LE
CAUCUS EUROPÉEN
Erika
Harriford
Human Rights Advocates
Mesdames, Messieurs,
C’est avec un grand plaisir mais aussi
avec une sincère tristesse que je vous parle aujourd’hui de la mise à mort du
Caucus des ONGs européennes au cours de la Troisième
Conférence Mondiale Contre le Racisme, la Discrimination raciale, la Xénophobie
et l’Intolérance qui y est associée. Cette Conférence devait être le lieu où l’intégrité, la candeur et
les principes démocratiques contribueraient à promouvoir la justice pour toutes
les victimes du racisme et de la discrimination. Mais, comme vous allez
l’entendre, nous avons vu le contraire, - la malhonnêteté, la manipulation et
le refus de voir sa propre capacité à être discriminatoire et sectaire étaient
générales - permettant ainsi le démantèlement d’un des plus forts et plus
productifs caucus de Durban - le Caucus Européen.
Histoire du Caucus Européen
Le Caucus des ONGs Européennes fut créé en
mai 2001 pendant la Deuxième Réunion préparatoire pour la Conférence. Ce Caucus
était très diversifié - politiquement, culturellement et ethniquement - et
composé d’ONGs nationales et internationales de toutes les régions de l’Europe.
Son mandat initial était de développer un
ensemble de principes de suivi pour des Plans d’Action Nationaux. Ces Plans
devaient surtout aider les États européens à mettre en œuvre les mesures
adoptées dans la Déclaration et le Programme d’Action gouvernementaux de la
Conférence. Bien qu’essentiellement spécifiques à l’Europe et aux questions
européennes, ils étaient rédigés pour que des États hors de l’Europe puissent
avoir un cadre initial pour un suivi efficace à Durban.
En tant que membre fondateur du Caucus, je
suis fière de dire que les contributions des divers membres d’ONGs européennes
ont permis de rédiger un document cohérent et clair qui reconnaissait et
abordait une large gamme de problèmes directs et intersectionnels concernant le
racisme et la discrimination. Ces principes traitaient des actions
législatives, les média, l’éducation et la protection des femmes, les Roma, les
travailleurs migrants, les jeunes et les enfants. De plus, le suivi
gouvernemental à tous les niveaux, international, régional et national, était précisé ainsi que le besoin d’un
budget pour assurer un suivi adéquat.
Dans certains domaines où le Caucus
Européen estimait qu’il n’y avait pas suffisamment de représentation parmi nos
membres, nous avons cherché des contributions d’autres Caucus pour tenir compte
de ces besoins correctement. Par
exemple, lors de la Deuxième Réunion préparatoire, nous avons donné un
exemplaire de nos principes à chaque
caucus en demandant leurs suggestions
et leurs corrections. Ces suggestions étaient alors discutées et soumises
au vote pour être incluses. C’est ainsi qu’une importance plus grande fut
accordée à la migration, aux questions de genre, aux enfants et aux jeunes dans
notre document final. De plus, pendant la Deuxième Réunion préparatoire, Madame
Mary ROBINSON a examiné le document et a dit qu’elle le trouvait bien rédigé et
contenant des propositions solides pouvant être utilisées par les gouvernements
européens et non-européens pour la mise en œuvre du suivi de Durban.
Pendant la Troisième Réunion préparatoire,
nous avons formé une alliance entre le Caucus Européen et le Caucus des
Africains et des Descendants d’Africains
pour appuyer la demande de réparations pour l’esclavage et le colonialisme et
pour la reconnaissance de l’esclavage
comme un crime contre l’humanité. Une déclaration conjointe fut rédigée et
présentée à la Plénière de la part des deux Caucus.
Tout au long des Deuxième et Troisième
Réunions préparatoires, beaucoup de membres du Caucus Européen ont consacré des
heures de leur temps à rédiger et à re-rédiger le langage afin de produire un
document dont nous pouvions être fiers. Chaque nouvel ajout au document fut
envoyé par email à tous les membres inscrits. C’est ainsi que tout au long du
processus le document final du Caucus Européen fut élaboré, en attendant
seulement notre travail à Durban.
Durban, Afrique du Sud
Quatre mois et de nombreux emails plus
tard, les membres du Caucus Européen ayant participé à une ou deux Réunions
préparatoires se sont retrouvés à Durban pour promouvoir les Plans d’Action
déjà rédigés ainsi que pour mettre au courant de nouveaux membres qui n’avaient
pas pu participer avant leur arrivée à Durban.
Pendant le Forum des ONGs, le Caucus s’est
réuni tous les jours dans la tente consacrée aux ONGs européennes. Il y avait
une bonne participation et des relations fortes étaient tissées entre tous les
membres - nouveaux et anciens. Il est à noter que les réunions n’étaient pas
présidées de façon formelle jusqu’à plus tard, lorsque d’anciens membres
étaient sollicités pour animer les discussions afin de gagner du temps et de
donner un cadre d’information aux réunions. Celles-ci se sont déroulées de
façon agréable et un Caucus plus large et plus représentatif a résulté. Mettant
en commun nos opinions et perspectives diverses, le Caucus a animé la
Commission Thématique sur les Mesures, Politiques et Procédures Juridiques et
fut l’acteur essentiel pour intégrer des mesures juridiques dans le Programme
d’Action final des ONGs.
Néanmoins notre solidarité ne devait pas
durer. Jusqu’à “l’adoption” des documents des ONGs, le Caucus Européen était
une unité bien organisée et démocratique. Le lendemain matin de cette
“adoption”, un groupe nettement plus petit se réunit (vraisemblablement parce
que beaucoup sont restés chez eux pour récupérer de l’expérience horrible de la
veille). La presse internationale commença à poser des questions :
“Soutenez-vous les documents des ONGs?” “Croyez-vous que le document est
antisémite?” “Rejetterez-vous le Document?” La presse voulait des déclarations
d’une perspective européenne; des décisions s’imposaient donc.
Nous avons discuté de notre approche.
Devions-nous soutenir les documents des ONGs ou les rejeter à l’instar d’autres
Caucus? Une majorité de membres voulait
les rejeter, citant le processus non démocratique (adoption par seulement 14
des 41 caucus) ainsi que le langage inclus. Au bout d’une heure de discussion,
il a été décidé que le document contenait néanmoins du bon langage et que, en
tant que Caucus, nous pouvions soutenir cela mais que le processus était
antidémocratique et qu’il y avait du langage pouvant être considéré comme
incitant à la haine et discriminatoire.
Beaucoup de membres du Caucus pensait
qu’il fallait donner une déclaration à cet effet. J’ai reçu le mandat de
préparer un projet de Communiqué de presse. Nous avons prévu une réunion plus
tard le soir même afin de réunir davantage de membres du Caucus et de discuter
d’autres actions que nous devions prendre. De plus nous avons dit aux membres
du Caucus déjà contactés par la presse de répondre que le Caucus Européen
n’avait pas encore un consensus.
Le soir donc, nous nous sommes réunis à
nouveau au Centre d’Exposition de Durban. Environ 20 membres sont venus.
D’habitude nous étions 35 ou 40 mais, plusieurs ONGs ayant déjà quitté Durban,
20 ne semblait pas trop peu. J’avais apporté avec moi l’exemplaire du “projet”
de déclaration. Je souligne le mot “projet” parce que plusieurs membres du
Caucus Européen étaient accusés ultérieurement d’avoir diffusé ce document à la
presse. Cette déclaration disait, entre autres :
“Le Caucus Européen soutient le droit des
victimes à se définir elles-mêmes
mais ne peut approuver du langage qui incite à la
haine, au racisme, à la
discrimination raciale, à la xénophobie ou
à l’intolérance qui y est associée.
Malgré nos objections au pro-
cessus, nous tenons à souligner que
les documents adoptés con-
tiennent du bon langage que le
Caucus Européen soutient pleine-
ment.”
Nous avons ensuite listé plusieurs
domaines dans les documents contenant des choses fortes et utiles - tel que le
langage sur les travailleurs migrants et la justice législative, et nous
répétions encore notre soutien pour les paragraphes issus du Caucus des
Africains et des Descendants d’Africains sur l’esclavage et le colonialisme.
J’ai lu la Déclaration, puis elle fut
traduite en français. D’autres membres sont arrivés et l’on me demanda de la
relire. Ensuite nous l’avions à nouveau traduite. Je l’ai fait passer afin que
d’autres la regardent. Ce fut alors que plusieurs des nouveaux membres du
Caucus, qui n’avait encore assisté à aucune réunion à Durban commencèrent à
s’agiter et demandèrent qu’aucune action ne soit entreprise avant qu’ils ne
puissent porter le projet à leurs ONGs. Nous avons accepté, faisant remarquer
que la déclaration n’était qu’un
projet et que nous voulions le consensus du Caucus avant de prendre la
décision nécessaire. Cependant nous avons également insisté sur le fait que le
temps passait et que nous devions dire quelque chose (soit que nous avions une
déclaration, soit que nous n’en avions pas) très bientôt. Cela n’a pas calmé
ces personnes qui ont alors exigé que des copies du projet soient faites pour
tous les membres du Caucus (à mes frais personnelles), et, en me regardant
directement ont demandé des preuves que chaque personne du Caucus était
Européenne ou vivait en Europe.
Je ne pouvais prendre cela que comme une
attaque personnelle. Je suis une Américaine, ayant vécu en Europe mais habitant
actuellement aux États-Unis. J’ai adhéré au Caucus Européen de par mon intérêt
pour la discrimination contre les Roma. En tant que membre fondateur du Caucus,
j’ai passé de nombreuses heures à rédiger, à organiser des réunions et à
intégrer divers points de vue dans nos plans d’action. Bien que n’ayant pas pu
assister à la Troisième Réunion préparatoire, j’ai communiqué quotidiennement
par email. J’ai contribué le langage
sur les Roma et ai aidé à éditer le document pour l’approbation finale. Mon
statut de non-Européenne n’avait pas été considéré comme significatif jusque là
et j’ai été plutôt interloquée de le voir mis en cause à ce stade.
Heureusement plusieurs membres du Caucus
se sont portés à mon secours et ont dit que la question essentielle n’était pas
la citoyenneté d’une membre mais bien la nécessité de produire une déclaration
du Caucus sur les documents des ONGs. Pour couper court à l’animosité
croissante, j’ai accepté de faire des copies du projet et de les distribuer aux
membres du Caucus le lendemain matin afin qu’ils puissent le relire avant la
réunion du Caucus du lendemain.
Le lendemain j’ai collé plusieurs
affichettes donnant le lieu et l’heure de la réunion. De plus, je me suis
postée devant le Centre d’Exposition pour informer les membres du Caucus sur le
lieu de celui-ci. En arrivant à l’endroit de la réunion, j’ai eu un choc. À
aucun moment le Caucus Européen n’avait eu plus de 40 personnes présentes. À
cette réunion il y avait au moins 80. Des visages jamais vus et des voix jamais
entendus au Caucus - ni aux Réunions préparatoires ni au Forum des ONGs - sont
apparus de nulle part. Ces nouveaux individus ont commencé à hurler, criant que
de prendre l’anglais comme langue de réunion était discriminatoire et qu’il
fallait un francophone. Le groupe a alors suggéré des noms d’animateurs
francophones, but certains des présents ont constamment refusé tous ces noms.
Enfin, dans un brouhaha croissant, il a été décidé que j’animerais la réunion
et que Malka traduirait courageusement de français en anglais et vice versa.
Presque immédiatement, les nouveaux venus
ont commencé à lancer des accusations. Le
Caucus Européen ne représentait que des voix d’Européens blancs! Le Caucus
Européen ne soutenait pas le document des ONGs parce qu’il était dirigé par les
Juifs ou avait été payé par les Juifs! Le Caucus Européen ne représentait pas
les questions concernant les Noirs!
Ensuite ils ont critiqué la traduction de Malka, - disant qu’elle ne traduisait
que ce qu’elle voulait. Mon français n’est pas du meilleur mais je comprenais
quand même que Malka faisait de son mieux pour traduire les paragraphes ou
phrases qu’on lui lançait à la tête. La réunion était de plus en plus
chaotique. Des personnes se mirent à crier et pas une seconde nous n’avons pu
parler d’actions à prendre concernant notre position sur les documents. Enfin
la réunion prit fin lorsqu’un membre du Bureau de la Haute Commissaire nous a
fait partir, parce que le vacarme de notre réunion interrompait un séminaire
important dans une salle au-dessous. La salle s’est vidée et dans quelques
minutes des membres noirs du Caucus, - membres qui n’avaient jamais été
concernés jusqu’à ce jour - ont décidé de faire scission et de créer un Caucus
Européen Noir.
Cela était accablant! Devant mes yeux,
j’ai vu ce Caucus divisé selon les pires lignes imaginables - des lignes
racistes. Qu’était-il arrivé? Qui étaient ces gens et quels furent leurs buts?
Je suis allée parler à plusieurs des membres du “Caucus Noir” et les ai amené à
venir à une réunion le lendemain matin afin de déterminer :
1) une
réconciliation au sein du Caucus Européen et
2) une
décision sur des documents des ONGs.
Nous nous sommes réunis le lendemain et la
tension dans la pièce était incroyable. Des gens ont même opéré leur propre
ségrégation, s’asseyant à côté d’autres de leur propre “race”. Avec 45 présents
(le nombre était nettement tombé), nous avons commencé. Après quelques
secondes, je me rendis compte combien cette tentative était vaine. Une des
animatrices a commencé sa version de l’origine du projet de déclaration, - une
version si malhonnête et si intéressée que je n’ai pas pu la laisser continuer.
J’ai pris le micro pour expliquer que la déclaration était un projet, ainsi
qu’il était clairement indiqué en grands caractères gras sur la feuille. J’ai
ensuite expliqué que, contrairement à ses dires, nous n’avions jamais diffusé
le projet à la presse et que notre Caucus avait toujours inclus des gens
de toutes les couleurs, les ethnies, les religions et autres catégories,
contrairement à beaucoup d’autres Caucus qui étaient quasiment discriminatoires
dans les qualifications requises pour en faire partie. J’ai bien vu que
quelques visages semblaient intégrer mes informations mais dans l’ensemble,
beaucoup de Noirs présents semblaient sceptiques sinon indifférents à mes
paroles.
Les “membres” ont voté (et cela par
consensus) de ne diffuser aucune déclaration sans l’accord du Caucus au
complet. Cela fut ridicule. Nous étions devenus l’unique Caucus qui avait
maintenant besoin de l’unanimité plutôt que du consensus habituel pour faire
quoi que ce soit au nom du Caucus. Je peux vous dire ceci. Il n’existe aucune
organisation où il y a unanimité sur une question controversée. Par exemple,
récemment aux États-Unis, une seule membre Afro-américaine du Congrès, la
Députée Barbara Lee, a fait face à George Bush et au Congrès tout entier pour
voter contre les pleins pouvoirs de guerre au Président. Après cette décision,
notre Caucus n’avait plus aucune chance .
Nous avons demandé une liste de tous les
membres afin d’avoir au moins une idée de notre composition, étant donné notre
nouvelle croissance en nombre. Notre demande fut rejetée sans vote. Nous avons
demandé le nombre de membres devant être présents pour valider un vote. Cela
aussi fut rejeté. J’ai quitté la réunion par pure frustration.
À ce moment-là, le brouhaha international
concernant les documents des ONGs était énorme. Des journaux disaient que les
ONGs avaient produit un document antisémite et que nous, en tant que ONGs,
avions permis que notre Forum soit “détourné” par une seule et unique cause.
Divers Caucus avaient fait des communiqués de presse rejetant les documents et
un membre d’un de ces Caucus avait reçu des appels téléphoniques menaçants à
cause de la condamnation des documents par son Caucus!
Beaucoup de membres du Caucus Européen
initial (Réunions préparatoires et Forum des ONGs) ont décidé de diffuser des
déclarations au nom de leurs propres ONGs, tout en sachant que ces déclarations
n’auraient pas le même poids qu’une déclaration de Caucus. Notre Caucus n’avait
plus de voix. Nous ne pouvions diffuser aucune déclaration - ni pour ni contre
les documents - sans l’unanimité d’un
nombre indéterminé de membres inconnus de notre Caucus.
Les réunions suivantes du Caucus n’ont
jamais dépassé 15 personnes. Subitement tous ces furieux et passionnés
n’étaient plus concernés par la solidarité des ONGs européennes. Évidemment,
pourquoi le seraient-ils? Ils avaient réussi leur but - faire taire le Caucus
Européen.
Je ne sais pas pourquoi tout cela est
arrivé mais j’ai mes théories. D’abord, il y avait tant d’intérêts personnels à
cette Conférence que les gens ne distinguaient pas leurs propres objectifs de
ceux de leurs ONGs ou de leur Caucus. L’essentiel était d’avoir une couverture
mediatique et partager cela avec un Caucus était inacceptable pour beaucoup.
Deuxièmement, je crois que les préjugés personnels,
la discrimination et l’étroitesse d’esprit ont joué un rôle énorme. J’étais
épouvantée par le niveau d’antisémitisme révélé par la communauté des ONGs et
encore plus épouvantée par le fait que les personnes les plus critiques du
sionisme et du Judaïsme ne reconnaissaient jamais leur propre Antisémitisme.
Les accusations que le Caucus était contrôlé par des membres juifs étaient
générales. On m’a même demandé en face si j’étais payée pour être membre du
Caucus.
Outre l’antisémitisme, je crois que tant
de personnes étaient entraînées vers la mentalité de “Je suis une victime”
produite par la Conférence, qu’une grande méfiance et même une haine se sont
développées contre les Européens et les Américains du Nord blancs. J’ai vu des
gens qui avaient travaillé ensemble avec assiduité jusqu’à Durban se dissocier
subitement de leurs collègues blancs et racialiser des situations qu’ils
avaient eux-mêmes créées.
Quelle leçon pouvons-nous en tirer? Je ne
suis pas en désaccord avec la totalité des dires des “nouveaux” membres du
Caucus Européen. Je me rends compte que le nombre de membres Noirs et
Asiatiques était moins élevé qu’il aurait pu l’être au cours du processus.
Néanmoins on ne peut pas blâmer les membres présents aux Deuxième ou Troisième
Réunions préparatoires d’avoir créé un Caucus! En dehors de ceux-ci, beaucoup
de nouvelles personnes - noires, blanches, asiatiques - ont participé au Caucus
dès la première réunion à Durban. Le Caucus et ses membres d’avant Durban ne
sont pas condamnables pour avoir continué leur travail alors que d’autres ont
choisi de participer à d’autres Caucus! Avec 41 Caucus, il était impossible
d’avoir tous nos membres présents aux réunions. Mais ces réunions étaient
prévues et affichées et nous refusons d’être culpabilisés pour la non-présence
de ceux qui, volontairement, ont choisi de participer ailleurs. Ce serait
injuste et non professionnel.
Je veux croire que Durban était une
anomalie. Que, en d’autres circonstances, nos différences, raciales, ethniques
ou religieuses, nous rendraient plus forts et plus conscients. Durban a créé
une ambiance de confrontation qui fut
la clef de la mort de notre Caucus. Si des personnes avaient simplement dit
qu’elles ne se sentaient pas réellement représentées, au lieu de hurler,
intimider et manipuler le processus, je crois que nous aurions pu accomplir
beaucoup plus.
Certaines personnes ont choisi de jouer la
“carte de la race”, et comme toujours lorsqu’on fait cela, il n’y a pas de
gagnants. Tout le monde a perdu du fait de ces actes. Nous avons perdu notre
dignité, notre intégrité et, tristement, notre plus importante valeur - notre
compassion.
Je vous remercie.
This speech was read during a Day of Reflection on Durban and Beyond in
Paris, organized by CL.E.F. and MAPP On
December 7, 2001.