ACTUALITÉ - Archives Mars 2012

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Les titres de l'actualité du 30 Mars, 2012

ISLAM : MARINE LE PEN VEUT DISSOUDRE L'UOIF (France)

La candidate du FN Marine Le Pen, qui avait demandé la semaine dernière l'interdiction de séjour pour plusieurs prédicateurs, souhaite désormais que l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) soit purement et simplement dissoute.

30/03/2012 - "En guerre" conre l'islamisme, Marine Le Pen met la pression sur le gouvernement. Après avoir publiquement appelé à l'interdiction de séjour de plusieurs prédicateurs la semaine dernière, elle propose maintenant de s'en prendre à l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). Celle-ci doit en effet tenir son congrès annuel du 6 au 9 avril, au Bourget.

La candidate du Front National entend bien faire le plus de bruit possible pour empêcher l'évènement de se produire. Dans un communiqué, elle demande « l'interdiction du rassemblement » et la « dissolution du mouvement ». « Les responsables de notre pays considèrent bien l'UOIF comme proche des islamistes, sinon même des terroristes », ajoute-t-elle.

Marine Le Pen « aidera les Français musulmans à se libérer de l'emprise de ces fanatiques qui pourrissent les quartiers et oppriment les femmes, en pervertissant la religion », assène son communiqué.

"Heureusement que nous sommes là"
Jeudi dernier, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant avait annoncé interdire l'entrée en France à quatre prédicateurs invités par l'UOIF, le Palestinien Akrima Sabri, les Saoudiens Ayed Bin Abdallah Al Qarni et Abdallah Basfar et l'Egyptien Safwat Al Hijazi. Le gouvernement a également regretté l'invitation de l'intellectuel suisse Tariq ramadan, « dont les positions et les propos sont contraires à l'esprit républicain, ce qui ne rend pas service aux musulmans de France. »

Le Front National, qui avait quelques heures plus tôt demandé au gouvernement des mesures contre ces quatre individus, n'avait pas manqué de se féliciter de la décision du gouvernement, déclarant dans un communiqué « heureusement que nous sommes là ! »
© France Soir

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LE PEN DÉNONCE "L'ANGÉLISME" DE SARKOZY SUR L'ISLAM RADICAL (France)

30/03/2012 - Se présentant comme la "voix de l'exception française" dans la campagne présidentielle, Marine Le Pen a dénoncé vendredi "l'angélisme" de Nicolas Sarkozy et François Hollande face à l'islam radical et à l'immigration.

Lors d'un meeting à Nice, la candidate Front national a poursuivi d'un ton martial ses critiques sur l'affaire Merah, qui "symbolise" à ses yeux "tout l'affaissement de l'identité française".

"Si le Front national avait été au pouvoir depuis 25 ans, il n'aurait pas eu la nationalité française", a-t-elle lancé à propos de l'auteur des tueries de Toulouse et Montauban.

Devant plus de 2.800 sympathisants réunis au palais des congrès Acropolis, Marine Le Pen a estimé que Nicolas Sarkozy, en dépit des accents droitiers de sa campagne, s'était laissé "contaminer par la gauche" et avait perdu toute crédibilité sur l'immigration et la sécurité.

"Nicolas Sarkozy a capitulé devant la culture de gauche (...) Il s'est rangé au laxisme et à l'angélisme de la gauche", a-t-elle dit en lui reprochant d'avoir laissé entrer légalement en France, pendant son mandat, "un million d'immigrés".

Pour la chef de file du FN, Mohamed Merah, un Français d'origine algérienne issu d'une cité de Toulouse et se revendiquant d'Al Qaïda, n'aurait jamais dû "pouvoir vivre aux crochets de notre pays".

Par allusion à l'allocation dont est supposé avoir bénéficié le "tueur au scooter", Marine Le Pen a prôné de nouveau l'arrêt des aides sociales aux immigrés.

"Qu'ils se débrouillent une fois sortis de prison", a-t-elle lancé sous les acclamations de ses sympathisants, nombreux à Nice qui est une terre de droite et où le FN a réalisé des scores très élevés aux dernières élections locales.

"L'AFFAIRE MERAH A RÉVÉLE DES PROBLÈMES CENTRAUX"
S'adressant aux jeunes, Marine Le Pen a estimé qu'ils souffraient tout particulièrement de la situation dans les banlieues et "des gangs qui y sévissent".

"Les jeunes n'ont plus l'impression d'être en France", a-t-elle avancé, jugeant que l'affaire Merah avait révélé "des problèmes centraux" du pays, en particulier la faiblesse des services de renseignement.

Pour que les jeunes aient de nouveau "le sentiment d'appartenir au peuple de France", Marine Le Pen propose désormais le rétablissement d'une "courte période de service militaire".

La campagne de la dirigeante du FN, qui entend "mettre l'islam radical à genoux", en réponse à Mohamed Merah disant aux policiers avoir "mis la France à genoux", a retrouvé du souffle depuis les événements de Toulouse et Montauban.

A ses yeux, ce n'est pas parce que le chef de l'Etat s'est comporté correctement lors des différentes commémorations pour les victimes que "les Français lui apportent une caution" sur la manière dont il a laissé "le fondamentalisme se renforcer" et sur son échec face à l'insécurité.

Elle a accusé le président-candidat de ne pas vouloir dire "toute la vérité" sur l'affaire Merah puis d'avoir "capitulé" devant l'Algérie, qui a refusé d'inhumer le "tueur au scooter", finalement enterré à Toulouse après de nombreux atermoiements.

Le discours musclé de Marine Le Pen semble lui avoir permis de remonter dans les sondages, où elle est créditée de 15% à 16%, après le décrochage qui avait suivi l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy.

Devancée il y a quelques jours dans un sondage par Jean-Luc Mélenchon, la chef de file du FN distance de nouveau le candidat du Front de gauche et son entourage espère qu'elle parviendra à poursuivre sur cette dynamique à trois semaines du premier tour.

Gérard Bon, Benjamin Massot pour le service français
© Nouvel Observateur

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PACA : UN ÉLU FN DÉNONCE L'ISLAMOPHOBIE DE SON PARTI ET DÉMISSIONNE (France)

30/03/2012 - Il démissionne après plus de vingt-cinq ans de militantisme. Stéphane Durbec, conseiller régional du FN en région PACA, a adressé une lettre au président socialiste de la région Michel Vauzelle, le 19 mars dernier, pour demander son inscription comme « élu non inscrit, non apparenté et démissionnaire du groupe Front national PACA présidé par Jean-Marie Le Pen ».

Un coup dur pour le FN qui perd ainsi sa « caution noire », un an après la démission de Farid Smahi, de confession musulmane et ancien conseiller régional FN. A chaque accusation de racisme, Jean-Marie Le Pen se reposait en effet souvent sur eux pour « prouver » que son parti n'est pas raciste.

Dans une interview avec le magazine les Inrockuptibles, Stéphane Durbec a justifié sa décision par « l'islamophobie ambiante ». « Je souhaite défendre les enfants de la République quelles que soient leur race et leur religion. J’espère qu’à un mois du premier tour, mon départ fera réfléchir ceux qui sont tentés par le vote Marine Le Pen », a-t-il expliqué. Il lui en est fallu du temps pour s'en rendre compte.
© SaphirNews

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DIEUDONNÉ ET SON DERNIER FILM : ENCORE UNE TRISTE PROVOCATION (France)

Les démêlés judiciaires de l'humoriste et son virage à droite, voire à l'extrême droite, ont défrayé la chronique. Il revient avec un film dont le propos laisse perplexe : antisémitisme, homophobie, dérapages en série... Ne serait-il pas temps de mettre un terme à tout cela, se demande notre chroniqueur Mathieu Géniole ?

30/03/2012 - C'était la semaine dernière, la veille de l'assaut contre l'appartement de Mohamed Merah : Dieudonné sortait tranquillement son premier long-métrage, intitulé "l'Antisémite". Un film que vous n'avez probablement pas vu puisqu'il n'est pas sorti en salles.

Deux jours plus tard, le film était disponible sur la plupart des sites de téléchargement illégaux, donnant une certaine visibilité à l'oeuvre.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il faut rappeller le pédigree très particulier de l'ancien comparse d'Elie Semoun : depuis 2003 et un improbable sketch en direct sur France 3, Dieudonné s'est enfoncé dans un antisémitisme sans nom, à tel point qu'il est désormais contraint de faire ses spectacles sous le manteau, dans un bus itinérant.

En plus de tenir ces propos, l'humoriste s'affiche aux côtés de Jean-Marie Le Pen, va soutenir Kadhafi en Libye, et invite des négationnistes à ses spectacles. Autant de provocations qui ont fait fuir ses derniers fans : Dieudonné n'intéresse aujourd'hui que des extrémistes et, plus inquiétant, des jeunes sans conscience historique.

On en arrive donc à ce projet fou, "l'Antisémite". Parlons du film en termes de cinéma pour commencer : c'est terriblement mauvais. Pour faire court, rien ne fonctionne : on sent le manque de moyens dans chaque plan, les acteurs jouent faux, et les gags sont lourds. Une véritable claque pour la poignée d'irréductibles qui persistent à soutenir que "Dieudonné-est-toujours-drôle-si-on-oublie-ses-dérapages"...

Au delà de la forme, il y a évidemment le fond et c'est là que le film est choquant : il commence par une visite négationniste d'Auschwitz, puis le personnage de Dieudonné apparait habillé en sergent nazi qui bat sa femme.

Effroyable. On voit que le film est calibré pour un public un peu simplet avec ses intonations qui distinguent bien l'humour ("lol c'est un beauf qui est violent") et la réflexion (Dieudonné ne peux pas dire tout ce qu'il veut : smiley triste).

Au delà de l'antisémitisme gratuit, il y a aussi une homophobie permanente avec le personnage du réalisateur, un homosexuel qui surjoue la folle en faisant des blagues de cul à chaque réplique.

On atteint le Graal quand l'un des rares guests du film fait son apparition : Robert Faurisson en personne, l'un des pires négationnistes en vie, qui vient deviser de conneries philosophiques, trop content d'être réhabilité en gentil papy.

Je pense qu'on est tous d'accord pour dire que c'est éprouvant. Se pose maintenant une question : quand va t-on enfin mettre un terme à ce cirque ?

Dieudonné a été condamné plusieurs fois : pour diffamation, pour injures publiques, pour incitation à la haine raciale. Ca dure depuis presque 10 ans et il s'en fout ouvertement. Puisque la confiscation financière ne fonctionne visiblement pas, pourquoi les juges ne le condamnent pas enfin à de la prison, au moins avec sursis ?

Une peine d'un an ferme est prévue pour incitation à la haine raciale, c'est une infraction grave dans notre pays, mais il n'est visiblement pas envisageable en France d'enfermer quelqu'un, non pour le priver de sa liberté d'expression, mais parce qu'il l'utilise pour attiser la haine et stigmatiser l'autre.

L'humoriste a beau se prétendre censuré et privé de télé (et comment !), cet argument ne tient plus à l'époque d'Internet, alors qu'il est suivi par plus de 100.000 fans. Imaginez 100.000 personnes, majoritairement jeunes, qui écoutent et partagent chaque jour les propos de Dieudonné...

Le Facebook de Dieudonné, justement : il y annonce que la LICRA le poursuit en référé pour des extraits de son film diffusés sur Internet. L'association lui réclame... 13.000 euros. Alors que Dieudonné a d'ores-et-déjà annoncé le tournage d'un nouveau film, qui peut croire sérieusement qu'une condamnation aussi risible mettra fin à ses offenses ?
© Nouvel Observateur

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L'OUSTAL, UNE ASSOCIATION « D’EXTRÊME DROITE » QUI SUSCITE LA POLÉMIQUE (France)

A Toulouse, « L’Oustal » défend la culture occitane d’une manière qui peut sembler « douteuse ». Qualifiée d’organisation fasciste par certains mouvements d’extrême-gauche, l’organisation se défend.

30/03/2012 - Mathieu Clique, grenoblois d’origine et étudiant en Droit depuis trois ans à Toulouse, a fondé « l’Oustal » le 12 février 2012. Il veut initier les toulousains à la culture occitane. Jusque là, rien d'exceptionnel. Mais l’organisation est en partenariat avec le Bloc Identitaire, connu pour avoir organisé des « apéros saucisson pinard » ou s’être rendu déguisé en porc dans un fast-food qui proposait de la viande Halal.

L’Oustal suscite donc la polémique. Le 17 mars, des groupes supposés d’extrême-gauche, ont fait irruption dans les locaux afin de tout saccager. Le préjudice s’élève à 3000€.

Mais, au-delà de tout, pour réellement comprendre l’Oustal, il faut s’y rendre. On pourra y rencontrer de nombreux éléments, qui peuvent porter à confusion. Comme cette bibliothèque ou ouvrages historiques sur les Cathares côtoient ceux du Général Bigeard et Robert Dun, ancien SS condamné en 1948. Lorsque la question de Mohamed Merah est évoquée, la réponse faite est nette « Il est l’archétype de ce que nous dénonçons ».

Mais, on pourra encore plus s’étonner du fait que Matthieu Clique « ne parle pas un mot » d’Occitan, mais heureusement, « des copains sont en train de m’apprendre cette langue. »

En tout cas, Matthieu Clique veut que « la terre occitane soit une terre de résistance et une terre d’insoumission, comme le veut la tradition historique ». Pour donner raison à ses thèses, le fondateur de l’Oustal ne cesse d’évoquer des références historiques, comme lorsqu’il évoque les « razzias islamistes ».

L’organisation participera samedi 31 mars à la marche occitane à Toulouse. Les autres associations n’ont cependant pas donné une liberté totale à l’Oustal. Seules les valeurs culturelles de l’Occitanie seront admises. Ainsi, on ne pourra pas lire leur slogan « Soi d’Aqui (je suis d'ici) et on est maître de chez nous ».

Yoann Solirenne
© Toulouse Infos

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3,4% DES VOIX POUR LE GUD À ASSAS : MA FAC N'EST PAS D'EXTRÊME DROITE ! (France)

Avec 3,4% des voix, les membres du GUD ont beau scander "ici c'est chez nous !" aux abords de la fac, peu d'étudiants semblent être dupes. Gaëlle, étudiante en droit à l'université Paris II, nous explique pourquoi le Groupe Union Défense, organisation étudiante d'extrême droite, n'est plus le bienvenu rue d'Assas. Par Gaëlle Lanzmann Etudiante en droit à Assas. Edité et parrainé par Helene Sergent

30/03/2012 - Ma première rencontre avec le GUD, organisation étudiante d'extrême droite créée en 1968, remonte à mon tout premier jour de cours à Assas. Jusqu’alors étudiante en province, je ne connaissais pas cette mouvance d’extrême droite. Je prends le tract que me tend un jeune habillé de cuir noir.

On y parle de préférence nationale, on y affirme vouloir supprimer les bourses pour les étudiants étrangers. À ce moment là je suis consternée par ce que je lis et me demande vraiment dans quelle fac j’ai atterri. Même si j’ai rapidement compris que le GUD ne représentait qu’une très faible minorité, je reste atterrée par leurs actions — comme ce matin-là où, en arrivant en cours, j'ai découvert des croix gammées taguées sur les murs de la fac —.

Des élections aux enjeux méconnus
Les élections étudiantes ont eu lieu dans un climat plutôt calme mercredi même si j’ai entendu dire qu’il y avait eu quelques débordements. Des vigiles à l’entrée de l’université vérifiaient que tous ceux qui entraient à Assas aient bien leur carte d’étudiant afin que seules les personnes de scolarisées à Paris II puissent se rendre aux bureaux de votes.

Toutes les associations étudiantes étaient mobilisées et distribuaient leurs tracts à l’entrée de la fac. La plupart nous incitait surtout à nous rendre dans les bureaux de vote car ils craignaient une importante abstention. Je regrette un peu la faible mobilisation des étudiants à qui, peut être, cette élection ne parle pas. Je pense qu’ils connaissent mal l’enjeu des élections au Conseil d'Administration de l’université.

Des stéréotypes solides
Ce que nous regrettons tous c’est que ce groupuscule, peu représentatif mais néanmoins très visible, continue à ce point à noircir l’image de notre faculté. Je me bats tous les jours contre les a priori des gens qui ne connaissent Assas que par sa réputation de fac d’extrême droite.

J’entends souvent parler de "fac de fachos". Il est vrai que lorsque j’explique à mes amis étudiants qu’Assas compte un syndicat d’extrême droite, ils sont un peu choqués. Mais le faible score du GUD aux élections, à peine 3,4% des voix, montre que les étudiants d’Assas ne se reconnaissent pas dans cette idéologie sectaire et discriminatoire prônée par le GUD.

Assas a pendant longtemps été le bastion du GUD mais il semble aujourd’hui que cela appartienne à l’histoire ancienne. La plupart des militants de ce groupe ne sont même pas étudiants à Assas mais continuent à croire qu’ils y gardent une certaine légitimité.

Un rejet massif
Or le score qu’ils ont obtenu aux élections prouve bien le contraire. Seule une très faible minorité d’étudiants se reconnait dans les idées du GUD.

Les étudiants d’Assas attendaient de ces élections que l’on fasse valoir leurs préoccupations quotidiennes au sein de la fac (modalités d’examens, réorganisation de l’université suite aux travaux) et non que l’on introduise une politique de "préférence nationale" comme celle prônée par le GUD. Selon moi ce groupuscule n’a pas sa place à Assas et j’espère que leur échec cuisant mercredi aux élections leur aura fait comprendre le message.
© Nouvel Observateur

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« DROITE ET EXTRÊME-DROITE ONT DES FRONTIÈRES FLOUES ICI » (France)

Présidentielle Gilles Ivaldi décortique l'évolution du vote FN azuréen

30/03/2012 - Marine Le Pen sera à Nice, ce soir, pour un grand meeting de campagne. La candidate du Front national espère faire le plein de voix sur la Côte d'Azur, après les bons résultats enregistrés dans le département aux dernières élections cantonales. Pour 20 Minutes, Gilles Ivaldi, chercheur en science politique du CNRS au sein de l'Université de Nice, décortique le vote frontiste des Azuréens.

Les centres urbains français votent plutôt à gauche. Pourquoi le FN est-il si fort dans les Alpes-Maritimes ?
Ce département a une sociologie différente du fait du poids des retraités et a une longue tradition à droite. Sociologiquement, les rapatriés d'Algérie forment un socle électoral important pour la droite locale. Mais le vote Le Pen semble progresser dans les jeunes générations.

L'UMP 06 et le FN local se disputent-ils le même électorat ?
Historiquement, les frontières entre droite et extrême-droite ont toujours été plus floues ici : Jacques Médecin, Jacques Peyrat ou, plus récemment, des députés comme Lionnel Luca ou Eric Ciotti incarnent bien cette aile « dure » de la droite parlementaire, plus proche des thèmes du FN.

Des dissensions ont éclaté en 2011 à la tête du FN azuréen. Cela aura-t-il un impact dans l'isoloir ?
Oui, certainement. Comme tous les partis, le FN souffre électoralement de ses divisions locales. C'est un problème ancien pour le FN au niveau national : le parti avait déjà éclaté dans beaucoup d'endroits lors de la scission de 1999.

Nicolas Sarkozy avait grignoté des voix au FN en 2007 sur la Côte d'Azur. Y aura-t-il un retour de balancier cette année ?
Dans les Alpes-Maritimes, ce mouvement de vases communicants a en effet été évident. Mais les cantonales de 2011 ont montré un regain électoral pour le FN qui a obtenu des scores de premier tour élevés. Ce succès a été obtenu à une élection « intermédiaire », de dimension locale, avec une abstention record, ce qui rend difficile toute projection sur la présidentielle. D'autant qu'en 2011, la droite azuréenne a finalement plutôt bien résisté au FN, aux dépends de la gauche qui a reculé en sièges. L'extrême-droite regarde évidemment avec beaucoup d'intérêt le cas niçois.

Recueilli par J. C. MAGNENET
© 20 Minutes

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UN JEUNE HOMME CONDAMNÉ À TOULOUSE POUR APOLOGIE DES ACTES DE MOHAMED MERAH (France)

30/03/2012 - Un jeune homme de 20 ans du même quartier de Toulouse que Mohamed Merah a été condamné jeudi à trois mois de prison ferme pour avoir fait l'apologie des crimes du tueur au scooter, indique le parquet.

Le jeune homme, jugé en comparution immédiate, a été condamné pour "provocation à la haine raciale" et "apologie du terrorisme". Il n'est toutefois pas parti en prison à l'issue du jugement, le tribunal n'ayant pas délivré de mandat de dépôt à l'audience. "Mon pote Mohamed, c'est un homme, un vrai. Dommage qu'il n'ait pas eu le temps de finir le travail", aurait dit le jeune homme cité vendredi par le quotidien La Dépêche du Midi, lors du contrôle de police d'un groupe le 22 mars, quelques heures après la mort de Mohamed Merah sous les balles du RAID.

Il lui a été reproché d'avoir harangué le groupe qui était contrôlé devant un tabac du quartier des Izards, insultant les policiers et faisant l'apologie des crimes de Merah.

Le procureur de la République, Michel Valet, a assuré que le parquet "poursuivrait systématiquement" de telles déclarations, "étant donné l'extrême gravité des actes qui ont été commis". "Je mets à profit cette décision pour faire passer le message : je serai très ferme, je ne laisserai rien passer face à ce genre de propos", a-t-il déclaré.

A l'audience, le représentant du parquet a réclamé neuf mois de prison ferme. Le prévenu a nié les faits, assurant que "les actes qu'a faits Mohamed Merah, c'est inacceptable".
© Le Monde

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MARINE LE PEN : "MOI AU SECOND TOUR ? C'EST TOUT-À-FAIT CRÉDIBLE" (France)

30/03/2012 - Présidente du Front national, la candidate Marine Le Pen - qui ne ménage ni Nicolas Sarkozy ni François Hollande ni Jean-Luc Mélenchon, et rêve d'un second tour qui l'opposerait à Mélenchon - a répondu aux questions de France-Soir. Sur le ton du parler-vrai et, parfois, du parler-cru.

France-Soir. Avez-vous toujours l'ambition, ce qui n'était pas le cas de votre père, de gouverner un jour la France ?
Marine Le Pen. Bien sûr !... Je n'ai pas le goût de l'effort inutile. Je fais de la politique, je me présente aux élections et j'essaie de convaincre parce que je veux appliquer mes idées. C'est la raison pour laquelle, à la différence d'autres, je ne participerai pas à un gouvernement qui ferait exactement l'inverse de ce que je préconise en toutes circonstances.

F.-S. Vous avez dit vouloir « mettre l'Islam radical à genoux », faisant ainsi écho à la phrase de Mohamed Merah qui, lui, voulait « mettre la France à genoux ». Était-ce volontaire ?
M. L. P. Oui, c'est volontaire car, très objectivement, la classe politique a volontairement minimisé le développement du fondamentalisme islamique. Je croyais qu'elle le sous-estimait. En fait, elle le minimise volontairement comme elle minimise la haine qui se diffuse contre notre propre pays, dans notre propre pays, de la part d'un certain nombre sous l'influence du fondamentalisme islamique. De plus en plus de jeunes - souvent, il faut bien le dire, binationaux - sortent avec les drapeaux de leur autre pays, ont multiplié les insultes, les émeutes. Souvenez-vous, il n'y a pas très longtemps, de la fin de certains matches de football ou encore des émeutes de 2005. Tout cela est nié par la classe politique qui est aveuglée, et refuse de régler ce problème. Et bien moi, je dis maintenant qu'il faut lutter férocement contre le fondamentalisme islamique dans nos quartiers, dans nos banlieues, et qu'il faut clairement dire à ceux qui développent une haine de notre pays, de ses valeurs, de ses racines, de notre mode de vie, qu'ils peuvent faire quelque chose : c'est partir.

F.-S. : Qu'est-ce-que vous voulez dire par « lutter férocement » ? Vous avez déjà dit que les bateaux qui viennent en France sont remplis de Mohamed Merah...
M. L. P. Je n'ai pas dis « remplis », j'ai posé la question : combien de Mohamed Merah arrivent chaque jour alors que nous ne maîtrisons pas nos frontières, alors que nous ne savons même qui est présent sur notre territoire ? Oui je le dis et le redis lorsque je vois que, régulièrement, l'UOIF (Union des organisations islamiques de France, ndlr) accueille des fondamentalistes, des gens qui appellent à la haine et au meurtre des juifs. Chaque année ces prêcheurs viennent sur notre territoire. Oui, combien sont aujourd'hui présents, combien développent, distillent leur haine de notre pays. Encore une fois leur haine de notre mode de vie, leur haine de nos valeurs. Il n'y a qu'à regarder les tags en hommage à Mohamed Merah dans les banlieues qui sont en train de fleurir aujourd'hui. Il n'y a qu'à regarder la page Facebook, la deuxième, qui, avant d'être fermée, avait 10.500 « J'aime » en hommage à Merah. Alors, on refuse de voir cela. Eh bien moi je regarde cette réalité dans les yeux, et je vais lutter pied à pied contre le fondamentalisme, vérifier leurs financement, vérifier ce qu'il se passe dans les mosquées, arrêter le financement de la part de pays étrangers, supprimer l'influence de pays comme le Qatar qui investissent dans nos banlieues, alors qu'ils financent également les djihadistes dans le monde entier. Je vais prendre la mesure réelle de ce problème, et m'y attaquer car personne d'autre ne le fera.

F.-S. Mais, concrètement, qu'est-ce que vous entendez par « lutter férocement » ?
M. L. P. Cela veut dire arrêter l'immigration. Cela veut dire arrêter les financements des pays qui financent les djihadistes : voyez le Qatar qui, aujourd'hui, prend des participations dans nos entreprises stratégiques, investit dans nos banlieues, investit dans le football avec la bénédiction de Nicolas Sarkozy. Cela veut dire lutter contre cette hybridation entre fondamentalisme islamiste et le banditisme dans nos quartiers. Cela veut dire la suppression des aides sociales aux récidivistes. Quand on pense que M. Merah bénéficiait du RSA, bénéficiait des aides au logement alors que des millions de Français crèvent la dalle !... Il y a huit millions de pauvres dans notre pays et à combien de récidivistes verse-t-on l'argent durement gagné par les Français plutôt que de le réserver aux honnêtes gens ? Est-ce qu'on ne doit pas arrêter l'angélisme, et surtout l'électoralisme ?

F.-S. Vous avez évoqué des « zones d'ombre dans l'affaire Merah. Lesquelles ?
M. L. P. Beaucoup de choses me paraissent troublantes et mystérieuses. Comment la DCRI a-t-elle pu ne pas déceler la dangerosité d'un homme qui a fait neuf voyages à l'étranger dans tous les endroits du terrorisme et du djihadisme. ? Comment se fait-il que ce voyou ait le numéro de téléphone direct d'un officier de la DCRI de Toulouse et qu'il le tutoie, comme l'a révélé M. Squarcini dans Le Monde ? Étaient-ils en contact régulier ? La DCRI s'est-elle servie de lui ? Était-il un indicateur de la police ? Ce sont des questions auxquelles il faut maintenant apporter des réponses. Comment se fait-il, alors que des plaintes ont été déposées pour avoir séquestré un jeune garçon de 15 ans à qui il a fait regarder des vidéos de barbarie et dont il avait giflé la sœur qui venait récupérer son petit-frère, comment se fait-il, oui, que ces deux plaintes n'aient fait l'objet d'aucun suivi de la part de la police ?

F.-S. Vous voulez dire qu'il y aurait eu des complaisances ?
M. L. P. Il y a eu des carences majeures. Et il faut les expliquer. M. Merah est-il, oui ou non, un double national ? M. Guéant nous a expliqué cent fois qu'il était Français d'origine algérienne. Or le père de Mohamed Merah nous dit qu'il a un passeport algérien. Quand est-il devenu Français ? A quelles conditions ?

F.-S. Beaucoup parlent, à propos du FN, d'un retour aux « fondamentaux », ceux qui prévalaient à l'époque de votre père...
M. L. P. Ce n'est pas un problème de retour aux fondamentaux. M. Mélenchon est systématiquement du côté des criminels, pas du côté des victimes. La preuve: M. Laurent, qui est son meilleur soutien du Parti communiste, a dit qu'il pouvait comprendre le père de Merah: le masque tombe. Oui, cette extrême-gauche est systématiquement du côté des criminels. Et puis M. Mélenchon a un comportement très ambigüe à l'égard du fondamentalisme islamique. Il cherche à faire croire que Merah serait une exception, un loup solitaire. Je ne le crois pas. Je crois que c'est le révélateur d'un fantastique problème de fond qu'on a refusé de voir, qu'on a refusé de traiter et dont pourtant des éléments nous ont régulièrement été donnés au cours des dernières années: on brûle le drapeau, on siffle la Marseillaise, on détruit, on casse, on s'attaque aux forces de police, à tout ce qui représente l'État, et tout cela dans l'indifférence générale de la classe politique. Voilà une grenade dégoupillée dont la classe politique devra assumer la responsabilité.

F.-S. Franchement, n'êtes-vous pas surprise par le succès de Jean-Luc Mélenchon ?
M. L. P. Non. Il concentre l'extrême gauche : les Verts, Lutte ouvrière, le NPA, le Parti communiste. Regardez les dernières élections: vous allez vous rendre compte que ça représente 12 à 13%. Il y a une partie aussi, probablement, des voix de M. Hollande dont on peut dire qu'il fait une campagne d'une transparence assez inimaginable.

F.-S. Vous n'y allez pas fort?
M. L. P. Que le PS ce soit le vide idéologique, ça ne date pas d'hier. D'ailleurs, s'ils ont choisi Hollande, c'est qu'il est le candidat du rien, le candidat d'un parti qui est le parti du vide idéologique. Il n'a strictement rien d'autre à dire que ce que marmonne le PS depuis des années !

F.-S. Proposez-vous toujours le retour immédiat au franc, ce qui a troublé même ceux de vos supporters qui n'aiment pas l'euro ?
M. L. P. Si on est hostile à l'euro, on fait quoi alors ? Parce qu'il n'y a a pas cinquante possibilités !... J'ai proposé de faire un référendum sur l'euro et le retour à la monnaie nationale. La Banque centrale européenne a injecté 1.000 milliards d'euros pour gagner du temps. Pour que la crise soit moins visible. Or la crise est là. Elle couve comme le volcan et elle va éclater dans des conditions épouvantables. La cure d'austérité qui a été imposée aux Français n'est que le début d'une cure d'austérité qui va nous être imposée comme elle a été imposée à la Grèce. La crise est devant nous, et elle va coûter une fortune aux Français: aux épargnants, aux travailleurs, aux retraités. Les Français doivent se rendre compte qu'on est en train de les manipuler.

F.-S. Le Front national est favorable au rétablissement de la peine de mort. Et vous ?
M. L. P. Je suis pour un référendum. Il faut que les Français puissent choisir entre le rétablissement de la peine de mort et la perpétuité réelle. Mais « réelle, réelle »: celle où on sort les pieds devant. Et pas 27 ans au bout desquels on peut recroiser sur les trottoirs des barbares, des violeurs, des tortionnaires.

F.-S. A quelles conditions pourriez-vous faire partie d'un gouvernement d'union des droites ?
M. L. P. A condition que la droite tourne définitivement le dos à l'ultra-libéralisme et au hold-up extraordinaire que les marchés financiers effectuent sur le peuple Français depuis 40 ans. Ça veut dire un retour sur la loi de 1973 qui a accordé un monopole aux marchés financiers. Et c'est ce qui fait, j'insiste, qu'en 40 ans on a versé 1400 milliards d'euros d'intérêts aux marchés financiers alors que notre dette est de 1700 milliards d'euros. Voilà le plus grand hold-up même pas du siècle: du millénaire. Un hold-up réalisé avec la complicité de la droite et de la gauche. Il faut retrouver la maîtrise de notre souveraineté, la maîtrise de nos frontières, savoir qui entre et se maintient sur notre territoire. Il faut rendre le pouvoir au peuple, notamment par l'intermédiaire du référendum. C e sont là des conditions sine qua non. Parce que, s'ils ne font pas cela, cela veut dire qu'ils sont résolument du côté du mondialisme, de l'effacement de la nation, de l'esclavagisme économique et social des Français.

F.-S. Sous des conditions drastiques, vous n'écartez donc pas formellement le principe d'une participation éventuelle à un gouvernement d'union des droites ?
M. L. P. Non. Je n'écarte pas le principe qu'il puisse y avoir demain un gouvernement d'union nationale où il pourrait y avoir des gens qui viendraient d'horizons différents compte tenu de la crise que je crois très grave. Mais, encore une fois, les conditions seront drastiques. Car participer à un gouvernement - comme M. Mélenchon va le faire puisque M. Cahuzac a révélé le pot aux roses: il y a évidemment des accords entre le bourgeois Mélenchon, 31 ans de PS et M. Hollande - cela n'est évidemment pas mon cas. Moi, je lutte contre un système qui a effondré notre pays.

F.-S. Et si vous étiez un jour ministre...
M. L. P. Je ne serai pas ministre. Je serai chef de l'État d'un gouvernement d'union nationale.

F.-S. Le seul candidat que vous épargnez, c'est le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. C'est étrange...
M. L. P. Nicolas Dupont-Aignan reprend tous mes arguments, mot par mot, à la virgule près, au point d'exclamation près. Il est un peu mon huitième porte-parole. Mais il a été un peu décevant dernièrement parce qu'il s'est mis à hurler avec les loups en considérant que le lien que j'avais fait entre l'affaire Merah et l'immigration était honteux, scandaleux, indigne... En cela, il montre qu'il participe du système mondialiste qui se sert de l'immigration pour affaiblir notre identité, pour affaiblir ce que nous sommes mais aussi pour affaiblir notre économie puisque tout le monde s'accorde à dire aujourd'hui que l'immigration sert à peser à la baisse sur les salaires. C'est bien pour cela que, main dans la main, le Medef, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Mélenchon et maintenant M. Dupont-Aignan sont des défenseurs de cette immigration.

F.-S. Dupont-Aignan vous choisirait bien, il l'a dit, comme Premier ministre...
M. L. P. Il est gentil, il faut qu'il arrête de rêver la nuit et qu'il dégonfle un peu la tête. J'ai entendu d'ailleurs quelque chose d'éminemment désagréable dans sa bouche: il souhaite avoir Marine Le Pen sous ses ordres. Voilà qui en révèle beaucoup sur ce personnage qui n'est peut-être pas le gendre idéal pour lequel il veut se faire passer.

F.-S. Tous les cadres de votre parti sont-ils d'accord pour renvoyer dos à dos, s'ils sont au second tour, Sarkozy et Hollande ?
M. L. P. En cas de second tour Sarkozy-Hollande - ce que je n'ose imaginer car c'est vraiment le non-choix - comment pouvez-vous imaginer que nous puissions appeler à voter pour l'un ou pour l'autre alors que nous disons depuis des années qu'ils mènent exactement la même politique. C'est l'UMPS qui détermine l'avenir des Français.

F. S. Est-ce que vous critiquez les propositions du candidat Sarkozy sur l'immigration ?
M. L. P. Entre les mots et les actes, il y a une énorme différence. Je suis, en fait, le grand réservoir d'idées de cette campagne présidentielle. M. Bayrou m'a emprunté le « produire français ». M. Nicolas Sarkozy m'emprunte, en tout cas dans les mots, une autorité, une fermeté en matière d'immigration, d'insécurité. Il n'y a qu'un malheur, c'est que ça fait dix ans qu'il est en charge de ces dossiers-là. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on a pas vu de fermeté et d'autorité, mais plutôt vu l'énorme laxisme à laquelle la gauche nous a habitué. On voit que, progressivement, la droite a été complètement influencée sur ce sujet par la gauche. Rendez-vous compte: même M. Mélenchon a repris une de mes idées: une grande politique de la mer !

F.-S. Ce n'est pas clair. Vous êtes ravie ou choquée ?
M. L. P. Il n'y a qu'un malheur, c'est qu'ils disent tous la même chose que moi pour m'empêcher de le faire. Et ça fait des années que cela dure!... Si d'autres que moi mettaient en application mes idées, je serais heureuse. Vous savez, j'ai trois enfants, je fais beaucoup de sacrifice dans ma vie personnelle. Si demain quelqu'un d'autre que moi appliquait ces idées-là, je serai ravie de faire autre chose. Le problème, c'est que, à chaque campagne présidentielle on vient puiser dans nos idées et, chaque fois qu'ils arrivent au pouvoir, ils font exactement l'inverse !

F.-S. Par antisarkozysme, une partie de vos amis seraient prêts à un vote dit « révolutionnaire » en faveur de Hollande...
M. L. P. Il y a dans mon électorat des gens qui viennent de la droite et des gens qui viennent de la gauche. Par conséquent, une partie d'entre eux, en cas de second tour Hollande-Sarkozy, retourneront à leurs familles d'origine. Ca, ce n'est pas un secret. Mais moi, c'est sûr, je ne prendrai pas la responsabilité de leur donner ma bénédiction.

F.-S. L'impôt à 75% proposé par François Hollande, vous en pensez quoi ?
M. L. P. C'est un gadget, qui ne va toucher d'ailleurs que ses petits copains du show-biz et du football. La réalité, c'est que, par exemple, le président du directoire de Publicis vient de s'accorder une somme absolument spectaculaire: 16 millions d'euros. Est-ce que les Français savent que Publicis va pouvoir déduire cette somme de ses résultats et ne payer d'impôts par conséquent que sur des résultats dont aura été déduite cette somme considérable ? Moi, j'interdirai cela ! Par conséquent, au-delà d'un montant que je considère comme raisonnable, ce sont les actionnaires qui se verront retirer les montants qu'ils auront accordés à leurs dirigeants. Pas l'État !

F.-S. :Souhaitez-vous le rétablissement du service militaire ?
M. L. P. C'est une organisation importante, c'est un coût important, mais je crois que compte tenu de ce qui se passe et de ce qui est révélé par l'affaire Merah, il faut rétablir au moins un mois de « classes » pour pouvoir jauger, juger, dans notre jeunesse, l'influence peut-être du fondamentalisme islamiste.

F.-S. Un mois, pas plus ?
M. L. P. Oui, mais ça permet de voir où sont les asociaux, de mesurer le nombre des illettrés, de voir ceux qui maîtrisent la langue française et ceux qui ne la maîtrisent pas, et aussi d'instiller un peu d'amour de la patrie dans leur cœur. Donc, je crois qu'il est important que tous les jeunes de France passent à un moment donné entre les mains pendant un mois de l'État -par l'intermédiaire de l'armée- pour pouvoir faire un bilan précis de la situation dans notre pays.

F.-S. Mais beaucoup de casernes ont déjà été fermées et vendues...
M. L. P. Je suis très attaché à cette problématique du patrimoine. A mon arrivée au pouvoir, je ferai un audit sur toutes les cessions du patrimoine des Français faites dans dix dernières années, parce qu'il y a là beaucoup de conflits d'intérêt et beaucoup de gens qui se sont faits énormément d'argent alors que ces biens, ces hôpitaux, ces casernes n'appartiennent pas à ceux qui nous dirigent. Ils appartiennent aux Français. J'indique d'ailleurs que je ferai passer une loi qui interdira toute cession du patrimoine national, quelles que soient les circonstances. Je mettrai en place des conventions d'usufruit de 20 ans renouvelables, c'est-à-dire qu'ils pourront user, comme une location en quelque sorte, des bâtiments, mais en aucun cas, jamais, cette propriété ne sera transférée comme elle l'est aujourd'hui au Qatar, en Arabie Saoudite ou je ne sais encore à qui.

F.-S. Souhaitez-vous le maintien du RSA ?
M. L. P. Oui, je souhaite le maintien du RSA, mais je souhaite qu'il aille à des gens qui le méritent. Je veux supprimer toute aide sociale à ceux qui ont été condamnés pour des crimes ou qui sont des délinquants récidivistes. Je trouve insupportable -sur le plan de la morale et de la justice- que les impôts de millions de Français qui se lèvent tôt et qui bossent dur soient utilisés à verser des aides sociales à des voyous récidivistes qui se moquent totalement des règles dans notre société, qui se moquent totalement des lois, qui violentent, qui brutalisent, qui volent, qui escroquent. Ce sera une de mes premières mesures: la justice l'exige.

F.-S. Le revenu parental que vous proposez sera destiné aux femmes comme aux hommes ?
M. L. P. Aux femmes et aux hommes.

F.-S. Au même niveau ?
M. L. P. Au même niveau, à 80% du SMIC. Évidemment, il y a beaucoup plus de femmes qui en profiteront. Pourquoi ? Parce les femmes sont des variables d'ajustement en période de chômage. C'est elles qui acceptent des salaires extrêmement bas. C'est elles qui acceptent souvent des conditions de travail qui sont insupportables. C'est elles, souvent, qui acceptent des horaires qui sont inadmissibles et qu'on leur impose ; je pense notamment à un certain nombre d'enseignes de la grande distribution qui usent et abusent de cette faiblesse. Eh bien, elles auront le choix de rester élever leurs enfants durant un certain nombre d'années, et elles auront 80% du SMIC.

F.-S. L'affaire Bettencourt peut-elle freiner, bloquer, voire stopper l'élan du candidat Sarkozy ?
M. L. P. Cette affaire Bettencourt est gravissime. Est-ce qu'on imagine, si ces faits sont avérés, qu'au moment où le candidat Sarkozy promettait la République « irréprochable », il était lui-même en train de financer illégalement sa campagne et, de surcroit, avec de l'argent fiscalement exilé en Suisse ? Ceci serait déjà très grave si c'était avéré. Mais, pire que cela, il y aurait un abus de faiblesse d'une vieille dame puisque la situation de faiblesse de Mme Bettencourt a été décrétée à compter de septembre 2006. Ça veut donc dire qu'on aurait profité de la faiblesse de cette vieille dame pour obtenir d'elle des sommes d'argent. Ce serait un délit beaucoup plus grave encore que celui de financement illégal d'une campagne électorale.

F.-S. Avez-vous davantage de considération pour Jacques Chirac ou pour Nicolas Sarkozy ?
M. L. P. J'ai plus de considération pour Jacques Chirac que pour Nicolas Sarkozy. Jacques Chirac a fait deux mandats d'inertie, alors que Nicolas Sarkozy a fait un mandat de destruction.

F.-S. C'est votre première campagne présidentielle. Est-ce dur ?
M. L. P. Oui, bien sûr, c'est dur physiquement. C'est dur psychologiquement puisque je suis peut-être une des seules candidates à avoir des enfants en bas âge. Enfin en bas âge, je m'entends,: ils ont 12-13 ans, ce sont des pré-adolescents. Je ne suis pas dans la situation de ces hommes qui peuvent faire campagne très librement. Il y a une part de culpabilité, effectivement, car je suis moins auprès de mes enfants que j'aimerais l'être.

F.-S. Vos enfants vous réclament ?
M. L. P. Bien sûr!... Mais j'essaie de leur inculquer cette extraordinaire générosité qui consiste à penser qu'il faut savoir s'oublier soi-même, et penser que ce que fait leur mère est au bénéfice de tous.

F.-S. Serez-vous à nouveau candidate en 2017 ?
M. L. P. Je n'en sais strictement rien. Pour être candidate en 2017, il faudrait que j'ai à nouveau la confiance de ceux qui ont décidé que je serai candidate en 2012. Je serai peut-être candidate au renouvellement de mon mandat... (rires) de présidente de la République!

F.-S. Vos sondages ne sont-ils pas, pour vous, décevants ?
M. L. P. Je crois qu'il y aura une très bonne surprise. Jamais, dans notre histoire, nous n'avons été aussi haut dans les sondages lors d'une présidentielle. Je dis bien: jamais. Nous sommes entre 16 et 17% : je parle ici des instituts sérieux. Or tous les sondeurs disent qu'ils ont les plus grandes difficultés à mesurer ma candidature.

F.-S. Y-a-t-il encore des électeurs de Marine Le Pen masqués ?
M. L. P. Probablement, oui. Ce qui est sûr, c'est que sur le terrain, il se passe quelque chose qui n'est pas à la hauteur de ce que je peux lire dans le sondages.

F.-S. Une sorte de « phénomène Marine Le Pen » parallèle au « phénomène Mélenchon » ?
M. L. P. Ce n'est pas un phénomène Marine Le Pen: c'est un phénomène nation, c'est un phénomène identité, c'est un phénomène envie de continuer à être français. Je crois qu'on abandonne de plus en plus nos valeurs. On se fond dans une uniformisation européenne qui fait que la richesse de ce que nous sommes est en train de s'affaiblir. Or, moi je veux que la France reste française pour elle-même, mais aussi pour ce qu'elle apporte au monde.

F.-S. Vous pensez donc que vous allez être au second tour ?
M. L. P. Tout-à-fait. L'hypothèse de ma présence au second tour est tout-à-fait crédible.

F.-S. : Contre qui ?
M. L. P. Ça dépendra du score de M. Mélenchon ! Puisqu'aujourd'hui M. Mélenchon est le meilleur ami de Nicolas Sarkozy. Il est en train d'affaiblir François Hollande. D'ailleurs vous remarquerez que dans ses discours M. Mélenchon attaque M. Hollande, Marine Le Pen, mais n'attaque quasiment jamais Nicolas Sarkozy. En voilà deux qui se sont bien trouvés en termes d'intérêts électoraux ! 

F.-S. Croyez-vous imaginable entre Mélenchon et vous ?
M. L. P. Ça aurait de la gueule! Au moins il y aurait un vrai choix entre un communiste-immigrationniste et une nationale, défenseure d'un protectionnisme et d'un patriotisme économique. Oui, ce serait un vrai choix.

F.-S. Accepteriez-vous un débat avec lui à ce moment-là ?
M. L. P. Oui, ce sont les règles de la République qui le veulent.

F.-S. Vous savez que vous faites encore peur à un grand nombre de Français ?
M. L. P. Ah bon, je leur fais peur ? Je n'ai pourtant aucune responsabilité dans la situation qu'ils vivent. Ils ont peur de quoi ? Ils ont peur parce que le système leur fait peur. Est-ce que ça n'étonne pas les Français que l'ensemble du système lutte contre Marine Le Pen alors que, par exemple, M. Mélenchon, qui se présente comme un candidat anti-système, personne ne l'attaque ? Moi, j'ai tout le monde contre moi: l'UMP, le PS, le Medef, l'extrême gauche, les syndicats... C'est quand même pas étonnant ? Je vais vous dire ce qu'il en est: si tout le système s'oppose à moi, c'est parce que je suis la seule à véritablement m'opposer au système. Quand les Français comprendront cela, ils ne se tromperont pas de bulletin de vote.
© France Soir

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GUERLAIN CONDAMNÉ POUR INJURE RACIALE (France)

L'ancien parfumeur devra verser une amende de 6.000 euros pour ses propos sur les "nègres".

29/03/2012 - "Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin...". Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi Jean-Paul Guerlain pour ces propos injurieux tenus en février 2010, sur le plateau de France 2.

L'ancien parfumeur à été condamné à une amende de 6.000 euros. Outre son amende, il devra verser 2.000 euros de dommages et intérêts à chacune des trois associations parties civiles : Mrap, Licra et SOS Racisme.

Critiqué par sa propre société
L'avocat du parfumeur, Me Basile Ader, se disait "satisfait" sur la première phrase mais ignorait si son client, absent au délibéré, ferait ou non appel de sa condamnation.

A l'époque des faits, protestations et appels au boycott des produits Guerlain s'étaient multipliés, en dépit des excuses présentées par le parfumeur. Descendant du fondateur de la maison Guerlain, Jean-Paul Guerlain ne travaille plus pour le parfumeur depuis 2002. Au moment de la polémique, la société avait diffusé un communiqué pour condamner ces propos "inadmissibles".

Des excuses répétées
Lors de l'audience du 2 février, le "nez" avait confessé "une imbécillité". "J'ai voulu faire rigoler la journaliste et je le regrette", avait expliqué le parfumeur de 75 ans, vêtu d'un de ses indéfectibles complets trois pièces. "Je présente toutes mes excuses à la communauté noire pour cette imbécillité", avait répété à plusieurs reprises l'ancien parfumeur. "Je suis tout sauf raciste", avait-il encore martelé, racontant ses premières rencontres avec les Noirs américains qui, à la Libération, "m'ont fait découvrir le chewing-gum et le Coca-Cola".

"Je n'ai pas de raison de douter de la sincérité de ces regrets", lui avait répondu le procureur Alexandre Auber. Mais, il est incontestable que ces propos, "injurieux et racistes", ont constitué "un trouble à l'ordre public". Il avait requis contre Jean-Paul Guerlain une amende "de 7.500 euros au moins".

Récemment, Jean-Paul Guerlain a été mis en cause dans une autre affaire d'injures raciales. L'ancien parfumeur aurait tenu des propos racistes à des agents de la SNCF à qui il a reproche de lui avoir fait rater son train. "La France est un pays de merde, c’est une boîte de merde et en plus on est servi que par des immigrés", aurait lâché le septuagénaire. Une plainte a été déposée au parquet de Paris.
© Europe 1

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VAL-D'OISE : MISE À L’ÉCART POUR UNE JUPE «À CONNOTATION RELIGIEUSE» (France)

Une élève du lycée Edmond-Rostand de Saint-Ouen-l’Aumône a été priée de retourner chez elle et de changer sa tenue vestimentaire jugée provocante. Par Aurélie Foulon

29/03/2012 - Après le voile, les strings dépassant des pantalons taille basse ou encore les caleçons apparents sous les baggys, un nouveau débat sur le thème de la tenue correcte exigée à l’école vient d’éclater au lycée Edmond-Rostand à Saint-Ouen-l’Aumône. Depuis le début de la semaine, les vêtements de Khadidja lui valent les reproches de la direction de l’établissement.

« Après trois mois de stage, je suis revenue à l’école lundi, explique la lycéenne qui prépare un bac professionnel. Il faisait beau, j’ai mis une jupe longue. La proviseur m’a dit que c’était de la provocation et que je devais rentrer chez moi. Elle considère que j’ai une tenue à connotation religieuse. » Après avoir passé la journée de mardi à se renseigner sur ce qu’elle avait droit de porter ou pas à l’école publique, Khadidja retourne au lycée hier matin, vêtue de la même façon. « La conseillère d’éducation m’a dit que je n’avais pas été acceptée lundi et qu’elle n’avait pas changé d’avis, que je devais rentrer chez moi et ma mère a été convoquée », poursuit la lycéenne avant de mettre en avant divers témoignages.

Des principes d’éducation
« Ce n’est pas exact, je n’ai aucune élève qui n’est pas acceptée en classe pour une tenue vestimentaire particulière », dément fermement la chef d’établissement, qui refuse de communiquer davantage, concédant seulement que « c’est parce qu’elle n’avait pas ses affaires de classe ». « Il n’y a pas d’exclusion », assure de son côté l’inspection académique qui évoque plutôt « des remarques ». Certes, « elle enlève son voile avant d’entrer dans l’établissement, mais cela fait partie de l’éducation de faire des remarques aux élèves dont la tenue est provocante, comme pour une jeune fille qui vient à l’école le ventre à l’air. Ici, c’est plutôt une tenue qui rappellerait une croyance. Cela fait aussi partie du rôle de l’Education nationale de rappeler un certain nombre de principes comme la décence, le respect des personnes, qui nécessitent une tenue correcte. C’est vraiment dans un but éducatif. »

Une position que ne comprennent pas Khadidja et sa mère. « On m’a convoquée au lycée pour une histoire de jupe », s’étonne sa mère. « Si j’étais entrée au lycée avec le voile, j’aurai compris, assure la jeune fille. Mais là, j’ai quand même le droit de mettre une jupe gitane. D’autres viennent en hippie ou en gothique sans que ça pose problème. »

Une situation qui dure depuis trop longtemps aux yeux de Khadija. « Ça fait un an et demi que je prends sur moi. J’ai été beaucoup trop absente à cause de toutes ces remarques. » Qu’importe, elle n’entend pas céder, même à trois mois des examens. « Sur le principe, je ne vois pas au nom de quoi on juge ma tenue vestimentaire : parce que ma jupe est trop longue ou que je devrais être bras nus? » s’interroge celle qui se dit prête à « repasser le bac en candidat libre l’année prochaine ».
© Le Parisien

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HOMOSEXUALITÉ ET ORIGINE: L'AUTRE CERCLE A ENQUÊTÉ SUR LA DOUBLE DISCRIMINATION (France)

Quand on est à la fois homo ou trans et d'origine étrangère, comment s'en sortir au travail? C'est ce qu'a cherché à savoir l'association, au travers d'une vingtaine de témoignages accablants. Par Paul Parant

29/03/2012 - Il serait difficile, à moins de l'avoir vécu, de se rendre compte des dificultés que rencontrent au travail des personnes à la fois homosexuelles et d'origine étrangère, sans avoir lu l'enquête que vient de publier L'Autre cercle. Toujours attachée à lutter contre les difficultés professionnelles des LGBT, l'association a minutieusement enquêté sur ces personnes condamnées à cette «double peine» si particulière.

Condamnés à l'invisibilité
Parmi la vingtaine de grands témoins interrogés pour cette enquête, Ludovic Mohamed Zahed était présent mardi au colloque sur le sujet organisé à la mairie de Montreuil. Celui qui a, depuis, fondé l'association Homosexuels musumans de France (HM2F) a raconté la voix tremblante ses «années de déchirements» sur son identité, et de galère pour trouver un emploi et un appart, bien que bardé de diplômes. «Le rejet n'engendre pas forcément la haine, mais certainement la colère, qui est mêlée dans le même temps à une certaine honte.»

Cette honte, Brahim Naït-Balk en a aussi parlé, évoquant les injures dont il était victime en tant qu'éducateur sportif dans une cité. «Plus on m'insultait, plus je culpabilisais, parce que j'étais arabe et gay.» Un état d'esprit dont il est finalement sorti en faisait son coming out au travers d'un livre: «Ce n'est qu'à ce moment que je me suis enfin senti libre. A vouloir se cacher par peur d'être montré du doigt, on ne se rend pas service à soi-même.»

Diversité plurielle
Mais avant cette sortie par le haut, il y a toute une série de stratégies afin d'échapper à la double discrimination. «Consciemment ou pas, les employés d'origine étrangère et LGBT savent que le milieu professionnel est l'un des terrains les plus propices aux actes homophobes. Se déclenche alors un mécanisme de défense afin, le plus souvent, de devenir invisibles», raconte Marie-Hélène Goix, qui fait partie du pôle de L'Autre cercle ayant mené l'enquête. Elle cite ainsi l'exemple de Samia, lesbienne d'origine algérienne, qui confie qu'elle «aimerait être lesbienne, c'est plus simple, (mais) avec mon nom, on voit déjà que je suis arabe, je ne vais pas ajouter un problème de plus.»

Ludovic Mohamed Zahed ne dit pas autre chose, en racontant la difficulté de son parcours au sein de la vénérable Ecole normale supérieure. «Un peu de diversité aurait été encouragé. Mais moi, arabe, gay, séropo, c'était un peu trop de diversité à leur goût. Je ne regrette pas d'avoir lutté en permanence… J'aimerais juste, parfois, devoir être un peu moins fort pour résister à tous les bâtons qu'on nous met dans les roues», souffle-t-il.

Prix de la Diversité
Forte d'un constat aussi accablant, que peut faire L'Autre cercle? Encourager les bonnes initiatives, déjà: c'était le cas mardi avec la remise du 3e grand Prix de la Diversité à Armelle Carminati, directrice générale diversité de la société Accenture, qui a su promouvoir la diversité sans y oublier les LGBT (lire prochainement son interview sur TÊTU.com). L'association émet aussi des préconisations, parmi lesquelles «plus d'action, de protection, de communication» de la part des entreprises.

«Il faut traiter l'ensemble des critères de discriminations, pointe Marie-Hélène Goix, car si chacune d'entre elles est importante, c'est vite insupportable pour ceux qui les cumulent.» Présent aussi mardi, le président de la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, Louis-Georges Tin, se bat lui aussi contre «la politique de la diversité à la carte». «La diversité existe en entier, ou n'existe pas, insiste-t-il. «Imaginerait-on un Etat dire: “d'accord, on est racistes, mais au sujet du handicap on est excellents”?»

* L'étude de la discrimination «origine» s'étend également au critère du patronyme et des convictions religieuses.

L'enquête sur le site de l'Autre cercle
© Têtu

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SARKOZY DÉGAINE UNE VIOLENTE CHARGE CONTRE L'IMMIGRATION (France)

29/03/2012 - Nicolas Sarkozy s'est livré mercredi à une violente charge contre l'immigration en se posant comme le défenseur du modèle social français qui ne "résisterait pas" à un afflux d'étrangers, lors d'une réunion publique dans les Yvelines.

"Il y a un moment où nous devons dire, par souci de l'équilibre de nos comptes sociaux et de la bonne marche de notre système d'intégration, que nous ne pouvons pas accueillir tout le monde", a lancé Nicolas Sarkozy. "Je ne demanderai pas d'efforts aux Français pour rétablir l'équilibre de nos comptes et, dans le même temps, je n'accepterai pas qu'il y ait une immigration qui vienne en France poussée par l'attrait pour nos prestations sociales, parce que notre système social n'y résistera pas", a-t-il poursuivi sous les hourras de ses partisans.

Discours improvisé
"Qu'on ne vienne pas m'expliquer qu'on doit pouvoir faire venir sa famille si on n'a pas un logement décent. Qu'on ne vienne pas me dire qu'on doit pouvoir faire venir sa famille si on n'a pas un salaire pour la faire vivre", a insisté le candidat de l'UMP. "Je n'accepterai pas qu'on fasse venir sa famille si celle-ci n'a pas, préalablement à son entrée en France, fait l'effort d'apprendre le français et de comprendre les valeurs de la République, a également promis le président-candidat. Pensez à la femme cloîtrée dans son appartement par un mari qui ne respecte aucune des valeurs de la République."

Plus tard, dans son discours improvisé, Nicolas Sarkozy a également reproché à son rival du PS François Hollande de ne pas avoir voté le texte de loi sur l'interdiction de la burqa. "Nous ne voulons pas sur les trottoirs de la République française des femmes en burqa, parce que ce n'est pas notre conception de la femme et de l'homme", a-t-il dit. Le chef de l'État s'est défendu de tenir un discours d'extrême droite. "Je ne plaiderai jamais pour la fermeture (...) le discours des extrémistes est un discours de haine et de peur", a-t-il plaidé, avant d'accuser la gauche d'avoir "laissé tomber les quartiers et les banlieues". Mardi soir, à Nantes, Nicolas Sarkozy avait également durci le ton sur l'immigration, mettant notamment en garde contre les effets d'une "vague migratoire incontrôlée".
© Le Point

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LA POLITIQUE GOUVERNEMENTALE À L'ÉGARD DES ROMS VIVEMENT CRITIQUÉE (France)

La Commission nationale consultative des droits de l'Homme déplore l'absence de «politique réelle» de lutte contre les discriminations dont sont victimes les Roms.

28/03/2012 - La Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) a critiqué mercredi la politique gouvernementale à l'égard des Roms, déplorant les «discriminations dont souffrent ces personnes».

La question des «Roms migrants» et des «gens du voyage» français est évoquée dans un «plan national d'action contre le racisme et l'antisémitisme» présenté mi-février en conseil des ministre, rappelle la commission, institution indépendante de promotion des droits de l'Homme et de conseil auprès du gouvernement.

Par ailleurs, une «stratégie du gouvernement français pour l'inclusion des Roms», auquel se réfère le plan d'action, a été adressée fin 2011 à la Commission européenne, à la demande de cette dernière, ajoute-t-elle dans un «avis» adopté le 22 mars en assemblée plénière.

Mais selon elle, ce texte «ne présente pas de réelle stratégie : il ne dégage pas de priorités, ne hiérarchise pas les objectifs, n'établit aucun critère de performance, reste muet sur les crédits nécessaires pour atteindre les objectifs et sur les moyens qui seront mobilisés».

«Les discriminations, les confusions et les amalgames entretenus à l'égard de ces populations (...) doivent être combattus par des mesures concrètes d'accès aux droits et par une volonté politique réelle», estime la CNCDH.

Celle-ci regrette notamment que l'élaboration de la «stratégie pour l'inclusion des Roms» n'ait pas été l'occasion «d'annoncer la levée immédiate des mesures transitoires» limitant l'accès des ressortissants roumains et bulgares au marché du travail.

Conformes aux traités d'adhésion à l'Union européenne - permettant ces mesures transitoires pour la Roumanie et la Bulgarie jusqu'au 31 décembre 2013 - ces restrictions n'en sont pas moins «discriminatoires», estime la CNCDH.

A défaut de leur levée immédiate, elle recommande plusieurs mesures «afin de favoriser l'intégration» des Roms présents sur le territoire : «traitement accéléré des demandes d'autorisation de travail», «assouplissement des critères de durée de contrat et de niveau de rémunération» ou encore «possibilité d'inscription à Pôle emploi».
© Libération

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ÉLECTIONS À ASSAS: LE GUD TENTE DE REPRENDRE PIED (France)

Absente de l'université depuis cinq ans, l'organisation étudiante d'extrême droite présente une liste aux élections étudiantes, mercredi 28 mars.

28/03/2012 - Un rat noir. Le symbole du Groupe union défense (GUD). Sur le tract déroulant la profession de foi de la liste UDJ (Union de défense de la jeunesse) pour les élections étudiantes à l'université Panthéon-Assas (Paris-II), mercredi, un dessin du rongeur rappelle la filiation revendiquée avec l'ancienne organisation d'extrême droite, réputée pour son activisme violent. Et certaines propositions gomment les derniers doutes.

«Nous prônons la préférence nationale pour l'attribution des bourses et des logements», avise à la terrasse d'un café Édouard Klein, 21 ans, «fils de gudards» et fondateur de l'UDJ. Chemise et chaussures élégantes, coupe de cheveux bon chic bon genre, il montre un profil rassurant. À mille lieux de sa photo Facebook, sur laquelle il arbore blouson de cuir et lunettes de soleil noirs sous un crâne presque rasé. Un style plus en phase avec les dix commandements du GUD nouveau: «Le Flight, tu porteras; De Ray-Ban, tu te muniras; Les femmes, tu séduiras, etc.»

Un local à Assas
Du folklore? Pas seulement. «Nous avons une conception esthétique de l'individu, et c'est plus amusant que les principes de l'Unef, assume l'étudiant en troisième année d'économie. Qui détaille ses priorités pour Assas: «Justice sociale, promotion de l'excellence avec une sélection à l'entrée, et liberté d'étudier pour ne pas se transformer en Nanterre ou Tolbiac, des facs bloquées à la moindre réforme.»

Cette irruption de l'UDJ dans la campagne a réveillé des peurs enfouies. «Les pouvoirs publics doivent intervenir au plus vite pour protéger l'université contre le retour de cette officine raciste et antisémite», s'inquiète Jonathan Hayoun, le président de l'UEJF (Union des étudiants juifs de France ), dont les militants se battaient fréquemment avec ceux du GUD dans les années 1980-1990. «On a très peur que ça recommence, nous demandons aux nôtres de rester dans le débat d'idées, mais c'est dans la culture du GUD de semer la terreur et je ne comprends pas pourquoi on ne leur a pas interdit de se présenter.»

Le président de Paris-II, Louis Vogel, assure qu'il n'en a pas, légalement, la possibilité. «C'est la démocratie, tout le monde a le droit de déposer une liste, mais les étudiants voteront en connaissance de cause», réagit-il. L'UEJF et d'autres organisations étudiantes anticipent déjà de multiplier les pressions sur l'administration au cas où l'UDJ obtienne un élu, suffisant pour décrocher un local à Assas. «Sur leur liste pour le Cévu (Conseil des études et de la vie universitaire), la plupart des dix candidats ne sont même pas de vrais étudiants, accuse Benjamin Guéraud-Pinet, responsable de l'Unef à Assas. Ils se sont inscrits en capacité de droit, pour laquelle il n'y a pas besoin du bac, et l'un d'entre eux est même un militaire qui revient d'Afghanistan». Selon lui, les problèmes ont déjà recommencé à Assas. «Des bastons très violentes entre gudards et antifascistes dont certains ont eu des côtes cassées se sont déroulés près de l'université. Et deux cars de police ont été récemment postés devant la fac pour éviter que l'UDJ ne “bordélise” une conférence de Stéphane Hessel.»

Édouard Klein, lui, relativise ces débordements. «On nous accole une réputation de violence, mais la plupart du temps on ne fait que se défendre, certifie-t-il. Cinq “antifa” d'extrême gauche, dont au moins un du lycée autogéré de Paris que j'ai reconnu, m'ont par exemple agressé il y a quelques jours à coups de matraque télescopique.»

Un membre de L'UEJF raconte pourtant être tombé sur un tweet de l'UDJ appelant selon lui implicitement à la violence. «Il est écrit “Si vous voulez voir SOS-Racisme et l'UEJF à Assas, venez le 28 mars”. On n'est pas naïfs et on compte sur la fac et la police, si besoin, pour nous protéger.»

Par Philippe Romain
© Le Figaro

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GÉNOCIDE ARMÉNIEN : UN AVOCAT MARSEILLAIS SAISIT LE CONSEIL D'ÉTAT (France)

Moins d'un mois après son rejet par le Conseil constitutionnel, la loi visant à pénaliser le négationnisme du génocide arménien provoque toujours une intense agitation.

28/03/2012 - Moins d'un mois après son rejet par le Conseil constitutionnel, la loi visant à pénaliser le négationnisme du génocide arménien provoque toujours une intense agitation. C'est ainsi que, convaincu de la vacuité des promesses formulées depuis par les principaux candidats à l'élection présidentielle, un avocat marseillais multiplie les recours juridiques : inspirateur du texte présenté en fin d'année dernière à l'Assemblée nationale par la députée UMP Valérie Boyer, Philippe Krikorian vient de saisir le Conseil d'État et prépare une action devant la Cour européenne des droits de l'Homme.

Candidats, les promesses impossibles
Faute de temps de voir le Parlement adopter un nouveau texte, Nicolas Sarkozy a promis le 7 mars que ce serait une de ses priorités s'il était réélu. Il rejoignait là la position de François Hollande. Problème pour Me Krikorian, ces engagements ne sont qu'"illusoires" et "resteront sans lendemain". Il rappelle que "quel qu'il soit, le Président n'aura le pouvoir d'infléchir la jurisprudence du Conseil constitutionnel".

Une stratégie à plusieurs bandes
Depuis juin 2011, Philippe Krikorian bataille devant le Conseil d'État contre une décision du gouvernement qu'il considère comme un refus de retranscrire en droit français une décision de l'Europe de 2008 "sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal". Dans un mémoire daté du 16 mars, l'avocat marseillais vient d'introduire les nouveaux éléments apportés par la censure du Conseil constitutionnel dans cette procédure où il représente 260 personnes. L'objectif de la démarche est d'obliger le Conseil d'État à saisir la Cour de justice de l'Union européenne, afin que soit corrigée la décision initiale de l'Europe : "Actuellement, les victimes de négationnisme ne peuvent saisir la justice que si les auteurs du génocide ont été condamnés par une juridiction nationale ou internationale." Ce qui exclue pour certains juristes le génocide arménien, qui n'a pas eu droit à son procès de Nuremberg... Une fois cet obstacle levé, la France serait dans l'obligation d'adopter une loi pénalisant le négationnisme du génocide arménien, du fait de la suprématie du droit européen sur les réglementations nationales.

Recours en vue devant l'Europe
Une saisine de la Cour européenne des droits de l'Homme est actuellement préparation. "La Cour de Strasbourg a jugé en 1998 que la contestation de faits incontestables de l'Histoire ne relève pas de la liberté d'expression, mais de son abus, détaille l'avocat. Une loi comme la loi Boyer-Krikorian doit, en conséquence, être appréciée comme étant compatible avec les stipulations de la CEDH." Partant de là, il affirme que la France, "du fait de son organe juridictionnel, a violé le droit de l'Union européenne". Philippe Krikorian a donc lancé un appel aux associations arméniennes pour qu'elles soutiennent son recours.

Fred Guilledoux
© La Provence

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«ON ASSISTAIT À UN RECUL DES PRÉJUGÉS RACISTES, LA TENDANCE S'EST INVERSÉE» (France)

La Commission nationale consultative des droits de l'homme a rendu son rapport annuel sur les actes racistes. S'ils ont diminué en 2011, l'intolérance de la société française, elle, s'accentue. Par SYLVAIN MOUILLARD

27/03/2012 - Les «événements» de Toulouse sont bien entendu dans tous les esprits. Mais, pour la remise de son rapport annuel (le lire en intégralité ici), la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) n'a évoqué que l'année 2011. Principal objet de ses recherches : les actes racistes, antisémites et xénophobes commis en France l'an passé. L'autre volet du rapport est une étude d'opinion (1) sur la tolérance des Français. Et les résultats sont ambivalents. En 2011, le nombre d'actes et de menaces racistes est en recul. La CNCDH en a comptabilisé 1 254, soit une baisse de 7% par rapport à 2010.

Mais le sentiment raciste, lui, progresse. Quelque 48% des sondés estiment par exemple que l'immigration est la principale cause de l'insécurité (+4 points par rapport à 2010). Globalement, ce sont les Maghrébins et les musulmans qui cristallisent le ressentiment. Yves-Marie Cann, de l'institut CSA, qui a réalisé l'étude d'opinion, s'avoue désarmé quand il s'agit d'expliquer ces phénomènes concomitants et apparemment contradictoires. Il esquisse une première analyse : «Peut-être que la moindre présence des actes racistes dans le champ médiatique incite à une libération de la parole raciste», juge-t-il.

Voici les principales conclusions de l'enquête.

Les actes et menaces à caractère raciste : en recul, sauf pour les atteintes à l'islam
«Il n'y a pas eu d'événement très grave en 2011», note Marc Leyenberger, de la CNCDH. «On observe une diminution des actes racistes (-2,4%) et antisémites (-16,5%) par rapport à l'année précédente.» Ceux-ci se concentrent principalement dans trois régions : l'Ile-de-France, Paca, et Rhônes-Alpes. Principales satisfactions : le recul des actes antisémites, qui atteignaient il y a quelques années encore des «niveaux graves», et la baisse des menaces en milieu scolaire (-48%). Marc Leyenberger salue en particulier l'action du ministère de l'Education nationale.

Mais il ne peut que déchanter devant les chiffres des atteintes aux personnes en raison de leur confession musulmane. En 2011, ils ont augmenté de 33,6%. 38 actes et 117 menaces ont été recensés. «La figure de l'étranger et du musulman vient cristalliser un certain nombre de craintes, explique-t-il. C'est là que s'articule le lien entre immigration et insécurité.» La CNCDH invite toutefois à regarder ce phénomène avec prudence, notant «l'amélioration du recensement des actes commis», ce qui peut expliquer leur nette augmentation.

La tolérance de la société française : «L'ambiance n'est pas bonne»
Même si le niveau de tolérance reste globalement élevé en France, l'évolution au cours des deux dernières années est négative. «On assistait depuis 2005 à un recul des préjugés. La tendance s'est inversée en 2010, remarque Marc Leyenberger. On avait expliqué ce phénomène par la crise économique, le chômage... des facteurs qui ont tendance à favoriser un racisme de protection contre une menace supposée venant de l'extérieur.» L'argument économique ne suffit plus. Pour Leyenberger, l'accumulation d'événements tels que les révolutions arabes, le discours de Grenoble, les débats sur le voile intégral ou les prières de rue, voire le travail de dédiabolisation du FN entamé par Marine Le Pen, peuvent permettre de comprendre cette montée de l'intolérance.

Certains chiffres sont édifiants. Ainsi, 7% des sondés s'assument «plutôt racistes» (une hausse de 3 points en quelques mois). La vision de la société française est aussi de plus en plus atomisée. Pour 77% des sondés, les Roms sont «un groupe à part». La proportion est de 51% pour les musulmans, 40% pour les Maghrébins, 38% pour les Asiatiques. 31% des sondés jugent que «les enfants d'immigrés nés en France ne sont pas vraiment français». L'idée selon laquelle «de nombreux immigrés viennent en France uniquement pour profiter de la protection sociale» est largement ancrée (70%). Enfin, 55% des sondés seraient prêts à paraphraser Claude Guéant, estimant «qu'aujourd'hui, en France, on ne se sent plus chez soi comme avant».

Cette série d'indicateurs inquiète la CNCDH, qui ne manque pas de pointer du doigt «l'impact que peuvent avoir certains discours politiques ou certains débats nationaux sur l'attitude de quelques-uns de nos concitoyens».

Les principaux éléments du rapport de la CNCDH 2011

(1) Etude réalisée par le CSA en face à face du 28 novembre au 5 décembre 2001, avec un échantillon national représentatif de 1033 personnes âgées de 18 ans et plus.
© Libération

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DELANOË ET DEUX CANDIDATS UMP AUX LÉGISLATIVES DÉNONCENT UNE AGRESSION ANTISÉMITE (France)

27/03/2012 - Le maire de Paris, le socialiste Bertrand Delanoë, et deux candidats UMP aux législatives dans la capitale ont dénoncé, mardi 27 mars, l'"agression antisémite" dont aurait été victime, lundi, un élève devant le collège Ozar-Hatorah du 13e arrondissement.

C'est devant un collège-lycée Ozar-Hatorah que Mohamed Merah avait tué, le 19 mars, un rabbin et trois élèves, avant d'être abattu jeudi 22 par la police. Il avait aussi tué trois militaires, les 11 et 15 mars à Toulouse et Montauban.

"ODIEUSE AGRESSION"
"J'apprends avec consternation l'odieuse agression antisémite dont a été victime un jeune Parisien", déclare Bertrand Delanoë dans un communiqué. "Je souhaite que les circonstances de ce drame soient rapidement éclaircies." De leur côté, Nathalie Fanfant et Jack-Yves Bohbot, tous deux candidats UMP aux législatives de juin dans la capitale, ont apporté "leur soutien au jeune juif agressé à Paris".

Les deux députés affirment que la jeunesse des trois agresseurs, qui auraient environ 13 ou 14 ans, est un "sujet de préoccupation" qui "montre la nécessité de revoir notre modèle de prévention de la délinquance des plus jeunes et de faire évoluer notre justice des mineurs".

FRAPPÉ À LA TÊTE
Le garçon, selon les premiers éléments de l'enquête et selon ses déclarations, sortait du collège Ozar-Hatorah, situé dans cet arrondissement, lorsqu'il a été abordé par trois autres jeunes âgés d'environ 13-14 ans, qui ont proféré des "insultes à caractère antisémite". D'après les déclarations de la victime, il a également été frappé à la tête par l'un des présumés agresseurs mais n'a pas été blessé.
© Le Monde

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PRÉSIDENTIELLE : LES 10 CANDIDATS RÉPONDENT À SOS HOMOPHOBIE (France)

Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon ont obtenu les meilleurs notes, suivis par François Hollande. Par Paul Laubacher

27/03/2012 - "Pour nous, le fait que tous les candidats aient répondu à nos questions et que Marine Le Pen ait répondu positivement à l'une de nos revendications, constituent nos deux surprises." Elisabeth Ronzier, présidente de SOS Homophobie, affiche sa satisfaction lors de la conférence de presse organisée aujourd'hui pour présenter les réponses des 10 candidats à l'élection présidentielle au questionnaire envoyé par l'association.

Ce questionnaire, composé de 12 questions fermées (il n'était possible que de répondre par oui ou par non), portait sur l'"égalité des droits" pour le mariage et l'homoparentalité, la possibilité de donner leur sang pour les homosexuels ou encore la "sensibilisation à la question du genre dès l'école primaire".

Pour évaluer la position des candidats, l'association SOS Homophobie a posé un principe simple : plus un candidat répond "oui", mieux il est noté.

C'est donc Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon (11 réponses positives) qui récoltent les meilleures appréciations. François Hollande, avec neuf réponses positives, est le suivant. Ces trois candidats devancent largement Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen.

Elisabeth Ronzier explique que la "démarche (de l'association) vise à porter la voix des victimes de l'homophobie et à évaluer les dix candidats sur le même socle de propositions".
Une question n'a eu aucune réponse négative

La présidente de SOS Homophobie souligne qu'une seule question n'a pas reçu de réponse négative. A la question "formerez-vous le personnel de l'Aide sociale à l'enfance pour qu'il détecte l'homophobie et la transphobie dont peuvent être victimes les adolescents dans leur famille ?", tous les candidats ont répondu "oui". C'est d'ailleurs la seule concession à la lutte contre l’homophobie de la part de Marine Le Pen. La candidate du Front national déclare : "Cette structure doit par définition être à l’écoute des difficultés et des souffrances que peuvent rencontrer certains enfants dans leur milieu familial quelle que soit l’origine de ce mal être".

En revanche, la question portant sur la possibilité "d'inclure dans les programmes scolaires la sensibilisation à la diversité des relations amoureuses et à la question du genre, et ce dès l'école primaire", a recueilli cinq réponses négatives de la part Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, Philippe Poutou, François Bayrou et Nicolas Dupont-Aignan.

SOS Homophobie livre également une analyse des réponses de chaque candidat mais sans pour autant "lancer un appel à voter pour tel ou tel candidat". Mais Elisabeth Ronzier prévient. "Les réponses valent comme des engagements du candidat élu" à mettre en œuvre les propositions pour lesquelles il a répondu positivement.
Les réponses des candidats

- Nicolas Sarkozy : 2 positives, 9 négatives

- François Hollande : 9 positives, 1 négative, 1 "ne se prononce pas"

- Marine Le Pen : 1 positive, 11 négatives

- Jean-Luc Mélenchon : 11 positives, 1 "ne se prononce pas"

- François Bayrou : 8 positives, 3 négatives, 1 "ne se prononce pas"

- Eva Joly : 11 positives, 1 "ne se prononce pas"

- Nicolas Dupont-Aignan : 8 positives, 3 négatives, 1 "ne se prononce pas"

- Philippe Poutou : 10 positives, 1 négative, 1 "ne se prononce pas"

- Nathalie Arthaud : 5 positives, 1 négative, 6 "ne se prononce pas"

- Jacques Cheminade : 1 négative, 11 "ne se prononce pas"

Presidentielle Analyse Reponses
© Nouvel Observateur

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ORIGINE, APPARENCE : POURQUOI CES LAPSUS POUR DIRE JUIF ET ARABE (France)

Depuis les drames de Montauban et de Toulouse, les politiques multiplient les acrobaties de langage. Le chercheur François Héran nous fournit les sous-titres. Mathieu Deslandes, journaliste

27/03/2012 - La série commence à devenir impressionnante. En moins d'une semaine, l'éditorialiste du Figaro parle de « parachutistes d'origine musulmane » ; le ministre de l'Intérieur s'associe à la peine de la « communauté israélienne de France » ; le président de la République invente les « musulmans d'apparence » ; la première secrétaire du PS distingue les « femmes d'origine maghrébine » et « les Françaises ».

Lapsus ou formules malheureuses, ces phrases trahissent une vraie difficulté à désigner l'appartenance religieuse ou l'origine ethnique des gens.

Qu'est-ce qui pousse des responsables politiques et des commentateurs à s'embarquer dans des formules confuses ?

Pour François Héran, directeur de recherche à l'Institut national des études démographiques (Ined), c'est la peur :

« Une partie du problème vient du fait que, quelles que soient les formules utilisées, on est sûr d'être pris pour cible, accusé par les uns d'être hypocrite et aveugle, par les autres de porter atteinte à l'unité de la République. »

Il décrit ainsi l'embarras dans lequel se trouve quiconque veut désigner certaines catégories de personnes en fonction de leurs origines ou leur religion (et même leur apparence physique) :

« Si vous utilisez des termes directs et que ces termes ont pris historiquement des connotations négatives, il se trouvera toujours des journalistes, des politiques ou des associations pour vous le reprocher et vous accuser de donner dans la discrimination.

Mais si vous utilisez en revanche des termes voilés ou des circonlocutions, il se trouvera encore des journalistes, des politiques ou des associations pour vous le reprocher ! Et vous serez vite accusé de verser dans le déni de réalité. »

La recherche d'un entre-deux aboutit aussi à des solutions maladroites. Elles évitent les mots qui brûlent la langue : « juif », « immigré », « arabe ». Et en utilisent d'autres à tort et à travers : « communauté », « musulman »...

Nous avons demandé à François Héran d'analyser les trois exemples qui nous ont sauté aux oreilles ces derniers jours.

1 - Guéant et la « communauté israélienne de France »
Claude Guéant, le 26 mars, devant la Grande synagogue de la Victoire à Paris :

« Je suis venu m'associer à la peine qu'éprouve toute la communauté israélienne de France, une peine qui est partagée par tous les Français que je représente ce soir. »

L'analyse de François Héran :

« Je crois qu'il a simplement confondu “israélien” et “israélite”. Mais il a aussi oublié, ce faisant, que le mot “israélite” est tombé en discrédit, parce qu'il a été abondamment utilisé sous Vichy. C'est un manque de culture historique.

Le problème est qu'on ne sait plus bien quoi dire. Prenez une expression comme “la communauté juive”. Elle sert à atténuer l'expression “les juifs”, qui, utilisée seule, est perçue comme violente, trop essentialiste, trop marquée. Si vous dites “les juifs de France”, cela passe déjà mieux que “les juifs” tout court.

L'historien Pierre Birnbaum, qui a publié plusieurs livres remarquables sur l'antisémitisme, a critiqué l'usage de l'expression “la communauté juive” au motif qu'elle fleure le communautarisme.

Sur ce point précis, je ne le suis pas. Le mot “communauté” remplit simplement une fonction d'atténuation. Quand vous dites “la colonie française de Mexico” pour désigner les expatriés français du Mexique, ça n'a rien de colonialiste. »

2 - Sarkozy et les « musulmans d'apparence »
Nicolas Sarkozy, le 26 mars sur France Info :

« Je rappelle que deux de nos soldats étaient – comment dire ? – musulmans, en tout cas d'apparence, puisque l'un était catholique. D'apparence... Comme on dit : de la diversité visible. »

L'analyse de François Héran :

« C'est un cas de figure intéressant, celui d'une discordance entre l'apparence physique et la réalité administrative ou sociale : vous portez un nom et un patronyme arabes ou bien vous avez une apparence physique qui trahit vos origines mais, voilà, vous êtes catholique. Notre sens commun, qui mise sur la cohérence, est déconcerté.

Un exemple classique est celui des Antillais descendants d'esclaves. Ils ont beau être français depuis des siècles, ils sont souvent pris pour des immigrés récents d'Afrique noire et sont exposés aux mêmes discriminations raciales (comme l'a confirmé récemment l'enquête TeO de l'Ined et de l'Insee).

Cette discordance entre le visible et l'invisible a toujours posé des problèmes. On trouve encore aux Antilles des proverbes soulignant qu'un attribut peut modifier l'autre en cas de discordance. Par exemple, “Un noir riche est un mulâtre” – sous-entendu : il progresse dans l'échelle du “blanchiment” social grâce à sa richesse. »

3 - Aubry et les « femmes d'origine maghrébine »
Martine Aubry, le 27 mars sur France Inter :

« Il y a des femmes d'origine maghrébine, je sais pas pourquoi on dit musulmanes [...]. Dans ce quartier, il y a des personnes d'origine maghrébine, comme il y a des Françaises. »

L'analyse de François Héran :

« Martine Aubry semble exclure ces femmes de la communauté nationale. Mais beaucoup de gens ont du mal à comprendre qu'on puisse être à la fois immigré et français. Pourtant, plus de 40% des immigrés ont acquis la nationalité française, toutes générations confondues.

En disant “femmes d'origine maghrébine”, elle évite les termes “Arabes” et “immigrées”.

Mais il faut savoir que la majorité des immigrés ressent aujourd'hui très mal l'expression “les immigrés”. On les comprend : neuf fois sur dix, dans le débat public, le mot est utilisé de façon péjorative ou dans un contexte accusateur.

De plus, “immigré” donne le sentiment qu'on enferme quelqu'un à vie dans son passé, même s'il acquiert la nationalité française par la suite.

Dans les enquêtes que nous menons à l'Ined, nous n'utilisons jamais le mot “immigré”, tant il est chargé.

Nous ne demandons pas à quelqu'un s'il est “immigré” ; nous lui posons des questions sur sa trajectoire personnelle ou familiale en utilisant les pays de naissance et les nationalités et nous en déduisons ensuite s'il est “immigré” ou non, au sens technique du terme. »

4 - Comment devenir « color-blind » ?
François Héran pense que « le “color-blind” (ou le “religion-blind”), c'est-à-dire le refus de voir la couleur, l'origine, voire la religion, alors même qu'elles sont visibles » est « une ascèse à construire ».

Mais en attendant ? Faut-il privilégier le tact ? Ou refuser la police des mots et distribuer des étiquettes sans se soucier des réactions des intéressés ?

Pour le chercheur, tout dépend du contexte. « Trouver la bonne formule ne sera jamais facile. C'est précisément pour cela que nos hommes politiques se mélangent les pinceaux dès qu'ils improvisent sur ces questions. Ils manquent d'“éléments de langage”, parce que ces éléments n'existent pas tout fait. »
© Rue 89

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FRANÇOIS HOLLANDE : « LE REGARD FRANÇAIS SUR L’AFRIQUE DOIT CHANGER »

Entretien avec le candidat du parti socialiste à la présidentielle 2012

27/03/2012 - Dans une interview exclusive à Afrik.com, François Hollande candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle française, affirme une vision novatrice des relations entre la France et l’Afrique. Selon lui, « le temps du paternalisme et de la condescendance est derrière nous » et il faut, dès demain, avoir « des relations avec l’Afrique entre égaux, entre partenaires de même rang ».

Afrik.com : Nicolas Sarkozy vous reproche votre « manque d’envergure internationale » et dans votre dernier livre, l’Afrique est bien peu présente. Qu’est ce que l’Afrique évoque pour vous et quels sont vos rapports avec ce continent ?
François Hollande : L’Afrique est pour moi un continent d’avenir. Je ne sous-estime pas l’ampleur des défis à surmonter, mais je crois dans le potentiel de ce continent, dans son dynamisme, dans sa jeunesse. La dernière décennie a d’ailleurs permis un redémarrage économique, après une vingtaine d’années plus difficiles. Vous m’interrogez aussi sur mes liens personnels avec le continent. Lorsque j’étais Premier secrétaire du parti socialiste, comme aujourd’hui candidat à l’élection présidentielle, j’ai toujours été engagé aux côtés de ceux qui se battent pour l’instauration de la démocratie et la défense des droits humains sur le continent : je continuerai demain à le faire.

Afrik.com : Selon la Banque mondiale et le FMI, au cours des quinze prochaines années, la croissance annuelle des pays africains sera supérieure à 5% par an. Dans les pays occidentaux, les prévisions son plutôt moroses. Cela ne doit-il pas modifier le regard que la France porte sur l’Afrique ?
François Hollande : Vous avez raison de dire que la croissance économique en Afrique devrait être relativement élevée dans les prochaines années, comme elle l’est d’ailleurs depuis dix ans. Cela reste toutefois insuffisant au regard de la croissance démographique. Les inégalités restent aussi trop lourdes. Je n’ai pas l’intention de diminuer l’effort de solidarité internationale de la France, bien au contraire. Dans le même temps, le regard français sur l’Afrique doit changer. Le temps du paternalisme et de la condescendance est derrière nous. Nous aurons demain des relations avec l’Afrique entre égaux, entre partenaires de même rang. L’ Afrique doit être respectée et considérée comme un acteur de premier plan. Concernant la France et l’Europe, il est vrai que la situation économique du continent n’est pas satisfaisante. C’est pourquoi j’ai placé au cœur de ma campagne, la relance de la croissance européenne pour créer des emplois, en investissant dans la préparation de l’avenir. Je constate avec satisfaction que cette idée progresse rapidement en Europe, mais aussi auprès de nos partenaires internationaux qui attendent que l’Europe prenne sa part de la reprise mondiale.

Afrik.com : Votre conseiller en matière de droits de l’Homme, William Bourdon, est aussi un des fondateurs de Sherpa, l’association à l’origine de l’action en justice contre plusieurs présidents africains (ndlr : Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang Nguema de la Guinée équatoriale et le défunt Président gabonais Omar Bongo Ondimba) dans le cadre de l’affaire dit des "biens mal acquis". Cela signifie-t-il que si vous êtes élu président de la République, la France serait moins conciliante envers ces chefs d’Etats africains ?
François Hollande : Si je suis élu président de la République, je serai le garant de l’indépendance de la justice. Je prends donc l’engagement de ne jamais faire obstruction à des affaires judiciaires en cours. Je crois aussi dans les vertus de la transparence. C’est pour moi un gage de modernité et de démocratie. C’est pourquoi je me réjouis de la campagne "Publiez ce que vous payez", mais aussi de l’Initiative sur la transparence des industries extractives et des projets visant à ce que les grandes entreprises publient leurs comptes détaillés par pays. L’opacité des flux financiers, en Afrique comme en Europe, est à l’origine de pertes fiscales importantes pour nos deux continents. Nous devons mieux réguler l’activité des multinationales afin de nous assurer qu’elles respectent bien la législation fiscale de chaque pays, mais aussi que les fonds versés à tel ou tel Etat atteignent bien les caisses du trésor national.

Afrik.com : Les pays africains sont des pays dont la population est jeune et cette jeunesse ne supporte plus les relations incestueuses générées par la Françafrique. Comment pensez-vous redorer l’image de la France auprès de ces jeunes Africains, notamment dans les pays francophones ?
François Hollande : Je crois en effet, comme beaucoup d’Africains, que la "Françafrique" doit disparaître. Je m’engage par exemple à ce que disparaissent les fameuses « officines », et à n’avoir qu’une seule politique, confiée à notre diplomatie et seulement à celle-ci. Il me semble aussi que la France doit travailler davantage avec l’Union africaine, en particulier pour la résolution des conflits armés ou des crises politiques. Nous devons donc renforcer notre partenariat avec l’UA, mais aussi avec les organisations sous-régionales, dont la légitimité est précieuse lorsqu’une intervention devient nécessaire. En matière de migrations, il est évident que le quinquennat qui s’achève a nui à l’image de la France, par une politique des visas souvent humiliante, des situations traitées aléatoirement, des droits rognés. Redorer l’image de la France passera donc aussi par une nouvelle politique migratoire, ferme contre l’immigration irrégulière mais juste et sécurisante pour l’immigration légale. En ce qui concerne l’immigration économique, j’ai proposé qu’un débat parlementaire permette de définir les orientations liées aux besoins de notre économie, après concertation avec les acteurs concernés. En outre, les étudiants étrangers constituent une chance et je rejette totalement le principe de la circulaire du ministre de l’Intérieur, qui vise à rejeter ces forces vives. Les étudiants étrangers sont, pourtant, les meilleurs ambassadeurs de la France dans le monde. La France doit attirer et accueillir les talents. Je retirerai donc cette circulaire.

Afrik.com : Nicolas Sarkozy avait fait beaucoup pour l’image de la « diversité » en nommant des exemples issus de l’immigration à des postes importants de son gouvernement : Rama Yade, Rachida Dati, Fadela Amara …. Si vous étiez élu, y aurait-il aussi des nominations symboliques de ce type ?
François Hollande : Je constate que les trois personnes que vous citez ne sont plus au gouvernement. Ma méthode sera différente et s’inscrira dans la durée. Depuis des années, le Parti socialiste a fait émerger dans ses rangs de jeunes élus de toutes origines. Beaucoup ont fait leurs gammes au niveau municipal, départemental, régional et national. Cette diversité est aujourd’hui notre richesse, et nous l’accentuerons d’ailleurs aux prochaines élections législatives. Si les Français en décident ainsi, la prochaine Assemblée nationale sera donc fortement renouvelée, diversifiée et féminisée. Mais le prochain gouvernement, si je suis élu Président de la République, fera lui aussi une place significative à de nouvelles personnalités, de toutes origines. Les personnes que je choisirais, si j’étais élu, auraient déjà une expérience, des compétences, un parcours politique. Elles auront donc vocation à rester au gouvernement, pas à y faire une brève apparition.

Afrik.com : Que pensez-vous de la manière dont les thèmes religieux ressurgissent actuellement dans le débat politique ? N’est-ce pas contraire à la tradition républicaine, laïque et tolérante de la France ?
François Hollande : J’y vois une tentative, souvent grossière, de diversion. Le candidat sortant cherche à flatter un électorat intolérant, pour assurer sa présence au second tour en récupérant des voix par un rapprochement de ses positions avec celles de l’extrême droite. La majorité sortante tente à l’évidence de masquer ses résultats économiques désastreux - 10% de chômage, déficit élevé, dette explosive - par la désignation de boucs émissaires. Malheureusement, cette dérive n’est pas aussi récente que votre question semble l’indiquer. Les deux derniers ministres de l’Intérieur ont eux aussi eu des déclarations sur les étrangers et les civilisations - jugées inégales qui procèdent de la même logique. Les nouvelles déclarations du Président sortant sur la viande halal, puis celles du Premier ministre sur les rites d’abattage, semblent confirmer cette stratégie de la peur de l’autre, de la division. Après avoir jugé ce thème peu important, lorsque l’extrême droite tentait de lancer la polémique, la majorité actuelle s’en est finalement elle aussi saisie. Je crois effectivement que la France devra renouer avec sa tradition républicaine, laïque et tolérante. C’est pourquoi je m’engage à être un Président de rassemblement, et non de divisions et de polémiques stériles.

Afrik.com : Pensez-vous que l’homme africain est « entré dans l’histoire » ?
François Hollande : L’histoire de l’Humanité a commencé en Afrique. Le tristement célèbre "discours de Dakar", auquel vous faites référence, révèle de terribles préjugés. Je souhaite de mon côté que nous nous tournions résolument vers le 21e siècle et dépassions les clichés d’antan. L’Afrique mérite mieux que cela.
© Afrik.com

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LE PRINTEMPS DES IDENTITAIRES (France)

Profitant du soleil parisien, le Bloc identitaire appelait, samedi dernier, à un rassemblement « contre le rachat de la France par le Qatar ». L'occasion, pour un parti politique classé à l'extrême-droite et à la réputation sulfureuse, d'essayer de montrer un nouveau visage un peu plus peace and love tout en affirmant son opposition aux méchants islamistes qui menacent la France, le sabre entre les dents. Et l'occasion pour nous d'essayer de comprendre qui sont ces gens. Par Thomas Pitrel, à Paris

26/03/2012 - La place de l'Opéra est un bon spot pour observer la transformation de Paris à l'arrivée du Printemps. Les geeks entrent en t-shirt dans l'Apple Store pour essayer l'iPad 3, les amatrices de shopping ont ressorti les petites robes légères et les grosses lunettes de soleil, les touristes ont retrouvé la « terrasse » des bus à étage. Alors que sur les marches de Garnier, une petite fanfare termine son récital, Pierre Larty change les piles de son porte-voix sur le terre-plein d'en face. T-shirt bleu col en V, bermuda noir du Berliner Fussball Club Dynamo (l'ancien club de la Stasi), Adidas « Paris SG » aux pieds, il pourrait sortir d'un camping de la côte atlantique que ça ne choquerait personne.

Le « Seigneur Turban »
« Je vais vous raconter l'histoire d'une petite fermière qui avait la plus belle ferme du comté », entame Pierre, du Projet Apache (les jeunes identitaires parisiens) devant une petite centaine de personnes. Le conte dure cinq bonnes minutes mais en voici un résumé : la petite fermière se fait voler sa ferme par le « Seigneur Turban », qui finit par tout lui prendre et la réduire à l'état de misérable esclave. Sur la banderole que tiennent les deux acolytes de l'orateur, le message est moins métaphorique, « Paris ne sera jamais qatari ». Si le Projet Apache et le Bloc Identitaire parisien ont appelé au rassemblement ce samedi 24 mars 2012, c'est en effet pour dénoncer les investissements du petit émirat gonflé aux hydrocarbures dans les fleurons de l'économie française : Louis Vuitton, Total, Vivendi, le Paris Saint-Germain (quelques anciens habitués de la tribune Boulogne font partie du groupe) et une poignée d'établissements de luxe comme l'hôtel d'Evreux, place Vendôme, devant lequel l'évènement devait avoir lieu à l'origine. « La préfecture de Paris nous l'a interdit deux jours avant, on a dû modifier notre communication à la dernière minute, se plaint Pierre Larti. Du coup, c'est une sacrée surprise de voir plusieurs centaines de personnes, c'est courageux. » Un chiffre quelque peu exagéré, surtout si l'on enlève les photographes, les RG ou les curieux, comme ce touriste asiatique qui s'interroge : « what are they doing ? »

Ce qu'ils font, peut-être plus que de lutter contre les méchants investisseurs qataris (ou qatariens), ressemble comme deux gouttes d'eau à une tentative de « respectabilisation » du mouvement. Le Bloc Identitaire a été créé en 2003 par Fabrice Robert, ancien dirigeant d'Unité Radicale, un groupe dissout suite à la tentative d'assassinat de Maxime Brunerie, l'un de ses membres, sur Jacques Chirac le 14 juillet 2002. Autant dire qu'ils partent de loin pour présenter un visage clean dans le paysage politique français. C'est sans doute pour cela qu'en cet après-midi ensoleillé, les « anciens » du mouvement sont en retrait et les tribuns ont davantage des gueules de mecs avec qui on pourrait avoir une discussion normale dans un bistro quelconque. Outre Pierre Larty, 22 ans, on trouve au mic' Simon Charles, 29 ans, responsable en gestion, propre sur lui jusque dans ses éléments de langage. Il critique avant toute chose l'instabilité d'un Etat qu'il juge trop jeune, puis seulement évoque l'islam. « Les Russes investissent beaucoup aussi mais ils ne sont pas porteurs d'une idéologie, d'un islamisme comme les Qatars (sic), argumente-t-il. Le Qatar a financé l'ensemble des révolutions du soi-disant printemps arabe, des soi-disant révolutions populaires qui ont toutes abouti à des gouvernements encore pires que les précédents, puisque ce sont tous, comme par hasard, des islamistes au pouvoir. » On peut résumer grossièrement les lignes de fracture entre les différents mouvements d'extrême-droite en opposant ceux qui luttent contre le sionisme à ceux qui luttent contre l'islamisme. Les identitaires ont choisi leur camp.

« Mélenchon a de super propositions »
Pour constater que la route vers la langue de bois est un long chemin de croix, il faut aborder l'actualité, et notamment l'affaire Mohamed Merah. Alors qu'interrogé sur le sujet, Simon Charles élude comme il faut (« ce n'est pas notre rôle de commenter ça, il y a des gens qui ont beaucoup souffert, il faut prendre du recul »), Pierre Larty n'a pas besoin qu'on évoque l'affaire pour s'enflammer : « Quand les entreprises françaises sont rachetées par des Qataris, c'est la porte ouverte à la culture islamique qui n'est pas la notre. On l'a encore vu cette semaine à Toulouse, où des enfants et des militaires ont été tués. Oui, il était isolé, n'empêche qu'il se battait pour l'islam. C'est pas notre culture. C'est pas ce que veulent les minorités françaises : les juifs, les enfants, les militaires,... » Et d'après les identitaires rencontrés, ces « minorités » ne sont aucunement représentées par les présidentiables de 2012. Le Bloc, devenu un parti politique en 2009, a d'abord voulu présenter son propre candidat en la personne d'Arnaud Gouillon, 26 ans, président de l'ONG pro-serbe Solidarité Kosovo et première étape vers une image plus décontractée. Une candidature avortée avant même le début de la chasse aux parrainages. Plutôt que d'appeler à voter pour Marine Le Pen, le parti a alors organisé une consultation auprès de ses membres (un peu plus d'un millier dans le pays, selon eux), qui ont décidé de ne pas donner de consigne à plus de 75%.

Histoire de brouiller un peu plus les pistes, les deux interlocuteurs du jour n'évoquent jamais Marine au moment de parler présidentielle. « Ça peut être aussi François Bayrou », sourit Simon, alors que son pote du Projet Apache fait carrément dans le contrepied : « Monsieur Mélenchon a quand même de super propositions économiques et sociales, il faut être franc. Mais il faut qu'il arrête avec ses délires. Il déteste les Français de souche. Marine Le Pen, elle fait ce qu'elle veut. Je ne la connais pas, je ne voterai pas pour elle. Moi je ne vote pas, de toute façon. » Ce qui sera sans doute le cas de beaucoup de ses collègues, apparemment pas convaincus par le « nouveau visage » du FN. Mais le Bloc Identitaire n'a pas non plus envie d'être assimilé aux autres groupes d'extrême-droite. « Ce n'est organisé que par le Projet Apache et le Bloc Identitaire, les autres sont venus à titre individuel, s'inquiète un membre de l'organisation. Je vous ai vu interviewer les gens du GUD... »

Michel Sardou et les anarchos royalistes
Effectivement, dans un coin, on repère assez facilement les membres du Groupe Union Défense, organisation étudiante créée en réaction à la « gauchisation » des campus à la fin des années 60. Les « gudards » ont gardé un style plus reconnaissable, fait de cheveux courts et de cuirs ou de bombers. Au milieu de cette petite troupe, Edouard Klein trimballe sa veste Harrington beige au col relevé. Le front haut et les Wayfarer rouges posées sur le nez, il fume sa clope entre le pouce et l'index, tout en attitude. En 2009, il a grandement participé à la refondation d'un GUD disparu depuis une petite dizaine d'années, mais n'est pas non plus disposé à associer son mouvement au Bloc Identitaire. « Je ne suis pas venu en tant que porte-parole du GUD, je suis venu à titre personnel, coupe-t-il immédiatement. Si vous voulez qu'on parle, il y a les élections à Assas, le 28 mars, nous nous présentons pour la première fois depuis notre retour. » Le petit milieu des organisations parisiennes d'extrême-droite (même si la plupart refusent qu'on leur accole ce terme) demanderait plus d'un article pour être appréhendé, se dit-on en se retrouvant en possession du dernier numéro de Lys Noir, le « samizdat des cellules solidaires anarchos royalistes ».

Les discours se terminent. Lorsque Simon Charles conclut le sien sur une citation de Michel Sardou (« Ils ont le pétrole mais c'est tout »), les rires sont un peu gênés, alors on passe vite au bouquet final. Derrière la banderole, une petite dizaine de fumigènes bleu, blanc et rouge sont allumés en même temps, pendant que les drapeaux français et parisiens claquent au vent. Les derniers chants résonnent, les derniers flashs crépitent et on remballe, une petite heure après le début du rassemblement. Au moment du départ, une jeune fille printanière s'approche et sourit : « Bonjour, je suis la responsable des relations presse du Bloc Identitaire, je peux prendre votre adresse mail ? » Décidément, les choses changent.

P.S. : Comme le rassemblement était terminé et que nous avions autre chose à faire de notre samedi après-midi (comme prendre l'apéro et regarder les filles dans un quelconque espace vert), nous n'avons pas assisté aux échauffourées qui ont semble-t-il eu lieu quelques minutes plus tard. La dépêche AFP sur le sujet parle de quelques badauds, les identitaires affirment qu'ils ont été attaqués par « une cinquantaine de militants d’extrême gauche armés et casqués ». Le site Novopress, « agence de presse » créée par... le fondateur du Bloc Identitaire, a appelé le journaliste de l'AFP pour « débattre » du sujet. L'enregistrement est là : http://fr.novopress.info/110343/attaque-dune-manifestation-par-lextreme-gauche-desinformation-flagrante-dun-journaliste-de-lafp-audio/ De nôtre côté, on a essayé de joindre les commissariats du 2e arrondissement puis du 9e arrondissement pour avoir la version policière, et à force de se faire trimballer et raccrocher au nez, on s'est rendu compte qu'on s'en foutait un peu.
© The Ground

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NOUS SOMMES TOUS DES JUIFS MUSULMANS LAÏCS ! (Opinion - France)

Par PHILIPPE CORCUFF Maître de conférences de science politique à l'IEP de Lyon

26/03/2012 - Quelques mois avant de se suicider, Walter Benjamin, juif marxiste hérétique fuyant le nazisme, interpellait ses contemporains en 1940, «à l'instant du danger», dans son texte Sur le concept d'histoire. Au bord du gouffre, l'action présente lui paraissait décisive pour conjurer la barbarie fasciste imminente.

Nous ne vivons pas un moment si tragique. Des odeurs nauséabondes émanent toutefois de l'Europe. Quatre personnes assassinées aux abords d'une école, dont trois enfants à bout portant, parce que juives. Trois militaires abattus, dont deux peut-être parce que musulmans et donc «traîtres» dans la logique mortifère d'un islamisme radical. L'horreur est bien là ! Et, moins visible et sanglant, mais plus profond et quotidien, l'abject est fiché au cœur de la fameuse «patrie des droits de l'homme» via une xénophobie larvée.

Devant l'effroyable, l'émotion n'exclut pas la raison critique. Une critique raisonnée qui fouille au scalpel dans les chairs infectées par d'illusoires puretés identitaires. L'extrême toulousain nous incite alors à réfléchir à des pathologies plus ordinaires et pourtant redoutables.

Quand on recourt, aux sommets de l'Etat, pour des raisons électoralistes, à des stigmatisations xénophobes («les sans-papiers», «les musulmans», «les femmes voilées», «les roms»...) associées à une démagogie sécuritaire, on crache cyniquement sur le fragile honneur de la politique. Quand on fait preuve de complaisance vis-à-vis des thèmes de l'extrême-droite, jusqu'à ce que le débat public en soit déporté (voir le cas récent de la viande hallal), on sème des grenades symboliques à retardement.

Plus immédiatement, c'est aussi la prégnance quotidienne de l'idiome national au cours de la campagne présidentielle qui inquiète dans sa supposée évidence. Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, François Hollande ou Jean-Luc Mélenchon : pas un meeting aujourd'hui sans drapeaux français et Marseillaise ! Les réunions publiques de l'Union de la gauche dans les années 1970 étaient réservées aux drapeaux rouges et à L'Internationale. Aujourd'hui, la plupart des candidats convergent vers le «produire français». «La France» et «les Français» font partie des substantifs les plus usités dans les discours politiques, alors que jadis la gauche s'adressait aux «ouvriers» et aux «travailleurs». Déjà «les Chinois» et «les Allemands» étaient devenus des boucs-émissaires avec les appels à «la démondialisation» !

En invoquant ainsi régulièrement «la France» et «les Français», n'est-on pas conduit à accepter tout en bloc ? Soit aussi le passé esclavagiste, la Collaboration et les ignominies antisémites, les crimes coloniaux... Nous devrions plutôt faire éclater les monolithes «France» et «étrangers», afin d'avoir une vue plus contrastée de la réalité. Or, la grande majorité des professionnels de la politique, de droite à gauche, préfèrent invoquer «l'unité nationale» contre «les divisions» face à un nouvel ennemi intérieur commun : des «communautés» et un «communautarisme» gonflés et fantasmés. C'est une façon commode de faire barrage aux revendications pour l'égalité des droits devant des discriminations persistantes, en habillant d'universel une «communauté» masculine, blanche, catholique et hétérosexuelle alors appelée «culture française». Cette tendance républicarde s'oppose à l'invention d'une République de la diversité où, selon l'inspiration d'Hannah Arendt, la construction de l'indispensable espace commun politique ne s'effectuerait pas dans la logique unificatrice de l'écrasement de «la pluralité humaine».

Parallèlement, le bel idéal de laïcité - entendue comme séparation des églises et des pouvoirs politiques ainsi que garantie publique des croyances et des incroyances - est de plus en plus dévoyé dans des usages laïcards douteux. Appropriée récemment par la droite et l'extrême-droite, la laïcité a souvent eu dernièrement des relents islamophobes. Même à gauche, certains la confondent avec une stigmatisation des pratiques religieuses, de certaines pratiques religieuses, bien peu suggérant de s'en prendre aux «chrétiens de gauche»...

Enfin, des essayistes et des conseillers en communication en quête de «vote populaire» ont solidifié une équivalence essentialiste entre un «national» compact et un «populaire» homogène. Comme tout essentialisme, une telle déformation oublie la diversité du réel. La tradition de l'internationalisme ouvrier est passée à la trappe. Les ressources internationales présentes dans des classes populaires traversées par plusieurs vagues d'immigration aussi. Et, de manière manichéenne, on met face à face un monde uniquement pourvoyeur de dérégulations appauvrissantes et une nation exclusivement porteuse de protections sociales.

«A l'instant du danger», nous laisserons-nous entraîner dans un engrenage chauvin, des amalgames racistes et une surenchère sécuritaire, parce que le tueur présumé de Toulouse s'est réclamé des mirages identitaires meurtriers d'Al-Qaeda ? Ou prendrons-nous à temps la mesure du précipice qui se rapproche ?

Á l'encontre des identités uniformes et fermées se dessinent pourtant les linéaments d'un sursaut : une République de la diversité et du métissage, une laïcité interculturelle, une cosmopolitique populaire ouverte sur l'horizon d'une démocratie planétaire. C'est à partir de tels repères communs redéfinis que les barbaries menaçantes pourraient être affrontées en préservant les possibilités d'un avenir émancipateur.

En ce moment périlleux, nous sommes tous des juifs musulmans laïcs !
© Libération

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UN ÉLU UMP DU PLESSIS-ROBINSON COUPABLE DE DISCRIMINATION ? (France)

26/03/2012 - Une enquête préliminaire a été ouverte à l'encontre de Philippe Pemezec pour déterminer s'il a écarté, comme il l'aurait dit, les «Arabes» du processus d'attribution de logements sociaux.

Une enquête préliminaire a été ouverte à Nanterre pour déterminer si le maire UMP du Plessis-Robinson, Philippe Pemezec, a joué de son influence pour écarter, comme il l'aurait prétendu, les «Arabes» de l'attribution de logements sociaux, a-t-on appris lundi de source judicaire.

Dans le livre «Bienvenue au Front - Journal d'une infiltrée», la journaliste Claire Checcaglini fait état d'une rencontre avec Philippe Pemezec, vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine, et lui fait dire : «Je participe aux commissions d'attribution des logements sociaux à l'office départemental des Hauts-de-Seine. Et je peux vous dire qu'au Plessis, il n'y a pas beaucoup d'Arabes. Je fais très gaffe».

Sollicité par l'AFP, Philippe Pemezec n'était pas joignable lundi après-midi pour commenter cette information.

Le parquet de Nanterre a confié début mars ces investigations à la brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP).

Dès la sortie du livre fin février, la présidente du groupe PS au conseil général, Martine Gouriet, avait saisi le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, au titre de l'article 40 du code pénal pour qu'il «procède immédiatement à l'ouverture d'une enquête afin de faire toute la lumière sur ces allégations d'une extrême gravité».
© Libération

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DES MARCHES SILENCIEUSES CONTRE "L'ANTISÉMITISME ET LE TERRORISME" (France)

25/03/2012 - Plusieurs milliers de personnes se sont constituées en marches silencieuses, ce dimanche 25 mars, dans plusieurs villes de France, pour rendre hommage aux victimes de Mohamed Merah, le tueur qui a sévi à Toulouse et Montauban.

À Paris, des milliers de personnes ont répondu à l'appel de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), de SOS Racisme, de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) et de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) et ont organisé marche silencieuse "contre le racisme, l'antisémitisme et le terrorisme". Parmi eux, quelques élus, dont Harlem Désir, le numéro 2 du Parti socialiste, et des représentants du Front de gauche et d'EELV, ainsi que des personnalités comme Yannick Noah et Jane Birkin.

À Toulouse, ville du sud-ouest la plus touchée par les meurtres, la communauté juive devait se réunir dans le quartier de la Roseraie et se recueillir devant l'école juive Ozar Hatorah. C'est devant cette école que Jonathan Sandler, professeur de religion, ses deux fils Arieh, 5 ans, et Gabriel 4 ans, ainsi que Myriam Monsonego, 7 ans, ont été abattus le 19 mars.

À Strasbourg, en Alsace, 300 personnes se sont rassemblées devant la synagogue. Sous un soleil printanier, sept bougies ont été allumées par sept enfants, à la mémoire des victimes. La prière des morts a été prononcée et le rassemblement a été conclu par une minute de silence.

À Lyon, dans le Rhône, environ 200 personnes se sont rassemblées devant la mairie sur la façade de laquelle deux banderoles avaient été déployées, l'une appelant à refuser "le racisme, l'antisémitisme, la haine des étrangers et l'intégrisme", l'autre énumérant la liste des victimes. Avant d'être abattu lors d'un assaut de la police, le tueur, Français d'origine algérienne âgé de 23 ans, au parcours de délinquant reconverti en moujahid, s'était réclamé d'Al-Qaida.

"Notre pays vient de connaître une des pires tragédies de son histoire récente et nous en sommes tous profondément marqués", a déclaré le sénateur et maire de Lyon, Gérard Collomb. C'est "une tragédie qui nous accable et nous interpelle en même temps", a-t-il ajouté, se demandant "comment une société comme la nôtre peut-elle engendrer un tel monstre froid ?" Le président de la Licra, l'avocat lyonnais Alain Jakubowicz, a de son côté dénoncé "ces fous de Dieu qui ne font que bafouer leur Dieu". "Hier, c'était l'idéologie nazie qui tuait les enfants juifs, aujourd'hui c'est le fanatisme religieux. Quelle différence ?", a-t-il lancé.
© Le Monde

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MARINE LE PEN FAIT L'AMALGAME ENTRE IMMIGRATION ET TERRORISME (France)

25/03/2012 - Trois jours après le dénouement des tueries de Toulouse et Montauban, Marine Le Pen, très virulente, a fait feu de tout bois sur l'insécurité et l'immigration dimanche lors d'un meeting près de Nantes, et a promis de «mettre à genoux» l'islam radical.

A un mois de la présidentielle, et alors qu'elle connaît un tassement dans les sondages (de 13 à 17% des intentions de vote), la candidate du Front national à l'Elysée est convaincue que les thèmes fétiches du parti d'extrême droite vont occuper les débats jusqu'au scrutin.

«Ce qui s'est passé n'est pas l'affaire de la folie d'un homme, ce qui s'est passé est le début de l'avancée du fascisme vert dans notre pays», a-t-elle lancé sous le chapiteau blanc du Port Lavigne, au Bouguenais, près de Nantes, où avaient pris place quelque 1 500 personnes, selon le FN.

«Combien de Mohamed Merah dans les bateaux, les avions, qui chaque jour arrivent en France remplis d'immigrés ?» «Combien de Mohamed Merah parmi les enfants de ces immigrés non assimilés ?» a-t-elle aussi demandé.

«Gangrène»
«Mohamed Merah n'est peut-être que la partie émergée de l'iceberg», a poursuivi Marine Le Pen, agitant le spectre de quartiers entiers soumis aux lois de la «drogue» et de «l'islam radical», «conséquence de l'immigration de masse». Des quartiers où l'on aurait «acheté la paix sociale à coups de milliards d'euros de politique de la ville [...] pris dans la poche du contribuable honnête».

Le tueur voulait mettre la France à genoux, selon les propos rapportés par Claude Guéant. «Je mettrai l'islam radical à genoux !» a répondu la candidate du FN à l'Elysée, qui a utilisé le mot de «gangrène».

Parmi ces propositions, l'interdiction des signes religieux ostentatoires pour les usagers des services publics - «trains» inclus -, des «prêches systématiquement surveillés dans les mosquées» et les «prosélytes de toute sorte placés sur écoute».

Marine Le Pen a aussi prôné l'expulsion systématique d'étrangers revenus de «voyage suspect en Afghanistan ou dans tout autre pays où l'on entraîne au terrorisme». Pour les Français, ce sera «le port d'un bracelet électronique permanent».

«Peine de mort !»
Sur l'insécurité, Marine Le Pen a de nouveau promis une «présomption de légitime défense pour les policiers» et la reconstitution des effectifs supprimés ces dernières années.

Dans la salle fusaient des «La France est chrétienne», «Sarko collabo» ou «peine de mort» et «guillotine», alors que Marine Le Pen s'en prenait à «l'islamo-gauchisme» et au «racisme antifrançais» ou donnait sa vision des banlieues, loin du «fantasme» des «banlieues bigarrées» d'un Jean-Luc Mélenchon.

Pour la première fois depuis le début de la campagne, le candidat du Front de gauche (FG), avec lequel Marine Le Pen avait refusé de débattre il y a un mois, a concentré une bonne part de ses attaques.

Coupable selon elle, comme les autres candidats «trotskistes», de ne pas s'être rendu à Montauban pour l'hommage aux militaires tués, Jean-Luc Mélenchon se serait mis «en dehors du peuple de France».

Rangé au rang des «infâmes», le leader du FG a été copieusement hué, et à plusieurs reprises, par la salle. Un nouveau traitement qui coïncide avec sa montée dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon ayant même dépassé Marine Le Pen chez BVA (14 contre 13%).

«Stupidité et méchanceté»
Le directeur de campagne de François Hollande, Pierre Moscovici, a vivement dénoncé lundi sur i-Télé la charge de Marine Le Pen, n'y voyant que «stupidité» et «méchanceté» sur fond d'«amalgame». «Quelle stupidité et aussi quelle méchanceté !» s'est exclamé Pierre Moscovici.

Marine Le Pen tente de faire «un amalgame entre les musulmans de France, l'immigration massive et ce type de dérive» comme celle de Mohamed Merah qui ne concerne que «quelques individus», a réagi Pierre Moscovici.

«Eh bien, je trouve que c'est comme cela que se défait une communauté nationale», a-t-il ajouté.
© Libération

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POUR UNE UTILISATION DÉCOMPLEXÉE DU MOT NOIR (France)

«Black», «minorité visible», «issu de la diversité»... Les contournements sont nombreux, aussi bien à l’écrit qu’à l’oral. Comme si ne pas dire permettait d'éviter le racisme.

25/03/2012 - La presse française se met depuis peu à écrire le mot «noir» de manière plus fréquente, peut-être moins gênée. Avec la création du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) en 2005, ainsi que le documentaire et le livre de Pascal Blanchard (Noirs de France, La France noire), ou encore le numéro «100% Noirs de France» de Respect Magazine, il semble que le mot soit devenu moins tabou.

«Dans la France des “Blacks” et des “Renois”, on va peut-être, grâce au travail abattu par Pascal Blanchard, commencer à appeler les Noirs des… Noirs», écrivait Sabine Cessou dans SlateAfrique.

On parle de personnes «issues de la diversité», de «minorités visibles», parfois même de «blackgeoisie». Les contournements sont encore nombreux, aussi bien à l’écrit qu’à l’oral. En 2002, les éditeurs de l'historien François Durpaire lui avaient demandé d'ôter le mot noir qui figurait dans le titre de son livre, et l'avaient remplacé par «diversité».

Les choses se sont depuis assouplies, mais l'attitude est loin d'être décomplexée. Après l’élection de Barack Obama en 2008, la médiatrice du journal Le Monde écrivait, dans un article intitulé «Appeler un Noir un Noir», que pendant la campagne américaine, les lecteurs avaient été nombreux à accuser le journal de «racisme sous-jacent» dès qu'un article décrivait quelqu'un comme noir. Une lectrice avait même qualifié de dérapage le fait d'identifier le père d'Obama comme un «Noir kenyan». Fallait-il taire cette information? Dire que quelqu’un est noir est-il raciste?

L'association Les Indivisibles (dont vous pouvez retrouver des tribunes sur Slate) tente depuis quelques années de rassurer la population. «L'utilisation du mot noir ne fait courir aucun risque ni à vous ni à votre entourage», rappelait une de leurs vidéos.

Certains journalistes continuent pourtant de préférer le mot anglais, même dans des registres qui ne sont pas familiers. Dans le Nouvel Observateur en novembre 2011, l'ex-candidat aux primaires républicaines Herman Cain était «un black sorti de nulle part» ou encore «un black charismatique».

Ainsi que l’explique le chef correcteur au Monde, Lucien Jedwab, le terme «black» –qu’il qualifie de «bienveillant»– est acceptable pour les acteurs et les chanteurs, mais ne doit pas être utilisé dans tous les contextes pour «éviter une forme de paternalisme». On ne peut pas écrire que Barack Obama est un président black, ça ne fait pas très sérieux.

L’écrivain Gaston Kelman expliquait en 2009 à Arrêt sur Images son problème avec black: cela «donne l’impression que je ne peux pas supporter d’être appelé noir car ce serait porteur de négativité». Pourtant, le mot n’est «ni une honte, ni une fierté», tranche Marc Cheb Sun, le rédacteur en chef de Respect Magazine.

Avec ou sans majuscule?
L’hésitation à nommer concerne aussi la façon dont on écrit «un Noir», avec une majuscule ou sans. A l’AFP, Omar Sy est «le premier noir» à remporter un César, mais pour Le Monde, c’est «le premier Noir». La majuscule est normalement réservée aux nationalités et aux peuples, mais le Grévisse note que l'on met souvent la majuscule à «des noms qui désignent des groupes humains d'après la couleur de leur peau».

Dans Le Monde, noir et blanc –quand ils sont utilisés comme substantifs– prennent la majuscule. «Ce sont des définitions aujourd’hui neutres, renvoyant à la pigmentation de la peau, et plus à de quelconques races humaines», précise le chef correcteur.

Cette majuscule est pourtant parfois interprétée comme un parti pris idéologique. Pour l’écrivain Claude Ribbe, «on ne peut mettre la majuscule au substantif noir ou au substantif blanc que si justement on valide la notion de race».

Dans la revue Vacarme, un journaliste demandait à Louis-Georges Tin, l'actuel président du Cran, si son utilisation de la majuscule n'était pas «avant tout politique», comme une façon d'affirmer l'existence d'un peuple noir. Tin avait répondu qu’il pensait tout simplement suivre une règle grammaticale. De la discussion sur la majuscule, on passe vite à des débats sur l’identité noire, un glissement qui montre bien que dans cette affaire de mots, tout est lourd de sens.

Derrière les bonnes intentions
Alors, pourquoi évite-t-on de dire noir? Tout part de bonnes intentions antiracistes. Dans la République française, désigner, catégoriser les gens par la couleur de leur peau ou leur religion est très mal vu. Un certain discours républicain maintient que désigner quelqu’un comme noir –même dans un contexte neutre– c’est risquer d'«essentialiser» son identité. C’est l'enfermer dans une communauté, diviser la société en clans.

La même argumentation est souvent utilisée pour critiquer les statistiques de la diversité, qui seraient censées contribuer à la «racialisation» de la société. Cette difficulté à nommer et à catégoriser pose pourtant un problème sur le terrain. «Faire disparaître le mot “Noir”, c’est peut-être aussi faire disparaître les gens que ce mot est censé désigner», expliquait Louis-Georges Tin dans Vacarme.

Dans un article de 2006, le sociologue Didier Fassin raconte une interview avec un responsable associatif qui peine à formuler la dimension raciale des discriminations que subissent les jeunes de sa ville:

«Cela fait près d’une heure que nous parlons, et il commence seulement à admettre la réalité et la profondeur du problème, ne parvenant toutefois à le nommer qu’au prix de détours et d’efforts, de louvoiements maladroits et de remarques ironiques.»

Pour lutter contre les discriminations, il faut pouvoir parler des Noirs et des autres minorités. Mais en parler, c'est encore s'exposer à toute une série de reproches, du communautarisme au racisme anti-blanc.

Lorsque Respect Magazine fait un numéro «100% Noirs de France», un éditorial de Marianne rétorque que c'est «une profession de foi communautariste». La logique est la suivante: si vous êtes antiraciste alors pourquoi est-ce que vous séparez les gens entre Noirs et Blancs? Un magazine 100% Blancs serait jugé raciste, alors pourquoi faire un numéro sur les Noirs? N’est-ce pas «clivant»? En bref, un magazine qui parle des Noirs est rapidement soupçonné de vouloir diviser la société.

Feindre de ne pas voir la différence
Une tribune intitulée «A quand une femme noire en couverture de ELLE?» a généré le même type de suspicion. Un journaliste d'Atlantico demandait ainsi à Patrick Lozès (fondateur du Cran) s’il était possible à la fois d'être antiraciste et de demander plus de femmes noires dans les magazines. De même, à la suite d'un récent article de Slate.fr sur la place des noirs dans le cinéma français, de nombreux lecteurs se sont indignés que cette question soit abordée. Beaucoup ont répondu qu'il était contreproductif de tout ramener à la couleur de peau, que seul le talent comptait, et que le débat n'avait donc pas lieu d'être.

En France, l’attitude qui passe pour le nec plus ultra de la tolérance est de «feindre de ne pas voir la différence», explique François Durpaire. Au jeu du plus antiraciste, le meilleur serait celui qui ne se rend pas compte que l'autre est noir, et qui en déduit donc qu'il ne faut pas parler des Noirs. Sauf, que dans la vie quotidienne, les Noirs sont bien considérés comme tels.

La réticence à parler des Noirs de France a contribué à passer les discriminations sous silence. C'est ce que certains sociologues appellent le «paradoxe des minorités», expliqué récemment par Patrick Lozès dans une interview: «Pour pouvoir parvenir à l'invisibilité, [les groupes minoritaires] doivent passer par une étape d'hyper visibilité.»

Claire Levenson, journaliste à New York
© Slate

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MENTON : LE LYCÉEN CONCLUT LA MINUTE DE SILENCE PAR UN SALUT NAZI (France)

Un élève du lycée hôtelier Paul-Valéry, à Menton, a fait le salut nazi pendant une minute de silence pour les victimes des tueries de Montauban et Toulouse. L'établissement a porté plainte.

24/03/2012 - Josette Delmas, proviseure du lycée hôtelier Paul-Valéry, à Menton, avait pourtant tout prévu pour que ce mardi soit une journée de recueillement et de solennité. Comme beaucoup, très choquée par les événements de Toulouse, elle avait interdit tout déplacement dans la cour à 11 heures et demandé à chaque enseignant de faire un petit discours dans sa classe, avant une minute de silence que toute la France devait respecter…

Sauf un jeune Mentonnais de 17 ans, qui, après avoir déjà gâché le mot de son professeur de cuisine en insultant les juifs - « C'est bien fait pour eux » -,a tout juste respecté la minute de silence avant de faire un petit salut nazi. Petit, mais nazi tout de même.

Une scène qui a particulièrement ému ses camarades, qui sont venus s'en plaindre à l'administration. La proviseure a immédiatement décidé de suspendre l'élève jusqu'à lundi prochain, non sans l'avoir chargé d'un important travail à écrire sur le devoir de mémoire.

Le jeune homme, que l'on espère totalement inconscient de l'incroyable violence de ses paroles et de son acte, aurait même résisté et dû être maîtrisé au moment où sa mère, en larmes, est venue le récupérer. Non sans lui avoir administré une bonne paire de gifles.

La proviseure porte plainte
Vendredi, la responsable de l'établissement a finalement décidé de porter plainte, après avoir longuement mûri sa réflexion auprès de son équipe pédagogique.

Interrogée, Josette Delmas a surtout évoqué de la surprise devant une telle haine : « Cette histoire m'a, bien sûr, bouleversée et j'ai tenu à porter plainte parce qu'à cet âge-là il faut commencer à assumer ses actes. Mais je suis aussi très étonnée que cela se soit passé dans un lycée technique, où l'on a l'habitude d'avoir beaucoup d'ethnies et de confessions différentes. J'ai travaillé près de Paris, dans un lycée avec quarante-sept nationalités différentes, sans qu'il n'y ait jamais eu de problème de ce genre. »

Et la proviseure de conclure : « C'est un acte isolé. Et j'aimerais que cela le reste. »
© Nice matin

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LES PARTIS DE DROITE RÉPONDENT À L'INVITATION DES PIEDS-NOIRS (France)

24/03/2012 - Comme il l'avait déjà fait il y a cinq ans, l'Usdifra, syndicat rassemblant pieds-noirs et harkis, avait donc invité ce samedi à Nîmes les différents candidats à la présidentielle. "Nos revendications sont au moins de deux ordres, précise le président du syndicat, Gabriel Mène. Sur le plan moral, nous attendons toujours, cinquante ans après, que la France reconnaisse sa responsabilité dans l'abandon des départements d'Algérie et de sa population. Et d'un point de vue matériel, il y a trois dossiers : la réinstallation, l'indemnisation et l'entretien des cimetières en Algérie, qui sont totalement saccagés".

Dans la salle, les pieds-noirs attendent sagement les candidats. Les rangs sont clairsemés, la moyenne d'âge élevée, montrant que cette population "déplacée contre son gré" a du mal à convaincre les nouvelles générations de reprendre le flambeau.

JEAN-MARIE LE PEN : "C'EST NOUS LES AFRICAINS !"
Le président du syndicat insiste sur le côté apolitique de son syndicat... mais l'assemblée fait une ovation le matin à Jean-Marie Le Pen, le premier à parler, celui qui est invité à partager le repas et celui qui entonne d'une voix toujours aussi puissante "C'est nous les Africains", repris par une assemblée conquise.

Jean-Marie Le Pen, qui ne peut s'empêcher de revenir sur les événements de Toulouse : "Qu'y a-t-il derrière le fait qu'un djihadiste déclare la guerre à la France ? Il fallait comparer cela à la décision de Nicolas Sarkozy de mettre partout au pouvoir, y compris en Libye, des djihadistes. C'est le résultat de la politique américaine au service de laquelle se sont mis la France, l'Angleterre et quelques autres".

Candidat à la députation dans le département, l'avocat Gilbert Collard ne manque pas l'occasion de surenchérir à son tour : "On a perdu du temps dans l'enquête car on a voulu privilégier la piste de l'extrême droite: on veut à tout prix qu'il y ait dans ce pays un clan des salauds". L'avocat, qui était aux côtés de la famille d'Abel Chennouf, l'un des militaires assassinés à Montauban, poursuit en s'en prenant ensuite à l'Eglise catholique : "Abel, chrétien pratiquant d'origine kabyle, n'a même pas eu la visite de l'Evêque de Nîmes à ses obsèques !", provoquant une nouvelle salve d'applaudissements dans la salle.

L'UMP CHERCHE À CONVAINCRE MALGRÉ LA DÉCEPTION
L'après-midi, le représentant de l'UMP avait un rôle beaucoup plus délicat. Le député Elie Aboud, président de la question des rapatriés à l'UMP, très bon connaisseur du dossier, sait parfaitement combien Nicolas Sarkozy a déçu cette population. Il cherche donc à convaincre, sans citer une seule fois le nom du président de la République, tout en montrant quand même que des progrès ont été faits au cours de ces cinq dernières années : la Fondation pour la mémoire, présidée par Claude Bébéar, la proposition de loi (dont il est l'auteur) pour sanctionner les injures contre les harkis, la sortie prochaine d'un décret permettant d'accorder un délai supplémentaire de deux ans pour traiter les dossiers de réinstallation.

Dans la salle, le scepticisme reste de mise. " Il y a cinq ans, explique un ancien harki, Nicolas Sarkozy nous avait envoyé Christian Estrosi. Il nous avait juré que ce décret réglant les problèmes des dettes des rapatriés serait réglé si Sarkozy était élu. On a en grande majorité voté pour lui, et dès que l'élection était finie, on nous a oubliés. Alors cette année, on entend, mais on reste vigilant..."

Anne Devailly
© Le Monde

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A MEAUX : "J'AI PRIS MA CARTE D'ÉLECTRICE POUR VOTER MARINE" (France)

24/03/2012 - Marine Le Pen était samedi 24 mars sur le marché de Meaux (Seine-et-Marne) sur les terres du secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé. Elle venait notamment soutenir la candidature aux législatives de Marie-Christine Arnautu, vice-présidente du Front national chargée des affaires sociales et proche de la famille Le Pen.

Dès l'arrivée de la prétendante à l'Elysée, une vingtaine de militants du Front de gauche, et du PS, l'ont accueillie à coups de slogans tels que "Résistance !" ou "L'étranger n'est pas le problème, c'est Le Pen". Marine Le Pen fut suivie par ces opposants qui criaient à quelques mètres d'elle, tout au long de sa visite qui a duré environ une heure, dans un véritable brouhaha. "Le Front de gauche est incapable de laisser les gens s'exprimer. Ce sont des violents qui refusent de laisser les candidats rencontrer les Français", a notamment déclaré Mme Le Pen, qui a qualifié le parti de Jean-Luc Mélenchon "d'anti-démocratique" et "d'anti-républicain". "Cela montre que la seule candidate anti-système, c'est moi. Il apparaît clairement que les ouvriers sont les lions que le Front de gauche veut transformer en moutons pour les ramener à la bergerie de François Hollande."

Présent aux côtés de Mme Le Pen, Steeve Briois, secrétaire général du FN, estime "que tout ça dessert le Front de gauche. Les chalands voient des gens courtois, c'est nous. Et des excités tout droit sortis du bistrot, eux." A la fin de sa visite, il y eut même une scène hallucinante. Alors que les militants de gauche entonnent la Marseillaise, Marine Le Pen s'exclame : "Alléluia ! Ils chantent la Marseillaise !" Et la candidate d'entonner, face à eux, elle aussi, l'hymne national. En revanche, lorsqu'ils ont commencé à lancer l'Internationale, Mme Le Pen s'en est allée.

"RENDEZ-NOUS LA PAROLE !"
Entre la sécurité qui entourait la présidente du FN, la foule de journalistes et les contre-manifestants, il était somme toute assez difficile pour Marine Le Pen de discuter avec des passants. Cependant, comme toujours lorsqu'elle se déplace, plusieurs personnes lui ont témoigné leur sympathie et/ou leur soutien. Comme cette jeune fille qui l'alpague d'un "Vous êtes belle et très intelligente ! Rendez-nous la parole !" Ou ce jeune maghrébin qui lui dit "On est avec Le Pen ! Le Pen présidente ! On n'est pas avec Sarko !"

Quelques minutes plus tard, ce jeune reviendra se faire prendre en photo avec Mme Le Pen et lui dira : "On est avec vous ! Faut pas supprimer la CAF !" Plusieurs personnes la saluent depuis leurs balcons, tout au long du parcours.

Marie-France Laux, vendeuse en boulangerie sur le marché, âgée d'une quarantaine d'année, l'assure : "J'ai pris ma carte d'électrice pour voter Marine." "Je n'ai jamais voté avant", ajoute-t-elle. "J'en ai tellement marre des politicards qui nous raconte des bobards ! On verra si elle fait mieux que les autres. Sinon, on sera déçu...", tranche-t-elle.

"EN FAISANT CELA, IL A TUÉ LA FRANCE"
A un moment de sa visite, Marine Le Pen croise un vendeur de vêtements, Zoubir Igram, Français d'origine marocaine, avec une longue barbe. Il lui lance, sur le ton de l'humour, qu'il veut "une photo de Marine Le Pen avec un barbu, un intégriste, pour faire chier le monde." Elle accepte et répond : "Ne dites pas cela, ce n'est pas parce que l'on porte la barbe que l'on est intégriste."

La conversation s'engage alors sur le drame de Toulouse. Le vendeur poursuit, dénonçant les "amalgames" : "Il n'y a pas un verset dans le Coran qui dit que l'on peut tuer quelqu'un". Marine Le Pen : "Il faudrait que l'on fasse une grande manifestation contre le fondamentalisme (...) notamment avec nos compatriotes musulmans." Il abonde et déclare, parlant de Mohamed Merah, le tueur de Toulouse et Montauban : "En faisant cela, il a tué des soldats, il a tué la France. Il a tué le drapeau français." "Exactement : il a tué le drapeau français", réplique Mme Le Pen en prenant la pose pour la photo avec M. Igram.

Abel Mestre
© Le Monde

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LA MAIRIE REFUSE LEUR MARIAGE (France)

24/03/2012 - Au mois de novembre, le couple M., 32 et 33 ans dépose un dossier à la mairie de Brignais. Ils se sont rencontrés quelques années auparavant, travaillent tous les deux, et cherchent désormais à se marier. Mais la future mariée reçoit une toute autre réponse de la mairie. Par lettre recommandée, celle-ci lui signifie que le couple est convoqué pour une audition à la mairie afin de vérifier la légitimité du mariage. Cette procédure, réservée aux couples dont l’une des personnes est étrangère, sert à prévenir les mariages « de complaisance », les mariages blancs. Or, les deux conjoints sont français. Cette information, personne ne semble s’y arrêter. Lors des auditions séparées du couple, tout est abordé : rencontre, date de naissance, prénom des parents du conjoint, religion…

La réponse ne se fait pas tarder. La mairie considère l’union comme suspicieuse, et renvoie le dossier au procureur de la république, lequel informe rapidement le couple qu’il transmet le dossier à la gendarmerie, « pour enquête ». Le couple est à nouveau convoqué pour une seconde audition. Mme M. s’y rend seule, car son compagnon refuse : il ne comprend pas cette énième audition. Lorsqu’elle arrive devant les gendarmes, Mme M. est scandalisée : on lui pose des questions intimes, humiliantes. Elle est très vite informée que l’absence de son mari va lui porter préjudice. Mais la procédure ne s’arrête pas là. La gendarmerie l’informe qu’ils vont faire une enquête de moralité, de voisinage.

La jeune femme alerte alors par écrit le maire et la Halde, qui l’oriente vers le médiateur de la République. Celui-ci, voyant que les courriers de Mme M. ne semblent pas réellement pris en compte, écrit lui-même à la mairie, qui décide alors d'oganiser une rencontre. Entre-temps, les conclusions de l'enquête étant favorables au couple, le procureur de la République autorise le mariage. Mais, le couple, mis à rude épreuve, se sépare. Pendant 3 mois, aucun fonctionnaire ne se rendra compte que le dossier qu’ils sont en train de traiter concerne deux Français majeurs, en droit de se marier.

Lors de la confrontation avec Mr le Maire, Mme M. explique que le compte rendu fait par les employés de la mairie ne reflète en rien l'entretien qu'elle et son mari ont eu. Par exemple, il est indiqué que son ex compagnon a des enfants, ce qui est faux. On lui explique alors que le dossier a été transmis au procureur de la République non pas à cause d'un faisceau d'indices suspects, mais d'un ressenti des employés du service de l'état-civil, qui ont perçu le mari comme "stressé, angoissé" face à la perspective de mariage.

Mme M. est bien décidée à ne pas en rester là et va saisir un avocat afin de dénoncer cet abus de pouvoir flagrant.

Le Collectif contre l'islamophobie en France
© Oumma

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ANTISÉMITISME : DES DIZAINES DE TOMBES JUIVES PROFANÉES À NICE (France)

Deux jours après un précédent, dans le même cimetière niçois, il n'est plus question de vol de métaux, mais d'une attaque ciblée, après la profanation d'un carré juif…

24/03/2012 - Sur fond d'affaire Merah, et de l'attaque meurtrière d'une école hébraïque à Toulouse, trop hâtivement attribuée à des extrémistes de droite, on a pu évoquer ces derniers jours le souvenir de Carpentras, où la profanation du cimetière juif avait suscité un émoi considérable en 1990.

Vingt-deux ans plus tard, alors que plane en France le spectre de l'antisémitisme, qu'il soit d'inspiration néo-nazie ou djihadiste, la police a annoncé, vendredi 23 mars, qu'une trentaine de tombes juives avaient été dégradées dans un cimetière de l'est de Nice.

Des étoiles de David, volées ou tordues…
"La dernière ronde des gardiens a eu lieu il y a dix jours, le 13 mars, nous ne sommes pas capables pour l'instant de dire à quand remontent ces faits", a indiqué le commissaire Nicolas Hergot, à la tête de la Sûreté départementale des Alpes-Maritimes, qui compte sur "d'éventuels témoignages des familles" pour déterminer la date des méfaits.

Dans le carré juif de l'immense cimetière niçois qui surplombe un quartier populaire de la ville, un ou des individus ont arraché les étoiles de David ornant les lanternes de métal scellées à 22 tombes. Sur les lanternes de neuf autres sépultures, l'étoile a été tordue, sans que le ou les malfaiteurs parviennent à les décrocher. En outre, quatre lanternes ont franchement disparu.

Pas des dégradations "lourdes", mais lourdes de sens et "répétées"...
Selon certaines sources, les profanations pourraient avoir eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi, ce qui tendrait à accréditer la thèse d'une réaction à la mort de Mohamed Merah, mais cela reste à prouver. A ce propos, le grand rabbin de Nice a très prudemment évoqué "un possible lien avec la tuerie de Toulouse".

Maigre consolation : "il ne s'agit pas de dégradations lourdes, le carré [d'environ 600 tombes] n'a pas été saccagé", a noté M. Hergot, soulignant néanmoins, qu'à l'évidence, "le carré israélite a été ciblé", les tombes chrétiennes alentour ne présentant pas de signe de détérioration.

Déjà mercredi, dans un autre carré juif de ce même cimetière, les gardiens avaient signalé la disparition de 22 lanternes. Les enquêteurs y avaient d'abord vu un vol de métaux, au demeurant odieux, plutôt qu'un acte antisémite, mais la répétition du délit semble indiquer le contraire.

Certes, aucun tag raciste ni pierre tombale brisée ou renversée n'est à déplorer, mais cela ne change rien à la nature des faits, notamment selon le député-maire de Nice, Christian Estrosi, qui a estimé qu'il "n'y a pas de petit, moyen ou grand geste de profanation".

Le maire de Nice, le ministère et l'opposition en émoi...
"C'est malheureusement un geste qui ne peut que renforcer l'émotion de la communauté juive, à laquelle je me joins", a aussi dit l'élu UMP, affirmant que "nous sommes dans une période où nous n'avons pas le droit de négliger quoi que ce soit". Par "période", entendez : après la mort de trois enfants et d'un adulte, victimes de Mohamed Merah, soi-disant au nom de la cause palestinienne, à laquelle le terroriste toulousain n'a pu que nuire.

"Je ne veux rien laisser passer. Je dépose plainte et je souhaite que ceux à l'origine de ces actes soient identifiés et interpellés", a ajouté M. Estrosi, précisant qu'il allait demander que soient multipliées les rondes policières nocturnes dans les cimetières.

De son côté, par la voix d'un porte-parole, le ministère de l'Intérieur a de même "condamné cette dégradation de sépultures et réaffirmé l'engagement du gouvernement à lutter contre toute forme d'antisémitisme".

Enfin, dans le camp du candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, Faouzi Lamdaoui, son chef de cabinet, a fait part de sa "colère", et a demandé qu'une "enquête efficace" soit diligentée pour retrouver les coupables. De même, a-t-il ajouté, qu'à Sartrouville, dans la banlieue parisienne, où la façade d'un immeuble a été souillée hier d'inscriptions antisémites ou à la gloire de Mohamed Merah, tué ce matin lors de l'assaut du Raid.
© Métro France

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SKINHEADS : L'EXPÉDITION PUNITIVE DANS LES RUES DE CALAIS AVAIT AVORTÉ (France)

Il y a des signes qui ne trompent pas : les garçons qui se trouvaient à la barre avaient des tenues très particulières, ...

24/03/2012 - Notamment des pantalons de camouflage paramilitaires, des rangers rutilantes et un crâne bien rasé. Une vraie carte d'identité même si un autre annonçait clairement la couleur en arborant un T-shirt marqué « Skinheads France ». Un mouvement qui cultive le racisme et la xénophobie. Et dont les membres se réclament.

Rien d'étonnant alors à ce qu'ils se soient retrouvés le 10 décembre à Calais, pour venger l'un des leurs qui affirme à la barre : « La semaine précédente, quatre migrants m'avaient tendu un guet-apens et ils m'ont roué de coups. J'ai porté plainte mais je n'ai jamais eu de nouvelles. La police ne fait pas son travail ». C'est sans doute pour cela qu'ils ont décidé de se faire justice eux-mêmes et organisé une expédition punitive, battant le rappel d'autres membres du mouvement. Ils se sont ainsi retrouvés à quatorze à arpenter les rues pour retrouver les fameux agresseurs.

Ou « des personnes qui leur ressemblent », ajoutera le président. Leur présence a été signalée et l'arrivée de la police a fait fuir la majeure partie de la bande. Seuls cinq d'entre eux ont été interpellés, qui se sont retrouvés mardi au tribunal. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils étaient ce jour-là porteurs « d'arguments » de poids comme une masse, une batte de base-ball, un coup de poing américain et un couteau. « En France, il est interdit de se retrouver à plusieurs pour s'apprêter à commettre ce genre de violence. Ces arrestations ont sans doute permis d'éviter le pire car s'ils avaient rencontré ceux qu'ils recherchaient, tout cela aurait pu se terminer aux assises », dira le procureur.

Pour cette fois, l'aventure s'est terminée par une condamnation à une peine de six mois avec sursis pour les cinq protagonistes de l'affaire. Interdiction a également été faite à tous de détenir une arme à un titre quelconque pendant cinq ans. Petite précision enfin : parmi les cinq prévenus un seul était habillé comme vous et moi et laissait repousser ses cheveux. Et pour cause : déjà condamné quelques jours auparavant à 18 mois de prison avec sursis pour violences sur un migrant, il a annoncé à la barre qu'il avait décidé d'abandonner le mouvement. Le début de la sagesse ? •

STÈVE FERNANDES
© La Voix du Nord

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"LA DISCRIMINATION DANS LES TITRES-SERVICES EST INTOLÉRABLE" (Belgique)

La ministre de l'Emploi, Monica De Coninck (sp.a), a qualifié jeudi d'intolérable toute forme de discrimination, qu'elle se produise dans le secteur des titres-services ou ailleurs.

29/03/2012 - La ministre réagissait ainsi, par communiqué, peu avant la diffusion sur la VRT d'un reportage démontrant que de telles discriminations se déroulent couramment dans les sociétés de titres-services.

La réglementation prévoit déjà, explicitement, une interdiction stricte pour les entreprises titres-services d'opérer une discrimination, qu'elle soit directe ou indirecte, tant à l'égard des travailleurs que des clients, rappelle-t-elle.

Des contrôles sont opérés sur le terrain par l'Inspection des lois sociales sur base d'un accord de collaboration avec le Centre pour l'Egalité des Chances.

Mme De Coninck se dit toutefois consciente de la nécessité d'une plus grande professionnalisation du secteur. Un accroissement et un renforcement du contrôle des entreprises de ce secteur a été approuvé lors du conclave budgétaire, notamment via la mise en place d'une caution pour les entreprises, l'élargissement des raisons pouvant mener au retrait de l'agrégation, la possibilité pour le gouvernement de moduler son intervention dans les titres-services en fonction de la qualité des emplois, nécessité d'un business plan, etc.

Pour la ministre de l'Emploi, il s'agit donc de veiller à ce que les contrôles soient plus fréquents et davantage suivis d'effets.
© 7 sur 7

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ANTISÉMITISME : LA JUSTICE BELGE LANCE UNE ENQUÊTE SUR UN SPECTACLE DE DIEUDONNÉ

29/03/2012 - La justice belge a indiqué, jeudi 29 mars, avoir ouvert une enquête pour examiner l'enregistrement d'un spectacle donné récemment à Liège par l'humoriste français controversé Dieudonné, pour savoir s'il a enfreint la législation réprimant l'incitation à la haine et le négationnisme. Le spectacle a été donné le 14 mars et avait été alors enregistré par des policiers à titre de précaution.

"J'ai demandé que les enregistrements soient visionnés afin de voir s'il y a des éléments constitutifs d'infraction à la loi, concernant l'incitation à la haine, le racisme, la xénophobie et le négationnisme" de l'holocauste, a déclaré à l'AFP la procureur de Liège, Danièle Reynders.

Selon le quotidien Le Soir, des propos antisémites ont été tenus lors du spectacle le 14 mars par Dieudonné et applaudis par le public, essentiellement composé de jeunes issus de l'immigration.

Le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR) s'apprête à déposer une plainte. Ses observateurs sur place ont dénoncé le caractère haineux et antisémite des propos tenus par Dieudonné. "Une analyse juridique est en cours", a indiqué au journal Edouard Delruelle, directeur adjoint du CECLR.

Dieudonné a été régulièrement accusé dans le passé de dérapages antisémites. Aux élections européennes de 2009, il avait constitué en Ile-de-France une liste "antisioniste", qui avait fait polémique.
© Le Monde

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UN RASSEMBLEMENT EUROPÉEN "ANTI-DJIHAD", NOUVEAU MASQUE DE L’INTERNATIONALE RACISTE (Danemark)

Il y a comme des effluves de guerre civile européenne dans ce rassemblement "anti-djihad" prévu samedi au Danemark. Un événement qui interpelle la société européenne quant à la diffusion du racisme aujourd’hui en Europe, estime Benjamin Abtan, président de l'European grassroots antiracist movement (EGAM - Mouvement antiraciste européen). Par Benjamin Abtan Mouvement antiraciste européen.

30/03/2012 - Samedi 31 mars, se tiendra à Aarhus, au Danemark, l'"European Counter-Jihad meeting". Cette réunion, lancée à l’initiative notamment de la English Defence League, est la seconde tentative de rassemblement paneuropéen des différentes "Defence Leagues" nationales.

La première, organisée en octobre 2010 à Amsterdam, s’était heurtée à la résistance des supporters de l’équipe de foot de l’Ajax d’Amsterdam, qui avaient ainsi donné corps à la dimension juive de l’histoire du club en s’engageant avec succès contre le racisme et l’antisémitisme pour faire échouer cette tentative.

Les quelque six "Defence Leagues" et les autres organisations participant à la réunion de Aarhus s’inspirent notamment de la English Defence League, fondée en 2009 à la suite d’une manifestation islamiste à Luton contre des soldats britanniques de retour d’Afghanistan, et dont le racisme vise depuis lors principalement les musulmans.

L'enfumage du combat "culturel"
Le nombre de participants attendus ce samedi pourrait faire passer l’événement pour anecdotique s’il n’était porteur d’une signification politique qui dépasse ses promoteurs et qui interpelle la société européenne quant à la diffusion du racisme aujourd’hui en Europe.

En effet, l’idéologie commune de ces groupes d’extrême droite se structure autour du mythe de la "lutte contre l’islamisation de l’Europe". C’est aujourd’hui le facteur idéologique unificateur des extrême droites au niveau européen, qui est repris à différents niveaux par les groupes ou partis politiques de cette mouvance sur tout le continent. L’extrême droite européenne manipule ce mythe pour tenter de faire croire qu’elle est passée d’un combat racial à un combat culturel pour la sauvegarde des valeurs de l’Europe, même si celles qui sont défendues sont loin d’être celles de la démocratie et de l’égalité entre les individus, pourtant au cœur du projet de construction européenne.

Or, contrairement à ce que l’extrême droite européenne veut nous faire croire, le mythe de la "lutte contre l’islamisation de l’Europe" n’est pas moins porteur de violence que sa classique dialectique raciale. Né dans les charniers de la guerre de Bosnie et à Srebrenica, il sert un projet politique dont l’objectif se résume à son acte de naissance. Il a été utilisé par les nationalistes serbes pour obtenir de nombreux soutiens européens en se présentant comme les défenseurs de l’Europe, donc de la chrétienté, contre une Bosnie présentée alors comme le cheval de Troie de l’invasion islamique du continent. Il a été utilisé plus tard par Poutine pour raser Grozny et massacrer les Tchétchènes.

Pour les tenants de cette idéologie, qui attisent les feux d’une "guerre civile européenne", l’ennemi serait intérieur, et il faudrait l’identifier, pour l'exclure puis l’exterminer.

L'esprit de la "guerre civile européenne"
Identification, exclusion, extermination : on retrouve là la mécanique intellectuelle de l’antisémitisme, qui reste l’idéologie structurante de l’extrême droite européenne, même si cette dernière s’attaque aujourd’hui en premier lieu à d’autres populations pour des raisons exclusivement stratégiques.

La logique de "guerre civile européenne" est la même que celle de l’islamisme radical, une idéologie qui par nature porte en elle l’antisémitisme et le racisme, la haine des femmes, le "clash des civilisations" et le meurtre. L’inéluctable aboutissement concret de ces logiques, qui se renforcent mutuellement, est le meurtre d’enfants juifs comme à Toulouse la semaine dernière, de musulmans comme en Allemagne ces dernières années, de noirs comme à Florence en décembre 2011, de Roms comme trop souvent en Hongrie, ou bien de ceux qui leur apportent une protection institutionnelle et politique, comme les jeunes sociaux-démocrates norvégiens, l’été dernier.

C’est parce qu’elle est symptomatique de la progression en Europe d’une idéologie porteuse de racisme, d’antisémitisme et de meurtre que la réunion de Aarhus doit interpeller tous les Européens.

Face à cette progression, la société civile européenne antiraciste a pris un temps d’avance sur la coalition de la haine en formation. Venant de trente pays européens, les dirigeants de la société civile européenne antiraciste se sont rassemblés dès novembre 2010 dans l'European Grassroots Antiracist Movement (EGAM), pour se battre ensemble et au quotidien pour une Europe de l’égalité.

Nourris des discours de nos amis les jeunes sociaux-démocrates norvégiens que nous sommes allés rencontrer et qui, à la suite de l’attaque terroriste dont ils ont été victimes, se battent pour "plus de démocratie" dans leur pays, au diapason des démocrates hongrois que nous sommes allés soutenir à Budapest le 15 mars dernier lors de leur grande manifestation pour les libertés civiles, c’est au quotidien, notamment par des actions de terrains, comme la European Testing Night ou la Roma Pride, que nous construisons, malgré les forts vents contraires, une Europe véritablement démocratique car libérée du racisme, de l’antisémitisme et des discriminations raciales.
© Nouvel Observateur

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EN GRÈCE, LES FACTIONS D’EXTRÊME DROITE VEULENT JOUER À LA POLICE

La protection des citoyens, voilà le nouveau crédo des mouvances d’extrême droite en Grèce alors même que le pays continue de subir les plans d’austérités imposés par l’Union européenne. Des « gardes civiles » aux accents nationalistes et patriotiques ont fait leur apparition et entendent assurer la sécurité du territoire face aux défaillances de leurs dirigeants.

29/03/2012 - Le ministre de la Protection du citoyen a qualifié de « dérives inquiétantes » l’apparition, sur les sites internet des groupuscules d’extrême droite, d’appels lancés aux Grecs pour qu’ils rejoignent des milices d’autoprotection se faisant appeler les « gardes civiles ». Une enquête a été ouverte par le procureur de première instance Nikos Antonarakos.

Pour le moment, c’est le groupe de la « garde civile patriotique » qui fait l’objet d’une surveillance accrue de la part des services de police grecs. Pour son représentant, Yorgos Anestopoulos, surnommé « faucon de l’Egée », son mouvement est un conglomérat d’anciens combattants, de réservistes et de patriotes prêt à défendre leur pays en cas d’opération extérieure ou de défaillance de leur armée nationale. Basé sur des théories conspirationnistes, le discours de la « garde civile patriotique » cible les émigrés, vu comme une cause de la décadence du pays.

Si de tels groupes restent isolés sur la scène politique, d’autres plus modérés en apparence commencent à s’attirer le soutien de la population. C’est le cas de « l’Aube d’or » qui propose la mise en place de groupes de protection pour sécuriser les quartiers sensibles. Au cœur de leur action, les zones touchées par les batailles rangées entre groupes extrémistes de droite et de gauche qui ont secoué la capitale. En 2010, l’Aube d’or avait obtenu un siège supplémentaire au Conseil municipal d’Athènes grâce au vote des habitants de ces quartiers. Pourtant, certaines des propositions du collectif sont plus qu’inquiétantes. Elias Kasidiaris, membre du Conseil politique, propose ainsi de réinstaller les champs de mines anti-personnel à la frontière avec la Turquie alors même qu’une campagne mondiale de déminage est en cours.

La question des milices civiles est au centre des débats politiques en Grèce. Récemment, le président du parti ultra-conservateur (LAOS) proposait de donner le droit aux Grecs de porter des armes afin de lutter contre la hausse de la criminalité et protéger leurs familles.
© Affaires stratégiques

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L'AVOCAT DU TERRORISTE ANDERS BREIVIK DÉVOILE SA STRATÉGIE DE DÉFENSE (Norvège)

24/03/2012 - La ligne de défense définie par Geir Lippestad, l'avocat du terroriste d'extrême droite norvégien Anders Breivik, dont le procès s'ouvre à Oslo le 16 avril, ne manquera pas de provoquer des controverses. M. Lippestad compte par exemple faire témoigner le mollah Krekar, un extrémiste islamiste d'origine kurde irakienne habitant en Norvège depuis 1991.

Dans un entretien accordé au Monde, M. Lippestad détaille sa stratégie pour ce procès hors du commun, qui s'ouvrira moins de huit mois après le double attentat qui a coûté la vie à 77 personnes, dont 69 tuées lors du camp d'été des jeunesses sociales-démocrates sur l'île d'Utoya, le 22 juillet 2011.

Cet avocat aux solides convictions sociales-démocrates, père de huit enfants, a dû remettre en cause toutes ses certitudes. "Je sens que j'ai perdu mon âme dans cette affaire, confie-t-il. J'espère la récupérer une fois que ce sera terminé, et qu'elle sera dans le même état."

Contrairement à tous les clients passés de M. Lippestad, Anders Breivik veut être reconnu coupable. La peine maximale ne lui fait pas peur: au contraire, il souhaite y être condamné. "Ce procès est unique, de par les faits effroyables qui sont jugés, note l'avocat. Nous devons penser différemment. Dans la plupart des procès, vous avez un prévenu qui nie les faits ou qui dit qu'il ne pensait pas faire ce qu'il a fait, alors que là, vous avez quelqu'un qui reconnaît les faits, qui les revendique, et qui dit qu'il referait la même chose si l'occasion se présentait à nouveau". "Il n'a pas l'intention de fuir sa responsabilité. Au contraire, il veut être jugé comme sain d'esprit et responsable", souligne-t-il.

"IL N'EST PAS SI UNIQUE"
Dans un premier temps, M. Lippestad avait axé sa défense sur l'affirmation que son client était fou. C'est d'ailleurs la conclusion des deux premiers psychiatres qui l'ont examiné. Mais l'avocat a fini par adopter la ligne de son client.

L'idée qu'un Anders Breivik déclaré irresponsable puisse échapper à une peine de prison avait bouleversé une grande partie de l'opinion norvégienne. Une seconde équipe de psychiatres a été nommée et elle rendra ses conclusions le 10 avril. Même si celle-ci confirme la folie de l'accusé, l'avocat ne changera rien à sa ligne de défense. "Il s'agit de montrer que ses concepts et son mode de pensée sont courants. Il n'est pas si unique, si paranoïde ou schizophrène que le prétendent les experts."

M. Lippestad compte exposer les contradictions des experts. "Ce que nous voyons, c'est qu'il existe un fossé entre ce que disent les sciences humaines sur l'extrémisme et ce que savent les médecins et les psychiatres." Pour Geir Lippestad, beaucoup de ceux qui partagent les mêmes idées qu'Anders Breivik sont qualifiés d'extrémistes, pas de psychotiques. Alors pourquoi lui? "Nous ferons témoigner des gens de milieux extrémistes qui raconteront comment ils pensent, afin d'établir que d'autres, sans aller jusqu'au passage à l'acte, partagent la même idéologie ou le même mode de pensée, soutient l'avocat. Ce que nous voulons montrer, c'est que nous avons à faire à une idéologie, et qu'il n'est pas le seul à la défendre, qu'il n'est donc pas un psychotique qui vivrait dans un monde à part."

L'avocat pense faire témoigner un blogueur norvégien, "Fjordman", considéré comme le principal inspirateur d'Anders Breivik, qui le cite dans son manifeste de plus de 1500pages diffusé sur Internet juste avant ses attentats.

En voulant faire témoigner le mollah Krekar, connu pour ses menaces et outrances verbales - et d'autres islamistes peut-être -, l'avocat veut également montrer que "les islamistes aussi pensent que l'Europe est le théâtre d'une guerre de religion, qu'il ne s'agit pas d'un délire que Breivik imagine dans sa tête mais qu'il existe bien des personnes qui veulent envahir l'Europe".

"IL PRÉPARE UN DISCOURS"
Le mollah Krekar, de son vrai nom Faraj Ahmad Najmuddin, souvent qualifié de "réfugié le plus controversé de Norvège", a été dirigeant d'Ansar Al-Islam, un groupuscule islamiste du Kurdistan irakien auteur de plusieurs attentats. Dans un livre publié en Norvège en 2004, il admettait avoir rencontré Oussama Ben Laden au Pakistan vers 1990 afin de lui soutirer une aide financière pour sa guérilla, mais sans rien obtenir.

C'est Anders Breivik lui-même qui orchestre la stratégie défendue par M. Lippestad. En attendant son procès, il s'entraîne beaucoup physiquement. Il a également accès à une cellule de travail équipée d'un ordinateur. "Il n'a pas accès à Internet, mais il peut écrire, et il prépare un discours qu'il compte lire pendant le procès", ajoute son conseil.

Il reçoit des lettres, regarde la télévision, lit les journaux. "Il écrit des lettres à cinq ou six personnes qu'il considère comme des frères et sœurs idéologiques, en Norvège et à l'étranger." Comme le rappelle l'avocat, "le motif pour exécuter ces monstruosités était de diffuser son manifeste". Et M. Lippestad de préciser que "Breivik considère que c'est en France ou en Angleterre que commencera la révolte parce que, selon lui, le multiculturalisme y est très conflictuel".

Olivier Truc (Oslo, Norvège, envoyé spécial)
© Le Monde

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QU’ARRIVE-T-IL AU PAYS DE LA TOLÉRANCE ? (Pays-Bas)

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, n’a pas encore pris ses distances avec le site anti-immigrés du parti de Geert Wilders. Un silence qui révèle les divisions des politiques et leur absence de vision sur l’immigration, estime le philosophe Paul Scheffer. Paul Scheffer pour le NRC Handelsblad, Rotterdam.

26/03/2012 - Ceux qui, à l’étranger, suivent un tant soit peu les informations sur les Pays-Bas, savent qu’elles tournent désormais autour d’une seule question : "Qu’est-il arrivé à ce pays tolérant ?"

Cette question dénote une déception sincère, mais revient également à adopter un nouveau cliché. De même qu’autrefois, tous les correspondants écrivaient sur la liberté apparemment sans limites au pays des tulipes, on recherche maintenant assidûment des exemples qui doivent illustrer les spasmes qui secouent le pays.

Et ce n’est pas tellement difficile, les occasions sont nombreuses, avec comme point culminant récent le “site de signalement” des Polonais [le site lancé par le Parti de la liberté appelle à signaler les "nuisances et la pollution" dont se rendent victimes les migrants d'Europe de l'Est, qui sont, aux Pays-Bas, principalement des Polonais].

Est-ce que quelqu’un se donne la peine, dans les hautes sphères gouvernementales, de lire la série déprimante d’articles sur le "Beschwerdeportal", "Ost-Pranger", "l’appel à dénoncer les migrants", "anti-Polish hotline", "Dutch anti-immigration website" ? Et je me limite ici à l’allemand, au français et à l’anglais.

La tache sur le tapis continue de grossir
L’indignation des autres pays est évidemment en partie liée à leurs propres intérêts. Les dix ambassadeurs des pays d’Europe centrale et orientale, qui, dans une lettre ouverte, se sont élevés contre ce site, auraient bien des choses à expliquer au sujet des droits des minorités dans leurs propres pays.

Et en ce qui concerne le Parlement européen [qui, après un débat houleux, à demandé le 15 mars dernier au gouvernement néerlandais de prendre ses distances avec le site du PVV], on peut dire : plus l’influence est modeste, plus les paroles sont fortes.

En outre, il existe des problèmes réels autour de la libre circulation des personnes dans l'Europe [de Schengen] – encore plus si la Roumanie et la Bulgarie y faisaient leur entrée.

Malgré ces réalités, la tache sur le tapis continue de grossir. C’est ce que le premier ministre Rutte ne réalise pas suffisamment. A Bruxelles et ailleurs, on a désormais l’impression que l’on ment pas mal à La Haye à propos de l’influence réelle de Wilders sur le gouvernement [qu’il soutient sans y participer].

Cette affaire n’est pas isolée. La crise des caricatures [danoises] l’avait déjà montré : les conflits entre gouvernements augmenteront en raison de ce qui se passe à l’intérieur des sociétés nationales. La publication de caricatures de Mahomet a entraîné un déchaînement de réactions au Moyen-Orient.

A l’inverse, les conflits à l’étranger auront de plus en plus de répercussions sur nos villes, comme il est apparu, une fois de plus la semaine dernière, lors d’un attentat contre une mosquée de Bruxelles, qui était lié à la guerre civile en Syrie.

Les "allochtones" ou la 3e génération de l'immigration
Ces frontières de plus en plus ténues entre notre pays et l’étranger, où l’immigration joue un rôle essentiel, exigent une diplomatie active. Le gouvernement précédent [la coalition entre chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates dirigée par Jan Peter Balkenende] était plus vigilant à cet égard.

Lorsque Wilders a sorti [en 2008] son film Fitna sur l’islam, les conséquences dommageables ont été endiguées d’une manière subtile. On est parvenu à atténuer la menace de réactions violentes au Moyen-Orient grâce à tout une série d’initiatives, où des personnalités de premier plan de la communauté musulmane sont également intervenues.

Une diplomatie de ce type n’est efficace que si elle repose sur un consensus raisonnable.Le silence gêné de Rutte montre un pays divisé vis-à-vis du monde extérieur. Il existe des divergences de vues fondamentales sur l’immigration entre les partis qui soutiennent le gouvernement, et le désaccord au sein de la majorité n’a fait qu’augmenter ces dernières années.

Au début, il s’agissait encore de la nature de l’islam : est-ce une religion ou une idéologie politique ? Cette discorde pouvait encore être conjurée par un agreement to disagree (un modus vivendi). Désormais la divergence d’opinion touche le noyau de l’intégration européenne : la libre circulation des personnes.

Le “site de signalement” laisse entendre que l’on n’est pas tenu de traiter tous les citoyens de l’Union de manière égale, et ses initiateurs estiment que l’ouverture des frontières est une grande erreur.

Ceci cache une différence encore plus substantielle concernant l’approche de l’immigration. Lorsque des politiciens du Parti de la liberté (PVV) proposent qu’on continue de qualifier d’allochtone la troisième génération, c’est-à-dire les petits-enfants de ceux qui ont immigré, cela implique un choix évident.

Cela veut dire que les nouveaux arrivants et leurs descendants – en 2025 il s’agira approximativement d’un quart de la population – ne pourront jamais faire vraiment partie de la société.

Le site de signalement et le silence de Rutte témoignent d’une division croissante. La condamnation du Parlement européen est préoccupante, mais ce qui est plus pénible, c’est la timidité des partis du centre, y compris ceux de l’opposition.

Ces derniers ne réussissent toujours pas à tenir un discours porteur d’une vision d’avenir sur l’économie et la symbolique d’une société d’immigration. En dix ans, tout a été dit sur l’intégration, mais on ne parvient toujours pas à sortir de l’impasse politique.
© Presse Europ

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LA CRISE ÉCONOMIQUE EXACERBE LES COMPORTEMENTS RACISTES (Europe)

Le racisme et la xénophobie se sont fortement développés en Europe dans un contexte de crise économique et social, qui s’est traduit par une hausse généralisée du chômage affectant surtout les minorités ethniques discriminées. Pourtant, la lutte contre le racisme n’est pas une priorité des pouvoirs publics, qui prétextent la crise pour réduire leur soutien financier aux programmes de lutte contre les discriminations. Telles sont les conclusions tirées par le réseau européen contre le racisme (ENAR) dans son rapport annuel paru le 21 mars. Rédigé par Hanan Ben Rhouma

24/03/2012 - A quand l’égalité de traitement entre les citoyens ? Le racisme est un fléau de notre temps et la crise économique exacerbe ce phénomène en Europe. A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale*, mercredi 21 mars, le Réseau européen contre le racisme (ENAR) a publié son rapport annuel [à télécharger plus bas] sur le racisme en Europe.

S’appuyant sur 27 rapports alternatifs nationaux, l’organisation, qui regroupe plus de 700 ONG dans les 27 pays de l’Union européenne (UE), explique la montée des discriminations et des comportements racistes à l’égard des migrants et des minorités ethniques par la crise économique qui sévit sur le Vieux Continent. Responsable de la hausse du chômage et de la précarité, la crise « suscite la peur parmi le grand public, incitant ainsi aux comportements racistes, alors que, simultanément, elle entraîne des coupes budgétaires dans les activités de lutte contre le racisme dans de nombreux pays », fait savoir l’ENAR.

Dans son rapport, une place toute particulière est accordée à l’impact du racisme et de la discrimination sur la vie des personnes d’ascendance africaine, un groupe « bien trop souvent "oublié" » et « dont les droits humains doivent être davantage promus et protégés ».

Les musulman-e-s et les gens du voyage, vulnérables en Europe
L’ENAR met en lumière les préjudices subis dans le domaine de l’emploi, de l’éducation, du logement, de la santé et dans l’offre des biens et la prestation des services, en matière de justice pénale, ainsi que dans les médias. Si l’éducation joue un rôle primordial en matière d’intégration et d’inclusion sociale, de nombreux rapports nationaux notent « une ségrégation de facto dans le système éducatif où les minorités ethniques sont davantage représentées au sein d’établissements scolaires ayant un niveau d’enseignement inférieur ».

Les musulmans font partie des communautés les plus vulnérables au racisme et à la discrimination en Europe. L’islamophobie est en nette augmentation dans de nombreux pays européens, « alimentée par le discours populiste de certains politiciens et par les médias ». « Les comportements criminels en lien avec le terrorisme et l’extrémisme sont souvent associés aux musulmans », affirme-t-on, avant de mettre l’accent sur la vulnérabilité spécifique vécue par les musulmanes qui portent le hijab.

En guise d’illustration, la coordination française de l'ENAR souligne dans son rapport national [à télécharger plus bas] - lancée en plein dans l'affaire Mohamed Merah - l’interdiction du port du voile intégral (niqab), effective également en Belgique, mais aussi la montée des atteintes aux droits dont sont victimes les femmes portant le simple foulard, à l’image du fait divers survenu à Lyon, lorsqu’une élue de la ville a contraint une mariée à retirer son voile lors de son mariage. « Le voile revêt désormais une symbolique forte au sein de la société française et incarne les crispations contemporaines à l’égard de l’immigration et de l’intégration », explique-t-on.

L’ENAR identifie également les gens du voyage et les Roms comme des communautés très vulnérables, « perçues comme étant les plus exclues de la société », ayant, en 2010 et en 2011, souffert « d’un climat politique particulièrement stigmatisant ». « Non seulement les minorités ethniques sont confrontées à la discrimination, mais on leur reproche aussi souvent de "ne pas en faire assez". On estime que ce sont elles qui sont responsables de l’absence d’intégration, même dans un contexte où la violence et les menaces à leur encontre sont généralisées », selon l’ENAR.

De gros efforts attendus des autorités
« La société française apparaît comme de plus en plus fragmentée, avec une inquiétante dérive d’ethnicisation de l’action publique », relève le rapport. Outre la remise en cause de la volonté d’assimilation de ces populations, celles-ci demeurent également fortement associées à l’insécurité. Le lien entre immigration et insécurité est régulièrement fait, notamment en France par Claude Guéant en France, qui avait annoncé son intention, en décembre 2011, de s'attaquer à « la délinquance étrangère ».

Le succès des partis et des mouvements d’extrême droite comme le PVV aux Pays-Bas, le Front national en France ou de l’English Defense League (EDL) en Grande-Bretagne, accentuent ce phénomène de rejet. Souvent anti-Roms et anti-islam, ils se lancent dans des initiatives controversées comme la création d’un site de délation aux Pays-Bas. « Sous couvert de défense de la laïcité, des mouvements organisent une lutte contre l’islam en France » tels les apéros « saucisson pinard » et les « Assises internationales sur l’islamisation de nos pays » fin 2010 en France, précise le rapport français.

Veiller au respect effectif des lois
Les pays européens disposent pourtant d’un arsenal législatif et juridique très développé, mais ils se révèlent insuffisants pour combattre les discriminations, en raison notamment d’un défaut de volonté politique réelle. Peu de procès sont engagés « car les dispositions juridiques ne sont pas appliquées dans les faits ». « Les politiques doivent faire passer le message qu’un accès égal à l’emploi, au logement et à l’éducation est essentiel à la construction d’une société prospère et cohésive, et d’autant plus dans un contexte de crise économique », a rappelé Chibo Onyeji, président d’ENAR, dans un communiqué.

« Le changement, c’est maintenant ! », peut scander l’ENAR. Toutefois, les changements dépendent des efforts consentis collectivement et individuellement par l’ensemble de la société. « Tout un chacun, que ce soit l’Union européenne ou les particuliers, a un rôle a jouer en vue de réaliser l’objectif d’une Europe où le racisme et la discrimination raciale recevront effectivement le "carton rouge" », conclut l’ENAR.


Note
* La Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale a été promulguée en 1960 par les Nations unies à la suite du terrible drame de Sharpeville, en Afrique du Sud, lorsque la police avait tué 69 personnes qui manifestaient contre l'apartheid.

Le racisme en Europe - Rapport alternatif d'ENAR 2010-2011.pdf (1.95 Mo)

Rapport alternatif France 2010-2011.pdf (748.03 Ko)
© SaphirNews

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UNE FEMME VOILÉE TUÉE AUX ETATS-UNIS, L'INDIGNATION S'ÉLÈVE FACE AU RACISME

26/03/2012 - Shaima Alawadi, immigrée irakienne de 32 ans, installée aux Etats-Unis, est morte samedi de ses blessures. Elle avait été battue à mort chez elle, dans sa maison d’El Cajon, dans le comté de San Diego en Californie. Sa fille de 17 ans l’avait retrouvée mercredi, inconsciente –elle avait passé ses derniers jours sous respirateur artificiel.

Près de son corps inanimé, que sa fille avait trouvé, une note: «Retourne dans ton pays. Tu es une terroriste», rapporte le San Diego Union-Tribune. Selon la fille de Shaima Alawadi, qui s’est confiée à KUSI-TV, sa mère a été battue à plusieurs reprises avec un démonte-pneu.

Selon elle, la famille avait déjà trouvé une note semblable, devant chez eux, le mois précédent. Ils avaient cru à une mauvaise farce.

Un ami de la famille a décrit Shaima Alawadi au San Diego Union-Tribune: «Une femme respectueuse, portant le hijab» (voile qui couvre le cou et les cheveux, mais pas le visage). La famille avait quitté le Michigan pour la Californie récemment, mais vit aux Etats-Unis depuis 1993.
Contexte lourd

Sur les réseaux sociaux, Alawadi a rapidement été comparée à Trayvon Martin, jeune Américain noir tué en Floride en février par George Zimmerman, un blanc de 28 ans qui estimait devoir s’occuper de la sécurité de son lotissement, et aurait pris la victime de 17 ans pour un rôdeur. Le tueur, qui a prétendu avoir tué en position de légitime défense (alors que la victime n’était pas armée) n’a pas été mis en examen et une partie de la Floride crie à l’injustice et au racisme.

La concomitance des deux affaires fait surgir les craintes d’une Amérique toujours aux prises avec le racisme et la xénophobie. Sur Twitter, les deux affaires sont souvent mentionnées dans un même élan, avec des messages comme «capuche ou hijab — cela doit cesser». Car le jeune Trayvon portait une capuche le soir où il a été tué.

Geraldo Rivera, journaliste notamment pour Fox News avait déclaré: «J’appelle les parents des jeunes noirs et latinos à ne pas laisser leurs enfants porter des capuches», avant d’ajouter: «Je pense que la capuche est autant responsable de la mort de Trayvon Martin que ne l’est [le tueur] George Zimmerman.»

Associated Press explique que pour la police, le meurtre de Shaima Alawadi est sans doute d’un acte isolé. «Un crime de haine est l’une des possibilités, et nous allons examiner cette possibilité», a expliqué le lieutenant en charge de l’affaire, ajoutant: «Nous ne voulons pas nous focaliser sur un seul point et rater d’autres pistes éventuelles.»
© Slate

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Les titres de l'actualité du 23 Mars, 2012

DEUX MEMBRES DE RIPOSTE LAÏQUE CONDAMNÉS POUR PROVOCATION À LA HAINE (France)

En 2010, le site Internet de l'association avait publié des éditoriaux attaquant violemment les musulmans. Lors de l'audience, le fondateur de Riposte Laïque a dit vouloir combattre l'"obscurantisme" véhiculé par l'Islam.

23/03/2012 - Ils prétendaient défendre le principe de laïcité, le tribunal correctionnel de Paris les a condamnés. Les deux responsables du site internet Riposte Laïque ont écopé ce vendredi d'amendes pour provocation à la haine envers les musulmans.

Le président-fondateur de l'association, Pierre Cassen, a été condamné à 4000 euros d'amende et Pascal Hilout, membre de l'association et auteur d'un des textes incriminés, s'est vu infliger une peine de 1500 euros d'amende. Les deux hommes devront en outre verser solidairement à la Ligue des droits de l'Homme (LDH) 1500 euros de dommages et intérêts, ainsi que 2000 euros de frais de justice.

Ils devront enfin verser un euro à titre de dommages et intérêts et 800 euros au titre des frais de justice aux autres associations parties civiles: la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), l'Association de défense des droits de l'Homme (ADDH), SOS Racisme et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap). La condamnation devra être publiée sur la page d'accueil du site durant trois mois.

Des propos litigieux dans deux éditoriaux
En juin 2010, Riposte Laïque s'était fait connaître en soutenant un "apéro saucisson-pinard" dans le quartier multi-ethnique de la Goutte d'Or, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, qui abrite une des mosquées les plus fréquentées de la capitale. La préfecture de police avait interdit la manifestation. Les propos litigieux concernent deux éditoriaux postés sur le site de l'association le 11 octobre et le 12 décembre 2010.

Le premier était intitulé "Pourra-t-on vaincre l'offensive islamiste par les seuls moyens démocratiques?". Le second, "Occupation: bien sûr que les prières dans la rue, les voiles, le halal et les mosquées sont des symboles d'occupation et de conquête". Dans son jugement, la 17e chambre a estimé que le premier texte "entend manifestement imposer dans l'esprit du lecteur" que les musulmans "constituent, dans leur ensemble, un groupe irréductiblement étranger à la nation française qu'ils mettent en péril par leur nombre croissant et leurs visées expansionnistes." Le tout, "sans la moindre réserve sur le souhait que pourrait avoir, même une partie d'entre eux seulement, de vivre paisiblement avec leur famille sur le sol français".

Des propos qui "inspirent la peur, le rejet et l'exclusion"
Pour les juges parisiens, de tels propos sont "de nature à inspirer la peur, le rejet et l'exclusion, voire la violence" envers les musulmans et à ce titre doivent être condamnés. Dans un communiqué, la LDH se félicitait vendredi de "cette décision qui rappelle que nul ne saurait s'en prendre, sous couvert d'une fausse laïcité, à la liberté de conscience et prôner l'exclusion".

Lors de l'audience du 3 février, les prévenus avaient expliqué vouloir lutter contre "l'obscurantisme". "La pire des choses, c'est de mettre la poussière sous le tapis. Un débat parlementaire est indispensable. Aucun sujet ne doit être tabou quand il en va de nos libertés et de nos valeurs", s'était défendu Pierre Cassen. "Nous ne considérons pas que l'islam est seulement une religion mais un projet politico-religieux (...) conquérant qui grignote ce qu'il y a de meilleur dans la société française".
© L'Express

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APPEL SOLENNEL DE AYRAULT (PS) À LUTTER "CONTRE TOUTES LES FORMES DE RACISME" (France)

NANTES - Le député-maire socialiste de Nantes, Jean-Marc Ayrault, a lancé vendredi "un appel solennel à lutter contre toutes les formes de racisme ou de peur de l'autre" depuis le Mémorial de l'abolition de l'esclavage.

23/03/2012 - "Je lance un appel solennel, l'appel de Nantes, à tous les citoyens de France et d'ailleurs, pour lutter contre toutes les formes de racisme, de xénophobie, de peur de l'autre, de préjugés", a déclaré M. Ayrault lors d'une visite de presse du monument.

Le Mémorial sera officiellement inauguré dimanche en présence de Christiane Taubira, qui a donné son nom à la loi de 2001 reconnaissant l'esclavage comme un crime contre l'humanité.

M. Ayrault, qui est aussi le patron des députés PS et un proche de François Hollande, a appelé à lutter "contre toutes les formes d'esclavage contemporains, qui touchent encore 27 millions de personnes dans le monde".

Le maire de Nantes a souligné que ce monument, qui a coûté 6,9 millions d'euros, avait été financé par les collectivités locales et l'Europe, sans aide de l'Etat.

"Or il s'agit de montrer que Nantes, premier port négrier de France, assume son histoire sans chercher à culpabiliser qui que ce soit, ce n'est pas un acte de repentance", a souligné M. Ayrault.

"Le gouvernement a prétendu que nous étions dans une démarche de repentance pour dire non au financement, ce que je regrette car un tel Mémorial est une occasion pour la France de regarder lucidement son histoire, en rappelant ce que nous sommes et quelle est la mission à accomplir pour mettre fin à l'esclavage moderne", a-t-il ajouté.

"Nous sommes tous les héritiers de cette histoire, car pendant quatre siècles la traite a transformé à jamais le monde dans tous les domaines, humains, économiques, artistiques...", a de son côté souligné Françoise Vergès, présidente du Comité pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage en France.

"Hier l'Europe ne pouvait plus se passer de café, de sucre ou d'épices, qui reposaient sur le travail des esclaves et aujourd'hui, interrogeons-nous: que produisent les 27 millions d'esclaves contemporains, dont nous ne pouvons plus nous passer, comme par exemple les téléphones portables?", a-t-elle ajouté.

"Nous devons nous interroger sur l'humanité que nous voulons construire: comment changer les conditions de production? Peut-être qu'il faudrait payer un peu plus et consommer un peu moins", a-t-elle déclaré.
© 20 Minutes

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"MOHAMED MERAH, CHANCE POUR LA FRANCE ?" : LE BLOC IDENTITAIRE FAIT FORT

23/03/2012 - Vous ne savez pas quoi afficher sur le mur de votre chambre ? Le Bloc Identitaire vous propose d’y coller sa nouvelle affiche, un bel exemple de récupération politique (c'est Jean-François Copé qui va pas être content) : « Mohamed Merah, chance pour la France ? »

TOUS LES MÊMES
Le Bloc Identitaire nous explique à quel point un musulman condamné 18 fois, « se réclamant du djihad islamiste », n’est pas le bienvenu en France. Même s’il y est né.

« Son parcours retrace celui de nombreux jeunes issus de l'immigration arabo-musulmane ou afro-musulmane. Et pourtant certains voudraient nous faire croire que l'immigration serait toujours et uniquement une chance pour la France ? »

Le Bloc Identitaire conclue : "les drames de Toulouse et Montauban ne doivent pas rester un faits-divers mais marquer le début d'une véritable prise de conscience populaire." Il va être long, le dernier mois de campagne.
© Street Press

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NICOLAS SARKOZY VEUT-IL PLACER LE WEB SOUS SURVEILLANCE ? (France)

La mesure visant à punir pénalement les visiteurs de sites prônant la violence et le terrorisme fait craindre aux défenseurs d'un Internet libre une surveillance accrue du réseau. L'UMP s'en défend. Eric le Bourlout

23/03/2012 - Désormais toute personne qui consultera de manière habituelle des sites Internet qui font l'apologie du terrorisme ou qui appellent à la haine et à la violence, sera punie pénalement. » La petite phrase de Nicolas Sarkozy, prononcée lors de sa déclaration du jeudi 22 mars 2012, fait beaucoup de bruit sur la Toile. Effet d’annonce indispensable pour parer au choc des événements de Toulouse ? En tout cas, cette ébauche de mesure inquiète. Parce qu’elle est suffisamment précise pour raviver les craintes d’une surveillance accrue d’Internet… et trop floue d'un autre côté : on n’en connaît pas les modalités exactes.

Pour les opposants à cette mesure, comme Reporter Sans Frontières, elle fait surtout « peser des risques de dérive sur la liberté d’accès à l’information sur Internet ». L’association évoque même un « risque de surveillance en ligne généralisée au nom de la lutte contre le terrorisme ». Et critique par ailleurs le fait qu’elle pourrait avoir de graves conséquences sur le journalisme et l’étude du terrorisme : « Comment enquêter demain sur la montée des mouvances terroristes sur Internet et dans les réseaux sociaux sans pouvoir consulter leur mode de communication en ligne ? », se demande RSF. La question reste posée, d’autant qu’il est par ailleurs parfaitement possible de se rendre sur un site régulièrement sans être d’accord le moins du monde avec les idées qu’il propage.

Plus grave encore, les modalités techniques de cette mesure sont floues. Mais certains y voient, comme Reflets.info – dont nous vous conseillons les incroyables articles sur le dossier Amesys –, un nouveau moyen d’imposer la technique du Deep Packet Inspection, cette méthode orwellienne qui permet d’analyser avec précision, paquet de données par paquet de données, tout ce que vous faites sur le Web.

Seuls soucis : mettre en place une telle surveillance serait coûteux, dangereux pour les libertés individuelles et surtout très peu efficace pour lutter contre le terrorisme... car il y a fort à parier que pour consulter ces sites, un extrémiste pourrait facilement contourner ces mesures par l’anonymisation de ses connexions, en passant notamment par un VPN ou Tor, par exemple.

Pour l’UMP, pas de surveillance généralisée
Interdire la simple consultation de sites Web n’est toutefois pas une idée nouvelle. L’article 227-23 du code pénal punit déjà « le fait de consulter habituellement un service de communication au public en ligne » hébergeant des images pédopornographiques. Et n’a pas provoqué depuis sa mise en place de surveillance massive.
Devant le flou de la proposition de Nicolas Sarkozy, Laure de la Raudière, députée chargée du numérique à l’UMP, a tenté, sur Twitter, de préciser la pensée du président. Elle tend à indiquer qu’une surveillance du réseau par DPI n’est pas à l’ordre du jour, et que les traces de ces consultations « habituelles » seront plutôt trouvées par enquête policière sur demande d’un juge, directement sur la machine du suspect, comme aujourd’hui dans les affaires de pédopornographie.

@nkgl mais non! Enquête comme pour la consultation de sites pedopornographiques. (je ne parle pas de blocage )
— Laure de La Raudière (@lauredlr) March 22, 2012

Il n’en demeure pas que surveillance ou pas, la mesure de Nicolas Sarkozy étonne, et fait du Web un bouc émissaire facile dans ce dossier très complexe. D’autant qu’il sera difficile, comme le rappelle Le Monde dans une analyse juridique de la mesure, de la faire passer, puis de l'appliquer : outre sa probable censure par le Conseil constitutionnel, elle fournirait, selon le quotidien, de sérieux maux de tête pour savoir si certains sites prônent le terrorisme... ou non.

Les premières mesures de Sarkozy s’il est élu
Plutôt que de détailler son projet, Nicolas Sarkozy a indiqué que ces décisions ne seraient de toute façon pas votées avant l’élection présidentielle. Selon des propos qu’il a tenu à Valenciennes rapportés par Le Monde, il a indiqué qu’elles « passeront au Conseil des ministres. Les élections ont lieu dans un mois et demi, et dans un mois et demi, ce sera une des premières mesures que je ferai passer si les Français me font confiance. » Il a aussi rappelé qu’il chercherait le consensus politique sur ces questions. « Il ne faut pas, sur une affaire aussi sérieuse, qu'il y ait le moindre soupçon d'arrière-pensées », a-t-il plaidé.
© 01 Net

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CONTRE LES TENSIONS COMMUNAUTAIRES, LES RASSEMBLEMENTS RÉPUBLICAINS S'ORGANISENT (France)

23/03/2012 - Le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Richard Prasquier, et le président du Conseil français du culte musulman, ensemble dans la cour de l'Elysée après avoir rencontré Nicolas Sarkozy mardi 21 mars au matin.

Minute de silence à la mairie de Strasbourg, de Besançon, de Reims (Marne), rassemblement devant le monument aux morts à Cannes (Alpes-Maritimes), marche silencieuse à Rennes, Amiens, Grenoble : la tuerie de Toulouse, lundi 19 mars, a déjà donné lieu à de multiples initiatives d'élus. D'autres sont programmées. Pierre Cohen, le maire (PS) de la Ville rose, a organisé un rassemblement "républicain", vendredi 23 mars, à midi, place du Capitole.

Les grandes associations antiracistes, de leur côté, multiplient les manifestations. Mais depuis que l'identité du tueur, Mohamed Merah, a été révélée, mercredi 21 mars, les organisateurs associatifs ou politiques de ces défilés s'interrogent sur le risque de stigmatisation de la communauté musulmane et les craintes de débordements.

RISQUE DE PROVOCATION
A Paris, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) et SOS-Racisme ont failli annuler la marche prévue dimanche 25 mars entre la Bastille et Nation, à l'appel également de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) et de l'Association française des victimes du terrorisme. "Après avoir appris que le meurtrier était un intégriste islamiste, déclare au Monde Alain Jakubowicz, président de la Licra, nous avons hésité à annuler cette marche. Certains d'entre nous avaient peur qu'une manifestation n'attise les tensions contre les musulmans..." Finalement, "il nous a semblé que face à un acte aussi inhumain, les citoyens avaient besoin de se retrouver, de communier", poursuit-il.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et le Conseil français du culte musulman (CFCM) ont préféré renoncer en revanche, à la marche "nationale" qu'ils envisageaient d'organiser, le même jour dans la capitale. Elle aura lieu finalement à Toulouse dimanche à 17 heures à l'appel uniquement du CRIF. "Il nous a semblé que Toulouse était un symbole plus fort que Paris", justifie Haïm Musicant, directeur général de cette association. Le risque de provocations pendant la manifestation a été aussi jugé moins grand à Toulouse qu'à Paris.

Tout en y participant, les partis s'inquiètent de la récupération politique de tels rassemblements. A la marche de la Licra et de SOS-Racisme, à Paris devraient être présents notamment François Bayrou (MoDem), Jean-Louis Borloo (Parti radical), Bertrand Delanoë (PS).

"LA CAMPAGNE REPREND SES DROITS"
François Hollande n'a pas encore décidé s'il venait. Certains, au PS, le mettent en garde contre le risque de voir la campagne présidentielle phagocytée par le drame de Toulouse et de Montauban. "Il faut se prévenir de tout risque d'instrumentalisation de ce traumatisme", acquiesce Christian Estrosi, député et maire UMP de Nice, avant de clore la trêve politique : "Jeudi 22 mars au soir, la campagne présidentielle reprend ses droits", prévient-il.

Jérôme Guedj, président PS du conseil général de l'Essonne, estime que "s'enfermer dans le discours sur le recueillement et le rassemblement" serait une erreur stratégique. "La question sociale qui doit être au cœur de cette présidentielle ne peut pas se faire balayer par la question nationale ou la question identitaire, qui ne fera que légitimer Nicolas Sarkozy", prévient l'élu de l'Essonne, qui s'interroge sur l'opportunité de multiplier les grands rassemblements nationaux.

Néanmoins, la plupart des édiles PS jouent la carte de la réprobation de la tragédie et de la cohésion nationale. A Lyon, la Licra, SOS-Racisme et la Ligue des droits de l'homme appellent à un rassemblement, dimanche, à 11 heures. Gérard Collomb, le maire (PS), y sera représenté. Ainsi que les Verts et l'UMP. Le secrétaire départemental du parti présidentiel, Michel Forissier, maire de Meyzieu (Rhône), a prévu de s'y rendre.

LE FN N'EST PAS INVITÉ À NICE
Sur ce plan, les élus des grandes ville de droite prennent moins d'initiatives. Ni la mairie de Marseille, ni celle de Bordeaux ou encore d'Orléans n'envisagent à ce jour d'organiser une manifestation. Toutefois, Christian Estrosi, maire UMP de Nice (Alpes-Maritimes) a appelé à un rassemblement.

Lundi 26 mars, Villa Masséna, à quelques pas de la Promenade des Anglais, sont conviés tous les responsables religieux et politiques. "Il s'agit d'un appel au vivre ensemble et au dialogue entre les communautés." Y sont conviés tous les responsables religieux et politiques, Front national mis à part. "Ici, le FN est un mouvement qui a souvent lancé des appels à la haine raciale, il n'a rien à faire à une réunion qui sera un appel à la tolérance religieuse", tranche ce fidèle sarkozyste, classant le parti d'extrême droite hors du cercle des partis républicains.

Béatrice Jérôme et Eric Nunès
© Le Monde

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LA DROITE POPULAIRE RESSORT SON "CODE DE LA NATIONALITÉ " (France)

Des députés UMP plaident à nouveau pour sa révision après les meurtres commis par Merah.

23/03/2012 - Quatre députés UMP membres de la Droite populaire plaident à nouveau pour la "révision du code de la nationalité".

"La France et son drapeau ont été bafoués par ces assassinats commis prétendument au nom de l'islam par un terroriste [Mohamed Merah, NDLR] qui n'avait de français que ses papiers d'identité", estiment Philippe Meunier, Jean-Paul Garraud, Lionnel Luca et Jacques Myard dans un communiqué commun.

"Nos compatriotes ne supportent plus de voir tous ces prédicateurs extrémistes abuser de leur hospitalité pour convertir et entraîner à la 'guerre sainte' contre notre patrie un certain nombre d'individus. Ces crimes lâches et odieux doivent ouvrir les yeux de tous ceux qui depuis des années s'opposent à notre action et à notre volonté de réviser notre code de la nationalité et de contrôler nos flux migratoires".

Philippe Meunier ajoute qu'il faut "engager, après l'élection présidentielle, un débat sur la nationalité", avec notamment la proposition, initiée par la Droite populaire et reprise dans le projet UMP pour 2012, d'un retour à la loi Pasqua de 1993 : tout jeune né en France de parents étrangers et souhaitant acquérir la nationalité française à la majorité devra en faire la demande entre 16 et 18 ans.

Le député du Rhône réclame aussi une extension des cas de déchéance de la nationalité française. Une mesure qui figurait dans le projet de loi initial sur l'immigration voté l'an dernier, mais qui avait finalement été retirée sous la pression des centristes et au grand dam de la Droite populaire, l'aile droite de l'UMP.
© Nouvel Observateur

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LE PEN: "IL FAUT STIGMATISER LE FONDAMENTALISME ISLAMIQUE" (France)

Après les événements de Toulouse, la candidate du Front national estime que le gouvernement a fait preuve d'un certain laxisme face à un "fascisme vert qui se développe dans notre pays, avec des quartiers entiers aux mains des islamistes fondamentalistes." Par Diane Saint-Réquier

22/03/2012 - Depuis mercredi matin, Marine le Pen est partout pour parler des tueries de Toulouse et Montauban, avec un suspect qui la conforte désormais dans ses opinions les plus virulentes sur l'islam.

Elle était ce jeudi matin l'invitée de France Info, où elle a mené une charge contre le fondamentalisme islamique tout en pointant les responsabilités supposées de ses adversaires politiques.

"L'angélisme de gauche a déteint sur la droite"
Interrogée sur l'action menée par le Raid depuis plus de 28 heures, la candidate Front national a commenté "je trouve ça un peu long [...] Je pense que le gouvernement a peur, s'il mène l'assaut et qu'il [le tueur] y perd la vie, de la réaction dans les quartiers tenus par les islamistes fondamentalistes."

Marine le Pen a également demandé pourquoi l'enquête n'avait pas été menée avant "alors qu'il avait été arrêté 15 fois [...]on devrait tout savoir sur cet homme là déjà. Je pense qu'il y a eu à première vue un certain nombre de négligences. Il faudra un débat sur les services de renseignement."

Alors que l'opposition a de multiples fois dénoncées les lois stigmatisantes votées par la majorité, pour la candidate FN, le gouvernement n'en fait pas assez. "L'angélisme de gauche a déteint sur la droite, on négocie la paix civile et sociale en laissant se développer des réseaux et influences dangereux.

Contre le "fascisme vert"
Pour la chef de file du FN, il est essentiel de surveiller de plus près le "fascisme vert qui se développe dans notre pays, avec des quartiers entiers aux mains des islamistes fondamentalistes." Revenue aux bases de son idéologie politique, elle rappelle que "cela fait 10 ans qu' [elle] fustige l'islamisme et son hybridation avec le banditisme".

Féministe d'un jour, elle a par ailleurs affirmé que 70 000 mariages forcés auraient lieu en France chaque année, un chiffre très largement surestimé.

Marine Le Pen n'a-t-elle pas peur de stigmatiser les musulmans? "Mais il faut stigmatiser les fondamentalistes islamistes, il faut les pourchasser!" s'exclame-t-elle, avant de lancer un appel aux Français musulmans pour qu'ils l'aident dans ce combat à "séparer le bon grain de l'ivraie".

Autre cheval de bataille que l'héritière Le Pen a de nouveau enfourché ce jeudi matin sur France Info: la "prudence" pour ne pas dire la suspicion à l'égard des investissements étrangers en France, notamment ceux du Qatar dans les banlieues.

Enfin, Marine Le Pen a répété son désir de restaurer la peine de mort ou la perpétuité réelle, c'est-à-dire "on ne sort pas de prison sauf les pieds devant."
© L'Express

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TUERIE DE TOULOUSE : POURQUOI A-T-ON SUSPECTÉ L’EXTRÊME-DROITE ? (France)

22/03/2012 - Durant la journée du lundi 19 mars, la possibilité d'une piste d'extrême droite s'esquissait quant au massacre de Toulouse. Mercredi 21 mars, il était question de savoir si Marine Le Pen allait pouvoir bénéficier du fait que l'assassin présumé soit un islamiste. La violence du retournement nécessite un peu de recul. Pourquoi une piste d'extrême droite pouvait-elle être envisagée ? Quelle est la relation du Front National à l'usage de la violence politique ? Comment Marine Le Pen y répond elle ?

L'underground radical
Dans l'imaginaire de gauche, l'extrême droite est inéluctablement liée à la violence, des Ligues de la première moitié du XXe siècle à la Milice de l'épisode vichyste jusqu'aux terroristes de l'OAS. Rien qui, rationnellement, n'évoque un tueur en scooter. Cependant, au-delà du contexte local de radicalité politique de certains militaires, des éléments explicitent que cette piste n'était pas illogique à envisager pour les enquêteurs.

Sur le plan idéologique, l'extrême droite dite "nationaliste-européenne" a amplement développé depuis plusieurs décennies, un mythe conspirationniste voulant que le complot juif cherche à détruire la race et la culture européennes par l'immigration et le métissage. Globalement, le discours sur la Seconde Guerre mondiale a été retourné, les activistes d'extrême droite devenant des "Résistants" face à "l'Occupation". La décennie 1970 avait été marquée par une série d'attentats attribués à l'extrême droite (dont un certain nombre de fois d'une manière fallacieuse ou par manipulation).

Ainsi, le communiqué de revendication de l'attentat qui ouvrit cette phase, frappant un consulat d’Algérie (14 décembre 1973 ; 4 morts et 20 blessés) et signé du Groupe Charles Martel proclamait : "Notre pays, jadis colonisateur, est maintenant colonisé grâce à l’imprévoyance et surtout la lâcheté de nos élites... Français imitez les Algériens qui nous ont expulsés par la violence. IMITEZ LE FLN. Plastiquez les mosquées, les bistrots, les commerces arabes. Abattez ces occupants avant qu’ils n’aient tous les droits sur nous. Nous n’avons pas refusé l’occupation allemande pour accepter l’humiliante occupation de la pègre nord-africaine".

Or, le tueur avait visé quatre militaires français, trois d'origine arabe, l'un guadeloupéen, et une école juive. Il était donc plausible lundi de songer qu'il ait choisi, dans le cadre de ce schéma mythologique, de "purifier", "renationaliser", des institutions considérées comme des socles de la République et de la nation.

Par ailleurs, le mode opératoire individuel provoque systématiquement une interrogation sur le caractère psychotique ou non du terroriste, comme l'a montré le cas Anders Breivik considéré comme "irresponsable" par la justice norvégienne malgré la longue préparation de son acte et de son manuscrit censé le justifier. Dans le cadre de l'extrême droite, la violence a pourtant une anatomie particulière qui correspond à ce schéma. Du terrorisme de la Cagoule durant les années 1930 à celui des ultras de l'Algérie française s'est imposé un modèle de microcellules compartimentées. Il s'agit toutefois là encore d'un groupe d'hommes agissant au motif d'une idéologie ayant un minimum d'assise sociale. S'est ensuite diffusé le modèle étasunien néonazi du "loup solitaire", devenu un mythe autant qu'un moyen d'action. Enfin, depuis quelques années, la mouvance radicale de l'extrême droite prospecte le milieu militaire, considéré comme particulièrement adéquat pour la « reconquista » de l'Europe, alors que dans les années 1970-1990 les suprémacistes blancs recherchaient plutôt à pénétrer les rangs policiers, non sans quelques succès.

Les partis d'extrême droite face à la violence
Le Front National a été fondé en 1972 par le mouvement ouvertement néofasciste et activiste Ordre Nouveau (fondé en 1969). Impliqué dans 82 actions violentes, Ordre Nouveau était dissout par l’État en 1973 suite à des affrontements l'opposant à la Ligue Communiste (l'ancêtre du Nouveau Parti Anticapitaliste) faisant 76 blessés dont 16 graves parmi les policiers (le tout étant partiellement manœuvré par le ministère de l'Intérieur). Le FN n'a lui pas endossé l'habit activiste, mais il a été diverses fois soupçonné, particulièrement à gauche, d'exercer un double discours en la matière, entraînant la création d'une commission d'enquête parlementaire sur son service d'ordre en 1998. Cependant, à y regarder de plus près, ON comme le FN ont eu une fonction stabilisatrice comme le démontrait un récent numéro de la Revue des Sciences sociales.

En effet, après une croissance post-68 du nombre d'attentats (136 attentats en 1968, 271 en 1970, dont 42% d'extrême gauche et 11% d'extrême droite), la phase suivante est celle de la décrue avec 269 attentats en trois ans, dont encore 42 d'extrême gauche mais avec un écroulement de l'extrême droite qui représente 13% du total et voit même son nombre d'actions passer de 15 en 1971 à 6 en 1972. Organisant la dissidence, la canalisant, les organisations extrémistes entraînent le potentiel de violence dans une ritualisation de celle-ci. En revanche, après 1973, les attentats changent de nature. Moins symboliques, plus spectaculaires, ils tendent plus à viser les personnes. Sans débouché politique, sans théâtralisation jouant l'affrontement final entre « fascistes » et "bolcheviques", les forces centripètes se relâchent, les militants se muent en soldats perdus (voir l'étude d'Isabelle Sommier sur la violence politique).

Tout en devant maintenir une certaine tension pour conserver sa nature anti-système, le FN a amplement parachevé ce processus. La violence s'est enfouie dans le verbe et le symbole. La volonté de respectabilité du FN a sans nul doute permis de faire rentrer dans le rang et d'offrir un débouché symbolique (collages comme actions de contrôle d'un territoire etc.) à des individus qui eussent été sans lui en voie de radicalisation. Cette recherche de respectabilité a certes également engendré des regroupements structurels de militants dénonçant un Front "vendu au système", mais le regroupement radical lui-même a de grandes vertus de stabilisation, de fixation, et simplifie la surveillance (ainsi en 1990 après la profanation du cimetière de Carpentras, la police put elle saisir immédiatement 39 membres du Parti Nationaliste Français et Européen).

Le discours du Front National
La situation présente était tendue par des précédents. Lors de la vague de violences revendiquées par des signatures d'extrême droite en 1976-1980 (185 attentats) un militant de l'extrême droite juive infiltra une organisation nationaliste-européenne constituée d'ex membres du FN et réalisa, entre autres, une vraie-fausse revendication en son nom de l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic ( 3 octobre 1980 ; 4 morts et 10 blessés). Une vaste répression policière s'abattit sur le milieu. Des militants d’extrême droite furent lynchés, vitriolés, par des activistes juifs. Finalement, l'attentat s'avéra être l’œuvre d'un commando palestinien. Durant la décennie suivante, Jean-Marie Le Pen cita souvent cette accusation erronée pour signifier que l'extrême droite n'était pas cause de violences mais victime de violences et d'accusations calomnieuses (d'autant qu'effectivement un certain nombre d'agressions étaient commises à l'encontre de l'extrême droite, entre l'assassinat à la voiture piégée du numéro deux du FN François Duprat le 18 mars 1978 et des attentats contre les biens du FN à Marseille en 1994-1998). Le monde politique s'est souvenu de l'erreur de Copernic et a pris garde à ne pas fustiger aveuglement l'extrême droite. Dans l'attente, il s'agissait de ne pas diffamer ce champ, de ne pas faire courir de risque à ses membres, ni de gêner les futurs reports de voix lors de l'entre-deux-tours...

Lundi après les faits, Marine Le Pen s'est tenue à un discours légaliste avec une connotation nettement compassionnelle. Au contraire de certains membres de son parti, elle avait déjà très rationnellement réagi au double attentat en Norvège en le condamnant également sans fioriture. Face à l'évocation d'une piste d'extrême droite pour l'attaque de Toulouse, elle renonçait dans la journée à participer à un colloque et demandait le report d'un débat télévise prévu le soir. Manifestement émue, elle expliquait qu'il était une affaire de décence et d'humanité d'agir ainsi. Lorsqu'elle ajoutait qu'elle pensait que c'était le rôle du Président de la République en exercice mais non des putatifs que de se rendre à Toulouse, elle désamorçait élégamment le risque de se rendre dans la ville et que, sous le coup de l'émotion et de la médiatisation de la piste d'extrême droite, des personnes la prennent vigoureusement à partie. Maintenant, elle peut reprendre la main, et déclarer mercredi matin qu'il nous faut partir en "guerre" contre l'islamisme, l'après-midi monter encore le ton en parlant de les "anéantir". Changement de piste : changement de ton.

Pourtant, ces 48 heures où la France s'est figée pourraient servir à questionner les discours de division d'une nation et d'importation du conflit israélo-palestinien. L'islam politique et l'islamophobie ont cela en commun qu'ils assignent l'individu à une identité figée, où le citoyen devient solidaire d'un groupe tant ethnique que confessionnel. Quand, en bonne conscience rassasiée, un plumitif se jette sur l'occasion pour décrire "des soldats d'origine musulmane", formule sidérante, mélanger le Moyen Orient et le Languedoc, rêver de faire "rendre des comptes" aux prétendus islamo-gauchistes et nazislamistes, désignations délirantes, à François Bayrou, à Corinne Lepage, à Beranrd-Henri Lévy, etc., on ne doit ni sourire de son inculture ni mépriser ces amalgames. On doit entendre le cliquetis discret de la machine altérophobe quand elle fabrique tout ensemble des Mohammed Merah et des Anders Breivik, pour son seul délice.

Par Nicolas Lebourg, chercheur, spécialiste de l'extrême droite
© Nouvel Observateur

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RENAULT BEL ET BIEN CONDAMNÉ POUR DISCRIMINATION RACIALE (France)

La Cour de cassation a confirmé l'arrêt de la Cour d'appel condamnant le constructeur à verser 249.900 euros de dommages et intérêts à un ancien cadre. Le plaignant se basait sur une expertise ayant établi qu'il était largement moins bien payé que des cadres de même niveau.

22/03/2012 - La Cour de cassation a rejeté le pourvoi du constructeur Renault qui avait été condamné par la cour d'appel de Versailles en avril 2010 à verser 249.900 euros de dommages et intérêts à un ancien cadre pour discrimination raciale, selon un arrêt du 7 février consulté mercredi par l'AFP.

La cour d'appel de Versailles avait confirmé une décision du conseil des prud'hommes de Boulogne-Billancourt de 2005, reconnaissant une discrimination en raison de son origine subie par un ancien cadre. Cet ancien salarié avait été engagé le 1er août 1970 par Renault comme cadre stagiaire et avait terminé sa carrière comme chef de projet de l'organisation informatique d'une direction de la société.

Le plaignant s'était basé sur une expertise ayant établi qu'il était largement moins bien payé que des cadres de même niveau. Selon Renault, ce cadre avait eu une évolution de salaire "normale, mais faible en raison d'une performance individuelle insuffisante".

© L'Expansion

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LE SEUL CONSEILLER GÉNÉRAL DU FN CONDAMNÉ POUR DES PROPOS CONTRE LES IMMIGRÉS (France)

22/03/2012 - L'unique conseiller général du Front national, Patrick Bassot, élu dans le Vaucluse, a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Carpentras pour des propos contre les immigrés, selon le Mrap qui avait porté plainte contre lui.
M. Bassot a été condamné à 1.000 euros d'amende pour "incitation à la discrimination, à la haine et à la violence à l'encontre des immigrés", dans une tribune libre publiée dans le journal municipal de Carpentras (Vaucluse) en avril 2011.

Son avocat n'a pas pu être joint dans l'immédiat par l'AFP.
Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) avait cité l'élu devant le tribunal correctionnel de Carpentras pour des propos synonymes, selon lui, "de provocation à la haine et à la discrimination à l'égard des immigrés".

"Carpentras est un très bon exemple de l'implantation imposée d'immigrés qui, quotidiennement, nous empoisonnent la vie par leurs exactions (sévices, actes de violence, de pillage commis contre la population)", avait écrit M. Bassot, évoquant l'implantation de mosquées, d'un abattoir halal et comparant les immigrés à de "petits barbares", rappelle le communiqué du Mrap.
L'amende de 1.000 euros est assortie d'une indemnisation de 1.500 euros et ordonne la publication du jugement dans le journal municipal, selon la même source.

Elu en 2011 dans le canton de Carpentras-nord, M. Bassot est le seul conseiller général du Front national depuis l'invalidation, en octobre 2011, de l'élection de Jean-Paul Dispard à Brignoles (Var).
© Le Parisien

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MOHAMED MERAH, 23 ANS, DES PETITS LARCINS À AL-QAIDA (France)

Deux séjours en prison, un voyage en Afghanistan, 7 morts. Qui était ce jeune Toulousain qui a revendiqué les trois séries de meurtres et n'a exprimé aucun regret ? Par Celine Rastello

22/03/2012 - A 1h du matin mercredi 21 mars, Mohamed Merah, décédé jeudi en fin de matinée après plus de 30h de retranchement, a passé un appel depuis une cabine téléphonique. Le jeune Toulousain de 23 ans d'origine algérienne, dont le dernier point de chute était au rez-de-chaussée du 17 de la rue du Sergent Vigné, quartier de la Côte Pavée, à Toulouse, a appelé pendant une dizaine de minutes une journaliste de "France 24" pour revendiquer les trois tueries de Toulouse et Montauban.

Ses déclarations au Raid lors des négociations ont été glaciales. Il n'a exprimé "aucun regret, si ce n'est de ne pas avoir fait d'autres victimes." Mercredi matin, notre envoyée spéciale Cécile Deffontaines a recueilli de la part d'un jeune homme qui le connaissait : "Petits, on jouait au foot ensemble. Après il a changé." Mohamed Merah a aussi confié au Raid qu'il se revendiquait d'Al-Qaïda.

1. "Profil violent" et petite délinquance à l'adolescence
L'avocat Christian Etelin l'a "défendu de multiples fois au tribunal des enfants, pour des vols, de la violence, de la délinquance typique des quartiers" confiait-il au "Nouvel Observateur" dans la matinée. Né le 10 octobre 1988 à Toulouse, Mohamed Merah a grandi au quartier réputé "sensible" des Izards.

Dès l'enfance, il présentait un "profil violent" et des troubles du comportement apprenait-on mercredi soir. A 17 ans, il est arrêté par la police toulousaine pour de "petits délits." D'autres suivent quand, atteignant une quinzaine, ils lui valent deux courts séjours en prison en 2007 et 2009. Il a alors 21 ans. S'est-il rapproché de l'islam radical à cette occasion ? C'est ce qu'avancent certains. Le 24 février dernier, le jeune homme a été jugé pour conduite sans permis, puis condamné à un mois de prison ferme. Il était convoqué par un juge d'application des peines début avril.

"Il a un pète au casque, des éclats de folie" confiait aussi dans la matinée à notre envoyée spéciale un jeune homme qui l'a connu, "comme s'il était deux personnes : un mois il était un bon musulman, dans la religion, sainement. Le mois suivant c'était tout autre chose, et il se faisait une crête rouge sur la tête."

2. La tentation de l'armée ?
Quels rapports le jeune homme entretenait-il avec l'armée ? Mohamed Merah, qui avait prévu de tuer un autre militaire, a-t-il vraiment tenté d'intégrer l'armée de terre en 2008, comme l'affirme "Le Point" ? A-t-il aussi souhaité rejoindre les rangs de la Légion étrangère ? Le procureur de Paris a précisé en fin de journée "qu'aucun élément ne permettait de penser qu'il a voulu intégrer l'armée française." Avant que le chef du Sirpa Bruno Lafitte ne confirme qu'il s'est bel et bien présenté en janvier 2008 au CIRFA (Centre régional d'information et de recrutement des forces armées) : "Il a passé l'ensemble des évaluations, mais l'enquête sur ses antécédents judiciaires a conclu au rejet de sa candidature." Selon Bruno Lafitte, il s'est également présenté à la Légion étrangère de Toulouse avant d'en partir "de son propre chef."

3. Une mère "sans grande influence" et un frère "inquiété dans une filière d'acheminement de djihadistes"
Carrossier de formation, Mohamed Merah était ces derniers temps sans emploi et touchait le RSA. Celui qui a trois frères et deux sœurs a été élevé par une mère seule qui a elle-même concédé mercredi "n'avoir guère d'influence sur lui". Et qui, quand le Raid lui a demandé, a refusé de tenter de le raisonner. L'avocat de Mohamed Merah parle de "personnes simples et sans histoires."

Un de ses frères, Abdelkader, 29 ans, connu des services police, a été "inquiété dans une filière d'acheminement de djihadistes en Irak" il y a quelques années, selon le procureur. Mercredi, la mère de Mohamed Merah, un de ses frères et l'amie de celui-ci ont été interpellés et placés en garde à vue.

"Il avait l'air récupéré par ces gars qui traînent et qui parlent de jihad et de guerre sainte. Ce genre de gars qui nous fait partir en courant" a aussi rapporté à notre envoyée spéciale un autre jeune homme qui l'a connu.

L'avocat de Mohamed Merah confiait quant à lui il y a quelques heures au "Nouvel Observateur" avoir su, par l'entourage du jeune, "et notamment un de ses employeurs carrossiers, qui le considérait comme un très bon ouvrier, qu’il s’était engagé politiquement et était parti en Afghanistan".

4. Un "profil d'autoradicalisation salafiste atypique"
C'est "par ses propres moyens, sans passer par les filières connues ni les facilitateurs surveillés" que Mohamed Merah s'est rendu en Afghanistan. Intercepté lors d'un contrôle routier, il avait été renvoyé en France. Celui qui présente un "profil d'autoradicalisation salafiste atypique" selon les termes du procureur de Paris, s'est aussi rendu au Pakistan de la mi-août à la mi-octobre 2011.

Impossible, toutefois, de le rattacher à une organisation quelconque sur le territoire. Ces voyages sont susceptibles d'avoir renforcé sa radicalisation qui, selon Claude Guéant un peu plus tôt, "s'est plutôt faite au sein d'un groupe d'idéologie salafiste". Un groupe toulousain, idéologique, qui n'a pas forcément de nom" et qui n'a "jamais semblé prêt à passer à des actes criminels."

5. Pisté par les enquêteurs depuis longtemps
Le jeune homme était depuis longtemps dans le collimateur de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur). Depuis plusieurs années, a même assuré Claude Guéant, ajoutant que "jamais aucun élément de nature à (faire) penser qu'il préparait une action criminelle n'était apparu."

Il a été identifié mardi après que les enquêteurs ont pu effectuer tous les recoupements nécessaires entre les éléments de renseignements et ceux de l'enquête de PJ. Ses différents points de chute n'ont pas facilité sa localisation. Le procureur de Toulouse, qui a travaillé aux côtés de celui de Paris, a averti : "pour beaucoup de réponses, il faudra attendre."
© Nouvel Observateur

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MARINE LE PEN ACCUSÉE DE "SURFER SUR LA SITUATION" (France)

Le MoDem et le FG ont déploré la réaction de Marine Le Pen après les derniers rebondissements de Toulouse. Par Hélène Favier

21/03/2012 - "L'extrême droite cherche à surfer sur la situation" ; "pour le FN, tout est bon pour récupérer et alimenter la névrose anti-musulmane". François Bayrou d'abord, puis Jean-Luc Mélenchon ont fustigé, mercredi matin, la série de déclarations de Marine Le Pen sur les derniers rebondissements de l'enquête sur la tuerie de Toulouse.

"On n'a pas le droit de laisser dériver le débat"
Quelques minutes auparavant, le Front national avait violemment attaqué ces deux candidats, respectivement du MoDem et du Front de gauche, dénonçant des "salauds" [sic] qui l'ont mis en cause, selon lui, après le drame toulousain. Dans la foulée, Marine Le Pen jugeait également que ces responsables s'étaient "disqualifiés" dans cette campagne en montrant "qu'ils n'étaient pas à la hauteur du poste qu'ils briguent".

Auparavant, en début de matinée, Marine Le Pen avait multiplié les interventions médiatiques et les déclarations sur la tuerie de Toulouse, estimant notamment qu'un débat devait s'engager sur la possibilité d'un référendum sur la peine de mort. "On pourrait penser par exemple à un référendum (...) Un référendum sur la question de la peine de mort et ou de la perpétuité réelle", avait-elle asséné, par exemple, sur i-Télé. Sans plus d'explications, elle avait ajouter : "si cet homme est arrêté, non je n'imagine pas qu'il puisse sortir dans 25 ans et qu'on puisse le croiser dans les rues".

Peut-être qu'"il va falloir parler de la peur dans laquelle vit aujourd'hui notre peuple et des réponses qu'il va falloir apporter", avait poursuivi la présidente du FN, estimant que 'l'homme qui a tué se considérait musulman avant d'être Français".

Le Front de Gauche dénonce les "charognards du FN"
Le Front de gauche a aussitôt dénoncé les "charognards du FN" par la voix de l'un de ses animateurs, Alexis Corbière. "Durant cette campagne, aujourd'hui comme hier, Marine Le Pen n'a cessé de poursuivre le même objectif : nourrir un esprit de croisade inspirée d'une guerre de religion, plaquant une analyse inspirée du choc des civilisations sur ce qui vient d'avoir lieu", a-t-il ajouté.

"Le présumé coupable n'est même pas encore arrêté par les forces de police, les victimes ne sont pas encore enterrées, mais déjà Marine Le Pen a déclaré que le présumé coupable était musulman avant d'être Français, comme si la confession musulmane conduisait naturellement à de tels gestes abjects", assure le FG.

"On n'a pas le droit de laisser dériver le débat"
"L'extrême droite cherche à surfer sur la situation", a renchéri François Bayrou. "Pour ma part, je n'ai jamais cité le nom d'aucun responsable public. Mais, si la question est de savoir si je pense que l'extrémisme est une mauvaise chose dans une situation de cet ordre, la réponse est oui", a-t-il ajouté, avant d'asséner : "On n'a pas le droit de laisser dériver le débat politique vers ce type de mise en cause et d'affrontement."

Ces échanges donnent à la campagne une nouvelle tonalité, avec une probable résurgence des questions de lutte contre le terrorisme, et plus largement de sécurité et d'immigration. Ces thèmes étaient loin d'être des priorités pour les électeurs jusqu'à présent.
© Europe 1

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LES MUSULMANS CRAIGNENT L'AMALGAME, LE PEN MONTE AU CRÉNEAU (France)

21/03/2012 - Dès l'annonce que le suspect des tueries de Toulouse se réclamait d'Al-Qaïda et du jihadisme, les leaders musulmans et politiques français ont mis en garde contre tout amalgame, à l'exception de l'extrême droite, accusée de vouloir en tirer un bénéfice électoral.

"Ces actes sont en contradiction totale avec les fondements de cette religion", a déclaré Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM). "Les musulmans de France sont offensés par cette revendication d'appartenance à cette religion", a-t-il ajouté.

Le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a estimé qu'il ne faut "pas d'amalgame entre la religion musulmane à 99,9% pacifique, citoyenne, responsable, non violente et tout à fait intégrée dans notre pays et puis ces minimes petites franges de gens décidés à faire un mal atroce". Le nombre de musulmans en France est estimé à au moins 4 millions.

Les responsables musulmans ont été reçus en début de matinée par le président Nicolas Sarkozy en compagnie de leurs homologues juifs.

"Notre venue ensemble" montre "une chose capitale: il est absolument exclu de faire l'amalgame entre ce personnage et la mouvance islamiste jihadiste, al-qaïdiste qu'il représente et l'islam de France, qui est une religion comme toutes les autres religions", a dit le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Richard Prasquier.

A l'issue de cette rencontre, Nicolas Sarkozy a appelé à ne "céder ni à l'amalgame ni à la vengeance". "Le terrorisme ne parviendra pas à fracturer notre communauté nationale", a-t-il souligné.

Comme Nicolas Sarkozy, la plupart des candidats à la présidentielle des 22 avril et 6 mai, dont la campagne sur le terrain avait été de fait mise entre parenthèses depuis lundi, ont fait avant tout part de leur soulagement. Le socialiste François Hollande a espéré que l'opération en cours "se dénoue dans les meilleurs délais pour mettre un terme à une angoisse insupportable".

Les candidats devaient assister aux obsèques dans l'après-midi à Montauban des trois soldats abattus par le tueur en série.

A rebours de ces appels à la concorde, la candidate du Front national (extrême droite) Marine Le Pen a déclaré que "l'homme qui a tué est un homme qui se considérait musulman avant d'être Français" et que le "risque fondamentaliste avait été sous-estimé" en France.

"Des groupes politico-religieux se développent face à un certain laxisme. Il faut maintenant mener cette guerre contre des groupes politico-religieux fondamentalistes qui tuent nos enfants chrétiens, nos jeunes hommes chrétiens, nos jeunes hommes musulmans et les enfants juifs, il y a deux jours", a-t-elle ajouté.

Marine Le Pen, qui plafonne dans les sondages autour de 17% loin derrière Nicolas Sarkozy et François Hollande, était restée discrète depuis la fusillade de lundi, accusée par certains, comme le centriste François Bayrou et le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, d'avoir renforcé un climat d'intolérance en France.

Jusqu'à l'identification du principal suspect, une des pistes les plus souvent évoquées était celle de crimes racistes et antisémites commis par un adepte des discours de l'ultra-droite.

Pour Mme Le Pen, "tous ceux qui ont essayé de profiter politiquement de ces assassinats sont disqualifiés".

"L'extrême droite cherche à surfer sur la situation", a répliqué M. Bayrou tandis que le parti de M. Mélenchon a dénoncé les "charognards du Front national".

Depuis la fusillade de lundi, les états-majors s'interrogent sur l'impact de ces événements dans la campagne. Jusqu'ici la sécurité, sur laquelle la droite est jugée plus crédible que la gauche, n'était pas la priorité des électeurs.

La question est de savoir si le président candidat, donné nettement battu par François Hollande au second tour de l'élection, va tirer profit de l'arrestation du tueur et de sa position de garant de l'unité nationale.

© Nouvel Observateur

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BOBARDS D'OR : L'EXTRÊME-DROITE ÉLIT LES "MEILLEURS BOBARDS JOURNALISTIQUES" (France)

21/03/2012 - Hier se tenait la 3e édition des Bobards d’Or organisée par Polémia, le think thank web de Jean-Yves Le Gallou que le Canard Enchaîné surnommait « l’ethnarque du Front ». 5 000 internautes ont élu le meilleur bobard journalistique et le verdict final, rendu par les "250 invités de Polémia" (devinez la composition).

Petit écran L’élu est Rémy Pflimlin, PDG de France-Télévision qui a diffusé un film sur Toussaint Louverture (dirigeant de la révolution haïtienne).

Presse écrite Le Parisien obtient la palme avec son papier sur les manifestations anti-Poutine orné d’une photo de manifestation pro-Poutine.

Radio Éric Le Boucher (Europe 1) qui a eu l’audace d’assurer que l’immigration est un moteur croissance obtient la première marche.

On note que selon les internautes le plus beau bobard de la presse écrite revenait à la Tribune qui elle aussi, titrait sur le besoin d’immigrés en France. Mais deux fois, ça allait finir par se voir ! Une sélection impartiale à n’en pas douter.
© Street Press

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JUIFS ET MUSULMANS RÉVOLTÉS ET UNIS CONTRE LE RACISME ET L'ANTISÉMITISME (France)

20/03/2012 - Révoltés et unis face à "l'horreur" des meurtres de Toulouse et Montauban, juifs et musulmans marcheront en silence et d'un même pas dimanche à Paris à la mémoire des sept victimes du "tueur à scooter".

Mercredi, le professeur de religion tué avec ses deux fils et une petite fille de l'école juive Ozar-Hatorah de Toulouse reposeront en terre d'Israël, et les trois militaires -dont deux de confession musulmane- seront inhumés à Montauban (Tarn-et-Garonne).

Si la triple fusillade du "tueur à scooter" n'a pas eu le même retentissement - les meurtres d'enfants suscitant une révulsion plus grande encore-, l'unité et la solidarité devraient être également partagées dimanche.

A partir de 15h, de la Place du 18 juin 1940 à Montparnasse et jusqu'aux Invalides, on défilera à l'appel du Crif (Conseil représentatif des institutions juives en France) sous la même bannière unitaire proclamant "Non à l'antisémitisme. Non au racisme. Pour une France unie et solidaire".

Auparavant, les musulmans de toutes les mosquées de France sont invités à réciter vendredi la Prière de l'Absent à la mémoire des parachutistes tués à Montauban et Toulouse, dont deux étaient musulmans.

Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a également demandé aux musulmans "d'avoir une pensée pour toutes les victimes de l'islamophobie, du racisme et de l'antisémitisme".

Il n'est pas jusqu'au gros bourdon de Notre-Dame de Paris qui n'ait déjà retenti lundi et mardi, peu avant que la minute de silence ne s'impose dans tous les établissements scolaires de France, en mémoire des victimes des meurtres.

L'union dans la douleur et le deuil tenteront jusqu'à dimanche d'étouffer les critiques qui se sont élevées contre les propos malencontreux qui ont sailli depuis un an contre l'islam et qui ont rebondi, à propos de l'abattage rituel, sur la communauté juive, laquelle a aussitôt relevé le menton.

Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, a lui même donné le ton, au sortir d'une visite à l'Elysée, mardi, en compagnie du Grand rabbin de France Gilles Bernheim et du président du CRIF, Richard Prasquier.

"L'heure est d'abord à l'union, à la solidarité", a-t-il déclaré. "Un crime de cette ampleur ne peut être le fruit de discours. L'agitation de la peur de l'autre peut entraîner des attaques contre des communautés. La communauté musulmane de France en a connu. Mais quand un homme tire une petite fille par les cheveux et l'abat froidement, je ne pense pas que ce soit le climat qui dicte ce comportement".

Interrogé par l'AFP, Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême-droite et chercheur associé à l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques), estime lui aussi qu'"il s'agit là d'un acte d'une autre nature. Un saut énorme a été franchi, on est face à un profil différent".

"Il n'y a rien dans les déclarations aussi détestables qu'elles soient sur l'abattage rituel, ni dans les stigmatisations multiples de la communauté musulmane, qui justifie des meurtres commis de sang-froid avec un savoir faire professionnel".

"Reste", dit-il, "qu'une espèce de bruit de fond de l'antisémitisme s'est installé. Quand on compare le nombre des actes antisémites dans les années 2000 et dans les années 1990, il n'y a aucune erreur d'interprétation possible".

"Nous avons désormais un nombre d'actes toujours supérieur à 300 -389 en 2011- et ce sont les actions violentes qui ont été les plus fréquentes l'année dernière", a précisé M. Camus.

Mardi, Gilles Bernheim a rappelé que "lorsqu'on touche à une communauté religieuse, comme ça a été le cas à Toulouse au travers de son école, c'est aussi à la France que l'on s'attaque".
© La Dépèche

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MICHEL WIEVIORKA : "L'ANTISÉMITISME EST MOINS PRÉSENT AUJOURD'HUI EN FRANCE"


0/03/2012 - Michel Wieviorka, sociologue, a publié La Tentation antisémite (Robert Laffont, 2005) et L'antisémitisme est-il de retour ? (Larousse, 2008).

Sans préjuger des motivations et du profil du tueur qui a tiré sur un groupe d'enfants et de parents juifs à Toulouse, que vous inspire ce drame, qualifié par nombre de responsables politiques d'acte antisémite ?
Lorsqu'un tireur s'en prend à des enfants devant une école juive, il est clair qu'il s'agit d'un acte antisémite. C'est incontestable. Cela étant dit, il s'agit d'un acte dont on peut penser qu'il est isolé. En ce sens, il intervient à contre-courant de l'évolution de la société française ces dernières années par rapport à l'antisémitisme. La France se trouve en effet dans un contexte historique où l'antisémitisme est, dans l'ensemble, moins prégnant ; on n'a pas le sentiment que, contrairement à il y a une dizaine d'années, les juifs sont menacés de manière générale. Mais ce drame montre que les considérations sur la hausse ou la baisse des actes antisémites sont à manier avec précaution.

Quelle évolution a connu l'antisémitisme ces dernières années ?
Il y a une douzaine d'années, les sources actives de l'antisémitisme en France étaient liées à l'extrême droite ou aux courants néonazis. Les profanations de sépultures avaient plutôt à voir avec cette idéologie. D'autres actes sont intervenus dans un climat politique, où furent projetées sur le sol français les tensions du Proche-Orient.

Il me semble que le drame de Toulouse n'a rien à voir avec tout cela. Nous ne sommes pas dans une période où de tels actes viendraient sanctionner les juifs par un mélange d'antisionisme et d'antisémitisme. Dans l'état actuel de l'enquête, il semble qu'on a plutôt affaire à une personne ou à un minuscule groupe isolé. Reste à savoir si cet isolement est idéologique et doit être renvoyé à une sorte de pathologie. Ou s'il faut faire une comparaison avec ce qui s'est passé en Norvège où un individu isolé agit sans relais actif dans la société, mais où l'on comprend que son action a à voir avec des idées qui sont dans l'air. L'enquête dira de quelle idéologie il s'agit.

Comment s'explique selon vous l'inversion de tendance dans le nombre d'actes antisémites en France, en baisse de 16 % en 2011, selon le ministère de l'intérieur ?
Il y a eu un pic lorsque l'identification à la cause palestinienne a rencontré un courant de sympathie en France. Aujourd'hui que les ennemis d'Israël sont des groupes violents comme le Hamas ou le Hezbollah, cette identification est plus difficile. Des changements sur la scène géopolitique ont changé la donne. En outre, la poussée d'antisémitisme du début des années 2000 a suscité une réponse énergique des pouvoirs publics, conjugués à une action des institutions juives et des médias. A cet égard, l'attitude des pouvoirs publics et de l'Etat a été irréprochable. Ce qui n'empêche pas des responsables de proférer des bêtises comme l'a fait récemment le premier ministre en qualifiant l'abattage rituel de pratiques ancestrales. Cela montre que tout cela n'est pas parfaitement maîtrisé intellectuellement par les politiques.

Enfin, il faut noter qu'une autre transformation a eu lieu : celle du Front national, qui, avec Marine Le Pen, se montre aujourd'hui moins antisémite qu'à l'époque de son père, Jean-Marie Le Pen, qui légitimait le négationnisme.

Quelles peuvent être les conséquences d'un drame comme celui de Toulouse sur la vie des juifs en France ?
Face à un tel drame, un vent d'inquiétude renouvelé se met à souffler et il y aura des appels à plus de protection. Il y aura aussi à nouveau ce sentiment qu'on ne peut être juif en France sans devoir se sentir toujours menacé. Quant à d'éventuels départs, en permanence des juifs partent s'installer en Israël, d'autres en reviennent ou d'autres encore vivent entre les deux pays. Je ne pense pas que cet événement va déclencher des départs aussi importants qu'à d'autres époques. Et, ce drame ne devrait pas non plus avoir d'implications politiques ou susciter de polémiques, y compris dans la campagne présidentielle.

Pensez-vous, comme l'affirment certains, que la "libération de la parole raciste" puisse provoquer un tel passage à l'acte ?
Cette analyse relève plus de la réaction à chaud, de la recherche de boucs émissaires. D'autant que, dans l'ensemble, il me semble que le climat n'est pas à l'ouverture des vannes antisémites. La polémique sur l'abattage rituel est pour moi le témoignage d'un aveuglement idéologique de la part de responsables politiques tellement obsédés par la question de l'islam qu'ils disent des choses sans se rendre compte que cela touche d'autres religions. On peut même avancer que la hantise de l'islam prend de telles proportions que l'antisémitisme trouve un espace réduit. Et une chose est sûre : aujourd'hui, le négationnisme est moins vivant qu'il y a une quinzaine d'années, tout au moins dans l'espace public.

Stéphanie Le Bars
© Le Monde

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CHRISTOPHE BARBIER, CAROLINE FOUREST ET L'UMP DISTINGUÉS AUX Y'A BON AWARDS (France)

Depuis 2009, cette cérémonie épingle le racisme ordinaire dans les médias. Christophe Barbier, Caroline Fourest et l'UMP distingués aux Y'a bon awards

20/03/2012 - Comme chaque année, ils ne sont pas venus chercher leur trophée en forme de peau de banane. Les lauréats des Y'a bon awards, cérémonie qui dénonce depuis 2009 les préjugés ethno-raciaux tenus par des journalistes, artistes ou hommes politiques, manquent visiblement d'humour. Et comme chaque année, leur absence n'a pas découragé les créateurs des Y'a bon awards, le collectif Les Indivisibles, d'organiser la remise des prix. C'était le 19 mars au Cabaret sauvage, à Paris. A la manière des Gérard de la télévision, le jury (1) a une nouvelle fois su inventer des catégories plutôt truculentes, distinguant notamment les journalistes Christophe Barbier (L'Express), Caroline Fourest (Le Monde, France Culture) et Sylvie Pierre-Brossolette (Le Point). L'UMP s'est vu remettre un prix d'honneur pour l'ensemble de son œuvre sur ces cinq dernières années. Vous trouverez ci-dessous l'ensemble du « palmarès ».


Prix « 50 minutes Inside la tête d’un people qui aurait mieux fait de se taire »
Richard Millet, écrivain : « Je prends quotidiennement le RER, pour moi, la station Châtelet-les-Halles à six heures du soir c'est le cauchemar absolu, surtout quand je suis le seul Blanc. Est-ce que j'ai le droit de dire ça ou pas ? […] J’ai une douleur, je ne me reconnais plus. Je ne supporte pas les mosquées en France, je le dis, je ne peux pas voir ça en peinture. » Ce soir ou jamais, France 3, 07/02/2012.


Prix « Enquête exclusive , en partenariat avec le journal Minute » (à égalité)
Christophe Barbier (Directeur de la rédaction de L’Express) : « L’affaire du Quick Halal vient après l’affaire de la burqa, après l’affaire des minarets. A chaque fois c’est la même chose. La République laïque doit résister […] Il faut dire non à tout cela. » Edito du 18/02/2010.

Sylvie Pierre-Brossolette (Journaliste au Point) : à propos de l’affaire DSK, « Quelle image donnons-nous au monde quand les télévisions de la planète entière montrent un prestigieux Français pénétrer dans le tribunal de New York, piteux, mal rasé et toujours menotté, pas mieux traité que les malfrats de couleur déférés avant et après lui devant le juge ? C'est ravageur. » “La Chute”, sur le Point.fr, 19/05/2011.

Prix « Les Experts Chronikers »
Caroline Fourest (essayiste et journaliste pour Le Monde et France Culture) : Elle dénonce « des associations qui demandent des gymnases pour organiser des tournois de basket réservés aux femmes, voilées, pour en plus lever des fonds pour le Hamas. » Convention du PS sur l’Egalité réelle, 11/12/2010.

Prix « L’opposition qui ne s’oppose pas vraiment, en fait … »
Françoise Laborde : sénatrice du Parti radical de gauche Haute-Garonne, auteure de la loi visant à interdire aux nounous de porter le voile (loi votée par le Sénat donc le PS), elle s'explique après avoir entendu des réactions d'opposition des auditeurs de Radio Orient : « Et j'ai bien compris que j'inquiétais, que je perturbais et que j'étais une islamophobe. Bon ben voilà, et j'assume. » Radio Orient, 19/01/2012.

Prix spécial « C’est beau l’esprit d’équipe »
L’UMP, pour l’ensemble du travail accompli en cinq ans.
Richard Sénéjoux
© Télérama

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LE HALAL, SYMBOLE DE FRACTURE IDENTITAIRE ? (France)

Par Gilles Kepel, professeur à Sciences Po et membre de l'Institut universitaire de France

20/03/2012 - La question sociale, qu'irritent nos banlieues pauvres, jeunes, peuplées, et frappées par le chômage, est l'oeil du cyclone électoral. Mais les candidats à l'élection présidentielle ne savent ni n'osent la formuler explicitement. D'un côté, les cris d'orfraie, qui font de l'immigration et de l'islam la cause principielle des maux du vieux pays ; de l'autre, la politique de l'autruche, qui se réfugie dans le déni des cultures et occulte ce que les replis communautaires traduisent de la désintégration de notre société.

C'est ainsi que le halal a envahi le débat public, comme un ostensoir brandi en tête d'une sorte de procession où l'on exorcise le démon, en un hurlement incantatoire qui renouerait par miracle les liens défaits de notre solidarité nationale. Mais qu'en est-il en réalité de la question du halal, et que nous révèle-t-elle, par-delà les manipulations politiciennes, du malaise dans la civilisation ?

Lors de l'enquête réalisée dans une agglomération pauvre de Seine-Saint-Denis en 2010-2011, nous avons noté l'inquiétude de certains habitants non musulmans s'offusquant de ne plus pouvoir acheter une tranche de jambon ni de trouver de boucheries traditionnelles (remplacées par des boucheries halal), et la montée des exigences de consommation halal dans la population musulmane - par rapport à une enquête comparable réalisée il y a vingt-cinq ans où cette revendication était très peu présente. Que s'est-il passé en un quart de siècle ? A la fois des changements dans l'économie française et le marché de la distribution et des crispations communautaires issues de la déréliction sociale.

Tout d'abord, l'offre de viande prédécoupée dans les supermarchés, à prix compétitif, a fait disparaître les boucheries traditionnelles. En parallèle, les patentes, bradées, ont été reprises par des bouchers halal, souvent des ouvriers ou des chômeurs, peu qualifiés, pour qui ce négoce représentait un créneau d'emploi opportun. Le visage de la restauration a aussi changé en profondeur dans les quartiers pauvres : cafés et bars-tabacs traditionnels, mais aussi pizzerias italiennes et churrasquerias portugaises, ont reculé devant les kebabs et les restaurants populaires turcs.

Dans le même temps, le marché du halal a été l'objet de surenchères sur la pureté identitaire au cours d'un quart de siècle où l'islam en France est devenu l'islam de France : on est ainsi passé de l'âge des "darons" (pères en argot de banlieue) à celui des Frères (musulmans) et des "blédards" - les étudiants islamistes venus du Maghreb qui ont pris le contrôle des organisations et instances consistoriales de l'islam de France - et enfin au troisième âge, celui des jeunes nés et éduqués en France, issus de la culture de la banlieue pauvre, que le verlan nomme, pour les différencier des "blédards", "reubeus" (ou "renois", "keturs", pour les jeunes d'origine africaine ou turque). Les "darons" du premier âge avaient une conception du halal souple et inclusive - qui considère comme licite (c'est la signification de l'arabe halal) toute viande - à l'exception des animaux interdits comme le porc - égorgée et abattue sans avoir été étourdie (afin qu'elle se vide entièrement de son sang) par des gens du Livre, c'est-à-dire des juifs ou des chrétiens dans une acception large : personne ne cherchait si le boucher avait fait sa communion ou sa bar-mitsva. Cette conception ouverte permettait dans les faits aux musulmans de consommer des viandes provenant des abattoirs français, où les animaux sont ordinairement saignés. Jusqu'à ce que le chômage massif de la main- d'oeuvre banale, à partir du milieu des années 1970, la marginalise et en arrive à l'effacer de la production, et, par voie de conséquence, du champ économique et politique français. Les "darons" deviennent socialement silencieux, et leur conception d'un halal d'accommodement ne sera plus audible.

Dans ce contexte, la revendication de visibilité communautaire qui caractérise les dirigeants du deuxième âge - à l'instar de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) - délaisse l'usine qui ferme et se concentre sur l'école, afin d'asseoir l'hégémonie idéologique et religieuse de ces étudiants islamistes venus du bled sur les enfants des "darons" nés et éduqués en France. Focalisée sur le hidjab comme expression de son pouvoir symbolique sur l'islam de France, de sa capacité à dire la norme et à en tirer des ressources pour construire une communauté et la dominer politiquement, l'UOIF et la génération des Frères et des "blédards" ne se préoccupent pas outre mesure du halal, jusqu'à ce que ce thème s'impose comme référent identitaire problématique au milieu de la décennie 2000, lorsque la polémique du voile s'éteint et perd sa capacité mobilisatrice.

Ces dernières années sont marquées par l'arrimage dans l'âge adulte de la plupart des enfants des "darons" : trentenaires ou quadras, ceux qui sont entrés dans la vie active travaillent dans le secteur tertiaire, un ensemble éclaté de professions qui vont de carrières rémunératrices jusqu'aux petits boulots précaires voisinant avec un chômage au spectre omniprésent. C'est en tant que communauté de consommateurs qu'est portée la revendication identitaire du troisième âge de l'islam de France - et le halal lui sert de bannière, comme le voile en avait fait fonction pour le deuxième âge.

Au départ, il s'agit de modes de consommation qui s'inscrivent dans une revendication de pluralisme : on mange halal comme d'autres végétarien, bio ou cacher - et les entreprises de distribution ne s'y sont pas trompées, qui déclinent une gamme de produits halal dans les gondoles, friandes d'un marché estimé à 5 milliards d'euros. Mais celui-ci est rapidement investi par les acteurs politiques de l'islamisme, qui voient là une opportunité de contrôle communautaire et s'efforcent de radicaliser et d'exacerber le halal. Paradoxalement, alors que ces acteurs politiques islamistes sont très engagés dans l'antisionisme, c'est le rituel juif de l'abattage qui leur sert de modèle - dans une rivalité mimétique qui conduit à un alignement du halal le plus rigoriste sur le glatt cachère.

On le voit, les enjeux du halal sont plus complexes que leur prise en otage dans l'excitation préélectorale ne le laissait croire. S'ils ne posent pas de problème dans l'acceptation souple qui prévalait à l'âge des "darons", leur exacerbation fait question lorsqu'ils conduisent à des logiques de rupture - ainsi lorsque les enfants musulmans sont persuadés de déserter les cantines scolaires, contribuant à mettre à distance l'école de la nation, et de là ses savoirs et ses valeurs, pour fréquenter des kebabs halal mais de qualité médiocre, qui contribuent à la progression de la malnutrition et de l'obésité dans la jeunesse pauvre. Ils clivent aussi lorsque l'extension du halal passe de la viande à la chair - "faire le halal" dans l'argot de banlieue signifie contracter et consommer un mariage musulman devant un imam, conduisant à une endogamie communautaire - là encore copiée sur les pratiques du judaïsme orthodoxe.

Cela ouvre un débat à large spectre, depuis les règles de l'intime jusqu'à la socialisation dans la cité, raturant ainsi la narration de notre grand roman national laïque où les principales voies de l'intégration passaient par la table et le lit.

Gilles Kepel a publié Banlieue de la République (544 p., 28,90 €) et Quatre-vingt-treize (336 p., 21 €), aux éditions Gallimard.

Gilles Kepel, professeur à Sciences Po et membre de l'Institut universitaire de France
© Le Monde

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LE PROFIL DU TUEUR S’ÉTAYE (France)

La police privilégie les pistes de «l’extrême droite» ou de «l’islamisme violent». Par PATRICIA TOURANCHEAU

20/03/2012 - Même tireur trapu d’1,75 m, casqué et habillé de noir, même puissant scooter Yamaha de type T-Max, même calibre 11,43 utilisé à Toulouse contre les victimes du collège juif hier et à Montauban contre les paras d’origine maghrébine jeudi : la police judiciaire est persuadée d’avoir affaire au même tueur «méthodique et déterminé» ayant agi «seul» trois fois en huit jours. Sans connaître le mobile exact de ce «nettoyeur», les policiers privilégient désormais la piste de «l’extrême droite» ou «de l’islamisme violent». Selon un commissaire, le profil de cet homme, «sa maîtrise des armes, son sang-froid exceptionnel, son habileté à piloter une moto et son côté anti-Arabes, anti-Noirs et anti-Juifs» oriente les recherches vers «un militaire», ancien ou en service, «ou un paramilitaire, un fondu d’un groupuscule néonazi entraîné au tir». La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et la Direction de la protection et sécurité de la Défense (DPSD) épaulent les 120 à 150 enquêteurs de la PJ, de la sous-direction antiterroriste (SDAT) et de l’Office central de répression des violentes aux personnes (OCRVP). La DPSD, la police de l’armée, ressort des dossiers de «militaires exclus à cause d’idées néonazies» du 17e régiment de génie parachutiste (RGP) de Montauban et d’autres unités du Sud-Ouest.

Avec le «guet-apens» tendu à Toulouse le 11 mars à la première victime d’origine marocaine ayant passé une petite annonce sur le site internet du Bon Coin pour vendre sa moto, les enquêteurs flairaient que le tueur «voulait se faire un militaire» car le maréchal des logis chef Imad Ibn Ziaten avait fait état de «sa qualité de militaire et fourni son prénom». A Montauban, jeudi, le règlement de compte contre l’armée s’est confirmé. En maraude ou posté à côté de la caserne du 17e RGP, le tireur a ciblé trois jeunes en bérets rouges qui retiraient de l’argent au distributeur. Vu que le caporal Abel Chenouf, 26 ans et le première-classe Mohamed Legouad, 24 ans «tournaient le dos» au tireur lorsqu’il les a abattus de balles dans la tête, les enquêteurs ignorent si le meurtrier avait pu deviner leurs origines nord-africaines. «En plus du vecteur commun à ces trois victimes qui est leur statut de militaire, on se demandait si la connotation raciste et xénophobe venait s’ajouter», explique un enquêteur qui n’a plus aucun doute : «Il est clair aujourd’hui que le fil conducteur de tous ces crimes est le racisme et l’antisémitisme.»

«Attentat». Le ministre de l’Intérieur a qualifié la fusillade d’hier d’«attentat». Et c’est le parquet antiterroriste de Paris qui s’est saisi des trois enquêtes pour «assassinats et tentatives en lien avec une entreprise terroriste». En droit français, c’est le mobile qui définit le terrorisme, pas l’explosif ou l’arme utilisé, ni le type d’infraction ou de crime perpétré. Une extorsion de fonds, un vol ou un meurtre peut être qualifié de terroriste s’il est «intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur». Or, le tueur du Sud-Ouest, qui «prémédite» et «planifie» ses actions «tous les quatre jours» frappe «là où on ne l’attendait pas» - une école juive - sème bel et bien «la terreur». Nicolas Sarkozy a annoncé hier soir que le plan Vigipirate a été activé dans la région à son niveau le plus élevé, «écarlate». Car les pouvoirs publics redoutent de «prochaines cibles» comme l’a souligné Claude Guéant sur France 2 : «C’est sûr. Il est passé trois fois à l’acte et ce sentiment d’impunité qu’il arbore nous inquiète.» A chaque fois, le tueur «ne laisse rien au hasard» comme le confie un officier : «Il n’agit pas sur un coup de tête. Ce n’est pas un tueur de masse qui tire dans la foule avec un pistolet automatique place du Capitole. Il sélectionne vraiment ses cibles, écarte une dame à Montauban pour tuer les paras.»

«Tatouage». A Montauban, une dame qui a assisté à la scène croit avoir «aperçu» sous sa visière à moitié relevée lorsqu’il a tourné la tête, «un tatouage ou une cicatrice au niveau de sa joue gauche» mais ce témoignage n’est pas corroboré. Ni par les images de vidéosurveillance du distributeur de Montauban, ni par la caméra à l’entrée du collège Ozar-Hatorah. Car l’homme a «pris toutes ses précautions pour protéger son visage» selon l’officier, «et a peut-être mis une cagoule noire sous son casque dont la visière est restée baissée» pour tuer les trois enfants juifs et le professeur. «Calculateur, il avait prévu une arme de rechange, et quand son pistolet 9 mm s’est enrayé, il a tiré avec son colt calibre 11,43». Huit spécialistes de la cybercriminalité essaient de remonter la piste de l’annonce sur leboncoin.fr mais «tombent sur plusieurs adresses IP car plusieurs acheteurs potentiels ont répondu». Une de ces adresses correspondrait à un cybercafé. «On ne sait pas encore si le tueur a fixé rendez-vous au vendeur par un échange mail ou par téléphone.»

Les enquêteurs manquent d’indices. Le chargeur que l’inconnu a laissé tomber à Montauban ne comporterait pas de traces digitales ou génétiques. Le scooter ne lui appartient pas mais a été volé début mars à Toulouse. Il n’existe «pas de revendication», même si des sites islamistes se «félicitaient» des meurtres de parachutistes. Deux psycho-criminologues travaillent sur le profil de «ce tueur organisé» et «porté par la haine ou une idéologie haineuse» selon un psychiatre expert des grands criminels : «Il y a une dimension épuration chez ce tueur ultrasophistiqué qui prépare avec rationalité et cohérence ses actions et tire de façon ciblée. Il épure l’armée française de ses Arabes et musulmans. Il épure la France des Juifs. C’est un salopard absolu qui n’est pas un malade mental.»
© Libération

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FUSILLADE DE TOULOUSE : SOS RACISME REDOUTE LA PISTE RACISTE (France)

19/03/2012 - L'association SOS Racisme a évoqué, lundi, la possibilité d'une série de "crimes racistes" après la fusillade devant une école juive de Toulouse et le meurtre dans le Sud-Ouest de militaires qui "avaient pour point commun d'être d'origine maghrébine et antillaise". "C'est avec une grande stupéfaction et un sentiment d'horreur que j'ai appris l'assassinat de plusieurs personnes, dont des enfants, devant une école juive de Toulouse ce matin", a affirmé dans un communiqué le président de SOS Racisme, Dominique Sopo.

"S'il est à ce stade bien tôt pour tirer des conclusions hâtives, il est évident que l'assassinat qui a été perpétré ce jour peut trouver sa source dans un antisémitisme qui serait, chez l'assassin, arrivé à sa forme la plus barbare et en même temps la plus lâche", a-t-il ajouté. "Au-delà, comment ne pas penser aux similitudes qui existent entre cette tuerie et les assassinats de plusieurs militaires la semaine dernière dans le Sud-Ouest ? Abattus selon un modus operandi similaire, ils avaient pour point commun d'être d'origine maghrébine et antillaise", a-t-il souligné, en jugeant qu'"il se pourrait qu'en 2012, dans notre pays, une personne commette des crimes racistes de sang-froid".

"Si tel était le cas, il faudrait, alors que le 21 mars qui approche et qui est celui de la Journée internationale contre le racisme, s'interroger sur l'affaissement dans notre pays de la parole politique, intellectuelle et médiatique envers les discours racistes et en faveur des discours de vivre ensemble", a-t-il estimé.
© Le Point

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LE TUEUR À SCOOTER : ANCIEN MILITAIRE, DÉSÉQUILIBRÉ, NÉONAZI ? (France)

19/03/2012 - Un tueur calculateur, déterminé, sportif qui agit avec sang-froid, connaît les armes et cible ses victimes: beaucoup d’enquêteurs jugeaient crédible la piste d’un militaire ou para-militaire xénophobe et raciste dans les affaires de Toulouse et Montauban, sans exclure le geste d’un déséquilibré dépourvu d’idéologie.

Voici les principales pistes examinées:

Ex ou actuel militaire
De nombreux enquêteurs notent l’apparente «connaissance parfaite» des armes du tueur, son «habitude à leur maniement», son «sang-froid», sa «capacité à garder son calme», sa «détermination», son côté «sportif», sa maîtrise «de la conduite de deux-roues à moteur de forte puissance».

Aussi envisagent-ils d’avoir à faire à «un militaire ou paramilitaire», ancien ou encore en service, individu «xénophobe et raciste», ou néo-nazi. «Ca sent son +mil+ (militaire, ndlr), c’est un pro ou un ancien pro», avancent d’autres, en écho aux premiers.

Calculateur, il avait une arme de rechange. Il s’en est servi à Toulouse car son arme tirant des balles de 11,43 s’est enrayée, selon une source proche de l’enquête.

Une autre source relativise cependant les qualités de tireur de l’auteur des attaques. Il relève des traces de balles perdues et des tirs facilités par la faible distance avec ses cibles.

Racisme et xénophobie
Les trois parachutistes de Toulouse tués étaient d’origine maghrébine, un quatrième blessé d’origine antillaise. Les victimes tuées ou blessées devant le collège-lycée de lundi sont juives.

Déséquilibré
L’hypothèse d’un «déséquilibré sans idéologie», bien que «pas exclue», ne paraît toutefois pas «tenir la corde», selon des enquêteurs. Si, pourtant, il s’agissait de cela, ce serait un «déséquilibré organisé», selon une source qui fait remarquer que chaque tuerie a été perpétrée à quatre jours d’intervalle.

Terrorisme
Cette piste, au sens propre de «terrorisme extérieur (Al-Qaïda par exemple) ou intérieur» (ultra gauche ou néo nazie) n’est pas obligatoirement privilégiée par les enquêteurs, même s’ils ne veulent pas «l’exclure a priori».

Que le parquet antiterroriste de Paris ait été saisi ne propulse pas cette hypothèse en première ligne, puisque cette saisine a été retenue en raison de l’impact de ces tueries, qui créent «un climat d’intimidation et de terreur», a-t-on précisé de source judiciaire.

Si toutefois elle devait s’avérer, ce serait davantage vers le «terrorisme intérieur» qu’elle s’orienterait.

Ultra-droite
Un homme opposé à une société multiethnique, comme en Norvège, où Anders Behring Breivik, qui a tué 77 personnes le 22 juillet.

Ultra-gauche
La région toulousaine est un fief historique de l’ultra gauche, dont certains adeptes sont à la fois anti-militaristes et antisionistes, mais les policiers spécialistes français semblent ne pas y croire.

Néo-nazis
Le 17ème RGP de Montauban auquel appartenaient les trois militaires visés lundi dans cette ville avait été le théâtre, comme le souligne Le Point après le Canard enchaîné, de démonstrations nazies de la part de trois de ses militaires, dénoncés à leur hiérarchie par un autre qui a depuis quitté l’armée.
© Libération

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"TRAGÉDIE NATIONALE" EN FRANCE : QUATRE MORTS DANS UNE ATTAQUE ANTISÉMITE

19/03/2012 - Un mystérieux tueur en série a plongé lundi la France dans une "tragédie nationale", abattant trois enfants et un professeur dans une école juive de Toulouse, pire attaque antisémite depuis 30 ans dans ce pays.

Des moyens de police exceptionnels ont été déployés pour traquer cet individu qui a pénétré lundi dans le collège Ozar Hatorah de cette grande ville du sud-ouest.

Le tueur a utilisé la même arme que celle ayant servi à abattre trois militaires dans la même région ces huit derniers jours. Il se déplaçait aussi à chaque fois sur le même scooter volé, un modèle Yamaha très puissant, selon la police.

"En s'en prenant à des enfants et à un enseignant juifs, la motivation antisémite semble évidente", a déclaré dans la soirée le président français Nicolas Sarkozy, de retour à Paris après un déplacement à Toulouse. Il a annoncé un relèvement au maximum du niveau d'alerte antiterroriste dans cette région du sud-ouest.

Arrivé à l'entrée de l'école, l'assassin a abattu un professeur de religion de 30 ans, ses deux enfants, et la fille du directeur de l'établissement, avant de prendre la fuite. Outre ces quatre victimes qui avaient la double nationalité franco-israélienne, la fusillade a fait un blessé grave, un adolescent de 17 ans.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a publié les âges des victimes : 30 ans pour Jonathan Sandler, le père, qui enseignait la religion, quatre et cinq ans pour ses enfants, Gabriel et Arieh, et sept ans pour Myriam Monsonego.

Le tueur de Toulouse "a tiré sur tout ce qu'il y avait en face de lui, enfants et adultes, et des enfants ont été poursuivis à l'intérieur de l'école", a décrit à la presse le procureur Michel Valet.

- Campagne présidentielle interrompue -

Les témoignages recueillis sur place décrivent un homme froid, déterminé et impitoyable. Après avoir exécuté ses premières victimes, il a rattrapé la petite Myriam "pour lui tirer directement dans la tête", a raconté Nicole Yardeni, une responsable de la communauté juive.

Le rabbin et directeur de l'établissement, Yaacov Monsonego, était en train de prier dans la synagogue lorsque un élève lui a apporté le corps inanimé de sa fille, ont déclaré des témoins.

Cette tuerie, qui a suscité l'effroi en France, est la première ayant visé des juifs dans ce pays depuis l'attentat de la rue des Rosiers qui avait fait six morts en 1982 dans le quartier juif de Paris.

Une "tragédie nationale", a déclaré Nicolas Sarkozy, en se rendant sur place.

A un mois de l'élection présidentielle, la campagne a été brutalement interrompue par cette tragédie. Candidat à sa propre succession, Nicolas Sarkozy a annoncé une suspension de sa campagne électorale "au moins jusqu'à mercredi".

Il a été suivi dans l'après-midi à Toulouse par son principal adversaire, François Hollande. Le candidat socialiste a appelé à "une réponse commune et ferme de toute la République".

Selon les indices recueillis par les enquêteurs, il ne fait guère de doute que cette fusillade est la troisième commise par ce tueur, après deux attaques ayant visé des militaires à Toulouse (le 11 mars) et dans la ville voisine de Montauban (le 15 mars), qui ont fait trois morts, trois soldats d'origine maghrébine, et un blessé grave qui est un Noir.

"Nous savons que c'est la même personne, la même arme qui a tué des militaires, des enfants et un enseignant", a déclaré Nicolas Sarkozy.

C'est désormais le parquet antiterroriste de Paris qui dirige les enquêtes sur les trois fusillades, qui ont en commun un tueur expérimenté, utilisant la même arme de calibre 11,43 mm, se déplaçant sur le même deux-roues et capable de disparaître rapidement après ses crimes.

"On est sur deux pistes principales évidentes : la piste islamiste et l'ultra-droite", a indiqué une source proche de l'enquête.

La qualification de "terroriste" de ces actes a été retenue en raison de l'impact de ces tueries, qui créent "un climat d'intimidation et de terreur", a-t-on précisé de source judiciaire.

La communauté juive de France, la première en Europe avec plus de 500.000 membres, a exprimé son horreur.

-Israël dénonce un "meurtre odieux"-

"Je suis horrifié par ce qui est arrivé ce matin à Toulouse devant l'école juive", a déclaré à l'AFP le grand rabbin de France Gilles Bernheim, en ajoutant être "meurtri dans (son) corps et dans (son) âme".

Une des premières réactions de soutien à la communauté juive est venue du président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, qui s'est dit "horrifié" et a tenu "à exprimer toute sa solidarité et celle des musulmans de France".

Dans la soirée, l'Union des étudiants juifs de France a appelé à une marche silencieuse à Paris en hommage aux "victimes de l'attentat antisémite de Toulouse". Auparavant, un office religieux dans une synagogue de Paris a réuni Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Dans la rue Dalou à Toulouse, où se trouve le collège juif, de nombreux parents ou proches, souvent en pleurs, exprimaient leur peine et leur colère. "Quelle explication ? On est dans l'antisémitisme brutal, ignoble", lançait un parent d'élève, Charles Bensemhoun.

Les autorités israéliennes ont très rapidement réagi. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a condamné "le meurtre odieux de juifs, dont de petits enfants", estimant qu'on ne pouvait écarter la possibilité que ce crime ait "été motivé par un antisémitisme violent et sanglant".

L'adulte et les trois enfants tués avaient la double nationalité franco-israélienne, selon des proches et des sources diplomatiques israéliennes. "Jonathan Sandler a été tué dans la fusillade de Toulouse. Il était parti en septembre dernier de Jérusalem pour une mission de deux ans afin d'enseigner les matières juives à Toulouse", a indiqué un proche de la victime à l'AFP à Jérusalem.

D'après le ministère israélien des Affaires étrangères, les familles ont décidé que les victimes mortes en France seraient inhumées en Israël.
© Nouvel Observateur

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JEAN-MARIE LE PEN : « NICOLAS SARKOZY SERA BATTU » (France)

18/03/2012 - Le fondateur — aujourd’hui président d’honneur — du Front national, Jean-Marie Le Pen, juge le bilan du président sortant « globalement négatif ».

Marine Le Pen a finalement eu ses signatures. Cela a été si difficile?
JEAN-MARIE LE PEN. Oui, ça a été très dur, car le nombre de maires qui acceptent de parrainer diminue.
Les élus qui ont signé sont l’objet de persécutions, d’insultes, de menaces. Tous ceux qui en doutent n’avaient qu’à venir au Carré (NDLR : le siège du FN) pour le constater. Les gens n’auraient pas passé leurs samedis après-midi à téléphoner à des maires si on avait eu les signatures. J’en ai moi-même eu un qui m’a dit : « Monsieur, je reconnais que je suis un lâche : je voterai pour Marine Le Pen, mais je ne peux pas signer pour elle car j’ai une subvention à conserver pour mon chemin vicinal. » La première usine qu’il faut faire en France, c’est une usine à couilles!

La tentative de dédiabolisation du FN n’aura donc servi à rien?
Ce n’est pas le problème. Villepin n’a pas réussi à réunir 500 signatures et il n’est pas Le Pen. Lui, c’est un ancien Premier ministre! C’est difficile pour tout le monde.

Nicolas Sarkozy promet de changer le système avec des parrainages de citoyens s’il est réélu…
Ce que dit M. Sarkozy n’a aucune importance puisqu’il ne tient aucune de ses promesses. Quand un pays est décadent, il l’est dans toutes ses structures.

Pensez-vous qu’il puisse l’emporter?
Je pense que Nicolas Sarkozy sera battu. Par un candidat de remplacement, car le vrai candidat du PS, c’était Strauss-Kahn. Mais Hollande se révèle être un candidat très convenable. C’est un bon orateur. Il s’est pris un petit peu au jeu, et, bon… il fait des propositions de gauche, c’est normal.

Mélenchon remplit les salles. Pourquoi séduit-il autant?
La cour le pousse parce qu’il est d’une gauche comme elle les aime. Ce n’est pas le bourgeois gentilhomme, c’est le bourgeois méchant homme, mais c’est un bourgeois. Après avoir été un élu assez effacé, il a brusquement le démon de midi. Il se révèle en leader révolutionnaire… de façade! Il a été sénateur pendant vingt ans et n’a pas fait trembler le Sénat par ses éclats révolutionnaires. Et puis, Hollande fait une campagne sociale-démocrate. Du coup, Mélenchon est le seul à pouvoir tonitruer à gauche. C’est le cache-sexe du Parti communiste. Je l’appelle merluchon, un petit merlu, qui est le chef de l’équipe des requins qui suivent derrière.

Evoquant la guerre d’Algérie, Mélenchon a dit que vous aviez du sang jusqu’aux coudes…
Par retour du courrier, il a eu une assignation en diffamation. Raide comme balle. Et il sera condamné bien sûr.

Demain, c’est le cinquantenaire du cessez-le-feu en Algérie. La France doit-elle faire un geste vis-à-vis des Algériens?
On leur a déjà donné beaucoup. Et puis reconnaître quoi? C’est un pays qui s’est séparé de nous dans des conditions qui, de notre part, ont été abjectes contre les harkis et les pieds-noirs. Le fait d’avoir livré les harkis après les avoir désarmés est une des félonies rarissimes dans l’histoire du monde.

Marine Le Pen doit-elle s’appuyer davantage sur les fondamentaux du FN, comme l’immigration, l’insécurité?
L’immigration est un phénomène principal. C’est la tare de la Ve République, gauche et droite confondues. Avoir permis l’immigration de 12 millions d’étrangers dans notre pays et la continuation de ce flux à la cadence de 300000 nouveaux immigrants par an modifie en profondeur la France et son identité.

Sarkozy veut réduire de moitié l’immigration légale et renégocier les accords de Schengen…
Il dit ça au bout de dix ans de pouvoir… C’est du bidon pour les gogos. Aujourd’hui, on sort les drapeaux tricolores, tout le monde chante « la Marseillaise », même Mélenchon! Le FN a fait école. Mais comment M. Sarkozy pourrait-il garder les frontières européennes alors qu’il est incapable de garder les frontières françaises?

Comment jugez-vous son bilan?
Il a ouvert les frontières comme jamais, il a été le champion du chômage et du déficit dans tous les domaines. Comme disait Georges (Marchais), c’est un bilan globalement négatif.

Quel rôle jouez-vous dans la campagne de votre fille?
Je suis parti par la porte, ce n’est pas pour entrer par la fenêtre. Marine mène sa campagne comme elle le souhaite. Moi, je fais des meetings, je donne mon avis… je suis un militant d’élite!

Vous serez candidat aux législatives?
Qui peut le dire? Je n’en ai pas l’envie.. Mais si la nécessité s’en faisait sentir, je le ferais… De toute façon, je n’ai jamais eu la notion de retraite. Je mourrai sans doute à la tâche. Si toutefois Dieu me garde ma faculté de m’exprimer, de penser, de me déplacer…

Vous redoutez la mort?
Personne n’y échappe. Ni César, ni Jean-Paul II, ni Staline, ni Hitler! J’espère y passer le plus tard possible. Moi, je me suis battu en défensif tout le temps. Toutes les guerres que j’ai faites, c’était en repli. Ce n’est pas la position la plus facile.

Vous êtes pessimiste sur l’état du pays?
Non, je suis réaliste. Si on analyse objectivement, il y a quelques raisons d’être pessimiste, comme l’émigration de nos élites ou la dette. Ce que nous avons fait, c’est la honte de notre génération. Nous avons vécu par l’emprunt, avec de l’argent qu’on sera incapables de rendre. Mais je suis d’un tempérament heureux, et puis je vais vous dire une chose très égoïste : il y a au moins 83 ans qu’ils n’auront pas. Mes enfants, mes petits-enfants ne peuvent pas en dire autant. Mais je ne suis pas insensible. Je ressens des solidarités concentriques. Moi, je n’aime pas le monde entier, encore que je puisse être ému par un petit nègre qui pleure ou un petit Chinois qui meurt de faim. Mais je n’éprouve aucun mépris parce que j’ai été camarade de combat de gens de races et de couleurs différentes. L’autre jour à la télévision, un Noir disait : « La race, ça n’existe pas. » Mais il y a bien quelque chose pour nommer ce qui nous différencie, non? On veut supprimer le mot de la Constitution? Alors là, ça arrête tout, parce que s’il n’y a plus de race, il n’y a plus de racisme (il rit).

Quelle est votre position sur les événements actuels en Syrie?
Je suis choqué par le parti pris des médias français. Il semble que les troupes de Bachar al-Assad tuent femmes et enfants alors que les troupes rebelles ne tueraient jamais personne. C’est extraordinaire, non? C’est une guerre civile. Le pouvoir réprime car s’il ne réprime pas il laissera la place aux rebelles. Or ces derniers prouvent-ils qu’ils sont légitimes? Non. Et quand ils le prouvent, comme en Libye, ça aboutit à la torture, au massacre des vaincus et à la charia…

Propos recueillis par Olivier Beaumont, Matthieu Croissandeau et Didier Micoine
© Le Parisien

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NÉGATIONNISME À LA SAUCE UMP (France)

18/03/2012 - Le dénommé Jacques Béhague, Vice Président UMP du Conseil Général des Hautes Pyrénées et Conseiller général, a publié sur son site le texte suivant, ensuite supprimé face au tollé:

"...Mr François HOLLANDE cultive la haine des riches, et ce depuis longtemps…
Une vidéo est d’ailleurs disponible sur Internet dans laquelle il affirme explicitement « qu’il n’aime pas les riches, qu’il en convient » !!!

Cette haine des riches a déjà été développée par Adolf HITLER au travers des juifs.

J’accuse Monsieur HOLLANDE de faire renaître ces mêmes haines qui ont conduit l’humanité dans ce que nous avons connu de plus effroyable et de nauséabonde.J’accuse Monsieur HOLLANDE de prôner le nettoyage ethnique de tous ceux qui auraient le malheur de « trop » gagner d’argent…

– Soit par la confiscation de leurs biens et de leurs revenus.

– Soit par l’incitation à l’émigration.

Monsieur HOLLANDE est donc
– Soit un criminel à l’encontre d’une population, celle des « riches », au même titre que Hitler en son temps quand celui-ci s’est lui aussi attaqué aux riches au travers des juifs.
– Soit un demeuré de ne pas s’en rendre compte !..."

La droite dure est friande de tels parallèles scabreux et hors de propos avec le nazisme et le fascisme. Aux Etats-Unis, Obama a fait face à une campagne qualifiant de "nazie" sa réforme mettant en place une assurance-maladie. En septembre dernier, lors de la réunion des ministres européens des Finances en Pologne, Maria Fekter, ministre autrichien des Finances, membre du parti conservateur ÖVP déclarait comme Béhague: « En Europe, nous sommes en train de forger une image hostile énorme des banques et des riches. Cela est déjà arrivé une fois, c’était en apparence contre les Juifs, et en fait on visait les mêmes milieux. Par deux fois cela s‘est terminé avec des guerres ! ».

En France C’est Nicolas Sarkozy lui-même qui a donné le signal. Dès 2007, lors de l’Université d’été du MEDEF, en défense de la « dépénalisation du droit des affaires » N. Sarkozy avait utilisé la formule suivante :
« À quoi sert-il d'expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration, c'est une page sombre de notre histoire, et de tolérer des contrôles fiscaux sur une dénonciation anonyme, ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme ? ». Il avait été applaudi frénétiquement par son auditoire.

Nous écrivions alors : «… Peut on mettre en parallèle, comme le fait N.Sarkozy, la déportation des Juifs et un contrôle fiscal ? Comment cette image a-t-elle pu figurer dans un discours officiel et de telles paroles être prononcées par un président de la République ? Pourquoi il y a-t-il si peu de réactions? Qu'on imagine le scandale si Le Pen avait osé une telle déclaration… ».

Quelques mois plus tard, son épouse reprenait la même image ; interrogée par l’Express du 13 février 2008 sur la plainte déposée par Nicolas Sarkozy contre le site Internet du Nouvel Obs - qu'il accusait de "faux" à propos d'un SMS, Mme Bruni Sarkozy déclarait : « La plainte justifiée de mon mari n'est pas contre un organe de presse, bien sûr, mais contre les "nouveaux moyens de désinformation". Internet peut être la pire et la meilleure des choses. À travers son site Internet, Le Nouvel Observateur a fait son entrée dans la presse people. Si ce genre de sites avait existé pendant la guerre, qu'en aurait-il été des dénonciations de Juifs?... » Face au scandale, elle dut s’excuser et retirer ses propos.

Lors de l’affaire Woerth en 2010, face à l’enquête de la presse et notamment de Mediapart, les dirigeants de la droite ne cessèrent d’en appeler à la « presse fasciste » et aux années 30. Le ministre X. Bertrand devra d’ailleurs en répondre devant la justice.

A la même période, le 7 juin 2010, lors d'un débat au Conseil de Paris portant sur les projets de logements sociaux dans le 16e arrondissement, Goasguen, député maire de cet arrondissement qui compte 2,4% de logements sociaux contre plus de 30% dans des arrondissements de l'Est parisien, s'est emporté face aux critiques: "Si vous voulez, vous pouvez nous mettre une étoile jaune avec 16e écrit dessus".

Interrogé par des journalistes après la séance, Claude Goasguen, ne s’est pas excusé, mais s’est justifié en rappelant qu'il "aime" et "défend" la communauté juive. Il préside le groupe d’amitié France-Israël à l’Assemblée. C’est la ritournelle habituelle quand le retour du refoulé s’exprime au grand jour.

Il a aussi explicité et par là même confirmé son propos :"Quand je dis: est ce que je dois mettre l'étoile jaune ? entendez: je ne suis pas un pestiféré. Les habitants du 16e arrondissement ne sont pas des pestiférés", a- t- il souligné.

Quelques semaines plus tard, mis en cause par un livre de Martin Hirsch à propos de ses conflits financiers d’intérêts (il est avocat d’affaires en même temps que député, maire...) Jean-François Copé a tracé un parallèle entre cette mise en cause et la dénonciation des Juifs pendant la guerre.

Il a ainsi déclaré le 26 septembre 2010:«…Il se trouve que Martin Hirsch et moi nous avons un point commun que nous avons découvert en parlant : ses parents, comme mon père pendant la guerre, ont été sauvés par des Justes… Quand on a cette culture familiale, je ne dis pas que cela commande des obligations... Je dis simplement que l'on ne peut pas vivre les choses de la même manière… En lisant ce livre, je me suis demandé si, sans peut-être s'en rendre compte, il se livrait à un exercice de délation, qui n'est pas tout à fait à l'honneur de quelqu'un qui a sa qualité"
Ainsi selon Copé, Martin Hirsch, lui-même d’origine juive, agirait comme un de ces délateurs qui dénonçaient les Juifs aux nazis.

La droite UMP est engagée dans une campagne d'une extrême violence à l'égard de la gauche. Sarkozy donne le ton de cette recherche de tension, comme lors de la campagne de 2007. Il faut s'attendre à de nouvelles provocations dans les semaines qui viennent.

Par Albert Herszkowicz
© MédiaPart

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QUATRE CANDIDATS RÉPONDENT À CINQUANTE PROPOSITIONS DE LA LICRA (France)

17/03/2012 - Quatre des candidats à l'élection présidentielle -François Bayrou (Modem), François Hollande (PS), Eva Joly (EELV) et Jean-Luc Mélenchon (FG)- ont répondu aux "50 propositions pour une France plus fraternelle" que leur a soumis la Licra.

Ils étaient interrogés par Serge Moati pour un film de 26 minutes, qui sera projeté samedi soir à Nîmes, lors de la convention de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra).

Nicolas Sarkozy (UMP) n'a pas souhaité être filmé, mais certaines de ses déclarations publiques figurent dans le document.

En matière d'éducation, les quatre candidats ont convenu qu'"instaurer une épreuve de validation des acquis en éducation civique aux examens de fin de cycle de l'enseignement secondaire" était "une bonne idée", voire "très bonne".

A la proposition de "transformer la Journée défense et citoyenneté en un rendez-vous de trois jours pleins qui incluraient une journée de sensibilisation aux valeurs de la République et une cérémonie de remise de la carte d'électeur", les candidats l'approuvent, sauf Jean-Luc Mélenchon qui trouve que "c'est une comédie qui n'a pas beaucoup de signification".

Toutefois, le candidat du Front de Gauche a rappelé qu'il avait été "hostile à l'abolition de la conscription", qui, souligne-t-il, n'est "que suspendue". François Hollande et François Bayrou regrettent également cette "rencontre inter-jeunes et inter-classes sociales" (Bayrou), qui "bien sûr devait évoluer" (Hollande).

François Hollande, Eva Joly et François Bayrou souhaitent que l'enseignement du fait religieux soit initié dans les programmes scolaires de l'école laïque de la République, le candidat PS rappelant que "la laïcité, c'est aussi la liberté religieuse, la compréhension des religions et de ce qu'est la vie commune".

François Bayrou déplore ainsi qu'"un très grand nombre d'enfants ne savent pas ce qu'est une synagogue ou ce qu'il y a dans les églises".

En ce qui concerne la "dépénalisation du séjour irrégulier des étrangers", les candidats de gauche (PS, EELV, FG) estiment qu'il s'agit d'"une infraction, mais pas d'un crime". François Bayrou toutefois relève que c'est une préoccupation pour les gouvernants qui redoutent un "appel d'air".

Les candidats de gauche soutiennent également qu'on accorde les droits de vote et d'éligibilité aux élections municipales et européennes, aux résidents étrangers non ressortissants de l'Union européenne.
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JACQUES CHEMINADE EST-IL VRAIMENT UN CANDIDAT COMME LES AUTRES ? (France)

Candidat à la présidentielle, Jacques Cheminade veut rester discret sur son inspirateur : l'Américain Lyndon LaRouche, un proche de l'extrême droite qui dénonce un complot mondial. Par Julien Giry, politiste

17/03/2012 - « Mes idées et mes actions en France ne se démarquent en rien de celles de LaRouche ; depuis plus de vingt ans nous sommes de plus en plus proches », reconnaissait Cheminade dans une interview au Monde le 21 avril 1995. Plus récemment, le 9 mars sur France Inter, il nuançait quelque peu le propos : à la question de Pascale Clark lui demandant si Lyndon LaRouche était son mentor, le président de Solidarité et Progrès répondait qu'il s'agissait de « quelqu'un qui [l'] a inspiré ».

Du point de vue de Lyndon LaRouche, personnage secondaire de la vie politique américaine, les choses sont bien plus claires. Dans un podcast du 14 mars, Cheminade est ainsi qualifié de « Lyndon LaRouche co-thinker » (« co-penseur »).

En réalité, en France, depuis plus de 35 ans, Cheminade est le relais unique de Lyndon LaRouche. Plus que cela, il est même son porte-parole et leurs mouvements ne font qu'un.

Victime d'un complot mondial
Depuis les élections municipales de 1983 et la création du Parti ouvrier européen (POE) par Cheminade, le mouvement – devenu en 1996 Solidarité et Progrès – se revendique comme la section française de l'organisation dirigée par Lyndon LaRouche, dont les ramifications sont internationales. Sur les tracts distribués par Solidarité et Progrès, le pied de page porte ainsi la mention :

« Le mouvement politique de Jacques Cheminade et Lyndon LaRouche. »

Comme l'Américain, Cheminade se pose en victime d'un complot et, à la suite de LaRouche, pense que cette machination est l'œuvre d'un gouvernement occulte dirigé depuis Londres par la reine d'Angleterre et les banquiers de la City. De sorte qu'il apparaît que Jacques Cheminade n'est ni plus ni moins que le masque de Lyndon LaRouche en France, véritable dirigeant de Solidarité et Progrès.

L'idéologie de Cheminade se confond avec celle de son maître : une anglophobie conspirationniste basée sur le mythe d'une « synarchie » mondiale à consonance antisémite, mâtiné de scientisme (aérotrain à échelle mondiale, colonisation de la Lune et de Mars, développement exponentiel du nucléaire civil, etc.), de racisme (LaRouche comparant Barack Obama à un singe), d'homophobie (en 1986, LaRouche proposait de mettre en quarantaine les « sidéens ») et de masculinisme (« Une femme réduite à son état psychotique tend à devenir une prostituée, une lesbienne, ou les deux à la fois », écrivait LaRouche en 1973 dans son ouvrage « The Case of Ludwig Feuerbach »), et ce ne sont là que quelques morceaux choisis.

Obama comparé à Hitler
Plus fondamentalement, l'histoire du monde dans sa version « larouchiste » se résume à un « méga-complot » ourdi par une oligarchie patricienne judéo-britannique.

Les crises financières, les grands conflits armés ou les catastrophes naturelles participeraient, au même titre que les mouvements pour la décroissance ou pour la sortie du nucléaire, d'un dessein secret de cette oligarchie pour maintenir sa domination séculaire sur le monde.

Hitler ou Mao n'auraient été que des marionnettes aux mains des banquiers de Wall Street et de la City. De même, l'accident nucléaire de Fukushima ou la marée noire de 2010 au large de la Floride seraient le résultat, non pas d'accidents, mais d'un plan global orchestré par « l'oligarchie », une oligarchie que les « larouchistes » accusent de tirer les ficelles du trafic de drogue international.

Cheminade et son maître à penser n'hésitent jamais à recourir à la caricature la plus abjecte. Coutumiers des références à Hitler, ces derniers comparent ainsi le président américain Barack Obama au Führer, soit en affublant ses portraits d'une moustache hitlérienne, soit en présentant dans un montage anachronique les deux hommes côte à côte et complices.

Déjà en septembre 2004, le tribunal correctionnel de Lyon avait condamné Cheminade à 15 000 euros d'amende pour diffamation publique envers l'ancien Garde des sceaux et candidat à la mairie, Dominique Perben, au motif qu'un militant de Solidarité et Progrès avait juxtaposé la photo du ministre serrant la main de l'Attorney General américain John Ashcroft, avec celle du maréchal Pétain serrant la main de Hitler à Montoire en octobre 1940.

De manière paradoxale, alors que LaRouche et Cheminade usent et abusent de la reductio ad hitlerum, le mouvement a compté dans ses rangs des néo-nazis négationnistes et des tenants convaincus du suprémacisme blanc.

Du Ku Klux Klan au Front national
Ainsi, Roy Frankhouser, bras droit de LaRouche jusqu'en 1980, était l'un des membres le plus éminent du Ku Klux Klan de Pennsylvanie, où il portait le titre de « Grand Dragon » depuis 1965 jusqu'à sa mort en 2003. Frankhouser fut également connu pour être un membre notoire de l'American Nazi Party. En 1972, Frankhouser organisa même un défilé nazi sur la cinquième avenue à New York, où il arborait chemise noire et symboles nazis.

Outre Frankhouser, dans les années 1970, alors que LaRouche dirigeait le United States Labor Party, il s'appuyait sur les services de Willis Carto, fondateur du Liberty Lobby et de l'Institute for Historical Review, une officine négationniste. Ces liens furent rompus en 1981 à l'initiative du Liberty Lobby, qui se déclarait « désillusionné » par le ralliement de LaRouche au Parti démocrate et par le fait que son organisation comptait des juifs en son sein.

En France, le mouvement entretient des rapports forts complexes et ambigus avec l'extrême droite, le Front National en particulier. Si l'opposition entre les deux groupes est le mot d'ordre de façade, les faits sont plus nuancés, notamment à Lyon, où les politistes spécialistes de l'extrême droite Jean-Yves Camus et René Monzat, dans leur ouvrage Les Droites nationales et radicales en France (Presses universitaires de Lyon, 1992), pointent des accords électoraux avérés.

Plus récemment, comme le rappellent les auteurs de La Galaxie Dieudonné (Syllepse, 2011), Solidarité et Progrès s'est rapproché de la mouvance conspirationniste et « antisioniste » la plus extrême, notamment du Réseau Voltaire de Thierry Meyssan et d'Égalité et Réconciliation, le mouvement d'Alain Soral.

A titre d'exemple, Jaques Cheminade est intervenu le 20 avril 2008, à la demande de Soral, au théâtre de la Main d'Or, propriété de Dieudonné, pour y présenter son analyse de la crise financière globale. La même année, il a participé à l'université d'Egalité et Réconciliation.

Par la vision du monde qu'il prône et ses amitiés politiques, Jacques Cheminade n'est en rien un candidat comme les autres. Il est incontestablement, aux élections présidentielles françaises de 2012, le candidat de Lyndon LaRouche.
© Rue 89

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MANIFESTATION À TOULOUSE CONTRE UNE IMPLANTATION DU BLOC IDENTITAIRE (France)

17/03/2012 - Environ 300 militants d'extrême gauche, selon la police, ont manifesté samedi à Toulouse contre l'ouverture récente d'un local du Bloc identitaire, petit mouvement d'extrême droite. "A Toulouse, une gangrène s'est installée", a dénoncé l'Union antifasciste toulousaine, qui appelait à manifester, qualifiant le Bloc identitaire "d'organisation d'extrême droite ouvertement raciste, xénophobe, homophobe et sexiste".

Les manifestants, qui marchaient en direction du local, ont été déviés par la police avant de l'atteindre. Le Bloc identitaire a inauguré il y a un mois une "Maison de l'identité" à Toulouse, selon le site internet de l'organisation. Ce mouvement s'était signalé en 2010 en annonçant vouloir organiser un apéro géant "saucisson et pinard" à la Goutte d'Or, un quartier de Paris à forte population musulmane.
© Le Parisien

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L'ALLEMAGNE VEUT INTERDIRE LE PARTI NÉO-NAZI NPD

22/03/2012 - Les ministres de l'Intérieur des Etats régionaux allemands ont annoncé jeudi qu'ils vont tenter de constituer un dossier visant à faire interdire le parti néo-nazi NPD, quatre mois après l'affaire de la "cellule de Zwickau", accusée de meurtres racistes au début des années 2000. "Le NPD est un parti ennemi de la Constitution (allemande). Nous voulons lancer une procédure d'interdiction qui aboutisse, et c'est pourquoi nous devons maintenant rassembler des éléments pour obtenir des preuves présentables devant la Cour (constitutionnelle) étayant le caractère fondamentalement hostile et belliqueux du NPD", a déclaré le ministre fédéral de l'Intérieur Hans-Peter Friedrich.

Hans-Peter Friedrich et ses homologues des 16 Länder, réunis à Berlin, ont décidé de retirer tous les agents des services de renseignement intérieur (Verfassungsschutz) infiltrés au sein des structures dirigeantes du NPD, d'ici au 2 avril. Cette mesure était un préalable absolu à toute procédure contre le parti, dans la mesure où la Cour constitutionnelle avait rejeté une première demande en 2003 justement en raison de l'omniprésence des agents du Verfassungsschutz à la tête du parti.

Les ministres se sont donné 6 mois pour rassembler des éléments, et ne se prononceront vraisemblablement pas avant décembre 2012 sur le dépôt d'une demande formelle d'interdiction du parti d'extrême-droite, précise le communiqué.
© Le Figaro

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MORT DE JOHN DEMJANJUK, L'UN DES DERNIERS CRIMINELS NAZIS (Allemagne)

17/03/2012 - Il avait été condamné il y a moins d'un an pour avoir pris part au meurtre de près de 28 000 personnes, mais laissé en liberté. John Demjanjuk, 91 ans, ancien gardien de camp nazi en 1943, est mort ce samedi dans une maison de retraite de Bad Feilnbach, en Bavière. Les causes de son décès ne sont pas connues, mais le Parquet va maintenant mener une enquête de routine, selon la radio publique bavaroise.

Demjanjuk a toujours nié en bloc
Né en avril 1920 en Ukraine, John Demjanjuk vivait aux Etats-Unis depuis les années 50 avant d'être expulsé en 2009. Au terme d'un procès marathon de 18 mois entamé en novembre 2009 à Munich, la justice avait estimé qu'il avait bien été garde au camp de Sobibor (Pologne), six mois en 1943 pendant lesquels près de 27900 juifs, essentiellement néerlandais, avaient été exterminés.

Demjanjuk, qui s'était présenté sur une civière au premier jour de son procès, niait les faits en bloc et affirmait avoir été capturé en 1942 alors qu'il servait dans l'Armée Rouge. Selon lui, il avait passé le restant de la guerre dans des camps de prisonniers avant d'émigrer aux Etats-Unis où il a travaillé dans des chaînes de montage d'automobiles à Cleveland (Ohio, nord) et élevé trois enfants.

Remis en liberté malgré sa condamnation par un tribunal de Munich (sud), il séjournait depuis dans une maison de retraite. La justice allemande avait estimé qu'il ne représentait plus aucun danger et ne risquait plus de se soustraire à la justice, en raison de son âge et de son statut d'apatride qui l'empêchait de quitter l'Allemagne.

L'un des «plus grands criminels nazis»
Demjanjuk figurait en première place sur la liste des criminels nazis établie par le Centre Wiesenthal, une organisation internationale juive qui «combat l’antisémitisme, le négationnisme, l’extrémisme et les activités néo-nazies». Il avait échappé à la peine capitale en Israël en 1988, à l'issue d'un procès pour des faits comparables. Il était alors accusé d'avoir été «Ivan le Terrible», un garde ukrainien du camp de Treblinka (est de la Pologne) connu pour sa cruauté. Il fut libéré cinq ans plus tard lorsqu'il apparut qu'il n'était pas «Ivan le terrible».

En 2009, un rescapé du camp de Sobibor, Thomas Blatt, avait déclaré dans un entretien avec le magazine Spiegel : «Cela m'est égal qu'il aille en prison ou pas. Ce procès est important pour moi. Je veux la vérité. Le monde doit savoir comment c'était à Sobibor». Selon diverses estimations d'historiens, entre 150 000 et 250 000 personnes ont été exterminées au camp de Sobibor.

Un «petit poisson», selon certains historiens
Six décennies après les procès de Nuremberg qui condamnèrent les chefs nazis survivants, le procès de John Demjanjuk fut l'un des derniers en Allemagne de criminels nazis, vu le grand âge des suspects. Ils ont en outre longtemps suscité peu d'empressement de la part de la justice allemande.

L'Allemagne qui n'a longtemps jugé que «des officiers supérieurs et des dignitaires du régime nazi» a changé de politique «en acceptant depuis un an et demi de juger tous les criminels nazis susceptibles de pouvoir se présenter devant un tribunal», estimait Efraim Zuroff, directeur du Centre Simon Wiesenthal de Jérusalem qui traque les criminels nazis, peu avant l'ouverture du procès de Demjanjuk. Certains historiens avaient toutefois souligné que malgré l'intense déploiement médiatique autour de ce procès, Demjanjuk n'était qu'un «petit poisson» dans la traque des criminels nazis.
© Le Parisien

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LA N-VA CONSIDÉRÉE COMME UN PARTI D'EXTRÊME DROITE PAR L'ENAR (Belgique)

Le Réseau européen contre le racisme (ENAR) considère la N-VA comme un parti d'extrême droite dans sa publication "Les partis d'extrême droite et leur discours en Europe: un défi de notre temps", sortie mercredi à l'occasion de la Journée internationale contre le racisme. Le Vlaams Belang est également cité à plusieurs reprises.

21/03/2012 - La publication indique que "Bart De Wever, le chef de file de la N-VA qui a éclipsé le Vlaams Belang, réussit très bien à la télévision avec un mélange d'humour et de populisme". Le parti flamand figure parmi les partis étudiés, dont la liste est publiée en début d'ouvrage.

Le Vlaams Belang est également cité. L'ENAR note que le parti présidé par Bruno Valkeniers "produit idéologiquement une Europe qui est en opposition avec l'Union européenne. Cette dernière est tenue pour responsable de l'immigration non européenne excessive."

L'ENAR est un réseau de plus de 700 organisations combattant le racisme dans les 27 Etats-membres, dont, en Belgique, notamment le MRAX, la Ligue des Droits de l'Homme et le Centre Bruxellois d'Action Interculturelle. Cette publication vise à "offrir une analyse des partis politiques d'extrême droite au sein de l'Union européenne en examinant la situation politique actuelle ainsi que le discours et le contexte de ces partis."
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LE RACISME, UNE "RÉALITÉ STRUCTURELLE" EN BELGIQUE

"Dans un pays comme la Belgique, qui a pratiqué le colonialisme à l'encontre de divers peuples et qui a collaboré à la perpétration de génocides, le racisme est une réalité structurelle qui touche particulièrement la population noire", selon le réseau européen contre le racisme (ENAR). Il publie mercredi son rapport alternatif "Le racisme et les discriminations qui y sont associées en Belgique" à l'occasion de la Journée internationale contre le racisme.

21/03/2012 - La coordination nationale belge de l'ENAR, auteur du rapport, identifie les communautés noire et musulmane ainsi que les gens du voyage comme les communautés les plus vulnérables au racisme et à la discrimination dans le Royaume.

Le rapport fustige "le racisme lourd en raison de la couleur de la peau" que subissent les populations "noires" tout en regrettant "qu'aucun rapport officiel n'apporte de chiffre ou d'analyse spécifique sur cette forme de discrimination".

Les critères raciaux et les convictions religieuses ou philosophiques sont les motifs les plus importants de discrimination en Belgique selon le rapport. Ils représentent respectivement 45% et 16% des cas et sont notamment cités plus souvent comme motif que l'orientation sexuelle ou l'âge.

Les secteurs les plus touchés par des faits présumés de discrimination sont l'emploi, l'enseignement, le logement et les médias, selon l'ENAR.

Le rapport se réjouit de la tenue des Assises de l'interculturalité, initiées par le gouvernement fédéral en 2009 et 2010, et de l'ensemble des recommandations formulées, même si "un certain nombre de points restent discutables".

Il pointe également une remise en question des "acquis ressortissant à la politique des migrations" et regrette "un mouvement inquiétant" initié par "une coalition de partis conservateurs". Le rapport fait ainsi référence à la restriction des possibilités de regroupement familial et à l'accès à la nationalité qui devient plus difficile.

L'ENAR est un réseau de plus de 700 organisations combattant le racisme dans les vingt-sept européens, dont, en Belgique, notamment le MRAX, la Ligue des Droits de l'Homme et le Centre Bruxellois d'Action Interculturelle. Ses rapports alternatifs visent à "combler les brèches existant dans les données officielles et académiques et à offrir une alternative à ces données ainsi qu'une perspective d'ONG sur les réalités du racisme dans l'UE et ses Etats membres". L'ENAR est soutenu par la Commission européennes.

La crise économique augmente les comportements racistes
La crise économique suscite des comportements racistes, indique le Réseau européen contre le racisme (ENAR) dans son rapport 2010-2011, publié à l'occasion de la Journée internationale contre le racisme. Les populations les plus vulnérables à ses comportements sont les populations d'ascendance africaine.

"Les migrants et les minorités ethniques sont touchés de manière disproportionnée par le chômage et les conditions de travail précaires en période de crise économique", indique l'ENAR dans son rapport. La crise économique a aussi pour effet de susciter la crainte parmi les populations et favorise dès lors les comportements racistes.

D'après le rapport, les communautés les plus vulnérables sont la communauté africaine, les Roms, les musulmans et les juifs. Les membres de ces communautés rencontrent ainsi de nombreuses difficultés à trouver un emploi.

Le système éducatif établit lui aussi une ségrégation de fait dans certains pays comme en Autriche ou en Espagne où les établissements de moindre qualité sont souvent réservés aux ressortissants de minorités ethniques.

Des discriminations sont aussi commises dans le domaine de la justice. Au Royaume-Uni, les personnes d'origine africaine sont six fois plus susceptibles d'être contrôlés que les blancs.

En Belgique, les minorités ethniques éprouvent des difficultés à accéder au marché privé du logement. "Le racisme reste une réalité", a déclaré Chibo Onyeji, président de l'ENAR, lors d'une conférence de presse mardi. "Les politiques doivent faire passer le message qu'un accès égal à l'emploi, au logement et à l'éducation est essentiel à la construction d'une société prospère et cohésive", a-t-il ajouté.
© Le Vif

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GRANDE-BRETAGNE: UN MOUVEMENT ANTI-ISLAMIQUE VA CRÉER UN PARTI POLITIQUE

23/03/2012 - Le chef de file de la Ligue de défense anglaise (EDL), mouvement anti-islamiste créé il y a trois ans et considéré comme le nouveau visage de l'extrême droite britannique, a annoncé vendredi la création d'un parti politique en mai.

Stephen Lennon a annoncé que son mouvement souhaitait désormais entrer en politique et participer aux élections. «Tout le pays pourra entendre la voix d'un parti politique anti-islamiste qui offre une alternative à chacun sans être pour autant raciste, à l'opposé du Parti national britannique (BNP)», a-t-il déclaré.

L'EDL a été créé en réponse à une manifestation de musulmans radicaux qui avaient pris à partie des soldats britanniques lors d'une fête organisée pour leur retour, dans la ville de Luton, au nord de Londres.

«Nous haïssons les nazis»
La formation avait attiré l'attention de la communauté internationale lorsque le Norvégien Anders Breivik, qui a tué 77 personnes en juillet dernier lors de ce qu'il avait qualifié de mission internationale pour contrer l'islam, avait déclaré avoir eu des contacts avec certains de ses membres et dirigeants. L'EDL a toujours nié avoir eu des liens avec le tueur norvégien et Stephen Lennon rejette le qualificatif de «groupe d'extrême droite».

«Nous haïssons les nazis, nous sommes anti-nazis», a-t-il déclaré, assurant que son organisation soutenait les Juifs et Israël.

Mais les observateurs accusent l'EDL de s'opposer non seulement à l'islam radical mais aussi à l'ensemble de la communauté musulmane et d'accueillir dans ses rangs d'anciens hooligans.

Aucun commentateur ne s'avance aujourd'hui sur le poids électoral de ce nouveau parti.
© 20 Minutes

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LE CAS AKOS KERTÉSZ RELANCE L’ANTISÉMITISME HONGROIS

23/03/2012 - Arrivé sur le territoire canadien le 29 février dernier, l’écrivain Akos Kestész, lauréat du Prix Kossuth en 2008, a demandé le statut de réfugié politique et s’est installé à Montréal. Cette demande intervient après la polémique et les troubles engendrés par la parution d’un article de l’écrivain, en août 2011, dans un journal hongrois basé aux Etats-Unis. Sous la pression de l'extrême droite hongroise, une nouvelle loi serait en préparation, permettant de retirer un prix ou un titre honorifique à une personnalité qui n'en serait plus « digne ».

"Servitude congénitale"
La polémique trouve son origine dans la lettre ouverte écrite par Akos Kertész à l’attention de László Bartus, rédacteur en chef du plus ancien hebdomadaire américain rédigé en hongrois, Amerikai-Magyar Népszava Szabadság. L’auteur s’indigne alors de la passivité des Hongrois face au gouvernement Orbán en les qualifiant de peuple « génétiquement servile » :

« Les Hongrois sont génétiquement asservis… ils n’ont aucun remords concernant leurs crimes commis tout au long de l’Histoire, rejettent leurs responsabilités sur les autres et sont les premiers à blâmer leurs voisins (…) Ils sont incapables et refusent de tirer des leçons du passé (…) Ils envient et à l’occasion descendent en flèche celui qui réussit professionnellement de par l’apprentissage et l’innovation » affirme-t-il dans le journal. Kertész ajoute dans le même papier qu’il regrette que la nation hongroise, soit la seule à ne pas avoir reconnu son implication dans l’Holocauste de la Seconde Guerre mondiale ou encore reconnu ses erreurs.

Plus tard, l’écrivain a retiré sa remarque concernant les spécificités des gênes hongrois et s’est excusé pour avoir accusé le gouvernement de nier son implication dans l’Holocauste : il s’estime pour cela « heureux d’avoir été corrigé ». Cependant la déclaration de l’auteur avait déjà fait le tour du Parlement et du conseil municipal de Budapest, créant la polémique.

Campagne politique « anti-Kertész »
Sous la pression du parti parlementaire d'extrême droite Jobbik, le conseil municipal de Budapest a pris la décision le 21 septembre 2011 de déchoir Kertész de son statut de « citoyen d’honneur », accordé en 2002. 20 membres (Fidesz/Jobbik) du conseil ont été favorables à cette destitution, 9 étaient contre et 2 se sont abstenus.

A peine deux semaines après la parution de l’article, le 12 septembre 2011, un député Jobbik réclamait le retrait de son prestigieux prix Kossuth à Kertész. Deux jours plus tard, Jobbik se tournait directement vers le président Pal Schmitt pour demander au Premier ministre d’examiner la possibilité de retirer tout prix aux Hongrois « indignes » de les recevoir. Selon le président, un individu est indigne de ces titres s’il « viole les valeurs constitutionnelles de la Hongrie ». Mais au regard de l’affaire de plagiat et des faux diplômes de Schmitt, cette appréciation de la violation de la nation hongroise et de la notion de mérite est décrédibilisée.

Un pouvoir antisémite ?
Dans le communiqué qui confirme l’exil de l’écrivain hongrois, l’attaché de presse de Kertész ajoute que l’homme a été victime d’une véritable « chasse aux sorcières » lancée contre lui par le gouvernement, les médias alliés au parti Fidesz et ses parlementaires. Soumis à un harcèlement moral et à des menaces physiques, l’auteur a préféré quitter la Hongrie, attestant que sa vie était en danger.

La Fédération des communautés Juives de Hongrie (Mazsihisz) a exprimé ses regrets à propos de l’exil d'Akos Kertész : « Sept décennies après les persécutions des juifs de Hongrie, l’antisémitisme refait surface dans le pays et force un écrivain hongrois à émigrer ». Bien que la Fédération reconnaisse le bien fondé de certaines critiques faites à l’encontre de Kertész, elle soutient vivement l’écrivain et qualifie l’attitude du gouvernement d’antisémite. De son côté, la coalition gouvernementale a officiellement réfuté ces accusations, et selon Zoltán Németh, chef du groupe Fidesz-KDNP au conseil de Budapest, "retirer l’honneur décerné à l’écrivain n’aurait rien à voir avec ses origines ou sa religion".

Tatiana Carret
© Hu lala

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RASSEMBLEMENT D’UNE MILICE D’EXTRÊME-DROITE EN HONGRIE

18/03/2012 - En Hongrie, une milice d’extrême-droite se rassemble publiquement sous haute protection policière. La Garde Hongroise a intronisé samedi de nouveaux membres.

Afin de ne pas être considéré comme un rassemblement militaire et voir l‘évènement interdit par la loi, les membres de la milice sont restés à genoux et ont prêté serment dans le silence.

La Garde Hongroise a été fondée en 2007 par le parti Jobbik. Interdite en 2009, dans les faits, ses membres continuent d’apparaître en public en uniforme, sans que l’Etat n’intervienne, ce qui révolte ces manifestants.

“Aujourd’hui ils sont revenus pour introniser de nouveaux membres de la Garde , mais ils sont interdits.” dit ce manifestant. “Nous sommes ici pour manifester contre eux, parce qu’on ne peut pas être hongrois et adhérer à l’idéologie fasciste.” estime-t-il.

La Garde Hongroise est connue pour son racisme anti-Roms. De nombreux incidents violents se sont produits, à tel point que le gouvernement, lui-même pourtant accusé d‘être anti-Roms, a du voté une loi criminalisant cette délinquance en uniforme.
© Euro News

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LA RUSSIE DU FOOTBALL FACE AU PHÉNOMÈNE DU RACISME

A la suite d’un nouvel acte raciste, en l’occurrence le jet d’une banane sur Christopher Samba (Anzhi Makhachkala), la Ligue de football russe a donné l’ordre de mener une enquête sur cet événement et d’étudier les vidéos tournées dans le stade. L’instance du football russe a donc décidé de passer à l’action pour tenter de résorber le problème du racisme dans le championnat. Une initiative qui vise surtout à préparer le terrain pour la Coupe du monde 2018, qui se déroulera de l’autre côté de l’Oural. Par Mansour Loum

21/03/2012 - La scène n’est pas passée inapercue et a largement été reprise par les médias. A sa sortie du terrain après le match contre le Lokomotiv Moscou (1-0), Christopher Samba, arrivé dans le championnat russe cet hiver en provenance de Blackburn, reçoit une banane lancée depuis les tribunes. Un geste loin d’être anodin et qui vient s’ajouter à une interminable liste d’actes à caractère raciste visant les joueurs de couleur. Déjà par le passé, ses coéquipiers Samuel Eto’o et Roberto Carlos, avaient respectivement été victimes de cris de singe et de jets de bananes. Des attitudes qui font tâche dans un pays qui accueille de plus en plus de joueurs de couleur et qui sera l’hôte du Mondial en 2018.

Le quotidien de beaucoup de joueurs de couleur
Car c’est bien là le paradoxe. Si la Russie est malheureusement réputée pour le racisme qui gangrène son championnat, les clubs locaux n’ont cessé de faire venir des footballeurs de couleur ces dernières saisons. Et les joueurs en question ne se sont pas fait prier pour rejoindre l’Est et signer des contrats en or pour faire gonfler leurs émoluments de façon considérable. Dans un entretien accordé à CNN au moment de son arrivée à l’Anzhi Makhachkala, Samuel Eto’o avait plus que conforté cette thèse : "Je me moque de ce que les gens pensent. Tout le monde veut travailler et être payé à sa juste valeur. Dans mon cas, Anzhi a fait une offre à la hauteur de mon talent et me paye par rapport à ce que mon talent vaut selon eux." Mais si l’international camerounais bénéficie de conditions de vie hors norme et d’une protection rapprochée assez impressionnante, la situation est loin d’être évidente pour de nombreux autres joueurs.

Chidi Odiah (Nigeria), Seydou Doumbia (Côte d’Ivoire), Anis Boussaïd (Tunisie) ou encore Mbarak Boussoufa (Maroc) ont tous migré vers l’ex-URSS et essuient fréquemment des actes à caractère raciste. Après deux saisons passées en Premier Liga, le Camerounais André Bikey avait expliqué, au moment de son départ, le choc qu’il avait subi : "La mentalité est différente là-bas. C’est très dur d’y vivre en tant que noir. J’ai un pistolet pour me protéger. On peut être blessé. J’ai failli être gravement blessé une fois quand trois personnes m’ont suivi. Mais j’ai couru et je me suis réfugié dans un taxi. Des amis à moi ont été attaqué dans la rue. C’est un endroit effrayant." A côté de ce témoignage, le jet de banane sur l’international congolais Christopher Samba passe presque pour une stupide blague. Sauf que les autorités du football russe ont décidé de lancer la riposte.

Le Mondial 2018 en ligne de mire
Pays hôte de la Coupe du monde en 2018, la Russie veut en finir avec cette sale réputation qui lui colle à la peau. Et c’est la raison pour laquelle une enquête a été ouverte pour que l’auteur du jet de banane soit retrouvé et condamné. Lors de ce Mondial russe, les nations avec des joueurs de couleurs dans leurs effectifs seront légion. Dès lors, le pays se doit de prévenir les dérapages qui pourraient se produire, d’autant plus que la FIFA surveille de près la situation. Interrogé par RFI, Thierry Weil, le directeur du marketing de l’instance mondiale du football avait déclaré : "On veut que ça s’arrête. C’est une éducation en permanence. Même si c’est votre voisin, même si ce n’est pas vous, ça porte préjudice à la perception de votre club, de votre pays. Des mesures ont été prises ici en Russie, ils vont sûrement en prendre plus."

De son côté, le ministre des Sports Vitaly Mutko s’est montré plus mesuré et a souligné que "les actes racistes se produisent dans le monde entier. Cela n’est pas très glorieux. La Russie n’est pas une exception", avant toutefois d’annoncer la couleur pour les années à venir : "Oui, il y a des incidents, bien sûr c’est mal, et la Russie va combattre ces formes de racisme." Le temps presse pour la fédération et la Russie dans son ensemble car accueillir un événement tel qu’une Coupe du Monde ne se prépare pas en quelques mois. D’autant plus que quand la présidente du Lokomotiv Moscou, Olga Smorodskaya, affirme qu’il "n’y a pas eu d’incidents au stade", concernant l’affaire Samba, cela donne une idée du chemin qui reste à parcourir d’ici 2018.
© Afrik.com

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NÉONAZIS ET ISLAMISTES, NOS CAUCHEMARS JUMEAUX (Europe)

Les premiers suspects des tueries de Toulouse et de Montauban ont été trois anciens paras néo-nazis. Le massacre d’Utøya, lui, avait été dans un premier moment attribué au terrorisme islamiste. Les deux faces opposées de l’intolérance au multiculturalisme sont souvent très proches. Cesare Martinetti pour La Stampa

22/03/2012 - C’est finalement un fou d’Allah qui a émergé de l’enfer de Toulouse. Non pas un parachutiste néo-nazi couvant dans les obscures entrailles de l’histoire de France, mais un soldat de cette intifada quotidienne qui se consume dans les banlieues françaises.

Une guérilla sourde qui prend de l’ampleur de Toulouse à Paris, dans ces "territoires perdus de la République", comme les a baptisés un célèbre pamphlet documenté dénonçant l’antisémitisme ordinaire qui règne dans les écoles de banlieue.

C’est ce mal obscur et particulièrement tenace en France qui réunit les deux pistes explorées par les enquêteurs et l’opinion en ces journées entachées par la folie meurtrière : trois jeunes militaires (d’origine maghrébine) tués de sang-froid, un autre gravement blessé et quatre autres personnes (trois enfants et un homme) poursuivies et abattues comme des bêtes au collège juif Ozar-Hatorah de Toulouse, la ville rose* qui héberge la tombe de Saint Thomas, le plus raisonnable des philosophes chrétiens.

Un autre coupable
On a d’abord pensé que le tueur pouvait être l’un des trois parachutistes radiés du 17e régiment de paras de Montauban en raison de leurs sympathies néonazies. Les journaux ont publié une photo des trois hommes faisant le salut hitlérien, enroulés dans un drapeau orné de la croix gammée.

Des jeunes fanatiques, français, blancs. Ils avaient la biographie-type de l’assassin, celui qui se venge des frères d’armes qui l’ont dénoncé, mais abat trois soldats d’origine maghrébine avant de s’en prendre à des juifs dans une école. Le prototype du militant lepéniste, ce qui ne veut pas dire que tous les électeurs de Jean-Marie Le Pen autrefois et de sa fille Marine [candidate de l’extrême droite à la présidentielle française] aujourd’hui sont des assassins en puissance.

La réalité nous aura désigné un autre coupable, ce Mohamed Merah, Français d’origine algérienne (un "immigré de deuxième génération", selon l’oxymore en usage) qui, à une heure du matin hier, a appelé le standard de la chaîne de télévision France 24 pour dévoiler les raisons d’une telle atrocité à la journaliste de service – Ebba Kalondo, une femme d’origine africaine (nous sommes dans une société multiethnique) à la voix douce et tranquille.

Mohamed Merah a dit être affilié à Al-Qaïda et a déclaré vouloir "venger nos petits frères et nos petites sœurs en Palestine", dénoncer la loi qui interdit le voile intégral pour les femmes musulmanes ainsi que la participation de l’armée française à la guerre en Afghanistan.

Comment est-il possible que deux scénarios aussi différents et même opposés aient pu être envisagés pour expliquer ces deux massacres ? La réponse est que l’un comme l’autre étaient également plausibles. Le terroriste islamiste comme le parachutiste néo-nazi appartiennent aux bas-fonds de la société, deux cauchemars opposés et qui pourtant cohabitent et ne se neutralisent pas l’un l’autre, mais au contraire se renforcent.

Le même court-circuit qu'à Oslo
Le court-circuit qui a été observé à Toulouse s’était déjà produit en juillet dernier à Oslo, lors du massacre perpétré par le fanatique Anders Behring Breivik : huit morts dans l’explosion d’une bombe, 69 morts par balles dans un camp de jeunes sociaux-démocrates.

La première hypothèse fut celle d’un acte perpétré par des terroristes islamistes contre de jeunes occidentaux. Or, le coupable était un Norvégien trentenaire aux cheveux blonds qui se définissait comme un fondamentaliste chrétien et pro-israélien, hostile au multiculturalisme, au marxisme et à l’islamisme. Il avait voulu frapper des jeunes socialistes qu’il tenait pour responsables d’une immigration musulmane massive.

Deux cauchemars différents, donc, mais complémentaires et compatibles au point que la politique a suspendu quelques heures durant une campagne présidentielle particulièrement acharnée. Par respect pour les victimes, certes, conformément à ce savoir-vivre qui en France est enseigné à l’école.

Mais aussi pour attendre d’avoir compris afin de ne pas commettre d’impair. Le ton est ferme, [le président Nicolas] Sarkozy a fait du thème de l’immigration et des étrangers son cheval de bataille pour contrer Marine Le Pen, au point que le Wall Street Journal l’a rebaptisé "Nicolas Le Pen".

Le président promet aux Français une France plus forte et plus fermée. Il n’a pas exclu de suspendre le traité de Schengen sur la libre circulation des personnes entre les pays de l’Union. Une perspective qui a fortement indisposé Angela Merkel, qui ne semble plus d’humeur à participer aux meetings électoraux de "Sarko" ainsi qu’elle l’avait promis.

Voilà le climat qui règne aujourd’hui dans cette France où Mohamed Merah, cellule dormante et solitaire d’Al-Qaïda depuis des années dans le quartier du Mirail de Toulouse, a décidé de passer à l’action. Cela aurait pu être un parachutiste néo-nazi. A la place, c’est le fantôme de Ben Laden. Ce qui n’a bien sûr rien de rassurant.

*en français dans le texte

Traduction : Jean-Baptise Bor
© Presse Europ

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UN RAPPORT RECENSE LES CAS DE DISCRIMINATION CONTRE LES CHRÉTIENS EN EUROPE

L’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination religieuse en Europe (OICDE) s’inquiète de l’augmentation des actes commis à l’encontre des chrétiens en Europe, dans un rapport publié lundi 19 mars.

19/03/2012 - Le texte publié lundi 19 mars par l'Observatoire sur l'intolérance et la discrimination religieuse en France d’une soixantaine de pages, disponible en anglais, recense près de 180 faits constituant une discrimination contre les différentes Églises.

Les cas dénombrés par l’Observatoire couvrent un très large spectre, allant des profanations de cimetières aux atteintes à la liberté de conscience, en passant par le retrait d’une application iPhone chrétienne ou le vandalisme contre des églises. Deux pièces de théâtre qui furent en France à l’origine d’une vive polémique, à l’automne, sont également considérées comme discriminatoires.

Sur les 180 cas recensés, une trentaine a eu lieu en France. Parmi eux, on distingue notamment l’interdiction par la préfecture d’une manifestation pro-vie à Paris, la profanation du cimetière de Sussargues (Hérault) ou l’inscription de graffitis sur une église bretonne, à Vannes (Morbihan). En France, selon le rapport, 84 % des actes de vandalisme sont dirigés contre des lieux de culte chrétiens.

« Les évêques d’Europe sont particulièrement attentifs à ces manifestations »
Néanmoins, le rapport relève des éléments positifs. Les observateurs, comme les médias, les parlementaires ou les chercheurs, portent davantage d’attention au phénomène que par le passé. En témoigne une récente prise de position de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, qui encourage ses États membres à réévaluer leurs lois qui porteraient préjudice aux chrétiens.

« Le jugement de la Cour européenne des droits de l’homme en faveur du maintien des crucifix dans les salles de classe italienne est également quelque chose de très positif », se félicite Martin Kugler, qui dirige l’observatoire, installé à Vienne (Autriche).

« Les évêques d’Europe sont particulièrement attentifs à ces manifestations de discrimination et d’intolérance religieuse, qui confirment en fait que certaines valeurs et certains droits fondamentaux propres à notre Europe, tels que la liberté de religion et la reconnaissance juridique de nos Églises, sont loin d’être un fait acquis dans certaines régions du continent », a pour sa part déclaré Mgr András Veres , évêque de Szombathely (Hongrie), chargé par le Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE) de suivre les activités de l’OIDCE.

Rapport remis en juin aux parlementaires européens
La compilation des actes antichrétiens sur laquelle se fonde le rapport est entièrement opérée par l’observatoire. « Nous les recensons puis nous les vérifions », explique Martin Kugler. « Notre travail est de recenser les faits. Les décideurs politiques, notamment européens, doivent désormais s’en saisir. »

L’OICDE présentera son rapport fin mars à Bruxelles, lors d’une réunion avec la Commission européenne. Puis en juin, il sera remis à des parlementaires européens lors d’un débat sur le sujet.

LOUP BESMOND DE SENNEVILLE
© La Croix

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BRÉSIL: ARRESTATION DE DEUX HOMMES ACCUSÉS DE PRÉPARER UN MASSACRE SUR INTERNET

23/03/2012 - La police brésilienne a annoncé vendredi l'arrestation de deux hommes à Curitiba (sud du Brésil) pour incitation à la violence et au racisme présumés sur internet après qu'ils eurent préparé un massacre d'étudiants à l'Université de Brasilia (UnB).

Marcelo Vale, 29 ans, technicien en informatique, et Emerson Eduardo Rodrigues, ex-étudiant en Lettres de l'UnB, ont été arrêtés jeudi dans le cadre de "l'Opération (contre l')Intolérance" déclenchée il y a cinq mois, et qui a les a identifiés comme étant les responsables du site raciste "silviokoerich.org", abrité sur un serveur de Malaisie.

Ce site, illustré de photos de femmes décapitées, prônait la violence et la discrimination contre les femmes, les noirs, les habitants de la région nord-est et pauvre du Brésil, les homosexuels et les juifs. Il réclamait également la "légalisation de la pédophilie" et contenait des phrases de soutien "au tueur de Realengo", Wellington Menezes de Oliveira.

Wellington, un ancien élève de 23 ans l'école de Realengo, dans la banlieue nord de Rio, avait sauvagement tués par balles 12 écoliers en avril 2011 avant d'être abattu par la police.

La police enquête sur de possibles liens entre Wellington et les responsables du site raciste qui reprenaient des phrases de Wellington dans la lettre trouvée sur lui, après sa mort: "Les impurs ne peuvent me toucher".

"Je travaille depuis dix ans dans ce domaine et c'est l'un des cas les plus graves que j'aie vus", a déclaré le commissaire Fluvio Garcia qui enquête sur les délits sur internet, cité par le quotidien Folha de Sao Paulo.

Un texte posté le 12 mars laisse entendre que Vale et Rodrigues avaient l'intention de tuer des étudiants du cours de Sciences sociales de l'UnB.

"Je compte les jours, les balles; je rêve des cris des chiennes et des gauchistes qui pleurent, en m'implorant pour rester en vie", dit l'un des extraits. Les policiers ont trouvé une carte de la salle où se réunissent les étudiants chez l'un des deux accusés.

Le site de l'ONG SaferNet qui surveille les cas d'incitation à la violence et au racisme a enregistré la semaine dernière près de 70.000 dénonciations contre le site.

Les deux accusés encourent des peines de six ans de prison ferme, selon la police.
© France 24

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SENTENCE HISTORIQUE: LE CHILI CONDAMNÉ POUR HOMOPHOBIE

C'est une première: la Cour interaméricaine des droits de l'homme vient de condamner l'Etat chilien pour discrimination fondée sur l'orientation sexuelle. Karen Atala avait perdu, en 2004, la garde de ses enfants en raison de son homosexualité. Par Claire Martin

22/03/2012 - Regina a 12 ans, Victoria en a 14 et Matilde 17. Depuis huit ans, les trois jeunes Chiliennes voient leur mère tout au plus deux week-ends par mois, quand cette dernière peut parcourir les 700 km qui les séparent, et un mois par an, pour les vacances. En 2004, la Cour suprême avait omis l’avis des fillettes qui disaient vouloir rester avec leur maman. A ses yeux, en vivant avec sa compagne, Karen Atala (photo) avait «fait passer ses intérêts propres avant ceux de ses filles».

Des excuses publiques
La Cour ajoutait: «Outre les effets que cette vie commune peut causer sur leur bien-être psychique et émotionnel (…), l’éventuelle confusion des rôles sexuels que peut produire sur eux la carence d’un père de sexe masculin et son remplacement par une autre personne de genre féminin au foyer constitue une situation à risque pour le développement général des mineures.»

Mardi, la Cour interaméricaine des droits de l’homme, qui dépend de l’Organisation des Etats américains (OEA), a déclaré le Chili coupable de violation du droit à l’égalité et du droit à la vie privée. «C’est une sentence historique, souligne Jorge Contesse, avocat de Karen Atala. Pour la première fois, une Cour internationale condamne la discrimination sexuelle, ce qui crée un précédent pour tous les pays d’Amérique.»

La Cour suprême s'enfonce
Rolando Jimenez, président de l’association des gays, lesbiennes et trans du Chili (Movilh) a ajouté: «On se souviendra du Chili comme du premier Etat condamné pour discrimination sexuelle.» On peut imaginer en effet que les juges réfléchiront à deux fois avant d’émettre des jugements basés sur des critères homophobes…

L’Etat chilien est donc condamné à payer 60.000 dollars à Karen Atala et environ 12.000 à chacune de ses filles, à leur garantir un suivi psychologique gratuit, à émettre publiquement ses excuses et à renforcer la formation des magistrats pour éviter les discriminations. Si le ministre de la Justice, Teodoro Ribera, a immédiatement annoncé que ces mesures seraient appliquées dans les plus brefs délais et affirmé «l'attachement du (Chili) aux droits de l'homme et au droit international», la Cour suprême a rejeté l’accusation. «Je pense qu’il n’y a pas eu discrimination», a commenté Jaime Rodriguez, le porte-parole de l’institution. «La sentence s’était moins centrée sur l’option sexuelle que sur les possibilités de risques encourues par les petites filles.»

«Se débarrasser de l'étiquette de mauvaise mère»
La porte-parole de Karen Atala a fait savoir sa joie et son soulagement: «Elle peut enfin se débarrasser de l’étiquette de mauvaise mère qu’on lui avait collée.» Elle n’aurait pas l’intention de redemander la garde de ses filles afin de leur éviter un nouveau procès. Elles retrouveront peut-être leur mère une fois majeures.

Ce jugement intervient alors qu'un mouvement prend naissance au Chili sur les droits homosexuels: le président Sebastian Piñera (droite) a présenté en 2011 un projet de loi sur la famille qui aboutit à reconnaître civilement les couples homosexuels. Mais le projet de loi tarde à être étudié au Parlement.
© Têtu

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MEURTRE ET SOUPÇON DE RACISME AUX ÉTATS-UNIS

Un Blanc qui effectuait des rondes dans son quartier a abattu un Noir désarmé et innocent.

22/03/2012 - L’affaire est très sensible aux Etats-Unis parce qu'elle mêle couleur de peau et contrôle des armes à feu. Un jeune Noir américain a en effet été abattu fin février par un jeune Blanc qui se voulait milicien et faisait des rondes pour surveiller son quartier dans la banlieue d'Orlando, en Floride. Problème : la victime n’était pas armée et la police avait spécifiquement demandé au tireur de ne pas ouvrir le feu.

"Il y a quelque qui cloche avec ce type"
Le 26 février, alors qu'il rentrait chez lui après avoir acheté des sucreries, Trayvon Martin avait été repéré dans une zone résidentielle par George Zimmerman, un Blanc d'origine hispanique de 28 ans, qui patrouillait armé pour prévenir d'éventuels cambriolages ou délits.

Après avoir appelé le numéro d'urgence 911, le milicien explique au policier qu'il a en ligne que la personne qu'il suit lui semble "suspecte". "Il y a quelque qui cloche avec ce type", affirme-t-il, avant d’ajouter : "ces salauds finissent toujours par s'en sortir".

Mais le policier lui dit alors ensuite de ne pas suivre cette personne et l'informe qu'une patrouille de police va être envoyée sur place. Mais dans les minutes suivantes, George Zimmerman tire finalement sur Trayvon Martin, dans des circonstances qui restent floues. Ce dernier, âgé de 17 ans, meurt sur le coup.

"Je veux que justice soit rendue"
Ce meurtre a provoqué une vive émotion aux Etats-Unis, au point qu’un million de signatures ont été collectées sur le site change.org, qui organise des pétitions en ligne, pour demander l'arrestation et l'inculpation de George Zimmerman.

"Je suis une mère ordinaire", raconte Sybrina Fulton, la mère de la jeune victime, qui organise la campagne de signatures. "Mon coeur est brisé (...) je veux que justice soit rendue à mon fils".

L’affaire s’étend au reste du pays
Après avoir enflammé les esprits en Floride, où des manifestations ont lieu quotidiennement pour dénoncer des relents de racisme, le mouvement se propage au reste du pays. "La prochaine fois, est-ce que ce sera mon tour?", "Je ne suis pas suspect!", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par de jeunes Noirs lors d'un rassemblement mercredi à New York.

Une nouvelle manifestation est prévue jeudi à Sanford, en présence du pasteur Al Sharpton, célèbre défenseur de la cause des Noirs et des droits civiques.

Le chef de la police temporairement écarté
Les réactions sont d’autant plus vives que l'enquête du chef de la police de Sanford ne semble pas exempte de tout reproche, si bien que ce dernier a fait l’objet mercredi d’une motion de défiance de la part du conseil municipal de la ville. Ce dernier a par ailleurs demandé "une enquête indépendante sur l'action de la police après la fusillade".

Résultat, le chef de la police s’est temporairement retiré de ses fonctions. "Il est manifeste que mon implication dans cette affaire gêne la procédure", a-t-il déclaré à des journalistes le chef de la police.
© Europe 1

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FEDEX: TROIS MILLIONS DE DOLLARS POUR DISCRIMINATION (États-Unis)

Le ministère américain du Travail a annoncé jeudi que le groupe de logistique Federal Expres (FedEx) avait accepté de solder moyennant 3 millions de dollars des poursuites pour discrimination, notamment raciale.

22/03/2012 - Cet accord, résultat de sept ans d'inspections des implantations de FedEx aux États-Unis, représente le plus gros accord financier de ce type depuis 2004, a souligné le ministère.

Les inspecteurs de l'administration ont établi que les processus de recrutement de filiales de FedEx «discriminaient sur la base du sexe, de la race et/ou de l'origine nationale visant certains groupes, dans 23 implantations situées dans 15 États».

Les victimes sont «des chercheurs d'emplois hommes et des femmes, des Noirs, des Blancs et des Améridiens, ainsi que des chercheurs d'emploi d'origine asiatique ou hispanique», a expliqué le ministère.

L'accord prévoit le versement de 3 millions de dollars, en rattrapage de salaires et intérêts, à 21 635 candidats. «FedEx a aussi accepté d'offrir des emplois à 1703 personnes quand des postes se libèreront».

«Aux termes de cet accord FedEx devrait vraiment examiner et réformer ses procédures d'embauche dans l'ensemble du groupe», a souligné Patricia Chiu, une responsable du ministère chargée de veiller au respect des règlements antidiscrimination dans les entreprises qui sont sous contrat avec l'État fédéral.

Les infractions ont été signalées aux quatre coins des États-Unis, de la Californie (ouest) à la Floride (sud-est), de Chicago (Illinois, nord) à San Antonio (Texas, sud).

L'action de FedEx, qui a publié par ailleurs des résultats trimestriels en demi-teinte jeudi, chutait de 4,44% à 91,46 dollars vers midi à la Bourse de New York.
© CyberPresse

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L’ORIENTATION SEXUELLE N’EST PLUS UN TABOU À L’ONU

Pour la première fois, une enceinte de l’ONU a débattu à Genève des discriminations et des violences subies par les personnes homosexuelles et transgenres. Lobbyiste à l’ONU, John Fisher fait le point sur les avancées du Conseil des droits de l’homme qui termine cette semaine sa session principale. Par Frédéric Burnand, SwissInfo

23/03/2012 - Au début de sa 19e session, le Conseil des droits de l'homme a tenu une réunion sur les discriminations et les violences contre des personnes en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre. Un débat qualifié d’historique par Ban ki-moon. Le secrétaire général de l’ONU a aussi souligné son urgence: «De par son mandat, il incombe à l'Organisation des Nations Unies de protéger les droits de tous les êtres humains (…) Nombre de lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) sont torturés, emprisonnés et tués.»

De son côté, la Haut-Commissaire aux droits de l'homme s’est dite «convaincue que personne ici ne tolère de telles violences. Ces violations sur la base de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre se produisent partout dans le monde. Certains États disposent de dispositifs de protection mais, trop souvent, les acteurs sur le terrain, comme les forces de police, ne sont pas formés pour traiter ces questions. Parfois aussi, les victimes n'osent pas porter plainte.»

Et Navi Pillay de marteler : «Lorsqu'il s'agit de violence systématique, le Conseil des droits de l’homme se doit de réagir.»

Un point de vue que récuse le Pakistan qui a rappelé, lors de cette réunion «l'opposition de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) au débat sur la question vague et biaisée de l'orientation sexuelle.»

Un rejet également manifesté par les pays africains et arabes. «Compte tenu des priorités et des problèmes actuels, le Groupe arabe se demande s'il convient vraiment de traiter cette question. Le Groupe arabe réaffirme son opposition catégorique à cette notion, lui opposant celle du respect de l'institution du mariage et de la famille» a justifié le représentant mauritanien.

Après avoir rappelé l’ampleur des discriminations y compris en Europe, le diplomate représentant la Suisse a regretté «que certaines délégations aient choisi de ne pas participer à cette réunion-débat. Notre compréhension des droits de l'homme requiert que ceux-ci s'appliquent à toutes et à tous, et ce sans discrimination.»

Co-directeur d’ARC International - une ONG de défense des LGBT, en particulier au sein des organisations internationales -, John Fisher détaille le contexte de cette réunion.

swissinfo: En quoi cette réunion-débat marque-t-elle une avancée ?
John Fisher: Quand je suis arrivé à Genève il y a 6 ans, ce thème était encore invisible, certains pays estimant qu’il n’avait rien à faire aux Nations unies comme question internationale. Et ce même si les homosexuels existent dans tous les types de sociétés.

Cette réunion officielle est donc très importante. C’est la première fois qu’à l’ONU, une séance plénière a discuté le thème de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre sous l’angle des droits humains.

Pour avoir lieu, ce panel a fait l’objet en juin 2011 d’une résolution du Conseil présentée par l’Afrique du Sud avec l’appui de pays de toutes les régions de l’ONU. C’est une évolution significative, car dans le passé, les régions étaient très polarisées sur ce thème. Ce qui bloquait tout progrès possible.

D’ailleurs, une douzaine rapporteurs spéciaux (enquêteurs de l’ONU) ont déjà intégré cette thématique dans leur rapport sur la violation des droits humains. Le thème est également repris par certains ambassadeurs à l’occasion de l’examen périodique universel des Etats au Conseil des droits de l’homme.

swissinfo: Manifesté l’année dernière par un discours remarqué de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, l’engagement des Etats-Unis a-t-il été déterminant?
Ce discours a été une contribution importante au débat. Il a envoyé un message fort et clair. Mais on ne peut pas attribuer cette dynamique au sein des Etats à une seule cause.

L’Afrique du Sud a également joué un rôle très important pour ouvrir le débat au sein du groupe africain, tout comme le Rwanda qui a déclaré il y a 2 ans devant l’Assemblée générale de l’ONU: «Nous avons appris de notre histoire. Cette question est difficile pour nos pays, mais il est important de respecter les droits de chaque personne.»

Pour favoriser le meilleur climat possible, la société civile et des pays de toutes les régions du monde ont également fourni de gros efforts. Aujourd’hui, le débat est donc lancé et tout le monde reconnaît que ce thème doit être empoigné par l’ONU pour qu’elle respecte son mandat.

swissinfo: Quels objectifs visez-vous ?
Comme toutes les démarches pour l’égalité, c’est un combat qui n’est jamais fini. Avec 76 pays qui continuent de criminaliser l’homosexualité, le travail est encore immense.

Mais selon nous, il n’est pas forcément nécessaire d’adopter de nouveaux textes légaux ou une convention internationale. Nous les LGBT devons pouvoir jouir de tous les droits existants, que ce soit le droit à la vie ou la liberté d’expression.

Concrètement, les Etats doivent donc appliquer le droit international aux individus stigmatisés pour leur orientation sexuelle.

swissinfo: Ce sujet va-t-il devenir aussi polémique que la diffamation des religions ?
Nous sommes encore loin d’un consensus. Lors du panel, des délégués de pays membres de l’OCI ont quitté la salle, certains ne voulant même pas entrer en matière.

Mais deux jours plus tard, le Vatican a organisé une table ronde avec des représentants de l’OCI et tous les participants ont reconnu que les meurtres et les violences à l’encontre des personnes LGTB étaient injustifiables.
© SwissInfo

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Les titres de l'actualité du 16 Mars, 2012

SARKOZY DEMANDE DES EXCUSES À LA LICRA (France)

16/03/2012 - Nicolas Sarkozy a demandé aujourd'hui au président de la Licra Alain Jakubowicz de "revenir" sur les propos "blessants" qu'il a tenus à son encontre au sujet de sa proposition de supprimer le mot "race" de la Constitution, dans une lettre rendue publique par son état-major.

"Je vous demande (...) de bien vouloir revenir publiquement sur vos propos, blessants autant qu'inexacts, s'agissant de ma supposée proximité idéologique avec la présidente du Front National", écrit le candidat UMP à l'élection présidentielle.
"Je ne peux donc, au regard de votre déclaration, que retirer mon accord à la proposition que vous m'aviez faite d'être représenté au débat que votre association organise à Nîmes, le 17 mars, avec des porte-parole de candidats à l'élection présidentielle", ajoute M. Sarkozy.

Jeudi dans une déclaration à l'AFP, M. Jakubowicz avait qualifié d'"assez proches de ceux de Mme le Pen, les arguments développés par Nicolas Sarkozy contre la proposition de supprimer le mot +race+ de la Constitution". C'est l'une des 50 propositions de la Licra "pour une France plus fraternelle". Les candidats Eva Joly (EELV), François Hollande (PS) et Jean-Luc Mélenchon (FG) se sont prononcés en sa faveur, alors que Marine Le Pen (FN) l'a qualifiée d'"absurde". "Le ridicule dépasse les bornes", a jugé M. Sarkozy en évoquant cette proposition. Il a également reproché à son adversaire socialiste de vouloir "faire la guerre au dictionnaire".

Dans sa lettre au président de la Licra, M. Sarkozy explique que "la poursuite d'actes odieux commis à raison de l'appartenance supposée de la victime à un groupe humain exige la présence, dans notre Constitution, comme c'est le cas à de multiples reprises dans notre code pénal, de la mention explicite du motif de ces actes". "Le supprimer dans ces textes abaisserait la protection dont dispose ainsi, à chaque niveau de la hiérarchie des normes, tout être humain sur le territoire de la République française", conclut-il.
© Le Figaro

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GAUCHE ET CENTRE POUR SUPPRIMER LE MOT "RACE" DE LA CONSTITUTION (France)

16/03/2012 - Trois candidats à l'élection présidentielle rejoignent François Hollande dans son souhait de supprimer le mot "race" dans l'article premier de la Constitution, comme l'a demandé la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra).

François Bayrou (Modem), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et l'écologiste Eva Joly se prononcent en ce sens dans un film réalisé pour la Licra et qui sera montré samedi.

Une proposition déjà reprise à son compte par le candidat socialiste, et à laquelle Nicolas Sarkozy s'est vivement opposé.

Eva Joly propose dans le film de remplacer le mot "race" par "genre", François Bayrou adhérant pour sa part au mot "origine" proposé par la Licra. Jean-Luc Mélenchon ne veut pas se "prononcer à la légère" mais est opposé à cette proposition.

"C'est quoi une origine? Moi je suis de nulle part et de partout", déclare-t-il dans le film.

La Licra fait 50 propositions pour une France "plus fraternelle" mais certaines d'entre elles ne font pas l'unanimité, notamment l'idée de dépénaliser le séjour irrégulier des étrangers.

Si Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon sont pour, François Bayrou et François Hollande se montrent beaucoup plus prudents.

"Un séjour est irrégulier et ne peut pas être autorisé", dit le candidat socialiste, avant de s'interroger sur la nécessité de le pénaliser. "Les gouvernants ont constamment en tête (la) préoccupation que ça ne fasse pas signal et appel d'air", répond de son côté le Président du Modem.

Nicolas Sarkozy, qui a "refusé d'être filmé et enregistré", d'après la Licra, n'apparaît pas dans ce film réalisé par le journaliste Serge Moati et qui sera diffusé samedi lors de la convention de l'association à Nîmes.

Le président-candidat s'est toutefois entretenu jeudi avec Alain Jakubowicz, le président de la Licra. Un entretien qui a fait ressortir leur opposition sur "tout ce qui a trait à l'immigration et à l'intégration", dit Alain Jakubowicz.

"Le plus important était qu'il le reçoive, ce qu'il a fait. Le fait qu'il soit filmé, ce n'est pas ce qui était important", souligne-on au QG de campagne de Nicolas Sarkozy, ajoutant que le refus de la vidéo tenait aussi à une volonté d'avoir "un échange libre".

La présidente du Front national Marine Le Pen n'apparaît pas non plus dans ce film, la Licra ne l'ayant pas conviée à un échange sur le sujet.

Chine Labbé, édité par Yves Clarisse
© Le Point

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UN CAMP DE ROMS ATTAQUÉ AU COCKTAIL MOLOTOV (France)

16/03/2012 - Les familles roms de Vaulx en Velin vivent depuis plusieurs jours un véritable enfer.

Du squat parti en fumée au gymnase
Tout commence dans la nuit du 23 au 24 février 2012. Environ 140 roms qui occupent une usine abandonnée sont réveillés en pleine nuit par un incendie qui détruit leur squat.

L’origine du sinistre est inconnu. Il n’y a pas de victime.

Relogés en urgence dans un gymnase municipal par la mairie de Vaulx en Velin, les familles qui comptent de très nombreux enfants, pensent trouver là un répit pour quelques jours, le temps de se retourner.

C’est mal connaître les élus de gauche et leur politique vis-à-vis des roms.

A Vénissieux, déjà, en novembre 2011, madame Picard, maire communiste avait demandé au préfet d’expulser des familles qui occupaient son centre social pour réclamer… Des places d’hébergements d’urgence

Monsieur Génin, maire communiste de Vaulx en Velin accorde donc une nuit. Pas plus.

Dès le lendemain, il affiche sur la porte de son gymnase un arrêté municipal de fin d’autorisation d’occupation des lieux. Dans le même temps, il engage une procédure en référé pour demander leur expulsion à un juge.

Les familles doivent partir. Pour aller où ? « Ce n’est pas mon problème dit le maire. C’est le problème de l’Etat, de l’Europe… »

C’est ce qui s’appelle se refiler la patate chaude.

Mais la mairie ne se contente pas de saisir la justice. Elle saisit aussi la préfecture.

Pour sauver les apparences et expulser sans avoir l’air d’expulser, le maire de Vaulx en Velin et la préfecture inventent une méthode inédite : l’invitation à libérer les lieux.

Avec le référé engagé, les familles ne peuvent plus être expulsées sans décision de justice. Mais si elles partent d’elles-mêmes… C’est gagné pour la mairie qui récupère son gymnase.

La mairie décide donc d’autoriser la police à rentrer dans le gymnase pour procéder à des contrôles d’identité.

A la fin des contrôles, les policiers demandent fermement aux familles de sortir du gymnase. Et que croyez-vous qu’il arrive ? Oh surprise, les familles acceptent bien gentiment de quitter les lieux.

La mairie s’empresse de nettoyer et de fermer le gymnase. Elle va aussi probablement brûler un cierge pour remercier la préfecture qui lui enlève une sacré épine du pied.

Quand il s’agit des roms, droite, gauche, centre, tout le monde apporte la même réponse : « dégage ! ».

Du gymnase au nouveau squat
Les familles se retrouvent donc sur un petit square où elles passent la journée avant de prendre la direction d’un terrain avec des hangars abandonnés et une maison attenante. Le terrain appartient à Grand Lyon Habitat. A l’entrée est affiché un permis de démolir… Pour y construire des logements sociaux.

Très rapidement un attroupement se forme. Les roms prennent possession des lieux et la course aux 48 heures commence.

Lorsqu’un squat est occupé, le propriétaire peut demander à la préfecture l’expulsion qui doit être réalisée dans les 48 heures. Au delà, le recours à un juge est obligatoire. La procédure peut prendre des mois.

Les riverains sortent de chez eux et commencent à s’époumoner : « pas de ça chez nous… », « qu’ils rentrent dans leur pays », « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde », je vous passe la litanie, on la connaît tous.

Des représentants de la mairie sont là ainsi que quelques militants associatifs.

Après quelques minutes, la police elle aussi arrive. Un déploiement impressionnant de plusieurs dizaines de fonctionnaires qui commencent à se positionner devant le squat.

Ils sont là pour expulser les familles. Bien que la loi exige une demande du propriétaire avant d’expulser des squatteurs d’un lieu, le préfet Carenco n’hésite pas appliquer sa propre loi. En l’occurrence une disposition de la loi Loppsi2 qui avait pourtant été censurée par le Conseil Constitutionnel et qui permettait au préfet d’expulser des gens de votre jardin, même si vous étiez d’accord pour les accueillir. (1)

Face aux militants associatifs, aux riverains et à la présence de fonctionnaires municipaux, la police renonce finalement à expulser illégalement les familles et bat en retraite.

Comble de l’hypocrisie dans cette affaire, on apprendra plus tard par un représentant de Grand Lyon Habitat que la préfecture a bien été saisie d’une demande d’expulsion le lendemain de l’occupation mais que le préfet a choisi de l’ignorer. Ce faisant, il permet aux familles de s’installer sur les lieux pendant plusieurs mois, le temps qu’un juge décide de leur sort.

Il ne faudrait pas croire que la préfecture permet aux roms d’occuper des terrains. Il s’agit tout simplement d’une stratégie qui lui permet de fixer les personnes sur un site pour ensuite leur délivrer des OQTF en masse et les expulser du territoire français. (2)

Jour après jour, le squat s’organise. Des palettes en bois sont récupérées pour construire des cabanes. Le terrain est nettoyé, de vieux pneus sur lesquels on installe des planches servent de sommier. Les enfants retrouvent le sourire.

Un large mouvement de solidarité commence à s’installer. Les voisins qui le premier soir étaient très remontés reviennent discrètement pour apporter de la nourriture ou des vêtements. Ils se disent touchés par tous ces enfants. Des associations organisent des repas, des particuliers amènent des sacs de vêtements, des couches, des entreprises amènent du bois. Même la mairie participe à cet élan de solidarité en apportant une benne pour les détritus. La contribution municipale a tout de même des limites. Pas question d’apporter des toilettes ou de l’eau. « Ca coûte trop cher ».

Tout se passe à peu près bien jusqu’au 8 mars.

Là, vers 7 heures du matin, une dizaine de véhicules de polices arrive et de nombreux policiers rentrent sur le terrain. « Des policiers ont sauté par dessus le grillage comme des terroristes » dira un habitant. Un véhicule se positionne à l’entrée du bâtiment et allume ses feux pour éclairer le hangar plongé dans l’obscurité. Les fonctionnaires tambourinent aux portes. Certaines sont fracturées à coups de pied. Les enfants sont tirés de leur sommeil, c’est la panique.

Tout le monde est regroupé dehors contre le mur et les contrôles commencent avec une interprète. Nom, prénom, date de naissance, depuis combien de temps êtes-vous en France ? L’interrogatoire dure quelques secondes et le fonctionnaire de police demande aux gens de signer leur déclaration qui servira de base pour rédiger l’OQTF. Certains refusent de signer.

Les roms en sont pris en photo.

Des policiers qui prennent leur beau métier particulièrement à cœur font des remarques : « Vous n’avez pas le droit d’être ici. De toutes façons, vous allez bientôt dégager ». Une heure après l’opération de police est terminée. La vie reprend.

Le lendemain, rebelotte. La police refait une descente. Mais cette fois, c’est pour délivrer des OQTF en s’appuyant sur l’opération de la veille. Les fonctionnaires de la préfecture ont du travailler sur le dossier toute la journée pour être prêts dès le lendemain.

« Selon votre déclaration lors du procès-verbal du 8 mars 2012... ». La boucle est bouclée.

On laisse les roms s’installer sur le terrain, on ne répond pas à la demande d’expulsion du propriétaire dans les 48 heures, on recense tout le monde, on leur fait signer un papier et le lendemain on distribue des OQTF. La méthode est bien rôdée. Le préfet applique à la lettre la circulaire illégale du 5 août 2010 demandant le démantelement des camps de roms.

Attaque à coups de pierres
Le 9 mars au soir, lors d’une distribution alimentaire organisée par une association, un riverain très excité rentre sur le terrain. Il explique qu’il vient de se faire cambrioler et qu’il est certain que les auteurs sont des roms. Le ton monte puis l’homme repart.

Vers 23 heures 30, alors que tout le monde dort, plusieurs jeunes pénètrent dans le camp et commencent à jeter des pierres et des parpaings sur toutes les vitres.

Dans la maison attenante au garage, les volets sont ouverts. Les pierres fusent et traversent les carreaux. Les vitres volent en éclat.

Toutes les vitres de la maison sont détruites. Puis les agresseurs s’en prennent à une voiture qui est garée dans le squat. Quelques instants suffisent pour qu’elle se retrouve sans vitre.

Un des habitants appelle la police. Quand celle-ci arrive sur place, les deux groupes se font face. D’un côté des jeunes très excités qui viennent de saccager le camp, de l’autre des femmes apeurées avec leurs enfants dans les bras.

Selon plusieurs personnes présentes sur place, on assiste alors à des scènes pour le moins surprenantes.

En arrivant, des policiers serrent la main de certains jeunes qui viennent de caillasser le camp. D’autres leur font signe de la main de partir discrètement.

Un témoin choqué raconte : « Ils insultaient les roumains et les menaçaient, la police n’a même pas essayé de les calmer. »

Soudain, une menace effrayante est lancée : « Nous reviendrons demain tout brûler ».

Les policiers présents font mine de ne rien entendre.

Les jeunes décident finalement de repartir. La police n’a procédé à aucun contrôle d’identité ni aucune arrestation.

L’heure est au bilan : plusieurs personnes dont des enfants ont reçu des jets de pierre. En traversant une des vitres, un gros caillou est tombé sur la tête d’une enfant endormie. Elle présente une bosse de la taille d’un œuf. Elle aurait pu être blessée beaucoup plus gravement. Toutes les vitres de la maison sont cassées, même celles des étages. Une voiture a été saccagée.

La police repartie, la menace des agresseurs empêche de dormir beaucoup de monde. « Nous reviendrons tout brûler… »

Attaque aux cocktails Molotov
Le lendemain, comme on pouvait s’y attendre, les jeunes sont revenus. Et ils ont tenu parole.

Alors que les familles se trouvent réunies dans la cour autour d’un feu et que les hommes font des rondes pour protéger le squat, un premier cocktail Molotov tombe dans le jardin qui se trouve derrière le bâtiment.

Un second cocktail Molotov tombe sur le toit d’un atelier voisin et déclenche un début d’incendie.

Soudain, plusieurs explosions retentissent. Les agresseurs viennent de mettre le feu à un véhicule appartenant à l’un des occupants du squat.

Les riverains sont réveillés en sursaut : « j’ai entendu plusieurs explosions. Je suis sorti de chez moi et j’ai vu le véhicule en flamme. »

Quand la police et les pompiers arrivent, les agresseurs, eux, ont déjà disparu.

Le lendemain, c’est l’heure des comptes. Tout le monde se réveille comme s’il sortait d’un mauvais rêve. La carcasse calcinée de la voiture et les traces du cocktail Molotov rappellent que tout cela est bien réel.

Chez les roms, une vive polémique éclate. Certains reprochant à d’autres de ne pas avoir dormi sur place afin de mettre à l'abri leur famille. « Pour se protéger, nous avons besoin d’hommes ».

Chez les riverains, le traumatisme est aussi important. « Voilà 20 ans que j’habite le quartier. Je n’ai jamais vu une voiture brûlée avant leur arrivée. »

Et oui, pour les riverains, les coupables ne sont pas ceux qui ont attaqué le camp. Les coupables, ce sont les roms.

Du côté de la préfecture, on assure qu’une enquête est ouverte et que l’on recherche activement les responsables. Tiens, c’est bizarre. Deux jours avant la police avait tous les coupables sous la main, pas un n’a été arrêté. Aujourd’hui, ils les recherchent…

En attendant de retrouver les coupables, la réponse de la préfecture ne s’est pas faite attendre. Dès le lendemain matin, mardi 13 mars, une vingtaine de policiers se présente devant le squat. Des policiers cassent les cadenas qui protègent l’entrée et pénètrent sur le terrain.

Comme l’autre matin, ils tambourinent aux portes réveillent tout le monde et procèdent à des contrôles d’identité.

Recherchent-ils les agresseurs parmi les agressés ?

Non, c’est juste une opération de police pour s’assurer qu’il n’y a pas de roumains en situation irrégulière…

Selon une association de défense des droits des roms, ces contrôles ne s’appuient sur aucune base juridique. Les policiers n’ont présenté aucune réquisition du procureur. Dans leur procès-verbal, on lira probablement qu’ils ont été invités à pénétrer sur le terrain par les occupants.

Et demain ?
La situation des roms de Vaulx en Velin est inquiétante à plus d’un titre.

Tout à commencé par des menaces, puis des pierres et maintenant des cocktails Molotov. Où cela va-t-il s’arrêter ?

Aux menaces de mort et aux pressions des riverains s’ajoute maintenant le harcèlement policier. En pleine campagne électorale où un candidat président est prêt à tout pour récupérer les voix du Front National, on peut craindre le pire pour les familles roms.

Sarkozy, dans son discours stigmatisant de Grenoble a clairement désigné les roms comme boucs émissaires à une population toute entière, mais également à ses forces de police. (3)

Les ravages de son discours et de sa politique se font très cruellement ressentir et les dérapages commencent à prendre des proportions incontrôlables.

A force d’entendre que les roms ne sont que des voleurs de poules, des délinquants incapables de s’intégrer, certains décident maintenant de les brûler vifs.

Cette fois-ci, les cocktails Molotov se sont arrêtés dans le jardin et sur les toits. Que se passera-t-il quand les prochains atterriront dans la maison ?

Personne ne pourra dire qu’il n’a pas été prévenu.

A Vaulx en Velin, comme dans de nombreux squats occupés par des roms, la moitié des occupants sont des enfants. Le plus petit à 15 jours.

Comment la France, « patrie des droits de l’homme », si prompte à donner des leçons de démocratie à la terre entière, peut-elle infliger de telle conditions de vie à des enfants ?

C’est une honte.

Par Philippe Alain

(1) http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20110311.OBS9469/securite-la-loi-loppsi-2-est-largement-censuree.html

(2) Obligation de Quitter le Territoire Français

(3) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/220911/la-roumanie-nest-pas-auschwitz-mais-ici-cest-deja-vichy
© MédiaPart

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RETOUR DU RACISME DANS LES TRIBUNES DE FOOT : LE CAS DE LYON (France)

Le « nettoyage » du Parc des Princes n'a pas réglé le problème du racisme dans le foot. A Lyon, on s'inquiète du retour de l'extrême-droite. Par Anthony Cerveaux, journaliste

16/03/2012 - Le problème du racisme dans les stades de foot n'a pas été éradiqué avec le « nettoyage » du Parc des Princes. Si l'on en croit la division de lutte contre le hooliganisme (DNLH), le racisme ferait aujourd'hui son retour du côté de Lyon.

Antoine Boutonnet, patron de la DNLH :

« Le 27 août, pour la réception de Montpellier, certains supporters lyonnais ont poussé des cris de singes […] Des faits similaires ont été signalés à Saint-Etienne, où six pseudo-supporters de Lyon ont été interpellés après avoir tagué des croix gammées sur des véhicules et des bâtiments. »

Xavier Pierrot, en charge de l'organisation des rencontres à l'OL :

« Par rapport à l'affluence du stade Gerland, autour de 35 000 personnes en moyenne, on parle quand même d'un nombre très réduit de personnes. »

« White power, une seule couleur »
Cependant, depuis quelques années, le phénomène prend de l'ampleur. Certains signes laissent penser que c'est le virage sud de Lyon qui est désormais un terrain propice à l'expression des idées d'extrême-droite. Un supporter habitué des tribunes latérales lyonnaises dit ainsi avoir déjà aperçu le drapeau des jeunesses nationalistes en bas du virage.

Sur une vidéo amateur (supprimée depuis), on peut voir quelques membres du virage scander « White Power, une seule couleur » face aux supporters montpelliérains, sans doute jugés trop « cosmopolites ». C'était à la fin du mois d'août. Patrick Kahn, président de la Licra Rhône-Alpes :

« Il y a un vrai problème avec l'extrême-droite dans le stade de Gerland. Cette année, il y a une parole de plus en plus libre et de plus en plus assumée au virage sud. Sous couvert de supportérisme, on procède au recrutement de gamins de 16-17 ans qui sont fascinés par tout ce folklore. »

Déjà au début des années 90
La direction de l'Olympique Lyonnais assure être consciente de tout ça et décidée à réagir. Xavier Pierrot :

« Après cet incident lors de Lyon-Montpellier et ce slogan proféré par certains individus qui ont nui à l'image de l'OL, toutes les composantes du club et des tribunes se sont réunies et un message clair sur notre fermeté a été transmis, relayé par les groupes à leurs membres.

Le stade, c'est une ville. Le public est libre d'avoir des idées politiques diverses qui vont de l'extrême droite jusqu'à l'extrême gauche, mais Jean-Michel Aulas a toujours été très clair là-dessus : il n'y a pas de message politique au stade autre que le soutien à l'OL. »

Le racisme à Gerland, ce n'est pas nouveau. Au début des années 90, certains supporters du virage nord exhibaient un drapeau nazi en tribune. Echarpes et bâches des Bad Gones (principal groupe de supporters lyonnais) comportaient à l'époque une croix celtique, et un fanzine du groupe reprenait le vocabulaire guerrier du IIIe Reich.

Lyon 1950 dans le collimateur
Et puis les Gones se sont calmés, pressés par le club et l'émergence de nouveaux leaders. Le groupe a évolué, décidant de ne plus faire de politique au stade. Du coup, les éléments les plus radicaux se sont progressivement éloignés.

Aujourd'hui, les supporters qui posent problème se trouvent en face. Le seul groupe officiel du virage sud, Lyon 1950, contacté par Rue 89, n'a pas donné suite. Mais dans une interview à Lyon Capitale, Christophe, son porte-parole, explique :

« Lyon 1950 se veut apolitique. On ne va pas se le cacher, c'est un fait, une majorité de personnes impliquées dans les groupes de supporters existants à Gerland sont plutôt à droite. Je ne vais pas vous raconter d'histoires et vous dire qu'à Lyon, les membres des différents groupes sont des sympathisants du NPA, ça ne serait pas vrai. Maintenant que les choses soient claires : à Lyon 1950, notre seule politique, c'est l'OL. »

« On n'est pas antisémite, on est nationaliste »
Selon Patrick Kahn, les membres de Lyon 1950 seraient bien plus qu'à droite :

« On a rencontré les membres de ce groupe, et malgré leur discours de réhabilitation pour modifier l'image du groupe auprès de l'OL et du préfet, personne n'est dupe sur le fait qu'ils n'acceptent pas de faire le ménage chez eux. Ils disent : “ On n'est pas raciste, on n'est pas antisémite, on est nationaliste... ” »

Laurent, (le prénom a été changé), un habitué du virage sud, peu suspect de collusion tant il ne se reconnaît pas dans les idées d'extrême droite, assure que le noyau de Lyon 1950 est composé de membres qui ne sont pas forcément politisés :

« Certains leaders comprennent que ça sent le roussi pour le groupe à cause des débordements de certains. Ils essaient de faire le ménage, mais ils ne contrôlent pas tout le virage sud. Lyon 1950 a un peu le cul entre deux chaises. »

Les hooligans de « Mezza Lyon »
Au virage sud, il y a aussi des éléments moins identifiables, qui viennent plus rarement au stade mais savent faire parler d'eux quand ils sont là. Une source proche du club :

« Le virage sud est très complexe, d'abord parce qu'il renferme des composantes très diverses et qu'il n'a pas la même longévité que le nord. Ce n'est pas que Lyon 1950, loin de là. »

Existent aussi des groupes non-officiels gravitant autour des « indépendants », comme « Mezza Lyon », dont l'étendard est présent parfois en déplacement. Ce sont certains de leur membres qui ont été arrêtés pour des tags racistes et antisémites à Saint-Etienne. Selon, une source proche du milieu antifasciste lyonnais :

« C'est une firme de hooligans qui existe depuis trois ou quatre ans, assez jeune et plutôt tournée vers le délire “ fight ”. Ce sont des jeunes chiens fous plutôt proches des Identitaires. »

Quel lien avec les organisations politiques ?
En fait, selon plusieurs sources, dans le virage sud, cohabitent des jeunes à mentalité ultra qui n'ont rien de raciste, ont quitté le virage nord pour trouver une ambiance plus latine, et de jeunes « fachos » qui ont déserté la tribune nord pour se lâcher un peu plus. Et forcément, les deux tendances coexistent mal. Laurent :

« Le virage sud n'est pas un virage raciste. Mais disons que les “ fafs ” qui aiment le stade se pointent pour les gros matches et font parler d'eux. Ça crée tout un folklore autour du virage sud qui fait que pas mal de jeunes nazillons viennent y traîner mais ça va rarement plus loin. Les mecs les plus investis et ceux qui font vivre la tribune, sauf quelques exceptions, ne sont pas dans ce délire-là. »

Parmi ces « indépendants », certains sont même conviés à des réunions rassemblant les groupuscules d'extrême droite radicale, comme le révèle le site Rebellyon, exploitant des informations hackées sur les sites d'extrême droite, lors de l'opération Lyon propre. A propos des liens entre l'extrême droite dans le stade et en dehors, Laurent explique :

« Jusqu'à deux ans en arrière, il y avait pas mal de liens entre les jeunesses identitaires et le stade. Et puis suite à la marche des cochons en 2011, où des mecs du milieu hooligan ont foutu un peu le bordel, les liens se sont distendus et aujourd'hui beaucoup naviguent à vue.

Autrement dit, d'un côté certains supporters sont attirés par le côté défense de la ville de Lyon promu par l'extrême droite radicale, mais d'autres sont aussi saoulés de la récupération politique. Du coup, ça relève plus du contact individuel que d'une démarche de groupe vraiment politisé. »
© Rue 89

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EXTRÊME DROITE : CARL LANG RENONCE À LA PRÉSIDENTIELLE (France)

L'ex-FN a annoncé ce vendredi matin n'avoir rassemblé que 447 parrainages sur les 500 nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle.

16/03/2012 - Carl Lang, candidat de l'Union de la Droite Nationale qui fédère plusieurs mouvements d'extrême droite, a annoncé ce vendredi matin qu'il ne pourrait pas concourir à l'Elysée faute d'avoir obtenu les 500 parrainages requis. « Sans financement public, sans l'argent des banques et dans un silence médiatique absolu et délibéré, la candidature d'Union de la Droite Nationale que j'ai portée a recueilli 447 parrainages de maires et d'élus, ce qui, dans un tel contexte est un véritable exploit », explique le président du Parti de la France et ex-FN.

« Tout ne fait que commencer ! »
Remerciant « chaleureusement les élus attachés à la pluralité de l'expression politique qui, malgré la chape de plomb médiatique m'ont apporté leur signature », ainsi que ses « militants entièrement bénévoles », il dénonce une « scandaleuse confiscation de cette campagne électorale par la caste des ayant-droits médiatiques et des nantis du système en place ». Mais, assure-t-il, « la dynamique de mobilisation et de rassemblement des militants de la vraie droite nationale de conviction est porteuse d'espérance », « Tout ne fait que commencer ! »

L'ancien secrétaire général du Front national avait officialisé sa candidature en septembre, se proclamant « seul candidat de la droite nationale ». Agé de 54 ans, Carl Lang a longtemps occupé des fonctions éminentes au FN -secrétaire général de 1988 à 1995, puis de 1999 à 2005 -mais ni lui, ni Bruno Gollnisch, dont il était proche, n'avaient réussi à contrecarrer l'ascension de Marine Le Pen.

Allié à Bruno Mégret
Longue silhouette au crâne dégarni, Carl Lang avait quitté son parti en 2009, après avoir contesté l'investiture de Marine Le Pen aux élections européennes dans le Nord-Ouest, dont il était député européen sortant. Mais à l'instar du MNR (Mouvement national républicain) de Bruno Mégret, son Parti de la France n'a jamais décollé électoralement.

Pour sa campagne, le PDF s'était allié à ce qu'il reste du MNR et à un autre petit mouvement, la Nouvelle droite populaire (NDP). « L'objectif, c'est évidemment de m'empêcher d'avoir les parrainages », avait alors commenté Marine Le Pen. La candidate FN a annoncé, trois jours avant la date-butoir ce vendredi à 18 heures, avoir réuni les signatures nécessaires.
© Les Echos

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RACE: LES ARGUMENTS DE SARKOZY "PROCHES DE CEUX DE LE PEN", SELON LA LICRA (France)

15/03/2012 - Le président de la Licra Alain Jakubowicz a qualifié d'"assez proches de ceux de Mme le Pen, les arguments développés par Nicolas Sarkozy contre la proposition de supprimer le mot +race+ de la Constitution".

Dans un appel téléphonique, jeudi à l'AFP, le président de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, qui s'est entretenu jeudi matin avec le candidat UMP, s'est en outre déclaré "contrarié" par le fait que M. Sarkozy ait refusé d'être filmé lors de l'entrevue, comme il était convenu selon la Licra.

"Il a réitéré ses propos très durs sur la proposition que nous faisons de supprimer le mot +race+ de la Constitution, en reprenant des arguments que nous considérons, nous, comme totalement spécieux, qui consisteraient à dire que ce n'est pas en supprimant le mot +race" qu'on allait supprimer le racisme".

"Nous n'avons jamais demandé qu'on supprime le mot +race+ du dictionnaire, a souligné Me Jakubowicz, mais il y a une singulière différence entre le dictionnaire et la Constitution, surtout que ce mot ne correspond aujourd'hui à aucune réalité scientifique, biologique ou même sociologique, puisque chacun sait qu'il n'existe qu'une seule race, la race humaine".

"Nous sommes surpris de l'opposition de Nicolas Sarkozy, mais surtout de la vigueur des arguments qui sont développés contre cette proposition dont certains -mais évidemment, je ne veux pas entrer dans une quelconque polémique - sont assez proches de ceux qui ont été développés par Marine Le Pen sur le plateau de (David) Pujadas".

Nicolas Sarkozy, interrogé mercredi par Europe 1 sur la suppression du mot "race" de la Constitution proposée par François Hollande, avait assuré que "le ridicule dépasse les bornes". "Le jour où on aura supprimé le mot racisme, est-ce qu'on aura supprimé l'idée? Enfin c'est absurde!", a dit le président-candidat.

Par ailleurs, Me Jakubowicz s'est dit "contrarié que les règles du jeu que nous avions fixées avec les équipes de M. Sarkozy n'aient pas été respectées".

"Nicolas Sarkozy était le 5ème candidat que nous rencontrions. Le deal était très clair: je venais rencontrer le candidat avec mes 50 propositions. Celui-ci répondait ensuite aux questions de Serge Moati, les mêmes questions posées aux cinq candidats".

"Au tout dernier moment, Nicolas Sarkozy n'a souhaité être ni photographié ni filmé, opposant un veto à ce modus operandi, tout en souhaitant me rencontrer", a précisé le président de la Licra.

"Il va, d'une certaine façon, en payer le tribut. Le film que nous allons diffuser contient beaucoup d'éléments dont les journalistes vont très largement s'inspirer, les candidats s'exprimant sur des sujets qu'ils n'ont pas abordés dans la campagne".

Les candidats à la présidentielle Eva Joly (EELV), François Hollande (PS) et Jean-Luc Mélenchon (FG) se sont prononcés en faveur de la suppression du terme "race" dans la Constitution, une des "50 propositions de la Licra pour une France plus fraternelle. Marine Le Pen (FN) l'a qualifiée d'"absurde".
© Libération

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ADOPTION HOMOSEXUELLE : DEUX FRANÇAISES DÉBOUTÉES PAR LA CEDH

15/03/2012 - Le coup est rude pour les deux "mères" de la petite Alexandra, 12 ans, et au-delà pour tous les couples d'homosexuels qui élèvent des enfants ou souhaitent le faire un jour. La Cour européenne des droits de l'homme a estimé, jeudi 15 mars, que le refus par la France d'autoriser l'adoption de l'enfant par sa mère "sociale" ne constituait pas une discrimination.

Alexandra a été conçue par insémination artificielle avec le sperme d'un donneur anonyme, en Belgique. Elle n'a donc qu'un seul parent, sa mère biologique, Nathalie Dubois. La compagne de Mme Dubois, Valérie Gas, n'a aucun lien juridique avec l'enfant, bien qu'elle l'élève au quotidien. Mme Gas avait donc demandé à pouvoir adopter Alexandra. Le tribunal de Nanterre, puis la cour d'appel de Versailles l'ont refusé.

En effet, en droit français, l'adoption simple aboutit au transfert de l'autorité parentale à l'adoptant, et le parent biologique perd ses propres droits sur l'enfant... sauf si l'adoptant et le parent biologique sont mariés. Dans ce cas, les deux liens de filiation sont reconnus. Cette disposition vaut aussi bien pour les couples homosexuels que pour les hétérosexuels non mariés. La conclusion d'un PACS n'y change rien.

"ALEXANDRA POURRAIT SE RETROUVER PLACÉE EN FAMILLE D'ACCUEIL"
C'est en vertu de cet argument - homosexuels et hétérosexuels sont placés dans la même situation par le droit - que la Cour européenne a jugé que le refus d'adopter opposé à Mme Gas ne constituait pas une discrimination. "Elle existe pourtant bel et bien, même si elle est indirecte, affirme Me Mecary. Les couples hétérosexuels peuvent se marier et ainsi exercer l'autorité parentale conjointe. Pas les homosexuels."

La Cour aurait pu s'appuyer sur la Convention internationale des droits de l'enfant, qui affirme que l'intérêt de ce dernier est "primordial". "Elle n'en pas tenu compte, observe Caroline Mecary, l'avocate des demandeuses. Pourtant, si sa mère biologique décède, Alexandra pourrait se retrouver placée en famille d'accueil." Selon l'avocate, l'enfant subit également une discrimination, car, élevée par des parents homosexuels, elle est moins protégée que les enfants de parents hétérosexuels, qui ont deux liens de filiation.

L'ADOPTION DÉJÀ POSSIBLE DANS ONZE PAYS EUROPÉENS
Le contexte européen est pourtant assez favorable. Onze pays admettent l'adoption par le parent social (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, Islande, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Slovénie, Suède). "Pour ces pays, l'enfant peut juridiquement avoir deux parents de même sexe, sans que son intérêt ni ses droits ne soient compromis", observe Me Mecary. Mais, selon l'avocate, la décision est avant tout "politique". "La Cour est contestée, en particulier par la Grande-Bretagne, qui voudrait qu'elle se recentre sur le respect des droits fondamentaux, affirme l'avocate. Elle n'a sans doute pas voulu se mettre en plus la France à dos."

La décision intervient au moment où les droits des homosexuels sont au cœur du débat électoral. Tous les partis de gauche promettent l'ouverture du mariage et de l'adoption aux homosexuels. M. Bayrou est aussi favorable à l'adoption, et à une union civile comparable au mariage. Nicolas Sarkozy, en revanche, propose le statu quo. "Si les citoyens hétérosexuels et homosexuels veulent une véritable égalité, il faut un changement de législation, donc qu'ils votent à gauche", conclut Me Mecary.

Gaëlle Dupont
© Le Monde

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NON, LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL N'A PAS CONSTITUTIONNALISÉ LE NÉGATIONNISME (Opinion - France)

Par Hubert Lesaffre, docteur en droit public membre du Centre de droit international de l'université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense

15/03/2012 - Dans la décision qu'il vient de rendre le 28 févier 2012, le conseil constitutionnel a censuré une disposition qui visait à insérer dans la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse l'interdiction de contester ou de minimiser de façon outrancière les génocides "reconnus comme tels par la loi française". D'aucuns y ont vu une forme de légalisation par le conseil du négationnisme, sacrifiant ainsi les victimes de génocides sur l'autel de la liberté d'expression. La réalité juridique est néanmoins toute autre.

Il est exact que le conseil a rappelé, et qui en disconviendrait, s'inscrivant ainsi dans la droite ligne de sa propre jurisprudence, et de celle de la Cour européenne des droits de l'homme, que la liberté d'expression était "d'autant plus précieuse que son exercice est une condition de la démocratie et l'une des garanties du respect des autres droits et libertés".

Mais en aucune façon il n'a considéré que cette liberté interdisait au législateur, en toute circonstance, de décider d'incriminer des comportements négationnistes ; qu'en effet il a également rappelé qu'il était loisible au parlement de réprimer les abus de la liberté d'expression pour préserver l'ordre public et les droits des tiers.

Ce qu'a exactement dit le conseil, cela mérite d'être rappelé, c'est qu'en réprimant la contestation de l'existence et de la qualification juridique de crimes "qu'il aurait lui-même reconnus et qualifiés comme tels", le législateur a porté une atteinte inconstitutionnelle à l'exercice de la liberté d'expression. C'est là le cœur de sa décision. C'est le fait qu'il ait "lui-même" établi une réalité historique puis qualifié juridiquement de génocide ladite réalité qui a commandé la censure du législateur. Cela signifie simplement que l'histoire relève des historiens, et que la qualification juridique d'un comportement relève, elle, des tribunaux.

En revanche, rien dans cette décision ne saurait prédire la future censure de la loi Gayssot. Non parce que les victimes du génocide commis pendant la seconde guerre mondiale seraient plus victimes que les autres, mais parce qu'il existe des jugements de tribunaux internationaux et nationaux revêtus de l'autorité de la chose jugée qui ont reconnu et qualifié ce génocide. Ainsi, la loi Gayssot, qui ne consacre pas elle-même l'existence du génocide, ne constitue pas une loi dite mémorielle.

Constitutionnellement parlant, il existe bien une différence de situation qui justifie cette différence de traitement et ne méconnait donc pas le principe d'égalité entre les victimes. Il est vrai en revanche que rien ne justifie que la contestation des génocides qui ont eux aussi fait l'objet d'une condamnation par une juridiction pénale internationale, comme c'est le cas pour les massacres commis à Srebrenica et au Rwanda, ne soit pas également punie. La décision du conseil, ainsi que la décision cadre du Conseil de l'Union européenne sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie, loin de brider la vocation légitime et nécessaire du parlement à combattre le négationnisme, l'invite donc au contraire à le faire de manière uniforme, sur la base de décisions rendues par des juridictions internationales.

Il est en outre un autre élément essentiel à la constitutionnalité d'un dispositif général de répression du négationnisme, celui de l'intention de nuire. Car en effet, ce qui est condamnable et condamné dans le négationnisme, ce n'est pas tant la contestation de tel ou tel fait historique en tant que telle, mais l'incitation à la haine à l'égard d'un groupe de personnes que cette contestation sous-tend. C'est ce qu'avait rappelé la Cour européenne des droits de l'homme dans l'affaire Garaudy.

Enfin, s'agissant du génocide arménien dont les bourreaux ont aujourd'hui disparu et ne peuvent donc plus faire l'objet d'une condamnation pénale, toute solution juridictionnelle n'est pas inenvisageable. A l'échelle internationale, une saisine de la Cour internationale de justice par l'Arménie serait une solution idéale, et pourquoi pas d'ailleurs éventuellement par tout autre Etat, le génocide étant le crime international par excellence. A cela il existe néanmoins un important obstacle procédural, dans la mesure où la compétence de cette Cour est tributaire de l'accord des Etats parties à un différend, et donc de la Turquie elle-même.

Reste une solution qui étonnamment ne semble pas avoir été envisagée, celle-là à l'échelle de l'Europe, d'une saisine de la Cour européenne des droits de l'homme par l'Arménie contre la Turquie sur le fondement d'un négationnisme d'Etat, lui-même assurément contraire à la liberté d'expression. Une telle démarche pourrait aboutir, sinon à la condamnation de la Turquie, du moins à la reconnaissance par la Cour d'un génocide attribuable à l'empire Ottoman.

Aussi dans cette affaire ne doit-on pas blâmer le conseil constitutionnel. Au contraire, puisque ce qu'il a affirmé en réalité, c'est que la liberté d'expression ne saurait varier selon les alternances politiques. En effet, droite et gauche se font nécessairement une idée distincte des marqueurs de l'histoire. Et on mesure combien il serait périlleux pour la liberté d'expression qu'en fonction des changements de majorité au parlement il devienne prohibé de discuter la réalité de tel ou tel fait historique, réalité qui elle-même varierait selon les sensibilités de tels députés ou tels sénateurs. La liberté d'expression serait alors l'otage du débat politique là où, bien commun de chacun, elle est la condition même de ce débat.

Hubert Lesaffre, docteur en droit public membre du Centre de droit international de l'université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense
© Le Monde

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SARKOZY S'EFFORCE DE RASSURER LES MUSULMANS DE FRANCE

14/03/2012 - Le président Nicolas Sarkozy a assuré mercredi aux musulmans de France qu'ils avaient "leur place dans la République", souhaitant que la campagne ne connaisse plus de polémique blessante comme celle sur la viande halal. Des propos plutôt bien accueillis par les hauts responsables musulmans, qui ont toutefois estimé qu'il fallait "rester vigilant".

Le chef de l'Etat a inauguré à la mi-journée à la Grande mosquée de Paris une stèle rendant hommage aux soldats musulmans morts pour la France durant la Première guerre mondiale (1914-1918). Il s'est ensuite entretenu avec le recteur de la mosquée de Paris Dalil Boubakeur et le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Mohammed Moussaoui.

Le président de La République en a profité pour "dire à nos compatriotes de confession musulmane qu'ils ont naturellement le droit de vivre leur foi". Il a surtout souhaité que "durant cette campagne électorale, certains de nos compatriotes ne se sentent pas blessés par des polémiques qui n'ont pas lieu d'être".

Nicolas Sarkozy, qui brigue un second quinquennat, faisait allusion à la controverse sur le halal lancée il y a trois semaines par la candidate du Front national à la présidentielle Marine Le Pen.

"A chaque campagne présidentielle, il suffit que le Front national lève un débat (pour) que tout le monde saute dessus", a déploré Salah Bellouti, président de l'association des Enfants d'anciens combattants français musulmans.

"Le président de la République, je reste persuadé que c'est un ami des musulmans", confie-t-il, déplorant en revanche que certains de ses "conseillers" rebondissent sur les polémiques lancées par l'extrême droite, que ce soit sur les prières de rue ou sur la viande halal.

"Ca a heurté", explique M. Bellouti. Pris comme "boucs émissaires", les musulmans se sentent chaque fois "stigmatisés", relève-t-il. "Il y a un moment où les musulmans en ont ras-le-bol".

Sur les 43,2 millions de Français inscrits sur les listes électorales, 3,9 millions sont musulmans, estime ce responsable associatif. "C'est pas négligeable", souligne-t-il à deux mois de la présidentielle.

Mohammed Moussaoui, président du CFCM, instance créée lorsque Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur, a salué un souci de cohésion sociale du chef de l'Etat.

Cependant, "il faut rester vigilant", a-t-il considéré. "Les déclarations de nature à enfoncer les musulmans, à les toucher dans leur profondeur risquent de revenir". C'est pourquoi M. Moussaoui souhaite que les responsables politiques "disent haut et fort le respect de la République (envers) tous ses enfants, quelle que soit leur religion".

Dalil Boubakeur, le recteur de la grande mosquée de Paris, observe lui aussi que l'islam est "saisi" par certains comme un "facteur électoral". Mais il "ne pense pas que les musulmans de France aient à s'inquiéter".

Il insiste sur la "symbolique" du "geste exceptionnel et historique" de Nicolas Sarkozy, qui a inauguré la stèle en hommage aux soldats musulmans morts en 1914-1918. Selon M. Boubakeur, "il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu'ici il y a un message de paix, un message de sérénité, un message de fraternité, un message de reconnaissance".

L'islam de France était déjà passé d'un islam "toléré" à un islam "accepté", a analysé le recteur de la mosquée de Paris. "Aujourd'hui, je pense que le geste du président de la République a permis de concevoir (...) que l'islam de France est un islam estimé".
© Nouvel Observateur

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IMMIGRATION: HOLLANDE S'ENGAGE À METTRE FIN À LA RÉTENTION DES ENFANTS (France)

14/03/2012 - François Hollande s'est engagé, s'il était élu à l'Elysée, à ne plus placer, dès le mois de mai, les enfants d'immigrés clandestins en centre de rétention, dans une lettre à des associations.

"Je veux prendre l'engagement, si je suis élu à la présidence de la République, à mettre fin dès mai 2012 à la rétention des enfants et donc des familles avec enfants", écrit le candidat socialiste.

Dans ce courrier daté du 20 février, M. Hollande répondait à l'Observatoire de l'enfermement des étrangers (OEE) et au Réseau éducation sans frontières (RESF) qui ont lancé le mois dernier une pétition "pour que cesse immédiatement et définitivement l'enfermement des enfants et mineurs étrangers".

"Des alternatives existent, comme l'assignation à résidence. De nouvelles solutions pourraient être imaginées, en concertation avec l'ensemble des acteurs concernés (magistrats, associations, avocats) afin de déterminer les choix les plus adaptés aux situations réelles", suggère M. Hollande.

Selon lui, "la protection de l'intérêt supérieur des enfants doit primer, comme nous le rappellent de nombreuses conventions internationales que la France a signées, et en particulier la Convention européenne des droits de l'homme et la convention internationale de l'enfant.

Selon un rapport publié fin 2011 par cinq associations (Assfam, Cimade, Forum réfugiés, France Terre d'Asile et Ordre de Malte), 500 mineurs, dont "356 enfants accompagnés d'au moins un de leurs parents (178 familles)" ont été retenus en 2010 dans les centres de rétention administrative (CRA) où sont placés les étrangers en attente de reconduite. Parmi eux, 86% étaient âgés de moins de 13 ans.

Le 19 janvier, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a condamné la France pour avoir enfermé une famille kazakhe en attente d'expulsion dans un CRA inadapté pour leurs deux très jeunes enfants.

S'agissant des enfants placés en zone d'attente où sont maintenus les étrangers arrivés irrégulièrement à la frontière, M. Hollande s'est seulement engagé à la recherche de "solutions adaptées" parce que "le contrôle de nos frontières et de l'entrée sur notre territoire reste évidemment nécessaire".

"La responsabilité m'oblige à dire que, pour les étrangers dont la situation est irrégulière et ne correspondra pas à une régularisation possible, des procédures d'éloignement seront réalisées" mais "dans le respect du droit et non pas dans le cadre d'objectifs chiffrés de façon absurde et dangereuse", a affirmé M. Hollande.
© Nouvel Observateur

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INSÉCURITÉ ET IMMIGRATION : MARINE LE PEN RESSERRE SA CAMPAGNE AUTOUR DES THÈMES DE PRÉDILECTION DU FRONT NATIONAL (France)

14/03/2012 - La présidentielle, c’est le rendez-vous de l’année 2012 pour les Français. Nicolas Sarkozy est candidat à sa propre succession. Face à lui, il y a notamment Marine Le Pen. La présidente du Front National est dans le peloton de tête.

Marine le Pen, c’est d’abord la fille de son père, Jean-Marie, le fondateur du parti. Pour elle, pas d’extrême-droite, mais une «droite patriotique». Une vision politique férocement nationale et anti-européenne. Des positions sécuritaires et anti-immigration tranchées, mais un discours qu’elle a volontairement lissé.

C’est à Marseille, deuxième ville de France, qu’elle a choisi de tenir un grand meeting. 3.000 personnes sont venus découvrir la présidente du Front National conduire sa première campagne présidentielle dans la lignée d’un père toujours très présent. Ce qui ne semble pas déranger militants et sympathisants : “Ça fait 30 ans que la famille Le Pen se bat pour la France. Elle est pour les gens normaux, pas pour les riches”, explique l’un d’eux, venu acclamer la candidate. Et un autre d,enchaîner : “Ce passage de flambeau s’est fait d’une manière qui était tout a fait dans le ton et dans l’espérance des adhérents et puis je crois du peuple, des Français qui ne sont pas encore forcément au Front National mais qui attendaient aussi autre chose”.

Marine Le Pen convainc aussi les jeunes : “J’ai 18 ans: Marine Le Pen symbolise pour moi la France et notre avenir à nous les jeunes”. “Exceptionnelle, combative, tenace”, c’est ainsi que l’a décrit une sympathisante.

Ce que beaucoup redoute dans cette présidentielle, c’est un scénario que les Français ont connu en 2002. Véritable tremblement de terre dans la politique française. Le 21 avril, Jean-Marie Le Pen, leader de l’extrême droite, battait de peu le candidat de gauche, Lionel Jospin, se retrouvant propulsé au second tour. Jacques Chirac l’emportera finalement avec plus de 82% des voix.

Depuis, Marine Le Pen a repris le flambeau. Elle a gravit les échelons au sein du Front National pour en prendre la présidence en janvier 2011 et commencer à imprimer sa marque et sa volonté de dé-diaboliser le parti. “Mon père a été avec beaucoup un éveilleur de conscience sur toute une série de problématiques qui aujourd’hui frappent la France de plein fouet et nous nous voulons être des bâtisseurs, c’est à dire ouvrir ce chapitre de l’histoire du Front National qui va nous porter au pouvoir, explique-t-elle. C’est notre volonté et nous nous mettons en ordre de bataille pour accéder au pouvoir et appliquer nos idées”.

Et pour celà, elle s’est entourée. Gilbert Collard était présent au meeting de Marseille. Le très médiatique avocat marseillais est président du comité de soutien à Marine Le Pen. Pour lui, c’est “une femme courageuse qui puise toute son énergie, ce qui est rare aujourd’hui, dans des convictions qui ne sont pas improvisées en fonction d’une visée électorale”.

A Marseille en tout cas, dans une région terre d’immigration, où le FN fait historiquement de bons résultats, la candidate a consacré l’essentiel de son discours aux thèmes de l’immigration et de la sécurité.

Marine Le Pen : “A l’assimilation, on a commencé à préférer l’intégration. Puis à l’intégration, on a substitué l’absence totale d’exigences à l‘égard des étrangers admis sur le territoire français. Ce sont aujourd’hui des étrangers beaucoup plus nombreux qu’autrefois et bien trop souvent sûrs de leurs droits à imposer leurs coutumes au peuple français, qui débarquent chaque année sur le territoire.” Faisant référence aux règlements de compte armés qui se sont multipliés ces derniers mois dans les quartiers Nord de Marseille, la candidate poursuit : “Quand on voit des quartiers entiers autour des villes, et même désormais dans les villes et même des villes livrées à la loi des bandes, oui on peut légitimement s’alarmer. Marseille est devenu le triste symbole du terrible échec de Nicolas Sarkozy sur l’insécurité… Où est-il le Kärcher ?”.

Et si la candidate renvoie dos à dos le candidat du PS François Hollande et de l’UMP Nicolas Sarkozy, sa cible principale reste le président sortant : “Nicolas Sarkozy répète ses promesses non tenues de 2007 d’ailleurs il ne fait plus que ça… J’ai enregistré une émission ce matin. Vous ne trouvez pas que j’ai l’air plus jeune ? C’est parce que tous les samedis je prends une cure de rajeunissement de 5 ans, j‘écoute Nicolas Sarkozy faire les mêmes promesses qu’en 2007”.

Reste les questions internationales et notamment celle de l’Europe. La sortie de l’euro qu’elle prône n’a pas été abordée à Marseille, la députée européenne s’en tient à l’Europe des Nations : “Dès mon élection à la présidence de la République,
j’engagerai sous la responsabilité du ministère des Souverainetés une vaste renégociation des traités européens. Je le ferai avec les nations amies, avec les nations d’Europe qui voient monter chez elles, comme nous en France, ce souhait démocratique de construire enfin l’Europe des peuples”.

Jean-Marie Le Pen, toujours président d’honneur du Front National, a assisté au discours de sa fille. A la fin du meeting, il est monté sur scène pour chanter la Marseillaise.
© Euro News

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QUICK HALAL : L'ÉLU DU VAL-DE-MARNE DÉBOUTÉ (France)

Un conseiller de municipal de Bry-sur-Marne avait porté plainte pour "discrimination" contre la chaîne de restauration. La cour d'appel de Paris a confirmé la fin de l'enquête.

14/03/2012 - Il n'y aura pas d'enquête sur l'offre halal de certains restaurants Quick. La cour d'appel de Paris a confirmé mercredi une ordonnance rendue en mai 2011 par une juge d'instruction de Créteil, portant sur la plainte d'un jeune conseiller municipal UMP de Bry-sur-Marne (Val-de-Marne).

Charles Aslangui, élu de 23 ans et fondateur de l'association L'Ordre républicain, réclamait l'ouverture d'une enquête après une plainte qu'il avait déposée pour "discrimination dans l'offre ou la fourniture d'un service". Il a dénoncé mercredi "un renoncement supplémentaire de la République". "A l'heure où la question du tout halal interpelle l'ensemble de la classe politique française, la justice décide de ne pas ouvrir l'enquête", a-t-il déploré.

Sa plainte visait initialement la décision prise par Quick en 2010 d'étendre son offre halal à 22 restaurants. L'enseigne a toujours rejeté toute pratique discriminatoire, en assurant que l'ensemble de ses restaurants proposait également de la viande non certifiée halal.

La question de l'abattage rituel de la viande a été au coeur d'une récente polémique, notamment après les déclarations du Premier ministre François Fillon invitant certains cultes à s'interroger sur leurs "traditions ancestrales".

Représentants juifs et musulmans avaient alors fait part de leur émoi avant d'être reçus à Matignon la semaine dernière et de déclarer "l'incident clos".
© Métro France

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AGRESSION HOMOPHOBE À LYON: 18 MOIS ET 12 MOIS DE PRISON FERME (France)

13/03/2012 - Deux hommes ont été condamnés à 18 mois et 12 mois de prison ferme pour avoir agressé en raison de leur homosexualité supposée quatre jeunes filles mineures en marge de la "marche des fiertés" à Lyon en 2010.

Ces quatre jeunes filles, qui portaient le drapeau arc-en-ciel symbole de la communauté homosexuelle, revenaient de la Gay Pride, lorsqu'elles ont été prises à partie par deux hommes d'une vingtaine d'années qui les ont insultées et frappées, voulant les punir pour leur orientation sexuelle.

Ils leur ont également proposé une fellation afin de les...

"guérir". Un chauffeur de taxi est venu à leur rescousse, qui a été roué de coups. Les deux prévenus, qui n'ont pas reconnu les faits, et dont l'un avait déjà été condamné pour des violences, ont écopé de 18 mois et un an de prison ferme et leur incarcération a été immédiate après l'audience devant le tribunal correctionnel de Lyon.

La Lesbian and Gay Pride de Lyon se félicite de ce délibéré car "la circonstance aggravante d’homophobie a bien été retenue alors que les victimes n’étaient pas homosexuelles mais supposées comme telles par leurs agresseurs". "Cet acte n’est pas isolé. Chaque année, des lesbiennes sont agressées, insultées, molestées, par des hommes, jeunes pour la plupart, qui, dans ces actes, expriment tout à la fois leur perception de ce qu’est une femme, et leur perception de l’homosexualité. La lutte contre les violences faites aux femmes passe par des mesures de police et de justice, elle passe aussi par des mesures éducatives, seules à même de modifier en profondeur les comportements" conclut la LGP.

Écrit par Gérald Bouchon
© Lyon 1ère

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KLARSFELD VEUT UN MUR AUX PORTES DE L’UE (France)

L’avocat suggère d'ériger un mur entre la Grèce et la Turquie contre l’immigration clandestine. Par Mounia Van de Casteele

13/03/2012 - Les États-Unis et Israël ont leur mur, Arno Klarsfeld propose que l’Union européenne construise le sien. Celui que Nicolas Sarkozy a nommé le 12 septembre dernier, président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a eu, lundi, une idée originale pour contrer l'immigration illégale en Europe.

Invité de BFM TV, Arno Klarsfeld a proposé d’ériger un mur de 130 km entre la Grèce et la Turquie, sur le modèle de celui entre les Etats-Unis et le Mexique. Une manière de rebondir après la récente annonce de Nicolas Sarkozy à Villepinte. Le président-candidat a menacé dimanche, s’il était élu au mois de mai, de sortir la France des accords de Schengen sur la libre-circulation des personnes dans l’UE afin de pallier une immigration clandestine, selon lui, mal contrôlée par certains pays européens.

“Du bon sens“
Mettant en exergue “une Europe prospère“ face au “reste du monde qui a les guerres, qui souffre, qui a des privations, etc.“, l’avocat a expliqué l’importance de bloquer l’entrée de l’Europe aux immigrants. “Il faut que les gens ne puissent pas passer, il faut pouvoir décider de qui rentre“, a-t-il asséné.

“Entre les Etats-Unis et le Mexique, il y a une grande barrière sur toute l'étendue du territoire, avec des patrouilles qui patrouillent sans cesse“, s’est justifié Arno Klarsfeld, devant l’historien spécialiste de l'immigration Patrick Weil. “C'est ce qu'il faut faire aux frontières européennes, c'est-à-dire en Grèce“, a-t-il ajouté.

Pour Arno Klarsfeld, il s'agit de "bon sens". "S'il y a un espace qui est libre et s'il y a une porte entrebâillée, il est nécessaire qu'elle soit refermée et que les citoyens européens qui ont quand même depuis des générations bâti l'Europe (et qui) aujourd'hui ont la paix, les régimes sociaux, une Europe apaisée et relativement prospère, décident de qui vient sur son territoire".

Des barbelés contre un 2nd tour Le Pen-Mélenchon en 2017
Interrogé afin de donner des précisions quant à la construction dudit mur, Arno Klarsfeld a aussitôt répondu : "un mur c'est fait avec des fils, des barbelés, un mur quoi, comme à Rome, il y avait un mur. La paix a duré quatre siècles", en référence au mur qui marquait les limites de l’Empire contre les barbares venus du Nord.

L’avocat a argumenté que de cette mesure dépendait l’avenir de la France. En effet, celui-ci n’a pas hésité à ajouter "sinon dans cinq ans, au deuxième tour, ça ne sera pas Sarkozy-Hollande, mais Le Pen-Mélenchon".
© Europe 1

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TAGS RACISTES ET HOMOPHOBES SUR 15 MÈTRES DE MURS (France)

Un restaurateur sanclaudien a été victime d'incriptions racistes et homophobes dans la nuit de samedi à dimanche.

13/03/2012 - Croix gammées, insultes racistes et homophobes peintes en rouge sur la devanture de son restaurant, Didier Vuillermoz a du mal à se remettre de l'incident survenu dans la nuit de samedi à dimanche.

Voir la vidéo

Lorsqu'il a quitté "Les douces saveurs " samedi soir à 1h30, Didier Vuillermoz ne se doutait pas que le réveil du dimanche matin serait aussi douloureux : injures racistes et homophobes, croix gammées s'étalaient sur les devanture de son restaurant, sur 15 mètres de murs, obscurcissant les deux entrées.

"J'étais en colère, bien sûr, mais cela m'a surtout fait mal au coeur, raconte le restaurateur, ce racisme antisémité me gêne beaucoup. Voilà deux jours que je ne dors pas."

Après une fermeture dimanche, Didier Vuillermoz a rouvert son restaurant hier lundi. Il ne peut pas effacer les inscriptions avant que l'assurance ne lui en donne les autorisations.

Au sein de la ville, de nombreux clients lui apporte leur soutien. Le maire de la ville est aussi présent à ses côtés.

Par C. Dengall
© France 3

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DISCRIMINATION RACIALE EN FRANCE : DISCRIMINATION RACIALE CHIFFRES

12/03/2012 - Dans cette période pré-électorale, le délit de faciès revient souvent au coeur des débats politiques. Au-delà du combat idéologique gauche/droite qu'il représente se pose la question des faits. La discrimination raciale est-elle une réalité aujourd'hui en France ? Le mieux est encore de laisser parler les chiffres..

Commençons par observer les médias, reflets supposés de notre société. En juillet dernier, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel évaluait à 13% le taux de présence de la diversité ethnique sur nos petits écrans. Le CSA notait également que "la sur-représentation des personnes perçues comme blanches dans les rôles de héros est systématique". Et les rôles de voyous, voleurs, et autres méchants, ils sont pour qui ?

Des contrôles de police plus fréquents
Justement, fin janvier dernier, l'association Human Right Watch dénonçait les contrôles d'identité abusifs. Fondé sur 67 entretiens menés auprès de jeunes issus de minorité, le rapport affirme que la police française s'en prend davantage aux jeunes noirs et arabes. De nouveaux témoignages qui confirment les chiffres de l'étude réalisée en juin 2009 par le CNRS. Les statistiques sont formelles : les Arabes ont 7,8 fois plus de risques d'être contrôlés que les Blancs. Pour les Noirs, c'est 6 fois plus. Même constat en ce qui concerne les fouilles : seuls 3,3% des Blancs doivent s'y soumettre contre 9,9% des Noirs et 12,4% des Arabes. Autre conclusion notable : 47% des personnes contrôlées affichent un look particulier : hip-hop, grunge ou gothique. Pourtant, cette catégorie d'individus ne représente que 10% de la population française ! Le délit de "sale gueule" prend tout son sens...

Au travail, l'égalité des chances reste théorique
Si toute forme de discrimination à l'embauche est strictement interdite, il existe bel et bien un sentiment d'injustice et de stigmatisation au sein de la population française. En effet, l'enquête aufeminin.com sur la diversité réalisée en octobre 2011 révèle que pour 83% des répondants, l'origine ethnique consitue un frein à la réussite. Un chiffre qui corrobore les résultats du baromètre de la perception des discriminations au travail CSA/Défenseur des droits/OIT publié en janvier dernier. L'origine ethnique arrive en première position des critères de discrimination. Alors, fantasme ou fait avéré ?
Il suffit d'éplucher les rapports de l'Insee pour en avoir le coeur net. Une étude de janvier 2011 montre que les Français ayant au moins un parent originaire du Maghreb ont des taux d’emploi inférieurs de 18 points à ceux dont les deux parents sont français de naissance. Et cette différence ne s'explique pas uniquement par le niveau d'études ! En effet, une fiche de 2009 sur l'insertion des jeunes révèle qu'à diplôme égal, le chômage touche davantage les Français qu'on appelle "issus de l'immigration" par rapport aux jeunes dont les deux parents sont nés en France. Par exemple, pour des individus dotés d'un Bac + 2, le taux de chômage enregistre un écart de 12 points selon leur origine.

Le délit de faciès au quotidien
Selon l'ultime rapport de la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) publié en avril 2011, l'origine ethnique constitue le premier critère de discrimination : cela représente entre 27 et 29% des réclamations enregistrées depuis 2007. Outre l'emploi, le délit de faciès s'immisce aussi dans la sphère privée. Si le phénomène reste difficilement mesurable, on peut tout de même citer quelques chiffres : 15% des cas de discrimination traités par SOS Racisme concernent l'accès au logement, tant sur la vente que sur la location. 35% portent sur les services (entrée en discothèque, location de voiture, de skis etc.). Comme si la couleur (pâleur ?) de peau était un gage de sérieux et de fiabilité. A l'heure où les Etats-Unis ont élu un Président noir, la France semble engluée dans ses préjugés...

Voir aussi : Le dossier spécial discrimination raciale
© Au féminin

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LE FRONT NATIONAL REFUSE LA MARCHE DES FIERTÉS AUXERROISE (France)

12/03/2012 - Les participants à la soirée débat sur l’égalité organisé par l’association Agir contre les discriminations, ce soir, à 20 heures, à Auxerre (au Silver Café), vont avoir du grain à moudre.

En effet, le Front national de l’Yonne, par la voix de Richard Jacob, fait à nouveau savoir sa farouche opposition à la tenue de la Gay pride bourguignonne que cette association organise le 23 juin à Auxerre.

Richard Jacob dit se faire l’écho de « beaucoup d’Auxerrois », de « pas mal de commerçants ». « Tout sauf ça ! », clame-t-il. « On ne veut pas qu’Auxerre soit connu comme accueillant une Gay pride. Auxerre, c’est l’AJA, le chablis, la cathédrale, le musée Saint-Germain, de grands hommes comme Paul Bert. »

Le Front national redoute « des retombées médiatiques dont nous ne voulons pas bénéficier », offrant l’image « de gens qui viennent défiler dans des tenues les plus provocantes pour offrir un passe-droit à l’homosexualité. » Le mot est enfin lâché, cette homosexualité qui, selon monsieur Jacob, « doit rester dans le domaine du privé et pas rentrer dans le domaine public ».

Rien de surprenant dans cette diatribe nimbée d’homophobie non dissimulée de la part du représentant d’un parti vent debout contre le mariage homosexuel ou l’homoparentalité.

Son intervention vise surtout à faire en sorte que la marche des fiertés auxerroise n’ait pas lieu. Il exhorte le maire d’Auxerre, Guy Férez, et le préfet, Jean-Paul Bonnetain, à l’interdire. Sinon, « ça va mal se passer », prévient-il. « Nous empêcherons qu’elle ait lieu. » Physiquement ? « S’il le faut. » Rarement menace n’a été aussi explicite.

Vincent Robinet
© L'Yonne

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UN COLLOQUE SUR LE FLN QUI DÉRANGE EN FRANCE

12/03/2012 - Cachez donc cette histoire qu’ils ne sauront voir autrement que sous les jours « glorieux » d’une colonisation « civilisatrice » ! A Nîmes, un colloque d’historiens ayant pour thème l’action de la fédération de France du FLN, s’est tenu sous la pression de l’extrême-droite française et des nostalgiques de l’Algérie française.

Le contexte électoral aidant, l’extrême droite mais aussi des représentants de l’UMP, se sont livrés à de vives attaques contre un colloque qui a vu la participation d’historiens, à la compétence reconnue et estimée.

Ainsi le sénateur-maire de Nîmes a demandé au préfet du Gard, d’annuler le colloque car il peut générer un « risque sérieux de troubles à l’ordre public ».

Le même sénateur s’est retrouvé samedi dans une manifestation de quelques centaines de rapatriés et de harkis mobilisés par des ultras de l’extrême droite devant la maison du département. Le Conseil général du Gard a, d’ailleurs, tenu à souligner que le colloque sur le FLN, organisé samedi et dimanche, est l’initiative d’une association et les locaux du conseil général du Gard sont loués et non prêtés aux organisateurs. « L’institution départementale ne participe pas financièrement à cette manifestation et n’assistera pas aux débats. Le droit de réunion et d’opinion est une règle républicaine. C’est au nom de ce principe que le conseil général loue l’auditorium comme il le fait pour d’autres associations », écrit l’institution. La préfecture, qui a rappelé que le colloque n’était pas soutenu par le ministère de la Culture, a demandé « aux organisateurs d’éviter toute provocation et aux associations qui ont appelé à manifester, à le faire dans la dignité et le respect de l’ordre public ». Bref, il ne faut pas déplaire aux pieds-noirs et aux harkis, en temps d’élection. Surenchère mémorielle et instrumentalisation.

L’ex-maire communiste de Nîmes, Alain Clary, s’est rendu au colloque sous escorte policière et sous les cris de « porteur de valises, assassin ». L’instrumentalisation par l’extrême droite, suivie par la droite d’une rencontre studieuse d’historiens - cela n’avait rien d’une rencontre militante - illustre bien le climat électoraliste ambiant. Les nostalgiques de l’Algérie française jouent sur le terrain de la surenchère mémorielle, un combat d’arrière-garde, s’il en est. N’ayant rien à offrir ni à proposer, il ne leur reste que le retour inlassable vers le passé qu’ils magnifient y compris l’OAS et ses avatars. Pour le Front National, l’histoire algérienne permet surtout d’entretenir un vivier de fidèles inconditionnels. Elle sert à l’extrême droite de carburant pour alimenter l’islamophobie et le rejet de la diversité qui sont les éléments du renouvellement doctrinal. C’est d’ailleurs sur ce terrain qu’elle attire la droite classique.

L’avocat Gilbert Collard, candidat FN aux législatives, a tenu un « contre-colloque ». Ces pressions et menaces n’ont pas empêché le colloque sur le FLN de se tenir. Deux cents personnes ont pu entendre des exposés sur l’implantation du FLN en France, la « guerre civile » qui l’opposa au MNA (Mouvement national algérien), les liens entre le FLN et les porteurs de valises.

UN TRAVAIL D’HISTOIRE
L’organisateur de la rencontre, Bernard Deschamps a souligné qu’il s’agissait d’un « travail d’histoire » et a déploré « l’exploitation politique d’une émotion ». Ancien député communiste et président de l’association « France El Djazaïr », il relève que l’association organise chaque année, un panorama du cinéma algérien avec projection de films sur l’histoire, sans que cela ne pose de problèmes. Pour lui, les appels à la manifestation hostile est le fait des lepénistes et de l’extrême droite. Le poids électoral des associations d’anciens combattants, des pieds-noirs et des harkis, dans le sud de la France, suscite ainsi des démarches de surenchères politiciennes.

Par Salem Ferdi
© Collectif Bellaciao

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PARIS : PRO ET ANTI-IVG FACE À FACE (France)

12/03/2012 - Entre 120 et 200 personnes, selon les sources, ont manifesté samedi devant l'hôpital Tenon à Paris pour défendre le droit à l'avortement en réaction à une manifestation d'opposants à l'IVG au nombre de 80, ont indiqué la police et les organisateurs.

«Les extrémistes catholiques ont organisé une campagne devant le centre IVG de l'hôpital Tenon ; ils exercent des pressions sur le personnel médical, les femmes et les hommes ; nous ne voulons pas qu'ils viennent à la porte de l'hôpital», a expliqué Jeanine Leroux, membre du collectif Tenon. Cette organisation qui défend le droit à l'IVG réunit des militants de diverses associations (ATTAC, AC, Droit des femmes du XXe), syndicats (Solidaires, CGT) ou partis politiques (EELV, NPA, PS, PCF). «Ils ne viendront pas imposer leur ordre moral ni dans le XXe ni à l'hôpital», a déclaré Mme Leroux.

Déjà plusieurs rassemblement depuis le mois de septembre
Les manifestants qui refusent «tout prosélytisme remettant en cause le droit des femmes», selon un communiqué du collectif, ont fait le tour de l'hôpital dans la matinée pour contrer une autre manifestation d'opposants à l'IVG de l'association «SOS Tout-petits».

Le centre IVG de l'hôpital Tenon avait fermé en juillet 2009 dans le cadre de la réorganisation des soins dans les hôpitaux parisiens, avant de rouvrir en avril 2011 à la suite de la mobilisation du collectif. L'association anti-IVG a organisé plusieurs rassemblements depuis le mois de septembre, dont deux avaient donné lieu à des «débordements violents» avec des contre-manifestants, selon la police.


© Le Parisien

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VAULX-EN-VELIN : LES ROMS ATTAQUÉS (France)

Samedi soir, des pierres ont été lancées en direction du squat situé avenue Grandclément. Dans la nuit de dimanche à lundi, un véhicule Rom a été incendié. Et les tensions ne semblent pas près de retomber. Par Fabien Fournier

12/03/2012 - La situation se tend à Vaulx-en-Velin du fait de la présence des Roms. A la suite de l'incendie de l'entrepôt situé chemin du Catupolan, ceux-ci avaient été un temps hébergés dans un gymnase avant que la préfecture ne leur indique la sortie. Cette fois, depuis une quinzaine de jours, 65 Roms (chiffre police) ont élu domicile dans un garage désaffecté au 54 avenue Grandclément, le long de la Rize (secteur Laurent Bonnevay). Une présence qui n'est pas du goût des riverains de ce quartier résidentiel qui s'en sont émus auprès de la police et de la mairie. Le commissariat assure pourtant ne pas avoir constaté d'augmentation des vols sur ce secteur. Le propriétaire du terrain, Grand Lyon Habitat, a depuis enclenché une procédure d'expulsion. Un huissier s'est déjà déplacé.

"On reviendra vous brûler demain"
Ce samedi soir, une altercation a lieu entre des Roms et des riverains. L'un d'eux affirme avoir été victime d'un cambriolage dans la journée et les désigne comme les auteurs du délit. Des bijoux et de l'argent ont été subtilisés. Des insultes fusent, mais aucun coup n'est échangé. Quatre voitures occupées par des jeunes font cependant irruption vers 23h. Pendant une heure, ils caillassent le squat. Habitent-ils le quartier ? Selon certains Roms, il s'agit de jeunes de type maghrébin ne résidant pas sur place. Plusieurs d'entre eux pénètrent dans le squat et lancent "on reviendra vous brûler demain". La police est arrivée sur place.

Dans la journée de dimanche, les Roms s'organisent. Et le soir, quand les voitures reviennent, c'est une barrière humaine d'une trentaine de personnes qui protègent le squat, armées de barres de fer. Les agresseurs se replient, et jettent à distance des pierres et des cocktails molotov. L'un d'eux échoue sur le Renault espace appartenant aux Roms et le réduit en cendres. Selon notre journaliste présent, les voitures sont repassées toutes les heures devant le squat pour harceler les occupants. Pour prévenir de nouveaux incidents, la police va mettre en place un dispositif ce lundi soir aux abords du squat.
© Lyon Capitale

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MA PLONGÉE AU MILIEU DES IDENTITAIRES, OBSÉDÉS DE L'ISLAM (France)

11/03/2012 - Samedi 10 mars se sont tenues à Paris « les assises de la France en danger », organisées par l'association Nationalité citoyenneté identité (NCI), nouvelle courroie du Bloc identitaire.

A la tribune, un invité de marque, Filip Dewinter, leader du Vlaams Belang, le parti d'extrême droite flamand. Mais aussi les ex-gauchistes de Riposte Laïque, associés à des jeunes identitaires venus de France et de Russie.

Le terreau commun : une aversion pathologique pour la communauté musulmane. En plein débat sur le halal, récit d'un samedi islamophobe, entre sandwichs aux rillettes et verres de vin rouge.

Chevelus et souriants
9h45. Sous un ciel bleu, les jeunes identitaires grillent une cigarette devant l'espace Charenton. Soignés, chevelus et souriants, ils pourraient aussi bien voter Eva Joly. La vedette du jour, Filip Dewinter, est reçue chaleureusement, tout comme la presse.

A l'intérieur, les premiers invités s'installent. L'animation se tient du côté de la boutique, où des dames aimables proposent la parfaite petite bibliothèque anti-immigration. Les jeunes identitaires assurent l'organisation, les rares crânes rasés sont à la sécurité. Une salle pleine, une buvette et des jeunes filles agréables. Bref, un samedi prometteur.

10 heures. Première table ronde. On retrouve Yvan Blot, ex-RPR et FN, ou encore Philippe Conrad, historien, et ancien membre du Grece (Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne). Sont abordées les racines grecques et la domination mondialiste américaine. Sont loués les gouvernements suisses et russes. On refait l'histoire, et les spectateurs décrochent aux noms de Lénine ou Régis Debray.

Je m'égare et je retrouve Filip Dewinter en salle de presse, qui salue au passage une délégation d'identitaires russes. Le député et homme fort d'Anvers – 33% déjà atteints aux municipales – définit la ligne de son parti :

« Mon modèle est un mix entre Marine Le Pen, Strache (FPÖ, Autriche) et Bossi (Ligue du Nord, Italie). Mais nous sommes plus à droite que le FN. »

Filip Dewinter révèle plusieurs rencontres avec le FN et la volonté d'une association européenne de partis d'extrême droite :

« Il y a un noyau dur, qui s'est réuni à Vienne, autour du FPÖ, du Vlaams Belang, du FN et de Lega, qui pourrait être le noyau dur d'un parti européen. Mais nous attendons les élections présidentielles françaises. »

Avant de revenir aux fondamentaux lorsqu'il s'agit d'aborder le débat sur la viande halal :

« L'industrie du halal, c'est de l'argent pour l'islam radical et peut-être même pour le terrorisme. »

Rillettes et vin rouge
12 heures. A la tribune, Riposte Laïque a subtilisé le micro et réveille l'auditoire grâce aux vieilles pulsions identitaires. Pierre Cassen, son président, ex-LCR et PCF, qui se revendique toujours de gauche :

« Nous avons des ennemis communs : les islamistes, les communautaristes, les européanistes. Il en va de la survie du plus beau pays du monde, la France ! »

12h30. Applaudissements chaleureux, avant l'intervention de Filip Dewinter :

« A Anvers, le prénom Mohamed est le prénom le plus choisi parmi toutes les naissances. »

Une dame à droite s'indigne en silence, tandis qu'un petit chien apeuré tente de sortir le museau de son sac à main.

12h45. Les convives se lèvent, le buffet est servi. Au menu : baguette-rillettes, vin rouge et bière 1664. Pierre, 33 ans, est adossé au fond de la salle, près du buffet. Il explique sa présence :

« Il y a une désinformation des journalistes à propos de l'islam. »

Lui a voté Sarkozy en 2007, et s'apprête à placer un bulletin blanc en 2012. Il se défend d'être xénophobe, et pourtant amalgame :

« J'ai des amis islamistes. Mais eux, ils ne parlent pas de charia. »

« Toutes les religions ne se valent pas »
Quelques chaises plus loin, l'œil vigilant et les oreilles aux aguets, un homme m'interpelle, souriant :

« Je suis catholique traditionaliste, je peux vous en parler si vous voulez. »

Emmanuel Regnouf, 53 ans, cadre à La Poste, membre de la fraternité intégriste Saint-Pie X et responsable du Front national dans La Manche :

« Dire qu'il y a des races différentes ne veut pas dire que l'on dénigre l'autre. »

Paraphrasant Claude Guéant, volubile et roulant presque des yeux :

« Toutes les religions ne se valent pas. On dit que le monde musulman est charitable. Mais pourquoi les grands pays pétroliers n'accueillent pas les immigrés ? »

Avec un badge « organisateur », Aurore, 21 ans, étudiante en commerce, en provenance de Rennes :

« Les musulmans n'ont pas beaucoup de respect pour les autres religions. C'est rare qu'on entende parler des intégristes catholiques. »

« Notre cible, c'est les musulmans »
13h15. Les officiels échangent autour de l'estrade. Je retrouve Catherine Blein, porte-parole du Bloc identitaire et organisatrice de l'évènement :

« Un citoyen européen, espagnol, italien, danois, ne posera jamais de problèmes. Nous respectons la loi. »

Catherine Blein assure avoir organisé ces assises suite à une pétition contre le droit des votes des étrangers qui a recueilli plus de 10 000 signatures. Mais ne cache pas sa mission, sa croisade :

« Notre cible, c'est les musulmans. Ils n'ont rien à voir avec notre culture. Notre berceau, c'est la chrétienté. »

A ses côtés, Christine Tasin, ex-chevènementiste, organisatrice d'apéros « saucisson-pinard » et rédactrice pour le site de Riposte Laïque (30 000 visiteurs uniques par mois), se montre très bavarde :

« Sur le droit des vote des étrangers, c'est presque logique de parler de l'islam. »

Chantre de la liberté d'expression, elle y va de sa théorie sur le halal :

« On paye une dîme qui va directement aux mosquées. »

Et conclut, sans rire :

« La laïcité est l'aboutissement du catholicisme. »

13h30. Je m'éloigne de l'estrade pour me diriger vers les stands.

Jean-Yves Le Gallou, ancien homme fort du MNR, dédicace son livre. Il confie, ironique :

« Je n'ai pas de droits d'auteur à verser à Claude Guéant. »

14 heures. Environ 500 personnes participent aux sessions de l'après-midi. Petit coucou sur écran géant d'Oskar Freysinger, membre influent du parti d'extrême droite suisse, l'UDC, et porte-parole lors de la campagne contre l'interdiction des minarets :

« Nous avons un système de démocratie directe unique au monde. Le printemps arabe devrait s'inspirer du modèle suisse pour ne pas connaître l'hiver. »

« A coup de pied au cul »
14h30. Yves Marie Laulan, démographe, rappelle les causes à effet entre immigration et islam :

« La présence de l'islam se renforce d'années en années. Notre pays creuse sa propre tombe. »

15 heures. Deuxième table ronde. On retrouve Jean-Yves Le Gallou, mais aussi Henry de Lesquen, président du Club de l'Horloge et conseiller municipal à Versailles, pas loin du one-man-show sur l'immigration :

« Un ami, ça reste huit jours, pas plus. Si on en a marre, on le vire à coup de pied au cul. »

16h45. Surgit alors l'autre guest-star des assises : Jared Taylor, en provenance de Washington, défenseur d'une race blanche via son magazine American Renaissance :

« Il y a entre 5 et 10% de Blancs seulement dans les écoles publiques des grandes villes américaines. »

Et de conclure, sous l'acclamation des spectateurs, debouts et galvanisés :

« Evitez à tout prix le culte de la diversité. »

17h30. Succédant à Fabrice Robert, président du Bloc identitaire, Catherine Blein, en bonne traditionaliste, conclut ces journées par une petite diatribe contre Vatican II :

« Notre clergé qui n'a plus de moelle et qui pactise avec l'islam ! »

Un homme se lève, furieux, et rappelle avant tout que la critique contre l'Eglise ne passe pas : « C'est faux madame ! »

18 heures. On rempile, on serre des mains. Les organes de presse liés aux identitaires, Novopress et Agence2presse, débranchent les micros. Les organisateurs paraissent satisfaits, comme délestés d'un poids, d'une peur, d'une haine.

Je ne retrouve plus la sortie, je m'agite, il me faut de l'air. Dehors, les jeunes grillent toujours une cigarette. Des barrières et des CRS ont été postés pour éviter les débordements. Je file, pressé. Un début de liberté à la station de métro, mais un autocollant de Ras l'front rappelle aux bons souvenirs de la journée. Comme une envie de boire un verre. Vous connaissez un bon bar à vins ?

Par Mathieu Martinière, journaliste
© Rue 89

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VOTER FN ET ÊTRE CATHOLIQUE : « UNE CONTRADICTION » (FRANCE)

Avec le livre « Extrême droite, Pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire » (Ed. L’Atelier), le député UMP Etienne Pinte et le père Jacques Turck ont appelé les nordistes à se mobiliser pour convaincre que le vote FN reste incompatible avec la foi chrétienne.

11/03/2012 - Dans le Nord - Pas-de-Calais, le Front National avait réuni 14,7% des électeurs au 1er tour de 2007, soit 4 points de plus que le résultat national. Dans le même temps, la région garde « une longue tradition du christianisme social » selon le père Jacques Turck. Ces deux tendances poussent les chrétiens à s'engager dans la campagne.

« Aujourd'hui, 15% de l'électorat français a une pratique régulière de la religion catholique » détaille le politologue Christian-Marie Wallon-Leducq. « Les catholiques doivent s'exprimer sur le terrain politique, car ils participent à la vie de la cité » plaide Colette-Madeleine.

Parmi eux, Christian, trouve « contradictoire les idées d'extrême droite avec celle véhiculées par l’Évangile, qui lui prône l'ouverture ».

« Nous devons convaincre ceux qui sont tentés par le vote FN, en tant que citoyen et en tant que chrétien. Avec eux, il faut savoir échanger, explique Christian, il ne faut jamais couper les ponts. Ils ont parfois leurs raisons propres. Ils ne sont par exemple abonnés qu'à une seule presse. Pour moi, c'est le service militaire en Algérie qui m'a ouvert les yeux et les oreilles. » Au sein même de sa famille, Christian présume que l'un ou l'autre a voté pour Jean-Marie Le Pen en 2007.

« L’Église a prêché dans le désert »
A l'Université catholique de Lille, Caroline et Véronique sont venues écouter le député des Yvelines, Étienne Pinte et le père Jacques Turck pour « en savoir davantage sur l'extrême droite ». « J'ai besoin d'informations pour expliquer cette incohérence » lâche l'une d'elles.

« L’Église de France s'est beaucoup exprimée sur l'extrême droite mais elle a prêché dans le désert » reconnaît Étienne Pinte, catholique assumé. L'ancien maire UMP de Versailles, qui trouve que « la Droite populaire flirte avec des idées d'extrême droite », affirme que l’Église a un regard différent.

Etienne Pinte n'est pas surpris, mais s'inquiète, de voir que les catholiques votent autant (voire davantage selon un sondage TNS-Sofres) pour le FN que l'ensemble de la population française.

« Les catholiques traditionalistes retrouvent certaines valeurs et un attachement à la nation dans le Front National, rapporte Christian-Marie Wallon-Leducq. Mais, il faut faire la part des choses, la masse des troupes qui votent FN correspond à une partie populaire ».

Dans la salle, Georges regrette que « le FN soit associé à la religion catholique, alors que ce parti appelle à l'exclusion ».

L'Eglise en campagne
Du côté de l'institution, le message se lit en filigrane. L'immigration « ne peut pas se réduire à une fermeture protectrice des frontières », peut-on lire dans le message de la Conférence des évêques de France, intitulé « Élections : un vote pour quelle société ? ».

Depuis sa publication en octobre, Mgr. Bernard Podvin, le porte-parole des évêques, sillonne le pays, pour donner de l'écho à ces 13 « points de discernement ». « Aucun candidat ne rassemble tous ces éléments » prévient Mgr. Bernard Podvin, lors de sa conférence lilloise.

Maxence Lambrecq
© France télévision

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HOLLANDE SUPPRIMERA LA MENTION DE RACE DANS LA CONSTITUTION (France)

11/03/2012 - Suppression du mot race dans la Constitution: c'est par cette annonce symbolique que François Hollande a lancé samedi le rassemblement des ultramarins, déplorant les discriminations contre lesquelles il a avancé une série de mesures.

"Il n'y a pas de place dans la République pour la race. Et c'est pourquoi je demanderai au lendemain de la présidentielle au Parlement de supprimer le mot race de notre Constitution" où il figure dans son article premier, a déclaré le candidat socialiste, chaudement applaudi, lors d'un meeting consacré à l'Outre-mer à Paris.

Et c'est au gymnase Jean-Jaurès (XIXe arrondissement), comme il y a cinq pour Ségolène Royal, que le candidat du PS est venu détailler sa vision de l'outre-mer, dans une atmosphère chauffée par des artistes ultramarins, dont le leader du groupe Kassav Jacob Desvarieux.

Hollande a fait l'éloge de la "diversité" - "vous incarnez ce que notre pays a de plus précieux: sa diversité et cette diversité, c'est notre identité" - et comparé la France à "un grand archipel", 2e puissance maritime mondiale grâce à ses outre-mer, devant une assistance acquise où siégeaient sa compagne, une dizaine de parlementaires d'outre-mer, dont Victorin Lurel, "M. Outre-mer" de la campagne, et des élus parisiens, le maire Bertrand Delanoë et George Pau-Langevin en tête.

Il a lancé un appel à une "participation massive" des quelque 1,6 million d'électeurs ultramarins au scrutin du 22 avril, "enfin le 21 pour certains", en raison des décalages horaires. L'occasion de se "rappeler (le) 21 avril" 2002 et de mettre en garde "contre la tentation de la colère et du vote extrême" qui serait "un comble". Dans certains territoires, le Front national est crédité de 8%, du jamais vu, selon M. Lurel, député de Guadeloupe.

François Hollande a décliné les différentes formes de discrimination subies par les ultramarins habitant dans les territoires ou en métropole.

Sur la question de l'éloignement et son pendant de "continuité territoriale", il s'est engagé à chercher "des prix plafond" pour les billets d'avion. Pour les fonctionnaires originaires d'outre-mer, les critères d'attribution du congé bonifié seront "clarifiés" et "mieux appliqués". Il compte aussi renforcer l'Agence pour la mobilité afin de permettre à plus de jeunes de venir poursuivre les études hors de leur territoire.

Il a remporté un vif succès en parlant des tarifs "prohibitifs" des télécommunications: il s'est engagé à un "alignement en 2013" des prix des communications entre les DOM et l'hexagone sur ceux à l'intérieur de la métropole.

Pour lutter contre les discrimination pour la recherche d'un logement ou d'un emploi, Hollande veut rendre compétente en ces domaines la Délégation interministérielle pour l'égalité des chances des ultramarins, qui aura aussi la tutelle d'un observatoire ad hoc.

Il veut aussi relancer le projet d'une Cité de l'outre-mer, rattacher le ministère de l'outre-mer à Matignon, mais aussi "veiller" à l'incorporation des données des outre-mer dans les statistiques officielles "y compris du chômage", aux contenus scolaires sur la "colonisation et l'esclavage". Il envisage des cours de créole à l'école ou encore un renforcement de la chaîne publique France O.

Il a vilipendé les "monopoles et situations de rente" en cause dans les problèmes de vie chère, assurant qu'il "valoriserait la concurrence", prendrait des "mesures contraignantes" et chercherait des "dérogations aux règles européennes" pour que les DOM puissent importer des denrées de leurs zones géographiques.

Après son voyage aux Antilles et en Guyane en janvier, François Hollande est attendu à la fin du mois à Mayotte et à la Réunion, deux départements qui ont connu récemment des mouvements sociaux contre la vie chère.
© Libération

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LA VISION DE SARKOZY SUR L'IMMIGRATION NUIT GRAVEMENT À LA NATION (France)

Notre système d'intégration risquerait "l'embolie, la paralysie" et c'est pourquoi le candidat-président Nicolas Sarkozy souhaite diviser par deux le nombre d'immigrés accueillis en France chaque année. Mais l'immigration coûte-t-elle réellement tant à la nation pour qu'il faille la limiter à ce point ? Réponse de François Héran, démographe et directeur de l'Institut national d'études démographiques. Par François Héran Démographe, directeur de l'INED

11/03/2012 - Les deux annonces de Nicolas Sarkozy sur sa politique migratoire dans l’émission "Des paroles et les actes" du 6 mars 2012 sont une manière de dénoncer l’impuissance de sa propre présidence. Alors que le nombre annuel des entrées légales de migrants n’a cessé d’avoisiner 200.000 depuis cinq ans, le candidat nous annonce un changement de cap : diviser ce chiffre par deux. Alors que le droit des résidents légaux aux minimas sociaux n’avait jamais été remis en cause pendant le quinquennat, il serait désormais réservé aux étrangers ayant accumulé dix ans de séjour et cinq ans de travail.

Souvenons-nous des objectifs proclamés en 2007, eux-mêmes repris de la loi Sarkozy 2 de juillet 2006. On allait substituer l’immigration "choisie" à l’immigration "subie", encourager l’immigration de travail qualifié et décourager les migrations familiales et les migrations de refuge.

Les résultats sont médiocres. L’introduction directe de salariés étrangers, devenue possible en 2007, a atteint 20.000 personnes par an, soit 10% seulement du total des entrées. Au Canada, c’est plus de la moitié, bien que les candidats au séjour soient soumis à un concours sur dossier (le "système à points") qui valorise les diplômes supérieurs, la maîtrise des langues et l’expérience. Dans ce pays deux fois moins peuplé que la France, c’est 180.000 migrants qualifiés qui sont recrutés par an : vingt fois plus en proportion !

L'immigration "choisie", l'échec de Sarkozy
Une des raisons de l’échec de l’immigration "choisie" façon Sarkozy est la complexité du mécano bureaucratique mis en place : plusieurs listes de métiers en tension, variant à la fois selon les pays d’origine et selon les régions d’accueil, vite devenues obsolètes. L’immigration qualifiée s’est faite au compte-goutte : 200 cartes "artistes" par an, 400 cartes "compétences et talents", 2300 cartes "scientifiques ".

Du coup, les 6000 étudiants étrangers diplômés autorisés à travailler en 2010 représentent le plus gros de l’immigration qualifiée en France. Les prendre pour cible, comme l’a fait la circulaire Guéant du 31 mai 2011, c’est ignorer que le marché des talents dans la recherche, le management ou la consultance n’a pas de frontières, c’est ne pas comprendre que la préférence nationale nuit gravement aux intérêts de la nation. La justification avancée – lutter contre le chômage – ne tient pas la route : 3000 emplois de gagnés sur les 6000 diplômés étrangers, c’est un millième de la solution par rapport aux 3 millions de chômeurs.

Dans le même temps, les autres composantes de l’immigration n’ont guère reculé, et pour cause. Comme partout dans le monde, l’immigration estudiantine a progressé, l’agence France-Campus ayant fait son travail de promotion (par exemple en diffusant le catalogue des formations anglophones en France). L’immigration familiale s’est poursuivie, à peine ralentie par la lutte contre les fraudes et les abus : elle avait beau être "subie", elle était légale et garantie par le droit international.

L’évidence de l’échec est apparue en mars 2011 : alors que le rapport au Parlement venait de vanter la progression de l’immigration "choisie" et les succès de France-Campus, Claude Guéant annonça un virage à 180 degrés : il fallait réduire toutes les composantes de l’immigration légale, y compris l’immigration "choisie", perçue à présent comme "subie". Mais divisera-t-on par deux le droit d’épouser qui l’on veut et de vivre en famille ?

Des chiffres pour frapper l'opinion, sans évoquer les proportions
La politique migratoire qu’on nous annonce nie les réalités les plus élémentaires. Elle recourt à une vieille technique : brandir des chiffres absolus pour frapper l’opinion, sans jamais évoquer les proportions. Or 200.000 entrées par an pour un pays de 65 millions d’habitants, c’est une croissance de la population inférieure à 0,3% (les démographes disent trois pour mille), dont il faut défalquer les départs, mal connus certes, mais qui tournent autour d’un tiers des entrants après une génération. Ce taux reste inférieur à la moyenne de la zone euro sur dix ans. Prétendre qu’il dépasserait nos "capacités d’accueil" alors qu’un taux de 0,15% les respecterait n’a aucun sens.

La France a passé son temps à accueillir des surcroîts de population inattendus : les enfants du baby-boom (dont un quart n’étaient pas désirés), un million de rapatriés d’Algérie, sept millions de personnes âgées supplémentaires liées à l’allongement de la vie depuis les années 1970. On n’a pas objecté les capacités d’accueil pour refuser de les absorber. Simplement, le pays s’est agrandi et renforcé.

La Cour des comptes l’avait souligné dès 2004 : l’État concentre trop de dépenses sur les nouveaux arrivants et pas assez sur l’intégration au fil des ans. Or la doctrine officielle est qu’on résoudra les difficultés de l’intégration en se contentant de réduire les flux d’entrée. Les vrais problèmes sont ailleurs. Ainsi la concentration géographique des migrants. La loi SRU a échoué à répartir la mixité sociale, puisque les communes riches peuvent s’en exempter en payant une taxe. Le "plan Marshall des banlieues" n’a été qu’un jeu d’écritures sur des budgets en baisse. Quant à la lutte contre les discriminations, elle n’a amusé les autorités qu’un temps, malgré les multiples enquêtes ayant établi que deux personnes de même âge et de même diplôme n’avaient pas les mêmes chances d’être recrutées si elles étaient d’origine différente.

La seconde annonce du candidat – limiter l’accès des étrangers aux minimas sociaux – repose sur l’idée reçue que les migrants choisiraient leur pays de destination en fonction de la générosité de sa protection sociale. C’est une contre-vérité. Sur les dernières décennies, les pays qui ont, de loin, attiré le plus de migrants sont les moins généreux : États-Unis, Irlande, Espagne.

En réalité, on veut imputer aux étrangers la vulnérabilité de notre protection sociale, qui tient à bien d’autres facteurs : le chômage de masse, l’assiette inégale des cotisations et, surtout, la forte progression de l’espérance de vie. On ne peut pas, d’un côté, invoquer de réels arguments démographiques pour justifier la réforme des retraites et, de l’autre, faire porter aux étrangers la responsabilité principale des difficultés de la protection sociale.
© Nouvel Observateur

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LE LOCAL DU BLOC IDENTITAIRE SUSCITE LA POLÉMIQUE (France)

10/03/2012 - Depuis plus d'un mois, le ton monte parmi les militants des associations de droits de l'Homme et diverses organisations de gauche. En cause, l'inauguration en toute intimité de « l'Oustal », le 11 février dernier, au 36 allée de Barcelone. Beaucoup craignent, pour ne pas dire parient, que ce local ne devienne le lieu de rendez-vous des groupuscules et mouvements de l'extrême-droite. Une manifestation est organisée samedi 17 mars pour exiger sa fermeture. Et le climat aux abord du lieu est déjà assez tendu.

Car l'association Toulouse identité, forte aujourd'hui d'une cinquantaine d'adhérents et qui gère le lieu, rassemble des membres du Bloc identitaire (voir encadré). Le bureau de cette « maison de l'identité », le premier local du genre en ville, ne cache pas ses liens avec le parti au sanglier. « Nous avons passé un partenariat avec le Bloc identitaire, mais c'est un local métapolitique, il n'est pas voué qu'à de l'action militante », défend Matthieu Clique, secrétaire de Toulouse identité et responsable local des jeunes identitaires.

Dans ses statuts, l'association ne met pas en avant sa ligne politique : « elle a pour but la découverte et la transmission de l'identité culturelle toulousaine et occitane ; la promotion et la participation à des activités culturelles et sportives […] » « Ne nous leurrons pas, ce local n'est qu'une façade pour le Bloc. C'est une organisation d'extrême droit raciste et xénophobe malgré leurs piètres recherches de respectabilité », annoncent les sympathisants du comité de vigilance contre l'extrême droite, né il y a quelques mois à Toulouse et composé entre autres de la LDH et de divers partis et associations de gauche. « Nous avons une grande légitimité à Toulouse. La culture occitane n'est pas forcément réservée à la gauche », assure Matthieu Clique. « Ils perturbent parfois nos manifestations, nous n'en voulons pas », explique Jean-François Laffont de convergence occitane. Leurs théories sont totalement incompatibles avec la culture occitane, résultat de multiples invasions, même si la langue appartient à tout le monde. Nos valeurs ont mille ans. C'est « convivencia et paratge ». Cela signifie l'art de vivre ensemble, de rechercher le contact de l'autre et l'égalité, la parité. C'est tout l'opposé de '' Soi d'aqui '', je suis d'ici, leur credo. Nous, on nie le sang pur occitan et nous sommes fiers d'être métèques. »

Qui sont-ils ?
Le Bloc identitaire, parti symbolisé parun sanglier noir, a été créé en 2002 sur les cendres d'Unité radicale, dissoute après la tentative d'assassinat de Jacques Chirac par l'un de ses membres. Fort de 500 à 600 adhérents en France, il est dirigé par Fabrice Robert, un ancien du FN. Les identitaires font la promotion du fédéralisme européen et avancent des thèses islamophobes. À Toulouse, ils sont une dizaine. Et s'ils ont déposé plainte pour plusieurs dégradations de leur local, les mouvements de gauche leur prêtent plusieurs dérapages violents. Un étudiant originaire de Grenoble, Matthieu Clique, 23 ans, est responsable local des jeunesses identitaires. Il a autrefois fait partie de SOS Tout-petits, un mouvement anti avortement, catholique et radical.
© La Dépèche

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RACISME : GUERLAIN REFAIT PARLER DE LUI (France)

Des employés antillais du train Eurostar accusent de propos racistes Jean-Paul Guerlain, déjà visé par une plainte pour des motifs similaires.

10/03/2012 - En attente de jugement pour avoir publiquement brocardé « les nègres », Jean-Paul Guerlain, l’un des grands « nez » du XX e siècle, est à nouveau accusé d’avoir tenu des propos « à caractère raciste », à des employés antillais du train Eurostar. Une plainte a été déposée fin février contre le parfumeur après des propos qui auraient visé ces employés à la gare du Nord à Paris.

Selon les employés, Jean-Paul Guerlain a proféré à leur encontre des propos « déplacés » et « à caractère raciste » alors qu’ils étaient en train d’aider le parfumeur, qui était en fauteuil roulant, de source policière. Ni le parquet ni l’avocat de Guerlain n’avaient pu être joints hier pour confirmer cette information.

Les trois agents affirment avoir entendu de la bouche de Jean-Paul Guerlain, très énervé : « La France est un pays de merde, c’est une boîte de merde et en plus on est servi que par des immigrés. » Selon Christopher, l’un des trois agents, « on a porté assistance à ce monsieur en lui précisant qu’il était arrivé un petit peu trop tard pour l’enregistrement […] et on lui a proposé des solutions pour le replacer sur un train dans de bonnes conditions».

Agé de 75 ans, le descendant du fondateur de la célèbre maison de parfum avait déjà créé la polémique en octobre 2010, en déclarant, à propos de la création du parfum Samsara lors d’une interview télévisée : « Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin… »

« Une imbécillité »
Un déluge de protestations et d’appels au boycott des produits Guerlain avait suivi, en dépit des excuses présentées par Jean-Paul Guerlain. Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), SOS Racisme et l’association Noir et Fier avaient porté plainte pour injure raciale, rejointes ensuite par d’autres.

Devant le tribunal correctionnel de Paris, où il a comparu le 9 février, le septuagénaire a confessé une « imbécillité » et renouvelé ses excuses. Une amende « de 7 500 euros au moins » a été requise contre lui. Le jugement sera rendu le 29 mars.
© Le Républicain lorrain

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BELGIQUE : L'EXTRÊME DROITE INTERDITE DE S'APPELER FRONT NATIONAL

Le FN français avait saisi la justice belge, parce qu'il souhaitait rompre ses relations avec son homologue miné par les divisions.

15/03/2012 - La justice belge a définitivement interdit jeudi à la mouvance d'extrême droite belge d'utiliser le nom Front national, à la demande du Front national français qui souhaitait rompre ses relations avec son homologue belge, miné par les divisions. La cour d'appel de Liège (sud-est) a confirmé un jugement qui interdisait au Front national belge d'utiliser le nom, le sigle FN et son logo, fixant à 10 000 euros par jour l'astreinte en cas d'infraction, a rapporté l'agence de presse Belga.

La justice avait été saisie par le parti dirigé par Marine Le Pen, qui souhaitait mettre fin à une expérience lancée dans les années 1980 pour faire bénéficier la mouvance belge de la popularité de Jean-Marie Le Pen. Malgré l'absence de leader charismatique, le FN belge, fondé en 1985, avait réussi à séduire jusqu'à 8 % des électeurs de Wallonie (sud) dans les années 1990. Son audience a depuis fortement reculé, et il ne compte plus que quelques élus municipaux. Miné par les luttes intestines, il s'est en outre scindé en plusieurs formations concurrentes qui affirment toutes être "le réel FN".

La décision de justice "signifie que le FN belge et ses dissidences n'existent et n'existeront plus en Belgique. Ses derniers militants et partisans sont condamnés à la groupusculisation ou à la disparition politique", a réagi l'Observatoire belge de l'extrême droite sur son site Résistances.be. Cette association engagée avait mis en lumière, dans plusieurs enquêtes, "les liens du FN réunifié belge avec un groupuscule national-solidariste belge lié en France à des mouvements d'extrême droite dissidents, concurrents et hostiles au Front national français et à sa présidente", rappelle-t-elle.
© Le Point

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DES ANCIENS COMBATTANTS LETTONS DES WAFFEN SS DÉFILENT À RIGA (Lettonie)

16/03/2012 - Des vétérans lettons qui avaient combattu dans les rangs de la Waffen SS contre l'armée soviétique pendant la Seconde guerre mondiale ont défilé vendredi à Riga au milieu d'un important dispositif policier, a constaté un journaliste de l'AFP.

Quelque 1.500 anciens combattants et leurs sympathisants, selon la police, ont pris part à cette parade annuelle controversée. Après avoir assisté à une messe, ils ont défilé avec des drapeaux lettons à travers la Vieille ville de Riga, jusqu'au mémorial national de la Liberté pour y déposer des fleurs.

Le cortège a été flanqué de quelques dizaines de contre-manifestants qui brandissaient des dessins dépeignant les atrocités nazies, mais sans perturber la marche comme ce fut le cas les années précédentes.

Seules trois personnes ont été interpellées pour avoir brandi des symboles interdits en Lettonie: la croix gammée des nazis ou la faucille et le marteau des communistes.

"Je veux déposer des fleurs pour mes camarades tombés au combat. Tous les vieux soldats veulent se souvenir de leur camarades", a déclaré à l'AFP Janis Vasarietis, un vétéran de 90 ans.

Il a dit qu'il ne ressentait aucune animosité à l'égard des vétérans de l'armée rouge qui défilent, eux, le 9 mai pour marquer la défaite de l'Allemagne nazie.

La Légion lettone de la Waffen SS continue de déchaîner les passions, aussi bien dans ce pays balte qu'à l'étranger, notamment au sein de la communauté juive.

Moscou et la minorité russe de Lettonie y voient une glorification du nazisme, alors que les anciens combattants et leurs partisans affirment que les légionnaires n'étaient pas des nazis, mais qu'ils se battaient pour l'indépendance.

"Il est tragique de voir des gens qui ont combattu pour le IIIe Reich transformés en héros", a déclaré à l'AFP à Riga Efraim Zuroff, directeur du centre Simon Wiesenthal à Jérusalem.

"Tout cela est un mythe. Si l'Allemagne nazie avait gagné la guerre, il n'y aurait pas eu de Lettonie indépendante aujourd'hui", a-t-il ajouté.

La Lettonie a été occupée par l'armée rouge suite au pacte germano-soviétique de 1939. Après l'attaque de l'Allemagne contre l'URSS en 1941, l'armée rouge a été chassée de la république balte.

Certains Lettons ont accueilli les nazis comme des libérateurs ayant mis fin à l'occupation et à la terreur soviétiques. Mais les nazis y ont instauré leur propre terreur. Ils ont exterminé quelque 70.000 des 85.000 Juifs vivant dans ce pays, parfois avec l'aide de leurs collaborateurs locaux.

Quelque 140.000 Lettons se sont engagés ou ont été enrôlés dans la Waffen SS, unité d'élite du régime nazi, pour combattre l'armée rouge. 130.000 autres ont combattu du côté de l'URSS.

En 1944, Moscou a de nouveau occupé la Lettonie. Devenue république soviétique comme la Lituanie et l'Estonie voisines, elle n'a recouvré son indépendance qu'en 1991, avec la chute de l'URSS.
© Nouvel Observateur

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UNE LOI "HOMOPHOBE" À SAINT-PÉTERSBOURG (Russie)

11/03/2012 - Le gouverneur de Saint-Pétersbourg a signé une loi réprimant la "propagande homosexuelle", a indiqué aujourd'hui la mairie de la deuxième ville de Russie, un texte jugé "homophobe" par les militants de la cause homosexuelle et critiqué par Human Rights Watch. Le gouverneur "Gueorgui Poltavtchenko a signé la loi le 7 mars", a précisé le service de presse de la mairie. Ce texte adopté fin février par l'assemblée locale doit entrer en vigueur dans une dizaine de jours.

L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) a appelé dans un communiqué le gouverneur à mettre son veto sur cette loi, au motif qu'elle semble assimiler l'homosexualité à la pédophilie et risque d'être utilisée de manière arbitraire par les autorités à l'égard des gays. La loi punit les auteurs de tout "acte public" faisant la promotion tant de l'homosexualité que de la pédophilie, sans définir explicitement le terme d'"acte public".

Des militants de la cause homosexuelle avaient été interpellés en février à Saint-Pétersbourg pour avoir protesté contre cette loi. Ils entendent néanmoins poursuivre les manifestations et contester le texte devant la justice. "Nous avons l'intention de lutter contre cette discrimination", a déclaré aujourd'hui Maria Efremenkova, militante locale de la cause homosexuelle. "Nous avons l'intention notamment de manifester près des écoles avec des pancartes "L'homosexualité, c'est quelque chose de normal", a-t-elle précisé. Selon ce texte, les personnes physiques encourent une amende allant jusqu'à 5000 roubles (130 euros). Pour les personnes morales, l'amende peut atteindre un million de roubles (25.000 euros).

Les Etats-Unis avaient fait part de leur inquiétude concernant cette loi qui "devrait gravement limiter la liberté d'expression et de rassemblement des personnes homosexuelles, bisexuelles, et en réalité de tous les Russes". La Russie a rejeté toute "ingérence" dans ses affaires intérieures. L'homophobie est largement répandue en Russie. L'homosexualité y était considérée comme un crime jusqu'en 1993, et comme une maladie mentale jusqu'en 1999, bien après la chute du régime soviétique en 1991.
© Le Figaro

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LE PARLEMENT EUROPÉEN PRESSE LES PAYS-BAS DE RÉAGIR À UN SITE D'EXTRÊME-DROITE

13/03/2012 - Le Parlement européen a unanimement demandé mardi au gouvernement néerlandais de condamner la création par son allié d'extrême droite d'un site internet incitant à la délation vis-à-vis des immigrés d'Europe de l'Est.

Le site, mis en ligne le 8 février par le Parti pour la liberté (PVV), invite les Néerlandais à signaler les "nuisances" qu'ils subissent au quotidien de la part de ressortissants d'Europe de l'Est ou centrale.

"Le racisme et la xénophobie ont conduit aux plus atroces pages de notre histoire. Pouvons-nous rester silencieux, ne pas répondre à l'incitation à la haine de certains partis ? Le groupe PPE réitère son appel à condamner clairement et rapidement le site", a déclaré le président français du Parti populaire européen (PPE, conservateurs) Joseph Daul.

"Le silence du gouvernement néerlandais est inacceptable", a renchéri le Belge Guy Verhofstadt, chef de file des libéraux de l'Alliance des démocrates et libéraux pour l'Europe (ALDE).

M. Verhofstadt a rappelé qu'il avait "parlé au Premier ministre Mark Rutte", dont le parti est affilié à l'ALDE, et a incité M. Daul à faire de même avec les ministres issus de l'Appel démocrate-chrétien (CDA), rattaché au PPE.

Le gouvernement dirigé par Mark Rutte, qui a besoin du soutien du PVV pour détenir une majorité parlementaire, a dit à plusieurs reprises qu'il ne condamnerait pas l'initiative de Geert Wilders, arguant qu'il s'agissait "du site d'un parti" et non d'un site gouvernemental.

Pour la députée néerlandaise Verte Marije Cornelissen, M. Rutte s'est "coincé dans les cordes" en choisissant cette direction, mais ne pas condamner le site représenterait une "défaite encore plus cuisante (...) pour le Premier ministre, pour le prestige des Pays-Bas et pour l'ensemble des Européens".

La Commission européenne et le Conseil de l'Europe ont également dénoncé le site. La vice-présidente de la Commission en charge de la Justice Viviane Reding a rappelé qu'il appartenait aux autorités néerlandaises d'examiner la légalité du site, notamment au regard des législations nationale et européenne sur le racisme et la xénophobie, la protection des données individuelles et la libre circulation des citoyens européens.

Affirmant que "plus de 100.000 personnes (avaient) répondu à l'appel du site", le député néerlandais Auke Zijlstra, membre du PVV et "non inscrit" à Strasbourg, a dénoncé une "menace de censure" et soutenu que le site n'avait pas pour objectif d'inciter à la violence, mais de permettre aux Néerlandais d'exprimer leurs sentiments.

"Les Néerlandais en ont marre, et ils ne sont pas les seuls. La France connaît le même problème, et maintenant le président Nicolas Sarkozy lui-même menace de suspendre la participation de la France à l'espace Schengen", a-t-il expliqué, faisant allusion aux propositions de M. Sarkozy lors de son meeting de Villepinte (près de Paris) dimanche.

Un rapprochement également effectué par les députés socialistes du Groupe de l'Alliance progressiste des Socialistes & Démocrates (S&D), les Verts et les libéraux.

"Ce qui se passe en Hollande n'est pas un fait unique, (cela renvoie à) quelque chose de plus grave en Europe", a déclaré M. Verhofstadt, qui s'est une nouvelle fois demandé "qui (était) le véritable candidat de l'extrême droite" en France de M. Sarkozy ou de la candidate du Front national Marine Le Pen.

Tous les partis politiques, du PPE à la Gauche européenne (communiste), se sont associés dans un projet de résolution commune soumis au vote jeudi afin de presser Mark Rutte de condamner le site du PVV.
© Nouvel Observateur

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L’EXTRÊME DROITE S’ENRACINE EN EUROPE

10/03/2012 - Les sanglantes attaques (78 morts) perpétrées par Anders Behring Breivik le 22 juillet 2011 en Norvège ont brutalement réveillé tous ceux qui, en Europe, regardaient passivement l’extrême droite islamophobe gagner du terrain. Une trentaine de partis politiques dont les programmes revendiquent ouvertement une « identité européenne pure » sont, en effet, en train de consolider leurs positions dans certains parlements (en passant parfois des accords avec la droite traditionnelle, comme aux Pays-Bas), et occupent une place de plus en plus large dans les médias.

L’Europe de l’extrême droite: Carte (mise en place par Cécile Marin) extraite de Mondes émergents, l’Atlas du Monde diplomatique 2012.

Ces partis, à l’instar du Forum nordique, maîtrisent aussi très bien les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, ce qui leur donne encore plus de visibilité pour répandre leurs messages de haine et renforcer leurs alliances nationales et internationales.

Les responsables de cette propagande nauséabonde se retranchent toujours derrière le principe de la liberté d’expression, et, lorsqu’ils sont critiqués pour des discours qui pourraient encourager de futurs Breivik, ils affirment que le carnage provoqué par ce « loup solitaire » n’a rien à voir avec le climat qu’ils contribuent à créer. Ils se présentent eux-mêmes comme des victimes que l’on tente de censurer. Ils prétendent que l’Europe, à terme, va perdre son « identité chrétienne ». Ces populistes agissent à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du système électoral : bien qu’élus et donc présents dans les Parlements, ils ne cessent de critiquer les démocraties en les accusant d’être bien trop libérales sur la question des flux migratoires.

L’extrême droite européenne cède au fantasme d’une Europe « pure » par opposition à l’Europe « réelle » qui, elle, est bien diversifiée. Comme Anders Behring Breivik, des milliers de personnalités qui animent des sites Internet et des blogs (Gates of Vienna, Brussels Journal), des organisations telles que l’English Defence League, Platform per Catalunya ou Militia Christi ainsi que des chefs religieux préparent tous activement le terreau fertile dans lequel peut s’épanouir l’extrémisme.

Une enquête de l’université de Nottingham conduite par Matthew Goodwin montre que les partis extrémistes se caractérisent surtout par leur opposition viscérale à l’immigration (en particulier à l’immigration musulmane), à la diversité ethnique, et enfin au multiculturalisme, autant de caractéristiques sociales qu’ils considèrent être un grand danger pour l’Europe.

Ils pensent par ailleurs que les partis politiques traditionnels sont bien trop « mous » dans leurs réponses aux questions liées à l’immigration [1]. Une autre étude, conduite par Elisabeth Ivarsflaten, montre que les partis populistes ont tous connu leurs plus grands succès électoraux après avoir intégré dans leurs discours et leurs programmes une forte dimension anti-immigration [2].

Ces « nouveaux » populistes évitent soigneusement le discours traditionnel, raciste et antisémite, et préfèrent orienter plus subtilement leurs analyses sur les questions de culture et d’identité. Paradoxalement, ils se réclament de deux identités antagonistes : chrétienne pour la reconnaissance d’un passé européen mythologique, et séculaire pour lutter contre l’islam.

Ils combattent les politiciens « marxistes » ou trop libéraux. C’est sur cette ligne qu’Anders Behring Breivik a attaqué les bâtiments gouvernementaux à Oslo puis le camp d’été des jeunes travaillistes sur l’île d’Utøya. Ils sont en général pro-américains, entretiennent des relations étroites avec l’extrême droite aux Etats-Unis et considèrent Israël comme un rempart protégeant l’Occident contre l’islam. Par temps de crise, ils utilisent aussi l’argument de l’emploi et de l’Etat-providence pour se justifier : les immigrés volent les emplois et grugent l’Etat-providence, la sécurité sociale en particulier, puisqu’ils ont beaucoup plus d’enfants que la moyenne des Européens, etc.

Dans son manifeste — un méga copié-collé d’idées d’extrême droite somme toute classiques —, Anders Behring Breivik oppose l’Etat providence et l’hégémonie identitaire au pluralisme. « Les sociétés européennes, écrit-il, doivent pouvoir compter sur une solide cohésion sociale, laquelle ne peut vraiment exister que dans un système de monoculture où tout le monde a totalement confiance en tout le monde. »

L’étude de Goodwin révèle que la majorité de ceux qui votent pour les partis populistes viennent des milieux modestes ou des classes moyennes. Ce sont aussi souvent des petits commerçants ou des agriculteurs effrayés par les violents changements économiques et sociaux. « La mondialisation des marchés et la dérégulation économique ont précipité la planète dans une ère d’incertitude qui provoque nécessairement de la peur », rappelle Javier de Lucas, professeur à l’université de Valence. A cela, l’extrême droite oppose un discours composé de formules simplistes, et fait porter la responsabilité de tous les maux économiques et sociaux sur les « politiciens », les « gauchistes » et les immigrés.

« Le seul vrai moyen de mobiliser les gens, c’est de leur faire peur : peur des immigrés, peur de la criminalité… », écrit le philosophe Slavoj Zizek [3].

Timides contre-attaques
Les politiciens modérés restent relativement impuissants face aux attaques de l’extrême droite, et, quand ils tentent de répondre, ils le font de manière contradictoire : les partis de centre gauche — pour éviter de perdre un électorat sensible à ces questions — reprennent volontiers à leur compte les thèmes de prédilection de l’extrême droite, en particulier l’« immigration ». Dans les faits, l’Europe impose une politique de plus en plus restrictive pour limiter le droit d’asile et les flux migratoires entrants, alors qu’en même temps partis politiques et gouvernement prônent une « plus grande tolérance » envers les étrangers ! La réalité, c’est que les sentiments xénophobes se développent, et que les populations immigrées musulmanes et leur culture sont de plus en plus rejetées.

Si l’Europe souhaite soutenir sa croissance, elle aura besoin d’ouvrir grand la porte à la migration. Mais cet argument ne suffit pas à faire reculer l’islamophobie. « Il y a quelque chose qui m’inquiète bien plus que la poussée de l’extrême droite lors des scrutins de 2010, explique Thomas Hammarberg, commissaire aux droits humains au Conseil de l’Europe, c’est la profonde inertie et surtout la confusion dans laquelle les partis modérés démocratiques de gauche ou de droite semblent être tombés. On a même l’impression que ces partis ont fini par accepter que les discours de haine et cette xénophobie décomplexée soient intégrés dans le champ politique comme quelque chose de normal : leurs chefs ont totalement échoué à enrayer cette montée de l’islamophobie [4]. »

Les médias dominants ont ouvert le débat, non sans perdre de vue qu’une partie importante de leur audience glisse progressivement, électoralement parlant, vers la droite populiste, d’autant qu’apparaissent dans le paysage médiatique — comme aux Etats-Unis — de nouveaux médias ultra-nationalistes, ainsi que des milliers de sites Internet ou de livres qui, pour la plupart, ont su se faire accepter dans l’espace de débat comme s’ils étaient de très sérieuses institutions de sciences politiques [5].

C’est ainsi que l’essayiste britannique Bat Yeor, de son vrai nom Gisèle Littman-Orebi, a « inventé » le fameux axe euro-arabe (ou Eurabia), abondamment cité par Breivik dans son manifeste, et dans lequel elle prédit que l’Europe sera tôt ou tard conquise par les musulmans. L’auteure explique que les juifs et les chrétiens seront assujettis à la loi islamique [6].

« Aujourd’hui, la liberté de parole est totale et l’essentiel de ce qui se publie n’est ni édité ni censuré, rappelle Sindre Bangstad, enseignant à l’université d’Oslo. Les discours islamophobes peuvent se répandre beaucoup plus facilement qu’avant. Dans ce contexte, les opinions outrancières comme celles soutenues par Breivik sont à peine discernables de celles que l’on peut trouver sur certains médias sociaux, et même parfois dans les médias dominants en Norvège [7]… »

Toutefois, les auteurs dangereux ne sont pas tous des paranoïaques déments et sanguinaires. Le très respectable économiste social-démocrate allemand Thilo Sarrazin a publié en 2010 un livre dans lequel il explique très sérieusement que son pays va devenir de plus en plus pauvre et perdre son identité comme son potentiel, parce que les immigrés turcs et arabes ont un quotient intellectuel inférieur. Il prétend que ses idées sont soutenues par un tiers des Allemands pour qui l’Etat devrait limiter l’immigration et la pratique de l’islam. En octobre 2010, c’est Angela Merkel qui se rallie en déclarant : « Le multiculturalisme a échoué ». David Cameron, le premier ministre anglais, dira exactement la même chose quelques jours après. En septembre 2011, le Parti national-démocratique allemand (NPD) a obtenu 6 % des voix au parlement de Mecklenbourg-Poméranie occidentale, score exceptionnel pour le pays.

Sur la question des immigrés, les partis de centre-gauche ont deux options : « l’intégration » ou « l’assimilation ». Le concept d’assimilation imprègne le discours politique jusqu’aux années 1980 : il signifie que les immigrés doivent s’adapter à « notre » société en renonçant à tout ou partie de leurs religion, culture ou traditions. L’« intégration », quant à elle, admet que les « nouveaux citoyens » conservent leurs spécificités, comme d’ailleurs toutes les immigrations antérieures l’ont fait. Dans une acception moderne, l’intégration suppose un effort d’adaptation réciproque, et notamment, l’acceptation par le pays d’accueil de la religion de ceux qu’il accueille [8].


Les revendications pour rendre les symboles religieux invisibles dans l’espace publique (minarets, burqas, voiles, mosquées…) sont de plus en plus fortes [9].

D’une manière générale, les deux stratégies ont échoué. Les communautés d’immigrés ont plutôt tendance à s’isoler pour éviter d’être assimilées. Elles se sentent souvent discriminées, et les sociétés qui les reçoivent ne ressentent pas le besoin de changer quoi que ce soit puisqu’elles les considèrent comme un corps extérieur indifférencié et fragmenté. En Allemagne, après quarante ans de vie commune, les populations turques et allemandes ne savent toujours que très peu de choses les unes des autres. C’est un paradoxe.

L’étude de Goodwin a aussi mis en évidence des résultats troublants pour ce qui concerne la réponse politique envers l’extrême droite en général. Depuis que les partis politiques sont devenus des « machines électorales », les partis populistes exploitent à plein la possibilité de s’adresser directement aux électeurs et de répondre à leurs inquiétudes sur les questions d’immigration, ce que les autres partis ne font pas.

Sommes-nous prêts à laisser tomber nos approches communautaristes pour adopter une citoyenneté plurielle fondée sur des normes et des valeurs fondamentales communes ?

« La société européenne dans sa pluralité est coresponsable, explique Javier De Lucas. Nous devons apprendre à nos sociétés à accepter l’évolution vers un monde multiculturel et à négocier pour cela. Mais hélas, la société ne bouge pas. Elle n’est pas très motivée, les politiques migratoires très restrictives mises en place par nos gouvernements envoient des signaux contraires : sans négociation, sans volonté de changer, d’évoluer, le projet unilatéral d’intégration des populations immigrées est voué à l’échec [10]. »

Par Mariano Aguirre, directeur du Norwegian Peacebuilding Resource Centre (NOREF) à Oslo.

L’essayiste et journaliste norvégien Øyvind Strømmen a publié chez Cappelen Dammen en 2011 un livre sur l’extrême droite européenne intitulé Det mørke nettet. Il sortira en français chez Actes Sud en avril 2012 sous le titre Le Réseau brun. Stratégies et connexions de l’extrême droite européenne.

Voici un extrait de la présentation qu’en fait Actes Sud :

« Nous allons punir Anders Behring Breivik ! déclarait Jens Stoltenberg, le premier ministre norvégien. Notre réponse sera plus de démocratie, plus d’ouverture, une société encore plus multiculturelle. Mais sans naïveté. »

« La première partie de cette citation fut dénoncée par la droite et l’extrême droite qui protestaient contre ce coup de projecteur dont elles étaient l’objet. Ce qui est bizarre, c’est que la dernière partie n’est que très rarement citée : ce livre a été écrit pour tenter d’expliquer cette « naïveté » dont nous avons fait preuve à l’égard de la montée de l’extrême droite », écrit l’auteur en introduction de son ouvrage.

L’enquête d’Øyvind Strømmen replace les attentats du 22 juillet 2011 dans le contexte du réseau idéologique peu connu de la nouvelle extrême droite européenne sur Internet. L’auteur ne mâche pas ses mots : « La bête immonde est d’actualité, elle se nourrit de nos banalisations, elle nous cache ses véritables intentions. » 

Notes

[1] Matthew Goodwin, « Right Response. Understanding and Countering Populist Extremism in Europe », A Chatham House Report, The Royal Institute for International Affairs, Londres, 2011.

[2] Elisabeth Ivarsflaten, « What united right wing populists in Western Europe ? » (PDF), Nuffield College, University of Oxford, 2006.

[3] Slavoj Zizek, « Barbarie con rostro humano », El Pais, 23 octobre 2010 ; « Liberal multiculturalism masks an old barbarism with a human face », The Guardian, 3 octobre 2010.

[4] Tony Barber, « Immigration : tensions unveiled », Financial Times, 15 novembre 2010.

[5] Michael Tomasky, « Republican Days of Wrath », The New York Review of Books, 29 septembre 2011.

[6] Bat Yeor, Eurabia : the Euro-Arab axis, Fairleigh Dickinson University Press, New Jersey. Les autres auteurs sont Bruce Bawer, Melanie Phillips, Peder Are Nøstvold Jensen (alias Fjordam) et Hallgrim Berg.

[7] Sindre Bangstad, « Norway : terror and Islamophobia in the mirror », Opendemocracy, 22 août 2011.

[8] Bhikhu Parekh, A new politics of identity, Palgrave, Londres, 2008, pp. 82.85.

[9] Olivier Roy, « L’islam en Europe, une religion qui doit être traitée comme les autres », in Patrick Haenni and Stéphane Lathion (Eds.), Les minarets de la discorde , Eclairage sur un débat suisse et européen, Religioscope Infolio, 2009.

[10] « Todos somos extranjeros para el otro », Pagina 12, 1er novembre 2010.
© Le Monde Diplomatique

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MISSIONNAIRE HOMOPHOBE DANS LE VISEUR D’UNE ONG AFRICAINE (États-Unis)

Une organisation LGBT ougandaise a porté plainte aux Etats-Unis contre le prédicateur Scott Lively pour son rôle dans les persécutions dont sont victimes les homosexuels. Par Antoine Gessling

15/03/2012 - Les homosexuels vont «sodomiser les enfants africains» et ainsi «corrompre la culture» ougandaise: c'est avec ce genre de messages qu'une véritable hystérie antigay est née en Ouganda dès 2002. Ils ont contribué à préparer le terrain à une loi durcissant la répression de l'homosexualité, imposant même la peine de mort contre certaines personnes «coupables» de rapports «contre-nature».

Pour Sexual Minorities Uganda (SMU), la principale association LGBT de ce pays du centre-est de l'Afrique, ce climat d'homophobie aiguë est le résultat d'une «conspiration». Et son principal artisan est à chercher du côté des Etats-Unis, et plus précisément d'un riche prédicateur évangélique du Massachusetts: Scott Lively. SMU vient de déposer un plainte devant les tribunaux de cet Etat américain pour violation du droit international. L'organisation, soutenue par par le Center for Constitutional Rights basé à New York, compte apporter la preuve de l'implication concrète du prédicateur américain dans les persécutions homophobes qui minent le pays.

Activisme international
Chef d'entreprise (il possède une chaîne de cafés au nom évocateur, Holy Grounds), fondateur d'Abiding Truth Ministries et auteur de pamphlets antigay délirants (comme «The Pink Swastika», où il prétend que le nazisme a été inspiré par les homosexuels), Scott Lively a une activité débordante au niveau international. Outre l'Ouganda, il a également voyagé en Lettonie et en Moldavie pour y aider les mouvements conservateurs à combattre l'influence de ce qu'il dénonce comme le «lobby homosexuel». En 2009, en Ouganda, le prédicateur s'était exprimé devant des avocats, des parlementaires et des étudiants. Sa tournée avait été accompagnée de violentes manifestations antigay.

Sollicité par le «New York Times», Lively s'est défendu de ces accusations: «C'est totalement ridicule. Je n'ai rien fait en Ouganda, sinon prêcher les Evangiles et exprimer mon opinion sur la question homosexuelle.» La plainte de SMU vise également quatre conspirateurs ougandais, dont le ministre James Buturo et le député David Bahati, rapporteur du projet de loi. Ce dernier a refait surface, le mois dernier, à l'ordre du jour du Parlement ougandais.
© 360°

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LE "WALL STREET JOURNAL" APPELLE SARKOZY "NICOLAS LE PEN" (États-Unis)

13/03/2012 - L'édition européenne du Wall Street Journal a fait du bruit mardi 13 mars en publiant sur son site un éditorial intitulé "Nicolas Le Pen", mettant en cause les récentes prises de position de Nicolas Sarkozy sur l'immigration.

Dans cet article non signé, publié dans la rubrique "Review & Outlook", le Wall Street Journal, quotidien conservateur appartenant au magnat australien Rupert Murdoch, estime que la position du candidat de l'UMP, qui menace de suspendre la participation de la France à l'espace Schengen si celui-ci n'est pas renforcé pour lutter contre l'immigration, est une "sale pensée, non seulement en raison des sales sentiments sur lesquels elle repose, mais aussi en tant que cas d'école d'analphabétisme économique".

Le Wall Street Journal estime en effet que "seule l'immigration peut maintenir une population active assez nombreuse pour supporter la charge grandissante de la dépendance et des retraites".

Supposant que M. Sarkozy "sait déjà cela", l'article se conclut par cette interrogation : "Nous nous demandons si M. Sarkozy sait aussi que c'est l'étalage d'un cynisme comme celui-là qui l'a amené dans la position difficile où il se trouve."

L'éditorial a été aussitôt relayé sur les réseaux sociaux français, notamment par les militants soutenant François Hollande, mais aussi, par exemple, par Jean-Jacques Urvoas, secrétaire national du Parti socialiste chargé de la sécurité.

"Nicolas Le Pen" titre de l'article du conservateur Wall Street Journal de ce jour. Une violente charge qui en dit long sur son image.
— Jean-Jacques Urvoas (@JJUrvoas) Mars 13, 2012

Pourtant, le Wall Street Journal se montre également sévère avec la proposition de François Hollande de créer une tranche d'impôt taxant à 75 % les revenus supérieurs à un million d'euros, estimant que cette mesure "pourrait faire quelque chose pour l'émigration, mais rien pour améliorer la santé budgétaire de la France".

"QUI EST LE CANDIDAT DE L'EXTRÊME DROITE, LE PEN OU SARKOZY ?"
Au Parlement européen, mardi matin, les députés de gauche et du centre s'étaient vivement élevés contre les propos tenus par le candidat de l'UMP sur l'espace Schengen. "Dire que la moitié des immigrés doivent quitter la France, s'attaquer au halal, et au même moment, s'attaquer aux autres partenaires en ce qui concerne Schengen ! Je me demande qui en fait est le candidat de l'extrême droite, est-ce que c'est Le Pen ou est-ce que c'est Sarkozy ?", s'était ainsi interrogé Guy Verhofstadt, président du groupe libéral-démocrate et ancien premier ministre belge.
© Le Monde

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LES POMPIERS DE NEW YORK CONDAMNÉS POUR DISCRIMINATION (États-Unis)

10/03/2012 - Les pompiers de New York vont devoir recruter 293 candidats noirs et latinos, et pourraient avoir à verser jusqu'à 128 millions de dollars à des candidats issus de ces minorités qui n'avaient pas été retenus après avoir passé les tests d'admission. Voilà ce qu'a décidé un juge fédéral, Nicholas Garaufis, jeudi 8 mars.

Cette décision fait suite à une plainte initialement lancée en 2007, qui accusait la ville de New York d'avoir un examen d'entrée chez les pompiers volontairement discriminatoire. Le juge de Brooklyn avait déjà estimé en 2010 qu'il y avait discrimination envers les minorités dans le processus de recrutement des pompiers new-yorkais, qui sont à 90 % blancs.

"CLAIRES VIOLATIONS DE LA LOI FÉDÉRALE"
Dans une nouvelle décision, il a estimé que sur les 7 100 candidats de minorités ayant passé les tests en 1999 et 2002, quelque 2 200 non reçus devraient recevoir une compensation. Et il a demandé que 293 candidats noirs et latinos soient embauchés. "La cour estime que les plaignants ont établi que le montant des rappels de salaire est évalué à 128,69 millions de dollars", a-t-il précisé.

La ville de New York "savait que son test d'entrée chez les pompiers avait un impact différent" selon les populations, a-t-il également fait valoir, dénonçant "la décision de la ville d'ignorer ces claires violations de la loi fédérale".

La ville de New York compte 26 % de noirs et 27 % d'hispaniques, soit plus de la moitié de la population, mais ils ne représentent respectivement que 3 % et 6 % des 11 200 pompiers new-yorkais.

LONG PROCESSUS DE COMPENSATION
Vendredi, le responsable des pompiers Salvatore Cassano a une fois encore rejeté toute accusation de racisme. "Je travaille chez les pompiers depuis 42 ans, je n'y ai jamais vu de discrimination intentionnelle", a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision locale NY1. "J'ai toujours été en désaccord avec le juge", a-t-il ajouté.

La Vulcan Society, qui défend les pompiers noirs et est partie prenante de la procédure, s'est à l'inverse félicitée de cette "grande victoire". Le processus de compensation risque cependant d'être long et complexe, ne serait-ce que dans le choix des bénéficiaires, et le juge n'a pas exclu que le montant puisse être "réduit substantiellement".

Le prochain test d'entrée chez les pompiers de New York, un emploi bien rémunéré et auréolé de prestige depuis les attentats du 11 septembre 2001 au cours desquels 343 d'entre eux sont morts, est prévu à partir du 15 mars. Plus de 60 000 candidats, comprenant 23 % de noirs et autant de latinos, s'y sont inscrits, dont 3 481 femmes.
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Les titres de l'actualité du 9 Mars, 2012

LA MUSLIM PRIDE : POUR UN ISLAM "IN" (France)

En 2010, le politologue Patrick Haenni parlait dans L'Islam de marché de jeunes entrepreneurs européens fiers d'être musulmans et en phase avec leur époque. Nommé "Muslim Pride", ce phénomène a inspiré Raphaël Liogier, professeur de sociologie à Science-Po Aix et directeur de l'Observatoire religieux, la création d'un mouvement du même nom. Son objectif : rendre la culture musulmane tendance pour mettre fin à ce qu'il nomme la " paranoïa anti-musulmans ". Une initiative récente, qui se concrétise à travers une exposition et un festival à l'Institut des Cultures d'Islam, du 15 au 29 mars. Par Anaïs Heluin

09/03/2012 - À l'origine de la Muslim Pride, un constat. Celui de Raphaël Liogier entre autres, selon qui depuis le début du XXIe siècle, l'islam fait l'objet d'une stigmatisation sans relâche en Europe. Ce qu'il explique par " la fragilité identitaire de l'Europe face à la globalisation ", et par " le délire d'encerclement, le complexe du colonisé de l'intérieur " qui en résulte. Un " coupable essentiel à qui les Européenne reprochent tous les maux " aurait alors été désigné : le "musulman", pas réel, mais métaphysique, comme pure construction de l'imaginaire collectif.

Bien sûr, des organismes tels que le CCIF (Comité contre l'Islamophobie en France) et le CRI (Coordination contre le Racisme et l'Islamophobie) luttent depuis une petite dizaine d'années contre la menace islamophobe. Mais tous adoptent une méthode similaire : ils organisent des débats afin de peser sur l'opinion publique autant que politique. Un procédé que Raphaël Liogier juge parfaitement inadapté. Car, selon lui, " on ne peut pas au sens propre parler d'islamophobie au sujet de la haine anti-musulmans actuelle".

En effet, dans la phobie on a peur d'une chose que l'on voit, que l'on sait identifier, et cela peut se résoudre à l'aide de discours rationnels. Or on constate que plus les gens ignorent la réalité musulmane, plus ils en ont peur. Il s'agit donc d'une paranoïa au sens clinique, c'est-à-dire d'une "psychose". "Pourtant, les musulmans constituent la minorité la plus pacifique de France", rappelle le chercheur.

En effet, jamais une manifestation de musulmans n'a eu lieu, pas même pour protester contre la loi de 2004 sur l'interdiction du voile, ni contre celle de 2010 qui interdit la dissimulation du visage dans l'espace public. C'est là qu'intervient la Muslim Pride : en incitant cette population à se montrer, à sortir de l'invisibilité dans laquelle elle se réfugie. Pas par la violence, mais en organisant des événements artistiques et culturels susceptibles de leur redonner confiance et fierté.

D'où le choix d'une exposition et d'un festival pour amorcer le mouvement. Au programme : un panorama du racisme anti-musulman en Europe, des portraits et témoignages de jeunes musulmans européens, des spectacles, des projections, des concerts... Le pari sur l'art vise aussi les "paranoïaques" dont parle Raphaël Liogier. Si les discours ne peuvent les guérir de leur "mal", un choc esthétique pourra peut-être y parvenir. Une musique, une image qui touche est au-delà des mots, qui peut-être se rapproche de la zone mentale où se terre l'horreur ressentie devant l'Autre, le musulman mutique.

Rien n'est gagné, rien n'est prévisible. Mais l'expérience doit être tentée. Ouverte à tous ceux qui déplorent la discrimination du regard dont sont victimes les musulmans, la Muslim Pride tend à montrer la diversité de la culture musulmane. Et à en faire une tendance, une culture " in " qui permette d'éviter le " lynchage institutionnel dont est victime cette population ". Gay pride, Muslim Pride : ces deux mouvements ont alors bien plus que leur nom en commun. "Une même volonté de faire aimer ce que beaucoup trouvent laid", dit Raphaël Liogier.

Les jeunes sont donc une des cibles principales de la démarche. Déjà, pour mettre en place l'exposition de l'Institut des Cultures d'Islam, Raphaël Liogier a travaillé avec ses élèves d'Aix-en-Provence." Il faut aussi toucher les bobos, qui incarnent la culture dominante et croient avoir des idées avancées sur le sujet alors qu'ils sont pleins de préjugés". Les formes exactes que prendra le projet sont encore à définir. Pour commencer, l'exposition actuelle est destinée à tourner en France. Le reste se dessinera peu à peu, au gré de l'ère du temps et des idées.
© Le Monde des religions

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SUSPICION DE DISCRIMINATION ENVERS LES ÉPOUX BLAMM : UN « CAS EMBLÉMATIQUE » (France)

C'est un « cas emblématique » lensois qui a été débattu hier. Pour la partie civile, une affaire « exemplaire » car les cas de discrimination sont rarement portés devant les juridictions. Tandis que la défense dénonce un « cas médiatique » pour marquer le coup. Deux heures et demie d'instruction, quatre heure d'audience. Et une décision rendue le 17 avril. PAR AUDREY HALFORD

09/03/2012 - Diane et Félicie (1) se présentent à la barre larmoyantes pour répondre de faits de discrimination à raison de l'origine, l'ethnie ou la nationalité pour l'offre d'un bien. Des faits qui auraient été commis en 2009 à l'encontre de Khaled et Dalila Blamm, couple lensois d'origine algérienne qui s'est vu refuser la vente d'une maison pour laquelle il avait pourtant signé un compromis. L'agent immobilier avait expliqué que les propriétaires « ne souhaitaient pas vendre à des Arabes ». Sa secrétaire et lui assurent que Diane a tenu des propos racistes. Que Félicie a interrogé la secrétaire par téléphone sur les origines des acquéreurs et exprimé des réticences. La secrétaire dit avoir entendu la conversation entre son supérieur et Diane. L'agent immobilier explique quelques minutes plus tard avoir raconté cette conversation à sa secrétaire...

Diane, qui avait procuration de ses trois soeurs pour vendre de la maison de leur mère décédée, explique qu'elle a pris peur en épluchant le compromis de vente avec son ex-mari. Peur que le crédit accordé en théorie au couple Blamm ne le soit finalement pas. Peur de la personne à qui elle s'apprêtait à vendre la maison. « J'ai reçu trois coups de fil, je pense que c'était ce monsieur. Il voulait qu'on s'arrange entre nous, sans l'agence, et m'a proposé trois sommes différentes. Pour moi, c'était pas honnête. » Vient l'opportunité de vendre à un autre couple par une autre agence. Alors qu'elle devait prendre rendez-vous avec la première agence pour signer avec le couple Blamm le lundi, elle signe finalement avec la seconde agence le dimanche matin. « Je voulais en finir au plus vite avec cette vente, il n'y avait aucune intention discriminatoire ». L'agent immobilier auteur de cette vente au deuxième couple témoigne : « J'avais un dossier financier en or, j'ai fait le forcing pour rencontrer la propriétaire dès le dimanche matin, signer la vente et toucher ma commission ».

On apprend par la suite que Diane « ne reconnaît pas la voix de M. et Mme Blamm » et admet qu'elle a pu être trompée au téléphone. Que la question posée par Félicie à la secrétaire de l'agence immobilière, sur les origines des acquéreurs, était « une phrase parmi d'autres ». « Si vous vous inquiétiez du jardin de votre maman, pourquoi ne pas demander s'ils ont la main verte, plutôt que leur nationalité ? », interroge la présidente Sylvie Leman.

Discrimination ou maladresse ?
Après deux heures et demie d'instruction, l'avocat des parties civiles réquisitionne 5 000 E pour le préjudice moral, 3 000 E pour le préjudice économique (location de logement en attendant de trouver une autre acquisition) et 1 500 E de préjudice moral pour SOS Racisme. Me Geoffroy insiste : « Le racisme n'est pas l'objet du débat. La question est : y-a-t-il eu un acte discriminant dans la vente de cette maison ? Oui, dans la différence de traitement entre les deux couples d'acquéreurs. Diane a signé le compromis de vente du second couple sans même le lire, alors qu'elle avait détaillé le moindre article du compromis du couple Blamm avec son ex-mari. Et pourtant, le crédit immoblier était le même, le prix aussi. Il n'y avait aucun intérêt à signer l'un plutôt que l'autre. »

Le ministère public réquisitionne 5 000 E d'amende pour chacune. Le procureur adjoint Jean-Pierre Roy expose : « Cette discrimination m'apparaît parfaitement établie au regard de la chronologie des faits. Il y a certes 32 attestations pour dire qu'elles ne sont pas racistes, mais il n'y a aucune autre explication objective pour expliquer pourquoi les époux Blamm n'ont pas pu acheter cette maison. Et les déclarations maladroites des prévenues renforcent cette explication. » La défense a pour sa part réclamé la relaxe. « J'ai l'impression qu'on ne parle pas du même dossier, assène Me Olivier de Cassagnac, qui défend Félicie. Il y a un souci avec les contradictions sous serment des témoins, notamment au sujet du haut-parleur. » M e Gildas Brochen, qui défend Diane, résume : « Tout cela part d'une incompréhension totale. La discrimination n'est pas caractérisée. Diane avait signé le compromis de vente, on peut donc douter de sa volonté discriminatoire. Sa décision de vendre à l'autre couple était purement économique. Et je suis surpris que le témoin se souvienne deux ans après de propos qu'il n'avait même pas évoqués lors de son audition deux mois après les faits... ».

Pour finir, les deux prévenues s'excusent auprès du couple Blamm pour ce qu'elles considèrent comme « un malentendu ». Décision du tribunal le 17 avril.

(1) Les prénoms des prévenues ont été modifiés.
© La Voix du Nord

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LES MUSULMANS DEMANDENT À "SORTIR" L'ISLAM DE LA CAMPAGNE (France)

08/03/2012 - Les représentants du culte musulman en France ont exhorté jeudi les politiques à "sortir" les questions liées à l'islam de la campagne présidentielle, après plus de deux semaines d'un débat sur l'abattage rituel halal qui a occupé le devant de la scène.

Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, et le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, ont été reçus à Matignon par le Premier ministre après ses propos controversés sur l'inadéquation, à ses yeux, des traditions d'abattage rituel avec le monde moderne.

Ils ont dit souhaiter "tourner la page" de cet incident et "se retirer" de cette polémique, assurant que le chef du gouvernement n'avait pas voulu les "blesser" par ses propos.

"La représentation cultuelle que nous sommes souhaite ne pas être associée à cette campagne électorale par respect d'abord du principe de la laïcité, et aussi de la pluralité politique de notre communauté", a déclaré Mohammed Moussaoui, à l'issue d'un entretien d'un peu plus d'une heure avec François Fillon.

"Nous avons souhaité tourner la page et sortir (...) les questions de l'islam de cette campagne électorale", a-t-il dit.

"Un certain nombre de sujets méritent évidemment d'être étudiés et discutés mais dans une période beaucoup plus sereine", a-t-il ajouté, se disant favorable à la transparence dans le domaine de l'information des consommateurs.

Le Premier ministre avait estimé lundi que "les religions devraient réfléchir au maintien de traditions qui n'ont plus grand-chose à voir avec l'état aujourd'hui de la science, l'état de la technologie, les problèmes de santé" dans la foulée d'un débat lancé par la présidente du Front national Marine Le Pen.

Mohammed Moussaoui a lancé un appel aux candidats à l'élection présidentielle, pour qu'ils "s'attellent aux vraies préoccupations des Français".

COMMISSION THÉOLOGIQUE
"La question du halal et des pratiques religieuses musulmanes en général ne font pas partie de ces préoccupations majeures", a-t-il estimé.

Samedi à Bordeaux, Nicolas Sarkozy a suggéré d'étiqueter les viandes selon les méthodes d'abattage, une proposition jugée "stigmatisante" par les communautés juive et musulmane.

Jugeant "clos" "l'incident" avec le Premier ministre, les représentants de la communauté juive de France ont aussi demandé mercredi à ce que les politiques abandonnent ce terrain.

"Nous ne souhaitons pas que ce débat sur l'abattage rituel devienne l'otage d'une campagne électorale, nous souhaitons qu'aujourd'hui tous les partis politiques (...) nous laissent un peu tranquilles", avait ainsi déclaré Joël Mergui, président du Consistoire central.

Le débat autour de l'abattage rituel est pourtant loin d'être clos.

Plus de la moitié des bovins, ovins et caprins tués en France le sont suivant un mode d'abattage rituel, d'après un rapport du ministère de l'Agriculture publié en partie par Le Point.fr.

Pour le recteur de la grande mosquée de Paris, la polémique autour du halal n'est qu'"une polémique de plus".

"Certaines postures, certaines déclarations avaient mis (...) la communauté musulmane d'une manière générale, indépendamment de ce qui nous a amené ici, dans une certaine inquiétude et je peux même dire dans une certaine attente", a-t-il déclaré jeudi dans la cour de Matignon.

Il a annoncé son intention de mettre sur pied une commission théologique "pour observer si la pensée religieuse de l'islam n'a pas donné un certain nombre de possibilité d'avancées qui tiennent compte de l'abattage rituel dans son principe (...) mais aussi peut-être de la souffrance de l'animal".

Par Chine Labbé, édité par Yves Clarisse
© Nouvel Observateur

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DEPUIS SA CELLULE, LE CHEF DU GANG DES BARBARES CONTINUE SA PROVOCATION (France)

Youssouf Fofana aurait posté sur internet plusieurs vidéos. Une enquête est ouverte

08/03/2012 - « Je suis Fofana Youssouf, un jeune musulman qui a des défauts, qui a commis des fautes », déclare sur ses vidéos, derrière des lunettes noires, le chef du gang des barbares, avant de se répandre en diatribes contre les juifs et faire l’apologie d’Al-Qaïda. Condamné à perpétuité pour le meurtre d’Ilan Halimi, il aurait posté fin 2011 une quinzaine de vidéos sur Youtube depuis sa cellule.

« Une fouille a été effectuée. Mais aucun appareil d’enregistrement n’ a été découvert dans sa cellule », annonçait une source judiciaire, affirmant qu’une procédure pour interdire la diffusion du document sur internet a été lancée.

« C’est inadmissible de voir ça, aujourd’hui », a réagi Emmanuel Gauthrin, secrétaire général adjoint FO pénitentiaire, qui a indiqué avoir alerté la direction de l’administration pénitentiaire, lors d’une réunion mardi à Paris. Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, s’est dit hier « extrêmement choqué »

Si l’enquête ouverte par la justice déterminait que ces déclarations constituent les délits d’incitation à la haine raciale et d’apologie du terrorisme, elles devraient être sanctionnées avec la plus grande fermeté », affirme-t-il.

Youssouf Fofana a été condamné à la prison à vie assortie de 22 ans de sûreté en juillet 2009, dans l’affaire du meurtre aggravé du jeune juif Ilan Halimi en 2006 près de Paris.
© Le Progrès de Lyon

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RENNES: LA BAGARRE AVAIT DÉGÉNÉRÉ AVEC LES MANIFESTANTS D’EXTRÊME GAUCHE (France)

Des manifestants voulaient empêcher une réunion, le 21 mai 2011 dans un bar de Rennes, de personnes qu’ils disaient proches du Front national. Les deux gérants du bar disent qu’ils se sentaient menacés. La confrontation a dégénéré. Le jugement sera rendu le 29 mars.

08/03/2012 - Les deux frères, gérants du Flirt Café, avaient été prévenus à trois reprises : pas question d’autoriser la tenue, dans leur bar, d’une réunion de personnes proches de l’extrême droite à Rennes, le 21 mai 2011. Un autre patron de bar, chez qui des militants d’extrême gauche se réunissent, aurait même proposé de payer une tournée générale pour compenser la perte commerciale…

Les deux patrons n’ont rien voulu entendre. La réunion a bien eu lieu.

Des flashball
Vers 15 h, des manifestants antifascistes se sont rendus devant l’établissement. La confrontation a été tendue. Les insultes fusent. Les cafetiers n’acceptent pas de perdre leur chiffre d’affaires. Au bout d’une heure, les deux frères prennent des flash-ball. Les clients prêtent main-forte et reçoivent aussi des coups. Un manifestant est blessé. « On a appelé la police plusieurs fois, raconte un des frères. Elle n’est jamais venue. »

Le drame évité de peu
Peu après, on frôle le drame. Une voiture fonce sur un manifestant, qui veut prendre la fuite. La victime est blessée. Cinq jours d’interruption de travail. Une plainte est déposée. Un jeune d’une trentaine d’années, déjà connu de la justice, est interpellé. Il est soupçonné d’être le chauffard. Ce dernier, qui nie toute implication, et les deux patrons, ont comparu, hier, en correctionnelle.

Me Yann Chouq, avocat du jeune homme blessé, écarte tout de suite « des motivations politiques. La réunion a eu lieu en raison de ce qu’elle pouvait rapporter. C’est tout. » Une version que les amis de la partie civile contestaient au départ. « Mais quand on fait la chasse au manifestant avec une voiture, on n’a aucune légitimité », poursuit Me Chouq.

Manque de preuves
Le procureur, Jean-Marie Besse, souligne l’ambiguïté de la situation : « On peut voir une entrave concertée à la liberté d’expression de la part des manifestants », analyse le magistrat, en faveur des deux frères. Avant de poursuivre : « Mais il n’y a pas eu de caillassage et ils ne molestent personne. Les violences qu’ils subissent ne sont pas justifiées par la légitime défense. Les flash-ball peuvent provoquer des blessures graves. » Peine requise : deux mois de sursis et des amendes de 400 € et 500 € contre les deux frères.

Jugement le 29 mars
L’accusation est moins tendre avec le conducteur de la voiture, qui a foncé sur un manifestant, et requiert huit mois ferme contre lui, à cause de ses antécédents judiciaires. La défense du conducteur présumé veut des preuves. Et Me Sabine Guérin, justement, n’en voit pas contre ses clients. « On parle d’une voiture de couleur claire et mon client à une Clio noire, plaide l’avocate. La victime n’a pas vu le conducteur. Personne ne peut dire que c’est lui. Le doute doit bénéficier au prévenu. »

Le juge sera rendu le 29 mars prochain.

Serge LE LUYER.
© Ouest France

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GÉNOCIDE ARMÉNIEN: SARKOZY AFFIRME QU'IL NE SE "RÉSIGNERA PAS" (France)

07/03/2012 - Nicolas Sarkozy a réaffirmé mercredi sa détermination à faire adopter en France loi punissant la négation du génocide des Arméniens en 1915 malgré la censure récente du Conseil constitutionnel, en décorant le dernier survivant du groupe de Résistants Manouchian.

"Malgré la décision du Conseil constitutionnel, je ne me résigne pas. La communauté arménienne, comme les autres, a le droit d'être protégée du négationnisme par la loi", a déclaré M. Sarkozy en remettant, devant des représentants de la communauté arménienne en France qu'il venait de recevoir, les insignes d'officier de la Légion d'honneur à Arsène Tchakarian, 95 ans.

"J'ai donc demandé au gouvernement de préparer un nouveau texte. Je peux vous assurer de ma volonté de le faire aboutir, je renouvelle cet engagement solennel devant vous", a répété le chef de l'Etat.

"A vous tous dont les familles ont été décimées par une extermination absolument planifiée, à vous tous qui ressentez aujourd'hui comme une menace le négationnisme obstiné érigé en politique d'Etat, je veux dire que la France est à vos côtés pour refuser, pour combattre et pour réprimer l'inacceptable", a également indiqué Nicolas Sarkozy.

En réponse, Arsène Tchakarian a remercié Nicolas Sarkozy pour avoir "par conviction et pour la justice fait progresser la cause arménienne". "Je vous adresse pour le futur tous mes voeux de réussite car, même si j'ai certains points de divergences, pas beaucoup mais enfin, je pense que vous êtes seul digne de représenter notre pays", a-t-il dit.

Le Parlement a adopté le 23 février une proposition de loi très controversée de la députée UMP Valérie Boyer qui prévoyait de punir d'un an de prison et de 45.000 euros d'amende la négation d'un génocide reconnu par la loi.

Ce texte, qualifié d'électoraliste par l'opposition et rejeté par certains élus de gauche comme de droite, était soutenu par Nicolas Sarkozy, qui l'avait promis en 2007 à la communauté arménienne, forte de 500.000 personnes.

Le génocide arménien est reconnu par une loi française de 2001. Mais le Conseil constitutionnel a rejeté la loi au motif portait "une atteinte inconstitutionnelle à l'exercice de la liberté d'expression".

Cette loi a suscité une vive polémique entre la France et la Turquie, qui n'a jamais reconnu le génocide arménien.

Le nouveau texte promis par M. Sarkozy ne pourra être présenté avant la reprise des travaux du Parlement après les législatives de juin.
© Nouvel Observateur

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SARKOZY: "NOUS AVONS TROP D'ÉTRANGERS SUR NOTRE TERRITOIRE" (France)

06/03/2012 - Le président français Nicolas Sarkozy, candidat à sa succession à la présidentielle, a estimé qu'il y avait "trop d'étrangers" en France pour que le système d'intégration fonctionne bien et promis de diviser par deux le nombre d'immigrés accueillis chaque année s'il était élu.

"Notre système d'intégration fonctionne de plus en plus mal car nous avons trop d'étrangers sur notre territoire et que nous n'arrivons plus à leur trouver un logement, un emploi, une école", a déclaré M. Sarkozy dans une émission sur la chaîne de télévision France 2. Sur le mandat de cinq ans à venir, "je considère que pour relancer dans de bonnes conditions l'intégration, il faut diviser par deux le nombre de gens que nous accueillons, c'est-à-dire passer de 180.000 (à) autour de 100.000", a-t-il proposé.

Par ailleurs, il a annoncé qu'il modifierait les conditions pour que les immigrés puissent bénéficier des minima sociaux. Pourront bénéficier du revenu de solidarité et du minimum vieillesse les immigrés qui auront résidé 10 ans en France et qui y auront travaillé cinq ans, a dit le président-candidat alors qu'aujourd'hui, les étrangers résidant régulièrement en France ont les mêmes droits sociaux que les Français.

"Je veux que la France reste un pays ouvert parce que c'est la tradition de la France (...) mais je ne veux pas d'une immigration qui serait fondée sur la seule appétence pour des revenus de minima sociaux" parce qu'en France "il y a un système de protection sociale plus favorable que chez nos voisins", a-t-il expliqué.

"S'agissant de la couverture médicale universelle (CMU) et de l'aide médicale d'Etat (AME) accordées aux sans-papiers, la tradition de la France c'est de soigner quelle que soit la nationalité", a-t-il ajouté. Donné par les sondages largement battu face au candidat socialiste Français Hollande à la présidentielle des 22 avril et 6 mai, Nicolas Sarkozy a renoué ces derniers temps avec les thèmes de l'immigration et de la sécurité qui avaient contribué à le faire élire triomphalement en 2007.

Samedi il avait déjà indiqué qu'il souhaitait s'il était réélu poser des "conditions" au regroupement familial. Il avait en outre estimé que donner le droit de vote aux étrangers extra-communautaires aux élections municipales, comme souhaite le faire son adversaire socialiste, ce serait "porter atteinte à la République". La gauche accuse régulièrement Nicolas Sarkozy et ses proches de vouloir marcher sur les plates-bandes de l'extrême droite pour récolter des voix. Ces derniers jours, une vive polémique a éclaté à propos de la viande halal.

Lundi, le Premier ministre François Fillon a suggéré aux grandes religions de revenir sur les "traditions ancestrales" d'abattage rituel des animaux, qui ne correspondent plus "à grand-chose". Ces propos ont provoqué l'ire des responsables des communautés juive et musulmane et une réelle stupéfaction dans le camp présidentiel. M. Sarkozy, qui dimanche s'était prononcé en faveur d'un "étiquetage de la viande en fonction de la méthode d'abattage", a tenté l'apaisement mardi. "Je voudrais que chacun se calme, vraiment on est épuisé de toutes ses polémiques, qui n'ont absolument aucun intérêt", a-t-il dit.
© Le Parisien

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HALAL: NICOLAS SARKOZY DANS LA TEMPÊTE DE L'ABATTAGE RITUEL (France)

Ministre de l’Intérieur, il avait acquis un capital de sympathie dans les milieux religieux. Mais en se prononçant pour l’étiquetage de la viande halal et casher, il indispose juifs et musulmans.

06/03/2012 - Nicolas Sarkozy est-il en train de dilapider le capital de sympathie qu’il avait su acquérir, déjà en tant que ministre de l’Intérieur (2002-2007), auprès des religions? La question est soulevée depuis que le Président-candidat, piégé par Marine le Pen, après avoir dit à Rungis que la polémique sur l’abattage rituel de la viande n’avait pas lieu d’être, s’est prononcé, le 3 mars à Bordeaux, en faveur de l’étiquetage des viandes en fonction de leur méthode d’abattage. Ce qui est perçu comme une forme de stigmatisation par les communautés juive et musulmane. Depuis, la polémique ne fait qu’enfler.

On est dans une situation irréelle, voire grotesque, où la viande halal et casher s’est invitée aux premiers rangs d’une campagne présidentielle. François Fillon en a rajouté en hissant le pavillon de la lutte contre les archaïsmes religieux:

«Les religions devraient réfléchir au maintien de traditions qui n’ont plus grand-chose à voir avec l’état actuel de la science et de la technologie. On est dans un pays moderne. Il y a des traditions ancestrales qui ne correspondent plus à grand-chose».

Qu’un responsable politique déplore ainsi publiquement que les religions n’épousent pas la modernité et leur temps, qu’il polémique sur les contenus religieux eux-mêmes, a fait bondir les communautés de croyants, au-delà des seuls juifs et musulmans. Mgr Michel Dubost, évêque d’Evry, a violemment réagi :

«La laïcité doit être respectée des deux côtés. Le Premier ministre n’a pas à se mêler de ce que font les religions, ni à prendre position sur ce qu’il juge être des traditions ancestrales. On alimente ainsi des polémiques sans fin autour de questions qui n’ont rien à voir avec le débat présidentiel.»

A vouloir coller aux basques de Marine Le Pen, qui avait fait scandale le 18 février en déclarant que la viande distribuée en Ile-de-France était exclusivement, à l’insu des consommateurs, de la viande halal, Nicolas Sarkozy, François Fillon et Claude Guéant se prennent la main dans la porte d’une polémique désastreuse. Ils déplaisent dans les milieux religieux. Ils rompent avec une décennie de discours plutôt bienveillants sur la religion et la «laïcité positive», ouverte à l’expression des religions dans l’espace public.

Laïcité positive
Ministre de l’intérieur et des cultes, Nicolas Sarkozy avait écrit un livre en 2004, intitulé La République, la religion, l’espérance, dans lequel il dévoilait sa volonté d’en finir avec la laïcité anticléricale de grand-papa: la religion est un fait de culture et d’identité, observait-il.

Elle fonde toute morale et la laïcité n’est pas antireligieuse. Au même moment, il se saisissait de l’irritante question de l’organisation de l’islam que ses prédécesseurs se refilaient comme un mistigri. Il contraignait les musulmans à s’entendre et mettait sur les rails le Conseil français du culte musulman, depuis régulièrement élu.

Une telle attitude d’ouverture aux religions, Nicolas Sarkozy la manifeste à nouveau comme président de la République. Il reçoit régulièrement les responsables des communautés juive, musulmane, catholique, protestante. Il se dit, en privé, fasciné par les personnages religieux, imams, rabbins, prêtres, parce qu’ils ont en eux quelque chose de radical et de mystérieux.

Lui-même est de formation catholique, mais, comme dit Emmanuelle Mignon, son ancienne directrice de cabinet, ex-élève des jésuites, Nicolas Sarkozy «ressemble à tous ces gens qui passent par des moments où on y croit et des moments où on n’y croit pas, où on y croit moins ou plus du tout».

Quand Alexis II, patriarche de Russie, est reçu à l’Elysée, Sarkozy tombe aussi dans les bras du cardinal français Etchegary, proche du pape, qui l’accompagne. En 2005, après l’assassinat de Frère Roger de Taizé (Saône-et-Loire), il arrive au milieu de la messe d’enterrement, mais tient sa promesse de venir saluer cette figure charismatique à ses obsèques. L’année suivante, il est en Algérie sur la tombe des moines de Tibhirine.

En faisant l’aller-retour des Etats-Unis, en août 2007, pour les funérailles du cardinal Lustiger à Paris, il «bluffe» tout le clergé de France. Il sent la question religieuse avec «un flair de chien de chasse, dit Denis Tillinac, catholique lui aussi. Il a vite senti que l’islamisme deviendrait la seule alternative au capitalisme mondialisé. Vite senti qu’il n’est plus possible de confiner la religion à la seule sphère privée».

Il lève le tabou de la religion, plaide pour la reconnaissance du fait religieux, prononce des discours étonnants à Saint-Jean-de Latran à Rome, après avoir fait ses dévotions au pape, puis quelques semaines plus tard se rend à Ryad en Arabie saoudite. A Rome, il fait scandale en disant que «l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur». Il invite les religions à prendre toute leur place dans l’espace public, à s’associer à tous les débats sur l’immigration, l’éducation ou la bioéthique.

Dans son discours de Ryad, il cite Dieu à treize reprises et loue la «modération» de l’islam wahhabite d’Arabie saoudite. Tout le petit monde laïque à la française s’égosille d’indignation après ces deux discours.

Vieux démons
Nicolas Sarkozy a-t-il perdu la main auprès des religions en s’aventurant sur le terrain miné de l’abattage rituel juif et musulman? François Bayrou regrette que la France «passe son temps à répéter des mots - islam, burqa, halal - pour que la détestation jaillisse entre des gens qui vivent sur le même sol».

Il est légitime d’aborder sans tabou les questions liées à l’abattage rituel, sans étourdissement préalable, des animaux, de la viande casher ou halal, mais il y a une manière d’en parler qui vise non pas à traiter le sujet, mais à le faire flamber. C’est ce qui est en train de se passer.

Il est temps de calmer le jeu: reconnaître le fait religieux sans sortir de la laïcité, ne pas s’aveugler sur son rôle dans la crise des identités, mais pas au risque de réveiller les vieux démons. Il ne faut pas en France rouvrir des débats qui n’intéressent personne jusqu’au jour où ils sont réouverts. «Car le jour où ils sont réouverts, cela devient la guerre civile». C’est Henri Guaino, conseiller spécial du président Sarkozy, qui avait prononcé ces mots dans la tempête de réactions qui avait suivi les discours du Latran et de Ryad.

Henri Tincq
© Slate

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MARINE LE PEN RÉDUIT LE DÉBAT PRÉSIDENTIEL À "CINQ GRANDS THÈMES" (France)

05/03/2012 - La campagne présidentielle est pour Marine Le Pen l'occasion d'apporter des "réponses immédiates" à "cinq grands thèmes": "il y a d'un côté le pouvoir d'achat, le chômage, la dette, de l'autre côté l'immigration et l'insécurité", a-t-elle résumé lundi soir sur TF1.

Pour la présidente du FN, invitée de l'émission "Parole de candidat", il n'est pas concevable que les postulants à l'Elysée "parlent de l'un sans jamais évoquer l'autre".

Et Mme Le Pen de souligner l'absence de programme de François Hollande en matière d'immigration. "Je ne sais pas si vous savez ce qu'il pense, moi je n'en sais strictement rien", a-t-elle noté. "Sur l'insécurité, on ne l'entend pas non plus parce qu'il y a une gêne considérable des socialistes à parler d'insécurité."

"Quant à Nicolas Sarkozy, quand est-ce qu'il a parlé de crise, de la dette?", s'est-elle interrogée.

"On m'a demandé mon chiffrage, je l'ai donné", a-t-elle rappelé. "Mais il est où le chiffrage de Nicolas Sarkozy? Il est où le chiffrage de M. Hollande? J'ai vu deux pages passer avec trois chiffres dessus..."

"Moi, j'ai dit très clairement aux Français les économies que je voulais faire sur la fraude sociale, sur l'immigration, sur les sept milliards que nous laissons chaque année à l'Union européenne -j'imagine pour payer ses hauts fonctionnaires et leur offrir des retraites dorées", a-t-elle ajouté, souhaitant aussi que "les conseils généraux et régionaux se serrent un peu la ceinture".
© Nouvel Observateur

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ISLAMOPHOBIE : UNE ASSOCIATION MUSULMANE VANDALISÉE QUATRE FOIS EN 15 MOIS (France)

05/03/2012 - Les locaux de l’association Action Islamique, situé à Sallanches, en Haute-Savoie, ont été vandalisés fin février. Ce fait divers a été jusque là passé sous silence mais le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) a pris le soin de le mettre en lumière cette semaine. C'est en effet la quatrième fois en 15 mois que l'association subit les attaques.

Après les jets de pierres, ce sont des bûches de bois qui ont, cette fois, été lancées contre les vitres. Action Islamique dénonce dans un communiqué « un acte clairement islamophobe perpétré par un ou plusieurs individus d’une lâcheté évidente ». « Devant cette situation inquiétante et dangereuse, les membres d’Action Islamique ont décidé d’organiser eux-mêmes la sécurisation de leurs locaux », poursuit-elle.

L'association a déposé plainte et une enquête a été ouverte. « Face à un acte isolé comme celui-là, les pistes pour retrouver le ou les auteurs restent minces », a déclaré le capitaine Louvat de la gendarmerie au Dauphiné Libéré alors même que les attaques contre les locaux sont répétées depuis un peu plus d'un an.

Malgré tout, les membres d’Action Islamique entendent bien poursuivre leurs activités, notamment auprès des femmes et des enfants. Fondée en septembre 2010, l’association propose des cours de religion et des activités sportives et distribue également de l'aide alimentaire à plus de 80 familles.
© SaphirNews

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PAROLE DE CANDIDAT : ÉCHANGE TENDU ENTRE MARINE LE PEN ET LES JOURNALISTES (France)

La candidate FN a eu notamment un échange tendu avec Michel Field sur TF1 à propos de son déplacement controversé à Vienne pour un bal de l'extrême droite et de son père, qui a récemment cité l'écrivain collaborationniste et antisémite Robert Brasillach.

05/03/2012 - Marine Le Pen a eu un échange tendu avec le journaliste Michel Field sur TF1 lundi soir à propos de son déplacement controversé à Vienne pour un bal de l'extrême droite et de son père, qui a récemment cité l'écrivain collaborationniste et antisémite Robert Brasillach. Après une heure de l'émission "Paroles de candidats", après les échanges sur l'euro, l'immigration, les sujets de société, Michel Field a abordé la place, parfois encombrante, occupée par Jean-Marie Le Pen dans la campagne de sa fille. "Il vous manque parce que vous avez fait (mai) 68 avec lui, pas dans le même camp...", a immédiatement ironisé Marine Le Pen.

Face au journaliste, qui lui demandait de s'expliquer sur son voyage à Vienne et sur l'utilisation par son père de Robert Brasillach, Marine Le Pen a rétorqué : "et l'hommage rendu par l'extrême gauche que vous appréciez à M. (Mikis) Theodorakis (compositeur grec, ndlr) qui expliquait qu'il était antisémite et antisioniste etc... ça ne vous gêne pas, vous pouvez poser la même question à Jean-Luc Mélenchon ?"

"On cite un auteur collaborationniste, ça ne vous gêne pas ? (...) donc vous n'êtes pas si différente de votre papa que ça", a enchaîné Michel Field, dans un échange de plus en plus acide. "Pourquoi vous vous donnez ce style-là, parce qu'on est sur TF1 ? Vous ne faites jamais ça d'habitude", a répliqué la patronne du FN. "Si vous voulez faire des autodafés de tous ceux qui se sont mal tenus (...) on va plus avoir grand chose à lire", a poursuivi Marine Le Pen, citant Brasillach, Céline et "beaucoup d'autres" selon elle. Michel Field a alors énuméré les aspects les plus sulfureux du bal de Vienne, organisé par des corporations estudiantines (Wiener Korporationsring) et qui fait chaque année l'objet de vives controverses. "Vous racontez n'importe quoi, a rétorqué Marine Le Pen.

- Je vous mets au défi de contredire les informations que j'ai données (...) ça fait un tel scandale en Autriche que ce bal ce sera le dernier. - Parce qu'en Autriche comme en France on subi des gens comme vous, des types d'extrême gauche qui depuis des années considèrent que tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux sont des fascistes et des nazis.

- Donc vous êtes contente de votre soirée à Vienne, Mme Le Pen ?
- Je suis ravie de ma soirée à Vienne", a conclu la patronne du FN, avant de défendre le FPÖ, le parti d'extrême droite qui l'avait invitée.

"Je vais me gêner !"
Par ailleurs, sur les questions du prix de l'essence, Marine Le Pen a eu un dialogue très soutenu avec François-Xavier Pietri, journaliste spécialiste de l'économie à TF1. A plusieurs reprises, la candidate du FN a expliqué que contrairement à ses rivaux, elle voulait faire preuve de "volontarisme politique". "Je vais me gêner !", a-t-elle lancé aux journalistes qui lui demandaient si elle comptait taxer les bénéfices d'EDF alors que l'entreprise dit avoit plusieurs milliards d'euros d'investissemnts à faire dans les prochaines années. Visiblement agacée par les remarques des journalistes, Marine Le Pen a conclu par un : "je préfère dialogier avec les Français qu'avec les journalistes".
© TF1 LCI

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GÉNOCIDE ARMÉNIEN : DE L'IMPUNITÉ (Opinion - France)

05/03/2012 - Le Conseil constitutionnel vient de déclarer la loi Boyer inconstitutionnelle. Celle-ci visait l'extension de la pénalisation du négationnisme à tous les "crimes de génocide défini à l'article 211-1 du code pénal et reconnus comme tels par la loi française". Les Sages rappellent d'abord deux choses : d'une part, que le législateur peut édicter des règles concernant l'exercice de la liberté d'expression, de même qu'il peut "instituer des incriminations réprimant les abus de l'exercice de [cette liberté] qui portent atteinte à l'ordre public et aux droits des tiers" ; d'autre part, que ces limitations doivent être "nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif poursuivi". Les juges constitutionnels estiment ensuite qu'en réprimant "la contestation de l'existence et de la qualification juridique de crimes qu'il aurait lui-même reconnus et qualifiés comme tels, le législateur a porté une atteinte inconstitutionnelle à l'exercice de la liberté d'expression". Le Conseil précise en outre dans son communiqué de presse, qu'il n'avait pas à se prononcer sur la loi de 2001 relative à la reconnaissance du génocide des Arméniens ("cette loi ne lui était pas soumis et, a fortiori, il n'a formulé aucune appréciation sur les faits en cause") ; ni non plus sur la loi Gayssot de 1990 relative à la contestation de la Shoah, puisqu'elle "ne réprime pas la contestation de crimes ‘reconnus par la loi'".

Cet argumentaire est intéressant. Si l'on comprend bien, il y aurait donc deux types de négationnisme, et deux types de crimes contre l'humanité : le négationnisme ayant pour objet des crimes "reconnus par la loi" (tels que le génocide arménien), justifiable en France au nom de la liberté d'expression ; et le négationnisme ayant pour objet les autres crimes, non "reconnus par la loi" (tels que la Shoah), injustifiable et pénalement répréhensible au motif qu'il correspondrait à un abus de cette même liberté d'expression. Autrement dit, des négationnistes peuvent être alternativement protégés, ou non, par la liberté d'expression, selon que les crimes contre l'humanité dont ils contestent l'existence sont "reconnus par la loi" française, ou… ou quoi ?

Quel serait donc l'élément clé qui justifierait, ici, cette différenciation entre les crimes, et leur négation ? Qu'ont-ils donc de plus, ceux qui ne sont pas "reconnus par la loi", ou qu'ont-ils de moins ceux qui le sont ? La parole du juge, peut-être ? Serait-ce bien cela le non-dit, la clé, l'implicite contenu dans le raisonnement des Sages ? L'absence de jugement ? En un mot : l'impunité ? Toute la différence résiderait-elle dès lors dans l'autorité qui "reconnaît" ?

A y regarder de plus près, cet implicite n'est pas sans évoquer l'argument de Robert Badinter, selon lequel la loi Gayssot de 1990 serai justifiée par le fait qu'elle se réfère à des actions criminelles ayant fait l'objet de décisions judiciaires dotées de "l'autorité de la chose jugée" en France, alors que le génocide des Arméniens reste quant à lui un crime impuni. Un tel argument est déconcertant à plus d'un titre.

D'abord, parce qu'il insinue que seule la parole du juge peut garantir la vérité des faits, sur la base de la présomption qui, bien que discutable, constitue de jure l'un des effets de ladite autorité de la chose jugée : mais alors quid du travail de l'historien qui établit et atteste le fait, constaté, assumé, par un législateur ?

Ensuite, parce qu'il omet les raisons de l'échec de la mise en place de la juridiction internationale initialement prévue à cet effet par les Alliés de l'Entente dans le Traité de Sèvres de 1920 (une première historique) ; tout comme il omet le lien direct entre cette impunité subie et l'ampleur de "l'industrie de la négation" (Taner Akcam), unique en son genre, étatiquement organisé depuis par la Turquie.

En outre, l'argument de l'impunité est partiellement faux, puisqu'un certain nombre de responsables du génocide des Arméniens ont été condamnés lors de procès organisés en Turquie (1919-1920), avant qu'en 1921 le régime kémaliste n'abolisse les juridictions compétentes et ne relâche les responsables n'ayant pas déjà fui, puis qu'en 1923 soit prévue une amnistie générale des crimes. Les archives de ces procès offrent une documentation d'une grande richesse, rassemblant les preuves tant de l'intention d'exterminer la population arménienne dans son intégralité, que du plan concerté élaboré à cet effet par le Gouvernement jeune-turc.

Enfin, rien dans les travaux préparatoires de la loi Gayssot ne permet d'affirmer que l'objet de ce texte fut de réprimer exclusivement la contestation d'une décision de justice. Par ailleurs, la référence à Nuremberg dans le texte de 1990 est dû à une raison pratique et circonstancielle : les incriminations de crime contre l'humanité et de génocide n'existaient pas à l'époque dans le droit français ; elles seront introduites dans le Code pénal lors de la réforme de 1994. C'est cette évolution de l'arsenal juridique, et celle de la réalité du phénomène négationniste en France, qu'il s'agit de prendre en compte.

Quoi que l'on pense de l'opportunité de la loi Boyer, une question demeure : comment comprendre l'aporie dans laquelle nous enferme l'argument problématique de l'impunité ? L'impunité de crimes dont le caractère imprescriptible plie pourtant devant l'absence du juge, irrémédiablement causée par la Realpolitik, par l'amnistie, le négationnisme d'Etat, et la mort des responsables. L'impunité, cet "inachèvement indéfini et sans consolation d'une sale histoire qui se termine mal" (Véronique Nahoum-Grappe), est utilisée ici comme la justification d'une nouvelle mise hors-la-loi des victimes et de leurs familles. Au lieu d'être, à l'inverse, appréhendée comme une raison de plus de penser, pour le moins, le problème de la négation dans un contexte mondial de "lutte contre l'impunité", de "restauration de la vérité" et de "prévention des crimes internationaux les plus graves", selon les formules consacrées. Si la négation est un défi à l'histoire, elle est manifestement aussi un défi au droit.

Sévane Garibian, docteure en Droit Enseignant-chercheur aux Universités de Genève et de Neuchâte est aussi l'auteure de "Le crime contre l'humanité au regard des principes fondateurs de l'Etat moderne. Naissance et consécration d'un concept" (LGDJ, Schulthess, Bruylant, 2009)
© Le Monde

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MARINE LE PEN : L'EXTRÊME DROITE, C'EST ELLE (France)

La présidente du Front national a tenu meeting ce dimanche à Marseille (Bouches-du-Rhône). Marine Le Pen a livré un discours profondément ancré à la droite de la droite, parlant pêle-mêle de sécurité, d'immigration, d'éducation et de finance.

04/03/2012 - C'est un pas de danse, une valse de Vienne que viennent d'entamer Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, deuxième acte d'une bataille entamée en 2007 lorsque le premier siphonnait les voix du père de la seconde. Si le président sortant a musclé son discours, samedi, à Bordeaux, la candidate du Front national lui a largement répondu dimanche, à Marseille, espérant certainement ne pas subir le même sort que Jean-Marie Le Pen et voir le candidat de l'UMP lui tondre la laine sur le dos.

Kärcher
En meeting dans la cité phocéenne, la présidente du FN parle donc de sécurité et de justice, illustrant ses idées de propositions très à droite sur les thèmes historiques du parti : la délinquance et l'immigration. Cela commence par une attaque en règle du bilan sarkoziste : « Où est-il le Kärcher, ou est-elle la lutte promise contre la violence ? », se demande le leader d'extrême droite, fustigeant « ces ministres et présidents » qui viennent « pleurer des larmes de crocodile » à Marseille.

Et Marine Le Pen d'ériger un principe en règle : la tolérance zéro. « Ras-le-bol des zones de non-droit où la France n'est plus chez elle, les pompiers y entrent la boule au ventre, affirme-t-elle. (…) J'imposerai la transparence totale sur l'état de la délinquance en France. La sécurité est la première des libertés. »

Le retour de la double peine
« Plus aucune prestation sociale ne sera versée aux récidivistes délinquants et aux criminels, j'en prends l'engagement devant vous », lance-t-elle devant les 4.000 personnes réunies devant elle. La transition vers l'immigration est, dans l'esprit lepeniste, évidente et la présidente du FN s'échine, là-aussi, à proposer des mesures radicales. « Des accords bilatéraux seront passés avec les pays d'origine des délinquants, ceux-ci y effectueront leur peine, sans espoir de retour », propose-t-elle afin que « les délinquants étrangers effectuent leur peine dans leur pays d'origine ». Ainsi Marine Le Pen souhaite-elle le retour de la double peine. Elle ne s'en cache pas. « Oui! Une peine pour le délit commis et une peine pour cette trahison » à « l'hospitalité » de la France.

D'ailleurs, la présidente du Front national veut aussi réduire l'immigration légale. Elle l'avait déjà promis lors du chiffrage de son projet présidentiel. Elle le confirme encore dimanche, assurant qu'il est « impossible d'assimiler une immigration aussi massive que celle que nous vivons : 10 millions en trente ans ». Exemple à l'appui : « Certains étrangers sont depuis 30 ans sur notre territoire et n'ont pas fait l'effort d'apprendre notre langue. » Et l'on parle – à nouveau – de la viande halal, thème désormais incontournable de la campagne pour l'Élysée. « Je souhaite l'étiquetage des viandes en fonction de leur abattage. Quant aux cantines scolaires... et quant aux piscines... », affirme-t-elle.

Ordre
Cela débouche naturellement sur l'école. Elle débute en critiquant les propositions de Sarkozy et Hollande avant de réclamer un retour à la discipline, fustigeant au passage mai 68. « À l'école, la notation de 0 à 20 doit être partout rétablie, l'élève a le devoir de respecter le maître, déclare Marine Le Pen. L'élève ne tutoie pas le maître, l'élève et ses parents ne sont pas les clients du maître. »

La présidente du FN veut donc de l'ordre. Et cela s'applique ailleurs qu'à l'école. À Bruxelles, évidemment. Dans le monde de la finances également. « Je supprimerai le monopole des marchés financiers au profit de la banque de France, je séparerai les activités de dépôt et de spéculation », lance Le Pen. De l'ordre. Partout. Dimanche, à Marseille, Marine Le Pen se pose comme la seule candidate de l'extrême droite française.

Par Sylvain Chazot
© France Soir

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SARKOZY POINTE LE "PROBLÈME" DE L'IMMIGRATION (France)

04/03/2012 - Nicolas Sarkozy est revenu samedi à Bordeaux à l'un de ses thèmes de prédilection, celui de l'immigration, dont il a pointé le "problème". Le président, candidat à sa réélection, a multiplié les appels du pied en direction des électeurs du Front national, lors de son meeting en Gironde.

"On entend tant de gens, à longueur de journée, parler si mal de la République, que par moment on a envie de mettre les points sur les 'i'. La République (...) demande à tous de prendre en partage l'identité nationale. Et l'identité nationale, ce n'est pas un gros mot", a affirmé le président sortant, remettant au goût du jour l'expression sur laquelle il avait fait campagne en 2007.

Le chef de l'Etat a critiqué l'une des propositions emblématiques de son adversaire socialiste François Hollande, qui souhaite accorder le droit de vote, lors des élections municipales, aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans.

"Donner droit de vote aux étrangers, (...) c'est porter atteinte à la République, parce que c'est ouvrir la voie au vote communautaire et c'est mettre les maires sous la menace du chantage communautaire. Or, la République ne reconnaît pas le communautarisme", a estimé Nicolas Sarkozy.

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a créé la polémique sur le sujet en expliquant que le droit de vote des étrangers pouvait déboucher sur des menus halal obligatoires dans les cantines ou encore des burqini (maillots de bain couvrant les jambes et les bras) et des horaires séparés pour les femmes dans les piscines, vendredi soir lors d'un meeting près de Nancy.

Nicolas Sarkozy a d'ailleurs repris à son compte le terme de "civilisation", utilisé par Claude Guéant, qui avait déclaré le 4 février que "toutes les civilisations ne se valent pas".

"Nul ne peut nous demander de renoncer à notre mode de vie au nom de ses convictions religieuses, nous ne l'accepterons pas", a affirmé le président-candidat.

"Alors il faut considérer nos jours fériés", "la place qu'occupent dans nos villages et dans nos villes les clochers de nos églises et les tours de nos cathédrales", "nos habitudes alimentaires, notre conception de la morale", "non pas comme des faits religieux, mais comme des faits de civilisation", a-t-il martelé.

Estimant qu'il n'y a "pas de sujet tabou", Nicolas Sarkozy a largement empiété sur le terrain habituel de Marine Le Pen. Il a proposé d'étiqueter la viande selon les méthodes d'abattage, afin de distinguer notamment la viande halal, sans toutefois faire explicitement référence à la polémique lancée par la présidente du Front national.

Quant aux cantines scolaires, elles "sont tenues au principe de laïcité", a-t-il rappelé. "Je m'opposerai à toute évolution qui irait dans un sens contraire", a-t-il promis.

"Il n'y a pas de place dans la République pour des piscines où il y aurait des horaires pour les femmes et des horaires pour les hommes", a-t-il ajouté.

Lors de ce discours, Nicolas Sarkozy avait choisi de lister ses propositions en matière de justice et d'application des peines, mais il s'est surtout attaqué au thème de l'immigration.

"La République ne peut accueillir dignement que si elle n'est pas submergée par une immigration incontrôlée", a-t-il dit.

Si elle peut être un "atout", "pourquoi ne pas reconnaître que l'immigration peut être aussi un problème", a-t-il argumenté. "Je pense qu'il faut contrôler l'immigration pour qu'elle soit compatible avec nos capacités d'accueil, avec la situation de notre économie, avec la situation de notre école et même avec l'équilibre de notre protection sociale".

"Ceux qui veulent relâcher la lutte contre l'immigration clandestine, ceux qui veulent régulariser massivement les clandestins ne se rendent pas compte des conséquences sur l'équilibre de la République française", a-t-il lancé.

Prônant l'"immigration choisie", il a estimé que le "système d'intégration" à la française "ne fonctionne plus". "Il est submergé. Il faut donc le réformer, le concentrer sur ceux qui sont sur notre territoire", a-t-il souhaité. "En attendant que cette réforme urgente produise tout ses effets, nous devons réduire le nombre des arrivées sur notre territoire, il n'y a pas d'autre choix possible."

Pendant son discours, le président-candidat ne s'est pas privé de critiquer François Hollande. "Quand on propose un taux d'imposition de 75% pour faire payer les riches et que l'on explique le lendemain que cela, je cite, 'n'a pas vocation à rapporter un seul euro au budget de l'Etat', je dis que c'est du cynisme, je dis que c'est une tartufferie et que ceux qui disent cela sont des tartuffes", a-t-il déploré.

Il est aussi revenu sur les incidents survenus lors de son déplacement à Bayonne jeudi. "Honte à ceux qui se sont joints aux séparatistes basques!", a-t-il lancé, visant directement les sympathisants socialistes. "Honte à ceux qui considèrent qu'une campagne électorale doit être une succession de guet-apens et de coups bas."
© Nouvel Observateur

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VOTE DES ÉTRANGERS ET CANTINES HALAL: FEU NOURRI SUR CLAUDE GUÉANT (France)

De l'extrême gauche à l'extrême droite, un feu nourri a visé samedi Claude Guéant, pour ses propos liant vote des étrangers et viande halal dans les cantines, tenus vendredi lors d'une réunion politique près de Nancy.

03/03/2012 - En début de soirée, dans ce qui apparaît comme un soutien au ministre de l'Intérieur, le président-candidat Nicolas Sarkozy, a estimé qu'accorder ce vote, "c'est ouvrir la voie au vote communautaire", "c'est mettre les maires sous la menace du chantage communautaire".

En ce qui concerne "les cantines scolaires, elles sont aussi tenues au principe de la laïcité. Je m'opposerai à toute évolution qui irait dans le sens contraire", a ajouté le chef de l'Etat.

Vendredi soir, à Velaine-en-Haye, en Meurthe-et-Moselle, Claude Guéant, sous les applaudissements, avait déclaré: "Nous ne voulons pas que des conseillers municipaux étrangers rendent par exemple obligatoire la présence de la nourriture halal dans les repas des cantines".

Il a également évoqué son opposition à "des réglementations des horaires de piscine (...) contraires à nos principes de mixité" ou au fait que certaines accepteraient "le port de maillots de bain de style burqa".

Les propos de M. Guéant "ne méritent que du mépris", a répondu la première secrétaire du PS, Martine Aubry. Evoquant un "ministre à la dérive", le porte-parole de François Hollande, Manuel Valls, a fustigé des "propos nauséabonds", "à l'image de la campagne de Nicolas Sarkozy".

Le candidat du Modem François Bayrou y a vu "un leurre qui vise à exciter la France et à exciter les peurs". Le PRG a dénoncé des "amalgames", le PCF des propos "imbéciles et xénophobes".

Au sein même de la majorité, une dirigeante du Parti radical présidé par Jean-Louis Borloo, Arlette Fructus, a déploré des propos qui "stigmatisent les étrangers": "Pour nous, radicaux, l'unité et la cohésion nationale passent par le respect de la personne, par l'égalité en droit et par la prise en considération de toutes les composantes de notre République."

Pour Florian Philippot, porte-parole de la campagne de Marine Le Pen, "le camp Sarkozy tente désespérément de récupérer quelques voix par une énième sortie électoraliste sans lendemain".

Côté musulmans, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Mohammed Moussaoui, qui, en février, avait demandé des éclaircissements à Claude Guéant pour ses propos sur les civilisations, n'a pu être joint.

Mais l'Union des associations musulmanes (UAM) de Seine-Saint-Denis, réputée proche de la droite, s'est étonnée samedi des propos du ministre "tombé très bas": "On attend maintenant le meeting Nicolas Sarkozy le 11 mars à Villepinte. Il a intérêt à faire des signes. S'il rate ce rendez-vous il lui sera difficile de récupérer le vote des musulmans", a mis en garde son président M'hammed Henniche.

Ex-conseiller à la Diversité du chef de l'Etat, limogé après avoir critiqué le débat sur la laïcité au printemps dernier, Abderahmane Dahmane a dit : "l'idéologie islamophobe existe à l'UMP". A ses yeux, Claude Guéant "est dans une course avec le FN et tire les dernières balles d'une bataille électorale difficile."

Dans l'entourage du ministre, on s'étonne de cette controverse, affirmant que Claude Guéant avait dit "la même chose, quasiment dans les mêmes termes lors du débat au Sénat" à l'automne lors de la proposition de loi socialiste sur le vote des étrangers.

"Devant des militants, il alertait sur les dangers du communautarisme. C'est sa conviction d'homme politique", insiste-t-on.
© 20 Minutes

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LE HAUT CONSEIL DE L’INTÉGRATION DÉNONCE UNE POLITIQUE D’EXCLUSION (France)

Un rapport, que révèle «Libération», pointe les échecs gouvernementaux depuis dix ans. Par FABRICE TASSEL

03/03/2012 - Aux antipodes formels des slogans qui rythment la campagne, l’avis remis vendredi par le Haut Conseil à l’intégration (HCI) au ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, et que Libération révèle, se veut néanmoins une charge détaillée et sévère contre la politique menée par l’Etat depuis dix ans en matière d’intégration. Soit, à quelque chose près, depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur en 2002. L’intérêt de ce rapport, sur lequel devrait s’exprimer Claude Guéant mardi, est qu’il sort de la dialectique fréquente en matière d’immigration - «Faut-il expulser?», «Qui faut-il accepter?» - pour s’intéresser au sort des immigrés entrés régulièrement. Car, une fois sur le sol français, encore faut-il les intégrer correctement. Or, pour le HCI, présidé par Patrick Gaubert, ex-président de la Licra entre 1999 et 2010 et qui a sollicité cette mission auprès du ministre de l’Intérieur, l’échec de l’Etat est patent. En ne favorisant pas l’intégration de «ses» immigrés, il n’encourage pas l’ouverture vers les futurs postulants.

Période de crise oblige, les rapporteurs insistent sur les choix budgétaires du gouvernement. S’il est conscient que des coupes sont inévitables, le Haut Conseil de l’intégration «considère que le seuil budgétaire critique de 100 millions d’euros pour mener à bien une politique d’intégration est atteint». Surtout si l’on rapporte cette somme aux 15 millions engagés, par exemple, par la ville de Paris.

Etanchéité. Mais c’est surtout le choix politique de la ventilation de ces fonds qui est critiquée. En deux mots, le HCI estime que les budgets alloués à l’intégration sont en baisse et concentrés sur les immigrés arrivés en France depuis moins de cinq ans ; et que les fonds accordés à l’intégration via la politique de la ville sont devenus inexistants. «Ce démembrement, en excluant les préoccupations d’intégration du champ de la politique de la ville, a paru mettre en péril l’existence de la politique d’intégration», résume le HCI.

Car les chiffres sont implacables : les derniers travaux de l’Observatoire des zones urbaines sensibles ont montré que les immigrés et leurs descendants représentent plus de la moitié des personnes âgées de 18 à 50 ans vivant en zones urbaines sensibles (ZUS). En Ile-de-France, ils représentent 64% de la population. Or, cette étanchéité des politiques de la ville et de l’intégration a été décidée en 2008, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), et a affaibli l’action de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et de l’égalité des chances (ACSE), créée en 2006 et censée rapprocher ces deux pans de la politique publique. Le HCI épingle aussi la création, en 2007, du ministère de l’Immigration et la séparation qu’il a entérinée entre politique de la ville et politique de l’intégration.

Technique, l’avis du HCI se veut aussi très politique, rappelant que l’immigration n’est pas forcément un problème à régler et que le court terme est la pire des solutions. Ainsi il reprend à son compte un rapport marquant de la Cour des comptes en 2004, sous la présidence de Philippe Séguin, selon lequel «dès lors qu’on hérite d’une situation nourrie par plusieurs décennies d’errements divers, l’effort désormais prévu en faveur des néoarrivants, quand bien même il s’avérerait spontanément efficace, n’aurait guère de portée pérenne si on ne réduisait pas progressivement les séquelles du passé».

«Longue haleine». Le HCI rappelle aussi «qu’il est rassurant de constater que nos compatriotes sont très majoritairement ouverts à l’immigration à la condition expresse qu’elle soit maîtrisée, ainsi qu’à la diversité», mais que seule «une politique d’intégration globale et de longue haleine, dotée de moyens substantiels et de structures adaptées» peut aboutir à ce résultat. Concernant les moyens, l’avis note que «en dix ans, le nombre d’associations financées par l’Etat et œuvrant expressément dans le domaine de l’intégration des immigrés et de leurs descendants directs a diminué de 80%». De 6 000 en 2000, elles ne sont plus que 1 300. Et les subventions ont fondu de 200 millions d’euros à 100 millions sur la même période. Toutefois, relève le HCI, «le financement moyen par action a augmenté». Le rapport admet, par ailleurs, que l’objet et la compétence de certaines associations étaient sujets à caution, et que la professionnalisation globale du secteur est un bien.

En revanche, le Haut Conseil s’inquiète de la montée d’associations communautaristes qui prennent le relais de petites structures locales perdues dans le maquis administratif et la concentration du secteur. Toutefois, note l’avis, il est regrettable que les financements publics excluent les associations «communautaires qui s’inscrivent dans un cadre républicain».
© Libération

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EXTRÊME DROITE: CARL LANG A "380 PARRAINAGES" (France)

03/03/2012 - Le candidat d'extrême droite à la présidentielle, Carl Lang, a annoncé samedi qu'il ne disposait que de 380 signatures d'élus, avouant qu'il lui serait "très dur" de franchir l'obstacle des 500 nécessaires pour pouvoir concourir à l'Elysée.

"Ca va être très dur. C'est déjà un exploit d'être là où nous en sommes", a-t-il déclaré, en marge d'une réunion publique à Paris de l'Union de la droite nationale (UDN), qui fédère plusieurs mouvements d'extrême droite et dont il est le candidat. "Nous ne sommes pas si loin du but que cela", avait-il lancé un peu plus tôt à ses partisans.
© Europe 1

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LES HÔTELIERS ALLEMANDS PEUVENT REFUSER DES CLIENTS POUR RAISON POLITIQUE

09/03/2012 - Les hôteliers allemands ont le droit de refuser des clients pour des motifs politiques, a estimé vendredi la cour de justice fédérale de Karlsruhe, statuant sur une plainte de l'ancien leader du parti d'extrême droite NPD qui avait été refusé par un établissement.

La femme d'Udo Voigt, ex-chef de ce parti, avait effectué une réservation pour un séjour dans un hôtel-spa, l'"Esplanade", dans le Land (état régional) du Brandebourg (est) en décembre 2009.

Mais l'établissement avait refusé d'accueillir le couple estimant que les convictions politiques de M. Voigt risquaient d'empêcher l'hôtel "de fournir à chacun de ses clients la garantie d'un séjour pleinement satisfaisant".

Dans une décision rendue vendredi, la cour de justice fédérale de Karlsruhe (ouest), plus haute autorité judiciaire du pays, a estimé qu'à l'instar d'une personne privée, une entreprise avait le droit de décider qui elle souhaite accepter chez elle ou non. "Le fait que l'interdiction d'accès du plaignant s'appuie sur des considérations politiques n'entraîne pas dans le cas concret une restriction de ce droit", souligne un communiqué de presse de la juridiction.

Ce jugement est conforme à ceux prononcés par les instances précédentes.

Dans le cas du leader du NPD, la cour a cependant considéré que l'hôtel avait outrepassé ses droits car il avait dans un premier temps accepté la réservation. Revenir sur sa décision constituait de ce fait, selon la juridiction, un manquement à ses obligations commerciales.
© 7 sur 7

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UNE BOUTIQUE NÉONAZIE FAIT SCANDALE EN ALLEMAGNE

Le magasin «Brevik» fait référence au tueur d'extrême droite Anders Breivik, qui avait assassiné 77 personnes en Norvège l'année dernière.

07/03/2012 - La ville de Chemnitz se mobilise contre l'extrême droite ce mercredi soir. Plusieurs associations et la classe politique locale ont appelé à manifester contre l'ouverture d'un magasin de vêtements appartenant à la marque Thor Steinar, très prisée par les néonazis outre-Rhin. Le nom de la boutique, «Brevik», est considéré comme un hommage au tueur d'extrême droite Anders Breivik, qui avait assassiné 77 personnes en Norvège l'année dernière, et passe pour une provocation intolérable.

«Avec ce choix de nom scandaleux, Thor Steinar devient plus agressif et dévoile ses tendances violentes d'extrême droite», accuse Hanka Kliese, élue du SPD à Chemnitz. «Avoir un magasin qui porte ce nom est une catastrophe, juge Katja Uhlemann, porte-parole de la mairie de Chemnitz. Nous sommes en contact avec l'entreprise qui loue l'immeuble et nous faisons tout notre possible pour faire fermer le magasin. Cela pourrait être difficile parce qu'il s'agit d'une entreprise privée. Mais comme l'a montré la fermeture d'autres enseignes Thor Steinar à travers le pays, ce n'est pas impossible».

Mythologie nordique
Thor Steinar (le marteau de Thor) est l'une des marques de vêtements fétiches des groupuscules néonazis allemands, qui se sont détournés des traditionnels blousons bombers et rangers pour adopter des signes d'appartenance plus discrets. Les crânes rasés vouent un véritable culte à Thor, le dieu du tonnerre dans la mythologie germanique.

Fondée par un entrepreneur réputé proche des milieux néonazis, la marque s'était illustrée par son premier logo, d'inspiration runique, utilisé par les groupes Wehrwolf qui luttèrent clandestinement, après la défaite de 1945, contre les occupants alliés. Depuis, Thor Steinar a changé son sigle, utilisant le drapeau norvégien et donnant à ses boutiques des noms inspirés par la mythologie ou la géographie nordique.

Connue comme étant un haut lieu de l'extrême droite allemande, Chemnitz, 250.000 habitants, a décidé de se mobiliser contre l'ouverture du magasin «Brevik» pour défendre sa réputation. Selon les services de renseignements allemands, cette ville d'ex-RDA, située près de la frontière tchèque, compte quelque 200 militants d'extrême droite.

Lettres anonymes et têtes de cochons
Les trois membres de la NSU (Underground National Socialiste), qui avaient perpétrés une série de dix assassinats racistes entre 2000 et 2006, s'y étaient établis à la fin des années 1990. Avant de s'installer à Zwickau, à quelques kilomètres de là.

Les crânes rasés de Chemnitz sont réputés pour leur comportement agressif. Ainsi, Uwe Dziuballa, propriétaire d'un restaurant de spécialité juives, se plaint depuis dix ans des agressions antisémites dont il est la cible. Régulièrement, des lettres anonymes lui signifient que le «peuple allemand n'a pas besoin des Juifs». Des têtes de cochons sont jetées sur la devanture de son restaurant.

Le 20 avril, date anniversaire de la naissance d'Adolf Hitler, il reçoit des réservations pour 88 personnes (le «H» est la huitième lettre de l'alphabet et le chiffre «88» signifie «Heil Hitler» dans la symbolique néonazie). Depuis les révélations sur la série de meurtres du trio de la NSU, en novembre 2011, l'Allemagne se mobilise contre les agissements de cette ultra minorité brune qui ternit l'image du pays.
© Le Figaro

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ANTIRACISME: PREMIÈRE RÉUNION DE LA PLATE-FORME VOULUE PAR LAANAN, SANS LE MRAX (Belgique)

Les associations invitées à constituer une plate-forme de lutte contre le racisme par la ministre francophone de l'Egalité des chances, Fadila Laanan, ont tenu vendredi leur première réunion. La séance a été celle d'une première prise de contact et la ministre a rappelé le cadre dans lequel elle concevait ces travaux.

09/03/2012 - Au mois de février, dans le sillage des déchirements internes du Mouvement contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Xénophobie (MRAX) et de ses positions parfois très controversées, la ministre a annoncé qu'elle voulait créer cette plate-forme. Le premier objectif qui lui était assigné était la rédaction d'un manifeste identifiant les valeurs et principes généraux partagés dans ce secteur. La présidence des travaux a été confiée à la secrétaire générale du Centre d'Action Laïque (CAL), Eliane Deproost et au président du Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC), Thierry Jacques.

Chacun s'est accordé sur la nécessité de réaliser un travail pratique, qui commencera par l'identification des actions et outils existant déjà dans la lutte contre le racisme. "Il y a déjà eu la Commission du dialogue interculturel et les Assises de l'interculturalité. On ne va pas faire une troisième édition de ce genre. Nous allons vers quelque chose de plus concret, de plus pragmatique", a expliqué Mme Deproost. Une trentaine d'associations étaient invitées et la plupart ont répondu à l'invitation.

Le MRAX, fondé après la guerre et pionnier dans ce combat, n'était pas repris dans la liste. Il pourrait toutefois être convié à ces travaux quand il sera sorti de la tourmente. "C'est en discussion. Le MRAX est en difficultés et la question de l'opportunité de l'inviter maintenant ou un peu plus tard, quand sa situation sera plus claire, sera posée. C'est une association historique: on ne peut pas faire comme si elle n'existait pas. Il ne s'agit pas d'une mise à l'écart délibérée mais l'on veut plutôt attendre que leurs problèmes soient réglés", a souligné Mme Deproost.
© Le Vif

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LE DIRECTEUR D'ENAR REÇOIT UNE MENACE DE MORT ANONYME (Belgique)

06/03/2012 - Michaël Privot, Directeur du Réseau européen contre le racisme (ENAR) a reçu une menace de mort suite à sa participation à un live chat sur la liberté d'expression, organisé par l'hebdomadaire belge Le Vif/L'Express le 28 février 2012. La menace à l'encontre du directeur d'ENAR a été postée anonymement sur la page web du chat. M. Privot a porté plainte aujourd'hui contre X pour incitation à la haine et à la violence raciales.

Le Réseau européen contre le racisme est fortement préoccupé par cette manifestation de haine et de violence raciale, et appelle la justice belge à prendre toutes les dispositions nécessaires pour empêcher l'incitation à la haine. La prolifération du discours de haine sur des plateformes internet rend la nécessité de mesures systématiques et préventives d'autant plus importante.

Il est également inquiétant de constater que cet incident est le dernier d'une série de menaces à l'encontre de représentants des organisations membres d'ENAR dans plusieurs pays (notamment Doros Polykarpou de l'association KISA à Chypre, Jallow Momodou de l'Association nationale des afro-suédois en Suède, et Andreas Hieronymus de l'Institut de recherche sur le racisme et la migration en Allemagne), sans compter les nombreux individus qui sont victimes de violences racistes (tant verbales que physiques) au quotidien partout en Europe.

Chibo Onyeji, Président d'ENAR, a déclaré: «Ce dernier incident démontre que le climat de haine et d'intolérance à l'encontre les migrants et minorités ethniques et religieuses en Europe a des conséquences directes et très réelles sur la sécurité et le bien-être d'individus. Nous appelons les autorités belges et européennes à enfin prendre des mesures concrètes pour répondre à ces menaces à la paix, à la sécurité et à la cohésion de nos sociétés.»
© ENAR

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TUERIES DU BRABANT : UN ADN ISOLÉ, UN SITE INTERNET ET LA PISTE DE L’EXTRÊME-DROITE POUR RELANCER L’ENQUÊTE (Belgique)

Lors de leur rencontre de ce lundi avec les proches des victimes des Tueries du Brabant, les enquêteurs de la Cellule de Jumet ont précisé qu'un profil ADN masculin avait été isolé. La piste de l'extrême-droite est actuellement suivie et un nouveau site internet vient d'être mis en ligne.

05/03/2012 - Six ans après leur dernière réunion, les enquêteurs de la Cellule de Jumet ont rencontré ce lundi les proches des 28 victimes des Tueries du Brabant wallon, au palais de justice de Charleroi.

Le procureur du Roi, Christian De Valkeneer, et la juge d'instruction Martine Michel, ont précisé qu'un profil ADN masculin avait pu être isolé sur une pièce à conviction repêchée à Ronquières, après la tuerie d'Alost de 1985. Ce profil est actuellement comparé aux banques de données belges et européennes et pourra être confronté à tout prélèvement effectué sur des suspects.

La juge d'instruction Martine Michel précise que la piste de l'extrême-droite est suivie, que des techniques particulières d'enquête sont utilisées et que des auditions sont en cours. Le site internet www.killersbrabant.be a par ailleurs été mis en ligne. Il relate les différents faits selon leur chronologie et présente les pièces à conviction.

Interrogée sur l'allongement de la prescription, qui prendra cours le 10 novembre 2015, la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, a déclaré "que la priorité devait être donnée à l'enquête, mais qu'elle n'était pas opposée à une réflexion".

"Le rapport de la profileuse était proche de l'escroquerie"
Par ailleurs, Christian De Valkeneer, a tenu à rectifier des propos tenus dans l'hebdomadaire Paris-Match, qui faisaient état de "pistes négligées" dans le dossier des Tueries du Brabant, alors qu'elles étaient issues du rapport établi par la profileuse Danièle Zucker. "Les pistes qui devaient être exploitées l'ont été", a assuré le procureur du Roi.

"J'estime toutefois qu'une facture de 56.000 euros pour un rapport de 70 pages était exagérée et proche de l'escroquerie, compte tenu des conclusions tirées par Mme Zucker", a déclaré Christian De Valkeneer.

Martine Michel a par ailleurs précisé que ce rapport était "partial et partiel", compte tenu de ce qu'il n'étudiait qu'une période limitée et qu'il était issu d'un travail entre la profileuse et un seul enquêteur.

La juge d'instruction a par ailleurs rappelé qu'une prime de 250.000 euros était toujours offerte par Delhaize à tout informateur pouvant faire avancer l'enquête significativement. Martine Michel a ajouté que la nouvelle équipe d'enquêteurs était composée de policiers expérimentés, qui auront un regard neuf sur le dossier, sans faire table rase du passé.
© Le Vif

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LE BELANG VEUT UN «DROIT À L’IMPÔT MAXIMAL» (Belgique)

03/03/2012 - Le Vlaams Belang a tenu un congrès samedi, où il a notamment réclamé un impôt maximal pour chaque citoyen, inscrit dans la Constitution, ainsi qu’un alignement à la baisse de la pression fiscale sur le niveau moyen européen.

Le Vlaams Belang a plaidé samedi, lors d'un congrès au Parlement flamand, en faveur d'un droit à un impôt maximal pour chaque citoyen. Le parti d'extrême-droite veut faire inscrire ce principe dans la Constitution. Le VB réclame également un alignement à la baisse de la pression fiscale sur le niveau moyen européen.

Bruno Valkeniers, président du Belang, est également revenu samedi sur les thématiques chères au parti extrémiste, notamment «la division ordonnée» de la Belgique et la création d'une république flamande, nécessaires selon lui pour des impératifs économiques.

Le Vlaams Belang, a-t-il expliqué, reste le parti des entreprises, mais accorde une place à la solidarité, ce qui le distingue de ses concurrents politiques, «encroûtés dans leur socialisme ou fonçant aveuglement dans une direction néo-libérale, souvent avec une adoration sans critique de l'Union européenne».
© Le Vif

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LA PILULE QUI REND MOINS RACISTE (Grande-Bretagne)

Des chercheurs de l'université d'Oxford ont découvert qu'un médicament couramment utilisé pour abaisser le rythme cardiaque réduit le racisme inconscient. Par Cyrille Vanlerberghe

08/03/2012 - La prise d'un médicament courant utilisé pour lutter contre l'hypertension a un effet secondaire inattendu: il rend moins raciste. Des chercheurs de l'université d'Oxford en Grande-Bretagne se sont rendu compte que les personnes qui avaient pris du propranolol, un médicament connu en France sous le nom Avlocardyl, avait un score «significativement moins élevé» à un test sur les préjugés racistes inconscients, par rapport au groupe témoin qui avait pris un placebo. Le produit chimique n'a en revanche pas modifié l'attitude consciente des sujets sur le racisme.

Le propranolol est un médicament de la classe des bêtabloquants, utilisé pour lutter contre l'hypertension, et dont l'effet principal est de réduire le rythme cardiaque. Il sert aussi à réduire les effets physiques de l'anxiété. Son action se fait sur une partie du cerveau liée aux émotions, dont le sentiment de peur.

L'étude a été réalisée sur un panel assez restreint, avec seulement «36 hommes d'origine ethnique blanche», mais les résultats sont tout de même troublants et ouvrent la porte à de nombreuses questions éthiques. «Certaines personnes se demandent déjà s'il faudrait utiliser ce médicament pour soigner le racisme», regrette Sylvia Terbeck, la chercheuse du département de psychologie expérimentale de l'université d'Oxford qui a réalisé les recherches, publiées dans la revue Psychopharmacology.

Des résultats très clairs
«La recherche biologique qui cherche à rendre les gens moralement meilleurs a une histoire sombre, rappelle dans l'Independent le professeur Julian Savulescu, l'un des coauteurs de l'étude à l'université d'Oxford. Le propranolol n'est pas un médicament contre le racisme, mais comme beaucoup de gens prennent déjà ce genre de traitement qui peut avoir des effets d'ordre moral, nous devons au moins chercher à mieux identifier ces effets secondaires.»

«Nous n'avons d'ailleurs pas voulu chercher à guérir le racisme, précise au Figaro la scientifique. Nous nous sommes seulement servis de ce médicament pour vérifier l'importance des processus émotionnels sur les attitudes racistes inconscientes.» Pour éviter les blocages et l'effet des conventions sociales qui inhibent certaines attitudes racistes conscientes, les chercheurs ont fait passer à leurs volontaires un test dit d'associations multiples, qui utilise des associations entre des visages blancs ou noirs et des valeurs positives ou négatives pour déterminer les préjugés liés à la couleur de la peau que l'on peut avoir.

Les résultats de l'essai avec le médicament sont très clairs. «Seulement un tiers des personnes testées avec le propranolol ont eu un score montrant un préjugé raciste, alors qu'en général c'est quelque chose qu'on observe sur une grande majorité des gens», explique Sylvia Terbeck.

«Après ces premiers résultats sur le racisme, nous allons maintenant étudier les effets des émotions sur d'autres préjugés, sur l'appartenance religieuse ou sur l'homosexualité par exemple», confie la chercheuse.
© Le Figaro

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DANS CE QUARTIER D'ATHÈNES, LES NÉONAZIS PROSPÈRENT GRÂCE À LA CRISE (Grèce)

Le contexte économique exacerbe le racisme en Grèce. Dans un quartier de la capitale, un parti néonazi fait la loi et des étrangers sont tabassés. Reportage de Zineb Dryef.

09/03/2012 - Je suis chez Christina Samartzi, une responsable de Médecins du Monde à Athènes, pour parler des milliers de cas de sous-nutrition récemment constatés chez les enfants grecs. Cela fera l'objet d'un autre article. Au fil de la conversation, elle me raconte qu'un de leurs traducteurs a été tabassé récemment :

« Il est afghan. On suppose que c'est L'Aube d'or. »

L'Aube d'or (Chrysi Avyi) est un parti néonazi. A Athènes, les agressions d'immigrés sont de plus en plus nombreuses. Toutes sont attribuées à ce parti de jeunes braillards qui aiment tendre le bras et afficher leur logo pas très éloigné de la croix gammée.

Né dans les années 80, L'Aube d'or connaît une nouvelle jeunesse à la faveur de la crise économique.

C'est un peu plus loin, à Agios Panteleimonas, que les allumés de L'Aube d'or concentrent leur activité. Une place présentée comme dangereuse par les guides touristiques, tant les affrontements sont nombreux autour de l'église homonyme.

Le danger ne saute pas tout à fait aux yeux ce premier jeudi de mars. Il fait grand soleil, les enfants jouent dehors et les Albanais au chômage enchaînent les parties de dominos.

Nettoyer la Grèce
Sur le parvis de la grande église, il faut baisser les yeux pour voir le grand message tagué au sol qui invite les étrangers à partir. Un tag antifasciste le recouvre, lequel est lui-même dissimulé par un autre, raciste ; enfin, tout cela est devenu illisible.

Le parc à proximité de l'église est désormais vide. Comme la place Attique, dans le quartier d'Omonia, il a été occupé par L'Aube d'or qui en a chassé, par la violence et les coups, tous les étrangers. Jusqu'à ce que le conseil municipal décide finalement la fermeture du parc.

Distrait par une pièce de monnaie qu'il s'emploie à chercher dans la grande église, le pope refuse de me parler. C'est pourtant ici que se sont déroulées certaines des plus violentes attaques de L'Aube d'or contre les immigrés. Des descentes de dizaines de jeunes dont l'objectif est de « nettoyer la Grèce de ses souillures ».

En septembre dernier, un demandeur d'asile afghan a été grièvement blessé après son agression par une quinzaine de personnes. En mai, ce sont treize migrants qui ont été battus par les extrémistes. Il serait malheureusement trop long de recenser tous ces « pogroms » – c'est ainsi que les Grecs désignent ces affrontements.

La police tolère les néonazis
Tolérés par la police, « ils agissent souvent comme les auxiliaires des CRS », explique Jason, journaliste à Kokkino, une radio de la gauche radicale qui suit attentivement ce mouvement.

Kostis Papaioannou, président du Comité national pour les droits humains, a lui relevé que la plupart des crimes et agressions de nature raciste ne font même pas l'objet d'enquêtes policières. Une attitude dénoncée par le HCR à Athènes.

Ce mouvement néonazi, même s'il reste marginal, progresse dans le centre d'Athènes. Plusieurs sondages créditent le mouvement de près de 2,5% d'intentions de vote aux législatives anticipées du mois d'avril.

En novembre 2010, Nikolaos Michaloliakos, de L'Aube d'or, a été élu au conseil municipal d'Athènes avec ce slogan : « Refaire d'Athènes une ville grecque » ; les électeurs d'Agios Panteleimonas lui ont été favorables.

Ils ont le soutien de la population dans ces quartiers populaires, surtout des jeunes, explique Jason :

« Leur progrès s'explique par la crise mais aussi par la participation du Laos [l'alerte populaire orthodoxe, parti d'extrême droite, ndlr] au gouvernement. Beaucoup de gens ont été déçus et s'en sont détournés.

Leur succès s'explique aussi par leurs liens avec la population. Ils fonctionnent par milices et ils créent des comités d'autodéfense. Dans le quartier d'Agios Panteleimonas, ils ont fait du porte-à-porte pour laisser un tract avec un numéro à joindre si les gens venaient à se sentir menacés par les immigrés. »

« Grâce à eux, il n'y a plus d'Asiatiques »
Les affirmations de Jason se vérifient au premier petit commerçant interrogé. Il est épicier dans le quartier d'Agios Panteleimonas depuis les années 80. Maintenant, il ferme à 21 heures parce qu'il a peur des attaques et parce qu'« aucun Aryen ne circule à la nuit tombée » :

« Les immigrés volent des petites choses. Par exemple, une combine courante, c'est de prendre un paquet de cigarettes, de demander le prix, d'en saisir un second et hop ! Ils partent en courant.

Ce sont des gens qui achetaient autrefois mais maintenant ils volent. Heureusement, je ne me suis jamais fait braquer. »

Il estime que son chiffre d'affaires a baissé de 70% ces deux dernières années. Il dit aussi que le quartier a été nettoyé :

« C'est grâce à Chrysi Avyi. Moi, je ne fais pas de politique et je n'ai pas d'avis sur le sujet mais grâce à eux, il n'y a plus d'Asiatiques [les Afghans et les Pakistanais, ndlr] dans le quartier. »

Dehors, on ne repère pas dans la journée de militants de L'Aube d'or. Mais de nombreuses affiches témoignent de leur récente présence dans le quartier :

- « Je vote L'Aube d'or pour chasser la souillure de notre pays » ;
- « La Grèce appartient aux Grecs » ;
- « Une mosquée à Athènes ? Jamais. Et nulle part en Grèce. »

« Avant, on n'aimait pas trop les Albanais »
Dans ce qui subsiste de commerces grecs dans le quartier – d'après le petit commerçant, plus beaucoup mais il exagère – il y a ce minuscule café tenu par un Grec, « de la minorité grecque en Albanie ». Il y a là de très vieux messieurs, pas forcément très âgés, non, mais l'air vieux à leur manière d'être assis, chacun seul à une table, dos au mur. Ils boivent du café et de l'eau de vie que le patron leur sert régulièrement et généreusement. Il tolère les cigarettes, fume lui-même.

Ce matin-là, ils ressassent. La beauté passée du quartier, la quasi bourgeoisie des habitants – la tante d'un des clients du bar a vendu autrefois cinq de ses magasins en province pour pouvoir s'installer dans l'un des immeubles aujourd'hui décrépis du quartiers –, son microclimat même.

Un homme prend la parole.

« La première vague d'immigrés, c'étaient les Albanais. On ne les aimait pas trop, on pensait qu'ils étaient dangereux mais ils n'ont pas défiguré le quartier. Ils travaillent bien.

Aujourd'hui, beaucoup d'Albanais, de Bulgares, de Roumains rentrent chez eux. Avec la crise, ils ont perdu leur travail mais ils ne veulent pas devenir des voleurs.

Les Afghans et les Pakis sont obligés de rester ici, alors ils sont prêts à tout pour survivre. Le problème, c'est qu'ils ne pourront pas vivre longtemps, ni très bien, uniquement du vol.

Les Albanais, eux, n'auraient jamais fait des choses humiliantes comme mendier ou essuyer les pare-brise contre de la monnaie, ils partent. »

Les autres acquiescent. Ils semblent lui vouer quelque chose comme de l'admiration un peu révérencieuse. L'homme s'appelle Takis Mouzoukos. Il est le plus âgé de l'assemblée. Ingénieur civil à la retraite, il a eu cette idée baroque, il y a maintenant deux ans, de créer le premier cimetière d'animaux domestiques d'Athènes. Lui et son associé – un Albanais – ne souffrent pas de la crise, affirme-t-il.

« Ils sont dans une impasse »
Le patron me montre son gros cahier. La crise c'est ça, cette liste de noms et en face une somme, souvent élevée. Un de ses clients lui doit 250 euros mais il n'a pas le cœur à lui refuser des consommations :

« Avant la crise, ils venaient, ils me faisaient vivre, je ne vais pas les laisser tomber maintenant. »

Lui aussi a une dent contre les « Asiatiques » ; ils ne veulent pas s'intégrer. La preuve : jamais il n'en a vu un seul au café ! Pas une fois. Il les croise parfois dans la rue, rasant les murs. Il n'est pas rassuré :

« Ils sont dans une impasse parce qu'ils ont été dupés par les mafias et qu'ils se retrouvent maintenant coincés à Athènes sans travail, ni argent. Les hommes deviennent des bêtes féroces quand ils ont faim. »

C'est entendu, ces hommes-là n'aiment pas les « Asiatiques » mais à l'évocation de L'Aube d'or, ils s'agitent. Takis parle pour les autres :

« Bien sûr que je préférerais qu'ils rentrent chez eux mais je ne peux pas accepter qu'on les traite comme le fait L'Aube d'or !

Je suis choqué quand je vois ces jeunes, des jeunes du quartier parfois, qui tapent des hommes avec des battes de baseball. Je n'aime pas voir ça en Grèce.

Les Grecs sont eux aussi responsables. De riches propriétaires d'immeubles louent les sous-sols et entassent des dizaines d'immigrés à l'intérieur. Les endroits les plus dangereux maintenant, ce sont les halls d'immeubles. »

Il se demande si « tout ce bordel n'est pas organisé par des gens de l'immobilier » mais enfin, il ne faut pas s'inquiéter, « la Grèce s'est souvent retrouvée dans des situations impossibles mais l'espoir d'un Grec ne meurt jamais. A la vôtre ! »
© Rue 89

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L'EXTRÊME DROITE NÉERLANDAISE DEMANDE LA SORTIE DE L'EURO

09/03/2012 - Geert Wilders, chef de file du Parti pour la Liberté (PVV), demande qu'un référendum soit organisé aux Pays-Bas sur la sortie de l'euro et le retour du florin. Le parti de l'extrême-droite néerlandaise, soutien du gouvernement de coalition, s'appuie sur une étude commandée à une agence britannique estimant que le pays a plus à gagner en sortant de la zone euro.

Sortir de l'euro serait avantageux économiquement
Le 5 mars, une étude de l'agence londonienne Lombard Street Research a été présentée par Geert Wilders afin d'appuyer sa volonté de faire sortir son pays de la zone euro. Selon l'agence britannique, considérée comme eurosceptique, le choix de revenir au florin permettrait aux Pays-Bas, comme le souhaite le PVV, de ne pas participer au plan de sauvetage de la Grèce et aux futurs éventuels soutiens à d'autres pays d'Europe du sud comme l'Italie, le Portugal ou l'Espagne. La sortie de l'euro représenterait un coût de 51 milliards d'euros, soit une somme inférieure aux 125 milliards d'euros que les Pays-Bas auraient à verser en contribution à la résolution de la crise économique européenne au cours des prochaines années.

L'étude a été reçue avec scepticisme aux Pays-Bas, tant par les autres partis politiques que par la presse. Le Volkskrant, quotidien néerlandais, a jugé les résultats de l'étude "tendancieux", "partiaux" et "peu convaincants". Selon The Economist, l'objectivité de Lombard Street Research est réelle. Cependant, l'hebdomadaire britannique estime que sortir de l'euro serait une manœuvre "risquée et incertaine". Les avoirs détenus par les Néerlandais à l'étranger baisseraient et les exportations deviendraient moins compétitives, en plus de ne pas pouvoir prévoir les conséquences nationales d'une possible aggravation de la crise en Europe du sud.

Le gouvernement contraint de négocier avec Geert Wilders
L'idée de référendum accompagnant l'étude a également été rejetée, y compris par le gouvernement de coalition ne pouvant se passer du soutien du parti de M. Wilders, disposant de vingt-quatre sièges au Parlement. Néanmoins, le PVV demeure en position de force face à la coalition gouvernementale libérale menée par Mark Rutte. En effet, le Premier ministre néerlandais doit réduire la dette des Pays-Bas de 16 milliards d'euros, notamment avec des réductions de remboursements médicaux, des gels d'indemnités sociales et par la fin de la déductibilité totale des intérêts pour les emprunts immobiliers.

Or Geert Wilders a répété que PVV n'apportera son soutien qu'en échange de politiques de lutte contre l'immigration et le droit d'asile aux Pays-Bas. Mark Rutte estime à 50% les chances de voir les négociations avec le PVV aboutir, tandis que l'ensemble de la gauche néerlandaise qualifie le comportement du gouvernement de "lâche" vis-à-vis des manœuvres de l'extrême-droite.

Un site pour recueillir les plaintes contre les immigrés d'Europe de l'Est
Il est en effet reproché à M. Rutte d'avoir refusé de faire expertiser l'étude de Lombard Street Research par l'agence nationale de conseil macroéconomique. De plus, la décision du gouvernement de s'opposer unilatéralement à l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen est perçue comme un geste destiné à s'assurer le soutien de Geert Wilders. Déjà en février, le PVV avait lancé un site internet visant à recenser les plaintes contre les "nuisances et la pollution" des immigrés d'Europe centrale et orientale.

En réaction, les ambassadeurs des dix Etats concernés ont envoyé une lettre ouverte à la société néerlandaise et à ses représentants politiques, afin de leur communiquer leur indignation. Viviane Reding, commissaire européenne à la Justice, aux Droits fondamentaux et à la Citoyenneté, a également fait part de sa désapprobation, indiquant que ce site "enfreint les principes européens de liberté et de non-discrimination". Mark Rutte s'est quant à lui contenté de dire que le site ne "reflétait pas l'opinion du gouvernement", ajoutant qu'un "mouvement politique a la liberté de mettre en place ce genre de projet".
© Toute l'Europe

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PAYS-BAS : LE SORT DU GOUVERNEMENT ENTRE LES MAINS DE L'EXTRÊME DROITE

Le parti populiste prône une sortie de l'euro et conditionne son soutien à un durcissement de la politique d'immigration.

06/03/2012 - Le 6 mai 2002, le populiste Pym Fortuyn était assassiné par un Néerlandais écoeuré par ses attaques répétées contre l'islam. Mais sa mort n'a pas empêché que s'installent au soi-disant royaume de la tolérance les idées d'extrême droite et le rejet des musulmans. Presque six ans après sa disparition, le dandy homosexuel a un héritier qui ajoute à sa croisade contre l'islam un combat contre l'Europe et sa monnaie unique. Lundi, Geert Wilders a ainsi présenté une enquête réalisée par un bureau d'étude ouvertement eurosceptique de Londres, Lombard Street Research, sur les avantages et inconvénients de l'euro. "L'euro n'est pas une devise, l'euro coûte de l'argent", a lancé le chef du PVV, le Parti de la liberté.

Selon Wilders, les inconvénients de l'euro, notamment un ralentissement de la croissance et une baisse des dépenses des consommateurs, ont été plus importants que ses avantages : une baisse des coûts liés aux taux de change et une hausse de l'import-export. Il faut donc revenir au florin, conclut Wilders, pour qui la perte de 51 milliards d'euros occasionnée par l'abandon de la monnaie unique serait compensée par l'argent non dépensé pour sauver la Grèce et d'autres pays en difficulté.

"Une chance sur deux"
Le raisonnement est un peu court, mais Wilders veut le soumettre au peuple, par voie de référendum. Pour l'instant, son appel est rejeté par la quasi-totalité de la classe politique néerlandaise. "Son enquête est bâtie sur du sable", conclut l'économiste Ivo Arnold, de la prestigieuse université Erasme de Rotterdam.

Qu'à cela ne tienne ! Le chef de l'extrême droite, repérable à sa crinière peroxydée, a d'autres cartouches pour mener ses combats. Depuis lundi, Wilders, le Premier ministre libéral Mark Rutte ainsi que son partenaire au gouvernement, le parti chrétien-démocrate, sont engagés à huis clos dans d'âpres négociations pour économiser seize milliards d'euros en 2012, afin de redresser les comptes publics et la dette du pays. "Les mesures feront mal", ont prévenu les négociateurs. On parle de réduction des remboursements de soins médicaux, de gel de certaines indemnités sociales et de revenir sur la déductibilité totale des intérêts pour les emprunts immobiliers : un véritable tabou aux Pays-Bas.

Mais Geert Wilders a d'entrée de jeu posé ses conditions : il n'accepte de discuter économies budgétaires qu'en échange d'importantes concessions pour réduire l'immigration et l'asile aux Pays-Bas. Or Mark Rutte, qui dirige un gouvernement minoritaire, a besoin du soutien des vingt-quatre députés du PVV. Wilders le sait et fait monter la pression : "Je donne aux négociations une chance sur deux de réussite." Six ans après la révolution Fortuyn, son héritier s'est si bien installé dans le paysage politique qu'il tient entre ses seules mains la survie du gouvernement.
© Le Point

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SANCTIONNÉ APRÈS DES PROPOS NÉGATIONNISTES (Roumanie)

Un sénateur roumain qui avait tenu des propos négationnistes a été démis de son poste de porte-parole du Parti social-démocrate et invité à visiter le Musée de l'Holocauste à Washington.

08/03/2012 - «Aucun juif n'a souffert sur le territoire roumain» sous le régime pro-nazi d'Ion Antonescu, avait affirmé lundi le sénateur Dan Sova dans une émission télévisée.

«M. Sova a fait une énorme gaffe. A partir d'aujourd'hui, il ne sera plus porte-parole du PSD», a déclaré mercredi le président de cette formation, Victor Ponta, au cours d'une conférence de presse. Le sénateur sera par ailleurs envoyé à Washington pour visiter le Musée de l'Holocauste.

«Je pense que tous ceux qui ont une perception erronée de l'histoire devraient voir de leurs propres yeux la réalité, les preuves, les photos», a expliqué le président du PSD. «Il y a des événements historiques que nous devons tous connaître et reconnaître», a-t-il souligné.

M. Sova avait également affirmé que le pogrom de Iasi de 1941 avait fait «24 morts, des personnes tuées par l'armée allemande», alors que, selon les historiens, entre 13.000 et 15.000 juifs avaient trouvé la mort dans ce massacre.

Excuses
Le sénateur avait par la suite présenté ses excuses, assurant n'avoir pas voulu «nier les souffrances du peuple juif et la culpabilité des autorités de l'époque».

L'Institut Elie Wiesel pour l'étude de l'Holocauste en Roumanie a exprimé mardi son «profond désaccord et son indignation à propos des messages négationnistes» du sénateur, qui «portent atteinte à la mémoire des victimes de l'Holocauste et enfreignent la loi interdisant le négationnisme».

Au total 280.000 à 380.000 juifs roumains et ukrainiens sont morts pendant l'Holocauste en Roumanie et dans les territoires alors sous son contrôle, selon un rapport d'une commission d'historiens présidée par le prix Nobel de la Paix Elie Wiesel.
© 20 Minutes Suisse

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A GENÈVE, LES ACTES ANTISÉMITES SONT DE PLUS EN PLUS NOMBREUX ET DE PLUS EN PLUS VIOLENTS (Suisse)

La Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (CICAD) a sorti son rapport annuel. Le nombre d’actes dirigés contre les juifs ont grimpé de 28% l’an passé. Par Chloé Dethurens

09/03/2012 - Agressions, commentaires sur le web, tracts ou menaces de morts. En 2011, pas moins de 130 actes antisémites ont été commis à Genève. La CICAD, qui présentait ce matin son rapport annuel, constate que le nombre de ces actes a grimpé de 28% l’an passé. Ce ne sont pourtant pas ces chiffres qui préoccupent le plus l’association, mais la gravité des méfaits qui elle aussi s’est intensifiée. En ce XXIe siècle, une telle violence envers la communauté juive n’avait encore jamais constatée à Genève. «Chaque année, le niveau de gravité augmente», déplore Johanne Gurfinkiel, secrétaire général, qui a lui-même été victime de menaces.

Pour 2011, la CICAD a recensé cinq actes considérés comme grave. Parmi eux, l’agression d’un père de famille en décembre dernier, alors qu’il sortait d’un musée. Mais aussi celle de l’assistant du rabbin de Lausanne, roué de coup à sa sortie de la synagogue en février 2011. Parmi les actes sérieux, au nombre de six, les responsables de l’association ont notamment rappelé la diffusion d’un tract sur Internet par le groupe Genève Non Conforme, où un mannequin affublé de symboles juifs était percé de part en part.

L’association ne cache pas ses préoccupations pour l’année 2012 et s’inquiète de la «banalisation» des actes antisémites, mais aussi du développement de «groupuscules» d’extrême droite à Genève, «de plus en plus présents en 2011». La récente prise de position du Conseil suisse de la presse représente néanmoins une «réponse intéressante» au problème des commentaires antisémites postés sur le Web, selon la CICAD. L’instance a effectivement déclaré le 23 novembre dernier «que l’anonymat pose dans certains cas des problèmes. Ecrire à visage caché peut favoriser des abus, qui dépassent parfois la limite du licite.»
© La Tribune de Genève

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UNION EUROPÉENNE : ACCUSÉ DE RACISME, UN CLIP DE LA COMMISSION CRÉÉ LA POLÉMIQUE

Dans le monde de l’Internet on appelle ça un "fail", entendez une bourde. Le dernier en date provient d'un clip vidéo de la Commission européenne, publié mardi 6 mars, qui entendait faire la promotion des bienfaits de l’élargissement de l’Union européenne. Jugé raciste, il ne sera resté que quelques heures en ligne avant que la Commission ne le retire et présente ses excuses. Par Jean-Sébastien Josset

08/03/2012 - Pour promouvoir les mérites de l’élargissement de l’Union européenne, la Commission européenne a cru bon de s’inspirer de l’univers des films de Kung Fu pour son dernier clip destiné aux réseaux sociaux et aux médias numériques. On y découvre une jeune femme habillée dans une combinaison jaune – évoquant clairement la célèbre combinaison d’Uma Thurman dans le film Kill Bill de Quentin Tarantino – menacée par trois assaillants : un asiatique, un Indien et un brésilien, représentant les puissances émergentes. Pour faire face à ce danger imminent, notre « héroïne » (l’Europe) se démultiplie pour encercler ses trois adversaires, les invitant implicitement à abandonner leur hargne, et s’assoit en tailleur, la position par exellence du sage. Clou du spectacle, un travelling vertical nous donne à contempler la scène d’un point de vue aérien, d'où se laisse observer le cercle jaune formé par les clones de notre « Wonder Woman », lequel se transforme bientôt en drapeau européen étoilé alors que les trois malheureux bougres disparaissent comme par magie. Le slogan peut alors apparaître en guise d'épilogue : « Plus nous sommes nombreux, plus nous sommes forts ».

Protestations
On l’aura compris, sur le fond comme sur la forme, la vidéo pose problème. Postée dans la matinée du mardi 7 mars, elle ne restera en ligne que quelques heures sur le site internet de la Commission européenne. Une suppression qui n'a pas empêché la diffusion de la vidéo sur Internet. Et on imagine aisément la gêne dans les couloirs de la direction générale de l’administration bruxelloise qui a tout de même validé le projet.

Dans un communiqué de presse daté du même jour, Stefano Sannino, directeur général du département chargé de l'élargissement à la Commission européenne, s'est alors justifié et excusé : « Il s’agissait d’un clip viral destiné aux réseaux sociaux et nouveaux médias, visant un jeune public (16-24) qui est familier des arts martiaux et des jeux vidéos », a-t-il déclaré, avant de souligner que la vidéo s'achevait sur une fin heureuse où les protagonistes se montraient « un respect mutuel ». Et de conclure : « Nous présentons nos excuses à tous ceux qui ont pu se sentir offensés. En raison de la polémique, nous avons décidé de mettre un terme à la campagne et retirer la vidéo ».

Le clip de la Commission européenne sur l'élargissment de l'Europe.
© Jeune Afrique

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SARKOZY ACCUSÉ DE XÉNOPHOBIE PAR LE MAGAZINE AMÉRICAIN TIME (États-Unis)

09/03/2012 - Le prestigieux magazine américain Time s’insurge contre Nicolas Sarkozy. Le journaliste Bruce Crumley écrit dans un article paru sur le site du magazine intitulé «La xénophobie de Sarkozy: le Président français flatte l’extrême droite»:

«La croissance économique de la France ralentit, le chômage augmente, la Grèce menace toujours de faire faillite, et l’euro, déstabilisé par la crise mais un peu plus rassurant ces derniers temps, n’est toujours pas sorti de sa crise existentielle. Malgré cette liste de graves problèmes qui inquiètent les électeurs français à l'approche de la présidentielle, le Président en campagne Nicolas Sarkozy a déclaré cette semaine que le premier sujet de préoccupation des Français, c’est la viande halal. Ha bon?»

Le journaliste continue:

«Peu importent les sondages qui montrent que les problèmes économiques et le chômage sont bien plus importants aux yeux de l’opinion dans le choix du prochain dirigeant, Sarkozy a même déclaré mardi soir que le vrai problème de la France est que "nous avons trop d’étrangers". Son père, immigré hongrois, est prévenu. […]

Beaucoup de commentateurs interprètent ce rapprochement avec les positions de l’extrême-droite comme une tentative cynique et désespérée d’attirer de nouveaux partisans dans sa difficile campagne. Mais si cette stratégie a peut-être été vitale à sa victoire de 2007, elle ne semble pas suffire à retourner une situation mal embarquée en 2012.»

Pour l’auteur de l’article, paru jeudi 8 mars sur le blog spécialisé dans la politique dans le monde de Time, le candidat de l’UMP «fait les yeux doux au Front national» et «flatte un camp considéré par beaucoup comme xénophobe, voire raciste». Alors même si Sarkozy est réélu, «il n’aimera sûrement pas les regards de dégoût que lui jettera la moitié du pays au cours des cinq prochaines années», conclut-il.

Ce n’est pas la première fois qu’un grand média américain accuse Nicolas Sarkozy de xénophobie. En août 2010, alors que le Président venait de proposer que la nationalité française puisse être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, d'un gendarme, ou de tout autre dépositaire de l'autorité publique, le New York Times écrivait dans un éditorial titré «Xénophobie: chasser les non-Français»:

«Nicolas Sarkozy, qui aime se faire appeler Sarko l’Américain, flatte de dangereuses passions anti-immigrées pour son gain politique à court terme.»
© Slate

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HOMOSEXUALITÉ DANS STAR WARS : THE OLD REPUBLIC, LE CHOC POUR L’AMÉRIQUE PURITAINE

08/03/2012 - L’Amérique puritaine s’offusque contre Bioware et Electronic Arts. Plusieurs associations dénoncent l’homosexualité virtuelle au sein de Star Wars : The old Republic. Elles appellent les membres à porter réclamation pour bannir ces pratiques jugées choquantes.

Star Wars : The old Republic est un MMORPG incontournable. Pas moins d’1.7 millions de joueurs s’y adonnent, se rencontrent, dialoguent et font évoluer leur personnage. Ce faisant, des liens se créent et également des relations amoureuses. Les relations homosexuelles n’étaient pas tolérées dans le jeu puisqu’absentes de l’univers de Georges Lucas.

Pourtant, les éditeurs ont dévoilé leur intention d’autoriser les avatars à avoir les relations qui contentent leurs propriétaires qu’elles soient hétérosexuelles, homosexuelles ou bisexuelles. Il s’agissait d’une réponse à la plainte des utilisateurs gays qui déploraient la censure faites à leur encontre. Par exemple, les mots « gay », « lesbienne » et « homosexuel » étaient tout bonnement proscrits des forums.

Impossible de satisfaire tout le monde, aussi à l’annonce de ces mises à jour, les associations familiales américaines ultra-conservatrices ont pris en grippe le jeu de Bioware et Electronic Arts. En l’occurrence Tony Perkins, Président du Family Research Council, s’est littéralement offusqué et n’y est pas aller de main morte.

« Les joueurs de Star Wars sont passés du côté obscur. Le nouveau jeu Star Wars The Old Republic a ajouté une nouvelle fonction : les relations homosexuelles. Depuis cette annonce, les homosexuels sont ravis, pas sûr qu’il en soit de même pour les parents. Il est temps de montrer à BioWare de quel côté se trouve la Force ».

Aussi, il incite et encourage les membres de son association à envoyer des courriers à Bioware pour porter réclamation et donc à bannir l’homosexualité de l’univers virtuel de ce jeu vidéo. Il n’est hélas pas le seul, la Florida Family Association et l’American Decency Association accompagnent la démarche.

« Les familles américaines ont grandi avec les films Star Wars qui étaient familiaux. Les films ne contenaient ni impiété ni nudité et aucune situation sexuelle [...] Les jeux vidéo Star Wars sont pour les enfants. Un pourcentage considérable des 1,7 millions de jeux vendus est utilisé par des enfants qui n’ont pas besoin d’être exposés à cette propagande ».

Ils sont allés jusqu’à créer une lettre type pour pousser les familles à réagir… Un dernier détail, la Family Research Council a été classée comme « groupe incitant à la haine » en 2010.

Par Florence
© Gizmodo

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LES PAYS MUSULMANS S'OPPOSENT AUX DROITS DES HOMOSEXUELS (ONU)

Les pays musulmans ont condamné la tentative d'introduire le concept d'orientation sexuelle à l'ONU. A Genève, un débat a été organisé sur les discriminations basées sur l'orientation sexuelle.

07/03/2012 - Les pays membres de l'Organisation de coopération islamique (OCI) et une majorité de pays du groupe africain se sont opposés aujourd'hui à la reconnaissance des droits des homosexuels.

Les pays musulmans ont condamné la tentative d'introduire le concept d'orientation sexuelle à l'ONU. Pour la première fois, le Conseil des droits de l'homme a organisé aujourd'hui à Genève un débat de trois heures sur les discriminations basées sur l'orientation sexuelle.

«Le moment est venu d'agir», a déclaré dans un message adressé aux membres du Conseil, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

«Des vies sont en jeu et c'est le devoir de l'ONU de protéger les droits de toute personne où qu'elle vive», a affirmé Ban Ki-moon. «Laissez-moi dire à ceux qui sont lesbiennes, gays, bisexuels ou transgenres, vous n'êtes pas seuls», a-t-il ajouté.

Nombreuses discriminations
La Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay a présenté une étude sur de nombreuses discriminations visant les homosexuels dans le monde. Assassinats, mauvais traitements, violences sexuelles sont fréquents. Des centaines d'incidents ont été rapportés aux organes de l'ONU, a indiqué Mme Pillay.

Au moins 76 pays dans le monde ont des législations discriminatoires à l'encontre des homosexuels, a affirmé la Haut Commissaire. «Ces lois sont un anachronisme et violent les droits fondamentaux», a déclaré Navi Pillay.

L'étude documente également toute une série de pratiques qui entravent les individus dans leur vie quotidienne en raison de leur orientation sexuelle et les marginalisent: sur les lieux de travail, dans les écoles, dans les hôpitaux.

«Nous avons aujourd'hui la possibilité d'ouvrir un nouveau chapitre pour mettre un terme aux violences et discriminations dans le monde», a conclu la Haut Commissaire.

Inacceptable pour l'OCI
Pays occidentaux et latino-américains ont soutenu l'appel des responsables de l'ONU. L'OCI a par contre demandé que le débat organisé ce mercredi par le Conseil des droits de l'homme «soit le dernier» sur ce sujet.

L'ambassadeur du Pakistan a argué qu'il n'y a «pas d'accord sur une définition» de la notion d'orientation sexuelle dans le système des droits de l'homme. «Je condamne vivement la tentative de certains Etats d'introduire la notion d'orientation sexuelle dans le cadre international des droits de l'homme», a-t-il dit.

«La légitimation de l'homosexualité est inacceptable pour l'OCI», a ajouté le représentant du Pakistan. Il a estimé que l'homosexualité peut créer des troubles sociaux, dégénérer en pédophilie et inceste, avoir un impact négatif pour la santé et affaiblir l'institution de la famille.

Il a demandé que le Conseil tienne compte des «sensibilités culturelles» et des «valeurs régionales» et «évite de discuter du comportement individuel de certaines personnes».

Premier jalon, pour la Suisse
Le Sénégal, au nom d'»une majorité d'Etats» du groupe africain, a lui aussi demandé «le respect des différences culturelles». Son représentant s'est opposé à une «tentative de détournement du système des droits de l'homme pour imposer un concept basé sur le comportement de certains individus».

L'ambassadeur de Suisse Dante Martinelli a au contraire souhaité que le débat organisé aujourd'hui soit «un premier jalon d'un processus à plus long terme» au sein du Conseil des droits de l'homme.

«Nous regrettons que plusieurs pays n'aient pas participé à ce débat. Il est impératif de continuer à mener un dialogue constructif sur ce sujet au coeur des valeurs des Nations Unies malgré les différences d'opinion», a dit l'ambassadeur suisse.

CIJ: interprétation fallacieuse du droit international
Réagissant au débat organisé au Conseil des droits de l'homme sur les discriminations basées sur l'orientation sexuelle, la Commission internationale des juristes (CIJ) a condamné ce mercredi «l'interprétation fallacieuse» du droit international par certains pays. Les pays musulmans se sont opposés au débat.

Pour CIJ, les déclarations de l'OCI, du groupe arabe et du groupe africain «relèvent d'une volonté délibérée de proposer une lecture erronée des droits de l'homme». Des délégations de pays membres de l'Organisation de coopération islamique (OCI) ont en outre quitté la salle au début du débat pour exprimer leur opposition, certaines ne revenant que plus tard.

«Il est regrettable que certaines délégations ne veulent même pas débattre sur la question de la discrimination et de la violence basées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre», a déclaré Alli Jernow, conseillère juridique à la CIJ.

Le droit international interdit la discrimination basée sur l'orientation sexuelle ou l'identité de genre. La CIJ relève que cela a été reconnu de longue date par les différents organes, rapporteurs spéciaux et groupes de travail du Conseil des droits de l'homme.

Pierre angulaire
«Le droit d'être protégé de toute forme de discrimination est la pierre angulaire du cadre international des droits de l'homme», a ajouté Alli Jernow.

«Les droits humains sont universels, ce qui signifie que chacun, y compris les lesbiennes, les homosexuels, les bisexuels ou les transgenres, doit par exemple pouvoir jouir du droit à la vie et à la sécurité de sa personne, et être protégé contre la détention arbitraire et la torture», a conclu la responsable de la CIJ.
© La Côte

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Les titres de l'actualité du 2 Mars, 2012

POLÉMIQUE SUR UN MARIAGE HOMOSEXUEL MUSULMAN : LE PRÉSIDENT DE HM2F S'EXPRIME (France)

Un premier mariage homosexuel musulman ? Le président de l’association Homosexuels musulmans de France (HM2F) s’est uni "religieusement" à son compagnon sud-africain, Qiyaam, 29 ans. La cérémonie s’est tenue dans un appartement de Sevran (93), le samedi 18 février, sous le patronage d’un aspirant imam, membre de HM2F. Ludovic Mohamed Zahed, 35 ans, y avait convié sa famille et des membres et sympathisants de l’association. Rédigé par Pauline Compan

02/03/2012 - L’union a eu lieu devant une cinquantaine de personnes au cours d’une cérémonie œcuménique, où les invités ont également récité un Notre Père et des prières hébraïques. Un geste symbolique pour ce militant contre l'homophobie, musulman pratiquant.

En couple avec un Sud-Africain, également de confession musulmane, Ludovic Mohamed Zahed a souhaité officialiser leur union devant témoins. Un mariage qui n’a, bien sûr, aucune valeur juridique mais qui voudrait poser un débat sur l’union de personnes du même sexe en islam.

Saphirnews a pu questionner ce doctorant en anthropologie du fait religieux à l'EHESS (École des hautes études en sciences sociales) sur sa démarche.

Saphirnews : Pourquoi célébrer cette cérémonie ?
Ludovic Mohamed Zahed : Nous avions envie de partager un moment de fête avec ma famille et nos amis et d’officialiser notre union aux yeux de tous. C’est la source même du mariage islamique d’affirmer son union devant la communauté. En plus, mon ami étant sud-africain, nous avons déjà contracté un mariage civil en Afrique du Sud avec sa famille. En France, nous ne pouvons pas nous pacser car, aux yeux de la loi, mon compagnon est déjà marié à l’étranger, donc ce mariage religieux était important pour nous.

Quels obstacles rencontrez-vous pour vous pacser ?
L. M. Z : Notre mariage civil en Afrique du Sud fait que mon compagnon ne peut être attesté comme célibataire par son ambassade. Ce n’est pas le cas pour moi, car la législation française ne reconnaissant pas un mariage entre deux personnes du même sexe, je reste officiellement célibataire.
Aujourd’hui, nous avons plusieurs options. Nous pouvons divorcer en Afrique du Sud pour pouvoir nous pacser en France où nous résidons, mais je ne privilégie pas cette option. J'attends le résultat de l’élection présidentielle. En cas de victoire de la gauche, nous pourrions être autorisés à faire reconnaître ce mariage par l’Etat français. Dans le cas contraire, nous essayons d’obtenir une dérogation auprès de la Chancellerie, car il devrait être possible pour un couple marié à l’étranger de se pacser en France, si les deux protagonistes sont bien les mêmes personnes. Il y a un vide juridique sur cette question.

Ce mariage est médiatisé. Pourquoi ce choix ?
L. M. Z : Car nous sommes des militants, mon compagnon est aussi dans une association LGBT musulmane en Afrique du Sud. Et je souhaitais communiquer sur ce tabou pour dire à tous les homosexuels musulmans qui nous contactent qu’ils ne doivent pas se sentir honteux de leur nature.
Pour les médias, nous ne voulions pas d’articles avant la cérémonie car nous avions peur de troubles éventuels. Une journaliste de VSD avait contacté notre association quelques jours avant le mariage pour proposer un reportage sur notre association. C’est pour cette raison que le magazine a publié un article sur notre mariage.

Vous avez réuni les trois religions monothéistes au cours de la cérémonie...
L. M. Z : Nous avions voulu poursuivre notre démarche en faveur d’un meilleur dialogue interreligieux, illustré notamment par le voyage de notre association en Israël avec des jeunes juifs et chrétiens.
D’un point de vue personnel, il était important pour moi de partager ce moment avec mes amis de différentes confessions. C’est pour cela que nous avons récité le Notre Père et des prières hébraïques. De même une amie à moi, femme, a dirigé une prière. Nous croyons que ce mariage avant-gardiste est un symbole fort, aussi à cause de ce mélange œcuménique.

Quel message adressez-vous à la communauté musulmane ?
L. M. Z : Notre message est toujours le même. L’homosexualité est une réalité et les LGBT existent au sein de l’Islam. Ils sont en droit de s’approprier un héritage culturel et cultuel, comme tout un chacun.

Oui, mais les savants rejettent le mariage entre personnes du même sexe…
L. M. Z : A la création de l’association, il y a trois ans, nous avions eu des réactions encourageantes, notamment celle de l’imam Tareq Oubrou contre l’homophobie. Depuis, cela s’est un peu calmé par peur des menaces, mais notre combat continue. Il s’agit d’éthique islamique et cette éthique appartient aux musulmans. C’est à nous de la faire évoluer, il n’y a pas de raisons que nous soyons plus conservateurs en France qu’ailleurs.

Avez-vous connaissance de précédents mariages similaires entre personnes du même sexe ?
L. M. Z : Oui, en Angleterre, mais aussi en Afrique du Sud, aux États-Unis et même en Indonésie, grand pays musulman, où des homosexuels évoluent plus ouvertement sur ces questions. Au Maroc, des couples homosexuels vivent ensemble sans que cela pose de problèmes. Ce qui pose réellement problème, ce sont les traditions patriarcales, hétérocentrées et machistes, héritées du passé.
Des stéréotypes qui se retrouvent dans le chiisme. Car si cette branche de l’islam accepte la transsexualité, c’est au prix d’une mutilation. Pourtant, même dans les sociétés chiites, les mentalités évoluent. Il m’a ainsi été possible de participer à une action de distribution de préservatifs en Iran avec une association de lutte contre le sida. Un travail de prévention que le gouvernement autorise depuis 5-6 ans dans des lieux de rencontres connus entre personnes homosexuelles.

Qui était l’imam qui a dirigé votre cérémonie ?
L. M. Z : C’est un membre de HM2F, étudiant en psychologie à Paris, musulman et homosexuel. Il est le petit-fils d’un imam de l’île Maurice et il avait l’habitude d’assister son grand-père dans ses fonctions. Il aspire à incarner cette fonction sociale d’imam, peu importe sa vie privée. Il se documente énormément et assiste à des conférences et à des réunions, sur le soufisme par exemple.

Comment sa famille a-t-elle réagi à son homosexualité ?
L. M. Z : C’est un secret de polichinelle, car ils voient bien sa différence mais n’en parlent pas clairement. Il peut y avoir, là aussi, un blocage machiste culturel.

Et votre famille d'origine algérienne, comment réagit-elle à ce mariage ?
L. M. Z : J’ai toujours été efféminé, donc mon « coming out » n’avait pas surpris ma famille. Mon père a été très dur avec moi au début, mais il a beaucoup évolué sur ces questions, il le dit lui-même : « Personne ne peut juger ce genre d’engagement, à part Allah. » C’est un grand progrès depuis 10 ans et aujourd’hui ma mère m’encourage même à avoir des enfants.

Justement, quelle est votre position sur l’adoption par des couples homosexuels ?
L. M. Z : Je suis tout à fait pour, c’est d’ailleurs dans nos projets. En tant que diplômé en psychologie cognitive (de l'Ecole normale supérieure, ndrl), je connais beaucoup d’études qui montrent que cela ne pose pas de problèmes aux enfants dans leur développement ou leur équilibre. Il faut donner cette liberté à des couples qui en ont l’envie, d’autant plus que nous ne sommes plus dans le mythe du risque de l’extinction de l’humanité. Quant à la protection de la filiation, il me semble que c’était une question importante dans le contexte de naissance de l'islam et qu'ils ont dû trancher. Les choses sont différentes aujourd'hui.
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QUAND LES CANDIDATS ATTEIGNENT LE POINT GODWIN (France)

Plus le premier tour approche, plus la campagne présidentielle devient violente dans les mots employés. L'Express a relevé dix références au régime nazi et à l'Occupation depuis la mi-janvier. Par Diane Saint-Réquier

02/03/2012 - Le point Godwin, du nom de l'Américain qui a défini la loi éponyme, s'appliquait à l'origine uniquement sur le web. Depuis, ce point de non-retour qui consiste à faire référence au régime nazi dans un débat s'est étendu à tous les domaines et même les politiques s'y mettent. En période électorale, il semble que tous les coups soient permis, et la fréquence des attaques de ce type se multiplie à mesure que le premier tour approche. En six semaines, nous en avons repéré pas moins de dix, plus ou moins subtils...

Roland Muzeau, le 12 janvier, réagit aux propos de Bernard Accoyer, qui comparait la crise économique à une situation de guerre. Pour le chef de file des députés communistes, les déclarations du président de l'Assemblée nationale "rappellent les heures les plus sombres qu'ait traversé notre pays lorsque certains proféraient 'plutôt Hitler que le Front populaire'."

Pierre Lellouche, le 25 janvier, invité d'Expliquez-vous sur iTélé, il lâche: "Tout part de cette erreur de diagnostic qui est dans le discours du Bourget de François Hollande, ce qui nous arrive est une punition de la finance internationale, c'est le monde qui est coupable, sous-entendu la ploutocratie, comme le dit Montebourg... comme l'écrit Montebourg avec des termes qui rappellent les années 30 ou même le régime de Vichy."

L'UMP Philippe Juvin, le 5 février, se porte au secours de Claude Guéant, conspué pour ses propos sur les civilisations qui ne seraient pas toutes égales. De manière surprenante, il choisit l'exemple de la déportation des juifs pour illustrer son propos. "Accepter l'idée que n'importe quelle autre valeur égale les nôtres conduit un jour des hommes à collaborer avec ceux qui mettent des juifs dans les trains, qui déportent des populations entières au goulag [...]"

Le député PS Serge Letchimy, le 7 février, crée l'évènement pendant les questions au gouvernement à l'Assemblée. Réagissant, lui aussi, aux déclarations de Claude Guéant, il lance "Vous nous ramenez jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration." Le groupe UMP quitte l'hémicycle d'un bloc.

Alain Madelin, le 10 févier, joue la subtilité pour évoquer des idées fascisantes dans une tribune publiée chez le Huffington Post au sujet du référendum sur les chômeurs évoqué par Nicolas Sarkozy. "Dénoncer "l'assistanat" peut être politiquement payant. Mais là, la manoeuvre est cousue de fil brun." Le point Godwin est non pas frontal mais insinué, par la référence aux chemises brunes des membres du parti nazi.

Nicolas Dupont-Aignan, le 14 février, est invité par RMC. Interrogé sur le sort de la Grèce, le candidat de Debout la République s'enflamme. Il estime que l'Europe est en train d'imposer un véritable "diktat" aux résidents de la péninsule hellène. Très remonté, il estime que "les dirigeants européens sont en train de faire à la Grèce ce qu'ils avaient fait à l'Allemagne [...] On a plongé l'Allemagne dans la pauvreté, la récession la plus terrible et ça a amené ensuite Hitler au pouvoir !"

Jean-François Copé, le 15 février, essaye de faire monter la polémique sur François Hollande et les Roms. La ficelle est grossière mais efficace quand le porte-parole de l'UMP déclare "Je suis étonné par le fait que, lorsque François Hollande prononce le mot de 'camps' et le mot de 'solution', cela ne réveille absolument pas le paysage médiatique." Pour le coup, tous les médias s'emparent de cette "petite phrase".

Jean-Marie Le Pen, le 18 février, clôture le meeting de Lille de sa candidate de fille. Et quoi de mieux pour laisser une impression durable qu'une belle citation littéraire. Seulement voilà, ce n'est pas n'importe quelle plume que choisit le patriarche du Front national, mais celle de Robert Brasillach, plus connu pour sa collaboration que pour son oeuvre. Il se justifiera quelques jours plus tard en citant...Mussolini.

Claude Guéant, le 27 février, n'hésite pas à qualifier le Front national de parti "nationaliste" et "socialiste". Là aussi, la manoeuvre est assez transparente puisqu'il s'agit de faire référence au régime "national-socialiste" qui est resté dans l'histoire sous la contraction de "nazi".

Nicolas Sarkozy, le 1er mars, vient de se faire chahuter quand il repart à l'attaque de François Hollande l'accusant d'avoir annoncé une "épuration". Si la référence à la seconde guerre mondiale n'est pas évidente, le terme a maintes fois été associé aux "épurations ethniques", et il peut aussi faire penser aux "purges" meurtrières des régimes communistes soviétiques. D'ailleurs à l'UMP, le mot fait grincer bien des dents.

10 points Godwin en sept semaines, c'est beaucoup, c'est même trop. Pour l'instant, c'est la droite qui s'illustre en championne de l'exercice: l'UMP totalise 6 points, le FN 1 point, Debout la République 1 point, soit en tout 80% de ces occurrences.
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SALON DE L'AGRICULTURE: SUR FOND DE HALAL, LE PEN À LA CONQUÊTE DE LA RURALITÉ (France)

Marine Le Pen s'est rendu ce vendredi au Salon de l'Agriculture, où elle a rencontré, mais à huis clos, l'interprofessionnelle du bétail et des viandes, qui lui reproche d'avoir lancé une polémique néfaste sur le halal.

02/03/2012 - Au lendemain d'un appel pressant aux élus pour obtenir la cinquantaine de signatures manquantes pour se présenter à l'Elysée, la leader frontiste a fait escale comme tous les candidats au Salon de l'agriculture. Elle espérait donner l'image la plus positive possible de ses heures passées au milieu des animaux et des produits du terroir.

L'objectif a été atteint, d'une part grâce aux sympathisants frontistes qui ont multiplié les "Marine présidente" en suivant la cohue de journalistes et de gardes du corps entourant la candidate, mais aussi grâce à des réactions de soutien spontanées des visiteurs.

"Elle a de bonnes idées, sur les étrangers par exemple", a lâché Marie, une mère au foyer de 40 ans venue de Seine-et-Marne, ajoutant: "Sans vouloir être méchante, pour moi, (les étrangers) c'est 'retour au pays'".

Pour Michèle, une retraitée de 60 ans des Landes, "c'est plus par curiosité" qu'elle a photographié, comme beaucoup d'autres, Marine Le Pen à son passage. "Je ne pense pas voter pour elle, mais elle doit pouvoir se présenter", a-t-elle ajouté.

"Nationaliser la PAC"
Arrivée un peu après 10 heures, Marine Le Pen a immédiatement appelé à "ouvrir le cahier de doléances de la ruralité et de l'agriculture".

"Les producteurs de lait ont des problèmes, les producteurs de fruits et légumes ont des problèmes, l'élevage de montagne a des problèmes. Le seul secteur qui se porte bien c'est la grande distribution", sa grande ennemie, a assuré la présidente du FN.

Elle s'est dite favorable à "la nationalisation de la PAC", la politique agricole commune. "Plutôt que l'argent passe par Bruxelles pour être redistribué par des technocrates, qu'il soit directement distribué par le gouvernement français", a-t-elle déclaré. Selon elle, la fin de la PAC, dont la France est l'un des premiers pays bénéficiaires, ne serait pas synonyme de sortie de l'Union européenne.

Souriante, à l'écoute, la présidente du parti d'extrême droite s'est montrée à l'aise avec les éleveurs et leurs bêtes, lors de cette visite qui a duré six heures. Marine Le Pen a consacré une bonne partie de son temps aux stands des outremer, où elle a, comme l'année dernière, été accueillie chaleureusement, exceptés les sifflets, huées et insultes partis d'une rhumerie martiniquaise.

Le Pen "prend en otage" la filière viande
Un peu plus tôt, à leur arrivée au stand de l'Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev), les journalistes ont tous été tenus à l'écart, la rencontre avec la candidate étant à huis clos. L'Interbev, qui regroupe 13 organisations, a accusé Marine Le Pen de prendre "en otage" la filière viande et de "désinformer" en affirmant que toute la viande distribuée en Ile-de-France est halal, à l'insu du consommateur.

Selon Dominique Langlois, président de l'Interbev, l'échange a été "musclé". Marine Le Pen "a maintenu ses chiffres, qui sont faux. L'abattage en Ile-de-France, c'est 4 000 tonnes par an, pour une consommation de 250 000 tonnes", a-t-il réaffirmé.

Marine Le Pen n'a aucun regret. "Je dis que toute la viande vendue en Ile-de-France est suspecte d'être halal (...) à partir du moment où je ne sais pas ce qui est halal ou ce qui ne l'est pas, je considère que 100% peut être halal".

La présidente du FN s'est félicitée d'avoir eu des échanges beaucoup plus faciles avec les bouchers franciliens, qui ont réclamé davantage de transparence par rapport à l'abattage rituel.
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LE FN N'A PAS MUÉ : JEAN-MARI(N)E LE PEN EST CANDIDAT(E) À LA PRÉSIDENTIELLE (Opinion - France)

Marine Le Pen a "bien entendu" condamné l'agression d'Audrey Pulvar et d'Arnaud Montebourg, précisant qu'il fallait chercher les coupables sur sa droite. Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, ce défaussement sur "l'extrême droite radicale", symptomatique de la stratégie de dédiabolisation du FN, ne cache pas la continuité de pensée entre le père et la fille. Par Dominique Sopo, Président de SOS Racisme. Edité par Daphnée Leportois

01/03/2012 - Il fut un temps pas si lointain où Marine Le Pen était encensée et redoutée. Commentaires plus ou moins discrètement laudatifs, incapacité des journalistes à décrypter correctement son programme et ses paroles, interviews confinant à la complaisance, large silence de la classe politique à l’endroit de ce personnage censé représenter le peuple, le vrai, celui que l’on courtise et qu’on ne saurait s’aliéner.

D’ailleurs, dans ce temps pas si lointain, critiquer Marine Le Pen était le signe indubitable de combats antiracistes d’arrière-garde menés par des gens n’ayant décidément rien compris à la formidable mue que Madame Le Pen incarnait prétendument à la tête du Front national.

Il y a aura beaucoup à dire sur ce coupable aveuglement, sur cette auto-intoxication pour en démêler les causes, qu’elles relèvent de l’adhésion honteuse, de l’affaissement des grilles d’analyse politique ou de la fatigue de celles et ceux qui n’ont plus l’énergie pour s’engager dans des combats qui semblent devoir être menés sans fin.

Mais comme ce temps semble loin désormais ! Non pas que Marine Le Pen ait cessé de représenter un danger pour la démocratie. Quand un parti comme le FN oscille entre 15 et 20% des intentions de vote dans les sondages, le danger reste majeur et redoutable. Mais la dynamique de Marine Le Pen s’est enrayée. Celle qui se voyait qualifiée pour le second tour, après avoir potentiellement remporté le premier, celle qui se vivait comme le pivot de la recomposition de la droite française n’a plus désormais que le choix d’en appeler à son père ou, à tout le moins, de laisser ce dernier entrer sur une scène où la fille a désormais du mal à accrocher la lumière.

Elle se rêvait présidente de la République. Elle ne l’est en fait même pas de son parti. Elle voulait épater son père (ou s’en émanciper ?) à l’occasion de cette élection présidentielle qui devait enfin sonner son heure à elle. Elle redevient ce qu’elle n’a sans doute jamais cessé d’être : une femme dominée par un père qui ne la conçoit que comme une excroissance de lui-même.

Après l’avoir baladée de plateau de télévision en plateau de télévision comme un argument promotionnel (ah, la belle brochette des filles blondes qu’il désignait alors avec fierté !), il n’est évidemment pas question pour lui de lâcher ce faire-valoir et de le laisser avoir un autre destin que celui d’un objet politique manipulé à son propre profit. À tel point qu’en regardant Jean-Marie et Marine, on a du mal à y voir un père et une fille. On y voit bien plus sûrement un couple dont les relations sont d’une violence symbolique et pathétique qui n’est pas sans créer un indicible malaise.

Le père attendait le faux-pas d’une fille qui avait pensé pouvoir voler de ses propres ailes. Et ce faux-pas est arrivé le 27 janvier 2012, lorsque Marine Le Pen valsa à Vienne avec des néo-nazis, mettant à bas sa stratégie de dédiabolisation et faisant revenir en force la question de l’antisémitisme du Front national, bien que cet antisémitisme ait toujours été présent et finalement assez transparent.

Ce faux-pas, faisant alors réapparaître le Front national pour ce qu’il est, à savoir un parti structuré par la haine de l’autre (qui se trouve être essentiellement la figure du musulman sous la présidence nominale de Marine Le Pen), a fait capoter le scénario pour gogos que Marine Le Pen servait à un public complaisant. Ne sachant plus bien quelle attitude adopter (continuer sur une stratégie irrécupérable de "dédiabolisation" ou prendre le créneau de la haine revendiquée), Marine Le Pen se situe dans une campagne qui vogue à vau-l’eau.

Et, bien évidemment, ce qui refait alors surface, c’est la nature profonde de ce parti. Raciste, antisémite, anti-républicain et anti-démocrate, voilà tous les qualificatifs qui émergent dès que l’on se penche sur les dernières sorties des leaders du Front national. Jean-Marie Le Pen cite Brasillach, l’écrivain collabo, anti-républicain et virulemment antisémite, lors de la convention présidentielle du FN à Lille. Brasillach qui en 1942 écrivit, entre autres ignominies : "Il faut se séparer des Juifs en bloc et ne pas garder les petits." La fille ne condamne pas, comme d’habitude. Revenant sur la polémique, Jean-Marie Le Pen, en date du 25 février, cite cette fois un adage très prisé de Mussolini ("Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur."). La fille ne condamne pas, comme d’habitude. Et pourquoi condamnerait-elle puisque, sur le plan idéologique, rien de tout cela ne la gêne ?

L’ignominie du FN, du bal de Vienne à la sortie sur Mussolini, est tellement réapparue dans tout son éclat que même Claude Guéant, le ministre le plus lepéno-compatible, vient de feindre de découvrir que le FN n’était pas un parti républicain. Marine Le Pen lâchée par Claude Guéant, c’est dire si l’heure est grave !

Débusquée dans sa tanière de haine, Marine Le Pen, méchante et médiocre, en est à chercher, dans un mouvement de panique, à bétonner son électorat.

Après avoir faussement essayé de nous faire croire que le FN était républicain, Marine Le Pen, voyant l’échec de cette stratégie, essaie faussement de nous faire croire que toute la viande dans nos assiettes est halal.

Après avoir beuglé pendant des mois qu’elle était prête à affronter n’importe qui en débat politique, elle est muette sur France 2 face à Jean-Luc Mélenchon, pensant pouvoir s’arroger le droit de dire qui est un vrai candidat et qui n’en est pas un (sans doute son respect des électeurs qu’elle ne cesse d’invoquer pour les siens).

Ces pitreries sont certes le signe d’un désarroi mais également la marque d’un mépris de la vérité et des citoyens, un mépris que l’extrême droite a toujours cultivé. Marine Le Pen, pour des raisons politiques, familiales et idéologiques s’inscrit dans cette filiation. Qu’elle ait voulu faire croire que tel n’était pas le cas, c’est une chose. Que cette stratégie pourtant grossière ait été relayée, cela en est une autre sur laquelle, encore une fois, il faudra nous pencher.

Marine Le Pen, à part sur le plan de la stratégie, n’incarne aucune dédiabolisation ni aucune rupture avec son père. Le retour de ce dernier en est d’ailleurs la marque la plus éclatante. Un retour tellement "spectaculaire" (dans tous les sens du terme) et qui enserre à ce point la fille que nous verrons peut-être apparaître le 22 avril, dans les bureaux de vote, un bulletin de vote ainsi libellé : Jean-Mari(n)e Le Pen, candidat(e) à la présidence de la République.

Faisons en sorte que ce bulletin trouve, dans l’isoloir, le chemin qui lui sied le mieux : celui de la corbeille à papier.
© Nouvel Observateur

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QUAND LE BLOC IDENTITAIRE DÉBARQUE AU PAYS BASQUE (France)

Ce jeudi soir, une soirée de lancement à Bayonne permettra d'officialiser la création d'une section basque du Bloc Identitaire, petit parti d'extrême droite.

29/02/2012 - La droite et l'extrême droite veulent se faire entendre ce jeudi 1er mars à Bayonne. Après la visite de Nicolas Sarkozy, prévue en début d'après-midi, le Bloc Identitaire devrait débarquer au Pays Basque.

Ce jeudi soir, une soirée de lancement à Bayonne (Amatcho Hotel Anton) permettra d'officialiser la création d'une section basque de ce parti d'extrême droite, indique la section Aquitaine du parti sur son site Internet.

Le Bloc Identitaire basque est une variation locale du Bloc Identitaire national, créé en 2003 et avec lequel il partage les même statuts. Il serait constitué de "militants animés par le désir de valoriser, protéger et transmettre l'identité basque, française et européenne", tout en s'opposant "à tous ceux qui cherchent à uniformiser, marchandiser ou détruire notre héritage au nom de n'importe quel précepte".

Attachés à la défense de leur "triple identité", ils refusent fermement non seulement l'islamisation de la société française mais également l'immigration extra-européenne, peut-on lire dans la présentation de leur ligne politique.

Pas besoin de souligner, que leur défense d'une identité basque s'annonce très différente par rapport au discours identitaire que l'on peut trouver, par exemple, du côté de la gauche indépendantiste basque.

Chaque section du Bloc Identitaire défend sa propre identité, et il semble hors question de mélanger les identités... Ainsi la section béarnaise du Bloc Identitaire, s'oppose sur son site contre la présence de croix basques sur le sel de Salies-de-Béarn, en dénonçant une "imposture marketing": "Notre sel de Salies est 100% béarnais et le restera toujours".

Même l'origine basque du Jambon de Bayonne y est mise en cause : "Le consortium des jambons de Bayonne, pour des raisons bassement commerciales, prétend vendre du jambon basque alors que leur usine de transformation se situe à Arzacq c’est-à-dire en Béarn. Le jambon de Bayonne est donc un jambon transformé en Béarn avec du sel béarnais.

"Pourquoi “de Bayonne” alors? Rien! Du vent! Du pipot! Juste pour faire vendre", dénonce le billet du blog relayé par le Bloc Identitaire béarnais, faisant appel à "l'arrêt de la basquisation de notre identité"... Reste à savoir quelle sera l'identité que les Identitaires basques attribuent au jambon de Bayonne...

En 2010, les Identitaires d'Aquitaine avaient manifesté à Bayonne contre la construction d'une mosquée:
© EITB

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CHRISTIAN VANNESTE, DE L'HOMOPHOBIE À LA PARANOÏA (France)

29/02/2012 - Christian Vanneste se défend comme il peut dans un entretien accordé à l'hebdomadaire Minute. Ses propos sur la « légende de la déportation des homosexuels » ont été dénoncés et manipulés, dit-il, notamment par l'UMP.

« Venant de mon camp, je pense que certains ont voulu me nuire en travestissant mes propos [...]. On tente, à l'intérieur du Parti, de me court-circuiter. »

Vanneste avait déjà regretté le manque de soutien de l'UMP dans une lettre ouverte, sur son site, regrettant « ses jugements et ses décisions précipitées ».

Puis, l'hebdomadaire va lui plus loin (dans un papier qui jouxte l'entretien et dans lequel Vanneste n'est pas cité directement).

Le journal d'extrême droite révèle que, « selon de fortes probabilités », la cabale anti-Vanneste a été orchestrée par un membre de l'UMP. Jean-François Copé aurait voulu donner une tonalité plus progressiste à la campagne, au risque d'être marginalisé.

Le secrétaire général de l'UMP aurait donc cédé au « lobby gay », nous apprend le journal. Il voudrait bénéficier du soutien de l'association de droite GayLib en 2017. Et puis, au moins trois de ses proches se sont déclarés en faveur du mariage homosexuel (s'ils sont gays, le journal le spécifie entre parenthèses). Auprès d'un porte-parole de Marine Le Pen ?

Conclusion : Vanneste déteste son parti, il ne lui fait plus confiance. Alors, la suite ? Le député du Nord évoque un possible rapprochement avec son « ami » et porte-parole de Marine Le Pen Paul-Marie Coûteaux et le parti qu'il vient de créer, le Siel (Souveraineté, indépendance et libertés).

« [Cela] constitue sans doute une belle aventure, mais je ne sais pas si j'y ai ma place. »

Le Siel fait partie de la galaxie Front national et appelera, probablement, à voter Marine Le Pen. Avec cette solution, le Front aurait donc les avantages d'un ralliement (un soutien important dans le Nord), sans les inconvénients (celui de se désavouer, le Front ayant condamné les propos de Vanneste).

Nolwenn Le Blevennec
© Rue 89

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AGRESSION DE PULVAR ET MONTEBOURG : LE FN VEUT PORTER PLAINTE CONTRE LE DÉPUTÉ (France)

29/02/2012 - Audrey Pulvar et son compagnon Arnaud Montebourg ont été victimes d'une agression mardi soir à Paris. La journaliste et le député socialiste de Saône-et-Loire, qui sortaient d'un restaurant dans le XVIe arrondissement, affirment avoir été pris à partie par une quinzaine d'individus scandant des slogans favorables au Front national et des injures antisémites, à l’angle du boulevard Murat et de la rue Molitor.

Un peu plus tôt, à 20 heures, un rassemblement d'environ 250 personnes avait lieu près du Parc des Princes pour rendre hommage à Yann Lorence, ancien habitué de la tribune Boulogne tué il y a deux ans avant une rencontre entre le PSG et l’OM. Selon certaines sources, les individus qui ont invectivé le couple sortaient de cette manifestation. Il s'agirait d'anciens abonnés de la tribune Boulogne, identifiés comme des sympathisants d'extrême droite, qui avaient été exclus sous l'ère Leproux.

Marine Le Pen a dans un premier temps condamné l'agression avant d'accuser le couple de «provocation». En fin de journée, elle a demandé, selon un communiqué de son parti, «à l'avocat du Front National de déposer une plainte en diffamation contre Arnaud Montebourg». «Nous sommes tombés devant des militants qui scandaient le nom de Mme Le Pen (…) elle ferait mieux de porter plainte contre les intéressés qui ont utilisé son nom», a réagi le député socialiste de Saône-et-Loire, en fin de journée sur i-télé.

Le couple a déposé plainte
Sur son compte Twitter, la présentatrice de France Inter raconte que ces jeunes gens, «en moyenne 23 ans», ont lancé plusieurs insultes antisémites et lepénistes, «la France aux Français et autres Le Pen président». Elle précise qu’ils ont jeté « des verres qui se sont brisés dans notre dos». «On sortait d'un resto ils étaient devant un bar», précise-t-elle, ajoutant que ces individus ont aussi scandé «juden, juden, juden !» (juifs en allemand) ou «Jean-Marie nous a donné la permission de minuit pour chasser les youpins de Paris». Une formule qui lui «a glacé le sang», souligne Audrey Pulvar ce matin sur Europe 1. Toujours accompagnée de son compagnon, elle s’est rendue au commissariat central du XVIe arrondissement. Le couple a déposé plainte.

Marine Le Pen condamne «bien entendu»...
Ce mercredi matin, Audrey Pulvar a demandé à Marine Le Pen, invitée de la matinale, de s'expliquer. Interrogée par Bruce Toussaint, la candidate du Front nationale a condamné l'agression commise «par l'extrême droite radicale». Mais aussitôt fustigé «les accusations très graves de Mme Pulvar». «S'il suffit d'aller agresser quelqu'un en criant : Le Pen président pour que je sois responsable, l'Etat de droit a reculé» en France, a ajouté la présidente du FN. «Vous ne pouvez pas considérer, avant même que la police ait fait son travail que ces gens sont des gens du Front national.» Elle demande à son tour à Audrey Pulvar de condamner «les violences» dont elle se dit victime. Marine Le Pen met en cause l'extrême gauche qui l'avait empêchée de tenir une conférence à Paris-Dauphine en décembre. «Tous les dimanches, tous les meetings sont attaqués par des membres de l'extrême gauche», accuse-t-elle. Quant aux «extrémistes» au sein du Front national, elle assure les avoir «mis à la porte».

... avant de dénoncer une «provocation»
Un peu plus tard dans la journée, interrogée par la presse, la présidente du parti d'extrême droite a changé de ton. Elle dénonce une «provocation» destinée à «ternir sa campagne». A ses yeux, cette affaires «est utilisée de manière absolument scandaleuse et indigne par Mme Pulvar qui sort totalement de son rôle de journaliste, et son compagnon M. Montebourg». Tous deux, selon elle, «ont été informés par la police» qu'il s'agit d'«un groupe de supporters de foot probablement lié au PSG, dont on connaît la radicalité», qui «n'a strictement rien à voir avec le FN».

Audrey Pulvar : «Aucune attaque raciste contre qui que ce soit n'est justifiable»
«A l'évidence, c'était des militants politiques du Front national puisqu'ils criaient Bleu blanc rouge ! La France aux Français ! Le Pen président !», avait pour sa part réagi dans la matinée Arnaud Montebourg interrogé par l'AFP. «Une chose est sûre, les individus nous ont reconnus et nous ont nommés par notre nom pour nous insulter.» A ses yeux, «ça témoigne d'un climat de libération d'une parole raciste et à connotation fascisante dans le parti de Mme Le Pen».

Des déclarations qui ont, selon son parti, poussé Marine Le Pen à demander «à l'avocat du Front National de déposer une plainte en diffamation contre Arnaud Montebourg». «En effet les propos publics d'Arnaud Montebourg mettent en cause directement la responsabilité du Front National dans l'agression dont il a été victime», assure le communiqué diffusé par le FN.

Sur Twitter, Audrey Pulvar indiquait pour sa part : «Je ne sais pas si les personnes qui m'ont agressée font partie du FN, la police le dira.» «Je n'ai entendu que la fin de la réaction de Marine Le Pen qui condamne cette agression et me demande à mon tour de condamner les agressions dont elle est victime, ajoute-t-elle. Je ne souhaite pas polémiquer avec Mme Le Pen mais a-t-elle jamais été entourée de gens vociférant qui la traitaient de "juden" ou de "négresse" aux cris de Audrey présidente ? Suis-je à la tête d'1 parti politique prônant la France aux Français? Aucune attaque raciste contre qui que ce soit n'est justifiable, et les insultes ne le sont pas plus y compris envers Mme Le Pen mais peut-être pourrions nous éviter de tout mélanger ? Bonne journée à tous et restons vigilants. Racisme et antisémitisme s'affichent encore.»

Condamnation unanime au PS
A gauche, François Hollande dénonce une agression «inadmissible». Interrogé sur RTL, le candidat socialiste a exprimé sa solidarité envers le couple.

Les réactions sur Twitter sont nombreuses. Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée, accuse : «ça prouve qu'il faut combattre sans relâche le FN qui tente d'avancer masqué, ce soir il montre son vrai visage.» «Solidarité totale avec A. Montebourg et A. Pulvar lâchement agressés. Le vrai visage hideux de l'extrême droite», renchérit le numéro deux du PS Harlem Désir, ancien président de SOS Racisme. «Solidarité et amitié pour Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg. Je condamne fermement ces actes ignobles. MA.», écrit Martine Aubry, Première secrétaire du PS.

«#Pulvar #FN si les accusations sont avérées, suites d'une campagne caniveau et violente», dénonce pour sa part Corinne Lepage, candidate de Cap21.

A droite, condamnation et critique sont associés via la réaction du conseiller national UMP Eric Normand :
«Pulvar-Montebourg agressés à Paris c'est malheureux. Mais à force de stigmatiser les gens en les insultant ça arrive», écrit-il sur Twitter.
© Le Parisien

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NÉGATION DU GÉNOCIDE ARMÉNIEN: LA LOI CENSURÉE, SARKOZY EN VEUT UNE NOUVELLE (France)

28/02/2012 - Le Conseil constitutionnel a censuré mardi la loi pénalisant la négation du génocide arménien en 1915, à l'origine d'une brouille entre Paris et Ankara, la jugeant contraire à la liberté d'expression, mais Nicolas Sarkozy qui soutenait ce texte en a promis un nouveau.

Le chef de l'Etat "a chargé le gouvernement de préparer un nouveau texte, prenant en compte la décision du Conseil constitutionnel", a annoncé l'Elysée.

Une mission confiée au ministère de la Justice qui n'a pas précisé de calendrier alors que le Parlement achève ses travaux normalement le 6 ou le 7 mars.

Nicolas Sarkozy, qui soutenait ce texte controversé, qualifié d'"électoraliste" dans l'opposition, "mesure l'immense déception et la profonde tristesse de tous ceux qui avaient accueilli avec reconnaissance et espoir l'adoption de cette loi destinée à les protéger contre le négationnisme (...) menace contre notre communauté nationale", a ajouté la présidence.

Pour sa part, le gouvernement turc a immédiatement salué la décision qui "a évité une probable grave crise entre la France et la Turquie", selon le vice-Premier ministre Bülent Arinç. Le vote du texte, définitivement adopté par le Parlement français le 23 janvier, avait entraîné une brouille diplomatique et commerciale entre Paris et Ankara.

La génocide arménien est reconnu par une loi française de 2001. Mais le Conseil constitutionnel a jugé "qu'en réprimant la contestation de l'existence et de la qualification juridique de crimes qu'il aurait lui-même reconnus et qualifiés comme tels, le législateur a porté une atteinte inconstitutionnelle à l'exercice de la liberté d'expression et de communication".

La loi prévoyait de punir d'un an de prison et de 45.000 euros d'amende toute négation publique d'un génocide reconnu par la loi française.

Pour la censurer, les Sages, selon un communiqué (www.conseil-constitutionnel.fr), se sont appuyés notamment sur l'article XI de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 stipulant que "la liberté de communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme". Ils précisent que leur décision ne remet pas en cause la loi de 2001 sur la reconnaissance du génocide arménien, ni la loi Gayssot de 1990, qui réprime la négation de la Shoah en s'appuyant sur le droit international de l'après Seconde guerre mondiale ou l'existence de jugements de condamnation pour négationnisme. François Hollande, candidat PS à la présidentielle, s'est engagé à reprendre, s'il est élu, cette question "dans l'apaisement et dans la conciliation". "C'était une loi qui devait réconcilier mais elle n'était pas présentée forcément au meilleur moment", a-t-il jugé en marge du salon de l'agriculture.

Le député UMP Claude Goasguen, président du groupe d'amitié France-Israël, a déploré la décision, craignant que la loi Gayssot soit à son tour "attaquée", et que désormais on puisse "dire n'importe quoi en matière de négationnisme".

Mais son collègue UMP Michel Diefenbacher, un des signataires de la saisine du Conseil, lui a indirectement répondu en considérant que la loi Gayssot était "de toute autre nature", n'ayant fait que transposer dans le droit français la "décision juridictionnelle rendue par la Cour internationale de Nuremberg" en 1945-46. "Dans le cas du génocide arménien, il n'y a aucune décision juridictionnelle, c'était une initiative du Parlement qui n'a pas de compétence pour intervenir dans ce domaine", a-t-il ajouté. Avec Jacques Myard, également UMP, M. Diefenbacher a asséné que "la vérité historique ne peut être établie que par la recherche, en aucun cas par la loi".

Et pour François Bayrou, candidat MoDem à l'Elysée, "la relance de cette procédure par Nicolas Sarkozy traduit aujourd'hui une obstination dangereuse dont on comprend bien l'inspiration en période électorale".

La députée UMP qui avait défendu le texte, Valérie Boyer, élue de Marseille où vit une forte communauté arménienne, s'est déclarée "triste et déterminée" après la censure. "Aujourd'hui en droit français, nous avons deux sortes de victimes et de descendants de victimes", a-t-elle affirmé parlant d'"une grave inégalité de traitement" entre Arméniens et juifs.

Neuf (bien neuf) députés UMP déplorant la décision du Conseil ont déposé mardi une proposition de résolution pour "réaffirmer la lutte contre la contestation de l'existence des génocides".
© Le Parisien

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POLÉMIQUE AUTOUR DU NOM DU COLLÈGE ROGER-VERCEL (France)

Débaptiser le collège dinannais Roger-Vercel en raison d'écrits antisémites prêtés à l'auteur de «Capitaine Conan»?C'est ce que demande la fédération des anciens déportés et résistants. La nouvelle crée la surprise à Dinan.

28/02/2012 - C'est la fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes (FNDIRP) qui a lancé la polémique. Dans une lettre du20janvier, adressée au président du conseil général des Côtes-d'Armor, elle demande que soient débaptisés deux collèges portant le nom de Roger Vercel: à Dinan, ville d'attache de l'écrivain, et auMans, sa villenatale.

Éditorial antisémite
Raison invoquée? L'antisémitisme prêté à l'auteur de «CapitaineConan», prix Goncourt 1934 adapaté au cinéma par BertrandTavernier. La FNDIRP évoque, notamment, un éditorial d'octobre1940 signé par RogerVercel dans un journal régional, qui souscrit à une élimination de «l'emprise juive» dans le domaine de la littérature. «Un lieu où l'on forme de futurs citoyens ne peut pas porter le nom d'un collaborateur», argumente RobertCréange, président de laFNDIRP. C'est Henry Lelièvre, ancien élu duMans et érudit local, qui a mené des recherches sur la vie de Roger Vercel pendant l'Occupation, avant d'en informer la FNDIRP. «J'ai retrouvé trois documents d'un antisémitisme épouvantable. À la Libération, RogerVercel a été mis à la retraite d'office en raison de ces écrits», avance l'initiateur de la polémique. En effet, Roger Vercel quitte l'Éducation nationale, et son poste d
'enseignant à Dinan, en 1946. Mais les raisons de cette décision n'ont guère posé question jusque-là.

À Dinan, où Vercel a passé la majeure partie de sa vie, la demande de la FNDIRP surprend. «Je tombe des nues. À aucun moment cela n'a été évoqué au cours de nombreux hommages à cet écrivain local, qui a toujours suscité de l'admiration», commente le maire de la cité aux remparts, René Benoît. Et de citer l'oeuvre couronnée par un Goncourt et par l'adaptation cinématographique césarisée en 1996. «C'est un sujet polémique qui demande de rester prudent. Il faut conduire des recherches», conclut le maire.

Appel aux historiens
Même surprise du côté du bibliothécaire de la Ville, Loïc-René Vilbert. «Pour avoir connu nombre de ses anciens proches, de toutes opinions, jamais je n'ai entendu la moindre chose sur ce point. Toute l'oeuvre de Vercel est pénétrée d'humanisme, et l'homme a été décoré de la Légion d'honneur. Je pense qu'un collège d'historiens compétents doit se pencher sur la question». Interrogé par France Bleu Armorique hier matin, le président du conseil général, Claudy Lebreton, a indiqué qu'il allait demander aux archives départementales de «faire des recherches» pour vérification. «Si les choses devaient être avérées, il faudrait assumer ses responsabilités avec courage et détermination».

Maxime Turberville et Gwen Catheline
© Le Télégramme

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CHIFFRES DE L'IMMIGRATION : JEAN-MARIE À LA PEINE (France)

« Monsieur Sarkozy a laissé entrer légalement un million d’étrangers en 5 ans, 200 000 par an. Marine Le Pen propose de le ramener à 10 000 par an.»

27/02/2012 - Jean-Marie Le Pen, le 26 février sur Radio France Politique

Il était jusque-là relégué aux meetings et aux discours d'ouverture. Dimanche soir, Jean-Marie Le Pen s'est fait lieutenant officiel du Front national en défendant les idées de sa fille sur Radio France Politique. Au menu, le « souhait » de Marine Le Pen « d’endiguer très sérieusement le phénomène de migration » car « « Monsieur Sarkozy a laissé entrer légalement un million d’étrangers en 5 ans, 200 000 par an. Marine Le Pen propose de le ramener à 10 000 par an ».

On retrouve là les évaluations préférées du Front national, répétées ici ou encore là. 200 000 entrées légales par an, c’est grosso modo ce que compte l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) en se basant sur les visites médicales obligatoires des étrangers. Sur 5 ans, on arrive bien à environ un million d’entrées … et le Front national s’arrête là dans son calcul. Il oublie ainsi – volontairement – la part importante d'étrangers repartant dans leur pays d’origine (étudiants, travailleurs temporaires etc). Additionner année après année les entrées sans décompter les sorties ne veut pas dire grand chose.

Et puis arrivent les fameuses « 10 000 » entrées légales par an, objectif affiché par Marine Le Pen sur son seul quinquennat. Comme nous l’avons maintes fois expliqué sur ce blog (notamment ici), le programme du FN lui-même ne suffirait pas pour arriver à ce seuil irréaliste. En effet, il ne prévoit pas d’empêcher la venue des familles de Français, et notamment les membres des couples franco-étrangers. A eux-seuls, ils représentent 40 000 personnes … soit près de 20% de l’immigration légale.

Delphine Legouté
© Libération

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POURQUOI LE FRONT NATIONAL SOUTIENT LES DICTATEURS ARABES

Par la voix de son fondateur, Jean-Marie Le Pen et de sa fille, Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, le Front national continue de soutenir le régime syrien. Sylvain Crépon, spécialiste de l’extrême droite française décrypte cette position. Par Marc DAOU

27/02/2012 - Le président d’honneur du Front national (FN), Jean-Marie Le Pen, a une nouvelle fois défendu le régime du président syrien Bachar al-Assad. Dimanche, dans le cadre de l’émission Radio France Politique, il s'est refusé à condamner la répression qui se déroule depuis plus de 11 mois en Syrie, arguant que le président syrien "est aux prises avec une guerre civile". Par ailleurs, "il regrette la paix qui régnait" en Libye avant la chute du colonel Kadhafi. En son temps, le fondateur du parti avait également soutenu le président irakien Saddam Hussein.

Sa fille Marine Le Pen, candidate du FN à la présidentielle, peine de son côté à prendre clairement position. Interrogée plusieurs fois sur la question syrienne, elle refuse pour l’instant de demander le départ du président syrien. Contacté par FRANCE 24, Sylvain Crépon, spécialiste de l’extrême droite française et chercheur à Sophiapol, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, décrypte ce positionnement.

FRANCE 24 : La sympathie du fondateur du Front national pour les régimes autoritaires arabes n'est pas nouvelle. Comment expliquez-vous ses soutiens successifs à Saddam Hussein, au colonel Kadhafi et plus récemment au président Assad ?
Sylvain Crépon : Pour comprendre ce positionnement, il faut notamment revenir à la fin des années 1980, au moment de la chute du mur de Berlin. Le Front national de Jean-Marie Le Pen, alors en phase avec l’axe anticommuniste, se pose comme le défenseur de l’Occident chrétien et prétend incarner la véritable droite en se réclamant du président américain Ronald Reagan. Or, après la chute du mur de Berlin et l'éclatement de l’URSS (Union des républiques socialistes soviétiques), l’extrême droite française, désormais orpheline du communisme, n’a plus d’ennemi à l’Est. Elle doit par conséquent revoir sa politique internationale. Pour ce faire, le FN va puiser dans les pensées de groupes, tels que le GRECE (club de pensée anti-égalitariste), qui développent la pensée du différencialisme culturel et s’opposent au métissage qui, selon eux, constitue un danger contre l’identité des peuples. Désormais, l’ennemi est à l’Ouest et il est américain car son hégémonie, culturelle et politique, menace justement les identités.

Le revirement du Front national, qui s’inscrit dans une logique contestataire, s'opère au début des années 1990 lorsqu’il s’oppose à la première guerre du Golfe, après l’invasion du Koweït par les troupes de l’Irakien Saddam Hussein. Depuis, le FN a défendu quasi-systématiquement les dictatures arabes contre les pays occidentaux, au nom du différencialisme, arguant que la démocratie et les valeurs occidentales sont inadaptées à ces populations. Un positionnement qui leur permet de légitimer leur opposition aux arabes et aux musulmans présents sur le territoire français.

F24 : Marine Le Pen, elle-même, rechigne à condamner le régime syrien. Mais elle semble moins à l’aise avec ce choix. Qu’en est-il réellement ?
S.C : Je ne suis pas sûr qu’elle ait des convictions fermes sur cette question. Elle semble mal à l’aise car ce genre de dossiers gêne son entreprise de dédiabolisation du parti. Son pragmatisme la conduit à composer avec une partie de son entourage qui, par antisionisme radical, affiche son soutien au président Bachar al-Assad. Certains d’entre eux sont même très proches du régime syrien. Marine Le Pen ne veut pas se couper de cette puissante frange pro-arabe et antisioniste. Elle lui donne donc des gages en ne condamnant pas le régime des Assad, alors que paradoxalement elle n’a de cesse de tenter de normaliser ses relations avec la communauté juive et de se rapprocher de l’État d’Israël.

F24 : Un tel positionnement sur la Syrie est-il en phase avec l’électorat de Marine Le Pen et le Front national ?
S.C : Il n’y aura pas, à mon humble avis, d’impact sur son électorat. D’autant plus que pour justifier cette politique, la candidate frontiste développe son argumentaire classique. Elle affirme que la chute des "dictatures arabes laïques" pourrait favoriser l'instauration de dictatures islamistes aux portes de l'Europe. Un propos qui peut paraître parfois paradoxal puisque son parti entretient des relations plutôt cordiales avec des régimes islamistes tels que l’Iran. Toutefois, en agitant cette menace, elle limite l’impact de son positionnement en faveur des dictatures. De plus, ses électeurs ne font pas des relations internationales leur priorité.
© France 24

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MARINE LE PEN SE PRÉSENTE EN DÉFENSEUR DE LA RURALITÉ (France)

26/02/2012 - La candidate du Front national Marine Le Pen s'est présentée dimanche en défenseur de la France rurale, proposant d'abolir la Politique agricole commune européenne.

En meeting à Châteauroux (Indre) devant un millier de militants, avant une semaine où tous les candidats seront en campagne au Salon de l'agriculture à Paris, elle a fustigé la décentralisation ainsi que l'Union européenne et plaidé pour les territoires, à ses yeux oubliés par le pouvoir central.

Elle s'en est pris aux "technocrates enfermés dans leurs murs de béton de Bruxelles" responsables, selon elle, de "l'abandon des campagnes".

"Nos campagnes ne souffrent-elles pas d'un mal (...) ravageur? L'abandon. Abandonnées par les pouvoirs successifs, abandonnées par les médias", a-t-elle dit.

Les dernières élections locales ont montré que l'électorat rural, traditionnellement acquis à la droite parlementaire, avait penché pour le Front national.

La candidate d'extrême-droite a défendu l'inscription dans la Constitution d'un droit au service public pour tous indépendamment des revenus et du lieu de résidence.

Marine Le Pen a également plaidé pour une fusion entre Réseau Ferré de France (RFF) et la SNCF, pour la fixation par l'État des tarifs de l'énergie et des transports et aussi pour "une éducation de qualité pour tous les petits Français".

"La gendarmerie doit retourner dans le giron du ministère de la Défense", a-t-elle dit. La Poste doit redevenir un service public, a-t-elle ajouté.

Marine Le Pen, attendue vendredi au salon de l'agriculture, a enfin annoncé qu'elle abolirait la PAC (politique agricole commune) pour la remplacer par la "PAF" (politique agricole française).

"Ce ne sont pas ceux qui ne distinguent pas une vache d'une chèvre, dans leur bureau, qui décideront de notre politique agricole", a dit Marine Le Pen à l'adresse des "élites qui habitent les grandes villes".

Mourad Guichard, édité par Thierry Lévêque
© Nouvel Observateur

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DES INSCRIPTIONS RACISTES RETROUVÉES SUR LA FAÇADE D'UNE MOSQUÉE DANS LE NORD (France)

26/02/2012 - Une croix gammée, des symboles nazis et un autocollant islamophobe ont été découverts dimanche matin sur la façade de la mosquée d'Escaudain (Nord), près de Denain, a-t-on appris auprès de la mairie et d'un porte-parole du lieu de culte.

Selon une source policière, une croix gammée, une inscription "88" (se référant au salut nazi Heil Hitler), une croix celtique et un autocollant ont été découverts. Celui-ci représentait une mosquée barrée d'une croix, renvoyant à un site internet "islamophobe", selon Soufiane Iquioussen, porte-parole de la mosquée. La découverte a été effectuée par des enfants qui venaient participer à des activités en période de vacances scolaires.

La mosquée avait déjà été "profanée" en 2004 avec des tags et des coups de fusils avaient été tirés sur le lieu de culte, selon M. Iquioussen.

Il y a un peu moins de deux semaines, des inscriptions insultantes à l'égard du couple présidentiel avaient été découvertes sur un mur de l'église de la commune.

Ces nouveaux tags découverts dimanche sur la façade de briques rouges de la mosquée ont suscité une vive émotion chez les fidèles musulmans "et chez nos amis chrétiens, et les concitoyens en général", a-t-il ajouté, soulignant qu'il n'y a "aucune tension" dans la commune. Les responsables du lieu de culte ont déposé plainte auprès de la police, a ajouté le porte-parole.

M. Iquioussen a estimé que ces agissements sont issus de personnes "qui veulent monter les gens les uns contre les autres".

Le maire PCF de la commune de 9.200 habitants, Jacky Laure, a quant à lui estimé qu'il s'agissait dénoncé des acte "imbécile de gens qui n'ont pas de réflexion". "Tout le monde se mobilise pour faire appel à la vigilance de chacun pour que ceci ne se reproduise pas", a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, la mosquée d'Escaudain a condamné "un acte intolérable et choquant qui meurtrit l'ensemble de la communauté musulmane".

"Face à de telles manifestations de haine et de violence, nous demandons à ce que tous les moyens humains, techniques et scientifiques soient mis en oeuvre pour identifier et interpeller les auteurs afin qu'ils soient livrés à l'autorité judiciaire et sévèrement condamnés", poursuit le communiqué, qui invite "tous les citoyens à s'unir autour d'un message de paix et ne pas tomber dans la réaction".

Une enquête a été ouverte, a-t-on indiqué de source policière.
© Le Point

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CLAUDE GUÉANT S'EN PREND AU FN, "NATIONALISTE ET SOCIALISTE" (France)

26/02/2012 - Le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant, a estimé dimanche que le Front national n'était pas un parti républicain mais un parti "nationaliste et socialiste" en soulignant ses affinités avec les thèses extrémistes et racistes, voire néo-nazies.

Ce proche de Nicolas Sarkozy est accusé par la gauche de se rapprocher lui-même de certains thèmes du FN sur l'immigration et l'insécurité pour tenter de capter les voix du parti d'extrême-droite et répéter ainsi ce qui fut la clé du succès de l'UMP en 2007.

Sur Radio J, Claude Guéant a employé un ton très vif sur le FN, notamment à propos de l'exaltation par Marine Le Pen et son père Jean-Marie de l'écrivain Robert Brasillach, fusillé à la Libération pour collaboration avec l'occupant nazi.

"Le masque tombe, Marine Le Pen a essayé de donner des nouvelles couleurs au Front national (...) mais de temps à autre on sent que l'armure se fend et que le naturel revient", a-t-il dit, rappelant que Marine Le Pen s'était rendue dernièrement à un bal fréquenté par des néo-nazis à Vienne.

Il remarque que la candidate d'extrême-droite manie par ailleurs des thèmes à ses yeux socialistes sur les sujets sociaux. "Ce n'est pas un parti républicain de mon point de vue, c'est un parti qui est nationaliste et socialiste", a-t-il dit.

Il a toutefois estimé que l'éventuelle exclusion de l'élection de Marine Le Pen, si elle n'obtenait pas les 500 parrainages d'élus nécessaires, serait une "anomalie".

Le FN a réagi dans la soirée en demandant la démission de Claude Guéant pour avoir, selon lui, "insulté des millions de patriotes attachés à la Nation et à la République".

"Afin de faire oublier son bilan calamiteux en matière d'insécurité et d'immigration ainsi que ses saillies verbales provocatrices, monsieur Guéant vient d'insulter le FN en le qualifiant de parti nationaliste et socialiste", lit-on dans un communiqué de Louis Aliot, vice-président du FN.

"En utilisant le vocabulaire d'habitude utilisé par les associations antiracistes antidémocratiques, le ministre de l'Intérieur vient d'insulter plus de 20% de Françaises et de Français qui s'apprêtent à voter pour Marine Le Pen", ajoute-t-il.

Thierry Lévêque, édité par Jean-Loup Fiévet
© Le Point

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DANS CE LYCÉE, NOIRS ET BLANCS NE DÉJEUNENT PAS ENSEMBLE (France)

Un parent d'élève a alerté Rue89 : dans un lycée agricole du sud de la France, la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle exacerbe le racisme de certains. Nolwenn Le Blevennec

25/02/2012 - Mi-février, en pleine vague de froid, le lycée paraît sans vie : rectangles en béton silencieux et pelouse gelée. Mais devant le réfectoire, dès 11h45, des dizaines de jeunes s'agglutinent, et il se passe quelque chose : les Noirs mettent leurs sacs près de la vitre ; les Blancs, à un autre endroit.

Beaucoup de lycéens ne souhaitent pas discuter de politique, certains déclinent par un sourire ironique, déplaisant. Les premiers qui témoignent sont de gauche : une partie des élèves est tentée par le FN, disent-ils, et c'est pour virer les étrangers.

« Ils disent que les Noirs sont sales »
Claire – tous les prénoms ont été changés, à la demande des élèves ou bien pour les protéger –, 16 ans, nous a donné rendez-vous dans « le temple du shopping » de la ville d'à côté. Claire est une première de classe, habillée de bleu et marron, fan de l'écrivain Pierre Bottero, utilisant l'expression « c'est avantageux » pour dire « c'est frais ».

Elle se dit de gauche : « En 2007, j'étais en CM2, et j'étais pour Besancenot » (elle tient ça de ses parents). Claire pense que Marine Le Pen peut passer : « Tous les petits vieux la trouvent bien mignonne. » Au lycée ?

« Au lycée, y a pas mal de racistes, surtout des garçons. Ils disent que les Noirs sont sales, que ce sont des crades. »

Plus âgée, Lucie, en BTS, est une « grosse glandeuse » très sympathique, qui aimerait devenir véto, mais ne s'en donne pas les moyens (boîte de nuit tous les jeudis soirs, entre autres). Lucie ne vote pas. « Pas assez cultivée. Je trouve le journal Le Monde trop difficile, je n'arrive pas à le tenir. »

Sur le racisme, elle dit :

« Au lycée, [les Blancs] ne mangent pas à côté des filles noires. Mes grand-parents n'aiment pas les Arabes, mais à ce point-là je n'ai jamais vu ça. Dans leur tête, c'est fixé, il n'y a que Le Pen qui peut y arriver. »

« Elles profitent du racisme »
Les filles noires ? Une bande de copines, en bac pro service en milieu rural (SMR), venant de la ville. C'est elles qui sont visées.

Au lycée, ces filles noires, urbaines, des quartiers, cohabitent avec des jeunes Blancs issus d'un milieu modeste (mère cantinière, père à la SNCF, par exemple), rural, ou les deux. Claire trouve que les remarques racistes sont « infondées », bien sûr, mais elle ne les condamne pas fermement. Elles n'aime pas ces filles pleines d'exubérance. Claire semble répéter un discours cent fois entendu quand elle dit :

« Ce n'est pas parce qu'elles sont noires, mais elles ont toutes un grain. Provocatrices, en talons aiguilles. Elles sont toujours ensemble et cherchent à avoir mauvaise réputation. Elles profitent du racisme envers elles pour retourner le racisme. »

Plusieurs heures plus tard, Lucie, qui n'est pas raciste non plus, dit à peu près la même chose. Sans se rendre compte de la violence de ses mots :

« Elles sont spéciales, ce sont des pouf'. Elles s'isolent, et elles critiquent les paysans. Elles parlent super fort aussi, on entend qu'elles, c'est pour ça qu'on s'assoit loin à la cantine. »

« Leurs parents ne sortent pas de chez eux »
Claire et Lucie ne se révoltent donc pas spécialement quand leurs camarades de classe insultent les filles noires ou les regardent avec mépris. Elles laissent faire. Ce sont souvent des fils d'agriculteurs, disent-elles. Lucie essaye de trouver des circonstances atténuantes à ses camarades :

« Ces mecs, ils ont des parents qui ne sortent pas de chez eux, qui regardent la télé et qui bloquent dès qu'il y a un fait divers avec un Noir ou un Arabe. Je connais un paysan, il habite encore chez sa mère à 40 ans, le pauvre. Il déteste Harry Roselmack. Il y en a plein des comme ça. Et puis, faut arrêter, les remarques racistes, c'est pas tout le temps. »

De son côté, Claire précise que certains sont plus ouverts que d'autres. Elle pense à une copine, « fille de paysans », « qui a récemment envisagé de lire le journal d'Anne Franck ».

« Sales Noirs, laissez-nous partir »
Plus tard, Mariam et Amina sortent de la cantine, sous un ciel aux nuages jaunes et froids. Elles sont noires, dans la fameuse filière SMR (un peu par défaut, elles ne savaient pas où aller après le BEP). Dès que la question du racisme au lycée est posée, elles ne s'arrêtent plus de raconter :

« Il y a beaucoup de problèmes avec les gens de couleur ici. Ils disent “vivement la vague bleue”, en référence à Marine Le Pen. »

La présidentielle rend la situation plus difficile, disent-elles.

« Ce n'était pas pareil, il y a deux ans. Ils nous disent qu'ils vont enfin pouvoir nous dégager. »

Mariam, 19 ans, timide, raconte qu'elle était enceinte l'année dernière, et qu'on lui a mis un coup d'épaule. On l'a aussi traitée de singe. Elle dit que « cela se frotte » toujours dans le bus ou au self-service :

« Ils rigolent de nous. »

« Ils nous doublent dans la queue. »

« Ils se mettent très loin de nous, même quand il y a une table de huit places libre à côté. »

Amina, plus explosive, raconte une anecdote dans le bus : une fille black s'est fait « emmerder » par le chauffeur, alors qu'elle avait payé son ticket. Les Noirs étaient de son côté.

« Les autres se sont révoltés en se mettant à hurler : “Bande de sales Noirs, laissez-nous partir en week-end.” C'était le retour à la ségrégation. »

Le bonheur, ce sera au soleil de Guinée
Ces deux-là ne portent pas de talons hauts et n'ont pas « un grain » dans la tête, comme le décrivait Claire. Amina ne sait pas qui est responsable de cette situation : les parents, la société, les médias... Mais elles se font une raison.

« On encaisse, on vit avec. Du moment qu'ils nous crachent pas dessus, ils peuvent avoir des opinions. Mais ce qu'ils ne supportent pas, c'est qu'on ne se laisse pas faire, qu'on ne baisse pas les yeux. On aurait des copains sur place, je pense qu'ils rigoleraient moins.

Quand on va voir les CPE [conseillers principaux d'éducation, ndlr] pour dire qu'on est persécutées, elles nous répondent qu'on a une part de responsabilité. [...]

C'est vrai qu'on a un esprit africain, on aime rigoler et être ensemble, mais on a aussi des camarades blanches et on ne rejette personne. »

Elles les appellent quand même les « petits campagnards », ce qui est à la fois méprisant et affectueux.

Amina aimerait être considérée comme une Française. « On me demande toujours de quel pays d'Afrique je viens. »

Et en même temps, elle sait déjà que la France ne va pas la rendre heureuse. Ses parents, qui s'occupent d'une famille nombreuse, ne travaillent pas. Son futur métier ne lui plaît pas, d'avance.

Amina n'a jamais été en Guinée, mais c'est dans ce pays qu'elle se voit souffler, et tourner son visage vers le soleil.

« Y a pas moyen. Je finirai mes jours là-bas. »

« Les agriculteurs ont changé »
Qui sont ces ados xénophobes ? Fils d'agriculteurs, Thomas et Martin, ne se sentent pas du tout concernés. Ils sont eux très à gauche, pas racistes du tout.

Martin a des parents dans l'agriculture bio, séduits par Mélenchon. C'est l'intello de sa bande. L'année dernière, il était dans une classe qui comptait beaucoup de racistes. Il ne les aimait pas. Il s'en est rendu malade (fièvre chronique).

A 19 ans, Thomas ne cesse de répéter que son père, sans héritage, a dû « démarrer son exploitation de rien ». Dix ans de sacrifice. C'est peut-être ce qui explique la différence de mentalité entre lui et ces camarades :

« [Les autres fils d'agriculteurs], ils ont déjà tout le matériel, toute la terre. Il n'ont pas besoin de travailler autant. Ils ont tout dans les mains. Ils ne voient plus les choses comme il y a vingt ans. Ils n'ont plus les mêmes valeurs de travail, de partage, de terre. Ils voient juste le bout de leur nez. »

« Ça dérape sur le fait qu'il y a trop de Noirs »
Fred a des yeux bleus ahurissants (ceux de sa mère). Il est moins tranché politiquement que Thomas et Martin. Lui vient du Nord de la France, il n'est pas fils d'agriculteurs. Il est en filière technologique « aménagement du territoire ». Il raconte :

« Les gens de ma classe trouvent qu'il y a trop d'immigrés et qu'il vaut mieux que chacun soit chez soi. En cours d'éducation socio-culturelle, on parle de la culture française, et tout de suite ça dérape sur le fait qu'il y a trop de Noirs. »

Quand on lui demande pourquoi il ne s'indigne pas, il hausse les épaules.

« Moi, je m'entends bien avec tout le monde dans ma classe. »

C'est le lendemain, quand la classe de Fred sort de cours, qu'on tombe enfin sur l'un d'eux. L'un des « leaders », très imposant, avec des cheveux laqués, et des tâches blanches sur les dents qui lui donnent l'air d'un enfant.

Marine Le Pen peut-elle faire quelque chose contre les étrangers en France ? Il répond : « Non, c'est trop tard, elle peut rien faire, il y en a trop. » Puis il s'en va, fier de lui. C'est tout. L'autre grand chef de bande désigné, aux pics dans les cheveux, voudrait bien nous parler, mais sa petite copine autoritaire le lui interdit.
© Rue 89

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TAGS NAZIS ET DÉGRADATIONS : LE PROCÈS DES SUPPORTERS LYONNAIS A DÛ ÊTRE RENVOYÉ (France)

Tribunal correctionnel de Saint-Étienne. La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, partie civile, a déploré que les prévenus ne soient pas poursuivis par le Parquet pour les inscriptions à caractère nazi ou xénophobe. Procès le 21 mars.

25/02/2012 - Les supporteurs lyonnais du groupe Mezza Lyon n’ont pas fait le déplacement au tribunal correctionnel de Saint-Étienne, hier, où ils devaient être jugés en comparution immédiate. Le renvoi demandé par l’avocat de l’un d’entre eux a été entendu par le tribunal. L’une des parties civiles, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) représentée par M e Cauët, s’est tout de même étonnée du fait que les mis en cause ne soient poursuivis que pour dégradation ou détérioration du bien d’autrui (par inscriptions, signes ou dessins) et non pour des signes « rappelant une idéologie nazie ou xénophobe ».

C’est une circonstance aggravante qui porte à deux ans la peine de prison encourue par les prévenus. Les tags « montrent clairement des croix gammées, des symboles nazis. Or, ce contenu n’est pas visé dans la prévention. Il y a eu carence du parquet concernant les poursuites de ces chefs d’inculpation » a déclaré l’avocate. La procédure de comparution immédiate ne permettant pas un changement des incriminations, les prévenus feront l’objet d’une citation directe pour ces faits par la partie civile.

Le tribunal n’a donc statué que sur les contrôles judiciaires auxquels sont soumis les six supporters. Il les a maintenus dans leur intégralité : interdiction de se rendre dans les enceintes sportives et interdiction de venir en région stéphanoise, sauf pour les besoins de leur défense. L’audience au fond a été reportée au mercredi 21 mars. Il est reproché à ces supporters d’avoir, à l’automne, dégradé une vingtaine de véhicules appartenant à des membres des Magic Fans et commis des tags sur leur local et des murs se trouvant à proximité.
Alain Colombet
© Le Progrès de Lyon

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BEATE KLARSFELD, "LA CHASSEUSE DE NAZI", CANDIDATE À LA PRÉSIDENCE ALLEMANDE

27/02/2012 - La "chasseuse de nazis" Beate Klarsfeld, 73 ans, a été choisie lundi 27 février par le parti Die Linke comme candidate à la présidence de l'Allemagne, a annoncé cette formation d'extrême gauche. Beate Klarsfeld, qui avec son mari, l'avocat français Serge Klarsfeld, a retrouvé nombre de criminels de guerre nazis et dévoilé le noir passé de plusieurs dirigeants internationaux, n'a toutefois aucune chance contre le candidat des partis de la coalition gouvernementale et des principales formations d'opposition, Joachim Gauck.

Tous ces partis se sont mis d'accord le 19 février sur le nom de ce pasteur de 72 ans qui fut un défenseur des droits de l'Homme dans l'ex-RDA. Die Linke, créé notamment par d'anciens communistes est-allemands, s'oppose à la candidature de M. Gauck qui fut, après la Réunification, le premier responsable des archives de la Stasi, la police secrète de l'ex-RDA.

Beate Klarsfeld s'est déjà dite honorée à la perspective d'être choisie, précisant toutefois qu'elle n'était politiquement pas en phase avec Die Linke, notamment parce qu'elle soutenait Israël. Elle s'est rendue célèbre en Allemagne pour avoir giflé en 1968 le chancelier chrétien-démocrate, Kurt-Georg Kiesinger, en plein congrès de son parti. Il avait appartenu au Parti national-socialiste d'Adolf Hitler.

Le couple Klarsfeld a permis de faire juger plusieurs dignitaires nazis comme l'ancien SS Klaus Barbie, et déniché en Syrie Alois Brunner, responsable de la déportation d'environ 128.500 juifs, considéré aujourd'hui comme mort.

Ils ont aussi porté sur la place publique le passé controversé de Kurt Waldheim, secrétaire général des Nations unies puis président de la République autrichienne. Née Beate-Auguste Künzel en 1939 à Berlin, Mme Klarsfeld qui vit à Paris, dirige avec son époux l'association "Fils et filles de déportés juifs de France".

L'élection par une assemblée ad hoc du nouveau président allemand qui succédera à Christian Wulff, démissionnaire le 17 février après des accusations de prévarication, a été fixée au 18 mars.
© Huffington Post

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L'AUTRICHE EN LUTTE CONTRE LE RACISME

L'Association autrichienne de football et l'équipe nationale ont adressé un message de soutien fort à la campagne antiraciste.

02/03/2012 - L'Association autrichienne de football (ÖFB) a rappelé sa contribution à la lutte contre le racisme et l'intolérance lors du match amical entre l'Autriche et la Finlande à Klagenfurt cette semaine.

L'équipe nationale autrichienne a démarré son programme de matches 2012 avec une présentation marquant le 15e anniversaire de sa campagne contre la discrimination. Lors de la présentation des deux équipes, avant le match de mercredi, des enfants ont tenu une banderole devant les deux équipes affichant le message : "15 ans de fair-play. Différentes couleurs – un sport".

Au nom de toute l'équipe d'Autriche, le capitaine Marc Janko a fait passer un message antiraciste via l'écran géant au public du stade. Les deux capitaines arboraient un brassard Unite Against Racism (Unis contre le racisme), un brassard porté régulièrement par les capitaines autrichiens lors des matches internationaux.

De plus, une annonce a été faite aux supporters, leur demandant de cultiver la diversité et le respect dans le football.

La sélectionneur de l'Autriche Marcel Koller a parlé du besoin d'intégration dans le football. "Pour moi, c'est très important de voir l'ÖFB lutter contre la discrimination dans le football. Il est très important pour l'Autriche de se servir du potentiel de joueurs dont les parents, ou les joueurs eux-mêmes, ne sont pas nés ici, mais sont déjà intégrés et perçus comme des citoyens autrichiens", a-t-il déclaré. "Le football est un instrument fort de l'intégration, mais seulement si on respecte les autres."
© UEFA

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CONTROVERSE AUTOUR DE LA CARTE DE BRUXELLES "RACISTE ET HOMOPHOBE" (Belgique)

L'Open Vld a entamé la diffusion d'un dépliant électoral reprenant sur le ton de l'humour sa vision de Bruxelles, mais cet humour est beaucoup trop grinçant aux yeux des certains politiques.

01/03/2012 - La carte en question, diffusée depuis mercredi dans un toutes-boîtes électoral, est celle d'une "Bruxelles cosmopolite", composée de communes rebaptisées notamment en fonction de la présence de personnes d'origine étrangères: "Casa of Casablanca" pour Molenbeek, "Little Turkistan" pour Schaerbeek et Saint-Josse, "Galiciëtown" pour Saint-Gilles et "FDF-enclave" pour les quartiers entourant la maison communale de Woluwe Saint-Lambert, municipalité dont le bourgmestre est Olivier Maingain, le président des FDF.

"Le VLD ne connait pas Bruxelles"
Mercredi soir, celui-ci avait réagi négativement, jugeant que cette démarche démontre que le parti libéral flamand ne connaît pas Bruxelles et défend une vision aux relents nationalistes qu'a la Flandre d'une ville composée de ghettos, peu conforme à la réalité.

Aux yeux d'Olivier Maingain, si cette carte venait du Vlaams Belang, du Parti Populaire ou de la N-VA, "tout le monde crierait au scandale".

Le président des FDF a enfin dit interpeller "tous les partis francophones qui accueilleraient sur le liste des candidats qui ignorent à ce point Bruxelles".

PS : "homophobie et racisme"
Sur le site internet du journal Le Soir, le socialiste Merry Hermanus explique que cette carte est "l'expression d'une homophobie et d'un racisme malsains". Il aurait montré cette carte à Guy Verhofstadt (Open VLD) qui aurait eu l’air très choqué.

Le président de la fédération bruxelloise du PS Rudi Vervoort a demandé une mise au point de la part du chef de file des libéraux flamands bruxellois, Guy Vanhengel. "Si cette carte doit traduire la représentation que les libéraux flamands se font de leur Région, Rudi Vervoort tient à dénoncer une vision communautariste à l'anglo-saxonne qui est tout le contraire du projet défendu par le PS. S'il faut y voir, comme les libéraux flamands le soutiennent, une tentative de dérision, elle est caricaturale et maladroite", a fait savoir la fédération bruxelloise du PS.

Open Vld : "Le FDF y voit la négation de leur ville chimérique uniformément francophone"
Khadija Zamouri et Ann Brusseel se retrouvent toutes les deux sur le prospectus et relativisent l’émoi suscité par ce dernier. "L’humour ne peut sauver une ville, mais c’est déjà pas mal, c’est la légende de la carte. Je souhaite aussi une ville cosmopolite. Ceci dit, qui peut nier le fait qu’à Molenbeek il y ait beaucoup de personnes avec des origines marocaines ?

"L’Open Vld signale également dans les colonnes du Brussel.nieuws.be que personne ne s’est offusqué du nom donné à Matonge. "Nous voulions mettre en avant la diversité qu’on retrouve à Bruxelles. Peut-être que cette indignation sélective sur certaines dénominations trouve justement sa source dans les préjugés et stéréotypes que véhiculent certains quartiers. Les critiques du FDF ne doivent d’ailleurs pas être prises très au sérieux puisque celle-ci sont influencées par le fait, qu’à leurs yeux, la diversité de Bruxelles ne serait qu’une négation de leur ville chimérique uniformément francophone".

"Nous n'avons jamais eu l'intention de blesser qui que ce soit
Les députés bruxellois de l'Open Vld ainsi que le ministre Guy Vanhengel ont publié une mise au point, dans laquelle ils expliquent que leur intention n'était pas de blesser quelque communauté que ce soit. "Nous n'avons jamais eu l'intention de blesser qui que ce soit. Mais soyons quand même sérieux : nous avons dessiné cette carte avec beaucoup de 'zwanze bruxelloise' car les Bruxellois eux-mêmes font la promotion de la diversité locale des quartiers lors des nombreuses fêtes de quartier, par une banderole telle que celle qui surmonte Matongé, par des peintures murales souvent placées par les communes elles-mêmes dans les quartiers", ont-ils notamment dit.

"Nous œuvrons depuis de nombreuses années pour un Bruxelles ouvert et tolérant dans lequel nous considérons la présence de multiples communautés comme enrichissante. En reconnaissant la diversité sociologique de Bruxelles, nous voulons donner à tous les Bruxellois quelles que soient leurs origines, l'opportunité de s'épanouir pleinement dans notre ville", ont-ils insisté.

"Une dépense inutile"
"C'est une dépense inutile en période de crise et cela montre une incompréhension de la Région bruxelloise. Il y a beaucoup d'autres choses à faire pour les Bruxellois que cette carte soi-disant humoristique", a quant à lui affirmé Didier Reynders, jeudi matin, sur les ondes de Bel RTL.
© Le Vif

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TINTIN LE RACISTE : UNE POLÉMIQUE SANS FIN (Belgique)

01/03/2012 - Et c'est reparti pour la polémique sur "Tintin au Congo" ! La justice belge a rejeté mercredi l'interdiction de la vente de la BD de Hergé demandée par un ressortissant de la République démocratique du Congo. Entretien avec Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires (CRAN).

Pourquoi n'êtes vous pas d'accord avec la décision de la justice belge?
Cette décision nous parait infondée parce que le tribunal se fonde sur l'intention de l'auteur. Comme Hergé était dans une époque colonialiste, il a dit ce qui se se pensait à l'époque. Il n'avait pas d'intention particulière contre l'Afrique ou contre les populations noires. Donc il n'y a pas de discrimination ou d'intention discriminatoire. Mais nous avons fait appel pour plusieurs raisons: A l'époque de l'ouvrage, il n'y avait pas de consensus sur la question de la colonisation. D'aucuns étaient pour, d'autres contre. Il y avait des gens qui critiquaient les massacres en Afrique et partout ailleurs. Et aujourd'hui, on ne peut pas se retrancher derrière le contexte. C'est comme si on pardonnait un sexiste ou un xénophobe en justifiant ses actes par le contexte. Ce serait un peu trop facile. 

Quel est votre problème avec Tintin au Congo aujourd'hui?
Notre problème ce n'est pas Hergé qui est mort depuis fort longtemps. C'est Casterman et Moulinsart qui, en 2012, continuent de publier un ouvrage pareil, à se faire de l'argent sur le dos du racisme. L'ouvrage a été composé il y a 70 ans mais il continue à être publié et republié chaque année. Et ça c'est aujourd'hui. Donc, on ne peut pas dire que Monsieur Hergé n'était pas raciste, je ne le crois pas, et ce n'est pas mon problème. Mais en revanche, le problème, c'est pourquoi en 2012 quelqu'un publie encore et encore l'ouvrage dont il reconnait lui-même qu'il est raciste.

Ne pensez-vous pas qu'il faut que l'ouvrage reste pour faire comprendre comment était pensé le "Noir" à cette époque-là?
Pour les historiens, c'est un ouvrage intéressant. Mais pour les enfants de 7 ou 8 ans, je ne pense pas qu'en lisant Tintin au Congo, ils se disent "ah! c'est comme ça qu'était pensé le racisme et la colonisation dans les années 1930". Non. Les enfants répéteront les choses qu'ils lisent. Ils sont intoxiqués par ce genre de représentation. D'ailleurs en Angleterre, l'œuvre est publiée avec une préface. C'est exactement ce que nous demandons. Nous n'exigeons pas une censure de la bande dessinée, mais une publication avec une préface qui situe le livre dans son contexte. Ça été fait en Angleterre, pourquoi en France c'est impossible? Est-ce à dire que les petits enfants anglais doivent être protégés des intoxications racistes et qu'en France, il y a pas de problème, on peux intoxiquer les gens? Ça me parait difficilement acceptable et inexplicable.

Mais cet ouvrage est une goutte d'eau dans l'océan. Pourquoi particulièrement celui là?
Pas plus tard qu'aujourd'hui, j'ai reçu un mail d'un lecteur qui me disait que Tintin au Congo ne lui posait aucun problème. Il affirme avoir lu toutes ces choses qui sont d'ailleurs vraies, parce qu'on lui a dit y a encore en Afrique des cannibales qui mangent encore des gens dans les cimetières.Et ce n'est pas le seul mail que j'ai reçu.Ce sont des mails assez extrêmes. Ces personnes me racontent comment Tintin au Congo a contribué à leur imaginaire. Le drame, c'est qu'elles ne s'en sont pas dessaisi et sont restées coincées dans les années trente. Je ne pense pas que l'on puisse accepter des propos de ce genre, homophobes et anti-sémites, surtout pour nos enfants. Ça ne veut pas dire que c'est l'ouvrage le plus raciste au monde. Ça veut juste dire qu'en France, il n'y a pas un autre ouvrage destiné à un public jeune, largement diffusé aussi longtemps. C'est pourquoi c'est emblématique de mettre une préface.

Si votre appel est rejeté?
S'il l'appel est rejeté au niveau de la justice belge, nous irons en cassation. En dernier recours, nous saisirons la Cour européenne des droits de l'Homme s'il le faut. Là nous sommes sûrs d'avoir gain de cause. Parce que les arguments de la justice belge sont stupéfiants. S'il faut se fier à l'intention, connaissez-vous quelqu'un qui dit: "je discrimine pour cette raison ou une autre?" Ce serait assez bête. Aujourd'hui en droit européen, il existe la notion de discrimination indirecte. Je pense qu'on pourra éviter un procès parce que si une préface est possible en Angleterre, pourquoi elle ne l'est pas en France.

Propos recueillis par Marthe Fare.
© TV5 Infos

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ANTISÉMITISME: LA CELLULE DE VEILLE SERA RENFORCÉE (Belgique)

01/03/2012 - La cellule de veille de l'antisémitisme, installée au sein du Centre pour l'égalité des chances et de lutte contre le racisme, sera renforcée, ont annoncé jeudi les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Joëlle Milquet et Annemie Turtelboom, à l'issue d'une rencontre avec des représentants de la communauté juive.

Cette cellule sera pilotée par des représentants des deux ministres. Sa composition sera revue pour qu'y soient délégués des responsables de la police, de la justice, de la direction du Centre ainsi que des représentants de la communauté juive.

L'objectif de cette cellule est d'assurer l'échange d'informations, le suivi des plaintes, la prévention, la lutte contre la banalisation des faits antisémites, indique le communiqué de Mme Milquet qui insiste également sur la nécessité de la condamnation officielle, juridique, judiciaire mais aussi morale des attitudes antisémites.

Lors de la réunion, quelques sujets ont été abordés, dont l'inclusion dans la formation de base de la police fédérale d'un volet relatif à l'antisémitisme, la désignation de policiers de référence, l'amélioration du traitement des plaintes ou encore l'inclusion des injures racistes dans les incivilités visées par la loi sur les sanction administratives. La fonction de magistrat de référence sera réactivée, après avoir été mise sous le boisseau ces dernières années, a indiqué Mme Turtelboom interrogée par "Joods Actueel". Ces réunions se dérouleront tous les trois mois.

La ministre libérale flamande a dit espérer que les initiatives annoncées jeudi contribueront à rétablir les bonnes relations entre le Centre et la communauté juive. Au mois d'août, un article du "Zwinkrant" aux propos très douteux sur les personnes juives avait suscité l'indignation. Le Centre avait qualifié le texte d'antisémite mais n'avait pas jugé que cette publication pouvait être poursuivie pour infraction aux lois réprimant le racisme et l'antisémitisme, l'intention caractérisée d'incitation à la haine faisant défaut. Des représentants de la communauté juive et plusieurs personnalités politiques s'étaient indignés de cette attitude.
© 7 sur 7

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LA N-VA FAIT-ELLE DU PIED À L'EXTRÊME-DROITE FLAMANDE? (Belgique)

A l'approche des élections communales, on assiste souvent à des transfuges d'un parti vers l'autre. Ce n'est pas nouveau. Mais en Flandre, certains font plus de bruit que d'autres. C'est le cas des passages du Vlaams Belang vers la N-VA. Il y en aurait eu une vingtaine. A tel point que certains députés se demandent si la N-VA ne fait pas clairement du pied à l'extrême-droite flamande?

25/02/2012 - Le débat a débuté sur Twitter lors d'un échange entre Freya Van den Bossche et un député N-VA. La ministre socialiste flamande écrit : "On peut tourner ça comme on veut, mais 20 Vlaams Belang, ça fait beaucoup de Vlaams Belang". Ce dont elle parle, ce sont les membres du Vlaams Belang passés à la N-VA. Connus ou moins connus, ces transfuges se sont multipliés ces derniers temps. Du coup, certains se demandent qui a fait du pied a qui ?

Selon le parti, la réponse n'est pas la même...

"Tout le monde sait que le nombre de membres de la N-VA a plus que doublé en un an. Donc des gens viennent vers nous pour demander s'ils peuvent être actifs au sein de la N-VA. On a donc pas besoin d'aller recruter des membres du Vlaams Belang. Sûrement pas!", affirme Nadia Sminate, députée fédérale N-VA.

"J'ai d'autres informations d'une dizaine de mandataires locaux qui ont été approché par la N-VA. Avec parfois des promesses pour qu'ils franchissent le pas. Comme, par exemple, la promesse d'un possible poste d'échevin", a déclaré pour sa part Bruno Valkeniers, le président du Vlaams Belang.

Reste que des transfuges ont bien eu lieu. Quelles influences auront ces anciens membres de l'extrême-droite sur le parti de Bart De Wever ? Même au sein de la N-VA, certains s'interrogent.

"Je pense que comme c'est maintenant, disons que c'est tout à fait acceptable, mais je ne dirais pas qu'il faut continuer dans cette direction", confie Jaak Vandemeulebroucke, membre de la N-VA.

La N-VA assure que sa ligne reste claire et qu'il n'y pas de place pour des extrémistes dans son parti. Ce qui n'a pas empêché le président du Vlaams Belang de plaider, lui, pour une collaboration avec la N-VA.

C.B. avec Aurélie Fogli
© La RTBF

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PEUR NOIRE : LA VIOLENCE RACISTE À MOSCOU (Russie)

Comme 41% de la population africaine vivant à Moscou, William Maina a été victime de violences physiques à caractère raciste. Ce jeune étudiant kenyan a malgré tout choisi de rester, en prenant ses précautions.

29/02/2012 - La neige tombe à gros flocons sur la rue Aviamotornaya, à l’est de Moscou. Les trottoirs glissants rendent la marche périlleuse. Pas l’idéal pour flâner. Pourtant, au milieu des passants qui s’empressent de se mettre à l’abri dans la station de métro la plus proche, William Maina se promène en toute décontraction : "Je me sens bien ici, c’est mon quartier".

Fin 2005, ce jeune Kenyan de 26 ans a quitté Nairobi où il vivait avec sa famille, direction l’Université technique de communication et d’informatique de Moscou à 6300 km de là : "Comme j’étais bon au lycée, j’ai pu bénéficier d’un programme d’échange entre le Kenya et la Russie." A son arrivée, William s’est cru sur une autre planète : "C’était fin novembre. Il faisait super froid et bien sûr, je ne connaissais pas un mot de russe. Heureusement, le programme d’échange comprenait une première année dédiée à l’apprentissage intensif de la langue. Savoir parler russe est la première étape vers l’intégration." "Les gens te dévisagent bizarrement"

Dès sa première année de fac, William n’a pas grand mal à se faire des copains parmi les Russes : "Ils s’intéressent beaucoup au Kenya à travers les reportages sur les safaris et grâce aux victoires des athlètes kenyans en course à pied. Et puis, tu sais, je ne suis pas du genre introverti…"

Même s’il se dit bien intégré, l’étudiant n’a pas échappé au racisme ambiant : "La première chose qui m’a frappée en arrivant ici, c’est le comportement des gens. Ils te regardent bizarrement." Des regards parfois accompagnés d’un "sale nègre" ou d’un "rentre chez toi". Chaque Africain à Moscou s’est fait au moins une fois insulter ou cracher dessus," assure le jeune homme.

Ces problèmes, William en parle au sein de l’Aumônerie protestante de Moscou où se réunissent en majorité des migrants d’originaires d’Afrique. Depuis 2001, l’équipe sociale de l’Aumônerie publie tous les ans un rapport détaillé des attaques verbales ou physiques dont a été victime la population africaine à Moscou. "Les années 2000-2005 étaient une période noire, raconte Daniel Ekat, le directeur de l’Aumônerie. Il ne se passait pas une semaine sans une agression grave. Maintenant ça va mieux. Les coupables commencent à être condamnés. Avant, c’était l'impunité totale." Moscou reste malgré tout une ville dangereuse pour les minorités visibles. En 2009, 41% des Africains interrogés se sont dit victimes d’agression physique. Fin novembre 2011, un étudiant nigérien a été tué à coups de couteau dans le sud de la ville.
"Qu’est-ce que tu fais là ?"

William, lui, s’est fait tabasser en sortant du métro : "C’était en 2007. J’ai croisé un groupe de cinq types sur le trottoir. Ils étaient bourrés. Ils se sont mis à me poser des questions stupides du genre "qu’est ce que tu fais là ?" D’habitude je suis plutôt grande gueule mais là j’ai préféré la jouer cool." Un premier coup part. J’ai essayé de m’enfuir mais ils m’en ont empêché."

Deuxième coup de poing : "Cette fois j’ai essayé de me défendre. C’est à ce moment là qu’ils m’ont roué de coups. Ils n’ont pas supporté le simple fait que je sois dans "leur ville" et que je parle le russe aussi bien qu’eux." Heureusement pour William, des passants viennent à son secours. "Ça a tourné au combat de rue. Mes agresseurs ont pris la fuite lorsque quelqu’un a commencé à appeler la police. Ensuite mes bons samaritains m’ont raccompagné jusqu’à chez moi."
"La vie continue"

Avec une arcade sourcilière ouverte et seulement quelques contusions, il peut s’estimer heureux : "Je connais un Guinéen qui a frôlé la mort. Après un mois d’hospitalisation, il a pris le premier avion pour rentrer chez lui." William a préféré rester : "A quoi bon partir ? J’étais déjà en deuxième année de fac quand c’est arrivé. J’ai surmonté ça et maintenant la vie continue." Pour lui comme pour de nombreux Africains agressés, pas question d’en parler à ses proches restés au pays : "Ma mère serait devenue hystérique…"

Depuis, William prend certaines précautions. J’évite de prendre le métro quand il est trop tard, et à partir d’une certaine heure, je fais un détour quand je vois un groupe de personne sur le trottoir. Tu ne sais jamais ce qui peut se passer."

Pour plus de discrétion, le Moscovite de Nairobi a d’ailleurs choisi un nom d’emprunt : "Je veux éviter tout malentendu au cas où mes amis russes tomberaient sur cet article." Même si sa vie à Moscou ne lui déplait pas, William envisage de rentrer au pays : "Quand, je ne sais pas exactement. Mais maintenant je suis diplômé et j’aimerais travailler au Kenya. Je me sens plus l’aise là-bas…" L’intégration a sans doute ses limites.

Boris Marois
© Nouvel Observateur

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LES ROMS VICTIMES D´UN RACISME FLAGRANT, SELON M. HAMMARBERG (Europe)

Les Roms et Gens du voyage subissent un «racisme flagrant» sur le Vieux Continent, regrette le Commissaire aux droits de l´homme du Conseil de l´Europe, Thomas Hammarberg, qui propose dans un rapport des mesures pour tenter d´améliorer leur sort.

27/02/2012 - «Dans nombre de pays européens, les Roms et les Gens du voyage sont toujours privés de droits de l´homme essentiels et souffrent d´un racisme flagrant», estime notamment M. Hammarberg dans son rapport, qu´il a présenté lundi à Bruxelles, et publié en parallèle au siège du Conseil de l´Europe à Strasbourg.
«Ils restent nettement défavorisés par rapport aux autres groupes en matière d´éducation, d´emploi, d´accès à un logement décent et de santé», ajoute M. Hammarberg, en constatant chez les populations Roms une espérance de vie plus courte et un taux de mortalité infantile plus élevé que ceux d´autres groupes.

Selon le Commissaire aux droits de l´homme de l´organisation paneuropéenne un des principaux problèmes à régler est celui de l´apatridie et de l´absence de documents personnels.
Les milliers de personnes dans cette situation en Europe «sont privées de droits essentiels, tels que l´éducation, les soins de santé, l´assistance sociale et le droit de vote», souligne-t-il.
Thomas Hammarberg regrette également le comportement de certains dirigeants publics, médias et groupes extrémistes actifs sur internet, qui ont ouvertement tenu un discours de haine à l´encontre des Roms.
«Les élus doivent donner l´exemple en respectant et en défendant les droits de l´homme de chacun», affirme-t-il.

Entre autres mesures, le Commissaire aux droits de l´homme propose pour améliorer la situation «de donner à la police une formation ciblée pour prévenir les comportements répréhensibles, de mettre fin à la ségrégation dans le système scolaire et d´améliorer la qualité de l´enseignement dispensé aux enfants des communautés de Roms et de Gens du voyage».
Le rapport établi par M. Hammarberg est le premier à donner un aperçu complet de la situation des droits de l´homme des Roms et des Gens du voyage dans les 47 Etats membres du Conseil de l´Europe.
La communauté Rom compte entre 10 et 12 millions d´individus répartis dans ces 47 Etats-membres.
© L' Alsace

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LE SENTIMENT D'ISLAMOPHOBIE RECULE AUX ETATS-UNIS

02/03/2012 - 74% de mosquées en plus entre 2000 et 2011, annonce le rapport «The American Mosque 2011». Cette étude a été publiée par le Council on American-Islamic Relations (CAIRE) le 29 février.

Aujourd’hui, 2106 mosquées sont recensées dans les 50 Etats américains, explique le rapport, contre 1209 en 2000.

Cette croissance est dûe en partie à l’immigration des populations ouest-africaines, somaliennes et irakiennes. Comme le précise Ajib, un site d'information musulman sur l'islam et les musulmans de France, l’étude considère comme mosquée tout lieu géré par des organisations musulmanes où les cinq prières quotidiennes ainsi que celle du Vendredi sont pratiquées.

«Ce boom de la construction est révélateur de l’accroissement des ressources financières de la communauté musulmane. De nombreux musulmans vivent aujourd’hui aux États-Unis depuis plusieurs décennies et leurs situations sociale et financière se sont améliorées», a déclaré l'auteur du rapport Ihsan Bagby.

Le site d’information marocain Yabiladi rapporte que «les musulmans ont l’habitude de prier ensemble» quel que soit leur origine puisque seulement 3% des lieux de culte rassemblent un unique groupe ethnique bien particulier. L’étude révèle aussi que la majorité des responsables des mosquées prônent une approche plus souple et plus moderne de l’islam et seulement 1%, un islam salafiste.

«La nouvelle est à la fois réjouissante et encourageante tant les crispations envers la communauté musulmane aux Etats-Unis se sont accrues après le 11 septembre», raconte le site Ajib.

Selon Saphir News, un site d'information musulman, le sentiment de discrimination semble reculer. Depuis 2000, la situation a évolué de façon positive: seulement 25% des responsables religieux se sentent menacés aux Etats-Unis, moitié moins qu’il y a 10 ans (54%). Toutefois, les crimes et délits à l’encontre de musulmans ont augmenté de 50% entre 2009 et 2010, tempère le site d’information.

«La communauté musulmane en Amérique est pleine d'énergie et fait de plus en plus partie du paysage américain», certifie Ihsan Bagby.

Le rapport estime à 7 millions le nombre de fidèles sur le sol américain. 91% d’entre eux estiment qu’ils doivent s’investir dans la vie politique. Le site Yabiladi affirme qu’ils «constituent donc une force politique non négligeable avec laquelle, les deux candidats à la présidentielle américaine devront compter». Pas sure que les Républicains en soient très enthousiastes.
© Slate Afrique

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ÉTATS-UNIS: UNE PRINCIPALE POUSSÉE À LA DÉMISSION APRÈS UN COMMENTAIRE HOMOPHOBE

02/03/2012 - «Si vous êtes gays, vous irez en Enfer, et si vous êtes enceintes, votre vie est finie». Ce sont ces quelques mots glaçants lancés à des élèves qui ont coûté son poste à Dorothy Bond. Depuis jeudi, le portrait de l'ex-principale du lycée Haywood de Brownsville, dans le Tennessee, ne figure plus sur la page de l'administration. Dorothy Bond exerçait pourtant ses fonctions depuis les années 90. Mais ce dérapage aura manifestement été celui de trop.

«SI VOUS ÊTES GAYS, VOUS IREZ EN ENFER»
C'est au cours d'un débat sur les démonstrations d'affection en public que la chef d'établissement aurait dérapé. «Nous discutions et elle a pointé le doigt vers les gays en disant: Si vous êtes gays, vous irez en Enfer, si vous êtes enceintes, votre vie est finie», raconte une lycéenne, visiblement très émue, au journaliste d'Abc24, une chaîne locale qui a couvert l'affaire. Très choqués, des élèves ont en effet rapporté les mots de leur principale à leurs parents, qui ont à leur tour alerté la presse.

D'autres témoignages dénonçant l'homophobie de la chef d'établissement ont ainsi refait surface. Comme Tony Snipes, ce père d'élève qui révèle face caméra que son fils a été accusé par Dorothy Bond d'être gay en raison de sa coupe de cheveux: «Il y a quelques années, elle a dit à mon jeune fils que s'il s'asseyait entre les jambes d'une fille pour se faire faire des tresses, c'est qu'il devait être gay. Si vous êtes enceintes ou homosexuels, vous n'êtes pas la bienvenue dans cette école». Regardez le reportage réalisé par Abc24.

Les déclarations de Dorothy Bond, largement relayées par la presse, ont fait scandale. La très influente Human Rights Campaign, considérée comme l'une des organisations les plus important en matière de droits des personnes LGBT aux États-Unis a notamment lancé une pétition en ligne qui a recueilli 5000 signatures en seulement quatre heures.

INTERDIRE DE PARLER D'HOMOSEXUALITÉ DANS LES ÉCOLES?
Devant le tollé provoqué par ses propos, Dorothy Bond a fini par présenter sa démission, qui a été immédiatement acceptée par sa direction, sans doute trop heureuse de mettre fin à cette mauvaise publicité. Il faut dire que l'État du Tennessee n'est pas réputé pour ses positions gays-friendly.

Depuis l'année dernière, un député républicain s'est mis en tête de faire adopter une proposition de loi visant à interdire de parler d'homosexualité dans les écoles avant le «9th grade» c'est-à-dire l'équivalent de la 3e (lire Tennessee: Le débat sur la proposition de loi «Don’t Say Gay» est relancé). Plus récemment, un autre élu s'est illustré en comparant les homos à des meurtriers et des violeurs en réponse à la lettre d'une lycéenne qui l'interrogeait sur ses positions anti-gays. L'exemple vient d'en haut.
© Yagg

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LE COURRIEL RACISTE D’UN JUGE FÉDÉRAL (États-Unis)

01/03/2012 - Le lundi 20 février, assis devant un des ordinateurs de son tribunal, Richard Cebull, juge en chef de la Cour fédérale pour le district du Montana, a cru bon de réexpédier à ses amis une blague raciste concernant le président Barack Obama. Et l’un de ses «amis» a cru bon de refiler le courriel à un journaliste.

Le courriel se lisait ainsi :

«Je n’ai pas l’habitude de réexpédier beaucoup (de blagues), mais celle-ci m’a touché. Je veux que beaucoup de mes amis ressentent ce que j’ai ressenti en la lisant. J’espère que cela touchera votre coeur comme cela a touché le mien :

“Un petit garçon dit à sa mère : ‘Maman, comment se fait-il que je suis Noir et que tu es Blanche? Sa mère de répondre : ‘Ne m’en parle pas, Barack! Si je me souviens bien de ce party, tu es chanceux de ne pas japper!’”

Ha, ha, ha?

Le juge a reconnu hier que la blague était raciste. Il a cependant nié être lui-même raciste, affirmant être seulement «anti-Obama». Il a été nommé à son poste en 2001 par George W. Bush.
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ROBERT FAURISSON, "HISTORIEN" OFFICIEL DE L'IRAN ?

29/02/2012 - Le 2 février 2012, Mahmoud Ahmadinejad ouvre le trentième festival international du film de Téhéran. En marge de celui-ci se déroule la seconde conférence internationale sur "l'hollywoodisme et le cinéma". Comme l'explique une des participantes, un des objectifs de cette manifestation est de réunir des « gens soucieux de combattre le sionisme qui empoisonne le milieu cinématographique et qui, par là même, répand sa propagande mensongère et totalement dénuée d'humanité (1)". Une délégation française est là. Elle vient présenter ses productions cinématographiques et/ou s'exprimer sur un des thèmes proposés. La présence du négationniste français Robert Faurisson s'explique par la projection prévue d'un film dont il est le personnage principal. Il doit aussi parler en public sur ce sujet : "Contre l'hollywoodisme, le révisionnisme". Ce jour, Robert Faurisson est reçu en audience privée par le président iranien. Peu après, ce dernier lui remet un premier prix "honorant le courage, la résistance et la combativité". Âgé tout juste de 83 ans, le négationniste est accueilli en Iran comme un hôte de marque.

Cette sorte de consécration s'explique essentiellement par deux points. Le premier concerne l'Iran, son président et son rapport à l'histoire du génocide des Juifs et à celle de la création d'Israël en 1948. Pour Mahmoud Ahmadinejad, la shoah est un prétexte à l'existence d'Israël. Le président iranien a donc fait du négationnisme un axe stratégique, un instrument de propagande politique. En décembre 2006, l'organisation d'une « conférence internationale sur l'holocauste » réunissant une soixantaine de négationnistes, à Téhéran, montre officiellement l'émergence d'un négationnisme d'État. Robert Faurisson est un des acteurs de cette nouvelle donne. Il trouve dans ce pays un relais pour exprimer ses propos condamnables en France par la loi Gayssot ; une nouvelle terre d'accueil pour cet homme en manque de notoriété, en France, dès la fin des années quatre-vingt.

Depuis le début du XXIème siècle, Robert Faurisson est en train d'acquérir le statut d'historien officiel en Iran. On le retrouve "consultant" épisodique sur une chaîne de télévision iranienne ou présenté, dans un quotidien iranien, comme le "principal chercheur européen en matière de révision de l'Holocauste". Il peut également faire figure d'interlocuteur avec le président iranien. Par l'intermédiaire de Jawad Sharbaf, directeur général de l'Institut Neda des sciences politiques, Mahmoud Ahmadinejad demande à Robert Faurisson son aide pour l'organisation de la "conférence sur l'holocauste" à venir. En décembre 2005, Robert Faurisson reçoit cette lettre en provenance d'Iran :

"Monsieur le professeur, ( ...) Les récentes remarques du Président Mahmoud Ahmadinejad mettant en doute l' ''Holocauste'' ont créé une situation favorable au révisionnisme. À l'heure présente nous pensons qu'indubitablement le Président fera tout ce qui est en son pouvoir si vous prenez contact avec lui et lui demandez son assistance pour l'organisation d'une Conférence internationale sur le révisionnisme. Au cas où, à cet égard, vous auriez besoin de notre aide, n'hésitez pas à vous mettre en rapport avec nous. Nos meilleurs vœux vous accompagnent".

Cette histoire entre l'Iran et la France a commencé en 1987, au moment de la condamnation de Klaus Barbie à la réclusion criminelle à perpétuité. Le journaliste Edwy Plenel révèle dans Le Monde des liens entre Wahid Gordji (de l'ambassade d'Iran) et une librairie néonazie à Paris Ogmios. Il met au jour des convergences qui existent entre la révolution islamiste et l'extrême droite. L'attitude actuelle de l'Iran se situe dans la continuité. Elle expose des alliances, notamment entre les islamistes radicaux et certains qui se revendiquent « antisionistes ». Parmi eux figure Dieudonné M'bala M'bala. C'est le second point sur lequel il est nécessaire d'insister.

Car Robert Faurisson n'est pas venu seul à ce festival. Il est accompagné de quelques personnes dont l'ancien humoriste français. Celui-ci vient pour son film « L'Antisémite », présenté comme la "première comédie sur l'holocauste". Un producteur iranien en assure le financement. Cela fait un bon moment que Dieudonné M'bala M'bala dérive vers le négationnisme. Il suffit de se remémorer son spectacle de décembre 2008, au Zénith de Paris, lorsqu'il fait monter sur scène Robert Faurisson ou, encore, d'évoquer un de ses derniers spectacles, intitulé "Mahmoud", dans lequel il rend hommage au président iranien et fait état de quelques discussions avec son "copain Robert". Aujourd'hui, Dieudonné M'bala M'bala fait partie de l'entourage proche de Robert Faurisson. Leur rencontre a eut lieu par l'intermédiaire d'un troisième homme : Paul-Éric Blanrue. Ce dernier est central dans l'itinéraire de Robert Faurisson. Il est, en quelque sorte, à l'origine du retour de Robert Faurisson sur le devant de la scène de l'histoire du négationnisme. C'est par lui que se sont rencontrés Dieudonné M'bala M'bala et Robert Faurisson. Paul-Éric Blanrue s'impose également comme l'héritier idéologique du négationniste et vient de réaliser ce film à sa gloire, « Un Homme », mis en ligne fin septembre 2011 et traduit rapidement dans plusieurs langues. Cette sorte de documentaire hagiographique d'une heure et demi - qui devait être projeté à Téhéran - occulte bien des informations pouvant nuire à l'image imposée de Robert Faurisson dans ce film, celle d'"un homme à la fois simple et héroïque, qui parle de ses découvertes sans haine ni violence, avec sérénité et humour, en n'insultant personne (2)". Aujourd'hui, Dieudonné M'bala M'bala et Paul-Éric Blanrue sont indissociables de l'itinéraire du négationniste. Ils se chargent, à leur manière, de répandre sa propagande.

Robert Faurisson se retrouve au centre de cette nouvelle nébuleuse. Sa réputation a suffit pour l'y introduire. Il est devenu le "martyr" de la cause négationniste. Il est d'ailleurs conscient d'être instrumentalisé par ces hommes. Le point de ralliement de ces hommes est un « antisionisme » radical, paravent d'un antisémitisme déguisé, qui trouve aujourd'hui son aboutissement discursif dans le négationnisme. La dénonciation du "complot américano-sioniste", l'axe du mal, figure au centre de cette rhétorique.

(1) "Deuxième Conférence Internationale sur l'Hollywoodisme et le Cinéma Mondial à Téhéran : compte rendu de Marie Bruchet", Le Clan des Vénitiens.
(2) Propos de Paul-Éric Blanrue recueillis Par Rachid Guedjal pour Algerienetwork, Le Clan des Vénitiens.

Valérie Igounet est l'auteur de Robert Faurisson - portrait d'un négationniste à paraître chez Denoël le 15 mars.
© Huffington Post

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MIKE GODWIN: « ON NE PEUT PAS ACCUSER QUELQU'UN D'ÊTRE UN NAZI EN TOUTE DÉSINVOLTURE » (Internet)

Tu ne diras plus jamais « Lol » devant un #PointGodwin. Par Afifia Belabdoun

01/03/2012 - Sur StreetPress Mike Godwin inventeur de la loi du même nom est très sérieux: «Il y a un problème de responsabilité de la parole.» Car oui, avant d'être une vanne le point Godwin «doit responsabiliser chacun.» Prends ça la génération Y!

Bonjour Mike. Vous pouvez expliquer le concept de Loi Godwin ?
Cela correspond à la définition anglaise que j’en ai donnée et qui est reprise par Wikipédia à savoir: Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1. La probabilité de l’évocation du nazisme dans une discussion en ligne est de 100% en fait. J’ai remarqué lors de mes observations que c’est facile d’être vite en désaccord avec quelqu’un sur Internet: il n’y a qu’à voir ce qui se dit dans les forums pour s’en rendre compte. Et forcément au bout d’un moment, cela conduit certains à traiter leur interlocuteur de nazi, d’Hitler ou de faire une comparaison sur la seconde guerre mondiale. C’est ça la loi Godwin.

Vous voyez une différence entre la loi Godwin et le point Godwin ?
Je crois que la notion de « point Godwin » est née avec les francophones et est principalement utilisée par eux. Chez vous, le point Godwin a deux significations : Ou cela signifie que le niveau Godwin est atteint. Ou on décerne un « point Godwin » comme on donne un mauvais point. Les francophones s’amusent pas mal avec le « point Godwin » en imaginant donner un point virtuel à celui qui l’atteint. Mes fans francophones me disent que c’est de plus en plus fréquent dans les discussions.

Existe-t-il des points Godwin pertinents ?
Je ne sais pas exactement ce qu’il en est en France mais aux Etats-Unis, la référence au nazisme est souvent mentionnée dans le discours politique. Parfois c’est approprié, parfois ça ne l’est pas. Par exemple, quand les politiques parlent du génocide cambodgien ou rwandais, la comparaison avec la seconde guerre mondiale peut-être appropriée. En revanche, il y a des situations où la référence à la seconde guerre mondiale s’immisce dans le dialogue politique de façon démesurée ou hyperbolique. Dans ce cas là, il y a un manque de responsabilité dans le discours et la loi Godwin s’applique. L’utilisation sans fondement du nazisme ou d’Hitler dans la sphère politique reflète une certaine perte de repère, un chamboulement des perspectives politiques.

Sans Twitter le point Godwin se serait-t-il aussi popularisé ?
C’est un lieu d’échange très utilisé. Je possède un compte Twitter et je l’utilise tous les jours; j’ai des followers et je suis moi-même un follower donc j’observe les discours qui se tiennent. Il est évident que la limitation imposée par Twitter joue un rôle important dans le developpement l’expression. Ces réseaux où nous sommes contraints de parler vite et court modifient très certainement notre langage et notre rapport à la réalité. C’est un problème de responsabilité de la parole qu’il faut apprendre à mesurer. C’est une des raisons pour laquelle j’ai créé la Loi Godwin.

Le point Godwin n’est donc pas qu’une vanne ?
Le but que j’avais en 1990 en étudiant la loi Godwin - et que j’ai toujours- est de faire prendre conscience de la violence d’une telle comparaison. La loi Godwin est là pour rappeler que le recours facile à la caricature ne peut pas s’appliquer à certains événements dramatiques de l’Histoire. Ce que j’espère c’est responsabiliser chacun sur l’utilisation de la blague sur Hitler ou les nazis. C’est une façon de rendre les gens plus prudents, plus réfléchis dans l’utilisation d’une telle évocation historique. On ne peut pas accuser quelqu’un d’être Hitler ou un nazi en toute désinvolture.

Qui est Mike Godwin ?
A l’origine de La Loi Godwin, Mike Godwin est avant tout un avocat spécialiste du droit de l’Internet. Il a beaucoup travaillé sur les questions de hacking et de propriété intellectuelle, notamment à l’université de Yale. Mike Godwin est aussi connu pour son engagement auprès de plusieurs ONG, notamment pour le Open Source. Il a aussi été le chef du service juridique de Wikipédia entre 2007 et 2010.
© Street Press

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