIS : LEVÉE DE BOUCLIERS À GASTON COUNTY OÙ 3 HOMMES BLANCS SE GRIMENT EN NOIR POUR HONORER LE GOSPEL

05/06/2007 - Courant mai, sous prétexte de rendre hommage au Gospel afro-américain, trois hommes blancs de la Pilgrim Baptist Church de Gaston County (Charlotte, Caroline du Nord) se griment en noir pour interpréter en play-back des chants traditionnels afro-américains, un acte qui a entraîné une levée de boucliers du côté de leaders noirs locaux, pour qui cet acte s’apparente tout simplement à du racisme.

En effet, il ne faut pas oublier que pendant longtemps, l’Amérique blanche, pour dénigrer la communauté noire et rire d’elle, avait l’habitude de la singer par le biais notamment de ces hommes qui se peignaient le visage en noir, et adoptaient des attitudes supposées être celles des noirs, le tout étant supposé être de l’humour.

Pour Stéphane York, membre de la Pilgrim Baptist Church, s’être habillé en bleu de travail, chemise de flanelle et peint son visage en noir était simplement fait dans le but d’honorer le gospel, et surtout pas pour offenser quiconque, position que défend aussi le révérend Thomas Holbrooks Jr, pasteur de l’église indexée. Ensuite, Stéphane York justifie qu’il ne peut en aucun cas être considéré comme raciste, en affirmant qu’il a de très bons amis noirs (Alléluia !!!).

Pour David Moore, président de la “Gaston County Organization for Community Concerns “, une organisation à but non lucratif oeuvrant auprès des minorités, aucun souci avec toute personne qui veut chanter de la musique noire, mais prétendre pour cela qu’on est une personne noire alors qu’en réalité on ne l’est pas, s’apparente plus à une moquerie qu’autre chose, avis partagé aussi par Clyde Walker, président de la section NAACP locale.

A lire le commentaire de Thérèse Holbrooks l’épouse du pasteur (de qui serait venue l’idée de se peindre le visage en noir), à priori, les membres de la Pilgrim Baptist Church peinent toujours à comprendre pourquoi cette levée de boucliers contre leur si jolie idée : "Une petite femme blonde a chanté Randy Travis (ndrl : chanteur blanc). Donc je suppose que Randy Travis devrait être offensé…Mon mari a été pantomimé jouant du piano. Donc je suppose que le piano devrait être offensé." A celle-là, nous demanderons simplement comment elle apprécierait des jeunes noirs qui, sous prétexte de chanter de la musique classique, mettront des perruques blondes et se teindront le visage avec de la farine !

On en pense quoi à Culturefemme.com ? Décidément ce monde ne tourne pas rond ? N’était-ce pas plus simple, si cette église voulait honorer le gospel, d’inviter en son sein une « vraie » chorale gospel, occasion aussi de rapprocher deux communautés, au lieu de sortir 3 blancs grimés en noirs ? Ou alors, pourquoi se déguiser pour honorer un genre musical ? Ils n’auraient pas simplement pu chanter en restant eux-mêmes ? Surtout, on se dit à Culturefemme qu’il faudrait sérieusement songer à proposer aux Nations Unies (ou tout autre organisme international), une loi qui rallonge de 20 cm le nez de tout pauvre ère qui ose encore justifier son supposé non-racisme par la sotte excuse : « « j’ai de bons amis noirs » ! Pitié, qu’ils trouvent autre chose ou se taisent à jamais, dé !
© CultureFemme

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ETATS-UNIS : OÙ L’ON REPARLE DU KU KLUX KLAN

Le 02/06/2007 - Quarante trois ans après les faits, James Seale, ex-membre du Ku Klux Klan (KKK), va répondre de ses actes dans une affaire de crime raciste. Dans le sud des Etats Unis, la ségrégation, illégale, n’a pas totalement disparu des mentalités et le Klan, surfant sur la question de l’immigration, semble se refaire une jeunesse.

A 71 ans, James Seale ne terrorise plus personne. Il aurait presque l’air inoffensif depuis qu’il a abandonné sa cagoule blanche. Depuis mercredi, l’ancien policier comparaît devant la justice américaine pour enlèvements et complot dans l’affaire du meurtre de deux jeunes Noirs en 1964. Durant le procès, la Cour doit entendre la déposition de l’accusé lors de sa première arrestation, il y a 43 ans, au cours de laquelle il avait mis au défi la police fédérale de prouver sa culpabilité. C’est chose faite aujourd’hui. Déjà, en mai 2005, avait été jugée l’affaire Killen dont Alan Parker s’était inspiré dans son célèbre film : « Mississippi Burning ».

Pourtant, cette volonté affichée de reconsidérer un passé douloureux, à travers des actions en justice, se heurte aux vieux démons de la ségrégation. Selon Mark Topok, un des responsables du Southern Poverty Law Center spécialiste de la traque des groupuscules racistes, « il y a de nombreux endroits dans le Sud profond où presque rien n’a changé même si la ségrégation n’est plus légale ». En septembre dernier à Jena (Louisiane), un lycéen noir a été molesté après s’être rendu à une fête tacitement réservée au Blancs. Les autorités locales semblaient plutôt soucieuses de minimiser cet incident et de préserver l’image de la ville : « les races ne sont pas un problème local majeur », affirmait à l’AFP Murphy McMillan, maire de Jena. A contrario, l’Union américaine des libertés civiles (ACLU) qualifie Jena (85% de Blancs et 15% de Noirs) de « baril de poudre racial ».

Pour Gérard Hugues professeur de civilisation américaine à l’Université de Nice Sophia Antipolis, « il n'y a pas de montée particulière du racisme aujourd'hui aux Etats Unis. Le racisme, latent ou affiché, existe depuis l'arrivée des premiers colons ; d'abord adressé aux autochtones et beaucoup plus tard à la population noire ». Pour lui, « l’« aura » du Ku Klux Klan, lequel reste très marginal, tient surtout aux mises en scène de l'époque ».

Ce n’est pas l’avis de l’Anti-Defamation League (ADL) qui s’inquiète de la « réapparition » du Klan et de son instrumentalisation de l’immigration qui nourrit la xénophobie. Sous l’égide de la « White pride » (fierté blanche) et des valeurs puritaines, le Klan rassemblerait, d’après l’ADL, quelques milliers de membres répartis dans une vingtaine d’Etats : le « deep south » originel (Caroline du Sud, Alabama), mais aussi, et c’est nouveau, des Etats du nord et de la Côte est (Michigan, New Jersey). La nouvelle génération de klanistes se serait fondue dans la sous-« culture » skinhead ou néonazie, se regroupant dans des concerts de rock identitaire ou des rassemblements unitaires avec d’autres courants d’extrême-droite ; leurs activités « militantes » comprenant l’organisation de ces rassemblements, des campagnes publicitaires de recrutement, la diffusion de tracts et d’ouvrages racistes et antisémites via internet, etc. L’Empire Knights of the KKK, une des branches de l’organisation, possède même sa propre radio de propagande qui diffuse sur Internet des slogans à la gloire de la « white supremacy » (suprématie blanche).

Serait-ce que la droite ultraconservatrice américaine, qui a encore pignon sur rue à Washington et dans certains médias, aurait sans le vouloir permis à certains comportements enfouis de se décomplexer ? Seuls les esprits mal tournés y verront un lien de causalité…
© Marianne

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FERMEMENT ANTI-RACISTE ET RÉSOLUMENT ANTI-INTÉGRISTE

Caroline Fourest, essayiste, estime que la confusion entretenue entre racisme et opposition à l'islamisme est dévastatrice, y compris au sein du Conseil des droits de l'homme.

05/06/2007 - Depuis le 11 septembre, les opinions publiques européennes naviguent entre deux précipices.

Le premier précipice, dicté par la crainte justifiée de l'intégrisme, consiste à ne plus distinguer le terrorisme ou sa souche idéologique - l'islam politique liberticide, c'est-à-dire l'islamisme - de l'islam. Au risque de confondre le danger représenté par ce phénomène politique avec une forme d'«islamisation de l'Europe», comme s'il s'agissait d'un mouvement de masse déferlant sur le continent. Cette confusion repose sur une erreur de diagnostic: l'islamisme est une idéologie qui séduit au-delà des frontières et non une «maladie» importée dans les bagages de l'immigration.

La nuance échappe peut-être à certains mais elle doit être prise en compte si l'on ne veut pas adopter des mesures xénophobes, inefficaces contre les intégristes et injustes envers les immigrés. Je pense notamment au cas célèbre d'Ayaan Hirsi Ali, cette députée néerlandaise d'origine somalienne, sans doute l'une des plus brillantes incarnations de la résistance à l'islamisme, que l'Europe a perdue au profit de l'Amérique. Son cas est très révélateur du paradoxe des politiques sécuritaires. En l'occurrence, le Parti libéral-conservateur ,dont elle est devenue l'une des ambassadrices contre l'islamisme, a fini par voter des lois tellement restrictives envers le droit d'asile et l'immigration... qu'Ayaan Hirsi Ali elle-même n'aurait pu immigrer aux Pays-Bas si elles avaient été votées avant son arrivée!

Non seulement les politiques sécuritaires sont inopérantes face à l'intégrisme mais elles confortent les victimes de racisme dans un sentiment d'injustice propre à faciliter l'emprise de la propagande islamiste. Ce qui m'amène à parler du deuxième précipice: celui de la posture victimaire.

Autant la posture sécuritaire confond islam et islamisme, autant la posture victimaire confond la vigilance face à l'intégrisme avec une forme de racisme. On l'a vu à l'œuvre au moment de la publication de douze dessins danois sur Mahomet. On avait bien le droit d'être choqué par la caricature montrant Mahomet avec une bombe dans son turban, mais sûrement pas de sombrer dans la propagande visant à présenter ce journal danois comme un repaire de racistes, adeptes de la provocation gratuite, et méritant donc bien leur sort.

En l'occurrence, s'il est conservateur, le Jyllands-Posten n'est pas un journal d'extrême droite. Sa provocation n'était pas gratuite, puisqu'il s'agissait de briser un tabou d'un autre âge, celui du blasphème, dans un contexte où aucun dessinateur danois n'acceptait plus de dessiner Mahomet par peur de finir comme Théo Van Gogh. Alors que le talent des dessinateurs du monde entier est plus que jamais nécessaire pour résister par la dérision au fanatisme. Enfin, il ne s'agissait pas non plus d'un «deux poids, deux mesures». Contrairement à ce qui a été dit, le Jyllands-Posten a également publié des caricatures ironisant sur Jésus, au risque de faire bondir quelques chrétiens intolérants. L'auteur du dessin montrant Mahomet avec une bombe dans son turban avait même publié, quelques mois plus tôt, une étoile de David sur une bombe pour dénoncer la politique israélienne...

Si la dérive sécuritaire est incontestablement en passe de laminer la gauche au profit de la droite en Europe, la posture victimaire est plus répandue qu'on ne le croit. Elle sévit au cœur d'une certaine extrême gauche, subitement devenue bigote par solidarité avec l'islamisme face à l'impérialisme américain. Mais également au sein des instances internationales comme le Conseil des droits de l'homme de Genève, grâce au lobbying des pays de l'OCI (l'Organisation de la Conférence islamique) et à l'utilisation abusive du mot «islamophobie». Ce terme, volontiers repris par son rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, amalgame la critique de la religion en tant qu'idéologie avec une forme de phobie raciste envers les musulmans.

La confusion induite est dévastatrice. Car autant le racisme anti-musulman doit sûrement être sanctionné, autant la libre critique de la religion en tant qu'idéologie fait partie des libertés - dont découlent toutes les autres.

Et pourtant, c'est bien cette liberté et non le racisme qu'a décidé de combattre le nouveau Conseil des droits de l'homme. Né peu de temps après l'affaire des caricatures de Mahomet, il a fini par céder aux demandes des pays de l'Organisation de la Conférence islamique en votant une résolution visant à combattre «la diffamation envers les religions». Ce qui vise à protéger l'islam, mais aussi les pays musulmans, de toute critique. Le Soudan et l'Iran par exemple.

C'est dire si les postures sécuritaires d'un côté et victimaires de l'autre sont appelées à se renforcer mutuellement au détriment de l'intérêt commun. Et s'il est urgent de sortir de ce cercle infernal en faisant appel à une pensée équilibrée et lucide. Fermement anti-raciste et résolument anti-intégriste.

Caroline Fourest

Caroline Fourest est invitée par la Licra-Genève à donner une conférence intitulée «Le choc des préjugés» jeudi 7 juin à 20h, à Uni-Mail, 40, bd du Pont-d'Arve à Genève, auditoire MS 150. Entrée libre. Elle a écrit un ouvrage sur le double discours de Tariq Ramadan, «Frère Tariq», et vient de publier «Le Choc des préjugés: l'impasse des postures sécuritaires et victimaires» (Calmann-Lévy).
© Le Temps

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FACE AUX DISCRIMINATIONS, L’ALLIANCE DES VILLES SE POURSUIT

05/06/2007 - Ce mois de juin 2007 est l’occasion de voir encore progresser la mise en réseau des municipalités contre le racisme et les discriminations dans les différentes régions du monde.

Après la tenue, début mai en Allemagne, de la 1ère Conférence générale de la Coalition des villes européennes contre le racisme et les discriminations, une rencontre pancanadienne a été organisée, ce vendredi 1er juin 2007, à Calgary, dans le cadre de l’Assemblée générale de la Fédération canadienne des municipalités. Partant des spécificités de l’Amérique du Nord en matière de discriminations, cette réunion fut notamment l’occasion de faire le point sur les débats en cours au sein de la Coalition des villes canadiennes, qui a récemment mis en lumière le besoin de « rassemblement des municipalités autour de mesures propres à promouvoir l’égalité sur le marché du travail ».

A quelques mois du lancement officiel de la Coalition des villes contre le racisme et les discriminations de l’Asie et du Pacifique, la ville de Phnom Penh (Cambodge) accueillira, mardi 5 et mercredi 6 juin 2007, la première réunion de travail du Comité directeur par intérim de ce nouveau réseau régional.

A l’ordre du jour : la promotion du projet auprès de toutes les communes de la région et, bien évidemment, le lancement officiel de cette nouvelle coalition, prévu en octobre prochain, à l’occasion du Congrès mondial des Cités et gouvernements locaux unis (CGLU), qui se tiendra sur l’île de Jeju, en République de Corée.

Les Commissions nationales pour l’UNESCO de toute l’Asie et du Pacifique devraient être étroitement associées à la préparation de cet événement par la section Asie-Pacifique du CGLU, qui ne relâche pas ses efforts pour mobiliser autour de ce projet. Cette dernière invite ainsi, sur son site web, l’ensemble de ses membres à se joindre à cette initiative afin de créer une large plate-forme d’échange de pratiques en matière d’intégration sociale des populations de diverses origines culturelles et ethniques.

Pour en savoir plus :
Coalition internationale des villes contre le racisme : http://portal.unesco.org/shs/fr/ev.php-URL_ID=3061&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html
Cités et gouvernements locaux unis – section régionale Asie et Pacifique (site web en anglais) : http://www.uclg-aspac.org/news28.php
© UNESCO

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EDOUARD GLISSANT : « LE RACISME N’EST PAS INNÉ »

Il est l’un des penseurs français les plus écoutés dans le monde. Des Etats-Unis au Japon, ses écrits sont enseignés dans les universités, font l’objet de thèses et de colloques. Son Institut du Tout Monde organisait mercredi un colloque international qui se tenait à quasi simultanément à Fort-de-France, New York et Paris. Rencontre avec un homme au savoir immense et à la relation à l’autre d’ouverture et d’écoute : avec un humaniste. Par Nadia Khouri-Dagher

31/05/2007 - Edouard Glissant, né en 1928 à Fort-de-France (Martinique), poète, romancier, et philosophe, a eu, dès les années 50, l’intuition du formidable métissage qui allait saisir le monde. Il inventait les concepts de "créolisation" et de "tout-monde" pour dire ce brassage de cultures, et cette conscience d’appartenance à une planète. Il a inauguré en 2005 son Institut du Tout-monde qui fait fructifier ces recherches sur une autre manière de voir le monde : non pas comme un centre et une périphérie, mais comme un nœud vivant de relations entre partenaires égaux. Chargé par l’ancien Président Jacques Chirac, en 2006, de réfléchir à la création d’un Centre national pour la mémoire des esclavages et de leurs abolitions, il vient de livrer ses réflexions sur le sujet dans Mémoires des esclavages, un ouvrage publié aux éditions Gallimard. Il organisait hier un colloque qui se déroulait quasi simultanément sur trois sites : Fort-de-France, New York et Paris. Y ont été abordés trois aspects de la mondialité que sont l’esclavage, la créolisation linguistique et la création culturelle. Il a accordé à Afrik.com un entretien.

Afrik.com : La France de 2007 est beaucoup plus métissée, "créolisée" que celle où vous avez étudié dans les années 40 et 50. La voyez-vous comme plus ouverte aux autres cultures, moins raciste ?
Edouard Glissant : Dans le phénomène de diversification de la population française, il y a les noirs, les arabes, des populations européennes comme les portugais ou les espagnols. Et de nouvelles solidarités naissent, qui n’existaient pas auparavant. Par exemple, à travers des phénomènes musicaux comme le rap ou le hip-hop, il y a eu un rapprochement de communautés qui ne se fréquentaient pas beaucoup avant. Et la question s’est un peu éclaircie quant à la vie de ces communautés en France, et leur rapport avec les populations françaises - même si cela s’est fait avec quelques conflits. Pour les Antillais vivant en France, une partie a cessé de se considérer comme uniquement antillaise pour commencer à se considérer comme descendants d’esclaves, ou noirs, ou pan-africains. Donc il y a eu aussi un élargissement des appartenances, ce qui est une bonne chose. Et les communautés ont tendance à ne plus se renfermer sur elles-mêmes.

Afrik.com : Vous voulez dire par rapport aux années 40, où le racisme était peut-être plus approfondi en France ?
Edouard Glissant : Oui le racisme était plus approfondi, mais l’ouverture aussi était plus grande. Quand j’étais étudiant, il m’arrivait souvent que des femmes m’arrêtent pour me dire : "excusez-moi, est-ce que je peux toucher vos cheveux ?". Elles n’avaient jamais vu ça. Il n’y avait pas encore le raidissement raciste. Il y avait une curiosité. C’était la fin de la guerre, tout était ouvert. Ce qui prouve que le racisme n’est pas naturel, n’est pas inné. Il y avait à cette époque une ouverture naturelle qu’il n’y a plus aujourd’hui.

Afrik.com : Alors qu’on était en pleine période coloniale ?…
Edouard Glissant : Oui, mais c’étaient les colonies qui avaient sauvé la France dans ces années-là. Les Français n’en avaient pas conscience, mais ça ressortait. Et après la guerre, le problème fondamental était que la France avait été délivrée du nazisme. Par conséquent, le poids des décolonisations ne pesait pas encore. C’est dans les années 50 que le racisme a commencé à s’installer en France, surtout avec les retombées de la guerre d’Algérie.

Afrik.com : C’est dans ces années 50, de bouillonnement intellectuel, que naît votre conscience politique ?
Edouard Glissant : Je pense que c’est la poésie qui m’a amené à la politique, et pas les événements. C’est la conception poétique du monde qui m’a fait comprendre qu’il y avait une manière uniforme, unilatérale, fixe, et enfermée de concevoir le monde, et une autre manière, diversifiée et solidaire. C’est la poésie qui m’a enseigné ça. C’est l’imaginaire qui se met soudain à fonctionner, sur des paysages, des horizons, des cris, et on ne conçoit plus le monde à partir du nombril de sa propre identité. Et puis, j’avais découvert à l’époque que l’identité antillaise est une identité composite, et que le problème des Antillais c’est qu’ils croient qu’une identité composite c’est une identité infirme, qui n’a pas de racines. Alors que ça n’est pas vrai : une identité composite a plusieurs racines, aussi fortes qu’une racine unique. Tout ceci s’est mélangé dans une poétique qui ne pouvait pas accepter l’entreprise de colonisation, entreprise opprimante, unifiante, qui voit le monde d’une seule manière.

Afrik.com : Vous avez créé les concepts de "créolisation" et de "tout-monde", et aujourd’hui on parle beaucoup de mondialisation et de métissage. C’est comme si vous aviez eu l’intuition, il y a 50 ans, de ce que le monde allait devenir…
Edouard Glissant : Oui, aujourd’hui le monde entier entre dans la diversité. Et il y a 50 ans, les gens ne comprenaient pas ce que j’écrivais… Mais le monde est encore la proie aux massacres identitaires. Les partisans de l’identité fixe, enfermée sur elle-même, ne peuvent pas accepter la diversification du monde. Et chaque fois qu’un endroit est un lieu de partage, de mélange, d’acceptation de l’autre, il est pris comme cible par les tenants des pensées identitaires. Comme Sarajevo, Beyrouth…

Afrik.com : Vous partagez votre vie entre Paris, New York où vous enseignez, et la Martinique. Comment voyez-vous les rapports intercommunautaires aux Etats-Unis, pays du "melting-pot" ?
Edouard Glissant : Les Etats-Unis ne sont pas créolisés : les communautés se juxtaposent sans s’interpénétrer. Par exemple à New York, vous avez Little Italy et Chinatown, côte à côte, une rue les sépare, et personne n’a jamais pensé la traverser ! Le Brésil est un pays créolisé. Et toute la Caraïbe. Même la Caraïbe où les blancs dominent, comme Cuba ou Saint-Domingue : les blancs mangent, dansent, marchent comme les noirs, il n’y a aucune différence. En France, il y a ce début de créolisation, même s’il y a des résistances officielles. Le processus est en cours.

Extrait du dernier ouvrage d’Edouard Glissant, Mémoires des esclavages, Gallimard, 2007 :
“La fondation d’un Centre national pour la mémoire des esclavages et de leurs abolitions présente ainsi, à cette première approche, des difficultés qui, si elles ne sont pas insurmontables, exigent d’être sérieusement prévenues. La première d’entre elles tient au caractère dit national d’une telle entreprise. L’existence d’une nation ne sous-entend pas forcément l’unanimité de ses nationaux autour d’un projet donné à un moment donné, il semble pourtant que cette unanimité serait, répétons-le, une condition souhaitable dans le cas de ce centre de mémoire. Nous aurons à développer les raisons qui fonderaient l’exigence d’une telle unanimité, d’autant plus délicate à définir ou à maintenir qu’elle résulterait, dans ce cas de la nation française, en effet d’une triple vue : unanimité difficile des nationaux qui se proclament "de souche", qui pourraient par ailleurs ressentir l’existence d’un tel organisme de mémoire comme une offense, ou une agression, à leur passé commn, un déni à leur action dans le monde, et unanimité de ces autres nationaux qui, descendants émancipés d’esclaves, pouraient diverger sur le sens et la signification ou la "raison suffisante" de cette fondation comme reconnaisssance ou réparation, et, pour finir, ou pour recommencer dans une autre dimension, unanimité incontournable, et si ardue, de ces deux groupes de citoyens entre eux, si on peut dire. Ce qui serait le plus difficile.”
© Afrik.com

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