ACTUALITÉ - Archives Avril 2007

Les titres de l'actualité du 27 Avril, 2007

Ils sont accusés d'avoir poussé un homme dans un canal parce qu'il était homosexuel et causé sa mort par noyade. Le procès, qui s'est ouvert jeudi à Nancy, a lieu à huis clos.

26/04/2007 - Le procès de deux jeunes gens qui avaient poussé un homosexuel dans un canal de Nancy en août 2003, causant sa mort par noyade, a démarré, jeudi 26 avril, à huis clos devant la cour d'assises des mineurs de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Les accusés, 17 ans au moment des faits, sont accusé d'avoir poussé la victime dans l'eau alors qu'ils circulaient à cyclomoteur sur le bord du canal - connu comme un lieu de rencontres isolé. Ils étaient repartis sans répondre aux appels à l'aide de l'homme, qui, ne sachant pas nager, a fini par se noyer. Aujourd'hui âgés de 20 ans, ils sont poursuivis pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, avec préméditation et en raison de l'orientation sexuelle de la victime".

"Casser du pédé"
Pour leur avocat, Me Paul Kéré, les accusés, qui avaient l'air mal à l'aise jeudi avant leur procès, ont commis "un acte inadmissible, aux conséquences gravissimes" mais qui relève de "l'erreur de jeunesse". "Certes, ils sont partis 'casser du pédé' et ils le reconnaissent. Ces jeunes étaient en mal de reconnaissance, en mal de vivre. Ils s'en excusent", a expliqué Me Kéré en affirmant qu'ils "ignoraient que l'homme ne savait pas nager" et en invoquant "l'effet de groupe". Selon l'avocat, les adolescents n'ont mesuré la gravité de leur acte "qu'une fois devant le juge d'instruction". "Le lendemain, ils se sont même vantés auprès de leurs amis d'avoir poussé quelqu'un à l'eau. Ils ne savaient pas qu'il était mort", a-t-il raconté à l'AFP.

"J'espère qu'il y aura une justice", a commenté la soeur de la victime, Simone Monvoisin, qui dit repenser "tous les jours" à son frère et aux circonstances de sa mort. "Ca va être très difficile de me retrouver à écouter ces gens", a-t-elle poursuivi.

"Traquenards"
Les deux accusés faisaient partie d'un groupe d'une dizaine d'adolescents. Les autres membres de la bande seront jugés ultérieurement par le tribunal pour enfants de Nancy, pour des violences homophobes commises en 2003. Ensemble, ces jeunes avaient conçu une "machine à violence", a dénoncé Me Olivier Maire, défenseur d'une victime de la bande qui s'est portée partie civile, racontant les "traquenards de 'pas courageux'" qu'ils organisaient. "Ils avaient une méthode. Ils demandaient une cigarette et voyaient si la réponse permettait de déterminer l'homosexualité de tel ou tel. Après ça, ils le frappaient", a rappelé Me Maire. "Ils connaissaient la fragilité des victimes. Ils savaient qu'elles n'allaient pas porter plainte", a-t-il poursuivi. Le procès, dont le verdict est attendu lundi, se déroule à publicité restreinte à la demande des accusés. Seuls les proches de la victime et des accusés peuvent y assister.
© Le Nouvel Observateur

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Une pétition a été lancée contre les menaces d'expulsion. Par Eric FAVEREAU

26/04/2007 - «Le gouvernement vient de publier, en toute discrétion et au mépris de l'esprit de la loi, des outils facilitant l'expulsion de personnes étrangères gravement malades, condamnées dans leur pays d'origine par l'absence de traitement», écrivent les signataires d'une pétition qui, à peine lancée, a déjà été signée par des personnalités incontournables, dont Didier Sicard, président du Comité consultatif national d'éthique, Axel Kahn, généticien de renom, ou encore Emmanuel Hirsch, qui préside l'Espace éthique des hôpitaux de Paris, mais aussi la professeure Christine Katlama. Son objet : la défense des étrangers malades et menacés d'expulsion.

Secret médical. Cette initiative de l'Observatoire du droit à la santé des étrangers (1) est rendue publique ce matin. Elle entend répondre à une politique du ministère de l'Intérieur «qui devient de plus en plus opaque vis-à-vis des étrangers malades qui se font soigner en France». Jusqu'à présent, la France se montrait plutôt généreuse. Elle accordait une carte de séjour d'un an, éventuellement renouvelable pour que la personne puisse se faire soigner. Le médecin de santé publique devait examiner le patient, et s'il était atteint d'une maladie que son pays d'origine n'était pas en état de prendre en charge, il donnait alors un avis favorable, sans en préciser bien sûr les raisons pour préserver le secret médical. Le préfet décidait ensuite.

Or, discrètement, les sites Intranet des ministères de l'Intérieur et de la Santé ont publié des fiches d'informations concernant l'offre de soins et de traitements proposée dans les pays d'origine des étrangers malades demandant une régularisation pour raisons médicales. Une façon de faire le tri. «Mais de quelle manière ? s'alarment les pétitionnaires. Ces fiches pays ne prennent pas en compte la notion essentielle d'accessibilité effective aux soins et aux traitements. Elles ne tiennent compte ni de la répartition géographique des traitements, ni des ressources financières nécessaires pour les obtenir.» Exemple, en Egypte, la fiche va mentionner qu' «une tumeur maligne de l'estomac peut être traitée sur tout le territoire avec une offre de soins de qualité : moyenne mais suffisante». Or, dans les faits, les traitements sont très chers et uniquement disponibles dans les structures privées des grandes villes. Plus grave encore, selon les signataires, les médecins inspecteurs de santé publique sont conduits à violer le secret médical puisqu'ils doivent désormais détailler au préfet les traitements à dispenser aux malades étrangers.

«Tout est obscur». Ce durcissement intervient alors que des données essentielles restent cachées. Combien y a-t-il, par exemple, d'étrangers dans cette situation ? Combien de nouvelles cartes de séjour par an ? Y a-t-il augmentation ou pas ? «Tout est obscur», remarque Arnaud Veisse, directeur de la Comede (Comité médical pour les exilés). «Les derniers rapports officiels sur les étrangers malades remontent à 2002. Et depuis, on n'a que des informations parcellaires. Par exemple, en 2005, il y aurait eu 7 196 nouvelles admissions et 40 940 avis médicaux rendus. Normalement, les malades bénéficient d'une carte temporaire d'un an ; or, parfois, les préfectures délivrent des autorisations temporaires, de trois mois, voire de six mois.» Autre signe de ce changement, jusqu'à présent les préfectures suivaient les avis médicaux. Mais en février, pour la première fois, trois étrangers malades ont été expulsés contre l'avis des médecins.
(1) Collectif regroupant, entre autres, Aides, Act Up, la Comede, Médecins du monde, etc.
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26/04/2007 - Et si, avant le second tour, un des deux candidats - ou les deux - s’engageait à créer une commission participative qui ferait - enfin! - la vérité sur les turpitudes coloniales et néocoloniales de la France en Afrique?

La période de l’entre-deux-tours est-elle finalement la partie la plus intéressante du scrutin présidentiel français ? Visiblement, oui. Les deux « finalistes » qui restent savent désormais que la moindre voix compte, qu’on ne gagne qu’en rassemblant les Français « de toutes origines » (selon l’expression prononcée dimanche soir par Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal), et non en les divisant et en les dressant les uns contre les autres.
La période est sans doute opportune pour évoquer une proposition du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) dirigé par Patrick Lozès, frappée du sceau du bon sens et pourtant ignorée par des « gros » candidats plus attentifs au lobbying écologique de Nicolas Hulot et à la campagne de Bernard-Henri Lévy sur le Darfour. Le CRAN demandait une chose toute simple, mais qui peut aider à réconcilier la France avec son Histoire et les Français entre eux : la création d’une commission Vérité et Réconciliation sur la période coloniale, mais aussi sur la Françafrique et ses dérives.

Le débat sur la loi portant sur le « rôle positif de la colonisation » a bien montré que la question historique créait un fossé entre les Français d’origine européenne et ceux issus des anciennes colonies. La polémique n’est pas qu’intellectuelle. Elle renvoie au débat sur l’égalité des races et des cultures, et par voie de conséquence sur l’égalité des citoyens au sein du pacte républicain. Si la « mission civilisatrice » peut toujours servir de justification aux crimes coloniaux, c’est qu’aujourd’hui encore, il peut être démontré qu’il est légitime d’apporter, par la force, la lumière aux « barbares » des banlieues ou d’Afrique. Si la revendication d’une mémoire outragée est assimilée à la « haine de l’Occident » alors que le respect des mémoires devient une sorte de droit naturel pour tous dans le monde, les minorités peuvent estimer que le pacte républicain n’est qu’un chantage qui leur impose l’amnésie et le silence.

La loi sur « le rôle positif de la colonisation » a été retirée, mais la guerre de la mémoire se poursuit sournoisement. Elle se poursuit sur fond d’ignorance. En effet, si les guerres d’Algérie et d’Indochine, parce qu’elles ont été des vrais traumatismes pour la France, ont suscité quelque intérêt au sein de l’opinion hexagonale, les brûlures de la décolonisation sont généralement passées sous silence, aussi grosses soient-elles.

Ainsi du Cameroun. Dans ce pays, la France officielle - très vite secourue par le dictateur local, qu’elle a installé brutalement - a mené une guerre coloniale qui s’est soldée par plusieurs centaines de milliers de morts, selon des témoins faisant partie de l’armée ou de l’administration françaises, comme l’a démontré François-Xavier Verschave dans le livre "La Françafrique, le plus long scandale de la République", Georges Chaffard dans "Carnets secrets de la décolonisation", Max Bardet dans "OK Cargo."

En 2005, un documentariste suisse, Franck Garbely, a réalisé un film « L’assassinat de Félix Moumié, l’Afrique sous contrôle » où deux hauts responsables français, dont Pierre Messmer, font des témoignages glaçants... Ils affirment notamment qu’ils se sont inspirés des camps de concentration nazis dans leur guerre « contre-révolutionnaire » au Cameroun.

Tout cela, un grand nombre de Français d’origine camerounaise le savent. Mais qui est au courant dans l’Hexagone ? Qui sait que l’Etat français porte une responsabilité écrasante dans les rébellions du Biafra, d’Angola, du Liberia, de Sierra Leone ? Comment peut-on constituer une nation si l’on ne partage pas les mêmes savoirs historiques, si ce qui est pour les uns souvenir d’humiliation est pour les autres « fantasmes » visant à charger indécemment « le fardeau de l’homme blanc ». En France, les méthodes de déclassification des documents classés « secret défense » sont tellement compliquées et dissuasives que des vérités historiques pouvant soulager les uns, instruire les autres, permettre à tous d’objectiver l’Histoire, dorment dans des tiroirs.

S’il ne s’agissait que de l’histoire coloniale ! Après la colonisation, des rapports « problématiques » ont été instaurés entre chefs d’Etat africains et dirigeants français. Ensemble, les pouvoirs franco-africains ont pillé (et pillent !), dans un huis clos rassurant, les richesses de pays pétroliers comme le Gabon et le Congo. C’est ce que raconte Xavier Harel, journaliste à La Tribune dans son livre "Afrique : pillage à huis clos". L’immigration africaine massive est aussi liée au choix d’une certaine élite franco-africaine d’exploiter les richesses africaines à volonté, tout en affamant les peuples. Connaître ce type de vérité est un rempart contre le racisme essentialiste tenant les Noirs pour des envahisseurs bons à rien refusant de développer leurs pays. Les Français d’origine africaine sont reconnaissants à Ségolène Royal d’avoir admis que l’ex-métropole a « trop pillé » leur continent d’origine.

Il faut faire la lumière sur le passé franco-africain. Il faut ouvrir les placards, quitte à y trouver des cadavres. C’est la meilleure manière d’exorciser les démons du passé après les avoir courageusement désignés. L’Afrique du Sud a organisé, après l’apartheid, sa commission Vérité et Réconciliation, qui a été une bonne base pour un nouveau contrat social. Pourquoi ne pas imiter les recettes qui fonctionnent ?
© AgoraVox

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LA LIGUE DES DROITS DE L'HOMME ATTAQUE LE BILAN DE SARKOZY (France)

La Ligue des droits de l'Homme a présenté jeudi l'édition 2007 de son "état des droits de l'Homme en France", déplorant une "régression continuelle des libertés" et condamnant particulièrement le bilan de Nicolas Sarkozy, candidat UMP à la présidence et ex-ministre de l'Intérieur.

26/04/2007 - Qualifiant la "vision du monde" de M. Sarkozy d'"absolument terrifiante", le président de la LDH, Jean-Pierre Dubois, a laissé peu de suspense sur la prise de position du comité central samedi dans le duel Nicolas Sarkozy-Ségolène Royal. "Il faut réagir avant qu'il ne soit trop tard", a-t-il martelé, parlant de "grave régression en matière de droits fondamentaux depuis cinq ans".

"La politique législative de course au sécuritaire à dominante xénophobe sacrifie au report de voix d'extrême droite les droits des étrangers, l'humanité élémentaire et, au bout du compte, les libertés de tous", écrit-il dans ce bilan publié aux éditions La Découverte.

La LDH constate en 2006 une "aggravation de la crise sociale", un "approfondissement de la crise institutionnelle" et une "extension de la crise éthique" qui "se répand au rythme de la contamination de l'ordre républicain par l'agenda lepéniste".

"L'année 2006, plus encore que les précédentes, fut une très mauvaise année pour les étrangers vivant sur le sol français", estime M. Dubois, selon lequel "la chasse aux sans-papiers s'est intensifiée au rythme de la précampagne présidentielle du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, avec son volet +chasse aux enfants+ particulièrement insupportable".

L'organisation avertit qu'"agiter le fantasme de l'+immigration subie+ (terme employé par M. Sarkozy), dangereuse, c'est construire le racisme, c'est préparer plus d'affrontements, d'injustices, de violences".

Elle déplore les effets de plusieurs lois votées en 2006, notamment celle du 31 mars sur "l'égalité des chances" qui a signifié "stigmatisation, sanctions, alourdissement des difficultés pour les familles et les jeunes les plus fragiles". La LDH assure également que la nouvelle loi Sarkozy sur l'immigration du 24 juillet a signifié "exclusion et précarisation" et s'inquiète de la nouvelle législation visant à restreindre davantage le regroupement familial, annoncée par M. Sarkozy.

Elle qualifie de "point d'orgue de cinq ans de mise en oeuvre législative de pans entiers du programme de Le Pen" la loi sur la "prévention de la délinquance" dont l'inspirateur est, selon la LDH, "toujours (l'ex) ministre de l'Intérieur qui se mêle déjà de justice, de santé, d'éducation, de logement".

Selon la LDH, ce texte institue "un contrôle social généralisé, un fichage municipal de la population, un système de délation imposé de fait aux travailleurs sociaux et la transformation des maires en shérifs" et "risque de préfigurer un véritable basculement de notre société". "Les libertés et l'égalité ont ainsi régressé de concert en 2006, au profit non d'une sécurité durable mais d'une idéologie sécuritaire qui augmente l'insécurité qu'elle prétend combattre", affirme encore l'organisation.

Selon elle, en outre certains policiers "ne respectent pas les droits des citoyens" et "se sentent sinon couverts, du moins rarement inquiétés, dans le climat crée par les provocations ministérielles". La LDH se félicite en revanche de l'avènement en 2006 de "résistances symboliques mais aussi militantes", saluant notamment la "retentissante victoire contre le CPE" et le combat du Réseau éducation sans frontières (RESF) pour protéger les familles sans-papiers grâce au "recours légitime à la désobéissance citoyenne".
© TV5 Infos

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AU FRONT NATIONAL, L'HEURE DES COMPTES (France)

26/04/2007 - L'heure des règlements de compte a-t-elle sonné dans la maison Le Pen ? Avec seulement 10,44 % au premier tour de l'élection présidentielle, le Front national (FN) a subi un grave revers. C'est son plus mauvais score depuis 20 ans, le FN ayant réussi, au cours des trois précédents scrutins présidentiels, à rassembler entre 14,5 et 17 % des voix. La forte participation, qui a fait augmenter le prix du ticket d'entrée pour le second tour, n'explique pas tout : Jean-Marie Le Pen a aussi perdu plus d'un million d'électeurs depuis 2002, 1,6 million même, si on prend en compte ceux de Bruno Mégret qui était candidat il y a cinq ans.

Depuis dimanche soir, le Front national ressasse les raisons de sa défaite : la reprise par Nicolas Sarkozy de certains de ses thèmes (l'immigration, l'identité nationale…) l'a privé d'une partie de son oxygène ; l'impossibilité pour Jean-Marie Le Pen, même qualifié à un second tour, d'accéder à la présidence de la République a favorisé le "vote utile" au profit du candidat de l'UMP. Le chef du FN donnera le 1er mai ses éventuelles consignes de vote pour le second tour, mais on le voit mal soutenir Nicolas Sarkozy, qu'il traitait de "chef de la racaille politicienne" trois jours avant le premier tour, et qui lui a "siphonné", de l'aveu même de Marine Le Pen, une partie de ses électeurs.

Mais ce qui est d'abord en débat au sein des instances dirigeantes du parti, c'est un sujet tabou : la succession du vieux leader frontiste. A 78 ans, il a sans doute mené sa dernière bataille. Et il l'a perdue. Jean-Marie Le Pen refuse d'évoquer son départ, et pourrait même repousser le congrès du parti, prévu à la fin de cette année, pour éluder la question. Mais celle-ci est posée en coulisses. Avec en toile de fond, un débat sur la stratégie du FN : faut-il rester sur la ligne – payante jusqu'en 2002 – d'un parti extrême aux positions provocantes voire choquantes ? Ou faut-il transformer le FN, petit à petit, en parti de gouvernement susceptible de s'allier à la droite républicaine ? Ce qu'a fait, par exemple, Gianfranco Fini en Italie, en faisant de l'Alliance nationale "postfasciste" l'alliée de Silvio Berlusconi.

C'est la fille de Jean-Marie Le Pen, Marine, qui est l'inspiratrice de cette ligne rénovatrice. Alors que Bruno Gollnisch, le délégué général du FN, et prétendant à la succession, campe sur la ligne "dure". "La légitime dédiabolisation [de Le Pen] a peut-être été perçue comme un recentrage", commentait Bruno Gollnisch dans Le Monde, au lendemain du premier tour. Une ligne dure à laquelle Jean-Marie Le Pen n'a, lui-même, jamais vraiment renoncé, comme l'ont montré ses dernières saillies de fin de campagne.

Né le 28 juin 1928 à La Trinité-sur-Mer (Morbihan), ce fils de pêcheur s'est positionné très tôt à droite de l'échiquier politique. Etudiant, soldat (en Indochine puis en Algérie), il embrasse les thèses et les combats de l'extrême droite. De retour d'Indochine, repéré par Pierre Poujade, le leader des petits commerçants, il est élu plus jeune député de France en 1956. Il prend la tête du Front national des Combattants (FNC). Réélu député de Paris en 1958, il adhère au groupe parlementaire du Centre national des indépendants et paysans (CNI).

Battu aux législatives de 1962, Jean-Marie Le Pen vit sa traversée du désert. Il crée, avec un ancien Waffen-SS, une entreprise d'édition phonographique, la Serp, spécialisée dans l'édition de chants et de discours historiques – dont ceux d'Hitler : un disque qui lui vaudra une condamnation pour "apologie de crimes de guerre". Lors de l'élection présidentielle de 1965, il est directeur de campagne de l'avocat Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat de l'extrême droite. En 1972, le groupuscule néofasciste Ordre nouveau crée le Front national et en offre la présidence à Le Pen. Ayant assuré sa fortune en héritant, en 1976, d'un riche sympathisant, le cimentier Hubert Lambert, il peut se consacrer au développement de son parti, autour duquel il rassemble toutes les familles de l'extrême droite.

Il fera en trente ans du FN le troisième parti de France. L'instauration de la proportionnelle par François Mitterrand, pour les législatives de 1986, fait entrer 35 députés FN à l'Assemblée nationale. Pour élargir son audience, Le Pen se repositionne sur un discours populiste de réponse à la montée de l'insécurité. Cette stratégie s'avère payante : il obtient 14,5 % des voix à la présidentielle de 1988 et 15 % en 1995. Malgré la scission du FN en 1999, avec le départ de Bruno Mégret et de plusieurs cadres du parti, le vieux tribun prouve, en 2002, qu'il rassemble d'abord sur son nom. Avec 16,95 % des voix, il se qualifie pour le second tour au détriment de Lionel Jospin. Ce sera son ultime titre de gloire.

Les chiffres de la chute
- Au premier tour de la présidentielle, dimanche dernier, Jean-Marie Le Pen a réalisé ses meilleurs scores dans le nord, l'est et le sud-est de l'Hexagone.

Il a atteint ou dépassé les 17 % dans deux départements, l'Aisne (17,28 %) et la Haute-Marne (17 %), et il a fait mieux que sa moyenne nationale (10,44 %) dans 46 départements.

- Le candidat du Front national a obtenu ses plus mauvais résultats dans les départements et territoires d'outre-Mer : il réalise moins de 5 % à la Réunion (4,88 %), Mayotte (4,22 %), en Guadeloupe (3,18 %) et en Martinique (2,12 %), et tombe sous les 2 % en Polynésie (1,9 %) et à Wallis-et-Futuna (1,2 %).

- A Paris, où il a obtenu 4,58 % des voix, Le Pen n'a atteint ou dépassé les 5 % que dans trois arrondissements, les 13e (5 %), 18e (5,18 %) et 19e (5,09 %).

Christophe Jakubyszyn
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25/04/2006 - J'ai entendu aujourd'hui la neutralité stratégique et politicienne de François Bayrou qui sonne comme une offre de services à la candidate socialiste", écrit, mercredi 25 avril dans un communiqué, Philippe de Villiers, président et candidat du MPF, qui a obtenu 2,23 % des voix au premier tour de la présidentielle.

En conséquence, il a "invité les Français à faire le choix de la droite et de Nicolas Sarkozy pour barrer la route à la gauche" le 6 mai.

Le président du MPF qui avait refusé, au soir du premier tour, d'appeler à voter pour M. Sarkozy, souligne désormais que "malgré les différences évidentes qui existent avec le programme du président de l'UMP", il ne veut pas "faire la politique du pire" et "refuse depuis toujours les alliances électorales contre-nature".
© Le Monde

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25/04/2007 - L'association Act Up Paris a été condamnée mardi par le tribunal de grande instance (TGI) de Paris à verser un euro de dommages-intérêts au recteur de Notre-Dame à la suite de l'organisation d'un mariage homosexuel symbolique au sein de la cathédrale.

Le 5 juin 2005, une vingtaine de militants de l'association de lutte contre le sida s'étaient introduits dans la cathédrale pour procéder à un "mariage", sous les yeux de fidèles et de touristes.

Déguisé en prêtre, un membre d'Act Up avait "marié" deux femmes, tandis que les manifestants scandaient : "Benoît XVI, homophobe, complice du sida".

Cette initiative avait donné lieu à des incidents en dehors de la cathédrale.

Dans un jugement rendu mardi, la 1re chambre du TGI, présidée par Jacques Bichard, a considéré que l'action organisée par l'association portait atteinte à la liberté de religion et au libre exercice du culte qui "constituent des libertés fondamentales protégées par l'article 9 de la Convention européenne des droits de l'Homme".

"Les faits se sont déroulés sans l'autorisation du recteur de la cathédrale et même contre sa volonté et malgré son opposition expressément manifestée", rappelle le jugement.

"Ils constituent à l'évidence une atteinte directe aux principes fondamentaux qui ont été rappelés", a estimé le tribunal, jugeant "sans incidence que la célébration du culte n'ait pas été empêchée, perturbée, retardée ou interrompue".

"Il est tout aussi indifférent au regard de la constatation dénoncée que les défendeurs (ndlr: les militants d'Act Up) aient entendu agir, non pas dans le but de remettre en cause la liberté de religion ou de ridiculiser l'Eglise Catholique, mais, par un acte symbolique, pour interpeller celle-ci sur la discrimination dont ils estiment être victimes en raison de leur appartenance sexuelle", a par ailleurs souligné la décision.

La cathédrale Notre-Dame de Paris a réagi dans un communiqué rappelant que "l'action provocatrice de juin 2005 et les troubles qu'elle avait provoqués avaient heurté de multiples personnes, croyants ou non, de toutes confessions, en France et bien au-delà".

Ces dernières "sont aujourd'hui rassurées que soit réaffirmé le droit à la liberté religieuse et à l'exercice paisible du culte, selon la tradition de notre pays", se réjouit l'institution.
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Cette série de dégradations, visant notamment des tombes juives ou musulmanes, laisse craindre une banalisation des actes racistes.

25/04/2007 - En moins d’un mois, plus de 300 sépultures de cinq cimetières ont été profanées. Face aux dégradations ciblées de tombes de confession juive ou musulmane, le politologue Jean-Yves Camus, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), dénonce une « banalisation » du racisme, conduisant à l’existence de « profanateurs ordinaires ».

Le 1er avril dernier, cinquante et une tombes du carré juif du cimetière de Lille-Sud sont retrouvées descellées. Niant tout motif religieux ou idéologique, c’est un homme de trente-deux ans qui a avoué les faits, évoquant un acte poussé par l’alcool et la douleur d’un deuil. Il encourt cinq ans de prison. De même que les trois jeunes, dont un mineur, qui ont reconnu avoir recouvert d’inscriptions nazies cinquante-deux tombes du carré musulman du cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais), le 19 avril. « Ils ont été animés par une conviction assez confuse, une idéologie nazie ou néonazie et skinhead. L’un d’eux a déclaré que Hitler était son idole », a expliqué Jean-Pierre Valensi, procureur de la République d’Arras. Via des lettres publiées sur le site Internet de leur avocat, Me David Lefranc, ils ont présenté leurs excuses à la communauté musulmane. Les deux majeurs doivent être jugés, aujourd’hui, en comparution immédiate.

Dans la nuit de samedi à dimanche, cinq autres jeunes sont interpellés dans un des principaux cimetières du Havre. Pris sur le fait, ces derniers se sont d’abord attaqués à une quarantaine de tombes du carré juif, y dessinant des croix gammées et celtiques, avant de dégrader une centaine de sépultures chrétiennes. Ils ont été mis en examen lundi pour « dégradations en réunion » et « profanation de sépultures à raison de l’ethnie ».

Dans la même nuit, une soixantaine de tombes chrétiennes du cimetière d’Hautvillers, près d’Épernay (Marne), étaient aussi dégradées. Tout comme huit autres du cimetière de Rouvres-les-Bois, au nord de Châteauroux. Aucun signe raciste n’a été retrouvé sur les lieux.

Un effet de série, qui s’expliquerait par la médiatisation des faits, comme l’explique Jean-Yves Camus, donnant ainsi « des idées à des gens qui ne seraient sans doute pas passés à l’acte ».

Karine Parquet
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Des amendes ont été requises contre trois jeunes rappeurs et des fonctionnaires de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour diffamation et injure publiques envers la police.

25/04/2007 - « Quand on est un artiste, on n’a pas tous les droits. On a le droit à l’expression, mais il y a des limites. La liberté d’expression, ce n’est pas le droit de tout dire », a estimé, mardi, le procureur en demandant des peines de 1 000 à 3 000 euros à l’encontre de deux agents municipaux de Bobigny et de trois rappeurs. En cause, deux morceaux évoquant des contrôles de police musclés extraits d’un CD de rap distribué avec un « agenda citoyen » à quelque 4 000 collégiens et lycéens de la ville en 2004 à l’initiative de la mairie.

Plainte du ministère de l’intérieur
L’affaire du « CD de Bobigny » débute en octobre 2004, quand le maire UDF de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, demande à Dominique de Villepin, alors ministre de l’Intérieur, d’« engager les poursuites (...) contre ceux qui diffusent des messages encourageant l’accomplissement d’actes criminels, véhiculant la discrimination religieuse et raciale, portant gravement atteinte à l’honneur de la police ». Pourtant, le disque ne semble avoir choqué personne. Aucun parent d’élève ni professeur ne s’est manifesté entre le mois de septembre 2004, date de sa distribution aux collégiens et lycéens, et l’intervention de Jean-Christophe Lagarde. Lequel estime que dans les deux chansons incriminées, « les policiers (...) sont caricaturés en racistes violents ; les appels à la délinquance et l’apologie de la violence (...) foisonnent », et qu’on « y trouve même des propos racistes d’une rare brutalité ». Dominique de Villepin s’engage alors à prendre « toutes les mesures qui s’imposent, qu’il s’agisse d’engager des poursuites pénales ou de prendre des sanctions administratives ». Une plainte est déposée le 18 novembre 2004 par le ministère de l’Intérieur. Ce procès en est l’aboutissement.

« C’est de la liberté d’expression »
Les deux morceaux incriminés ne sont pourtant pas des appels au meurtre. Le premier, du groupe Kam’s, prête des propos racistes à un policier lors d’un contrôle (« C’est pas les p’tits Noirs et les p’tits Arabes qui vont commencer à me répondre »). Le deuxième, du groupe Menaces Verbales, reprend la bande-son du film de Jean François Richet Ma 6T va crack-er, qui met en scène des policiers « fachos fâchés » déversant un flot d’injures en direction d’un jeune « bougnoule ». Selon le procureur, ce CD revient à « caricaturer, injurier, faire penser que la police, c’est ça tout le temps, toujours », alors, rappelle-t-il, que le but de l’agenda et le projet social bâti autour du CD visait à « éduquer à la citoyenneté et à établir un dialogue entre la jeunesse et la police ».

« Ce disque n’est pas un reportage sur la vie des banlieues », rétorque la défense qui rappelle qu’Aragon, Brassens et même Doc Gynéco avaient eu dans des chansons des propos peu amènes à l’endroit des forces de l’ordre. « Qu’est-ce qui est visé ici ? poursuit la défense. Ce sont les BAC et leurs méthodes d’intervention. Il suffit de lire le dernier rapport de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) pour voir que les violences policières existent et qu’elles sont même en hausse. » Les rappeurs n’auraient-ils pas le droit d’en faire état ? « C’est un texte, c’est de l’imagination, c’est de la liberté d’expression. On ne peut pas faire que des histoires d’amour », a considéré Tomy Mendy, l’un des deux rappeurs présents à l’audience. Délibéré le 21 mai.

Cyrille Poy
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LE TOURS FC S'ENGAGE AVEC LA LICRA (France)

25/04/2007 - Frédéric Sebag s'est engagé - ce vendredi 20 avril, devant les Partenaires du club dans l'Espace Delio Onnis - avec la Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme, en signant une charte synonyme d'engagement à lutter contre toute forme d'exclusion et de racisme, dans son Stade et dans son Club.

Découvrez ici les interventions de Martine Strohl (déléguée de la Licra en Touraine), de Frédéric Sebag (Président de la SASP Tours FC), de Jean-François Bernard (Président de l'Association du Tours FC), ainsi qu'une interview de Carine Bloch (Vice-Présidente de la LICRA, en charge des relations avec le monde sportif).

Martine Strohl :
« Le pluralisme est notre force et la propagande raciste se diffuse malheureusement beaucoup plus vite que la lutte antiraciste. La LICRA souhaite développer ses actions dans le, milieu du sport. Amateur et professionnel. Nos collaborations avec le Institutions du football, le PSG ou encore l'équipe de France montrent qu'il y a une véritable envie d'avancer. Et surtout de faire reculer le Racisme. Je remercie chaleureusement le Tours FC et ses acteurs pour leur accueil et espère vivement que notre collaboration soit fructueuse. »

Frédéric Sebag :
« C'est un honneur et un plaisir de relayer l'action de la LICRA. Tout d'abord par rapport à cette digne et très respectable ONG, et par rapport au monde du football qui est encore loin d'être propre sur les questions du racisme.

Il me paraît tout à fait naturel que le Tours FC s'engage avec le LICRA car nous n'avons jamais eu à déplorer de cas de racisme ici, à Tours. J'associe à cette réussite Jean-François Bernard et le travail de l'association, qui réussit à mixer toutes les origines, tous les âges, toutes les catégories de personnes.

Les Institutions du football se sont également engagées et je m'en félicite. Il ne faut surtout pas s'arrêter et je préfère que l'on voie des sanctions, que l'on parle de ce fléau dans les médias. Car il faut que cela se voie, plutôt que ce soit un racisme caché et profond.

Au nom du TFC et de ses partenaires, je tiens à m'engager et la LICRA trouvera toujours ici, au Tours FC, de l'écoute et du soutien. »

Jean-François Bernard :
" L'association est complètement concernée par cette charte et cette lutte que mène la LICRA. Car nous accueillons des centaines de jeunes footballeurs, venant de tous milieux, mais aussi des filles et des garçons. Le sexisme est également une exclusion et nous sommes fiers d'accueillir une centaine de jeunes filles dans notre structure.

Je suis donc tout à fait ravi d'être associé à ce partenariat. Nous avons déjà collaboré sur nos deux derniers tournois notamment et il est prévu de reconduire cette collaboration, le 6 juin prochain, pour la 3e édition. "

Interview de Carine Bloch, Vice-Présidente en charge des relations de la LICRA avec le monde du sport.

toursfc.fr : Pouvez-vous nous présenter votre ONG ?
Carine Bloch : « La LICRA est une Organisation Non Gouvernementale (ONG) internationale qui fête cette année ses 80 ans. Notre organisation est née pour lutter contre toutes les formes de racisme et de discrimination, dans le Monde entier. Nous avons d'ailleurs des sections dans une trentaine de pays, sans compter les 60 antennes en France, et nous avons un statut consultatif à l'ONU et au Conseil de l'Europe. La LICRA est la seule association antiraciste pluraliste et totalement laïque, nous luttons contre toutes les extrêmes, politiques comprises. »

toursfc.fr : Quels sont les domaines de compétence et d'influence de la LICRA ?
C. B. : « Nous agissons dans tous les secteurs où, soit nous sommes sollicités, soit nous constatons, des actes d'exclusion et/ou de racisme.
La LICRA est organisée en différentes commissions : “juridique” (avec un réseau d'avocats bénévoles pour de la défense aux victimes), “formation-éducation”, “Mémoire et Droits de l'Homme”, “Jeunes” et “Sport”. »

toursfc.fr: Justement, vous êtes personnellement à la tête de la Commission Sport. Quels sont les liens entre la LICRA et le sport ?
C. B. : « Nous travaillons à la fois avec le sport professionnel et le sport amateur. Car les deux sont touchés par le racisme et l'exclusion, sous différentes formes, malgré que le sport soit par définition un terrain d'égalité des chances. Nous avons débuté nos actions peu avant la Coupe du Monde 98. Nos deux objectifs étaient d'utiliser le sport comme moyen de prévention et d'action, et de lutter contre les dérives constatées sous différentes formes selon les sports et les pays. Pour ce faire, nous avons depuis signé, en France, des conventions avec l'UNFP (Union des joueurs pros), l'UCPF (clubs pros) et la LFP (Ligue Pro), mais aussi des chartes avec le PSG, le Stade de Reims et, désormais le Tours FC. Ces structures se sont engagées à lutter, mais aussi à promouvoir l'intégration. Sans compter bon nombre d'actions avec plusieurs autres clubs, avec les pays africains pour enrayer l'exode sauvage de jeunes footballeurs... Dans le sport amateur, nous tâchons d'aider les éducateurs et les arbitres pour lutter contre un racisme existant dans la société civile. Nous n'avons pour l'instant jamais été saisis à Tours, mais la vigilance est de rigueur. Et nous remercions vivement le TFC de s'engager à nos côtés. »
© Tours FC

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