« LES JEUNES EN LUTTE CONTRE LA
DISCRIMINATION RACIALLE,
LA XENOPHOBIE ET L’INTOLERANCE EN
AFRIQUE :
AFRICAINS
UNISSONS-NOUS ! ».
(KIGALI – REPUBLIQUE DU RWANDA
19-24 août 2001)
RAPPORT
Rapporteur Général :
Alexandre OWONA
Coordinateur de la Jeunesse d’Afrique au
Comité de
Coordination des ONG d’Afrique
Membre du Comité International de la Jeunesse
Représentant Permanent de la JECI
(Jeunesse
Etudiante Catholique Internationale)
aux Nations Unies et auprès des Organisations
Internationales
72 Rte des Acacias, 1227 Acacias – GE
Tel. : + 4122 800 34 63
Fax : + 4122 823 07 08
E-mail : alowon@hotmail.com
INTRODUCTION
Le présent
rapport fait état de la Participation de la Jeunesse Africaine à tout le
processus de la Conférence Mondiale Contre le Racisme, la Discrimination
Raciale, la Xénophobie et l’Intolérance qui y est associée tenue à Durban,
République d’Afrique du Sud. Il contient deux parties séparées : La
partie A fait priorité au Sommet
Panafricain de la Jeunesse tenue à Kigali République du Rwanda du 19 au 24
août 2001 et au suivi de la Conférence Mondiale Contre le Racisme au niveau de
la Jeunesse Africaine. La Partie B ne fera état que brièvement du Sommet
International de la Jeunesse qui a regroupé plus de sept cent cinquante Jeunes
venus de tous les continents du 26 au 27 août 2001 à Durban. Nous aborderons en
grande partie la participation de la Jeunesse Africaine et les conclusions des
différentes rencontres des Jeunes à
Durban lors de la Conférence Mondiale elle-même.
Ayant été longtemps tenu à l’écart du
processus préparatoire de la Conférence Mondiale Contre le Racisme, la
Discrimination Raciale, la Xénophobie et l’Intolérance qui y est associée, la
pleine participation de la Jeunesse Africaine s’est réalisée au Sommet
Panafricain de la Jeunesse tenu à Kigali République du Rwanda du 19 au 23 août
2001 et au Sommet Mondial de la Jeunesse à Durban du 26 au 27 août 2001 de même
qu’aux travaux qui ont suivi.
Le Sommet
Panafricain de la Jeunesse tenu à Kigali a permis à la Jeunesse Africaine de se
réunir, de partager les expériences, de se sentir solidaire les uns des autres,
de s’exprimer et de donner clairement sa position sur les différentes questions
de racisme, de discrimination, de xénophobie et d’intolérance qui minent
l’Afrique et le reste du monde. Cette étape s’est achevée par des propositions
concrètes traduites en Déclaration de la
Jeunesse Africaine pour la Conférence Mondiale de Durban en vue de lutter
contre le Racisme et toutes les formes de Discrimination, de Xénophobie et
d’Intolérance en Afrique et dans le monde.
L’étape de
Durban a permis aux Jeunes Africains de partager avec les Jeunes des autres
continents leurs réalités et leur vision en vue de prendre ensemble des mesures
concrètes qu’ils ont traduites dans la Déclaration
Internationale de la Jeunesse pour lutter contre le Racisme, la
Discrimination raciale, la Xénophobie et l’Intolérance dans le Monde.
A - SOMMET PANAFRICAIN DE LA
JEUNESSE
A.I - CEREMONIE D'OUVERTURE
A.II- TRAVAUX
I – L'IMMERSION
II – ATELIERS, PLENIERE ET EXPOSES
1 – EXPOSES
2 – ATELEIRS
A.III- CEREMONIE DE CLOTURE
A.IV- PREPARATION ET SUIVI RENCONTRES
A.V - DIFFICULTES
CONCLUSION
Dans le cadre de
la préparation de la Conférence Mondiale Contre le Racisme, la Discrimination
Raciale, la Xénophobie et l’Intolérance qui y est associée, il s’est tenu au
K.I.S.T (Kigali Institute of Sciences and Technology) de Kigali, République du
Rwanda, le Sommet Panafricain de la Jeunesse du 19 au 23 août 2001 sur le
thème : « Les Jeunes en
Lutte Contre la Discrimination Raciale, la Xénophobie et l’Intolérance en
Afrique : Africains Unissons-nous ! ».
Cette première et unique rencontre de la
Jeunesse Africaine, dans le cadre du processus préparatoire de la Conférence
Mondiale Contre le Racisme, la Discrimination Raciale, la Xénophobie et
l’Intolérance qui y est associée a réuni plus de 160 Jeunes Africains venus
d’Afrique et d’Europe.
Les travaux du
Sommet, sous le haut patronage du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la
Culture de la République du Rwanda, se sont déroulés en six (6) phases
importantes :
Ø
Séances Plénières ;
Ø
Visite des sites de génocide (Immersion) ;
Ø
Cérémonie d’ouverture ;
Ø
Travaux en Ateliers ;
Ø
Cérémonie de clôture ;
Ø
Soirées culturelles
A.I
CEREMONIE
D'OUVERTURE
Les travaux ont
été officiellement ouverts le 20 août 2001 sous la Présidence de Son Excellence M. Jean de Dieu MUCYO
Ministre de la Justice et des Relations Institutionnelles de la République du
Rwanda représentant le Premier Ministre Chef du Gouvernement et en présence de
Son Excel. Mme Angelina MUGANZA
Ministre du Genre et de la Promotion Féminine, de Son Excel. M. François NGARAMBE Ministre de la Jeunesse, Sport et
Culture, des Députés du Parlement et de nombreux invités. Cette séance
d’ouverture a été marquée par trois interventions :
Il s’agissait
tout d’abord pour l’Honorable Député Monsieur
Jean Marie Viannet GATABAZI Vice-Président du Conseil National de la
Jeunesse du Rwanda et Membre du Parlement (Représentant la Jeunesse) du
Rwanda, de souhaiter la bienvenue à
tous les Participants et de remercier en prime la Coordination des ONG
d’Afrique pour le choix de Kigali et ensuite le Gouvernement du Rwanda qui a
accepté la tenue de cet important évènement sur le sol Rwandais. Il a souligné
l'importance du Sommet pour les Jeunes Africains en général et pour la Jeunesse
Rwandaise en particulier. Il a formulé l'espoir de voir tous les participants
partager leurs expériences et communiquer d'un seul cœur dans un esprit d'Amour, de fraternité et de solidarité. Il
a invité les participants à être dignes des espoirs de la Communauté Africaine
tout entière. Il a clôturé son intervention en souhaitant bons travaux et bon
séjour à tous les participants.
Le deuxième
intervenant, Monsieur Alexandre OWONA,
Coordinateur de la Jeunesse Africaine, Membre du Comité de Coordination des ONG
Africaines et du Comité International de la Jeunesse, a tout d’abord au nom de
la Coordination des ONG d’Afrique, remercié tous les participants, pour avoir
répondu présents à l’appel de la Coordination des ONG d’Afrique dans le cadre
de la Conférence Mondiale. Il a ensuite invité l’assistance à observer une
minute de silence en mémoire de tous ceux qui sont morts injustement à cause de
la traite des noirs, de l’apartheid, du colonialisme, de la discrimination, de
la xénophobie et de l’intolérance. Il a ensuite remercié l’ONG Nord Sud XXI
pour son soutien à l’initiative de la Jeunesse Africaine. Il a fait état de
l’accueil et du soutien dont a fait preuve la mission diplomatique du Rwanda
aux Nations Unies à Genève, pour l’initiative du Sommet Panafricain de la
Jeunesse et remercié particulièrement le Gouvernement du Rwanda qui a accepté
d’accueillir et de soutenir le Sommet et surtout pour son attention
particulière accordée aux assises de Kigali. Il a souligné le fait que les
Jeunes en Afrique ont aussi le Droit d’être écoutés, le droit à la vie et le
droit d’espérer une vie meilleure tout comme ceux des continents développés. Il
a par ailleurs défini les deux types d’objectifs du Sommet :
Comme Objectifs
principaux, il en a défini cinq entre autres :
1-
Inciter et promouvoir la participation
des Jeunes Africains à la Conférence Mondiale ;
2-
Assurer un apport efficient des Jeunes
Africains à la dite Conférence ;
3-
Rattraper le retard de la non
implication de la Jeunesse Africaine au processus préparatoire ;
4-
Regrouper les Jeunes Africains pour
bâtir une réelle solidarité africaine fondée sur l’acceptation mutuelle, la
diversité, la tolérance, la justice, la fraternité et la paix ;
5-
Préparer le suivi de ladite Conférence
Mondiale Contre le Racisme.
Les Objectifs
particuliers étaient de six (6) :
1-
Réunir les Jeunes Africains pour
discuter ensemble des thèmes de la Conférence Mondiale dans leur cas spécifique
conformément à la résolution 52/111 de l’Assemblée Générale des Nations
Unies ;
2-
Intéresser, encourager et soutenir la
participation des Jeunes Africains qui se sont surtout sentis frustrés et
délaissés au cours du processus préparatoire ;
3-
Mettre les Jeunes Africains au même
niveau que ceux des autres continents sur tous les sujets de la Conférence
Mondiale ;
4-
Organiser les Jeunes Africains et les
mettre ensemble afin de célébrer leurs diversités, et partager leurs
expériences avant le Sommet Mondial de la Jeunesse, le Forum Mondial des ONG et
la Conférence Mondiale à Durban ;
5-
Préparer les Jeunes et les amener par
eux-même à effecteur un travail de fonds pour atteindre les objectifs de la
résolution 52/111 de l’Assemblée Générale ;
6-
Mettre les bases nécessaires pour les
Jeunes d’Afrique afin de s’engager aux
idéaux de l’ONU et de l’Union Africaine naissante pour combattre le fanatisme,
la haine, la xénophobie, les préjugés et toutes les formes d’intolérance et de
discrimination.
L’intervenant a exprimé toutes les attentes de la Coordination des
ONG d’Afrique (Comité de Pilotage) et de la Communauté Internationale pour les
assises de Kigali entre autres :
1-
Le partage franc et sincère des points
de vue et expériences sur les différentes questions de préjugés, de
discrimination et d’intolérance en Afrique ;
2-
L’expression des Jeunes, qui sont
l’avenir des peuples de la Région, sur leurs préoccupations à l’égard de la
montée des incidents de racisme, de fanatisme, de xénophobie et d’intolérance
en Afrique et dans le monde ;
3-
L’identification des défis de
l’Afrique par les Jeunes Africains et l’adoption des résolutions communes pour en faire face ;
4-
La proposition commune en forme de
recommandations concrètes et réalisables des Jeunes Africains, à l’Afrique et à
l’ensemble de la Communauté Internationale, pour résoudre les problèmes de
Racisme en Afrique et dans le monde ;
5-
L’adoption d’une déclaration commune
de la Jeunesse Africaine, à l’instar des autres régions, qui sera associée aux
travaux du Sommet Mondial de la Jeunesse et Présentée à la Conférence Mondiale
à Durban ;
6-
Assurer la dissémination des
informations sur le terrain en Afrique ;
7-
Préparer le terrain en Afrique pour
que les Jeunes se sentent concernés et s’impliquent comme agents de diffusion
et de promotion des résultats de la Conférence Mondiale contre le Racisme,
d’une part et comme principaux acteurs de lutte contre le fanatisme, la Discrimination Raciale, la Xénophobie et
l’Intolérance qui y est associée d'autre part ;
8-
En fin, mettre sur pied en Afrique le
réseau de la Jeunesse et des Organisations de Jeunes dans la Lutte Contre les
différentes formes de Discrimination.
Pour conclure son intervention, le
Coordinateur de la Jeunesse Africaine a affirmé qu'en venant au Rwanda, pays
qui a beaucoup souffert de crimes de génocides et d'intolérance diverses, et
qu'après avoir visité les sites de génocides, les Jeunes Africains ont espoir
que la Région des Grands Lacs en général et le Rwanda en particulier vont rapidement
faire taire les armes et les conflits pour faire place à un dialogue sincère
pour la paix et le développement de la région et tourner rapidement cette page
sombre de l'histoire de l'Afrique.
Le dernier
intervenant, Son Excel. M. Jean De Dieu
MUCYO Ministre de la Justice et des Relations Institutionnelles, Président de la Cérémonie, a apprécié l'honneur qui lui revenait de
procéder à l'ouverture officielle du Sommet Panafricain de la Jeunesse dont son
pays a le privilège d'abriter. Il a souligné le fait que ledit Sommet
s'inscrive dans le contexte d'un événement Mondial dédié aux même thèmes et qui
tiendra ses assises à Durban en Afrique du Sud en Présence des Chefs d'Etats et
de Hauts Responsables du Monde. Il a affirmé que la République Rwandaise
soutient la Conférence Mondiale de Durban et toutes les initiatives qui œuvrent
pour son succès, en l'occurrence les organisateurs du Sommet Panafricain. Il
leur a exprimé les sincères remerciements et les vifs encouragements du
Gouvernement Rwandais. Continuant son intervention, le Ministre a affirmé que
la Xénophobie, la discrimination raciale et l'intolérance sont "des mots clés qui expriment tous, les
tendances et pratiques divisionnistes et oppressives dont l'humanité a tour à
tour souffert et qui restent incontestablement les plus grandes contraintes à
la paix et au développement des Nations et des Peuples". Il a exprimé
le fait que les affres du dernier Génocide de l'humanité dont la particularité
a été son caractère fratricide restent encore présents dans les cœurs et
hantent toujours les esprits des populations des grands lacs et que le Rwanda
en a vécu tous les effets douloureux à la quasi indifférence
internationale. Il a poursuivi en
affirmant que le Rwanda sait de part des expériences vécues que "la xénophobie, Le racisme et l'intolérance
sont des contraintes absolues à toute entreprise de paix et de développement et
qu'il est du devoir des jeunes générations de les endiguer des doctrines et
pratiques quotidiennes dans le souci d'un avenir plus radieux auquel nous
aspirons tous". C'est donc
avec intérêt particulier que le Gouvernement Rwandais s'est joint aux jeunes
dans le Combat contre ces fléaux. L’intervenant a exhorté les Jeunes à aborder
avec sérieux et consistance les différents thèmes à traiter durant le Sommet.
Il les a ensuite invité à s'engager avec détermination et d'en faire désormais
leur raison de vivre en ayant toujours à cœur que le combat pour la Paix, le
Développement, et le Respect de la Dignité Humaine est vain sans les Jeunes et
que leur propre bien-être en dépend de façon absolue. Avant de prononcer la
phrase de l'événement, le Ministre a garanti au nom du Gouvernement d'Union
Nationale, vu la détermination qui animait les Jeunes et sans laquelle la tenue
du Sommet n'aurait été possible, que les conclusions et recommandations du
Sommet Panafricain seront prises en compte dans les futures concertations et
que le Rwanda en fera siennes. C'est après ces mots que le Ministre, Son Excel.
M. Jean de Dieu MUCYO a déclaré
ouverts les travaux du Sommet
Panafricain de la Jeunesse.
A.II LES TRAVAUX
Les travaux
proprement dits se sont déroulés en plusieurs phases entre autres l'immersion,
les ateliers, les plénières et deux Soirées Culturelles.
I
- L'IMMERSION
En ce qui
concerne l'immersion, les Jeunes sont allés sur le terrain. Ils sont entrés en
contact avec les populations et les réalités locales. Ils ont ainsi pu
expérimenter par eux-mêmes les conséquences des différentes formes de
Xénophobie, de Discrimination, de Racisme et d'Intolérance, par la visite des sites de Génocides dans
les banlieues de Kigali. La visite des sites de Génocides a constitué un temps
fort et important pour les différents participants qui ont, pour la plupart,
soit fait des signes de croix, soit passé un temps de silence et de méditation
à la vue du carnage et des différents ossements humains qui s'étalaient de part
et d'autres des sites.
Après cet
important événement, l'ambiance au sein des Jeunes a réellement changé et pris
une ampleur nouvelle et réelle d'engagement et de détermination à combattre
toutes les formes de discrimination, de racisme et d'intolérance. C'est dans le
même élan qu'ils ont abordé les différents travaux en Atelier.
II
– ATELIERS, PLENIERE ET EXPOSES
Les Jeunes ont
eu à travailler en huit Ateliers sur les huit thèmes suivants :
Ø
Droits de l’Homme, Droits des Minorités et Citoyenneté
Ø
Justice et Mesures Légales
Ø
Colonialisme et Occupation Etrangère
Ø
Santé et Environnement
Ø
Pauvreté et Economie
Ø
Education, Médias et Nouvelles Technologies de l’Information
Ø
Formes multiples de Discrimination et Intersection (Jeunes Femmes)
Ø
Traite des Esclaves, Réparations et Compensations
Ø
Formes multiples de Discrimination et Intersection (Jeunes Femmes)
Ces huit
ateliers ont constitué l’ossature du travail de fonds du Sommet Panafricain de
la Jeunesse.
1 – EXPOSES
Les travaux ont
été aussi enrichis par divers exposés qui permettaient aux Jeunes d’avoir des
éléments de pistes par rapport au thème
du Sommet Panafricain de la Jeunesse et aux objectifs à atteindre. C’est ainsi
que nous avons eu entre autres les interventions de :
v
M. Alexandre Owona sur l’Historique et
les Objectifs de la Conférence Mondiale Contre le Racisme, la Discrimination
Raciale, la Xénophobie et l’Intolérance qui y est Associée. Nous avons noté
entre autre que le Secrétaire Général de la Conférence Mondiale Contre le
Racisme est Mme Mary ROBINSON Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de
l’Homme. Dans chaque Région, il y a un Comité de Coordination des ONG et qu’il
y a un Comité de Coordination International des ONG. Il a fait état des différents efforts déployés par l’Organisation
des Nations Unies et ses Etats Membres pour lutter Contre le Racisme. De ses
deux interventions à ce sujet, nous avons noté que les deux précédentes
Conférences Mondiales à ce sujet ont eu un impact positif avec la fin du Régime
d’apartheid en Afrique du Sud. La Conférence Mondiale qui se tiendra à Durban à
eu de nombreuses rencontres préparatoires dans les différentes régions du monde
et trois Comités Préparatoires tenus à Genève, au niveau des Nations Unies.
Pour l’Afrique particulièrement, il y a eu la rencontre des Experts à
Addis-Abeba et la Conférence Régionale Préparatoire à Dakar sans compter les
Séminaires au niveau régional organisé conjointement par la JECI (Jeunesse
Etudiante Catholique Internationale) et Pax Romana, l’UIDH (L’Union Inter
Africaine des Droits de l’Homme) la RADHO (Rencontre Africaine des Droits
del’Homme), La Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et d’autres Organisations Non
Gouvernementales au niveau national. Le CERD
(Committee on the Elimination
of Racial Discrimination) en Français Comité pour l’Elimination de la
Discrimination Raciale mécanismes institué par les organes de
surveillance de l'application des traités (organe conventionnel) et de
nombreux experts et rapporteurs des Nations Unies sont à pied d’œuvre et
fournissent de nombreux efforts dans ce domaine. Il a fait état des différentes
résolutions des Nations Unies à cet effet notamment la résolution 52/111 de
l’Assemblée Générale des Nations Unies et le projet de résolution E.CN 2001/L9
présenté par le groupe des Etats Africains et adopté à l’unanimité par la
Commission des Droits de l’Homme de l’ONU à sa 57ème Session tenue à
Genève. Il a souligné le fait marquant de cette dernière résolution qui incite
toutes les composantes de la société humaine à participer au débat de la
Conférence Mondiale contre le Racisme et invite les Etats à inclure les
Délégués de Jeunes dans leurs Délégations Officielles tant aux travaux
préparatoires qu’à la Conférence Mondiale elle-même. L’intervenant a aussi
présenté les cinq Thèmes adoptés au premier Comité Préparatoire à Genève et les
sept (7) principaux objectifs de la Conférence Mondiale contre le Racisme entre
autres :
Objectifs :
·
Examiner les progrès accomplis dans la
lutte contre la discrimination raciale, de réévaluer les obstacles qui
s'opposent à de nouveaux progrès et de trouver les moyens de les surmonter;
·
Etudier les moyens de mieux garantir
le respect des normes en vigueur et des instruments mis en place pour combattre
la discrimination raciale;
·
Sensibiliser l'opinion publique aux
fléaux que sont le racisme et ses conséquences;
·
Formuler des recommandations concrètes
sur les moyens de rendre plus efficaces les activités et mécanismes des Nations
Unies dans le cadre de programmes visant à combattre le racisme, la
discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée;
·
Analyser les facteurs politiques,
historiques, économiques, sociaux, culturels et autres qui engendrent le
racisme;
·
Formuler des recommandations concrètes
pour l'adoption de nouvelles mesures aux niveaux national, régional et
international visant à combattre toutes les formes de racisme, de
discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée;
·
Elaborer des recommandations concrètes
pour garantir que l’Organisation des Nations Unies dispose des ressources,
financières et autres, dont elle a besoin pour combattre le racisme, la
discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associé.
Les thèmes inscrits à l’ordre
du jour provisoire de la Conférence Mondiale Contre le Racisme:
1.
Sources, causes, formes et
manifestations contemporaines du racisme, de la discrimination raciale, de la
xénophobie et de l'intolérance qui y est associée.
2.
Les victimes du racisme, de la
discrimination raciale, de la xénophobie et de l'intolérance qui y est
associée.
3.
Mesures en matière de prévention,
d'éducation et de protection visant à éliminer, aux échelons national, régional
et international, le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et
l'intolérance qui y est associée.
4.
Recours utiles, voies de droit,
réparation, [mesures d'indemnisation]
5.
Stratégies visant à instaurer
l'égalité intégrale et effective, notamment la coopération internationale et le
renforcement des mécanismes mis en place par l'Organisation des Nations Unies
et autres mécanismes internationaux pour lutter contre le racisme, la
discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée, et
suivi.
Pour Conclure,
l’intervenant a dit aux Jeunes, que le
Sommet auquel ils étaient conviés s’inscrivait dans cette optique et qu’il leur
revenait de voir eux-même comment, avec leur vision et le temps très court qui
leur est imparti, ils pourront aborder tous ces thèmes et formuler avec leurs
propres mots, la Déclaration de la Jeunesse Africaine qui sera associée à celle
des Jeunes des autres continents afin d’avoir une Déclaration Internationale
Unique de tous les Jeunes du Monde entier.
v
Mr Mohamed Adji Kella (Membre du Comité
International de la Jeunesse) qui est intervenu pour présenter le Comité
International de la Jeunesse, son historique et le Sommet Mondial de la
Jeunesse à Durban en Afrique du Sud. L’intervenant a souligné que l’idée était
d’abord celle des Jeunes qui se sont retrouvés au premier Comité Préparatoire
de la Conférence Mondiale à Genève en mai 2000. Ensuite, elle a pris de
l’ampleur et a été soutenue et développée par le Haut Commissaire des Nations
Unies aux Droits de l’Homme Mme MARY Robinson qui a créé pour cette
circonstance au sein du Secrétariat de la Conférence Mondiale une unité chargée
spécifiquement de la Jeunesse. C’est ainsi qu’elle a annoncé et soutenu la
tenue du Sommet Mondial de la Jeunesse qui aura lieu à Durban. Nous avons
retenu que le Comité International de la Jeunesse qui est l’organe de
coordination de la Jeunesse Mondiale était composé de trois Jeunes pour les
régions Amérique et Europe et de deux Jeunes pour les autres régions Afrique et
Asie. Deux Jeunes représentent le Comité International de la Jeunesse au Comité
Mondial de Coordination des ONG. Le Comité International de la Jeunesse (CIJ)
travaille en lien avec le Secrétariat de la Conférence Mondiale et la « Youth Task Team » (YTT) Comité National de la Jeunesse pour
l’Organisation de la Conférence Mondiale Contre le Racisme en Afrique du Sud. Ce sont ces deux
Comités (CIJ et YTT) qui sont chargés de l’organisation du Sommet Mondial de la
Jeunesse avec le soutien de Sangoco (South African National NGO Coalition) d’Afrique du Sud, sur le Haut Patronage du
Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme.
v
M. SIPHO MASUKU (Vice Président du
Conseil National de la Jeunesse d’Afrique du Sud et Président de la YTT) qui
est intervenu pour présenter la YTT d’Afrique du Sud et l’avancée des
préparatifs du Sommet Mondial de la Jeunesse à Durban contre le Racisme sur le
thème : «Unis Contre le Racisme, La
Vision de la Jeunesse». A ce sujet, il a présenté la YTT comme une
structure des Jeunes d’Afrique du Sud créée spécifiquement pour la Conférence
Mondiale Contre le Racisme à Durban. Elle est composée de nombreux Jeunes
indépendamment de SANGOCO et est chargée sur place en Afrique du Sud de
l’organisation matérielle du Sommet des Jeunes. En ce qui concerne
l’organisation du Sommet à Durban, l’intervenant a souligné que toutes les
dispositions sont prises par son Equipe et que l’Afrique du Sud était déjà
prête pour accueillir dès le 25 août tous les 500 Délégués de Jeunes qui se
sont annoncés et enregistrés de par le monde pour participer au Sommet Mondial
de la Jeunesse. Ce Sommet aura lieu du 25 au 26 août à l’Hôtel Holiday Inn
ELANGUENI à Durban qui peut contenir plus 600 Délégués Jeunes. A la question de
savoir si l’Equipe de la YTT peut encore recevoir de nouveaux Délégués de
Jeunes étant entendu qu’il y a toujours des retards d’inscription à ce niveau,
l’intervenant a dit qu’il ne revenait ni à lui ni à la YTT de décider des
enregistrements ou de l’acceptation de
nouveaux Délégués des Jeunes compte tenu du délai déjà dépassé. C’est la
Responsabilité du CIJ de commun avec la YTT compte tenu des places limités.
Mais il était convaincu que pour le cas particulier de l’Afrique, le Sommet se
déroulant en terre africaine, tous les Jeunes d’Afrique qui voudraient encore
participer au Sommet seraient les bienvenus.
v
Mr VINCENT KAREGA ( Président de la Commission Nationale de Lutte Contre la
Pauvreté, République du Rwanda) sur la Pauvreté et l’économie. L’intervenant a fait état de la situation
de la pauvreté dans le monde et en Afrique particulièrement. Nous avons noté
entre autres que l’Afrique est l’un des continents le plus endetté et le plus
pauvre. Causes : Manque entre autres de système institutionnels
stables ; d’organisation efficiente ; d’esprit de coopération et
d’entreprenariat dynamique ; de capacités techniques modernes ; de
civisme et de patriotisme. Causes Historique : Le colonialisme, perte
d’identité culturelle ; Ignorance. Mais qu’à côté de sa pauvreté et
de son endettement, le continent regorge d’innombrables ressources naturelles
souvent non exploitées dans certains cas, ou dans d’autres mal exploitées ou
surexploitées et les bénéfices nécessaires ne revenant pas équitablement à
l’Afrique, particulièrement à son peuple et aux Pays Africains qui croulent
sous le poids de la Dette. Solutions proposées entre autres : Bâtir des
Etats organisés ; Promouvoir des valeurs démocratiques et des Droits de
l’Homme ; Développer et renforcer les programmes économiques pour
permettre à tous de bénéficier des avantages liés aux économies
d’échelle ; Investir dans la promotion du secteur privé ; renforcer
le pouvoir judiciaire, Etc. L’intervenant a dit qu’il y a un rapport entre
l’économie et la pauvreté. Le fait pour l’Afrique d’être pauvre et endetté
aujourd’hui ne signifie pas pour autant que le continent soit condamné pour
toujours et qu’il ne peut plus se relever. Le continent a une population Jeune
qui constitue un élément important pour son développement futur. Il a invité
les Jeunes à se mettre résolument au travail sans se laisser abattre par les
statistiques alarmantes actuelles de l’Afrique. C’est aux Jeunes l’avenir
a-t-il dit, mais ils doivent déjà commencer par le bâtir dès à présent dans
leur quotidien dans un idéal de paix, de justice, de tolérance, d’amour, de
fraternité et de solidarité. Il n’y aura pas de développement véritable pour
l’Afrique tant que ces éléments du respect du prochain et de l’amour du travail
pour le développement des différents pays africains ne seront pas mis en valeur
a-t-il poursuivi. Il a conclut son intervention en invitant les Jeunes à mieux
s’organiser, à retrousser les manches et à se mettre résolument au travail pour
le développement de l’Afrique.
v
Mme FATOUMA NDANGIZA (Directrice de la
Promotion Féminine au Ministère du Genre et de la Promotion Féminine du Rwanda)
sur les Multiples formes de Discrimination et l’Intersection des Jeunes Femmes.
Elle a fait état des différentes formes de discrimination dont sont victimes
les femmes, les jeunes filles et les
différentes minorités au sein des populations. L’intervenante a par ailleurs
affirmé qu’en Afrique, de nombreuses
pratiques sont encore courantes et maintiennent les Jeunes filles et les femmes
dans une situation d’assistées. Ces pratiques sont discriminatoires à l’égard
du sexe féminin. Elles concourent à retarder le développement dans tous
les milieux dans lesquels elles existent.
Le sexe féminin a beaucoup d’atouts que la société tout entière doit pouvoir
en bénéficier. Quant on leur fait confiance, les jeunes
femmes, le sexe féminin tout simplement, sont capables d’accomplir des prodiges
autant que les hommes et souvent plus qu’on ne peut l’imaginer. Elle a poursuivi
son intervention en affirmant que l’heure du développement de l’Afrique a sonné et qu’il est temps aujourd’hui plus
qu’hier d’impliquer le sexe féminin à toutes les politiques de développement du
continent. Si toutes les forces vives du continent sont mises ensemble pour la même cause de paix et du développement en Afrique, alors le continent
pourra rapidement trouver les voix de sa prospérité. Elle a par ailleurs invité
les Jeunes filles à ne pas se laisser abattre par les discriminations. Il leur
appartient aussi de prouver au quotidien, par leur dynamisme, qu’on peut
compter sur elles. Elle a conclu son intervention en invitant les Jeunes à ne
pas suivre la voie de ceux qui ont pratiqué ou qui pratiquent la discrimination
à l’égard du sexe féminin et des minorités.
v
M. DAVID NYANSHAYIJA (Directeur de la Jeunesse au Ministère de la Jeunesse, Sport et
Culture) a axé son intervention sur le respect de la légalité et des
institutions. Pour l’Intervenant, sans le respect des institutions, sans
Justice, sans mesures légales et sans cadre Juridique dans lesquels toutes les
populations d’une communauté se sentent liés, c’est l’anarchie. Il a affirmé
que le Racisme, la Discrimination Raciale, la Xénophobie, la Haine et
l’Intolérance ne peuvent se bâtir que dans un environnement qui ne prend pas en
considération le respect de la dignité humaine. Ce genre d’environnement n’est pas celui du monde moderne. Pour
les Jeunes, a-t-il poursuivi, il est question de lutter pour le respect des
lois, de la vie, du prochain, des autorités et des institutions établies tant
dans sa propre communauté que dans les autres cadres de vie pour une bonne
harmonie dans la société. Les Jeunes en Afrique, doivent être des fers de lance
des Etats et promoteurs d’attitudes de tolérance, de paix et de solidarité. Ils
doivent aussi aider par leurs avis, les autorités à bâtir une société plus
Juste où toutes les composantes sociales se retrouvent et s’acceptent
mutuellement sans distinction. Une société moderne et humaine ne peut se bâtir sans
bonnes règles autour desquelles les individus sans distinctions de sexes,
d’ethnie ou de groupes se retrouvent et s’identifient. Il a enfin invité les
Jeunes Africains à être des promoteurs partout d’une paix fondée sur la
Justice, le respect de la légalité et des
Institutions et à mettre tout en œuvre pour que règnent autour d’eux la
Justice, l’égalité, la Dignité, la paix et la solidarité.
2 – ATELEIRS
En dehors de ces
différents exposés, les Ateliers étaient animés par les interventions des
différents participants qui ont permis aux Jeunes d’aller au-delà de leur
vision individuelle pour avoir une
vision plus globale et spécifique sur les différents sujets abordés. De
nombreux commentaires et débats ont été noté ; il en a été de même pour
les solutions préconisées par les différents participants. Les Jeunes ont ainsi
discuté selon les Ateliers, des points suivants :
Ø
COLONIALISME ET OCCUPATION ETRANGERE :
Les Jeunes ont
discuté sur les différentes formes d’occupation étrangères qui ont marqué le continent
Africain. Ils ont pu évaluer les différents apports et les conséquences de ces
différentes formes d’occupation. Les participants ont abordé les aspects
visibles de l’héritage colonial actuel qui est à l’origine des différentes
formes de discrimination observées non seulement en Afrique actuellement, mais
également dans le monde. Le colonialisme tel que pratiqué en Afrique, a été
qualifié par les participants, comme une violation flagrante des droits de
l’homme et considéré dans sa forme barbare de tuerie et d’assassinats comme un
crime contre l’Humanité. Dans son ensemble, il a été considéré comme une forme
institutionnelle d’exploitation des ressources naturelles et économiques dans
le cas spécifique de l’Afrique ;
Ø
JUSTICE ET MESURES LEGALES :
Les participants
ont analysé comment les lois et leur application affectent le développement des
Jeunes gens et les rapports humains dans la société ; les relations entre
les lois d’immigration, la xénophobie et le racisme, la Déclaration Universelle
des Droits de l’Homme et les autres instruments légaux de protection des
libertés individuelles et collectives. Ils ont analysé le rôle des tribunaux
modernes et les tribunaux traditionnels (traditional courts), le rôle de la
cour Internationale de Justice et les différences entre les lois et pratiques
selon les pays et régions.
Les participants
ont estimé que malgré l’avènement de la démocratie et la mise en place des
nombreuses structures démocratiques, des millions de personnes croupissent
encore sous le coup de l’injustice et de divers abus en Afrique. De nombreuses
injustices sont encore cautionnées par les lois ou les personnes en charge de
les faire appliquer. Suite à certaines coutumes et habitudes africaines, les
lois manquent encore des dispositions spéciales liées au genre, et aux droits des jeunes. Dans la majeure
des cas, l’injustice est une
conséquence de l’impunité qui caractérise beaucoup de sociétés. La
discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance institutionnelle
constatées dans certaines sociétés constituent en elles-mêmes des
manifestations de l’injustice.
Les Jeunes ont
condamné les pratiques des « kangaroo-courts »
( tribunaux Kangourou) « cours
Kangourou » en Afrique et l’impunité qui est dans la majeure des cas
responsable du pillage des ressources naturelles, économiques et culturelles du
continent Africain et aussi des différentes pratiques discriminatoires
observées de part et d’autres. Ils ont aussi demandé l’institution d’une cour
Africaine des Droits de l’homme et d’un observatoire Africain des pratiques
juridiques qui serait un organe de conseil dans la régularisation des pratiques
juridiques en Afrique.
Ø
SANTE ET ENVIRONNEMENT :
Les Jeunes ont
analysé la situation sanitaire en Afrique frappée par la pandémie du Sida. Ils
ont analysé les conditions d’accès aux différents soins de santé à la
recherche, la situation de pollution en Afrique et l’éco-tourisme. Ils ont
aussi réfléchi sur leur action et leur rôle pour éradiquer le SIDA en Afrique.
Ils ont estimé que le Sida n’est pas la seule maladie qui tue énormément en
Afrique. Il y a aussi le paludisme et dans certains milieux défavorisés, la
poliomyélite, la tuberculose. Ils ont fait état des autres maladies comme la
variole qui touche encore certaines couches sociales défavorisées et les autres
MST en milieu Jeunes. Ils estiment que la plupart des maladies en Afrique sont
d’abord le fait du manque de moyens financiers, tant des autorités que des
populations, qui ne peuvent dans la majeure des cas se procurer les différents
éléments nécessaires, tant pour la préventions des maladies que pour les cures
de celles-ci, ensuite par le manque d’application des règles élémentaires de
salubrité nécessaire à la prévention des différentes maladies.
S’agissant de l’environnement, les participants
ont estimé que l’Afrique est victime du déboisement caractérisé de sa forêt. Le
bois est de plus en plus coupé et exporté dans certains pays sans véritable
politique de reboisement pouvant compenser la perte de nombreuses essences
africaines. De même, l’Afrique n’est pas exempte des effets de la pollution de
son environnement ; La protection de l’environnement est dans la plupart
des cas reléguée loin des priorités des politiques de développement ; Tous
ces éléments constituent pour l’avenir, une contrainte majeure à l’amélioration
du bien-être des Africains.
Les participants
ont estimé que les autorités en Afrique, pour résoudre les problèmes de santé
dont fait face le continent, doivent maintenant plus que par le passé, affecter
plus de ressources (financières, matérielles et humaines) dans les domaines de
la santé et de la protection de l’environnement. Ils doivent, dans la même
lancée, promouvoir la coopération et le développement de la recherche
scientifique et technique.
Ø
DROITS DE L’HOMME, DROITS DES MINORITES ET CITOYENNETE :
Les Jeunes ont
analysé la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, les instruments de
promotion des Droits de l’Homme, le respect des droits de l’homme en Afrique,
le rôle des gouvernements dans la promotion des Droits de l’Homme et des
minorités et leur rôle dans la promotion des Droits de l’Homme. Pour la
citoyenneté, les Jeunes estiment que les règles constitutionnelles de chaque
Etat doivent définir clairement tous les contours liés à la Nationalité ;
elles ne doivent pas être édictées de manière subite, temporelle et arbitraire
dans le but d’écarter certains citoyens valeureux du pays. Ils ont estimé qu’en
dépit des efforts déployés par les différentes autorités et certaines
Organisations Non Gouvernementales, le
problème du respect et de la promotion des Droits Humains reste encore crucial
en Afrique surtout dans les territoires en conflits. Les participants ont
estimé que l’application des éléments de l’Etat de
droit et du droit en Afrique, ne doit pas bafouer les valeurs des traditions
positives africaines car, beaucoup d’éléments des cultures Africaines d’avant
et pendant la colonisation favorisaient le respect de la dignité humaine mieux
que les nombreuses pratiques actuelles qui concourent à la division et au
démembrement des structures sociales en Afrique. Pour leur contribution,
les participants ont estimé que les Jeunes ont aussi une contribution à
apporter surtout dans le cadre de la promotion des Droits Humains. En milieux
Jeunes, les Jeunes peuvent être les Meilleurs Agents de promotion et du respect
du Droit dans leur environnement, surtout s’ils sont écoutés, bien formés, encadrés et soutenus par les
autorités.
Ø
PAUVRETE, ECONOMIE ET GLOBALISATION :
Les Jeunes ont analysé la situation économique de l’Afrique et sa
position par rapport aux autres continents ; le rôle de l’OMC
(Organisation Mondiale du Commerce) ses accords et protocoles ; le rôle
des coopérations multilatérales dans le développement des pays en développement ;
le rôle des blocks régionaux et leur coopération dans le développement de
l’Afrique ; le rôle des ensembles économiques sous régionaux en
Afrique ; le rôle des Entreprises Multinationales dans le développement
des pays Africains ; Le rôle de la Banque Mondiale et du FMI (Fonds
Monétaire International) et leurs programmes d’ajustement structurels ;
les stratégies pour développer et
accroître les économies africaines pour un développement durable. Ils ont
estimé que l’Afrique, (chaque Etat Africain) est depuis les indépendances
victime d’un racisme et d’une escroquerie internationale caractérisée par la
surexploitation et le pillage de ses ressources naturelles ; l’extorsion
et le pillage de ses sculptures, objets d’art et patrimoine culturel ; le transfert de technologie qui n’a jamais
existé et son lourd endettement vis-à-vis de l’extérieur. Ils ont estimé que
l’Afrique est le continent dont les ressources naturelles nécessaires aux
économies des pays Développés surabondent et qu’il y a un paradoxe énorme entre
les richesses exploitées de l’Afrique et sa pauvreté ; la coopération et les
fonds annoncés pour les différents investissements et les investissements réels
en Afrique ; les textes et discours des institutions Financières
Internationales et les pratiques à l’égard de l’Afrique qu’ils ont estimées
discriminatoires. Ils ont estimé qu’aucun plan d’ajustement structurel ne s’est
produit en Afrique sans plonger les populations dans une nouvelle et profonde
misère et qu’aucun d’eux n’a réellement permis aux pays Africains de sortir de
la crise et de se développer. Ils ont salué la nouvelle initiative Africaine
dont ils attendent la manifestation concrète sur le terrain.
Ø
EDUCATION, MEDIAS ET NOUVELLES TECHNOLOGIES
DE
L’INFORMATION :
Pour
l’Education, les discussions des Jeunes ont porté sur l’accès à
l’éducation ; les politiques d’admission dans les Grandes Ecoles et
Université ; les politiques des langues pour l’éducation ; le
développement des programmes d’enseignement ; la participation conjointe
secteur public/secteur privé au financement de l’éducation. Pour les Médias,
les discussions ont porté sur les propriétés (Gouvernement, Entreprises
Multinationales, communautés locales)
leur impact sur l’environnement socioculturel et les mécanismes de
contrôle. Pour les Nouvelles Technologies de l’Information, les réflexions ont
porté sur le contrôle et la propriété, l’accès à l’information, le Droit à la
privatisation, l’accroissement et le développement de l’industrie des nouvelles
technologies. Les Jeunes ont estimé que
malgré les efforts déployés en Afrique, de nombreuses populations jeunes
restent encore sous scolarisées à cause
du manque de moyens financiers. Ils ont observé que l’accès de la jeune fille à
la formation n’est pas toujours assuré surtout lors des grossesses précaires en
cours de formation. Ils ont estimé que la politique des langues étrangères pour
la formation est bonne et permet de promouvoir les échanges extérieurs, mais
qu’il faut aussi promouvoir de manière institutionnelle à l’école et dans la
société, l’enseignement des langues locales et du patrimoine culturel. Ils ont
estimé qu’il est nécessaire de revoir les programmes de formation en Afrique et
de les adapter non seulement aux besoins de l’environnement international
actuel et futur, mais aussi aux réalités et besoins d’urgence en Afrique. Ils
ont estimé que l’enseignement obligatoire et gratuit doit être
institutionnalisé dans tous les Pays Africains jusqu’à l’âge de 16 ans et que
les Etats Africains doivent, plus que par le passé, développer, soutenir et
promouvoir une coopération régionale et multilatérale dans les domaines de la
formation, la recherche, les sciences et nouvelles technologies de
l’information, dans les buts de développer une solidarité régionale et
multilatérale en vue de réduire les écarts considérables qu’accuse le continent
dans ces domaines.
Pour les Médias,
les participants ont estimé que les médias publics et privés jouent un rôle
déterminant en Afrique. Mais dans certains cas, certains médias jouent un rôle
de promotion de certains groupes par rapport à d’autres, de division et
d’oppression des populations. Ils sont aussi utilisés à des fins politiques
inavoués et sèment souvent la division et la panique au sein des populations.
Ils ont estimé qu’il est nécessaire de
réorienter les différents médias pour qu’ils aient des codes de déontologie et
mettent à la disposition du public plus d’espaces réservés pour la promotion
des valeurs culturelles, de solidarité, de paix, d’acceptation mutuelle des
populations surtout dans les régions en conflit et que des mesures restrictives soient prises à l’encontre de
tous les médias qui contribuent à la promotion des idéaux de discrimination et
de haine. Les Jeunes ont estimé qu’au vue de la situation actuelle de
l’Afrique, il est nécessaire d’avoir un organe panafricain d’information
communautaire, qui puisse diffuser dans tout le continent et hors, dans les
différentes langues usuelles, les informations nécessaires contribuant à la
lutte contre toutes les formes de discrimination, et qui soit à même de
répondre aux différents besoins de l’Afrique en matière d’information.
Ø
FORMES MULTIPLES DE DISCRIMINATION
ET INTERSECTION (JEUNES FEMMES) :
Les discussions
ont porté sur le rôle de la culture et la tradition dans la discrimination ;
Le rôle de la religion dans la discrimination ; Le travail des
enfants ; Le droit à l’orientation sexuelle
(Homosexuels et
lesbiennes, trans-sexuels, bi-sexualité) ; Mauvaises pratiques culturelles
(Vérification de virginité, Excision, mariages traditionnels pour les
fille-enfants, circoncision non protégée) ; Xénophobie ( intégration dans
la société, droit à l’urbanisation, droit à l’éducation, droit à des
traitements médicaux). Les Jeunes ont estimé que certaines formes de tradition
dans les pratiques en Afrique sont à l’encontre de l’égalité entre filles et
garçon et qu’il convient de les rectifier partout où cela existe encore en
Afrique. Ils ont estimé que la religion doit aider à réunir les hommes et à
bâtir des sociétés de solidarité où règnent l’amour, la fraternité, l’égalité,
la Justice, la paix et le développement. Elle constitue une force morale ;
Elle doit aider l’humain à être en harmonie avec Dieu et son
environnement ; son rôle est fondamental pour lutter contre toutes les
formes de discrimination. Ils ont admis que de nombreux Jeunes et adolescents,
à cause de la pauvreté sont victimes du dôle de leurs parents par des Amis et
connaissances. Ces enfants se retrouvent dans divers trafics, dans la rue ou
dans des ménages où ils sont soumis à des travaux non rémunérés, au profit de
ceux qui les ont « acheté ». Ils estiment entre autres que les
autorités en Afrique, ne font pas suffisamment d’efforts pour prémunir ces
adolescents et les Jeunes de ce genre de situation. Ils ont fait état de
mauvaises pratiques culturelles dans certaines régions qui obligent les jeunes
filles et adolescentes à se marier. S’agissant de l’orientation des pratiques
sexuelles (bi-sexualité, trans-sexuels, Lesbiennes et Homosexualité), ils ont
affirmé que c’est de plus en plus observée dans certains pays en Afrique mais
que ces pratiques ne sont pas africaines et que dans certains milieux, elles
sont considérées comme une malédiction. D’autres pratiques comme l’excision ou
les vérifications de virginité des Jeunes filles qui les soumettent souvent à
des humiliations diverses ont été dénoncées. Ils estiment que les Autorités
Africaines doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour bannir toutes
les mauvaises pratiques culturelles et discriminatoires à l’égard de la Jeune
fille et développer des politiques qui contribuent à la promotion de l’égalité
entre filles et garçons pour mettre à profit et à la disposition de la société
africaine toutes les capacités productives de la Jeune femme Africaine. Ils ont
estimé par ailleurs que la Xénophobie est une forme de discrimination résultant
de nombreuses carences dans l’organisation du système social (intégration,
citoyenneté, éducation, accès aux soins, partage du revenu et des biens d’un
pays) ; dans certains cas, elle revêt une forme culturelle. Il appartient aux
Etats de mettre sur place des mesures et mécanismes de persuasion et de
prévention contre toutes les attitudes xénophobes et discriminatoires.
Ø
TRAITE DES ESCLAVES, REPARATIONS ET COMPENSATIONS :
Les Jeunes ont discuté sur la traite des
noirs, le trafic des enfants, le trafic des Jeunes Filles pour la
prostitution ; l’esclavage, le rôle des Arabes dans l’esclavage, le rôle
des forces occidentales dans l’esclavage, les formes d’esclavage au mali et à
Madagascar ; Les compensations (cas africains-Américains) et Les
réparations. Ils ont estimé que les conséquences dues à l’esclavage et au
colonialisme sont : la discrimination, la xénophobie, la vente des enfants
pour le trafic sexuel, la pauvreté et le lourd endettement de l’Afrique.
Sur le trafic
des enfants et des jeunes filles, les participants ont admis qu’en Afrique, de
nombreux enfants, pour des raisons de pauvreté, sont vendus et achetés en vue
de prostitution, de pornographie, de travail forcé ou sont recrutés pour des
conflits armés. Ils ont estimé que ce fait n’est pas très différent de
l’esclavage et que toutes ces pratiques doivent être énergiquement combattues
par les autorités africaines à tous les niveaux afin de permettre à tous les
jeunes africains d’espérer un avenir décent. Ils ont invité les
autorités Africaines à tout mettre en oeuvre pour que leurs différents Etats
ratifient la Convention internationale sur les droits des enfants, par contre,
pour ceux qui l’ont déjà fait, de déposer les instruments de ratification des
deux protocoles à la Convention des droits de l'enfant adoptés par l'Assemblée
générale des Nations Unies du 25 mai 2000. Ceci permettra d’une part de lutter
efficacement contre la vente d'enfants ou de leurs organes, leur prostitution,
le travail forcé, leur exploitation par la pornographie, et d'autre part le
recrutement avant 18 ans pour les conflits armés().
S’agissant de l’esclavage, les participants
ont estimé que l’Afrique a subi des préjudices énormes à cause de l’esclavage
et la colonisation ; ces différents faits historiques se répercutent
encore de nos jours dans les pratiques au niveau des relations internationales
avec l’Afrique et de tous les descendants africains. L’esclavage et la
colonisation ont été condamnés et considérés comme crimes contre l’humanité qui
méritent des réparations pour les fils des Descendants-Africains déportés en
Amérique et ailleurs et des compensations pour les pays Africains. A ce stade,
ils ont estimé que ceci doit engager la communauté internationale
particulièrement les pays qui ont bénéficié de l’esclavage et de la
colonisation, à soutenir efficacement la nouvelle initiative africaine dans ses
différents projets d’investissement dans l’économie Africaine. Ils recommandent
aux Gouvernants Africains d’adopter des politiques appropriées d’éducation
fondée sur l’environnement de l’Afrique et la solidarité pour lutter contre
toutes les formes de dépendance vis-à-vis de l’extérieur, le recours aux
valeurs positives africaines (le partage équitable des ressources). Ils ont
enfin demandé la mise sur pied par les Etats Africains d’une Commission
d’Experts qui sera chargée d’inventorier toutes les victimes de l’esclavage et
de la colonisation et d’évaluer les préjudices et pertes subies par l’Afrique
de même que les différentes conséquences pour l’Afrique afin de demander et
obtenir équitablement réparations.
Les différents Ateliers étaient respectivement animés
par :
Ø
Droits de l’Homme, Droits des Minorités et Citoyenneté
v
ANIMATEUR : Mr MOHAMED HADJI KELLA
(Membre du Comité
International de la
Jeunesse)
v
RAPPORTEUR :
Ø
Justice et Mesures Légales
v
ANIMATEUR : Mr NYANSHAIJA DAVID
(Directeur de la Jeunesse au
Ministère de la Jeunesse,
de l’Environnement et de
l’Hygiène Publique)
v
RAPPORTEUR :
Ø
Colonialisme et Occupation Etrangère
v
ANIMATEUR : Mr SIPHO MASUKU
(Vice-Président du Conseil
National de la Jeunesse
d’Afrique du Sud et Président du
Comité National
d’Organisation de la Jeunesse d’Afrique
du Sud pour la Conférence
Mondiale Contre le Racisme)
v
RAPPORTEUR :
Ø
Santé et Environnement
v
ANIMATEUR : Sœur GISELE
MONGISELE( Religieuse Communauté des Sœurs de Don BOSCO)
v
RAPPORTEUR : KANYANGE
Angélique
Ø
Pauvreté et Economie
v
ANIMATEUR : Mr VINCENT KAREGA (Président de la Commission
Nationale de Lutte
Contre la Pauvreté, République du Rwanda)
v
RAPPORTEUR :
Ø
Education, Médias et Nouvelles Technologies de l’Information
v
ANIMATEUR : Mr MOHAMED HADJI KELLA (Membre du Comité
International de la Jeunesse)
v
RAPPORTEUR :
Ø
Formes multiples de Discrimination et Intersection (Jeunes Femmes)
v
ANIMATEUR : Mme FATOUMA NDANGIZA
( )
v
RAPPORTEUR :
Ø
Réparations et Compensations
v
ANIMATEUR : Mr ALEXANDRE OWONA
(Coordianteur de la Jeunesse
Africaine, Membre du Comité de Coordination des ONG d’Afrique
et du
Comité International de la Jeunesse)
v
RAPPORTEUR : Sœur GISELE MONGISELE(Communauté des Sœurs
de Don BOSCO)
III
- SOIREES CULTURELLES
Tout au long des
travaux, les participants au Sommet Panafricain de la Jeunesse ont bénéficié de
deux soirées culturelles. La première a eu lieu le 20 août et la seconde le 23
août au soir. C’est ainsi qu’il y a eu des groupes de danse traditionnelle,
invités par les autorités locales en l’honneur des participants au Sommet
Panafricain de la Jeunesse, les prestations théâtrales et une partie de danse
organisée par les participants eux-même.
Ces deux soirées
ont été, pour les Jeunes, l’occasion de redécouvrir la richesse artistique et
culturelle du Rwanda d’une part, et d’échanger dans la diversité culturelle des
différents groupes d’autres part.
A.III
CEREMONIE DE CLOTURE :
En raison des
différentes activités et du chevauchement des différents évènements, la
cérémonie officielle de clôture qui devait avoir lieu le 23 août au soir a été
ramenée dans la soirée du 22 août. C’est finalement le 23 août au soir, que les
différents participants se sont séparés.
Quatre
interventions ont marqué la cérémonie de clôture. La Déclaration Finale
(ci-joint au présent rapport) et trois interventions entre autres celles du
Président du Conseil National de la Jeunesse du Rwanda, du Coordinateur
Panafricain de la Jeunesse et enfin du Ministre de la Jeunesse, Sport et
Culture de la République du Rwanda, Président la cérémonie en présence de
nombreux invités.
Lors de son
intervention, le Président du Conseil National de la Jeunesse, l’Honorable M. John Rusimbi Membre du
Parlement (Représentant la Jeunesse) du Rwanda a apprécié les efforts,
l’engagement et la détermination dont
ont fait preuve tous les participants au Sommet Panafricain de la Jeunesse. Il
a ensuite remercié le Gouvernement de son pays, le Rwanda qui a montré aux
Jeunes d’Afrique qu’il était à l’écoute de la Jeunesse Africaine. Il a en fin
remercié la Coordination des ONG d’Afrique et tous ceux qui l’ont soutenu, pour
tous les efforts déployés afin que la Jeunesse en Afrique puisse se réunir et
discuter des thèmes de la Conférence Mondiale Contre le Racisme d’une part, et
des problèmes de discrimination, de xénophobie et d’intolérance qui nuisent à
la paix et au développement de l’Afrique en ce début du troisième millénaire
d’autre part. Il a clôturé son intervention par le vœux de voir enfin les fils
de l’Afrique vivre solidairement dans la paix et la concorde.
Le second
intervenant, M Alexandre OWONA
Coordinateur de la Jeunesse d’Afrique, dans un élan d’optimisme qu’inspirait le
Sommet a remercié les Autorités Rwandaises, le Peuple Rwandais, sa Jeunesse et
tous ceux qui ont aidé de près ou de loin à la réalisation du Sommet. Il a
invité les Jeunes à prendre au sérieux leur place dans la Société et à
veiller pour ne pas tomber dans les pièges de la facilité. Il les a enfin invité à se prendre en main eux-même et à bâtir des
chaînes de solidarité et de fraternité pour lutter contre toutes les formes de
discrimination et d’intolérance afin que règne la paix en Afrique. Il a annoncé
le choix fait par les Jeunes d’Inviter Son Excellence Mr Paul KAGAME Président
de la République du Rwanda à participer à la Clôture du Sommet International de
la Jeunesse à Durban. Il a souhaité que la clôture du Sommet Panafricain ne
soit que le début de la longue lutte de la Jeunesse africaine pour la paix et
le développement du Continent (Intervention ci-jointe en annexe).
Le troisième
intervenant, Son Excellence M. François
NGARAMBE Ministre de la Jeunesse, Sport et Culture, a fait état des
différents thèmes abordés par les participants. Le Ministre a par la suite
salué tous les efforts déployés et tenu enfin à féliciter tous les participants
pour le travail assidu accompli. Il a déclaré que le Gouvernement Rwandais est
fier de la contribution de la Jeunesse Africaine à la réussite de la Conférence
Mondiale Contre le Racisme, la Discrimination Raciale, la Xénophobie et
l’Intolérance qui y est Associée. Il a souligné qu’au Rwanda, « il
est devenu une habitude et même une obligation morale des dirigeants de faire
participer les Jeunes à des débats d’ampleur nationale et universelle. Ceci
pour leur permettre de s’impliquer activement comme citoyens, dans les
défis actuels du développement
économique, social et humain et faire entendre leur voix dans les organes de
prise de décision. » C’était dans sa ligne et politique pour la Jeunesse,
a t-il poursuivi, que le Gouvernement d’Union Nationale du Rwanda a cautionné
la tenue du Sommet Panafricain de la Jeunesse et c’est aussi avec intérêt qu’il
accueille les résolutions qui en découlent. Il a souligné qu’il était
impératif, vu l’importance des sujets traités dans les différents Ateliers, que
chacun reste le porte-parole du Sommet et reste fidèle à l’idéal de paix auquel
tous venaient collectivement de s’engager et que de ce pari, dépendent la
sécurité de millions de vie humaines et la prospérité des différentes Nations
respectives. Le Ministre a affirmé qu’il faudra, pour relever les nombreux
défis qui nous sont désormais lancés, aller au-delà du cadre de la Conférence
Mondiale Contre le Racisme à Durban, et traduire les résolutions en projets et
programmes d’actions pour les Jeunes que les participants représentent et qui
attendent de bénéficier d’eux les expériences partagées au Sommet. Il a réitéré l’engament du Gouvernement du
Rwanda pour le suivi et la concrétisation des souhaits et des initiatives
futures de la Jeunesse Africaine. Avant de clôturer son intervention, le
Ministre a remercié la Coordination des ONG d’Afrique à travers ses Délégués,
de leurs efforts pour la tenue du Sommet à Kigali et le dynamisme dont ils ont
fait preuve durant les travaux et émis le vœu que leur combat pour l’Afrique et
pour la Paix puisse servir de modèle à la Jeunesse du Rwanda et d’Afrique
(Intervention ci-jointe en annexe).
A.IV- PREPARATION ET SUIVI (RENCONTRES)
Pour la préparation du Sommet Panafricain de
la Jeunesse, nous avons eu l’opportunité en août, de rencontrer le Président
Ahmed BEN BELLA Ancien Président de la République d’Algérie et Président en
exercice de l’ONG Nord Sud XXI. Au cours de l’entretien fructueux que nous
avons eu, il a soutenu le projet du Sommet et promis d’apporter tout son
soutien au suivi des conclusions du Sommet Panafricain de la Jeunesse. Nous
avons également rencontré de nombreux Ambassadeurs Africains qui ont apprécié l’idée du Sommet et l’ont
encouragé.
En marge de la Conférence Mondiale Contre le
Racisme à Durban, nous avons été reçus par Son Excellence Mr Paul KAGAME
Président de la République du Rwanda qui s’est dit particulièrement marqué par
les travaux des Jeunes lors du Sommet Panafricain de la Jeunesse à Kigali qu’il
a suivi de près, avec attention tout comme son Gouvernement. Prenant les
conflits dans son pays et la région des Grands lacs comme un exemple des
conséquences de la Discrimination, de l’intolérance et du non-respect des
droits de l’homme qui ont marqué l’Afrique lors de ces dernières années, Il
s’est dit particulièrement satisfait des travaux des Jeunes à Kigali et de leur
vision pour la lutte Contre toutes les formes de discrimination et
d’intolérance en Afrique et dans le monde. Il a accepté le choix fait par les
Jeunes à Kigali de faire de lui l’un de leurs Ambassadeurs de bonne volonté. Au
cours de l’entretien, nous lui avons présenté les différentes perspectives de
la Jeunesse au niveau de l’Afrique pour la Conférence Mondiale Contre le
Racisme et son suivi. Il a remercié la disposition de la Jeunesse Africaine
pour son élan de solidarité à l’égard des Leaders Africains dans la recherche
de la Paix et du développement du continent. Il a promis d’apporter tout son
soutien aux conclusions des Jeunes à Durban et après, et d’appuyer plus encore
leurs initiatives qu’il a trouvées remarquables pour la paix et le
développement en Afrique et dans le monde. Il a enfin dit qu’il attend
particulièrement toutes les conclusions des Jeunes et qu’il reste à leur écoute
pour toutes les questions des droits de l’homme et du suivi de la Conférence
Mondiale telle que nous les lui avons présentées.
Aux Présidents Ahmed BEN BELLA et Son Excellence Paul KAGAME, nous avons
promis de remettre personnellement les
conclusions des travaux de la jeunesse Africaine après la Conférence Mondiale
Contre le Racisme.
Pour le suivi de la Conférence Mondiale Contre le
Racisme, la Discrimination Raciale, la Xénophobie et l’Intolérance qui y est
associée, les Jeunes au Sommet Panafricain de la Jeunesse à Kigali ont décidé
de la création du Forum Jeunesse de l’Union Africaine (Ci-Joint en annexe les
Objectifs et Buts du Forum). Cette
Décision a été concrétisée à Durban par l’élection des Membres du Comité de
Coordination.
A.V - DIFFICULTES
Les travaux du Sommet Panafricain de la
Jeunesse qui devaient au préalable se dérouler du 18 au 24 août n’ont fait que
Cinq jours du 19 au 23 août à cause du manque de moyens financiers dont
l’organisation a eu à faire face.
De même, de nombreux Jeunes des pays
africains, bénéficiaires des bourses des Nations Unies à travers le Haut
Commissariat aux Droits de l’Homme, qui devaient s’y rendre, n’ont pas eu les
moyens souhaités. Les différentes informations nécessaires concernant leurs
déplacements ne leur ont pas été fournies comme prévu. Malgré les dispositions
prises pour leur accueil et hébergement à l’occasion du Sommet à Kigali, les
moyens promis ne leur ont pas été fournis pour participer au Sommet. En guise
de solidarité à tous ceux-là, les participants au Sommet Panafricain de la
Jeunesse ont convenu de rouvrir la Déclaration Finale de Kigali au débat à
Durban.
CONCLUSION
En conclusion
des travaux, les Jeunes au Sommet Panafricain de la Jeunesse à Kigali, sur le
thème : « Les Jeunes en Lutte
Contre la Discrimination Raciale, la Xénophobie et l’Intolérance en
Afrique : Africains Unissons-nous ! », ont tracé les voies,
pour le suivi de la Conférence Mondiale Contre le Racisme, au niveau de la
Jeunesse Africaine, par l’annonce de la création du Forum Jeunesse de l’Union Africaine et par leur Déclaration finale
qu’ils ont appelé La Déclaration de La
Jeunesse Africaine Contre Le Racisme, la Discrimination Raciale, la Xénophobie
et l’Intolérance qui y est Associée
(DECLARATION DE KIGALI ci-jointe).
L’étape de Kigali a permis de mieux
sensibiliser la Jeunesse, les autorités et l’opinion publique africaine dans
son ensemble sur la nécessité de l’implication de la Jeunesse africaine au
processus de la Conférence Mondiale Contre le Racisme d’une part et au
processus de prise de décisions sur les sujets qui affectent directement les
Jeunes en Afrique d’autre part. Nous sommes convaincus que cette
sensibilisation n’est pas suffisante et qu’il faut encore fournir beaucoup
d’efforts pour atteindre cet objectif.
Ces
assises ont aussi permis de regrouper les Jeunes Africains pour bâtir
une réelle solidarité africaine fondée sur l’acceptation mutuelle, la
diversité, la tolérance, la justice, la fraternité et la paix. Elles ont ainsi
permis de préparer le suivi de la Conférence Mondiale Contre le Racisme, la
Discrimination Raciale, la Xénophobie et l’Intolérance qui y est associée.
Nous espérons que tous les efforts déployés,
pour permettre à la Jeunesse africaine de prendre activement part (à l’instar des Jeunes des autres continents),
aux différentes activités de la Conférence Mondiale Contre le Racisme d’une
part et d’autre part, de prendre en main sa participation active et responsable
dans les différentes activités futures tant en Afrique que dans le monde
porteront de bons fruits.
Aussi vraie que l’avenir de l’Afrique doit
commencer à se bâtir maintenant dans tous les domaines, nous avons surtout
espoir que la Jeunesse Africaine qui est l’Afrique de demain, sera considérée à
sa juste valeur, par les différentes autorités africaines et non africaines.
Ceci implique par conséquent, que les Jeunes Africains ne seront plus
considérés par les instances de décision et dans les différentes politiques
comme les citoyens de seconde zone, que la Jeunesse africaine ne sera plus
marginalisée voir même ignorée comme cela a été jusque-là le cas lors de la
CMCR. Cela implique finalement qu’avec
ce nouveau millénaire, la nouvelle ère
de la bonne gouvernance et les défis nouveaux dont doit faire face l’Afrique,
la Jeunesse Africaine sera de plus en plus soutenue, encouragée, impliquée et
associée aux différents processus de prise de décision en Afrique et dans le
monde.
Les Jeunes en Afrique ont besoin des
autorités africaines pour se créer des espaces d’expression et d’affirmation de
leurs convictions pour construire un avenir stable et prospère en Afrique.
Autant que les Jeunes, les Autorités Africaines ont besoin de la Jeunesse et de
la société civile africaine dans son ensemble pour mettre en place en
Afrique, des politiques économiques et sociales viables et stables garantissant un avenir
meilleur à tous, sans discrimination et contribuant efficacement au
développement durable du continent. Nul ne peut efficacement évoluer et
prospérer dans ce monde de globalisation sans l’appui et le soutien de l’autre.
L’Afrique a besoin aujourd’hui plus que par le passé d’une solidarité sans
faille d’abord en son sein, c’est de-là que pourra lui être bénéfique tout
apport extérieur pour sa prospérité et son développement durable. Nous pourrons
ainsi dire que l’heure de «l’Afrique véritable famille humaine » a sonné
afin qu’elle tourne définitivement la page sombre de son histoire jonchée de
conflits de tout genre.
L’Afrique de ce troisième millénaire a
besoin que tous ses filles et fils se mettent ensemble, soient unis, et
travaillent ensemble dans ce vaste chantier pour la reconstruire et la faire
rayonner au milieu des autres continents. Les Jeunes autant que les différentes
autorités africaines ont de nombreux
défis à relever chacun selon son secteur d’activité. Il nous
appartient à tous de mesurer nos différentes responsabilités et de prendre les
mesures nécessaires qui s’imposent. Dans le nouveau contexte actuel, Il n’y
aura pas de paix durable et de prospérité véritable pour l’Afrique tant que toutes les composantes sociales en
Afrique ne seront pas écoutées,
considérées à leur juste valeur, respectées et associées aux différents
processus de construction du vaste chantier africain.
La Jeunesse africaine a déjà marqué son
appui aux différentes initiatives contribuant à l’unité, la paix, la
prospérité, la solidarité et le développement de l’Afrique ; sa Déclaration,
son action et finalement sa participation active lors de cette Conférence
Mondiale Contre le Racisme ont largement démontré ses capacités et ses choix.
La Jeunesse Africaine a finalement, pour marquer son temps, la nouvelle aire et
ses ambitions, créé le Forum Jeunesse de l’Union Africaine. Ce Forum n’aura ses
effets réels que si tous les Pères de l’Afrique ont une considération véritable
pour leurs fils, leur peuple, la liberté, la démocratie, pour leur Jeunesse et
pour les différents choix de celle-ci ; elle ne pourra donc vivre aisément
et répondre à ses missions que si elle bénéficie du soutien et de l’appui de
tous.
Nous ne saurons
conclure le présent rapport sans remercier, au nom du Comité de Coordination
des ONG d’Afrique et de toute la Jeunesse Africaine, tous ceux qui ont répondu
aux différents courriers envoyés pour la tenue dudit Sommet et tous ceux qui
nous ont aidé ou soutenu à quelque niveau que ce soit, pour sa réalisation
effective.
Faut-il le
rappeler, le Sommet Panafricain de la Jeunesse tenu à Kigali a été la seule
rencontre de la Jeunesse au niveau de l’Afrique, où les Jeunes d’Afrique ont
réellement discuté, avec leur propre vision et langage de Jeunes, des
différents thèmes de la Conférence Mondiale Contre le Racisme et donné leur
contribution dans les efforts internationaux de lutte contre le racisme. Sans
cette rencontre, la Jeunesse Africaine serait arrivée sans contribution au
Sommet International de la Jeunesse tenu à Durban en Marge de la Conférence
Mondiale. Enfin, sans les assises de Kigali, l’Afrique aurait été une fois de
plus le seul continent qui n’ait pas pu regrouper sa Jeunesse, conformément au
projet de résolution E.CN/2000/L9, présenté par le Gouvernement du Kenya, au
nom du groupe des Etats africains et adopté par consensus lors de la 57ème Session de la
Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies.
Le Sommet Panafricain de la Jeunesse, tenu à
Kigali, a permis aux Jeunes d’Afrique non seulement de mettre des bases réelles
de paix, d’acceptation mutuelle, de développement et de solidarité pour le
futur du continent, mais aussi de prendre part activement aux efforts de la
communauté internationale dans la lutte Contre le Racisme, la Discrimination
Raciale, la Xénophobie et l’Intolérance qui y est Associée.
Au nom de la
Coordination des Organisations Non Gouvernementales d’Afrique, nous tenons tout
particulièrement à remercier le Gouvernement Rwandais qui est allé au-delà de
ses promesses. Sa participation à l’appui de la réalisation de la rencontre
nous a fait comprendre que, malgré le manque de moyens dont fait face
l’Afrique, les Responsables Africains peuvent toujours, s’il y a de la bonne
volonté et la détermination, marquer de
bons points pour la paix, la solidarité et le développement de la région. Nous
remercions aussi l’organisation Non Gouvernementale Nord Sud XXI pour son
soutien au projet du Sommet Panafricain de la Jeunesse et son suivi.
Le suivi de la
Conférence Mondiale Contre le Racisme est aujourd’hui, plus que par le passé,
d’actualité après les évènements qui ont marqué le monde le 11 septembre
dernier. Puisse tous les Responsables, politiques, économiques, sociaux,
culturels et religieux à tous les niveaux, comprendre cette nécessité et
répondre avec tact aux grands défis qui interpellent le monde contemporain.